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Full text of "Adresse /"

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DU DIRECTOIRE EXECUTIT;’ 

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Du 2 Germinal, an Vide la République française^', 

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une et indivisible, . 

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AUX ELEQXEURSuDE, L AN >XI- 


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JLiE Peuple français,, , Ti^ierit. (fc vM^iS .dQiiuer marque 
de con^ance qui vous impose le plus sacré des devoirs, 
celui de choisir des hommer dignés^de '^fë ^représenter 

J.;. , ç^Y pi n i. >j?iro ' ; JV"*’-/ . . i:. 

danS|^l exercit^ de ia plus grande partie dès" ronètiolls 

établies par îa Constitution* Le sort^âe^la Képablrquë 
: <srif^o<i3'j L J iUi3o nu;: leî^.rnoo. îus.t , , 

est en quelque sorte remis en vos mams : *c eSt voiis quë 

le peuple bénira , si Vous appelez afe Emplois dès 

citëyhrt^ qhi iiiiiassureat/sarliberié ,?/§aîprospérité et son 

reposip mais X est; vousuiussLqUÿl^rVouera à Fexéc ration 

et -aiJt :méprisq V^i pote fàitëSfl'tcxiiiaber v.os x^hQipf sur des^ 

homméS'dè- parti'.,* ti>iiqQ!ui?s:pEj8ts.à bouleverser J’ Çta,t poqr 

^’empare^ldèfc «trésors., dd jqmditi^tc 'de la puissance,, les 

uhs-^tô lo^éte^cte deîrétablirJa monarul>ie et la religiqji^ 

d^îs t^Ut leur :^clat pet •ièawtce.s > SO|>trâix'e., sous celui: 


XL I 


î 


( 2 ) 

die tout soumettre à un niveilement universel et absolu , 
dont au surplus ils ont bien soin de s’excepter. 

Malgré que les choix dont vous êtes chargés soient 
fous importans , il en est un cependant dont l’intérêt est 
de beaucoup au-dessus de tous les autres ; cest le choix 
à&s législateurs. Le Directoire exécutif croit devoir vous 
rappeler ici les observations qu’il a déjà énoncées dans sa 
proclamation aux assemblées primaires. L’intrigtie est si 
ingénieuse à faire oublier ou à dénaturer les conseils qui 
tendent à la déjouer, que les citoyens ne peuvent trop 
fréquemment s’entr’ayertir sur un objet aussi essentiel. Il 
est, à plus forte:raison , commandé aux premiers magistrats, 
par la nature même de leurs fonctions , d'être attentifs à 
remplir un devoif aussi important : ils vont s’en acquitter 
en vous désignant sans déguisement ceux qu’ils croient 
propres à fixer parmi nous la liberté et le bonheur , ef 
ceux qui ne pourraient 'que les en bannir, ^ i 

La première qualité que vous devez désirer dans les' 
citoyens auxquels vous donnerez vos suffrages , est sans 
contredit un républicanisme prononcé ; mais li’oübliez 
pas qu’on ne peut compter sur celui de persônnê , s’il 
n’est 4çco.i^pagné d’une sévère probité. 

■■ Léè luhiières^ 'îdànsr îés drfféreiistes parties ide la ^égis-« 
ïation et de l’administSatipn publique , doivent, ensuite 
être soigiieusément recbercbéês-^^ enfin , d’énergie du- .ca- 
ractère éf ïa forcé de ' f amie dons, absolument 

nécessaires au' îégisla^ù^^réipublicaFB ièmais ^la sagesse 
doit toujours' êri^ compagne inséparable^. Oatdez -, 

îvôus , au surplus CQ^ndre 








(?) 

insensée qui fend à fout détruire ; elle n’est que la 
-lâcheté et l’ambition déguisées d’hommes aussi vils qu’ils 
sont atroces. L’énergie et la force d’ame dont nous par- 
lons , sont celles qui nous rendent inaccessibles à toute 
sorte de craintes, et de séductions , et propres à braver 
la fureur de Cous les partis et à marcher imperturbable- 
ment à la prospérité de la République et à l’affermisse- 
ment de la Constitution de fan III , sans que l’aspect 
même de la mort puisse nous en détourner. 

Ainsi, républicanisme , probité , lumières, énergie, 
sagesse, sont les qualités indispensables à ceux que vous 
allez revêtir du caractère auguste de législateurs ; c’est 
vers les hommes qui en sont pourvus que doivent se di- 
riger toutes vos recherches. Par une conséquence toute 
naturelle , vous devez repousser constamment quiconque 
ne les possède pas; écarter avec soin du banc des lé- 
gislateurs , tous ceux qui ne sont pas fortement attachés 
au régime républicain , tous ces partisans du royalisme 
et de l’aristocratie, qui, sous le prétexte de vous rendre 
le repos , et de vous ramener à un meilleur ordre de 
choses J ne cherchent en effet qu’à regagner leurs pri- 
vilèges , afin de vous remettre sous le joug le plus 
avilissant et de continuer de s’engraisser de vos sueurs, 
îl y a plus ; ceux-là même qui , sans être dirigés par 
des- motifs aussi méprisables , ne sont pas des républi- 
cains déterminés , doivent être éloignés des fonctions 
législatives eussent-ils des vertus et des lumières : car 
s’il n’est point de républicanisme sans vertu, il n’est point 
4e- véritable vertu sans républicanisme ; et il est presque 
6 . A 2 


'( 4 ) 

aussi imprudent de confier ses intérêts à quelqu’un qu’oâ 
place en contradiction, avec ses opinions, que de les 
mettre dans les mains de ceux qui n’ont point de 
principes. 

Cependant , citoyens , la juste crainte des détestables 
élections faites dans l’an IV et dans fan V , ne doit pas 
vous jeter dans un excès opposé et non moins funeste. 
Ce qui a le plus nui aux progrès et à la consolidation 
de la révolution , c’est que jusqu’ici nous n’avons pas su 
nous maintenir dans une juste mesure ; ayez la gloire 
d’en donner un exemple. Soyez aussi scrupuleusement 
attentifs à déjouer la funeste ambition des auteurs de 
l’exécrable régime de 93 , de ces dénonciateurs à gages 
qui ne connaissent de République que celle qui s’envi- 
renne de victimes et de bourreaux ; pour qui tout ordre 
social est une servitude j qui , sentant bien qu’pris sont 
dériués de cette force morale qui commande l’estime et îa 
confiance publiques, parce qu’elle est le fruit de la probité 
et'du sage emploi des lumières, ne veulent que troubles 
et confusion pour cacher leur nullité sous les dehors po^ 
pulaires , en imposer à la multitude par des déclamations 
délirantes , et régner sur-tout par la terreur qu’inspirent 
leur exagération et leur cruauté. 

Les uns et les autres , c’est-à-dire les partisans du 
royalisme et ceux de l’anarchie , ne trouvent d’ordre de 
choses légitime que celui dans lequel ils régnent ; et 
par-tout où ils n’ont pas la faculté d’ètre oppresseurs, ils 
se disent opprimés. " 

Évitez ce double écueil, .citoyens; l’un et ‘l’autré 


{y} 

peuvent également briser le vaisseau de l’État et le plonger 
dans une mer de sang. Choisissez non ceux qui flattent 
Je peuple par des discours pompeux, mais les hommes 
modestes qui le servent avec une grande droiture de 
cœur et un véritable désintéressement, et qui , loin d’allerv 
au-devant des places , attendent que les places viennent 
au-devant d’eux. 

Ah î songez qu’ici non seulement vous servez les 
destinées de la France , mais aussi celles de l’Europe. H 
ne faudrait plus que l’exemple de la tranquillité et de la 
prospérité de votre patrie , pour amener la paix générale 
et faire le bonheur du genre-humain. Combien vous seriez 
coupables, à quel opprobre vous vous seriez condamnés 
vous-mêmes aux yeux de la postérité , si vous trompiez 
cette attente en introduisant dans les Conseils législatifs 
des ennemis de la Constitution de l’an III , des hommes 
avides de changemens , les uns pour tyranniser le peuplé 
sous le nom du peuple lui-même, et les autres sous 
le nom d’un roi , tous au reste également vendus à 
l’Angleterre , et corrompus par son or pour conduire la 
France à sa ruine î Ils ne parviendraient pas, à la vérité , à 
renverser cette Constitution, quels que fussent leur nombre 
et leur audace; l’énergie constante des législateurs fidèles, 
celle du Directoire exécutif, dont les intentions sont aussi 
inébranlables que pures , et les efforts réunis des bons ci^ 
toyeiis, préserveraient encore une fois la République des 
calamités affreuses qui accompagneraient un change- 
ment dans la forme du Gouvernement , quel qu’en fût 
J’übjet. Mais dans ce cas -là même , le mal qu’oçca- 




(6) 

jalonneraient de pareils choix , n’en serait pas moins réel f 
trop d’ébranlemens successifs dans J’ordre politique 
finissent par épuiser la confiance , par anéantir le crédit , 
par mettre la force à la place de la loi, par exaspérer les 
haines et réveiller toutes tes passions au lieu de les calmer 
toutes et de les fondre dans l’ordre constitutionnel^ De 
leur coté, les nations étrangères, persuadées que la Ré- 
publique , fondée sur les principes de i’égalité , n’offre 
qu’une tranquillité passagère, précédée et suivie de longs 
et douloureux déchiremens, loin d’unir leur sort et leurs 
întérêis à ceux de la France , et de conserver pour la 
grande nation l’admiration dont elles sont maintenant 
transportées , s’en sépareraient avec mépris ; et la plus 
belle époque peut-être de l’histoire du monde en devien- 
drait la plus affligeante* 

Telles sont , citoyens , les réflexions que le Directoire 
exécutif a cru devoir mettre sous vos yeux ; c’est à vous 
2 les peser sérieusement. Ne perdez jamais de 'vue , dans 
fout le cours de vos fonctions électorales , que le sort 
de l’humanité est peut-être dans vos mains , et que les 
travaux de la prochaine législature doivent vous mériter 
une reconnaissance sans bornes ou des reproches éternelsii 

/, , , 

' Le Directoire exécutif arrête quefadresse 

ci-dessus sera imprimée au Bulletin des lois , et qu’à îa 

diligence de ses commissaires près les administrations 

centrales des départemens , elle sera réimprimée, et affi.- 

chée dans les communes où se tiendront les assemblées 

électorales , et principalement à la porte des édifices 

qu’elles doivent oCcupéK " 




7 l 

Les ministres de ia justice et de Tîntérieur sont chargés, 
chacun en ce qui le concerne , de l’exécution du présent 
arrêté. 

Pour expédition conforme, signé Mer LIN, président; 
par le Directoire exécutif, le secrétaire AG A rde. 

Certifié conforme : 


Le Ministre de la Justice , 



( 



,■ ' ■' jj" .Il* . M .'JJ mm y j . 

À PARIS, PE l’imprimerie DE LA RÉPUBLIQUE,