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Full text of "Traité d'anatomie descriptive : avec figures intercalées dans le texte"

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TRAITE 


D'ANATOMIE 


DESCRIPTIVE 


PAmS.  —  IMP.   E.    ÎIAnTIXF.T,    RTF    MIGNON,  2. 


Ail 


TRAITE 


DAINÂTOMIE 


DESCRIPTIVE 


AVKC   FIGl'RKS  INTERCALÉES   DANS  LE  TEXTE 


PAU 


PH.  C.  wSAPPEY 

Professeur  d^anatomie  h  la  FaculUS  de  médecine  de  Paris 
Memlire  dr  TAradémic  impériale  de  mëdecinr 


Deuléiiie  éditloa  entièrmneat  reffondiM 


TOME    DEUXIÈME 


HT^L^CIIB  —  ANfil^L^ClI 


PARIS 

ADRIEN   DELAHAYE,   LIBRAIRE-ÉDITEUR 

PLACE    DE    L'tCOLE-DE-MiDECINE 

1869 

Tons  drotl*  rétervës. 


PMjis.  —  iMi'.  r.   M  A  II  r  i  \  r T.    n\  i     mk.  \n\,  l?, 


TRAITE 


DANATOMIE 


DESCRIPTIVE 


AVKC   FIGiniCS   INTERCALÉES   DANS  LE  TEXTE 


vxw 


PH.  C.  SAPPEY 

Proressour  d'anatomie  h,  la  Faculté  de  mt^decine  de  Paris 
Membre  de  l' Académie  impériale  de  médecine 


sléme  éditioa  entlèremeat  refondue 


TOME    DEUXIÈME 


HT^L^CIIB  —  ANCII^L^CII 


PARIS 

ADRIEN   DELAHAYE,   LIBRAIRE-ÉDITEUR 

PLACE    DE    L'iiCOLE-DE-MÉDEClNE 

1869 

Tous  droit*  ré^rvës. 


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ANATOMIE  DESCRIPTIVE 


MYOLOGIE 


CHAPITRE  PREMIER. 

CONSIDÉRATIONS    GÉNÉRALES. 

La  mt/olof/ie  est  cette  branche  importante  de  l'anatomie  qui  comprend 
l'étude  des  muscles  et  de  leurs  annexes. 

Les  muscles  sont  des  organes  de  structure  fibreuse,  essentiellement  carac- 
lérisés  par  la  propriélé  qu'ils  possèdent  de  se  contracter,  c'est-à-dire  de 
diminuer  de  longueur  sous  l'influence  d'un  stimulus. 

.Vais  cette  propriété  ne  se  manifeste  pas  sous  des  conditions  identiques 
pour  tous.  —  Les  uns  arrivent  en  quelque  sorte  d'emblée  à  leur  plus  grand 
raccourcissement  ;  ils  se  contractent  brusquement  et  reviennent  brusque- 
ment aussi  à  leur  longueur  primitive.  —  Les  autres  se  distinguent  par  des 
caractères  opposés;  leur  action,  d'abord  à  peine  sensible,  devient  plus 
accusée,  atteint  son  maximum  d'intensité,  puis  s'affaiblit  de  plus  en  plus 
Jusqu'au  moment  où  le  muscle  rentre  dans  l'état  de  repos.  —  Pour  les 
premiers,  en  un  mot,  la  contraction  est  vive,  énergique,  instantanée.  Pour 
les  seconds,  elle  s'accroît  et  décroît  graduellement  ;  elle  est  lente  à  se  pro- 
duire et  lente  à  s'éteindre. 

A  ces  deux  modes  d'action  si  différents  correspondent  deux  modes  de 
constitution  trës-dilTérents  aussi. —  Les  muscles  dont  l'action  est  instantanée 
sont  formés  de  fibres  sur  lesquelles  on  remarque  des  stries  transversales  et 
longitudinales  qui  dénotent  leur  présence,  et  qui  permettent  de  les  recon- 
naître sans  difficulté  au  milieu  de  tous  les  autres  tissus  de  l'économie.  —  Les 
muscles  dont  l'action  est  graduelle  se  composent  de  fibres  beaucoup  plus 
déliées  sur  lesquelles  ces  stries  font  défaut. 

Il  existe  donc  deux'  ordres  de  muscles  qui  ont  reçu  des  attributions  diffé- 
rentes :  des  muscles  à  fibres  striées  et  des  muscles  à  fibres  lisses. 

Les  muscles  striés,  situés  pour  la  plupart  à  la  périphérie  du  corps,  groupés 
autour  des  leviers  osseux  qu'ils  sont  appelés  A  mouvoir,  ont  été  désignés 
nutêi  sous  les  noms  de  muscles  volontaires,  muscles  extérieurs,  muscles  de  la 
vie  animale.  Ils  appartiennent  presque  tous,  en  effet,  à  la  vie  de  relation  et 

II. —  1 


H  MNOLOÙIfe 

prennent  une  très-large  part  à  la  formation  des  appareils  qui  en  dépendent. 
—  Les  muscles  à  flbrcs  lisses,  annexés  au  contraire  aux  appareils  de  la  diges- 
tion ,  de  la  circulation ,  de  la  génération ,  occupent  surtout  la  cavité  du 
tronc;  ils  ont  été  appelés,  par  opposition  aux  précédents,  muscles  intérieurs^ 
muscles  viscérauXy  muscles  de  la  vie  organique. 

Mais  ces  dénominations,  acceptables  à  l'époque  où  Bichat  et  Béclard 
publiaient  leurs  traités  d'anatomie  générale,  ne  sont  plus  en  harmonie  avec 
les  progrès  de  la  science.  Nous  verrons  en  effet  que  le  système  musculaire 
de  la  vie  animale  se  prolonge  sur  la  première  partie  des  voies  digestives 
Jusqu'à  l'extrémité  inférieure  de  l'œsophage  et  qu'il  pénètre  ainsi  très-profon- 
dément dans  la  cavité  du. tronc.  D'une  autre  part,  le  diaphragme,  qui  sépare 
le  thorax  de  l'abdomen  et  qui  constitue  l'agent  principal  de  la  respiration, 
est  un  muscle  strié  ;  le  cœur,  agent  principal  de  la  circulation,  est  un  muscle 
du  môme  ordre.  Les  muscles  à  contraction  instantanée  ne  sont  donc  pas 
l'attribut  exclusif  des  appareils  de  la  vie  animale  ;  on  les  retrouve  aussi  sur 
les  appareils  de  la  digestion,  de  la  respiration,  de  la  circulation,  sur  tous  les 
points,  en  un  mot,  où  le  jeu  régulier  des  fonctions  réclamait  un  agent  méca- 
nique d'une  action  rapide.  —  Les  muscles  à  contraction  lente,  de  leur  cùté, 
s'étendent  beaucoup  au  delà  des  limites  qu'on  avait  cru  pouvoir  leur  assi- 
gner. On  les  rencontre  sur  les  parois  des  artères,  des  veines  et  des  vaisseaux 
lymphatiques;  dans  le  sens  du  tact,  dans  celui  de  la  \ision,  etc. 

Le  système  musculaire  de  la  vie  animale  envahit  donc  en  partie  le  do- 
maine de  la  vie  organique,  et  réciproquement  celui  de  la  vie  nutritive  5e 
prolonge  en  partie  dans  les  appareils  de  la  vie  de  relation  ;  l'un  et  l'autre  sont 
situés  en  partie  au  dehors  et  en  partie  au  dedans  des  cavités  splanchniques  ; 
ils  ne  diffèrent  en  réalité  que  par  leur  mode  de  contraction  et  leur  structure. 
C'est  sur  ces  caractères  essentiels,  par  conséquent,  qu'il  convient  de  s'ap- 
puyer pour  établir  leur  distinction. 

Nous  considérerons  d'abord  sous  un  point  de  vue  général  et  successive- 
ment les  deux  ordres  de  muscles.  Nous  étudierons  ensuite  les  muscles  striés 
en  particulier.  Quant  aux  muscles  à  flbres  lisses,  ils  seront  décrits  a\ec  le? 
appareils  auxquels  ils  appartiennent. 

« 

SECTION  I. 

SYSTEMS  MUSCULAIHE  A  FIBRES  STRIÉiuS. 

Les  muscles  striés,  remarquables  par  leur  multiplicité  et  en  général  aussi 
par  leurs  grandes  dimensions,  sont  disposés  par  groupes.  —  Des  lames 
Âbreus4*s  connues  sous  le  terme  générique  é*ap<nUwoseà  les  cnloarenl  de 
toutes  parts  et  les  maintiennent  dans  leurs  rapports  respectifs.  —  Lorsqu'ils 
glissent  sur  une  surface  osseuse,  celle-ci  leur  présente  le  plus  souvent  des 
gouttières  aux  deux  bords  de  laquelle  viennent  s'attacher  d'autres  lames 
fibreuses  appelées  gaines  tendineuses.  —  Chacun  d'eux  se  trouvé  alors  logé 
dans  un  véritable  canal  que  tapisse  une  gaine  synoviale.  ^  Quelquefois  le 
glissement  du  muscle  est  facilité  par  une  simple  bourse  séreuse. 


CONFORMATION  EXTERIEURE  DES  MUSCLES.  3 

Le  système  musculaire  à  fibres  striées  nous  offre  donc  à  considérer  :  1^  les 
muscles  proprement  dits  ;  2°  les  annexes  de  ces  muscles. 


ARTICLE   PREMIER. 

DES  MUSCLES  STRIÉS  EN  GÉNÉRAL. 

Nous  nous  occuperons  d'abord  de  la  conformation  extérieure  de  ces 
muscles.  Nous  étudierons  ensuite  leur  conformation  intérieure,  leur  struc- 
ture, leur  composition  chimique,  leur  mode  de  déyeloppément  et  leurs 
propriétés. 

§  1.  —  Conformation  extérieure  des  muscles. 

A.  —  SMnallon.  —  liomcnetaiarc. 

Considérés  dans  leur  situation,  les  muscles  striés  se  divisent  en  trois 
groupes  qui  ont  reçu  des  attributions  différentes. 

Les  uns,  incomparablement  plus  nombreux  et  plus  volumineux,  se  fixent 
iux  diverses  pièces  du  squelette  et  les  recouvrent  :  c'est  à  ce  premier  groupe 
que  s'appliquent  surtout  les  dénominations  de  muscles  extérieurs,  de  muscles 
volontaires  ;  ils  constituent  les  organes  actifs  de  la  locomotion. 

D'autres  sont  annexés  aux  organes  des  sens,  et  plus  particulièrement  à  la 
face.  Leur  situation  est  superficielle  aussi  pour  la  plupart  ;  plusieurs  cepen- 
dant se  trouvent  profondément  logés. 

D'autres  dépendent  des  appareils  de  la  digestion,  de  la  respiration,  de  la 
circulation,  de  la  génération.  Comme  les  précédents,  ils  se  distinguent  en 
superficiels  et  profonds;  mais  ceux-ci  sont  en  minorité. 

Les  muscles  des  deux  premiers  groupes  sont  situés  presque  tous  à  droite 
et  à  gauche  de  la  ligne  médiane.  Il  est  digne  de  remarque  que  la  partie 
centrale  du  squelette,  composée  d'un  si  grand  nombre  de  pièces  impaires  et 
symétriques,  n'est  entourée  et  mise  en  mouvement  que  par  des  muscles  pairs 
ou  latéraux.  Pourquoi  cette  différence  dans  le  mode  de  distribution  des 
organes  passifs  et  actifs  de  l'appareil  locomoteur  7  Elle  s'explique  par  la 
nature  si  opposée  de  leurs  attributions.  Les  premiers,  destinés  à  s'appuyer 
les  uns  sur  les  autres,  à  fournir  des  points  d'attache  aux  muscles  et  à  sou- 
tenir toutes  les  parties  molles^  s'échelonnent  en  grand  nombre  sur  la  ligne 
médiane,  afin  de  faire  de  la  charpente  du  corps  un  tout  continu*et  résistant. 
Les  seconds,  préposés  à  la  mobilité  de  toute  cette  charpente,  se  rangent  à 
droite  et  à  gauche  de  son  axe«  afin  de  lui  imprimer  des  mouvements  plus 
variés. 

Parmi  les  muscles  du  troisième  groupe,  il  en  est  beaucoup  au  contraire 
qui  se  trouvent  situés  sur  le  plan  médian  :  tels  sont  l'orbiculaire  des  lèvres, 
les  trois  constricteurs  du  pharynx,  les  deux  plans  musculaires  de  l'œso- 
phage, le  coeur,  le  diaphragme,  le  constricteur  de  la  vulve^  le  sphincter 
anal,  etc. 


U  MYOLOGIE. 

Nomenclature,  —  Les  dénominations  imposées  aux  muscles  dérivent  de 
sources  tn>s-variée8  et  purement  arbitraires.  On  les  a  désignés  d*abord  d'aprt^ 
Tordre  dans  lequel  ils  sont  superposés  ;  de  là  les  expressions  numériques  de 
premier,  second,  troisième,  etc. 

Plus  tard,  on  a  utilisé  dans  le  même  but  leurs  usages,  qui  ont  permis  de 
les  distinguer  en  adducteurs  et  abducteurs,  élévateurs  et  abaisseurs,  constric- 
teurs et  dilatateurs,  fléchisseurs  et  cxtenseun,  pronateurs,  supinateurs,  rota- 
teurs, opposants,  etc.  Cette  nomenclature ,  essentiellement  physiologique, 
est  une  des  plus  rationnelles  qui  aient  paru  ;  elle  serait  peut-être  la  meilleure, 
si  un  grand  nombre  de  muscles  ne  présentaient  des  usages  identiques  ou 
très-analogues. 

Les  nécessités  du  langage  réclamant  une  base  plus  large,  les  auteurs  ont 
dû  s'appuyer  alors  sur  la  conrormation  extérieure  des  muscles,  et  ils  ont  tour 
à  tour  invoqué  : 

i^  Leur  situation  générale,  d'où  les  dénominations  de  muscles  antérieurs 
et  postérieurs,  externes  et  internes,  profonds,  sublimes,  etc. 

T'  Leur  situation  relative:  exemple,  les  muscles  fessiers,  sous-claviers, 
sous-scapulaires,  temporaux,  intercostaux. 

3*  Leurs  dimensions  ;  en  les  comparant  sous  ce  point  de  vue,  on  les  a  divisé» 
en  grands,  moyens,  petits,  longs,  courts,  vastes,  etc. 

à^  Leur  direction,  à  laquelle  se  rattachent  les  expressions  de  muscles 
droits,  obliques,  transverses. 

5*  Leur  forme,  qui  a  été  prise  en  considération  aussi  souvent  que  leurs 
usages,  ainsi  que  Tattestent  les  noms  de  muscles  deltoïde,  lombricaux,soléaire, 
trapèze ,  rhomboïde ,  carré ,  triangulaire ,  scalènc  ,  pyramidal ,  orbicu- 
laire,  etc. 

6*  Leur  mode  de  constitution,  que  rappellent  les  dénominations  imposet^ 
aux  muscles  digaslrique,  demi-tendineux,  demi-membraneux. 

7*  Leurs  divisions,  qui  ont  mérité  à  quelques-uns  les  noms  de  complexus, 
de  biceps,  trici^ps,  jumeaux,  etc. 

8*  Knfln,  on  a  cherché  :V  établir  la  nomenclature  des  muscles  sur  leurs 
insertions  :  ainsi  ont  été  dénommés  les  muscles  stcrno-masloîdicn ,  stemo- 
hyoîdien,  sterno-thyroïden  ,  mylo-hyoïdiens ,  génio-glosse  ,  stylo-glossi* , 
coraco-huméral  et  quelques  autres.  Les  anciens  n'avaient  fait  de  ce  principe 
qu'une  application  très-limitée.  Cbaussier,  frappé  des  avantages  qu'il  pré- 
sente, tenta  de  l'appliquera  tous.  Mais  deux  écueils  inévitables  se  rencon- 
traient sur  sa  route  et  devaient  le  faire  échouer  dans  cette  réforme,  ainsi  que 
ses  continuateurs.  D'une  part,  beaucoup  de  muscles  possèdent  des  inser- 
tions communes,  et  il  devient  presque  impossible  de  nuancer  stiflisanunent 
les  appellations;  de  l'autre,  il  en  est  qui  s'attachent  à  plusieurs  os  i*t 
quelques-uns  même  à  un  grand  nombre  :  comment  énoncer  alors  toutes  lo 
insertions  7 

Faire  dériver  la  nomenclature  auatomique  d'un  principe  uniforme,  et* 
s  !rait  sans  doute  réaliser  un  immense  progrès,  liais  ce  progrès  est-il  réali* 
sable?  Lorsque  l'on  compare  1rs  corps  organisés  aux  corps  inertes,  en  pré>eooe 
de  Textrôme  complication  des  uns  et  de  la  simplicité  relative  des  autres,  on 
ne  tarde  pas  à  reconnaître  que  l'insuccès  des  réformes  entreprises  Jusqu'à  e^ 


CONFORMATION  EXTERIEURE  DES  MUSCLES,  5 

jour  doit  être  imputé  beaucoup  moins  aux  réformateurs  qu'à  l'organisation  ' 
elle-même.  On  pourra  renouveler  ces  tentatives  et  opérer  quelques  réformes 
partielles  ;  on  tentera  vainement  une  réforme  radicale.  Le  langage  dans  les 
sciences  naturelles  ne  saurait  aspirer  au  degré  de  perfection  qu'il  présente 
aujourd'hui  dans  les  sciences  physiques.  S'il  devait  se  perfectionner  à  son 
tour,  ce  serait  dans  un  avenir  qu'il  ne  nous  est  pas  encore  permis  d'en- 
trevoir. 

B.  —  Nombre  de»  moscle». 

Le  nombre  des  muscles  est  difficile  à  déterminer  et  ne  peut  l'être  d'une 
manière  rigoureuse.  Il  varie,  du  reste,  mais  dans  d'étroites  limites.  Chez 
quelques  individus,  en  effet,  certains  muscles  font  défaut;  chez  d'autres,  on 
obâer>'e  des  muscles  surnuméraires.  A  ces  deux  causes  qui  jettent  le  trouble 
dans  leur  dénombrement,  vient  s'en  ajouter  une  troisième  plus  importante  : 
beaucoup  d'entre  eux  se  confondent  par  une  de  leurs  extrémités  ;  or,  ces 
organes  qui  ont  des  insertions  communes  représentent-ils  un  seul  muscle, 
ou  autant  de  muscles  indépendants  7  Pour  résoudre  cette  jquestion,  on  ne 
peut  s'appuyer  en  général  que  sur  des  données  plus  ou  moins  arbitraires; 
de  là,  entre  les  auteurs,  autant  de  causes  de  dissidences  qui  les  ont  conduits 
à  des  résultats  très-différents. 

Quelques  anatomistes  avaient  porté  le  chiffre  total  des  muscles  à  600. 
Chaussicr  le  réduisit  à  368;  et  Theile,  plus  récemment,  a  cru  pouvoir  le 
limiter  à  3^6.  Ces  é>aluations  sont  évidemment  trop  faibles.  Le  nombre  des 
muscles  striés  s'élève  à  500  environ,  qui  se  répartissent  de  la  manière  suivante  : 

Tronc 190 

Têlc 63 

Membres  supérieurs 98 

Membres  inférieiirs 106 

Appareib  de  la  vie  nutritire 40 


Tolal.  ...     501 

Dans  ce  dénombrement  les  auteurs ,  il  est  vrai,  n'avaient  pas  fait  rentrer 
le  dernier  groupe.  Mais  en  le  supprimant,  on  voit  qâe  les  muscles  affectés  à 
l'appareil  de  la  locomotion  et  aux  organes  des  sens  atteindraient  encore  le 
chiffre  de  &55,  très-supérieur  à  leurs  estimations;  et  cependant  Je  n'ai  com- 
pris dans  ce  calcul,  ni  les  muscles  dont  l'existence  est  inconstante,  comme 
les  petits  zygomatiques ,  les  petits  psoas,  les  pyramidaux  de  l'abdomen  ;  ni 
ceux  dont  le  nombre  est  très-variable,  tels  que  les  sur  ou  sous-costaux  ;  ni 
les  muscles  surnuméraires.  Additionnés,  ces  trois  genres  de  muscles  s'élève- 
raient en  moyenne  à  25  ou  30. 

Si  Ton  compare  le  nombre  des  muscles  à  celui  des  os,  on  pourra  remar- 
quer combien  les  premiers  l'emportent  sur  les  seconds.  Dans  ce  parallèle, 
il  convient  du  reste  de  ne  faire  intervenir ,  ni  les  muscles  annexés  aux 
organes  des  sens,  ni  ceux  qui  dépendent  des  appareils  de  la  vie  nutritive, 
mait  seulement  les  organes  actifs  de  la  locomotion.  Or,  aux  175  pièces  qui 


6  MYOLOGIE. 

fonnent  le  squelette  du  trooc  et  des  membres  correspondent  près  de 
/iiOO  muscles  ;  chaque  os  en  possède  donc  en  moyenne  de  deux  à  trois,  et  peut 
ainsi  se  mouvoir  dans  plusieurs  sens  à  la  fois. 

I^s  muscles  ne  se  trouvent  pas  répartis,  du  reste,  d'une  manière  égale. 
Sur  la  racine  des  membres  on  les  voit  se  grouper  en  très-grand  nombre 
autour  d'un  même  os  :  d'où  la  mobilité  si  remarquable  de  l'épaule  et  du 
bassin.  Sur  leur  partie  terminale ,  les  os  se  multipliant  au  contraire,  les 
muscles  deviennent  relativement  moins  nombreux  ;  mais  ils  s'allongent  alors 
considérablement  pour  agir  sur  plusieurs  leviers  à  la  fois;  et  ceux-ci,  malgré 
leur  nombre,  restent  pour  la  plupart  extrêmement  mobile». 

G.  —  Voiome  des  matclct. 

11  n'est  aucun  système  d'organes  qui  occupe  dans  l'économie  une  place 
aussi  étendue  que^e  système  musculaire,  aucun  qui  présente  un  poids  plus 
considérable.  Ce  système  forme  à  lui  seul  les  deux  cinquièmes  de  la  masse 
totale  du  corps  xhez  l'homme  adulte  bien  constitué.  En  s'étalant  de  loutos 
parts  sous  la  peau ,  il  la  soutient  ;  uni  à  celle-ci,  il  Joue ,  A  l'égard  des 
parties  profondes,  le  rôle  d'organe  protecteur.  Combien  seraient  plus  fré- 
quentes les  solutions  de  continuité  des  os,  si  les  muscles,  par  leur  nombre  et 
leur  épaisseur,  ne  décomposaient  et  n'absorbaient  en  grande  partie  les 
efforts  des  corps  contondants  !  Dans  l'état  de  relâchement,  ils  protègent  les 
leviers  osseux  à  la  manière  de  ces  coussinets  élastiques  qu'on  place  autour 
des  corps  fragiles;  dans  l'état  de  contraction,  ils  les  protègent  par  leur 
dureté,  c'est-è'dire  par  leur  résistance  qui  s'i^outc  alors  &  celle  du  tissu 
osseux. 

Leur  volume  est,  du  reste,  extrêmement  variable.  Sous  ce  point  de  vue,  le 
système  musculaire  ne  peut  être  comparé  qu'au  système  adipeux.  ComiDe 
celui-ci,  il  diffère  selon  l'Age  et  le  sexe,  selon  les  individus  et  les  professions, 
selon  l'état  de  santé  ou  de  maladie. 

Les  muscles  sont  en  général  grêles  chez  l'enfant  et  chez  la  fenmie*  et 
souvent  aussi  chez  Thomme,  dont  la  vie  est  sédentaire  et  spéculative.  Sous 
TinQuence  de  ccrtainei  affections  chroniques,  ils  se  réduisent  au  dernier 
degré  de  l'atrophie,  en  sorte  qu'ils  ne  représentent  plus  que  des  cordelettes 
ou  des  membranes  demi- transparentes;  les  saillies  osseuses  apparaissent 
alors  de  tous  côtés  ;  le  squelette  se  dessine  au  dehors,  recouvert  seulement 
d'un  >oile  plus  ou  moins  épais.  -^  Dans  l'Age  adulte  et  l'état  de  santé,  le 
système  musculaire  est  très-inégalement  développé,  non-seulement  chez  les 
hommes  de  conditions  différentes,  mais  aussi  chez  ceux  qui  s  adonnent  aux 
mêmes  travaux.  Bien  qu'il  soit  ordinairement  d'autant  plus  considérable 
qu'il  est  plus  exercé,  on  ne  peut  méconnaître  cependant  qu'il  offre  parfoii 
un  très-notable  volume  chez  des  individus  qui  ne  se  livrent  à  aucun  tra%ail 
mécanique.  C'est  surtout  chez  les  individus  ainsi  constitués  que  les  muscles 
atteignent  leurs  plus  grandes  proportions  lorsqu^on  les  soumet  A  des  exercices 
réguliers  et  souvent  répétés.  Parvenus  A  ce  degré  d'hypertrophie,  ils  impri- 
ment aux  formes  extérieures  un  aspect  particulier,  bien  connu  des  peiolres 


CONFORMATION  EXTÉRIEURE  DES  MUSCLES.  7 

et  des  statuaires,  caractérisé  par  des  saillies  qui  en  reproduisent  la  coni)gu» 
ration,  et  des  dépressions  qui  répondent  à  leurs  intervalles  :  cet  aspect  est 
l'attribut  distinctif  du  tempérament  athlétique. 

Mais  il  est  rare  que  tous  les  muscles  arriveut  à  la  fois  à  cet  excessif  déve- 
loppement. L'hypertrophie  musculaire  est  presque  toujours  partielle,  et  en 
rapport  avec  les  professions  ou  le  genre  d'exercice.  Chez  les  uns,  ce  sont  les 
muscles  du  membre  supérieur  qui  se  développent  ;  chez  les  autres,  ce  sont 
ceux  du  membre  abdominal;  chez  les  portefaix,  ce  sont  les  muscles  spi- 
naux, etc.  —  Si  Ton  passe  de  l'homme  aux  vertébrés,  on  remarque  que  le 
volume  des  muscles  est  en  rapport  chez  eux  avec  le  régime  et  le  mode  de 
locomotion.  Les  carnassiers  se  distinguent  par  l'énorme  développement  de 
leurs  muscles  masticateurs;  les  animaux  sauteurs,  par  la  saillie  considérable 
des  muscles  fessiers.  Chez  l'oiseau,  les  muscles  pectoraux  deviennent  si  pré- 
dominants, qu'ils  forment  la  moitié  environ  du  système  musculaire. 

D.  —  IMrectIOB  des  miuelct. 

Les  mouvements  imprimés  par  les  muscles  sont  pn  partie  subordonnés 
&  leur  direction.  La  connaissance  de  l'une  conduit  à  la  détermination 
des  autres.  Il  importe  donc  d'en  prendre  une  notion  exacte  pour  chacun 
d'eux. 

La  direction  des  muscles  est  représentée  par  leur  axe,  qui  peut  être  recti- 
ligne ,  curviligne  ou  brisé.  —  Pour  déterminer  l'action  d'un  muscle  recti- 
ligne,  il  suffit  d'en  rapprocher  les  deux  extrémités;  les  os  correspondants  sont 
entraînés  dans  le  môme  sens. —  Lorsque  les  fibres  musculaires  affectent  une 
direction  curviligne,  le  premier  effet  de  leur  contraction  est  de  les  redresser, 
ou  plutôt  d'en  diminuer  la  courbure  ;  car  il  est  rare  que  celle-ci  s'efface 
entièrement;  et  même,  le  plus  habituellement,  clic  ne  subit  qu'une  légère 
modification  :  ainsi  se  comportent  les  fibres  du  diaphragme,  du  transverse  de 
l'abdomen,  du  sphincter  des  paupières,  des  bulbo-caverneux,  etc.  Cependant, 
lorsque  ces  fibres  représentent,  non  de  simples  segments  d'anneaux,  mais 
des  anneaux  complets,  leur  action  a  pour  résultat  de  resserrer  au  contraire 
la  courbe  qu'elles  décrivent;  c'est  ce  qui  a  lieu  pour  les  fibres  circulaires  de 
l'œsophage,  pour  celles  qui  entourent  la  portion  membraneuse  de  l'urèlhre, 
rt  J'ajouterai  pour  tous  les  sphincters,  lorsqu'ils  se  contractent  avec  une 
certaine  énergie. 

l^ea  muscles  qui  présentent  un  coude  sur  leur  tri^et,  ou  dont  l'axe  est 
brisé,  sont  connus  sous  le  terme  générique  de  muscles  réfléchis.  Pour  en 
apprécier  les  usages,  il  faut  tenir  compte  seulement  de  la  partie  réfléchie, 
<*t  la  considérer  comme  un  muscle  rcctiligne. — Certains  muscles  sont  recti- 
liâmes  dans  une  attitude,  et  réfléchis  dans  une  autre  :  ainsi  les  extenseurs  des 
doigts  se  redressent  pendant  l'extension,  et  se  coudent  pendant  la  flexion  ; 
ils  présentent  même,  dans  cette  dernière  attitude  des  phalanges,  une  double 
réBeiioDy  en  vertu  de  laquelle  ils  agissent  simultanément  sur  toutes  les 
trois. 

Les  muscles  étant  destinés  a  agir  sur  les  ds,  il  n'est  pas  sans  intérêt  de 
connaître  la  direction  relative  de  ces  deux  ordres  d'organes.  Sur  les  membres, 


8  MYOLOGIE. 

ils  marchent  à  peu  près  parallèlement  aux  leviers  osseux;  mais  au  niveau 
des  extrémiiés  renflées  de  ceux-ci,  ils  s'écarteni  de  Taxe  de  Tarticulation 
pour  s*en  rapprocher  un  peu  plus  bas,  et  décrivent  ainsi  une  légère  courbe 
à  leur  extrémité  inférieure.  On  ne  saurait  les  considérer  cependant  comme 
des  muscles  réfléchis  ;  ils  sont  seulement  déviés.  Ces  déviations  ont  pour 
avantage  d'agrandir  l'angle  d'incidence  des  organes  actifs  et  passifs  de  U 
locomotion  ;  elles  sont  favorables  par  conséquent  à  la  puissance.  —  Sur  le 
tronc,  l'angle  formé  par  la  rencontre  des  muscles  et  des  os  est  beaucoup 
plus  ouvert,  sans  être  porté  nulle  part,  toutefois.  Jusqu'à  90  degrés.  11  a  été 
en  général  exagéré  par  suite  de  la  fausse  position  que  la  plupart  des  auteurs 
donnaient  au  bassin. 

L'angle  que  forment  par  leur  rencontre  les  organes  actifs  et  passifs  de  la 
locomotion  se  modifie  beaucoup  dans  nos  diverses  attitudes,  et  surtout  pen- 
dant la  durée  des  mouvements;  c'est  dans  la  station  verticale  et  au  début 
de  l'action  musculaire ,  qu'il  est  ordinairement  le  plus  aigu  ;  dès  que  les 
leviers  osseux  commencent  à  s'incliner  les  uns  sur  les  autres,  il  s'accroît  de 
plus  en  plus,  en  sorte  que  la  puissance  se  trouve  favorisée  à  mesure  qu'elle 
s'alTaiblit.  11  est  cependant  quelques  muscles  qui,  dans  cette  attitude,  sont 
perpendiculaires  aux  os  :  tels  sont  les  Jumeaux  et  le  soléaire  à  L'égard  du 
calcanéum,  le  carré  crural  relativement  au  fémur,  le  carré  pronateur  rela- 
tivement aux  os  de  Tavant-bras,  les  droits  antérieurs,  postérieurs  et  latéraux, 
relativement  &  l'occipital,  etc. 

B.  —  Foraïc  de»  Hinfclcft. 

Les  muscles,  ainsi  que  nous  l'avons  vu,  peuvent  revêtir  les  formes  les  plus 
diverses.  Toutefois  les  différences  qu'ils  présentent  dans  les  rapports  de  leurs 
trois  dimensions  ont  permis  de  les  rattacher  à  trois  formes  principales  et  de 
les  diviser,  comme  les  os,  en  muscles  longs,  larges  et  courts. 

i«  Muêcles  longs.  -^  Ils  occupent  les  membres.  Groupés  autour  des  leviers 
osseux,  comme  auteur  d'un  axe,  on  les  voit  non-seulement  se  Juxtaposer 
pour  les  entourer  de  toutes  parts,  mais  aussi  se  superposer  le  plus  souvent 
de  manière  à  constituer  deux  couches,  l'une  profonde,  l'autre  superficielle. 

La  couche  profonde  en  rapport  avec  les  os  s'insère  sur  leur  surface.  Elle 
lui  adhère  par  conséquent  d'une  manière  intime  sur  une  grande  partie  de 
son  étendue.  Ces  adhérences  à  la  suite  d'une  fracture  peuvent  contribuer  à 
maintenir  les  deux  fragments  en  contact,  ou  du  moins  à  limiter  leur  dépla- 
cement. 

La  couche  superficielle  répond  aux  aponévroses  qui  la  séparent  de  la 
peau.  Elle  est  plus  longue  et  plus  rétractile  que  la  précédente.  Celle-ci 
s'étend  d'un  os  à  l'os  inférieur,  en  passant  sur  une  seule  articulation.  Les 
muscles  superficiels  débordent  par  leurs  extrémités  l'os  sous-Jacent  et  pas- 
sent ainsi  sur  deux  articulations  très-éloignées  l'une  de  l'autre.  Il  suit  de 
cette  disposition  et  de  leur  grande  rétractilité  :  1*  que  dans  les  solutions 
de  continuité  des  os  ils  deviennent  la  source  principale  du  déplacement  des 
fragments  ;  2*  que  dans  lei»  amfkutations  ils  laissent  en  partie  A  découvert  les 


CONFORMATION  EXTÉRIEURE  DES  MUSCLES.  9 

muscles  profonds,  qui  eux-mOmes  ne  recouvrent  plus  que  très-imparfaite- 
ment Textrémité  de  l'os,  d'où  l'aspect  conique  que  prend  la  surface  de  sec- 
tion. C'est  pour  éviter  cette  Dicheuse  conicité  des  moignons  que  Louis  avait 
proposé  d'inciser  successivement  la  peau ,  puis  la  couche  superficielle  au 
niveau  de  la  peau  rétractée ,  et  enfin  la  couche  profonde  au  niveau  de  la 
superficielle  rétractée  aussi.  Par  ce  procédé,  on  substitue  au  cône  plein  un 
cône  creux  dont  Tos  occupe  le  sommet.  Il  ne  donne  pas  cependant  des  résul- 
tats aussi  satisfaisants  que  l'espérait  son  auteur;  les  muscles  étant  doués 
d'une  rétractilité  très-inégale ,  les  uns  se  retirent  dans  la  profondeur  de 
la  plaie,  d'autres  font  saillie  à  sa  surface  et  celle-ci  manque  de  régularité. 
Dans  le  but  de  faire  disparaître  ce  dernier  inconvénient,  on  imagina  plus 
tard,  après  avoir  incisé  la  peau,  de  diviser  simultanément  les  deux  couches 
musculaires,  et  de  pratiquer  ensuite  au  niveau  des  muscles  les  plus  rétractés 
une  nouvelle  incision  des  muscles  les  moins  rétractiles. 

Les  deux  couches  musculaires  et  les  faisceaux  qui  les  composent  sont 
redevables  de  leur  mutuelle  indépendance  aux  lames  fibreuses  comprises 
dans  leur  intervalle.  Les  muscles  n'adhèrent  à  ces  lames  fibreuses  que  par 
un  tissu  cellulaire  extrêmement  Iflche.  Chacun  d'eux  peut  ainsi  se  rétracter 
librement  dans  la  gatne  qui  l'entoure.  On  voit  cependant  sur  quelques  points 
les  aponévroses  les  unir  les  uns  aux  autres  et  les  relier  en  un  seul  corps; 
ils  sont  alors  en  partie  solidaires  et  en  partie  indépendants  :  c'est  ce  qui  a 
lieu  pour  plusieurs  muscles  de  l'avant-bras  et  de  la  Jambe. 

Les  muscles  longs  sont  simples  ou  composés  :  simples,  lorsqu'un  faisceau 
unique  les  représente  ;  composés,  lorsque  plusieurs  se  réunissent  pour  les 
former.  Tantôt  ces  faisceaui^  convergent  de  haut  en  bas  :  ainsi  se  comportent 
ceux  qui  constituent  le  biceps  et  le  triceps  du  bras,  le  biceps  et  le  triceps 
de  la  cuisse,  le  triceps  de  la  jambe  ;  tantôt  ils  convergent  en  sens  contraire  : 
tek  sont  ceux  qui  forment  les  muscles  composés  de  la  partie  terminale  des 
membres. 

On  considère  aux  muscles  longs  une  partie  moyenne  et  deux  extrémités. 
La  partie  moyenne,  appelée  aussi  le  corps  ou  le  ventre  du  muscle,  est  en 
général  la  plus  volumineuse  ;  elle  répond  à  la  partie  la  plus  grôle  des  os 
longs,  et  contribue  ainsi  à  régulariser  la  forme  des  membres.  Des  deux  extré- 
mités, la  supérieure  est  la  plus  courte  et  la  plus  considérable,  d'où  le  nom 
de  tête  sous  lequel  elle  était  désignée  par  les  anciens,  qui  la  considéraient 
comme  l'origine  du  muscle.  L'inférieure,  très-allongée  au  contraire  et  plus 
grêle  en  représente  la  terminaison.  11  suit  de  ces  différences  :  i<>  que  la  partie 
la  plus  élevée  du  bras  et  de  la  cuisse,  de  l'avant-bras  et  de  la  Jambe,  est  plus 
volumineuse  que  la  partie  opposée  des  mêmes  segments  ;  2*  que  ceux-ci 
affectent  une  forme  conique;  3*  que  les  membres  présentent  une  forme 
semblable  et  qu'ils  en  sont  redevables  non  à  leur  charpente  osseuse,  mais 
uniquement  à  leurs  muscles  ;  W  que  les  grandes  articulations  situées  au 
voisinage  du  tronc  sont  entourées  de  tous  côtés  par  ces  organes,  et  que  les 
«rticulations  sous-Jacentes  sont  recouvertes  surtout  par  des  tendons. 

T  Êhaclêi  larges.  ~  Ces  muscles  diffèrent  beaucoup  des  précédents.  On 
peut  les  distioguer  d'après  leur  siège  et  leur  destination  en  trois  ordres  : 


10  MYOLOfilE. 

les  muscles  peaueien  ou  sous-cutanés,  les  muscles  sous-aponévrotiques  et  les 
muscles  profonds  ou  viscéraux. 

I.es  muscles  sous-cutanés  sont  peu  développés  chez  l'homme,  où  ils  ont 
pour  siège  à  peu  près  exclusif  la  tête  et  le  cou.  L'occipito-frontal,  l'orbicu- 
laire  des  paupières  et  le  peaucier  du  cou  sont  les  principaux  représentants 
de  ce  premier  groupe.  Mais  chez  un  grand  nombre  de  mammifères,  ils 
acquièrent  une  telle  ampleur  qu'ils  recouvrent  presque  toute  la  surface  du 
(ronc.  Ces  muscles  ont  pour  caractères  communs  :  1*  leur  extrême  minceur, 
2*  leur  pâleur,  attribut  qu'ils  conservent,  même  chez  les  animaux,  où  iU 
atteignent  leur  plus  grand  développement  ;  3"*  leur  adhérence  intime  à  la 
face  profonde  de  la  peau.  Il  suit  de  cette  adhérence  qu'ils  ne  peuvent  se 
contracter  sans  imprimer  aux  téguments  et  au  système  pileux,  tantôt  un 
simple  ébranlement  qui  a  pour  efTet  d'en  détacher  les  corps  étrangers, 
tantôt  un  raccourcissement  qui  se  traduit  par  des  plis  plus  ou  moins 
accusés. 

Lorsque  ces  muscles  n'offrent  qu'un  faible  développement,  comme  dans 
l'espèce  humaine ,  ils  sont  constitués  par  un  seul  plan  de  fibres.  lorsqu'ils 
recouvrent  presque  toute  la  surface  du  corps,  comme  chez  le  che\al,  le 
bœuf,  la  plupart  des  carnassiers,  etc.,  ils  se  composent  de  plusieurs  plans 
superposés  dont  les  fibres  sont  toujours  parallèles,  mais  différemment  dirigés 
dans  chacun  d'eux;  ces  plans,  en  d'autres  termes,  s'entrecroisent.  De  lA  dos 
mouvements  plus  énergiques  et  plus  variés  qui  font  du  système  des  muscles 
peauciers  un  puissant  appareil  de  protection  pour  le  pelage  des  mammi- 
fères et  le  plumage  des  oiseaux. 

Les  muscles  larges  sous-aponévrotiques  se  voient  sur  les  parois  du  tronc, 
qu'ils  contribuent  à  former.  Ils  sont  notablement  plus  épais  que  les  précé- 
dents, mais  assez  minces  cependant  pour  la  plupart.  Leur  épaisseur  varie, 
du  reste,  suivant  qu*ils  appartiennent  exclusivement  au  tronc ,  ou  bien  en 
partie  à  cette  cavité  et  en  partie  aux  membres.  Ceux  qui  restent  limités  au 
tronc,  comme  le  grand  droit,  les  deux  obliques,  le  transverse  de  l'abdomen, 
sont  minces  et  en  général  quadrilatères.  Ceux  qui  s'étendent  du  thorax  aux 
membres  supérieurs,  comme  les  pectoraux,  ou  du  bassin  aux  membres  infé- 
rieurs, comme  les  iliaques,  prennent  une  forme  triangulaire  et  augmentent 
d'épaisseur  à  mesure  qu'ils  diminuent  de  largeur. 

iUi%  muKles  sont  recouverts  aussi  par  des  lames  aponévrotiques ,  mai< 
extrêmement  minces  et  très-adhérentes,  en  sorte  que  leur  dissection  pré- 
sente quelque  difficulté.  Lorsqu'ils  se  superposent,  les  fibres  de  chaque* 
couche  s'entrecroisent  avec  celles  de  la  couche  sous-Jacente  :  telle  est  la 
disposition  que  nous  offrent  les  muscles  de  l'abdomen,  les  intercostaux 
internes  et  externes,  le  transverse  et  le  carré  lombaire.  Par  cette  disposition, 
les  plans  musculaires  se  consolident  mutuellement^  et  les  parois  qu'ils  con- 
tribuent à  former  acquièrent  une  très-grande  résistance  ;  c'est  pourquoi  les 
hernies  se  produisent  rarement  au  niveau  des  points  sur  lesquels  ils  sont 
ainsi  superposés  et  entrecroisés. 

Les  muscles  larges  et  profonds  ou  viscéraux  sont  peu  nombreux.  Ils  s'en- 
roulent autour  des  parois  du  pharynx  et  de  l'œsophage.  Quelques-uns  con- 
tribuent aussi  à  former  les  parois  de  la  bouche  et  le  corps  mus<'uleux  de  la 


CONFORMATION  FXTÉRÎEIRE  DES  MUSCLES.  H 

langue.  Très-minces,  d'aspect  membraneux,  ils  représentant  tantôt  un  plan 
de  figure  quadrilatère  ou  triangulaire ,  tantôt  un  segment  de  cylindre ,  ou 
même  un  cylindre  complet  et  très-régulier.  Une  simple  couche  cellulaire 
les  recouvre  le  plus  habituellement  et  les  unit  entre  eux  et  aux  parties  voi- 
Mnes.  LorsquHls  se  superposent,  ils  s'entrecroisent  aussi,  et  comme  les  peau- 
ders,  comme  les  muscles  annexés  aux  grandes  cavités  splanchniques ,  ils  se 
préteot  alors  un  mutuel  appui. 

S*  MmêcUs  courts.  —  On  les  rencontre  en  général  sur  les  points  où  il  faut 
plus  de  force  ou  d'agilité  que  d'étendue  dans  les  mouvements  :  c'est  ainsi 
qu'on  voit  autour  de  la  mAchoire  inférieure  le  masséter  et  les  ptérygoïdiens  ; 
autour  de  la  tête  de  l'humérus,  le  sus  et  le  sous-épineux,  le  petit  rond  et  le 
•ous-scapulaire ;  autour  du  col  du  fémur,  le  carré  crural,  les  Jumeaux,  les 
obturateurs;  à  la  main,  les  muscles  des  éminences  thénar  et  hypothénar; 
tuteur  des  cordes  vocales,  les  muscles  intrinsèques  du  larynx ,  etc. 

Mab  c'est  autour  du  rachis  surtout  que  ces  muscles  se  trouvent  rassemblés 
en  grand  nombre.  Ce  sont  eux  qui  remplissent  les  gouttières  vertébrales.  En 
l'ajoutant  les  uns  aut  autres,  ils  forment  les  muscles  spinaux,  de  même  que 
le»  vertèbres  en  se  superposant  donnent  naissance  à  la  colonne  rachidienne. 
Par  leur  contraction  simultanée,  ils  impriment  à  cette  colonne  des  mouve- 
ments de  totalité  ;  par  leur  action  individuelle ,  ils  meuvent  chacune  des 
pièces  qui  la  composent. 

Le  mode  de  configuration  des  muscles  courts  est  très-varié.  Le  masséter, 
les  ptérygoïdiens,  le  carré  crural,  se  rapprochent  de  la  forme  cubique  ;  ceux 
de  l'épaule  sont  triangulaires;  ceux  des  gouttières  vertébrales  allongés  et 
aplatis. 

La  division  des  muscles  en  trois  ordres  comporte,  du  reste,  les  mêmes 
objections  que  celle  des  os.  11  en  est  beaucoup  qui  présentent  des  caractères 
mixtes  et  qu'on  classerait  difficilement.  Tels  sont  ceux  de  la  région  sous- 
hyoïdienne  qui  sont  à  la  fois  longs  et  larges,  ceux  de  la  cavité  orbitaire  qui 
««ont  courts  et  cependant  allongés,  les  scalènes,  la  plupart  des  sphincters  et 
quelques  autres. 

F.  —  AttadMt  oa  iDsercion»  de»  moicles. 

Toutes  les  notions  qui  se  rattachent  à  l'étude  des  muscles  sont  utiles  pour 
I  intelligence  des  phénomènes  souvent  si  compliqués  de  la  mécanique  ani- 
male. Toutes  cependant  ne  présentent  .pas  une  importance  égale.  La  con- 
nainaDce  précise  de  leurs  attaches  tient  à  cet  égard  le  premier  rang.  Étant 
ruannes,  en  effet,  les  insertions  d'un  muscle,  il  devient  facile  d'en  déter- 
miner la  longueur,  la  direction,  les  usages. 

11  est  des  muscles  qui  s'attachent  à  la  peau  par  toute  l'étendue  dç  leiir 
surface,  ou  seulement  par  une  de  leurs  extrémités  :  ce  sont  les  peauciers. 
D  autres  viennent  se  fixer  sur  un  organe  pour  lui  imprimer  des  mouvements  : 
tels  sont  les  muscles  oculaires  et  auriculaires.  D'autres  s'insèrent  sur  une 
membrane  muqueuse,  comme  plusieurs  muscles  de  la  langue  et  du  pha- 
ryoi  ;  ou  bien  sur  unp  membrane  fibreuse  qu'ils  recouvrent  de  toutes  parts, 


12  MYOLOGIE. 

comme  les  muscles  du  %oile  du  palais.  D'autres  encore  se  portent  d'un  tendon 
à  un  autre  tendon,  comme  les  muscles  lombricaux. 

Quelques  muscles  s'attachent  sur  des  cartilagei,  ceux  du  larynx,  par 
exemple.  Plusieurs  répondent,  par  l'une  de  leurs  extrémités,  à  un  os,  et  par 
l'autre,  en  partie  ou  en  totalité,  à  une  aponévrose  dont  ils  constituent  le 
muscle  tensêur. 

Mais  la  plupart  des  muscles  se  fixent,  par  leurs  deux  extrémités,  sur  la 
surface  du  squelette.  Les  dépressions,  les  saillies,  les  crêtes,  les  aspérités,  les 
inégalités  de  tout  genre,  dont  cette  surface  est  comme  hérissée,  sont  desti- 
nées à  recueillir  ces  insertions.  Aussi  remarque-t-on  qu'elles  sont  d  autant 
plus  prononcées,  que  les  muscles  sont  plus  développés  ;  d'où  les  différences 
qui  distinguent  le  squelette  de  l'homme  du  squelette  de  la  femme,  celui 
d'un  individu  fortement  constitué  de  celui  d'un  individu  à  constitution  plut 
ou  moins  grôle. 

On  voit  quelquefois  les  fibres  musculaires  s'insérer  directement  ou  par 
l'intermédiaire  de  très- courtes  fibres  aponévrotiques  sur  la  surface  des  os. 
Mais  en  général  c'est  par  un  tendon  que  les  muscles  s'attachent  aux  saillies 
ou  aspérités  osseuses.  Arrondi  et  cylindrique  le  plus  habituellement,  ce 
tendon  est  souvent  aussi  aplati,  mince,  membraneux  :  il  prend  alors  le  nom 
d*aponévrose  dintertion. 

Comment  les  muscles  s'insèrent-ils  sur  les  os 7  Les  anciens  pensaient  que 
les  fibres  tendineuses  s'entrelaçaient  et  se  continuaient  avec  celles  du  pé- 
rioste ;  que  celui-ci  par  conséquent  ne  disparaissait  pas  au  niveau  des  attache» 
musculaires,  mais  devenait  seulement  plus  mince  et  plus  adhérent.  Quel- 
ques anatomistes  modernes  admettent  encore  cette  opinion ,  qui  cependant 
n'est  pas  fondée.  Les  tendons  s'implantent  immédiatement  sur  le  tissu 
compacte  des  os;  entre  eux  et  ce  tissu,  on  ne  voit  aucune  lame,  aucune 
substance  intermédiaire;  au  niveau  de  chaque  insertion,  il  y  a  continuité 
du  tissu  fibreux  et  du  tissu  osseux.  Cette  continuité  est  facile  à  comprendre, 
puisque  les  deux  tissus  sont  composés  en  partie  des  mêmes  éléments.  Ainsi 
unis  aux  leviers  osseux,  les  tendons  leur  adhèrent  si  solidement,  qu'ils  se 
laissent  rompre  plutôt  que  détacher. 

Les  insertions  ont  été  distinguées,  pour  chaque  muscle,  en  imertian  /ic« 
et  insertion  mobile.  Cette  distinction  mérite  d*être  conservée.  Mais  il  importe 
de  ne  pas  la  prendre  dans  un  sens  rigoureux;  car  elle  ne  s'appliquerait  alors 
qu'à  un  bien  petit  nombre  de  muscles  ;  à  ceux  de  l'orbite,  par  exemple,  qui, 
s'attacliant  d'un  côté  au  sommet  de  la  cavité  osseuse,  de  l'autre  au  globe  de 
l'œil,  présentent  en  effet  une  extrémité  fixe  et  une  extrémité  mobile;  il  en 
est  de  même  pour  les  muscles  qui  partent  de  l'apophyse,  et  pour  quelques 
muscles  de  la  face,  fixés  par  leur  origine  aux  os,  par  leur  terminaison  à  la 
peau. 

Pour  l'immense  majorité  de  ces  organes,  les  deux  attaches  sont  à  la  fois 
mobiles.  £lles  diffèrent  seulement  par  le  degré  de  leur  mobilité.  On  donne 
le  nom  d'insertion  fixe  à  celle  qui  Joue  le  plus  ordinairement  le  rôle  de 
point  d'appui.  Les  insertions  fixes  sont  remarquables  en  général  par  l'étendue 
qu'elles  occupent,  et  par  leur  tendance  à  s'unir  avec  celles  des  muscles 


CONFORMATION  EXTÉRIEURE  DES  MUSCLES.  13 

Toisins,  qui  souvent,  en  effet,  se  conrondent  dans  une  attache  commune. 
Les  insertions  mobiles  se  distinguent  au  contraire  par  leur  minime  étendue, 
par  la  netteté  de  leur  contour,  par  leur  plus  grande  indépendance. 


6.  —  Bapports  dct  moMles. 

Les  muscles  sont  en  rapport  avec  les  os,  les  articulations,  et  les  aponé- 
vroses; ils  ont  surtout  des  rapports  très-multipliés  les  uns  avec  les  autres; 
les  > aisseaux  et  les  nerfs  cheminent  dans  leurs  intervalles. 

^^  Rapports  des  muscles  avec  les  os  et  les  articulations.  ~  Les  muscles  longs 
et  les  muscles  courts  affectent  avec  les  os  et  les  articulations  les  connexions 
les  plus  intimes  et  les  plus  étendues,  ils  leur  correspondent  par  toute  leur 
longueur  ;  ils  les  entourent,  pour  la  plupart,  sur  toute  leur  circonférence  ; 
beaucoup  d'entre  eux  s'insèrent  sur  le  même  os,  à  des  hauteurs  très-diffé- 
reutes.  Ce  n'est  que  par  la  connaissance  précise  de  tous  ces  rapports  que  le' 
chirurgieu  peut  se  rendre  compte,  à  la  suite  d'une  fracture,  du  mécanisme 
qui  préside  au  déplacement  des  fragments,  et  à  la  suite  d'une  luxation  de 
la  situation  réelle  des  parties  déplacées. 

Les  grandes  articulations  du  côl.é  de  l'abduction  et  de  l'extension  sont 
étroitement  embrassées  par  des  muscles  ou  de  larges  tendons  qui  constituent 
pour  elles  de  puissants  moyens  d'union.  Du  côté  de  l'adduction  et  de  la 
tkiion,  les  muscles  s'écartent,  et  au  niveau  de  l'espace  qui  les  sépare  les 
aponévroses  et  les  téguments  se  dépriment:  telle  est  l'origine  des  dépressions 
qu'on  remarque  c^J  aisselle,  au  pli  du  bras,  au  pli  de  l'aine,  dans  la  région 
poplitée.  Ces  espaces,  traversés  par  les  troncs  vasculaires  et  nerveux,  ont 
pour  destination  de  laisser  à  ceux-ci  toute  la  latitude  qui  leur  était  néces- 
saire pour  éviter  les  compressions  auxquelles  ils  étaient  exposés  pendant  les 
mouvements  dont  ces  articulations  sont  le  siège. 

I^es  muscles  larges  ont  beaucoup  moins  de  rapports  avec  les  os.  Ils  ne  les 
recouvrent  que  par  leurs  insertions,  c'est-à-dire  par  leurs  bords.  Ceux  du 
tr>oc,  faisant,  pour  la  plupart,  l'office  de  parois,  se  trouvent  plus  spéciale- 
ment en  relation  avec  les  viscères  des  cavités  splanchniques.  Ils  communi- 
quent à  ces  cavités  une  partie  de  leur  mobilité^  d'où  la  possibilité  pour  le 
'liorax  de  se  dilater  et  de  se  resserrer  alternativement,  et  pour  l'abdomen 
de  varier  considérablement  dans  sa  capacité.  —  Plusieurs  de  ces  muscles 
prè^ntent  des  orifices  :  tel  est,  par  exemple,  le  diaphragme  ;  tels  sont  les 
trois  muscles  superposés  de  la  paroi  abdominale  antérieure,  creusés  dans 
leur  partie  inférieure  d'un  véritable  canal,  le  canal  inguinaly  que  traversent, 
(  bez  l'homme  le  cordon  des  vaisseaux  spermatiques,  chez  la  femme  le  liga- 
ment rond,  et  quelquefois  aussi  dans  l'un  et  l'autre  sexe,  mais  alors  acci- 
dentellement, les  viscères  abdominaux  les  plus  mobiles. 

2*  Rapports  des  muscles  aoec  les  aponévroses.  —  Les  rapports  des  muscles 
avec  les  aponévroses  sont  plus  multipliés  encore  que  ceux  de  ces  organes 
avec  les  os;  mais  ils  diffèrent  pour  les  trois  ordres. 

l^  muscles  longs  sont  embrassés  sur  chaque  segment  des  membres  par 


ià  MVoLUGlE. 

une  forte  aponévrose  qui  leur  constitue  une  gaine  générale.  Chaque  muscle 
superficiel  est  entouré,  en  outre,  d'une  gaine  secondaire  dépendante  de  la 
gaine  principale  ;  et  chaque  muscle  profond  d'une  gaine  semblable  complétée 
du  cOlé  des  os  par  le  périoste.  Ainsi  environnés  et  bridés  de  toutes  parts,  ils 
conservent  leur  indépendance,  se  raccourcissent  et  s'allongent  librement, 
mais  ne  peuvent  se  déplacer,  si  étendus  et  si  violents  que  soient  leurs  mou- 
vements. Quelques-uns  s'attachent  en  partie  à  ces  lames  fibreuses  qu'ils 
s'approprient,  en  quelque  sorte,  comme  les  muscles  de  l'avant-bras  et  de  la 
jambe.  En  se  prolongeant  sur  les  articulations,  les  aponévroses  recouvrent 
aussi  tous  les  tendons,  qui  leur  abandonnent  alors  une  expansion,  et  les 
séparent  souvent  les  uns  des  autres  par  les  dédoublements  qui  se  détachent 
de  leur  face  profonde. 

Sur  les  muscles  larges,  les  aponévroses  deviennent  extrêmement  mince« 
et  très -adhérentes.  Elles  sont  cellulo-fibreuses  plutôt  que  fibreuses.  Leur 
densité  et  leur  résistance  augmentent  à  mesure  qu'on  se  porte  de  l'insertion 
fixe  vers  l'insertion  mobile,  au  niveau  de  laquelle  les  deux  lames  cclluli>- 
^breuses  se  confondent  avec  l'aponévrose  d'insertion. 

Sur  les  muscles  courts,  les  aponévroses  présentent  la  même  disposition, 
les  mômes  caractères.  Elles  recouvrent  dans  toute  leur  étendue  les  muscles 
spinaux  et  pénètrent  dans  leur  intervalle.  Chacun  des  muscles  de  la  main  et 
du  pied  est  entouré  de  lames  semblables  qui,  en  s'unissant  aux  os,  formenl 
autant  de  loges  distinctes.  Chacun  des  muscles  oculaires  est  contenu  dans 
une  gaine  dépendante  de  l'aponévrose  orbitaire.  On  retrouve  ces  minces 
plans  fibreux,  même  sur  les  muscles  intrinsèques  du  larynx,  et  jusque  sur 
les  muscles  si  grêles  qui  meuvent  la  chaîne  des  osselets  de  l'ouïe. 

Tous  les  muscles,  à  l'exception  des  peauciers,  sont  donc  sous-aponé^ro* 
tiques.  Mais  les  aponévroses  qui  recouvrent  les  plus  superficiels  s'appliquent 
si  bien  à  leur  surface ,  elles  en  reproduisent  si  exactement  les  saillies  et  les 
contours,  qu'ils  se  dessinent  au  dehors,  chez  les  individus  maigres  et  forte- 
ment constitués,  comme  s'ils  étaient  immédiatement  sous-cutanés. 

3*  Rapports  des  muscles  entre  eux,  —  Les  muscles  se  correspondent  par 
leurs  faces,  parleurs  bords,  par  leurs  extrémités. 

Les  faces  se  superposent  ou  se  juxtaposent.  Elles  sont  presque  partout 
séparées  par  les  plans  fibreux  qui  assurent  leur  mutuelle  indépendance. 

Les  bords ,  pour  les  muscles  des  membres ,  sont  le  plus  souvent  indépen- 
dants aussi  et  parallèles.  Pour  les  muscles  du  tronc  et  de  la  tête  ils  noflrent 
plus  le  même  parallélisme,  mais  s'inclinent  les  uns  à  l'égard  des  autres  et 
se  croisent  à  angle  aigu,  quelquefois  à  angle  droit.  Autour  du  thorax  ils 
sont  formés,  pour  plusieurs  d'entre  eux,  par  une  série  d'angles  alteniati%<v 
ment  rentrants  et  saillants  à  l'aide  desquels  les  bords  opposés  s*entrecrotsent 
à  peu  près  comme  les  doigts  dos  deux  mains,  d'où  le  nom  de  digitatûms  qui 
leur  a  été  donne.  Le  grand  oblique  et  le  grand  dentelé,  d'une  part,  le  dia- 
phragme et  le  transverse  de  l'autre,  nous  offrent  des  exemples  de  cette 
pénétration  réciproque.  —  Sur  le  plan  médian  ces  bords  présentent  un«r 
disposition  plus  remarquable.  Les  fibres  aponévrotiques,  d'un  côté,  se  pro- 
longent du  côté  opposé  ;  elles  s'entrecroisent  réellement,  et  constituent  par 


CONFORMATION  EXTtKlEL'KË  DÊb  MlSCLES.  16 

C6t  eotrecroisemeot  la  pluparl  des  raphés  flbreux  qu'on  observe  sur  la  ligne 
.  médiane  :  ainsi  s'entrecroisent  les  deux  obliques  et  les  transverses  de  Tab- 
domen  pour  constituer  la  ligne  blanche,  étendue  des  pubis  au  sternum  ; 
ainsi  s'entrecroisent  les  deux  pectoraux  et  les  deux  sterno-mastoîdiens  au 
devant  de  cet  os  ;  les  trapèzes  et  les  grands  dorsaux ,  au  niveau  des  espaces 
interépineux  ;  les  constricteurs  du  pharynx,  à  leur  partie  postérieure.  Lorsque 
les  peauciers  du  cou  s'étendent  Jusqu'à  la  ligne  médiane,  on  les  voit  égale- 
ment s'entrecroiser  au-dessous  du  maxillaire. 

Les  rapports  qu'affectent  entre  elles  les  extrémités  des  muscles  sont  très- 
variables.  —  Sur  quelques  points  elles  s'entrecroisent  aussi.  Le  plus  remar- 
quable et  le  moins  connu  de  ces  entrecroisements  est  celui  qu'on  observe 
ao  devant  de  la  symphyse  des  pubis,  entre  les  adducteurs  d'un  côté  et  ceux 
du  côté  opposé. 

La  plupart  des  sphincters  sont  formés  de  deux  faisceaux  curvilignes  qui 
s'entrecroisent  également  à  leurs  extrémités.  Chez  la  femme,  les  deux  fais- 
ceaux du  sphincter  anal  s'entrecroisent  en  avant  nvec  ceux  du  constricteur 
de  la  vulve.  Chez  l'homme,  ces  mômes  faisceaux  s'entrecroisent  avec  les 
bolbo-caverneux. 

Plus  fréquemment  les  extrémités  adjacentes  s'accolent  l'une  à  l'autre, 
puis  se  confondent,  en  sorte  que  le  plus  petit  des  deux  muscles  s'approprie 
le  tendon  principal  :  c'est  ce  qui  a  lieu  pour  les  jumeaux  à  l'égard  de 
l'obturateur  interne  ;  pour  le  court  extenseur  des  orteils  à  l'égard  du  long 
extenseur  commun,  etc.—  D'autres  fois  les  deux  tendons  se  continuent 
seulement  par  leurs  bords^  comme  ceux  du  couturier  et  du  droit  interne  ; 
ou  bien  ils  s'envoient  des  faisceaux  de  communication,  comme  les  tendons 
de  l'extenseur  commun  des  doigts. 

h*  Bapporis  des  muacleê  avec  les  vaisseaux  et  les  nerfs,  —  Les  troncs  vascu- 
laireset  nerveux  sont  situés  entre  les  muscles  profonds;  qui  les  séparent  des 
06,  et  les  muscles  superficiels,  qui  les  recouvrent  et  les  protègent,  lis  occu- 
pent les  grands  espaces  intermusculaires,  et  tendent  en  général  à  se  réfugier 
vers  les  parties  les  plus  centrales  et  les  moins  exposées  aux  violences  des 
corps  extérieurs.  Au  cou  et  sur  les  membres,  leur  direction  est  parallèle  à 
celle  des  musclés,  en  sorte  que  ceux-ci,  par  leurs  bords  ou  leurs  saillies, 
représentent  autant  de  points  de  ralliement  qui  guident  l'opérateur  dans 
leur  recherche.  Les  branches  destinées  à  ces  organes  rampent,  pour  la 
plupart,  sur  leur  face  profonde  ;  c'est  par  cette  face  qu'elles  pénètrent  dans 
leur  épaisseur,  ainsi  qu'on  le  peut  constater  sur  les  muscles  de  l'épaule,  les 
muscles  fessiers,  les  muscles  triceps,  etc. 

Les  vaisseaux  et  les  nerfs  traversent  quelquefois  les  muscles.  Au  niveau 
de  leur  passage ,  on  remarque  alors  une  arcade  fibreuse  qui  s'insère  à  l'os 
voisin  par  ses  deux  extrémités,  et  qui  donne  attache,  par  son  bord  convexe^ 
aux  fibres  musculaires.  Celles-ci  agissant  exclusivement  sur  l'anneau  fibreux, 
et  tendant  à  le  dilater,  les  artères,  les  veines,  et  les  nerfs  ne  sont  exposés 
nulle  part  à  être  comprimés.  La  circulation  et  l'innervation  s'accomplissent 
librement  au  milieu  des  plus  violents  efforts.  L'arcade  aponévrotique  que 
présente  le  diaphragme  au  tronc  de  l'aorte j  celles  que  présentent  le  grand 


16  MYOLOGIE. 

adducteur  à  l'arlùre  fémorale,  le  soléaire  &  l'artère  poplitér,  sont  les  plus^ 
connues.  Maïs  il  en  existe  une  foule  d'autres  destinées  à  des  diversions  du 
quatrième  ou  du  cinquième  ordre,  et  même  à  de  très-petites  artères. 


§  2.  —  CONFOHMATION    INTÉRIEURS   DES   MUSCLES. 

Considérés  dans  leur  conformation  intérieure,  les  muscles  striés  se  com- 
posent de  deux  parties  bien  diiTérenles,  et  différemment  disposées  aussi 
dans  chacun  d'eux  :  1"*  d'une  partie  rouge,  molle,  réductible  en  faisceaux 
et  fascicules  de  plus  en  plus  déliés,  et  enfin  en  fibres  ;  2*  d'une  partie  blan- 
che, ferme,  très-résistante,  qui  constitue  les  tendons  et  les  aponévroses 
d'insertion.  La  première  est  seule  contractile;  la  seconde  est  passive  comme 
les  os,  auxquels  elle  transmet  le  résultat  de  l'action  musculaire. 

La  portion  rouge  ou  contractile  forme  le  corps  des  muscles.  La  portion 
blanche  ou  tendineuse,  appelée  aussi  albuginée,  occupe  leurs  extrémités. 
Il  existe  cependant  quelques  exceptions  à  ce  fait  général.  Dans  un  petit 
nombre  de  muscles  connus  sous  la  dénomination  de  digastriquei^  le  cori>f 
charnu  est  composé  de  deux  parties  reliées  l'une  à  l'autre  par  un  tendou 
ou  une  aponévrose  d'insertion  qui  occupe  leur  partie  moyenne.  Quelquefois 
l'aponévrose,  qui  entrecoupe  le  corps  charnu,  est  formée  de  fibres  extrême- 
ment courtes  ;  elle  prend  alors  le  nom  û*inUr$êction  fibreuse. 

La  partie  tendineuse,  comparée  à  la  partie  musculaire,  se  réduit  très- 
souvent  aux  plus  minimes  proportions;  elle  n'est  plus  représentée,  dans  ce 
cas,  que  par  des  faisceaux  et  fascicules,  plus  ou  moins  multipliés,  de  hauteur 
inégale,  qui  se  perdent  dès  leur  origine  dans  le  corps  charnu:  c'est  celui-ci 
qui  forme  à  lui  seul  la  presque  totalité  du  muscle.  Mais  sur  un  grand  nombre 
de  ces  organes,  les  tendons  acquièrent  beaucoup  plus  d'étendue  et  d'impor- 
tance. Tantôt  alors  ils  se  prolongent  sur  les  deux  faces  opposées  du  muscle, 
en  s'épanouissant  et  en  devenant  de  plus  en  plus  minces,  en  sorte  que  le 
corps  charnu  se  trouve  placé  obliquement  entre  deux  éventails  fibreux. 
Tantôt  ils  représentent,  d'un  côté,  une  sorte  de  cornet  qui  embrasse  le  corp» 
charnu,  et  du  côté  opposé  un  long  tendon  d'abord  très-gréfe  et  caché  dans 
l'épaisseur  de  celui-ci,  dont  il  se  dégage  peu  à  peu.  Quelquefois  les  fibre» 
musculaires  s'insèrent  seulement  sur  les  deux  cOlés  opposés  du  tendon  ; 
parfois  aussi  elles  se  fixent  toutes  sur  le  même  côté:  le  muscle  est  dit  alor» 
penniforme  ou  scmi-penniforme. 

L'élément  fibreux  et  rélémenl  contractile  varient  donc  beaucoup  dans 
leur  étendue,  leur  direction  cl  leur  disposition  relatives  pour  les  difl'érents 
muR'Ies.  Il  n'en  est  pas  deux  à  cet  égard  qui  se  ressemblent.  Tn  fait  général 
cependant  se  dégage  du  sein  de  toutes  ces  variétés.  L'observation  nous 
montre  que  les  tendons  sont  d'autant  plus  courts  d'un  côté,  qu'ils  deviennent 
plus  longs  &  l'autre  extrémité;  que  lorsqu*ils  s'épanouissent  sur  une  face  ou 
sur  un  bord  supérieurement,  ils  s'étalent  ihférieurement  sur  la  face  ou  sur 
le  bord  opposés;  que  lorsqu'ils  recouvrent  en  haut  la  périphérie  du  corps 
charnu,  ils  sont  recouverts  en  bas  par  celui-ci.  L'élément  fibreux,  en  un 


STRUCTURE  DES  MUSCLES.  17 

mot,  alTecte  relativement  à  l'élément  musculaire  une  disposition  inverse  aux 
deux  extrémités  d'un  même  muscle.  11  suit  de  cette  disposition  : 

1*  Que  toutes  les  fibres  musculaires,  pour  un  muscle  donné,  présentent 
à  peu  près  la  même  longueur;  que  toutes  se  superposent  sur  un  point  de 
son  étendue ,  et  que  ce  point  marque  sa  plus  grande  épaisseur. 

2*  Que  plusieurs  fibres  musculaires  s'attachent  à  une  même  fibre  tendi- 
neuse :  d'où  le  Tolume  croissant  et  décroissant  du  corps  charnu,  et  les 
dimensions  toujours  plus  grêles  des  tendons. 

3«  Que  les  tendons  n'ont  pas  seulement  pour  attribution  de  transmettre 
au\  leviers  osseux  le  résultat  de  la  contraction  des  muscles,  mais  aussi  de 
t'uQcentrer  sur  un  petit  espace  les  fibres  musculaires  beaucoup  trop  multi- 
pliées pour  occuper  chacune  une  place  distincte  sur  la  surface  du  squelette, 
et  de  transformer  toutes  ces  forces  élémentaires  en  une  force  unique,  dont 
l  action  devient  plus  précise. 


§  3.  —  Structure  des  muscles. 

Chaque  muscle  se  composant  de  deux  parties  très-difTérentes,  nous  avons 
à  étudier  :  1®  la  structure  de  la  partie  contractile  ou  des  muscles  proprement 
ditâ;  2*  celle  de  la  partie  albuginée  ou  -des  tendons. 

I.  —  structure  dct  muclct  proprement  dit». 

Les  muscles  comprennent  dans  leur  composition,  non-seulement  le  tissu 
musculaire  qui  en  représente  l'élément  fondamental,  mais  aussi  des  élé- 
ments accessoires  :  du  tissu  conjonctif,  du  tissu  graisseux,  des  artères,  des 
«eines,  des  vaisseaux  lymphatiques  et  des  nerfs. 

A.  Tissu  musculaire. 

Nous  avons  vu  que  le  corps  charnu  des  muscles  est  formé  d'un  certain 
nombre  de  faisceaux  principaux ,  et  que  chacun  de  ceux-ci  est  réductible 
lui-même  en  faisceaux  de  moins  en  moins  volumineux.     * 

Par  cette  première  analyse,  facile  et  rapide,  on  arrive  à  un  faisceau  si 
drlié,  qu  il  se  présente  sous  l'aspect  d  une  simple  fibre,  et  qui  a  été  univer- 
ftfllement  décrit  en  effet  sous  le  nom  de  /S6re  musculaire.  Cette  fibre,  au 
ui^eau  de  laquelle  la  décomposition  semble  s'arrêter,  a  pu  être  considérée 
d  abord  comme  la  partie  constituante  ou  élémentaire  des  muscles.  Mais  en 
laitaquant  par  des  procédés  d'analyse  plus  perfectionnés,  elle  se  laisse 
•l'i omposer  à  son  tour  en  fibres  plus  déliées  encore  qui  ont  reçu  le  nom  de 

fibrilles. 

Les  fibres  musculaires  représentent  donc  aussi  des  faisceaux,  d'où  le  nom 
de  faisceaux  primitifSy90u%  lequel  elles  sont  aujourd'hui  généralement  dési- 
gnées. Ces  deux  dénominations,  du  reste,  méritent  l'une  et  l'autre  d'être 
conservées  :  celle  de  faisceau  primitif  pour  exprimer  leur  mode  de  constitu- 

II.—  2 


18  MYOLOGIE. 

tion  ;  celle  de  flbrCi  soit  pour  rappeler  qu'elles  sont  le  premier  terme  auquel 
s'arrOte  d'abord  l'analyse,  soit  pour  tenir  compte  de  leur  enveloppe  toute 
spéciale  et  réellement  indivisible. 

Le  tissu  musculaire  est  constitué,  en  résumé,  par  les  fibrilles.  En  se  grou- 
pant sous  une  enveloppe  commune,  les  fibrilles  forment  les  fibres  ou  fais- 
ceaux primitifs.  Par  leur  réunion,  ceux-ci  produisent  les  faisceaux  secon- 
daires; et  cette  association  continuant  entre  des  faisceaux  de  plus  en  plus 
volumineux,  on  voit  ainsi  naître  successivement  les  faisceaux  ternaire», 
quaternaires,  etc.;  et  enfin  les  faisceaux  principaux,  de  la  Juxtaposition 
desquels  résulte  la  masse  totale  du  muscle. 

Nous  avons  donc  à  considérer  :  les  faisceaux  des  divers  ordres  ;  les  fibres  i>u 
faisceaux  primitifs  ;  l'enveloppe  de  ces  fibres,  plus  connue  sous  le  nom  de 
sarcolemme;  et  les  fibrilles  élémentaires. 

a.  Faisceaux  des  divers  ordres.  —  Bien  que  leur  volume  décroisse  en  pas- 
sant des  faisceaux  principaux  aux  faisceaux  secondaires,  on  ne  peut  mécon- 
naître cependant  que  dans  chaque  ordre  ils  sunt  loin  d'olTrir  des  dimensions 
égales.  Il  existe  même  entre  eux,  à  cet  égard,  des  difTércnces  notables,  dont 
on  se  rendra  facilement  compte,  en  considérant  que  le  volume  est  ici  en 
rapport  avec  le  nombre,  et  que  ce  nombre  est  très-variable.  Ainsi  tel 
faisceau  secondaire  peut  être  composé  de  quelques  faisceaux  primitifs  seu- 
lement, tandis  qu'un  autre  en  comprendra  beaucoup  plus.  Il  en  est  de 
même  pour  les  faisceaux  ternaires  et  quaternaires. 

La  forme  des  faisceaux  est  variable  aussi.  Cependant,  comme  ils  sont  eu 
contact  et  tendent  sans  cesse  à  réagir  les  uns  sur  les  autres,  ils  se  terminent 
par  des  faces  ou  facettes,  et  des  bords  rectilignes,  en  général  au  nombre  de 
trois,  et  revêtent  ainsi,  pour  la  plupart,  la  forme  d'un  prisme  à  base  trian- 
gulaire. Mais  ces  faces,  souvent  plus  nombreuses,  se  modifient  tellement 
dans  leur  étendue  relative,  qu'on  ne  rencontrerait  peut-être  pat  deux 
prismes  parfaitement  semblables. 

Les  interstices  qui  séparent  les  divers  faisceaux  sont  en  rapport  a\ec 
leurs  dimensions.  Ils  diminuent  par  conséquent  des  faisceaux  principaux 
aux  faisceaux  secondaires.  Ceux  qui  correspondent  aux  premiers  occupt^il 
en  partie  la  surface  des  muscles;  ils  se  présentent  sous  l'aspect  de  sillon». 
(Icux  qui  corresQj^ndent  à  des  faisceaux  de  plus  en  plus  petits,  se  réduist*nt 
dans  les  mêmes  proportions,  mais  restent  encore  visibles  à  l'œil  nu,  le  plu» 
habituellement,  sur  les  coupes  perpendiculaires  aux  faisceaux  contractiles. 
C'est  sur  les  muscles  qui  ont  été  durcis  par  la  coction  ou  par  leur  immersion 
dans  une  solution  un  peu  concentrée  d'acide  azotique,  que  les  interstici*> 
intra-musculaires  se  montrent  dans  toute  leur  évidence.  L'étude  de  co5 
coupes  permettra  aussi  de  prendre  une  notion  exacte  de  la  forme  et  des 
dimensions  relatives  de  tous  les  faisceaux. 

b.  Fibres  musculaires  ou  faisceaux  primitifs.  —  Ces  faisceaux,  de  mêmi* 
que  les  précédents,  sont  loin  d'olTrir  des  dimensions  égales.  Le  volume,  pour 
eux  aussi,  varie  en  raison  du  nombre  des  parties  conslituanles.  Leur  dia- 
mètre le  plus  ordinaire  chez  l'homme  est  deO^'yCOà  O^'^OS.  Les  plus  petit» 
se  réduisent  à  0"*,03,  à  0,"",02,  quelquefois  même  à  O^^^Oi.  Les  plus  gros 


STRUCTURE  DES  MUSCLES.  19 

atteignent  de  0»»,10  À  0"»",i2.  Ces  différences  se  montrent)  du  reste,  non- 
seulement  d'un  muscle  à  un  autre  muscle,  mais  d'un  faisceau  à  l'autre. 
Les  flbres  musculaires  diffèrent  en  outre  de  volume,  suivant  les  individus, 
suivant  le  sexe,  suivant  l'âge,  suivant  l'état  de  santé  ou  de  maladie  et  selon 
les  espèces  animales. 

Leur  forme  varie  également.  Quelques-unes  représentent  aussi  un  prisme 
triangulaire,  et  d'autres  plus  nombreuses,  un  prisme  à  quatre  ou  cinq  pans, 
d'inégale  largeur.  Souvent  un  ou  plusieurs  des  angles  du  prisme  s'arron- 
dissent, en  sorte  que  les  fibres  sont  alors  irrégulièrement  cylindriques. 
Pour  constater  toutçs  ces  variétés  de  configuration,  il  faut  pratiquer  des 
coupes  perpendiculaires,  très-minces,  sur  des  faisceaux  secondaires  ou  ter- 
naires préalablement  desséchés,  et  ramollir  ensuite  ces  coupes  à  l'aide  d'une 
goutte  d'ammoniaque  étalée  sur  le  porte-objet. 

Les  faisceaux  primitifs  ont  pour  attributs  caractéristiques  :  des  stries  trans- 
lersales,  très-rapprochées,  de  couleur  sombre,  alternant  avec  des  lignes 
rlaires  qui  occupent  leurs  intervalles;  et  des  stries  longitudinales,  souvent  peu 
ou  pas  apparentes,  mais  qui  deviennent  très-manifestes  lorsqu'on  les  soumet 
a  i  action  des  réactifs  (fig.  227,  B). 

Les  stries  longitudinales,  plus  déliées  que  les  transversales,  correspondent 
aux  interstices  des  fibrilles  élémentaires,  interstices  dont  elles  mesurent  la 
largeur,  en  sorte  qu'elles  sont  presque  nulles  dans  l'état  d'intégrité  des  fais- 
reaui  primitifs,  très -apparentes  au  contraire  dans  l'état  de  dissociation  des 
fibrilles.  La  cause  à  laquelle  elles  se  rattachent  est  si  évidente,  que  tous  les 
observateurs,  en  France  du  moins,  sont  aujourd'hui  d'accord  sur  ce  point. 

Mais  il  n'en  est  pas  ainsi  des  stries  transversales  :  ces  dernières  ont  été 
attribuées  à  trois  causes  très-différentes. 

Un  grand  nombre  d'anatomistes  en  Angleterre  et  en  Allemagne  se  refusent 
encore  à  admettre  l'existence  des  fibrilles  élémentaires.  Us  pensent  avec 
Bowman.  que  les  faisceaux  primitifs  sont  formés  de  disques  superposés. 
Soua  TinOueiice  de  certains  réactifs,  on  peut,  en  effet,  décomposer  les  fibres 
musculaires  en  autant  de  disques  qu'il  existe  de  stries  sur  leur  trajet,  et 
c'est  toujours  au  niveau  des  stries  sombres  que  se  fait  la  séparation.  Ces  dis- 
ques ne  s'abandonnent  pas  d'abord  entièrement  ;  tandis  qu'ils  s'écartent  sur 
un  des  points  du  contour  de  la  fibre,  on  les  voit  rester  unis  sur  le  point 
opposé  par  l'intermédiaire  de  l'un  des  noyaux  du  sarcolemme.  Ordinaire- 
ment quatre  ou  cinq  d'entre  eux  sont  comme  enchaînés  par  le  môme  noyau. 
Olui-ci  finit  par  se  briser  dans  leurs  intervalles  ;  ils  se  séparent  alors,  chacun 
d  eu\  en  emportant  une  parcelle  sur  ga  circonférence  (fig.  227,  C,  D,  E,  F). 

Vus  par  l'une  ou  l'autre  de  leurs  faces,  les  disques  présentent  une  multi- 
tude d'anneaux  microscopiques  qui  correspondent  aux  points  de  segmenta- 
tion des  fibrilles  élémentaires.  Sur  leur  contour,  on  remarque  une  ligne 
circulaire  formée  par  le  sarcolemme,  et  au-dessous  de  cette  ligne,  un,  deux 
et  quelquefois  trois  globules  brillants ,  constitués  par  les  débris  des  noyaux. 
Lorsque  la  préparation  a  été  faite  dans  les  meilleures  conditions,  le  nombre 
des  disques  qui  nagent  dans  le  liquide  est  incalculable.  Ceux  qui  reposent 
sur  le  porte-objet  par  une  de  leurs  faces  conservent  la  figure  d'un  plan  cir- 
culaire. Ceux  qui  affectent  une  direction  verticale  ou  oblique  sont  anguleux, 


30  MYOLOGIE. 

flexueuXy  contournés  en  divers  sens  ;  ils  prennent,  en  un  mot,  toutes  les 
formes  que  leur  imprime  le  liquide  dans  lequel  ib  flottent  ou  la  pression 
à  laquelle  ils  sont  soumis. 

Si  les  faisceaux  primitifs  se  laissent  décomposer  en  autant  de  fibrilles 
qu'ils  présentent  de  stries  longitudinales,  ils  sont  donc  décomposables  aussi 
en  autant  de  disques  qu'ils  offrent  de  stries  sombres.  En  présence  de  ce  fait, 
on  ne  saurait  contester  que  l'opinion  admise  en  Angleterre  et  en  Allemagne 
est  fondée,  comme  celle  qui  a  prévalu  en  France,  sur  les  données  de  Tob- 
servation.  La  dernière  est  celle  qui  me  parait  interpréter  ces  données  de 
la  manière  la  plus  vraie;  elle  ne  doit  être  acceptée  cependant  qu'avec 
réserve. 

Les  auteurs  qui  reconnaissent  l'existence  des  fibrilles  ont  fait  remarquer 
qu'elles  présentent  des  parties  alternativement  sombres  et  claires  ;  et  ils  ont 
avancé  que  les  stries  transversales  résultent  de  la  juxtaposition  de  toutes  les 
parties  sombres,  et  les  intervalles  qui  les  séparent  de  l'addition  de  toutes 
les  parties  claires.  Telle  est  l'opinion  généralement  admise. 

Mais  M.  Rouget,  dans  ses  remarquables  études  sur  les  tissus  contrac* 
tiles,  a  très-bien  démontré  que  les  stries  transversales  des  faisceaux  primitifs 
sont  dues  à  des  ondulations  de  leur  surface,  se  répétant  dans  toute  leur 
épaisseur,  et  que  les  zones  obscures  et  claires  résultent  du  Jeu  des  ombres 
et  des  lumières  au  niveau  des  reliefs  et  des  dépressions  (1).  Cet  auteur  s'ap- 
puie sur  les  arguments  qui  suivent  : 

i*  Si  les  stries  obscures  correspondaient,  comme  on  le  pense,  à  des  parties 
biréfringentes,  et  les  stries  claires  à  des  parties  monoréfringentes,  elles 
devraient  se  succéder  dans  un  ordre  invariable;  or,  il  n'en  est  pas  ainsi;  un 
simple  cbangement  de  foyer  de  l'objectif  suffit,  le  plus  souvent,  pour  trans- 
former les  stries  obscures  en  stries  claires,  et  réciproquement. 

2*  Entre  les  stries  obscures  des  faisceaux,  on  observe  d'autres  stries  plus 
fines,  plus  délicates,  plus  rapprochées,  qui  se  rapportent  aux  fibrilles  ;  chi'z 
les  vertébrés,  ces  dernières  ont  une  épaisseur  deux  ou  trois  fois  moindre  que 
les  précédentes;  donc  les  stries  des  faisceaux  ne  résultent  pas  de  la  juxta- 
position des  stries  tibrillaires. 

3"  Lorsqu'on  soumet  à  l'examen  microscopique  des  faisceaux  primitif» 
pris  sur  un  animal  fi  vaut  ou  récemment  sacrifié,  on  voit  se  produire  presque 
aussitôt  des  ondulations  qui  se  manifestent  sur  leurs  bords  par  une  série  de 
courbes  à  courts  rayons,  formant  une  sorte  de  dentelure.  QuAnd  les  ondu- 
lations sont  régulières,  les  courbes  sont  égales;  si  elles  diffèrent  de  longueur, 
les  courbes  diffèrent  aussi  d'étendue.  Or,  ces  courbes  qui  correspondent  aux 
reliefs  de  la  surface,  correspondent  aussi  et  toujours  très-exactement  au% 
stries  claires;  les  angles  rentrants  situés  dans  leurs  intervalles  correspon- 
dent aux  stries  sombres. 

U*  Enfin,  si  l'on  observe,  à  l'aide  du  stéréoscope,  deux  images  d'un  mèm^ 
faisceau  primitif,  prises  sous  des  angles  différents  à  des  grossissements  do 
300  à  500  diamètres,  les  reliefs  des  ondulations  de\ienncnt  si  évidents,  que 

(1)  Rottfiet,  Mém.  fur  Ut  tifsus  contractiles  et  la  coniract»  {Jow^nai  de  pkynoh*/^. 
publié  ptr  Brown-Séquard,  1863,  t.  VI,  p.  687). 


STRUCTURE  DES  MUSCLES.  SI 

les  faisceaux  primitifs  prennent  Taspect  de  colonnes  à  cannelures  tranever- 
lales,  ou  de  Téritables  vis,  dont  le  filet  est  représenté  par  les  parties  claires, 
et  le  pas  de  vis  par  les  stries  obscures. 

De  tous  ces  faits,  il  faut  conclure  avec  M.  Rouget  que  les  stries  alternati- 
fement  sombres  et  claires  des  faisceaux  primitifs  reconnaissent,  en  effet, 
pour  cause  les  ondulations  échelonnées  sur  leur  longueur,  et  intéressant 
toute  leur  épaisseur.  J'ajouterai  que  ces  stries  ne  se  voient  pas  seulement 
sur  les  fibres  musculaires  ;  on  les  rencontre  également  sur  les  fibres  du  tissu 
conjonctif  dans  certaines  conditions  données  ;  or,  elles  sont  aussi  le  résultat 
de  leurs  ondulations,  tantôt  trës-espacées  et  visibles  à  Tœil  nu  ou  à  de 
faibles  grossissements,  tantôt  très-rapprocbées ,  très-déliées,  et  rappellent 
assez  bien,  dans  ce  cas,  Taspect  des  faisceaux  primitifs  ;  cependant  elles  sont 
toujours  plus  pâles  et  moins  régulières. 

c.  Lesarcolemmey  on  myoUmme^  est  mince,  très-résistant,  transparent,  élas- 
tique, sans  aucune  trace  de  structure,  parfaitement  homogène.  11  présente 
des  noyaux  plus  ou  moins  espacés,  de  forme  ellipsoïde,  d'aspect  granuleux, 
dont  le  grand  aie  se  dirige  longitudinalement.  De  sa  face  interne,  on  voit 
naître  des  cloisons,  signalées  par  M.  Rouget.  C'est  au  point  de  fusion  de  ces 
cloisons  avec  la  gaine  ou  enveloppe  des  fibrilles  que  se  trouvent  situées  les 
noyaux.  D'une  extrême  minceur  à  leur  point  de  départ,  elles  s'amincissent 
encore  en  se  portant  vers  l'axe  du  faisceau  primitif,  puis  disparaissent  avant 
d'arriver  jusqu'à  cet  axe. 

Les  cloisons  interfibrillaires  ne  sont  visibles  que  sur  des  coupes  minces 
et  perpendiculaires  prises  sur  des  faisceaux  musculaires  desséchés,  et  ensuite 
ramollies.  En  s'unissant  entre  elles  dans  leur  trajet,  elles  divisent  la  cavité 
principale  en  cavités  plus  petites,  contenaitt  chacune  un  groupe  de  fibrilles  : 
d'où  U  suit  que  les  faisceaux  primitifs,  par  leur  mode  de  constitution, 
répéteraient  en  quelque  sorte ,  sous  des  dimensions  microscopiques ,  le 
muscle  tout  entier. 

Gomment  se  comporte  le  sarcolemme  aux  deux  extrémités  des  fibres 
muKulaires?  Bowman  pense  qu'il  se  continue  avec  le  pourtour  des  fibres 
tendineuses,  et  que  celles-ci  se  soudent  aux  fibrilles  élémentaires.  Mais  cette 
opinion  est  difficile  à  concilier  avec  les  faits;  car  l'observation  nous  montre 
que  les  faisceaux  primitifs  se  terminent  par  des  extrémités  coniques,  et  que 
la  cavité  circonscrite  par  leur  enveloppe  est  close  de  toutes  parts.  C'est  donc 
sur  les  parois  de  cette  cavité,  ou  sur  le  sarcolemme  lui-même,  que  viennent 
s'attacher  les  fibrilles;  c'est  par  l'intermédiaire  du  sarcolemme,  en  d'autres 
termes,  que  celles-ci  se  continuent  avec  les  fibrilles  tendineuses.  Au  niveau 
de  cette  continuité,  la  fibre  musculaire  est  reçue  dans  la  partie  correspon- 
dante du  tendon  à  la  manière  d'un  cône  plein  dans  un  cône  creux.  Celles  qui 
s'insèrent  sur  le  pourtour  des  fibres  tendineuses,  se  soudent  à  ce  pourtour  par 
une  coupe  oblique,  en  sorte  qu'elles  se  terminent  aussi  par  une  sorte  de  cône, 
mais  aplati  et  moins  régulier.  Bien  que  la  soudure  de  l'élément  contractile 
et  de  l'élément  fibreux  ait  lieu  par  l'intermédiaire  du  sarcolemme,  elle  est 
si  intime  et  si  parfaite,  elle  est  douée  d'une  telle  résistance,  qu'à  la  suite 
des  plus  violents  efforts,  ce  n'est  pas  sur  le  point  d'union  des  deux  éléments 


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STRUCTURE  DES  MUSCLES.  23 

•  qu'une  application  spéciale  de  la  loi  générale  (1).  »  M.  Rouget  considère 
également  l'enveloppe  des  fibres  musculaires  comme  une  dépendance  du 
tissu  conjoDctif.  c  On  voit  donc  que  le  sarcolemme  n'entoure  pas  seulement 
»  les  faisceaux  primitifs;  il  forme  une  charpente  de  substance  conjonctive 
■  qui  pénètre  dans  leur  épaisseur,  s'insinue  entre  les  principaux  groupes  de 
»  fibrilles  élémentaires,  et  entre  ces  fibrilles  elles-mêmes  (2).  » 

Malgré  les  raisons  invoquées  par  ces  deux  auteurs,  J'incline  à  penser  avec 
M.  Ch.  Robin  que  l'enveloppe  des  faisceaux  primitifs  est  de  nature  élasti- 
que (3};  et  peut-être  serait-il  mieux  encore  de  la  considérer  comme  étant 
de  nature  spéciale.  Celle  membrane  diffère,  en  effet,  du  tissu  conjonctif  par 
M)n  élasticité  ;  elle  en  diffère  par  sa  grande  résislance  ;  elle  en  diffère  sur- 
tout par  la  propriété  qu'elle  possède  de  rester  inaltérable  au  milieu  des 
plus  graves  désordres,  propriété  qui  lui  permet  d'isoler  en  quelque  sorte  les 
fibrilles  contractiles,  et  qui  devient  pour  ces  fibrilles  un  puissant  moyen 
de  protection.  Soumettez  à  des  réactifs  énergiques  des  faisceaux  musculaires, 
bit^ntôt  le  tissu  cellulaire  disparaîtra;  artères,  veines,  nerfs,  fibrilles  elles- 
mêmes  disparaîtront  à  leur  tour;  mais  le  sarcolemme  survivra  quelque 
temps  à  cette  ruine  générale.  Or,  une  membrane  douée  d'une  telle  puis- 
sance d'inaltérabilité,  peut-elle  être  assimilée  au  tissu  conjonctif,  celui  de 
tous  nos  tissus  qui  s'altère  au  contraire  le  plus  facilement,  qui  se  détruit 
tt^ec  le  plus  de  rapidité!  11  est  vrai  qu'elle  présente  des  noyaux,  et  ces 
noyaux,  ainsi  que  le  fait  remarquer  M.  Rouget,  sont  un  des  attributs  du 
tissu  conjonctif.  Sans  doute  ;  mais  ils  appartiennent  aussi  au  tissu  élastique 
sur  lequel  on  les  retrouve  en  grand  nombre  dans  les  premières  périodes  de 

l'ftt  déchiré  sur  un  point,  soujt  l'influence  de  la  pression  à  laquelle  il  a  été  soumis 
erxissiniemtiii  de  250  diamètres).  —  1, 1.  Pariie  de  ce  faisceau  sur  laquelle  on  aperçoit  des 
Mrie*  iongitudioales  entrecoupées  par  des  stries  transversales.  —  2.  Partie  sur  laquelle  il 
nVxiste  que  des  stries  transversales.  —  3,  3.  Stries  longitudinales.  —  t^,l^,l^'  Fibrilles  élé- 
nifntaire,^.  —  5,5.  Lambeaux  flottants  du  sarcolemme. 

Fi^.  C.  —  Disques  qui  semblent  former  par  leur  superposition  les  faisceaux  ptimitifs 
p»s.sisseinent  de  250  diamètres).  —  1,1.  Sept  disques,  libres  et  flottants  d'un  côté,  réunis  dt' 
1  lutre  par  un  noyau  qui  leur  est  commun.  —  2,  2.  Six  disques  réunis  par  un  noyau  qui  se 
tr.iuve  situé  sur  la  face  opposée.—  3,3.  Quatre  disques  adhérents  par  un  point  de  leur  circon- 
f«-reiiee  au  même  noyau.  —  h^k,h-  Autres  séries  de  disques,  libres  aussi  par  leurs  deux  faces 
t\  toate  leur  circooférence,  a  l'exception  d'un  point  par  lequel  ils  se  trouvent  en  connexion 
a^ec  le  noyau  correspondant. 

Fig.  D.  —  Faisceau  pnmitif  incurvé  sur  son  axe,  dont  tous  les  disques  sont  isolés 
f^munedans  ia  figure  précédente.  —  1,1.  Disques  désunis,  mais  encore  adhérents  au  noyau 
•{ui  leur  est  commun.  —  2.  Disques  réunis  par  un  noyau  qui  n'est  pas  visible  sur  celte  face. 
—  3, 3.  DL«iques  entièrement  libres,  mais  qui  ont  conservé  leur  situation  relative. 

Fig.  E.  —  Disques  dont  les  surfaces  sont  planes  et  non  sinueuses,  comme  celles  des 
fU'tquet  représentés  dans  les  fiaures  précédentes.  —  1, 1.  Ces  disques  divergents  à  la  ma- 
Dwredes  branches  d'un  éventoiï.  —  2.  Noyau  qui  les  réunit.  —  3.  Surface  de  l'un  d'eux, 
>ur  laquelle  on  remarque  une  multitude  d'anneaux  microscopiques  qui  correspondent  chacun 
à  la  rupture  d'une  fibrille  élémentaire. 

Fi|t.  F.  —  Vn  disque  isolé  et  vu  par  Tune  de  ses  faces.  —  1,1,1.  Noyaux  auxquels  le 
<iuv]oe  adhérait  par  sa  circonférence  et  dont  il  a  emporté  une  partie  en  se  détachant.  -^ 
3.  Ânoeinx  représentant  chacun  un  vestige  de  ftbrille  élémentaire. 

'1;  Denonvilliers,  Comparaison  des  deux  syst.  muscuL,  thèse,  1866,  p.  60. 
5)  Rouget,  ouvr.  cité,  p.  679. 
à)  Ch.  Robin,  Dict.  de  Nysten,  art.  Mvolf.mvf.,  p.  98'i. 


2U  IfYOLOGIE. 

son  dévoloppement,  et  dans  tous  les  états  si  divers  sous  lesquels  il  se  présente 
lorsqu'il  n'arrive  pas  au  terme  de  sa  complète  évolution,  La  présence  des 
noyaux  peut  donc  être  invoquée  à  Tappui  de  l'une  et  l'autre  opinion. 

d.  Fibrilles  élémentaires.  —  Le  nombre  des  fibrilles  renfermées  sous  une 
même  enveloppe,  et  faisant  partie  du  même  faisceau  primitif^  est  très-consi- 
dérable. Pour  les  plus  petites  fibres  musculaires,  il  s'élève  au  moins  à  50 
ou  60  ;  et  pour  les  plus  considérables,  à  plusieurs  centaines.  Leur  diamètre, 
par  conséquent,  est  des  plus  minimes;  il  ne  dépasse  pas  O^^^OOl.  Sur  des 
coupes  perpendiculaires  de  faisceaux  desséchés,  et  traitées  par  l'ammo- 
niaque, ou  peut  facilement  les  comparer  entre  elles,  et  l'on  remarque 
qu'elles  offrent  toutes  à  peu  près  le  même  volume. 

Les  fibrilles,  comme  les  faisceaux  primitifs  qu'elles  constituent,  présentent 
des  stries  transversales,  alternativement  sombres  et  claires,  et  d'égale  épais- 
seur. Toutes  les  stries  sombres  occupent  le  même  niveau;  elles  se  Juxtapo- 
sent ;  il  en  est  de  môme  des  stries  claires.  De  là  l'opinion  si  généralement 
admise  que  les  faisceaux  ne  possèdent  pas  de  stries  qui  leur  soient  propre^, 
qu'ils  traduisent  seulement  au  dehors  celles  des  fibrilles.  C'est  ce  qui  a  lieu, 
en  eiïet,  lorsqu'ils  sont  allongés,  et  n'offrent  sur  leur  trajet  aucune  ondula- 
tion; le  sarcolemme  étant  transparent,  les  stries  qu'on  aperçoit  sont  réelle- 
ment celles  des  fibrilles;  aussi  remarque-t-on  qu'elles  sont  fines,  pAles, 
d'égale  épaisseur,  et  très-rapprochées.  Mais  dès  qu'ils  prennent  une  dispo- 
sition onduleuse,  les  stries  transversales  ont  pour  siège  le  faisceau  lui- 
même  pris  dans  son  intégralité;  c'est  pourquoi  elles  se  montrent  alors  beau- 
coup plus  larges ,  plus  espacées  et  plus  accusées.  Les  stries  des  faisceaux  et 
les  stries  des  fibrilles  sont  donc  tout  à  fait  indépendantes. 

Nous  avons  vu  que  les  stries  propres  aux  faisceaux  résultent  de  leurs 
ondulations.  Celles  des  fibrilles  sont  dues  à  la  môme  cause.  Pour  la  plupart 
des  auteurs,  elles  ne  seraient  pas  cependant  le  résultat  de  simples  flexuo- 
sités. 

Depuis  longtemps  déjà  les  anatomistes  avaient  remarqué  que  les  fibrilles 
présentent  des  renflements  et  des  rétrécissements  alternatifs  très-rappro- 
chés  ;  cet  aspect  moniliforme  avait  porté  plusieurs  observateurs  à  les  consi- 
dérer comme  formées  par  des  globules  soudés  les  uns  aux  autres,  et  dispo«é> 
sur  une  même  ligne  longitudinale.  M.  Rouget  a  été  conduit  par  ses  recher- 
ches à  une  conclusion  bien  différente.  Dans  une  série  de  communications 
adressées  A  l'Académie  des  sciences,  cet  auteur  s'attache  à  démontrer  qu'elles 
sont  constituées  par  un  filament  aplati  et  contourné  en  hélice.  Les  stries 
obscures  correspondent  aux  bords  du  filament,  et  les  stries  claires  aux  inter- 
valles qui  séparent  les  tours  de  spire.  Chaque  fibrille  élémentaire  représen- 
terait donc  une  hélice  contractile,  dont  les  spires  pendant  la  vie  se  rappro- 
chent et  s'écartent  alternativement  ;  elles  se  rapprochent  dans  l'état  de 
contraction  ;  elles  s'écartent  au  contraire  dans  l'état  de  repos  ou  de  n*U- 
chement,  et  sous  l'influence  de  toutes  les  causes  mécaniques  qui  en  déter- 
minent rallongement.  La  contractilité,  d'après  le  même  auteur,  ne  serait 
qu'un  simple  phénomène  d'élasticité. 
Otte  disposition  spiroîde  des  fibrilles  est-elle  réelle  ou  seulement  appa- 


STRUGTUBE  DES  MUSCLES.  25 

rente?  il  est  permis  de  consenrer  quelques  doutes  à  cet  égard.  Quant  aux 
coaséquences  physiologiques  que  M.  Rouget  en  a  tirées^  elles  me  paraissent 
destinées  à  rencontrer  une  vive  opposition.  Car  parmi  les  propriétés  de  nos 
organes,  il  n'en  est  aucune  qui  soit  plus  essentiellement  vitale  que  la  con- 
iractilité  ;  l'assimiler  à  un  simple  phénomène  physique,  c'est  évidemment 
méconnaître  le  caractère  des  lois  qui  régissent  Torganisation.  Partisan  du 
principe  de  l'unité  de  composition  dans  la  série  animale,  le  professeur  de 
Montpellier  aurait-il  la  pensée  de  ramener  aussi  à  Tunité  les  règnes  orga- 
nique et  inorganique  ?  Ses  récents  travaux  pourraient  être  envisagés  comme 
un  premier  pas  dans  cette  voie  où  la  saine  physiologie  ne  saurait  le  suivre. 

B.  Tissus  conjonctif  et  adipeux  des  muscles. 

Le  tissu  conjonctif  entoure  tous  les  muscles.  Il  leur  forme  une  gaine 
générale,  appelée  périmysium  externe,  assez  dense  sur  quelques-uns  pour 
mériter  le  nom  d'aponévrose.  De  la  périphérie,  il  pénètre  dans  leur 
épaisseur,  s*insinuant  d'abord  entre  les  faisceaux  principaux,  puis  entre  les 
bisceaux  et  fascicules  dont  ils  se  composent,  et  s'étend,  sous  la  forme  de 
cloisons,  jusque  sur  les  faisceaux  secondaires.  Ces  cloisons  celluleuses  con- 
tournent les  faisceaux  des  divers  ordres  pour  s'unir  entre  elles;  elles  se  com- 
portent, à  l'égard  de  chacun  d'eux,  comme  la  gaine  générale  à  l'égard  de  la 
totaUté  du  muscle.  Aux  faisceaux  à  volume  décroissant  correspondent,  en  un 
mot,  autant  de  gaines  à  capacité  décroissante  aussi,  auxquelles  on  a  donné 
le  nom  de  périmysium  interne.  Cette  disposition  a  pour  effet  d'établir  entre 
Ions  les  faisceaux  d'un  même  muscle  une  solidarité  qui  se  concilie  très-bien 
avec  leur  indépendance,  et  qui  leur  permet  d'agir,  tantôt  simultanément, 
tantôt  isolément. 

L'épaisseur  des  cloisons  diminue,  du  reste,  à  mesure  qu'elles  s'éloignent 
de  leur  point  de  départ.  Des  faisceaux  secondaires,  elles  se  prolongeraient, 
suivant  un  grand  nombre  d'auteurs,  entre  les  faisceaux  primitifs,  pour 
former  leur  enveloppe  propre  ou  le  sarcolemme.  J'ai  énoncé  précédemment 
les  raisons  qui  me  paraissent  réfuter  celte  opinion.  J'ajouterai  que  lorsqu'on 
examine  au  microscope  une  coupe  perpendiculaire  des  faisceaux  desséchés, 
ramollie  par  l'ammoniaque,  on  distingue,  de  la  manière  la  plus  nette,  toutes 
les  cloisons  cellulaires;  on  les  voit  partout  se  continuer  entre  elles  au  niveau 
des  intervalles  compris  entre  les  divers  faisceaux,  et  former  une  sorte  de 
charpente  qui  les  embrasse  dans  ses  mailles.  Or,  autour  des  faisceaux  pri- 
mitifs on  n'observe  rien  de  semblable  ;  toutes  les  gaines  sont  indépendantes. 
L'enveloppe  des  faisceaux  secondaires,  comparée  à  celle  des  faisceaux  pri- 
mitif, offre  une  épaisseur  énorme  ;  on  y  remarque  une  multitude  de  fibrilles  ; 
elle  est  manifestement  celluleuse.  Sur  la  seconde,  on  ne  trouve  aucune 
trace  de  ces  fibrilles;  elle  est  complètement  amorphe.  Je  n'hésite  donc  pas 
&  conclure  de  nouveau  que  le  tissu  conjonctif  s'arrête  sur  le  pourtour  des 
faisceaux  secondaires.  Si  quelques  fibrilles  s'insinuent  entre  les  faisceaux 
primitifs,  elles  se  perdent  sur  les  parois  des  capillaires,  et  ne  prennent  au- 
cune part  à  la  formation  des  sarcolenmies. 

Le  tissu  coi^onctif  des  muscles  se  trouve  mêlé,  sur  tous  les  points  où  on  le 


L>r, 


MVOLOGIE 


ii'ncuiilrc,  :nc('  un  «'ort.'iin  nombre  de  fibres  éla?liquef>  de  Nolnme  ini  .Lra] 
mai;-  en  ircnr-ral  tit'5-(b''Iii'es.  —  (lonslanimenl  ansr^i  il  renferme  dnn<  ^»' 
mailler  d('>  N«''-i('nles  adJi>ense>,  dunl  les  [)i(>[Mirli(»ns  ^arienl  sni^anl  lâu^f 
le  6e\e,  la  eons(ilnli'»n,  el  aussi  selon  1  (Mal  de  sanlé  on  de  maladie. 


["  Artrrrs.  —  Mlles  sont  pen  Mjlnininenses,  mais  lonjonrs  nnilliples  pour 
chaque  muscle.  Ain>i  le  cnnlinier,  (i;ins  le  loni;  Irajef  qn  il  parconrl,  rec(»it 
des  rameaux  arf»''riels  très -iriades  cl  liè>- n<'ndirc[)\ ,  éclielunnés  «i  uii«- 
manière  assez  K'irnlière  sni'  loiile  snn  «*!endii<'.  ("elle  disp()>i(i«>n  n f^l  i»a- 
moins  remar(fiiable  [unir  les  muscles  qui  rerupli^^enl  les  Lrouflières  verf  i-- 
liraler.,  [lour  les  muscles  de  ra.\aul-bra>  el  de  la  Jambe,  pour  les  muscU-^ 
lar;.'es  du  tronc,  etc.  a  lai  mulii[)Iianl  ain>i  le  nombre  aux  dépens  du  volume. 
«  dil  M.  le  pI•o^es^eur  l)(Uion\illif'rs,  la  naliu'e  |)arail  a\oir  eu  pour  but  di' 
H  prt'xenir  les  j'àclieux  ell'ets  de  la  compre.->iun  momenlanée  d'une  brandir 
»  unique;  la  pluralité  des  souk  es  imprime  .'i  ra!'llu\  du  sang  artériel  un 
»  caraclère  de  permanence  éminemment  la\orable  à  raction  murcu- 
)>  laire   1  ).  » 

Les  artères  plongent  dans  les  muscles,  tantôt  (d)!iqnemenl,  et  tantôt  pi'i- 
}>endicnlairement.  Le  jueinier  mode  d  inciden<e  cr^t  celui  (juOn  ob>er\e  sui 
la  ])lupart  des  muscle.^  Iarge^  et  des  nmscb^s  l-jugs  du  bias  et  de  la  cui^^e  : 
le  second  se  \oit  principalement  sur  les  mnrcle>  de  laxant-bi'as  et  de  l.i 
jambe.  Lu  jjénétranl  dans  ces  organes,  les  branches  artérielles  se  di\isenf 
en  rameaux  et  l'amnsculcs  de  [dus  en  plus  grêles,  qui  serpentent  dans  le> 
iiitervalles  compris  entre  les  faisceaux  de  di\er.>  ordri's,  eu  sana.^toniosaul 
}>ar  de  nombreuses  di\i>ion-  ti\uis\(U'sales,  Tons  ces  lameaux  vi  ramuseule- 
sont  situés  dans  lépaisseur  de>  cloisons  cellulen>es.  Les  plus  dédies  se 
rt'qhandeul  sur  la  périphérie  de.^  faisi canv  secondaires, qu'ils  entourent  au^^i 
de  leurs  anastomoses.  De  le-  dernière^  <li\isions  naissent  des  capillaires, 
extrêmement  nnudu'cux.  dont  la  té-nuité'  est  >i  grande,  qu'ils  ^urpasseIll  à 
peine  le  diamètre  de-  gl(d)iiles  sanguins  :  iL^  lormeiit  un  réseau  qui  s  insinue 
entr(3  les  faisceaux  primitifs  pour  s'ap[)liquer  à  leur  surface,  mais  qui  ne 
pénètre  [)as  dans  leur  épai>seur.  Lntre  ce  réseau  [lériplnhique  des  faiMeaux 
{U'imitifs  et  les  fibrilles  éb-menliiires,  il  s'o[>ère,  à  liaxers  h'  sarc<denHne,  un 
échang('  (]c  sucs  jdasmatiques  qui  suffit  au  de\eloppement  et  a  la  nulrilion 
de  ces  deinières. 

Aux  deux  exlré'iuités  des  muscles,  les  artères  du  tissu  contractile  se  con- 
linueut  avec  celles  des  tendons. 

T  Veinns,  —  A  cliaqvM'  artère  musculaire  cori'espondenl  le  plus  bahi- 
tuellernent  deux  ^eines:  c  ^*^t  <'e  qui  a  lien  pour  les  muscles  du  tronc  et  des 
membres,  vl  mt-uK»  pour  la  ]»lupa]f  des  nuiscles  du  cou.  l*oiu'  les  muscb'< 
de  la  ItMe.  il  n  en  cr-l  pln>  ainsi:  le  sang  ap[>oilé'  par  une  artèn'  est  ramené" 
j»ar  une  seule  \eiiu'.  '1res  >on\ent  alors  les  deux  \aisbeaux  ne  sont  ni  c<ui- 
tigns,   ni  parallèles;  ils   restent  en   partie  indéjiendarUs   dans  leur   trajet. 

!       l),iiM)i\  illii  |s,  (  "o////ii'//Y//«."//  '/'V   (/l'ii.i    M/^i.   unis'  (il.,   t|ic.>c,   Ib'id.    p.   Vl- 


STRUCTURE  DES  MUSCLES.  î27 

ainsi  que  l'attestent  l'artère  et  la  veine  faciales ,  l'artère  et  la  \eine 
ophthalmiqoes ;  ou  sont  même  entièrement  indépendants,  comme  les 
artères  et  les  veines  des  lèvres,  les  artères  et  les  veines  thyroïdiennes  infé- 
rieures, etc. 

Les  veines  musculaires  sont  remarquables  par  le  grand  nombre  de  valvules 
qu'elles  présentent.  Ces  valvules,  disposées  par  paires  le  plus  ordinairement, 
ferment  complètement  leur  cavité  en  s'abaissant  au  moment  du  reflux  de 
la  colonne  sanguine.  Plus  exposées  à  être  comprimées  que  les  veines  sous- 
cutanées,  elles  sont  aussi  plus  valvuleuses  que  ces  dernières. 

Les  replis  valvulaires  ne  se  montrent  pas  seulement  sur  le  trajet  des 
branches  intcrmusculaires,  mais  aussi  sur  tous  les  rameaux  et  ramuscules 
qui  cheminent  entre  les  faisceaux  des  divers  ordres.  C'est  môme  sur  ces 
veines  intra-musculaires  qu'on  les  rencontre  en  plus  grand  nombre.  Les 
petits  ramuscules  veineux  en  sont  pour  ainsi  dire  criblés;  souvent  les 
v&lToles  font  défaut  sur  les  branches,  quelquefois  aussi  sur  les  rameaux  ; 
mais  les  ramuscules  n'en  sont  jamais  privés.  Ainsi,  par  exemple,  la  veine 
faciale,  la  veine  ophthalmique,  ne  possèdent  pas  de  valvules;  mais  toutes 
les  veinules  qui  émanent  des  petits  muscles  de  l'œil  et  de  la  face  en  sont 
richement  pourvues.  C'est  pourquoi  on  réussit  assez  facilement  à  injecter  les 
reines  musculaires  jusqu'à  la  périphérie  des  muscles,  et  jamais  au  delà 
lursque  l'injection  est  faite  contrairement  au  cours  du  sang. 

3^  Vaisseaux  lymphatiques.  —  Autour  des  principaux  troncs  vasculaires  des 
membres,  des  parois  thoraciques  et  abdominales,  on  observe  un  plexus  de 
laisseaux  lymphatiques  très-dé veloppé.  Quelle  est  la  source  de  ces  vaisseaux? 
Si  l'on  considère  qu'ils  ne  proviennent  ni  des  artères,  ni  des  veines,  ni  des 
nerfs,  puisque  ces  organes  en  sont  dépourvus,  ni  du  tissu  conjonctif,  ni  du 
tissu  osseux  qui  en  sont  privés  aussi,  on  sera  conduit,  par  voie  d'élimination, 
à  admettre  qu'ils  tirent  leur  origine  du  système  musculaire. 

Cette  conclusion  est  confirmée  par  tous  les  faits  de  détail  recueillis  jus- 
qu'à ce  jour.  Ainsi  on  a  pu  suivre  des  vaisseaux  lymphatiques  sur  le  trajet 
de  l'artère  ischiatique  et  sur  le  trajet  de  l'artère  obturatrice ,  qui  ne  pou- 
vaient évidemment  venir  que  des  muscles  auxquels  elles  se  distribuent  J'ai 
injecté  ces  vaisseaux  sur  la  face  interne  du  grand  fessier,  sur  la  périphérie 
du  grand  adducteur  de  la  cuisse,  sur  la  face  profonde  du  grand  pectoral,  à 
leur  sortie  de  ces  muscles.  Si  on  ne  les  a  pas  encore  aperçus  sur  les  muscles 
de  plus  petites  dimensions,  ce  résultat  négat^if  ne  saurait  t^tre  imputé  à  leur 
absence,  mais  bien  plutôt  à  leur  ténuité,  et  par  suite  à  la  difficulté  extrême 
que  présente  leur  injection. 

Ces  vaisseaux  sont,  du  reste,  faciles  à  injecter  sur  le  cœur;  plus  faciles 
encore  à  injecter  sur  le  diaphragme,  où  l'on  peut  les  suivre,  ainsi  que  je  l'ai 
démontré,  jusque  dans  les  interstices  des  principaux  faisceaux  qu'ils  enlacent 
de  leurs  anastomoses,  comme  les  artères  et  les  veines. 

L'existence  des  vaisseaux  lymphatiques  dans  les  muscles  est  donc  un  fait 
hors  de  toute  contestation.  Mais  leur  mode  d'origine  dans  ces  organes,  comme 
dans  tous  les  autres,  reste  couvert  des  plus  épais  nuages.  Ils  naissent  très- 
probablement  de  la  surface  des  faisceaux  primitifs,  au  point  mî^me  où  finis- 


38  MTOLOGIE. 

eent  les  artères  et  où  commencent  les  veines.  Sur  les  muscles  des  membres 
et  du  tronc,  sur  la  surface  du  cœur,  ils  suivent  le  tri^et  des  vaisseaux  san- 
guins. Sur  le  diaphragme,  ils  restent  indépendants  de  ces  vaisseaui. 

D.  Nerfs  des  muscles. 

Les  nerfs  qui  vont  se  ramifier  dans  les  muscles  et  qui  président  à  leurs 
contractions  ne  sont  pas  répartis  d'une  manière  égale.  Il  existe  entre  eu\  i 
cet  égard  de  très-grandes  différences.  On  pourrait  peut-ôtre  dire  d'une  ma- 
nière générale  que  le  nombre  des  filets  nerveux  est  en  raison  inverse  des 
masses  musculaires  qu'ils  animent  :  voyez  l'énorme  volume  du  grand  fessier 
et  la  ténuité  des  nerfs  qu'il  reçoit  ;  comparez  les  grandes  dimensions  du  troi- 
sième adducteur  et  du  triceps  de  la  cuisse  aux  filets  qui  les  pénètrent.  A 
l'aspect  d'un  tel  contraste,  on  reste  surpris  que  des  divisions  si  grêles  puissent 
suffire  pour  distribuer  l'infiux  nerveux  à  une  si  prodigieuse  quantité  de 
fibres  musculaires.  Les  muscles  de  moyennes  dimensions  reçoivent  des  nerf:» 
relativement  plus  gros.  Les  plus  petits  sont  mieux  partagés  encore  ;  ceux  des 
éminences  thénar  et  hypothénar,  ceux  de  la  face,  de  la  langue,  etc.,  sont 
particulièrement  privilégiés  sous  ce  rapport.  Ils  le  sont  moins  cependant 
que  les  muscles  de  l'œil,  remarquables  entre  tous  par  la  richesse  des  plexus 
nerveux  qu'on  observe  dans  leur  épaisseur;  certains  muscles,  quinze  t>u 
vingt  fois  plus  considérables ,  possèdent  des  nerfs  dont  le  volume  égale  à 
peine  celui  des  muscles  oculaires.  Ce  volume  n'est  donc  nullement  propor- 
tionnel à  la  masse  ou  à  la  puissance  des  muscles,  mais  semble  plutôt  lubor- 
donné  à  la  fréquence,  à  la  rapidité,  à  l'agilité  des  mouvements  qu'ib  im* 
priment. 

Le  nombre  des  nerfs  qu'on  voit  pénétrer  dans  les  muscles  est  aussi  très- 
variable.  En  général,  les  muscles  courts  ne  possèdent  qu*un  seul  filet  ner- 
veux ;  mais  les  muscles  larges  et  les  muscles  longs  en  reçoivent  plusieurs. 
Le  plus  long  de  tous,  le  muscle  couturier,  en  présente  six  ou  huit  éche- 
lonnés sur  son  bord  interne.  Lorsqu'un  muscle  long  se  compose  d'une  série 
de  faisceaux  courts,  comme  les  muscles  spinaux  «  il  existe  un  nerf  pour 
chaque  faisceau  ;  de  là  cette  longue  suite  de  filets  nerveux  qui  séparent  le 
sacro-lombaire  du  long  dorsal  et  celui-ci  du  transversaire  épineux.  Sur  les 
muscles  longs  composés  de  deux  ou  trois  faisceaux,  tels  que  le  biceps 
humerai,  le  triceps  fémoral,  etc.,  on  compte  au  moins  un  rameau  nerveux 
pour  chacun  de  ceux-ci,  et  souvent  davantage  :  trois  nerfs  pénètrent  dans  la 
longue  portion  du  biceps  de  la  cuisse  ;  trois  aussi  se  rendent  à  la  partie 
externe  du  triceps,  et  quatre  ou  cinq  à  sa  partie  interne.  —  Tantôt  ces  nerf« 
émanent  de  la  même  branche  à  des  hauteurs  inégales.  Tantôt  ils  naissent 
de  branches  difTérentcs,  comme  ceux  du  couturier,  et  même  de  sources  tnV 
éloignées  :  c'est  ainsi  que  le  grand  adducteur  de  la  cuisse,  animé  surtout 
par  le  nerf  obturateur,  reçoit  en  outre  quelques  ramifications  du  nerf  grand 
sciatique  ;  il  se  trouve  placé  à  la  fois  sous  la  dépendance  du  plexus  lombaire 
et  sous  la  dépendance  du  plexus  sacré. 

Les  nerfs  pénètrent  dans  les  muscles  par  celle  de  leurs  faces  qui  est  la  plus 
rapprochée  de  l'axe  du  tronc  et  des  membres,  ou  du  centre  de  l'extrémiié 


STRUCTURE  DES  MUSCLES.  29 

céphalique.  Qnanl  à  leur  point  d'immersion,  les  auteurs  ne  sont  pas  d'accord. 
Selon  M.  Chassaignac ,  le  plus  grand  nombre  des  muscles  reçoit  ses  filets 
dans  son  quart  supérieur  (i).  Suivant  M.  Lantenois ,  ils  entrent  dans  ces 
organes  au  niveau  de  leur  tiers  supérieur  (2).  Malgaigne  (3)  et  M.  Richet 
admettent  que  le  point  d'immersion  répond  le  plus  habituellement  à  leur 
tien  moyen  (4).  Il  résulte  dé  mes  obseryations  que  les  rameaux  nerveux 
pénètrent  dans  l'inunense  majorité  des  muscles  par  la  moitié  supérieure  de 
leur  partie  charnue,  mais  à  une  hauteur  du  reste  très-variable.  Cette  loi  ne 
comporte  qu'un  petit  nombre ' d'exceptions.  Toute  section  portant  sur  la 
partie  moyenne  du  corps  charnu  entraînera  donc  la  paralysie  de  la  moitié 
inférieure  du  muscle  y  mais  ne  portera  aucune  atteinte  à  la  contraclilité  de 
la  moitié  supérieure.  Si  elle  répond  à  l'union  du  quart  supérieur  avec  les 
trois  quarts  inférieurs,  elle  pourra  avoir  pour  effet,  tantôt  de  paralyser  la 
totalité  du  muscle,  tantôt  sa  partie  supérieure  seulement. 

La  direction  des  nerfs  est  telle,  qu'au  moment  de  leur  inmiersion,  ils  for- 
ment avec  l'axe  des  muscles  un  angle  aigu  dont  l'ouverture  regarde  en  haut. 
Je  dois  ajouter  toutefois  que  lorsque  les  rameaux  nerveux  pénètrent  dans  ces 
organes  par  leurs  bords,  conmie  ceux  qui  se  rendent  au  muscle  droit  de 
l'abdomen,  et  plusieurs  de  ceux  qui  sont  destinés  au  couturier,  leur  inci- 
dence se  rapproche  beaucoup  de  la  perpendiculaire. 

Quelques  nerfs  musculaires  accompagnent  les  vaisseaux  sanguins;  ainsi  se 
comportent  le  nerf  circonflexe  ou  axillaire,  le  nerf  sus-scapulaire,  le  nerf 
massétérin,  les  nerfs  du  crotaphite,  ceux  du  grand  pectoral,  etc.  Mais  souvent 
aussi  ils  suivent  un  trajet  indépendant. 

Dans  l'épaisseur  des  muscles,  les  troncs  nerveux  se  partagent  en  branches, 
rameaux  et  ramuscules  qui  suivent ,  comme  les  artères  et  les  veines ,  les 
cloisons  celluleuses,  et  qui  croisent  en  général  les  faisceaux  contractiles' en 
échangeant  de  nombreuses  anastomoses.  De  ces  divisions  se  détachent  des 
ramificatiouB  composées  de  deux  ou  trois  tubes  ou  de  tubes  isolés.  Après  un 
court  tnyet ,  certains  tubes  se  bifurquent  ;  chacune  de  leurs  divisions  peut 
se  diviser  et  se  subdiviser  encore.  Quelquefois  un  même  tube  nerveux  émet 
successivement  des  divisions  qui  se  portent  vers  les  faisceaux  primitifs  voi- 
sins sans  se  diviser  de  nouveau.  Très-souvent  on  voit  les  tubes  qui  consti- 
tuent le  même  filet  nerveux  se  séparer  et  diverger  en  formant  une  sorte  de 
petit  bouquet  pour  aller  se  terminer  dans  autant  de  fibres  musculaires  sans 
se  diviser. 

Bien  que  les  divisions  aient  un  diamètre  moins  considérable  que  celui  du 
tube  générateur,  elles  offrent  aussi  un  double  contour  et  se  composent  des 
mêmes  éléments;  chacune  d'elles  est  manifestement  formée  d'une  gaine 
munie  de  noyaux,  d'une  couche  médullaire,  et  d'un  cylinder  axis. 

Les  tubes  nerveux  pénètrent  dans  les  faisceaux  primitifs,  tantôt  à  angle 
droit,  tantôt  dans  une  direction  presque  parallèle  à  la  leur,  tantôt  dans  une 
direction  oblique,  sous  une  incidence  très-variable  en  un  mot.  La  gaine , 

(i)  Chassaignac,  "Serfs  des  muscles.  Buîlet,  de  la  Soc.  anat,  1832,  p.  105. 

(3;  Lantenois,  thèse.  Paris.  1826. 

(3)  Malgaigne,  Anat.  chirurg.,  2«  édit.,  l.  I,  p.  122. 

[k]  Richet,  Anat,  méd.'chirurg.,  2*  édit.,  p.  101. 


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MVfHjHili:. 


(pli  iOTislidit*  une  (l(''i)OiidaiiC('  rlu  prrlucrre  (l),  s  évase  cl  se  ronliiuie  a\e( 
le  sarcolemine  au  niveau  du  point  d  iinniersion.  La  courlir  médullaire  t-ei^M" 
Ijiiisqiieincnl  e(  enii.[d(''(enien(  à  er  ni\eau.  Le  (  ylinder  a\is  se  ItTinin-' 
l»ar  un  (''i>an(Mii>M'ni(Mi(  qui  s  idale  cuire  la  lace  iulerue  i\[i  inyoli'iiiiiir  »•: 
les  lil»iille>  clculeulai^e^  :  c  csf  a  cetle  partie  lenllce  du  cylinder  axi-^  que 
M.  Uou.i:.'!  a  dounç  le  nouî  de  phniuc  (eriniiialr,  i:lle  si-  pyi-senlc  suus  ra>i>ccl 
d  une  M:bslaiii-e  gnnnilcuse,  de  (>"'", OO'i  à  ()""•', OOd  dV'[»ais^eul^  d'  li,i:ure 
lAaIaire,  esscnliellcineiil  caracîerisee  pai'  la  lu'éseiicc  de  nosaiix  nvoid.s 
sernhlaldes  à  ceux  du  ()eriuè\re,  cl  au  uomlire  de  C  à  V2.  liieii  que  le- 
plaques  lerrninales  suicul  '-u  eonlacl  ininie  liai  a\ec  le-  lihrilles  cwitra^  lile>, 
etunme  elles  ré[M>nd<  ni  à  la  [•■'•ri[dH''rie  des  rai>eeaux  primilils  cl  n'uceupeni 


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L  1.  Fil'if  iiiiiM'ulaiii'. —  1!.  riiliC  iur\i'ii\.  —  ;;.  ï>ii|,^t.iii(  r  iii.jiliilla  ic  ilc  et'  lul-t  «pj  un 
\uit  .se  iM  .ihitiu.r  l'iMju  ,1  la  |»!a'ei<M(niiiiMl''.  "ti  «'llr  (11- ]Mi  ail .  —  \.  iM;M|!;''  îi't  untiaic  suii»'." 
iiiti"('  If  sar<'<tlfiiiiiic  tl  1»  V  lilti  ill-'^  r!i'iiii'iilaii(">.  —  .">.  .'».  Saifolctinn»-. 

lin.  'Jl".'.  —  Fllj/i'd'/  i/l"<>'l<'  'i!i''yi'iist(il  (lii  ItZnril.  fl«:il\  l'i'iii('(l>-  I  tr:ii  \t'  fi'rnit.'/rt 
un  Inipi-  ,'<•/  mu  .  —  j  ,  l .  (  iamc  ilu  lu  lu'  •ii("r\  i  ii\  "U   jk  ,  i!i"\  i-i/.  —  l'.  .Nw\  au   <!i'    ta-Mi'  iJaiiii  . 

—  .S.  a.  >a'C'>li'iiii)ii'   ^f    cniiliiKiaiit    a\<'i'  K"  |n  i  iiir\  ir.  --  '|.    Sait'-t.imr    'i;.  ii;;!l  li  »     rli.    lii|.. 
iicrvrux  ccssaiil  t>rU'^i|iiriii»i!t  an  niveau  <!«■  !a  |il;.'|ii''  If!  un:  al>".  —  à.  à,  Pla<[ii>-  1»  i;tmia).',   — 
{),  (j.  Nuxaiiv  ili"  rf'U'  Iliaque.  —  7.  7.  Mii>^îaiM'«  l'iaiiiiii  u^r  iiiii  m  loi  m.   i  i''j''infiil  [x  !it<  ip al 

—  S.  M.   OiplulalXilis  (lu   saicnlfiiiiiir  l'c|»1n(|iiisalll  r.  !|.      i\i  >  lila  lllr>.  —  •'.*>.   NM\al!\   li.'   .  «  tt- 
ril\rlu[i[K'. 

l'itî.  L'.K!,  —  l-lhl'i'  (I  nii  iriis>  h'  ilr  I  ai  iint  in'ns  lii'  ,'hnli'',  ilit,i<  hfj -irl/i'  mi  >■'■/(  Irrin  ■ 
trrr  un  inhr  n<'rrri:i\  —  ),|.  l'('Tiiir\  i  <  .  —  lî.  'J.  Nivaux  (iii  pi  liiiivn'.  — ;>.  >i:J'>!aMi  i^ 
iiii'iliillaiif  fli^|tarjiN>aal  an  uincmi  de  la  |il.ii|iii'  li  a  ituiiiili'.  —  'i.'|.  Pl.^ain'  li  t  iiiiii.ilr,  — 
,'>.,*).  Sarf"lcniii|i' lion!  !«•>  <i:i(lnlal;nn^  i  i'|a' "i-ais.  ni  (ailes  d.'s  lilnill's  «M' iin  hl;i)ie^  :  les  jia>'- 
Ut'.N  saillanl(  ^   <  <ti  resp.iiiih  m    aii\   strier   elures   d    ji-s    iiarlies    lenlraal.'s  <ni   uh'_iileu^es  ai.\ 

(1(S  ti'oi^  liiinicN  s(»nt   rni'i'«i  du    meinniiï'  (|ue  M.  l{nui:el  a  pnldii-  eu  I  ^r>i'  dan>  le  t'  me  \' 

i\\\  Jonr/Kll  il>'  jJiifOnhujh'  de    M.    BluW  ll->i-.jn;il  (1. 


r  M.  r.li.  jl.tinu  a  di'-M^ne  ^mis  ii  iiuiii  de  j^crinn' rc  \  i\\\i'\K}y\n'  (les  lal^ee.ln\  jniinilits 
d('^  IMM  1^.  I.e  |»e)-iii('\  If.  aillai  qn  il  le  fait  I  eiiiai  (]ner.  est  a  ecs  l'aisi  caiix  <  e  .ju.-  \c  suie.deiiniie 
(■*<(  .'in\  l'ai^(  t'iiux  i>i  iinilif- d(  s  iiin>e|cs.  Il  se  inolonj:*;  sur  les  Uil»es  .jui  iiai^sciil  des  l'.ii^i  eaux 
priiniliK  iiersoux  cl  mit  loutfs  Kiirs  (Iivi>ii'ii>. 


STRUCTURE  DES  MUSCLES.  31 

qu'an  point  très-limité  de  cette  périphérie ,  on  voit  que  l'inûux  nerveux 
D  est  transmis  directement  qu'à  un  très-petit  nombre  de  ces  fibrilles,  et  qu'il 
se  propage  ensuite  de  celles-ci  à  toutes  les  autres. 

Chez  rhomme  et  tous  les  mammifères,  chaque  faisceau  primitif  des 
muscles  reçoit  un  tube  nerveux,  fait  assez  facile  à  constater  sur  les  muscles 
à  fibres  courtes,  les  plaques  terminales  occupant  leur  partie  moyenne.  Sur 
les  muscles  longs  on  observe  des  plaques  terminales  à  des  hauteurs  diifé- 
rentes,  d'où  l'on  pourrait  conjecturer  qu'un  môme  faisceau  primitif  en  pos- 
sède deux  ou  plusieurs;  mais  il  est  presque  impossible  d'acquérir  une  certi- 
tude à  cet  égard. 

Pour  observer  le  mode  de  distribution  des  nerfs  dans  les  muscles,  et  surtout 
leur  mode  de  terminaison,  il  importe  de  choisir  des  muscles  minces  à  fibres 
courtes.  11  importe  en  outre  que  ces  muscles  soient  pris  sur  un  animal 
\ivant  ou  récemment  mort.  On  rend  cette  étude  plus  facile  en  les  immer- 
geant pendant,  vingt-quatre  heures ,  dans  une  solution  d'acide  chlorhy- 
drique  (1  partie  d'acide  pour  1000  parties  d'eau  distillée). 

Historique  de  la  découverte  du  mode  de  terminaison  des  nerfs  dans  les 
muscles.  —  Ce  mode  de  terminaison  a  été  le  sujet  d'un  très-grand  nombre 
de  travaux ,  qui  ont  d'abord  donné  naissance  à  deux  opinions  très-diffé- 
rentes. L'une  ,  formulée  par  MM.  Prévost  et  Dumas ,  admet  que  les  fibres 
ueneuses,  parvenues  à  leurs  dernières  divisions,  se  réfléchissent  autour  des 
fibres  musculaires  pour  décrire  un  coude  et  retourner  ensuite  (1  leur  point 
de  départ.  L'autre  affirme  que  les  fibres  nerveuses,  arrivées  à  leur  desti- 
nation, s'épuisent  dans  le  tissu  contractile  :  cette  seconde  opinion  était  la 
mieux  fondée.  Les  anses  signalées  par  MM.  Prévost  et  Dumas  n'étaient  que 
deâ  anastomoses;  tous  les  observateurs  s'accordent  aujourd'hui  pour  reron- 
naitre  que  les  nerfs  se  terminent  par  des  extrémités  libres.  Mais  où  et  com- 
ment se  terminent-ils  ? 

Reichert  pensait  que  les  tubes  nerveux  se  terminent  à  la  surface  des 
faisceaux  primitifs  par  une  extrémité  libre  et  effilée. 

Marge,  en  1861,  avance  qu'ils  pénètrent  dans  ces  faisceaux  en  se  divisant 
et  subdivisant  pour  se  continuer  avec  leurs  noyaux. 

Kûhne,  en  1862,  déclare  aussi  que  les  tubes  nerveux  entrent  dans  les 
faisceaui  primitifs  sous  la  forme  d'une  fibre  pâle,  se  divisant  en  deux  ou 
trois  tubes  plus  déliés.  Il  ajoute  que  ces  divisions  portent  sur  les  côtés  ou  k 
leur  extrémité  des  organes  particuliers,  analogues  aux  corpuscules  de  Pac- 
ciDû  Les  conclusions  de  son  travail  furent  presque  aussitôt  combattues  par 
Schiff,  kôUiker  et  Krause,  qui  se  rangèrent  à  l'avis  de  Reichert. 

Ainsi,  en  1862,  il  y  avait  deux  opinions  sur  le  point  où  se  terminent  les 
tubes  nerveux.  La  plupart  des  auteurs  arrêtaient  ces  tubes  à  la  surface  du 
sarcolenmie  ;  quelques-uns  les  faisaient  pénétrer  dans  sa  cavité.  Quant  au 
mode  de  terminaison,  autant  d'observateurs,  autant  d'opinions. 

Tel  était  l'état  de  la  science,  lorsque  parurent,  au  mois  de  septembre  de 
la  même  année,  les  recherches  de  M.  Rouget  (1).  Elles  étaient  nettes,  pré- 

[\)  Rouget,  Terminaison  des  nerfs  moteurs  dans  les  muscles  {Journal  de  phys.  de 
firovn-Sëquard,  1862,  t.  V,  p.  57^). 


32  MYOLOGIE. 

cises,  coDcluantes.  Engelmann  et  Valdeyer,  dès  l'anaée  suivante,  conflriDent 
l'existence  des  plaques  terminales.  Rûhne  lui-môme  abandonne  son  opinioo 
pour  accepter  celle  du  professeur  de  Montpellier,  qui  rallie  aujourd'hui 
presque  tous  les  suffrages.  Cette  opinion  est  celle  qui  a  été  précédemment 
exposée.  J'ai  pu  «  sur  presque  tous  les  points ,  contrôler  et  vérifier  les  obst^r- 
Tations  qui  lui  servent  de  base.  En  éclairant  d'une  vive  lumière  un  sujet 
aussi  difficile  et  aussi  controversé,  M.  Rouget  a  rendu  à  la  science  an  émi- 
nent  service. 


II.  —  BlnMSarc  tfc» 


Les  tendons  et  les  aponévroses  d'insertion  ont  pour  éléments  essentiels  des 
faisceaux  de  nature  fibreuse,  à  la  fois  denses  et  flexibles,  extrêmement 
résistants,  auxquels  ils  sont  redevables  de  leurs  attributs  les  plus  caractéris- 
tiques. Ils  comprennent  en  outre,  dans  leur  composition,  du  tissu  conjonctif, 
des  artères,  des  veines  et  des  nerfs. 

A.  Faisceaux  des  tendons. 

La  disposition  des  faisceaux  tendineux  répète  celle  des  faisceaux  muscu- 
laires, ou  du  moins  elle  offre  avec  celle-ci  la  plus  grande  analogie.  Pour 
rappeler  cette  analogie  de  constitution,  je  donnerai  aux  plus  déliés  d'entre 
eux  le  nom  de  faisceaux  primitifs.  De  la  réunion  de  ces  faisceaux  primitif» 
naissent  les  faisceaux  secondaires ,  et  du  groupement  de  ceux-ci  les  fais- 
ceaux ternaires.  Un  grand  nombre  de  tendons  ne  présentent  que  ces  troi» 
ordres  de  faisceaux.  Ce  n'est  que  dans  les  plus  considérables,  conmie  le 
tendon  d'Achille,  le  tendon  du  triceps  crural,  et  quelques  autres,  qu'on 
rencontre  des  faisceaux  quaternaires.  La  segmentation  est  dune  portée 
moins  loin  dans  les  tendons  que  dans  les  muscles  ;  elle  est  déjà  arrêtée  dans 
les  premiers  qu'elle  continue  encore  dans  les  seconds;  de  là  il  suit  que  les 
faisceaux  primitifs  des  tendons  l'emportent,  par  leur  volume,  sur  les  fais- 
ceaux primitifs  des  muscles;  par  contre  les  fibrilles  des  faisceaux  tendineux 
sont  incomparablement  plus  nombreuses  que  celles  des  faisceaux  muscu* 

laires. 

Les  faisceaux  ternaires  et  secondaires  revêtent  aussi  la  forme  de  prismes 
à  trois,  quatre  ou  cinq  facettes.  Mais  les  angles  qui  séparent  ces  facette» 
sont  presque  toujours  plus  ou  moins  émoussés,  en  sorte  que  les  prismes  ont 
une  commune  tendance  à  s'arrondir.  Beaucoup  de  faisceaux  sont  en  effet 
irrégulièrement  cylindriques.  Ils  s'appliquent  les  uns  aux  autres  par  leurs 
facettes,  et  ne  se  trouvent  alors  séparés  que  par  un  faible  intervalle.  lA)rsqiie 
plusieurs  faisceaux  se  correspondent  par  un  de  leurs  angles,  ceux-ci  étant 
peu  accusés,  on  observe  au  ni\eau  de  leur  point  de  rencontre  un  espace 
d'autant  plus  grand,  que  le  nombre  des  prismes,  contribuant  à  le  limiter, 
est  plus  considérable.  Il  n'est  pas  rare  d'observer  sur  une  coupe  transversale 
des  espaces  circonscrits  par  quatre,  cinq,  et  même  six  faisceaux,  et  offrant 
la  figure  d'un  polygone  irrégulier,  comprimé  ordinairement  dans  un  simjs. 


STHUCTIJKE  DES  MUSCLES.  33 

(>l  alloogé  dans  le  sens  opposé.  C'est  dans  ces  espaces  interfasciculaires,  de 
dimensions  et  de  formes  si  différentes,  et  tous  continus  entre  eux,  que 
cheminent  les  vaisseaux  et  les  nerfs. 

Les  faisceaux  primitifs  des  tendons,  moins  nombreux,  mais  beaucoup  plus 
volumineux  que  ceux  des  muscles,  présentent  une  forme  à  peu  près  cylin- 
drique. Les  intervalles  qui  les  séparent,  bien  que  très-minimes,  se  voient 
avec  netteté  cependant  sur  les  coupes  transversales.  —  Ils  se  composent 
d'une  innombrable  quantité  de  fibres  de  tissa  conjonctif  de  divers  dia- 
mtMres,  parallèles  et  immédiatement  appliquées  les  unes  aux  autres.  —  On 
remarque  dans  leur  épaisseur  des  cellules  élastiques  étoilécs^  nombreuses, 
tri*s-irrégulières,  reliées  entre  elles  par  des  prolongements  de  la  plus 
extrême  ténuité.  Parmi  ces  cellules  étoilées  ou  cellules  plasmatiqueSj  celles 
qui  se  trouvent  les  plus  rapprochées  de  la  périphérie  des  faisceaux  s'éten- 
'lent  par  leurs  prolongements  jusque  dans  les  espaces  interfasciculaires. — 
Ites  fibres  élastiques  fusiformes,  ou  fibres  de  noyau,  contribuent  aussi  à 
former  les  faisceaux  primitifs  des  tendons.  Toutes  sont  situées  à  leur  surface, 
qu'elles  recouvrent  presque  entièrement.  Leur  direction  croise  perpendi- 
culairement celle  des  faisceaux  autour  desquels  ou  les  voit  s'enrouler  en 
restant  toujours  parallèles.  Leur  longueur  est  très- variable,  ainsi  que  leur 
diamètre  et  le  nombre  des  noyaux  échelonnés  sur  leur  trajet.  Ces  fibres 
représentent  manifestement,  pour  les  fibrilles  du  tissu  conjonctif,  autant  de 
liens  circulaires  qui  deviennent  pour  chaque  faisceau  un  moyen  de  conden- 
sation, et  par  suite  un  moyen  de  résistance. 

B.  Tfssu  conjonctif  des  tnidons, 

m 

Le  tissu  coujonctif  se  comporte  à  l'égard  des  tendons  comme  à  l'égard  des 
muâcles.  Il  s'étale  d'abord  sur  toute  leur  périphérie  pour  leur  former  une 
pilne  générale.  De  la  face  interne  de  cette  enveloppe  partent  des  cloisons 
qui  pénètrent  dans  les  interstices  des  faisceaux ,  et  qui  constituent  pour 
ceux-ci  autant  de  gaines  à  calibre  décroissant. 

La  gaine  générale,  mince  et  transparente,  présente  cependant  une  notable 
réMstance.  Lorsqu'on  soumcl  à  l'action  de  l'eau  bouillante  un  tronçon  de 
I  ou  2  centimètres  de  longueur,  elle  se  rétracte  plus  que  les  faisceaux. 
i4?ux-rîy  découverts  et  libres  à  leurs  extrémités,  se  renflent  considérable- 
ment^ et  sont  comme  étranglés  vers  leur  partie  moyenne  par  la  gaine  qui 
prend  alors  l'aspect  d'un  large  lien  circulaire.  Cette  enveloppe  celluleuse 
des  tendons  se  compose  de  fibrilles  et  de  groupes  de  fibrilles  se  croisant  en 
t'y»  sens,  mais  dont  la  plupart  affectent  une  direction  transversale.  C'est 
dans  son  épaisseur  que  rampent  d'abord  les  vaisseaux  et  les  nerfs,  en  échan- 
geant de  nombreuses  anastomoses,  afin  de  répartir  d'une  manière  moins 
inégale  les  sucs  nutritifs  et  l'influence  nerveuse.  Elle  est  donc  remarquable 
(arsa  richesse  vasculaire,  par  sa  vitalité,  par  la  part  importante  qu'elle 
prend  à  la  nutrition  des  tendons,  et  à  la  restauration  de  ces  organes,  lors- 
qu  ils  ont  été  blessés  ou  divisés.  On  peut  la  comparer  avec  Malgaigne  au 
P^-riosIc  ;  elle  en  possède  la  structure  et  les  attributions;  elle  joue  aussi  le 
mr-me  rùlc  à  la  suite  de  la  rupture  ou  section  des  tendons. 

ir.  -3 


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,r\  v-*Vir»*«.  '^x:ftwi>r*^  «..«w;^^..n  o^niDr  tr>:-^pru  w«.uUin*s,  recevaient 
«.V  '--c  r^.T".  '-i  rr^i.:  aimbre  d  artrnr*  et  de  it  r.trs^ 

•>■«  %^*^Jik*\  ixa^rt^Zit  d-r  <«fai  da  ^oiiizix^^.  ^^»jfîq  ;e«-un$,  lrè*-délie*, 
t  >-;  ,jM;'.'  1^'^  ^  ?4,'i<r  rt  Iri  faiiceaui  scpterâvitl^  Le<  autres,  plus  dé%e- 
■  ;  >^ .  tr.r,*.  X  .'..«  d*-  !•;  jn  tuniques  muTCuIauvSw  Tioi-  s'anastooMMent  dari$ 
,  >>«.-^  «f  "ir  .  r'^f".  ^'pic  ci>aimuue  :  par  Itrurs  cummonications  multipliê<*f 
,«  t,r:;#>%*  -rj  lr»'«-4>'a.j  r>rï«au  à  mailles  ioeza^e^  et  irT»^*:ulières,  sur  lequel 
^  <,'  ^-  ^''^!  d«  d«tU^f  e  •  n  distant  e  les  artères  et  les  leines  principales. 

I^  .  'Mr.  .;^;/r  '.xomurir  de»  fai«ceaui  le»  artères  et  les  «eines  pénètrent 
d^'.t  .*:  ^n  •r.'«:r*4..e*,  en  se  divisant,  subdivisant,  s aDastumosant  »iir 
'.'/.>  ^•''''.iie  de  U-^r  traj«'t.  Lîles  donnent  ainsi  nais^ince  à  de  loague» 
v:r*''*  4  4/'  4  i^  tabulaires,  di«p*s«'es  sur  un  simple,  dtmble  ou  triple  ran;:. 
q  .1  ^ffr>-'<*  .«^t  pi  >•  «-Ir-zantes  dispositions  et  des  variétés  presque  inflnies. 
ij^  ar'4'î'  ».  /r  tu'^*^  a*ito>jr  des  principaux  \.  .-H*au\,  comme  autour  d  un 
aiA,  t^'^^é'i^'tX  par  leur  < on%e\ité  aux  fais4  eaux  tendineux. tVest  surtout  dan« 
Ut  ;fr%\  <  *"[f^jf%  iriterfaj^iculaire»  qu'elles  se  multiplient  et  qu'elles  êta* 
Uiti  V/A  !•-  j'j**'  *it  l#-un  xariétés. 

I'afv#;'ji4>  t.ir  U  p«^ripliene  des  faisceaui  secondaires,  les  raisseaux  don- 
u**ii  fi«j»M'»'#'  a  d^t  ramifications  de  la  plus  extrême  ténuité,  qu'on  voit 
I  .f.'i'i  sfT  efffre  le*  faiM>'au\  primitifs.  Chacun  de  ceu\-ci  est  donc  entoure 
a  iMi  d  i»u  r^-^auy  rnaift  d  un  simple  réseau  de  capillaires.  Aucune  ramiti* 
#4ii'/(i  a/'^rfi*  i!e  ne  pénètre  dans  leur  épaisM'ur.  Ils  puisent  leurs  sui> 
fjijtnfjfi  dt.'j»  le*  eapiilaire^  environnants,  à  l'aide  de  leurs  cellules  plasma- 
taquet  t\t,ui  If*  prolongements  s'étendent  jusqu'aux  cloisons  celluleuses. 

1>^  %  ij»*^aiji,  «ur  toute  l'étendue  de  leur  trajet,  se  trouTent  situés  dans 
1  '  ;*4i»MMjr  d«-  «»'«  (.loi«'>n9.  Cest  dans  leurs  mailles  et  autour  de  icurs  prin- 


STHlCTUKK  DES  MUSCLES.  35 

cipdes  branches  que  se  déposent  les  cellules  adipeuses,  assez  multipliées 
souvent  pour  les  voiler  en  partie  et  quelquefois  même  complètement. 

D.  Nerfs  des  tefidons. 

Ces  nerfe,  dont  j'ai  donné  aussi  la  description  dans  mon  mémoire  sur  la 
structure  des  parties  fibreuses ,  sont  remarquables  par  leur  nombre  et  leur 
lolume.  Sous  ce  double  rapport  cependant,  on  ne  saurait  les  comparer  ù 
ceux  des  ligaments.  Ils  suivent  assez  exactement  les  principaux  vaisseaux 
auiqueb  fls  se  trouvent  toujours  accolés  et  parallèles  à  leur  entrée  dans  la 
gaine  des  fendons  et  dans  leurs  premiers  espaces  interfasciculaires.  Dans 
leur  trajet  ultérieur,  ils  les  accompagnent  aussi,  mais  s'en  écartent  fréquem- 
ment  ou  les  croisent  sous  des  angles  divers. 

De  môme  que  les  artères  et  les  veines ,  les  rameaux  nerveux  s'anastomo* 
»ent  sur  toute  l'étendue  de  leur  distribution.  Us  forment  ainsi,  dans  l'épais- 
seur de  la  gaine  commune  et  dans  chacune  des  gaines  qui  en  dépendent, 
auttot  de  plexus  dont  les  mailles  s'entrelacent  avec  celles  des  réseaux  san- 
guins. Au  niveau  des  arcades  terminales  des  vaisseaux,  les  dernières  ramifi- 
cations nerveuses  affectent  une  disposition  très-simple  :  un  filament  unique, 
formé  de  trois,  quatre  ou  cinq  tubes  seulement ,  passe  perpendiculairement 
sur  les  piliers  des  arcades,  puis  les  tubes  se  séparent  et  disparaissent.  Ces 
tubes  pénètrent-ils  dans  les  faisceaux  primitifs?  se  perdent-ils  sur  les  parois 
des  vaisseaux,  ou  simplement  dans  le  tissu  conjonctif  ?  se  terminent-ils  par 
des  extrémités  libres  7  toutes  ces  questions  restent  à  résoudre. 

L.es  tubes  nerveux  des  tendons  offrent  un  double  contour;  tous  sont 
[looniu  d'une  enveloppe ,  d'une  couche  médullaire  et  d'un  cylinder  axis. 
Oui  qui  composent  les  troncs  présentent  leur  diamètre  ordinaire  ;  mais  à 
mesure  que  leur  nombre  diminue,  leur  volume  se  réduit  aussi.  Sur  les  divi- 
?ions  terminales  il  est  d'une  extrême  ténuité,  d'où  les  difficultés  qu'on  ren- 
contre lorsqu'on  cherche  à  déterminer  le  siège  et  le  mode  de  leur  termi- 
naison. 

Pour  observer  dans  toute  leur  étendue  la  distribution  des  vaisseaux  san- 
L'uins  et  des  nerfs,  il  suffit,  après  les  avoir  soumis. à  l'action  des  réactifs 
appropriés,  d'en  détacher  une  coupe  transversale  qu'on  examine  à  un  gros- 
sissement de  150  ou  200  diamètres.  On  voit  alors  le  contour  des  faisceaux 
lemaires,  secondaires  et  primitifs,  les  cloisons  cellulaires  qui  les  séparent, 
et  toutes  les  divisions  vasculaires  et  nerveuses  qui  cheminent  dans  ces  cloi- 
sons et  s'anastomosent  entre  elles,  divisions  qui  forment  un  plexus  annulaire 
pour  chaque  faisceau  tendineux. 

Quelles  sont  les  attributions  de  ces  nerfs  répandus  en  si  grand  nombre  dans 
les  tendons?  Dans  les  ligaments,  ils  président  à  la  sensibilité  toute  spéciale 
qu'ils  présentent.  Mais  les  tendons  ne  sont  pas  sensibles,  ou  le  sont  à  peine. 
Favoriser  la  nutrition ,  telle  parait  être  leur  unique  destination.  On  sait  en 
^ffet  que,  chez  les  individus  depuis  longtemps  paralysés,  les  tendons  s'atro- 
;>hient  comme  les  muscles;  j'ai  pu  constater  qu'ils  renferment  dans  cet  état 
d  atrophie  une  proportion  beaucoup  plus  considérable  de  cellules  adipeuses. 
1  eur  inOuence  exclusivement  nutritive  explique  leur  étroite  et  constante 


36  MYOLOCilH. 

relation  avec  les  vaisseaux.  Sous  ce  point  de  \ue,  ils  différent  trùs-nolable- 
mcat  des  nerfs  moteurs  qui,  dans  l'épaisseur  des  muscles,  deviennent  tout 
à  fait  indépendants  des  ramifications  vasculaires. 

§/i.  —  Composition  ciiimiqur  des  muscles  striés. 

Les  muscles  striés  ont  été  soumis  à  l'analyse  par  un  grand  nombre  d'au- 
teurs.  Mais  ces  analyses  ayant  porté  à  la  fois  sur  le  tissu  musculaire  et  U*'^ 
divers  éléments  auxquels  il  se  trouve  mêlé  ont  donné  des  résultats  com- 
plexes qui  doivent  être  considérés  comme  simplement  approximatifs. 

I.c  tissu  musculaire,  comme  la  plupart  des  autres  tissus  de  l'organismtN 
est  remarquable  par  la  grande  quantité  d'eau  qu'il  contient.  Elle  varierait, 
suivant  Bibra,  de  73  à  7li  parties  sur  100,  et  s'élèverait  à  77  suivant  Bem- 
lius  et  Braconnot. 

Le  principe  constituant  des  fibrilles  contractiles  est  représenté  par  U 
fibrin$  musculaire  ou  syntonine  de  Lehmann,  musculine  de  MM.  Ch.  Robit: 
et  Verdeil.  Cette  substance  a  été  longtemps  confondue  avec  la  fibrine  du 
sang.  M.  Liebig,  le  premier,  a  démontré  qu'elle  en  diffère  très-notablemeiiL 
bien  que  les  deux  espèces  de  flbrines  présentent  la  même  composition  éli*- 
mentaire. — Immergée  dans  une  solution  extrêmement  étendue  d'acide  chlor- 
hydrique  (1  partie  d'acide  pour  1000  parties  d'eau  distillée),  la  musculine  Mf 
dissout  assez  rapidement;  la  fibrine  coagulée  se  gonfle,  prend  un  aspeit 
gélatineux,  mais  ne  se  dissout  pas  d'une  manière  sensible.  —  Les  cendres  dt* 
la  musculine  ne  renferment  point  de  fer,  tandis  que  celles  de  la  fibrine  du 
sang  en  présentent  constamment.  —  En  outre,  les  expériences  de  Mageiidu' 
ont  établi  que  la  première  est  beaucoup  plus  nutritive  que  la  seconde. 

Dans  l'eau  qui  prend  une  part  si  importante  à  la  composition  du  iUya 
musculaire,  on  trouve,  à  l'état  de  dissolution  :  une  certaine  quantité  dalbu- 
mine;  un  peu  de  gélatine;  de  l'inositc,  matière  sucrée  isomère  de  la  glyc(»<4'; 
plusieurs  substances  azotées,  telles  que  la  créatine,  la  créatinine,  la  sarkinc 
la  sarkosine,  lacidc  inosique,  et  des  substtnces  formées  en  proportions  va- 
riables de  stéarine,  de  margarine,  d'oléine,  et  surtout  d'acide  oléo-phospl to- 
rique. 

L'analyse  suivante,  due  à  Berzelius,  détermine  les  proportions  des  divrr- 
principes  qui  entrent  dans  la  composition  du  tissu  mu^^culaire  : 

Eau 77|t7 

Fibrine 15,80 

r.élttine 1,W) 

Albumine  • 3,30 

Sub»UiiireH  M)lublf!i  dans  Iran 1 ,05 

Substances  mlublr.%  dun%  l'alaH»! S  ,80 

S«-)s  inMiubles 0,08 

100,00 

Le»  M*U  s  ilubles  sont  rcpréiscntés  principalement  par  des  phosphato 
acide»  de  potasse,  et  les  sels  insolubles  pur  le  phosphate  de  chaux. 


COMPOSITION  CHIMIQUE  DES  MUSCLES.  37 

Réunies,  les  substances  organiques  du  tissu  musculaire  en  représentent 
les  0,20,  tandis  que  les  substances  inorganiques,  d'après  l'analyse  qui  pré- 
cède, n'en  forment  que  les  0,03. 

Us  proportions  de  cendres  obtenues  par  l'incinération  de  la  chair  muscu- 
laire peuvent  varier  de  2  à  8  pour  100.  Ces  cendres  se  composent  surtout 
de  phosphates  alcalins  et  calcaires  ;  on  y  trouve  aussi  un  peu  de  chlorure 
de  sodium,  de  sulfate  et  de  carbonate  de  soude  (!)• 

Exposés  à  l'action  d'un  air  sec  et  chaud,  les  muscles  se  dessèchent  rapi- 
dement lorsqu'on  a  pris  soin  de  les  séparer  et  de  les  tendre  de  manière  à 
laisser  cet  air  circuler  librement  dans  leurs  intervalles.  Ils  offrent  alors  une 
teinte  brune,  deviennent  compactes  et  fragiles,  s'amincissent  considérable- 
ment, mais  conservent  cependant  leurs  principaux  attributs.  Si  l'on  en  dé- 
tache de  minces  tranches  longitudinales,  en  humectant  celles-ci  avec  une 
srdution  d'acide  chlorhydrique  ou  d'ammoniaque ,  on  distingue  sans  peine 
les  faisceaux  primitifs,  leurs  stries  transversales',  et  même  les  fibrilles 
qui  les  composent.  Une  simple  goutte  de  liquide  déposée  sur  la  coupe  faite 
perpendiculairement  à  leur  direction,  permet  d'enlever  des  tranches  trans- 
versales d'une  extrême  minceur,  sur  lesquelles  on  peut  étudier  les  dimen- 
sions, la  forme,  l'arrangement  des  faisceaux  des  divers  ordres.  En  plongeant 
les  muscles  desséchés  dans  l'eau  à  la  température  ordinaire,  ils  reprennent 
a^sez  promptement  leiir  volume  primitif  et  leur  consistance  normale. 

Exposé  à  un  air  humide,  ou  réuni  en  masses  trop  considérables  pour 
pouvoir  se  dessécher^  le  tissu  musculaire  tombe  rapidement  en  putréfaction. 
il  prend  d'abord  une  couleur  livide  ou  verdâtre,  exhale  une  odeur  infecte, 
se  ramollit,  puis  se  convertit  en  une  sorte  de  putrilage  que  l'évaporation 
ramène  ensuite  à  un  résidu  noirâtre,  dur  et  cassant. 

Soumis  à  l'action  de  l'eau,  les' muscles  se  comportent  différemment,  sui- 
vant la  température  qu  elle  présente. 

L'eau  froide  les  décolore  avec  d'autant  plus  de  rapidité,  qu'elle  est  plus 
M)u\ent  renouvelée,  et  qu'ils  sont  plus  minces.  Lorsqu'ils  sont  immergés  en 
masse,  même  peu  volumineuse,  ils  pâlissent  seulement  à  leur  périphérie, 
cl  restent  rouges  d  l'intérieur.  Si  l'on  exprime  par  des  pressions  répétées  le 
liquide  dont  ils  sont  imbibés,  ou  bien  encore  si  l'on  fait  passer  un  courant 
d'eau  dans  les  artères  et  les  veines,  on  les  dépouille  en  quelques  instants  de 
leur  coloration.  L'eau  à  l'aide  de  laquelle  ils  ont  été  ainsi  lavés,  est  rou- 
^vàlre  ;  en  entraînant  le  sang  qu'ils  contenaient ,  elle  les  a  privés  aussi  de 
leur  principe  colorant.  La  rougeur  n'est  donc  pas  une  propriété  inhérente  à 
leur  nature.  Ainsi  se  trouvent  expliquées  les  différences  de  couleur  si  tran- 
<hées  que  nous  offre  le  système  musculaire  aux  divers  âges,  celles  qui  sont 
relatives  au  sexe,  aux  individus,  à  l'état  de  santé  ou  de  maladie,  et  celles 
bien  plus  prononcées  encore  qu'on  observe  dans  la  série  animale.  Si  les 
muscles  exposés  au  contact  de  l'air  prennent  une  rougeur  d'un  ton  plus  vif. 
Mies  chairs  étalées  aux  yeux  du  public  offrent  un  si  brillant  coloris,  c'est  par 
juite  de  l'oxygénation  des  globules  du  sang.  Ce  phénomène  se  passe  par 

ï,  PHouze  clFrcmy,  Trmtti  de  chimie  généra /e,  1857,  2*^t'dil.,  t.  VI,  p.  254. 


:îh  myolocîie. 

conséquent  on  dehors  des  fibrilles  contractiles ,  à  la  surrace  des  Taisceau^ 
primitifs,  autour  desquels  circule  le  principe  colorant. 

Lorsque  le  tissu  musculaire  reste  très-longtemps  exposé  au  contact  de 
l'eau,  alors  même  qu'elle  est  incessamment  renouvelée  par  un  courant,  il 
se  ramollit  aussi,  et  dégénère  en  une  sorte  de  pulpe  blanchAtre  qui  tombe 
au  fond  du  vase,  ou  qui  est  emportée  par  le  courant,  en  sorte  que  le  mu^-Ie 
disparaît  peu  à  peu ,  et  finit  par  n'être  plus  représenté  que  par  ^^ 
tendons. 

Plongés  dans  l'eau  bouillante,  les  muscles  conservent  quelques  instants 
leur  forme,  leurs  dimensions  et  leur  mollesse.  Mais  dès  qu'ils  sont  pénétre» 
par  le  calorique,  on  les  voit  presque  instantanément  se  raccourcir  et  aug- 
menter de  diamètre.  Ce  double  phénomène  est  plus  remarquable  encone» 
pour  les  tendons  que  pour  le  tissu  musculaire.  Celui-ci  perd  à  peine  la  moitié 
de  sa  longueur,  tandis  que  les  tendons  en  perdent  les  deux  tiers,  et  quel- 
quefois les  trois  quarts.  Le  long  tendon  du  plantaire  grêle,  qui  n'a  pas  aK>iu> 
de  20  centimètres  d'étendue,  se  trouve  réduit,  après  son  raccourcissement, 
à  U  ou  5.  Au  moment  même  du  raccourcissement,  les  tendons  se  tordent 
brusquement  en  tous  sens,  puis  reviennent  aussitôt  à  la  direction  rectiligne. 
qu'ils  conservent  jusqu'au  moment  de  leur  complète  dissolution  en  gélatine, 
f^es  muscles  raccourcis  et  durcis  se  maintiennent  dans  cet  état  pendant 
une  durée  qui  varie  d'une  à  trois  heures;  après  ce  laps  de  temps,  ils 
commencent  à  se  ramollir.  Soumis  alors  à  lexamen  microscopique ,  It*» 
faisceaux  primitifs  du  tissu  musculaire  sont  remarquables  par  la  vigueur  de 
leurs  stries  transversales.  Le  tissu  conjonctif  étant  en  grande  partie  dis8ou>. 
ils  se  laissent  facilement  dissocier.  Le  bœuf  bouilli,  comme  du  re^te  la  plu- 
part des  viandes  usitées  dans  l'alimentation,  peut  donc  être  utilisé  pour 
l'étude  de  ces  faisceaux. 

L'extrait  aqueux  de  la  chair  musculaire,  soumise  àrébullition  pendant 
une  durée  variable  d'une  à  plusieurs  heures,  forme  le  bouUUm^  qui  renfemif 
indépendamment  des'  substances  organiques  et  des  sels  solubles  précédt^m- 
ment  mentionnée»,  une  matière  odorante  particulière,  décrite  par  Berxt*liu> 
sous  le  nom  d'osmazôme. —  Le  mode  de  coction  exerce  une  grande  influeno 
sur  la  qualité  du  bouillon  et  des  viandes  bouillies.  Si  l'eau,  d'al>ord  froide, 
est  portée  lentement  ii  réhullition,  le  bouillon  est  sapide,  et  les  chairs  It 
sont  peu.  Si  celles-ci,  au  contraire,  sont  plongées  d'emblée  dans  Teau  bouil- 
lante, elles  seront  agréables  au  goût,  et  le  bouillon  manquera  d'arôme.  lW:i* 
le  premier  cas*,  l'albumine  se  sépare  du  tissu  musculaire,  puis  s'élè\e  à  U 
surface  de  l'eau,  où  elle  se  coagule  pour  former  l'écume,  et  les  princiin  > 
qui  doivent  développer  l'aromc  se  dégagent  librement.  Dans  le  ^ecomi. 
l'albumine,  se  coagulant,  emprisonne  les  principes  sapides  qui  restent  uni- 
i\  la  fibrine. 

L'arôme  provient  de  la  décomposition  d'une  partie  des  substances  qi.i 
sont  dissoutes  pendant  l'ébullition;  il  résulte  de  son  apparition,  qu'à  ptut;* 
égal,  la  chair  et  son  bouillon,  pris  ensemble,  renferment  moins  de  ^u*  * 
nutritifs  que  la  chair  rôtie.  f)ans  ce  dernier  mode  de  cuisson,  la  fibrinr 
musculaire  s'altère  moins,  et  conserve  toutes  les  substances  que  l'eau  lu; 
aurait  enlevées. 


DEVELOPPEMENT  DES  MUSCLES.  39 

n  n'est  aucun  tissu  dans  Téconomie  qui  soit  plus  facilement  attaqué  par 
le  suc  gastrique  que  le  tissu  contractile^  il  n'en  est  aucun  qui  soit  plus 
nutritif.  Aussi  la  chair  musculaire  est-elle ,  pour  la  plupart  des  peuples , 
l'alinoent  qu'ils  recherchent  le  plus,  et  celui  dont  ils  se  lassent  le  moins.  Il 
en  est  de  même  pour  un  grand  nombre  d'espèces  animales.  «  Remarquez , 
»  dit  Bichat,  que  la  grande  masse  que  représentent  les  muscles  dans  le  corps 
B  de  Sous  les  animaux  oflre  aux  espèces  carnivores  d'amples  matériaux  à 

•  leur  nutrition.  Ainsi  la  nature,  en  multipliant  ces  organes  pour  les  besoins 
>  de  Tindividu  qu'ils  meuvent,  semble-t-elle  les  multiplier  aussi  pour  ceux 
»  des  individus  que  celui-ci  doit  un  jour  nourrir.   En  les  formant  dans 

•  chaque  espèce,  elle  travaille  pour  les  autres  espèces  autant  que  pour 
j*  celle-là.  B 

§  5.  —  DÉVELOPPEMENT  DES   MUSCLES  STRIÉS. 

Pendant  les  six  premières  semaines  de  la  vie  intra-utérine,  les  muscles 
striés,  comme  tous  les  autres  organes,  ne  sont  constitués  que  par  la  masse 
des  cellules  et  noyaux  embryoplastiqucs  ;  c'est  seulement  vers  la  (in  du 
second  mois  que  commencent  à  se  dessiner  leurs  premiers  vestiges. 

La  forme  que  revêtent  les  faisceaux  primitifs  au  début  de  leur  développe- 
ment est  encore  un  sujet  de  controverse. 

L'école  allemande,  représentée  par  Schwann,  Henle,  Kolliker,  pense  que 
sar  les  points  où  se  montreront  les  muscles,  les  cellules  s'allongent  pour 
Tonner  les  faisceaux  primitifs.  Si  le  faisceau  est  très-court,  une  seule  cellule 
peut  suffire  pour  son  évolution.  S'il  est  plus  ou  moins  long,  plusieurs  cellules 
s  unissent  par  leurs  extrémités.  Dans  Fun  et  l'autre  cas,  le  faisceau  primitif 
prend  l'aspect  d'un  tube  qui  formera  le  sarcolemme.  Chaque  tube  renferme 
une  substance  granuleuse,  semi-liquide,  transparente.  C'est  aux  dépens  de 
cette  substance  granuleuse  que  se  produisent  les  fibrilles;  celles  qui  naissent 
les  premières  se  déposent,  en  quelque  sorte,  sur  les  parois  du  sarcolemme; 
les  autres  s'appliquent  aux  fibrilles  qui  les  ont  précédées,  et  circonscrivent 
un  canal  central  qui  s'efface  peu  à  peu  à  mesure  qu'elles  se  multiplient. 
Ainsi,  allongement  d'une  cellule  udique,  ou  de  plusieurs  cellules  qui  se 
soudent  en  série  linéaire  pour  former  le  sarcolemme;  production  successive 
des  fibrilles  contractiles  qui  remplissent  la  cavité  de  celte  enveloppe,  en  se 
superposant  de  la  circonférence  au  centre  :  tel  serait  le  mode  d'évolution 
des  faisceaux  primitifs  d'après  les  principes  de  la  théorie  cellulaire. 

Pour  M.  Ch.  Robin,  ce  ne  sont  pas  les  cellules,  mais  bien  les  noyaux  em- 
bryoplastiques  qui  forment  le  point  de  départ  des  fibres  musculaires.  Les 
fibrilles  se  développent  en  vertu  d'une  sorte  de  germination  aux  deux  extré- 
mités des  noyaux,  qui  s'atrophient  plus  tard  et  se  trouvent  alors  situés  au- 
dessous  du  sarcolemme. 

Dans  l'une  et  l'autre  de  ces  opinions,  les  fibres  musculaires  se  constituent 
graduellement  par  les  soudures  successives  de  centres  de  formation  primi- 
tÎTement  isolés  et  distincts. 

Les  recherches  auxquelles  s'est  livré  M.  Rouget  l'ont  conduit  A  une  conclu- 


I 


ii  MYOl/H.lL 

Les  gaines  qui  enloureal  les  faiiceaui  se  comportent  envers  ceu\H:i 
romme  la  gaine  générale  enten  la  masse  totale  da  tendoo.  Blés  deviennent 
seulement  de  plus  en  plus  minces  à  mesure  qu'elles  corresponde ot  à  ài^ 
fai«ceau\  d  un  pics  petit  volume.  Les  plus  déliées  sont  donc  celles  qui 
entourent  le«  laisoeaui  primitifs.  C^t  amincissement  cependant  ne  se  produit 
pas  dune  manière  graduelle  et  régulière;  au  niveau  des  grands  espaçai 
inteKa.w*icuIaires,  toutes  les  gaines  se  confondant,  la  trame  celluleuse  re- 
prend sur  ces  points  plus  d'épaisseur  et  d'importance. 

Au  ti»»u  conjonrtif  des  tendons,  se  trou\ent  miMécs  quelques  fibres  élasti- 
qufs  filiformes,  flans  les  cluis4)ns  cellule  uses,  et  surtout  dans  les  grands 
espaces  interfa<ciculaires,on  remarque  en  outre,  très-souvent,  des  cellult^ 
de  cartilage  qui  sont  constantes  dans  certains  tendons,  et  qui  répondent  le 
plus  habituellement  à  leur  insertion.  —  A  tous  ces  éléments  s'ajoutent  rncoiv 
des  cellules  adipeuses,  dunt  Texistence  peut  t>tre  constatée,  même  chez  les 
individus  les  plus  émaciés,  mais  dont  la  quantité  varie  du  reste  avec  le 
degré  de  Temhonpoint  général. 

f>.   VaiMseaux  de»  tendons, 

Uans  un  travail  présenté  à  l'Académie  des  sciences  (i),  j'ai  démontré  que 
les  tendons,  considérés  jusqu'alors  comme  tK^-peu  vasculaires,  recevaient 
au  contraire  un  grand  nombre  d'artères  et  de  %eines. 

Os  vaidseaui  émanent  de  ceui  du  voisinage.  Ouelques-uns,  Irès-delie^, 
s  épuisent  dans  la  gaine  et  les  faisceaux  superficiels.  Les  autres,  plus  déve- 
loppés, sont  muni»  de  leurs  tuniques  musculaires.  Tou<  s'anastomosent  dans 
l'épaisseur  de  l'enveloppe  commune  :  par  leurs  communications  multiplié«*s 
ik  forment  un  très-beau  réseau  à  mailles  inégales  et  irrégulière;^,  sur  lequel 
se  détachent  de  distance  en  distance  les  artères  et  les  «eines  principales. 

De  l'enveloppe  Ci>mmune  des  faisceaux  les  artères  et  les  veines  péiM'treut 
dans  leurs  intervalles,  en  se  divisant,  subdivisant,  s'anastomosant  sur 
toute  1  étendue  de  leur  trajet.  Llles  donnent  ainsi  naissance  à  de  longue* 
séries  d'arcades  vasculaires,  disp<>s«''es  sur  un  simple,  double  ou  triple  ranc. 
qui  offrent  les  plus  élégantes  dispositions  et  des  variétés  presque  infinie-. 
Ces  arcades,  groupées  autour  des  principaux  \./.^H'aux,  comme  autour  d  un 
aie,  répcmdent  par  leur  convexité  aux  faisceaux  tendineux.  Ces!  surtout  dan» 
\t9  grand >  espaces  i n te rfascicul aires  qu'elles  se  multiplient  et  qu'elles  eta-> 
lent  tout  le  luxe  de  leurs  variétés. 

Parvenus  sur  la  périphérie  des  faisceaux  secondaires,  les  vaisseaux  don 
uent  naissance  à  des  ramifications  de  la  plus  extrême  ténuité,  qu'on  voit 
s'insinuer  entre  les  faisceaux  primitifs.  Chacun  de  ceux-ci  est  donc  entoure 
aussi  d  un  ré^eau ,  mais  d'un  simple  réseau  de  capillaires.  Aucune  ramiti- 
cation  artérielle  ne  pénètre  dans  leur  épaisseur»  Ils  puisent  leur»  sur? 
nutritifs  dans  le«  capillaires  environnants,  à  l'aide  de  leurs  cellules  pUsma- 
tiques  dont  les  prolongements  s  étendent  jusqu'aux  cloisons  celluleuse». 

I.es  vai>seaui,  sur  toute  IVlendue  de  leur  trajet,  se  trouvent  situés  dans 
1  épaisseur  de  ees  cloisons.  C  est  daii^  leurs  mailles  et  autour  de  ieurs  prin- 


DÉVELOPPEMENT  DES  MUSCLES.  41 

enioure  non-seulement  les  muscles  et  les  viscères,  mais  il  s'insinue  jusque 
dans  les  mailles  des  principaux  tissus;  il  procède  en  un  mot,  dans  son 
accumulation ,  à  la  manière  d'un  liquide  qui  s'épanche  et  s'infiltre.  Chez  le 
second,  il  s'accumule  à  peu  près  exclusivement  sous  la  peau; on  n'en  trouve 
point  sous  les  aponévroses,  point  dans  les  intervalles  des  muscles,  point  ou 
InVpeu  dans  les  cavités  splanch niques.  Il  est  très-abondant  à  la  périphérie, 
où  sa  présence  devient  pour  l'organisme  entier  un  moyen  de  protection  ; 
très-rare  partout  ailleurs ,  où  il  pourrait  mettre  obstacle  au  jeu  régulier 
des  fonctions. 

Sous  cette  épaisse  couche  adipeuse  qui  donne  à  la  surface  du  corps  un 
aspect  si  caractéristique  dans  les  premiers  temps  de  la  vie,  on  trouve  donc 
des  muscles  à  formes  saillantes  et  bien  arrêtées ,  n'offrant  aucune  trace  de 
graisse ,  soit  dans  leurs  intervalles ,  soit  dans  les  interstices  des  faisceaux 
contractiles.  Ces  organes  sont  alors  plus  développés  que  ceux  de  la  vie  orga- 
nique; ils  sont  en  outre  faciles  à  séparer,  en  sorte  que  le  système  mus- 
culaire à  fibres  striées  peut  être  très-bien  étudié  sur  le  fœtus  à  terme  et  les 
jeunes  enfants.  Leur  forme  étant  non-seulement  très-accusée,  mais  plus  pure, 
ils  sont  quelquefois  préférables  pour  éclaircir  un  fait  douteux  ou  résoudre 
une  question  controversée. 

De  la  naissance  à  la  puberté  le  système  musculaire  strié  continue  à  se 
dé\eloppQr.  Les  faisceaux  primitifs  s'accroissent  dans  tous  les  sens,  mais  peu 
en  épaisseur  et  beaucoup  en  longueur.  C'est  pourquoi  les  muscles  larges  res- 
tent minces  et  les  muscles  longs  plus  ou  moins  grêles.  La  couche  cellulo- 
graisseuse  sous-cutanée  ayant  en  grande  partie  disparu,  les  formes  sont  plus 
élancées,  presque  aussi  arrondies  chez  l'homme  que  chez  la  femme. 

Après  la  puberté,  les  muscles  qui  ont  acquis  presque  toute  leur  longueur 
croissent  en  épaisseur.  Il  ne  se  produit  pas  cependant  de  nouveaux  faisceaux 
primitifs;  mais  ceux-ci ,  jusqu'alors  assez  déliés,  augmentent  de  diamètre. 
Ce%{  surtout  le  corps  charnu  qui  se  renfle  ;  les  tendons  prennent  une  part 
beaucoup  moindre  à  cet  accroissement,  d'où  il  suit  qu'ils  semblent  alors 
relativement  plu«  petits.  A  cette  époque,  l'habitude  extérieure,  jusque-là  peu 
«iifTérente  dans  les  deux  sexes,  commence  à  revêtir  ses  caractères  distinctifs. 
Chez  l'homme,  les  saillies  musculaires  se  traduisent  au  dehors,  faiblement 
d'abord,  d'une  manière  ensuite  plus  accusée.  Si  elles  atteignent  leur  plus 
grand  développement,  on  voit  se  dessiner  à  la  surface  du  corps,  chez  les 
individus  de  constitution  sèche ,  jusqu'aux  interstices  qui  séparent  les 
muscles  parallèles.  C'est  ordinairement  de  trente  à  quarante  ans  que  les 
formes  présentent  au  plus  haut  degré  les  attributs  de  la  virilité.  Plus  tard, 
!«'  système  adipeux  se  montre  de  nouveau,  ou  bien  les  muscles  deviennent 
ak)in8  volumineux.  Dans  l'un  et  l'autre  cas,  les  reliefs  de  ceux-ci  s'affaiblis- 
^nt;  les  formes  tendent  à  reprendre  leur  rondeur  primitive,  sans  être  com- 
parables cependant  à  celles  du  jeune  homme.  Chez  ce  dernier,  elles  sont 
arrondies,  mais  grêles  et  fermes  ;  après  l'Age  mûr,  elles  sont  tantôt  arron- 
dies et  fermes,  mais  alors  plus  épaisses,  ce  qui  a  lieu  si  le  tissu  adipeux  pré- 
domine :  tantôt  arrondies  et  grêles,  mais  plus  molles,  par  suite  de  l'amaigris- 
'«'m«»ut  ou  du  dépérissement  commun  des  organes. 


62  MYOLOGIE. 

Chez  le  vieillard,  les  muscles  participent  à  Tatrophie  générale  ;  et  commo 
ils  étaient,  parmi  nos  organes ,  ceux  qui  avaient  pris  le  plus  grand  dévelop- 
pement  pendant  la  durée  de  la  vie  active,  ils  sont  ceui  aussi  dans  lesqucb 
cette  atrophie  se  manifeste  par  les  e/Tcts  les  plus  sensibles.  Apre»  leur  retrait, 
ils  ne  remplissent  plus  les  gaines  aponévrotiques  qui  les  entourent;  de  U 
une  sorte  de  flaccidité  à  laquelle  vient  s'ajouter  encore  leur  mollesse  plut 
grande. 

Cette  mollesse  a  été  contestée,  il  est  vrai,  par  quelques  auteurs,  qui 
regardent  au  contraire  le  tissu  contractile  comme  plus  dense  à  cet  flge;  iN 
invoquent  surtout  la  densité  que  présentent  en  effet  les  chairs  des  animaui 
parvenus  à  un  âge  avancé.  Mais  cette  remarque  s'applique  aux  chairs  sou- 
mises à  la  coction  ;  or,  ce  qui  est  vrai  pour  les  muscles  ainsi  modifiés  par  le 
calorique  ne  l'est  nullement  pour  les  muscles  à  l'état  normal.  On  pourra 
facilement  le  constater  en  comparant  ces  organes  chez  le  jeune  hommo  et 
le  vieillard  ;  ils  sont  évidenmient  plus  fermes  et  plus  consistants  chez  U* 
premier  que  chez  le  second. 

Dans  l'extrême  vieillesse ,  le  tissu  adipeux  s'intiltre  en  plus  grande  aboii- 
dance  entre  les  divers  faisceaux  du  tissu  musculaire,  qui  prend  alors  tnV 
souvent  une  teinte  jaunAtre.  Souvent  aussi  on  voit  apparaître  dans  \e< 
faisceaux  primitifs  des  globules  de  graisse,  et  parfois  m<>me  de  véritable? 
cellules  adipeuses. 

§  6.  —  Propriétés  des  muscles  striés. 

f.cs  muscles  striés  présentent  des  propriétés  physiques  et  des  proprie i^ 
vitales.  Nous  passerons  rapidement  en  revue  les  unes  et  les  autres. 

I.  —  Fr«prlétéii  phytl^oM. 

Considérés  sous  ce  point  de  vue,  les  muscles  sont  caractérisés  par  l«>ur 
vive  coloration,  par  leur  peu  de  consistance,  par  la  facilité  avec  laquelle  il* 
9e  laissent  allonger  et  reviennent  ensuite  sur  eux-mi^mcs  :  rougeur,  molle^n^ 
extensibilité,  élasticité,  telles  sont  donc  les  propriétés  physiques  qui  les  di* 
tinguent. 

A.  Rougeur,  —  De  toutes  les  propriétés  physiques  des  muscles,  la  couleur 
est  celle  qui  varie  le  plus.  Entre  la  rougeur  d'un  Ion  si  vif  qu'ils  présonttiii 
chez  l'homme  d'un  tempérament  sanguin  et  la  pAleur  qui  les  caractén^' 
liiez  la  femme  chlorotique,  combien  de  nuances  intermédiaires?  Très-pril«*^ 
oussi  dans  la  première  période  de  la  vie  ftetale,  ils  commencent  à  se  colon' r 
\ers  le  quatrième  ou  le  cinquième  mois  de  la  grossesse,  et  ont  déjil  acqui»  au 
moment  de  la  naissance  une  teinte  rouge  qui  les  différencie  très- nettement 
de  tous  les  organes  envinmnants.  Sous  rinfluence  de  la  respiration  qui  sVta- 
blit  alors,  ils  prennent  presque  subitement  une  coloration  plus  \i\e  dont  Ij 
nuance  S4*  modifie  ensuite  dans  le  cours  de  l'evistence,  suivant  le  tempéiu 
ment,  le  régime,  l'état  de  santé  ou  de  maladie,  etc.,  en  restant  loutefui* 
«■n  relation  ronstonte  a\ec  le  volume,  c'est-à-dire  avec  la  nutrition  :  dt^ 


PROPRIÉTÉS  DES  MUSCLES.  U'd 

muscles  saillants,  bien  développés,  sont  toujours  d'un  rouge  foncé;  des 
muscles  grêles,  ou  minces  et  comme  membraneux,  dans  l'âge  adulte,  sont 
toujours  plus  ou  moins  pâles. 

Nous  avons  vu  précédemment  que  la  rougeur  n'est  pas  inhérente  au  tissu 
contractile,  qu'elle  a  son  siège  dans  l'appareil  circulatoire,  et  qu'en  faisant 
passer  un  courant  d'eau  dans  les  capillaires,  les  muscles  se  décolorent.  C'est 
parce  qu'ils  empruntent  leur  couleur  aux  globules  du  sang  qu'ils  rougissent 
au  contact  de  l'air;  c'est  pourquoi  aussi  ils  sont  d'un  rouge  intense  dans  les 
mammifères  et  les  oiseaux,  d'un  rouge  pâle  ou  blanchâtre  dans  les  reptiles, 
et  tout  à  fait  blancs  dans  les  poissons.  Parmi  ces  derniers,  cependant,  il  en  est 
un  petit  nombre  dont  le  système  musculaire  se  distingue  par  une  couleur 
rose  ou  jaunâtre  qui  leur  est  propre,  et  qui  est  due  à  la  présence  d'un  acide 
particulier,  Tacide  salmonique. 

Les  capillaires  ne  pénétrant  pas  dans  les  faisceaux  primitifs ,  la  rougeur 
ne  se  montre  qu'à  la  périphérie  de  ceux-ci.  Les  fibrilles  élémentaires  sont 
d'une  extrême  pâleur  ;  et  les  fibres  musculaires  elles-mêmes  sont  décolorées 
lorsqu'elles  ont  été  dépouillées  du  réseau  sanguin  qui  les  entoure. 

B.  Consistance,  —  Les  muscles  possèdent  une  souplesse,  une  mollesse 
toute  spéciale  dont  le  degré  varie  avec  leur  volume.  Lorsqu*ils  sont  très- 
développés,  leur  fermeté  est  aussi  plus  prononcée.  Sous  l'influence  de  toutes 
les  maladies,  de  toutes  les  conditions  qui  entraînent  à  leur  suite  une  éma- 
nation générale ,  ils  deviennent  plus  mous.  On  peut  facilement  apprécier 
ces  dilTérences  en  posant  une  main  sur  les  muscles  d'un  homme  fortement 
constitué  et  Tautre  sur  les  muscles  correspondants  d'un  convalescent. 

Dès  que  la  vie  a  cessé,  les  muscles  subissent  dans  leur  consistance  une 
modification  remarquable  qui  consiste  dans  la  perte  graduelle  de  leur  sou- 
plesse, et  qui  constitue  le  phénomène  de  la  rigidité  cadavérique.  Bien  que 
cette  modification  commence  à  se  produire  aussitôt  que  la  circulation  du 
sang  est  arrêtée,  elle  ne  se  manifeste  par  des  effets  sensibles  que  cinq  ou  six 
heures  après  la  mort.  Les  muscles,  jusque-là  très-extensibles,  acquièrent 
une  roideur  qui  se  prononce  de  plus  en  plus,  arrive  à  son  plus  haut  degré 
vers  la  douzième  ou  la  quinzième  heure,  persiste  dans  cet  état  un  jour,  deux 
jours  et  quelquefois  plus,  puis  disparait  aux  premiers  signes  par  lesquels 
s'annonce  la  putréfaction. 

La  rigidité  cadavérique  est  subordonnée,  dans  la  rapidité  de  sa  marche  et 
dans  sa  durée,  à  la  température.  Elle  parait  plus  rapidement  dans  les  temps 
froids  et  dure  aussi  plus  longtemps.  C'est  par  les  membres  qu'elle  débute, 
pour  s'avancer  ensuite  des  extrémités  vers  le  tronc,  à  mesure  que  la  chaleur 
ie  retire.  En  se  durcissant,  les  muscles  ne  se  raccourcissent  pas  ;  ils  n'im- 
priment par  conséquent  aux  parties  sur  lesquelles  ils  s'insèrent  aucune 
dénation.  La  rigidité  les  surprend  dans  l'état  où  la  mort  les  a  laissés,  et  elle 
les  laisse  dans  le  même  état.  Ce  phénomène  consiste  dans  une  simple  modi- 
fication moléculaire  des  fibres  charnues,  qui  leur  enlève  leur  souplesse  et 
leur  extensibilité,  mais  sans  rien  retrancher  de  leurs  dimensions. 

C.  Extensibilité,  —  Cette  propriété  est  mise  en  jeu  dans  nos  moindres 
mouvements  ;  car  telle  est  la  disposition  des  organes  passifs  et  actifs  de  la 


UU  MYOLOGIE. 

locomotion,  qu'un  muscle  ne  peut  se  contracter  sans  que  le  muscle  oppo^* 
s^allonge.  La  contraction  des  extenseurs  a  pour  conséquence  l'eilention 
des  fléchisseurs  ;  dans  la  flexion,  ce  sont  les  extenseurs  qui  s'étendent.  En 
portant  l'humérus  en  dehors,  le  deltoïde  fait  appel  à  l'extensibilité  du  grand 
pectoral,  du  grand  dorsal  et  du  grand  rond  ;  et  lorsque  ceux-ci  se  raccour- 
cissent, ils  démontrent  à  leur  tour  l'existence  de  celte  propriété  dans  le 
muscle  abducteur  du  bras. 

Il  importe  de  remarquer  que  l'extensibilité  a  pour  siège  exclusif  le  corps 
charnu  des  muscles.  Les  tendons,  presque  aussi  flexibles  que  ces  organes, 
mais  infiniment  plus  denses,  opposent  une  résistance  absolue  i  toutes  les 
causes  qui  tendent  à  les  allonger.  La  propriété  que  possèdent  les  mus^-lt^s 
de  s'étendre  n'est  donc  pas  proportionnelle  ù,  leur  longueur  totale,  mais  â 
rétendue  des  fibres  contractiles.  Les  plus  superficiels,  l'emportant  sur  le« 
autres  sous  ce  rapport,  sont  aussi  les  plus  extensibles. 

D.  Élatticité,  —  De  même  que  l'extensibilité,  l'élasticité  appartient  exclu- 
sivement à  la  portion  charnue  des  muscles.  Les  tendons  en  présentent  A 
peine  quelques  vestiges.  Elle  réside  dans  le  sarcolemme  des  faisceaux  pri- 
mitifs et  dans  les  fibres  élastiques  mêlées  au  tissu  conjonctif  intra-muscu- 
laire.  Lorsqu'on  coupe  transversalement  sur  le  cadavre  un  muscle  quelcon- 
que au  niveau  de  sa  partie  moyenne,  on  voit  aussitôt  ses  deux  moitiés 
s'écarter  :  c'est  à  leur  élasticité,  et  à  leur  élasticité  seule  qu'elles  obéissi'nl 
en  s'éloignant  ainsi  l'une  de  l'autre. 

Toute  force  qui  met  en  jeu  l'extensibilité  des  fibres  contractiles,  éveilli* 
aussi  leur  élasticité.  Ces  deux  propriétés  entrent  simultanément  en  action 
et  avec  une  égale  intensité.  Plus  le  muscle  s'allonge,  plus  aussi  rélasticitê 
augmente.  La  destination  de  cette  propriété  est  de  ramener  les  fibres  à  leur 
étendue  normale,  afin  qu'elles  puissent  s*étendre  de  nouveau  :  résultat  m 
important,  que  pour  l'atteindre  plus  sûrement,  la  nature  a  placé  à  cOté  de 
cette  propriété  toute  physique  une  propriété  essentiellement  vitale,  la  toni- 
cité musculaire.  Pendant  la  vie,  ces  deux  propriétés  se  renforcent  mutuelle- 
ment; elles  agissent  toujours  ensemble  ;  leur  action  pour  l'une  comme  pour 
l'autre  est  permanente. 

II.  —  Frin^rléléft  vlUle». 

Les  muscles  présentent  deux  modes  de  contractilité  bien  différents,  et  un 
certain  degré  de  sensibilité.  Des  deux  modes  de  contractilité,  l'un  es»t  inter- 
mittent, c'est  la  contractilité  proprement  dite,  appelée  aus&i  irrilaOthtfr 
mmculaire  :  l'autre  est  permanent ,  c'est  la  tonicité. 

A.  Omtrarlilité  vu  irritabilité  musculaire, 

\a  contractilité  est  cette  propriété  que  possèdent  les  muscles  de  so  rar- 
rourcir  sous  l'influence  d'un  excitant. 

La  volonté  représente  l'excitant  le  plus  habituel  du  système  musculain*: 
c'est  elle  qui,  par  l'intermédiaire  des  cordons  nerveux  et  de  leurs  innom- 


PHOPIUETES  DES  MLSCI.ES.  tib 

brables  divisioDs,  préside  à  nos  mouvements;  c'est  elle  qui  di^terminc  les 
contractions  les  plus  étendues,  les  plus  soutenues,  les  plus  précises,  les  plus 
larices.  .Vais  une  foule  d'agents  npécaniques,  chimiques  ou  galvaniques, 
[K'ii^ent  jouer  aussi,  à  l'égard  des  muscles,  le  rôle  d'excitants,  soit  en  agis- 
sant sur  les  nerfs  qui  les  animent,  soit  en  agissant  directement  sur  les  fibres 
qui  les  composent.  Dans  le  premier  cas,  les  contractions  sont  toujours  plus 
énergiques,  l'excitation  ét^nt  transmise  par  les  ramifications  nerveuses  à 
toutes  les  fibres  musculaires  correspondantes.  Dans  le  second,  elles  sont  au 
contraire  beaucoup  plus  faibles ,  l'excitation  ne  portant  que  sur  une  partie 
tr^s-limitée  du  muscle. 

a.  Lirriiabilité  est  une  propriété  inhérente  aux  fibres  contractiles. 

Haller,  de  ses  nombreuses  expériences,  avait  déjà  tiré  cette  conclusion.  11 
avait  fait  remarquer  que  le  cœur,  pris  sur  un  animal  vivant  et  complètement 
isolé,  continue  de  se  contracter  ;  que  des  lambeaux  de  chair,  sans  connexions 
avec  le  système  nerveux,  palpitent  encore  au  moindre  contact  des  excitants. 
Plus  tard,  en  détachant  quelques  fibres,  sur  des  muscles  vivants,  on  a  pu  les 
voir  se  contracter  à  Taide  du  microscope. 

Mais  on  objectait  que  si  la  contractilité  persistait  dans  ces  lambeaux  et 
ces  fibres,  elle  était  due  à  rinfiuence  des  excitants  sur  les  ramifications 
terminales  des  nerfs.  Afin  de  répondre  à  cette  objection,  M.  le  professeur 
I.ODgct  institua  une  longue  série  d'expériences  habilement  poursuivies; 
elles  démontrèrent  que  les  nerfs  moteurs,  isolés  de  l'axe  cérébro-spinal, 
perdent  leur  excitabilité  le  quatrième  jour;  et  que  les  muscles  dont  les  nerfs 
ne  sont  plus  excitables,  même  depuis  plus  de  douze  semaines,  se  contractent 
encore  lorsqu'on  applique  un  excitant  quelconque  à  leur  surface  (1).  De  ces 
faits,  réminent  physiologiste  a  pu  conclure  que  l'irritabilité  est  indépen- 
dante des  nerfs  moteurs,  qu'elle  réside  dans  les  fibres  contractiles,  et  qu'elle 
ne  se  trouve  subordonnée  qu'à  Tintégrité  de  celles-ci. 

Cependant  quelques  auteurs  n'étaient  pas  complètement  convaincus.  Ils 
annoncèrent  que  si  cette  propriété  était  indépendante  des  nerfs  moteurs, 
file  devrait  persister  dans  les  muscles,  non  pas  seulement  pendant  quelques 
mois,  mais  indéfiniment  ;  et  que  si  elle  ne  persistait  que  pendant  un  temps 
limité,  il  ne  serait  pas  impossible  qu'elle  fût  entretenue  par  les  divisions 
terminales  des  nerfs  :  hypothèse  d*autant  plus  admissible,  que  l'excitabilité 
des  cordons  nerveux  disparait  graduellement  de  leur  origine  vers  leur  ter- 
minaison. 

Pour  dissiper  ces  derniers  doutes,  il  fallait  trouver  le  moyen  d'abolir 
radicalement  la  propriété  excito-motricc  des  nerfs,  en  laissant  intacte  la 
contractilité  musculaire.  M.  Cl.  Bernard  a  découvert  que  le  curare  possède 
ce  singulier  privilège.  Chez  les  animaux  empoisonnés  avec  cette  substance, 
c'est  en  vain  qu'on  applique  un  excitant  quelconque  sur  les  nerfs  moteurs  ; 
mais  dès  que  l'excitant  est  appliqué  aux  fibres  musculaires,  aussitôt  celles-ci 
se  contractent.  Ici  l'indépendance  des  deux  propriétés  éclate  dans  toute  son 

i    Looget,  Traité  de  phijiiohgie ,  18G1,  t.  I,  2«  fascicule,  p.  14  et  suiv. 


J^8  MVOLOGIK. 

qu'acquièrent  certains  individus  pendant  Ici  accès  d'un  délire  aigu,  telli* 
quelquefois ,  que  les  muscles  de  la  femme  la  plus  faible  surpa$s<*nt  eu 
énergie  ceux  de  Thomme  le  plus  vigoureux. 

L'innervation  étant  égale,  on  comprend  facilement  que  de  deux  must'Ie», 
celui-là  sera  le  plus  fort  qui  sera  le  plus  volumineux ,  soit  qu'il  emprunte 
son  volume  au  nombre  des  fibres,  soit  qu'il  l'emprunte  à  leur  diamètre 
plus  considérable,  soit  enfin  qu'il  l'emprunte  A  ces  deux  causes  réunies. 
(Vest  surtout  au  volume  que  l'on  attache,  en  général,  Vidée  de  la  forer. 
Il  eu  est,  en  effet,  l'attribut  le  plus  ordinaire  ;  des  muscles  bien  nourris  et 
saillants  sont  d'une  force  très-supérieure  à  celle  que  possèdent  des  inuK-U'< 
pâles  et  grêles,  disparaissant  sous  l'enveloppe  cutanée.  Si  développés  qu*iU 
soient,  cependant  ils  ne  seront  capables  que  d'efforts  relativement  médit»- 
cres,  si  l'encéphale  ne  possède  sur  eux  qu'une  faible  influence.  Mais  que  le> 
sources  de  l'influx  nerveux  s'ouvrent  avec  abondance  pour  animer  cv^ 
masses  musculaires,  et  alors  elles  s'élèveront  à  un  degré  de  puissance  qui 
s'est  manifesté  souvent  par  des  effets  extraordinaires.  Ilaller,  dans  son 
traité  de  physiologie,  en  rapporte  de  nombreux  exemples,  dont  les  uns  S4»nl 
relatifs  à  tout  le  système  musculaire;  les  autres  i  certains  groupes  de 
muscles,  tels  que  les  muscles  des  gouttières  vertébrales,  les  fléchisseurs  du 
membre  supérieur,  les  extenseurs  du  membre  inférieur,  les  élévateurs  de 
la  mâchoire,  etc.  (1). 

Chaque  muscle  représente  donc  une  puissance  ;  et  comme  ils  sont  tn-:*- 
nombreux,  on  voit  que  l'organisme  dispose  de  forces  considérables.  Mais  le» 
résultats  produits  par  leur  mise  en  action  ne  sont  pas  en  rapport  avec  la 
force  dépensée.  Une  partie  de  celle-ci  est  utilisée  pour  imprimer  les  mou- 
vements conformes  au  but  que  nous  nous  proposons.  L'autre,  souvent  tri*^ 
grande,  est  employée  à  surmonter  des  résistances  passives;  elle  constitue 
une  perte  qui  a  rc(;u  le  nom  de  déchet  muiculaire.  Or,  ces  pertes  proviennent 
de  causes  multiples. 

i*  Du  frottement  des  surfaces  articulaires ,  et  du  frottement  des  tendons 
sur  les  coulisses  qu'ils  occupent. 

2*  be  l'obliquité  d'insertion  des  fibres  musculaires  sur  les  fibres  tendi- 
neuses, obliquité  qui  a  pour  effet  de  décomposer  la  force  produite  en  deux 
forces  secondaires  :  l'une  parallèle  au  tendon ,  l'autre  perpendiculaire  a 
celui-ci;  la  première  seule  est  transmise. 

3*  l)e  l'obliquité  d'insertion  des  tendons  sur  les  leviers  osseux,  laquelle 
entraîne  les  mêmes  conséquences  que  la  précédente. 

â"  De  la  mobilité  du  point  d'appui  pour  tous  les  leviers  osseux,  mobilitt^ 
qui  est  nuisible  à  la  précision  des  mouvements,  qui  doit  disparaître  pour  un 
instant,  et  qui,  pour  être  suspendue,  réclame  l'intervention  d'un  grand 
nombre  de  muscles. 

5*  De  la  disposition  relative  des  organes  actiTs  cl  passifs  de  la  locomotion, 
qui  a  pour  eff'et  de  transformer  la  plupart  des  os  en  le\iers  du  troisième 
genre,  beaucoup  plus  favorables  X  la  résistance  qu'à  la  puissance. 

t>s  faits  nous  montrent  que  l'appareil  locomoteur  diffère  assez  nnlahlr- 

1,  Hallcr,  iCiementa  phtvwl.y  t.  IV,  t7C6,  |i    ^8). 


PROPRIÉTÉS  D£S  MUSCLES  STRIES.  â9 

meot  de  la  plupart  des  machines  usitées  dans  rindustrie.  Dans  t'elles-ci,  on 
s'attache  à  produire  beaucoup  d'effets  ayec  le  moins  de  force  possible.  Dans 
récoQonue  animale,  beaucoup  de  forces  sont  dépensées  pour  produire  peu 
d'effet.  Mais  ce  que  les  mouToments  perdent  du  c6té  de  la  force,  ils  le  gagnent 
da  dVIé  de  la  vitesse.  Or,  remarquons  que  ce  dernier  avantage  n'était  pas 
moins  précieux  que  la  force,  et  qu'il  est  même  plus  important  ;  car  c'est 
bien  plus  par  la  vitesse  que  par  la  force  de  leurs  mouvements  que  l'homme 
et  les  animaux  se  protègent  contre  toutes  les  influences  du  dehors.  C'est 
par  la  rapidité  avec  laquelle  ils  se  déplacent  que  ceux-ci  se  dérobent  au 
danger  qui  les  menace  ;  c'est  par  cette  rapidité  aussi  qu'ils  pourvoient  à 
leur  alimentation.  C'est  à  la  vitesse,  à  la  dextérité  des  mouvements  que 
rbomnie  fait  appel  dans  la  plupart  des  professions  auxquelles  il  se  livre. 
Se  mouvoir  vite  et  souvent,  avec  précision  et  modération,  tel  est  le  mode 
d'action  le  plus  général  et  le  plus  habituel  de  nos  muscles. 

e.  Mouvements  imprimés  par  les  muscles. 

Ces  mouvements  peuvent  être  considérés  relativement  aux  organes  qui 
les  produisent,  et  relativement  aux  parties  qui  se  déplacent. 

Envisagés  sous  le  premier  point  de  vue,  ils  se  divisent  en  mouvements 
simples  et  mouvements  composés. 

Les  mouvements  simples  sont  ceux  qui  s'opôrent  sous  l'influence  d'un  seul 
agent  ;  ils  n'appartiennent  qu'à  un  petit  nombre  de  régions.  Peu  de  muscles 
en  effet  se  contractent  isolément.  Ils  ne  le  peuvent  qu'à  la  condition  de 
s'attacher  par  l'une  de  leurs  extrémités  à  une  partie  fixe  :  tels  sont  les  mus* 
des  moteur»  du  globe  de  l'œil,  les  muscles  de  la  face,  ceux  qui  s'insèrent 
à  rapophjse  styloide  du  temporal ,  le  diaphragme ,  etc.  Chacun  d'eux  est 
indépendant  des  muscles  voisins  ;  mais  il  peut  combiner  son  action  avec  la 
leur.  De  cette  action,  tantôt  isolée  et  tantôt  associée,  il  résulte  que  les  parties 
sur  lesquelles  ces  muscles  s'insèrent,  sont  celles  qui  présentent  les  mouve- 
ments les  plus  variés.  Ainsi  s'expliquent  la  rapidité  et  la  précision  avec 
lesqueUes  la  pupille  se  dirige  tour  à  tour  vers  tous  les  points  de  l'horixon; 
de  là  aussi  la  mobilité  des  traits  de  la  face,  l'expression  de  la  physionomie, 
et  toutes  les  nuances  qu*elle  peut  offrir.  Pour  le  diaphragme,  qui  unit  ses 
contractions  à  celles  de  tant  d'autres  muscles,  l'indépendance  était  un 
avantage  précieux  qui  lui  permet  de  se  contracter  encore ,  alors  que  tous 
les  autres  se  reposent  ou  ont  déjà  suspendu  leur  action. 

Mais  pour  les  muscles  pariétaux  du  tronc,  et  pour  ceux  des  membres , 
toute  contraction  en  suppose  une  ou  plusieurs  autres:  les  points  sur  lesquels 
ils  te  fixent'étant  tous  deux  mobiles,  et  celui  qui  joue  le  rôle  de  point  fixe 
devant  être  préalablement  immobilisé  par  la  contraction  des  muscles  qui 
l'entourent.  On  peut  remarquer  cependant  que  dans  les  mouvements  ordi- 
naires, les  contractions  destinées  à  immobiliser  le  point  d'appui  sont  très- 
modérées;  c'est  seulement  dans  les  mouvements  où  nous  dépensons  beaucoup 
de  force  qu'elles  acquièrent  une  réelle  importance. 

On  donne  le  nom  de  mouvemetUs  composés  à  ceux  qui  sont  exécutés  par 
deux  ou  plusieurs  muscles  agissant  sur  le  même  point.  Dans  ce  cas,  le  point 

II.  —  ft 


50  MVOLOGIL 

mobile  prend  la  direction  de  la  résultante  des  forces  qui  l'entraînent.  Ainù 
lorsque  l'élévateur  et  l'adducteur  de  la  pupille  se  contractent  en  même 
temps,  celle-ci  ne  se  porte  ni  en  haut,  ni  en  dedans,  mais  obliquement  en 
haut  et  en  dedans.  —  I/association  des  mouvements  simples  produit  quel- 
quefois les  mouvements  composés,  comme  dans  le  cas  précédent,  où  deui 
muscles  indépendants  combinent  leur  action  pour  un  but  coounun.  \jt 
plus  habituellement,  les  mouvements  composés  sont  exécutés  par  des  mus- 
cles qui  agissent  toujours  ensemble.  C'est  ce  qui  a  lieu,  par  exemple,  pour 
la  flexion  de  l'avant- bras  sur  le  bras,  ou  de  la  Jambe  sur  la  cuisse  ;  la  volooté 
commande  le  mouvement,  et  les  fléchisseurs  se  contractent  aussitôt,  liais  elle 
ne  peut  agir  sur  chacun  d'eux  séparément  ;  si  faible  que  soit  le  mouvement, 
et  alors  môme  que  l'un  d'eux  suflirait  facilement  pour  l'exécuter,  tous  entrent 
en  action  simultanément;  tous  participent  à  sa  production. 

l«orsquc  deux  ou  plusieurs  muscles  produisent  des  mouvements  diamé- 
tralement opposés,  ils  prennent  le  nom  de  muscles  antagonistes.  Les  fléchis- 
seurs bont  donc  les  antagonistes  des  extenseurs,  les  adducteurs  des  abduc- 
teurs, les  rotateurs  en  dedans  des  rotateurs  en  dehors,  etc.  Quand  deux 
muscles  antagonistes  se  contractent,  et  que  le  point  mobile  ne  se  meut  pa^, 
il  y  a  antagonisme  parfait  ;  c'est  à  ce  genre  d'antagonisme  qu'on  a  donne  k* 
nom  de  mouvement  tonique. 

Les  muscles  qui  entraînent  un  point  mobile  dans  le  même  sens,  et  qui 
par  conséquent  concourent  au  même  mouvement,  ont  reçu  le  nom  de  mus- 
cles congénères.  Ainsi  les  fléchisseurs  de  la  main  sont  congénùres  ;  il  en  e$t 
de  même  des  extenseurs.  Quelquefois  les  muscles  congénères  agissent  tou> 
exactement  dans  le  même  sens.  Mais  le  plus  souvent  ils  agissent  en  parti** 
dans  le  même  sens,  et  en  partie  dans  un  sens  opposé,  comme  les  stern»- 
mastoïdiens,  dans  le  mouvement  de  flexion  de  la  tête  :  l'action  par  laqueli** 
ceux-ci  portent  la  tête  à  droite  et  à  gauche  est  annulée  ;  celle  par  laquelle  il> 
la  dirigent  en  bas  produit  seule  son  eiîet,  qui  se  trouve  doublé.  Dan»  co 
mouvement  ils  sont  donc  à  la  fois  congénères  et  antagonistes. 

Envisagés  dans  leurs  rapports  avec  les  parties  qui  se  déplacent,  les  m«>u- 
vements  rentrent  sous  les  lois  de  la  mécanique,  qui  considère  les  organe> 
passifs  de  la  locomotion  comme  des  le\iers,  c'est^-dire  comme  autant  de 
tiges  inflexible?  pouvant  se  mou\oir  librement  autour  d'un  point  fixe. 

Dans  un  le\ier,  trois  points  surtout  sont  à  prendre  en  considération  :  If 
point  fixe  ou  point  d  appui,  relui  auquel  s  applique  la  puissance,  et  celui 
qui  correspond  à  la  résistance.  Or,  le  point  d'appui  peut  prendre  tr<*i« 
positions  relativement  aux  deux  autres;  de  là  trois  espèces  do  leviers  : 

Le  levier  du  premier  genre  ou  intermobile,  dans  lequel  le  piiint  d'appui 
est  situé  entre  la  puissance  et  la  résistance. 

Le  le\ier  du  i^econd  genre  ou  inter-résistant,  dans  lequel  le  point  d'appui 
est  situé  à  l'une  des  extrémités,  la  puissance  À  l'extrémité  opposée,  et  U 
rébistance  entre  les  deux  points  précédents. 

Le  levier  du  troisième  genre  ou  interpuissunt ,  dans  lequel  le  point  d  ap- 
pui répond  aussi  A  l'une  des  extrémités,  mais  la  résistance  à  l'autre  et  i.i 
puissance  à  un  point  intermédiaire. 


PROPRIETES  DES  MUSCLES  STRIES.  51 

Oo  appelle  bras  de  levieo  de  la  pulssauce,  la  distance  qui  la  sépare  du 
poÎDt  d'appui  ;  et  bras  de  levier  de  la  résistance,  Tintervalle  compris  entre 
celle-ci  et  le  môme  point. 

Dans  le  levier  du  premier  genre,  le  bras  de  la  puissance  peut  Cire  plus 
long  ou  plus  court  que  le  bras  de  la  résistance,  ou  égal  à  celui-ci,  suivant  la 
siluatioa  qu'occupe  le  point  d'appui. 

Dans  le  levier  du  second  genre,  le  bras  de  la  puissance  est  toujours  plus 
long  que  celui  de  la  résistance. 

Dans  le  levier  du  troisième  genre,  le  bras  de  la  résistance  est  au  contraire 
plus  long  que  celui  de  la  puissance. 

La  tête  représente  un  levier  du  premier  genre,  dont  le  point  d'appui  répond 
à  l'atlas,  la  résistance  à  la  face,  et  la  puissance  à  l'occipital.  Les  vertèbres 
se  meuvent  également  les  unes  sur  les  autres  à  la  manière  d'un  levier  inter- 
mobile. —  I-orsque,  dans  l'attitude  verticale,  nous  nous  élevons  sur  la  pointe 
des  pieds,  chacun  d'eux  se  transforme  en  levier  du  second  genre,  qui  a  le 
sol  pourpoint  d'appui,  le  tendon  (f  Achille  pour  puissance,  le  poids  du  corps 
pour  résistance. .—  Ces  deux  espèces  de  leviers  ne  sont  pas  très-répandus 
dans  Féconomic  ;  le  second  surtout ,  qui  est  si  favorable  à  la  puissance ,  est 
assez  rare. 

Dans  les  divers  mouvements  qu'ils  exécutent,  les  os  représentent,  pour  la 
plupart,  des  leviers  du  troisième  genre  qui  se  meuvent,  ainsi  que  nous 
ra>ons  vu,  avec  une  faible  puissance,  mais  avec  une  grande  vitesse. 

B.  Tonicité  musculaire. 

La  tonicité  est  un  mode  de  contraction  caractérisé,  ainsi  que  le  fait 
remarquer  M.  Longet,  par  une  tendance  continuelle  des  muscles  à  se  rac- 
courcir (!)• 

Cette  propriété,  essentiellement  vitale,  a  été  confondue,  tantôt  avec  la 
oontractilité  musculaire,  dont  elle  ne  serait,  selon  M.  Richet,  que  le  premier 
degré,  tantôt  avec  l'élasticité,  dont  aucun  auteur,  du  reste,  ne  l'a  suffisam- 
ment distinguée.  Bicbat,  qui  ne  la  sépare  pas  de  l'élasticité,  l'appelle 
coiUractUité  de  tissu  (2).  Malgaignc,  qui  a  méconnu  aussi  l'élasticité  des 
muscles,  lui  donne  le  nom  àe  rétractilité  (3).  M.  Richet  la  désigne  sous  celui 
de  eoniraeiilité  spontanée  insensible,  afin  de  montrer  qu'elle  n'est  qu'une 
variété  de  la  contractilité  musculaire  (U) . 

Établissons  d'abord  que  la  tonicité  diffère  très-notablement  de  la  contrac- 
tilité, et  qu'elle  ne  diffère  pas  moins  de  l'élasticité. 

i*  La  tonicité  diffère  de  la  contractilité  musculaire.  —  De  ces  deux  propriétés 
Mtales,  la  seconde  est  essentiellement  intermittente,  ainsi  que  nous  l'avons 
>u.- La  première  est  permanente  ;  elle  s'affaiblit  probablement  à  mesure  que 
les  muscles  se  raccourcissent,  mais  ne  s'épuise  jamais  entièrement,  quefque 
«>it  leur  raccourcissement. 

'1)  Longel,  TraiU  depkys.,i.  I,  2«  fitscicule,  p.  13. 
'X  Biehat,  Traité  d'anat.  génér.,  t.  III,  p.  339. 

'31  Milgaigne,  Traité  d'anat.  chirury.,  2«  édit.,  1. 1,  p.  125. 

4)  Richet,  Traité  d'anat.  tnéd-chirurg.,  2'  t'dit.,  p.  106. 


52  MYOLOGlk:. 

La  contractilité  est  inhérente  aux  fibres  musculaires  ;  elle  est  iodépon- 
dante  des  nerfs  moteurs  ;  elle  survit  à  la  section  de  ceux-ci,  et  persiste  alon 
môme  que  leur  propriété  excito -motrice  a  été  radicalement  abolie.  —  U 
tonicité  est  subordonnée,  au  contraire,  à  cette  propriété  excito-motrice  :  si 
on  la  supprime,  elle  disparaît;  si  l'on  coupe  les  nerfs  moteurs,  elle  disparaît 
aussi;  elle  dépend,  en  un  mot,  de  Tintégrité  des  relations  qui  existent  entre 
ces  nerfs  et  les  muscles,  elle  n'est  pas  inhérente  à  ceux-ci. 

Ainsi,  d'un  côté,  intermittence  d'action  et  indépendance  des  nerfs  mo- 
tegrs;  de  l'autre,  permanence  d'action  et  subordination  à  ces  nerfs  :  telles 
sont  les  différences  qui  distinguent  la  contractilité  de  la  tonicité. 

2*  La  tonicité  diffère  de  l'éUuticité.  —  Celle-ci  dépend  de  la  constituli»D 
moléculaire  des  fibres  contractiles;  elle  persiste  aussi  longtemps  que  leur 
intégrité;  la  décomposition  putride  peut  seule  l'anéantir.  —  Nous  a\onâ  ^u 
que  la  tonicité,  au  contraire,  est  placée  sous  la  dépendance  de  l'inner- 
vation. 

L'élasticité  ramène  brusquement  les  fibres  musculaires  à  une  longueur 
déterminée,  toujours  la  môme,  et  cesse  ensuite  d'agir.  —  La  tonicité  pro- 
cède dans  son  action  avec  plus  de  lenteur,  cl  semble  ne  pouvoir  Jamais 
s'épuiser.  Si  à  la  suite  d'une  plaie  transversale,  les  deux  moitiés  du  muscle 
s'écartent  brusquement,  c'est  parce  qu'elles  obéissent  d'abord  à  leur  élasti- 
cité. Si  l'écartement  n'est  pas  beaucoup  plus  prononcé  pendant  la  %ie 
qu'après  la  mort,  ainsi  que  j'ai  pu  le  constater,  c'est  parce  que  la  tooicilé, 
plus  lente  dans  son  action,  s'efface  dans  les  premiers  instants  devant  l'ac- 
tion plus  vive  de  l'élasticité.  Si  plus  tard  cet  écartement  augmente,  c'est 
parce  que  l'élasticité,  une  fois  satisfaite,  la  tonicité  a  continué  d'agir;  elle 
aurait  pu  continuer  longtemps  encore,  si  le  tissu  cicatriciel  ne  venait  lui 
faire  équilibre,  et  bientôt  la  dominer  au  point  de  rapprocher  jusqu'au 
contact  les  parties  divisées. 

En  un  mot ,  l'élasticité  est  une  propriété  physique  dont  l'action  rapide  et 
limitée  sert  de  contre-poids  à  l'extensibilité.—  La  tonicité  est  une  propriété 
vitale  dont  l'action  plus  lente  et  illimitée  sert  de  contre-poids  à  la  contracti- 
lité, ainsi  que  nous  allons  le  démontrer  avec  Winslow. 

Cet  auteur  est  celui  qui  a  le  moins  parlé  de  la  tonicité.  11  ne  lui  consacre 
que  quelques  lignes.  Mais  elles  mériteraient  d'ôtrc  inscrites  en  lettres  d  ur 
au  frontispice  d'une  histoire  générale  des  muscles.  Les  voici  : 

«f  Pour  mouvoir  quelque  partie,  ou  pour  la  tenir  dans  une  «ituation  détor- 
n  minée,  tous  les  muscles  qui  la  peuvent  mouvoir  y  coopèrent.  Quelque*- 
»  uns  conduisent  directement  ce  mouvement  à  la  situation  ou  attitude 

•  déterminée  ;  d'autres  le  modèrent  en  le  contre -balançant  à  l'oppo^ite  ;  vt 
»  il  y  en  a  qui  le  dirigent  latéralement.  J'appelle  les  premiers  de  ces  mu*cU* 
»  principaux  moteurs ,  les  autres  modérateurs^  et  les  derniers  directeurs  du 

•  mouvement  déterminé  (1).  » 

i.es  mémorables  paroles  a\ aient  passe  inaperçues.  A.  M.  Huchenne  do 
Boulogne)  appartient  le  mérite  de  les  avoir  rappelées,  et  surtout  d'en  a%(âr 

(1}  Wînslow,  Sxposit.  anat.,  Traité  des  muscles,  p.  166-43. 


PROPRIÉTÉS  DES  MUSCLES  STRIÉS.  53 

recoann  et  démontré  rimportance  (1).  Elles  < penrerment  toute  l'histoire  de 
U  tonicité. 

Prenons  un  exemple  :  Tavant-bras  se  fléchit  sur  le  bras.  Dans  ce  mouve- 
ment, les  fléchisseurs  sont  les  principaux  moteurs  ;  ils  agissent  en  vertu  de 
leur  contractUité.  L'extenseur  joue  le  rôle  de  modérateur;  il  modère  les 
précédents  par  son  élasticité  et  sa  tonicité,  principalement  par  sa  tonicité  ; 
car  lorsqu'il  est  paralysé,  c'est-à-dire  lorsqu'il  n'a  plus  que  son  élasticité, 
celle-ci  modère  si  peu  les  fléchisseurs,  que  Tavant-bras  se  trouve  projeté  en 
arant  comme  un  corps  inerte  et  sans  contre-poids. 

M.  le  professeur  Nélaton  a  vu  un  malade  chez  lequel  tous  les  extenseurs 
des  doigts  étaient  paralysés  ;  lorsqu'il  voulait  prendre  un  objet,  ses  doigts 
partaient  comme  des  ressorts,  et  se  fléchissaient  si  vite,'qu'ils  arrivaient  au 
contact  avant  d'avoir  pu  le  saisir  (2). 

Autre  exemple  :  supposons  un  mouvement  de  flexion  de  la  cuisse  sur  le 
bassin.  Les  fléchisseurs  impriment  le  mouvement  ;  les  extenseurs  le  modè- 
rent; les  adducteurs  et  les  abducteurs  le  dirigent.  M.  Duchenne  (de  Boulogne) 
a  constaté  que  si  les  adducteurs  sont  paralysés,  la  cuisse  se  dirige  eu  avant 
et  en  dehors  ;  si  la  paralysie  porte  sur  les  abducteurs,  elle  se  dirige  en  avant 
et  en  dedans.  C'est  donc  en  s'opposant  leur  tonicité,  et  en  se  neutralisant 
réciproquement,  que  les  muscles  latéraux  deviennent  les  directeurs  du  mou- 
vement. 

Ces  faits  nous  enseignent  que  la  tonicité  est  surtout  destinée  à  contre- 
balancer la  contractilité  musculaire.  En  modérant  les  mouvements  imprimés 
parcelle-ci,  elle  les  rend  à  la  fois  plus  réguliers  et  plus  précis  ;  elle  leur  donne 
la  mesure,  la  délicatesse,  la  dextérité.  Dans  les  paralysies  partielles,  tous  ces 
avantages  sont  perdus  ;  mais  on  peut  les  restituer  en  partie  aux  membres. 
Dans  ce  but,  M.  Duchenne  (de  Boulogne)  applique  sur  les  muscles  paralysés 
des  bandes  de  caoutchouc  qui  suppléent  à  la  tonicité  détruite  de  ceux-ci  par 
leur  élasticité. 

Les  faits  qui  précèdent  nous  montrent  aussi  que  les  muscles  ne  sont  jamais 
dans  un  véritable  relâchement,  dans  un  état  réel  de  repos  :  leur  action  est 
continue.  Mais  des  deux  modes  par  lesquels  elle  se  manifeste,  l'intermittent 
est  le  seul  qui  s'accompagne  de  fatigue  ;  le  permanent  ne  parait  en  entraîner 
aucune. 

Isa  tonicité  des  muscles  de  la  face  est  mise  en  évidence  dans  les  hémiplé- 
gies faciales.  Les  parties  molles  de  la  moitié  paralysée  sont  attirées  alors 
vers  la  moitié  saine,  et  se  déplacent  en  raison  de  leur  mobilité,  d'où  la 
déviation,  toujours  beaucoup  plus  sensible,  des  angles  de  la  bouche.  Cette 
déviation  est  due  à  la  tonicité  qui  existe  d'un  côté,  et  qui  n'existe  plus  de 
1  autre.  Elle  s'arrête  lorsque  l'élasticité  des  muscles  paralysés  et  la  résistance 
des  téguments  correspondants  font  équilibre  à  la  tonicité  et  à  l'élasticité  des 
muscles  du  côté  sain.  Si  à  ces  deux  forces  permanentes  s'ajoute  encore  la 
contractilité,  la  déviation  devient  beaucoup  plus  accusée  et  prend  les  pro- 
portions d'une  véritable  difformité. 

•  i)  Duchenne  de  Boulogne,  Physiologie  des  mouvements,  1867,  p.  764. 
'2}  Gominnnirntion  orale. 


5â  MY0L06IE. 

Sur  les  membres,  la  tonicité,  dans  Tétat  normal,  est  peu  apparente.  Elle 
ne  se  révèle  dans  tout  l'éclat  de  son  utilité  que  lorsqu'elle  a  disparu  d'un 
groupe  de  muscles,  ceux  du  groupe  opposé  ne  fonctionnant  plus  alors  que 
d'une  manière  imparfaite.  C'est  elle  qui  règle  nos  attitudes  lorsque  les 
muscles  cessent  de  se  contracter,  et  spécialement  dans  le  sommeil,  où 
elle  règne ,  pour  ainsi  dire ,  en  souveraine  sur  tout  l'appareil  de  la  loco* 
motion. 

•  La  tonicité  est  beaucoup  plus  manifeste  dans  les  sphincters,  parce  que 
son  action  n'est  pas  dissimulée  par  la  résistance  des  leviers  osseux  qui,  sur 
les  membres,  s'opposent  au  raccourcissement  des  muscles.  Ne  se  fixant  que 
sur  des  parties  molles  et  mobiles,  les  extrémités  de  leurs  fibres  ne  sont  plus 
maintenues  à  distance;  elles  peuvent  obéir  à  la  force  tonique  qui  les  solli- 
cite, et  elles  se  raccourcissent  en  effet.  Ces  muscles  sont  donc  dans  an 
état  de  tension  ou  de  rétraction  permanente,  d'où  Tocclusion  des  orifices 
qu'ils  circonscrivent.  Ainsi  se  comportent  le  sphincter  anal,  le  sphincter 
vésical,  Torbiculaire  des  lèvres,  et  même  l'orbiculaire  des  paupières,  lor»- 
qu'il  n'est  plus  dilaté  par  la  contraction  de  l'élévateur.  Dans  l'état  de  para- 
lysie, leur  tonicité  est  abolie  aussi  ;  ils  ne  sont  plus  ni  tendus,  ni  rétractés  : 
c'est  pourquoi  les  orifices  à  l'occlusion  desquels  ils  étaient  préposés  restent 
entr'ou  verts  comme  ils  le  sont  après  la  mort. 

La  tonicité  qui  prend  une  part  si  importante  aux  fonctions  musculaires 
dans  l'état  normal,  n'est  pas  moins  utile  dans  certains  états  pathologiques. 
Lorsque  les  muscles  ont  été  fortement  distendus  par  une  tumeur  sou»- 
Jacente,  après  l'ablation  de  celle-ci,  c'est  elle  qui  les  ramène  à  leur  longueur 
primitive.  C'est  elle  aussi  qui  ramène  la  cavité  abdominale  à  sa  capacité  ' 
moyenne  après  la  ponction,  dans  Tascite,  après  l'extirpation  d'un  kyste  de 
l'ovaire.  11  importe  cependant  que  la  distension  n'ait  pas  été  trop  considé- 
rable ou  trop  prolongée,  car  alors  les  muscles  restent  dans  un  état  de  flacci- 
dité plus  ou  moins  grande. 

Si  la  tension  permanente  des  muscles  est  la  source  de  nombreux  avan- 
tages, elle  peut  entraîner  aussi  quelques  fjflcheux  résultats  : 

Dans  les  fractures ,  elle  détermine  le  chevauchement  des  fragments ,  et 
sftuvent  le  raccourcissement  des  membres. 

Dans  les  luxations ,  elle  contribue  à  immobiliser  les  os  dans  la  fausse  po> 
sition  qu'ils  occupent. 

Dans  les  plaies,  elle  concourt  à  l'écartement  des  bords  de  la  solution  de 
continuité,  et  oppose  quelquefois  une  grande  résistance  A  l'application  des 
appareils  unissants. 

Dans  les  amputations,  elle  préside  A  la  rétraction  graduelle  des  muscles, 
et  devient  la  cause  principale  de  la  conicité  des  moignons. 

G.  Sensibilité  musculaire, 

DcH  trois  propriété»  vitales  que  possèdent  les  muscles,  la  sensibilité  est  la 
plus  obscure.  A  la  suite  des  amputations,  le  chinirgien  peut  toucher,  écarter, 
rapprocher,  comprimer  les  surfaces  de  section  sans  provoquer  un  sentiment 
(le  doultMir,  et  même  sans  éveiller  des  phénomènes  de  sensibilité  bien  ma- 


PROPRIETES  DES  MUSCLES  STRIES.  55 

ni/estes.  Chez  les  animaux,  même  insensibilité  :  qu'on  coupe  les  muscles^ 
qu'on  les  pique  ou  les  pince  ;  qu'on  les  comprime  au  point  de  les  réduire 
en  une  sorte  de  pulpe;  qu'on  les  brûle  même,  l'animal  ne  'donne  aucun 
signe  bien  évident  de  souffrance. 

On  peut  dire  que  ces  organes  sont  à  peu  près  insensibles  aux  excitants 
mécaniques  et  chinoiques.  ils  ne  sont  pas  dépourvus  cependant  de  toute 
sensibilité.  Mais  celle-ci  est  très-différente  de  la  sensibilité  générale  ou 
tacfile.  Elle  ne  se  révèle  que  dans  certaines  conditions,  et  offre  des  carac- 
tères qui  lui  sont  propres.  C'est  à  la  suite  des  exercices  trop  longtemps 
coatinués  ou  trop  violents,  qu'elle  accuse  nettement  son  existence  ;  elle  se 
traduit  alors  à  notre  conscience  par  la  fatigue,  par  .un  sentiment  de  brise- 
ment tout  particulier  ou  de  simple  lassitude.  De  môme  que  cette  propriété 
ne  s'éveille  dans  les  ligaments  que  lorsqu'ils  sont  trop  violemment  tendus; 
de  même  aussi  elle  ne  se  montre  dans  les  muscles  que  lorsqu'ils  se  sont 
trop  souvent  contractés.  Elle  apparaît,  d'un  côté  pour  nous  avertir  que  la 
résistance  des  liens  articulaires  est  arrivée  à  ses  dernières  limites;  de  l'autre, 
p^jur  nous  informer  que  les  forces  dont  disposent  les  organes  actifs  de  la 
locomotion  commencent  à  s'épuiser. 

Les  muscles  doivent  très-probablement  leur  sensibilité  aux  nerfs  qui 
accompagnent  les  vaisseaux  sanguins.  La  ténuité  de  ces  nerfs,  leur  rareté, 
1('  peu  de  développement  et  d'importance  qu'ils  présentent,  expliqueraient 
alors  pourquoi  elle  reste  toujours  si  obtuse.  Peut-être  est-elle  due  en  partie 
aussi  aux  nerfs  moteurs;  carie  sentiment  de  lassitude  semble  annoncer  que 
les  sources  de  l'influx  nerveux  sont  provisoirement  épuisées.  Remarquons 
que  dans  toutes  les  circonstances  où  elles  se  tarissent,  en  effet,  au  début  de 
certaines  maladies  graves,  par  exemple,  ce  sentiment  s'exagère.  Il  peut 
même  se  prcnluire  en  l'absence  de  tout  exercice  préalable  ;  pour  qu'il  se 
développe,  il  sufBt  que  les  muscles  ne  reçoivent  plus  qu'une  proportion 
insuffisante  d'influx  nerveux  ;  le  moindre  mouvement  alors  est  difficile  et 
pénible  ;  il  est  promptement  suivi  de  fatigue.  Si  l'influx  nerveux  se  dégage 
avec  abondance,  le  système  musculaire  devient,  au  contraire,  presque  infa- 
tigable. La  sensibilité  qu'il  possède  n'est  donc  pas  une  propriété  simple; 
c'est  une  propriété  complexe,  subordonnée  en  partie  aux  muscles ,  et  en 
partie  aux  organes  qui  président  à  leur  contraction. 

La  sensibilité  musculaire  est-elle  inhérente  au  corps  charnu  des  muscles, 
ou  bien  à  leurs  tendons?  On  ne  saurait  contester  qu'elle  réside  en  partie  au 
moins  dans  le  corps  charnu. 

Le  sentiment  de  fatigue  qui  se  produit  à  la  suite  des  exercices  modérés, 
mais  très-longtemps  continués,  a  évidemment  pour  siège  les  fibres  contrac- 
tiles. Celui  qui  se  développe  à  la  suite  d'un  violent  effort,  semble  au  con- 
traire résider  principalement  dans  les  tendons.  Ceux-ci  Jouiraient  donc  aussi 
d'une  sensibilité  en  rapport  avec  leurs  attributions,  comme  celle  des  liga- 
ments; mais  quelle  différence  entre  l'une  et  l'autre!  et  cependant  ils  sont 
presque  aussi  riches  en  nerfs  que  ces  derniers. 

(^tte  propriété  Joue  un  rôle  fort  important  dans  tous  les  actes  muscu- 
laires. C'est  à  elle  que  nous  sommes  redevables  de  la  faculté  de  sentir  le 
degré  de  contraction  de  nos  muscles  ;  c'est  elle  qui  nous  fait  connaître  toutes 


56  MYOLOGIE. 

les  variations  qui  se  produisent  dans  l'intensité  de  leur  action;  c'est  elle 
qui  nous  donne  la  conscience  4es  forces  à  dépenser  pour  atteindre  tel  oo  tel 
but  :  avantage  précieux  qui  nous  permet  de  Jes  ménager,  de  les  faire  durer 
plus  longtemps,  d'en  tirer  le  meilleur  parti  possible.  On  pourrait  donc 
l'appeler,  avec  Gerdy,  sentiment  de  l'activité  musculaire.  Ch.  Bell  qui,  le 
premier,  a  reconnu  sa  destination,  et  en  a  très-bien  compris  toute  l'impor- 
tance, voulut  en  faire  un  sens  particulier,  qu'il  désigna  sous  le  nom  de  sou 
muêeulairê.  Cette  dénomination,  moins  exacte  que  celle  de  Gerdy,  n'a  pas 
prévalu. 

§  7.  —  ÉTUDE.  —  PrÉPAEATIOII  DBS  MUSCLB8. 

Les  muscles  étant  extrêmement  nombreux,  il  importe  de  procéder  à  leur 
étude  dans  un  ordre  déterminé.  Cet  ordre  a  beaucoup  varié.  Parmi  les 
classifications  qui  ont  été  adoptées,  peut-être  n'en  existe-t-il  pas  deux  qui 
soient  tout  à  fait  identiques.  En  les  comparant,  on  ne  tarde  pas  à  reconnaître 
cependant  qu'elles  reposent  sur  deux  principes  tour  à  tour  invoqués,  offrant 
chacun  leurs  avantages  et  leurs  inconvénients:  l'un  essentiellement  anato- 
mique,  l'autre  plus  physiologique. 

Les  auteurs  qui  ont  basé  leur  classification  sur  le  principe  anatomique 
divisaient  tout  le  système  musculaire  en  un  certain  nombre  de  groupes  plus 
ou  moins  naturels.  Ils  décrivaient  ensuite  les  muscles  de  chaque  groupe 
dans  l'ordre  de  superposition. 

Ceux  qui  accordent  la  préférence  au  principe  physiologique  invoquent 
les  mouvements  et  composent  leurs  groupes,  tantôt  avec  les  muscles  con- 
génères, tantôt  avec  tous  ceux  qui  contribuent  à  mouvoir  le  même  os  ou 
une  partie  quelconque. 

Cette  seconde  méthode  était  celle  de  Vésale;  ce  fut  celle  aussi  qu'adopti 
le  célèbre  Winslow.  Mais  il  suffit  de  parcourir  les  descriptions,  fort  exactes 
d'ailleurs,  que  nous  a  laissées  cet  auteur,  pour  reconnaître  qu'en  rappro- 
chant des  muscles  souvent  très-éloignés ,  et  n'ayant  de  commun  qi^e  leur 
attache  au  même  os,  elle  ne  conduit  qu'à  des  notions  confuses  et  incom- 
plètes sur  les  connexions  de  ces  organes,  point  fondamental  cependant  dans 
leur  étude. 

La  première  ne  mérite  pas  ce  reproche;  elle  a  au  contraire  le  grand 
avantage  de  nous  montrer  les  muscles  dans  leurs  rapports.  Chaque  groupe 
devient  un  tableau  dont  la  vue  laine  une  impression  plus  durable ,  et  dont 
tous  les  détails  se  fixent  mieux  dans  la  mémoire.  A  cette  méthode  se  ratta- 
che le  grand*nom  de  Galien;  c'est  dire  qu'elle  a  régné  sans  conteste  depub 
le  II*  siècle  de  l'ère  chrétienne  Jusqu'au  xvi%  époque  à  laquelle  les  anato- 
mistes  se  partagèrent  en  deux  camps  :  les  uns  se  rangeant  du  côté  de  Vésale, 
les  autres  restant  fidèles  au  médecin  de  Pergame.  A  cette  méthode  aussi  se 
ratteche  le  nom  de  l'illustre  Albinus,  qui  la  fit  définitivement  prévaloir  en 
publiant  ses  magnifiques  planches  (1)  et  son  immortel  Traité  de$  muselés  (3). 

(1)  Albinos,  Tabulœ  seeUti  et  muscui.  eorp,  hum,  Lngd.  BsUt.,  17(7. 
(S)  Albinm,  ttifioria  mvimiSonim  hannnis,  in-6*-  Leidv  BaUt.,  1734- 


ÉTUDE.  'PRÉPARATION  DES  MUSCLES.  57 

C'est  celle  que  nous  adopterons.  Elle  n*e&t  pas,  du  reste,  tout  à  fait  inconci- 
liable avec  la  précédente..  Nous  verrons  que  beaucoup  de  muscles,  ceux  de 
)  eitrémité  céphallque,  par  exemple ,  peuvent  être  groupés  dans  un  ordre  à 
U  fois  anatomique  et  physiologique. 

Le  système  musculaire  comprend  deux  moitiés  symétriquement  disposées  : 
chacune  de  ces  moitiés  sera  divisée  en  cinquante-trois  régions,  auxquelles 
tiendront  se  Joindre  trois  régions  impaires  et  médianes,  la  région  diaphrag- 
matique,  la  région  anale  et  la  région  génitale.  Le  nombre  des  régions  ou 
groupes  musculaires  que  nous  aurons  à  étudier  s'élève  donc  à  cinquante- 
sit.  Il  diffère  peu  de  celui  d'Albinus ,  qui  admettait  quarante-huit  régions 
pour  rbomme,  et  quarante-six  pour  la  femme  (1). 

Fréparation  des  muscles.  —  Les  sujets  les  plus  favorables  pour  l'étude  du 
sntème  musculaire  sont  les  adultes  d'une  constitution  sèche. 

Les  muscles  doivent  être  préparés  par  groupes.  Ainsi  on  préparera  avant 
de  les  étudier  tous  les  muscles  fléchisseurs  de  la  cuisse,  tous  les  extenseurs, 
tous  les  adducteurs,  etc.  En  procédant  ainsi,  il  sufBt  le  plus  souvent,  pour 
observer  les  rapports  de  chacun  de  ces  organes,  de  les  écarter  les  uns  des 
autres. 

La  préparation  d'un  muscle  consiste  à  le  dépouiller  de  son  enveloppe 
relluleuse,  et  à  Tisoler  de  toutes  les  parties  ambiantes,  en  conservant  ses 
rapports  les  plus  importants.  Dans  ce  but,  il  convient  : 

1*  D'inciser  les  téguments  parallèlement  aux  fibres  musculaires,  en 
rumprenant  dans  cette  incision  toutes  les  parties  qui  le  recouvrent; 

2*  De  soulever  avec  les  mors  d'une  pince  Tune  des  lèvres  de  l'incision , 
t^Q  portant  dans  l'angle  qu'elle  forme  avec  la  surface  du  muscle  le  tranchant 
denôstrumeat; 

3*  De  faire  agir  ce  tranchant,  non  par  sa  pointe,  mais  par  la  plus  grande 
partie  de  sa  longueur,  en  le  maintenant  dans  une  direction  presque  parallèle 
aux  fibres  musculaires  ; 

V  D*abandonner  la  pince  aussitôt  qu'une  partie  des  téguments  a  été 
isolée,  et  de  saisir  ces  téguments  avec  les  doigts  de  la  main  gauche  qui  les 
leadront  sur  une  plus  grande  longueur  que  la  pince,  et  aussi  d'une  manière 
plus  régulière  et  plus  complète  ; 

5*  Après  avoir  découvert  la  face  superficielle  du  muscle,  de  le  soulever 
et  de  le  séparer  des  parties  profondes,  en  respectant  ses  principaux  rap- 
p^>rts; 

G*  D'isoler  avec  beaucoup  de  soin  et  de  netteté  chacune  de  ses  extrémités, 
tâa  de  mettre  ses  attaches  en  pleine  évidence. 

Lorsqu'il  est  nécessaire  de  diviser  les  muscles  superficiels  pour  étudier 
les  muscles  profonds,  il  y  a  toujours  avantage  à  faire  porter  la  section  sur 
ia  partie  moyenne  du  muscle,  dont  les  deux  moitiés  peuvent  être  ensuite 
^appliquées;  cette  réapplication  permettra  d'observer  les  rapports  de  la 
face  profonde  .avec  les  parties  correspondantes. 

1  •  Albinos,  Hittoria  muscuhrum  hominiSj  1734,  p.  64. 


.)8  MYOLOiUK. 

AinicLi:  11. 

ANM-XKS    DKS    MrsCLKS    STKIKS. 

Os  .nnicMs  (•(Jinprcimcnl  :  les  .ijMtnévroscs,  qui  se  trouvent  parir  -: 
coMiR'xinn  iiitimo  nsa'  les  miisch'^;  les  i^aînos  lendineuses,  qui  ri'i..  'r.r-v 
el  bridfiit  les  Icndoiis;  les  .u:aiH('s  syiioM'alos  et  les  bourses  séreuse-=;,  qui  Ij  ■ 
lileni  leur  ^disseineiil. 

S  1.  — ■  Ai'(>Ni:vui>sKs. 

I.rs  a[H>ué\r()>es  soiil  des  lames  iihreuscs  appliquées  à  la  pêriplieiii.  d-. : 
muscles  qti'elles  recoin  renl  eu   [larlie  ou  en  tolalKé. 

Aux  Irois  oj'dres  de  luiist  les  correspoudenl  Iruis  ordres  d  .'iIJO^♦'W•'^<•î. 
Nous  édidierous  dalxud  leur  disposition  ^'f'nérale:  nous  nous  ixeupri -u- 
ensiiile  de  liMir  slruclure. 

A.   liisptisititm  tji'iiéralr  (1rs  aponécrosrs. 

(Jelhî  disposiliiMi  \arie  s'iivanl  qu'elles  apparlienneut  aux  muscles  l":..ir?. 
aux  muscles  l.ir^es,  ou  aux  muscles  couris. 

a.  Apinurrosi's  (}rs  ifinsrh's  lumfs  ou  (ipoiu'rroses  des  ?/jc7?iAr/\v. 

|jl)res  sur  louli»  rélenduede  leur  Irajel,  les  muscles  Iniit^^s  élaieril  expc»? 
à  se  dt'idacer,  comme  les  surCai  (»s  articulaires,  peudant  les  elVorls  dont  il- 
sou!  I(  siéj4:e,  cl  SIM  ioul  à  inijuMmer  de  ruue>les  liraill''men(s  aux  raniitîr.}- 
lious  vasculaire<  el  uer\euses  qui  les  ))énè(reut.  Des  lieus  «'apaldes  de  le? 
rnainlenir  dans  leur  silualiou  rey[ieclive  n'élaien!  donc  pas  moins  m'cc-- 
saires  sur  les  membres,  aux  oi<:aues  acMl's  qu'aux  organes  passir>  de  h 
locornoliou  :  lelle  est,  en  elVel .  la  deslinati«»n  des  aponévriises  qui  le? 
recouvrenl. 

Tes  membranes  suiit  remarquables:  pnv  leur  epaissiuir  el  leur  résistante, 
par  leur  couleur  blancbe  e(  leur  asiiecl  nacré,  par  leur  relation  plus  iutirne 
avec  les  muscles  qui  s'attacbenf  en  parlie  à  leur  Uivo  profonde,  et  par  leurs 
connexions  a\ec  les  Icndnns,  qui  leur  abandonueul  de  larges  exj>ansi'in-. 
Llles  se  distinguent  aussi  de  toutes  les  autres  par  leur  structure. 

I. es  aponévroses  s'eiu'oulent  comnii»  une  sorte  démêlement  sur  les  eoucbcs 
musculaires  les  plus  sn[)erlici«dles.  Klles  alVeclent  par  conséquent  la  (orme 
de  gaines,  auxquelles  on  peut  c(»nsidéier  deux  siu-face?  ;  l'une  externe, 
l'autre  interne  :  el  deux  (extrémités  :  l'une,  su])érieure,  qu'on  désigne  aus>^i 
quelquefois  scms  le  nom  (Vorifjinp,  lautre,  inférieure,  qui  represenle  alm^ 
leur  terminaison. 

l/éi)aisseur  des  gaines  ap(mé\ l'oliques  u Vsl  [>as  uniforme,  tlelles  du  br.i> 
el  de  la  (  uis^e  sont  [)lus  é[)aisses  inferieuremeni  que  supérieurement  :  >ur 


APONÉVROSES.  59 

Tavant-bras  et  la  jambe,  on  observe  une  disposition  inverse.  Les  aponévroses 
palmaire  et  plantaire  oifrent,  sur  leur  partie  moyenne  ou  centrale,  une 
épaisseur  qui  contraste  avec  Textréme  minceur,  de  leurs  parties  latérales. 
Pour  toute  la  longueur  des  membres,  on  peut  dire  aussi  que  cette  épaisseur 
est  plus  prononcée  sur  le  côté  externe  que  sur  le  côté  interne  ;  la  différence 
est  surtout  très-accusée  sur  la  cuisse. 

Ces  gaines  présentent  des  orifices  par  lesquels  le  système  veineux  super- 
ficiel communique  avec  le  système  veineux  profond  ;  et  d'autres  plus  petits, 
li^Tant  passage  aux  artères  et  aux  nerfs  qui  se  rendent  aux  téguments. 

Leur  surface  externe  est  d'un  blanc  nacré;  elle  adhère  à  la  peau  et  à  la 
coucbe  cellulo-graisseuse  sous-jaccnte.  Voici   comment  sont  établies  les 
connexions  qui  l'unissent  à  l'enveloppe  cutanée.  De  la  face  interne  ou 
profonde  de  celle-ci  se  détachent  une  multitude  de  prolongements  qui  se 
piirtcnt  vers  les  aponévroses,  dans  une  direction  oblique,  en  s'entrecroisant 
de  manière  à  former  des  loges  de  capacité  inégale.  C'est  dans  ces  loges  que 
se  déposent  les  cellules  adipeuses;  entre  elles  cheminent  les  vaisseaux  et  les 
nerfs   superficiels  ^f^ui  contribuent  à  refouler  leurs  parois  en  deux  sens 
opposés  :  d  une  part  vers  la  peau,  de  l'autre  vers  les  plans  aponévrotiques. 
Ainsi  constituée,  la  couche  cellulo-graisseiise  sous-cutanée  peut  âtre  en 
partie  dédoublée.  Les  auteurs  modernes,  qui  fui  ont  donné  le  nom  de 
faêcia  superficicÀis^  appellent  feuillet  superficiel  de  ce  fascia,  la  lame  fibreuse 
qui  se  continue  avec  la  peau,  et  feuillet  profond,  celui  qui  adhère  aux 
iponé^ roses.  Si  telle  est,  en  effet,  la  disposition  que  nous  offre  la  couche 
fellulo-graisseuse  sous-cutanée  sur  un  grand  non))l)re  de  régions,  il  importe 
aij«si  de  reconnaître  qu'il  en  est  d'autres  où  elle  ne  peut  ^tre  dédoublée,  et 
que  sur  quelques-unes  le  fascia  superficialis  fait  complètement  défaut.  —  Ce 
fascia  esl  donc  étroitement  uni  à  la  peau,  dont  il  forme  une  dépendance. 
(/>rsque  des  mouvements  sont  imprimés  à  celle-ci,  elle  ne  glisse  pas  sur  la 
rouche  cellulo-graisseuse ,  mais  l'entraîne  ave3  elle;  c'est  le  feuillet  pro- 
fond du  fascia  superficialis  qui  glisse  sur  les  aponévroses.  Si  le  déplacement 
est  limité  y  les  vaisseaux  et  nerfs  qui  se  dirigent  de  ces  aponévroses  vers  la 
peau  sont  respectés;  s'il  est  le  résultat  d'une  cause  violente,  ils  se  déchi- 
rent :  de  là  des  épanchemcnts  sous-cutanés,  qui  peuvent  constituer  de  sim- 
p!t*s  ecchymoses;  ou  plus  considérables,  et  coïncidant  alors  avec  un  décolle- 
ment qui  porte  quelquefois  sur  une  très-large  surface  ;  dans  ce  cas,  la  peau, 
privée  de  sucs  nutritifs,  devient  froide,  insensible,  puis  se  gangrène  sur  une 
partie  de  son  étendue. 

La  surface  interne  des  aponévroses  est  d'un  blanc  terne.  Par  cette  sur- 
face quelques-unes  donnent  attache  sur  certains  points  aux  fibres  muscu- 
laires :  telle  est  celle  de  l'avant-bras;  telle  est  aussi  celle  de  la  Jambe.  Mais 
5ur  la  plus  grande  partie  de  son  étendue,  cette  surface  reste  indépendante 
des  muscles  sous-Jacents,  auxquels  elle  n'adhère  que  par  un  tissu  conjonctif 
lâche.  —  EUe  est  remarquable  surtout  par  les  prolongements  qui  s'en  déta- 
chent pour  se  porter  de  la  périphérie  vers  l'axe  des  membres.  Ces  prolon- 
gements, qui  affectent  la  forme  de  cloisons  longitudinales,  n'ofl'rent  pas  une 
égale  épaisseur.  Les  cloisons  les  plus  résistantes  séparent  les  uns  des  autres 


58  MYOLOGIK. 

ARTICLE    II. 
ANNEXES  DES   MUSCLES   STRIÉS. 

Ces  annexes  comprennent  :  les  aponévroses,  qui  se  trouvent  partout  en 
connexion  intime  avec  les  muscles;  les  gatncs  tendineuses,  qui  recnu^rrnt 
et  brident  les  tendons;  les  gaines  synoviales  et  les  bourses  séreuses,  qui  faci* 
litent  leur  glissement. 

§1.  —  Aponévroses. 

l^s  aponévroses  sont  des  lames  fibreuses  appliquées  à  la  périphérie  év- 
muscles  qu'elles  recouvrent  en  partie  ou  en  totalité. 

Aux  trois  ordres  de  muscles  correspondent  trois  ordres  d'aponé^ro^s. 
Nous  étudierons  d'abord  leur  disposition  générale;  nous  nous  occuperum 
ensuite  de  leur  structure. 

A.  Digposition  générale  des  aponévroses. 

Cette  disposition  varie  suivant  qu'elles  appartiennent  aux  muscles  loiig^, 
aux  muscles  larges,  ou  aux  muscles  courts. 

a.  Aponévroses  des  muscles  longs  ou  aponévroses  des  membres. 

m 

Libres  sur  toute  l'étendue  de  leur  trajet,  les  muscles  longs  étaient  e\p«K«s 
A  se  déplacer,  comme  les  surfaces  articulaires,  pendant  les  etTorts  dont  i!^ 
sont  le  siège,  et  surtout  à  imprimer  de  funestes  tiraillements  aux  ramific,»- 
tions  vns4Milaires  et  nerveuses  qui  les  pénètrent.  Des  liens  capables  de  le* 
maintenir  dons  leur  situation  respective  n'étaient  donc  pas  moins  nêce^ 
suirch  sur  les  membres,  aux  organes  actifs  qu'aux  organes  passif»  de  la 
locomotion  :  telle  est,  en  effet ^  la  destination  des  aponévroses  qui  1e> 
recouvrent. 

Ces  membranes  sont  remarquables  :  par  leur  épaisseur  et  leur  résistance, 
par  leur  couleur  blanche  et  leur  aspect  nacré,  par  leur  relation  plus  intinie 
avec  les  muscles  qui  s'attachent  en  partie  à  leur  face  profonde,  et  par  leurs 
connexions  a\ec  les  tendons,  qui  leur  abandonnent  de  larges  expauMon*. 
LHes  se  distinguent  aussi  de  toutes  les  autres  par  leur  structure. 

Les  aponévroses  s'enroulent  comme  une  sorte  de  vêtement  sur  les  couchc« 
musculaires  les  plus  superficiel  les.  Klles  affectent  par  conséquent  la  forme 
de  gaines,  auxquelles  on  peut  considérer  deux  surfaces  :  Tune  externe, 
l'autre  interne  ;  et  deux  extrémités  :  l'une,  supérieure,  qu'on  désigne  aii^M 
quelquefois  sous  le  nom  d'origine  y  l'autre,  inférieure,  qui  représente  al«»r^ 
leur  terminaison. 

L'épaisseur  des  gaines  aponévroliques  n'est  pas  uniforme.  Olles  du  br^^ 
et  de  la  cuisse  sont  plus  épaisses  in férieu rement  que  supérieurement  :  ^ur 


APONEVROSES.  61 

pour  associer  les  gaines  qu'elles  renforcent  à  Vaction  des  muscles  dont  elles 
émanent.  Au  moment  où  ceux-ci  se  contractent ,  les  expansions  correspond 
dantes  se  tendant  et  soulevant  l'aponévrose  qui  recouvre  ces  troncs,  toute 
compression  devient  en  effet  impossible. 

b.  Aponét)rose8  des  muscles  larges. 

Les  aponévroses  des  muscles  larges  appartiennent  spécialement  au  tronc 
et  an  cou,  et  ne  doivent  pas  être  confondues,  ainsi  qu'on  l'a  fait  jusqu'à 
présent,  avec  les  aponévroses  d'insertion.  Ces  dernières  ne  sont  autre  chose 
que  des  tendons  aplatis  ou  membraniformes  :  tout  ce  que  nous  avons  dit  des 
tendons  en  général  leur  est  applicable.  Il  ne  sera  donc  question  ici  que  des 
membranes  fibreuses  surajoutées  ou  annexées  aux  muscles. 

Ces  membranes,  ou  aponévroses  des  muscles  larges  proprement  dites, 
diffèrent  beaucoup  de  celles  des  muscles  longs.  Elles  sont  notablement  plus 
minces,  moins  résistantes  par  conséquent,  d'un  blanc  terne  et  non  d'un 
blanc  nacré.  On  peut  les  diviser  en  deux  groupes  :  celles  qui  recouvrent  les 
muscles  superficiels,  et  celles  qui  recouvrent  les  muscles  profonds. 

Les  ai>onévrose8  qui  séparent  les  muscles  larges  superficiels  de  la  peau, 
et  celles  qui  les  séparent  des  muscles  soùs-jacents,  sont  remarquables  par 
leur  extrême  minceur  et  leur  transparence,  attributs  qui  n'excluent  pas 
rependant  une  certaine  résistance.  Aux  deux  extrémités  des  muscles  elles  se 
continuent  avec  leurs  tendons  membraniformes  qu'elles  renforcent.  Leur 
face  profonde  est  le  point  de  départ  d'une  multitude  de  prolongements  qui 
pénètrent  dans  tous  les  interstices  de  ces  organes,  et  qui  les  unissent  étroi- 
tement à  ceux-ci.  Elles  ne  se  comportent  donc  pas  à  l'égard  de  la  gatne 
celluleuse  coomie  celles  des  muscles  longs.  Ces  dernières  restent  indépen- 
dantes du  périmysium;  celles  des  muscles  larges  se  confondent  au  contraire 
avec  la  gaine  celluleuse.  On  pourrait  les  considérer  comme  un  simple  péri- 
mysium plus  condensé  ;  mais  le  tissu  conjonclif^  porté  ii  ce  degré  de  con- 
densation, constitue  une  aponévrose.  A  quelque  point  de  vue  qu'on  se  place, 
on  ne  peut  donc  méconnaître  que  ces  aponévroses  diff'èrent  beaucoup  de 
celles  dos  membres.  Elles  s'en  distinguent  encore  sous  un  autre  rapport  ; 
au  lieu  de  se  continuer  par  leurs  extrémités,  elles  se  continuent  par  leurs 
bords  :  comme  celles  des  petits  dentelés,  des  sterno-hyoïdiens  et  sterno- 
thyroîdiens,  des  omoplat-hyoïdiens,  etc. 

Les  apoaévroaes  qui  recouvrent  les  muscles  larges  profonds,  'et  qui  les 
réparent  des  séreuses  splanch niques,  ressemblent  aux  précédentes  par  leurs 
principaux  attributs;  mais  elles  s'en  distinguent  par  l'indépendance  qu'elles 
conservent.  On  peut  facilement  constater  que  les  aponévroses  qui  recouvrent 
le  psoas  iliaque,  le  carré  lombaire,  la  partie  inférieure  du  trausversc,  adhè- 
rent à  peine  à  ces  muscles.  Dons  chaque  espace  intercostal,  on  observe  une 
aponévrose  qui  sépare  les  intercostaux  de  la  plèvre,  et  qui  leur  adhère  très- 
peu  aussi.  Il  en  est  de  môme  pour  les  aponévroses  pelviennes. 

Ces  aponévroses  profondes  ont  pour  usage  :  1^  d'isoler  les  muscles  des 
>i3a^res  correspondants ,  de  les  protéger  et  de  faciliter  le  jeu  régulier  de 
leur  contraction  ;  2*  de  renforcer  les  parois  dont  elles  font  partie.  Ce  dernier 


60  MY0L06IE. 

les  principaux  groupes  de  muscles,  et  s'étendent  Jusqu'aux  os,  où  elles  fe 
continuent  avec  le  périoste.  Les  plus  faibles,  ou  cloisons  du  second  ordre , 
pénètrent  entre  les  divers  muscles  d'un  môme  groupe,  en  se  continuant 
entre  elles  par  leurs  bords. 

Les  aponévroses  se  comportent  donc,  relativement  aux  muscles  des  mem- 
bres ,  comme  l'enveloppe  celluleuse  de  ceux-ci  relativement  aux  faisceaui 
qui  les  composent.  Ici  encore  nous  retrouvons  une  gatne  générale  renfer- 
mant toute  une  série  de  gaines  à  calibre  décroissant,  dont  l'épaisseur  et  la 
résistance  diminuent  des  parties  superficielles  vers  les  parties  profondes 
Tous  les  muscles  se  trouvent  ainsi  reliés  les  uns  aux  autres,  sans  rien  perdra* 
cependant  de  leur  indépendance,  et  très-solidement  enchaînés  aussi  aux 
leviers  qu'ils  sont  chargés  de  mouvoir.  Remarquons  en  outre  que  les  cloi- 
sons principales,  en  s'attachant  à  ces  leviers,  consolident  l'enveloppe  géné- 
rale ;  qu'ainsi  consolidée,  celle-ci  maintient  dans  leur  situation  les  couche^ 
musculaires  superficielles;  et  que  ces  dernières  deviennent  à  leur  tour,  p(u:r 
les  couches  profondes,  un  moyen  de  contention. 

Par  leurs  extrémités  y  les  aponévroses  se  continuent  entre  elles ,  de  telle 
sorte  qu'il  existe  pour  chaque  membre  une  longue  gatne  fibreuse,  conoid**, 
qui  s'étend  de  leur  racine  à  leur  partie  terminale,  en  passant  sur  les  arti- 
culations qu'elle  entoure  aussi  complètement.  Mais  au  niveau,  ou  dans  I<* 
voisinage  des  interlignes  articulaires,  elle  adhère  à  toutes  les  saillies  08seu><^ 
qu'elle  rencontre  sur  son  trajet.  Ainsi  les  aponévroses  du  bras  et  de  l'ainrit- 
bras  s'insèrent  à  l'olécrftne  et  aux  tubérosités  interne  et  externe  de  Thumf- 
rus;  celles  de  la  cuisse  et  jde  la  jambe  se  fixent  à  la  partie  antérieure  des 
tubérosités  du  tibia.  Ce  sont  ces  points  communs  d'insertion  qui  ont  permis 
de  les  distinguer,  sur  chaque  membre,  en  autant  de  gaines  que  celui-ci 
présente  de  segments,  distinction  à  laquelle  il  convient  de  ne  pas  attacher 
trop  d'importance;  car  même  au  niveau  des  points  d'insertion,  elles  k* 
continuent,  et  sur  les  autres  on  n'observe  entre  celle  qui  précède  et  celle 
qui  suit  aucune  ligne  de  démarcation. 

Au  niveau  de  leur  origine,  la  plupart  des  gatnes  aponévrotiques  reçoiw^nt 
une  expansion  de  l'un  des  tendons  voisins,  et  quelquefois  deux  ou  plusieurs. 
Le  grand  pectoral  donne  une  expansion  à  celle  du  bras;  du  biceps  se  détache 
une  expansion  plus  importante  pour  celle  de  Tavant-bras;  le  tendon  du 
palmaire  grôle  se  continue  avec  l'aponévrose  de  la  paume  de  la  main  : 
l'aponévrose  de  la  cuisse  reçoit  une  large  expansion  du  muscle  gran<i 
fessier,  et  elle  possède  en  outre  un  muscle  tenseur  qui  lui  est  propre:  à 
l'aponévrose  jambière  se  rendent  trois  ou  quatre  expansions  émanées  dr& 
muscles  couturier,  droit  interne,  biceps  et  demi-membraneux. 

Chaque  aponévrose  possède  donc  un  ou  plusieurs  muscles  tenseur». 
Uuelques  anatomistes  avaient  pensé  qu'elles  étaient  formées  uniquement 
par  ces  expansions  tendineuses.  Mais  on  peut  facilement  constater  qu'elle* 
existent  par  elles-mêmes,  et  que  ces  expansions  ne  font  que  les  renforcer. 

I.es  expansions  tendineuses  semblent  avoir  aussi  pour  usage  de  protéger 
les  vaisseaux  et  les  nerfs;  car  c'est  surtout  du  côté  de  la  flexion,  c'est-À-dirt* 
du  côté  des  gros  troncs  vasrulaires  et  nerveux,  qu'elles  se  dirigent,  ciimme 


APONEVROSES.  61 

jMiur  associer  les  gaines  qu'elles  renforcent  à  l'action  des  muscles  dont  elles 
émauenL  Au  moment  où  ceux-ci  se  contractent ,  les  expansions  correspon- 
dantes se  tendant  et  soulevant  l'aponévrose  qui  recouvre  ces  troncs ,  toute 
compression  devient  en  effet  impossible. 

b.  AponéDroses  des  muscles  larges. 

Les  aponévroses  des  muscles  larges  appartiennent  spécialement  au  tronc 
et  au  cou,  et  ne  doivent  pas  être  confondues,  ainsi  qu'on  Ta  fait  jusqu'à 
présent,  avec  les  aponévroses  d'insertion.  Ces  dernières  ne  sont  autre  chose 
que  des  tendons  aplatis  ou  membraniformes  :  tout  ce  que  nous  avons  dit  des 
loDdons  en  général  leur  est  applicable.  11  ne  sera  donc  question  ici  que  des 
membranes  fibreuses  surajoutées  ou  annexées  aux  muscles. 

r.es  membranes,  ou  aponévroses  des  muscles  larges  proprement  dites, 
diffèrent  beaucoup  de  celles  des  muscles  longs.  Elles  sont  notablement  plus 
miDces,  moins  résistantes  par  conséquent,  d'un  blanc  terne  et  non  d'un 
blanc  nacré.  On  peut  les  diviser  en  deux  groupes  :  celles  qui  recouvrent  les 
muscles  superficiels,  et  celles  qui  recouvrent  les  muscles  profonds. 

Les  aponévroses  qui  séparent  les  muscles  larges  superficiels  de  la  peau, 
et  celles  qui  les  séparent  des  muscljes  soûs-jacents,  sont  remarquables  par 
leur  extrt^me  minceur  et  leur  transparence,  attributs  qui  n'excluent  pas 
cependant  une  certaine  résistance.  Aux  deux  extrémités  des  muscles  elles  se 
continuent  avec  leurs  tendons  membraniformes  qu'elles  renforcent.  Leur 
face  profonde  est  le  point  de  départ  d'une  multitude  de  prolongements  qui 
pénètrent  dans  tous  les  interstices  de  ces  organes,  et  qui  les  unissent  étroi- 
tement à  ceux-ci.  Elles  ne  se  comportent  donc  pas  à  l'égard  de  la  gaine 
celluleuse  comme  celles  des  muscles  longs.  Ces  dernières  restent  indépen- 
dantes du  périmysium  ;  celles  des  muscles  larges  se  confondent  au  contraire 
a^ec  la  gaine  celluleuse.  On  pourrait  les  considérer  comme  un  simple  péri- 
mv^ium  plus  condensé  ;  mais  le  tissu  conjonctif,  porté  u  ce  degré  de  con- 
densation, constitue  une  aponévrose.  A  quelque  point  de  vue  qu'on  se  place, 
on  ne  peut  donc  méconnaître  que  ces  aponévroses  diffèrent  beaucoup  de 
celles  dos  membres.  Elles  s'en  distinguent  encore  sous  un  autre  rapport  ; 
au  lieu  de  se  continuer  par  leurs  extrémités,  elles  se  continuent  par  leurs 
bords: comme  celles  des  petits  dentelés,  des  sterno-hyoïdiens  et  sterno- 
thyroidiens,  des  omoplat-hyoïdiens ,  etc. 

Les  aponévroses  qui  recouvrent  les  muscles  larges  profonds,  *et  qui  les 
M^parent  des  séreuses  splanchniques,  ressemblent  aux  précédentes  par  leurs 
principaux  attributs;  mais  elles  s'en  distinguent  par  l'indépendance  qu'elles 
ronservent.  On  peut  facilement  constater  que  les  aponévroses  qui  recouvrent 
le  pscas  iliaque,  le  carré  lombaire,  la  partie  inférieure  du  transverse,  adhè- 
rent à  peine  à  ces  muscles.  Dans  chaque  espace  intercostal,  on  observe  une 
aponévrose  qui  sépare  les  intercostaux  de  la  plèvre,  et  qui  leur  adhère  très- 
peu  aussi.  Il  en  est  de  môme  pour  les  aponévroses  pelviennes. 

Ces  aponévroses  profondes  ont  pour  usage  :  i^  d'isoler  les  muscles  des 
viscères  correspondants ,  de  les  protéger  et  de  faciliter  le  jeu  régulier  de 
leur  contraction  ;  2^  de  renforcer  les  parois  dont  elles  font  partie.  Ce  dernier 


63  MYOLO<jIE. 

usage  eât  maniredle  pour  les  aponé«ni»es  pelviennes,  pour  le  fiHCMtrui«^t*r- 
salis,  le  faK'ia  pniprîa,  les  apoué%ro:»es  intercostales.  Ouelques-unes  préH>n- 
teat  des  u&ages  qui  leur  sont  propres  :  ainsi  celles  de  la  partie  inférieurf 
du  cou  adhèrent  aux  gros  troncs  veineux  correspondants,  et  les  trau>f*ir- 
ment  en  canaux  à  parois  incompressibles,  qui  devieiint^nt  pour  le  thon\. 
au  moment  où  il  se  dilate,  autant  de  conduits  d'aspiration. 

c.  Aponévrose*  des  mutcUs  œurU, 

Comme  les  précédentes,  ]i*s  aponévroses  des  muscles  courts  ne  jouent  i^a^ 
le  rùle  de  moyens  de  contention ,  mais  celui  de  moyens  d'isolement,  tlle? 
font  défaut,  du  reste,  sur  un  grand  nombre  de  ces  organes;  tous  les  munie? 
peauciers  en  sont  déi>ourvus  ;  et  parmi  ceux  qui  occupent  une  situation 
plus  profonde,  il  en  est  plusieurs  au.<si  qui  en  ofTnMit  à  peine  quelques  ver- 
tiges :  tels  sont  le  stylo-byoîdien,  le  génio-hyoîdicn,  les  muscles  de  la  langu<\ 
les  lombricaux,  etc.  Mais  on  les  rencontre  sur  tous  les  autres  muscler  d«-  U 
main  et  du  pied  ;  sur  le  carré  pronateur,  les  muscles  prévertébraut,  leî 
muscles  de  l'œil,  etc.,  qu'elles  entourent  complètement.  Pour  la  plu|»art  do 
autres  muscles  courts,  les  aponévroses  ne  répondent  qu'à  une  partie  de  leur 
périphérie,  et  alors  elles  s'insèrent  sur  les  os  par  toute  leur  circonférence, 
de  manière  à  leur  former  une  gaine  en  partie  osseuse ,  en  partie  fibreuse  : 
telle  est  la  disposition  qu'elles  affectent  à  l'égard  des  interosseux  et  du 
pédieux,  du  carré  prouateur,  du  masséter,  du  temporal ,  etc.  Telle  est  au<M 
leur  disposition  à  l'égard  des  muscles  spinaux  constitués  par  trois  longue^ 
séries  de  muscles  courts;  chacune  de  ces  séries  est  séparée  de  la  série  voi- 
sine par  une  lame  fibreuse  verticale,  en  sorte  que  les  gouttières  vertebraK  - 
se  trouvent  partagées  en  trois  gouttières  secondaires. 

I^s  aponévroses  des  muscles  courts  sont  minces,  demi-transparentes,  a^^4'I 
résistantes,  caractères  qu'elles  partagent  avec  celles  des  muscles  largt^». 
Mais  elles  sont  nooins  adhérentes  que  ces  dernières,  dont  elles  ditTèrvut 
aussi  par  leurs  coune\iotis  beaucoup  plus  étendues  a\ec  ies  os. 

B.  Structure  des  aponévroses. 

Les  aponévroses,  considérées  comme  offrant  une  structure  des  plus  simple?, 
présentent  au  contraire  une  structure  assez  compliquée.  J'ai  démontré,  (mi 
1866,  que  ces  membranes  comprennent,  en  effet,  dans  leur  composition, 
des  faisceaux  fibreux,  du  tissu  conjonctif  ordinaire,  des  fibres  élastiques, 
des  cellules  adipeuses,  des  artères,  des  \eii:cs  et  des  nerfs. 

a.  Faisceaux  fibreux  et  tissit  conjonctif.  —  Les  aponévroses  des  membre? 
sont  essentiellement  constituées  par  des  faisceaux  fibreux,  analogues  au\ 
faisceaux  primitifs  des  tendons,  et  généralemeut  connus  sous  le  nom  d(> 
fibres,  ijùi  fab<x'au\  ou  fibres  aponévrotiques  affeetent  une  forme  arrondie 
ou  aplatie.  Leur  volume  est  très- variable,  ils  résultent,  comme  ceux  de*» 
tendon»,  de  l'assemblage  d'une  prodigieuse  quantité  de  fibrilles  de  \\>%n  con- 
jonctif parallèles  et  très-berrées.  On  observe  aussi  dans  leur  épaisseur  dt^ 


At>ONEVROSIiS.  63 

cellules  éloilées  ou  plasmatiques,  dont  les  prolougemeats  s  étendent  perpen- 
diculairement jusqu'à  leur  périphérie. 

(x>asidérée8  dans  leur  direction,  les  fibres  des  aponévroses  se  distinguent 
en  transversales,  longitudinales  et  obliques.  De  ces  trois  ordres  de  fibres,  les 
transversales  sont  les  plus  importantes  et  les  plus  constantes;  elles  repré- 
sentent réiément  fondamental  de  ces  membranes.  Viennent  ensuite  les 
fibres  obliques,  qui  ne  sont,  pour  la  plupart,  qu'une  variété  des  précédentes; 
car  il  est  rare  que  celles-ci  suivent  une  direction  parfaitement  transversale; 
le  plus  souvent  elles  sont  nin  peu  ascendantes  ou  descendantes.  Beaucoup 
d'aponévroses,  sur  une  grande  partie  de  leur  étendue,  ne  sont  formées  que 
de  ces  fibres  obliquement  transversales,  et  marchant  toutes  à  peu  près  dans 
le  même  sens  :  telles  sont  celles  du  bras,  de  l'avant-bras  et  de  la  jambe. 
On  remarque,  du  reste,  que  ces  fibres,  plus  ou  moins  obliques  sur  la  partie 
supérieure  des  membres,  deviennent  de  plus  en  plus  transversales  à  mesure 
qu'on  se  rapproche  de  la  main  et  du  pied.  —  Les  fibres  longitudinales  n'ap- 
I>artiennent  qu*à  un  très-petit  nombre  d'aponévroses;  leur  situation  est  plus 
profonde  que  celle  des  précédentes  ;  elles  forment  sur  le  côté  externe  de 
l'aponévrose  fémorale  une  couche  très-épaisse  extrêmement  résistante,  que 
àes  fibres  transversales  recouvrent  en  la  croisant  à  angle  droit.  Sur  la  partie 
supérieore  et  antérieure  de  la  Jambe,  on  observe  des  fibres  obliquement 
longitudinales  qui  sont  croisées  sous  des  angles  divers  par  d'autres  fibres 
obliquement  transversales.  On  ne  rencontre  nulle  part  sur  le  même  point 
la  trois  ordres  de  fibres. 

Le  tissu  conjonctif  qui  entre  dans  la  constitution  des  aponévroses  remplit 
le»  intervalles  compris  entre  les  fibres  et  les  aréoles  résultant  de  leur  entre- 
croisement. Il  est  d'autant  plus  rare  que  ces  membranes  sont  plus  épaisses, 
d'autant  plus  abondant  qu'elles  sont  moins  résistantes. 

b.  Fibres  éUn^tiques,  —  On  rencontre  dans  ces  membranes  toutes  les  va- 
nélés  de  fibres  élastiques.  — Celles  qui  sont  épaisses  et  denses,  comme  l'apo- 
néirose  fémorale,  renTcrment  un  très-grand  nombre  de  fibres  élastiques 
fu^iformes  ou  fibres  de  noyaux  ;  mais  les  fibres,  parvenues  à  leur  complet 
développement,  ou  les  fibres  élastiques  proprement  dites,  y  sont  rares.  Les 
gaines  aponévrotiques,  ainsi  constituées,  possèdent  une  grande  résistauce,  et 
ne  se  laissent  nullement  dilater. — Sur  d'autres,  dont  les  faisceaux  fibreux  sont 
OKHOs  développés,  il  existe  au  contraire  très-peu  de  fibres  de  noyaux,  et 
beaucoup  de  fibres  élastiques;  l'aponévrose  du  bras  difl'ère  considérablement 
suus  ce  point  de  vue  de  celle  de  la  cuisse  ;  elle  est  très-riche  en  fibres  élasti- 
ques. Ces  fibres  forment  quelquefois  un  véritable  plan  qui  se  superpose  au 
plan  des  faisceaux  fibreux  :  telle  est  la  disposition  qu'elles  alTcctent  sur  la 
partie  antérieure  et  supérieure  de  Taponévrose  jambière.  On  peut  dire 
d'une  manière  générale  que  les  aponévroses  contiennent  d'autant  plus  de 
fibres  élastiques  qu'elles  sont  plus  miuces;  ces  fibres  sont  relativement  plus 
multipliées  dans  les  cloisons  intermusculaires  et  les  gaines  secondaires  que 
dans  les  gaines  principales. 

c  Tissu  adipeuœ,  —  A  l'aspect  brillant  et  nacré  des  aponévroses,  on  pour- 
rait croire  qu'elles  ue  se  laissent  jamais  envahir  par  le  tissu  adipeux  ;  ce 


6à  ~  MYOLOGIE. 

serait  une  erreur.  Ou  observe  constamment  dans  toutes  ces  membranes  des 
trdnées  de  vésicules  adipeuses  situées  dans  les  intervalles  des  fibres  et  dam 
leurs  aréoles,  sur  le  trajet  des  vaisseaux  sanguins.  Ce  tissu  adipeux  varie,  du 
reste,  suivant  les  aponévroses  et  selon  les  individus. 

d.  Artères  et  veines. — On  remarque,  dans  toutes  les  lames  aponévrotiques, 
non  pas  seulement  ces  quelques  rares  capillaires  dont  parlent  les  auteur», 
mais  de  véritables  artères,  munies  de  leur  tunique  musculaire,  et  se  rami- 
fiant comme  dans  les  autres  tissus.  A  ces  divisions  succèdent  un  riche  réseau 
de  capillaires;  puis  des  veinules  et  des  veines.  Le  système  vasculaire  des 
aponévroses  est  donc  beaucoup  plus  dévelbppé  qu'on  ne  l'avait  supposé  :  il 
prend  une  part  importante  à  leur  structure. 

Les  arlères  émanent  des  branches  qui  rampent  dans  le  tissu  cellulaire 
sous-cutané.  Elles  cheminent  d'abord  dans  la  couche  celluleuse  sus-apoue* 
vrotique,  puis  pénètrent  dans  les  aponévroses  par  leur  face  externe.  1^ 
nutrition  de  ces  gaines  se  trouve  ainsi  liée  à  celle  de  la  peau;  par  consé- 
quent un  décollement  assez  étendu  pour  entraîner  une  mortificatioa  limitée 
des  téguments  pourra  entraîner  aussi  celle  du  plan  fihreux  correspoodanl. 
Les  grands  abcès  diffus  produiront  le  même  résultat. 

Dans  les  aponévroses  très-épaisses,  la  couche  superficielle  est  plus  vascu- 
laire que  la  couche  profonde.  On  peut  facilement  constater  cette  différence 
sur  la  partie  externe  de  l'aponévrose  fémorale;  sa  couche  superficielle, 
formée  de  fibres  transversales,  reçoit  une  multitude  d'artérioles  qui  s  épui- 
sent presque  entièrement  dans  son  épaisseur;  sa  couche  profonde,  quatre 
ou  cinq  fois  plus  épaisse,  ne  reçoit  que  des  capillaires  très-déliés  et  très- 
espaces.  Mais  la  différence  est  beaucoup  moins  tranchée  sur  les  autres  parties 
de  cette  aponévrose,  et  pour  la  plupart  des  enveloppes  fibreuses  des  mem- 
bres, qui  se  composent,  sur  la  plus  grande  partie  de  leur  étendue,  d'un  seul 
plan  de  fibres. 

Les  veines  présentent  un  calibre  tantôt  à  peu  près  égal  et  tantôt  supérieur 
à  celui  des  artères,  qu'elles  accompagnent  partout  dans  leur  tr^et  Quelque- 
fois il  en  existe  deux  pour  une  artériole.  Elles  vont  se  jeter  dans  les  veines 
sous-cutanées. 

Les  \  aisseaux  des  muscles  et  ceux  des  aponévroses  émanent  donc  de 
sources  difl'érenles,  et  restent  presque  entièrement  isolés  :  de  là,  pour  les 
organes  actifs  du  mouvement,  une  plus  grande  indépendance,  et  pour  leur» 
gaines  fibreuses  une  nutrition  mieux  assurée. 

c.  Serfs  des  aponévroses.  —  Leur  existence  est  restée  longtemps  douteuM?. 
Les  reclierclics  auxquelles  je  me  suis  livré  ne  permettent  plus  de  les  contes- 
ter. Ces  nerfs  sont  beaucoup  moins  multipliés  que  dans  les  ligaments,  mai» 
presque  aussi  abondants  que  dans  les  tendons.  Ils  tirent,  pour  la  plupart, 
leur  origine  des  nerfs  sous-cutanés,  en  sorte  qu'ils  resteut  indépendants  des 
muscles,  de  même  que  les  artères  et  les  veines.  Chacun  des  principaux 
ramuscules  artériels  qui  pénètrent  dans  les  gaines  aponévroliques  di*f 
membres  est  accompagné  d'un  filet  nerveux,  dont  le  diamètre  diffère  quel- 
quefois très-peu  de  leur  calibre.  Ces  divisions  nerveuses  partagent  ensuite 
la  distribution  des  vaisseaux  sanguins,  se  divisant,  subdivisant,  et  l'aoasltH 


GAINES  TENDINEUSES.  65 

mount  comme  ceux-ci.  Elles  deviennent  si  déliées  à  mesure  qu'on  se  rap- 
proche de  leur  extrémité  terminale,  que  j'ai  toujours  vainement  tenté  de 
déterminer  leur  mode  de  terminaison. 

Eq  décrivant  les  divers  éléments  qui  entrent  dans  la  structure  des  aponé- 
vroses, J*ai  pris  pour  type  celles  des  membres.  Mais  cette  description  s'ap- 
plique également  à  toutes  les  autres,  avec  quelques  différences  que  Je  vais 
brièvement  mentionner.  —  Plus  elles  s'amincissent ,  plus  aussi  leurs  fibres 
teodeot  à  s'effacer.  Celles-ci,  qui  étaient  parallèles,  s'inclinent  les  unes  vers 
les  autres,  puis  se  croisent  sous  des  angles  inégaux,  et  finissent  par  disparaître 
eo  s'entrecroisant  irrégulièrement  dans  tous  les  sens.  Les  aponévroses  ne 
représentent  plus  alors  un  tissu ,  mais  une  sorte  de  feutrage  :  tel  est  l'aspect 
que  nous  offrent  presque  toutes  celles  des  muscles  larges,  celles  des  muscles 
courts  et  les  cloisons  fibreuses  qui  séparent  les  muscles  des  membres  ;  de 
fibreuses  qu'elles  étaient,  elles  passent,  en  un  mot,  à  l'état  cellulo-fibreux 
ou  simplement  celluleux.  En  même  temps  on  voit  leurs  fibres  élastiques 
augmenter  de  nombre,  d'où  il  suit  qu'elles  gagnent  du  côté  de  l'extensibilité 
ce  qu'elles  perdent  du  côté  de  la  résistance.  Ces  lames  celluleuses  et  cel- 
lulo-fibreuses  sont  aussi  plus  richement  pourvues  d'artérioles,  de  veinules 
et  de  filets  nerveux  que  les  grandes  aponévroses. 

De  la  description  générale  qui  précède ,  nous  pouvons  conclure  que  les 
aponévroses  possèdent  une  vitidité  bien  supérieure  à  celle  qu'on  leur  a  Jus- 
qu'à présent  attribuée.  Cette  vitalité  nous  autorise  à  penser  qu'elles  pren- 
nent (rès-probablement  à  certaines  affections ,  mais  surtout  aux  affections 
rhumatismales,  une  part  importante  qui  ne  parait  pas  avoir  été  même  soup- 
i;oQnée  et  qui  mériterait  de  fixer  l'attention  des  médecins. —  Elle  nous  montre 
ausfi  combien  la  chirurgie  moderne  s'est  égarée  en  considérant  les  toiles 
cellulo-flbreuses  comme  réfractaires  à  l'inflammation ,  et  par  suite  comme 
autant  de  barrières  qui  peuvent  arrêter  ou  détourner  les  écoulements  puru« 
IvQts.  11  suffit  de  contempler  un  instant  ces  lames  cellulo-fibreuses,  que  quel- 
ques «natomistes  ont  multipliées  sous  le  nom  de  fascia,  pour  reconnaître 
qu'elles  sont  prédisposées  par  leur  constitution  à  s'associer  à  toutes  les 
inflammations  des  parties  qui  les  entourent,  et  qu'elles  ne  sauraient  remplir 
que  très-imparfaitement  les  usages  mécaniques  auxquels  on  les  a  crues 
destinées. 

§  2.  —  OaUiks  txndinbusbs. 

Oq  désigne  sous  ce  nom  des  arcades  fibreuses  qui  s'insèrent  par  leurs 
ettrémités  aux  deux  bords  des  gouttières  sur  lesquelles  glissent  les  ten- 
dons, et  qui  maintiennent  ceux-ci  dans  leur  situation ,  en  leur  laissant  d'ail- 
leurs une  complète  indépendance. 

Les  gaines  tendineuses  peuvent  être  distinguées  en  deux  ordres  :  les  unes 
iont  simples;  les  autres  se  divisent  en  plusieurs  gaines  secondaires. 

tes  gaines  simples  se  voient  à  l'extrémité  terminale  des  membres,  sur  la 
(«ce  palmaire  du  doigt,  et  sur  la  face  plantaire  des  orteils.  Elles  affectent  la 
(»rfne  de  demi-c|lindre6  dont  la  concavité  s'oppose  à  celle  des  gouttières 


66  MTOLOOIE. 

correspondantes.  En  se  fixant  par  leurs  bords  aux  deux  bords  de  ces  gout- 
tières, elles  les  transforment  en  autant  de  conduits,  moitié  osseux,  moitié 
fibreux,  dans  lesquels  les  tendons  glissent  à  la  manière  d'un  cylindre  plein 
dans  un  cylindre  creux.  Les  fibres  qui  constituent  ces  gaines  sont  demi-cir- 
culaires et  parallèles  sur  certains  points,  obliques  et  croisées  en  sautoir  sur 
d'autres. 

Les  gaines  composées  ou  communes  à  plusieurs  tendons  sont  située» 
autour  des  articulations  de  Tavant-bras  avec  la  main  et  de  la  jaqibe  a\ec  le 
pied.  Leur  disposition  rappelle  celle  d'une  ceinture ,  d'où  le  nom  de  lig^- 
menu  annulaires  qui  leur  a  été  donné.  Elles  diffèrent  suivant  qu'elles  répon- 
dent aux  tendons  des  extenseurs  ou  aux  tendons  des  fléchisseurs. 

Celles  des  tendons  extenseurs  comprennent  deux  plans  de  fibres  :  i"^  dt^s 
fibres  superficielles  et  parallèles  qui  forment  une  gaine  générale  ;  2*  des 
fibres  profondes,  beaucoup  plus  courtes  et  demi-circulaires,  qui  forment  pour 
chaque  tendon  une  gaine  particulière. 

Celles  des  tendons  fléchisseurs  s'insèrent  aux  os  du  carpe  et  du  tarse  d'une 
part,  aux  premières  phalanges  des  doigts  et  des  orteils  de  l'autre.  Elles  ne 
sont  donc  pas  limitées  au  poignet  et  à  la  voûte  du  calcanéum,  ainsi  qu'un 
l'admet  si  généralement;  elles  s'étendent  sur  toute  la  paume  des  mains  et  »ur 
toute  la  plante  des  pieds.  Les  aponévroses  palmaire  et  plantaire  n'en  sont 
que  les  prolongements.  C'est  pourquoi  elles  présentent  une  si  grande  épais- 
seur, bien  qu'elles  ne  recouvrent  que  des  muscles  de  minimes  dimensions. 
Ainsi  comprises,  ces  longues  gaines  tendineuses  ne  sont  pas  simples  ;  ellt  ;> 
se  décomposent  à  leur  extrémité  phalangienne  en  quatre  gaines  de  second 
ordre  qui  reçoivent  des  tendons  fléchisseurs  et  qui  se  continuent  avec  celles 
des  doigts  et  des  orteils. 

Structure.  —  Les  gaines  tendineuses  présentent  la  même  structure  que  les 
aponévroses,  avec  lesquelles  elles  se  continuent  et  dont  elles  ne  sont  en 
réalité  que  des  dépendances.  Comme  celles-ci,  elles  ont  pour  élément  fon- 
damental des  faisceaux  fibreux ,  unis  les  uns  aux  autres  par  du  tissu  cun- 
Jonctif,  dans  lequel  cheminent  des  artères,  des  veines  et  des  nerfs.  Elles 
contiennent  aussi  constamment  du  tissu  adipeux  qui  se  dépose  autour  des 
vaisseaux,  et  qui  les  accompagne  dans  leur  trajet. 

Leur  surface  interne  ou  tendineuse  n'est  pas  recouverte  par  un  épiihé- 
lium.  Mais  on  remarque  dans  l'épaisseur  de  leur  couche  la  plus  superti- 
ciellc  un  très-grand  nombre  de  petites  cellules  ovoïdes,  plus  ou  moins  allon- 
gées ,  quelquefois  terminées  en  pointe  et  offrant  même  des  prolongements 
à  leurs  extrémités;  ces  cellules  sont  évidemment  de  nature  cartilagineuse; 
elles  représentent  une  couche  rudimen taire  de  cartilages  étalée  sur  lt*s 
points  qui  supportent  les  plus  rudes  frottements. 

Quelques  gaines  tendineuses  ont  pour  unique  usage  de  contenir  les  (co- 
dons. Mais  la  plupart  ont  reçu  une  seconde  destination  qui  n'est  pas  m<>in< 
importante  ;  dans  certaines  attitudes,  elles  Jouent  le  rôle  de  poulies  de  ren- 
voi :  c'est  ce  qui  a  lien  pour  le  ligament  annulaire  postérieur  du  carpe  }K*n- 
dant  TcxteDsion  de  la  main,  pour  le  ligament  annulaire  supérieur  du  tar^e 
pendant  l'extension  du  pied,  etc. 


GAINES  SYNOVIALES  DES  TENDONS.  67 


§  3.  ^  GaINES  SYNOVIALES  DBS  TENDONS. 

Les  gaines  synoviales  sont  des  membranes  qui  appartiennent  à  la  classe 
des  séreuses  et  qui  ont  pour  usage  de  faciliter  le  glissement  des  tendons. 

Ces  membranes ,  de  môme  que  toutes  les  séreuses ,  se  présentent  sous  la 
forme  de  sacs  sans  ouverture.  —  Leur  surface  interne  est  lisse,  unie  et  con- 
stamment lubrifiée  par  un  liquide  onctueux. — Par  leur  surface  externe  elles 
^rappliquent  aux  parois  des  conduits  dans  lesquels  glissent  les  cordes  tendi- 
neuses, s'adossent  ensuite  à  elles-mêmes  pour  constituer  un  repli  qui  s'étend 
de  ces  parois  au  tendon  correspondant,  puis  entourent  celui-ci.  On  peut  leur 
roQsidérer  par  conséquent  trois  portions  :  une  portion  externe  ou  pariétale, 
ane  portion  interne  ou  tendineuse,  et  une  portion  moyenne  qui  relie  les  pré- 
ctdentes  Tune  à  l'autre. 

La  portion  pariétale  adhère  à  toutes  les  parties  qui  contribuent  à  former 
les  conduits  destinés  aux  tendons.  Au  niveau  des  gouttières  osseuses  elle  se 
confond  avec  le  périoste,  dont  on  ne  peut  la  distinguer.  Au  niveau  des  gaines 
tendineuses,  elle  s'identifie  aussi  le  plus  habituellement  avec  leur  tissu  ;  si 
1>>Q  réussit  À  l'en  détacher,  c'est  seulement  sur  certains  points  très-limités. 
Au  QÎTeau  des  ligaments,  son  adhérence  est  très-variable,  tantôt  très-intime* 
tantôt  modérée  ou  très-faible. 

La  portion  tendineuse  s'identifie  avec  la  gaine  des  tendons;  elle  n*en 
dt-ûent  distincte  qu'au  voisinage  de  la  portion  moyenne. 

Cette  portion  moyenne,  composée  de  deux  feuillets  adossés  et  unis  l'un  à 

1  autre,  représente  pour  les  tendons  une  sorte  de  pédicule  et  pour  leur  cavité 

une  cloison  partielle.  Elle  offre  du  reste  des  variétés  très-grandes,  non-seule- 

ni«Dt  pour  les  différentes  gaines  synoviales,  mais  pour  la  même  gaine,  lors- 

qu  oD  passe  d'un  individu  à  un  autre.  —  C'est  dans  les  synoviales  de  la  partie 

antérieure  du  poignet  que  ces  replis  membraneux  sont  le  plus  développés. 

Parmi  les  nombreux  tendons  qu'elles  embrassent,  il  en  est  qui  possèdent 

un  repli  particulier;  d'autres  adhèrent  aux  parois  de  la  cavité  par  un  repli 

qui  leur  est  commun,  mais  dont  on  voit  souvent  se  détacher  des  replis 

'y  I  ondaires.  —  Les  tendons  fléchisseurs  des  doigts  et  des  orteils  sont  reliés  à 

l*'ur  conduit  par  de  simples  languettes  plus  ou  moins  larges  ;  c'est  dans  ces 

^plis  et  languettes  que  cheminent  les  vaisseaux  et  les  nerfs  destinés  aux 

tendons. 

A  leurs  extrémités ,  les  gaines  synoviales  deviennent  indépendantes  des 
Vodons  au-dessous  desquels  elles  se  prolongent,  et  de  leur  conduit  ostéo- 
tibreux  qu'elles  débordent  dans  une  étendue  d'autant  plus  grande  que  le 
'"-ndon  est  plus  mobile.  Quelques-unes  communiquent  avec  les  séreuses 
irticolaires  :  telles  sont  la  synoviale  du  tendon  de  la  longue  portion  du 
''•>:epi,qui  se  continue  avec  la  synoviale  de  l'articulation  de  l'épaule,  et  celle 
du  tendon  du  poplité,  qui  communique  avec  la  synonale  de  l'articulation 
^Q  geooo. 

Sur  les  points  où  elles  restent  libres,  les  gaines  synoviales  sont  minces, 
transparentes  et  asses  résistantes.  Elles  sont  aussi  très-élastiques;  pour  juger 


68  MYOLOGIË. 

de  leur  élasticité,  il  faut  les  tendre;  abandonnées  ensuite  à  elleMiiéiiies, 
elles  se  rétractent  aussitôt  en  se  contournant  en  divers  sens. 

Structure.  —  Les  gaines  synoviales  des  tendons  se  composent  principale- 
ment  de  tissu  coQjonctif,  auquel  se  mêlent  des  cellules  élastiques,  des  fibres 
élastiques,  des  artères,  des  veines,  des  nerfs  et  du  tissu  adipeux. 

Les  fibrilles  du  tissu  conjonctif,  en  se  groupant,  donnent  naissance  à  des 
faisceaux  de  volume  très-variable,  visibles  seulement  au  microscope,  scDtn*- 
croisant  dans  tous  les  sens,  et  communiquant  entre  eux  par  les  fascicules  et 
les  fibres  qui  s'en  détachent.  De  l'ensemble  de  tous  ces  faisceaux  résulte  une 
trame  aréolaire  qui  forme  la  base  ou  la  charpente  des  gaines  synoviales. 

Les  cellules  élastiques  occupent  la  couche  la  plus  superficielle  de  cette 
charpente.  Elles  sont  caractérisées  par  leur  petitesse,  leur  forme  allonge«\ 
leur  multiplicité,  par  leur  contour  à  bords  sombres,  et  enfin  par  leur  aspect 
bien  différent  de  celui  des  cellules  qu'on  observe  dans  les  fibru-cartilage?, 
les  ligaments  et  les  tendons.  Ces  cellules  ne  se  touchent  pas,  mais  sont  très- 
rapprochées  et  situées  à  des  hauteurs  inégales.  C'est  sur  les  points  qui  sup- 
portent les  plus  fortes  pressions  qu'on  les  voit  se  rassembler  en  gnoi 
nombre.  On  peut  les  considérer  comme  une  couche  de  cartilage  à  l'état  d  e- 
baucbe,  ne  différant  du  véritable  cartilage  que  par  l'absence  d'une  substance 
amorphe,  remplacée  ici  par  du  tissu  conjonctif  condensé. 

Cette  couche  de  cartilage  revêt  toute  la  surface  interne  de  la  portion 
pariétale  des  gaines  synoviales.  Elle  est  très-évidente  sur  le  fond  des  gout- 
tières osseuses  et  sur  la  périphérie  des  tendon».  J'ai  pu  aussi  constater  sà 
présence  sur  les  replis  membraneux  qui  attachent  ces  organes  aux  parois  de 
leur  cavité.-*  Sur  certains  points,  les  cellules  cartilagineuses,  plus  ou  moiot 
allongées,  forment  deux  couches  superposées  et  réciproquement  perpendi- 
culaires, celles  d'une  couche  se  dirigeant  dans  le  sens  longitudinal  et  celles 
de  la  couche  sous-Jacente  dans  le  sens  transversal. 

J'avais  cru  d'abord  avec  quelques  auteurs  que  ces  cellules  étaient  de 
nature  épithéliale  et  comparables  &  colles  qu'on  observe  sur  les  séreuses 
articulaires.  Mais  après  de  longues  recherches  attentivement  poursuivies. 
J'ose  affirmer  qu'il  n'existe  nulle  part  la  moindre  trace  d'épithélium  sur  la 
surface  interne  des  gaines  synoviales;  à  une  lame  épithéliale  qui  se  détruit 
par  le  frottement,  la  nature  a  substitué  dans  toutes  ces  gaines  une  ooucbe 
de  cartilage  qui  résiste  et  sur\it  aux  pressions  les  plus  réitérées. 

La  cavité  des  gaines  synoviales  présente  donc  une  remarquable  analogie 
avec  les  cavités  articulaires  :  de  part  et  d'autre ,  les  parois  de  la  cavité  sont 
tapissées  par  un  cartilage;  seulement  dans  les  articulations  le  cartilage  est 
très-épais  et  parfait ,  dans  les  gaines  synoviales  il  est  mince  et  imparfait  ; 
dans  les  articulations  il  est  limité  aux  parties  qui  supportent  les  plus  grands 
efforts;  dans  les  gaines  synoviales  dont  toutes  les  parties  supportent  des 
pressions  à  peu  près  égales,  il  s'étend  à  toute  leur  surface  interne. 

Les  fibres  élastiques  sont  très-nombreuses,  mais  sur  certains  points  M.*uie- 
ment.  Elles  font  à  peu  près  complètement  défaut  sur  la  portion  tendineuse, 
tandis  qu  elles  sont  au  contraire  très-multipliées  sur  la  portion  moyeime  et 
aux  deux  extrémités  de  la  portion  pariétale. 


BOURSES  SÉREUSES  DES  MUSCLES.  69 

Les  artères  viennent  pour  la  plupart  de  celles  qui  se  distribuent  aux  gaines 
leodineuses.  Elles  se  ramifient  d'abord  dans  la  portion  qui  tapisse  ces  gaines. 
Plusieurs  ramuscules  s'introduisent  entre  les  deux  lames  du  pédicule  des 
tendons,  auxquelles  elles  abandonnent  une  foule  de  ramifications,  et  vont 
ensuite  se  terminer,  soit  dans  la  gaine  du  tendon,  soit  dans  le  tendon  lui- 
même. 

Les  veines  accompagnent  les  artères.  En  s'anastomosant,  elles  forment, 
comme  celles-ci,  un  réseau  à  mailles  d'autant  plus  serrées,  qu'il  est  plus 
rapproché  de  la  surface  libre  des  synoviales 

Les  nerfs  des  gaines  synoviales  n'ont  Jamais  été  nettement  démontrés  ; 
leur  existence  cependant  n'est  pas  douteuse.  J'ai  eu  fréquemment  l'occasion 
de  les  observer  dans  le  cours  de  mes  recherches.  Pour  les  étudier,  il  con- 
vient de  choisir  un  des  replis  membraneux  qui  se  portent  vers  les  tendons. 
Oq  distinguera  sur  le  trajet«des  vaisseaux  plusieurs  filets  nerveux  qui  sont 
destinés  au  tendon  correspondant;  mais  de  chacun  de  ces  filets  naissent 
quelques  divisions  qui  se  ramifient  dans  les  deux  feuillets  du  repli  en  s'ana* 
stomosant,  et  qui  s'épuisent  bien  manifestement  dans  leur  épaisseur. 

§  /i.  —  Bourses  sérevses  des  muscles. 

Deux  sortes  de  bourses  séreuses  sont  annexées  au  système  des  muscles 
striés  :  les  unes  se  voient  sur  les  points  au  niveau  desquels  ces  organes 
subissent  une  réflexion  permanente  ou  intermittente  ;  les  autres  occupent 
leurs  intervalles  et  concourent  à  leur  mutuelle  indépendance. 

Les  bowieê  sérêuêes  smu^musculaire»  se  subdivisent  elles-mêmes  en  deux 
ordres,  suivant  qu'elles  correspondent  à  Textrémité  terminale  des  tendons 
ou  à  leur  origine. 

Parmi  les  premières  viennent  se  ranger  celles  qui  séparent  le  tendon 
d'Achille  du  calcanéum ,  le  tendon  du  psoas  iliaque  du  petit  trochanter, 
celui  du  biceps  de  la  tubérosité  bicipitale,  etc.  On  remarque  que  chacun  de 
ces  tendons  se  réfléchit  dans  certains  mouvements  autour  de  la  saillie 
osseuse  sur  laquelle  il  s'attache;  c'est  ce  qui  a  lieu  pour  le  tendon  d'Achille 
pendant  l'extension  du  pied,  pour  celui  du  psoas  iliaque  pendant  la  rotation 
de  la  cuisse  en  dedans ,  pour  celui  du  biceps  dans  l'état  de  pronation  de 
lavant-bras.  Des  frottements  réciproques  se  produisent  donc  entre  les  ten- 
dons et  les  saillies  sur  lesquelles  ils  s'enroulent;  en  les  séparant,  léï  bourses 
séreuses  viennent  adoucir  ces  frottements. 

Cooune  exemples  des  bourses  séreuses  sous-musculaires  du  second  ordre, 
je  mentionnerai  celle  qui  facilite  le  glissement  de  l'obturateur  interne  sur  la 
petite  échancrure  sciatique,  colle  qu'on  observe  entre  le  psoas  iliaque  et 
l'uticulation  coxo-fémorale ,  celles  des  muscles  sous-scapulaire  et  sous- 
épioeux.  Ces  bourses  séreuses  avaient  été  considérées  d'abord  comme  sous- 
Jacentes  au  corps  charnu  des  muscles.  M.  Chassaignac  a  démontré  que  les 
tendons  se  prolongent  toujours  beaucoup  plus  loin  sur  le  côté  de  ce  corps 

charnu,  qui  est  appelé  à  subir  des  frottements ,  et  que  les  bourses  séreuses 

sont  situées  au-dessous  de  ces  tendons  prolongés. 


70  BIYOLOGIE. 

Toutes  les  bourses  séreuses  sous-musculaires  ou  plutôt  sout-tendineos^ 
offrent  la  même  structure  et  remplissent  les  mêmes  attributions  que  le> 
gaines  synoviales,  dont  elles  ne  diffèrent  que  par  leur  indépendance  :  mais 
les  gaines  fibreuses  qui  entourent  ces  dernières,  et  qui  sont  destinées  à  finer 
les  tendons,  n'étaient  plus  nécessaires  ici  où  les  muscles  n'ont  aucune  ten- 
dance à  se  déplacer. 

Les  bourses  séreuses  itUermusculaires  se  rencontrent  dans  les  régions  on 
les  muscles  avaient  à  subir  des  frottements  réciproques  très-étendus.  I>e« 
plus  remarquables  correspondent  à  la  racine  des  membres;  Je  citerai  cell^ 
qui  sépare  le  sous-épineux  du  deltoïde ,  celle  qui  est  située  entre  le  souh 
scapulaire  et  la  courte  portion  du  biceps ,  celle  qu'on  voit  entre  le  grand 
fessier  et  les  muscles  qui  s'attachent  à  la  tubérosité  ischiatique.  Ces  bours^« 
séreuses  ont  pour  attribut  distinctif  leur  étendue  considérable,  leur  faible 
adhérence  avec  les  parties  voisines,  et  surtout  une  grande  élasticité  qui  lei^r 
permet  de  se  prêter  à  toutes  les  variétés  de  forme. 


SECTION   II. 

SYSTÈME  MUSCULAIRE  A  FIBRES  LISSES. 

Les  muscles  à  fibres  lisses,  muscles  de  la  vie  organique^  muscles  intérieur, 
muscles  viscér€n»œ^  tiennent  dans  l'économie  une  place  beaucoup  moim 
considérable  que  les  muscles  striés.  Ils  ne  sont  pas  réunis  comme  ceutH^i 
sous  une  conomune  enveloppe,  mais  se  trouvent  dispersés,  au  contraire, 
dans  un  très-grand  nombre  d'organes,  de  nature  et  de  fonctions  différenle». 
Chacun  d'eux  se  modelant  sur  l'organe  dont  il  fait  partie,  et  disparaissant 
en  quelque  sorte  dans  son  épaisseur,  leur  analogie  au  premier  aspect  est 
moins  apparente.  Nous  verrons  cependant  que  sur  tous  les  points  où  on  1p» 
rencontre,  ils  offrent  la  même  disposition  générale,  la  même  structure,  et  a 
peu  près  la  même  destination.  On  ne  saurait  donc  méconnaître  qu'ib  sont 
liés  entre  eux  aussi  par  les  liens  d'une  étroite  parenté. 

§  i .  —  Conformation  extérieure  des  muscles  a  fibres  ussrs. 

A.  DénomltremerU  et  mode  de  répartitiotL 

Ces  muscles  contribuent  à  former  les  appareils  de  la  digestion,  de  la 
sécrétion  urinaire,  de  la  gén(^ration,  de  la  respiration  et  de  la  circulation. 
D'autres  sont  annexés  aux  conduits  excréteurs  des  glandes,  à  la  peau,  à  la 
mamelle,  au  sens  de  la  vue,  etc. 

Sur  l'appareil  de  la  digestion,  le  système  musculaire  à  fibres  listes  s'étend 
de  l'extrémité  terminale  à  l'œsophage,  à  l'extrémité  inférieure  du  rectum. 
Au  niveau  de  l'orifice  œsophagien  de  l'estomac,  il  est  uni  au  système  mut- 
culaire  strié  par  une  intersection  fibreuse  qui  n'avait  pas  encore  été  signalée. 


OONFOHMATION  EXTÉRIEURE  DES  MUSCLES  A  FIBRES  LISSES.        71 

nnble  seulement  au  microscope ,  et  composée  principalement  de  fibres 
élastiques.  Au  niveau  de  l'orifice  anal,  il  a  pour  limite  précise  le  bord  infé- 
riear  du  sphincter  interne  de  Tanus.  Sa  délimitation,  loin  d'être  vague  et 
Tariable,  ainsi  que  le  pensent  la  plupart  des  auteurs,  est  donc  au  contraire 
remarquable  par  sa  netteté  et  sa  fixité.  Au  delà  de  ces  limites,  on  n'obserre 
que  des  fibres  striées,  en  deçà  que  des  fibres  lisses. —  Celles-ci,  dans  le  long 
trajet  qu'elles  parcourent,  se  partagent  en  deux  plans  :  un  plan  sous-séreux, 
UD  plan  sous-muqueux. 

Le  plan  sous-séreux  se  subdivise  en  deux  couches  :  Tune,  superficielle, 
composée  de  fibres  longitudinales  ;  l'autre,  profonde,  formée  de  fibres  circu- 
laires. Ces  deux  ordres  de  fibres  s'attachent  à  la  membrane  séreuse  qui  les 
recouvre. 

Le  plan  sous-muqueux,  non  moins  étendu  que  le  précédent,  adhère  à  la 
face  profonde  de  la  muqueuse,  dont  il  constitue  la  charpente  ;  il  se  compose 
d  ioDombrables  faisceaux  aplatis,  rubanés,  qui  s'entrecroisent  dans  toutes  les 
directions.  Ce  plan  est  séparé  du  précédent  par  une  couche  celluleuse  dans 
laquelle  rampent  les  artères  et  les  nerfs  qui  se  rendent  à  la  muqueuse,  ainsi 
que  les  veines  et  les  vaisseaux  lymphatiques  qui  en  émanent. 

Sar  l'appareil  urinaire,  le  système  musculaire  lisse  embrasse  l'uretère  sur 
tonte  sa  longueur,  puis  les  parois  de  la  vessie,  et  se  termine  par  un  épais 
faisceau  de  fibres  circulaires  qui  forme  le  sphincter  de  cet  organe. 

Sur  l'appareil  de  la  génération,  chez  l'homme,  il  entoure  tous  les  con- 
duits que  doit  parcourir  le  sperme  ;  et  chez  la  femme,  tous  ceux  que  parcourt 
l'ovule. 

Sur  l'appareil  de  la  respiration,  il  fait  partie  des  conduits  destinés  à 
transmettre  l'air  atmosphérique  Jusqu'aux  poumons,  et  à  le  reporter  ensuite 
des  poumons  au  dehors. 

Sur  celui  de  la  circulation,  il  s'enroule  autour  des  artères,  des  veines, 
pl  des  vaisseaux  lymphatiques  pour  présider  à  la  circulation  du  sang  et  de  la 
lymphe. 

Sur  les  conduits  excréteurs  des  glandes,  il  constitue  une  tunique  qui 
s>]onte  à  leur  tunique  muqueuse  pour  diriger  le  produit  des  sécrétions  vers 
les  surfaces  tégumentaires. 

A  la  peau  sont  annexés  deux  ordres  de  muscles  lisses  :  1»  des  muscles 
Ktus-dermiques,  qui  impriment  aux  téguments  des  mouvements  ,vermicu- 
laires  :  tel  est  le  dartos,  qui  détermine,  par  ses  contractions,  les'  rides  du 
jcrotum  ;  tel  est  le  muscle  qui  entoure  le  pénis  ;  tel  est  celui  qui  occupe  la 
répion  périnéale;  2*  des  muscles  întra-dermiques,  en  nombre  très-considé- 
rable, qui  s'attachent  par  leur  extrémité  inférieure  aux  bulbes  des  poils,  et 
qui  s'enroulent  autour  des  glandes  pilifères  pour  expulser  le  liquide  onc- 
tueux qu'elles  sécrètent. 

Deux  muscles  lisses  appartiennent  à  la  mamelle  :  l'un  à  fibres  circulaires, 
atué  au-dessoQs  de  l'aréole  du  sein  ;  l'autre  composé  de  faisceaux  longitu- 
dinaux et  obliques ,  compris  dans  l'épaisseur  du  mamelon.  —  Quatre  sont 
annexés  à  l'aponévrose  orbitairtf.  Trois  appartiennent  au  globe  de  l'œil  :  le 

muKle  ciliaire,  qui  tient  sous  son  infiuence  les  phénomènes  de  l'accommo- 

datioo  ;  le  sphincter  et  le  dilatateur  de  la  pupille,  qui  font  partie  de  l'iris.— 


72  MTOLOGIE. 

D'antKty  nombreux  aoMi  et  plus  conndénbles,  entreut  dans  la  constitntîon 
de  la  prostate,  r^  D'autres  contribuent  à  former  les  aréoles  des  organes 
6rectiles. 


B.  Foirmt  et  dirêetion. 

Les  muscles  lisses  ne  possèdent  pas  une  forme  qui  leur  soit  propre.  Pâles 
et  minces,  s'appliquent  et  se  modelant  sur  les  organes  dont  ils  font  partie, 
ils  en  prennent  le  mode  de  configuration,  et  se  pr^ntent,  comme  la  plupart 
de  ceux-ci,  sous  l'aspect  de  cylindres  membraneux.  La  coucbe  muKulsire 
des  artères,  des  veines  et  des  vaisseaux  lymphatiques  revêt  très-régulit^re- 
ment  cette  forme  cylindrique  ;  il  en  est  de  même  de  celle  des  intestins,  évt 
conduits  bronchiques,  de  l'uretère,  de  Turètbre,  du  canal  déférent,  de  tous 
les  conduits  excréteurs  des  glandes,  etc. 

Quelques  muscles  viscéraux  alTectent  une  forme  conique  :  telles  sont  It^ 
tuniques  musculaires  de  l'estomac,  de  la  vessie,  de  la  vésicule  biliaire;  telle 
est  aussi  celle  de  l'utérus,  plus  régulière  dans  l'état  de  grossesse  que  dans 
l'état  de  vacuité. 

Certains  muscles  sont  composés  également  de  fibres  circulaires,  mais  dis- 
posées sur  un  même  plan ,  autour  d'un  centre  commun ,  comme  celles  du 
sphincter  de  la  pupille  et  du  muscle  sous-aréolaire  de  la  mamelle.  D'autre« 
sont  formés  de  fibres  demi-circulaires,  comme  le  dartos,  et  presque  tous  les 
petits  muscles  annexés  aux  bulbes  des  poils.  Dans  la  prostate  et  tous  les 
organes  érectiles,  on  observe  d'innombrables  faisceaux  musculaires  qui 
n'offrent  aucune  forme  et  aucune  direction  déterminée. 

En  comparant  les  deux  ordres  de  fibres  musculaires  au  point  de  vue  de 
leur  direction  et  de  leur  mode  de  groupement,  on  peut  dire  que,  pour  les 
unes,  c'est  la  direction  rectiligne  qui  domine  ;  et  pour  les  autres,  la  direction 
curviligne;  —  que  les  premières  ont  une  grande  tendance  à  se  superposer 
pour  former  des  faisceaux  ;  que  les  secondes  tendent,  au  contraire,  à  se 
Juxtaposer  pour  constituer  des  membranes.  —  Dans  le  système  musculaire 
strié,  les  fibres  se  rassemblent,  afin  d'agir  avec  plus  de  force  sur  un  point 
déterminé;  dans  le  système  musculaire  lisse ,  elles  se  disséminent  sur  toute 
l'étendue  des  cavités  et  des  conduits  creusés  au  sein  de  l'organisme ,  atin 
d'imprimer  aux  liquides  ou  substances  qui  les  parcourent  une  impulsion 
uniforme  et  constante.  —  Ainsi,  d'un  côté,  direction  rectiligne  et  superposi- 
tion des  fibres,  forme  fasciculée  et  action  énergique  des  muscles;  de  l'autre, 
direction  curviligne,  forme  membraneuse,  action  lente  et  faible. 

a.  Membranes  à  fibres  lisses,  -*  Ces  membranes,  qui  forment  une  si  vaste 
dépendance  du  système  musculaire  de  la  vie  organique,  se  divisent  en  tn*i< 
ordres;  elles  sont  simples,  composées  ou  compliquées  :  simples,  lorsqu'elle* 
comprennent  un  seul  plan  de  fibres  se  dirigeant  toutes  dans  le  même  sen»; 
composées,  lorsqu'elles  comprennent  deux  ou  plusieurs  plans  de  fibres  qui 
u*  superposent  en  s'entrecroisant  ;  compliquées  ou  rétifonnes,  lorsqu'elle^ 
résultent  d'une  multitude  de  faisceaux,  offrant  tous  une  direction  différente. 

lji%  membranes  simples  sont  les  plus  nombreuses.  On  les  rencontre  sur 


CONFORMATION  EXTÉRIEURE  DES  MUSCLES  A  FIBRES  USSES.         7S 

toas  les  conduits  que  parcourent  le  sang  et  la  lymphe  ;  sur  ceux  qui  livrent 
puiage  à  Tair  atmosphérique  pour  le  transmettre  aux  poumons;  sur  les 
aoaox  excréteurs  d'un  grand  nombre  de  glandes,  sous  la  peau  du.pénis,  etc. 
Elles  se  composent  de  fibres  circulaires,  le  plus  souvent  parallèles,  mais  qui 
se  croisent  aussi  quelquefois  à  angles  très-aigus.  Ce  fait  général  comporte 
cependant  quelques  exceptions  :  ainsi,  sur  les  conduits  excréteurs  de  la 
glande  mammaire,  la  tunique  musculaire  est  exclusivement  formée  de  fibres 
longitudinales  ou  parallèles  aux  conduits;  il  en  est  de  méî^e  pour  celle  qui 
eoloure  la  muqueuse  uréthrale. 

Les  membranes  composées  sont  presque  aussi  répandues  que  les  précé- 
dentes. Elles  forment  le  plan  musculaire  sous-séreux  de  l'appareil  digestif; 
elles  embrassent  Turetère  et  la  vessie,  le  conduit  excréteur  de  l'ovaire,  et 
celai  du  testicule,  etc. 

La  tunique  qui  préside  à  l'excrétion  de  Turine  est  formée  de  trois  plans 
superposés.  Celle  des  autres  organes  en  comprend  seulement  deux,  dont  la 
situation  relative  est  la  même  pour  tous  ;  le  plan  superficiel  se  compose 
t(»ujours  de  fibres  longitudinales,  et  le  profond  de  fibres  circulaires  :  con- 
itamment  aussi  celui-ci  est  le  plus  épais.  —  Tous  deux  ont  pour  antagonistes 
les  substances  contenues  dans  la  cavité  qu'ils  contribuent  à  former:  ce  sont 
en  substances  qui  les  dilatent  ;  c'est  contre  elles  qu'ils  réagissent.  Le  plan 
profond  donne  l'impulsion ,  et  Joue  ainsi ,  dans  leur  déplacement ,  le  rôle 
principal.  !<e  plan  superficiel  contribue  au  môme  résultat  en  raccourcissant 
Ifs  parois  du  tube  qu'elles  parcourent ,  les  parties  contenantes  remontant 
alors  sur  les  parties  contenues  pour  se  dérober  à  leur  contact,  tandis  que 
celles-ci  descendent,  au  contraire,  pour  se  soustraire  à  la  pression  qu'elles 
supportent.  —  L'un  et  l'autre,  du  reste,  n'ont  pas  seulement  pour  usage 
d'agir  sur  ces  substances;  ils  sont  destinés  aussi  à  consolider  les  parois  des 
organes  dont  ils  font  partie.  Or,  remarquons  combien  leur  disposition  réci- 
proquement perpendiculaire  est  en  parfaite  harmonie  avec  cette  destination. 
Le  plan  circulaire  présidant  au  resserrement  des  conduits  et  à  la  progression 
des  parties  contenues,  il  importait  que  ses  fibres  restassent  partout  étroitement 
UQÎes  :  tel  est  l'office  que  remplit  le  plan  longitudinal  ;  il  vient  en  aide  au 
précédent,  en  reliant  toutes  ses  fibres,  et  en  les  rapprochant  au  moment  où 
la  résistance  qu'elles  rencontrent  tend  A  les  écarter. 

Les  membranes  compliquées  ou  rétiformes  sont  les  plus  rares  :  c'est  dans 
ce  troisième  ordre  qu'il  faut  ranger  le  plan  sous-muqueux  de  l'estomac  et 
des  intestins,  l'enveloppe  de  la  prostate,  celle  des  vésicules  séminales,  la 
tunique  musculaire  de  l'utérus ,  etc.  —  La  couche  musculaire  rétiforme  du 
tube  digestif  est  remarquable  par  sa  vaste  étendue,  par  son  extrême  min- 
ceur, par  son  adhérence  intime  avec  la  muqueuse  qui  lui  emprunte  toute 
«  résistance.  Elle  ne  prend  aucune  part  au  resserrement  de  l'estomac  et  des 
intestins.  Lorsque  les  plans  musculaires  sousHséreux  se  contractent,  elle  se 
plisse  ;  lorsqu'ils  se  dilatent,  elle  se  déplisse,  mais  n'entre  en  action  qu'au 
moment  où  la  dilatation  commence  à  l'atteindre  ;  elle  vient  alors  en  aide  à 
ces  deux  plans.  Si  la  distension  continue  et  dépasse  la  résistance  des  trois 
moKles  congénères,  ce  sont  les  deux  plans  sous-séreux  qui  se  déchirent  les 
premiers.  Le  plan  sous-muqueux  est  toujours  le  dernier  à  se  rompre  ;  bien 


U  MY0L06IE. 

que  très-mince,  il  possède  une  force  de  résistance  considérable.  La  mem- 
brane qui  entoure  la  prostate  et  Tenveloppe  commune  aux  deux  véûcules 
séminalesj^  considérées  autrefois  comme  fibreuses,  offrent  le  même  mode  de 
constitution  que  la  précédente. 

b.  Sphincters,  ^  Les  spbincters  à  fibres  lisses  diffèrent  aussi  beaucoup  de« 
sphincters  à  fibres  striées.  Ceux-ci  présentent  une  forme  ellipsoïde  ;  ib  se 
composent  de  deux  moitiés,  le  plus  souvent  indépendantes  et  s'entrecroisant 
par  leurs  extrémités.  Les  premiers  ne  sont  pas  divisibles  en  deux  partie*: 
ils  sont  tous  très-régulièrement  circulaires  ou  cylindroïdes,  ainsi  que  l'attef- 
tent  le  sphincter  de  la  pupille,  les  deux  sphincters  de  l'estomac,  le 
sphincter  interne  de  l'anus  et  le  sphincter  de  la  vessie,  auxquels  on  peut 
ajouter  encore  le  sphincter  du  prépuce. 

Parmi  ces  muscles  constricteurs ,  celui  de  la  pupille  est  à  la  fois  le  plus 
faible  et  le  plus  agile.  Les  deux  sphincters  de  l'estomac  Jouissent  Tun  et 
l'autre  d'une  énorme  résistance.  Ils  ne  sauraient  être  comparés  cependant 
au  sphincter  de  la  vessie,  qui,  dans  l'état  de  plénitude  de  cet  organe,  peu( 
lutter,  au  milieu  des  plus  violents  efforts,  contre  l'action  combinée  du  dia- 
phragme et  des  muscles  abdominaux.  Ce  sphincter  est  celui,  du  reste ,  dont 
les  parois  offrent  la  plus  grande  épaisseur. 

■ 

§  2.  ^  Conformation  intêeiiure  des  muscles  ussbs. 

Les  muscles  lisses  sont  composés  uniquement  de  fibres  contractiles.  La 
fibre  albuginée  ou  tendineuse,  qui  prend  une  part  si  importante  à  la  consti- 
tution  des  muscles  striés ,  reste  l'attribut  exclusif  de  ceux-ci.  Sa  présence 
d'un  côté,  son  absence  de  l'autre,  est  assurément  l'un  des  traits  distinctik 
les  plus  remarquables  des  deux  systèmes  musculaires»  Très-volumineui  et 
très-nombreux,  les  muscles  striés  ne  pouvaient  trouver  sur  le  squelette  une 
place  suffisante  pour  chacune  de  leurs  fibres  :  or,  les  tendons  suppléent  à 
cette  insuffisance  ;  car  s'ils  ne  sont  en  réalité  que  des  prolongements  du  sth 
tème  osseux,  prolongements  dans  lesquels  la  nature  a  substitué  la  flexibi- 
lité à  la  rigidité,  afin  de  les  rendre  moins  fragiles,  et  afin  aussi  qu'ils  puis- 
sent s'enrouler  sur  les  saillies  osseuses  pendant  les  mouvements  qui  leur 
sont  imprimés.  ^  L'absence  de  ces  tendons  sur  les  muscles  lisses  est  le 
résultat  de  leur  forme  membraneuse  et  des  larges  adhérences  qu'ils  contrac- 
tent avec  les  viscères.  Il  est  évident,  en  effet,  que  puisqu'ils  trouvent  sur  les 
viscères  une  vaste  surface  d*insertion,  les  tendons,  qui  ne  sont  en  définitive 
que  deux  moyens  d'attache,  ne  leur  étaient  pas  nécessaires,  ou  du  moins  que 
ces  tendons  ne  leur  devenaient  utiles  que  sur  les  points  où  ils  cessent  de 
correspondre  aux  organes  :  c'est  ce  qui  a  lieu  pour  les  fibres  longitudinales 
antérieures  de  la  vessie,  qui  s'uttacbent  par  un  tendon  aux  pubis;  et  pour 
celles  du  rectum,  qui  vont  s'attacher  à  la  peau. 

Les  muscles  à  fibres  lisses  ne  sont  pas  réductibles  comme  les  muscles 
striés  en  faisceaux  de  moins  en  moins  volumineux  et  séparés  par  des  eqMce* 
de  plus  en  plus  étroits.  Ils  résultent  du  rapprochement  d'une  multitude 
de  faisceaux,  très-différents  de  forme  el  de  dimensions,  maison  général 


STRUCTURE  DES  MUSCLES  LISSES.  75 

aplatis,  et  unis  entre  eux  par  des  faisceaux  plus  petits  qui  se  détachent  de 
leurs  bords  pour  aller  se  joindre  aux  bords  des  faisceaux  voisins  en  se  por- 
tant obliquement  des  uns  aux  autres. 

Les  fibres  constituant  ces  faisceaux  sont  quelquefois  parallèles.  Mais  trës- 
soo?ent  aussi  elles  s'inclinent  en  sens  divers  et  se  croisent  à  angle  aigu.  Sur  les 
membranes  plexiformes,  ce  ne  sont  pas  seulement  les  faisceaux  qui  s'entre- 
croisent dans  toutes  les  directions,  mais  aussi  les  fibres  qui  les  composent, 
en  sorte  que  ces  derniers  doivent  être  considérés  eux-mêmes  comme  de 
petits  plexus. 

Il  résulte  du  mode  de  conformation  des  muscles  lisses  que  leur  coupe 
transvenale  est  loin  d'offrir  le  môme  aspect  que  celle  des  muscles  striés.  Les 
gallinacés  qu'on  sert  sur  nos  tables  nous  offrent  chaque  jour  l'occasion  de 
le  constater.  Comparez  les  coupes  du  gésier  à  celles  du  grand  pectoral ,  et 
voyez  combien  elles  diffèrent.  La  différence  n'est  pas  moins  sensible  chez 
l'homme  et  les  mammifères,  lorsqu'on  rapproche  d'une  coupe  transver- 
sale du  biceps  celle  de  l'extrémité  pylorique  de  l'estomac  ou  du  corps  de 
Tatérus.  A  l'aspect  seul  d'une  coupe  transversale,  on  peut  donc  facilement 
reconnaître  à  quel  système  appartient  le  muscle  divisé  :  des  faisceaux  polyé- 
driques à  volume  décroissant,  séparés  par  des  espaces  qui  se  réduisent  dans 
la  même  proportion ,  ne  peuvent  appartenir  qu'au  système  musculaire  à 
fibres  striées  ;  à  l'absence  de  ces  faisceaux  et  de  ces  espaces  «  à  l'aspect  plus  . 
homogène  de  la  coupe ,  on  reconnaîtra  sans  peine  le  système  musculaire  à 
fibres  lisses. 

§  3.  —  Structure  des  muscles  lisses. 

Indépendamment  des  fibres  qui  en  représentent  l'élément  fondamental, 
ces  muscles  comprennent  dans  leur  structure ,  du  tissu  conjonctif  et  des 
vésicules  adipeuses,  des  fibres  élastiques,  des  artères,  des  veines,  des  vais- 
seaux lymphatiques  et  des  nerfs. 

A.  Fibres  musculaires  lisses. 

Ces  fibres  se  présentent  sous  l'aspect  de  filaments  fusiformes,  de  teinte 
opaline,  extrêmement  courts,  rectilignes,  offrant  dans  leur  partie  centrale  un 
gros  noyau  allongé  qui  les  caractérise  essentiellement. 

Elles  diffèrent  donc  très-notablement  des  fibres  striées  par  leur  forme. 
Elles  n'en  diffèrent  pas  moins  par  leurs  dimensions.  La  longueur  des  fibres 
striées  est  déterminée  par  la  distance  comprise  entre  les  deux  tendons  aux- 
quels elles  s'attachent;  celle  des  fibres  lisses  varie  de  Oo^i^^Od  à  0">"*,07;  on 
peut  donc  l'estimer,  en  moyenne,  à  0'"'",05,  ou  à  la  vingtième  partie  d'un 
nuUimètre.  —  Le  diamètre  moyen  des  premières  mesure  aussi  0"'™,05  ;  celui 
des  secondes  varie  de  ©■«,004  à  0"»,009,  et  équivaut,  en  moyenne,  à  0"",006. 
Ainsi  la  largeur  des  fibres  striées  est  égale  à  la  longueur  des  fibres  lisses  ; 
elle  représente  aussi  la  vingtième  partie  d'un  millimètre,  tandis  que  celle 
des  dernières  n'en  représente  que  la  deux-centième  partie  ;  elle  est  à  celle-ci 


70  in*OL0GIE. 

en  d'aulns  lennes  :  :  10  ;  1.  Si,  au  tieu  àe  comparer  lei  diamèlrei  dri 
deux  ordres  de  flbrei ,  on  compare  leur  lurTace  de  aeclion,  ellei  leront  l'unr 
A  l'autre  :  :  100  :  l  ;  d'où  il  tuit  que  pour  fonnar  ane  leule  Bbre  itriée,  il  ha- 
drait  une  ceolaine  de  flbret  lisiei. 

Ce*  Bbres  «ont  consliluée*  par  une  lubilaace  homogène,  de  ntlore  tff- 
ciale,  demi-traniparenle,  dans  laquelle  on  distingue  çA  et  là  dei  grumlalion) 
A  contour  vaguement  arrflâ.  Dani  quelques  eipëcei  animalei,  ces  granult- 
lioui  te  diipoienl  en  séries  plui  ou  moins  régulières,  étendues  de  l'uQ  1 
l'autre  bord ,  en  sorte  que  les  libres  oRïenl  alors  un  vetlige  de  striaiirn. 
traniTertale.  Quelquefois  elles  se  disposent,  au  contraire,  en  séries  longilu- 
dioales  fui  ont  Tail  considérer  les  flbres  lisses  comme  décomposable*  mish 


Vif.  331.  Fig.  331.  Fig.  )U. 


,i' 


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1 


i, 


1 


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M 


"'  ';     J 


^■^ 


Fibrei  tmua^atrti  liiset. 


Fi|.  131.  —  Fibnt  miueulairfii  dr  ta  veine  de  rhommf,  dont  tet  nogmn  nnrnl  Irti- 
apparenlt,  maii  dont  lei  contour!  tont  en  partie  mnfimdia.  —  l|t,  t-  Noyioi  dr  ^n 
ahm.  —  1, 3, 3.  &>nlaur  <lr  qnrlqurs-unrs  d'rnlrf  rllr^i.  —  3,3.  Cm  mtum  flbm  iv\-^ 
—  4,4.  Drgi  (brfs  tf  rniitinuBiil  rntrt  Hlci  ptr  IrurMtr^mW  oirrwpoocItDlf  rr.B|iiV  n 
bit-tu.  —  i.  InitraccUun  fibramw  flabliuaal  la  rontinaib'  âr  ca  flbn*.  (GrouùaratrDi  Ji 
100  diiiiij-uti'.) 

Fi(i.  Î33.  —  Fibrei  mutnlaireit  dr  faortntu  rfaa.  —  1,1.  Fibrr»  <f  canlionul  nxn 
cllM.  —  3,  a,  î.  Qurlqun  BhrM  \^^t..  ((iroMiswnirnl  .l<  300  diamflrrs-l 

Fia.  333.  —  Fibrei  mutrulitiret  df  fuUnu  d'une  frmme  morte  au  nmrihiu  m«i'  </' 
la  grilatioH.  —  1.1.  Fibrrii  ilr  ni'iTranc  Innfutur,  mil>  Ir^i-Urtm,  irn'itulirremm  utks- 
<Uh  I  vi  r\lr^iiiiW>,  pnVnuni  an'oonil  entrai  en  Inrm»  dr  hdlunnet  et  dcn  |nna!)ii" .' 
ritiurmtnt  ili<|iAi^rt  rn  M'nn  IniiRlIuriiniln.  —  9.  Autrr  flhrr  du  tn'rar  grtirr,  beau"  •" 
plui  rourli-.  —  3.  LonpiP  tbrr  dniil  Ifi  ritr/mlli'i  w  Icnninrnt  rn  poinir.  Os  dnii  r"-- 
inirrt't  tari<Mi>  dr  Rbrri  vint  In  plui  n<iuibrruio  ;  rllcs  ronstitacpl  la  prruM  loUlilr  .lo 
fiirtH  mue  ulairp  dr  l'uu<rii>.  —  i.  Kibrr  analogur  a  la  |iri<rrdriitr,  dont  ir  Tolati*  nt  u-U' 
Icmmt  plui  petit.  —  5.  S.  Fibrei  wmbliblet,  plus  di'li^  encore.  —  4,4.   Drai  tbn< 

(murtrl  ruurte»  «r  ronlinnanl  par  leur  riln^uiiu'  roap^  en  biwaa.  — 7    ' "- 

juIruK  DlalihiuDl  leor  ronlinuitJ.  —8.  Groupr  Jr  lrtt-p«lilei  Bbrrïd'or 
l'.ir  dr  d^ielopprmrnl.  (Grf«%i««fmrnl  dr  3Mt  diiniMm.l 


STRUCTURE  DES  MUSCLES  LISSES.  77 

en  fibrilles  élémentaires.  Déjà  Henle  (1)  avait  ayancé  que  les  fibres  muscu- 
laires de  l'estomac  et  des  uretères  sont  formées  de  fibrilles  longitudinales. 
Mais  M.  Rouget  s'est,  en  quelque  sorte,  approprié  cette  opinion  par  les 
développements  qu'il  lui  a  donnés,  et  par  les  considérations  à  l'aide  des- 
quelles il  a  cherché  à  la  faire  prévaloir.  11  a  pu  voir  les  fibrilles  des  fibres 
lisses  sur  plusieurs  invertébrés,  le  lombric  terrestre,  les  calmars,  les  néma- 
loides,  les  polypes  hydraires;  il  dit  aussi  les  avoir  observées  sur  quelques 
muscler  lisses  des  vertébrés  (2).  Malgré  toute  l'autorité  que  d'habiles  recher- 
ches lui  ont  acquise,  et  que  je  me  plais  à  lui  accorder,  je  ne  puis  me  ranger 
sur  ce  point  à  son  sentiment.  L'existence  des  fibrilles  sous  le  sarcolemme 
des  fibres  striées  est  de  toute  évidence;  on  peut  la  constater  sans  peine  avec 
uoe  foule  de  réactifs.  Il  n'en  est  pas  de  môme  pour  les  fibrilles  des  muscles 
lisses,  dont  on  n'aperçoit  d'ailleurs,  le  plus  ordinairement,  aucune  trace,  et 
quoQ  ne  réussit  jamais  à  séparer.  M.  Rouget,  lui-môme,  reconnaît  l'avoir 
uioement  tenté.  En  prenant  l'apparence  pour  la  réalité,  cet  auteur  évidem- 
ment s'est  laissé  entraîner  parla  pensée  qui  domine  toutes  ses  recherches,  celle 
de  démontrer  les  analogies  des  deux  systèmes  musculaires,  et  de  les  ramener 
à  l'unité.  Or,  plus  je  poursuis  cette  étude ,  plus  je  me  consolide ,  au  con- 
traire, dans  la  conviction  que  les  deux  ordres  de  fibres  musculaires  sont 
essentiellement  distincts. 

Le  noyau  des  fibres  lisses  occupe  leur  partie  centrale.  11  offre  aussi  un 
aspect  granuleux.  Mais  il  est  remarquable  surtout  par  son  existence  con- 
stante et  par  ses  grandes  dimensions.  Sa  longueur  moyenne  égale  à  peu  près 
le  quart  de  l'étendue  totale  de  la  fibre,  et  son  diamètre  la  moitié  de  la 
largeur  de  celle-ci.  Sa  forme  est  celle  d'un  bâtonnet  arrondi  à  ses  extrémités, 
tantôt  rectiligne,  tantôt  légèrement  incurvé,  quelquefois  un  peu  plus  étroit 
sur  sa  partie  moyenne. 

Les  fibres  lisses,  ou  fibres  fusiibrmes,  appelées  aussi  fibres-cellules,  ne  sont 
pas  divisibles  en  partie  contenante  et  partie  contenue.  Le  sarcolemme,  qui 
fomie  l'un  des  caractères  les  plus  importants  des  fibres  striées,  fait  ici  com- 
plètement défaut. 

B.  Éléments  générauœ  des  muscles  lisses* 

a.  Tissu  conjùnctif.  —  Les  faisceaux  et  fascicules  des  muscles  lisses  sont 
situés  dans  l'épaisseur  de  ce  tissu  qui  leur  forme  une  charpente  commune, 
et  qui  fournit  à  chacun  d'eux  une  gaine  particulière. 

De  la  face  interne  de  la  gatne  des  faisceaux  naissent  des  cloisons  qui 
pénètrent  dans  leur  épaisseur;  en  se  divisant  et  se  continuant  par  leurs 
bords,  elles  constituent  des  gaines  du  second  ordre.  Parmi  ces  dernières,  les 
plus  minimes  entourent  toutes  les  fibres  lisses  disposées  sur  une  môme  ligne 
loDgitudinale  :  je  les  désignerai  sous  le  nom  de  gaines  primitives. 

Dans  leur  état  dé  parfaite  intégrité,  les  fibres  lisses  sont  coupées  très- 
obliquement  en  biseau  à  leurs  deux  extrémités  et  en  sens  inverse  ;  c'est  par 

1)  Henle,  Traité  tTanat  génér.,  1863, 1. 11,  p.  119. 

^3)  Roofety  Des  tissw  ami.  {Joum.  dephysioL  de  Brown-Séquard,  t.  VI,  p.  661). 


78  MYOLOGIE. 

ces  biseaux  qu'elles  se  correspondent.  En  se  prolongeant  sur  toutes  celk^ 
qui  appartiennent  à  la  même  série  longitudinale,  chaque  gaine  primitive 
donne  au  niveau  de  leurs  coupes  juxtaposées  autant  de  cloisons  qoi  pénè- 
trent entre  elles,  et  les  soudent  les  unes  aux  autres.  Ainsi  soudées  et  entou- 
rées d'une  gaine  commune,  elles  se  présentent  sous  la  forme  de  longues 
fibres  rectilignes,  aplaties,  rubanées,  qu'on  peut  comparer  avec  M.  Rouget 
aux  muscles  coupés  par  des  intersections  fibreuses.  Mais  leur  gaine,  simple 
dépendance  du  tissu  coQjonctir,  ne  saurait  être  assimilée  avec  cet  auteur  au 
sarcolemme  des  fibres  striées.  Celui-ci,  ainsi  que  nous  l'avons  va,  adhère 
aux  fibrilles;  il  est  de  nature  élastique;  il  résiste  aux  réactifs  concentrés. 
Les  gaines  primitives  présentent  des  caractères  opposés.  Loin  de  contribuer 
à  démontrer  l'analogie  des  deux  ordres  de  fibres,  elles  viennent  doue 
s'ajouter  aux  différences  déjà  si  nombreuses  qui  les  distinguent. 

b.  Tissu  adipeux  et  fibres  élastiques.  —  Le  tissu  adipeux  est  beaucoup 
moins  abondant  dans  les  muscles  lisses  que  dans  les  muscles  striés.  Il  n'existe 
dans  un  grand  nombre  qu'en  très -minime  proportion.  Dans  beaucoup 
d'autres,  il  fait  totalement  et  constamment  défaut:  telle  est  la  couche  sou*- 
muqueuse  du  tube  digestif;  telles  sont  celles  qui  embrassent  les  artères,  lc& 
veines  et  les  vaisseaux  lymphatiques  ;  celles  de  l'uretère,  de  l'urèthrc,  de  U 
trompe  utérine,  du  canal  déférent,  etc.  —  Les  cellules  adipeuses  se  dépo- 
sent dans  les  aréoles  du  tissu  coi^onctif,  sur  le  trajet  des  vaisseaux  san- 
guins. 

Les  fibres  élastiques  se  rencontrent  dans  presque  tous  les  muscles  lidse>, 
mais  sous  des  proportions  très-\ariables.  Les  plus  riches  en  tissu  conjonctif 
sont  ordinairement  ceux  qui  en  possèdent  le  plus  grand  nombre.  Les  musclet 
très-denses,  comme  celui  du  canal  déférent,  du  sphincter  du  pylore,  du 
sphincter  de  la  \e8sie,  en  offrent  à  peine  quelques  vestiges. 

c.  Vaisseaux  sanguins,  —  Ces  vaisseaux  participent  de  la  ténuité  des  mus- 
cles lisses.  11  est  tout  un  groupe  de  membranes  musculaires  dans  lesquelles 
leur  existence  n'est  pas  démontrée  :  telles  sont  celles  des  artères,  des  veines, 
et  des  lymphatiques.  Les  auteurs  sont  même  unanimes  pour  déclarer 
qu'elles  n'en  présentent  aucune  trace. 

Sur  quelques  membranes  musculaires  simples,  celle  du  pénis,  celle  du 
scrotum,  celle  des  conduits  bronchiques,  elc,  les  artères  affectent  ane  dit- 
position  arboriforme,  et  constituent,  par  leurs  anastomoses,  un  réseau  à 
larges  mailles  irrégulières. 

Sur  les  membranes  musculaires  composées  de  deux  plans,  dont  les  fibres 
se  croisent  à  angle  droit,  comme  celle  des  intestins,  les  vaisseaux  offrent 
une  disposition  particulière  qui  avait  déjà  été  vue  et  bien  représentée  par 
Albinus.  Certaines  branches  marchent  parallèlement  aux  fibres  lon^tudi- 
nales,  en  s'anastomosant  entre  elles  par  de  très-fines  divisions  transversales; 
d'autres  suivent  la  direction  des  fibres  circulaires,  et  s'anastomosent  par  des 
divisions  semblables.  Ile  l'entrecroisement  des  deux  ordres  de  branches, 
résultent  des  mailles  quadrilatères,  dans  l'aire  de  chacune  desquelle» on 
remarque  autant  de  petits  réseaux  capillaires. 

Sur  d'autres,  comme  la  couche  musculaire  des  vésicules  séminales,  vclk 


STRUCTURE  DES  MUSCLES  LISSES.  79 

des  trompes  utérines,  celle  de  l'utérus  surtout,  les  artères  sont  remarquables 
par  renroulement  spiroîde  qu'elles  présentant  dans  toute  l'étendue  de  leur 
trajet. 

Les  veines  suivent,  en  général,  la  direction  des  artères.  Elles  sont  plus 
Tolumineuses  que  celles-ci,  et  le  plus  habituellement  uniques,  très-rarement 
doubles.  Elles  ne  présentent  pas  de  valvules,  en  sorte  qu'on  peut  facilement 
les  injecter  des  troncs  vers  les  rameaux. 

d.  VaJssêttuœ  lymphatiques,  —  Les  muscles  lisses,  de  même  que  les  muscles 
striés,  possèdent  des  vaisseaux  lymphatiques.  Mais  ce  n'est  que  sur  les 
couches  musculaires  sous-séreuses  qu'on  peut  nettement  constater  leur 
existence,  particulièrement  sur  celles  de  l'estomac,  des  intestins  et  de 
l'atérus.  Les  vaisseaux  qui  naissent  de  la  couche  sous-séreuse  de  l'estomac 
sûDl  très-manifestes  dans  l'espèce  humaine.  Il  en  est  de  môme  de  ceux  de 
1  utérus.  Pour  étudier,  à  leur  point  de  départ,  ceux  qui  tirent  leur  origine 
delà  couche  sous-séreuse  des  intestins,  il  convient  de  les  injecter  chez  les 
grands  mammifères,  et  particulièrement  chez  le  cheval,  où  leurs  radicules 
donnent  naissance  à  un  réseau  délicat  extrêmement  serré,  situé  dans  l'épais- 
seur de  la  tunique  séreuse,  comme  celui  de  l'estomac  et  celui  aussi  de 
l  utérus.  On  pourrait  supposer  qu'ils  viennent  en  partie  et  môme  en  totalité 
de  cette  tunique  séreuse.  Mais  nous  verrons,  lorsque  nous  étudierons  les 
origines  du  système  lymphatique,  que  les  membranes  séreuses  ne  contien- 
nent aucun  vestige  de  cet  ordre  de  vaisseaux.  Ce  réseau  superficiel  ne  peut 
donc  appartenir  qu'à  la  couche  sous-jacente.  Les  troncules  qui  en  partent 
lont  se  jeter  dans  les  troncs  beaucoup  plus  considérables  émanés  de  la 
tunique  muqueuse. 

e.  Nerfs.  —  Nous  avons  vu  que  les  nerfs  des  muscles  striés  sont,  pour  la 
plupart,  indépendants  des  vaisseaux  sanguins;  quelquefois  ils  les  accompa- 
gnent jusqu'à  leur  entrée,  mais  ne  tardent  pas  à  s'en  séparer,  pour  ne  plus 
alTeder  ensuite  avec  eux  aucun  rapport.  Les  nerfs  des  muscles  lisses  se 
œmportent  bien  différemment;  ils  s'appliquent  aux  artères,  les  enlacent  et 
les  suivent  jusqu'au  bord  des  viscères  auxquels  ils  sont  destinés.  Leurs 
connexions  deviennent  alors  moins  intimes;  les  divisions  nerveuses  s'en 
écartent,  mais  restent  dans  leur  voisinage.  Chemin  faisant,  elles  se  divisent  et 
s  anastomosent.  Parvenues  au  milieu  des  faisceaux  musculaires,  elles  pénè- 
trent dans  leur  épaisseur,  puis  disparaissent  sans  qu'il  ait  été  possible,  jusqu'à 
présent,  de  déterminer  comment  elles  se  terminent. 

Ces  nerfs  proviennent  du  grand  sympathique.  Cependant  l'estomac  reçoit 
de  nombreuses  divisions  des  pneumogastriques.  D'autres  branches  émanées 
du  plexus  sacré  se  mêlent  à  celles  du  système  ganglionnaire  pour  aller  se 
rendre  dans  la  vessie  et  le  rectum  chez  l'homme  ;  dans  ces  mômes  organes 
et  l'utérus  chez  la  femme. 

il  résulte  de  leur  origine  qu'ils  sont  formés  principalement  de  tubes 
minces,  qu'un  très-grand  nombre  d'entre  eux  sont  môme  exclusivement 
composés  de  ces  tubes.  Or,  les  fibres  lisses  sont  aussi  beaucoup  plus  petites 
que  les  fibres  striées.  Ainsi,  d'un  côté,  volume  énorme  des  fibres,  et  volume 
plus  considérable  des  tubes  nerveux  ;  de  l'autre,  ténuité  des  fibres  et  des 


80  MYOLOGiE. 

tubes.  Toutes  les  difficultés  8*amo6cëleDt  donc  devaut  1  obsenaleur  qai 
tente  d'élucider  le  mode  de  connexion  du  système  nerveux  avec  les  moKle» 
lisses.  Ainsi  s'expliquent  les  résultats  si  complètement  négatifs  de  toutes  l» 
recherches  entreprises  Jusqu'ici. 

§  A.— Composition,  déyeloppemeiit  des  muscles  lisses. 

Les  muscles  à  fibres  lisses  ont  été  soumis  aussi  à  l'analyse  chimique. 
Benelius  a  pris  pour  sujet  de  ses  recherches  la  tunique  musculeuse  de 
l'intestin,  Meyer  celle  de  la  vésicule  biliaire  du  bœuf,  MQller  celle  de 
l'utérus.  11  résulte  de  l'ensemble  de  leurs  travaux  que  la  composition  chi- 
mique de  ces  muscles  ne  diffère  pas  sensiblement  de  celle  des  muscles 
striés.  Dans  l'un  et  l'autre  système,  c'est  la  fibrine  qui  domine  tous  les  autres 
éléments  organiques.  Ces  analyses  sont  passibles,  du  reste,  des  mêmes 
reproches  que  celles  relatives  aux  muscles  extérieurs.  Elles  ont  comprit 
aussi,  non-seulement  les  fibres  musculaires,  mais  tous  les  éléments  acces- 
soires auxquels  elles  se  trouvent  mêlées. 

Abandonnés  à  la  putréfaction  ou  à  la  macération  prolongée,  ces  muscles 
se  comportent  comme  ceux  de  la  vie  animale.  —  Soumis  à  l'action  de  l'eau 
bouillante,  ils  se  rétractent  considérablement,  augmentent  d'épaisseur,  de- 
viennent plus  durs,  et  peuvent  être  utilisés,  dans  cet  état,  pour  l'étude  des 
divers  plans  qui  les  composent.  L'intestin  après  quelques  minutes  d'immer- 
sion, se  réduit  au  volume  du  doigt,  et  la  vessie  aux  dimensions  d'un  œuf. 
L'estomac  doué  de  la  plus  vaste  capacité  égale  à  peine  le  poing  d'un  adulte. 
Ce  n'est  pas  seulement  la  tunique  musculaire  sous-séreuse  qui  se  rétracte 
aiuil  ;  la  couche  musculaire  sous-muqueuse  ou  plexiforme  participe  au^i  a 
la  rétraction,  en  sorte  que  la  muqueuse,  si  plissée  dans  l'état  physiologique, 
lorsque  les  viscères  reviennent  sur  eux-mêmes,  reste  unie  comme  dans  l'eut 
de  dilatation. 

Si  après  les  avoir  soumis  pendant  une  ou  deux  heures  à  rébullition,  on  K^ 
traite  par  les  acides  concentrés,  les  muscles  lisses  se  décomposent;  leur» 
fibres  se  séparent  ;  quelques-unes  flottent  dans  le  liquide  de  la  préparatiou, 
en  sorte  qu'on  peut  observer  leur  mode  de  configuration  et  leurs  dimeosium. 
«^  Si  on  les  plonge  dans  une  solution  étendue  d'acide  azotique,  «près  une 
immersion  de  cinq  à  six  semaines,  ils  prennent  une  très-belle  couleur 
Jaune  ;  tous  les  éléments  accessoires  se  ramollissent  et  passent  à  l'état  de 
pulpe.  Pour  entraîner  cette  pulpe,  il  suffit  d'un  simple  filet  d'eau  qui  res- 
pectera les  couches  ou  les  faisceaux  musculaires,  et  qui  permettra  d'étudier 
leurs  connexions. 

Les  acides  dilués  ne  séparent  pas  les  fibres,  mais  ils  les  rendent  pb> 
apparentes,  et  ont  surtout  pour  avantage  de  mettre  leurs  noyaux  en  évi- 
dence. Ceux-ci  deviennent  plus  manifestes  encore  lorsqu'on  laisse  macénr 
les  faisceaux  musculaires  pendant  vingt  ou  vingt-deux  heures  dans  la  solu- 
tiou  acidulée. 

DévehppemefU.  ^  Le  mode  d'évolution  des  fibres  lisses  est  peu  connu. 
Nous  nous  retrouvons  ici  en  présence  des  deux  théories  à  l'aide  desquelle» 


PROPRIETES  DES  MUSCLES  LISSES.  81 

on  a  cherché  à  expliquer  le  développement  des  muscles  striés.  —  D'après 
i  école  allemande,  les  fibres  fusiformes  auraient  pour  origine  les  cellules 
embryonnaires  qui  s'allongeraient  en  même  temps  que  leurs  parties  conte- 
nante et  contenue  se  transformeraient  en  une  substance  homogène.  —  Selon 
M.  Rouget,  les  muscles  lisses  existeraient  primitivement  et  indépendamment 
ilrs  cellules  embryonnaires.  Constitués  d'abord  par  un  petit  nombre  de 
r<(is4:eau\  et  de  fibres,  ils  s'accroissent  par  voie  de  segmentation  des  uns 
ri  des  autres.  Lorsqu'ils  deviennent  le  siège  d'une  hypertrophie  acciden- 
lillc  ou  normale,  comme  la  tunique  musculaire  de  l'utérus,  leur  accrois- 
sement de  volume  serait  dû  aussi  à  la  segmentation  et  à  la  multiplication  de 
leurs  tlbres. 

De  ces  deux  opinions,  ni  l'une  ni  l'autre  ne  repose  sur  un  ensemble  de 
Taits  qui  la  démontrent.  La  première  n'est  pas  confirmée  par  l'observation  ; 
car  entre  les  cellules  rondes  ou  primitives,  et  les  fibres  fusiformes,  on  devrait 
trouver  des  cellules  intermédiaires;  or,  on  ne  voit  nulle  part  ces  cellules  de 
transition.  La  seconde  n'est  aussi  qu'une  hypothèse.  Aucun  observateur,  jus- 
qu'à présent,  n'a  pu  constater  la  segmentation  des  fibres  lisses. 

M.  Ch.  Robin  pense  que  ces  fibres  ont  pour  point  de  départ  les  noyaux 
tinbryonnaires ,  aux  deux  pôles  desquels  elles  se  développeraient  par  voie 
(le  germination.  Cette  théorie  me  paraît  la  mieux  fondée.  Sur  l'utérus 
«)b*ervé  dans  le  cours  de  la  grossesse,  on  voit  une  foule  de  noyaux  portant 
au\  deux  extrémités  du  môme  diamètre  un  vestige  de  fibre;  et  la  transi- 
'ion  entre  ces  fibres  naissantes  et  les  fibres  complètement  développées  est 
établie  par  une  longue  série  de  fibres  intermédiaires. 

§  5.  —  Propriétés  des  muscles  lisses. 

Otmme  celles  des  muscles  striés,  elles  se  divisent  en  deux  ordres  :  pro- 
{►riétés  physiques,  propriétés  vitales. 

A.  —  ProprléMs  phytl^Dea« 

lAialeury  consistance,  élasticité,  extensibilité,  telles  sont  les  propriétés 
physiques  que  nous  a  présentées  le  système  musculaire  de  la  vie  animale  ; 
W\k*i  sont  celles  aussi  que  nous  offre  le  système  musculaire  de  la  vie 
oryanique. 

La  couleur  des  muscles  viscéraux  n'est  pas  rouge,  mais  d'un  blanc 
<endré  ou  grisâtre,  assez  semblable  à  celle  des  muscles  extérieurs  lorsqu'ils 
«•nt  été  immergés  dans  l'eau  ou  hydrotomiés.  Il  résulte  de  ce  défaut  de 
cilorttion  que,  par  leur  aspect,  ces  muscles  diffèrent  très-peu  du  tissu 
cunjonctif  et  du  tissu  élastique,  avec  lesquels  ils  semblent  se  confondre. 
Ursqu'on  se  contente  de  les  examiner  à  l'œil  nu,  rien  ne  distingue  les  fibres 
musculaires  du  dartos,  des  conduits  excréteurs,  dos  artères,  des  veines,  etc. 
'i'*^  fibres  très-âifférentes  qui  les  entourent.  Les'  réactifs  et  le  microscope 
^uU  ont  pu  nous  tirer  de  l'incertitude  où  nous  a  si  longtemps  laissés  à  cet 
•-w'ard  rinsufllsanre  de  nos  sens. 

II.  —  6 


82  MYOLOGIE. 

Quelques  muscles  lisses  possèdent  cependant  une  coloration  rosée  ou  n»u- 
gcfttre,  ainsi  qu'on  peut  le  constater  sur  les  fibres  de  la  face  antérieure  de 
la  vessie ,  sur  celles  qui  longent  la  petite  courbure  de  l'estomac,  sur  If 
plan  longitudinal  du  rectum.  Mais  cette  teinte  s'aflaiblit  et  disparaît  a 
mesure  qu'on  se  rapproche  de  la  suface  interne  des  viscères  ;  la  courhr 
musculaire  profonde  de  la  vessie,  de  l'estomac,  du  rectum,  contraste  singu- 
lièrement  sous  ce  point  de  vue  avec  leur  couche  superficielle. 

La  consistance  de  ces  muscles  présente  une  fermeté  dont  ils  sont  rede- 
vables en  partie  à  leurs  fibres,  en  partie  à  leur  charpente  celluleuse,  et  en 
partie  aussi  à  l'entrecroisement  des  faisceaux  qui  les  composent  Pour  juciT 
des  avantages  qu'ils  retirent  de  cet  entrecroisement  au  point  de  \ue  de  h 
résistance,  il  suffit  de  comparer  la  couche  plexiforme  sous-muqueu»*  de 
l'estomac  et  des  intestins  au  plan  longitudinal  ou  au  plan  circulaire  de  li 
couche  sous-séreuse  ;  la  première,  bien  que  beaucoup  plus  mince,  est  douir 
d'une  force  de  résistance  très-supérieure  à  celle  que  possède  chacun  de  <v« 
plans.  Dans  les  muscles  à  fibres  striées,  la  résistance  est  en  raison  du  nombiv 
des  fibres  ;  dans  les  muscles  lisses,  elle  est  due  beaucoup  moins  aux  fibrf^ 
elles-mêmes  qu'à  leur  mode  d'arrangement.  Lorsque  les  viscères  dont  û- 
font  partie  se  distendent,  ils  opposent  donc  à  la  cause  qui  les  dilate  det:\ 
forces  Irès-difTérentes  :  une  force  toute  physique  ou  passive,  qui  est  ccm-i- 
dérable  lorsqu'on  la  compare  à  leur  peu  d'épaisseur,  et  une  force  vitale  •*.. 
acti\o,  A  l'aide  desquelles  ils  réagissent  contre  l'effort  dilatateur. 

L'extensibilité  est  une  de  leurs  propriétés  les  plus  remarquables.  Uiv  « 
ici  pour  attributs  l'étendue  très-considérable  qu'elle  présente,  et  la  rapidri** 
avec  laquelle  elle  peut  être  mise  en  jeu. 

IH)ur  a\oir  une  juste  idée  de  son  étoudue,  il  faut  comparer:  l'estomac  \'u\f 
t*t  fortement  rétracté  à  l'estomac  plein  et  occupant  la  plus  grande  partir- 
de  la  ca\ité  abdominale  ;  les  intestins  dont  les  {>arois  sont  an'ai>i>«VH  rt 
flottantes  aux  intestins  fortement  mt-téorist-s;  la  \essie  ratatinée  derrirr>: 
les  pubi^  'X  la  \essie  dilatée,  rt*mpUssant  la  caulé  pelvieune  et  rem<mtdiit 
\t'rs  l'ombilic;  les  uretères  A  1  état  normal,  égalant  à  peine  le  volume  d  u:if 
plume  d'oie,  aux  uretères  atteignant  presque  le  calibre  de  l'intestin  gn  > 
dans  certaines  rétentions  d'urine.  11  resuite  de  cette  grande  eitensibi!.'» 
dt»s  muscles  creux,  qu'ils  ne  sauraient  se  dilater  tous  a  la  fdis;  la  caiile  d" 
1  alHiomen,  bien  qu  elle  s«>it  InH-dîlataM»»,  refuserait  de  se  prêtera  une  tm- 
plitiou  au>M  générale;  le  \olume  de  1  estomac  diminue  lorsque  celui  df? 
iutt*>tins  et  de  U  \essie  au^meiite  ;  il  y  a,  sous  ce  rapport ,  une  sorte  d  anu- 
Koni^me  entre  U^  \isi'eres  de  la  moitié  supérieure  et  ceux  de  la  m« •!'.«* 
inferieurt*  de  U  cavité  abtlominale. 

Les  nivi^*l«*s  \is4  »»raux  |Ki>M*nt  quelqueft»is  brusquement  de  l  état  de  n»lr*  î 
à  une  dilal^tt*  u  (»'us  «mi  m<>iiw  grauile  :  c\st  ce  qui  a  lieu  p«Hjr  l'e^tiMDi  . 
.1  U  s'.iiîe  d  une  o»:»:eu?e  îiue^tion  de  liq  .ide<:  p«mr  les  ii2t(*>tin5,  s«ius  1 1::- 
tlui'ii*  e  d  uu  ctrin^î-meiit  hornuire  :  p*  ur  U  \e<sie,  li»rsqu  <m  la  dilate  ar»i- 
hcie  i«*uKui  :  j'^ur  U*  Kr^ium  ei  U*  p«'ui*,  lor5«^ue  les  déchirure»  de  rarer'ir*- 
o«.iM»4«.>iine:it  une  uitiltr«tK>u  d  urine;  pour  les  parois  de»  reines,  l«irv)u  un 
vlx-lM*^  »o^'j'*'*f  AU  [••i'^^a-f»'  du  »<in^,  etc. 


PROPRIETES  DES  MUSCLES  LISSES.  83 

Si  Textensibilité  est  mise  en  jeu  par  une  cause  d'une  action  plus  lente, 
mais  indéfiniment  prolongée,  deux  phénomènes  opposés  peuvent  se  pro- 
duire. Tantôt  les  muscles  luttent  d'énergie  contre  la  cause  qui  les  dilate,  et 
alors  ils  s'hypertrophieat  :  c'est  ce  qui  a  lieu  pour  la  couche  musculaire 
de  la  vessie  et  des  uretères  chez  les  vieillards  affectés  de  rétention  d'urine, 
d  pour  celle  des  veines  chez  les  individus  affectés  de  varices.  Tantôt  ils 
>  atrophient  au  contraire  ;  la  trompe  utérine ,  oblitérée  à  son  orifice  interne 
l't  transformée  en  kyste,  la  vésicule  biliaire  oblitérée  aussi  à  son  orifice  et 
dilatée  parle  liquide  exhalé  de  ses  parois,  etc.,  sont  autant  d'exemples  de 
1  atrophie  qui  se  produit,  lorsque  l'extensibilité  des  muscles  a  été  portée  ou 
delà  de  ses  limites  naturelles. 

Vélasticitéy  dont  l'importance  a  été  généralement  méconnue,  est  pro- 
portionnelle à  l'extensibilité.  Elle  prend  par  conséquent  une  part  considé- 
rable au  retrait  des  viscères.  Ce  n'est  que  sur  le  cadavre  qu'on  peut  en 
apprécier  toute  l'étendue,  parce  qu'elle  se  trouve  alors  isolée  et  dégagée, 
en  quelque  sorte,  des  propriétés  qui  compliquent  son  étude  pendant  la  vie. 
1^,  si  après  avoir  insufflé  l'estomac,  les  intestins,  la  vessie,  les  vésicules 
^minales,  etc.,  on  ouvre  une  large  issue  à  l'air  atmosphérique,  aussitôt  tous 
ces  viscères  se  rétractent,  et  reviennent  au  volume  qu'ils  avaient  avant 
I  insufQation.  Ce  retour  à  leurs  dimensions  premières  est  dû  uniquement  k 
)«'ur  élasticité.  Sans  doute  les  muscles  n'en  sont  pas  le  siège  exclusif,  mais 
il5  PQ  sont  très-certainement  les  principaux  agents.  Lorsque  ces  organes  se 
dilatent,  ce  n'est  donc  nullement  par  leur  contractilité  qu'ils  réagissent 
d  abord,  c'est  par  leur  élasticité.  De  ces  deux  propriétés,  la  seconde  supplée 
la  première  le  plus  habituellement;  celle-ci  n'intervient  que  de  temps  en 
ir'fflps,  et  s'accuse  alors  par  des  caractères  qui  lui  sont  propres. 

B.  —  PropHéICt  ¥llalM. 

La  contractilité  est  pour  les  muscles  lisses,  conmie  pour  les  muscles  striés, 
leur  propriété  la  plus  caractéristique,  celle  qui  domine  toutes  les  autres. 
Les  phénomènes  qui  se  produisent  pendant  la  contraction  dès  premiers 
ne  diffèrent  pas  du  reste  de  ceux  qu'on  observe  pendant  la  contraction  des 
3**conds.  De  part  et  d'autre,  on  voit  les  fibres  musculaires  se  raccourcir,  le 
muscle  augmenter  d'épaisseur,  et  sa  consistance  passer  de  la  mollesse  qui 
lui  est  propre  à  une  dureté  plus  ou  moins  grande. 

Mais  si  les  phénomènes  concomitants  ne  diffèrent  pas,  le  mode  de 
i-'iotractilité  diffère  beaucoup.  Soumis  à  l'action  des  excitants,  les  muscles 
»lriés  se  contractent  presque  aussitôt,  arrivent  vivement  à  leur  maximum 
de  raccourcissement,  et  reviennent  avec  la  même  vivacité  à  leur  longueur 
première  dès  qu'on  suspend  l'excitation.  Placés  sous  l'influence  des  mêmes 
igents,  les  muscles  lisses  se  montrent  d'abord  peu  sensibles  à  leur  action  ; 
puis  ils  se  contractent  avec  une  force  et  une  vitesse  croissantes;  et  si  l'on 
retire  l'excitant,  la  contraction  continue  quelque  temps  encore,  en  dimi- 
nuant peu  à  peu  d'intensité.  —  Ainsi,  d'un  côté,  la  contraction  commence 
^t  finit  avec  l'excitation;  le  raccourcissement  est  rapide,  l'allongement 


8^  IIYOLOGIE. 

rapide  aussi  :  ~  de  Taulre,  la  contraction  se  fait  attendre,  et  funit  quelqi:*»* 
instants  au  retrait  de  l'excitant  ;  elle  est  plus  lente,  plus  prolong<^> .  cr<*it  et 
décroît  graduellement.  En  outre,  sur  quelques  o^nnes,  comme  1  intt'^ti'), 
elle  occupe  un  espace  plus  étendu  que  le  point  excité ,  et  s  opère  d  un- 
manière  successive,  ou  de  proche  en  proche,  comme  chei  certains  in%«*r* 
téhrés,  d'où  le  nom  de  contraction  vermiculaire  sous  lequel  elle  est  tlnr^ 
désignée. 

Le  mode  d'excitahilité  est  très-différent  aussi  pour  les  deux  s}»!!^!!)*-- 
musculaires.  Nous  avons  tu  que  les  muscles  de  la  \ie  animale  se  contrtct»!it 
rivement  et  en  masse  lorsque  l'excitation  est  portée  sur  les  nerfs  moteon: 
faihiement  au  contraire,  et  partiellement,  lorsqu'elle  porte  sur  leurs  fibnr». 
Les  muscles  de  la  ne  organique  se  comportent  d'une  manière  diamctral*- 
ment  opposée  :  leurs  contractions  sont  faibles  lorsque  l'excitant  est  appliquer 
à  leurs  nerfs  ;  beaucoup  plus  accusées  lorsqu'il  est  appliqué  directement  4 
leur  surface. 

A  ces  différences,  vient  s'en  ajouter  une  dernière  bien  autrement  imp«T- 
tante.  Les  organes  actifs  de  la  locomotion  sont  subordonnés  à  l'empire  d*-  U 
volonté  ;  leurs  contractions  sont  lentes  ou  rapides,  faibles  ou  fortes,  «4iutf  • 
nues  ou  intermiîtenies;  elles  se  modifient,  en  un  mot,  comme  la  %ulonv 
dont  elles  reproduisent,  pour  ainsi  dire,  toutes  les  fluctuations.  Les  mu^A  U  « 
viscéraux  échappent  au  contraire  à  son  influence,  d'où  la  distinction  «i*  r 
deux  systèmes  musculaires  en  volontaire  et  involontaire.  Tous  deux  cep** r.- 
dant  sont  subordonnés  au  centre  nerveux  ;  mais  sur  celui  de  la  vie  animai 
son  action  est  directe  ;  il  commande  et  les  muscles  obéissent.  Sur  celui  d* 
la  vie  organique,  elle  est  indirecte  ou  consécutive  aux  impressions  parti*  « 
des  viscères,  impressions  dont  nous  n'avons  pas  la  conscience;  après  a\<  .r 
re^*u  une  impression,  l'axe  cérébro-spinal  réagit  sur  les  muscles  anne\»>  ^ 
ceux-ci,  en  sorte  qu elle  semble  se  réfléchir,  en  quelque  sorte,  de  Ion:.)* • 
central  vers  son  point  de  départ  :  c'est  à  cette  action  indirecte  qu  on  a  don:M 
le  nom  d'acti(m  réflexe.  Considérés  dans  leur  relation  avec  le  centre  ner%e  .\. 
il  existe  donc  entre  les  deux  systèmes  musculaires  celte  différence  ft>n<ij 
mentale,  que  l'un  est  subordonné  sans  condition  à  son  influence,  et  q'^' 
l'autre  ne  lui  est  subordonné  qu'à  la  condition  d'un  appel  préalable. 

La  tonicité  a  re<;u  des  attributions  qui  lui  sont  propres,  et  qui  ue  ixr. 
mettent  de  la  confondre,  ni  avec  la  contractilité,  ni  a\ec  l'élasticité,  l  - 
est  spécialement  chargée  de  présider  au  resserrement  des  viscères,  au\q  i* .« 
elle  communique  une  tendance  continuelle  ù  revenir  sur  eux-mêmes,  rt  ^ 
trouve  ainsi  dans  un  état  d'antagonisme  constant  avec  les  substance'^  q  .. 
les  parcourent.  Ix)rsqu'ils  sont  dilatés  par  ces  substances,  t''e»t  la  Umu  i\' 
qui  applique  leurs  parois  à  celles-ci,  et  qui  les  maintient  dès  le  début  il- 
leur  dilatation  dans  un  état  de  tension.  C'est  à  la  tonicité  qu'est  due  r«Hi-! . 
siou  des  orilices  de  l'estomac  après  l'ingestion  des  matières  alimetiiair'^. 
C'est  elle  qui  tient  aussi  sous  sa  dépendance  le  sphincter  de  la  vessie,  t*l  q  . 
permet  aux  urines  de  s'accumuler  temporairement  dans  ce  réservoir. 

1^  tonicité  est  dont*  iM)ur  les  muscles  lisses,  comme  pour  les  mu^  •« 
striés,  une  force  constante.  Klle  diffère  sous  ce  point  de  vue  de  la  cootra  - 


PROPRIÉTÉS  DES  MUSCLES  LISSES.  85 

dlité,  qui  n'Intervient  que  de  temps  en  temps,  dans  un  but  déterminé.  Ainsi, 
par  exemple,  pendant  la  digestion  stomacale,  les  parois  du  viscère  étant 
appliquées  aux  substances  aliment^res  par  la  tonicité,  celles-ci  s'imprègnent 
du  suc  gastrique  destiné  à  les  dissoudre  ;  lorsqu'elles  en  sont  suffisamment 
imbibées,  la  contractilité  intervient  pour  déplacer  les  matières  ingérées,  en 
ri>roulant  les  superficielles  vers  le  centre,  et  en  ramenant  les  centrales  vers 
la  superficie.  Ce  but  atteint,  elle  cesse  d'agir  jusqu'au  moment  où  les  nou- 
velles couches  superficielles,  pénétrées  par  la  liqueur  dissolvante,  devront 
être  à  leur  tour  remplacées  par  d'autres.  —  Ces  deux  propriétés  sont  placées 
>ous  la  dépendance  du  système  nerveux.  Après  leur  paralysie,  les  muscles 
(reu\  n'ont  plus  aucune  tendance  à  se  rétracter:  c'est  pourquoi  chez  les 
{paraplégiques,  il  y  a  incontinence  d'urine  ;  c'est  pourquoi  aussi  après  la  mort 
les  parois  des  viscères  sont  flasques  et  flottantes,  et  non  plus  tendues  comme 
elles  l'étaient  pendant  la  vie. 

La  tonicité  se  rapproche  de  l'élasticité  par  la  permanence  de  son  action. 
Os  deux  forces,  pendant  la  vie,  se  trouvent  toujours  associées  ;  la  mort  les 
M^pare  en  supprimant  Tune  et  respectant  l'autre,  qui  persiste  autant  que 
liolégrité  des  muscles. 

La  sensibilité  des  muscles  viscéraux  est  fort  obscure.  Celle  des  muscles 
>lriés  s'accuse  par  la  sensation  de  fatigue  que  déterminent  des  exercices 
\ioleDts  ou  trop  prolongés,  par  la  douleur  qui  succède  à  leur  déchirure,  par 
celles  surtout  qu'occasionnent  Jes  crampes  et  le  rhumatisme.  La  sensibilité 
des  muscles  lisses  ne  se  révèle  dans  aucune  de  ces  conditions  d'une  manière 
bien  manifeste.  Mais  remarquons  que  les  circonstances  pouvant  contribuer 
à  déterminer  la  sensation  de  fatigue,  sont  aussi  rares  pour  eux  qu'elles  sont 
fréquentes  pour  ceux  de  la  vie  animale.  Ces  derniers  étant  soumis  à  l'in- 
fluence de  la  volonté,  nous  pouvons  prolonger  leur  exercice  et  le  pousser 
jusqu'à  l'abus,  c'est-à-dire  Jusqu'à  fatigue;  les  autres,  étant  involontaires. 
De  se  trouvent  exposés  ni  aux  mômes  excès,  ni  aux  conséquences  qu'ils 
entraînent.  Peut-Ôtre  cependant  pourrait-on  rapporter,  en  partie  au  moins, 
A  cet  ordre  de  sensation,  le  sentiment  de  malaise  qui  se  produit  pendant 
le^  efforts  du  vomissement,  et  ces  douleurs  si  vives  qui  accompagnent  chez 
U  femme  les  violentes  contractions  de  l'utérus  au  moment  de  l'accouche- 
ment.  Peut-être  aussi  convient-il  d'y  rattacher  le  sentiment  de  satiété  qui 
l'oîDcide  avec  la  distension  de  l'estomac,  le  sentiment  d'angoisse  qu'on 
observe  chez  les  individus  affectés  de  rétention  d'urine,  lorsque  la  vessie  est 
Molenunent  distendue,  la  douleur  qui  résulte  du  météorisme  des  intes- 
tins, etc. 


CHAPITRE  II. 


DES  MUSCLES  STRIÉS  EN  PARTICULIER. 


Les  muscles  peuvent  être  divisés,  d'après  la  situation  qu'ils  occupent,  en 
muscles  de  la  ti^te,  muscles  du  cou,  muscles  du  tronc,  muscles  des  membn> 
supérieurs,  muscles  des  membres  inférieurs.  C'est  dans  cet  ordre  que  oou^ 
allons  procéder  à  leur  étude. 


ARTICLE   PREMIER. 

MUSCLES  DE  LA  TÊTE. 

Les  muscles  de  la  l^te  forment  onze  régions  qui  président  chacune  au 
mouvement  d'un  organe.  Ces  onze  régions  ou  groupes  secondaires  sont,  t*ii 
procédant  de  la  partie  supérieure  vers  la  partie  inférieure  de  l'extrémitt' 
céphalique  : 

1^  La  région  auriculaire,  qui  comprend  les  muscles  préposés  aux  mouve- 
ments du  pavillon  de  l'oreille. 

2^*  La  région  épicrânienne,  qui  comprend  les  muscles  préposés  aux  m(»u- 
vemeuts  du  cuir  che\elu. 

3®  La  région  surciliére,  composée  de  deux  muscles,  le  pyramidal  et  \v 
sourcilier,  destinés  à  mouvoir  les  sourcils  et  les  téguments  compris  dau^ 
leur  intervalle. 

U^  La  région  palpébrale,  composée  aussi  de  deux  muscles,  dont  l'un  fermt 
Toriflce  palpébral,  que  l'autre  dilate. 

ô**  La  région  oculaire,  composée  des  muscles  qui  président  au\  mouve- 
ments du  globe  de  l'œil. 

6*  l^  région  nasale,  composée  des  muscles  beaucoup  plus  délié»,  qui 
président  aux  mouvements  de  l'aile  du  nez. 

V  La  région  labiale  superficielle,  composée  des  muscles  qui  ont  p4'iir 
destination  commune  de  dilater  l'orifice  buccal. 

S"*  La  région  labiale  profonde,  composée  des  muscles  qui  ont  au  c<>ntrairt' 
pour  attribution  de  resserrer  cet  orifice. 

9**  La  région  mentonnière,  composée  de  deux  muscles  destinés  à  mou%c*ir 
les  téguments  du  menton. 

10*  La  région  temporo-maxillaire,  composée  des  muscles  qui  impriment 
H  la  mâchoire  inférieure  un  mousemcnt  d'éhWation* 

il"  La  région  ptérygoïdienne,  composée  des  muscles  ptérygoïdiens,  qui 
impriment  à  cet  os  des  mouvements  de  latéralité,  et  qui  Jouent  à  l'égani 
des  aliments  le  rOle  de  triturateurs. 


MUSCLES  DE  LA  TÊTE.  87 

§  1".  —  Muscles  moteurs  du  pavillon  de  l'oreille. 

Au  oombre  de  quatre.  Trois  viennent  s'attacher  au  pavillon  de  l'oreille  : 
re  sont  les  moscles  auriculaires,  qu'on  distingue  d'après  leur  situation,  en 
p^istérieur,  supérieur  et  antérieur.  Le  quatrième,  qui  a  été  entrevu,  mais 
lion  décrit,  recouvre  la  moitié  antérieure  de  la  tempe  :  je  le  désignerai  sous 
te  nom  de  mttsclê  tempoml  superficiel  (fig.  236). 

Prrpnratwn.  —  Cette  préparation  est  difficile  ;  le  muscle  temporal  superficiel  surtout  ne 
r^-nt  t'trv  convenablement  préparé  que  par  une  main  très-exercée  dans  l'art  de  la  dissection. 
Du  reste,  pour  prendre  une  notion  exacte  et  complète  des  muscles  de  cette  r^gion^  il  est 
•i  .ih^4ilue  nécessité  de  faire  deux  préparations,  l'une  qui  les  montre  par  leur  face  superficielle^ 
cl  1  autre  par  leur  face  profonde. 

Dans  le  premier  mode  de  préparation,  on  laisse  les  quatre  muscles  en  place,  et  l'on  se 
■■•»nif  Ml»*  d'enlever  la  peau  qui  les  recouvre.  Pour  atteindre  ce  but,  il  convient  :  1°  de  raser 
\r  «uir  (bcvelu;  2»  de  faire  sur  les  téguments  une  incision  verticale  qui  viendra  tomber  sur 
I*  |«u\ilIon  de  roreille  ;  on  procédera  à  cette  incision  avec  beaucoup  de  ménagement,  le 
mixW  auriculaire  supérieur  se  trouvant  immédiatement  au-dessous;  3^  soulever  la  lèvre 
l"<rru'ure  de  l'incision,  puis  disséquer  les  téguments  qui  recouvrent  la  partie  correspon- 
'îititi'  t\v  l'auriculaire  supérieur,  l'auriculaire  postérieur,  et  lo  muscle  occipital;  k°  soulever 
h  Uxr»*  opposée  de  l'incision,  et  détacher  les  téguments  d'arrière  en  avant,  de  manière  à 
m»  Un-  fil  évidence  l'autre  moitié  de  l'auriculaire  supérieur,  et  tous  les  muscles  peauciers  qui 
^  {'"luirai  a  la  moitié  antérieure  de  la  tempe. 

\.t  MH'ond  mode  de  préparation  consiste  à  enlever  toute  une  moitié  des  téguments  du  crâne 
«^41-  les  muscles  sous-jacents  et  le  pavillon  de  l'oreille.  On  se  confonnera  alors  aux  règles 
jui  suivent  :  l»  raser  le  cuir  chevelu,  et  faire  sur  la  ligne  médiane  une  longue  incision  qui 
^«-(•ndra  de  la  racine  du  nez  h  l'occiput;  2°  séparer  du  crAnci  les  parties  molles  qui  le 
'TrouTrent,  et  les  renverser  de  haut  en  bas,  puis  les  détacher  complèlcnrent  avec  le  pavillon 
•ir  I oreille,  vt  une  partie  des  téguments  de  la  face;  3°  étaler  le  vaste  lambeau  ainsi  obtenu 
^'jr  une  pluque  de  liégc,  en  le  fixant  a  l'aide  d'épingles  appliquées  sur  sa  circonférence  ; 
'i*  prvjiarer  d'abord  le  muscle  occipital  et  l'aiwnévrosc  très- mince  qui  se  prolonge  de  ce 
•rtuvlf.  sur  la  face  profonde  de  l'auriculaire  supérieur;  5°  isoler  ensuite  l'auriculaire  poste- 
ra ur.  puis  Taurirulaire  antérieur  et  le  temporal  superficiel,  ainsi  que  le  frontal  et  l'aponé- 
Tn<«<'  épirrânienne. 

I'  —  Avrlcnlalrc  postérlear. 

O  muscle  est  formé,  le  plus  habituellement,  de  deux  petits  faisceaux, 
lun  supérieur,  l'autre  inférieur.  Dans  quelques  cas,  assez  rares,  ceux-ci  se 
réunissent.  Plus  rarement  encore,  l'un  d'eux  se  dédouble,  en  sorte  qu'il 
»'\iste  alors  ua  faisceau  principal  et  deux  faisceaux  accessoires. 

Les  deux  faisceaux  de  l'auriculaire  postérieur  s'étendent  horizontalement 
au  pavillon  de  l'oreille  sur  la  portion  mastoïdienne  du  temporal,  dont  l'in- 
férieur dépasse  quelquefois' les  linûtes  pour  s'avancer  jusque  sur  l'occipital. 

Intertions,  —  Par  leur  extrémité  antérieure,  ccsdcux  faisceaux  s'attachent 
<t  la  convexité  de  la  conque  du  pavillon,  au  ni«êau  de  l'angle  que  forme 
<'elte  conque  avec  le  temporal.  De  cette  origine, ''ils  se  portent  parallèlement 
•'n  arrière  et  en  dedans,  pour  aller  se  fixer  :  le  supérieur,  à  la  portion  mas- 
t<>îdienne  de  cet  os  ;  l'inférieur,  quelquefois  à  la  môme  portion,  mais  le  plus 
J<)u\enl  sur  l'aponévrose  d'insertion  du  stemo-mastoïdien.  —  Ce  second 
faisceau  présente,  du  reste,  de  fréquentes  variétés.  Chez  certains  individus, 
il  e^t  court  et  s'attache  immédiatement  au-dessous  du  précédent.  Chez 
d autres,  il  s'étend  très-loin  :  Je  l'ai  vu  se  prolonger  jusqu'au  tendon  du 
trapèze;  il  comprend  alors  deux  faisceaux  distincts,  réunis  par  une  large 


MUSCLES  DE  LA  TÊTE.  89 

qu'à  l'état  rudîmen taire,  le  mouvement  qu'il  imprime,  et  la  dilatation  qui 
eD  est  le  résultat  sont  l'un  et  l'autre  à  peine  sensibles. 


II.  —  Anrtcalalrc  topérteor. 

L'auriculaire  supérieur  est  le  plus  important  des  trois  muscles  qui  vien- 
nent s'attacher  au  pavillon  de  l'oreille.  Situé  sur  la  moitié  postérieure  de 
la  tempe,  immédiatement  au-dessus  du  pavillon  de  l'oreille,  vertical,  large 
et  mince,  il  revêt  la  figure  d'un  triangle,  dont  le  sommet  tronqué  se  dirige 
vil  bas. 

Insertions.  —  Par  son  extrémité  inférieure  ou  auriculaire,  ce  muscle 
2>  insère  à  la  conyexité  de  la  fossette  de  l'anthélix,  et  Ol  la  partie  correspon- 
dante de  l'hélix,  à  l'aide  d'une  lamelle  fibreuse,  de  couleur  grisâtre,  large 
«ie  15  à  18  millimètres.  A  cette  lame  fibreuse  succèdent  des  faisceaux  mus- 
culaires, aplatis,  très-étroits,  et  légèrement  divergents ,  qui  se  dirigent  de 
bas  en  haut  pour  s'attacher  supérieurement  à  l'aponévrose  épicrûnienne. 

Rapports,  —  Sa  face  externe  est  recouverte  par  une  lamelle  aponévrotique 
Iri^s-mince  et  par  la  peau.  Sa  face  interne  repose  dans  toute  son  étendue  sur 
1  aponévrose  épicr&nienne  qui  vient  se  fixer ,  de  chaque  côté ,  à  la  face  pos- 
têrieore  du  pavillon  de  l'oreille,  et  qui  se  confond  au  niveau  de  son  attache 
a>e€  le  sommet  du  muscle.  —  Son  bord  postérieur,  verticalement  ascendant, 
longe  le  bord  supérieur  du  muscle  occipital.  —  L'antérieur,  oblique  en  haut 
rt  en  avant ,  correspond  inférieurement  au  muscle  auriculaire  antérieur, 
a\ei-  lequel  il  se  continue  en  partie,  et  supérieurement  au  muscle  temporal 
^upcrficie],  dont  le  sépare  une  intersection  fibreuse.  La  branche  postérieure 
de  Tartëre  temporale  repose  sur  ce  bord. 

Ce  muscle  a  pour  usages  :  i®  d'imprimer  au  pavillon  de  l'oreille  un  très- 
faible  mouvement  d'élévation,  d'où  le  nom  de  muscle  élévateur,' 90Ui  lequel 
il  a  été  désigné  par  un  grand  nombre  d'auteurs;  2^  de  dilater  légèrement 

'•<")t.  »  7.  Faisceau  supérieur  dn  muscle  temporal  superficiel,  situé  sur  le  prolongement  des 
•••-ui  feuillets  émanés  du  muscle  occipital.  —  8.  Faisceau  inférieur  du  temporal  superficiel, 
itui  a  l'auriculaire  antérieur  par  l'intermédiaire  d'une  lame  fibreuse  qui  fait  partie  de  Tapo- 
j'Trose  épicrâoienne.  —  9.  Muscle  frontal.  —  10.  Muscle  pyramidal.  —  11.  Ligne  établis- 
^ni  les  limites  respectives  du  frontal  et  du  pyramidal.  —  12.  Muscle  orbiculairc  des  pau- 
jxtrt^s.  -^  13.  Faisceau  supérieur  et  interne  de  ce  muscle,  qui  s'insère  en  baut  aux  téguments 
«ii-  la  \iie  du  sourcil  et  qui  a  été  considéré  a  tort  comme  une  dépendance  du  frontal.  — 
U-  TfndoG  de  Torbiculaire.  —  15.  Muscle  élévateur  commun  superficiel  de  l'aile  du  nez  et 
«It  la  lèvre  supérieure.  — 16.  Muscle  élévateur  commun  profond.  —  17.  Grand  zygomatique. 
—  18.  Petit  zygomatique.  — 19.  Muscle  canin.  —  20.  Faisceau  musculaire  innominé,  se 
l'f'l'^ngfant  en  bas  jusqu'à  la  muqueuse  gingivale  a  laquelle  il  s'attache.  —  21.  Muscle  trans- 
^•Tx  OQ  triaoffttlaire  du  nez.  —  22.  Muscle  dilatateur  des  narines.  —  23.  Muscle  buccina- 
t«ur.  —  24.  Muscle  orbiculaire  des  lèvres.  —  25.  Muscle  triangulaire  des  lèvres.  — 
26.  MiLvlc  carré  du  menton.  —  27.  Muscle  de  la  bouppe  du  menton,  vu  par  sa  partie  anté- 
r.rare  ou  sa  base.  —  28.  Partie  du  muscle  peaucier  dont  les  fibres  s'insèrent  a  la  mâchoire 
"i  >  entrerroisant  avec  celles  du  triangulaire.  —  29.  Autre  portion  du  même  muscle  qui 
•^«-isugesoos  le  bord  postérieur  du  triangulaire  pour  aller  constituer  la  partie  supérieure  du 
huM-k  carré.  —  30.  'Troisième  portion  qui  s'applique  au  bord  poslcricur  du  triangulaire  et 
"lui  semble  se  continuer  avec  le  canin  et  le  grand  zygomatique.  —  31.  Risorius  de  Santorini, 
''••nxidéré  aussi  comme  une  dé|)endance  du  peaucier,  mais  représentant  un  muscle  distinct 
i'«flai-ci.  —  32.  Masséler.  —  33.  Muscle  digastrique.  —  H-  Muscle  steruo -mastoïdien.  — 
ai.  Muscle  trapèze. 


V 


.  -  -.  iîjue  dan  tfî»ii^*=-  *m>'**^    "^    -»!«■ 

—  ?it  leo  e\teénûté    infén^iur^       'i     ** 
,  .     -.-':..-.'•-  deU  ïosBeUe  de  l'anib*?'-^'- -     ' 
- .-  .     ^î-î  Anne  lamell»:  dbrena^-    ^ 
.  _-  "     tr^r^   i  celte  Urne  BbnnM»  -Ht-  -■*»• 

,4,-^;^— ■«SKEeiteroeeslteeoo'ert*^  J^   i=*^  ^^^  ««i 

.^j. -.  ^ ipean.Satace  inte"»* '"^"'^   ***^     ''^'  ~"  ^,_ 

,,---^   jMihiiiiirM-   qui  \îent  se  fcwr  -  »*     ~    j^  '         ii-^" 

-  ^^  ci^-JfaofcVoceaie.et  qmsec-^.i^   * ."^  *    ^,,„^- 

irdBiiiascle  ocôpil»!-—  -  "^  "^^  J^'^°^-^r 
M  inférieuremei»!  •■  ^=s--^      ,    aj«-  ««««n. 

«eeo  partie,  et  «ipŒÇC»»^  p^HTn.i"^ 

j.  ^^uc  (me  intewectso»  *•««  "i^-   -*  - 
(û  K?«  Kir  ce  bord.                                .                    ,^ 
or  w»  :  1-  d'impnmer  «a  J-*^  -  *  '^T^n,-  .^i... 
,.fa**tk>o,  d'où  le   ^^^^^J-^''^-  ^;.^^,^.   ^^„^ 


I  Bvnd  nombre    d'«it«a»:  S   m  i 

rimiinuiipre'oiii- —  1'   ""*         ■ 

„    50.  Fùw;e«n  museïlw" 

^__««r  ««**-»»'  »  l>u,oell.iUiU..lM.    -  :      *' 


M'i  Mvoij^c.ir.. 

an  frontal.  Kn  c!>nlinnan!  cl  [H'écirîaiit  \o^  •'\[)(''i'i(.'iKH's,  on  linit  par  tmiiM: 
nnc  liiTin'  nculi't',  sur  laquelle  revcilalcnr  ne  peut  plus  (l('Vt'loj>{)rr  aucM;»- 
conlraclion  aj)[u'('(ial»l(' :  c'est  t'clle  liuMic  qui  in;ii'([uc  les  liiuiles  re>j)eeti\-:- 
(les  (leuv  uinsi  le-,  donl  la  contiiiuilé  e>(  seuleineni  ajjparente  (1). 

/^//)/)o^/v.  —  |,a  lace  aiilérienr*'  du  IVniilal  i-épnud  à  la  peau  qui  lui  e-l  uiii- 
|tai'  un  tisr^u  cellulaire  e\lr('meini'ul  den^e.  —  Sa  lace  ju-olnude  remmiL-  !:• 
péricràii(\  auquel  il  n'adhère  au  contraire  (]ue  par  un  ti>>u  cellulaire  lo/"!'  . 
—  Son  bord  inlerue,  \t'rlical  et  très-court,  se  coulnud  sur  la  lÎL'ne  inedi.ni' 
a\ec  celui  du  côl(''  oppo>(''.  (Jnelquelois  ces  dc\i\  Ijords  ne  >e  louchent  pa-, 
ra[)on»''\  rose  dexend  alors  jusquaiix  muscles  pyrauiidauv  qui  les  sep.irrn' 
inl'érieuremeut.  --  Sou  bord  externe,  {dus  iuin<*e,  et  (d)liquenieul  diriL'»"«[i 
has  et  eu  dedans,  es!  en  ra^qtoil  aNcc  le  inus(  le  teinpnral  >uperfi<i«d.  qii. 
nVn  e>t  le  [dus  iiahiluelleuient  sépare  que  [>.ir  un  trè--iiiiiu'nie  iut«'r\ane. 

.l'7/o/j. —  INiui'  M'  reudrt'  <'ompte  du  ninde  d'aelion  «lu  niusclf  IronLiî,  i! 
sullil  de  C'iu>iderei' (ju  il  pi'cnd  con>l."iTniuent  son  [)oinl  ti\e  >ui'  1  apotuA  rn-^c 
epicriuiienne,  et  (jne  les  tcL^unients  de  l'arcade  surcilièic  auxquels  il  >"iii.->èr" 
inrérieiii-eiiienl  presiuitent  une  Lii'ande  inobililè'. 

Ce  iait  [HiM-,  la  deterrninaliitu  de  ses  usaL:r>  de\ii'u(  i'aiile.  S  il  se  eonîrat  t' 
iudi'.u'îidaunut'ul  du  muscle  ocei[ijtal.  il  ai^il  :  d  une  pari,  siii-  lap^tiiiA  ii.-r' 
l'piiTàuienne  ,  (]u'il  ahai-se  :  de  laulre.  -ni-  le  ^nurcil  et  lf>  lè';^'um«'nt>  df 
I  c-paee  inttuvurc  ilier,  cpi  il  «'dc\e  raih'emeul,  snu  ac(i<in  dant  ali>r>  fh-i  nm- 
po^ee.  Si  le-  di'U\  mu^cl^•^  >e  (  nnlra(  lent  à  la  rMi>,  ra{ion(''\  r"•'^e  M-ra  teudiir 
par  1  occiidlal  :  >on  h(U-d  anli-rifur  di'\  iendra  un  [hmuI  d  ajqaii  ptuir  !«•  l'ujiital. 
r.uit  I  ellel  de>  c<'iiti'aclion>  df  e(dui-ci  m*  repoi'lera  donc  sur  mju  rvtic- 
mite  niidiile  (jui  ^(dè^era  heaiu  nu}»  jdus  :  h'>  teirumenls  du  front  se  pli-^i-- 
rt'Ut  ahtr>  dans  le  -t'u>  trans\ers.al.  11  e>t  facile  île  cou-tater  la  >imulfani'ilf 
d  ai  lii'U  de>  tleux  uui-ile>  au  m-'iucnt  où  ce  pli--t*ment  ?e  produit,  en  appli- 
quant leLTèi-euii-ut  un  dniirt  -ur  rnceipilal  ,  et  un  aiiti-e  >ur  h*  l'roulal  :  dan- 
ee^  c.'i.difions  ,  «mi  pnuria  reniarijuer  :  1"  que  le  mu-cle  ixt-lj-rieur  -e  sou 
le\i'  l.a>(]ue  la  peau  du  fr^ut  >>•  ]di^-e  :  'J  ipi  il  -e  déprime  IiuxjUidle  >.' 
deiili?>e. 

iU'  (•('  fait,  il  rr-ulle  (jue  le  mux  le  ««itipilal.  ^ilnl'•  };i»ur  ain-i  dire  au\ 
aMli[MMlt'-  de  la  {\\ct\  n  e-t  pa>  ci'pe'ida:!!  -an-  iuMuenc''  >ur  le  jeu  de  1.» 
p'iN -iMtiomie.  11  i  mu*  oui  t  a  -'>n  e\pre--i"U  li  lu-  lUn'  certaine  limite,  d  autan- 
plu-  etend'jc  «jur  h-  i  uir  ch<'\e!u  e-^t  plu-  ni"liilt'. 

111  \pone^rosp  éplrrAiiirniir. 

Ti'ltt'  apo!U'^r"-e  e-(  une  Na>(e  I  mw  tibrcii-c  cianuriue  a  t<'U-  les  iiiusidcr 
tqiu"i""ini(".i-.  UK.i-  à  l't  .:  ird  de  la<r.;elle  1«'-  hi!- r,ii:\  ne  ^e  (  omportiuil  pa- 
•  ouuut'  !'•-  auti'îi.'ui?  c*  !,-  ji '-tfi  ieui  ^.  <>-  dci!ii('rs  >.»nt  bilues  ^ur  \c 
uu'uh'  plan,   c!  -r  i  i':i!i:.ut  ni  ii\t'('  r'\'  :  h  -  pri  mit  ;>  lui  -oui  ^u[lerp^^^és. 

Uaïï<   le  >cn-  aul'-i'.' -  p.'.-î''i  ieur.    »  ctti    !  r.U'-   -  rî<  nd   donc   de^   lnu^clL•^ 


MUSCLES  DE  LA  TÈTE.  91 

aiec  l'aponévrose  du  muscle  crotaphite.  —  Son  bord  inférieur  longe  le 
ligament  antérieur  du  pavillon  qui  le  recouvre  un  peu.  —  Son  bord  supé- 
rieur se  continue,  en  partie,  avec  le  bord  correspondant  de  l'élévateur. 

Ce  muscle  a  pou^  usage  d'attirer  en  avant  et  en  haut  le  pavillon  de 
roreille.  U  concourt  aussi  à  la  tension  de  l'aponévrose  épicrânienne. 


IV.  —  Temporal  siiperflclel. 

Ce  muscle  recouvre  toute  la  moitié  antérieure  de  la  tempe  ;  il  offre  par 
t-«ins<'quent  une  assez  grande  surface.  Mais  sa  minceur  est  extrême,  et  telle, 
que  huit  fois  sur  dix,  c'est  à  peine  si  Ton  peut  le  distinguer  à  l'œil  nu.  Très- 
H)u>ent,  malgré  mon  excellente  vue  de  myope,  j'ai  dû  recourir  au  micros- 
cope pour  m'assurer  de  son  existence.  Dans  aucun  cas,  il  n'a  fait  défaut.  F^a 
disposition  qu'il  aflecte  offre,  du  reste,  plusieurs  variétés. 

Le  plus  souvent  il  se  compose  de  deux  faisceaux ,  l'un  supérieur,  l'autre 
inft^rieur.En  l'étudiant  par  sa  face  interne,  on  voit  que  le  faisceau  supérieur 
ie  continue  avec  une  lame  aponévrotique  qui  fait  suite  au  tiers  externe  du 
mtifcle  occipital,  et  que  l'inférieur  se  continue  par  l'intermédiaire  d'une 
intersection  fibreuse  avec  l'auriculaire  antérieur.  Le  premier  faisceau  forme, 
a\e<-  la  partie  correspondante  de  l'occipital,  un  muscle  digastrique  ou  occi- 
fito-temporat;  et  le  second  avec  l'auriculaire  antérieur,  un  muscle  sem- 
biible  qu'on  peut  appeler  auriculo-temporal. 

Chez  certains  individus,  les  deux  faisceaux  existent  ;  mais  le  supérieur  se 
!rMii>e  situé  sur  le  prolongement  de  la  partie  antérieure  de  l'élévateur,  dont 
'iii<>  courte  intersection  fibreuse  le  sépare. 

Supérieurement,  le  temporal  superficiel  se  prolonge  jusqu'au  frontal  :  une 
•iitersection  fibreuse  de  quelques  millimètres  seulement  le  distingue  de  ce 
niiKle.  En  avant,  il  s'étend  jusqu'à  Torbiculaire  des  paupières,  dont  il  ne 
reste  séparé  aussi  que  par  un  très-minimo  intervalle.  Dans  quelques  cas 
-ares  j*ai  vu  son  extrémité  supérieure  s'étendre  jusqu'au  frontal,  s'infléchir 
r.  rs  en  a\ant,  puis  s'ajouter  à  son  bord  externe ,  et  l'accompagner  jusqu'à 
i*<rbiculairc. 

Hapports.  —  En  dehors,  le  temporal  superficiel  n'est  recouvert  que  par  la 
>-aa,  à  laquelle  il  adhère  d'une  manière  intime.  En  dedans,  il  répond  à 
î  ap«>né\T08e  épicrânienne,  qu'il  faut  enlever  lorsqu'on  le  prépare  par  sa  face 
;'n  fonde.  —  Des  quatre  muscles  de  la  région  temporale,  le  postérieur  est 
<l«'uc  le  seul  qui  n'ait  aucun  rapport  avec  cette  aponévrose.  Les  trois  autres 
^•»t  sitm*8  sur  celle-ci  ;  et  tous  trois  lui  sont  unis  par  un  tissu  cellulaire 
'n'Mlense;  tous  les  trois  adhèrent  aussi  très-solidement  à  la  peau. 

U  couche  cutanée,  la  couche  musculaire,  et  la  couche  aponévrotique,  sont 
'umme  soudées  entre  elles,  en  sorte  qutî  tous  les  mouvements  imprimés  à  la 
pîu<  superficielle  se  communiquent  aux  deux  autres  et  se"  passent  en  défini- 
ine  entre  la  couche  profonde  et  la  lame  fibreuse  qui  recouvre  le  muscle 

n^laphite. 

Le  temporal  superficiel  unit  son  action  à  celle  de  l'auriculaire  antérieur 
P"ur  attirer  le  pavillon  de  lureille  en  avant  et  en  haut.  Mais  il  paraît  avoir 


'^-'  NHOLOGIE. 

pour   prirjcii»al  u<ii'^c.  de  tt'iulrc  [v<  parties  anléro-latérales  de  rapoiié\rM-- 
•'■pierâiiieiirie. 

§  2.   —  MrSCLFS   MOTEL'RS   DU    CUIR    CHEVEJ.r.    . 

Au  nombre  fie  quatre,  deux  p(tur  le  eot«''  droit,  et  deuv  pnur  le  roît- 
^au<  lie.  [,('?;  deux  muselé^  du  même  enti'  ré^xnidenl  :  l'un  à  la  [lartie  [iM>tt- 
rieiire  du  cr.'iue,  e  est  Voccipital:  l'autre  à  si  partie  antérieure  ,  re>t  !•' 
(roulai.  IN''uriis  j»ar  laporiéNro.se  épieràtiieiiue  ,  il:;  oui  pu  être  r<ui^idrri> 
ecjmriio  un  muscle  di,Lrastrique ,  qui  a  reçu  le  nom  de  nm-^rle  ocripiUt'finntii. 

Vri'iiiii  iifinn .  —   1"  Pl;i(ir  le  viijft    fliiii>   \r   (l('iiil>il  Ils   :i1mI«»iiiiii<i1  .  «IfVrr    la  l'.tîl:-     ->  i  ■• 
iii'iiic  lin   itoiH  ,  cl   lai^^i-r  lomlnr  la  li'ic.  i'"  lîasi  r  le  tuir  dirvrlu  ;   ;>"   im  isir  la  ]'*  .r*.  ^'.' 
la  Injiif  iiii'didiir  (Icpuis   la  itrntiiltirainf  «m  ciitilalr   tMi'iiir  jiiM|n  a  la  ItnsN,'  iias air  ;    V  î'  i 
IniiiJM'i    MIT  iclic    iiiri^Nioii    aiilfi'(t-|»<tsliTiriii'r   ii)if   iiirisioii   I raiis\ rr>alr  ]iaia!l«ii'    a   la     ;i_i  ■ 

<  (lin  lu-  >ii|niirint'  df   I  nrri|iilal  ;  .')"  vMiilr\ri'    laiii^lc    situt'   an   p'iinl    'le  l'ciiionlii'  ii«>  -ir  .•. 
iiHisinns.  cl  (It'Mii  lier  les  li  uuninil^  di-  drdaiis   en    di'liois,   ru  |»i'H('dant    \i\or  l(fau(.ii|. 
iiK'naui'niiiii  ,  alin  de   in'   i»a.s  divisiT  ra|ioii»''\ rose  ('•|iifiành'iiUi'.    On    arii\fia  ain«-i  ju^-îu  i  . 
nnisrlc  <)((i|iiial,  «jn'on  nniiru  rnni|tlrlrnu'nt  a  (lt''«ou\a  i  i.  (i"  l*onr>ui\  l'f  la  (ll^'^^■i  lion  m    w  n  : 
<•!    i|i    dnlan^   en  d.'lKMs   iH»ni-  ai  ht'Vrr  df   tlironvrlr  j'apoin'vrior  ;   7*'  i\'lotiriicr    i-ii^ii-ît   !■ 

<  ada\H',  i>nis  (li,s>.('riiicr  le  iniisi  le  fioidal  paralUdriiiciit  a  ses  lilncs. 

I.  —  Occipilal. 

<>  muscle  esl  situé  sur  la  partie  supérieure  de  l  occipital.  Aplati,  niiii'e. 
quadrilatère,  il  oll're  une  laru'eur  de  5  à  (i  centimètres,  et  une  hauteur  di 

0  centimètres  en\iron. 

Insertions.  —  Par  son  bord  ijd'érieur,  il  s'altaclu'  auv  trois  quarts  extern»  - 
de  la  lii^Mie  courbe  su[)érieurc  de  l'occipital,  à  l'aide  de  l'aisceanx  tendiiienx 
très-courts  et  a[datis,  sentreuièlanl  au-dessous  de  celle  ligne  u\ec  le  lend'«n 
du  sterno-mastoïdien  et  cidui  du  trapèze.  A  ces  laisceaux  succèdent  dt^ 
libres  musculaires  qui  se  dirigent  en  liant  et  en  dehors,  d'autant  plus  «dili- 
quement  quelles  sont  plus  exlernes.  —  Par  son  l>ord  supérieur,  1  occipital 
se  contiime  aNec  1  a^ionéNrose  ét>icrànienne,  mais  se  comporte  dune  manière 
bien  dilVérenle  en  dedans Ct  en  debors.  Ik'  ses  deux  tiers  interiu-s  naissent 
de  loii-^  rubans  tendineux,  brillants  ei  nacrés,  qu'on  \oit  s'unir  par  h'ur^ 
b(»rds,  et  se  diriger  aussi  en  haut  et  en  dehor>;  ces  l'aisceau.v  i'urment  la 
partie  la  plus  résistante  de  laponé\rose.  De  son  tiers  externe  part  un" 
lame  tibreux^  ([ui  se  partage  au  niNeau  du  nuiscle  auriculaire  supérieur  en 
deux   lèuillels,  dont   lun  recouvre  la  l'ace  culauei'  de  ce  nmscle,  tandis  que 

1  auti'e  b'eniiage  sous  sa  l'aci*  jjrtd'onde  pour  se  porter  \ers  le  temporal 
snperliciel;  ce  second  l'euillet  se  \oit  très-bien  lorsqu'on  étudie  les  muscle- 
étu<r.uiiens  par  leur  lace  interne. 

lidppnrts.  —  La  l'ace  postériein\'  de  ce  musde  esl  recouNcrte  par  la  peau 
qui  lui  a<llière  à  1  aide  d'un  tissu  cellulaire  très-dense.  —  Sa  face  interne  ou 
antérii'ure  recou\re  la  bos>e  occipitale,  et  nue  très-petite  partie  de  la  por- 
tion mastoïdienne  du  tem[)oral;  un  tissu  cellulaire  làciie  lunit  au  péricràne. 
—  Son  bord  interne,  obliiiue  en  liant  et  en  dehors,  esl  réparé  de  celui  du 
c»>te  o[>[io?e   i)ar   un  es[Kice  angulaire,  dont  le  ^onmlel   tronque  regarde  en 


MUSCLES  DR  LA  TÊTE.  93 

bas.  L'intervalle  compris  entre  les  deux  muscles  est  de  6  à  7  centimètres.  — 
N»Q  bord  externe,  presque  horizontal,  répond  à  la  portion  mastoïdienne  du 
temporal  et  au  tendon  de  l'auriculaire  supérieur,  qu'il  croise  à  angle  droit. 
—  .Son  bord  supérieur  répond  au  bord  postérieur  de  l'auriculaire  supérieur, 
f  Q  sorte  que  les  fibres  des  deux  muscles  sont  réciproquement  perpendicu- 
laires. 

V$age.  ^  L'occipital  attire  l'aponévrose  épicrftniennc  en  bas  et  en  arrière, 
et  faTorise  ainsi  l'action  du  frontal,  qui  prend  sur  elle  son  point  d'appui. 
Suivant  que  cette  aponévrose  se  tend  ou  se  relâche,  le  cuir  chevelu  se  meut 
d  avant  en  arrière,  ou  d'arrière  en  avant.  Ces  mouvements,  en  général,  à 
peine  sensibles,  sont  très-manifestes  chez  quelques  individus. 

II.  —  FrODUl. 

Lt's  deux  muscles  frontaux  ont  été  considérés  par  un  grand  nombre  d'au- 
teurs comme  formant  un  muscle  impair,  médian  et  symétrique.  Mais 
1  observation  clinique  et  les  expériences  électro-physiologiques  établissent 
de  la  manière  la  plus  nette  que  ces  muscles  sont  parfaitement  indépendants, 
la  paralysie  de  l'un  n'entraîne  pas  celle  de  l'autre,  ainsi  qu'on  peut  le 
cunstaler  dans  l'hémiplégie  faciale.  Et  si  à  l'exemple  de  M.  Duchenne  (de 
FH)ulogne],  on  les  soumet  tour  à  tour  à  la  galvanisation,  on  voit  que  chacun 
d  eux  reste  isolé  dans  ses  contractions.  Nous  admettrons  par  conséquent  un  « 
fruntal  droit  et  un  frontal  gauche. 

Le  frontal  est  un  muscle  mince  et  large,  de  Ogurc  quadrilatère,  étendu 
de  l'aponévrose  épicrânienne  sur  laquelle  il  prend  son  point  fixe,  vers  les 
téguments  de  l'arcade  surcilière  qui  représentent  son  extrémité  mobile. 

Insertions.  —  11  nait  de  la  partie  antérieure  de  l'aponévrose  épicrânienne 
par  un  bord  convexe,  formant  avec  celui  du  côté  opposé  un  angle  obtus, 
dunt  le  sommet  se  dirige  en  bas.  Ces  deux  courbes  à  convexité  supérieure  se 
dessinent  assez  bien  à  travers  les  téguments  chez  quelques  individus;  elles 
se  trouvent  situées  un  peu  au-dessous  de  la  suture  fronto-pariétale. 

De  cette  origine,  les  fibres  du  muscle  descendent,  les  internes  verticale- 
ment, les  autres  en  suivant  une  direction  d'autant  plus  oblique  en  bas  et  en 
dedans,  qu  elles  sont  plus  externes. 

Panenuesàla  partie  inférieure  du  front,  elles  se  terminent  différemment. 
Us  externes  et  les  moyennes,  beaucoup  plus  nombreuses,  s'entrecroisent 
a>ec  les  fibres  de  l'orbiculairc  des  paupières,  et  avec  celles  du  sourciller  pour 
aller  s'insérer  à  la  peau  du  sourcil. — Les  internes  s'entrecroisent  au  niveau 
de  la  bosse  nasale  avec  celles  du  muscle  pyramidal.  Aucune  ligne  de  démar- 
cation n'accuse  les  limites  respectives  de  ces  deux  muscles,  limites  que 
l'anatomie  est  impuissante  à  démontrer ,  mais  les  expériences  élcctro-phy- 
Ht)]ogiques  de  M.  Duchenne  (de  Boulogne)  les  déterminent  avec  beaucoup  de 
précision.  En  promenant  l'excitateur  sur  les  téguments,  on  remarque  que 
lorsqu'il  ne  dépasse  pas  le  niveau  des  sourcils,  le  mouvement  de  la  peau  a 
lieu  de  haut  en  bas;  dès  qu'il  le  dépasse,  le  mouvement  se  fait  au  contraire 
de  bas  en  haut.  Dans  le  premier  cas,  il  est  dû  au  pyramidal  ;  dans  le  second, 


94  HYOLOGIE. 

au  frontal.  En  continuant  et  précisant  les  expériences,  on  Onit  par  trou^rr 
une  ligne  neutre,  sur  laquelle  l'excitateur  ne  peut  plus  développer  aucune 
contraction  appréciable  :  c'est  cette  ligne  qui  marque  les  limites  respectiu^ 
des  deux  muscles,  dont  la  continuité  est  seulement  apparente  (1). 

Rapports.  —  La  face  antérieure  du  frontal  répond  à  la  peau  qui  lui  est  uni* 
par  un  tisdu  cellulaire  extrêmement  dense.  —  Sa  face  profonde  recou\n'  !i* 
péricrâne,  auquel  il  n'adhère  au  contraire  que  par  un  tissu  cellulain*  lt<  h* . 
—  Son  bord  interne,  vertical  et  très-court,  se  confond  sur  la  ligne  méthri» 
avec  celui  du  côté  opposé.  Quelquefois  ces  deux  bords  ne  se  touchent  (*.-iv 
l'aponévrose  descend  alors  jusqu'aux  muscles  pyramidaux  qui  les  s<*pa^  :.' 
inférieu rement.  —  Son  bord  externe,  plus  mince,  et  obliquement  diritr»  •  :. 
bas  et  en  dedans,  est  en  rapport  avec  le  muscle  temporal  superficiel,  qu. 
n'en  est  le  plus  habituellement  séparé  que  par  un  très-minime  intervalle. 

Action.  —  Pour  se  rendre  compte  du  mode  d'action  du  muscle  frontal,  il 
sufflt  de  considérer  qu'il  prend  constamment  son  point  6\e  ^r  ^ap<)^é\^w- 
épicrânienne,  et  que  les  téguments  de  l'arcade  surcilière  auxquels  il  s'iriM-r^ 
inférieu  rement  présentent  une  grande  mobilité. 

Ce  fait  posé,  la  détermination  de  ses  usages  de\ient  facile.  S'il  se  contrat  :• 
indét^endamment  du  muscle  occipital,  il  agit  ;  d'une  part,  sur  Taponé^n-M* 
épicrânienne ,  qu'il  abaisse  ;  de  l'autre,  sur  le  sourcil  et  les  tégument>  (!•• 
l'espace  intersurcilier,  qu'il  élève  faiblement,  son  action  étant  alors  dé«  i>m- 
*  posée.  Si  les  deux  muscles  se  contractent  à  la  fois,  l'aponévrose  sera  tendur 
par  l'occipital  ;  son  bord  antérieur  deviendra  un  point  d'appui  pour  le  frontal. 
Tout  l'efTet  des  contractions  de  celui-ci  se  reportera  donc  sur  son  eitrr- 
mité  mobile  qui  s'élè\era  beaucoup  plus;  les  téguments  du  front  se  pli?^- 
ront  alors  dans  le  sens  transversaL  11  est  facile  de  constater  la  simultan^itr 
d'action  des  deux  muscles  au  moment  où  ce  plissement  se  produit,  en  appli- 
quant légèrement  un  doigt  sur  l'occipital ,  et  un  autre  sur  le  frontal  ;  daii« 
ces  conditions,  on  pourra  remarquer  :  i"*  que  le  muscle  postérieur  h>  »<»(i- 
lève  lorsque  la  peau  du  front  se  plisse;  2""  qu'il  se  déprime  lorsqu'elle  «< 
déplisse. 

De  ce  fait,  il  résulte  que  le  muscle  occipital,  situé  pour  aiubi  dire*  a  j\ 
antipodes  de  la  face,  n'est  pas  cependant  sans  influence  sur  le  jeu  de  la 
physionomie.  Il  concourt  à  son  expression  dans  une  certaine  limite,  d 'autant 
plus  étendue  que  le  cuir  chevelu  est  plus  mobile. 

III.  —  ApiMirate  «pIcraBlcttBc. 


Dette  aponévrose  est  une  vaste  lame  fibreuse  coDUnune  à  tous  les  mus  !•  « 
épicrâniens,  mais  à  Tégard  de  laquelle  les  latéraux  ne  se  comportent  pa.* 
comme  les  antérieurs  et  les  postérieurs.  Os  derniers  sont  situés  sur  U 
même  plan,  et  se  continuent  avec  elle;  les  premiers  lui  sont  superposés. 

Dans  le  sens  antéro*  postérieur,  cette  lame  s'étend  donc  des  miucle» 

t)  Durliritnf  ;(!(•  lV>ult»<!i)r}»  De  feitrinwt.  locafit^.  1855,  p.  377. 


MUSCLES  DE  LA  TÊTE.  95 

frtiûlaui  aux  muscles  occipitaux.  Sur  la  ligne  médiane,  elle  fait  saillie  en 
aunt  pour  remplir  l'espace  angulaire  que  lui  présentent  les  frontaux.  En 
arrière,  elle  descend  dans  l'espace  angulaire  aussi,  mais  beaucoup  plus 
large,  qui  sépare  les  occipitaux,  pour  aller  s'attacher  à  la  protubérance 
(M'cipilale  et  à  l'extrémité  interne  des  lignes  courbes  qui  partent  de  cette 
saillie.  —  Dans  le  sens  transversal,  elle  se  prolonge  du  pavillon  de  l'oreille 
d  de  l'aponévrose  temporale  d'un  côté,  aux  parties  correspondantes  du  côté 
opposé. 

Ainsi  limitée,  l'aponévrose  épicrânienne  se  présente  sous  la  forme  d'un 
largp  segment  de  sphère,  à  contour  très- irrégulier,  plus  étendu  de  l'un  à 
!  autre  côté  que  d'avant  en  arrière,  en  sorte  qu'on  peut  lui  considérer  :  deux 
races,  l'une  supérieure  ou  convexe,  l'autre  inférieure  ou  concave;  deux 
liurds,  l'un  antérieur,  l'autre  postérieur;  et  deux  extrémités,  l'une  droite, 
l  autre  gauche. 

U  face  convexe  n'est  recouverte  supérieurement  que  par  le  cuir  chevelu 
qui  lui  adhère  partout  de  la  manière  la  plus  intime.  Sur  les  côtés,  elle  se 
(nmve  séparée  de  l'enveloppe  cutanée  par  les  muscles  auriculaire  supé- 
rieur, auriculaire  antérieur,  et  temporal  superficiel,  qui  lui  sont  unis  aussi 
par  un  tissu  cellulaire  extrêmement  dense.  L'auriculaire  supérieur  et  le 
temporal  superficiel,  en  comblant  de  chaque  côté  l'intervalle  compris  entre 
le  frontal  et  roccipital,  forment  avec  ceux-ci  une  courbe  demi-circulaire  et 
autéro-postérieure ,  parallèle  à  celle  qui  limite  la  fosse  temporale.  Cette 
(ourt)e  permet  de  considérer  à  l'aponévrose  épicrânienne  trois  parties  bien 
dilTérentes  :  une  partie  supérieure,  médiane  ou  centrale,  sous-jacente  au 
cuir  chevelu;  et  deux  parties  latérales  ou  temporales,  sous-jacentes  aux 
muscles  de  la  région  auriculaire. 

La  face  concave  repose  en  haut  sur  la  voûte  du  crâne  ;  elle  n'adhère  au 
[lérioste  que  par  un  tissu  cellulaire  lâche  et  filamenteux,  d'où  la  mobilité 
(lu  cuir  chevelu.  Sur  les  côtés,  elle  répond  à  l'aponévrose  du  muscle  crota- 
phite,  sur  laquelle  elle  glisse  avec  la  môme  facilité ,  ses  connexions  cellu- 
lfU}«s  étant  très-lâches  aussi.  Cependant  ce  glissement  de  l'aponévrose 
*'pii-rftnienne  sur  les  parties  sous-jacentes  se  trouve  renfermé  dans  certaines 
limites  qu'elle  ne  saurait  franchir.  Si  l'impulsion  mécaniquement  commu* 
tiiquée  au  cuir  chevelu  l'entraîne  au  delà  de  ces  limites,  les  vaisseaux  qui  la 
traversent  pour  aller  se  ramifier  dans  le  périoste  se  déchirent,  et  l'on  voit 
alors  se  produire  des  épanchements  ou  bosses  sanguines,  dont  le  siège  est 
s<>us-aponévro  tique. 

Le  bord  antérieury  surmonté  dans  sa  partie  médiane  du  prolongement 
jHîrulaire  qui  pénètre  entre  les  deux  frontaux,  décrit  à  droite  et  à  gauche 
df  celui-ci  une  courbe  à  concavité  inférieure  qui  embrasse  le  bord  corres- 
[M-odant  de  ces  muscles.  En  dehors,  il  se  prolonge  sous  l'orbiculairc  des 
paupii^res  qui  lui  est  redevable  aussi  de  sa  mobilité. 

1^  bord  postérieur  fait  saillie  également  entre  les  deux  occipitaux.  De 
chaque  côté  il  donne  attache  à  ces  muscles  en  s'élendant  comme  ceux-ci 
jU9qtt'à  la  portion  mastoïdienne  du  temporal. 

Les  §asMmité9  se  prolongent,  ainsi  que  nous  l'avons  vu,  jusqu'à  la  partie 
Miférieure  de  la  tempe.  Parvenue  au  niveau  du  tendon  de  l'auriculain* 


98  MYOLOGIE. 

môme  plus  énergique  que  les  courants  électriques.  Chacun  peut  en  efTtM 
très-facilement  constater  sur  soi-même  que  l'action  des  frontaux  et  dt*i 
pyramidaux  est  inverse,  que  les  uns  s'allongent  lorsque  les  autres  se  rac- 
courcissent, et  réciproquement.  Pour  cette  constatation,  il  suffit  de  poser  un 
doigt  de  la  main  droite  sur  les  pyramidaux  et  un  doigt  de  la  main  gauche 
sur  Tun  des  frontaux  :  on  sent  très-bien  qu'au  moment  où  les  premiers  se 
contractent,  les  seconds  restent  immobiles  et  sont  seulement  attirés  en  bas  ; 
que  lorsque  les  frontaux  entrent  en  contraction ,  les  pyramidaux  restent  im- 
mobiles à  leur  tour  et  s'allongent  au  contraire  de  bas  en  haut. 

II.  —  Bomrelllcr. 

Très-court,  aplati,  arciformc,  plus  épais  en  dedans  qu'en  dehors  ;  situé  en 
arrière  du  sourcil,  dont  il  suit  la  direction,  au  devant  de  Tarcade  sourcili^rr. 
dont  il  recouvre  la  moitié  ou  les  deux  tiers  internes. 

iMertions.  —  Le  sourciller  s'attache  en  dedans  à  l'extrémité  interne  de 
l'arcade  sourcilière  par  de  courtes  fibres  aponévrotiques.  Il  est  séparé  d<f 
celui  du  c6té  opposé  par  un  intervalle  de  8  à  10  millimètres,  et  de  la  sutun* 
fronto-nasale  par  une  distance  un  peu  moindre.  De  cette  origine  il  se  porte 
en  haut  et  en  dehors  dans  la  direction  de  la  moitié  externe  du  frontal  siti]«> 
sur  son  prolongement,  puis  se  recourbe  et  s'amincit  en  se  décomposant  en 
plusieurs  faisceaux  qui  s'en  détachent  successivement  pour  aller  s'insért*r  a 
la  peau  du  sourcil.  Ces  faisceaux,  obliquement  dirigés,  s'entremêlent  à  ceux 
du  frontal  et  de  l'orbiculaire  des  paupières,  qui  vont  aussi  s'attacher  aii\ 
téguments  de  l'arcade  sourcilière,  en  sorte  qu'il  existe  sur  ce  point  un  la«  i* 
musculaire  inextricable.  Les  plus  courts  se  fixent  aux  sourcils,  immédia- 
tement en  dehors  de  Téchancrure  de  l'arcade  orbitaire;  les  plus  \ou^^ 
s'étendent  Jusqu'à  l'union  des  deux  tiers  internes  avec  le  tiers  externe  «ir 
celle-ci. 

Rapports,  —  Ce  muscle  est  recouvert  en  dedans  par  le  pyramidal,  en  haut 
par  le  ftrontal ,  en  bas  par  l'orbiculaire  des  paupières,  et  plus  superficielle^ 
ment  par  la  peau.  11  recouvre  l'arcade  sourcilière,  dont  le  séparent  l'artère 
sus-orbitaire  et  le  nerf  frontal  externe. 

Action.  —  Les  sourciliers  rapprochent  les  sourcils  en  les  abaissanU  lU 
plissent  verticalement  les  téguments  qui  correspondent  à  la  bosse  uasal»-. 
lorsque  leurs  contractions  deviennent  un  peu  énergiques. 

Remarquons  que  les  muscles  frontaux  n'élèvent  pas  verticalement  U* 
sourcils,  mais  qu'ils  les  attirent  en  haut  et  en  dehors,  et  qu'ils  allon^ren* 
ainsi  les  sourciliers.  D'une  autre  pari,  ceux-ci  ne  peuvent  se  contracter  ta:i« 
attirer  les  sourcils  en  dedans  et  en  bas,  c'est-à-dire  sans  allonger  les  fri»n- 
taux.  Par  conséquent,  ils  dui\cnt  tMre  considérés  aussi  comme  des  «ntai?**- 
nistes  de  ces  derniers  :  les  pyramidaux  sont  les  antagonistes  de  leur  uhuU*- 
interne  ;  les  sourciliers,  les  antagonistes  de  leur  moitié  externe. 

Les  quatre  muscles  de  la  région  sourcilière  peuvent  entrer  en  acti.-'i 
istilément  ou  simultanément  ;  la  peau  qui  les  recouvre  se  plisse  alors  hun- 
sontalement  ou  verticalement,  ou  dans  ces  deux  sens  à  la  fois.  Mais  on  u^ 


I  MUSCLES  DE  LA  TÊTE.  101 

culaires  qui  naissent,  les  unes  de  sa  longue  racine,  les  autres  de  chacune 
de  ses  branches.  Les  premières  se  portent  on  haut  et  en  bas  pour  contribuer 
à  fonner  les  portions  périorbitaires.  Les  secondes  se  dirigent  en  dehors; 
elles  contribuent  à  former  les  portions  palpébrales. 

La  portion  périorbitaire  supérieure  est  constituée  par  trois  ordres  de 
fibres:  l*par  des  fibres  qui  naissent  de  lalongue  racine  du'tendon  ;  2°  par  un 
petit  groupe  de  fibres  qui  s'insèrent  sur  le  sommet  de  l'apophyse  montante 
du  maxillaire,  et  sur  la  partie  correspondante  du  frontal;  3*^  enfin  par  un 
groupe  beaucoup  plus  important  qui  part  d'une  ligne  courbe  étendue  du 
tpndon  de  l'orbiculaire  à  l'échancrure  de  l'arcade  orbitaire ,  ligne  qui  fait 
partie  de  la  circonférence  de  la  base  de  l'orbite.  —  Ces  trois  ordres  de  fibres 
forment  un  large  faisceau,  aplati  d'avant  en  arrière,  d'abord  obliquement 
ascendant,  qui  se  dirige  ensuite  en  dehors,  en  s'élalant  largement  sous. la 
peau  du  sourcil,  qui  vient  ensuite  recouvrir  l'arcade  orbitaire  externe  et  la 
partie  antérieure  de  1  aponévrose  temporale.  Les  fibres  qui  le  composent  se 
terminent  différemment.  •—  Celles  qui  viennent  du  sommet  de  l'apophyse 
montante  du  maxillaire  et  du  coronal  se  portent  verticalement  en  haut,  et 
semblent  se  continuer  avec  le  muscle  frontal,  dont  elles  ont  été  considérées, 
en  effet,  comme  une  dépendance;  mais  elles  vont  en  réalité  s'attacher  au 
tégument  de  la  tète  du  sourcil.  —  Celles  qui  partent  du  tendon  de  l'orbicu- 
laire, obliques  de  bas  en  haut  et  de  dedans  en  dehors,  se  fixent  successive- 
ment à  la  peau  du  sourcil  sur  toute  sa  longueur,  en  s'entrecroisant  avec 
celles  du  frontal  et  du  sourciller —  Celles,  beaucoup  plus  nombreuses,  qui 
naissent  de  la  circonférence  de  la  base  de  l'orbite,  se  prolongent  en  dehors, 
descendent  sur  l'apophyse  orbitaire  externe  et  sur  la  tempe,  où  elles  se  ter- 
minent en  s*entrem6lant  avec  celles  de  la  portion  opposée. 

la  portion  périorbitaire  inférieure  est  formée  :  1°  par  les  fibres  qui  éma- 
nent de  la  longue  racine  du  tendon  ;  2^  par  d'autres  fibres  plus  nombreuses 
qui  proviennent  de  la  partie  inférieure  et  interne  de  la  circonférence  de  la 
base  de  l'orbite.  Le  faisceau  résultant  du  concours  de  ces  deux  ordres  de 
fibres  se  dirige  en.  bas  et  en  dehors,  puis  en  dehors  et  en  haut,  pour  se  ter- 
miner sur  la  partie  antérieure  de  la  tempe,  en  s'entremôlant  avec  le  faisceau 
périorbitaire  supérieur.  Ces  deux  faisceaux,  en  apparence  continus,  sont  donc 
indépendants.  Les  expériences  électro-physiologiques  de  M.  Duchenne  (de 
Boulogne)  démontrent  cette  indépendance;  celui  seul  qu'on  soumet  à  l'ex- 
citation électrique  se  contracte,  l'autre  reste  immobile.  Cependant  on 
n'aperçoit  pas  au  niveau  de  leur  entrecroisement  la  ligne  fibreuse  décrite 
par  quelques  auteurs.  Les  fibres  musculaires  ascendantes  et  descendantes  se 
comportent  ici  entre  elles  comme  celles  des  frontaux  et  des  pyramidaux  ; 
elles  se  pénètrent  réciproquement,  puis  se  séparent  pour  s'attacher  aux 
téguments  à  des  hauteurs  inégales. 

Les  portions  palpébrales  se  composent  :  1°  des  fibres  qui  naissent  des  divi- 
sions du  tendon  de  l'orbiculaire;  2**  des  fibres  qui  partent  de  la  circonférence 
de  la  base  de  l'orbite,  immédiatement  au-dessus  de  ce  tendon.  —  Les  fibres 
comprises  dans  l'épaisseur  de  la  paupière  supérieure  décrivent  des  arcades 
dont  la  concavité  est  tournée  en  bas  et  en  arrière.  Pour  celles  qui  répondent 
à  son  bord  adhérent^  la  concavité  regarde  presque  directement  en  bas;  pour 


100  MYOLOGIE. 

Chacune  des  moitiés  de  l'orbiculaire  comprend  deux  portions  bien  dis- 
tinctes :  une  portion  située  sur  le  pourtour  de  la  base  de  Torbite,  et  une 
portion  située  dans  l'épaisseur  de  la  paupière  correspondante. —  La  portion 
périorbitaire  de  la  moitié  supérieure  répond  au  sourcil  et  à  la  partie  aoté- 
rieuro  de  la  tempe;  la  portion  périorbitaire  de  la  moitié  inférieure  repi^^* 
sur  la  tempe  et  la  partie  supérieure  de  la  joue. 

Vu  par  sa  face  antérieure,  le  muscle  orbiculaire  se  compose  donc  de  quatrr 
portions,  de  deux  portions  périphériques  ou  périorbitaires,  et  de  deui  por- 
tions centrales  ou  palpébrales.  —  Les  deux  portions  périphériques  sont  )e« 
plus  étendues,  les  plus  épaisses,  les  plus  colorées.  Les  fibres  qui  les  ocMnp^»- 
sent,  s'entremôlant  en  dehors ,  semblent  se  continuer  et  décrire  des  cen  h-^ 
irréguliers.  —  Les  deux  portions  centrales  se  distinguent  par  des  caractt^n^ 
opposés.  Elles  sont  extrêmement  minces,  très-pAles,  demi-transparentr?. 
Leurs  ilbres  ne  sont  pas  demi-circulaires,  mais  semi-elliptiques.  —  A  ce» 
quatre  portions  vient  s'i^outer  un  faisceau  accessoire,  situé  sur  la  par»i 
interne  de  l'orbite,  en  arrière  des  conduits  lacrymaux  :  c'est  laporfion  iorry- 
ntah^  plus  connue  sous  le  nom  de  mttscU  de  Borner» 

l«es  diverses  parties  qui  forment  le  sphincter  de  l'orifice  palpébrml  ne 
diffèrent  pas  seulement  par  la  situation  qu'elles  occupent,  mais  aussi  par  le 
rùlo  qu'elles  remplissent  et  par  les  insertions  qu*elles  présentent. 

iiuf  rliofkt.  ^  O  muscle  s  attache  :  1*  par  un  tendon  à  Tapophyse  montanir 
du  maxillaire*  supérieur  et  A  la  lè^re  postérieure  de  la  gouttière  lacrymait*: 
'i*  |>ar  de  ot>urles  fibres  aponévrotiques  A  cette  même  apophyse  et  au  tien 
interne  de  la  circonférence  de  la  base  de  Torbite  :  3*  par  le  muscle  de  Horae r 
A  la  crtMo  de  1*0$  unguis  (fig.  236  et  237). 

Le  tendon  de  lorbiculaire  a  deu\  origines  ou  deux  pleines  :  Tune,  antr- 
ritMire,  plus  longue,  plus  importante  «  qui  constitue  sa  portûm  éérftf: 
l'autre,  pi^tèrioure,  trè$<ourto,  qui  a  re^u  le  nom  de  porfioA  réfléchie.—  La 
|M>Hiou  diftH*te,ou  le  tendon  pn^premont  dit,  sinsèn?  sur  la  face  e\leme  «Jr 
l«|Mph}M*  montante  du  maxillaire  supérieur,  A  2  millimètres  en  ded  in« 
du  lH%rd  au ti' rieur  de  la  gvnitliere  lacrymale.  Ce  tendon  se  porte  tFan«>er- 
>jiliMnout  eu  dehors,  en  pa<;$«nt  au  devant  du  sac  lacrymal,  qu'il  coup**  i 
angle  dr^nl  A  1  uiuou  de  s*mi  tiers  supérieur  a^ec  ses  dt-ux  tiers  inférifur*. 
Na  Urvi'ur  e>t  d  un  millimètre,  et  sa  longueur  d«*  6  A  7.  D'abord  apht: 
d  A\ant  en  arrurt^,  il  sa^^Utit  en  deb>>rs.  de  haut  en  bas^  —  La  port!  n 
M'fitN  hîr  S  attacho  â  U  îôn?  p^»slerieur^  ie  la  g-*uîtit  r*»  lacrymale, c'e^t^-^itr»' 
a  la  cr>*:e  de  1 1^*  uî.c\ns.  Ce  se  dirice  d  arrien?  en  a^aat  en  passant  >ur  la 
fa,r  ,r.î« rtx  du  sao  lacr^iuaî, q,î  t*>  i>-.,:r.bje  A  r»rnier.  puis  s'infléchit  eii 
df  h»r^  jK»-r  >  lîiv.r  â  la  j*^rî:  «r.  d-.nxte  c-  'ci.d.o.  —  Ain*i  cuostitue.  ceîui- 
«)  fvvîrviu;  d  aN  r>d  sa  d.Tvxti.-wn  pnmiti'^c  ;  ma;*  aprvs  un  CK»urt  trajrt  d* 
3  c."  r.x:rt"îs  .^  **  cii>^  <rx  ^eu\  ^r4n*■^:f<s  *•-  :'u:.*-l  ea  dtux  gaines  q  :i 
er.-iSras**  -  :  'i^  *\.*.  i...î>  .a,  nr.it jx,  e:  ^.::  \>:.:  *<  txrr  a  1  txtr^mitr  intfrîi»- 
•-^^  %ar:.  ic»'>  :arsc-*<  l .'  :c  r  •  r.  ^t  '  -r^  .i  u'.i.rv  •.  ùr  i  >r,  à  1  r^rard  dt*  ««•• 
.tr.   ^.'^  '.t  r..  f  £  -:■  '..  r.  <  ;.    «•>  riv»  >  ■  *..  fr>-  i  a  ;:>  de  1  «ril,  d  "U 


IMUSGLES  DE  LA  TÊTE.  101 

culaires  qui  naissent,  les  unes  de  sa  longue  racine,  les  autres  de  chacune 
de  fes  branches.  Les  premières  se  portent  en  haut  et  en  bas  pour  contribuer 
À  former  les  portions  périorbitaires.  Les  secondes  se  dirigent  en  dehors; 
elles  contribuent  à  former  les  portions  palpébrales. 

La  portion  périorfoitaire  supérieure  est  constituée  par  trois  ordres  de 
libres:  1*  par  des  fibres  qui  naissent  de  la  longue  racine  du'tendon  ;  2®  par  un 
petit  groupe  de  fibres  qui  s'insèrent  sur  le  sommet  de  Tapophyse  montante 
du  maxillaire,  et  sur  la  partie  correspondante  du  frontal  ;  3*^  enfin  par  un 
irroupe  beaucoup  plus  important  qui  part  d'une  ligne  courbe  étendue  du 
tendon  de  l'orbiculaire  à  Téchancrure  de  Tarcado  orbitaire ,  ligne  qui  fait 
partie  de  la  circonférence  de  la  base  de  l'orbite.  —  Ces  trois  ordres  de  fibres 
forment  un  large  faisceau,  aplati  d'avant  en  arrière,  d'abord  obliquement 
ascendant,  qui  se  dirige  ensuite  en  dehors,  en  s'étalant  largement  sous. la 
peau  du  sourcil,  qui  vient  ensuite  recouvrir  l'arcade  orbitaire  externe  et  la 
partie  antérieure  de  l'aponévrose  temporale.  Les  fibres  qui  le  composent  se 
terminent  différemment.  —  Celles  qui  viennent  du  sommet  de  Tapophyse 
montante  du  maiillaîre  et  du  coronal  se  portent  verticalement  en  haut,  et 
>eniblent  se  continuer  avec  le  muscle  frontal,  dont  elles  ont  été  considérées, 
en  effet,  comme  une  dépendance;  mais  elles  vont  en  réalité  s'attacher  au 
tégument  de  la  tête  du  sourcil.  —  Celles  qui  partent  du  tendon  de  l'orbicu' 
laire,  obliques  de  bas  en  haut  et  de  dedans  en  dehors,  se  fixent  successive- 
ment à  la  peau  du  sourcil  sur  toute  sa  longueur,  en  s'entrecroisant  avec 
celles  du  frontal  et  du  sourciller.  —  Celles,  beaucoup  plus  nombreuses,  qui 
naissent  de  la  circonférence  de  la  base  de  l'orbite,  se  prolongent  en  dehors, 
descendent  sur  l'apophyse  orbitaire  externe  et  sur  la  tempe,  où  elles  se  ter- 
minent en  8*entremâlant  avec  celles  de  la  portion  opposée. 

La  portion  périorbitaire  inférieure  est  formée  :  1°  par  les  fibres  qui  éma- 
nent de  la  longue  racine  du  tendon  ;  2®  par  d'autres  fibres  plus  nombreuses 
qui  proviennent  de  la  partie  inférieure  et  interne  de  la  circonférence  de  la 
base  de  l'orbite.  Le  faisceau  résultant  du  concours  de  ces  deux  ordres  de 
fibres  se  dirige  en.  bas  et  en  dehors,  puis  en  dehors  et  en  haut,  pour  se  ter- 
miner sur  la  partie  antérieure  de  la  tempe,  en  s'entremôlant  avec  le  faisceau 
périorbitaire  supérieur.  Ces  deux  faisceaux,  en  apparence  continus,  sont  donc 
indépendants.  Les  expériences  électro-physiologiques  de  M.  Duchenne  (de 
Boulogne)  démontrent  cette  indépendance;  celui  seul  qu'on  soumet  à  l'ex- 
citation électrique  se  contracte,  l'autre  reste  immobile.  Cependant  on 
n'aperçoit  pas  au  niveau  de  leur  entrecroisement  la  ligne  fibreuse  décrite 
par  quelques  auteurs.  Les  fibres  musculaires  ascendantes  et  descendantes  se 
comportent  ici  entre  elles  comme  celles  des  frontaux  et  des  pyramidaux  ; 
elles  se  pénètrent  réciproquement,  puis  se  séparent  pour  s'attacher  aux 
ti'guments  à  des  hauteurs  inégales. 

Les  portions  palpébrales  se  composent  :  l*'  des  fibres  qui  naissent  des  divi- 
MODs  du  tendon  de  l'orbiculaire  ;  2*>  des  fibres  qui  partent  de  la  circonférence 
de  la  base  de  l'orbite,  inunédiatement  au-dessus  de  ce  tendon.  —  Les  fibres 
comprises  dans  l'épaisseur  de  la  paupière  supérieure  décrivent  des  arcades 
dont  la  concavité  est  tournée  en  bas  et  en  arrière.  Pour  celles  qui  répondent 
À  son  bord  adhérent,  la  concavité  regarde  presque  directement  en  bas;  pour 


iO/i  MYOLOGIE. 

externe,  au  nerf  qui  l'accompagne,  et  plus  en  dehors  à  l'arcade  orbital n*  : 
en  bas,  au  contour  do  la  base  de  l'orbite,  au  releveur  de  la  lèvre  supérieun** 
au  petit  zygomatlque,  auquel  le  muscle  abandonne  presque  toujours  un  pctii 
groupe  de  fibres  qui  contribue  à  le  former,  et  enfin  à  Tos  malaire,  dont  f  Ut 
recouvre  la  plus  grande  partie  ;  en  dedans,  à  l'apophyse  montante  du  maxii 
laire  supérieur,  et  à  la  suture  fronto-maxillaire  ;  en  dehors,  à  l'apophyse 
orbitaire  externe ,  à  Fangle  supérieur  du  malaire  et  à  l'aponévrose  du 
muscle  crotaphite.  Sur  les  •paupières,  la  face  postérieure  s'applique  «ui 
ligaments  larges  et  aux  cartilages  tarses.  Celte  face  n'adhère  aux  os  9<iu>- 
Jacents  que  par  un  tissu  cellulaire  peu  serré ,  qui  lui  permet  d'exécuter  de 
légers  mouvements  de  glissement. 

Actùm.  —  Fermer  l'orifice  palpébral,  telle  est  la  destination  principal' . 
mais  non  exclusive,  de  ce  muscle,  qui  joue  en  outre  un  rôle  fort  important 
dans  l'absorption  des  larmes,  dans  la  production  du  sommeil  et  dans  l'aitr 
du  clignement. 

Le  mécanisme  par  lequel  il  préside  à  l'occlusion  de  cet  orifice  dilTt-rt' 
beaucoup  de  celui  que  nous  offrent  les  autres  sphincters.  Ceux-ci  réponde  nî 
par  leur  périphérie  à  des  parties  molles  qu'ils  attirent  de  la  circonfért- lu  i 
au  centre  ;  dans  leur  état  de  contraction,  ils  décrivent  une  courbe  circulairv. 
Fixé  à  ses  deux  extrémités,  le  grand  diamètre  de  l'orifice  palpébral  conM.T\e 
au  contraire  une  longueur  invariable;  le  petit  seul  augmente  et  diminue. 
En  s'ouvrant  et  ëe  fermant,  il  ne  se  comporte  donc  pas  à  la  manière  d  uo 
anneau  qui  se  dilate  et  se  resserre,  mais  à  la  manière  d'une  boutonnière 
dont  les  lèvres  s'écartent  et  se  rapprochent  tour  à  tour.  —  Dans l'état  le  i»l'> 
habituel,  les  portions  palpébrales  seules  se  contractent,  et  sufliseut  p.»ur 
amener  au  contact  le  bord  libre  des  deux  paupières.  Ce  sont  elles  qui  fer- 
ment l'orifice  palpébral  dans  le  clignement.  Les  portions  périorbitaire^  ti« 
concourent  à  l'occlusion  de  cet  orifice  que  dans  certaines  conditions  e\ceî- 
tionnellcs,  lorsqu'il  s'agit,  par  exemple,  de  soustraire  le  globe  de  l'œil  a 
l'action  d'un  corps  étranger,  ou  bien  encore  lorsque  nous  >ouloiis  le  pr  - 
léger  contre  1  action  d'une  lumière  trop  éclatante.  Aussi  voyons-nou»  (»« 
portions  périphériques  se  contracter  violemment  dans  la  conjonctivite,  la 
kératite,  l'iritis,  et  toutes  les  maladies  qui  ont  pour  effet  de  rendre  la  rétitte 
plus  s4M)sible  à  l'impression  des  rayons  lumineux. 

\a*  sphincter  des  paupières  favorise  l'absorption  des  larmes  :  i*  en  les  diri* 
géant  vers  le  grand  angle  de  l'ceil;  car  toutes  ses  insertions  ayant  lieu  dii 
côté  de  ce  grand  angle,  il  ne  peut  se  contracter  sans  glisser  sur  le  glt»U 
o<*ulaire  de  dehors  en  dedans;  2"*  en  dilatant  par  le  redressement  do  >>n 
tendon  le  sac  lacrymal,  qui,  ain^i  dilaté,  agit  sur  les  larmes  à  la  manière 
d'une  petite  pompe  aspirante,  en  les  attirant  dans  sa  ca\ité  par  le  double 
canal  d'aspiration  que  lui  forment  les  conduits  et  les  points  lacrymaux  ; 
;5"en  comprimant  datant  en  arrière  le  fluide  lacrymal  répandu  au  dexa-it 
du  globe  de  l'wil,  de  telle  sorte  que  ce  fluide  pénètre  dans  les  canaux  qui  \t 
transmettent  sur  lu  muqueuse  des  fosses  nasales,  d'une  part  |>ar  aspirât ioii. 
de  l'autre  par  refoulement;  W  en  attirant  les  points  lacrymaux  en  arrit-n-, 
et  en  plongeant  leur  bouche  absorbante  au  milieu  des  larmes  accumult^i 


MUSCLES  DE  LA  TÊTE.  105 

dans  l'angle  interne  de  l'œil,  phénomène  qui  s'opère  sous  l'influence  du 
muscle  de  Homer. 

Ce  même  sphincter  coopère  à  la  production  du  sommeil,  en  interceptant 
le  passage  des  rayons  lumineux  pendant  la  durée  nécessaire  au  repos  des 
rendions.  Alors  la  volonté  cessant  d'agir,  les  muscles  qu'elle  tient  sous  sa 
dépendance  cessent  de  se  contracter,  sans  perdre  cependant  toute  action  sur 
les  organes  auxquels  ils  s'insèrent  ;  mais  les  faibles  mouvements  qu'ils  con- 
servent la  faculté  de  produire  sont  dus  à  leur  tonicité;  et  comme  la  force 
tonique  est  en  raison  du  nombre  de  leurs  fibres,  il  en  résulte  :  1**  que  lorsque 
deux  muscles  sont  antagonistes,  le  plus  volumineux  est  doué  d'une  tonicité 
prédominante,  en  vertu  de  laquelle  il  entraîne  de  son  côté  l'organe  qui  leur 
fournit  une  commune  surface  d'insertion;  2®  que  les  mouvements  eommu* 
niques  à  cet  organe  ont  pour  limites  l'équilibre  qui  s'établit  entre  les  deux 
forces  opposées.  Ainsi  les  diverses  positions  de  nos  membres  pendant  le 
s>^mmeO  sont  le  résultat  de  l'équilibre  de  tonicité  des  extenseurs  et  des 
fléchisseurs,  des  adducteurs  et  des  abducteurs,  des  rotateurs  en  dedans  et 
de?  rotateurs  en  dehors.  De  môme  le  rapprochement  des  voiles  palpébraux 
est  un  état  d'équilibre  pour  les  forces  toniques  des  muscles  qui  président  à 
l'occlusion  et  à  la  dilatation  alternatives  de  l'orifice  palpébral;  car  ces  deux 
muscles  sont  éaiinemment  antagonistes.  Dans  l'état  de  veille,  l'orifice  reste 
dilaté  parce  que  son  muscle  dilatateur  reste  contracté.  Mais  au  moment  où 
le  sommeil  commence,  ce  dilatateur  se  relâche  ;  les  deux  muscles  antago- 
nistes tombent  sous  l'influence  de  leurs  forces  toniques  respectives ,  et  la 
tonicité  du  sphincter  étant  supérieure  à  celle  du  dilatateur,  les  paupières 
se  rapprochent.  L'orifice  palpébral  se  ferme  donc,  non  parce  que  le  sphincter 
M  c(mtractej  mais  parce  que  le  dilatateur  cesse  de  se  contracter. 

Le  clignement,  qui  a  pour  but  de  disséminer  le  fluide  lacrymal  au  devant 
de  l'œil,  et  qui  a  lieu  plusieurs  fois  dans  une  minute,  est  un  phénomène  de 
même  nature  que  le  précédent,  mais  dont  le  mécanisme  jusqu'à  présent  ne 
me  parait  pas  avoir  été  bien  interprété.  Nos  traités  de  physiologie  les  plus 
estimés  nous  disent,  en  effet,  que  ce  phénomène  s'opère  de  la  manière  sui- 
vante :  1*  Sensation  du  besoin  de  cligner,'  transmise  à  l'encéphale  par  la 
cinquième  paire;  2^  contraction  de  Torbiculaire ,  sur  lequel  l'encéphale 
réagit  à  l'aide  du  nerf  facial  ;  3^  contraction  consécutive  de  l'élévateur  de  la 
paupière  supérieure,  qui  agit  sous  l'influence  de  la  troisième  paire.  Ainsi  le 
clignement  serait  le  résultat  de  la  contraction  du  sphincter  palpébral,  et 
nécessiterait  l'intervention  du  centre  nerveux,  de  trois  paires  de  nerfs  et  de 
deux  muscles.  Dans  cette  théorie,  le  caractère  distinctif  de  l'action  muscu- 
laire a  été  évidenmient  méconnu  :  toute  contraction  est  essentiellement  inter^ 
mittente.  Quel  est  le  muscle  qui  reste  dans  un  état  permanent  de  contrac'^ 
tion?  Quel  est  celui  qui  reste  contracté  pendant  une  heure,  une  demi- 
heure,  ou  même  cinq  minutes?  Aucun.  Et  l'élévateur  de  la  paupière  resterait 
contracté  et  tendu  depuis  le  moment  du  réveil  jusqu'à  l'instant  où  nous 
retombons  sous  l'influence  du  sommeil  I  Non,  ce  muscle  est  soumis  à  la  loi 
commune;  son  action  est  intermittente  comme  celle  de  tous  les  organes 
du  même  ordre.  Il  se  relâche  environ  une  ou  deux  fois  par  minute  ;  et  au 
moment  de  chacune  de  ses  détentes,  le  sphincter,  en  vertu  de  sa  force 


108  MYOLOGIK. 

brale,  tandis  que  Tautre  passe  en  arrière,  pour  se  prolonger  loules  deu\  ju»- 
qu'A  la  paroi  externe  de  l'orbite. 

I.e  muscle  orbito-palpébral  est  constitué  par  des  faisceaux  de  fibres  mti»- 
eulaires  lisses,  très-nombreux,  qu'on  peut  diviser  d'après  leur  direction  p;i 
externes,  internes  et  moyens.  Les  externes  et  les  internes  affectent,  pour  U 
plupart,  une  direction  irrégulièrement  transversale.  Les  moyens,  beaorou;i 
plus  importants  et  plus  nombreux ,  se  dirigent  de  baut  en  bas  ;  dans  hur 
trajet,  tous  s'envoient  réciproquement  des  fascicules  par  lesquels  ils  s'uni^' 
sent,  en  sorte  qu'ils  forment  en  définitive  une  membrane  plexiforme. 

Bapparti.  ~  Ils  diffèrent  pour  l'élévateur  et  le  muscle  orbito-palpébnil.— 
L'élévateur  est  en  rapport  par  sa  face  supérieure  avec  la  voûte  de  Torbiu 
et  le  rameau  frontal  de  la  branche  ophthalmique  de  Willis  qui  le  croi!4f  a 
angle  très-aigu.  Au-dessous  de  l'arcade  orbitaire;  il  est  recouvert  p«r  uiu 
arcade  fibreuse,  transversale,  qui  lui  adhère  et  qui  fait  partie  de  l'apimi^ 
vrose  orbitaire.  —  Sa  face  inférieure  recouvre  le  muscle  droit  supéncti: 
qui  la  déborde  en  dehors. 

Le  muscle  orbito-palpébral  répond  en  avant  au  ligament  large  ée  la 
paupière  supérieure.  En  haut,  il  est  séparé  de  ce  ligament  par  un  e$(>a<'i 
angulaire,  dont  la  base  répond  à  l'arcade  orbitaire,  espace  que  remplit  u:i«* 
couche  cellulo*adipeuse  plus  ou  moins  épaisse.  En  bas,  il  adhère  à  ce  lu:*' 
ment  sur  une  hauteur  de  2  à  3  millimètres.  —  En  arrière,  il  est  en  rapp«»rt 
avec  la  conjonctive  palpébrale,  qui  lui  est  faiblement  unie  supérieurero<niU 
mais  d'une  manière  intime  inférieurement. 

Action,  —  L'élévateur  est  destiné  à  dilater  l'ouverture  palpébrale.  Dans  rr 
but,  il  attire  la  paupière  supérieure  en  haut  et  en  arrière.  Pour  avoir  un<> 
notion  exacte  du  mécanisme  de  cette  élévation,  il  importe  de  remarqu^T 
que  la  paupière  est  formée  de  deux  segments  très-diiïérents  :  1*  d'un  segino^*! 
supérieur  qui  reste  constamment  immobile;  2*"  d'un  segment  inférieur  q..i 
est  doué  au  contraire  d*une  grande  mobilité.  Or,  comme  ce  segment  vri 
concave  en  arrière ,  comme  il  s'applique  par  sa  conca\ité  au  globe  de  1  ^vA. 
c'est  sur  ce  globe,  en  définitive,  qu'il  se  meut.  Lorsque  l'élévateur  se  c«»n- 
tracte,  il  monte  de  l'équateur  de  l'œil  vers  son  pôle  supérieur  ;  lorsque  le 
muscle  se  relAche,  il  glisse  du  pôle  vers  l'équateur. 

Le  rôle  de  l'élévateur  est  donc  facile  ^  définir.  Quel  est  celui  du  muM  \c 
orbito-pulpébral 7  Ce  muscle  a  pour  usage  :  1*  de  prolonger  la  concavité  du 
cartilage  tarse  jusqu'à  l'arcade  orbitaire,  en  sorie  que  les  deux  surfa<  **« 
concaves  réunies  représentent  un  quart  de  sphère;  2*  d'attacher  ce  quart  «i»* 
sphère  aux  parois  interne  et  externe  de  l'orbite,  et  de  l'immobiliser  dans  If- 
sens  transversal  en  lui  laissant  une  parfaite  mobilité  dans  le  sens  vertical  ; 
3*  de  conserver  dans  toute  sou  intégrité  le  mode  de  conformation  de  \\ 
paupière,  eu  sous -tendant  sa  moitié  supérieure  et  profonde,  comme  1«' 
cartilage  tarse  sous-tend  sa  partie  inférieure;  4®  de  limiter  le  mouvemrn' 
ascensionnel  de  la  paupière  par  la  résistance  qu'il  oppose  à  rélé^ateiir. 
lorsque  ce  mouvement  a  atteint  ses  limites  naturelles;  5*  de  contriburr  a 
l'élévation  de  la  paupière,  et  à  la  dilatation  de  l'orifice  palpébral  par  le  rat  - 
courcissement  des  faisceaux  qui  le  composent;  mais  ceux-ci  étant  très-court>. 


MUSCLES  DE  LA  TÊTE.  109 

puisque  leur  plus  grande  longueur  ne  dépasse  pas  12  à  14  millimètres,  ils  ne 
peuvent  prendre  évidemment  à  cette  dilatation  qu'une  part  très-minime. 


§  5.  — Muscles  moteurs  du  globe  de  l'obil. 

Ces  muscles,  situés  dans  la  cavité  de  l'orbite,  sont  au  nombre  de  six, 
quatre  droits  et  deux  obliques. 

Les  muscles  droits  ont  été  distingués,  d'après  la  situation  qu'ils  occupent 
relativement  au  globe  de  l'œil,  en  supérieur  ou  élévateur,  inférieur  ou 
tbaisseur,  interne  ou  adducteur,  externe  ou  abducteur.  Mais  ces  dénomina- 
tions ne  méritent  pas  d'être  conservées;  car  tous  s'enroulent  sur  le  globe 
oculaire,  et  appartiennent  à  l'ordre  des  muscles  réflécbis.  D'une  autre  part, 
aucun  d'eux  ne  lui  imprime  un  mouvement  qui  ait  pour  résultat  de  le 
déplacer;  ils  ont  seulement  pour  usage  de  diriger  l'ouverture  pupillaire  vers 
\e^  divers  points  de  l'horizon  :  le  droit  supérieur  l'élève,  l'inférieur  l'abaisse, 
l'interne  l'attire  en  dedans,  l'externe  l'attire  en  dehors. 

Des  deux  obliques,  l'un,  dans  la  première  partie  de  son  trajet,  se  porte 
directement  en  avant,  puis  se  réfléchit  au  niveau  de  la  base  de  l'orbite 
pour  se  diriger  en  arrière  et  en  dehors  :  c'est  le  muscle  grand  oblique  ou 
oblique  supérieur;  l'autre  s'étend  obliquement  aussi  de  la  base  de  l'orbite 
vers  la  partie  postérieure  et  externe  de  l'œil  :  c'est  le  muscle  petit  oblique  ou 
oblique  inférieur. 

L'organe  central  et  principal  du  sens  de  la  vue  est  entouré  d'une  aponé- 
vrose fort  remarquable  qui  se  prolonge  sur  tous  les  muscles  préposés  à  ses 
mouvements.  Après  avoir  étudié  chacun  de  ces  muscles,  et  décrit  l'aponé- 
vrose orbitaire,  nous  considérerons  dans  son  ensemble  l'appareil  moteur  et 
suspenseur  du  globe  de  l'œil. 

Préparation  des  muscles  de  Vont.  —  Celle  qui  a  été  faite  pour  l'élévateur  de  la  paupière 
lirut  être  utilisée  pour  ces  muscles.  On  la  complétera  en  enlevant  tout  le  tissu  cellulo-adipeux 
qui  les  sépare  et  les  entoure.  Les  vaisseaux  et  nerfs  seront  enlevés  également^  ainsi  que  les 
)iàa]iièrfs.  Afin  de  découvrir  leur  insertion  postérieure ,  il  importe  de  faire  sauter  toute  la 
partie  sop^hieure  et  externe  du  trou,  ou  plutôt  du  canal  par  leauel  le  nerf  optique  pénètre 
dans  l'orbite  :  en  renversant  celui-ci  d'arrière  en  avant,  il  deviendra  alors  facile  de  préparer 
tf  tendon  de  Éinn,  qui  représente  Tinsertion  coniqiune  aes  muscles  droit  inférieur,  droit  interne 
H  droit  externe.  Dans  cette  préparation,  Taponévrose  orbitaire  est  sacrifiée.  On  ne  doit  pro- 
(rén  à  son  étude  qu'après  avoir  pris  connaissance  des  muscles. 

A.  —  Des  muscles  de  l'œil  considérés  en  PARTicuLnsR. 

I.  —  Maaele  droll  mpértear  oa  él«valciir  de  la  papille. 

Situé  dans  l'orbite,  au-dessus  du  nerf  optique  et  du  globe  de  l'œil,  au- 
dessous  de  l'élévateur  de  la  paupière  supérieure;  allongé,  étroit  et  plus 
épais  en  arrière,  large  et  mince  en  avant,  de  figure  triangulaire. 

Imertions.  —  En  arrière,  l'élévateur  de  la  pupille  s'attache  par  de  courtes 
fibffs  apoDévroliques  :  l"*  A  la  gaine  du  nerf  optique,  immédiatement  au 


110  MVOLOCIK. 

«IcN.inl  (le  lV'li'*\;ilciir  (11'  la  i).iii|Mrr(',  ([iii  h'  s(''(i.'iri'  du  Iroii  par  l(*({iirl  i  .■  i).;; 
[M'iii'liv  (]i\\i>  l'oririlr  :  l>  '  à  lanncan  lilirciix.  «fui  domic  pas-au'r  an  ncrl  •ic  ii 
lr()i>iriiU'  jiairt'.—  hi'  crKc  doultlc  (ni,L:iiii'  qui  n'[M)nd  an  sninmcl  dr  l.i  <  .inT'- 
orljjlairi»,  le  drnil  siiix'ricur  se  diiMuc  ni  a\a!i(  cl  im  [tcn  eu  lianl.  en  -'lu 
ij;i.-sanl  »'l  s  aiiiiiicissaiil.  I*ar\«'iiii  aii-dcs>n<  du  ;«'lnj)c  rie  Id-il,  il  >  inll"'  !.:' 
cl  ^"iri>crc  sur  sou  li<''iiii>[dici-c  aFili'ricur  à  S  inilh'iiiclrcs  de  la  ('«iinr.-.  ii.ir 
une  lame  Icridiiicusc,  quadiilalcrt*,  c\hcmcniciil  iiiiiK c.  La  liuiic  (jui  ri'in.'i.: 
à  ccllo  iiix'iMion  n Csl  pas  li"ans\ci>alc.  mais  un  peu  nhlicjue  de  (ie<l.iii-  .•, 
dehors  et  d'arrière  eu  a\aul,  de  Udle  Mirle  que  sou  cxlrcmilé  i'Xttîrne  ilr- 
«eud  im  [K'U  [dus  l)a>^  que  I  iulerue. 

liapports,  —  La  lace  su|>éricure  de  ce  nuiscle,  Ic'uèrcmeul  rou\c\e,«'-l  i.-- 
cuu\orlc  par  l'élcNnlcur  de  la  [)an}»icre,  cl  sur  nu  [dau  plus  élc\é  par  la  \nii'f 
de  l'itrhilc.  —  Sa  face  iulV'rieurc,  c(<uca\e,  recouNre  :  1"  l;i  couche  ceiliil.i 
adipeuse  Ircs-i'-paissc,  qui  eiiloure  le  ucrr(q>liqiie  :  i2  '  la  poiliou  i'»'lh''(  Ihr  «li, 
taraud  obli([ue  qui  la  sépare  de  l"licmis|)lM"'iit  posp-rieui'  du  .uImIm-  i\f  1  .ci': 
o'  la  parli"  la  jdus  ('leNf'c  de  riieuii.-phèi'e  aiiliiieur  de  ce  L'iohè,  (h. ni  i'!l. 
suil  le  contour,  — Snu  lntrd  e\lerue,  sou-  j.iceul  a  l;i  \oùle  de  1  (uhil<',  l"tu'.' 
h'  hoi-d  su[)érieur  {\\i  mus(de  droil  exlei'ue;  en  avant,  il  esl  eu  ra[q>nr(  .n<'t 
la  glande  lat'rymale([ui  le  surmonte. — Son  hoi-d  iulerue  répoud  :  L  à  la  p"i- 
liou  direcle  du  i:raud  ojdique  qui  lui  e>l  [cirallèle;  i>  '  à  la  pnilinu  rt'll.-,  h,",- 
de  ce  iiiUMde  qu  il  <  roise  ohlifinemeul  ;  o  '  .mu  ])ord  suj>érieur  du  inusch'  dt  'i' 
iuleriu'. 

A(li<n(.  —  Le  mus(  le  droit  su[M'u*ieur  iin[uime  au  L'iidie  de  VivW  un  iumij- 
\emeul  d(î  rutatiou  autour  de  sou  diamèlre  transversal,  te  mouvement,  r|  ;i 
ïî'opèr<'  de  bas  vu  haul,  et.  (l'a\aul  eu  arrièriî,  a  [)our  cnuséqueiice  cl  [luur 
but  lélévatiou  de  la  pupille. 

II.  —  Muscle  firoli   fiif(^ri4*iir  ou  abalsNOur  de  la  pupille. 

Situé  au-dessous  du  nerf  opiiqiu'  et  du  .u'hdx'  d«'  Lunl,  immédialein«'n'i 
au-dessus  du  plancher  de  l'orbih»  ;  allou,i:é,  Irés-élroil  et  presque  arr«iu«Ii  cm 
arrière,  larire  et  mince  eu  avanl,  «le  liuure  tri.uiLmlaire. 

Insrrtioiia. — L.i^  mux'Ie  a  [tour  oriu'ine  h;  r.iisceau  moven  du  tenddu  dr» 
Ziuu.  tlu  désigne  sous  <e  imm  un  coidon  libreux  qui  s'insère  à  une  liè- 
minime  fnssetle  >ilué'e  au-flessous  et  eu  (teliors  du  Iroii  opiicjue,  an  ni\e,i\ 
de  la  parlie  la  plu-  large  de  la  Icule  splicunïd;ilc.  (d  cni'dou  se  divise  picîtjuc 
aus-ihd  en  li'oi>  r.iisceauv  :  un  rai>ceau  mo\cn  dcsliué'  au  droil  inlV'rifur,  un 
raisce.'ui  interne  de>liné  au  dioil  iulerue,  cl  un  l'aisicau  externe  doliné  au 
droit  exierne.  he  e(»s  li-ois  r.iisc(»au\,  le  moyeu  est  le  [)lus  <()U>id(''ralde.—  N«' 
di^  ce  faisceau  m<>yen.  le  musc  le  .•ibai>seur  de  la  pupille  se  diiâge  hori/.(»nl.i - 
lemeiit  en  a\anl  et  un  peu  en  didiors,  eu  sclargi>-ant  de  jdus  eu  plu-. 
Arrive*  sur  le  globe  de  loul,  il  pas>e  eulr<'  ccdui-ci  et  h»  f»elit  rd)Iique,  \u\i> 
^v  recourbe  pour  \enir  s'atl.K  hei'  à  la  sclérotique,  à  li  millimètres  aii-des>ous 
de  la  corué'e  lrausi»arenle. 

linpjuirts.  —  Sa  face  supérieure  répnnd,  eu  arrière,  au  tissu  adi{MMi\  qui 
entoure   le    iM'rt' iqdique,  eu  avant    au  gNdu'  de  loil   rpi  elle  (.ontourne.  et 


MUSCLES  DE  LA  TÊTE. 


111 


iiiqiiel  elle  n'adhère  que  par  un  tissu  cellulaire  extrêmement  lâche.  —  Sa 
fdce  inrérieure,  contiguë  en  arrière  au  plancher  de  l'orbite,  est  en  rapport  en 
a>ant  avec  le  petit  oblique  qui  la  croise  obliquemenl.  — Ses  borda  longent 
\t  bord  iarérieur  des  muscles  adducteur  et  abducteur  de  la  pupille. 

Ariion,  —  Le  droit  inférieur  imprime  au  globe  de  l'œil  un  mouvement  de 
nilalioa  qui  s'opère  de  haut  en  bas  et  d'avant  en  arrière,  et  qui  a  pour  ctTet 
daluiiser  la  pupille. 


III.  —  llaaelc  droil  externe  on 


Situé  en  debon  du  nerf  optique  et  du  globe  de  l'œil  ;  oblique  d'arrière  en 
Biant  et  de  dedans  en  dehors,  comme  la  paroi  externe  de  l'orbite,  dont  il 
ïuil  la  direction  ;  allongé,  aplati  de  dedans  en  dehors,  triangulaire. 

Instrtiont.  —  Son  extrémité  postérieure  ou  fixe  a  pour  origine  :  1"  le 
fjjjfeau  externe  du  tendon  de  Zinn  ;  2°  de  rourtes  flbres  aponévrotiques  qui 
partent  de  l'anneau  destine  au  neri  de  la  troisième  paire,  et  qui  se  confon- 
di'Ol  en  haut  avec  Tes  fibres  correspondantes  du  droit  supérieur.  —  Du 
^'[nmet  de  l'orbite,  ce  muscle  se  dirige  en  avant  et  en  dehors,  en  s'élargis- 
iaiil  de  haut  en  bas,  de  telle  sorte  que  l'une  de  ses  faces  regarde  en  dedans 
el  l'autre  en  dehors.  Parvenu  au  niveau  du  globe  de  l'œil,  il  s'inflëL'hil  pour 

Fig.  ;so. 


MuicUs  motair»  du  globe  de  furiV. 

*.  Globe  de  l'œil.  .—  1.  Él^<r«teur  de  la  panpière  supérieure.  —  S.  Grand  ohliquc.  — 
Ponlit  inr  laquelle  «  nffl^chil  le  tendon  de  ce  muscle.  —  Jj.  Droit  supérieur  ou  L'Wvaleur 
l>  pupilli-.  —  5.  Droit  intiirieur  ou  abaissfur  de  la  pupille.  —  6.  Droit  eilerne  ou  abdue- 
ar.  —  1. Tendon  de  Zinn,*u  p«r  »on  efilé  eiierne;  dans  eeilc  vue,  on  n'spercuii  que  la 
laquelle  il  se  continue  avec  l'anneau  lihreui  du  nerf  optique,  et  la  dï'ision  qui 
uwle  droit  inférieur.  —  8.  Trou  qui  livre  le  passage  au  nerf  de  la  Iroisièrae  paire. 
Il  qu'il  faol  inriwr  l'anneau  fllireui,  lorsqu'on  «eul  l'étaler  pour  aner- 
dn  lendon  de  Zinn.  —  S.  l.Bninielle  par  laquelle  ce  leiidon  de  Zinn 
flbreuK  du  nerf  oplique,  —  10.  Pelil  ublique.  —  t1.  Nerf  oplique. — 
"—illaire  supérieur. 


Cm  wViv  ""  ' 


1!.  Coupe  de  l'apophyse  malaire  du  m 


112  MYOLOGIE. 

en  suivre  la  courbure,  et  vient  s'insérer  à  son  hémisphère  antérieur, à 7  mit- 
limèlres  en  dehors  de  la  cornée,  par  un  court  tendon  mince  et  quadri- 
latère. 

RapforU.  —  Sa  face  interne,  séparée  en  arrière  du  nerf  optique  par  l** 
tissu  adipeux  qui  l'entoure,  est  contiguë  en  avant  à  l'insertion  oculaiivd. 
petit  oblique  et  au  globe  de  l'œil,  sur  lequel  elle  se  réfléchit.  —  Sa  fa<  «^ 
externe  répond  dans  ses  deux  tiers  postérieurs  à  la  paroi  correspondant!-  d- 
l'orbite,  et  antérieurement  à  la  portion  orbilaire  de  la  glande  lacrymale,  q  .1 
la  croise  à  angle  droit,  mais  qui  ne  s'étend  pas  cependant  Jusqu'à  sa  pa**i> 
inférieure.»  Son  bord  supérieur  longe  le  bord  externe  du  muscle  qui  e'.tx 
la  pupille,  et  l'inférieur  celui  du  muscle  qui  l'abaisse. 

Action,  -^  Le  droit  externe  fait  tourner  le  globe  oculaire  autour  de  «<  -i 
diamètre  vertical.  Ce  mouvement  qui  a  lieu  de  dedans  en  dehors  et  d'a^a-:* 
en  arrière,  a  pour  effet  d'attirer  la  pupille  vers  l'angle  externe  de  Tœil. 

lY.  —  Mntdc  droit  latemc  oa  addoctcur  de  la  papille. 

Situé  en  dedans  du  nerf  optique  et  du  globe  de  l'aâl  ;  parallèle  à  la  par^ . 
interne  de  lorbite;  allongé,  aplati  de  dedans  en  dehors,  triangulaire. 

Insertions.  —  Ce  muscle  a  pour  origine  :  1^  le  faisceau  interne  du  iewl  .. 
de  Zinn;  2"*  de  courtes  aponévrotiques  qui  se  fixent  sur  le  côté  iutetiii'  «iu 
nerf  optique.  Du  sommet  de  l'orbite  il  se  porte  en  avant  et  un  peu  en  hai.! 
pour  atteindre  le  niveau  du  globe  de  l'œil,  s'infléchit  alors  de  dedans  t-n 
dehors,  puis  s'attache  sur  son  hémisphère  antérieur,  à  5  ou  5  millimî-lr'^ 
de  la  circonférence  de  la  cornée. 

Rapports.  —  Contigu  par  sa  face  interne  à  la  paroi  interne  de  ^(t^bi(l^  ii 
s'applique  par  l'externe  à  la  masse  adipeuse  que  traverse  le  nerf  optique.'  ! 
au  globe  de  Tipil,  sur  lequel  il  s'enroule  en  avant.  —  Son  bord  supérieur  «■- 
sous-jacent  à  la  portion  directe  du  grand  oblique.  L'inférieur  longe  h*  N'fi 
interne  du  muscle  abaisscur  de  la  im pille. 

Action.  —  Le  droit  interne  imprime  au  globe  oculaire  un  mouvement  <!• 
rotation  qui  s'opère  autour  de  son  diamètre  vertical,  et  qui  a  lieu  de  deh-^t- 
en  dedans  et  d'avant  en  arrière.  Ce  mouvement  a  pour  résultat  d'attirer  U 
pupille  vers  le  grand  angle  de  l'œil. 

Y.  -^  MoMlc  fniBd  oMl^oc. 

ile  muscle  comprend  deux  portions  crès-dilTérentes  :  une  portion  p<>^t*- 
rieure  ou  directe,  entièrement  musculaire,  et  une  portion  antérieure  1» 
réfléchie,  aplatie,  trt*s-mince  et  fibreuse. — La  portion  postérieure  est  situ** 
dans  l'angle  que  constituent,  par  leur  union,  les  parois  supérieure  et  iutfni' 
de  l'orbite.  1^  portion  antérieure  est  située  au-dessus  du  globt»  de  l'œiL 

Au  niveau  du  C4)ude  que  forment  ces  deux  portions,  on  observe  une  an  .»•'- 
fibro-cartilagineuse,  dont  les  extrémités  s'attachent  H  une  légère  dépn*^^i*-!i 
que  présente  le  plus  habituellement  l'apophyse  orbitaire  interne  du  fnmt.il. 
r.'e«t  *»nr  celle  nrcade  que  le  muscle  se  réfléchit  ;  elle  porh'  le  nom  d«*  pout»^ 


MCSCLES  DE  LA  JETE. 


113 


du  yranJ  oblique.  Une  syQoviale  lapîue  ses  parois  et  se  prolonge  au  deU  de 
•41  limile)  sur  le  tendon  correspondant. 

luferliofu.  —  Le  grand  oblique  s'îns6re  en  arrière  sur  le  nerf  optique,  par 
i]i>  courles  filires  apo névrotiques,  entre  le  muscle  droit  supérieur  et  le  muscle 
droit  interne-  De  la  partie  interne  du  Irou  optique,  il  ec  dirige  en  avant  et 
m  baut  vers  la  poulie  qui  lui  est  destinée,  prend  alors  les  caractères  d'un 
ttodon  grêle  et  arrondi,  qui  se  réflËcbit  sur  la  gorge  de  cette  poulie  pour  se 
porter  ensuite  en  arrière,  en  dehors  et  en  bas.  Parvenu  au-dessus  du  globe 
de  l'œil,  ce  tendon  s'étale,  pub  s'attache  &  la  partie  supérieure  et  externe 
de  son  hémisphère  postérieur. 

KapporU,  —  La  portion  postérieure  est  en  rapport  :  en  haut,  avec  l'angle 
supérieur  et  interne  de  la  cavi[6  orbitaire  ;  en  bas,  avec  le  lissu  adipeux 
qui  environne  le  nerf  optique  ;  en  dedans,  avec  le  muscle  droit  interne  ;  en 
di'hora,  avec  le  muscle  droit  supérieur.  —  La  portion  antérieure  ou  réfléchie 
t'ii  recouverte  par  l'extrémité  autérieuro  de  ce  muscle  ;  elle  recouvre  le  bord 
supérieur  du  droit  interne  et  le  globe  de  l'oeil. 

.tc/ton.  —  Le  grand  oblique  imprime  au  globe  de  l'œil  un  mouvement  de 
mialion  qui  s'accomplit  autour  d'un  diamètre  obliquement  dirigé  d'avant 
eu  arrière  et  de  dehors  en  dedans.  Ce  mouvement  s'opère  de  bas  en  haut, 

Fis-  au- 


Miueles  de  Cmi.  —  Tendon  de  Zom. 


1.  Aiuche  do  ttmton  de  Zinn  ;  linpieii»  par  lnquell. 
noiMiw:  *a  troiidiTisions,  dmini'cs  «iii  iiiusilfs  droil 
irtiir. Pour  monlrer  cts  troii iliiisiom, Isniif au  fibreuï  i 
lin  mm  p«r  lofurl  pas»  le  oertde  la  iroisi^me  pair- 
paii  rrjrté  en  bas  pour  Uiuer  voir  le  droit 

î^a  rtBhTie^de  ™*niu«"'. -T  M««îe  "piiit  ubliqûe':- 0."  Uu«'le  éleviieu^  de  l«  P«Bpier« 
-  10  10.  Punionmojennedu  lauacleorbilo-palpibral.  —  ll.>tfIopuii'e- 
11.—  8 


I  t'unit  k  l'snnci.a  fibreux  du  uerf 
nlernc,  droit  eiwrne  H  droil  infé- 
iiert  optique  a  éti  inpisi  au  niieao 
-  a.  Muscle  droit  eiL terne,  incisé, 
—  3.  Museie  droit  interne.  —  4-  Muselé 
■    ■  ■■        —  7.  Poulie  et  — 


11&  HY0L06IE. 

de  dchor»  en  dedans ,  et  d'arrière  en  avant  ;  il  a  pour  effet  de  porter  h 
pupille  en  bas  et  en  dehors. 

VI.  —  Moielc  yettl  oMI««e. 

Situé  sur  la  partie  antérieure  et  inférieure  de  l'orbite,  entre  le  plan<  Iut 
de  ruttc  cavité  et  le  muscle  droit  inférieur  qui  le  sépare  du  globe  de  rail. 
beaucoup  plus  court  que  le  précédent;  allongé,  aplati,  curviligne. 

Imertions,  —  Le  petit  oblique  prend  son  insertion  fixe  sur  la  partie  in^  - 
rieure  et  interne  de  la  circonférence  de  la  base  de  l'orbite,  à  2  millimêtn* 
en  dehors  du  sac  lacrymal.  De  cette  origine,  qui  a  lieu  par  de  courtes  fihiv; 
aponévrotiques,  il  se  dirige  en  dehors  et  en  arrière,  en  s'amincissaot,  s'éUr- 
gitisant,  et  ?c  recourbant  de  bas  en  haut  pour  embrasser  le  globe  de  lu-i'.. 
puis  s'attache  par  une  mince  lame  tendineuse  à  la  partie  inférieure  rî 
cxtornc  de  son  hémisphère  postérieur.  —  Entre  son  insertion  mobile  et  celic 
du  grand  oblique,  il  existe  un  intervalle  de  8  à  10  millimètres;  elles  sont. 
du  reste,  linéaires  et  parallèles,  mais  affectent  une  direction  et  une  situati'  :i 
très-différentes  relativement  au  nerf  optique.  Celle  du  petit  oblique,  siifh 
sammont  prolongée,  viendrait  tomber  sur  la  partie  terminale  de  celui-ci, 
dont  elle  n'est  séparée  que  par  une  distance  de  3  ou  A  millimètres  ;  celle  d'» 
grand  oblique  est  située  à  un  centimètre  au-dessus  du  nerf,  et  presque* 
perpendiculaire  &  sa  direction. 

Bapports.  —  Par  sa  face  inrérieure,  convexe,  ce  muscle  répond  :  en  bas,  «u 
plancher  de  Torbite;  en  dehors,  au  droit  externe.  —  Sa  face  supérieuiv, 
conen\e,  est  eu  rapport  avec  le  droit  inférieur,  dont  elle  croise  obliquement 
la  direction;  et  dans  sa  partie  terminale,  avec  l'hémisphère  postérieur  du 
glohe  de  Tieil. 

Aciion*  —  I.e  petit  oblique  communique  au  globe  oculaire  un  mouvem«*nt 
de  rotation  qui  s'opère  aus^si  autour  d'un  diamètre  horizontal  dirige  m 
arrière  et  en  dedans.  Mais  le  mouvement  se  produit  en  sens  inverse  de  cilui 
qui  détermine  le  grand  oblique,  c'est-à-dire  de  haut  en  bas.  d'arrière  m 
axant,  et  de  dehors  en  dedans.  Il  a  pour  effet  de  porter  lorifice  pupillaiiv 
en  haut  et  en  dehors. 

H.—  Dk  LAroNtvRo^E  oRWTvinE  rr  pm  nr-^iis  a  fiUMs  ii??i> 

ou    tu   >OXT   AN.NFVhS. 

Vm  |>art\uinint  les  auteurs  qui  ont  successivement  retracé  l'histoire  df 
cette  «iH>ne\r\»M\  df^uis  Tenon  ju>qu  à  nos  jtmrs,  on  reste  frappé  de  U 
di^poMliou  vomi«liquee  quelle  prvî'Uite,  de<  difAcultvs  que  soulève  mo 
et  mie,  et  do»  unniscs  qui  piano nt  <;a  et  U  Mir  sa  des<:riptii»n.  Mais  cette  cum- 
plu^ttion  n  e\i>te  iws  dans  la  n.ilurx».  IV**  nvherche*  nouvelles  et  plj» 
ivmpUMes  mont  donitMiIre  qu  elle  olTre,  eu  rvalilè,  une  disposition  des  plu* 
sunplo!'.  Je  matta\h(*rAi  di^nc  à  lui  rt*>tituer  ce  caractèrv  de  simplicité,  qu: 
«ur4  iH»ur  JL\A\\\  ce.  jt'  ivn-e,  d  en  fain*  mioui  saiîir  tous  K^s  détails,  en  l»s 
inUiiant  \\  une  Uauure  \  Uis  vi\o.  \ùi\  de  e  .mjiutir  si«n  étude,  je  pa5seraj 
eOMUte  r^tpuionu'ut  en  r^xuo  Us  i»i-*:,.«'ns  di-  pnnci[»AUV  auteurs. 


MUSCLES  DE  LA  TÊTE.  115 

L'aponévrose  orbitaire  entoure  tout&  la  portion  scléroticale  du  globe  de 
\'m\.  De  cet  organe  comme  d'un  centre,  elle  s'irradie  sur  les  muscles  qui 
le  meuvent  ;  puis  s'étend  de  ceux-ci  jusqu'aux  parois  de  l'orbite  et  au  bord 
adhérent  des  paupières. 

Cette  aponévrose  nous  offre  donc  à  considérer  :  l^'  une  portion  centrale 
uu  oculaire;  2*"  six  gaines' musculaires  ou  prolongements  du  premier  ordre, 
3^  cinq  faisceaux  tendineux  ou  prolongements  du  second  ordre. 

a.  Portion  centrale  ou  oculaire,  —  Elle  s'étend  du  nerf  optique  à  la  cornée 
transparente,  embrasse  par  conséquent  la  plus  grande  partie  de  la  surface 
du  globe  de  l'œil}  les  neuf  dixièmes  environ,  et  constitue  pour  cet  organe 
une  enveloppe  qui  présente  deux  ouvertures  et  deux  surfaces. 

Par  la  circonférence  de  son  orifice  postérieur,  cette  portion  centrale 
s  attache  sur  le  sillon  circulaire  qui  répond  à  l'union  du  nerf  optique  avec 
le  globe  de  l'oeil.  Elle  est  traversée  sur  ce  point  par  les  nerfs  ciliaires  et  les 
artères  ciliaires  courtes  qui,  pénétrant  dans  la  sclérotique,  contribuent  à 
l  unir  à  cette  membrane.  —  Par  la  circonférence  de  son  orifice  antérieur, 
btûucoup  plus  grande,  elle  s'insère  à  la  conjonctive  oculaire  sur  le  pourtour 
de  la  cornée. 

Sa  surface  interne  ou  concave  est  lisse,  unie,  très-régulière.  Elle  n'adhère 
à  la  sclérotique  que  par  un  tissu  cellulaire,  humide,  très-fin  et  très-lâche, 
qui  a  pu  être  considéré  comme  une  sorte  de  séreuse  rudimentaire.  11  suit 
de  cotte  disposition  que  la  portion  centrale  de  l'aponévrose  est  presque 
entièrement  indépendante  de  l'organe  qu'elle  embrasse,  et  que  celui-ci 
peut  glisser  sur  elle  à  la  manière  d'une  sphère  pleine  sur  une  sphère  creuse, 
ivmr  observer  la  face  concave  de  cette  portion  centrale,  le  procédé  le  plus 
a\:intageux  est  celui  qui  a  été  conseillé  par  Bonnet.  Il  consiste  :  1°  à  en 
exâsor  un  lambeau  au  niveau  de  l'attache  du  muscle  droit  interne  ou 
dn»it  externe;  2^  à  engager  l'une  des  branches  de  ciseaux  courbes  sous  le 
tindon  correspondant,  et  à  faire  l'incision  de  ce  tendon  qui  sera  prolongée 
ensuite  à  tous  les  autres,  en  suivant  le  contour  de  la  cornée;  3^  à  diviser,  à 
1  aide  des  mêmes  ciseaux,  les  tendons  des  muscles  obliques  et  le  nerf  optique 
a  «on  extrémité  terminale.  Le  globe  de  l'œil,  libre  alors  de  tous  côtés,  se 
détache  et  laisse  voir  les  parois  de  la  cavité  dans  laquelle  il  était  logé.  — 
t^-tte  préparation,  aussi  simple  que  facile,  démontre  très-bien  que  In  portion 
•  entrale  de  l'aponévrose  divise  la  cavité  de  l'orbite  en  deux  cavités  secon- 
d.'iires,  Tune  antérieure,  destinée  à  l'organe  principal  de  la  vision,  l'autre 
l'Intérieure,  dans  laquelle  se  trouvent  situées  toutes  les  'parties  accessoires 
du  sens  de  la  vue. 

La  surface  externe  ou  convexe  de  la  portion  oculaire  diffère  beaucoup  de 
U  précédente.  Loin  d'être,  comme  celle-ci,  nettement  limitée,  elle  adhère, 
"U  plutôt  se  continue  avec  toutes  les  parties  environnantes.  En  arrière,  elle 
$e  continue  insensiblement  avec  la  masse  cellulo-adipeuse  do  sommet  de 
lurbile.  Dans  son  tiers  moyen,  elle  se  continue  avec  les  six  gaines  muscu- 
Uires  qui  en  partent.  Dans  sa  partie  antérieure,  elle  répond  à  la  conjonctive 
wulaire  qui  lui  adhère  d'abord  par  un  tissu  conjouctif  assez  lâche,  mais  de 
plus  en  plus  serré  à  mesure  qu'on  se  rapproche  du  pourtour  de  la  cornée. 


116  MYOLOGIE. 

au  niveau  de  laquelle  les  deux  membranes  se  confondent.  —  Ces  rapports  dt* 
la  surface  externe  permettent  de  considérer  à  l'aponévrose  oculairv  un 
segment  postérieur  qui  se  trouve  en  rapport  avec  les  parties  molles  iiitra- 
orbitaircs,  et  un  segment  antérieur  qui  est  sous-Jacent  à  la  co^juncti^e,  ei 
qui  a  été  désigné  sous  le  nom  de  fascia  sous-ronjonctival. 

Les  adhérences  que  présente  cette  aponévrose  sur  toute  son  étendue  nu\ 
pour  effet  commun  de  l'immobiliser  en  grande  partie,  de  la  maintenir  datt? 
un  état  de  tension  permanente,  et  de  prévenir  ainsi  les  plis  qui  pourrai t-nt 
se  former  sur  ses  parois,  si  celles-ci  accompagnaient  le  globe  de  l'œil  da!.> 
ses  divers  mouvements  de  rotation.  —  Elles  ont  encore  un  autre  avantar.' 
que  le  chirurgien  peut  utiliser.  Lorsqu'on  extirpe  cet  organe  par  le  proct  «i*" 
de  Bonnet,  l'aponévrose  oculaire,  sous  l'influence  de  la  cicatrisation,  revient 
sur  elle-même,  et  finit  par  constituer  un  petit  bulbe,  dont  les  mouvem<'n!« 
sont  identiques  avec  ceux  de  l'œil  resté  intact.  En  appliquant  sur  ce  bulbe  un 
œil  artificiel,  celui-ci  conserve  donc  une  parfaite  mobilité,  et  contribue  h 
bien  à  masquer  la  diflformité ,  qu'un  groupe  d'élèves  auxquels  je  montraïf 
un  malade  ainsi  opéré,  eu  les  prévenant  qu'il  portait  un  œil  de  \erre,  no 
réussit  pas  à  distinguer  celui-ci  de  l'œil  sain. 

b.  Prolongements  du  premier  ordre,  ou  gaines  musculaires.  —  Les  six  galn<^ 
qui  s'étendent  de  la  portion  centrale  de  l'aponévrose  orbitaire  sur  les  mufcl*  « 
moteurs  du  globe  de  l'd'il  diffèrent,  suivant  qu'elles  appartiennent  aux  mus- 
cles droits,  au  grand  oblique,  ou  au  petit  oblique. 

Celles  des  quatre  muscles  droits  naissent  de  l'aponévrose  oculaire  ai 
niveau  de  la  partie  moyenne  de  leur  tendon;  par  conséquent*  elles  om- 
brassent la  portion  de  ce  tendon  qui  se  continue  avec  le  corps  charni. 
s'avancent  ensuite  sur  celui-ci,  et  ne  tardent  pas  à  s'amincir  de  plus  i-n 
plus,  au  point  de  dégénérer  sur  leur  moitié  postérieure  en  une  simple  laiiii' 
celluleuse.  Ces  gaines  ont  pour  caractères  communs  :  1"  de  se  continua  r 
entre  elles  à  leur  point  de  départ  ;  2""  d'offrir  dans  la  première  partie  de  le  ir 
triyet  une  épaisseur  et  une  résistance  égales  à  celles  de  l'aponévTose  (h.-j- 
laire;  3"  d'adhérer  intimement  à  ces  muscles,  en  sorte  qu'ils  ne  peuvent  m" 
raccourcir  sans  les  entraîner  avec  eux,  et  par  conséquent  sans  entraiiuT 
aussi  le  globe  de  l'œil,  d'où  il  suit  qu'après  la  section  de  leur  tendon,  m 
l'aponévrose  n'a  été  divisée  que  sur  une  très-petite  étendue ,  ils  pourrait  ni 
attirer  encore  cet  organe  de  leur  côté  avec  une  facilité  d'autant  plus  graiiO'^ 
que  rincision  aura  été  plus  étroite. 

La  gutnc  du  grand  oblique  présente  une  disposition  toute  spéciale.  ( !•. 
se  prolonge  de  l 'aponévrose  oculaire  vers  sa  poulie,  avec  laquelle  elle  ><' 
continue,  et  embrasse  ainsi  toute  sa  portion  réfléchie,  mais  ne  s'étend  ntil- 
lement  sur  sa  partie  directe  ou  sur  le  corps  charnu  du  muscle.  Otte  garif 
n'adhère  au  tendon  que  dans  sa  moitié  inférieure;  la  synoviale  de  la  p(i';Le 
lartilagineuse,  en  distendant  sur  ce  tendon,  l'isole  de  son  enveloppe,  <ie 
telle  sorte  qu'il  reste  indépendant  de  celle-ci  supérieurement. 

La  gaine  du  petit  oblique  diffère  de  la  précédente  et  de  celles  des  mu«<  !«-* 
droits,  en  ce  quelle  se  prolonge  sur  toute  l'étendue  du  muscle  pour  vn.ir 
se  fixer  avec  celui-ci  à  la  circonférence  de  la  base  de  l'orbite,  dans  le  uum- 


MUSCLES  DE  LA  TÊTE.  117 

na^o  du  sac  lacrymal,  et  quelquefois  à  la  paroi. externe  ou  fibreuse  de  ce 
S3C.  Klle  adhère,  du  reste,  au  muscle ,  et  se  confond  avec  la  gaîne  du  droit 
inférieur,  au  moment  où  le  petit  oblique  croise  ce  dernier. 

c.  Prolongements  du  second  ordre,  ou  faisceaux  tendineux.  Muscles  à  fibres 
listes  annexés  à  ces  faisceaux.  —  Des  quatre  gaines  des  muscles  droits  et  de 
celle  du  petit  oblique,  on  voit  se  détacher  autant  de  prolongements  qui 
aiïectenl  chacun  une  disposition  dilTérente. 

Le  faisceau  tendineux,  émané  de  la  gaine  du  muscle  droit  externe,  est  le 
plus  fort  de  tous.  Il  se  dirige  de  dedans  en  dehors  et  d'arrière  en  avant , 
pjur  aller  s'attacher  a  la  paroi  externe  de  l'orbile,  à  2  millimètres  en  arrière 
et  un  peu  au-dessus  du  ligament  palpébral  externe.  Ce  faisceau  se  continue 
au  niveau  de  son  origine  avec  la  gaîne  fibreuse  du  muscle,  et  nullement  avec 
celui-ci,  ainsi  que  lavait  pensé  Tenon,  et  après  lui  un  grand  nombre  d'au- 
teurs. Dans  cette  première  partie  de  son  trajet,  il  est  exclusivement  et  con- 
>tamment  fibreux  ;  dans  la  seconde,  c'est-à-dire  au  niveau  de  son  insertion 
fixe,  il  est  formé  par  des  faisceaux  de  fibres  musculaires  lisses,  lesquels 
oustituent  un  véritable  muscle,  que  je  désignerai  sous  le  nom  de  muscle 
urhitaire  externe.  Ce  prolongement  a  pour  usages  :  1°  de  soutenir  le  droit 
externe,  soit  au  moment  où  celui-ci  se  contracte,  soit  au  moment  où  il  s'en- 
r(»ule  sur  le  globe  de  l'œil  par  suite  de  la  contraction  du  muscle  opposéj  et 
de  prévenir  ainsi  la  compression  qu'il  pourrait  exercer  sur  l'organe  de  la 
^ue;  2*»  de  limiter  son  raccourcissement  II  représente,  en  un  mot,  pour  le 
muH'le  auquel  il  est  annexé,  une  poulie  de  renvoi  et  un  tendon  d'arrêt. 

Le  faisceau  tendineux  du  droit  interne  est  moins  épais,  moins  résistant,  et 
moins  bien  limité  que  le  précédent.  Obliquement  dirigé  de  dehors  en  dedans, 
et  d'arrière  en  avant,  il  se  fixe  à  la  paroi  interne  de  l'orbite  sur  la  moitié 
supérieure  de  la  crôte  de  l'os  unguis.  De  ses  deux  moitiés,  celle  qui  se 
Continue  avec  la  gaine  du  droit  interne  est  fibreuse;  celle  qui  s'attache  à 
I  orbite  est  composée  de  fibres  musculaires  lisses,  formant  aussi  un  petit 
mus<ie,  que  J'appellerai,  par  opposition  au  précédent,  muscle  orbitaire  interne. 
t>  faisceau  remplit  les  mêmes  usages  que  celui  du  droit  externe. 

Le  faisceau  tendineux  du  droit  supérieur,  sous-jacent  et  parallèle  au 
^'le\eur  de  la  paupière,  s'étend  de  l'extrémité  antérieure  de  sa  gaine,  vers 
le  bord  supérieur  du  muscle  urbito-palpébral,  avec  lequel  il  se  continue  : 
di>p(»sition  qui  permet  au  droit  supérieur  d'élever  légèrement  la  paupière 
•lu  moment  où  il  élève  la  pupille.  Ce  faisceau  tendineux,  s'insérant  sur  un 
muscle  qui,  lui-même,  se  fixe  aux  deux  extrémités  de  l'équateur  de  l'orbite, 
>eut  remplir  aussi  à  l'égard  de  l'élévateur  de  la  pupille  l'office  d'une  poulie 
•le  renvoi  et  d'un  tendon  d'arrêt. 

Le  faisceau  tendineux  du  droit  inférieur,  extrêmement  court,  vient  s'at- 
l'icher  sur  le  ligament  large  de  la  paupière  inférieure,  au  niveau  et  en  avant 
du  rul'de-sac  inférieur  de  la  conjonctive.  Or  ce  ligament  est  essentiellement 
r<»nné  de  fibres  arciformes,  transversales,  qui  s'insèrent  sur  la  partie  infé- 
rieure de  la  circonférence  de  l'orbite ,  en  dedans  par  une  de  leurs  extré- 
mités, en  dehors  par  l'autre.  Il  résulte  de  cette  double  disposition  :  1'  que 
le  druit  inférieur  ne  peut  abaisser  la  pupille  sans  abaisser  aussi  un  peu  la 


118  MY0L06IE. 

paupière  ;  2^  que  cette  paupière  joue,  à  son  égard,  le  rôle  de  poulie  de  renN»i 
et  de  tendon  d'arrôt. 

Le  faisceau  tendineux  du  petit  oblique  est  loin  de  ressembler  au  précédenU 
11  se  présente  sous  Taspcct  d'une  cloison  triangulaire,  très-mince  et  obliq  u^ 
ment  dirigée,  dont  le  bord  supérieur  se  continue  avec  la  gaine  du  mu^  1" 
dans  toute  son  étendue,  tandis  que  Tinférieur  s*attache  au  plancher  «ie 
l'orbite.  Son  bord  externe  ou  sa  base  se  dirige  vers  la  fente  sphéno-rnavll- 
laire,  fente  comblée  à  l'état  frais  par  un  muscle  lisse  qui  a  été  sisriu'»-. 
en  1858,  par  H.  Mûller,  et  dont  J'ai  pu  constater  aussi  Texistence.  Or,  de  o 
muscle  orbitaire  inférieur  naissent  des  faisceaux  qui,  montant  dans  la  cloi^'. 
précédemment  décrite,  viennent  la  consolider  au  niveau  de  sa  base,  c  e«t- 
à-dire  sur  le  point  qui  subit  la  plus  forte  tension  au  moment  où  le  p^-t  t 
oblique  se  contracte.  Ainsi  constitué,  le  faisceau  tendineux  de  ce  munit- 
fait  aussi  Toflice  de  poulie  de  renvoi  et  de  tendon  d'arrêt. 

Seul  parmi  les  muscles  intra-orbitaires,  le  grand  oblique  est  dépounu  !•- 
faisceaux  tendineux.  Son  raccourcissement  est  limité  par  les  adhérences  q  :i 
unissent  son  tendon  à  la  moitié  inférieure  de  sa  gaine. 

En  résumé,  des  cinq  irradiations  secondaires  qui  naissent  des  irradiation^ 
principales  de  l'aponévrose  orbitaire,  deux  se  portent  vers  les  paupière^ 
qu '.elles  contribuent  à  mouvoir.  Les  trois  autres,  d'abord  fibreuses,  p.i^ 
musculaires,  vont  s'attacher  aux  parois  de  l'orbite.  Trois  muscles  lisse^  5<*n* 
donc  annexés  à  cette  aponévrose,  ou  plutôt  à  l'appareil  moteur  du  glolM>  de 
l'œil,  dont  elle  n'est  qu'une  dépendance.  A  ceux-ci  on  pourrait  ajouter  W 
muscle  orbito-palpébral  qui  lui  appartient  en  partie  aussi.  De  ces  quitr^ 
muscles,  celui  de  la  fente  sphono-maxillaire  est  le  seul  qui  ait  été  dérrit. 

L'aponévrose  orbitaire  est  constituée  par  des  fibres  de  tissu  conjomî'.f, 
auxquelles  se  mêlent  une  notable  proportion  de  fibres  élastiques,  du  ti^rii 
adipeux,  des  vaisseaux  sanguins,  et  quelques  ramifications  nerveuses. 

Historique  de  l'aponévrose  orbitaire.  —  Cette  aponévrose  a  été  découvert»* 

par  Tenon,  Dans  son  travail  communiqué  à  l'Institut  en  1803,  il  décrit  a\< v 

exactitude  sa  portion  centrale  ou  oculaire,  et  les  six  gaines  dcstioée:»  aiA 

muscles  de  l'œil  (1).  La  description  qu'il  donne  des  prolongements  de  secuiiu 

ordre  laisse  au  contraire  beaucoup  à  désirer.  Cet  auteur  a  cependant  lrt''«^ 

bien  vu  ceux  qui  vont  s'attacher  aux  parois  externe  et  interne  de  Torbite. 

'Mais  indépendamment  de  ces  prolongements  ou  ailes  ligamenteuses^  il  adme: 

pour  chacun  des  muscles  droit  externe  et  droit  interne,  un  faisceau  ten<it- 

neux  qui  ferait  suite  aux  fibres  musculaires,  en  sorte  que  ces  niu»4-]ef 

auraient  trois  insertions  :  la  première  au  fond  de  la  cavité,  la  seconde  au 

globe  de  l'oeil;  la  troisième  aux  parois  de  l'orbite.  Cette  opinion  de  Têii'm 

méritait  d'autant  pins  d'être  reproduite,  qu'elle  a  été  adoptée  parla  plup^irt 

des  auteurs  modernes.  J'ai  pris  soin  déjà  de  la  réfuter;  l'observation  attote 

très-nettement  que  les  faisceaux  tendineux  annexés  aux  mut^cles  orbitairi*^ 

partent  de  la  gaine  qui  les  entoure,  et  non  des  fibres  musculaires  elle^ 

mêmes.  —  Quant  aux  prolongements  palpébraux,  il  mentionne  seulement 


T  Trnon,  .V**w.  W  offS**n'fi(.  mr  Fanât.  Pari»,  1806,  p.  193. 


MUSCLES  DE  LA  TÊTE.  H9 

colul  de  la  paupière  supérieure  qu'il  prolonge  Jusqu'au  cartilage  tarse, 
Mttachant  ainsi  le  muscle  orbito-palpébral  (tendon  du  releveur)  à  Taponé^ 
Trosc  orbilaire  :  erreur  que  nous  allons  retrouver  dans  un  grand  nombre 
d'auteun,  et  qui  prendra  des  proportions  plus  grandes  en  se  propageant. 

Bonnet,  en  1841,  a  rappelé  la  description  et  les  opinions  de  Tenon  qu'il 
adopte  sur  tous  les  points  ;  cependant  il  a  insisté  le  premier  sur  les  con- 
nexions que  présentent  les  six  gatnes  musculaires  au  niveau  de  leur  origine, 
et  sur  les  adbérences  intimes  qu'elles  affectent  avec  les  muscles.  Il  a  fait 
remarquer  aussi  que  les  prolongements  palpébraux  de  l'aponévrose  per- 
mettent à  l'élévateur  d'élever  un  peu  la  paupière  supérieure,  et  à  son  abais* 
Si>ur  d'abaisser  l'inférieure.  Le  premier  également ,  il  a  montré  qu'on  pou- 
uit  énucléer  le  globe  de  l'œil  en  conservant  son  enveloppe  ou  sa  capsule^ 
c  est4-dire  sans  ouvrir  la  loge  dans  laquelle  se  trouvent  renfermées  toutes 
les  autres  parties  molles  intra-orbitaires  (1). 

Au  mois  de  juin  de  la  même  année,  Hélie,  dans  une  tbèse  spécialement 
rnnsacrée  à  l'étude  de  cette  aponévrose,  ne  se  contente  pas  de  la  prolonger 
a^ec  Tenon  et  Bonnet  jusqu'au  bord  adhérent  des  cartilages  tarses.  De  ce 
bord  adhérent,  elle  s'étendrait  vers  la  base  de  la  cavité  orbitaire,  en  passant 
en  arrière  des  ligaments  larges,  et  irait  tapisser  ensuite  les  parois  de  celle-ci 
pour  se  continuer,  à  sa  terminaison  avec  la  dure-mère.  «  Elle  formerait  une 
sorte  de  sac  sans  ouverture^  ou  encore  de  bonnet  de  coton,  dont  une  partie,  repliée 
<ur  eUe-métne,  sert  d'enveloppe  au  globe  de  Vœil,  tandis  que  l'autre  recouvre  les 
j'orois  de  Vorbite  (2).  »  Cette  formule  appliquée  à  la  disposition  générale  de 
I  aponévrose,  a  l'avantage  d'en  donner  une  idée  fort  simple  ;  mais  elle  est 
il»s4)lument  erronée.  Le  périoste  orbitaire  n'a  riei^  de  commun  avec  cette 
aponévrose.  On  ne  le  voit  nullement  se  prolonger  en  arrière  des  ligaments 
larses,  pour  passer  ensuite  des  cartilages  tarses  vers  les  muscles  et  le  globe 
dr  Tiril.  Par  sa  structure,  il  est  indentique  du  reste  au  périoste  de  toutes 
l'''^  autres  parties  du  squelette,  et  diffère  beaucoup  à  cet  égard  de  la  dure- 
nuTe.  Pour  rentrer  dans  la  réalité,  il  faut  donc  retrancher  de  ce  sac  sans 
merture  :  1"  toute  sa  portion  périostique  ;  2<*  toute  celle  qui  s'applique  aux 
liirameiils  larges;  3*  toute  celle  qui  correspond  au  muscle  orbito-palpébral. 
Hamené  à  cet  état  de  simplicité,  il  ne  comprend  plus  que  l'enveloppe  ocu- 
laire, les  six  gaines  musculaires,  et  les  cinq  faisceaux  tendineux  de  celles-ci. 
Iv>  ces  cinq  faisceaux.  Tenon  et  Bonnet  n'avaient  observé  que  ceux  des 
muscles  droits.  Hélie  a  signalé  celui  du  petit  oblique  ;  il  les  considère  tous, 
du  reste,  comme  de  simples  tendons  d'arrêt. 

Lenoir,  en  1850,  a  retracé  aussi  l'histoire  de  Taponévrose  orbitaire.  Mais  sa 
d«'5rription  ne  diffère  de  celle  de  Tenon  que  sur  un  point.  Il  la  prolonge  des 
•  irtilages  tarses  jusqu'au  rebord  de  l'orbite  (3).  M.  Richet  la  prolonge 
ji«qu'au  sommet  de  l'orbite,  de  même  qu^Hélie,  dont  il  adopte  la  formule, 
l'our  les  détails,  il  reproduit  l'opinion  de  Tenon  (à). 

i;  Bonnet,  Traité  des  aect.  tend,,  1861,  p.  11  et  suiy. 

2  Hélie,  Recherches  sur  les  fnuscles  de  f  œil  et  taponévr,  or  bit.,  thèse,  1841,  p.  18. 

3  Lrnotr,  Des  opérai,  qui  se  pratiquent  sur  les  muscles  de  Vanl,  thèse,  1850,  p.  12. 
X,  Rirbet,  TraUédanat,  méd,<hirurg»,  2«  édit.,  p.  326. 


120  HYOLOGIB. 

En  résumé,  tous  ces  auteurs  ont  admis  avec  Tenon  que  TaponéTrose  orbî- 
taire  comprend  :  une  partie  principale  qui  entoure  la  portion scléroticaU* di 
globe  oculaire  ;  des  gaines  qui  partent  de  celles-ci  pour  se  prolonger  «ur 
les  muscles  de  l'œil;  des  faisceaux  tendineux  qui  se  dirigent,  les  uns  ^t»r^ 
les  parois  de  Torbite,  les  autres  vers  les  paupières.  —Tous  aussi  ont  adini« 
que  ces  ftiisceaux  naissent  directement  des  fibres  musculaires  :  premiêiv 
erreur  dont  j'ai  cherché  à  faire  Justice  en  montrant  qu'ils  proviennent  ée 
la  gaine  fibreuse.  —Tous  ont  considéré  ces  mômes  faisceaux  comme  entit*n*- 
ment  fibreux  :  seconde  erreur ,  puisque  trois  d'entre  eux  sont  constituée  j 
leur  extrémité  terminale  par  des  fibres  musculaires  lisses.  —  Tous  ont  («in- 
duit l'aponévrose  jusqu'au  cartilage  tarse  de  la  paupière  supérieure  ;  Lon<>ir. 
Jusqu'au  rebord  de  l'orbite;  Hélie  et  M.  Richct,  jusqu'au  sommet  de  ct'ttf 
cavité  :  troisième  erreur,  que  la  présence  du  muscle  orbito-palpébnd  réfuta 
suffisamment. 

G.  —  De  l'appabf.il  moteur  du  globe  de  l'œu.  considéra,  dans  son  ensfmm», 

5KS  CONNEXIONS  KT  SES  ATTRIBUTIONS. 

Cjci  appareil  se  compose  de  parties  fibreuses  et  de  parties  con  tract il>^ 
étroitement  unies  et  solidaires  les  unes  des  autres,  mais  remplissant  ce(>eii- 
dant  des  attributions  très-distinctes. 

Les  parties  fibreuses  entourent  le  globe  de  l'œil  sans  lui  adhérer  ;  elU*?  !• 
maintiennent  suspendu  et  fixe  dans  la  moitié  antérieure  de  l'orbite,  de  Xk-W- 
sorte  que  tout  mouvement  de  translation  lui  est  interdit;  il  peut  beulemr;.: 
tourner  sur  lui-même.  C'est  surtout  pour  le  fixer  dans  sa  situation  qu  r!!'** 
se  prolongent  eu  dedans  et  en  dehors  jusqu'aux  parois  de  la  ca%ité.  Ai::^. 
entouré  et  suspendu,  il  ne  saurait  se  porter  en  arrière;  car  les  proliiiu-* 
meiits  latéraux  de  son  enveloppe  s'opposent  à  ce  mouvement  de  ivv\A.  Il 
ne  peut  se  porter  également  ni  en  dedans  ni  en  dehors,  puisque  le  pn •)••')• 
gement  latéral  externe  l'immobilise  dans  le  premier  sens,  et  le  pn>liau*'- 
ment  latéral  interne  dans  le  second;  ni  en  haut,  ni  en  bas,  lesmi^iU'^ 
prolongements  se  refusant  à  ces  oscillations  verticales.  L'aponévrose  orbitain*. 
en  définitive,  est  donc  tellement  disposée,  que  le  plus  mobile  de  tiKis  l«  - 
organes  contenus  dans  l'orbite,  devient  le  plus  fixe;  et  que  loin  de  s'appii^' 
sur  les  purtirs  qui  ren^ironnent,  celui-ci  de\ient  pour  elles,  au  ctmtn.ri. 
un  point  d'appui. 

Les  parties  controctiles  sont  de  deux  ordres  :  les  unes  partent  du  somm»: 
de  l'orbite,  et  viennent  s'insérer  i\  l'hémisphère  antérieur  du  globe  df  l  «i  il. 
les  autres  naissent  de  la  buse  de  cette  ca>ité,  et  vont  s'attacher  à  son  hrun 
sphère  postérieur.  Les  premières  sont  représentées  par  les  muscles  dmit»,  !•  - 
st*condes  par  les  muscles  obliques. 

Les  quatre  musch»s  droits,  nés  du  sommet  de  l'orbite,  se  portent  en  a\ai.'. 
en  divergeant,  comme  les  quatre  parois  de  cette  ca>ité  auxquelles  ils  ««t- 
res{M>ndent.  —L'interne,  par  conséquent,  est  parallèle  au  plan  médiin. 
L'externe  s'incline  fortement  en  dehors;  le  supérieur  et  l'inférieur  »ui*f  :.î 
la  direction  légèrement  oblique  du  nerf  optique. 


MUSCLES  DE  LA.  TÈTE.  121 

Chacun  de  ces  muscles  revêt  la  figure  d'un  petit  triangle  isocèle.  Une  de 
leurs  faces  est  conligu^  aux  parois  de  l'orbite,  c'est  la  face  pariétale;  l'autre 
à  l'organe  principal  de  la  vue,  c'est  la  face  oculaire.  Chacun  d'eux  se  dévie 
à  son  extrémité  terminale  pour  s'appliquer  sur  Thémisphère  antérieur  du 
dribe  de  l'œil;  ils  appartiennent  par  conséquent  à  l'ordre  des  lAuscles  réflé- 
chis. Comme  ceux-ci,  ils  possèdent  une  synoviale  sous-tendineuse,  rudimen- 
taire  il  e|t  vrai,  mais  quelquefois  cependant  très-apparente.  Leur  insertion 
à  la  sclérotique  se  fait  sur  une  ligne  spirale  qui  commence  au  niveau  du 
tendon  du  droit  supérieur,  se  dirige  en  dehors,  puis  en  bas,  puis  en  dedans, 
on  se  rapprochant  de  plus  en  plus  de  la  cornée,  dont  elle  s'éloigne  à  son 
point  de  départ  de  8  millimètres,  et  de  5  seulement  à  son  point  de  termi- 
naison :  d'où  la  prédominance  du  mouvement  d'adduction  de  la  pupille  sur 
$0(1  mouvement  d'abduction;  d'où  aussi  sans  doute  la  fréquence  plus  grande 
du  strabisme  convergent. 

Les  gaines  des  muscles  droits  ne  présentent  les  caractères  du  tissu  fibreux 
que  sur  leur  tiers  antérieur.  Elles  leur  adhèrent  si  solidement,  que  lorsqu'on 
déchire  ces  muscles  d'arrière  en  avant,  la  solution  de  continuité  comprend 
non-seulement  le  corps  charnu  et  son  aponévrose,  mais  le  faisceau  tendi- 
neux correspondant,  phénomène  qui  avait  fait  penser  à  Tenon  que  celui-ci 
était  un  prolongement  des  fibres  musculaires,  c'est-à-dire  que  le  muscle  se 
terminait  en  avant  par  deux  tendons  divergents,  dont  l'un  se  portait  vers 
la  sclérotique,  et  l'autre  vers  les  parois  de  l'orbite  ou  les  paupières.  Il  avait 
été  induit  en  erreur  par  cette  adhérence,  telle  que  lorsqu'on  coupe  leur 
insertion  oculaire  en  respectant  le  plus  possible  l'aponévrose,  les  muscles 
dn)itâ  peuvent  encore  attirer  la  cornée  de  leur  côté. 

I^s  mouvements  qu'ils  communiquent  au  globe  de  l'œil  s'opèrent  pour 
les  muscles  adducteur  et  abducteur  de  la  pupille  autour  du  diamètre  ver- 
tical ,  pour  les  muscles  qui  élève  et  qui  abaisse  cet  orifice  autour  du  dia- 
mètre transversal. 

Dans  le  mouvement  de  rotation  qui  a  pour  effet  de  porter  la  pupille  vers 
le  grand  angle  de  l'œil,  le  corps  charnu  du  droit  interne  se  raccourcit;  son 
faisceau  tendineux  se  tend,  l'attire  à  lui,  et  limite  son  raccourcissement. 
L  hémisphère  antérieur  du  globe  de  l'œil  se  dirige  en  dedans;  le  postérieur 
se  dirige  en  dehors.  Le  droit  externe,  qui  joue  le  rôle  de  modérateur, 
^allonge  en  s'enroulant  sur  l'hémisphère  correspondant,  et  son  faisceau 
tendineux  se  tend  aussi,  d'une  part,  pour  prévenir  la  compression  qu'il 
pourrait  exercer  sur  l'organe  de  la  vue,  de  l'autre  pour  contribuer  à  limiter 
le  mouvement  d'adduction.  —  Le  mouvement  d'abduction  de  la  pupille  est 
caractérisé  par  les  mêmes  phénomènes  qui  se  passent  seulement  en  sens 
inverse. 

l>ans  le  mouvement  par  lequel  cet  orifice  s'élève,  l'hémisphère  antérieur 
de  l'œil  s'incline  en  haut,  le  postérieur  s'incline  en  bas.  Le  droit  supérieur 
ï<e  raccourcit,  son  prolongement  palpébral  se  porte  en  arrière,  et  se  trouve 
bientôt  immobilisé  par  le  muscle  orbito-palpébral  qui,  soulevé  par  l'élé- 
vateur de  la  paupière,  remplit  à  son  égard  le  rôle  de  tendon  d'arrêt.  Le 
droit  inférieur  s'allonge  et  s'enroule  sur  la  stlérotique;  son  faisceau  tendi- 
neux se  tend  aussi,  et  contribue  à  limiter  le  mouvement  d'élévation.  Le 


122  BfTOLOGIE. 

• 

grand  oblique  se  tend  légèrement  ;  le  petit  oblique  se  relâche.  —  1/ab.ii- 
sèment  de  la  pupille  se  fait  par  un  mécanisme  opposé. 

Ainsi,  lorsque  l'œil  tourne  autour  de  son  diamètre  vertical,  que  la  pupille 
se  porte  en  dedans^  ou  qu'elle  se  porte  en  dehors,  les  deux  prolongement 
par  lesquels  l'aponévrose  vient  s'attacher  aux  parois  de  l'orbite  se  trndf  nt 
pour  imposer  au  mouvement  de  rotation  des  bornes  qu'il  ne  saurait  franikir. 
—  Lorsqu'il  tourne  autour  de  son  diamètre  transversal,  les  deux  proIoDL*<  • 
mcnts  que  celle  aponévrose  envoie  aux  paupières  se  tendent  également,  (t 
cette  tension  a  ici  deux  avantages  :  le  premier,  de  renfermer  le  mouvem«'T  ' 
de  rotalion  dans  ses  limites  naturelles;  le  second,  de  faire  concourir  !e> 
muscles  élévateur  et  abaisseur  de  la  pupille  à  l'élévation  et  à  rabaissemci.t 
des  paupières  correspondantes. 

Les  deux  obliques  se  portent  du  rebord  de  l'orbite  en  arrière  et  en  dehor«. 
en  suivant  une  ligne  qui,  suffisamment  prolongée,  viendrait  abcmtir  a 
l'entrée  du  canal  sous-orbitaire.  Le  supérieur  s'insérant  beaucoup  au-de5«u< 
du  nerf  optique,  l'inférieur  en  étant  au  contraire  très-rapproché,  les  deui 
muscles  n'exercent  pas  sur  le  globe  de  Tœil  une  égale  influence  ;  relit»  du 
petit  oblique  est  prépondérante. 

La  gaine  qui  les  entoure  s'étend  de  leur  point  fixe  à  leur  insertion  mobilt* 
et  leur  adhérent.  Ce  sont  ces  adhérences  qui  limitent  étroitement  le  rat  • 
coure issement  du  grand  oblique.  Le  petit  a  pour  tendon  d'arrêt  ud  fai«<v-<u 
tendineux  qui  lui  laisse  une  latitude  beaucoup  plus  grande. 

Dans  l'état  de  contraction  du  grand  oblique,  son  tendon  remonte  ver^  h 
poulie  de  2  ou  3  millimètres.  Le  globe  oculaire  tourne  autour  d*un  a\t* 
obliquement  dirigé  en  arrière,  en  dedans  et  en  bas;  son  hémisphère  pi>5tr- 
rieur  se  porte  en  haut,  en  dedans  et  en  avant  ;  l'antérieur  se  dirige  en  s<'n5 
opposé,  entraînant  avec  lui  la  pupille.  Mais  cette  rotalion  est  toujours  tn>^ 
peu  prononcée,  en  sorte  que  le  déplacement  de  la  pupille  est  peu  seM>îhlf. 
Le  petit  oblique  s'enroule  sur  la  sclérotique,  et  son  faisceau  tendineux,  qui 
s'allonge,  contribue  à  arrêter  le  mouvement.  —  Lorsque  ce  dernier  so  con- 
tracte, le  globe  de  l'œil  tourne  en  sens  inverse. 

On  peut  reproduire  sur  le  cadavre  les  divers  mouvements  communiqut-s 
par  les  muscles  droits  et  obliques,  en  attachant  des  fils  à  leur  extrémil** 
mobile.  Des  tractions  exercées  par  l'intermédiaire  de  ces  fils  font  tourner 
le  globe  oculaire  autour  de  son  diamètre  vertical,  et  autour  de  son  diamêtiy 
transversal,  lorsqu'elles  mettent  en  jeu  les  muscles  droits.  Kn  faisant  arT 
alternativement  le  grand  et  le  petit  oblique?,  on  voit  très-bien  aussi  le  ro<»u- 
vemeiil  qu'ils  impriment  à  la  pupille,  et  l'on  peut  constater  en  outre  que 
ces  muscles  font  aussi  tourner  le  globe  de  l'œil  autour  de  son  axe  antrr»- 
postérieur. 

Indépendamment  de  ces  mouvements  simples,  l'œil  présente  des  mouve- 
ments composés,  résultant  de  l'association  de  deux  ou  de  plusieurs  de  >o« 
muscles.  La  direction  que  suit  la  pupille  est  déterminée  alors  par  la  résul- 
tante des  forces  qui  impriment  le  mouvement.  Lorsque  le  droit  interne  et  :f* 
droit  supérieur  agis>ent  à  la  f  »is,  elle  se  dirige  en  haut  et  en  dedans.  e( 
peut  ainsi  prendre  toutes  les  positions  intermédiaires  aux  quatre  directions 


MUSCLES  DE  LA  TÊTE.  123 

principales.  Si  ce  sont  les  deux  obliques  qui  combinent  leur  action,  ne  pou- 
vant se  diriger  ni  en  haut  ni  en  bas,  elle  se  porte  directement  en  dehors; 
mais  comme  l'hémisphère  postérieur  ne  se  prête  qu'à  un  très-faible  dépla- 
cement, ce  mouvement  direct  d'abduction  est  peu  prononcé  et  à  peine  appa- 
rent. 

On  a  longtemps  pensé  que  les  muscles  droits ,  en  se  contractant  par 
paires  ou  tous  ensemble,  pouvaient  avoir  pour  eifet  d'imprimer  à  l'œil  un 
mouvement  de  recul  et  de  raccourcir  son  diamètre  antéro- postérieur; 
on  expliquait  par  cette  modification  de  forme  l'aptitude  que  présente  cet 
urgane  à  s'accommoder,  pour  voir  avec  une  égale  netteté  des  objets  situés  à 
des  distances  très-ditférentes.  Les  physiologistes  très  -  nombreux  qui  ont 
considéré  comme  réel  ce  changement  de  forme,  n'avaient  pas  une  connais- 
^ance  exacte  de  l'aponévrose  orbitaire,  des  faisceaux  si  résistants  par  lesquels 
file  s'attache  aux  parois  de  l'orbite,  et  des  bornes  étroites  qu'ils  imposent  à 
laclion  des  muscles  de  l'œil.  L'observation  a  établi,  du  reste,  que  l'œil 
est  redevable  de  cette  aptitude,  non  aux  muscles  qui  l'entourent;  mais  au 
muscle  ciliaire  situé  dans  sa  cavité  sur  le  pourtour  du  cristallin,  dont  il  fait 
\mer  la  forme  en  le  rendant  plus  convexe  lorsque  les  objets  se  rappro- 
chent ,  moins  convexe  lorsqu'ils  s'éloignent. 

§  6.  —  Muscles  moteurs  de  l'aile  du  nez. 

Ces  muscles  se  divisent  en  ceux  qui  sont  communs  à  la  lèvre  supérieure 
et  à  l'aile  du  nez,  et  ceux  qui  sont  propres  à  cette  aile.  —  Les  premiers,  au 
nombre  de  deux,  jouent  le  rôle  de  muscles  élévateurs ,  et  se  distinguent, 
d  après  leur  situation,  en  élévateur  commun  superficiel  et  élévateur  commun 
pn»fond.  —  Les  seconds,  au  nombre  de  trois,  sont  :  d'une  part,  le  dilatateur 
de  l'entrée  des  fosses  nasales,  de  Tautre  le  transverse  et  le  myrliforme,  qui 
par  leur  contraction  simultanée,  président  au  resserrement  de  cet  orifice. 

Préparation.  —  Il  convient  d'étudier  d'abord  les  muscles  élévateurs^  plus  superficieUement 
-4t.J.•^.  On  s'ocrapera  ensuite  du  transverse,  du  dilatateur  et  du  myrtiforme.  Le  procédé 
^tjvani  permettra  de  les  découvrir  dans  cet  ordre  :  1°  faire  une  incision  verticale  dans  l'angle 
■;ji  vi|«re  le  nez  de  la  joue,  puis  soulever  le  bord  externe  de  celte  incision  et  détacher  les 
•^j'^meote  de  dedans  en  dehors  pour  mettre  à  nu  les  deux  élévateurs  communs;  2®  faire 
'  '  iWr  sur  le  bord  interne  une  incision  qui  suivra  le  sillon  de  l'aile  du  nez  ;  en  disséquant  les 
'  i\  biirdsde  celle-ci,  on  apercevra  le  muscle  transversc  ;  3"  pratiquer  sur  le  bord  inférieur 
I  11  If  du  nez  une  troisième  incision  intéressant  toute  son  étendue,  et  enlever  de  bas  en  haut 
l'^u'piinents  de  cette  aile  en  usant  des  plus  grands  ménagements,  afin  de  ne  pas  emporter 
'-  •  'atateur  qui  leur  adhère  de  la  manière  la  plus  intime  ;  4°  après  avoir  étudié  les  élévateurs 

'  'iiun&,  les  diviser  sur  leur  partie  moyenne,  diviser  également  la  lèvre  supérieure  au  niveau 
'  IviéTaïeur  commun  profond,  et  préparer  le  muscle  myrtiforme,  ainsi  que  l'extrémité  infé- 

:<^ttrf  do  muscle  transverse. 

1.  —  Élévateur  eomman  taperOclel. 

Ce  mascle,  situé  dans  l'angle  naso-génien,  s'étend  presque  verticalement 
âe  l'apophyse  montante  du  maxillaire  vers  l'extrémité  postérieure  de  l'aile 
âa  nés  et  la  partie  correspondante  de  la  lèvre.  Il  est  allongé ,  étroit  supé- 
rieurementf  plus  large  et  plus  mince  inférieurement. 


13&  UY0LOG1E.   ' 

Inxertioni.  —  Par  «on  eitrémilë  fixe  ou  lupérieurc,  l'élévateur  (■nnnnEi'i 
suiM^rllcicI  t'atlai'he  i\  la  face  cxlerni;  de  la  branche  montanlc  du  rnavilUir'-. 
A  l'aide  de  f ourles  fibres  apnnévroliques  disposées  sur  une  ligne  cimrV 
parallèle  &  la  parlic  inrérieure  el  inlernc  du  pourtour  de  1  orbite.  O-v- 
courbe  répond,  en  haut  au  tendon  de  l'orbiculaire  des  paupii^res  dont  <'!!' 
recouvre  quelquefois  le  tiers  externe,  et  en  bas  à  l'insertion  fixe  de  Y-'.- 
valeur  commun  profond  qui  semble  en  être  la  continuation.  De  l'apnph;» 
OiontaDte  le  muscle  se  porte  en  bas  et  un  peu  en  dehors  en  s'élargîss:irii 
Parvenu  au  niveau  du  sillon  qui  limite  en  arrière  l'aile  du  nei,  il  «'in-<r>' . 
l'extrémité  posiérieure  de  celle  aile  par  si's  fibres  les  plus  internes:  |iii> 
continuanti  descendre  en  s'amincissant  de  plus  en  plus,  il  se  fiic  aui  t-:  : 
menlB  de  la  lËvre  supérieure  par  ses  libres  exlernes.  Ce  mode  de  lenuinai-'  i 

Fig.  Ï5î. 


MuKki  oi'il'Hrt  de  Foîle  du  itei  (coadM  wpcrtdelte). 


fond.  —0  Mov-lr  iDDonrih  . 
i-  —  10.  Untrk  ililklBirnr  .<• 
1-int  nlrriH  Je  Italri't  i\n  •  • 


MUSCLES  DE  LA  TÈTE.  126 

»  Tiil  considérer  iod  exiréinilé  inférieure  comme  composée  de  deux  TaiE- 
iraui,  l'un  interne  ou  nasal,  plus  considérable,  l'autre  exlerneou  labial. 
ll;ii^  aucune  ligne  de  démarcalion  ne  les  sépare  ;  l'interne  est  plus  épais  et 
|iliis  ruuge  ;  l'eiterac  Iris-mince,  mais  en  général  un  peu  plus  large. 

Bapj'UTU.  —  L'élévateur  commun  superficiel  est  recouvert  par  la  peau  qui 
luiidhùrc  par  un  tissu conjoncliT  d'autant  plus  dense,  qu'elle  répond  A  une 
(wrlir  plus  déclive  du  muscle.  —  Sa  face  postérieure  recouvre  l'apophyse 
montante  du  maxillaire,  le  muscle  innominé,  l'extrémité  externe  du  Irans- 
terse.el  l'éléTsteur  commun  profond,  dont  elle  croiso  obliquement  la 
direction. 

Àrtion.  —  L'élévateur  commun  supcrilcicl  a  pour  usage  d'attirer  directe- 
mtnl  en  haut  l'extrémité  postérieure  de  l'aile  du  nei  et  la  partie  correspon- 
dante de  la  tévre.  Hais  son  action  est  rarement  isolée  ;  elle  se  combine 
[  ^-sque  toujours  avec  celle  de  l'élévaleur  commun  profond.  Lot  expériences 


I  HiKie  transTrrsc  od  triinguiairc  du  [lU,  Junl  la  tmsc  s'insère  II  une  iponfiroscqui  lui 
xi'-'HnninDCMnrcluiducAtt  api>OM',  eldon[  le  miuinci,  dirigé  en  arrièn!  et  en  bas,  s'auulhe 
■■■■  >  idu  grand  iNinbre  de  ws  lltirwi  au  limil  |M)slérieur  ilc  l'ailr  du  nei.  —  I.  fibres  pnr 
■>:'.rltn  cp  mlmt  murlc  wmhlc  <-ontinucr  iivrr  le  mrrtirurnie.  —  3.  Uuarle  uiynifonne 
■'■  IViIrTiiiiU  infiirirur?  s'iiiti're,  «un  u  lu  rinselle  An  Vc  nom,  mui»  ■  cette  saillie  du  boni 
■  -iïifr  ijui  Mirtnorle  la  dent  c'iii.ine.—  S,  Hi.ris  anlcirieurc*  île  ce  muscle  allant  se  fiier  ï 
'  UiiTirbe  inleroF  du  carlilsgi'  de  l'aile  du  wt.  —  S  Ses  tihrcs  iiiajennes  se  renilanl  ■  la 
'.'"r  inférieur*  de  l'aile  du  nei.  —6.  Ses  fibres  postérieures,  dnni  les  unes,  besueoup  plus 
"imsn,  inni  ar  Gier  11  la  partie  pusli>rieure  di>  relie  uile,  lundi*  i[ue  les  autres  semblent 
le*  Sbres  carresponduntes  du  triunguliin.  — 7.  Uuscle  dilatateur  de* 
''-'-  luperdïiel  du  demi-orbkulaira  supérieur  de*  Itvres. 


1-H>  MY()LO(;iE. 

(''l(»clro-pliysi(>lnL'^i([iU's  dv  M.  DucliiMinc  {âc  lîoiilr^giu')  lOnl  condnil  à  lo»"!» 
iKiîli'i'  que  (l;m>  le  pleurera  «Jiamlcs  larmes,  lexpressinii  qui  raracleri-e  la 
physionoiuit*  esl  due  aux  coutiaclif.tns   nhn^  assoeiei's   de   ''e  uiUbcle  r(  li- 
l'orhiculairo  ûv.s  paupière.-. 

II.  —  i:i«>\afeiir  ooiiiiiiiin  profond. 

Beaucoup   plus    Nolunuiieuv  que   le   pn'eédenl ,  au-dessou?  e(    ou   deli<.r^ 
duquel  il  est  silué  :  aplali,  iniuee,  quadrilalèn;. 

///vr/7/o//.s'.  —  l>^''lé\;ileur  c'inunun  prnlnud  s'atlache  eu  liaul  auH]esHi>  <ii; 
Irou  S(»us-nrl»ilaire.  par  l'.e  eonrles  lihns  aiinui'M'nlitjne.-,  di-porr-es  sjr  u:.! 
liu'ue  liorizoulale  d  •  ISà  120  uiilliuièlre^  de  louL^iieur.  De  eeile  liu'u-  e::a'i  - 
ineul  dislanle  du    ln>u    soiis-orhilaire  e|  du  irhord  de  lorbile.  le  innsele  .m' 
diiiiie  eu  bas  el  uu  peu  eu  dedaus  pour  s  iust-rer,   [lar  ses  llhl•e^  inh'i'ui's.  .i 
loule    la  hauteur  du   bord  pn.-téiieiir  de    laile  du  ne/,  id  nar  >es   libre-  r^ - 
lerurs  plus  uoinbicu-e-  au\  te^nuicnls  de  la  lè\ie  >npi  rieure.  il  <»(l're  «l'   ■• 
iub'rieureuiffi!    luie   dnubb'   allaehe,   dnù  il    <\[i[   (|iie    b-   unin   {\,-lirat'-i: 
lintjirr  Je  la  Irrre  .'<ifpi'n'('uri\  >{U\<  lecpnd  il  a  été  décrit  par  (  »n-  les  auteurs,  n-' 
saui'ait  lui  couNeuir,  puiscju  il  esl  Inudi''  sur  inie  erieur  if:îaU)niIi|iH',  cl  rp. 
c<dui  déle\ateui*  cnmiuuu  pndbud  lui  Crt  au  coulraii-e  [îarlailenb'iil  a]t[  ii- 
calde. 

/^//)/*u^^s.  — <',»'  uiuscli^  e>L  rcc.ui\erl  .  eu  haut  par  1  itrltii  ulaiiu-  «le-  [»,  . 
pières,  eu  bas  et  en   dedau-  par  lV'lt'\aleur  couiuuni  >upe!liciel.  «d  d^ii-  I 
reste  de  sou  «deudue  jtai'  la  peau,  il  )i'C(»u\re    le  iuus(  le  canin,  rjiij  drjiMi  . 
S(»u  bord  exlerue  :  le  Illu^(  le  Icum  ni'  de  !a  uiiiijnenM-  buccal"',  (pii  <■r<li^e  ^■   i 
lj<trd  iulerue:  et  la  partie'  >upéi'ienre  du  un  rlilni'uie,  qui  r.'[n»inl  à  smi  an-l- 
autér{j-iul'eri(Mir.  Dans  hnu'  nioilié  snijérieuie,  le-^deii\  (deNafcnr>  conuuini- 
t«t»ut  sifiu'-  sur  le  luèuie  plan,  luu  en  dedaus,  l'autre  eu  dehors  :    inb*iic.:- 
reuienl  iU  se  >nper[)i.)-enl  eu  m-  croi>a:;t  à  anule  aitm. 

Affinn.  —  b  (di'\aleur  conuniiu  [irolmid  (dèse  siinultanéniciii  la  lr\:» 
«npérienre  el  laile  <îu  ne/:  eu  élesan!  celie-ci,  il  1  aliire  un  [len  en  den<'i- 
el  eu  arrièie,  don  il  >iiil  que  le,>  deux  ailes  s  (dojjj-ticu!  1  jnu!  de  1  .-uilre.  ♦! 
([lie  I  imiIh' '  di'>  Ib^-es  na-alc>  salloiiire  dans  le  ^eIl-  d»-  >nn  LMaud  axe  -an- 
Si'  dilab'r  cejjendaul  dune  manière  bien  sensible.  M.  Ihn  hentic  ,èir  II' :- 
loL'ue)  a  con-lali'  (pu*  ce  mn>cle  couconit  a\ec  lelcxaleur  couumiu  siiin.- 
lieitd  el  le  pi'lit  /Ni;oniaIi(|  M'  à  1  ('\pre>-iou  d»'  lou|e^  le<  émoliou>  tri^le^. 

III.  —  Dilatateur  des  iiarliie;». 

(/est  le  pins  peli(,  le  [dus  ]•  de,  le  plus  adlié-renl  des  mus(de>  de  la  ta«e: 
c'e^t  an-si  celui  dont  lelnde  préseule  le  pins  de  dillicnlli'.  Ou  b^  rc^uconlrc 
conslauuufut  ,  mais  [larloi-  -i  peu  ib-Neloppc.  qu'on  ne  jteut  constater  >oii 
exisleuce  qu'an  micro-copi.-.  Il  e>(  .dîne  dans  r(''pair>eni'  d{'>  ailes  du  lu/. 
dont  il  o«(U[>e  les  deux  lier.-  [ii>>(('ri(Mir>.  Sa  liL:ure  esl  IriauLiiilaire  oii 
ra\onnée. 

//<>r///n/i^.  —  Ce  iuum  le   prend  son  iu>ei'li"n  li\e  .an-   1   >    h'-junitut-  qiii 


MUSCLES  DE  LÀ  TÊTE.  127 

ncouvrent  le  sillon  creusé  entre  Taile  du  nez  et  la  joue.  Les  fibres  nées  de 
la  partie  inférieure  de  ce  sillon  sont  curvilignes  et  ascendantes  :  celles  qui 
partent  de  sa  partie  moyenne,  beaucoup  plus  nombreuses,  suivent  une  direc- 
tion horizontale  ;  les  plus  élevées  descendent  obliquement.  De  la  Juxtapo- 
sition de  toutes  ces  fibres  résulte  un  petit  faisceau  triangulaire,  dont  la  pointe 
5€  dirige  en  avant  et  dont  le  bord  inférieur  s'attacbe  sur  les  téguments  du 
b>'rd  correspondant  de  l'aile  du  nez.  C'est  au  niveau  de  ce  bord  que  le 
muàcle  de\ient  le  plus  apparent.  Â  mesure  qu'on  s'en  éloigne  pour  se  rap- 
procher du  sillon  qui  circonscrit  l'aile  du  nez,  il  se  montre  de  plus  en  plus 
plie  et  semble  même  disparaître  chez  un  grand  nombre  d'individus  où  il  ne 
le  révèle  qu'à  l'examen  microscopique. 

BapporU.  —  Par  sa  face  externe,  le  dilatateur  des  narines  est  en  rapport 
avec  la  peau  à  laquelle  il  adhère  d'une  manière  si  intime,  qu'il  parait 
>  identifier  avec  elle.  Sa  face  interne  répond  à  la  peau  du  vestibule  des  fosses 
'.osales  dans  ses  deux  tiers  inférieurs;  et  plus  haut  à  la  face  externe  du  car- 
tilage de  l'aile  du  nez. 

Adicm,  ^  Ces  muscles  ont  pour  usage  d'écarter  les  ailes  du  nez  de  la 
MiUâ-cloison,  et  d'élargir  ainsi  l'entrée  des  fosses  nasales.  Mais  ils  ne  leur  im* 
;  riment  pas  un  simple  mouvement  de  diduction  ou  de  soulèvement  ;  ils 
K  ar  communiquent  en  outre  un  léger  mouvement  de  bascule  en  vertu 
(l'^quel  celles-ci  se  renversent  en  haut. 


IV.  —  Transvcrtc  on  trian^talre  An  nei. 

Ile  mu>cle  est  situé  au-dessus  du  sillon  de  l'aile  du  nez ,  dont  il  suit  la 
■iircction.  Large  et  mince  à  son  origine,  plus  étroit,  plus  épais  et  plus 
"/[^rcnt  en  arrière,  il  revêt  en  effet  la  figure  d'un  triangle  dont  la  base  se 
i^riu^e  en  avant  et  dont  le  sommet  contourne  l'aile  du  nez. 

Insertions.  —  L'extrémité  antérieure  du  transverse  est  constituée  par  une 
nûnce  aponévrose  qui  se  continue  sur  le  dos  du  nez  avec  celle  du  muscle 
-p^>?é,  et  qui  donne  attache  supérieurement  à  quelques  fibres  du  pyra- 
HKildl.  Les  fibres  nées  de  toute  la  hauteur  de  cette  aponévrose,  étant  très- 
' talées,  sont  d'abord  peu  manifestes  :  les  inférieures  se  portent  horizontale- 
[TK-nten  arrière  en  suivant  le  sillon  de  l'aile  du  nez;  les  autres  descendent 
ii.'b  une  direction  d'autant  plus  oblique,  qu'elles  sont  plus  élevées.  En  se 
'^rik*cant  en  arrière,  toutes  se  rapprochent  pour  former  un  faisceau  de  plus 
'-'  plus  étroit  et  plus  accusé ,  qui  s'engage  sous  le  bord  interne  des  deux 

*  'Vdteurs.  1^  plupart  s'infléchissent  alors  et  s'entremêlent  aux  fibres  de 

•  e«  muscles  pour  venir  s'attacher  aux  téguments  qui  recouvrent  la  partie 
•'  rtii  aie  du  sillon  de  l'aile  du  nez.  Quelques-unes  se  joignent  aux  fibres  les 
;'  .^  éle\ées  du  myrtiforme ,  avec  lesquelles  elles  semblent  se  continuer. 

H'ipporîs,  —  Le  muscle  transverse  est  recouvert  en  haut  par  les  fibres  les 
:  W?  inférieures  du  pyramidal,  en  arrière  par  celles  des  deux  élévateurs,  et 
^  n<  le  reste  de  son  étendue  par  la  peau,  à  laquelle  l'unit  un  tissu  cellulaire 
t^-^>dense.  —  Il  recouvre  par  sa  base  le  cartilage  latéral  du  nez,  auquel  il 
n  iliière  que  par  un  tissu  conjonctif  lAche,  en  sorte  que  l'aponévrose,  com- 


128  MTOLOGIE. 

muoe  aux  deux  muscles,  peut  glisser  sur  le  bord  antérieur  de  celui-ci  dir.- 
le  sens  transversal.  En  dehors  il  s'applique  par  sa  face  interne  sor  le  carti- 
lage^ de  l'aile  du  nez  et  la  couche  fibreuse  qui  le  surmonte. 

Action, —  Le  mode  d  action  du  transverse  a  été  parfaitement  df-finî  pu 
Albinu»,  qui  l'eipose  ainsi  :  €  Ce  muscle  plisse  la  peau  en  traders  et  deprin:> 

•  laile  du  nez;  mais  pour  produire  cet  elTet,  il  est  nécessaire  que  lailf  à. 

•  nez  suit  préalablement  fixée  par  son  abaisseur.  La  dépression  devient  ^j:- 

•  tt>ut  tres-iensible  lorsque  les  deux  frans^erses  ou  dépresseura  a^ss^ni  c 

•  même  temps  que  les  abaisseurs.  Il  importe  de  noter,  du  reste,  que  !•■  d»- 

•  pres-eur  présente  a^ec  l'abaisseur  de  telles  connexions,  que  la  na:  rr 

•  &«fmble  les  a^oir  unis  l'un  à  l'autre  comme  pour  les  ramener  à  Tu  ni  te,  ^ 

•  efficiat  pêne  unum  ex  dwtbus  illis   t).  • 

Ainsi  Albin  us  admet  :  i*  que  le  transvcrse  déprime  l'aile  du  nez  ;  ^  q 
son  action  coïncide  avec  celle  du  myrtiforme.  Avant  d'avoir  pris  conr.  i  - 
sance  des  lignes  qui  précédent,  j'étais  arrivé  à  la  même  conclusion,  l  '.. 
eipérience  frés-simple  m'a\ait  démontré  cette  simultanéité  d'action.  Ai .  '.- 
quez  la  pulpe  de  1  un  des  doigts  de  la  main  gauche  sur  le  transverse  e:   . 
pulpe  de  l'un  des  doigts  de  la  main  droite  sur  le  myrtiforme,  puis  soulevez  *  i 
déprimez  tour  à  tour,  par  le  jeu  des  muscles,  l'aile  correspondante  du  i:>'i 
au  momeutoù  elle  se  déprime,  vous  constaterez  très-nettement  que  le<  d*    \ 
muscles  se  contractent  à  la  fois.  Mêlés  et  presque  confondus  au  niveau  •: 
leur  insertion  à  l'aile  du  nez,  ceux-ci,  ainsi  que  le  fait  remarquer  Albirî  ..-. 
n'en  forment  oour  ainsi  dire  qu'un  seul,  qui  constitue,  pour  roritice  n4>«\ 
un  sphincter  demi-circulaire. 

Je  ne  saurais  donc  me  rangera  l'avis  de  M.  Duclienne  de  Bou1i>gn*^.  ç   . 
attribue  pour  usage  unique  au  trans\erse  de  plisser  la  peau,  et  qui  lui  r«- fi- 
loute influence  sur  les  ailes  du  nez.  Cet  auteur  a  mêcouuu  sa  destiuatioii  {»    .? 
a>uir  cvpérimenté  isolément  sur  ce  muscle,  c'est-à-dire  pour  a^oir  sup;-  -. 
qu'il  jouissait  d'une  action  indépendante  de  celle  de  labaisseur.  Or  sim  a  î .  * 
n'e»t  pas  indépendante.  Lorsque  nous  \ou!ons  déprimer  l'aile  du  nez  et  rrtr*     r 
rentrée  des  fos^es  nasales,  la  volonté  commaude  le  mouvement  do  4l*-|'r<  - 
sion,  et  h's  deu\  muscles  qui  sont  chargés  de  l'exécuter  se  contractent   < 
fois,  de  même  que  le  biceps  et  le  brachial  antérieur  se  contractent  U^a^    .r* 
simultanément  lorsqu'elle  commande  àl'a^ant-brasde  se  fléchir  sur  le  bn- 


t.  — 


Situé  au-dessous  de  l'aile  du  nez,  entre  la  partie  correspondante  du  U  r: 
ahéolaire  et  la  muqueuse  buccale  qui  le  recouvre  en  i»artie;  mince,  api  x 
quadrilatère,  verticalement  dirigé. 

Insertions,  —  Le  myrtiforme  s'attache  intérieurement,  non  àlafiiasette  «^  . 
surmonte  les  incisives,  mais  à  une  saillie  du  bord  alvéolaire  qui  corre>p  *!.  : 
à  l'incisive  latérale,  à  la  canine,  et  à  la  première  petite  molaire;  quelq..   ^ 
fibres  s  insèrent  en  outre  sur  la  partie  sous-jacente  de  la  muqueuse  giugiv...^. 

(1)  AlbiDu»,  I/ÙL  mute»/.,  173^,  p.  150. 


MUSCLES  DE  LA  TÊTE.  129 

>(•  de  cette  double  insertion,  le  muscle  monte  en  s'élargissant  vers  la  base 
(1j  nez.  Ses  tibres  peuvent  ôtre  divisées  d'après  leur  direction  en  internes  ou 
obliques,  moyennes  ou  verticales,  et  externes  ou  demi-circulaires. 

Les  fibres  internes  se  portent  en  haut  et  en  dedans  pour  aller  s'attacher  à 
1  extrémité  postérieure  de  la  branche  interne  du  cartilage  de  l'aile  du  nez 
et  au\  téguments  correspondants,  en  arrière  d'un  petit  faisceau  musculaire 
qui  >ient  de  lorbiculaire des  lèvres  et  qui  s'insère  à  la  sous-cloison. 

Les  fibres  moyennes  s  attachent  à  tout  l'espace  compris  entre  la  sous-cloison 
v\  la  partie  postérieure  de  l'aile  du  nez. 

Le?  fibres  externes,  d'autant  plus  longues  qu'elles  sont  plus  éloignées  du 
plan  médian,  s'insèrent  à  toute  la  hauteur  de  l'extrémité  postérieure  de  l'aile 
du  nez,  en  décrivant  une  courbe  à  concavité  antérieure.  Elles  s'entre- 
mêlent au  niveau  de  leur  insertion  à  celles  de  l'élévateur  commun  profond, 
le?  plus  élevées  se  confondent  et  semblent  en  partie  se  continuer  avec  celles 
<iu  transverse,  de  telle  sorte  que  les  deux  muscles,  ainsi  continus,  forment 
autour  de  l*eDlrée  des  fosses  nasales  un  demi-sphincler. 

Bapports.  —  Le  myrtiforme  est  recouvert  par  la  muqueuse  buccale,  l'orbi- 
l'ulaire  des  lèvres  et  les  deux  élévateurs  communs.  Il  recouvre  la  partie  an- 
i^rieure  du  bord  alvéolaire. 

Action.  —  Ce  muscle  a  pour  destination  d'abaisser  l'aile  du  nez.  En  même 
tiinps  qu'il  l'attire  en  bas,  il  rapproche  son  extrémité  postérieure  de  la  sous- 
(ioi^on,  et  rétrécit  par  conséquent  l'entrée  des  fosses  nasales.  Son  action, 
«liiiM  que  nous  lavons  vu,  est  toujours  associée  à  celle  du  transverse  :  disposés 
Sur  une  ligne  demi* circulaire  et  se  contractant  simultanément,  les  deux 
niUH:les  jouent  le  rûle  d'un  constricteur.  En  opposition  avec  ce  constricteur, 
••'1  tnmve  le  dilatateur;  mais  celui-ci  n'intervient  que  dans  certaines  condi- 
Ui'Ui,  dans  Taction  de  flairer,  dans  les  accès  de  suffocation,  dans  l'expression 
lie  certaines  passions  par  exemple;  le  plus  communément,  lorsque  le 
^tiiineter  se  relâche,  le  vestibule  des  fosses  nasales  reprend  ses  dimensions 
primières,  en  vertu  de  la  seule  élasticité  de  ses  parois. 

Les  tibres  internes  du  myrtiforme  formeraient,  selon  M.  Duchenne  (de 
l»<>u)ngne),  UD  faisceau  particulier  qui  aurait  pour  usage  de  déprimer  le 
larlilage  de  la  sous-cloison  et  d'élargir  l'orifice  nasal.  En  soumettant  à  l'cxci- 
htinn  galvanique  ces  fibres  internes,  peut-être  les  choses  se  passent-elles 
4imi.  Mais  il  est  évident  que  lorsque  le  muscle  se  contracte,  et  chacun  après 
quelques  essais  réussira  parfaitement  à  observer  sur  lui-même  les  effets  de 
M  contraction,  il  est,  dis-je,  de  toute  évidence  qu'il  rétrécit  la  partie  posté- 
rit'ure  de  rorifice.  M.  Duchenne ,  je  ne  saurais  trop  le  répéter ,  est  tombé 
<i«ns  l'erreur  pour  s'être  placé  dans  des  conditions  purement  artificielles  ; 
.♦•-  tibres  internes  du  myrtiforme  entrent  en  acîion  en  même  temps  que 
'  Iles  les  autres,  et  concourent  au  même  résultat  que  celles-ci. 

Kîi  terminant  l'élude  des  muscles  situés  sur  les  parties  latérales  du  nez,  je 
:  .'  moutionner  encore  un  faisceau  musculaire  qui  est  sous-jacciit  à  l'élé- 
^.:.ur  commun  superficiel,  et  plus  bas  à  rélé^ateur  commun  profond.  Ce 
".uMle  avait  fort  embarrassé  Albinus,qui  en  parle  dans  les  termes  suivants  : 
•iin  vu  un  certain  muscle  rectiliguc  et  obliquement  descendant  qui  adhère 

II.  —  9 


130  MYOLOGIË. 

9  sur  toute  sa  longueur  à  l'os  maxillaire,  et  qui  ne  slnsère  à  aucune  ptrtif 
»  molle  qu'il  puisse  mouvoir  ;  ce  muscle  ne  semble  donc  avoir  aucun  u«agt».  * 
Si  étrange  que  semble  cette  conclusion,  elle  m*avait  d'abord  paru  eiai  !«*. 
Plus  tard,  cependant,  j'ai  pu  constater  que  ce  muscle  descend  jusqu'à  la  m.j- 
qticuse  gingivale  à  laquelle  il  adhère,  et  j'ai  dû  penser  alors  qu'il  avait  p*  ir 
usage  de  soutenir  et  de  tendre  en  quelque  sorte  le  repli  que  forme  ta  m:]- 
quouse  buccale  en  passant  de  la  lèvre  supérieure  sur  Tarcade  alvéolaire.  <»n 
pourrait  donc  rappeler  muscle  tenseur  de  la  muqueuse  alvéolo4abiaU.  11  ^A 
constanti  mais  très-variable  dans  ses  dimensions. 


§  7.  — Muscles  qui  s'attachent  a  la  peau  des  lètres. 

Indépendamment  des  deui[  élévateurs  communs  qui  s'insèrent  l'un  ri 
l'autre,  en  partie  aux  téguments  de  l'aile  du  nez,  en  partie  aux  téguoH'ntï 
de  la  lèvre  supérieure ,  il  existe  six  autres  muscles  qui  s*aitacbent  par  Irur 
extrémité  mobile  à  la  peau  des  lèvres;  ce  sont,  en  procédant  de  haut  en 
bas  :  le  grand  et  le  petit  zygomatiquey  le  camn,  le  risorius  de  Santorini,  le 
triangulaire  et  le  carré  du  menton.  Chacun  de  ceux-ci  étant  pair  et  semblab  li- 
ment disposé  à  droite  et  X  gauche,  on  voit  que  le  plan  musculaire  superficiel 
ou  sous-cutané  des  lèvres  comprend  douze  muscles  ou  plutôt  seize,  qui,  do 
Toriflce  buccal,  rayonnent  dans  toutes  les  directions. 

JWfxtnttntn.  —  On  utilisera  pour  vttte  préparation  celle  qui  aura  été  faile  p^^ui'  I'.  î.  •• 
ilo^  deux  clévttteurs  (oiiinmns.  Ceux-ci  ôtani  uiis  )i  no,  il  suffit  de  {murvui^re  la  'liv^eri." 
<lo(luii$  eu  dehorN  v\  de  liuut  en  bas.  Les  six  autres  muM'^les  stms^utaiio  de»  ieirea  w-r  ... 
aiiiM  NurrevM\t'nu'nl  découverts. 


I.  — 

Situé  dans  l'épaisseur  de  la  partie  centrale  de  la  joue;  allongé,  aplati. 
Irès-elroit;  obliquement  dirigé  de  l'angle  postérieur  de  l'os  malaire  vers  U 
comm is j u  rt»  d os  le  \  ro». 

lusertiotua,  —  l.e  grand  tygomatique  s'attache  en  haut  sur  la  face  eiters* 
dt*  l'angle  postérieur  du  malaire  par  de  courtes  fibres  aponé^  rotique».  Iv 
cet  aillait*  il  ^e  porte  eu  bas  et  en  atant,  tra^er^  une  couche  adipeuse  q  li 
I  enlimre  de  tous  ciMés,  et  %iont  se  terminer  au  niveau  de  la  commissure  d*-» 
lè>rt*s  où  »i's  libres  se  mêlent  à  celles  du  petit  zygomatique  et  du  mu«<I*- 
eaiiiu ,  et  semble  ut  se  continuer  pi>ur  la  plupart  avec  cellt*s  du  Irtangulairf 
des  le^rt*s.  Mais  en  rtMlilé  elles  se  partai:ent  en  deux  ordre»,  les  un^s *îip«r- 
ticielles,  les  autres  pn»r'ndes.  Les  preniiiTi^s,  en  général  plus  nombre uw*«. 
\4tMt  <^  iuM*r\'r  aii\  tec  tnie'its  qui  recouvrent  la  a>mmissure.  Les  sei^mticf 
M*  j  i Client  à  i'r!l('>  du  buecinateur  et  s'attachent  comme  ces  dernières  a  li 
pirîie  i"rrt*>|»'  làdaule  de  la  niuqiiense  buccale. 

HiviKtrts.  ^  i  e  UHiMÏe  e^l  r\»cou%ert  sup»*rieurement  par  rorbieulain»  df 
pa-.t»i  rt*'^,  et  dan>  le  rvste  de  ^»u  éien«l;:e  [Kir  la  peau,  dont  le  sépare  uu 
H'Uiîje  adiiH»UM*  plus  ou  int'ias  ejKii>se.  Il  rviOii*re  1  ang'ie  postérieur  Jj 
«UdU.re.  lan^le  antérieur  et  sup**neur  du  massetrr,  la  \eine  faciale  et  U 


MUSCLES  DK  LA  TÈTE.  131 

burcinalaur.  Le  conduit  excréteur  de  la  glande  parotide  répond  à  son  bord 
iiiiV'rieur ,  et  le  petit  zygomatiqoe  à  son  bord  supérieur. 

Action.  —  Le  grand  zygomatique  attire  la  commissure  des  lèvres  en  haut 
et  en  dehors  ;  sous  l'influence  de  ses  contractions,  le  sillon  naso-labial,  dont 
I  extrémité  inférieure  se  relève ,  décrit  une  courbe  à  convexité  inférieure. 
<>  muscle  est  celui  qui  prend  la  plus  grande  part  à  l'expression  de  la  gaieté: 
•  iesl  le  seul,  dit  M.  Duchenne  (de  Boulogne),  qui  exprime  complètement 
■  la  joie,  à  tous  les  degrés  et  dans  toutes  ses  nuances,  depuis  le  simple  sou- 
D  rire  jusqu'au  rire  le  plus  fou  (1).  > 

II. —  Petit  lygomall^ac. 

[jù  petit  zygomatique, plus  court  et  plus  délié  que  le  grand,  se  porte,  à  la 
manière  d'une  diagonale,  de  la  partie  supérieure  de  celui-ci  à  la  partie  infé- 
ruHire  de  l'élévateur  commua  profond,  auquel  il  se  réunit  le  plus  ordinai- 
rement. Son  existence  n'est  pas  constante;  on  le  rencontre  une  fois  sur  trois 
ou  quatre. 

Instrtions.  —  Ce  muscle  nait  en  général  par  deux  faisceaux.  Son  faisceau 
principal  s'attache  à  la  partie  inférieure  du  malairc  par  de  courtes  fibres 
<i[Mtnéxrotiques.  Son  faisceau  accessoire,  quelquefois  égal,  et  mîfme  plus 
ii»nHdcrable  que  le  précédent,  vient  du  bord  inférieur  de  1  orbiculairc  des 
paiipiôres,  dont  il  se  détache  à  angle  aigu.  Constitué  par  la  réunion  de  ces 
(loin  faisceaux,  le  petit  zygomatique  se  dirige  obliquement  en  bas  et  en 
a\Ant,  puis  se  joint  à  angle  aigu  au  bord  postérieur  de  l'élévateur  commun 
prufond,  pour  aller  s'insérer  avec  celui-ci  à  la  face  profonde  des  téguments 
(1:  la  lèvre  supérieure. 

Rapports, — Recouvert  par  rorbiculairc  des  paupières  et  la  peau,  il  recouvre 
la  veine  faciale  et  le  muscle  canin. 

.action.  —  Le  petit  zygomatique  attire  la  partie  moyenne  de  la  moitié 
ccirrespondante  de  la  lèvre  supérieure  en  haut  et  en  dehors.  Sous  ce  point 
«lexueil  est  congénère  de  l'élévateur  commun  profond,  dont  il  pourrait  être 
Considéré  comme  une  dépendance.  M.  Duchenne  (de  Boulogne)  a  fait  remar- 
quer que  ce  muscle,  loin  de  s'associer  au  grand  zygomatique  pour  concourir 
à  l'expression  des  sentiments  gais,  s'associe  au  contraire  aux  deux  élévateurs 
p<»ur  exprimer  la  tristesse  dans  toutes  ses  nuances ,  un  simple  attendrisse- 
ment lorsqu'il  se  contracte  à  peine ,  une  douleur  vive  accompagnée  de 
larmes  lorsque  ses  contractions  deviennent  plus  énergiques. 

m.  —  Canin. 

Situé  dans  la  fosse  canine,  en  arrière  de  l'élévateur  commun  profond  et 
lu  petit  zygomatique;  de  figure  quadrilatère;  obliquement  dirigé  en  bas  et 
en  dehors. 

Insertions.  — *  Ce  muscle  s'attache  par  son  extrémité  supérieure  à  la  partie 

1    Dvrheaae  (de  Boulogae},  Mécanisme  de  la  physion.  hum.,  1863,  p.  61. 


lu  plus  Oh-\<:.:  dr  lii  rn^sl-  ciiiiii.',  immôdiiilniicnl  nll-(ll•s^n^,s  du  l^.ll 
oihilairu.  (JiK'lqiics  iiiilnu'.' iunru  fiil  qui)  s  i:iMTi;  fii  .mire  par  iiii  m 
liiba'uii  il  II  hNiiii'lu^  niDiiUitLlL'  du    iiij\jll,'ii[c.  Cr  fiiisivati  t'\i>li'  <'ii 

lu  miiqiii'iisi'  yiiiyiï.di'.  -  \ti-  \:i  li~^r  j  l;ii|iii'lli'  il  .■iii|iri:iilr  >'-<i  ii' 
lUilsrlu  l'îlllill  SO  JHil'li'  i-ri  \a^  l'I  l'ti  di'hiiis,  mts  I:i  niTnmîsrrirc  dr-  li 
PTi  devctuinl  de  jdii^  i  ti  |ilii^  Mi|i(rlii  jcl  ,  .(  M'iiildr  ;ili>r?  M' ciiiilMiin 
le  plus  grand iibrr  de  »■>  iil.n-  iar.   \.-  ii  i^.iiiruLujv.  Albiiii]:.,  U-  pu 

musi'lus  d<:   la  lac.    I.  i.idi'urcidann'    diuliuii    d.-    I.ili=   .lS    musilts 


MUSCLES  DE  LA  TÊTE.  133 

eipériences  électro-physiologiques  de  M.  Duchenne  (de  Boulogne)  démon- 
trent qu'elle  est  simplement  apparente.  Les  fibres  du  canin,  après  s'être 
entremêlées  avec  celles  du  grand  zygomatique ,  du  triangulaire  et  du  risorius, 
poursuivent  leur  trajet,  et  viennent  se  fixer,  les  unes  aux  téguments  de  la 
riiouniseure  labiale,  les  autres  à  la  muqueuse  correspondante. 

Rapports.  —  Hecouvert  en  haut  par  l'élévateur  commun  profond  dont  le 
f^éparent  les  vaisseaux  et  nerfs  sous-orbitaires,  puis  par  le  petit  zygomatique 
lorsqu'il  existe,  le  canin  déborde  en  bas  ces  deux  muscles  en  les  croisant  à 
angle  obtus,  et  répond  alors  à  la  peau  doublée  sur  ce  point  d'une  épaisse 
couche  adipeuse.  11  recouvre  la  fosse  canine,  la  muqueuse  buccale  et  le 
burcinaleur. 

AcUun.  —  Le  muscle  canin,  légèrement  oblique  en  bas  et  en  dehors,  élève 
la  commissure  labiale  en  l'attirant  un  peu  en  dedans. 

IV.  —  aiiortiu  tfe  Santorint 

Le  risbrius  décrit  et  représenté  par  Santorinî,  en  1739  (1),  a  été  considéré 
depuis  cette  époque  comme  une  dépendance  du  peaucier  cervical.  Mais  ses 
insertions ,  ses  attributions,  attestent  clairement  qu'il  jouit  d'une  action 
propre,  et  qu'il  appartient  à  ce  petit  groupe  de  muscles  que  nous' voyons 
rayonner  autour  de  l'orifice  buccal.  Très-superficiel,  extrêmement  mince,  de 
ti^'ure  triangulaire,  il  se  dirige  transversalement  ou  obliquement  de  la  com- 
missure labiale  vers  le  bord  antérieur  du  sterno-mastoïdien ,  sur  lequel  il 
»  avance  plus  ou  moins. 

Iti\ertions,  —  Ce  muscle  tire  son  origine  de  la  couche  cellulo-fibreuse  qui 
h'cou\re  la  glande  parotide.  Il  naît  tantôt  par  deux  ou  trois  languettes  d'iné- 
cale  longueur  et  d'inégale  largeur,  tantôt  par  do  nombreux  et  très-minimes 
ftiM  icules  qui  se  réunissent  presque  aussitôt  pour  le  constituer.  Souvent  son 
extrémité  postérieure  ne  dépasse  pas  la  surface  de  la  parotide,  ou  bien  elle 

ni  —  7.  Faisceau  supt^rieur  du  niusrlo  temporal  superficiel,  situé  sur  le  prolongement  des 
•biftutUeU  <^nianésdu  muscle  occipital.  — 8.  Faisceau  inférieur  du  temporal  superficiel, 
i  .  A  I  auriculaire  antérieur  par  l'intermédiaire  d'une  lame  fibreuse  qui  fait  partie  de  l'apo- 
I  «lov»  épicranienne.  —  9.  Muscle  frontal.  —  10.  Muscle  pyramidal.  —  11.  Ligne  établis- 
^i.t  les  limii«>s  res]ieclives  du  frontal  el  du  pyramidal.  —  12.  Muscle  orbiculaire  des  pau- 
iu!,«..  _  13.  Faisceau  supérieur  et  interne  de  ce  muscle,  qui  s'insère  en  haut  aux  téguments 
•V  la  i^ie  du  sourcil  et  qui  a  été  considéré  a  tort  comme  une  dépendance  du  frontal.  — 
U  Tffldon  de  Torbiculaire.  —  15.  Muscle  élévateur  commun  superficiel  de  l'aile  du  nez  et 
•i«"  -J  l^ire  supérieure.  —  16.  Muscle  élévateur  commun  profond.  —  17.  Grand  zygomatique. 

—  IH.  Petit  zygomatique,  —  19.  Muscle  canin.  —  20.  Faisceau  musculaire  innominé,  se 
'»rt.:.  Dceant  en  bas  jusqu'à  la  muqueuse  gingivale  àiaquelle  il  s'attache.  —  21.  Muscle  trans- 

•'V  ou  triangulaire  du  nez.  —  22.  Muscle  dilatateur  des  narines.  —  23-  Muscle  buccina- 
•'  ir.  —  24.  Muscle  orbiculaire  des  lèvres.  —  25.  Muscle  triangulaire  des  lèvres.  — 
y»  Muscle  carré  du  menton.  —  27.  Muscle  de  la  houppe  du  menton,  vu  par  sa  partie  anlé- 

.'  arr  ou  SA  ba^.  —  28.  Partie  du  muscle  peaucier  dont  les  fibres  s'insèrent  a  la  mâchoire 

—  «Vntrecroisabt  avec  celles  du  triangulaire.  —  29.  Autre  p«)rlion  du  même  muscle  qui 
^'-xàg.t  sous  le  bord  postérieur  du  triangulaire  pour  aller  constituer  la  partie  supérieure  du 

.-M;r  carré.  —  30.  Troisième  portion  qui  s'applique  au  bord  postérieur  du  triangulaire  el 
«,11  vmble  se  continuer  avec  le  canin  et  le  grand  zygomatique.  —  31.  Ilisorius  de  Santorini. 

—  32.  Mataéter.  —  33.  Digastrique.  —  34.  Slerno-mastoldien.  —  35.  Tra|)ezc. 

'1,  Sanlorini,  Ob!tervationes  anafomicœ,  1739,  tab.  prima. 


1V| 


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III  rih'.fi   li\r   (•-'   f]'>;,<    »'\l:  .'11  •[iifiii    •>  vri  i!tl«'.  <j  ;"1  ({!:•'   -"il   Irii:   [••  i'il  ■!•■ 

r|<'f.;,|  I.   !(•      l'.ii-t  i';ii:\  n'j    l'i-»  j.  i]!,--  <|  i;;   ,lni\  r-n  '     r  r.i!!-.(;t;U'r    m'    IMM^r- »<  îl»     ' 

cl  lui  rti'-nl  p.ii'  !''iif  <  'trj\  ••r_'<'!i<  '■  i;',i'  liiii»'  hTiîijiil.iir",  lîan>\fî-alt'  «>ii  l»--  - 
rciii'-iil  ,1 -(•rnd.iiilc  .   rjiii   -■•  «liriL'c  d  .ii  :  i'-i'c  i".i  a\aiil,  «'ii   -:'  rt'îi  •■ci-'-a!.'  ■.• 
jilii    m   jjIi;-.  I*.ir\  çnijr.-  ;iii    rii\r;iii  .le    la  <    inriii-Mii»'   ^]('^  ]t"'\ri'-.  .-c-  ht»!'- 
^  r||ll"riri»'lriil    .1    «rjlr-    ilc-    III  ;  1 -r  le-  ,L  la.'l  (1    /\  U't -îiia  t  icjiic    cf    t  ilaii  LTUlall  i*.  •  ! 

^  ;ill;ii  Ih-fiI  jHtiii-  j.i  ))'ii[»ail  a  l-'i  j)caii.  h".-ii] tr^'s ,  «mi  i-'»'n«'ial  iih'in-^  nt'iiv 
!)iTii  ('- ,  -r  jni'jiicril  à  la  jj.iilic  cMi'it'sjiDinl.mt»' (hi  buLciualcur,  {)i»nrsi!i- 
sfTcr  ((niinir  rcjiii-ri  ;i  la  niiifjiU'Usr  Imccal»'. 

Iiiiji\)niis.  |j'  ri>oiii]s  ('>l  silu(''.-in'  le  iiK-nii-  plan  que  !«'  piMucior  du  4«t  i. 
AiHimr  iJLriic  de  (Ifinaicalidii  ne  le  si'jiait'  !<'  pins  liahiliu'llemeiit  do  cn'Iu:- 
ri ,  fil  >(nl('  (jii  il  scinhlr  \  ciilaldciiit'iit  en  lairi'  parlii*.  .lai  \  il  d»'ii\  ît-i- 
rfpt'iidaiil  l(•^  lil'ij's  po-frririiicr,  du  jH'amicr  cci-NJcal  alVcrtcr  nm*  dirinti-  r. 
pcipi'iidini!ain'  à  relies  <Iii  iis()iiM>,  d<tii(  I  iiidrpcndance,  mènie  au  point  y\v 
\iH'  .iiiahaiiiquc,  dr\rnail  aiii^i  liè^  l'xidenle. —  Sa  l'ace  e\lerne  adhère  à  la 
pe.iii.Sa  l.icc  iiileriie  reeniivi'e  la  n)i>ili«''  iiilV'rieiU'e  du  l)ue(Miialeup,  la  mtulir- 
cnnc^piiiidaiile  du  nia>>eier,  la  glande  paiolide,  et  quidquejnis  Ulie  partie 
plus  nii  niniii>  uraiide  du  «-leiaiM  nia>liiidieu. 

\rlinn.  I.e  [jxMaus  allii'j'  l'auirle  ^\v>  lè\  l'os  direehuneul  eu  arriêri\  \a'> 
deii\  uui^<  les,  se  cniil raejaul  à  la  lois,  oui  d()ue  |)iuir  elVel  d  élidirutM"  les  <lru\ 
eouuiu^riire>  lune  de  raiilre.  I>aus  I*'  sourire,  â  re\[)ression  duquel  il- 
seiuldeiil  >urloiil  de^liues,  les  lè\ies  sallou^eul  sans  que  l'oritice  huerai 
s  eulioinie.  Si  les  aiilres  niiix  le>  de  la  UK'Uie  région  prennent  part  à  1  «'\- 
pie-v-iou  des  seiilinieuls  <|ui  provdqiient  le  rii'e,  e»'!  «tritiee  so  dilate  (*t  atVeeîe 
alor>  des  iliuieiisious  el  un  nnule  de  conliu^uralion  (jui  ull'rent  d  iulinifs 
\ai  iele>. 


V.  --  TriaiiKiilaIro  de-  l^\re.H. 

I  e  liiau  :iilaii'('  de-  lè\i-('s,  silU''  à  droit»'  et  à  iraïu'he  du  menloii,  qii  il 
iiM.'iisinl  di"  i  haqiu'  i  »■»!.',  s(>  ti-;.î^;ie  d'  la  p!'i[tart  de-  aulres  I^u^L■lr'^ 
piMiiiivM-s  dr  \[  t  le.'  \>Ai  N.i  i  ol.Ta!'"-!  vi  :::î  ro.;>'e  ii^ii-  f.iiu'e.  Aplati,  1  a  r, ire  et 
iu"u.'  ri'.'.Ti.TiTuie-i!  .  |i  N,'  ;>  .r!  '  \  ■".  î  H  a'.eMiriiî  e'i  hai:t  eu  devenant  de 
p!.>  eM    '.Lis  e:i."'    <•'   en   .in!  i\.r^.'     rie    1-.  .:.  re    *"i;rbeà  eonea\ile   anié- 


•  >  > 


r.-  s  •••.  (  \l!-  r^w,    ••'     :  i    :•.•/.  ,r:-'^   .-  .  :i  l-i^,  î,.  triau'^Milaire 
^  "'^  <«■;'""      •    .'  •  '  i  '•  ;       ''x''  :   ■    vi  :  m  i\;!!,'ire,  a  1  aille 

i  •'    -        ■'•-  '       -    *•  "■  -   e-  '.'-•-•   :i'i  i:i'''s  du  [M',in«  ier 

.  1    ?   ''M''?  nui-(  ulaiirs 
'  —    :•  ■  '  ■    i  -'nviTi^eaiil, 


»  '      .       V 


\    , 


MUSCI.es  de  la  tète.  135 

et  forment  ainsi  un  faisceau  triangulaire  et  curviligne.  La  courbure  qu'elles 
décrivent  est  d'autant  plus  prononcée,  qu'elles  sont  plus  antérieures.  Au 
iiiteau  de  la  comoiissure,  toutes  ces  fibres  semblent  se  continuer  avec  celles 
du  canin  et  du  grand  zygomatique  :  continuité  simplement  apparente, 
je  ne  saurais  trop  le  répéter,  et  contre  laquelle  protestent  toutes  les  don- 
nées empruntées  à  Tanatomie,  à  la  galvanisation  et  à  la  pbysiologie  expéri- 
mentale. Nous  ne  voyons  nulle  part  deux  muscles  indépendants  se  continuer 
entre  eux  :  leurs  fibres  peuvent  s'entremêler,  se  confondre,  se  pénétrer 
réciproquement  ;  mais  elles  finissent  toujours  par  s'isoler  à  leur  extrémité 
tcrminale.Celles  du  triangulaire,  poursuivant  leur  marche  à  travers  le  plexus 
musculaire  dont  elles  font  partie,  viennent  s'attacher  en  définitive  à  la  peau 
(les  commissures. 

Rapports.  —  Par  sa  face  externe,  ce  muscle  adhère  à  la  peau  dont  on  peut 
!«>  détacher  assez  facilement  sur  ses  deux  tiers  inférieurs.  Par  sa  face  interne, 
il  recouvre  :1e  carré  du  menton  qui  croise  sa  direction,  un  faisceau  du  peau- 
(  i'T  qui  cootourne  son  bord  postérieur  ,  et  plus  haut  le  buccinateur.  Son 
bi>rd  antérieur, 'curviligne,  est  remarquable  par  la  présence  de  quelques 
fibres  descendantes,  curvilignes  aussi,  et  rayonnées,  qui  semblent  s'en  déta- 
cher pour  aller  s'insérer  à  la  peau  du  menton,  et  qui  coupent  à  angle  droit 
't><  fibres  sous-jacentes  du  muscle  carré. 

^>n  angle  antéro-inférieur,  très-obliquement  dirigé  en  bas  et  en  avant,  se 
cruinue  par  une  intersection  aponévrotique  avec  le  muscle  transverse  du 
menton. 

Artiùn.  —  Le  triangulaire  abaisse  la  commissure  des  lèvres.  Au  moment 
'>ii  les  deux  muscles  se  contractent,  la  bouche  décrit  une  courbe  à  concavité 
inférieure.  Légèrement  contracté,  il  exprime  la  tristesse,  tandis  que  le  grand 
ryiromatique,  qui  en  serait,  suivant  quelques  auteurs,  le  prolongement, 
txprime  au  contraire  la  joie,  et  doit  être  considéré  comme  son  antagoniste. 
Au  maximum  de  contraction,  il  exprime  le  dégoût.  En  associant  son  action 
à  celle  de  Forbiculaire  des  paupières,  il  donne  au  regard,  suivant  M.  Du- 


i»i 


enne  (de  Boulogne),  une  expression  de  mépris. 

Tl.  —  Carré  eu  mentoo. 

Obliquement  situé  sur  les  parties  antéro-latérales  du  menton  ;  extrême- 
ment mince,  très-pâle,  de  figure  losangique. 

/nvertîbfu.  —  Le  carré  du  menton  s'attache  en  bas  au  tiers  antérieur  de 
l'i  li^Mie  oblique  externe  du  maxillaire,  par  de  très-minimes  fibres  aponévro- 
iiqies  qui  croisent  celles  du  triangulaire  et  qui  semblent  continuer  celles 
an  poaucior  cervical.  De  cette  origine  les  fibres  musculaires  se  dirigent  on 
bai)t«  en  avant  et  en  dedans,  en  formant  des  fascicules  parallèles,  séparés  les 
*ùn«  des  autres  par  autant  de  sillons  ou  interstices.  Tous  ces  fascicules  vont 
'••tixcr  aux  téguments  de  la  lèvre  inférieure. 

htppnrtx, —  En  dehors,  ce  muscle  répond  au  triangulaire  des  lèvres,  dont 
i*  <T  >i«e  la  direction  presque  A  angle  droit,  puis  aux  fibres  en  éventail  qui  vien- 
<i  :ii  ^e  joindre  à  son  bord  antérieur,  et  ù.  la  peau  dans  le  reste  de  son  étendue. 
^  f'ïce  interne  recouvre  les  vaisseaux  et  nerf  mentonniers,  la  muqueuse 


\'M] 


MYOLO(;iK. 


lnic(';il<',  cl  l;i  partie  inr'-iicurc  de  1  Orl^icnlaire  des  lèvres.  Sonlnn'd  [.n>(»n'- 
snpi'i  ieiir  esl  reiilore''  par  un  Irès-pelil  f'iiseeaii  du  peaucier  <j'i\ii  ■! 
qui  cnnlouriic  le  ]>nrd  (•()rres[inndau(  du  (riariLiulaii'i-.  Sou  Ixu'd  atili'^ro-ii'' - 
liiMir  s Cnlreeiviise  eu  liant  a\ee  ('(dui  du  enté  <)[)p<tsr,  dont  il  se  \i>>\.  ■ 
««'•pare  eu  has  par  les  niiiscles  de  la  linup[)e  du  uîenlon  et  les  libres  li-s  [n  - 
iutfrms  {]{\>  peaueiers. 

.\ilioii.  — Le  earrf'  du  ineutdii  attire  la  rnuitii'  ('orres[H>udaul(^  delà  ]r\:< 
eu  bas  et  eu  delmrs.  !.(Ms<|iu'  les  deux  muselés  se  cuutrael.'iit  à  la  loi-,  i.-'l. 
lè\re  es!  tendue    dans  !e   sens  lrans\ersal  et  lar'-renieul  re[i\er^ee  ru  a\u:i! 


§  S. —  >riS(:ij;s  (^ui  s'attaciij:nt  .v  la  mi  orKi\sb:  j.aiiialf. 

Les  inus(  le>  siluT's  au-dessous,  ow  plutôt  en  arrière  de  ceux  qui  rayonui'ii: 
autour  de  l'tu'iliee  iuncal,   IbrnienI    !a  ri-irion  labiale  i)rofonde.    Il>  Miut  -»'. 
nombre  de   linis  :  l(»s  hufcimfh'urs.  n\\  nnisebvs   des   parois  lali'rale>   'l»-   1 
bouebe:  id  \  inhiminre  r/rv  Irtrrs^  qui  rè[)ond  â  la  paroi  ant«'*rii'ure  ib'  n'ir 
ea\it»''  et  qui  a  ètt'  raFiLi»''  a\ee  raison  d.uis  la  elas^e  des  spbiurters. 

Les  nuis(  les  de  la  réi:i<»u  labiale  prolonde  ont  pour  earaetè^t'^  eoiuniun- : 
i**  l(Mir  e'd(»ra!iou  rnu^c.  ])^';iucoup  plus  l'oneee  que  celle  des  muMlo-  d.-  1. 
r/:jit»n  labiab'  superlieiidUî  :  'J"  leur  direction,  qui  est  plus  ou  m<dii-  lian- 
M'isalc,  tandis  (jue  les  [U'cccdenls  sui\eut,  [)our  la  [duparl,  une  dire«  b'  :i 
Ntuliiale;  ."►"  les  counexinns  intimes  qn  ils  alVectent  a\ec  la  muqueu>e  de  !,i 
b  uirbe.  sur  larpndh'  ils  prennent  b'ur  insertion  m(d)ib' ;  /r  enlin  la  p»  •'- 
ti-.itiou  réciproqiu'  des  extrémités  par  lesquelles  ils  se  corres[)ondent,  p-te- 
tralii»n  si  complète,  que  le  mus(  le  médian  semble  lormé  i»ar  u]\  pr.d..u-'r'- 
ment  des  mns(  les  latéraux,  et  acte  considéré,  enelTel,  par  un  .urand  iionibii' 
d'auteurs,  mais  surtout  di*[uns  les  recbercbes  de  Santoriui  et  de  1  illurtif 
All'iims,  comme  ^e  continuant  avec  ceux-ci. 


}''  -i"!   '•'    '  I .  —  1  "  l':ur<'  l.M  'Mi|>t   lin  ]il.;ii  \  ii\.  <iui  i'i'i)>i>tf  a  i>»'li'i"  i  iM  ">  iiauc  .   i  Ir    !  ' 
<  i  .;  '■   .!<■  I  I  I  l'i-Miiir  (  (•[■\  ic  .ili-  cl  .M  .ili.iiîuiil  I  <:\\f   |;i  pai  li.-  <l*i  ri  .jn,   ,jui   li-  '^lil  m  -i  it  .    i      , 
li     11   "U  lit    ■!.  ;i\  Il  ,iiIn  ilr  >i  11'  \cfi|.  i'.  iMi  lit  il  ti  a!i^\<'i  ^,il<  iii<  m  itn  i::<  >  ;   l^"  >  \.  i  >•»"'■  <     - 
1"  >  '!i  .:\  \\\  ;  v,  !,'>.  I'!'  1  \  ii-'hlirM-N  «1::   iiiritii'  i  oir  ;  ;;"  il:\  ivcr  l.-  n;a>>'  îrc  -l  •«'•n  attar!  r  vt;iH;  i.-/ 
«  !    le  '  I    .\ .!  N.  r  il<    la  Ml   l'il   lia>  P'Mil'  il''ri«M\  I  'i'  K:   IiKiMi  l.c  liii  ";  >\  i  ll.ill  <■  :   'i  '  '  ""1"  1'   1"  M" 
1    l'a,'!'.!..!    ti!l.     |.i..'     !,.'    a   K'iMailMiifdi'     ''i   ilf-.>i;s    (lr|    ."ul«     '!'■    !.    :iii''"i..   .{-■'^    • 
'.'  ^ai  ;>'  ';'.■  V  y  \  1  I  ;  '.i-\<     ;  '.>^'  !•  aiii.-  le  liiir.  :i;;it'  'il   «  ri  il.l  il  ni   '■  >  j  m  vois  »|r  i,i    |.iim<  !i'\  k\  |'' 
'   i'  >  '■  i     I  :_  '  •    ''.!'  .  ,    I-   -N,  1,   .  an^i  'inr  Ir  1  I  iKii  ;.;r;;r  v;;]»,  :  .  av  .lu  ]>!  .ir\  ii\  ]i.>i;r  it^i'iîM    ■ 
'  \  ;  i'a.i  •■    1     il'  !  1  H 1.     >i.'     I  "Lt.:.!  :ti'  ;   (i  '    arlu\i  ■     la     ]''  i  1'  il   tl  ai:;    «i  a    ta;,  (  i'  .il.uc  c  ii     ]»;    .    r  .1  i 
•  t  ail  irr«'  «  'I  a\ ,,    i  ;  ~  '  .ii^N.  \\[^^>■  la  jn'a.ia'-iiv,-  ,i.  >  l,  \  i ,  x  |Man  <  taii..  r  l.  ■»  iiiv,-»  :  n.nv  .]u«    !  ■  ■ 
l'a  alaiii'   ta.'     1  •>  .<     |i>    m;  .\illa.   .'^  .  I  la  -na^-.  '".^'MI  :   ">"  .la  i^.  v   l.'>''i/M;;ialcMi,'>  t    la    t-a^f 


'•'•  ',  )MiN  -a  •  '  •/•_'  1 
«!.  la-  li.a  l-al-'N  1.  s 


•  ,  '     .•» 


<•'    i  _;  lia  ''.'   I  .  !N'    I''    i^:-  I  .  a  N  ii\aM*   ',<■  !•  a'  i  ^l■ill■•!■•^lt  .Ir-^   I 
•a  'i  ■•>  iM'il  I,  s  al'  "»!  'i'    'aiN  I    '(  -.  » .  'ax  t  I  N.'i    1.    I.i  i',l'.  al.  <U'    inw  l'Ia  | 
I  ■  _<■,  ]>;;!>  1'    !'  iMi".   I  a  ■  'i   i_;'..ail  ^a  .  n.ia.i,  i,  '■,,-.  .     .[<  ;,r\.  r  .{f  j.;  .'js.i  ..a    1  «u'I  i<  ul.iiH'. 


I  •  \  1 1 
II 


KiiociDaloiir. 


Le  buccinatinir  de  /-/c  iii-Hf^  sonner  tir  la  trMm[M.'tte\  ainsi  Tiomiii»'  p.aP' r 
qu  il  l'emplit  un  rô!.-  Lut  import. ml  d.ui-  le  jeu  des  instrumtMils  à  vent,  »-» 
^illu''  pror..ndeui«'Ut  d  ui-  I  cjiais-eur  de  1  i  joîif.  immt'dialenient  en  ileb>'t- 
di'  la  mu(iticu-c  luii  cale,  ."i   la(|uel[.'  il  aà!Kri\[tar  toute  1  ctciuluc  <le  sa  riii- 


MUSC1.es  de  la  tète.  137 

faip.  O  muscle  séfend  dans  le  sens  verlical  de  l'un  à  l'autre  bord  alvéo- 
WiK.  el  dans  le  sens  antéro-postérieur  des  parlies  latérales  du  pharins  ù 
I angle  de»  lèvres.  Sa  longueur,  sa  hauteur  surtout,  excèdent  eonsidéra- 
t,li:ment  celles  de  l'espace  qu'il  occupe,  d'où  la  facilité  avec  laquelle  il  se 
\ihff  repousser  en  dehors  pendant  la  maslicalion  et  dans  l'état  de  dislen- 
tiau  des  parois  de  la  bouche.  Sa  figure  est  rectangulaire,  lantOI  plane,  tanWI 
luriiligne. 
laieHioai.  —  Ce  muscle  prend  ses  insertions  fixes  :  1°  en  haut,sur  celle 


Fif.  343. 


Uusekt  dt  îa  télé  el  du  cou. 


I  nie  du  iiri  Fl  de  11  li'VrF  Aitpërirur 
irLaninlure  du  Oti..  —  9'.  M.  Fjra 


1.  U.  frnnMl.  —  !.  II.  onipiwl.  —3,3.  Ajmnifïrose  ^iiic-rânifnnc ,  e^i'iirfo  luli'rale- 
'wni  piur  ninnlrir  le  miisi'lc  Icnipoml.  — h.  M.  irmiioraJ  ou  rrotaphile.  —  S.  M.  auriru- 

r.  —  6.  U.  orbii'nlairc  ilrs  paupitrcs.  —  7.  M.  éUTtUnr  commun  llupe^fi>^il;l 
.  —  8.  M.  rlilalslïuriles  ntrinfs.  —  B.  U.  iraiisifvw 
lidul,  —  10.  M.  petit  i;ganiat'ii|ur,  —  11.  H.  grand 

-  13.  SI.  moss^ter.  —  13.  M.  tanin.  —  IS.  U.  «étalfur  rom^un  profond.  — 
I'.  M.  nrViialaire  des  Icïrei;  pour  uifUre  re  niusclp  en  ramplMp  i^vidfnre ,  luus  reux  qui 
•  ■infitl  •'atlarher  kl»  peau  de»  l?yrps  el  qui  le  n-rauirent  en  partie,  ont  étf  eicirf»  sur 
ui.ir.>af.rrnre.  —  IS.  M.  bueciiMlear.  —  là*.  M.  IriannulairB  des  li-vres  —  11.U.  carré 
!..  uirniiin.  —  IR,  U.de  la  houppe  ilu  inenlnu,  vu  par  sa  liase. —  19.  M.  sWrno-iii.islodlicii. 
-ÎO,  U.  Inpeie.  —  M- M.  ilipMriquei't  Mylo-liyordien.  —  ÏS.  Ve nlre  anldrieur  du  digas- 
i":'!'.  —  13.  Poulie  «ir  laquelle  m^  n'M'hit  le  leiidoii  dr  re  muselé.— SA,  14.  U.  omoplat- 
t .  iJ.ra.  —  55.  U.  eJ<:ido.hïoldifn.  —  S6.  M.  Ihtro-hjDldien.  —  Ï7.  M.  tujIo-hjMdien.  — 
■-■  H.  «pWniiis  de  la  tête.  —  SO.  M.  spl^nius  du  eou.  —  30.  H,  angulaire  de  rnmnpiale.  — 
Jl  U.  iralèM  poH«Tkur.  —  33.  M ,  sraleiis  antérieur. 


i;58  MYOLO(ÎIF. 

[Kirlio  (In  Ixird  alvrolaiiv  siipriiL'iir  qui  correspond  an\  {mU  •zro^sos  în-'laiti-, 
sin'  la  lulMh'o.silf'  du  niaxillairc,  et  snr  le  >onjni(M  de  I  ai>o]diy<e  îd»TyL:"iii'' : 
'2"  en  has,  sni*  la  moilié  [loslerieiire  du  bard  alvéolaire  inferienr:  o"  en  ai  ri'J  , 
>nr  I(^  sitraniel  dn  erMcliel  de  1  aile  inlerne  de  rajjojdiyse  idiTy^ronle  pai  ';. 
«•nnil  len<l(in  ain](iel  succède  j)i'esr|!ie  aussiJiM  nn  faisceau  inu-cul.uif'  ij.' 
desct'ud  (tl)li(|iieni<'îil  en  s  é[Kinoui->anl  :  et  sur  une  lame  lil>i*en>e  «'f»'nd  i: 
dn  même  cnrliel  a  revlreinile  [msterieui^'  de  la  îi^^ie  oillifjue  externe  de  ].. 
niAclieire.  Celle  lame  librt'U-e  ,  lanh'd  mince,  ianlùl  élioile  et  \)]u>  >.!!  - 
lanle,  a  rié  dt'ci'ile  jiar  Sabatier  et  lîoyer,  xms  le  nom  de  liijdnu'nt  ph-f:  /<" 
iif.rillairr.  I.oixju'ellt'  lail  saillie,  oîi  \nit  quelquet'uis  les  lihi'es  dw  Imcun.'- 
lem.'  s  atlaclier  à  son  bord  anlt'u'ienr  el  cri!  -s  dn  citiisti'icleur  .-tqi'Tienr  li  ; 
jdiarynv  à    son  bnrd   no>leiieur.    .Mais    le   [)Iu>  liabilucdlenient    el!'    o-f    \^ 

m 

a("ciî-ée,  tiè>-mjnce,  el  alors  jucsque  enlièremenl  i'rcou\erte  par  les  fliu'-- 
de  ces  den\  muscles  fini  >insèren(  sur  sa  l'ace  externe  en  >e  pénétrant  rt''ci[iii«- 
qiiement.  —  De  ces  di!lerentes  oi-JL^ifies  il  l'esulle  (piOn  [)euldi^iser  Ie>  (iiur- 
du  buccinatj'iir  <Mi  snpei  ieiu'i's,  (novemies  el  jnl'erienres.  l.e>  sn[ieri>'in  ••>. 
moins  nondjreuses,  se  j)orlenl  en  a\aiil  el  (Mj  bas:  les  moyenni's  s:»nt  b  -i  i- 
zontales  ;  le>  inlV'i'ieuics,  plu^  nnillijjlit'cs,  ^e  diiMycnl  en  a\ant  el  en  liuct. 
Parmi  c"es  deinièi-es,  l(*s  |)bis  (•le\(''e>  > VnlrecroisiMil  à  leur  extrefiii!''  anî-  - 
rie  nie  a\ec  les  moyennes.  Par\emis  ;ni  niveau  de  lan .  le  des  le\  re-,  le-  hn.- 
ordres  de  lil)i'es  s'allaclieiil  a  la  muqu(Uise  buccab-  e:i  s  {Uitrem«'lanl  ;<  cel't- 
de  l'orbiculaire 

H(iji}KH'ls.  —  ba  l'ace  exierne  du  bnccinatenr  e>l  recon\erte  en  ai'rière  [►.ir 
1  ap(q)lnse  coronoïde,  le  I(Uidon  du  tenqnu"aL  et  le  b.u'd  antérieur  dn  in.i-- 
>éter  dont  le  S(''p;ire  une  mas>e  globuleuse  de  li^su  adi])Oiix,  constante,  m.ii> 
plus  on  moins  volumineuse  sni\ant  les  indi\idus.  Sa  partie  m(»yenne  e>r  *-\\ 
rapport  a\ec  celle  même  ma^se  adijjeuse,  avec  le  coudnit  de  Stenon  qui  s  in- 
llecbil  jMtur  la  li.'i\eiser,  a\ec  la  \ eine  l'ariale  (|ui  la  c['oiseper[)endiciiIair«'iiien* 
en  passant  au  de\aiit  du  comle  (jue  l'ormi^  ce  conduit,  et  a\('C  le  ri>oiins  de 
Sanlorini.  Sa  j)arlie  antérieure  répiaid  en  baul  au  mu^de  canin  «'î  an  irratid 
zy,udmali(ine,  en  bas  an  liiaiiLMilaire  des  lè\res.  L  arlere  faciale  la  croi-<' 
obliquement.  —  Par  sa  face  i!it(M!ie,  ce  muscle  s  applique  immédiateiiienl  ." 
la  mur[iuMise  buccale  id  lui  adbère  tres-lortenuînt  sur  tous  b*s  p*dnts  de  >oii 
étendue ,  surtout  en  a\ant,  où  il  s'allacbe  a  salace  adbérente  comme  les 
nni>cb's  rayonnes  s  atlacbent  â  la  face  profonde  de  la  peau.  Ijitre  le  muscle 
{'{  la  mu([ueuse,  on  n  ob>er\e  du  reste  aucune  de  ces  irlandntes  sa]i\air«'? 
qui  ont  é|«'  >ucces>i\emen(  mentiomiees  par  les  auteui'S  :  mais  ou  en  ren- 
contre quelquefois  deux  (^u  trois  d.ans  répai>-eui'  du  muscle,  an  iii\eau  de 
son  iusei'lion  antérieure  ou  nudule. 

Aiunifirosi'  (ht  hiirciunti'Hr.  —  (leltc  apoui'vro^e,  remarqualdo  par  son  épais- 
seu]' et  sa  r^^istanre,  lecnuvre  t(aile  la  suilace  «'\teiiie  du  muscle,  auqU"' 
1  imil  nn  ti>suc(dlulaii'e  lre>- dense.  Autour  du  conduit  de  stetjoii,  elle  se  con- 
tinue a\ec  la  tunique  evieiiie  de  c(dui-ci,  dont  (die  a  <'!(''  considé'rée  à  but 
(  onune  un  prolun^i'ment.  I"u  ariièie,  (die  s'alla»  lie  au  bord  antérieur  de  l'apo- 
pbyse  ciuouiiïde  v\  se  <i»uruiue  (Ui  iiarlii*  a\ec  l'aj^jnev ro.-(»  inassétérine.  bn 
liant  (q  en  l»a>,  (die  s  iiisrre  an  boiil  al\eolaire.  bu  a\anl,  (die  ^aniiii'Jt  de 
pbi<  eu  ])lu^.  |iuis  finit  [lar  dispara'lr»'   —  Au-dess'ais  de  I  aponé>rose  dn  luic- 


MUSCLES  DE  LA  TÉTTE.  139 

I  inatrur,  ou  observe  sur  le  trajet  du  conduit  de  Sténon  une  traînée  de  glan- 
diiU's  salivaires  :  ce  sont  les  glandes  molaires  qui  occupent,  par  conséquent, 
une  situation  très-profonde,  et  qu'on  voit  même  quelquefois  pénétrer  en 
[lartie  dans  l'épaisseur  du  muscle. 

Artion.  —  Lorsque  les  deux  muscles  se  contractent  simultanément ,  ils 
»']<  ijiiont  les  commissures  l'une  de  l'autre  en  les  portant  en  arrière,  et  font 
«iihir  aux  lèvres  une  élongation  transversale  qui  a  pour  effet  de  les  rappro- 
«  luT.  Si  f'osl  Torbiculaire  des  lèvres  qui  se  contracte,  ce  sont  les  buccina- 
(t'ur«  au  contraire  qui  s'allongent.  Le  premier  est  donc  l'antagoniste  des 
^f(  ^iwh.  Indépendamment  des  mouvements  qu'ils  impriment  aux  commis- 
«.'iH's  ei  de  l'influence  qu'ils  exercent  sur  l'orifîce  buccal,  ceux-ci  ont  encore 
[Hiur  usage  de  reporter  entre  les  arcades  dentaires  les  aliments  qui  tombent 
de  l'ur  cC^ié;  ils  jouent  donc  un  rôle  très-important  dans  la  mastication  et 
lonoourent  en  outre  à  l'articulation  des  sons,  au  jeu  des  instruments  à  vent, 
i  la  succion,  à  Texpuition,  etc. 

II.  »-  OrMcnlalre  des  livres. 

I/orbicuIairc  des  lèvres  est  de  tous  les  muscles  de  la  face  celui  dont  l'étude 
pK'>onte  le  plus  de  difficulté.  Aussi  remarque-t-on  dans  les  descriptions  qui 
►-ri  ont  été  données  de  très-notables  différences;  aujourd'hui  encore  la  con- 
'r>\ erse  persiste,  bien  que  la  physiologie  ait  fourni  cependant  toutes  les 
iJ^'rtiices  nécessaires  pour  une  solution  rigoureuse. 

"smtorini,  en  172A,  le  décrivait  ainsi  :  cf  Les  fibres  de  l'orbiculaire  des  lèvres 

•  v-mblent  former  un  seul  muscle,  que  quelques  anatomistes  désignent  sous 
!•'  nom  de  7>Atiirfer.  J'ose  dire  cependant  qu'il  est  double Celui  de  la 

■  '«'\re  supérieure  se  continue  avec  la  partie  inférieure  du  bnccinateur,  et 

•  irlui  de  la  lèvre  inférieure  avec  la  partie  supérieure  de  ce  muscle,  après 

•  >«'tre  entrecroisés  au  niveau  des  commissures  (1).  » 

Albinus,  en  173/ï,  formulait  en  termes  plus  explicites  encore  la  doctrine 
*It'  Il  cuntinuité  des  muscles  antagonistes  de  la  face  :  «  L'orbiculaire,  au  pre- 

-  mior  aspect ,  semble  entourer  tout  l'orifice  buccal ,  et  se  comporter  à  la 

•  manière  d'un  cercle  qui  n'a  ni  commencement  ni  fin.  Mais  en  réalité  il  est 

•  la>ource  commune  de  tous  les  autres  muscles  qui  partent  des  commis- 

•  ^ures,  à  savoir,  des  buccinateurs,  des  triangulaires,  des  canins  et  des  grands 

-  'yL'omatiques.  La  partie  inférieure  du  buccinateur,  réunie  à  une  partie 
>  *i.i  triangulaire,  monte  vers  l'angle  de  la  bouche  et  se  rend  dans  la  lèvre 

•  >u])érieuri*  ;  de  même  la  partie  supérieure  du  buccinateur ,  à  laquelle  se 
'joint  une  partie  du  grand  zygomatique  et  du  canin,  descend  vers  la 

(uiQiiiissure,  croise  les  fibres  ascendantes,  puis  se  prolonge  dans  la  lèvre 

•  'iirérieure  (2).  ■ 

Ainsi ,  pour  Santorini,  l'orbiculaire  et  le  buccinateur  constituent  un  seul 
'«".-*  le  :  les  deux  moitiés  du  premier,  en  se  prolongeant  et  s'entrecroisant, 
^'  "ment  les  seconds.  Pour  Albinus,  l'orbiculaire  se  continue,  non-seulement 

'  Niiiiorini,  OA-rerr.  «/m/.,  1724,  p.  3.'i. 

-    Ml.nn-*,  //»%/.  ntus-ntf.  hommis-,  173'i.  p.  103  ot  1fi/|. 


l'iO  iMYOLO(.IK. 

avec  ]«'  ImcciMad'ur,  mais  a\oc  tous  1rs  aulrcs  miisclos  dos  romniis>iires .  *-. 
s  irlc  qu'il  n'pr(''S(Mili'.  iiiu^  siinph».  (1(''p<Mi(lan('o  do  coiix-oi. 

(".haciiijo  de  cos  ojunions  a  IroiiNr  un  grand  nonibro  do  partisans,  (iollr  T;- 
Sanlnrim',  liuilcrois,  a  Uni  pir  prôxalnir  :  c'ost  collr  qui  rrgne  enooif'  d»^  '.[<>- 
jnurs.  11  iniporlo  do  ra[ip('lrr  rcpondanl  qn  A  1  éptxjuo  «»ù  ollcs  parur»':;! 
I  uno  ot  iautro,  \N  inslow  en  lonnula  une  Intisirni»' dans  laqn«dlron  rrtrMii\.' 
l'o  (  ara<  l('»r('  de  séviTili*  (pril  ap[)()ilail  dans  loulos  sos  rocliLTclirs.  <  l '. 
•)  cxaminanl  l)ion  les  anuilos  des  K'Mvs,  on  \orra  1rs  lihros  do  la  Itmv  >uji'- 
))  l'iouro  oroisiu'  1rs  lilurs  dt^  la  \ô\vc  inlrrioun»,  ol  Ion  disliniruora  1  aria.f 
»  niusculaiir  d'uiu*  lÔM'O  daNrc  rani'do  mu>culairc  de  laulio  ;  c  o?t  p"nur- 

)t  qu(d  jVn  Ijusdcnv   que  j  ajqM'llc  1rs  domi-orldculairrs »   IMiis   loin,  i' 

ajoulo:  «  TotiU's  li's  lihu'S  du  buocinak'ur  s'aniasseni  pou  à  pru  \er>  !•- 
)•  O'iuiniissnrcs  dos  lr\ros,  (Ui  tdli's  so  glissonl  dcrriôro  los  oxtrémilés  et  1  uhi"ii 
»  dcïi  niusclos  (k'mi-oi'bioiilain's  qui  los  roinu\ronl,  ol  auxquols  elles  ^'<:it 
»>  rortenionl  altacliôes  {[).  » 

IN'udanl  que  Sanloriin*  el  Albinus  proclaniaiont  qu'il  n'oxisle  dans  la  rt-^ii  ii 
inlerniaxillairi'  (junn  seul  inusolo,  s'olondant  de  l'apopliyso  ooronuide  d  i.ii 
cnh'  à  l'apuphyx'  e  )rnnoïde  du  oiMe  opi>os('',  W'inslow  aHlrmail  done  qu  il  r"i 
o\islo  r/'ellemcnl  quatre,  onlièrenienl  indéprndanls  el  sans  onntinuité  entr.- 
eux,  les  (U'ux  bin'ein;ilenr>  et  b's  dtuix  denii-orbiculaires.  ('.elle  dernière  nid- 
nion  est  inoontostablernont  la  niieu\  londce.  La  doctrine  de  la  eonlimii'.r 
des  nuisole>  aiitauH^nistrs,  roinnie  le  nvraniidiil  et  le  l'ronlal.  le  eanin  el  ].' 
trianuulaii'o,  le  bu(\'inaleur  et  lorbiculairo,  est  si  clairenienl  rélutée  aujour- 
(1  liui  [tar  joules  le>  notions  que  nous  [>os>edons  sur  la  sUuoturo  et  le  niod'- 
d'acliou  des  libres  eoiilra(iile>,  ([u ClIe  no  rni-rito  menu»  plus  llionnourd  être 
di^Ollleo.  (In  a  {)ris  pour  autiint  de  réalités  de  >iin]dos  apparenees;  ce  que 
l'analyse  anatoniiquo  est  impuissante  à  deinoutror,  lexcilatinu  trahanique  «  t 
l\tli-"r\ali<'f.  eliniipie  le  motleul  liors  de  di'Ute. 

1.  orliieulaire  d('^  lè\res  e?l  dnno  l'omit'  de  deux  muscle?  qui  s'entreiii'î- 
senl  au  ni\eau  des  et»nnnis>ni'es,  ot  que  je  désignerai  a\ee  \Mn>liiW  sou?  le- 
noms  de  demi-orldeulairo  supérieur  el  de  demi-orbieulairo  inlerieur. 

r  1///N  7f'  (/.'.'/( /'-(o7'/( ///(///•'  Vf//' ■/■/' .//•.  —  "^i!!;!'  dan-  i'(''paisseur  de  la  le\i'" 
superieuit.',  il  eu  oceup»»  le  b  «l'd  libri'  et  ia  tac c  posti-rieuri'.  Dans  le  >rn- 
traus\er-al  il  s  fleiid  de  lima  ra:ilr«'  buccinateur,  en  deei  ixanl  une  eiijrlw 
dnut  lacMicavite  rt^jarde  en  i>a-.  haii^  le  sen>  \erlieal,  il  nu'-ui'O  litut  1  «•-- 
par-e  CMmpii>  e'itii'  la  ba-e  du  ne/  et  le  bord  libie  de  la  leNre.  —  i  .c  iiiuself 
('>t  t'nini"'  d  u:ii-  p.tTîi.'  i  pii:uipale  et  ib-  tb'ux  pnitions  ac<  Or-soires. 

La  p^Mii-'îi  [>i  i!i(  .l'a'.c  ,  (jiii  oce;iju»  le  litud  libie  de  la  lè\re,  rutistitue  le 
deuii-«'r:'i.  ;ilane  M' >oi«'ment  dit.  L.lle  s'a(!acbe  ^-ur  tf.i^e  sa  l<umueur  à  la 
miupie  ,-e  labiale,  ù  hÙ  -on  atllirieneo  intime  a\ec  «elle-ii.  Vav  -es  e\trf-- 
iml'-  ]•  -.èrement  e.c'-it'ieivi-itev.  elle  -  iIl^èrea  !a  nulql:eu^e  de>  eonmiissur»'- 
t  M  s .  ;i:iem(Mant  ai;\  tibics  c.trit'-p"Mda:ite-  du  lun  einaleiir,  et  lui  adlièr»' 
-i  -e'.i.ii'uien!  ar.->',  qu  «•!!.•  ':e  pfi:t  en  T'Ire  (b-tat  bée  (jue  [«ar  la  -ectiun  i]i' 
<  i  -  tibri's 


W 


MUSCLES  DE  LA  TÉTTE.  139 

(  inafeur,  on  observe  sur  le  trajet  du  conduit  de  Sténon  une  traînée  de  glan- 
diilt's  salivaires  :  ce  sont  les  glandes  molaires  qui  occupent,  par  conséquent, 
une  situation  très-profonde,  et  qu'on  voit  même  quelquefois  pénétrer  en 
[lartie  dans  l'épaisseur  du  muscle. 

Attûm,  —  Lorsque  les  deux  muscles  se  contractent  simultanément ,  ils 
••!f.i.;nenl  les  commissures  l'ime  de  l'autre  en  les  portant  en  arrière,  et  font 
?ubir  aux  lèvres  une  élongatlon  transversale  qui  a  pour  eflTet  de  les  rappro- 
rhtT.  Si  c'est  lorbiculaire  des  lèvres  qui  se  contracte,  ce  sont  lesbuccina- 
U'ur«  au  contraire  qui  s'allongent.  Le  premier  est  donc  l'antagoniste  des 
>e(.>n(l!>.  Indépendamment  des  mouvements  qu'ils  impriment  aux  commis- 
*nn*s  et  de  l'influence  qu'ils  exercent  sur  l'orifice  buccal»  ceux-ci  ont  encore 
|H)ur  usage  de  reporter  entre  les  arcades  dentaires  les  aliments  qui  tombent 
(Jf  I*ur  côté;  ils  jouent  donc  un  rôle  très-important  dans  la  mastication  et 
(oncourent  en  outre  à  l'articulation  des  sons,  au  jeu  des  instruments  à  vent, 
à  la  succion,  à  l'expuition,  etc. 

II.  —  OrMcnlalre  des  l«vrea. 

L  orbiculairc  des  lèvres  est  de  tous  les  muscles  de  la  face  celui  dont  l'élude 

pn'^fnte  le  plus  de  difficulté.  Aussi  remarque-t-on  dans  les  descriptions  qui 

r-n  <»nt  été  données  de  très-notables  différences;  aujourd'hui  encore  la  con- 

!r>\ erse  persiste,  bien  que  la  physiologie  ait  fourni  cependant  toutes  les 

•lonnées  nécessaires  pour  une  solution  rigoureuse. 

"vintorini,  en  1724,  le  décrivait  ainsi  :  «  Les  fibres  de  l'orbiculaire  des  lèvres 

^^mblent  former  un  seul  muscle,  que  quelques  anatomistes  désignent  sous 

M^  Domde  sphincter.  J'ose  dire  cependant  qu'il  est  double Celui  de  la 

•  livre  supérieure  se  continue  avec  la  partie  inférieure  du  buccinateur,  et 
■  relui  de  la  lèvre  inférieure  avec  la  partie  supérieure  de  ce  muscle ,  après 
'  î»*lre  entrecroisés  au  niveau  des  commissures  (i).  » 

AlbÎQus,  en  173/i,  formulait  en  termes  plus  explicites  encore  la  doctrine 
ie  la  continuité  des  muscles  antagonistes  de  la  face  :  «  L'orbiculaire,  au  pre- 

•  mior  aspect,  semble  entourer  tout  l'orifice  buccal,  et  se  comporter  à  la 

•  TDanière  d'un  cercle  qui  n'a  ni  commencement  ni  fin.  Mais  en  réalité  il  est 

•  la  >ource  commune  de  tous  les  autres  muscles  qui  partent  des  commis- 
sures, à  savoir,  des  buccinateurs,  des  triangulaires,  des  canins  et  des  grands 

'  n?omatiques.  La  partie  inférieure  du  buccinateur,  réunie  aune  partie 

•  >l:i  triangulaire,  monte  vers  l'angle  de  la  bouche  et  se  rend  dans  la  lèvre 

•  $u])érieurc;  de  même  la  partie  supérieure  du  buccinateur,  à  laquelle  se 
•j'iiit  une  partie  du  grand  zygomatique  et  du  canin,  descend  vers  la 

•  (ommissure,  croise  les  fibres  ascendantes,  puis  se  prolonge  dans  la  lèvre 

•  «af^rieurc  (2).  ■ 

Ain^i,  pour  Sanlorini,  l'orbiculaire  et  le  buccinateur  constituent  un  seul 
"1'  1^  le  :  les  deux  moitiés  du  premier,  en  se  prolongeant  et  s'entrecroisant, 
''  rment  les  seconds.  Pour  Albinus,  l'orbiculaire  se  continue,  non-seulement 

1  •^J'jiorini,  ()h<erv.  nnat.j  1724,  p.  3.^. 

-    NMmrui,  HisL  mittntf.  hnmini^j  173'i,  p.  IGn  ot  1(V|. 


IVJ  .NhOlJXilK. 

•  Iclitnv.    Tel  aiilriir  a  conslati'  en  outre  ([nv  cliaciiiic  <l«'s    iiioili»'"^  <l«'^  d»  i,^ 
il('ini-(H  l»i(•nlail•('^  t">l  iiKlrpriidaiilo  «îaiis  smi  aciion  de  u'ilc  ilii  rùt»'  nj.p'-.'. 
d  où  il  conclul  qin'  le  sjdiinclcr  «los  lèvres  est   e(uii[)(i>(''  (1(^  qiralre  [M.r'in-i^. 
(!»'(te  e'^neliision    parail  lotidre.  l/iiis[ieelinii    analoiniqiie  ne  [leiit  ni  li  ;  ,- 
lili'T  ni  la  démenlir;  inais  les  e\[i<'ri<'iiees  ('leelm-jdiN-iidM-jqut^s  el  1  i":-    - 
\alinn    clinique    lui  donnenl  une  ;ji\inde  valeur.  iKtiis  1  li''niiidri;ir  i.iii'-. 
lonle  la    rniiilir  de  Inrhieulaire  qui  r(''[Kuid  au  cdlr    paralvst'   est  |uis..r.; 
ni«>u\enieiil,  laiidi>que  celle  du  ente  iqtposé  continue  à  se  contracter. 


ii  ^).  —  lîi:(rio\  mï:ntonmi:t{k. 

\)i'\\\  muscles  conijXtM  ni  celle  n"jion  :  I  un,  i»air  el  symétrique,  qui  r.  {mm.  i 
à  la  saillie  «lu  mentnn  et  (jui  couh  ihue  [■i"i[ici[)alement  à  la  former  ;  l.iu'n. 
imnair  et  me<iian  ,  trans\  er>a1emen(  siln»' a.l-de^^(>u^  de  celle  saille,  l.-ji.- 
mi(M'  e>l  le  niic^rlc  dp  la  hmijifif  ihi  irunh'n:  le  >ec(»nd  peut  ehcMi*  -ii::!"  -■■  i- 
le  nnni  de  imiscli'  IransVri  sr  ihi  nirnluli. 

]*i  I  fidi  <il  .1111 .  —  il   (  Mii\  h  ni  (Il     piC|Mi .  I    il    (1  .  Iiiiiii  r   (|  .ili'iid     !«•    iiiii^t  .<•    fj  .ii.^N  «  i  -.      l  > 
<  «'    Itiil ,  «.,1  |i|  ■"  I  il.  1  ;;  <!••    I.l   lil.Lli.-l  '■    •>lii^  ;i|li-  :    1'  I.JIT  (lii;\    iiim^1"II'n    \  en  ji  .i1"'<.    Illlii    ^  ; 
I  !  :anLMl|.il!  r  i1m«i1  .  I  .mil  (■    sin    Ir   n  i.e,l_'l!,ilt  r    11,1  II  •Ih-,    l'i    j.|  "'."llUfl'   I  (  N  ltiil««l":i>  m   ha^  ^■.:- 
li.Mii"  ICI  V  ilii   (Il  II  ;  'j"  viiiilo'.  •  r  !»•  I"ii  il  ii.l'iii''  «i<-  •  il  II  uiii'  <i  .'llo    )U1|N  ili-><  ijUci    1<-   ••■•_i  n  •     " 
<\r    (IcIiMi  s   ('Il   ili  ti  lie,,  aliii   <li'    iiii'lli  r    a    •:'!    1-  -   (Il  ii\    1 1  la  11:  Il  la:  I  t'N  ci    les  <itu\  i  .n  r  '^  :     • 
îioc.tii  fie  I  <iiL  '11'  a.;i'  ;  '«-  ii.ti'riritr  «i<  s  I  riiiiL'iilairc^,  1 .  (|.)a|i|ri    il<'  iiifiia!:.;ii.  ni  ]'••  1 1    i  .  .n-.    \ 
1  ilarl  If  ;;aii>\i  i>r  i|i|  iih'iitiMi.   |iii  >,■  jiia'lr  a  la  iiiaiiicir  d  aar   viiijc    lo  I  un  a  l  ..afir  i'.    '•- 
aii'jjc-  ;    V  ajn  c^  axoT  il.  i  ii!i\  l'i  I  rr  mu -^clr.  i  iai\  ri  ■:-çr  la   ir\  :  i'   iPtr;-|,-ai  f  rti  a\  an. ,    '.-Lu 
la   iiiiii|ii'":^''  'jMi'jiv  ail-,  i  '    i-m!i  i    ilLuaiti   tl--^  niii^'  l«■^  •Ir  la  Ii<mi|i|>c  du  iiii'ut.iii.  (jm   *^^  ■^r,      \< 
•  ■11  s  .  |iaii'>iii'-^aiil  |H.(i'  alli  )•  ^iii--t'i  cr  a  li|iiMii.  un  |icii  ,iii   (|r>s|is(In  haii^M-i  n,  .  .'«'^  l.-iiv. 
l'iMit  «'i;lr\ta   Ir  i  -li  ]>>  iIm  iiia\ il laii  •  .  1'"U',    la'  ililri    |i"ii   .la in  .  «ai  a|'ii', i'|Ui'  vi;i-  lu  -^N  i:ii.|  v-' 
liait  ilf  ^<  ;•'  lia  lii.-  il  ail  iri  I'  «ai   a\  aal  ,   y\w^  n\\  .'raili'  li>  l'i  ii\   iiiihlir>  d-'  1  ">.  »  «■  <\\\.    \>--    •  ■ 
d  l'rai  ha"  au^M  jr^  dtai\  iiiiiNrli-s  pal   li  HT  Maiiiiirl .  I  I  dr  l<-^  \  '«ir  pal    Inii    ta   •■  iiiN  ni<  . 


I.  —  Mii!>«(*lo  iraimversr  du   mouton. 

i.ejM'lil  muxle.  («»uuu   d'J.ï  de  Saulnrini,  es!  Iiau^\er>alem«'nl  >itue  ^'»î.' 
le   m'Ulnu.    'lre--ur(de    et  lrè^-[^.'tle  elle/  la  plupart  des  individus,    un  ne  1» 
•li-liiiLTue  >(»u\enl  ((U  avec   diriicult''.  <a'{)eiidanl  son  (ixish.'nce  e.-t  conslanle. 
il  se  préx'ule   mius   1  a-iie'l  d  mu.'    simple  bandelette  dt»  o  c)n  'i  milliniètri- 
lie   iarireur. 

//rsf'/7/o/<v.  —  l.e  trans\er.-e  du  meiilnu,  Inr.x|u  il  oIVre  uuo  C(d(iratiiui  p'.'»  , 
.-emlde  ^e  «uiilinuerà  droi'e  et  à  gauche  avec  JauLrle  an(*  ro-inferieur  d  - 
îriauLnilaii  e^.  M.:i>  elnv  le-  lai'cs  siijels  dii  il  est  plu<  dt''velnp[ie  et  de  Ci.ij- 
leiir  iMiiue,  Dii  peut  l.ieileme'il  recMimailre  (jii  il  >  altaclie  au  maxillaire  pr 
une  laiiL'iielte  apniiev r  d ique  dont  les  tihn'>  >  eiil recrni^eiit  avj"'c  ctdle-  li. 
1  aii-le  a;ileri«'>ir  <lu   hiair-'iilaire  cerie^puutlaiil. 

Ii'i[>}i(iih.  —  Par  >i  lat  e  iurerieiiie,  la  l)and(delte  qui  l'urme  le  nm-c!e 
Irau^vern'  e-l  en  rappnil  .,\ee  la  peau,  i'ar  -a  l'aci'  >uperieure.  elle  rep.oid 
aux  tihrt'-  li'-  [In-  iulerie'^  de-  muM'le-  [i  Miit  i(M's  ilu  cnu.  qui  la  cr(»isenl  pei  - 
pendicuîairem''pl. 

M-iion.  —  <  e  mii-ele  païail  ^l\ni•  pmir  destination  de  >oulever  la  peau 
qui    le    recaiNre   et    de    1  a|q)li(|r.ei'  (Uitre    r«'minenct'    du   inentim    :   us.iL'e 


MUSCLES  DE  LA  TÊTE.  135 

et  forment  ainsi  un  faisceau  triangulaire  et  curviligne.  La  courbure  qu'elles 
tlécrivent  est  d'autant  plus  prononcée,  qu'elles  sont  plus  antérieures.  Au 
ni\eau  de  la  commissure,  toutes  ces  fibres  semblent  se  continuer  avec  celles 
du  canin  et  du  grand  zygomatique  :  continuité  simplement  apparente, 
je  ne  saurais  trop  le  répéter,  et  contre  laquelle  protestent  toutes  les  don- 
nées empruntées  à  Tanatomie,  à  la  galvanisation  et  ù  la  physiologie  expéri- 
mentale. Nous  ne  voyons  nulle  part  deux  muscles  indépendants  se  continuer 
entre  eux  :  leurs  fibres  peuvent  s'entremêler ,  se  confondre,  se  pénétrer 
réciproquement  ;  mais  elles  finissent  toujours  par  s'isoler  à  leur  extrémité 
tt'rminale.Celles  du  triangulaire,  poursuivant  leur  marche  à  travers  le  plexus 
musculaire  dont  elles  font  partie,  viennent  s'attacher  en  définitive  à  la  peau 
des  commissures. 

HapporU,  —  Par  sa  face  externe,  ce  muscle  adhère  à  la  peau  dont  on  peut 
!e  détacher  assez  facilement  sur  ses  deux  tiers  inférieurs.  Par  sa  face  interne, 
il  recouvre:  le  carré  du  menton  qui  croise  sa  direction,  un  faisceau  du  peau- 
i'ier  qui  coDtoume  son  bord  postérieur  ,  et  plus  haut  le  buccinatcur.  Son 
Ixjrd  antérieur, 'curviligne,  est  remarquable  par  la  présence  de  quelques 
fibres  descendantes,  curvilignes  aussi,  et  rayonnées,  qui  semblent  s'en  déta- 
cher pour  aller  s'insérer  à  la  peau  du  menton,  et  qui  coupent  à  angle  droit 
\vi,  fibres  sou»*Jacenies  du  muscle  carré. 

^n  angle  antéro-inférieur,  très-obliquement  dirigé  en  bas  et  en  avant,  se 
<nntinue  par  une  intersection  aponévrotique  avec  le  muscle  transverse  du 
menton. 

Action.  —  Le  triangulaire  abaisse  la  commissure  des  lèvres.  Au  moment 
•»'i  les  deux  muscles  se  contractent,  la  bouche  décrit  une  courbe  à  concavité 
iiifprieure.  Légèrement  contracté,  il  exprime  la  tristesse,  tandis  que  le  grand 
rf?T)matique,  qui  en  serait,  suivant  quelques  auteurs,  le  prolongement, 
txprime  au  contraire  la  Joie,  et  doit  être  considéré  comme  son  antagoniste. 
Au  maximum  de  contraction,  il  exprime  le  dégoAt.  En  associant  son  action 
à  celle  de  Torbiculaire  des  paupières,  il  donne  au  regard,  suivant  M.  Du- 
(  ^tenne  (de  Boulogne),  une  expression  de  mépris. 

▼I.  —  Carré  tfa  mentOD. 

Obliquement  situé  sur  les  parties  antéro-latérales  du  menton  ;  extrême- 
ment mince,  très-pâle,  de  figure  losangique. 

Itisertions.  —  Le  carré  du  menton  s'attache  en  bas  au  tiers  antérieur  de 
h  Vv^ue  oblique  externe  du  maxillafre,  par  de  très-minimes  fibres  aponévro- 
tiqies  qui  croisent  celles  du  triangulaire  et  qui  semblent  continuer  celles 
d-j  peaucier  cervical.  Ile  cette  origine  les  fibres  musculaires  se  dirigent  en 
haut,  en  avant  et  en  dedans,  en  formant  des  fascicules  parallèles,  séparés  les 
u'i«de9  autres  par  autant  de  sillons  ou  interstices.  Tous  ces  fascicules  vont 
*•*  ti\er  aux  téguments  de  la  lèvre  inférieure. 

A  ipportx. —  En  dehors,  ce  muscle  répond  au  triangulaire  des  lèvres,  dont 
'/  <  r  ii^e  la  direction  presque  il  angle  droit,  puis  aux  fibres  en  éventail  qui  vien- 
T!'t)t  «o  joindre  à  son  bord  antérieur,  et  à  la  peau  dans  le  reste  de  son  étendue. 
Ni  face  interne  recouvre  les  vaisseaux  et  nerf  mentonniers,  la  muqueuse 


IVi 


M\<)i,()(iii; 


lh|llr.  cl   \rl  licali'lihiil   sn  r  |.i  |Mii  ic    liiMVrtillr  t|ll    lil.i'v>(''h'r.  cil    fai^alU    iclii'tlitci    iil".      ,.  • 
iiiciMuii  sur    l;i   lciii|(i' ;  !•"  iIi'LicIut  cc>  I.'l'iiiiichK  dr   iiMiiicrc  a  irirUic  ca  cxiil»  ik  t   .  i-i    ' 

I  a|>nii(''\  iMsc  tics-l'ii  (c   ijiij  iciMii\icIc  lciii|M.i  al  .  cl  cil  lias    I  ait'Mic\  lusr    riiiiicc    ijU!    %■,' 
IIla'^^clc^.  juiis  lc^  l'Iihiicr  1  une  d    l  autre  ;  '.'>"  ciilcM-r    la    |'ar<iliilc   cl  ^i<u  coim|i.;|   ;.]ri,-  .r, 
iilisi'iN  »■  lc^  la  PI  •"ils  <|ti  lU  |ii  1  sciilciit  a\cc  |c   II  m  SI  je    stais   pn  ciil  .  cl   ai  Iic\it  «le  >\--^  •  i.  . 
Iac<'    r\lcnic  (Ir  ce  ihii-m  |i  ;   V  "  ""!*''''  '■'!'" '"'^  '"""'   I''IiiI"'ImI"'   a  m)|i    allât  Ii.'    jiiIi  i  i<    i  ;  •  .  - 
cii>iiilc  I  an  .iijc  /\  _'Miii,il  mile  a  m  -^  (lcu\    e\Iii  iiiiIcn.  [aii^  la  laltallie  mu    Ir  hm'»'^'  t>  i  :  .» 

II  I  iiiiiii  I  la  |»ri'|>.ii  aliiiji  tin  (ciii|i'>i  al. 


I.  —  !Ma^s^lor. 


Muscle  court,  cp.'iis,  (inadrilalcrc  :  situe  sur  la  branche  de  la  inrHbni[r', 
au-(ies>oiis  de  1  arcade  zyL;<tnialique. 

hisrrtiims. —  L«'  ina-M-lri-  est  InriiK''  de  deux  pnriiniis  siiperpn>e<'>  et  f-i;;- 
Inudiu's  eu  a\aul,uiai>  lrèr«-d[sliucle<  eu  an  ière:  luue,  au(«'ro-t>\|ei'[ie,  b'.'-i  .- 
coup  plu-  lou.LTUf  e!  plus  i'p,ii>se;  l  aiilre,  [Mt-jrin-iulei'ue,  Irès-couilf.  — 1  i 
[KH'liuu  auleri»-('\(('i'ue  uaii  d.>  deux  tiiu>  aulcriiMiis  du  lord  i'il'f ri''iir  .!•■ 
1  arcade  /si^omaliqiie ,  pai'  luie  \hv'j:v  et  Toile  apoucN  ri»e  qui  <e  pndMi...- 
jusque  sur  la  partie  ni(»\euiie  (bi  iuum  le  oii  elle  se  di\ise  eu  deux  un  ti'i- 
lau.Lriiettes.  I>e  la  jiarlie  fioslérieiire  cl  iulVuieure  de  cellt'  apiuu'vrosê  j>:.i- 
t(Mil  b's  libit's  niii-culaii-es  (jui  se  diiijrul  (Ui  bas  et  uu  pi'ii  ru  arrii'^re  jh.  ; 
aller  ^e  ti\<'i' à  la  l.u-e  rxhuiie  de  laiiule  de  la  ni.icbnii-i'.  —  I,,i  p^iii. 
l)(»st('r«»-iuterue  tire  son  «ai^'iiie  :  I"  de  la  ]»aiii«'  la  plus  reculei'  «lu  1..:  ; 
iutérieur  de  larcade  /.viroinalioue  ;  1!"  di'  joule  1  Cleiulue  de  la  face  int'-M.-' 
de  cette  arcade.  \a\  se  icuuis-aiit,  les  tibrrs  qui  la  couipost'Ut  (buiiM-iit  ii.ii-- 
ï-auce  à  un  taiMHMU  aplati  pn";-({ue  luilirreuirut  musculairi',  (|ui  delx'rd»'  rîi 
ari'ièie  b'  lalr-ceau  e\lerue.  cl  (jui  si'  poile  e;i  ba.>  et  un  peu  eu  a\anl.  i  >• 
l'ai.-Ci'au  croi>e  pai' (•oum'(|Uiuu  le  précèdent  :  il  ^  iusèi'e  >ur  le  lier?  ?U]»eii(  Mr 
(b'  la  brauclu'  d«'  la  ui.Mlioii'»'. 

/^//'/»l>/7^•.  —  La  laee  externe  du  Ula^-eter  e>l  recouNcile  par  l  apoue\  ro-'' 
uia?seleriue,  et  plu>  supcu  licielleiuiuil  par  le  peaiicier  et  la  {jamtide.  I> 
(ouibiil  l'M'i  .'leur  de  celte  iilaiide,  le.- di\  i^ious  du  ueii  facial,  lartcre  ti,iu-- 
NeiM'  de  la  l'ace ,  ci'oiseut  jireMjue  per[teudi(  ulairerneut  sa  direrti(Ui.  —  n< 
l'ace  iuterue  recoinrc  la  ])rauclie  de  hi  ui-nboiie,  b'  leu(b»u  ihi  temporal  ♦  t 
le  bucciualeur.  doul  le  -ep.ire  nue  uia»e  adipeu^e  >}du''roide,  connue  ib^jn.!' 
biebat  ?oU:>  le  uoiu  de  l>uiil,-  'iriif^'^-'ii'^r. 

Ali(ni('ri<  N»'  ///'/<S'  /'  ;  III''.  —  Lar.i-e.  e\  Ireiiieuieul  ui.iuce.  (buni-tr.auspart'nti' 
vi  cepeud.uil  a--e/.  re-i-la'ile.  IJl''  >a!!a(lie,eu  liant  a  larcatle  /yunnia- 
li(iue,  l'u  ari'ière  au  boial  parolidieu  du  maxillaire,  eu  bas  au  Ix^rd  iiib'rui.r 
*le  sou  au.iile.  I".ii  a\aul,  elle  coiilourne  le  uia>-eb'r  pour  aller  s'insérer  au 
Ixird  antérieur  de  r.ipopli\s<' corouonle.  au  ui\eau  duquel  elle  se  coulini.».- 
eu  [tartie  iim-c  1  apone\  !•  i-e  du  bucein.ileur.  —  ^a  l'ace  evierue  donne  allai  lif 
.1  1  a{ioneNio-e  qui  reeoii\ie  la  [laioiide.  —  >a  lace  inliune  adbèie  au  m  i-- 
>ettU'  par  uu  li-^u  celliilaiie  a--e/.  deii-e.  en  Mute  (ju  il  tant  user  de  qiiebp.e 
lUeuaL'eiueut  |tour  la  deLuberdi'  ce  uui-cle.  Il  suit  (b*>  iuseitituis  qu»-.,» 
présent»'  (jue  b*  ma--elei'  >e  li-.)ii\e  conieun  i\A\\<  nue  lo^re  eu  j»arli'.»  o>?eiî'>  •, 
eu  i)arlie  libreu---.  laquelle  u  e-l  ou\erle  qu  eu  liant  du  Col<'  de  léibviii- 
I  rure  si'-rin(ude  ;  c C-l  [«ar  celte  oii\ertuie  que  le  uui-cle  re«;oit  ses  Nais^eaw 
et  ses  uert>. 


MUSCLES  DE  LA  TÊTE.  1/|5 

Action,  —  Le  masséter  élève  la  mâchoire  inférieure.  La  puissance  avec 
laquelle  il  coopère  à  ce  mouvement  d'élévation  dérive  à  la  fois  de  la  mul- 
tiplicité de  ses  fibres  et  de  son  incidence  perpendiculaire  au  corps  de  l'os. 

II.  —  TcmporaL 

Le  temporal,  ou  crotaphite  (de  *^6r9.<foç,  tempe),  est  un  muscle  rayonné, 
large  et  mince  en  haut,  étroit  et  plus  épais  en  bas,  situé  sur  les  parties 
latérales  du  crâne  et  de  la  face,  dans  la  fosse  à  laquelle  il  emprunte  son  nom. 
luette  fosse  est  complétée  en  dehors  par  une  aponévrose  extrêmement  résis- 
lanl  e,  Vaponèorose  temporale. 

Aponévrose  temporale.  —  Elle  offre  la  même  étendue  de  surface  que  la 
fosse  de  ce  nom,  et  forme  avec  celle-ci  un  angle  dièdire  dont  l'ouverture  se 
dirige  en  bas  et  en  avant.  L'intervalle  qui  sépare  le  plan  fibreux  du  plan 
osseux  mesure  l'épaisseur  du  muscle.  Cette  aponévrose  s'insère ,  en  haut  et 
CD  arrière  A  la  ligne  courbe  qui  limite  la  fosse  temporale,  en  av^nt  A  l'apo- 
phjse  orbitaire  externe  du  frontal  et  au  bord  postérieur  du  malaire,  en  bas 
a  larcade  xygomatique.  —  Sa  face  externe  est  recouverte  par  l'aponévrose 
épicrftnienne  A  laquelle  elle  donne  attache  inférieurement ,  mais  qui  lui 
adhère  peu  et  glisse  sur  elle  dans  le  reste  de  son  étendue  ;  —  sa  face  interne 
est  unie  au  crotaphite  dans  ses  deux  tiers  supérieurs.  Elle  en  est  séparée 
plus  bas  par  une  couche  graisseuse,  extrêmement  molle,  presque  difQuentc, 
qui  peut  être  résorbée  en  partie  ou  en  totalité,  d'où  la  dépression  des 
tempes  ches  les  individus  amaigris. 

Comme  le  muscle  qu'elle  recouvre,  cette  aponévrose  augmente  d'épais- 
seur et  de  résistance  de  haut  eu  bas.  Au-dessus  de  l'arcade  xygomatique , 
elle  se  dédouble  pour  s'attacher  par  son  feuillet  superficiel  au  bord  supé- 
rieur de  l'arcade ,  et  par  son  f juillet  profond  A  la  partie  la  plus  élevée  de 
sa  face  interne.  Entre  ces  deux  lames  on  observe  une  mince  couche  de  tissu 
tellulo-adipeux  que  traverse  l'artère  temporale  moyenne. 

Imertimu»  — Le  crotaphite  prend  ses  insertions  fixes  :  i*'  sur  toute  la  sur- 
face de  la  fosse  temporale;  2**  sur  la  moitié  supérieure  de  l'aponévrose  qui 
complète  son  engatnement  ;  3<^  sur  la  crête  que  présente  en  dehors  la  grande 
aile  du  sphénoïde;  &°  et  quelquefois  aussi  sur  l'extrémité  antérieure  de 
1  arcade  xygomatique  par  quelques  fibres  qui  se  confondent  en  partie  avec 
celles  du  masséter.  De  ces  diverses  origines  les  fibres  du  temporal  se  portent 
en  bas,  les  antérieures  verticalement,  les  moyennes  obliquement,  les  posté- 
rieures presque  horizontalement.  Toutes  viennent  se  terminer  sur  les  deux 
foces  d'une  large  et  forte  aponévrose  qui  se  rétrécit  de  plus  en  plus,  en 
augmentant  d'épaisseur,  puis  se  dégage  de  l'épaisseur  du  muscle  et  prend 
alors  laspect  d'un  tendon.  Celui-ci  s'insère  sur  l'apophyse  coronoïde  dont  il 
recouiie  le  sommet,  les  deux  bords,  toute  la  face  interne  et  même  une 
partie  de  la  face  externe. 

Rapporté.  —  Le  temporal  est  en  rapport,  dans  ses  trois  quarts  supérieurs, 
ivecles  deux  parois  de  sa  loge,  A  la  fois  osseuse  et  fibreuse.  Plus  bas,  il 

11.— 10 


l/lCi 


MYOLOGIE. 


répond  :  en  deliurs,  à  Tarcado  zygomalique  et  au  masséter,  dont  il  ncM  \'d' 
toujours  possible  de  lisoler  coniploleinont  ;  on  dedans,  au  pléry^o.  li  u 
e\(erne,  au  I)ueeinaleur,  et  à  une  masse  eellulo-adipeusc;  qui  se  CDiilii.ui 
a\ee  celle  de  la  jnue.  — Sou  bord  autérieur  \er(ical  est  très-épais.  Le  {i"-iv- 
rieur,  à  peu  près  hori/oulal,  est  beaucoup  i»lus  mince  ;  il  est  reçu  dans  u:i: 
oultière  creusée  sur  la  base  de  rapo[diyse  zyL,^»malique. 


Aclion.  —  (^e  muscle  est  doué,  comme  le  !nas^éteI^  d  une  action  éuiU'-'iqii-? 
qui.se  trouve  encore!  doublée  :  1''  i»ar  la  soudure  de>  deux  UKÛtié?  Je  la 
màcboire  inférieure  au  ni\eau  de  la  sympliy>e,  s«»udure  qui  a  pour  eij  ' 
d'associer  dans  leur  coulracliou  les  élévaleurs  d'un  cot«''  à  ceux  du  C"'..j 
op[»osé  ;  12"  [tar  linq^aulaliou  plus  ou  moiu-  [ier[tendiculaire  de  tuus  cl- 
nniscKs  sur  le  le\icr  rpi  ils  son!  cliarirés  de  mouvoir. 

(les  élé\aleiu's  acquièrent  leur  ])lus  liau!  de[:ré  <b*  dé\eloppemenl  et  ili. 
puissance  d.ins  les  animaux  carnassiiu's  :  el  connue  la  force  des  nm-clc>  •-' 
pr(q)orti(»unclle  au  nombre  de  leurs  lil)res ,  coijune  le--  libres  qui  nai^-eiU 
diredement  des  sm-laces  couvexi's  et  concaves  ne  sauraieni  se  niulti]'!!'': 
qu  aulaul  que  ces  surlat-es  s'elendent,  il  en  resiille  que  dans  les  aTiim.;ui\ 
de  ceMc  «lasse  les  arcades  zvuomaliqui'S  devieimcut  [dus  convexes,  les  Ins-e- 
tem[>oiales  plus  luolriniles,  les  apo])b)-es  corouoides  plus  saillantes,  et  (|ii  «ai 
[u'ul,  [Kir  la  seule  in^[»ecliou  de  ces  ai'cades,  de  ces  ro>?es  el  de  ces  ai»o[)by-.(-. 
jniiei'  ilu  voliuue  îles  élévateurs,  recouuaitre  les  niieurs  d  un  aiiimal  ,  tleliiiir 
Sun  mode  d  alimenlaliou,  a^-i^iier  même  à  ses  dents  leurs  dimensicuis  respei- 
tives,  et  reconstruire  en  un  mot  sur  celte  simpb- doimée  Tedilice  enti«_'r  de  .-i-:! 
orizani^atiou,  eu  prenant  pour  iiuide  la  loi  dbarmouie  qui  coordoinn.'  i-leii- 
cliaii;e  tniilt's  les  t'ouctieus  :  c  Csl  [»ar  lapplicalion  de  cette  loi  que  (i.  ('uv^r 
e^l  [laivejui  à  rec^ ai-liluer  avec  île  simples  débris  fn^siles  plusieurs  es[>ecL: 
du  rèi:ue  anlediluvieu. 


.^  11 


lîi.oinx   r'ri;r»\(.o-\:A\iLL\[i;i: 


l>eu\  ni;i-cie>  c,im[)osenî   (elle  re-.i  ei  :  ce  s*e,ii  le^  [ttervg.uilieus ,  di.-tiîi- 
uucs  d  apiè-  leur  siluatiMii.  i-ii  uiteine  et  k  \lenie. 


/• 


.  /        .  _  !•<  1.  .■■..  .  \'\   ... 


1 


1 1  ■»     1 .  l  . .  \  '.  \  _  ' .  '  1 .  l      ■> 


\  ' 


.  .    •  .    .  /  ;  '  i  1  ;  .  '  ;    ■-  .  I    1  i   1  ' .  i  -M     (  i  ■  i    t  I   ,  •  I  r    I  ■  :  ;    1 1  .  i .  :   ■  i 

^  ■.>•■  '..{   !.u  '■.'_'•  •     :.ii  !  (  ;    !»■    l'I-..'  \  .1  \    t  t  ■  ii-.*^'  •]    f . 
>     [  \    .     ■    "        .  \    '    '  !  "  : .  '^    '  1  ■  i  i  I  ■  «  ;  \  :_■  •  1 1 K  ■  ■  ; .   •  \  - 

.  '  .  '  .^  .  .  '  ■  .       ....'.■    ,  •^  ,      ■ ,  •  1 .  !  ■    I .  I  ■   I , .  1  • .'  N  V,  ■    /  \  l;  .  I  !  : .  .  - 


.  1  '.    "  . 


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.i    ;\  .;.  ;■ 


.  ">  _    1'!  ■.<'U>    1'.  n    )ln'!Jlt.      i  '  ■; 


1.  —  I'ifr>mndl»'ii  iiiirrue. 


Mu^^iii'  c>Mii  l.  ••  '.li-.  e,  .../Hil.i!';  e.  .■'!•'.';  ..i  !!••  ut  -  '.  hv  sui'  la  l'ace  iiilt^rru-  de 
la  bivioiiu"  de  la  u;   >  ;;.'ir  ■     ti...  *J  10  . 

/m>(  •.'•■•/*-.  -l  :  l-':  ) -le  iie:i  r'.'ai-i  ■  ;u  i':id  - -u  lu-ei  1  ion  ijxe  sur  la  bue 
inten.e  «le  l  iiile  evU  I  ;ie  ,e.'  l  ,v,'..:.]|\  v^  p!.T\  ^^  i.ii  ,  {  îa  taL»'tîe  C"rri>p«Ui(lalite 
de  1  apojdnse  pti  i  )  -o:.  1..  :iii.   *!: .  p.i'.i*. r. i  ;  ;l  :i.i  I  •  n  «o  d  vU-.  par  une  lai'je  et 


MUSCLES  DE  LA  TÊTE.  147 

forte  aponévrose  qui  se  prolonge  sur  le  tiers  supérieur  de  la  face  interne  du 
muscle,  en  dehors  par  de  courtes  fibres  tendineuses  entremêlées  aux  fibres 
musculaires.  De  la  fosse  ptérygoïde,  ce  muscle  se  dirige  en  bas,  en  arrière  et 
en  dehors,  pour  s'attacher  à  la  partie  interne  de  l'angle  de  la  mâchoire,  à 
1  aide  de  languettes  tendineuses  disséminées  dans  son  épaisseur.  Sa  direction 
*)ii  donc  parallèle  à  celle  du  masséter  qui  se  porte  aussi  en  bas  et  en  arrière. 
M^iis  le  masséter  s'incline  en  dedans  et  le  ptérygoîdien  en  dehors;  séparés  en 
haut  par  tout  l'espace  compris  entre  l'apophyse  ptérygoïde  et  l'arcade  zygo- 
mutique,  ils  se  trouvent  si  rapprochés  en  bas,  qu'ils  semblent  s'unir  pour 
UrmcT  un  muscle  penniforme. 

Rapports. —  En  dedans,  il  répond  au  muscle  pérîstaphylin  externe,  qui  le 
<^'[»are  de  l'aile  interne  de  l'apophyse  ptérygoïde,  et  plus  bas  aux  parois  du 
i  harynx,  avec  lesquelles  il  forme  un  espace  angulaire  à  base  postérieure. — 
Kn  dehors,  il  s'applique  au  ptérygoîdien  externe,  aux  vaisseaux  et  nerf  den* 
taires  inférieurs,  et  à  la  bandelette  fibreuse  qui  les  recouvre. 

Action, —  Le  ptérygoîdien  interne,  se  portant  presque  verticalement  en  bas, 
d  p<iur  destination  principale  d'élever  la  mAchoire  inférieure.  Son  insertion 
îixe  étant  plus  rapprochée  du  plan  médian  que  son  insertion  mobile,  il 
•  ••atribue  en  outre  à  imprimera  cet  os  des  mouvements  de  latéralité.  Il  est 
'l«*nc  essentiellement  élévateur  et  accessoirement  triturateur  :  sous  le  pre- 
iii«T  point  de  vue,  il  agit  comme  muscle  congénère  du  masséter  et  du 
temporal  ;  sous  le  second,  comme  congénère  du  ptérygoîdien  externe.  * 

II.  —  PiérfitOtditn  txtemt. 

Situé  dans  la  fosse  zygomatique ,  dont  il  occupe  la  partie  postérieure  ; 
•'•urt,  épais,  de  forme  pyramidale  cl  triangulaire  ;  horizontalement  étendu 
<it'  l  a[K)physe  ptérygoïde  au  col  du  condyle  de  la  mâchoire  (fi g.  246). 

ïnftTiions. — Ce  muscle  s'attache  par  sa  base,  tournée  en  dedans  etenavanl  : 
l'i  toute  la  largeur  de  la  face  externe  de  l'apophyse  ptérygoïde  et  à  la  facette 
(urre»pondante  de  l'apophyse  ptérygoïdiennc  du  palatin;  2°  à  la  paroi  supé- 
rit^ure  de  la  fosse  zygomatique.  De  cette  double  insertion  naissent  deux  fais- 
"luizTun  inférieur  légèrement  ascendant,  l'autre  supérieur  horizontal, 
«i-ibord  séparés  par  un  espace  angulaire  dans  lequel  s'engage  souvent  l'ar- 
bre maxillaire  interne,  mais  bientôt  juxtaposés;  so  dirigeant  en  dehors  et  un 
p»-u  en  arrière  pour  venir  se  fixer  à  la  partie  anléro-interne  du  col  du  con- 
c\le  de  la  mâchoire.  Les  fibres  les  plus  élevées  du  faisceau  horizontal  s'insè- 
Mit  à  la  face  inférieure  d'une  lame  fibreuse  qui  se  continue  en  arrière  avec 
'•'  fibro-cartilage  de  l'articulation  temporo-maxillaire,  et  qui  se  prolonge  en 
ï^aDt  sur  le  faisceau  en  s'amincissant  de  plus  en  plus. 

Rapport». —  La  face  supérieure  du  ptérygoîdien  externe  est  recouverte  par 
ï<i  paroi  correspondante  de  la  fosse  zygomatique.—  Sa  face  externe  se  trouve 
•Q  rapport  avec  le  tendon  du  temporal  et  l'artère  maxillaire  interne.  —  Sa 
'*'e  interne  répond  au  nerf  maxillaire  inférieur,  au  ligament  latéral  interne 
"^-  l'articulation  temporo-^maxillaire  et  au  ptérygoîdien  interne. 

l'-fjofi.  —  Ce  muscle  a  pour  destination  principale  d'attirer  le  condyle  en 
^^anlelen  dedans,  et  d'imprimer  à  la  mâchoire  un  léger  mouvement  de 


U8 


HY0L0G1E. 


rotation  qui  s'accomplit  autour  d'un  axe  vertical  panant  par  le  ceotrr  du 
condfle  opposé.  Suivant  que  l'un  ou  l'autre  se  contracte,  les  arcadef  ira- 
taires  inrérieures  glissent  sur  le«  supérieures  de  droite  à  gaucbe  ou  de 
gauche  &  droite.  Il  est  doue  essentiellement  Iriturateur. 

De  même  que  les  élévateurs  de  la  mâchoire  sont  trè«-développés dttf  l-i 
caraassien,  de  même  les  triluraleurs  arrivent  à  leur  plus  hautdcfrrd' 
développement  dans  les  ruminants,  dont  la  mastication  s'accomplit  ptt  k 
mécanisme  du  broiement,  tandis  que  dans  les  animaux  qui  vivent  de  ibi.;. 
elle  s'opère  surtout  par  lacËralion  :  aussi,  tandis  que  dans  cet  demierf  '>^ 
apophyses  zygumatiques  sont  saillantes,  les  fosses  temporales  profondes.  '"-' 
canines  énormes,  l'articulation  lemporo-maxillaire  trf«-serrée,  et  les  pltr^- 
goïdiens  externes  très-raibles,  voyons-nous  dans  les  herbivores  1«  léle  s»:'»- 
tir  latéralement,  les  canines  disparaître,  les  molaires  s'étendre  en  turfi'  ', 
les  élévateurs  s'affaiblir,  les  triluraleurs  se  développer,  et  l'articulalion  ^'■a^■ 


Mascifi  mylo-hyoiditn  tt  pUrygmdient. 


I  —  ^.\^  niriiir  ragilir'  iVUrui^'iiil  cl  prenul  l'upcn  iI'uim  lunillr  &t>n 
f  Mn  liivrli»n  «  l'ii>  liymrlr.  — i,  .'■.  hilivmU^  puilriirure  do  niuvlr^ 
1.  —  8.  0.  Eilri^iiiil»'  unliTii'uiT  dît  niéiiiM  diu.vIï^,  ittivlii-ï  im  lul)"r«lt 
'  l'tpophiv  ii<'ni.  —  T,  7.  F'uri'iniii'  unli-neurr  An  iiiusrl»  ^ia.iO-f\a>nn  i 
iTulei  iu[icrieun  de  li  uitnic  a|KP|iI))>e.  — ie,8.'llu«lf»  pùrrgoiditAa  ii 


MUSCLES  DU  COU.  1/|9 

p<)ro-ina.\01aire  acquérir  une  grande  mobilité,  soit  dans  le  sens  latéral,  soit 
dans  le  sens  antéro-postérieur. 

Lorsqu'ils  se  contractent  isolément  et  alternativement,  les  ptérygoïdiens 
externes  n'impriment  donc  à  la  mâchoire  que  des  mouvements  latéraux. 
Lorsqu'ils  se  contractent  simultanément,  le  maxillaire,  ne  pouvant  se  dévier 
ni  à  droite  ni  à  gauche,  se  porte  directement  en  avant,  de  telle  sorte  que  les 
incisives  inférieures,  débordent  alors  les  supérieures  d'un  demi-centim(>(re 
environ.  Après  s'être  ainsi  porté  en  avant  par  l'action  des  ptérygoïdiens 
externes,  cet  os  peut  exécuter  un  mouvement  de  recul  par  lequel  les  inci- 
sives inférieures  reviennent  non-seulement  à  leur  point  de  départ,  mais 
débordent  en  arriére  les  supérieures  autant  qu'elles  les  débordaient  en 
a^ant  dans  le  premier  mouvement.  Ce  recul  s'opère  sous  l'influence  du  tem- 
p^*ral,  dont  les  contractions  peuvent  ôlre  facilement  constatées  par  la  pulpe 
du  doigt  en  l'appliquant  sur  la  tempe  au  moment  où  l'on  imprime  à  la 
mâchoire  une  série  de  mouvements  antéro-postérieurs. 


ARTICLE    IL 

MUSCLES   DU   cor. 

Les  muscles  situés  au  devant  et  sur  les  côtés  de  la  colonne  cervicale 
iMu^ent  être  divisés  en  six  régions,  qui  sont,  en  procédant  de  la  périphérie 
Vers  le  centre  :  la  région  cervicale  super ficiellej  les  régions  sous-  et  sw-hyot- 
dienneSy  la  région  /tm/ua/e,  la  région  cervicale  profonde  et  médiane  ou  prêter- 
irbrale,  et  la  région  cervicale  profonde  et  latérale. 

§  1 .  —  RÉGION   CERVIC.\LE  SIPERFICIELLE. 

Elle  comprend  deux  muscles  :  l'un  qui  est  situé  immédiatement  au- 
tl<'>>ou5  de  la  peau  et  qui  recouvre  toutes  les  parties  anléro-latérales  du  cou, 
r\'>l  le  peaticiVr;  Vautre  sous-jacont  au  précédent,  étroit  et  allongé,  c'est  le 
»  '^no^lèido-vwstoïJien . 

Pirf,araiion. —  1*  Elever  les  l'paules  et  renverser  la  tète  en  arrière,  afin  de  tendre  les 
•  Mi\  luusrles  k\v  roUc  réaion  ;  2*  faire  une  incision  tres-suptvfirielle  des  téguments,  dirinée 
••  .••-iiiumissure  des  lèvres  vers  la  ]>arli(>  moyenne  de  la  clavicule,  en  la  prolongeant  un  peu 
'"'jr  la  poitrine  ;  3*  disséquer  sucees>ivenient  chacun  des  bords  de  l'incision  en  rejetant  lu 
t'-au  m  dedans  d'une  part,  en  dehors  de  l'autre,  de  manière  a  découvrir  le  peaucier  dans 
i  .u-  va  largeur  et  toute  sa  longueur. 

Apres  SToir  étudié  le  peauricr,  il  suffira,  pour  mettre  à  nu  le  sterno-eléido-mastoîdien, 
•i  in«  »*er  transversalement  le  premier  sur  su  partie  moyenne,  et  de  détacher  ensuite  ses  deux 
lu  iiiés  en  les  renversant  en  haut  et  en  bas. 

nMiquemont  étendus  de  la  cavité  des  apophyses  ptérygoldes  a  la  face  interne  des  angles  de  la 
n«  hoire.  —  9,  9.  Faisceau  inférieur  du  muscle  ptérygoîdien  externe,  attaché  par  sa  hase  a 
iulf  externe  des  apophyses  ptérygoTdes  et  par  son  sommet  a  la  partie  anlérn-inteme  du  col 
•♦t^  cnndyles  de  la  mâchoire. —  10,  10.  Faisceau  supérieur  de  ces  muscles,  étendu  de  la  voûte 
•î^  U  fosse  lygnuiatique  a  la  partie  la  plus  élevée  du  col  des  condyles  et  au  bord  antérieur  du 
titiro-eaitilage  intei articulaire  qui  les  recouvre.  —  11,11.  Coupe  transversale  de  eesfibro- 
'•aruUges.  —  lî,  12.  Bord  jwstérieur  des  ma.sséters. 


MUSCLES  DU  COU.  151 

(oral.  11  est  représenté  à  son  point  de  départ  par  de  simples  fascicules,  d'une 
eitn^me  pâleur,  d'abord  isolés,  mais  bientôt  juxtaposés.  Le  muscle  ainsi 
cori«ti(ué  se  dirige  en  haut  et  en  dedans,  se  rapproche  de  plus  en  plus  de 
celui  du  côté  opposé,  qu'il  rencontre  au  niveau,  ou  un  peu  au-dessous  du 
menton  et  arrive  Jusqu'à  la  base  de  la  mâchoire,  où  ses  fibres  se  terminent 
différemment  (fig.  2^  et  267). 

1*  Les  plus  internes,  poursuivant  leur  direction  obliquement  ascendante, 
s  entrecroisent  sur  la  ligne  médiane  et  s'élèvent  jusqu'à  la  base  des  muscles 
do  la  houppe  du  menton,  au-dessous  desquels  elles  s'insèrent  à  la  peau. 

2"  En  dehors  de  ces  fibres  entrecroisées,  on  en  voit  quelques  autres  qui 
montent  sur  les  parties  antéro-latérales  du  menton,  et  qui  semblent  former 
le  bord  inférieur  du  muscle  carré. 

Z*  Au  niveau  de  la  base  du  triangulaire  des  lèvres,  les  fibres  du  peaucier 
s  i^^ù^ent  à  la  ligne  oblique  externe  du  maxillaire  en  croisant  à  angle  aigu 
celles  du  muscle  précédent. 

6"  Au  delà  du  triangulaire,  un  petit  faisceau  du  peaucier  s'applique  au 
bord  postérieur  de  celui-ci,  puis  le  contourne  vers  sa  partie  moyenne  pour 
H'  joindre  au  carré,  dont  il  forme  le  bord  supérieur. 

5'  Plus  loin  se  présente  un  autre  faisceau,  de  mômes  dimensions,  qui  suit 
éjalement  la  direction  du  triangulaire  et  qui  se  confond  en  haut  avec  ce 
muscle,  dont  il  partage  le  mode  d'insertion; 

6'  Enfin,  sur  le  bord  externe  du  peaucier,  au  niveau  du  masséter,  existe 
un  faisceau  plus  important  :  c'est  le  risorius  de  Santorini,  qui  semble  faire 
partie  de  ce  muscle,  mais  qui  en  est  indépendant,  ainsi  que  nous  l'avons  vu 
pHTédemment;  les  fibres  sur  le  prolongement  desquelles  il  est  situé  s'insè- 
rent à  la  peau  qui  recouvre  l'angle  de  la  mâchoire. 

Os  insertions  peuvent  être  divisées  en  moyennes,  antérieures  et  posté- 
rieures. Les  moyennes  se  font  au  maxillaire,  les  antérieures  à  la  peau  du 
mentoDy  les  posiérieures  à  la  peau  des  commissures  et  du  masséter. 

Happorîs.  —  Le  peaucier  est  recouvert  par  la  peau,  dont  le  sépare  eu  gé- 
néral une  mince  couche  de  tissu  adipeux;  il  lui  adhère  modérément,  en 
K>rte  qu'on  réussit  facilement  à  l'en  détacher.  —  Sa  face  interne  recouvre 

I  ^i^onévrose  cervicale  superficielle  qui  lui  adhère  d'une  manière  plus  intime 
9^«'  la  peau  et  qui  relie  entre  eux  les  divers  faisceaux  contribuant  à  le  for- 
m»Tpar  leur  juxtaposition.  Sur  un  plan  plus  profond,  elle  répond  :  inférieu- 
r^'ment,  au  deltoïde,  au  grand  pectoral,  à  la  clavicule  et  au  trapèze  ;  plus 

II  vit,  au  sterno-mastoîdicn,  à  l'omoplat-hyoïdien ,  au  cléido-hyoïdien,  au 
f N-rno-thyroïdien,  à  la  veine  jugulaire  externe,  et  aux  branches  superficielles 
du  plexus  cervical  ;  supérieurement,  aux  glandes  sous-maxillaire  et  parotide, 
«  la  base  de  la  mâchoire,  au  masséter  et  au  buccinateur. 

■*'  "'mmiMorfft.  —9.  Fibres  qui  somblent  se  continuer  atcc  celles  du  grand  zygomatique. 
—  10  KMirius  de  Santorini.  —  il.  Muscle  burcioateur.  — 12.  Muscle  grand  zvgomatique! 
-n.l3.  Mu>cle5  clêido-hyoldicns.  —  Ik.  Interstice  cellulcux  qui  sépare  ces' deux  mus- 
''^  —15.  Partie  inférieure  et  antérieure  du  peaucier  droit.  —  16.  Partie  supérieure  du 
=  '>*W  stemo-cléido-mastoldien.  —  17,17.  Faisceau  sternal  de  ce  muscle.—  18,  18.  Partie 
-:■  'irure  de*  muscles  grands  pectoraux.  — 19.  Attache  sternale  de  ces  muscle».  — 20.  Tra- 
)^  -  —  21,  SplénÎDs  de  la  tétc.  —  22.  Splénius  du  cou.  —  23.  Angulaire  de  l'omoplate.  — 
^  !xakM  poMérkv.  —  S5.  Muscle  occipitaL 


152  MY0L06IE. 

Son  bord  antérieur  est  séparé  de  celui  du  muscle  opposé  par  on  espace 
angulaire  dans  lequel  on  aperçoit  les  muscles  de  la  région  souv-hyoîdieno^. 
—  Le  postérieur  est  beaucoup  plus  mince,  moins  régulier,  plut  oblique- 
ment dirigé  en  bas  et  en  arrière. 

Actiùn.  —  Le  peaucier,  prenant  son  point  fixe  inférieurement,  attire  d« 
baut  en  bas  toutes  les  parties  de  la  face  sur  lesquelles  il  s'insère. 

Son  influence  est  très-faible  sur  la  mâchoire  inférieure,  que  la  tonicité  àe 
ses  puissants  élévateurs  applique  contre  la  supérieure.  Au  moment  où  \t 
muscle  se  contracte,  le  maxillaire  s'abaisse  cependant,  mais  de  quelque» 
millimètres  seulement. 

Elle  est  beaucoup  plus  prononcée  sur  la  lèvre  inférieure  et  les  parties  mol  I^ 
de  la  Joue.  ^  Ses  fibres  internes  attirent  en  bas  les  téguments  de  la  saillie 
du  menton,  et  par  l'intermédiaire  de  ceux-ci,  dépriment  la  lèvre  en  la  ren- 
versant légèrement  en  dehors.  —  Ses  fibres  externes,  ainsi  que  Bichtt 
l'avait  déjà  fait  remarquer,  exercent  sur  la  physionomie  deux  actions  diamé- 
tralement opposées  :  «  Les  unes  concourent,  avec  l'abaisseur  des  commî^- 
»  sures,  à  l'expression  des  passions  sombres  et  tristes,  tandis  que  celles  qui 
»  naissent  au  niveau  de  la  parotide  ont  pour  usage  spécial  d'épanouir  la 
»  face  et  de  peindre  la  gaieté.  »  De  ces  deux  actions,  la  seconde,  qui  prend 
sa  source  dans  le  risorius  de  Santorini,  n'appartient  pas  au  peaucier  à  pro- 
prement parler;  la  première  seule  est  placée  sous  sa  dépendance.  Les  e\pé^ 
rienccs  électro-physiologiques  de  M.  Duchenne  l'ont  confirmé  en  démoD- 
trant  que,  réduit  à  lui-môme,  ce  muscle  est  sans  expression  ;  qu'associé  tu 
frontal  et  aux  abaisseurs  de  la  mâchoire,  il  exprime  la  fkvyeur:  en  s  as- 
sociant à  ceux-ci  et  au  sourciller,  il  exprime  l'etTroi  et  la  douleur;  en  cum- 
binant  son  action  avec  celle  du  sourciller  et  du  pyramidal,  il  exprime  i  - 
fureur. 

Pendant  leur  contraction,  les  fibres  du  peaucier  tendent  à  devenir  nv- 
tilignes.  De  leur  redressement  il  résulte  :  i°  que  le  contour  de  la  iD2ch(»:rr 
inférieure  est  moins  accusé  ;  2<^  que  la  saillie  du  stemo-mastoîdien  de^ierit 
aussi  moins  apparente;  3**  que  le  cou  augmente  un  peu  de  volume  ;  4*  que 
le  plan  constitué  par  l'ensemble  de  ces  fibres  soutient  en  partie  la  pressK^D 
de  l'atmosphère  au  moment  de  l'inspiration,  et  facilite  par  conséquent  1  as- 
piration du  sang  veineux  par  le  thorax  dilaté. 


II.   8I< 

Situé  sur  les  parties  antéro-latérales  du  cou  qu'il  parcourt  dans  tou!<* 
sa  longueur  à  la  manière  d'une  diagonale;  allongé,  assez  épais,  de  tjgurv 
rectangulaire  ;  simple  en  haut,  bifide  inférieurement. 

Insertions.  —  Le  stemo-cléido-mastoïdien  prend  son  insertion  fixe  d  une 
part,  sur  le  sternum,  par  un  faisceau  étroit  et  conoîde,de  l'autre,  sur  leitrt^ 
mité  interne  de  la  clavicule,  par  un  faisceau  large  et  mince. 

Le  faisceau  stemal  s'attache  à  la  partie  antérieure  et  supérieure  de  la 
première  pièce  du  sternum  par  un  tendon  aplati  dont  les  fibres  les  plm 
internes  s'entrecroisent  souvent  avec  celles  du  tendon  opposé,  et  dont  U 


MUSCLES  DU  COU.  153 

partie  la  plus  inférieure  est  recouverte  par  quelques  fibres  du  grand  pec- 
toral. Du  steraum,  ce  tendon  se  porte  en  haut  et  en  dehors  en  s'arrondissant 
et  s'effilant  pour  disparaître  au  milieu  des  fibres  musculaires  qui  recouvrent 
d'abord  set  côtés  interne,  antérieur  et  postérieur,  mais  qui  n'apparaissent 
que  beaucoup  plus  haut  sur  son  côté  externe. 

Le  faisceau  claviculaire  s'insère  au  quart  interne  de  la  clavicule  par  des 
languettes  aponévrotiques  souvent  très-courtes  quelquefois  assez  longues, 
toujours  très-inégales  ;  les  plus  courtes  se  fixent  au  bord  postérieur  de  cet  os 
età  la  face  supérieure  ;  les  plus  longues  se  prolongent  jusqu'à  son  bord 
antérieur.A  ces  languettes  tendineuses  succèdent  les  fibres  musculaires,  qui 
les  entourent  en  remplissant  leurs  intervalles.  Le  faisceau  qu'elles  consti- 
tuent se  porte  presque  verticalement  en  haut  ;  séparé  à  son  point  de  départ 
du  faisceau  sternal  par  un  espace  angulaire,  il  le  rencontre  bientôt  et  s'en- 
gage alors  obliquement  sous  sa  face  interne  de  manière  à  en  être  presque 
entièrement  recouvert. 

Le  stemo-mastoîdien,  constitué  par  ces  deux  faisceaux  accolés,  puis  con- 
fondus au  niveau  de  son  tiers  supérieur,  se  dirige  en  haut,  en  arrière  et  en 
dehors  vers  l'apophyse  mastoîde  du  temporal  et  la  ligne  courbe  supérieure 
de  loccipital  ;  il  se  fixe  à  la  première  par  un  tendon  aplati  qui  recouvre  son 
bord  antérieur  et  la  moitié  supérieure  de  sa  face  externe  ;  et  aux  deux  tiers 
eiternes  de  la  seconde  par  une  mince  aponévrose  que  recouvre  en  partie  le 
muscle  auriculaire  postérieur. 

Rapports,  —  Par  sa  face  externe,  le  sterno-mastoïdien  est  eu  rapport  dans 
la  plus  grande  partie  de  son  étendue  avec  le  peaucier,  la  veine  jugulaire 
eiteroe  et  les  branches  superficielles  du  plexus  cervical,  qui  le  séparent  de 
la  peau.  En  bas,  et  surtout  en  haut,  il  est  immédiatement  recouvert  par 
les  téguments.  —  Sa  face  interne  recouvre  l'articulation  sterno-claviculaire, 
le  muscle  cléido-hyoïdien,  l'omoplat-hyoïdien,  les  scalènes,  l'angulaire  de 
Tomoplate,  le  splénius,  l'artère  carotide  primitive  et  la  veine  jugulaire 
interne;  —  son  bord  antérieur,  longé  en  bas  par  la  veine  jugulaire  anté- 
rieure, répond  supérieurement  à  la  glande-  parotide.  11  forme  avec  celui  du 
muscle  opposé  un  angle  dont  la  base,  tournée  en  haut,  mesure  le  plus  grand 
diamètre  transverse  du  cou  et  du  crâne.— Son  bord  postérieur,  en  se  portant 
«en  le  bord  antérieur  du  trapèze  contribue  avec  celui-ci  à  limiter  la  région 
!us-claviculaire. 

Action,  —  Tous  les  auteurs  s'accordent  pour  admettre  que  le  stemo- 
mastoîdien  a  pour  usage  de  fléchir  la  tête,  de  l'incliner  de  son  côté  et  de  lui 
unprimer  en  môme  temps  un  mouvement  de  rotation  qui  porte  la  face  du 
fôté  opposé.  L'inclinaison  latérale  et  la  rotation  sont  deux  effets  qui  décou- 
lent manifestement  de  son  action.  Mais  la  flexion  est  beaucoup  moins  évi- 
dente. Lorsqu'on  examine  son  extrémité  supérieure,  on  pourrait  croire 
que  la  résultante  de  toutes  les  forces  partielles  du  muscle  a  son  point  d'ap- 
plication en  arrière  du  point  d'appui  du  levier  intermobile  représenté  par 
la  tète,  et  que  le  muscle  seinble  plutôt  destiné  à  étendre  qu'à  fléchir 
rettrémité  céphalique.  Cependant  le  toucher  permet  de  constater  que 
dans  le  décubitus  dorsal,  au  moment  où  nous  fléchissons  la  tôte  et  le  couy 
les  deux  muscles  se  contractent. 


104 


MYOLOGIE. 


U.  Duchenne  a  remarqué  que  les  deux  pcrlioni  du  eieroo-iiMf lr<i<ii' a 
Jouluenl  d'une  action  indé pendante,  en  sorte  que  chacune  d'elles  mériu  m; 
à'Hro  cuniidûrée  avec  Albinus  comme  un  muscle  disliiict.  Haiï  celle  wh- 
pondance  n'c\islo  que  pour  les  contraclions  modérées;  dés  que  r-U'i-^i 
devlennenl  plut  énergiques,  les  dcui  portions  se  conlractenl  à  la  Foii.  U 
mCmc  auteur  a  observé  aussi  que  la  portion  slernalc  préside  plus  spi^nï!-- 
ment  au  mouvement  de  rotation,  el  la  portion  claticulairc  au  mouinnr'jr 
d'inclinaisonlatérale. 

Lorsque  le  muscle  prend  son  poini  d'appui  sur  la  t(te,  ion  inseni"- 

FiH-  5-W. 


SlfiTin-cUido-nio.'ili/iiiien,  - 
,  Vriitrf  ■iiii'rirur  riii  .lii!.iviri<{u< 
luh,.,i.l,r.i.-7.UuNl,>li;a  dl,. 


w*-  tl  mw-Ayaidinw«. 

lU'rirur  du  dlculh^M  i1p>i[  — 
nqm-  ït  i-pulir  dr  rtHr\.  :.  .,- 
D  4a  di^lriqor.  —  •.  lliw.t 


MUSCLES  DU  COU.  155 

presque  perpendiculaire  sur  le  sommet  du  thorax  lui  permet  de  contribuer 
il't'Ié^ation  du  sternum  et  des  côtes.  Mais  il  ne  devient  inspirateur  qu'à  la 
•  •»ndition  d'une  immobilisation  préalable  de  l'extrémité  céphalique,  soit 
par  des  moyens  mécaniques, soit  par  la  contraction  simultanée  de  sesexten- 
M'urs  e!  de  ses  fléchisseurs. 


§  2.  -»  Muscles  de  la  région  sous-hyoïoisnme. 

Elle  est  composée  de  quatre  muscles  disposés  sur  deux  plans,  Vun  anté- 
riiur,  l'autre  postérieur.  Le  plan  antérieur  ou  superficiel  comprend  l'omo- 
piat -hyoïdien  et  le  cléido  -  hyoïdien  ;  le  plan  postérieur  ou  profond,  le 
?:♦  rno-lhyroïdien  et  le  thyro-hyoïdien. 

P"-l^iratk>n.  —  !•  Enlever  la  peau  el  les  muscles  de  la  région  cervicale  superficielle; 
:'  ii^wT  IcH  riavicules  ii  leur  partie  moyenne,  les  premières  côtes  en  dehors  de  leur  carli- 
.  Z',  ri  le  sternum  au  nireau  de  l'articulation  sternalc ;  3»  renverser  ensuite  sur  le  cou  la 

•  M  q-uiirilatere  ainsi  obtenue,  et  disséquer  l'extrémité  inférieure  des  muscles  qui  viennent 
> .  '.1  Isrr  au  sternum  et  U  la  clavicule  ;  pour  rétablir  les  rapports  naturels,  il  suffira,  après 
..  ->r' ikiration  y  de  ramener  dans  leur  situation  première  les  parties  osseuses  détachées; 
%'  :-«<M>r  a  son  attache  claviculaire  le  trapèze,  puis  le  renverser  en  dehors  pour  découvrir 
.  wrîi'Q  supérieure  de  Toniuplat-hyoldien. 


I.  —  Omoplat  oa  aeapolo-liyoMleD. 

Vijscle  digastrique,  long  et  grôle,  très-étroit  à  sa  partie  moyenne,  largo  et 
a.iiice  à  ses  extrémités,  obliquement  situé  sur  les  parties  latérales  et  infé- 
ra* ure»  du  cou. 

/M^ttofu.  *-*  Ce  muscle  prend  son  insertion  fixe  sur  le  bord  supérieur  de 
!  '  riMplate  ;  il  s'attache  à  ce  bord  par  de  courtes  fibres  aponévrotiques,  en 
urniTc  de  réchancrure  coracoïdiennc  et  quelquefois  un  peu  au  ligament 
•  rarDidicn.  De  cette  ligne  d'implantation,  dont  l'étendue  varie  de  i  à  2  cen- 
'  'n'tre> ,  il  se  dirige  en  dedans  et  en  avant ,  en  longeant  le  bord  postérieur 
•:<•  la  cla\icule  qui. le  surmonte,  puis  devient  ascendant,  traverse  alors 

<  rt'iix  sus-claviculaire,  s'engage  sous  la  face  profonde  du  sterno-mastoïdien 
'  ^e  n^trécit  de  plus  en  plus  pour  se  continuer  avec  un  tendon  court  et 
.'  I  \^\  A  ce  tendon  succède  un  second  faisceau  musculaire,  d'abord  étroit,  qui 

■    ■   r  le  mu54rle  précédent.  —  8.  Muscle  sterno-rléido- mastoïdien.—  9.  Faisceau  antérieur 

.  *   •  .al  dr  ce  muNclf. —  10.  S<m  faisceau  postérieur  ou  claviculaire.  —  11.  Fibres  tendi- 

V  ^  pur  li>>quclles  il  s'atUirhc  a  l'apophyse  mastoKie  et  à  lu  ligne  courbe  $u|H^rieure  de 

.  "i'.di.  —  12.   Muscle  cléido-hyofdien  du  côté  gauche.  —  13.  Muscle  cléido-hyoldien  du 

'   «iroit. —  14,  lA.  Muscle  omoplat  ou  si'apulo-hyoldien.v-  15, 15.  Muscle  thyro-hyoIdien. 

—  Hi.  ît>.  H>.  Muscle  stemo-thyroîdien.  —  17.  Attache  du  constricteur  moyen  du  pharynx 

.  '-   :nift  de  la  grande  corne  de  l'os  hyoïde.  —  18.  Partie  antérieure  du  constricteur  infé- 

■   —  19.  Muscle  occipital.  —  30,  20.  Les  deui  faisceaux  de  l'auriculaire  postérieur.  — 

.'1   Mi:«4>le  trapèze.  —  22.  Splénius  de  la  tdte.  —  23.  Splénius  du  cou.  —  2&.  Muscle  angu- 

>  -i*-  l'omoplate.  —  35.  Faisceau  qui  a  été  considért^  comme  uu  troisième  scalène,  mais 

••t-ai  Atre  rattaché  au  scalène  postérieur.  —  26.  Scalène  postérieur.  —  27.  Scalène  anté- 

'    ir.  —  28.  Partie  supérieure  du  deltoïde.  —  20.  Partie  supérieure  du  grand  pectoral.  — 

>  I')î4-r4i<e  qui  sépare  ces  deux  musrles.  —  31.  Partie  inférieure  et  antérieure  du  peaucier 

'  'A   .aI  droit.  —  32.  Muscle  triangulaire  des  lèvres.  —  33.  Muscle  transverse  du  menton  se 

'  :.:.aaat  K%tt  l'angle  antéro-inférieur  du  triangulaire,  dont  il  semble  un  prolongemeat.  — 

•I  Maaéltr.— •  35.  Bttcdoateur. 


.,.1.,.    T'i 


jnlil. 


'  .1.' 


MUSCLES  DU  COU.  157 

mastoïdien;  plus  haut,  il  correspond  de  nouveau  au  peaucier  et  à  la  peau. 
—Sa  race  interne  est  en  rapport,  de  bas  en  haut,  avec  le  faisceau  supérieur 
du  grand  dentelé,  les  deux  scalènes,  la  veine  Jugulaire  interne,  l'artère 
carotide  primitive,  le  muscle  sterno-lhyroïdien  et  le  thyro-hyoïdien.  —  Son 
bord  supérieur  décrit  une  courbe  dont  la  concavité  regarde  en  haut  et  en 
arrière,  l/inférieur,  convexe,  donne  attache  à  une  aponévrose  fort  impor- 
tante qui  s'attache  en  bas  à  la  clavicule  et  au  sternum  et  qui  sera  décrite 
plus  loin. 

m 

II.  —  CléMo-kiroMleB. 

Le  cléido-hyoïdien,  stemo-hyoïdien  des  auteurs,  est  un  muscle  allongé^ 
aplati,  situé  à  la  partie  antérieure  et  inférieure  du  cou,  obliquement  étendu 
de  la  clavicule  à  l'os  hyoïde. 

Insertions.  —  Inférieurement,  il  s'attache  par  de  courtes  fibres  aponévro- 
tiques  à  la  partie  postérieure  de  l'extrémité  interne  de  la  clavicule,  sur  une 
li^ne  oblique  qui  surmonte  le  ligament  costo-claviculaire.  Les  fibres  tendi- 
neuses internes,  un  peu  plus  longues,  sont  séparées  de  la  surface  osseuse 
par  une  très-petite  bourse  séreuse;  elles  se  prolongent  en  bas  jusqu'à  l'union 
du  cartilage  de  la  première  côte  avec  le  sternum.  De  cette  ligne  d'insertion, 
qui  olTre  Une  étendue  de  15  n  18  milliraètres,  le  muscle  se  porte  en  haut  et 
cu  dedans,  se  rapproche  ainsi  de  celui  du  côté  opposé,  auquel  il  se  juxtapose 
«Ijiis  sa  moitié  supérieure,  puis  monte  verticalement  jusqu'à  l'os  hyoïde, 
i'ojr  d'insérer  n  son  bord  inférieur  en  dedans  de  l'omoplat-hyoïdien. 

Rapiioris,  —  Le  muscle  cléido-hyoïdien  est  recouvert  de  bas  en  haut  par 
la  clavicule,  le  stcrno-mastoïdien,  le  peaucier  et  la  peau.  11  recouvre  le 
^U'^Qo- thyroïdien,  qui  le  sépare  du  corps  thyroïde^  et  plus  haut  le  thyro- 
li.^uldien,  qui  le  sépare  de  la  membrane  Ihyro-hyoïdienne. 

III.  -  SlcrDO-myroidieD. 

Ce  muscle  est  situé  en  arrière  du  cléido-hyoïdiec,  dont  il  diffère  cl*'  par  sa 
longueur  un  peu  moindre  ;  S""  par  sa  largeur  double,  et  quelquefois  triple  ; 
^"^  par  son  extrême  minceur;  li^  par  sa  direction  beaucoup  moins  oblique, 
si  oblique  en  sens  inverse  :  les  deux  cléido-hyoïdiens  convergent  de  bas 
en  haut;  les  sterno-thyroïdiens,  verticaux  et  juxtaposés  dans  leur  moitié 
inférieure,  s'écartent  un  peu  supérieurement. 

(la  muscle  tterno-masloldien  droit.—  0.  Faisceau  sternal  da  muscle  sterno-niasttfTdien  gauche 
— 10.  ilttscle  cléido-byoldien.— 11.  Tendon  du  muscle  omoplat-hyoldien. — 12.  Muscle  lliyro- 
'V'idien.  —13.  Muscle  sterno-lhyroïdien.  —  14,  14.  Ligne  fibreuse  sur  laquelle  viennent 
^4tiarhcr  les  deux  muscles  précédents.  —  15.  Muscle  constricteur  inférieur  du  pharynx.  — 
16.  —  Trachée-artère.  —  17.  CEsophage.  —  18.  Grand  droit  antérieur  de  la  tôle.  — 
1^  Muscle  long  du  cou.  —  20.  Muscle  scalënc  antérieur.  —  21,  21.  Muscle  scalène  posté- 
r.rur.  _  22, 22.  Faisceaux  par  lesquels  le  muscle  angulaire  de  l'omoplate  Tient  s'insérer  aux 
»\-'V*»yxs  iransterscs  des  vertèbres  cervicales.  —  23.  Splénius  de.  la  tête.  —  24,  24-  Splénius 
rfi  lott.  —25.  Trapèze.  —  26.  Attache  du  sterno-mastoldien.  —  27.  Attache  des  deux  fais- 
'fiui  de  l'auriculaire  postérieur.  —  28,  Muscle  occipital.  —  29.  Muscle  deltoïde.  — 
-W.  Auache  du  grand  pectoral  droit  a  la  face  antérieure  du  sternum.  —  31.  Attache  du 
KToad  pectoral  gauche.  —  32.  Muscle  intercostal  externe  dont  les  fibres  s'étendent  oblique- 
ment de  Il  première  a  la  seconde  côte. 


i.'.a  MV'ii.oi;iK- 

/»srr(<o;i,v.  —  \.c  Pteniii-lliyroïdifii  siillucîii?  !■?!  tas  :  V  sur  U  l:ii-f  p  -1. 

(lis|».sci'>siii\iuil  iiiio  li.yii.'  iililiqiii'  <iiii  s  .'li'iul  au  licrs,  à  lu  in.ili-'  -t  .|i:.> 
r|iii'(i>is.'i  UiUlf  l:i  Itingiii'iir  d:-  ci-  i';irlilag.>:  i"  sur  l;i  laix-  pcislOri.-iiiv  d.- 
prtimii'rc  \iiixi:  An  stciTirirn.  [i.ir  ilcs  fihri's  i-cmblulili's  dis[ll^^v.■^  mit  u: 
ligtii'  liiiriwiithili.'  qui  n^poml  ;'<  »<in  IIlts  inlOiiciir  on  X  ïo  parlic  nUiMTi:: 
liliis  riin-uifiit  à  siJii  lii'i-s  siii>Ori(.'iir  :  'ô-  à  bi  [larlii'irit'iiiiinu  ik'  ci-llf  f,ii 
sur  uni-  liniili-iif  \,-,ri>iith'.  |i.-,r(ii-  libcL'S  qui  M>(il]vcr.ii.,>i,l  irir-nlinvin. 
iiMT  rrlli's  ilii  nu.H-lc  i.|q.i.~r..  H,.  ,■L■^  iiÎM>Lr-i'>  irL-.■rIil.li^,  !.■  «LTuo^lh;  l'Mii.. 
iiuiiilc  u'i'li.  Mliiiu'iil  .iii.i|[i  ;(ii  laryiiv,  ■■n  .viui  du  n>k'  dinil  .  Orai-le   !•  - 

LVillITLldlM-ldlli   dlirnl,.  LSilllh,.,  | 1  illltTS.'   Ih.T    ,-Ul\    d,-ll\  lll  biT.ll  I.-  .1 

r;(o-i   iiritrn.-l^iliTill.-    du    r.irlil.i,::^'    lli>n.id,'    ri   ,i   hirc:ni.'  Ulil-rii,^.'  ,-U;,.h 


I1i>t„-Ii;m 

idK'll.    - 

-  ^ur   SI. ri  1, 

Mjrl,   „u    rrrn.rq; 

ioli   IUm'i'i 

lu     sh'l'IIU 

>i'kuid   1 

;i.,idji'M  < 

i.r  qui 
dr  ln> 

r,.lT,..lK,Md 

ul^leii  dL-h..r.  ;. 

MUSCLES  DU  COU.  159 

1  oQioplat-hyoïdien  et  le  peaucier  ;  en  bas  et  en  dedans,  où  il  répond  au 
(  ivux  sus-stemal,  par  la  peau  ;  tout  à  fait  en  bas,  par  le  sternum  et  l'articu- 
lation stemo-claviculaire.  11  recouvre,  par  sa  moitié  interne  les  troncs  vei- 
ueui  brachio-céphaliques,  les  veines  thyroïdiennes  inférieures  et  le  corps 
thyroïde,  qui  le  séparent  de  la  trachée-artère;  par  sa  moitié  externe, 
1  artère  carotide  primitive  et  la  veine  jugulaire  interne. 


IT.  —  Tkyro-hyoldleii. 

Situé  au  devant  du  larynx,  sur  le  prolongement  du  sterno-thyroïdien  ; 
>urt,  mince,  assez  large,  quadrilatère. 

Insertions.  —  Il  s'attache  inférieurement  aux  deux  tubercules  du  cartilage 
ih^roïde  et  à  la  bandelette  fibreuse  qui  les  réunit,  en  se  continuant  souvent 
l^r  quelques  fibres  avec  le  muscle  sous-jacent.  De  cette  ligne  d'insertion 
•iirigée  en  bas  et  en  dedans,  il  se  porte  verticalement  en  haut,  pour  se  fixer 
à  la  partie  inférieure  du  corps  de  l'hyoïde  et  à  la  partie  correspondante 
<le  ^  grande  corne. 

r^apports,  —  Recouvert  par  le  cléîdo- hyoïdien,  Tomoplat-hyoldien ,  le 
{"•aucier  et  la  peau,  ce  muscle  recouvre  le  cartilage  thyroïde  et  la  membrane 
'.li>ra-hvoîdienne. 


Il 


V.  —  Aeilon  des  muiclcs  de  la  r«gloii  ■ous'kyoldleiine. 

Tous  ces  muscles  prennent  leur  point  d'appui  en  bas  ;  tous,  par  consé- 
q.ieut,  ont  pour  destination  d'abaisser  l'organe  sur  lequel  ils  s'insèrent  supé- 
iitMi rement.  Les  deux  omoplats  et  les  deux  cléido-hyoïdiens  abaissent  l'os 
'ly./i.lc  :  les  premiers  en  le  portant  un  peu  arrière,  les  seconds  en  l'attirant 
iirt'ctemenl  eu  bas.  Les  deux  sterno- thyroïdiens  rapprochent  le  larynx  du 
>i»rnum,  et  les  thyro-hyoïdiens  qui  les  prolongent  rapprochent  ensuite  l'os 
h  cille  du  larynx.  C'est  donc  en  définitive  sur  cet  os  que  vient  se  concentrer 
.'^ur  action.  Devenu  immobile,  celui-ci  joue  à  son  tour  le  rôle  de  point 
'V appui,  d'où  la  possibilité  pour  les  muscles  qui  en  partent  d'agir  consécu- 
iument  sur  la  mâchoire  inférieure  et  de  l'abaisser  aussi. 

Si  le  maxillaire  a  été  préalablement  immobilisé,  les  muscles  qui  le  relient 
il  hyoïde  élèvent  celui-ci.  Les  thyro-hyoïdiens,  qui  prennent  alors  leur  point 
■nt*  sur  cet  os,  élèvent  le  cartilage  thyroïde  ;  le  bord  supérieur  du  premier 
r  monte  alors  jusqu'au  bord  inférieur  du  second  et  le  dépasse  pour  se  placer 
t'i  arrière,  en  sorte  qu'il  se  trouve  inscrit  dans  sa  courbe  parabolique  :  telle 
c?l  la  position  qu'il  prend  à  chaque  mouvement  de  déglutition. 

Les  grandes  proportions  du  thorax  et  les  dimensions  relativement  grêles 
d*')  déido-hyoïdiens  et  sterno-thyroïdiens  ne  permettent  pas  à  ces  muscles 
<1''  prendre  part  à  la  dilatation  de  la  poitrine.  S'ils  coopèrent  à  cette  dila- 
'^  tion,  ce  ne  peut  être  que  dans  certaines  conditions  exceptionnelles,  après 
Tiinmobilisation  préalable  de  la  mâchoire  et  de  l'os  hyoïde.  Par  les  mômes 
raisons,  l'action  du  scapulo-hyoïdien  sur  l'omoplate  parait  être  à  peu  près 
nulle. 


160  MYOLOGIK. 


§  3.  —  Muscles  de  la  région  sus-hyoïdienne. 

C.ollo  région,  rf>mmc  la  préccdonte,  comprend  qucilre  mnscles  ainsi  sup- r- 
posés  :  le  digcislriquc ,  le  s(yIo-hyoîdien,  le  mylo- hyoïdien  et  le  gtiù'- 
liyoïdien. 

Pn-ixirniion.  —  P  KIPVtT  lo»*  «'itaiilrs  (M  îi'iivt'rsci-  la  tôle  «mi  aniciv;  2"  eiil'-vfT  l'i  ]-  i 
le  l>('aiiti(M-,  la  ulainlo  |iaronilr  vl  la  «îlaiide  soiis-iiiaxillairo  ;  3''  iiiriMT  If    slorU'»-Hici''t  • 
Mil-  >a  pai  lie  îiioynnie,  cl  n-inerM-r  «le  lias  on  liant  sa  iiioiiit'  su]  m- ri  euro  ;  V  (l«'ta«  lu  r  'ti"';  " 
le  s|il('iiiiis  (lo  la  lôlo  cl  1**  |n  lit  ((liiipIrMis,  tjui  sirimoiit  s  altacln-r  ii  l'aiMipliy^e  iiki>1"!.1.  .  / 
lie  (Ifcmnrir  I  iiisorlioii  iiosh-rioure  des  (liiiaslriques. ')«   Api'os  avoir  éludié  lo  lUs  Io-Iini'I''..- 
di\isei'  vv  !iius<le  et  le  soparor  du  iZiMiio-liyoïdifii  *|iii  le  Miriiioiite. 


I.  -^  Dlffaslrlqiie. 

1.0  diga?lriqne  occupe  la  partie  supérieure  et  latérale  du  cou.  Allonp?. 
grcle  el  tendineux  dans  sa  partie  moyenne,  charnu  et  conoïde  à  ?es  extré- 
mités, il  se  rétléchit  à  runion  de  ses  deux  tiers  postérieurs  a\ec  ?on  tier: 
antérieur  pnnr  former  un  angle  obtus  dont  l'ouNerture,  tournée  en  haut^'. 
en  arriére,  embrasse  les  glandes  sous-maxillaire  et  parotide. 

Insertions,  liircctii^n.  —  Par  son  faisceau  ou  son  \ entre  postérieur,  bou;- 
coiip  plus  bniu'  (jiic  l'antérieur,  ce  nniscle  s'attache  à  toute  l'étendue  d<'  li 
rainure  digaslnque  du  temporal,  à  l'aide  de  libres  tendineuses  qui  se  [i  - 
louLTcnl  sur  sa  face  interne.  He  celtt»  rainure,  il  se  dirige  en  a>ant,  en  di'ii.ii.î 
et  un  peu  en  bas,  en  dimiiuiant  progressivement  de  diamètre,  puis  se  traii-- 
l'orme  *mi  un  simple  tendon,  grêle  el  armiuli,  d'abord  caché  dans  s<»n  c['ai>- 
seur.  Celui-ci  traxerse  le  géuio-liyoïdien  et  quelquebiis  passe  en  ariiiTC 
Parvenu  au  ni\eau  de  la  petite  corne  de  l'hyoïde,  il  >  engage  sou?  une  arcatiu 
libreuse,  large  de  !i  à  (>  millimétrés,  dont  les  piliers  oblique?,  en  bas 
et  en  a\anl,  s  insèrent  à  vc\  os.  Après  avoir  passé  sous  cette  arcade,  le  teiitii'ii 
plus  ou  moins  rapproché  du  corps  de  l  os,  sui\anl  que  les  piliers  de  1  arcaiîc 
sont  plus  ou  moins  buiiis,  se  relb'nhit  pour  se  porter  en  haut,  en  a\anl  et  la 
dcdan>  :  il  m-  perd  presque  aussibM  dans  le  faisceau  c>u  \  en  Ire  antérieur  du 
muscK'  (jiii  riiil  la  même  direction  en  augmentant  graduellement  d  epa.s- 
^ellr.  (.e  faisceau  anb  rieur  s'insère  à  la  base  de  la  mai  boire,  très-près  do  U 
sympby^c,  sur  une  fos-etle  qui  lui  est  exilusivement  destinée,  la  f\>syt:t' 
iliiliistn-me. 

He  lextremilé  ault-rieure  du  tendon  du  digastrique  on  \oit  naître  uno 
expansion  tibreu-e,  tiès-lorte,  continue  en  arrière  axec  sa  poulie  de  réthxit'ri. 
qu  il  supplée  souxenl.  loutiniu'  en  axant  a\ec  celle  du  coté  opposé  et  /'■:- 
mmt  a\ec  celle-ci  une  a[Minéxrose  (jui  remplit  tout  res|)ace  angulaire  ceni- 
'pris  cuire  les  deux  muscles,  (ette  a[>iHié\  rose  >  attache  en  bas  au  corps  do 
riixohle.  r.lle  recouvre  bi  parlie  m  diane  liu  nnlo-hyoïdien,  à  laquelle  1  unit 
un  tissu  cellulaire  t^ès-d«•u^e. 

H:vport<.  —  l  a  face  externe  du  digastrique  est  recouverte  en  arrière  par 
le  petit  Ci'inplexus.  îe  spleni.is  di  la  (été  et  le  slerni>-ma<toidien  ;  dans  le 
rcrte  de  son  eteud  :e.  \>av  la  -:laude  parotide,  et  la  glande  ?ouï-maxillaire,  qui. 


^tiSCLES  DU  COU.  Idl 

en  général,  le  déborde  inférieurement,  et  superficiellement  par  le  peaucier 
et  la  peao.  —  Sa  face  interne  recouTro  les  muscles  qui  partent  de  l'apophyse 
slTlotde,  l'artère  carotide  interne,  la  veine  jugulaire  interne,  le  muscle  hyo- 
gl<»«&e  et  le  mylo-hyoîdien.  —  Son  faisceau  antérieur  converge  de  bas  en 
haut  vers  celui  du  côté  opposé,  auquel  il  s'applique  par  la  circonférence 
de  sa  base. 

Action,  —  Les  deux  faisceaux  de  ce  muscle  sont  animés  par  des  nerfs  diffé- 
rents et  paraissent  jouir  d'une  action  indépendante. 

Lorsque  le  faisceau  postérieur  prend  son  point  fixe  sur  l'apophyse  styloïde 
du  temporal  il  attire  l'hyoïde  en  arrière  et  un  peu  en  haut.  S'il  prend  son 
point  d'appui  sur  l'os  hyoïde,  il  devient  congénère  des  muscles  extenseurs  de. 
la  tête. 

Le  faisceau  antérieur,  prenant  le  plus  habituellement  son  insertion  fixe 
^ur  le  maxillaire,  attire  l'hyoïde  en  haut  et  en  avant.  Fixé  inférieurement, 
il  abaisse  la  mâchoire.  Si  son  action  coïncide  avec  celle  du  faisceau  posté- 
rieur, et  si  les  deux  digastriques  se  contractent  simultanément,  l'hyoïde  ne 
^  porte  ni  en  arriére  ni  en  avant,  mais  presque  directement  en  haut. 


II.  —  Stylo-liyoldlcn. 


Situé  à  la  partie  supérieure  et  latérale  du  cou,  en  dedans  et  au-dessus  du 
Ciisceau  postérieur  du  digastrique,  qui,  plus  bas,  le  traverse  ;  obliquement 
Htendu  de  lapophyse  styloïde  du  temporal  à  l'os  hyoïde;  allongé,  très- 
grille,  cylindroïde  (fig.  2/18). 

Insertions,  direction*  —  Le  stylo- hyoïdien  s'attache  en  arrière  sur  le  côté 
inférieur  de  l'apophyse  styloïde,  près  de  sa  base,  par  un  tendon  délié  et  res- 
plendissant, qui  après  avoir  parcouru  un  centimètre  environ,  s'épanouit  à  la 
manière  d'un  cône  pour  embrasser  le  corps  charnu  du  muscle.  Celui-ci, 
^  dlvird  très-gréle,  se  renfle  légèrement,  se  dirige  en  bas,  en  avant  et  en  de- 
•ians,  puis  se* partage  en  deux  faisceaux,  l'un  interne,  l'autre  externe 
d  une  épaisseur  en  général  double  ou  triple  ;  c'est  entre  ces  faisceaux 
que  passe  le  tendon  du  digastrique.  Au-dessous  de  ce  tendon  les  deux 
r^i^eaux  se  rapprochent  pour  se  terminer  par  une  languette  aponévrotique 
tres-mince  qui  leur  est  commune,  et  qui  vient  se  fixer  sur  l'os  hyoïde,  à 
1  union  de  son  corps  avec  sa  grande  corne. 

Chez  quelques  individus,  le  stylo-hyoïdien  ne  se  divise  pas  ;  il  passe  alors 
au-dessus  et  en  dehors  du  tendon  du  digastrique  en  le  croisant  à  angle  très- 
aigu. 

Aapporto.  —  Ce  muscle  est  surtout  en  rapport  avec  le  digastrique,  dont  il 
semble  former  une  dépendance.  En  dehors,  il  répond  conmie  celui-ci  à  la 
glande  parotide  et  à  la  glande  sous-maxillaire;  en  dedans  ,  au  muscle  stylo- 
?iiaryngien,  au  constricteur  supérieur  du  pharynx,  à  l'hyo-glosse,  à  l'artère 
tMrotide  interne  et  à  la  veine  jugulaire  interne. 

Aciion,  —  Le  stylo-hyoïdien  prend  toujours  son  point  d'appui  sur  l 'apo- 
physe styloïde.  Il  a  donc  pour  usage  d'attirer  l'os  hyoïde  en  haut,  en  arrière 

II.  —  11 


165  MYOLOniF. 

el  en  iluliin^.  Sollicilé  l'i  la  fois  par  les  di'iixmusrlcscorrcspondiinls,  cel  na 
sv  porte  ni  à  dmile  ni  à  g.inclie  ;  il  >>■  ment  dans  une  direction  tdiliqin'nir 
asi'endunle,  ^utis  se  dévi.'r  itii  [>l;<[)  ini^<limi. 

Slijl'.-liijvi.h'en  firofuiid.  —  Au-dessiius  i-l  en  dedans  dn  slvlo-liynulii^u, 
riTiionlre  tiès-smui'iil  iiu  ^eenrid  mii;(le  fiue  j  ai  meiiliuiiiLé  ;inis  K-  non) 

I'.c  dernier  liillere  du  iirécédeiil  :  1"  par  ses  dimensions   idus  •;n"'les,  ■•! 

se  fait  an  v..isi]i:i-e  <\u  s.-inrnef  ,!,■  riijM.idjj^e  :,|>l,>Mle  ;  il"  par  suri  insert 
inférieure  iiui  a  iieii  siirlel.ord  pii>[i.n.4jL' .!.■  I;,  |.elile  i  orne  de  I  ..>liv..„ 
n-ar  ses  .■..Line\i.i(..  umt   h-  li,L;,miriil   ^t;|...ii;,,idieii    tjii  il    ruiMrni>,t, 

dans  l.nile  b ■(.■li.I i    |.in-r^i;il    >>iii   iM.rd    ii,l,.n,.in-.    S-   iijaije^. 

resie,  s.iiil  les  nienir-  rjue  .■,-<)\  du  miLsele  ani|ii.'l  il  e>l  aiinevO.  Un  [, 
le  eeLL^idiTer  euniine  un  laiM-rau  île  n-nlnirniieLil  .le  .vlui-ei. 


MUSCLES  DU  COU.  163 


III.  —  Mylo-hyoldleii. 


Sllaé  entre  le  cou,  qu'il  limite  supérieurement ,  et  la  cavité  buccale, 
dont  il  forme  la  paroi  inférieure  ou  le  plancher;  court,  large  et  mince; 
irrégulièrement  quadrilatère  ;  se  continuant  avec  celui  du  côté  opposé,  en 
sorte  que  les  deux  muscles  n'en  représentent  en  réalité  qu'un  seul,  impair, 
médian  et  curviligne  (fig.  248  et  251).. 

Inêertions,  direction.  —  Le  mylo-hyoîdien  s'étend  de  la  ligne  oblique 
interne  ou  myloîdienne  de  la  mâchoire  vers  l'os  hyoïde,  d'une  part,  et  de 
1  autre  vers  la  ligne  médiane,  au  niveau  de  laquelle  il  se  continue  avec  le 
muscle  opposé  par  l'intermédiaire  d'un  raphé  fibreux.  ^  Il  naît  de  la  ligne 
oblique  interne  par  de  courtes  fibres  aponévroliques.  A  celles-ci  succèdent  et 
s  entremêlent  les  fibres  musculaires  qui  se  dirigent  différemment  :  les  anté- 
rieures, extrêmement  courtes,  se  portent  presque  transversalement  en 
dedans  ou  celles  de  droite  semblent  se  continuer  directement  avec  celles  du 
cô'.é  gauche  ;  les  suivantes,  d'autant  plus  longues  et  plus  obliques  qu'elles 
*>  éloignent  davantage  de  la  symphyse,  se  rendent  au  raphé  fibreux  médian 
«ers  lequel  celles  des  deux  muscles  convergent  à  la  manière  des  barbes 
d  une  plume  sur  leur  tige  commune  ;  les  postérieures  ou  externes,  qui  par- 
courent le  trajet  le  plus  étendu^  vont  se  fixer  sur  le  bord  supérieur  du  corps 
de  los  hyoïde. 

Us  fibres  du  mylo-hyoïdien  ne  sont  pas  rectilignes,  chacune  d'elles  décrit 
uue  courbe  dont  la  concavité  regarde  en  haut,  en  arrière  et  en  dedans.  De 
la  juxtaposition  de  toutes  ces  courbes  à  droite  et  à  gauche  et  de  leur  con- 
vergence vers  le  raphé  médian,  résulte  une  sorte  de  gouttière  antéro-posté- 
rioure,  obliquement  descendante,  qui  s'élargit  rapidement  à  mesure  qu*on 
se  rapproche  de  l'os  hyoïde;  c'est  sur  cette  gouttière  musculaire  que  repose 
la  langue. 

Le  raphé  qui  unit  les  deux  mylo-hyoïdiens  est  peu  sensible  sur  leur  face 
inférieure;  il  l'est  très-peu  aussi  en  haut  et  en  avant  ;  mais  il  devient  de  plus 
en  plus  manifeste  en  descendant  vers  l'os  hyoïde,  au-dessus  duquel  il  s'élargit 
Considérablement  et  prend  les  caractères  d'une  aponévrose. 

happorU,  —  Ce  muscle  est  en  rapport  en  bas  et  en  dehors  avec  la  glande 
sous-maxillaire,  le  faisceau  antérieur  du  digastrique,  le  peaucier  et  la  peau. 
n  répond  en  haut  et  en  dedans  au  génio-hyoïdien,  qui  repose  sur  sa  partie 
interne  ou  médiane,  au  conduit  excréteur  de  la  glande  sous-maxillaire,  à  la 


byAf(iieiis.  -.  5^  5.  £itrëmité  antérieure  des  mêmes  muscles,  attachée  aux  tubercules  infë- 
riean  de  l'apophyse  géni.  —  1,  7.  Extrémité  antérieure  des  muscles  génio-glosses  partant 
<^  tubercules  supéneors  de  la  même  apophyse.  —  8,  8.' Muscles  ptérygoldiens  internes 
<^liqiiement  étendus  de  U  cavité  des  apophyses  ptérygoldes  à  la  face  interne  des  angles  de  la 
Birhoire.  —  9, 9.  Faisceau  inférieur  du  muscle  ptérygoldien  externe,  attaché  par  sa  hase  k 
li>ii«  externe  des  apophyses  ptérygoldes  et  par  son  sommet  à  la  partie  antéro-interne  du  col 
^condylcs  de  la  mâchoire. — 10^  10.  Faisceau  supérieur  de  ces  muscles^  étendu  de  la  vofile 
^U  (o6se  xygomatique  à  la  partie  la  plus  életée  du  col  des  condyles  et  au  bord  antérieur  du 
U^C4ftîlige  intei articulaire  qui  les  reouvre.  —  11^11.  Coupe  transversale  de  cesfibro- 
^^''^^i^a.  — 13^  12.  Bord  postérieur  des  massétcrs. 


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MUSCLES  DU  COU.  165 

a  lame  fibreuse  postérieure,  ou  membrane  hyo-glossienne^  s'étend  de  Tos 
îde  vers  la  base  de  la  langue.  Née  de  la  partie  postérieure  et  supérieure 
corps  de  cet  os,  elle  se  porte  en  haut  et  en  avant,  et  après  un  trajet  de 
S  millimètres  disparait  au  milieu  des  muscles  de  la  langue.  Cette  lame 
end  dans  le  sens  transversal  de  la  petite  corne  d'un  côté,  à  la  petite 
oe  du  côté  opposé.  Elle  n'est  recouverte  en  haut  que  par  la  muqueuse 
^ale,  quelques  glandules  salivaires,  et  le  prolongement  médian  de  l'épi- 
tte. 

A  lame  fibreuse  médiane  est  une  sorte  de  raphé  antéro-postérieur,  de  5  à 
ûllimètres  de  hauteur,  verticalement  situé  dans  l'épaisseur  de  la  partie 
diane  de  la  langue.  —  Ses  faces,  tournées  l'une  à  droite  et  l'autre  à 
Khe,  sont  planes,  un^peu  plus  hautes  en  arrière  qu'en  avant  :  elles  dou- 
ât attache  à  un  grand  nombre  de  fibres  musculaires.  —  Son  bord  supé- 
or  convexe  ne  s'élève  pas  Jusqu'à  la  muqueuse  de  la  face  dorsale.  —  Son 
rd  inférieur,  concave,  plus  épais  et  mieux  limité  que  le  précédent,  est 
x>uvert  par  une  petite  traînée  de  cellules  adipeuses  et  par  les  fibres  les 
js  internes  du  génio-glosse  qui  s'entrecroisent  en  passant  de  l'un  à  l'autre 
lé.  Quelquefois  cet  entrecroisement  n'a  pas  lieu  au  niveau  de  son  tiers 
«térieur;  en  écartant  les  deux  muscles,  on  aperçoit  alors  ce  bord  qui  forme 
le  légère  saillie  dans  leur  interstice.— L'extrémité  postérieure  se  continue 
ec  U  membrane  hyo-glossienne.  ~  L'antérieure,  plus  effilée  et  plus 
jnco,  se  perd  insensiblement  dans  la  partie  correspondante  du  corps  mus- 
ileu\  de  la  langue. 

Cette  lame  est  d'un  blanc  jaunâtre.  Elle  se  compose  de  fibres  verticales  et 
ftliqucs  irrégulièrement  entrecroisées.  Suivant  Blandin,  elle  renfermerait 
ans  sou  épaisseur  des  noyaux  de  cartilage,  d'où  le  nom  de  fibrtxartilage 
iedtan  de  la  langue  qu'il  a  cru  devoir  lui  imposer.  Mais  l'existence  de  ces 
oyaux  fibro-cartllagineux  est  plus  apparente  que  réelle.  La  lame  fibreuse 
nediane  n'appartient  pas  à  la  classe  des  fibro-cartilages,  bien  qu'elle  en 
irésente  la  densité  cher  quelques  sujets,  surtout  au  niveau  de  sa  partie 
.Dfcrieure  et  postérieure. 

6.  Muscles  de  la  langue» 

I>a  masse  charnue  de  la  langue  se  compose  de  deux  corps  musculeux 
iTinétriquement  placés  à  droite  et  à  gauche  de  la  lame  fibreuse  médiane,  et 
recouverts  à  leur  partie  supérieure  par  une  couchqr  musculaire  qui  leur  est 
commune.  Chacun  de  ces  groupes  est  formé  de  sept  muscles  qui  se  confon- 
dent à  leur  extrémité  terminale  ou  antérieure,  et  qui  peuvent  être  classés  de 
U  manière  suivante  : 

Trots  proviennent  des  os  voisins  :  le  stylo-glosse,  Vhyo^glosse  et  le  génio^ 

Trob  naissent  des  organes  voisins  :  le  pharyngo-glasse,  le  palato-glosse  et 
yam^gdalo-glosse. 

Le  septième  tire  son  origine  à  la  fois  de  ces  os  et  de  ces  organes ,  c'est  le 
lingwd  inférieur* 

U  hmtîème  oa  mntcle  commun  aui  deux  groupes,  conna  sons  le  nom  de 


166 


UYOLOGia 


■'élarfplense  rapprochant  du  cléido-hyoïdien,  auquel  il  doienl  bîeni<''i  pt- 
ralléle  et  qui  s'insère  en  dehors  de  celui-ci  au  bord  inférieur  du  coqi^  d- 
l'os  lijaïde. 

[.e  tendon  qui  Torme  U  partie  moîcnne  de  romoplal-hyoïdifD  pn;<i  > 
une  longueur  très- variable.  11  n'est  snuvent  sensibli^  qu'en  avant.  Je  lu  u 
réduit  ù  l'état  de  simple  interaeclion  aponévroliquc.  Son  étendue,  pojr  ir 
muscle  comme  pour  tous  ceux  du  même  ordre,  est  généralement  eu  rai^-o 
Inverse  du  développement  et  de  la  vigueur  du  système  musculaire, 

KapporU.  —  Par  sa  face  externe,  l'omoplat-hyoïdieu  répond  :  !•  en  «ni-  •' 
au  (rapi^ze  et  ;'i  la  clavicule  ;  2*  au  niveau  de  la  région  sus-clavjcul■i^'.  i 
peaurier,  qui  le  sépare  de  la  peau  ;  3*  en  avant  de  cette  région,  au  «l'in  ~ 

Fig.  3&g. 


Mu-kUs  dti  réffioiu  50W-  et  lui-hytidienjiet. 

1.  Vtntre  pMI/ritur  iln  iligaslriqu«.  —  1.  MiucIf  ■l;lit-ht<i[ilifD.  - 
Jn  dloMnqoe,  —  i.  Trnilan  i-l  pauhr  <le  ce  iniucl«  —  3.  Venin  ul 
Ju  rùU  (Iroil.  —  6.  Uuirlr  mvlo-hjoldiïii.  —  7,  lliisflr   bTCkfloug.  . 


'  8.  Fiurm  >ii.  ~^ 


MUSCLES  DU  COU.  157 

mastoïdien;  plus  haut,  il  correspond  de  nouveau  au  peaucier  et  à  la  peau. 
—Sa  race  interne  est  en  rapport,  de  bas  en  haut,  avec  le  faisceau  supérieur 
du  grand  dentelé,  les  deux  scalènes,  la  veine  Jugulaire  interne,  Tartère 
canUide  primitive,  le  muscle  sterno- thyroïdien  et  le  thyro-hyoîdien. —  Son 
k)ord  supérieur  décrit  une  courbe  dont  la  concavité  regarde  en  haut  et  en 
arrière,  l/inférieur,  convexe,  donne  attache  à  une  aponévrose  fort  impor- 
i.inte  qui  s'attache  en  bas  à  la  clavicule  et  au  sternum  et  qui  sera  décrite 
plus  loin. 

m 

11.  —  GléMo-liyoMIcii. 

Le  cléido-hyoîdien,  sterno-hyoïdien  des  auteurs,  est  un  muscle  allongé, 
aplati,  situé  à  la  partie  antérieure  et  inférieure  du  cou,  obliquement  étendu 
de  la  clavicule  à  l'os  hyoïde. 

Insertions.  -*  Inférieurement,  il  s'attache  par  de  courtes  fibres  aponévro- 
tiques  à  la  partie  postérieure  de  l'extrémité  interne  de  la  clavicule,  sur  une 
hè^ne  oblique  qui  surmonte  le  ligament  costo-claviculaire.  Les  fibres  tendi- 
ih'uses  internes,  un  peu  plus  longues,  sont  séparées  de  la  surface  osseuse 
[»dr  une  très-petite  bourse  séreuse;  elles  se  prolongent  en  bas  Jusqu'à  l'union 
du  cartilage  de  la  première  côte  avec  le  sternum.  De  cette  ligue  d'insertion, 
qui  offre  uue  étendue  de  15  à  18  millimètres,  le  muscle  se  porte  en  haut  et 
m  dedans,  se  rapproche  ainsi  de  celui  du  côté  opposé,  auquel  il  se  juxtapose 
tiaus  sa  moitié  supérieure,  puis  monte  verticalement  Jusqu'à  l'os  hyoïde, 
p<>  irâ'insérer  à  son  bord  inférieur  en  dedans  de  l'omoplat-hyoïdien. 

B'ipf'orts.  —  Le  muscle  cléido-hyoïdien  est  recouvert  de  bas  en  haut  par 
U  cldNicule,  le  stcrno-mastoïdien,  le  peaucier  et  la  peau.  Il  recouvre  le 
^(o^no-thyroïdien,  qui  le  sépare  du  corps  thyroïde^  et  plus  haut  le  thyro- 
li^oidien,  qui  le  sépare  de  la  membrane  thyro-hyoïdienne. 

III.  —  Sterno-IhyroMlen. 

Ce  muscle  est  situé  en  arrière  du  cléido-byoïdiec,  dont  il  diffère  :1<^  par  sa 
longueur  un  peu  moindre  ;  S**  par  sa  largeur  double,  et  quelquefois  triple  ; 
3'  par  sou  extrême  minceur;  6°  par  sa  direction  beaucoup  moins  oblique, 
et  oblique  en  sens  inverse  :  les  deux  cléido-hyoïdiens  convergent  de  bas 
en  haut;  les  sterno-thyroïdiens,  verticaux  et  Juxtaposés  dans  leur  moitié 
inférieure,  s'écartent  un  peu  supérieurement. 

i\k  aii5cle  sterno-mastoldien  droit. —  0.  Faisceau  sternal  da  muscle  slerno-mastaTdien  gauche 
—10.  Muscle  cléido-byofdicn.— 11.  Tendon  du  muscle  omoplat- hyoïdien. — 12,  Muscle  thyro- 
'}*i«iien.  —  13.  Uuscle  sterno-tbyroldien.  —  14,  14-  Ligne  fibreuse  sur  laquelle  viennent 
Miurher  les  deux  muscles  précédents.  —  15.  Muscle  constricteur  inférieur  du  pharynx.  — 
!♦»  —  Trachée-artère.  —  17.  Œsophage.  —  18.  Grand  droit  antérieur  de  la  tétc.  — 
19  Muscle  long  du  cou.  —  20.  Muscle  scalène  antérieur.  —  21,  21.  Muscle  scalène  posté- 
^-nr.  -.  22,22.  Faisceaux  par  lesquels  le  muscle  angulaire  de  l'omoplate  \ient  s'insérer  aux 
-  '  l'l»>scs  transverses  des  vertèbres  cervicale».  —  23.  Splénius  de.  la  tête.  —  24,  24.  Splénius 
•tj  ri,u.  —25.  Trapèie.  —  26.  Attache  du  sterno-mastoldien.  —  27.  Attache  des  deux  fais- 
•^'wx  de  l'auriculaire  postérieur.  —  28.  Muscle  occipital.  —  29.  Muscle  deltoïde.  — 
-M  .Mlarbe  du  grand  pectoral  droit  a  la  fûre  antérieure  du  sternum.  —  31.  Attache  du 
fcTiud  pectoral  gauche.  *-  32.  Mascle  intercostal  externe  dont  les  fibres  s'éteodent  oblique- 
OKittUe  la  première  à  la  seconde  côte. 


158  MYOLOGIE. 

Ituertioni.  -r  l'B  iterao- thyroïdien  s'&tlBche  en  bas  :  1*  sur  I4  Ctce  p»'iir 
rieuredu  cartilage  de  la  preiniËrec41e,par  de  caurleiflbresapooéirutiqu-^ 
disposées  au  ivBDt  uae  ligne  oblique  qui  s'élead  au  tien,  i  la  moitié  et  qL^I- 
quefoisà  toute  la  longueur  de  ce  cartilage;  3°  sur  la  face  postérieure  de  li 
première  pièce  du  sternum,  par  des  fibres  semblables  disposées  sur  u:» 
ligne  horizontale  qui  répond  à  son  tiers  inférieur  ou  A  m  partie  muvcQii^. 
plus  rarement  à  son  tiers  supérieur  ;  3°  à  la  partie  médiane  de  celle  Un . 
sur  une  hauteur  variable,  par  des  Bbrea  qui  s'entrecroisent  irréguliérem'  :it 
avec  celles  du  muscle  opposé.  De  ces  diverses  inscriions,  le  slemo-thvri'iiiv-. 
monte  verticalement  Jusqu'au  larynx,  011  celui  du  cdié  droit  s'écarte  l-.-"- 
rement  de  celui  du  côté  gauche,  pour  aller  se  fixer  aux  deux  tubercules  i-i 
faces  antéro-latérales  du  cartilage  thyroïde  et  à  l'arcade  fibreus*^  elenJ-' 
de  l'un  à  l'autre.  Il  n'est  pas  rare  de  voir  quelques-unes  de  ses  &bre<  v 
conlinuer  avec  celles  du  thyro-hjoidien.  —  Sur  son  Irajet,  on  rem^n]  .- 
constamment  une  intersection  fibreuse  qui  correspond  chez  la  plupart  o<'- 
individus  i  la  fourchette  du  sternum.  Cette  intersection  est  transversal-, 
inégalement  brisée;  elle  ne  s'étend  pas,  en  général,  à  toute  la  largeur  du 
muscle. 

BappoTit.  —  Le  sterno-thyroïdien  est  recouvert  sur  toute  son  étendue  j>ir 
le  cléido-byoïdien,  qui  le  croise  à  angle  très-aigu  ;  en  baul  et  en  dchor*  \n: 

Fig.  aso. 


MUSCLES  DU  COU.  l6l 

en  général,  le  déborde  inférieurenient,  et  superflciellement  par  le  peaucier 
el  la  peao.  —  Sa  face  interne  recouvre  les  muscles  qui  partent  de  l'apophyse 
stjloide,  l'artère  carotide  interne,  la  veine  jugulaire  interne,  le  muscle  hyo- 
gl<>^se  et  le  mylo-hyoïdien.  —  Son  faisceau  antérieur  converge  de  bas  en 
haut  vers  celui  du  côté  opposé,  auquel  il  s'applique  par  la  circonférence 
de  sa  base. 

Aciion,  —  Les  deux  faisceaux  de  ce  muscle  sont  animés  par  des  nerfs  dilTé- 
renU  et  paraissent  jouir  d'une  action  indépendante. 

Lorsque  le  faisceau  postérieur  prend  son  point  fixe  sur  l'apophyse  styloïde 
du  temporal  il  attire  l'hyoïde  en  arrière  et  un  peu  en  haut.  S'il  prend  son 
P^ànt  d'appui  sur  Tos  hyoïde,  il  devient  congénère  des  muscles  extenseurs  d^ 
la  têle. 

Le  faisceau  antérieur,  prenant  le  plus  habituellement  son  insertion  fixe 
^ur  le  maxillaire,  attire  l'hyoïde  en  haut  et  en  avant.  Fixé  inférieurement, 
1)  abaisse  la  mâchoire.  Si  son  action  coïncide  avec  celle  du  faisceau  posté- 
rieur, el  si  les  deux  digastriques  se  contractent  simultanément,  l'hyoïde  ne 
si>  porte  ni  en  arrière  ni  en  avant,  mais  presque  directement  en  haut. 


II.  —  Slylo-liyoldlen. 


Situé  à  la  partie  supérieure  el  latérale  du  cou,  en  dedans  et  au-dessus  du 
Talàceau  postérieur  du  digastrique,  qui,  plus  bas,  le  traverse  ;  obliquement 
étendu  de  Tapophyse  styloïde  du  temporal  à  l'os  hyoïde;  allongé,  très- 
gr^le,  cylindroîde  (fig.  2^8). 

Insertions,  direction*  —  Le  stylo-hyoïdien  s'attache  en  arrière  sur  le  côté 
iniï^rieur  de  l'apophyse  styloïde,  près  de  sa  base,  par  un  tendon  délié  et  res- 
plt-ndissanty  qui  après  avoir  parcouru  un  centimètre  environ,  s'épanouit  à  la 
manière  d'un  cône  pour  embrasser  le  corps  charnu  du  muscle.  Celui-ci, 
d  abord  très-gréle,  se  renfle  légèrement,  se  dirige  en  bas,  en  avant  et  en  de- 
dans, puis  se 'partage  en  deux  faisceaux,  l'un  interne,  l'autre  externe 
d'une  épaisseur  en  général  double  ou  triple  ;  c'est  entre  ces  faisceaux 
que  passe  le  tendon  du  digastrique.  Au-dessous  de  ce  tendon  les  deux 
fâisiroaux  se  rapprochent  pour  se  terminer  par  une  languette  aponévrotique 
trc<<mince  qui  leur  est  commune,  et  qui  vient  se  fixer  sur  l'os  hyoïde,  à 
1  jnion  de  son  corps  avec  sa  grande  corne. 

r.bez  quelques  individus,  le  stylo-hyoïdien  ne  se  divise  pas  ;  il  passe  alors 
au-dessus  et  en  dehors  du  tendon  du  digastiique  en  le  croisant  à  angle  très- 
aiç'u. 

Happorlê»  —  Ce  muscle  est  surtout  en  rapport  avec  le  digastrique,  dont  il 
Humble  former  une  dépendance.  En  dehors,  il  répond  comme  celui-ci  à  la 
-'lande  parotide  et  à  la  glande  sous-maxillaire;  en  dedans  ,  au  muscle  stylo- 
•riaryngien,  au  constricteur  supérieur  du  pharynx,  à  l'hyo-glosse,  à  l'artère 

irutide  interne  et  à  la  veine  jugulaire  interne. 

A'tion»  —  Le  stylo-hyoïdien  prend  toujours  son  point  d'appui  sur  l'apo- 
î>h:ao  styloïde.  Ll  a  donc  pour  usage  d'attirer  l'os  hyoïde  en  haut,  en  arrière 

11.  —  H 


et  ea  dehon.  SoUidté  i  la  foû  pu  lei  deax  duikIm  coneiponduilc,  cet  m  tk 
■e  porte  ni  à  droite  ni  à  gauche  ;  il  «e  méat  du»  uae  direclioD  obliqueinf  ji 
ascendante,  sans  m  dévier  du  plan  médian. 

Sljflo-AyoiiJiM  profond.  —  Au-dessous  et  en  dedans  du  ililo-hyoîdifu,  ■>] 
rencontre  (retrouvent  an  second  muscle  quej'ai  mentionné  sous  le  num  i' 
$tyio-hyoiditn  profond. 

Ce  dernier  dilTére  du  précédent  :  1°  par  ses  dimensioni  plus  grélei,  et  » 
Torme  plus  régulièrement  cylindrique  ;  3°  par  son  insertion  supérieun'  i^.j 
te  fait  BU  voisinage  du  sommet  de  l'apophyse  stvloïde  ;  3'  par  son  ins^rt:  n 
inrérieure  qui  a  lieu  sur  le  bord  postérieur  de  la  petite  come  de  l'ot  h^i.:  ■.' 
k'  par  ses  connexions  avec  1c  ligament  siflu-hfoîdien  qu'il  tccomj^f.- 
dans  toute  ton  étendue  en  longeant  son  bord  inférieur.  Ses  usagM.  4; 
reste,  sont  les  même'  que  ceux  du  muscle  auquel  il  est  annexé.  On  p^.: 
le  considérer  comme  un  faisceau  de  rcnfonement  de  celui-ci. 

fig.  lit. 


■I  myto-hi/oidiett  tl  /iteryguû/ieii 


u  ftrr  Mi|K'i  icurr. 

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tiiiiLilf.  —j,i.  txmntU  pôiitricurc  du  aMctc*  f 


MUSCLES  DU  COU.  163 


III.  ^  Mylo-hyoldlen. 


Situé  entre  le  cou,  qu'il  limite  supérieurement ,  et  la  cavité  buccale, 
dont  il  forme  la  paroi  inférieure  ou  le  plancher;  court,  large  et  mince; 
irrégulièrement  quadrilatère  ;  se  continuant  avec  celui  du  côté  opposé,  en 
sorte  que  les  deux  muscles  n'en  représentent  en  réalité  qu'un  seul,  impair, 
médian  et  curviligne  (fig.  2/ii8  et  251).. 

Iniertùms,  direction.  —  Le  mylo-hyoïdien  s'étend  de  la  ligne  oblique 
interne  ou  myloîdienne  de  la  mâchoire  vers  l'os  hyoïde,  d'une  part,  et  de 
lautre  vers  la  ligne  médiane,  au  niveau  de  laquelle  il  se  continue  avec  le 
muscle  opposé  par  l'intermédiaire  d'un  raphé  fibreux.  —  11  naît  de  la  ligne 
oblique  interne  par  de  courtes  fibres  aponévro tiques.  A  celles-ci  succèdent  et 
s  entremêlent  les  fibres  musculaires  qui  se  dirigent  différemment  :  les  anté- 
rieures, extrêmement  courtes,  se  portent  presque  transversalement  en 
dedans  ou  celles  de  droite  semblent  se  continuer  directement  avec  celles  du 
cùté  gauche  ;  les  suivantes,  d'autant  plus  longues  et  plus  obliques  qu'elles 
^  éloignent  davantage  de  la  symphyse,  se  rendent  au  raphé  fibreux  médian 
H*rs  lequel  celles  des  deux  muscles  convergent  à  la  manière  des  barbes 
d  uue  plume  sur  leur  lige  commune  ;  les  postérieures  ou  externes,  qui  par- 
(ourent  le  trajet  le  plus  étendu^  vont  se  fixer  sur  le  bord  supérieur  du  corps 
di'  l'os  hyoïde. 

Les  fibres  du  mylo-hyoïdien  ne  sont  pas  reclilignes,  chacune  d'elles  décrit 
uuo  courbe  dont  la  concavité  regarde  en  haut,  en  arrière  et  en  dedans.  De 
la  juxtaposition  de  toutes  ces  courbes  à  droite  et  à  gauche  et  de  leur  con- 
lergence  vers  le  raphé  médian,  résulte  une  sorte  de  gouttière  antéro-posté- 
ric'ure,  obliquement  descendante,  qui  s'élargit  rapidement  à  mesure  qu*on 
%  rapproche  de  l'os  hyoïde  ;  c'est  sur  cette  gouttière  musculaire  que  repose 
la  langue. 

Le  raphé  qui  unit  les  deux  mylo-hyoîdiens  est  peu  sensible  sur  leur  face 
inférieure;  il  l'est  très-peu  aussi  en  haut  et  en  avant  ;  mais  il  devient  de  plus 
tu  plus  manifeste  en  descendant  vers  l'os  hyoïde,  au-dessus  duquel  il  s'élargit 
ujDsidérablement  et  prend  les  caractères  d'une  aponévrose. 

BapporU.  —  Ce  muscle  est  en  rapport  en  bas  et  en  dehors  avec  la  glande 
sous-maxillaire,  le  faisceau  antérieur  du  digastrique,  le  peaucieret  la  peau. 
Il  répond  en  haut  et  en  dedans  au  génio-hyoïdien,  qui  repose  sur  sa  partie 
interne  ou  médiane,  au  conduit  excréteur  de  la  glaude  sous-maxillaire,  à  la 


b\oi<ijeiis.  —  6,  6.  Extrémité  antérieure  des  mêmes  muscles,  attachée  aux  tubercules  infë- 
n-un  de  Tapophyse  géni.  —  1,  7.  Extrémité  antérieure  des  muscles  génio-glos8CS  partant 
àf^  tabercnles  supérieurs  de  la  même  apophyse.  —  8,  8.*  Muscles  ptérygoldiens  internes 
obliquement  étendus  de  la  cavité  des  apophyses  ptérygoldes  a  la  face  interne  des  angles  de  la 
Kirboire.  —  9,  0.  Faisceau  inférieur  du  muscle  ptérygoldien  externe,  attaché  par  sa  base  k 
1  Aile  fxieme  des  apophyses  ptérygoldes  et  par  son  sommet  à  la  partie  an téro-in terne  du  col 
<^s  coodyles  de  la  mftchoire. — 10, 10.  Faisceau  supérieur  de  ces  muscles,  étendu  de  la  vofite 
<tt  U  futtc  xyf^malîque  à  la  partie  la  plus  élevée  du  col  des  condyles  et  au  bord  antérieur  du 
fibro-cartilage  intei articulaire  qui  les  recouvre.  —  11,11.  Coupe  transversale  de  cesfibro- 
cvtUiges.  — 17, 13.  Bord  postérieur  des  masséters. 


16& 


MYOLOGIE. 


glande  sublinguale,  et  à  la  foce  inférieure  de  la  langue.  —  Son  bord  p<vtf- 
rieur,  rectiligne,  obliquement  dirigé  en  bas,  en  arrière  et  en  dedans,  ^t 
recouvert  aussi  par  la  glande  sous-maxillaire,  qui  l'embrasse  à  la  maaii  nt 
d'une  gouttière. 

Action,  —  Lorsque  les  mylo-hyoïdiens  prennent  leur  point  fixe  sur  le 
maxillaire  inférieur,  ils  élèvent  l'os  hyoïde  et  le  portent  un  peu  en  a^ant. 
Si  cet  os  a  été  préalablement  immobilisé  par  l'action  des  muscles  de  U 
région  sous-hyoîdienne,  ils  abaissent  la  mâchoire  et  l'attirent  un  peu  eo 
arrière. 

IT.  —  Géalo-hyoMlea. 

Muscle  court,  cylindroïde,  situé  au-dessus  du  mylo-hyoîdien,  étendu  de  U 
symphyse  de  la  mâchoire  au  corps  de  l'os  hyoïde  (fig.  252  et  253). 

Insertions,  —  11  s'attache  en  haut  et  en  avant  au  tubercule  inférieur  àt 
l'apophyse  géni  par  de  courtes  libres  aponévrotiques,  puis  se  dirige  en  bu 
et  en  arrière  pour  s'insérer  à  la  partie  moyenne  de  la  face  antérieure  de  1  a» 
hyoïde,  en  embrassant  à  la  manière  d'une  fourche  le  bord  antérieur  de  l  byo- 
glosse. 

Rajpports.  —  Le  génio-hyoïdien  répond,  en  bas  et  en  dehors  an  miio- 
hyoïdien,  en  haut  au  génio-glosse,  en  dedans  à  celui  du  côté  opposé  d<>ni 
aucune  ligne  de  démarcation  ne  le  distingue,  en  sorte  qu'au  premier  aspn-tt 
les  deux  muscles  semblent  aussi  n'en  constituer  qu'un  seul. 

Action,  —  Elle  ne  diffère  pas  de  celle  du  mylo-hyoïdien  et  du  ventre  ar^t'- 
rieur  du  digastrique.  Comme  ceux-ci  le  génio-hyoïdien  est  élévateur  dt 
l'hyoïde  lorsque  la  mâchoire  est  immobilisée,  abaisseur  de  la  mâchoire  lorv 
qu'il  prend  son  point  fixe  sur  l'hyoïde. 

§  /i.  —  R£gioii  linguale. 


L'appareil  moteur  de  la  langue  comprend  dans  sa  composition  :  r  un 
charpente  osseuse  et  fibreuse  ;  2"  un  grand  nombre  de  muscles. 

A.  Charpente  osseuse  et  fibreuse  de  la  langue. 

L'os  hyoïde  et  deux  lames  fibreuses.  Tune  postérieure  et  trans^ersi!-. 
l'autre  antérieure  et  médiane,  constituent  cette  charpente. 

L'os  hyoïde,  soudé  en  quelque  sorte  à  la  base  de  la  langue,  en  suit  tt>tj«  1^^ 
mouvements.  11  appartient  à  cet  organe,  non-seulement  par  les  atta»  h  - 
qu'il  fournit  à  plusieurs  de  ses  muscles,  mais  aussi  par  les  aponévro**»*  :  ^ 
s'en  détachent  et  qui  se  transforment  ellos-mOmes  en  surfaces  d'inM-n.  u. 
Simplement  fibreuses  chez  l'homme  et  les  mammifères,  ces  lames  »<tni  dr 
nature  osseuse  ou  cartilagineuse  chef  les  oiseaux  :  elles  représentent  li.  * 
cette  classe  de  vertébrés  un  véritable  prolongement  de  l'hyoïde,  et  atte-t.  i: 
entre  cet  os  et  le  corps  musculaire  de  la  langue  les  connexions  le?  {-' -• 
intimes. 


MUSCLES  DU  COU.  165 

La  lame  fibreuse  postérieurej  ou  membrane  hyo-glossienne^  s'étend  de  l'os 
hyoïde  vers  la  base  de  la  langue.  Née  de  la  partie  postérieure  et  supérieure 
du  corps  de  cet  os,  elle  se  porte  en  haut  et  en  avant,  et  après  un  trajet  de 
6  A  8  millimètres  disparaît  au  milieu  des  muscles  de  la  langue.  Cette  lame 
s'étend  dans  le  sens  transversal  de  la  petite  corne  d'un  côté,  à  la  petite 
corue  du  côté  opposé.  Elle  n'est  recouverte  en  haut  que  par  la  muqueuse 
linguale,  quelques  glandules  salivaires,  et  le  prolongement  médian  de  l'épi- 
glolle. 

La  lame  fibreuse  médiane  est  une  sorte  de  raphé  antéro-postérieur,  de  5  à 
6  millimètres  de  hauteur,  verticalement  situé  dans  l'épaisseur  de  la  partie 
médiane  de  la  langue.  —  Ses  faces,  tournées  l'une  à  droite  el  l'autre  à 
gauche,  sont  planes,  un^peu  plus  hautes  en  arrière  qu'en  avant  :  elles  don* 
Dent  attache  à  un  grand  nomhre  de  fibres  musculaires.  -—  Son  bord  supé- 
rieur convexe  ne  s'élève  pas  Jusqu'à  la  muqueuse  de  la  face  dorsale.  —  Son 
bord  inférieur,  concave,  plus  épais  et  mieux  limité  que  le  précédent,  est 
recouvert  par  une  petite  traînée  de  cellules  adipeuses  et  par  les  fibres  les 
plu»  internes  du  génio-glosse  qui  s'entrecroisent  en  passant  de  l'un  à  l'autre 
c6té.  Quelquefois  cet  entrecroisement  n'a  pas  lieu  au  niveau  de  son  tiers 
[•<)<térieur;  en  écartant  les  deux  muscles,  on  aperçoit  alors  ce  bord  qui  forme 
une  légère  saillie  dans  leur  interstice.— L'extrémité  postérieure  se  continue 
4^ec  1^  aiembrane  hyo-glossienne.  —  L'antérieure,  plus  effilée  et  plus 
mince,  se  perd  insensiblement  dans  la  partie  correspondante  du  corps  mus- 
1  uleux  de  la  langue. 

Cette  lame  est  d,'un  blanc  jaunâtre.  Elle  se  compose  de  fibres  verticales  et 
"bliques  irrégulièrement  entrecroisées.  Suivant  Blandin,  elle  renfermerait 
«iaris  son  épaisseur  des  noyaux  de  cartilage,  d'où  le  nom  de  fibro-cartilage 
T.Wïan  de  la  langue  qu'il  a  cru  devoir  lui  imposer.  Mais  l'existence  de  ces 
1  »>au\  fibro-cartilagineux  est  plus  apparente  que  réelle.  La  lame  fibreuse 
médiane  n'appartient  pas  à  la  classe  des  fibro-cartilages,  bien  qu'elle  en 
présente  la  densité  cher  quelques  sujets,  surtout  au  niveau  de  sa  partie 
iiiférieure  et  postérieure. 

B.  Muscles  de  la  langue, 

I.a  masse  charnue  de  la  langue  se  compose  de  deux  corps  musculeux 
>ymétriquement  placés  à  droite  et  à  gauche  de  la  lame  fibreuse  médiane,  et 
rtxouTerts  à  leur  partie  supérieure  par  une  couchqr  musculaire  qui  leur  est 
Commune.  Chacun  de  ces  groupes  est  formé  de  sept  muscles  qui  se  confon- 
de tJi  leur  extrémité  terminale  ou  antérieure,  et  qui  peuvent  être  classés  de 
la  manière  suivante  : 

Trois  proviennent  des  os  voisins  :  le  stylo-glosse^  Yhyo-glosse  et  le  génio- 

Trois  naissent  des  organes  voisins  :  le  pharyngo-glosse,  le  paUUo-glosse  et 
1  am^gdah^glosse, 

U  septième  tire  son  origine  à  la  fois  de  ces  os  et  de  ces  organes ,  c'est  le 
lingual  inférieur. 

Ubmtiènie  ou  mutde  commun  aux  deux  groupes,  connu  sont  le  nom  de 


166 


MTOLOGIE. 


lingual  supérieur^  présente  une  origine  analogue  ;  il  émane  de  la  petik 
corne  de  l'os  hyoïde  et  du  prolongement  médian  de  Tépiglotte. 

Préparation.  —  L'étude  da  corps  musculaire  de  la  langue  nécessite  trots  prépanL- 1» 
Tune  pour  découvrir  les  muscles  qui  naissent  des  os  toisins,  les  stylo- glosse,  hfo-£.  ^.v  k 
génio-glosse  ;  la  seconde  pour  mettre  en  évidence  les  muscles  palato-glosse,  amT'fdAl-^t:  w 
et  lingual  supérieur,  ainsi  que  la  membrane  hyo- glossienne  ;  la  troisième  pour  monter  % 
membrane  fibreuse  médiane,  le  lingual  inférieur  et  le  pharyngo-glocse. 

a.  Préparation  des  muscles  stylo-glosse,  hyo-glosse  et  génio-glosse.  —  1*  Enlerer  U  pra^i 
le  peaucier,  les  glandes  salivaires  et  toutes  les  parties  molles  qui  couvrent  la  màrboirr    - 
rieure  ;  3*  désarticuler  cet  os,  le  scier  ensuite  verticalement  b  0  ou  8  millimètres  en  '^'  *  n 
de  la  symphyse,  puis  achever  de  le  détacher  en  conservant  seulement  sa  partie  nira.f . 
3"  disséquer  Thyo-glosse,  le  génio-hyofdicn,  le  géaio-glosso  et  le  stylo-glosse,  en  eiriv&L  .^ 
vaisseaux  et  nerfs  qui  recouvrent  ces  muscles  ou  cheminent  dans  leur  intervalle  ^fig.  35^ 

6.  Préparation  des    muscles  palato-glosse ,  amygdalo-glosse,  lingual  sopériear  M  (^*  i 
membrane  hyo-glossieune.  — 'Pour  cette  préparation,  il  faut  enlever  toute  la  langue  a«^r    - 
hyoïde,  ainsi  que  répiglolte ,  les  amygdales  et  le  voile  du  palais.  Dans  cjc  but  on  pro<*^<s— .    ' 
la  manière  suivante  :  l»  couper  les  génio-hyoldiens  et  gënio-glosses  k  leur  ins^rt^jc  . 
rieure  ;  2<^  appliquer  un  trait  de  scie  sur  la  symphyse  de  la  mâchoire,  et  rejeter  en  6ti  '^ 
chacune  de  ses  moitiés  après  avoir  incisé  les  mylo-hyoldiens  ;  3»  séparer  le  voile  de  ;u  ^« 
de  la  voûte  ualatine  ,  puis  l'enlever  avec  les  amygdales  ,  toute  la  langue  ,  IVpiglotte  <     •• 
hyoïde  ;  6**  aiviser  ensuite  le  voile  du  palais  sur  la   ligne  médiane  et  rejeter  a  dr^Mt^  '*.  i 
gauche  ses  deux  moitiés  ;  5*  épingler  la  langue  sur  une  plaque  de  liège,  en  l'allouiy.«s:  '- 
l'étalant,  sa  face  dorsale  étant  dirigée  en  haut  ;  6-*  détacher  la  muqueuse  au  devant  dr 
glotte  avec  ménagement ,  puis  la  couche  glanduleuse  qui  recouvre  la  base  de  la  tant:  j'   "' 
poursuivre  cette  dissection  d'arrière  en  avant,  pour  mettre  k  découvert  la  merabrmnr  t^ 
glossienne,  le  prolongement  médian  de  l'épiglotte  et  le  faisceau  musculaire  qui  en  part.  . 
que  les  faisceaux  qui  naissent  des  petites  cornes  de  l'hyoïde,  et  qui  contribuent  avn   U 
cèdent  à  former  le  lingual  supérieur  ;  ?<>  de  chaque  côté  de  ce  muscle  on  trooTera  I  ».-*  ^ . 
dalo-glosse,  qui  se  dirige  transversalement  de  dehors  en  dedans  et  qui  s'engage  sous  ^    . 
profonde;  8"  au  devant  de  celui-ci  et  sur  les  bords  de  la  langue  rampe  le  palato-^l<>v<^  ^  . 
dans  l'épaisseur  des  piliers  antérieurs  du  voile  du  palais. 

c.  Préparation  de  la  membrane  fibreuse  médiane,  des  muscles  lingual  inférieur  et  pharr^^ 
glosse,et  de  la  partie  terminalede  tous  les  autres  muscles  de  la  langue  — :  1<* Enlever  U  >•:.' 
avec  l'os  hyoïde,  la  renverser  sur  sa  face  dorsale,  l'étaler  et  l'épingler  sur  ses  bonU,  r-  * 
les  deux  génio-glossos,  et  chercher  au  fond  de  l'intervalle  qui  les  sépare  le  bord  infèrvur  o'  .x 
lame  fibreuse  médiane  ;  2^  ce  l*ord  étant  découvert,  inciser  toutes  les  fibres  muM*ul&.r«-«  .^ 
tiennent  s'attacher  à  l'une  de  ses  faces  et  sur  toute  sa  longueur,  de  manière  a  diviser  1%  .i.  . 
en  deux  moitiés,  l'une  droite,  l'autre  gauche;  3<>  après  avoir  étudié  la  lame  fibreuse  m'  '.  t  ' 
ainsi  mise  a  nu,  appliquer  la  surface  de  la  coupe  sur  une  plaque  de  liège,  épingler  Ir  f  r.:  «• 
de  cette  coupe  et  tout  le  pourtour  de  la  préparation  en  étalant  les  muscles  de   U  U  . 
6*  disséquer  ces  muscles  en  procédant  des  superficiels  aux  pntfonds,  et  en  enlevant  »ti«^-  < 
vemcnt  les  premiers  pour  étudier  les  seconds  (fig.  233  et  253). 


^       :.* 


I.  —  By^-tlMM* 


Situé  sur  la  partie  inférieure  et  latérale  de  la  langue  ;  large,  mince,  q  ;a 
drilal^re;  divisé  en  deux  faisceaux  secondaires.  L*un  de  ces  faisceaux  r.j  * 
de  la  grande  corne  de  Tos  hyoïde,  l'autre  du  corps  ou  de  la  base  de  cet  t»^  •*' 
de  la  partie  voisine  de  la  grande  corne  :  de  là  les  noms  de  cérato-gl  '-v 
donné  au  premier,  et  de  basio-glosse  appliqué  au  second.  Chacun  d  e^i 
mérite  une  description  A  part  (fig.  2/i8et  252;. 

Le  cérato-ylossêy  attaché  inférieurement  aux  deux  tien  pottérietin  de  U 
lèvre  ei  terne  de  la  grande  corne  de  l'hyoïde,  se  porte  vertiealemeot  eu 
haut,  s'engage  sous  le  stylo-glotse,  puis  s'unit  au  faisceau  supérieur  de  ce 
muscle,  et  changeant  alors  de  direction  pour  devenir  horiiontal,  t'épaixHiii 
dans  l'épaisseur  de  la  langue.  Ses  fibres  terminales  pottérieures  m  porteo: 
transversalement  en  dedans,  les  autres  d'autant  plus  obliquemeot  en  deda^ 


MUSCLES  DU  COU.  167 

et  en  avant  qu'elles  sont  plus  antérieures  ;  toutes  s'attachent  à  la  laine 
tibreuse  médiane. 

En  dehors  le  cérato-glosse  répond  de  bas  en  haut  :  au  tendon  du  digas- 
trique  et  au  stylo-hyoïdien,  à  la  glande  sous-maxillaire,  aux  nerfs  hypo- 
glosse et  lingual,  puis  au  muscle  stylo-glosse,  qui  le  croise  à  angle  droit.  — 
Sa  face  interne  est  en  rapport  :  a^ec  l'artère  linguale  et  le  constricteur 
moyen  du  pharynx  ;  plus  haut,  avec  le  ligament  stylo-hyoïdien  et  le  muscle 
stylo -hyoïdien  profond;  dans  le  reste  de  son  étendue  avec  le  pharyngo- 
glosse  et  le  génio-glosse. 

Au  cérato-glosse,  on  voit  fréquemment  se  Joindre  un  faisceau  grêle  et 
arrondi  qui  monte  obliquement  sur  sa  face  externe  pour  se  porter  ensuite 
\en  la  pointe  de  la  langue.  Ce  faisceau  naît  le  plus  souvent  du  sommet  de  la 
grande  corne  :  il  constitue  alors  un  cérato-glosse  accessoire.  Mais  il  n'est 
pas  rare  de  le  voir  provenir,  soit  directement  du  constricteur  moyen  du 
pharynx,  soit  d'une  intersection  fibreuse  qui  l'unit  au  bord  supérieur  de  ce 
muscle.  Quel  que  soit  son  point  de  départ,  il  se  porte  en  haut  et  en  avant, 
en  passant  sur  le  cérato-glosse,  et  se  coude  alors  à  angle  obtus  pour  se  joindre 
a  la  portion  horizontale  du  stylo-glosse. 

Ce  muscle  a  pour  usage  d'abaisser  les  bords  de  la  langue,  et  d'incliner  de 
^)n  c6té  la  face  dorsale  de  cet  organe.  Ainsi  abaissée  et  iaclinée,  la  langue 
pt'utse  charger  pendant  la  durée  de  la  mastication  des  aliments  tombés  der- 
rière les  arcades  dentaires,  et  les  reporter  sous  ces  arcades. 

Le  baiio-glosscy  plus  épais  et  moins  large  que  le  cérato-glosse,  n'est  pas 
vertical,  mais  oblique  en  haut  et  en  avant.  L'interstice  celluleux  qui  ie 
^pare  du  précédent  est  quelquefois  assez  large  pour  laisser  entrevoir  le 
iroDG  de  l'artère  linguale  ;  dans  ce  cas,  il  prend  la  figure  d'un  petit  triangle 
idocèle  à  base  inférieure. 

tle  muscle,  attaché  en  bas  à  la  partie  supérieure  et  externe  du  corps  de 
rbyoîde  et  au  quart  antérieur  de  la  grande  corne,  se  porte  vers  la  partie 
moyenne  du  bord  correspondant  de  la  langue  ;  ses  fibres  suivent  une  direc- 
tiuri  d'autant  plus  oblique  en  haut  et  en  avant  qu'elles  sont  plus  anté- 
rieures. Toutes  s'engagent  entre  le  faisceau  inférieur  et  le  faisceau  moyen 
du  stylo-glosse,  passent  au-dessous  de  celui-ci,  se  joignent  plus  haut  à  son 
Ui'^eau  supérieur,  et  s'épanouissent  dans  l'épaisseur  de  la  langue  en  chemi- 
nant vers  la  lame  fibreuse  médiane  à  laquelle  elles  s'attachent. 

Le  basio-glosse  est  en  rapport  :  i^  par  sa  face  externe  avec  la  glande  sous- 
nmillaire,  le  nerf  hypoglosse,  le  nerf  lingual,  et  plus  haut  avec  la  por- 
tion moyenne  du  stylo-glosse  ;  2**  par  sa  face  interne  avec  la  petite  corne  de 
l'byolde,  l'artère  linguale,  le  génio-glosse  et  l'origine  du  lingual  inférieur. 

Indépendamment  du  cérato-glosse  et  du  bai»io-glosse,  tous  les  auteurs 
s'accordent  pour  admettre  cooune  faisant  partie  aussi  de  l'hyoglosse  un  troi- 
sième faisceau  qui  partirait  de  la  petite  corne  de  l'hyoïde  et  qui  a  reçu  le 
Qom  de  chondro-ylosse.  Mais  on  ne  voit  naître  de  la  petite  corne  que  deux 
ordres  de  fibres  musculaires  :  l*des  fibres  peu  nombreuses  qui  émanent  de 
Mû  sommet,  s'entremêlent  à  celles  du  génio-glosse  en  les  coupant  à  angle 
droit, et  vont  ensuite  se  joindre  au  lingual  inférieur;  ^*  des  fibres  qui  pro- 


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MT0L06IE. 


ptérygoîdien  interne  et  à  la  muqueuse  linguale  ;  en  dedans»  au  ligam#>!it 
stylo-hyoïdien,  au  constricteur  supérieur  du  pharynx  et  à  l'hyo-glotse. 

Action,  —  Parleur  faisceau  moyen,  les  stylo-glosses  rétractent  la  lan^ur  es 
l'attirant  un  peu  en  haut.  Par  leur  faisceau  inférieur,  ils  forment  une  esprrr 
desangle  qui  élève  la  base  de  l'organe  vers  le  voile  du  palais.  Par  It.r 
faisceau  supérieur,  ils  soulèvent  les  bords  de  la  langue*  dont  la  face  doT^< 
prend  alors  l'aspect  d'une  gouttière. 


III.  —  GtelO-fflOMC. 

Le  génio-glosse  est  le  plus  volumineux  et  le  plus  important  des  mus  !  ^^ 
de  la  langue.  Il  occupe  la  partie  médiane  de  cet  organe.  Sa  forme  r^- 
rayonnée. 

Insertion  et  direction,  ^  Son  sommet,  dirigé  en  bas  et  en  avant,  s  atlaib^ 
à  l'apophyse  géni  supérieure  de  la  mâchoire  par  un  tendon  nacré  qui  » 
perd  bientôt  au  milieu  des  fibres  musculaires.  —  Sa  base,  tournée  en  ha. 
et  en  arrière,  répond  à  la  partie  médiane  de  la  langue  dont  elle  mesure  t** /' 
la  longueur.  Les  fibres  qui  le  composent  affectent  par  conséquent  une  diivc- 
tion  très^ifférente  :  les  plus  inférieures  se  portent  en  bas  et  en  arrière  >- ^ 
le  corps  de  l'os  hyoïde,  auquel  elles  s'attachent;  les  plus  élevées  déiri^f:; 
une  courbe  à  concavité  antérieure  pour  se  rendre  dans  la  pointe  de  U 
langue;  les  moyennes,  beaucoup  plus  multipliées,  s'étalent  en  é\entai!  r. 
se  disséminent  dans  toute  la  partie  comprise  entre  cette  pointe  et  la  mem- 
brane hyo-glossiennc. 

Considérées  dans  leur  partie  terminale ,  les  fibres  du  génio-glosse  ce  ^ 
comportent  pas  de  la  môme  manière.  Sous  ce  point  de  vue,  on  peut  le?  dis- 
tinguer en  internes  et  externes.  —  Les  fibres  internes  s'entrecroisfiit,  ti 
général,  avec  les  fibres  correspondantes  du  côté  opposé,  immédiatement  a  :- 
dessous  de  la  lame  fibreuse  médiane,  de  telle  sorte  que  celles  du  côté  dr  •: 
passent  à  gauche  et  réciproquement. ~  Parmi  les  fibres  externes,  les  {'.^ 
inférieures,  ainsi  que  nous  l'avons  vu,  s'insèrent  à  l'os  hyoïde;  d'autre?  ^ 
continuent  avec  le  pharyngo-glosse ;  quelques-unes  avec  le  faisceau  iiif- 
rieur  du  stylo-glosse.  Toutes  les  autres,  beaucoup  plus  nombreuses,  ^ont  fr 
fixer  à  la  muqueuse  de  la  face  dorsale  de  la  langue  (fig.  253). 

Rapfktrts,  —  Les  génio-glosses  correspondent  par  leur  face  externe  i  U 
glande  sublinguale,  au  conduit  excréteur  de  la  glande  sous-maxillairt-,  «u 
nerf  hypoglosse ,  et  plus  haut  au  muscle  lingual  inférieur.  —  Par  leur  fur 
interne,  les  deux  muscles  s'appliquent  l'un  à  l'autre.  Vn  tissu  cellulo-adip'  .^ 
très-fin  occupe  l'interstice  qui  les  sépare.  —  Leur  bord  supérieur  répond  i 
la  muqueuse  de  la  face  dorsale  de  la  langue.  Leur  bord  inférieur  repose  y^r 
les  muscles  géniohyoïdiens.  Leur  bord  antérieur  est  recouvert  par  la  mo- 
queuse sous-Jacente  à  la  pointe  de  la  langue. 

Action.  —  Les  génio-glosses  remplissent  des  usages  variés.  Lorsque  touui 
leurs  fibres  entrent  simultanément  en  action,  ces  muscles  ont  poureffr?. 
suivant  la  remarque  de  Gerdy,  de  pelotonner  la  langue  derrière  la  mâcbuirr 
inférieure.  Si  leurs  fibres  inférieures  agissent  seules,  elles  élèvent  rhjuidr , 
ainsi  que  la  base  de  la  langue,  en  rapprochant  cet  organe  de  l'orifice  bui>  mI 


MUSCLES  DU  COU.  171 

à  travers  lequel  sa  pointe  peut  être  alors  facilement  projetée.  Ce  phénomène 
de  prépalsiou  est  plus  marqué  lorsque  la  sangle  formée  par  les  faisceaux  infé- 
rieurs des  stylo-glosses  se  contracte  en  môme  temps.  Si  ce  sont  les  fibres 
antérieures  qui  deviennent  actives,  elles  ramènent  la  pointe  de  la  langue 
daas  la  bouche  et  l'abaissent  ensuite  vers  le  plancher  de  cette  cavité. 


I¥.-—  Ltafnal  infférleiir. 

Ce  muscle,  de  forme  conoide,  est  situé  sur  la  face  inférieure  de  la  langue, 
entre  le  génio-glosse  et  le  basio-glosse.  Il  se  porte  d'arrière  en  avant,  dans 
une  direction  légèrement  ascendante.. 

Les  fibres  qui  le  composent  viennent  de  plusieurs  sources.  On  peut  les 
dinser  en  inférieures,  moyennes  et  supérieures.  —  Les  inférieures  naissent 
du  sommet  de  la  petite  corne  de  l'hyoïde,  cheminent  d'abord  au-dessous  des 
fibres  voisines  du  génio-glosse  avec  lesquelles  elles  s'entremêlent,  devien- 
nent libres  après  un  trajet  de  12  à  15  millimètres,  et  se  jettent  alors  dans  le 
lingual.  Les  moyennes  émanent  du  pharyngo-glosse.  Les  supérieures  pro- 
uenuent  du  faisceau  inférieur  du  stylo-glosse.  —  Né  de  la  réunion  de  ces 
tn)is  ordres  de  fibres ,  le  lingual  inférieur  s'étend  en  s'effilant  de  plus  en 
plus  jusqu'à  la  pointe  de  la  langue. 

Bapparts.  —  11  est  en  rapport  :  en  bas  et  en  dehors,  avec  le  basio-glosse, 
puis  avec  la  glande  sublinguale^  le  nerf  lingual  et  la  muqueuse  ;  en  dedans, 
avec  le  génio-glosse  ;  en  haut,  avec  le  faisceau  moyen  du  stylo-glosse. 

Action.  —  Le  lingual  inférieur  raccourcit  la  langue  en  attirant  sa  pointe 
en  arrière  et  en  bas.  Lorsque  cette  pointe  est  recourbée  en  arc  à  concavité 
supérieure,  il  la  ramène  en  bas.  11  est  par  conséquent  congénère  du  faisceau 
moyen  du  stylo«glosse  et  antagoniste  du  lingual  supérieur. 

V*  —  Llngiuil  tapérlewr. 

Large  et  mince,  situé  immédiatement  au-dessous  de  la  muqueuse  dorsale, 
a  laquelle  il  adhère  de  la  manière  la  plus  intime,  ce  muscle  peut  être  consi- 
déré comme  le  peaucier  principal  de  la  langue,  le  palato-glosse  et  la  portion 
horizontale  du  stylo-glosse  formant  de  chaque  côté  des  peauciers  acces- 
soires. 

Le  lingual  supérieur,  étendu  de  la  base  à  la  pointe  de  la  langue,  se  com- 
pose de  trois  portions,  bien  distinctes  à  leur  origine,  mais  confondues  dans 
le  reste  de  leur  tr^et  :  l'une  médiane,  les  deux  autres  latérales. 

La  poriicn  médiane^  muscU  glosso-épiglottiquêy  naît  du  prolongement  moyen 
dt*  l'épiglotte  par  des  fibres  qui  divergent,  et  qui ,  après  un  court  trajet,  se 
confondent  de  chaque  côté  avec  les  fibres  voisines. 

Les  portions  latéraUs  ont  pour  point  de  départ  les  petites  cornes  de  l'os 
hyoïde.  Elles  se  prolongent  d'arrière  en  avant,  sous  la  forme  d'un  ruban. 
Leurs  fibres  les  plus  internes  se  mêlent  aux  fibres  adjacentes  de  la  portion 
médiane,  qu'elles  croisent  sur  plusieurs  points;  les  externes  se  joignent  à 
celles  du  palato-glosse.  11  suit  de  cette  disposition  qu'à  2  centimètres  environ 


172 


MYOLOGIE. 


au-dessus  de  rhyoîde,  les  trois  portions  du  lingual  supérieur,  les  deux  paUt  » 
glosses  et  la  longue  portion  du  stylo-glosse ,  constituent  pour  ainsi  dirv  un 
seul  muscle,  qui  embrasse  la  presque  totalité  de  la  langue  eo  formaDt  uii< 
sorte  de  gouttière  conoïde  à  concavité  inférieure. 

VI.  —   Amyvtfalo-clOMe. 

Ce  petit  muscle  a  été  découvert  par  M.  Broca,  qui  en  a  donné  une  <!«  - 
cription  fort  exacte. 

Il  s'attache  en  haut  sur  cette  partie  de  l'aponévrose  phar]rngienoe  qu. 
adhère  à  la  face  externe  de  l'amygdale,  descend  entre  cette  glande  et  \r 
pharyngo-glosse,  puis  entre  ce  muscle  et  la  muqueuse.  Arrivé  alors  sur  !<* 
côtés  de  la  base  de  la  langue,  il  change  de  direction  pour  se  porter  transver- 
salement en  dedans  jusqu'à  la  ligne  médiane,  où  il  semble  se  continuer  t^n 
celui  du  côté  opposé.  Vertical  dans  la  première  moitié  de  son  trajet,  n>n 
contai  dans  la  seconde,  l'amygdalo-glossc  présente  une  disposition  an;:.- 
leuse,  ou  plutôt  il  décrit  une  courbe  dont  la  conca\ité,  tournée  en  baui  «'. 
en  dedans,  embrasse  la  moitié  inférieure  de  l'amygdale.  Son  étendue  aii(er> 
postérieure  est  de  15  à  18  millimètres. 

Rapports.  —  Par  sa  face  externe  il  répond  supérieurement  au  pharyn.-  >- 
glosse  et  inférieurement  au  génio-glosse.  —  Sa  face  interne  est  en  rapport 
dans  sa  portion  verticale  avec  l'amygdale,  puis  avec  la  muqueuse  qui  lapi:»5< 
l'excavation  amygdalienne ,  et  dans  sa  portion  horisontale  avec  le  lingue 
supérieur. 

Aclioru  —  Les  deux  amygdalo-glosscs  se  comportent ,  à  l'égard  de  la  bas 
do  la  langue,  comme  les  faisceaux  supérieurs  des  stylo-glosses ,  relatif t*mt'!t' 
à  sa  partie  moyenne.  Au  moment  où  ceux-ci,  agissant  à  la  manière  d  hdt 
sangle,  soulèvent  celte  partie  moyenne  en  la  transformant  en  gouttière,  I-^ 
premiers  exercent  une  action  semblable  sur  la  paçtic  la  plus  large  de  I  or- 
gane, qui,  ainsi  soulevé  et  concave  dans  toute  sa  moitié  postérieure,  prv>s<  Ir 
bol  alimentaire  et  le  précipite  dans  la  partie  supérieure  de  l'œsophage. 

¥II«—  MUtO-tlOMC. 


Le  palato-glosse  ou  glosso-staphylin  est  situé  dans  l'épaisseur  des  pilx  r« 
antérieurs  du  voile  du  palais,  il  décrit  une  courbe  à  concavité  interne,  qui 
descend  de  cet  organe  sur  les  parties  latérales  de  la  langue. 

Ce  muscle  lire  son  origine  de  la  partie  inférieure  et  postérieure  du  \*>ùr 
du  palais.  D'abord  assez  large,  il  se  condense,  s'engage  dans  l'épaisseur  de 
pilier  antérieur,  qu'il  parcourt  dans  toute  son  étendue  en  se  portant  comnif* 
celui-ci  en  bas,  en  dehors  et  en  avant,  et  vient  s'épanouir  sur  la  partie* 
supérieure  des  bords  de  la  langue ,  au-devant  de  l'amygdalo-glosse,  entrr  )'- 
lingual  supérieur  et  les  fibres  les  plus  élevées  du  pharyngo-glosse. 

Rapports.  —  Le  palato>glosse  répond  supérieurement  à  l'origine  du  phi- 
ryngo-glosse,  et  dans  le  reste  de  son  étendue  à  la  muqueuse  qui  lui  adhère 
d'une  manière  intime. 


MUSCLES  DU  COU.  171 

i  (raven  lequel  sa  pointe  peut  être  alors  facilement  projetée..  Ce  phénomène 
deprépalsion  est  plus  marqué  lorsque  la  sangle  formée  par  les  faisceaux  infé- 
rieurs des  slylo-glosses  se  contracte  en  môme  temps.  Si  ce  sont  les  fibres 
antérieures  qui  deviennent  actives,  elles  ramènent  la  pointe  de  la  langue 
dans  la  bouche  et  l'abaissent  ensuite  vers  le  plancher  de  cette  cavité. 


I¥ .  •—  Llnfnal  inférieur. 

Ce  muscle,  de  forme  conoïde,  est  situé  sur  la  face  inférieure  de  la  langue, 
entre  le  génio-glosse  et  le  basio-glosse.  Il  se  porte  d'arrière  en  avant,  dans 
une  direction  légèrement  ascendante. 

Les  fibres  qui  le  composent  viennent  de  plusieurs  sources.  On  peut  les 
diviser  en  inférieures ,  moyennes  et  supérieures.  —  Les  inférieures  naissent 
du  sommet  de  la  petite  corne  de  l'hyoïde,  cheminent  d'abord  au-dessous  des 
fibres  voisines  du  génio-glosse  avec  lesquelles  elles  s'entremêlent,  devien- 
nent libres  après  un  trajet  de  12  à  15  millimètres,  et  se  jettent  alors  dans  le 
lingual.  Les  moyennes  émanent  du  pharyngo-glossc.  Les  supérieures  pro- 
wennent  du  faisceau  inférieur  du  stylo-glosse.  —  Né  de  la  réunion  de  ces 
trois  ordres  de  fibres ,  le  lingual  inférieur  s'étend  en  s'effilant  de  plus  en 
plus  jusqu'à  la  pointe  de  la  langue. 

Bapports.  —  11  est  en  rapport  :  en  bas  et  en  dehors,  avec  le  basio-glosse, 
puis  avec  la  glande  sublinguale,  le  nerf  lingual  et  la  muqueuse  ;  en  dedans, 
a>ec  le  génio-glosse  ;  en  haut,  avec  le  faisceau  moyen  du  stylo-glosse. 

Action.  —  Le  lingual  inférieur  raccourcit  la  langue  en  attirant  sa  pointe 
en  arrière  et  en  bas.  Lorsque  cette  pointe  est  recourbée  en  arc  à  concavité 
supérieure,  il  la  ramène  en  bas.  Il  est  par  conséquent  congénère  du  faisceau 
iDoyen  du  stylo-glosse  et  antagoniste  du  lingual  supérieur. 

V*  —  Lin  goal  tnpérlewr. 

Large  et  mince,  situé  immédiatement  au-dessous  de  la  muqueuse  dorsale, 
i  laquelle  il  adhère  de  la  manière  la  plus  intime,  ce  muscle  peut  être  consi- 
déré comme  le  peaucier  principal  de  la  langue,  le  palato-glosse  et  la  portion 
horizontale  du  stylo-glosse  formant  de  chaque  côté  des  peauciers  acces- 
soires. 

Le  lingual  supérieur,  étendu  de  la  base  à  la  pointe  de  la  langue,  se  com- 
pose de  trois  portions,  bien  distinctes  à  leur  origine ,  mais  confondues  dans 
k  reste  de  leur  trajet  :  l'une  médiane,  les  deux  autres  latérales. 

La  portion  médiane^  muscU  gUmo-épiglottique,  naît  du  prolongement  moyen 
^^  lépiglotte  par  des  fibres  qui  divergent,  et  qui ,  après  un  court  trajet,  se 
confondent  de  chaque  côté  avec  les  fibres  voisines. 

Les  portionê  latérales  ont  pour  point  de  départ  les  petites  cornes  de  l'os 
)tyoîde.  Elles  se  prolongent  d'arrière  en  avant ,  sous  la  forme  d'un  ruban. 
Uurt  fibres  les  plus  internes  se  mêlent  aux  fibres  adjacentes  de  la  portion 
^K^éûisne,  qu'elles  croisent  sur  plusieurs  points;  les  externes  se  joignent  à 
celles  du  palato-glosse.  Il  suit  de  cette  disposition  qu'à  2  centimètres  environ 


176 


MTOLOOIE. 


creux  ouvert  inférieurement  pour  recevoir  les  deux  génio-gkMMt;  c'e^ 
dans  ce  cône  creux  que  se  trouvent  renfermées  les  fibres  verticales  ft 
transversales. 

Les  fibres  verticales  sont  un  prolongement  des  génio-glosses.  Elles  occupeDi 
surtout  le  centre  de  la  langue,  ou  celles  d'un  côté  se  trouvent  séparée»  de 
celles  du  côté  opposé  par  la  lame  fibreuse  médiane.  On  ne  les  observe,  dj 
reste,  que  sur  les  deux  tiers  postérieurs  de  la  langue.  Au  niveau  du  ti^r^ 
antérieur,  toutes  les  fibres  qui  suivaient  une  direction  verticale  ou  tran»^rr- 
sale  dans  les  autres  régions  s'inclinent  tellement  en  avant,  qu'elles  se  coq- 
fondent  avec  les  fibres  longitudinales. 

Les  fibres  transversales  ont  pour  origine  :  i^  le  cérato-glosse  et  une  part.' 
du  basio-glosse,  qui,  parvenus  sur  les  bords  de  la  langue,  s'infléchissent  j 
angle  droit,  pour  se  porter  ensuite,  soit  directement  en  dedans,  nAi  c:. 
dedans  et  un  peu  en  avant,  jusqu'à  la  lame  fibreuse  médiane  à  laquelle  ils 
s'attachent  ;  2*  le  faisceau  supérieur  du  stylo-glosse  qui  se  comporte  de  la 
même  manière;  3*  Tamygdalo-glosse ,  dont  la  portion  horizontale  proI<»nrf 
en  arrière,  jusqu'à  l'os  hyoïde,  le  plan  constitué  par  les  muscles  précédent*. 

A  l'aide  d'une  dissection  attentive ,  on  peut  donc  suivre  dans  leur  conti- 
nuité les  trois  ordres  de  fibres  qui  forment  par  leur  entremêlement  le  corp« 
musculaire  de  la  langue.  Mais  à  l'emploi  de  ce  moyen,  il  oonvieoi  de  join«i^c 
des  coupes  verticales  antéro-poslérieures  et  transversales. 

Les  coupes  verticales  antéro-postérieures  montrent  les  fibres  loogituth* 
nales  Averticales. 

Les  coupes  verticales  et  transversales  permettent  de  voir  les  fibres  qui  x 
portent  de  l'un  à  l'autre  côté,  et  celles  qui  cheminent  de  bas  en  haut. 
L'aspect  de  la  coupe  est  du  reste  très-difTérent,  suivant  quelle  inlére:sK'  U 
tiers  antérieur,  le  tiers  moyen  ou  le  tiers  postérieur  de  la  langue. 

Toutes  les  fibres  qui  viennent  d'être  décrites  sont  donc  un  prolongeQi»-nr 
des  divers  muscles  de  la  langue.  Indépendamment  de  ces  fibres  venues  iJu 
dehors  ,  en  existe-t-il  d'autres  qui  prendraient  naissance  dans  l'épaisseur  d<* 
l'organe  7  Ce  second  ordre  de  fibres,  dites  fibres  intrinsèques^  par  opp<>>ili<>Q 
aux  précédentes,  appelées  extrinsèques  y  est  généralement  admis.  Rien  rx 
démontre  cependant  leur  existence.  L'observation  qu'on  a  invoquée  en  lour 
faveur  vient  au  contraire  les  démentir,  en  permettant  de  suivre  jusqu  a  t4 
lame  fibreuse  médiane,  ou  jusqu'à  la  muqueuse  linguale,  les  fibres  eitnu- 
sèques.  tin  réalité,  c'est  à  la  partie  terminale  de  ces  dernières  que  s'appliqua 
la  dénomination  de  fibres  intrinsèques. 


§  5.  —  Région  c£RTIcalb  propondi  et  médiane  od  prévbrtébeale. 

Elle  comprend  trois  muscles,  situés  sur  la  face  antérieure  de  la  colonix? 
cenicale  et  de  la  partie  supérieure  de  la  colonne  dorsale  :  le  grand  drvit 
antérieur,  le  petit  droit  antérieur  de  la  tête,  et  le  long  du  cou. 

Préparation.  —  1»  Enbvcr  la  toute  du  crànc  et  l'enrëpliale;  5'  inriser  tu-dessus  du  »J^r- 
nom  cl  df  la  clavicule  toutes  les  parties  situées  au  devant  de  la  colonne  veruFbrale,  en  mt^A* 


MUSCLES  DU  COU.  175 

D  iD(  les  Dosfdes  acalènes  pour  l'écude  desquels  la  même  préparalion  devra  être  utilisée  ; 
..Mvr  fnsuite  les  parties  molles  du  cou  de  chaque  côté  jusqu'à  ces  muscles,  et  détacher  le 
•  ..:>ni  de  bas  en  haut  ;  3<>  appliqu«^r  un  trait  de  scie  sur  les  parties  latérales  droites  de  la 
Nt^  du  rrftne,  passant  entre  la  colonne  cervicale  et  le  pharynx,  puis  un  second  sur  les 
(.jr:ir$  latérales  gauches  semblablement  dirigé,  et  achever  d'isoler  la  moitié  antérieure  de 
.A  t<-u>,  ainsi  que  le  pharynx;  k**  disséquer  les  muscles  de  la  région  prévcrtébrale  en  les 
^  t*>>niot  les  uns  des  autres  et  en  circonscrivaot  les  divers  tendons  par  lesquels  ils  s'attachent 
4UI  Tcrtètees  du  cou. 


I.  —  €ruié  droit  aBtéricur  et  la  iHt, 

Situé  sur  la  partie  antérieure  et  latérale  de  la  colonne  cervicale  ;  obli- 
q-iement  étendu  de  la  sixième  vertèbre  du  cou  à  Tapophyse  basilaire  de 
1  tK  cipital  ;  allongé,  aplati,  beaucoup  plus  large  et  plus  épais  supérieure- 
u)(M)t  qu'inférieurement. 

Iruertians ,  direction,  —  Le  grand  droit  nait  en  bas  par  quatre  petits 
tendous  du  tubercule  antérieur  des  apopbyses  transverses  des  sixième,  cin- 
quit'^me,  quatrième  et  troisième  vertèbres  cervicales.  Ces  quatre  tendons, 
4u\quel8  se  joint  souvent  un  cinquième  émané  du  long  du  cou,  remontent 
derrière  le  corps  du  muscle,  en  sorte  qu'il  faut  le  renverser  de  dedans  en 
dehors  pour  les  apercevoir.  Us  sont  recouverts,  après  un  court  tri4et,par  les 
hbres  charnues,  qui  forment  des  faisceaux  d'abord  distincts  et  obliquement 
a^j'eadants,  mais  qui  se  réunissent  ensuite  et  qui  se  rendent  :  celui  du  pre- 
Oiier  tendon  directement  à  l'apophyse  basilaire;  les  suivants,  successivement 
*(  <elon  leur  origine,  à  la  partie  inférieure  et  postérieure  d'une  longue  apo- 
'.">rose.  De  la  partie  supérieure  at  postérieure  de  celle-ci  part  un  gros 
'di^eau  charnu,  lequel  se  joint  au  faisceau  externe  pour  s'insérer  à  l'apo- 
;>li}àe  basilaire  au  devant  du  trou  occipital.  Ainsi  constituée,  la  portion  prin- 
<  i[Kile  du  grand  droit  antérieur  offre  une  remarquable  analogie  avec  les 
muscles  digastriques. 

Rapports, —  Ce  muscle,  comme  tous  ceux  de  la  même  région,  est  recouvert 
immédiatement  par  l'aponévrose  prévertébrale.  Sur  un  plan  plus  antérieur, 
^  répond  :  au  pharynx,  à  l'artère  carotide,  à  la  veine  jugulaire  interne,  au 
nerf  pneumogastrique  et  au  grand  sympathique.  —  Sa  face  postérieure  ou 
pr>ronde  recouvre  le  long  du  cou,  qui  la  déborde  en  dedans,  et  le  petit 
drit  antérieur,  qui  la  déborde  en  dehors.  —  Son  bord  Interne,  couché  sur  le 
siaaie  loug  du  cou,  converge  de  bas  en  haut  verscelui  du  côté  opposé,  dont 
:i  c»t  très-rapproché  supérieurement. 

II.  —  VeUI  «rolt  aaléricar  tfe  la  iMc. 

Situé  au  devant  de  l'articulation  occipito-atloïdienne;  très-court,  étroit, 

ipUti. 

ImertioHê.  —  11  nait  en  bas  de  la  face  antérieure  des  masses  latérales  de 
1  >tlaâ  et  de  la  partie  correspondante  de  l'apophyse  transverse,  par  un  ten- 
d  (1  aplati  auquel  succèdent  bientôt  les  fibres  charnues,  se  porte  en  haut  et 
•tt  peu  en  dedans  en  s'élargissant,  et  s'insère  à  l'apophyse  basilaire  de 
"j<upi(a],  au  devant  du  condyle  de  cet  os. 

'^«Pfwlt.  —  Par  sa  face  antérieure,  le  petit  droit  correspond  au  grand 


•^ 

> 


174 


MTOLOOIE. 


\ 


creux  ouvert  inférieurement  pour  recevoir  les  deux  génia 
dans  ce  cône  creux  que  se  trouvent  renfermées  les   Bbf 
transversales. 

Les  fibres  verticales  sont  un  prolongement  des  génio-glo^ 
surtout  le  centre  de  la  langue,  ou  celles  d'un  côté  se  t* 
celles  du  côté  opposé  par  la  lame  fibreuse  médiane.  0^ 
reste ,  que  sur  les  deux  tiers  postérieurs  de  la  langr 
antérieur,  toutes  les  fibres  qui  suivaient  une  directio* 
sale  dans  les  autres  régions  s'inclinent  tellement  e 
fondent  avec  les  fibres  longitudinales. 

Les  fibres  transversales  ont  pour  origine  :  1*  le 
du  basio-glosse,  qui,  parvenus  sur  les  bords  d^ 
angle  droit ,  pour  se  porter  ensuite ,  soit  dir 
dedans  et  un  peu  en  avant,  jusqu'à  la  lame  ' 
s'attacbent  ;  2®  le  faisceau  supérieur  du  st* 
même  manière;  3"  l'amygdalo-glosse ,  don' 
en  arrière,  jusqu'à  l'os  byoïde,  le  plan  co' 

A  l'aide  d'une  dissection  attentive ,  on 
nuité  les  trois  ordres  de  fibres  qui  foru?    , 
musculaire  de  la  langue.  Mais  à  l'emp^ 
des  coupes  verticales  antéro-postérie 

Les  coupes  verticales  antéro-pos^ 
nales  ^verticales. 

Les  coupes  verticales  et  transv 
portent  de  Tun  à  l'autre  côté. 
L'aspect  de  la  coupe  est  du  re^ 
tiers  antérieur,  le  tiers  moyer 

Toutes  les  fibres  qui  vien 
des  divers  muscles  de  la  l* 
dehors ,  en  existe-t-il  d'ai  ^ 

l'organe  7  Ce  second  ord 
aux  précédentes,  appe' 
démontre  cependant  V 
faveur  vient  au  cont 
lame  fibreuse  médi; 
sèques.  Ln  réalité, 
la  dénomination 


11.  U'aburil  i^ 
lormer  un  k.. 


i 


§  5.  —  Ré 

Elle  com 
cenicale 
autérieui 


Prépn 
nom  et 


at»^rfi!tf  profonde. 


-«i,»'»  — 


—  î.  2.  Apophyses  011*»'^' 
.   :.    .nul  anU'nrur.  —  5,  J    *'- 

,,^^,e.  —  7'  Si-9 faisreaax  »t       * 

^■a-^-    ••»>   hits    lc<    (\'U\  *f- 

-.*r    —  16.  Uermcrc  ou  iii'i-' " 


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'^LES  DU  COU.  J77 

"  située  à  droite  cl  à  gauche  du  corps 

^n  dedans ,  vers  le  tubercule  de 

'n  tendon  arrondi  ;  ce  dernier 

'lont  vertébral  commun 

de  deux.  Ils  se 

^•1  troisième 

'aclicnt 

et  qua- 

.  ùrent  seu- 

plus  déliés  que 
ae  deux  ou  trois.  Ils 
aies  et  de  celui  de  la 
c  et  quatricme  vertèbres 
oxité  interne. 
.  au  grand  droit  antérieur,  au 
o  primitive  et  au  nerf  pneumo 
ijoslérieure  avec  les  vertèbres  aux- 
1  les  unissent. 

:let  de  U  région  prévert«brale. 


•  /* 


^  die  est  dans  l'état  d'extension,  les  six  muscles  de 

^'allongent  en   décrivant  une  courbe  à  convexité 

extenseurs  se  relâchent,  ils  ramènent  la  colonne  à  sa 

le  grand  et  le  petit  droit  fléchissent  la  tète;  le  premier 

.rs  vertèbres  les  plus  élevées,  et  le  long  du  cou  continue  ce 

llexion,  qui  se  propage  ainsi  de  haut  en  bas.  Si  la  tète  et  le 

la  supporte  sont  en  état  d'équilibre,  ces  muscles  peuvent  avoir 

.r  action  commune  de  les  fléchir,  ou  bien  de  contribuer  à  balancer 

ice  de  leurs  antagonistes  et  à  les  maintenir  l'une  et  l'autre  dans  un 

iO  rigidité, 
dais  les  muscles  de  celte  région  n'agissent  pas  toujours  simultanément. 
iix  du  côté  droit  peuvent  se  contracter  indépendamment  de  ceux  du  côté 
eauche.  Dans  ce  cas,  les  effets  contraires  n'étant  plus  annulés,  chacun  d'eux, 
»n  restant  essentiellement  fléchisseur, possède  une  action  qui  lui  est  propre. 
I  e  grand  droit  imprime  à  la  tête  un  léger  mouvement  de  rotation  par  lequel 
id  face  est  tournée  de  son  côté  ;  le  petit  droit  lui  communique  un  très-léger 
tm»u»emenl  d'inclinaison  latérale  ;  le  long  du  cou  fléchit  les  vertèbres  cervi- 
•  al»*.*  en  les  inclinant  à  droite  ou  à  gauche,  et  peut  en  même  temps,  par  son 
Itîndou  le  plus  élevé,  faire  tourner  l'atlas  autour  de  l'axis, 

ijt%  muscles,  étant  très-grôles  et  s'insérant  très-près  du  point  d'appui  des 
Wxier»  qu'ils  doivent  mou\oir,  semblent  ne  posséder  du  reste  qu'une  faible 
Aiticm;  remarquons    cependant  que  leur  débilité  est  en  partie  compen- 
se par  leur  insertion  plus  ou  moins  perpendiculaire  sur  l'occipital  et  le 

forps  des  vertèbres. 

it.  -  12 


droil,  et  eo  dehors  de  celui-ci  à  l'arlôre  carotide  interne  et  eu  nerf  piif  um-'- 
gastrique.  —  Sa  Tacc  postérieure  recouvre  le  ligament  qui  unit  1  uciij'iui 
&  la  première  vcrIËbre  du  cou. 

III.  —  LMt  ém  <•■■ 


Situé  sur  la  partie  antérieure  et  latérale  des  trois  première!  verti-bn 
du  dus,  et  des  cinq  dernières  vertèbres  du  cou  ;  allongé  de  haut  en  !>u. 
aplati  d'avant  en  arrière,  plus  large  et  comme  renflé  dans  sa  p«ni 
mojennc,  eDIIë  i  ees  extrémités.  —  Il  est  constitué  par  trois  ordres  de  Ta- 
ccaun  qui  peuvent  être  distingués  d'après  leur  situation  :  en  supériri-r?. 
inférieurs  et  internes  ;  et  d'après  leur  direction,  en  obliques  inlernn,  '>l>:i- 
ques  eiteriies,  et  longitudinaux. 

1°  Faùceaux  supérieurs  ou  Miquts  intivnei.  —  Au  nombre  de  irol».  li- 
naissent  par  de  courts  tendons  du  tubercule  antérieur  des  apophyses  tn:i- 
verses  des  cinquième,  qualrième  et  troisième  vertèbres  du  rou.  D'aburd  \t. 
dépendants,  ces   faisceaux  se  réunissent  plus   haut  pour  former  un  i<  i.. 

Fig.  îSS. 


Matelei  dei  régioni  prtverliliTalr  et  cervicale  latérale  profomtU. 

I.  Cniit^  tTHimrniilF  ri  \erliriilr  dr  II  Imw  du  rrtac  —  3,  3.  A|iu|dii>rJ>  ■•Mai<--<  - 
3.  HUMlr  «raDiIdniiliiiili'murai-lalJU'.  —  4.  UumK'  |Ktll  droit  aulÉriiur.  —  ï,y  Ul> 
ilmit  lil-r«l.  —  (1,6.  KmirfBin  liint-iluiliriiiux  nii  iiiIrTiim  iln  niU'ulv  lnn(i  iIb  ■■'■'  - 
7,1.  l-'ii«rui  oMiqUF*  iitrmr'>  •>»  iiu|i^riturs  du  ratmc  miucle.  —  T'  Smtaumix  nl>.  -..^ 
nlmn  uu  indriran.  —  S.  B.   Uuv-li-  N'uknr  p<j:>li' rieur.  —  D.  UuH'k  valrur  ini.  - 

—  «!lll."»rniiU'"M».  —  13   Troisii'iuc  ■erli'brpilornlf.  —  lt,lï.  .^|>o|ihTw>  In".- -- 

IWirr  itn  inlrrtniinii'rxirrs. 


MUSCLES  DU  COU.  177 

•  tirps  charnu,  qui  remplit  la  gouttière  située  à  droite  et  à  gauche  du  corps 
iW*  vertèbres ,  et  qui  se  porte  en  haut  et  en  dedans ,  vers  le  tubercule  de 
I  arc  antérieur  de  l'atlas,  auquel  il  s'attache  par  un  tendon  arrondi  ;  ce  dernier 
M*  iixe  en  partie  aussi  sur  l'origine  du  grand  ligament  vertébral  commun 
antérieur. 

2'  Faisceaux  inférieurs  ou  obliques  externes,  —  Au  nombre  de  deux.  Ils  se 
fixent  en  bas  sur  la  partie  latérale  du  corps  de  la  seconde  et  de  la  troisième 
^trtt'bre  du  dos,  se  dirigent  obliquement  en  haut  et  en  dehors,  et  s'attachent 
ail  tubercule  antérieur  des  apophyses  transverses  des  cinquième  et  qua- 
trième vertèbres  cervicales.  QuelquePois  ils  se  réunissent  et  s'insèrent  seu- 
lement h  la  cinquième. 

V  Faisceaua'  internes  ou  longitudinaux.  —  Plus  minces  et  plus  déliés  que 
i»î^  i»n»cédents,  moins  distincts  que  ceux-ci  ;  au  nombre  de  deux  ou  trois.  Ils 
^•■ifndent  du  corps  des  trois  premières  vertèbres  dorsales  et  de  celui  de  la 
fit'rnière  cervicale,  au  corps  des  deuxième,  troisième  et  quatrième  vertèbres 
«lu  cou,  en  décrivant  une  légère  courbure  à  convexité  interne. 

Rapports. —  Le  long  du  cou  répond  en  avant  au  grand  droit  antérieur,  au 
[>har}nx  et  ù  Tœsophage,  à  l'artère  carotide  primitive  et  au  nerf  pneumo- 
K'd?trique.  Il  est  en  rapport  par  sa  face  postérieure  avec  les  vertèbres  aux- 
quelles il  s'insère,  et  les  ligaments  qui  les  unissent. 

lY.  —  Action  des  miuclet  de  la  réfflon  pr«ver(«brale. 

lorsque  la  colonne  cervicale  est  dans  l'état  d'extension,  les  six  muscles  de 
a  région  pré  vertébrale  s'allongent  en  décrivant  une  courbe  à  convexité 
aiitérieure.  Dès  que  les  extenseurs  se  relâchent,  ils  ramènent  la  colonne  à  sa 
rt(  titude  naturelle;  le  grand  et  le  petit  droit  fléchissent  la  tète;  le  premier 
!i«<'hit  en  gutre  les  vertèbres  les  plus  élevées,  et  le  long  du  cou  continue  ce 
m<>u\ement  de  flexion,  qui  se  propage  ainsi  de  haut  en  bas.  Si  la  tète  et  le 
{H-  .icule  qui  la  supporte  sont  en  état  d'équilibre,  ces  muscles  peuvent  avoir 
•Tuorepour  action  commune  de  les  fléchir,  ou  bien  de  contribuera  balancer 

I  Hitluence  de  leurs  antagonistes  et  à  les  maintenir  l'une  et  l'autre  dans  un 
«tdt  de  rigidité. 

Mai<  les  muscles  de  cette  région  n'agissent  pas  toujours  simultanément. 
( -nx  du  côté  droit  peuvent  se  contracter  indépendamment  de  ceux  du  côté 
•raiM ho.  Dans  ce  cas,  les  elTets  contraires  n'étant  plus  annulés,  chacun  d'eux, 

•  ri  restant  essentiellement  fléchisseur,  possède  une  action  qui  lui  est  propre. 
1 1' grand  droit  imprime  à  la  tête  un  léger  mouvement  de  rotation  par  lequel 

II  face  est  tournée  de  son  côté;  le  petit  droit  lui  communique  un  très-léger 
in<>u>ement  d'inclinaison  latérale  ;  le  long  du  cou  fléchit  les  vertèbres  cervi- 

•  alf >  (Ml  les  inclinant  à  droite  ou  à  gauche,  et  peut  en  môme  temps,  par  son 
i<'iidou  le  plus  élevé,  faire  tourner  l'atlas  autour  de  l'axis. 

<:es  muscles,  étant  très-grôles  et  s'insérant  très-près  du  point  d'appui  des 
\*'\Wrî  qu'ils  doivent  mouvoir,  semblent  ne  posséder  du  reste  qu'une  faible 
•f  tion  ;  remarquons  cependant  que  leur  débilité-  est  en  partie  compen- 
^*^e  par  leur  insertion  plus  ou  moins  perpendiculaire  sur  l'occipital  et  le 
'orps  des  vertèbres. 

ir.  -  12 


§  6.  —  RÉeiOlt  CERVICALE  PBOFOKDE  ET  UTË&ALE. 

A  celle  région  se  nitacbcnt  :  les  scalèDct,  les  î n  1er I rai» ve noires  du  <<> 
el  le  droit  latéral  de  la  léic. 

PriparalioH.  —  Elle  ne  diffère  pu  Uu  relie  qui  a  fU-  iiidirnjiîe  jioiir  l'i'-iudr  rfii  t.. 
de  la  r^gun  prÉrerlobnle.  J'ujoulerai  «euleiiienl  qu*a|irè>  avoir  pria  l'on  nais»  U'r  J- 
maicles  el  des  scalènes,  il  esl  d'une  absolue  nécessili!  de  k's  di'tfii;hrr  de  lu  miuiirir  It  \- 
complète,  afin  de  metliu  eu  lumieru  les  inlertransvcmiire».  Le  pelil  dnil  Isirnl  > 
décOuteH  :  i>  en  coupant  II  leur  insertion  les  trois  uiusrles  i|ui  se  rendeut  ■  l'ait  m 
nuuulde,  ainsi  que  le  lenlre  postérieur  du  digasiriqne;  2"  en  enlevant  ane  lune  U'H 
ajuei  r^islonte  qui  l'entoure  el  lui  adhère  étroitement. 


Lci  auleun  ont  be&ucoup  varié  d'opinion  sur  te  nombre  des  ical^tii-i. 
Gavard,  avec  la  plupart  des  anciens,  n'en  admet  qu'un  ;  Winslow  en  cum|<v 
deux;  Sabatier,  trois;  Albinns, cinq, ol  Haller  jusqu'il  scpl.  Il  csl  ccrtaiu  q(i'<-:. 
obMrve,  en  général,  trois  faisceaux  parfaitement  distincts  ioféneuremi-nt  : 

Rg.  2S5. 


Mtitclei  det  rigioiit  prii-trlilirale  et  ctrvicale  lalérùle  profonde. 

t .  Cuu|ir  Iran «ïi' nulle  M  tenieale  de  la  liaw  du  erUne.  —  J,  3.  Apnphtsrs  mvtc 
3.  Musrle  firand  droit  ■nli'rieiir  de  b  litr,  —  A.  Mu>i'lr  pelil  dnril  anténear.  —  i.b 
dpiil  lali'ral.  —  a,  a.  Kaiseraiii  luiiKiludii.uul  nu  iiil<mr>  du  inUMle  luiif  rin 
7, 7.  Kaiseeini  oliliquei  inlrnir-  uu  suiN'iieurs  du  iiif me  iiiiinle.  —  7'  Sra faiiri'aui 
cilrmrs  nu  infiirieun.  —  «,  ».  Uuxle  sriilrne  |>-i.:[>.'<>r.  —  0.  Musilr  w-.kiif  41 
---  10, 10.  Prrnuerrs  rUes.  —  II.  Ki|>Bre  uiifiiilairr  4U1  tj)iarr  en  lui)  In  drui  • 
—  11, 17.  S.'.imJe  i'"le.  —  l;t.  Tr.iisi.'rur  lertebr.'  d..r-i.l.-,  —  1/,,  U,  \|».i.ln,e.  Ui 
de  l'aUav  —  11.  Premier  uinwle  inUrIraiii.ietsairï  anu'rieur.  —  10.  llernirrr  rni  en 
pure  d»  lulertranitenaire». 


MUSCLES  DU  COU.  179 

!  un  qui  s'attache  au  bord  interne  de  la  première  côte,  en  avant  de  la  goût- 
lirrc  sur  laquelle  passe  l'artère  sous-clavière  ;  l'autre  qui  s'insère  sur  la 
face  citerne  de  la  même  côte  en  arrière  de  cette  gouttière  ;  le  troisième  qui 
oait  du  bord  supérieur  de  la  seconde  côte.  On  pourrait  donc  admettre  trois 
^4  alùnes  qui  se  distingueraient,  d'après  leur  situation  relative,  en  antérieur, 
mou'Q  et  postérieur.  Mais  le  moyen  et  le  postérieur,  bien  qu'indépendants 
4  leur  point  de  départ,  ne  tardent  pas  à  s'appliquer  l'un  à  l'autre  pour  se 
ronfoodre  dans  le  reste  de  leur  trajet.  Le  nombre  des  scalènes,  par  consé- 
quent, peut  être  réduit  à  deux;  c'est  entre  ces  deux  muscles  que  passent 
1  artère  et  les  principaux  troncs  nerveux  destinés  au  membre  supérieur. 

1*  Scalène  antérieur,  —  Situé  sur  les  parties  latérales  et  inférieures  du 
t  on  ;  allongé,  arrondi,  large  en  bas,  plus  étroit  en  haut. 

ItaertionSf  direction.  —  11  s'attache  en  bas  au  bord  interne  de  la  première 
côte  et  au  tubercule  de  sa  face  externe ,  en  arrière  de  la  gouttière  sous- 
jacente  à  l'artère  sous-clavière^  par  un  tendon  qui  remonte  assez  haut  en 
»  épanouissant  sur  les  fibres  charnues.  De  cette  origine  le  scalène  antérieur 
5e  dirige  obliquement  en  haut,  en  dedans  et  en  arrière,  et  se  termine  par 
tnjiâ  languettes  tendineuses,  d'abord  cachées  dans  son  épaisseur,  lesquelles 
uennent  se  fixer  au  tubercule  antérieur  des  apophyses  transverses  des 
^iiièmc,  cinquième  et  quatrième  vertèbres  cervicales.  Quelquefois  il  ne 
:e]è\e  pas  Jusqu'à  la  quatrième  ou  monte  jusqu'à  la  troisième. 

Rapports,  —  Le  scalène  antérieur  est  recouvert  en  bas  par  la  veine  sous- 
(la^ière,  plus  haut  par  le  nerf  diaphragmatique,  la  veine  jugulaire  interne, 
)  iimoplat-hyoïdien  et  le  sterno-mastoïdien.  Il  répond  en  arrière  au  scalène 
p  ^térieur,  dont  le  sépare  un  espace  angulaire.  Cet  espace  livre  passage 
iiiferieurement  à  l'artère  sous-clavière,  supérieurement  aux  branches  anté- 
rieures de»  nerfs  cervicaux,  qui  forment  par  leur  réunion  en  dehors  des 
Galènes  le  plexus  brachial. —  En  dedans  il  est  séparé  du  muscle  long  du 
c  *u  par  un  intervalle  qu'occupent  l'artère  et  la  veine  vertébrales. 

^  SaUène  postérieur,  —  Ce  muscle  est  plus  long  et  plus  considérable  que 
>e  précédent,  en  arrière  duquel  il  se  trouve  situé,  mais  du  reste  assez  sem- 
Mable  à  celui-ci,  par  sa  forme,  et  son  volume, qui  s'accroît  progressivement 
k  haut  en  bas. 

iiufrtioru,  direction.  -—  Inférieurement,  le  scalène  postérieur  est  divisé  en 
•i^ux  faisceaux,  l'un  antérieur,  arrondi  et  beaucoup  plus  volumineux,  l'autre 
p^'Mérieur,  aplati  et  très-mince.  —  Le  faisceau  antérieur  s'insère  sur  toute 
la  largeur  de  la  face  supérieure  de  la  première  côte,  en  arrière  de  là  goût- 
ti<'rt!  de  l'artère  sous-c1a\ière,  par  de  courtes  fibres  tendineuses  mêlées  aux 
tibrt's  musculaires,  mais  qu^se  juxtaposent  en  avant,  où  elles  remontent  sur 
1>'  corps  charnu  à  la  hauteur  de  2  centimètres  environ.  —  Le  faisceau  posté- 
n^-iir  se  fixe  au  bord  supérieur  ou  interne  de  la  seconde  côte  par  des  fibres 
iponévrotiques  auxquelles  se  rendent  presque  aussitôt  les  fibres  muscu- 
Uirt's.  Quelquefois  ce  faisceau  n'existe  pas.  Chez  certains  individus,  au 
'•'ilrairc,  on  en  rencontre  un  second  qui  répond  à  la  partie  antérieure  du 
muàcle  et  qui  se  réunit  à  celui-ci  supérieurement. 


180 


MYOLOGIE 


j"i 


Les  deux  faisceaux  du  scalène  postérieur  se  dirigent  obliquement  en  h 
en  dedans  et  un  peu  en  avant,  en  s'appliquant  l'un  à  l'autre,  se  rappro^ liant 
de  plus  en  plus  du  scalène  antérieur,  et  vont  se  fixer  au  tubercule  postent-  .r 
des  apophyses  transverses  des  six  dernières  vertèbres  du  cou  par  autant  d^ 
petits  tendons  longtemps  cachés  dans  leur  épaisseur.  Il  n'est  pas  tre^  r<ir< 
de  voir  une  languette  tendineuse  le  prolonger  jusqu'à  l'apophyse  traii>vriv 
de  Tatlas. 

Rapports.  —  En  dehors,  le  scalène  postérieur  est  recouvert  de  bas  en  In 
par  le  grand  dentelé,  le  sous-clavier,  l'omoplat-hyoïdien,  l'artère  ceni  • 
transverse,  et  toutes  les  parties  molles  de  la  région  sous-clavière ..  di<:.i 
forme  le  plan  profond.  —  En  dedans ,  il  est  en  rapport  avec  le  pnm^r 
muscle  intercostal  externe  et  le  sommet  des  apophyses  transverses  de«  \'r 
tèbres  du  cou.  —  En  avant,  il  répond  à  l'artère  sous-clavière  et  aux  brain  V- 
antérieures  des  nerfs  cervicaux  qui  le  séparent  du  scalène  antérieur.  -  1 
arrière,  où  il  devient  très-étroit,  ce  muscle  s'applique  à  l'auguldirt  ù- 
l'omoplate. 


«  <  - 


IL  —  IntcrtraafTcnalrct  ém 

Situés  entre  les  apophyses  transverses  des  vertèbres  du  cou  ;  trèsH-*>i:r 
aplatis,  quadrilatères,  verticalement  dirigés. 

Au  nombre  de  onze  pour  chaque  coté  et  disposés  par  paires,  ils  «mt  • 
distingués  en  antérieurs  et  postérieurs. 

i*^  Interiransversaires  antérieurs,  —  On  en  compte  six,  un  pour  cl.a<: 
espace  intertransversaire.  Ils  s'attachent  en  bas  au  bord  antérieur  de 
gouttière  que  présente  la  face  supérieure  des  apophyses  transverse»  du 
et  8'élèvent  verticalement  pour  se  tixer  en  haut  à  la  face  inférieure  de  1  a.- 
physe  transverse  qui  est  au-dessus. 

Rapports.  —  En  avant,  ces  muscles  répondent  à  ceux  qui  viennent  r. 
sérer  au  tubercule  antérieur  des  apophyn's  transverses,  ce^t-à-dire  au  ^r. 
droit  antérieur,  au  long  du  cou  et  au  scalène  antérieur.  —  En  arrit  rv. 
sont  en  rapport  avec  l'artère  vertébrale,  qui  leur  est  parallèle;  avec  lo  l:y 
ches  antérieures  des  nerfs  cervicaux,  qui  les  croisent  à  angle  droit  et  qi .  ^ 
séparent  des  interiransversaires  postérieurs. 

2**  Interiransversaires  postérieurs,  —  Il  en  existe  un  pour  les  cinq  dcr'.   ' 
i*.->paces  intertransversaires.  Le  premier,  ou  l'espace  compris  entre  1  ai  i*  ^ 
l'axis,  en  est  constamment  dépourvu.  Inférieurement,  ces  muscles  »  in^r 
au  boid  postérieur  de  la  gouttière  des  apophyses  transverses,  et  »up'ru  .* 
ment  à  la  face  inférieure  de  lapophyse  qui  est  au-dessus.  Lcun»  dinui'-i  • 
leur  forme,  leur  direction  ne  diffcrent  pas,  du  reste,  de  celles  des  anttrit   ^ 

Rapports,  —  Hecouverts  en  avant  par  l'artère  vertébrale  et  le>  br .' 
antérieures  des  nerfs  cervicaux,  ils  le  sont  en  arrière  par  les  muMl*;  s 
viennent  se  llxer  au  tubercule  postérieur  des  apophyses  traiisverx* 
spléiiius  do  la  tète  et  l'angulaire  de  lomoplate  supérieurement,  le  ?<^ 
postérieur  et  le  petit  complexus  inférieurement. 


MUSCLES  DU  COU.  181 

III.  —  Droll  taMral  «e  la  tMe. 

Le  droit  latéral  de  la  tête  est  situé  entre  l'apophyse  jugulaire  de  l'occi- 
pital et  l'apophyse  transverse  de  l'atlas,  sur  le  prolongement  de  la  série  des 
intprtransversaires  antérieurs,  dont  on  peut  le  considérer  comme  l'ana- 
lotrue.  11  ne  dilfère  de  ceux-ci  que  par  son  volume,  qui  est  plus  considérable, 
et  !^a  Tonne,  qui  est  plus  arrondie. 

Insertions,  —  Ce  muscle  s'insère  en  bas  à  la  partie  antérieure  et  supé- 
rifure  de  l'apophyse  transverse  de  l'atlas;  en  haut,  à  la  partie  inférieure  de 
i  a[U)physe  Jugulaire  de  l'occipital.  De  même  que  les  autres  intertransver- 
^ires,  il  est  presque  entièrement  charnu. 

Rapports.  —  Il  répond ,  par  sa  face  antérieure,  à  la  veine  jugulaire  in- 
iiTne,  par  la  postérieure  à  l'artère  vertébrale,  par  son  côté  externe  au  ventre 
[•«•<térieur  du  digastrique,  par  l'interne  à  l'articulation  occipito-atloîdienne. 
I  ne  lame  fibreuse  assez  dense  le  recouvre,  du  reste,  immédiatement  et  le 
^••pnre  de  toutes  ces  parties. 

rv.  —  action  dM  noMlei  de  la  réirloii  cervicale  latérale. 

le»  muscles  de  cette  région ,  considérés  au  point  de  vue  des  mouvements 
•;u  ils  déterminent,  se  divisent  en  deux  ordres  :  les  uns  ne  communiquent 
iu\  u9  que  des  mouvements  partiels  ;  les  autres  leur  impriment  des  mou- 
V'-ments  de  totalité. 

L«'  droit  latéral  et  la  double  série  des  intertransversaires  représentent  les 
i»r»»miers.  Tous  prennent  leur  point  d'appui  in  fé  ri  eu  rement,  et  par  Icurcon- 
îrartion  rapprochent  de  la  vertèbre  inférieure  celle  qui  est  au-dessus.  Les 
innivements  partiels  s'ajoutant  les  uns  aux  autres,  le  cou  et  la  tôte  s'incli- 
n»'rit  de  leur  côté.  Si  les  muscles  des  deux  côtés  se  contractent  à  la  fois,  ils 
•i*\ionnent  mutuellement  antagonistes  et  contribuent  alors  à  communiquer 
1  la  colonne  cervicale  la  rigidité  qui  lui  est  nécessaire  dans  certains  actes, 
lorsque  la  tête,  par  exemple,  supporte  un  fardeau  qui  doit  rester  en  équi- 
libre. 

Les  muscles  destinés  à  imprimer  des  mouvements  de  totalité  sont  les 
•it'ux  scalènes,  qui  prennent  leur  point  fixe,  tantôt  in férieu rement  et  tantôt 
s>ipérieurement.  Lorsque  le  thorax  leur  sert  de  point  d'appui,  ils  commu- 
Cliquent  à  la  tête  et  au  cou  un  mouvement  d'inclinaison  latérale  qui  est 
ônct  si  les  deux  muscles  du  môme  côté  agissent  en  même  temps,  antéro- 
Ulf  ral  s'il  est  dû  au  scalène  antérieur,  postéro-latéral  s'il  est  produit  par  le 
H'<ilène  postérieur.  Tout  mouvement  sera  annulé  si  les  quatre  scalènes  se 
<  >ntractent  à  la  fois;  mais  cette  simultanéité  d'action  aura  pour  avantage 
tl*-  les  faire  participer  à  la  rigidité  de  la  colonne  cervicale ,  qui  conservera 
aiMM  plus  solidement  son  état  de  rectitude. 

Très^souvent  les  scalènes  prennent  leur  insertion  fixe  sur  les  vertèbres  du 
<»u.  Dans  ces  conditions,  ils  élèvent  le  thorax  et  jouent  le  rôle  de  muscles 
inspirateurs  ;  c'est  ce  qui  a  lieu  le  plus  habituellement  chez  la  femme,  qui 
r**pire  par  le  type  costo-supérieur. 


!82 


MYOLOGIE. 


§  7.  —  Aponévroses  du  cou. 


Les  muscles  de  la  partie  antéro-latérale  du  cou  que  nous  avons  considér*^ 
Jusqu'à  présent  comme  des  organes  simplement  superposés  ou  juxtap»^^ 
ne  sont  pas  cependant  sans  connexion.  Dans  les  intervalles  qui  les  sépnrvrj. 
on  remarque  des  plans  fibreux,  s'attachant  comme  les  plans  musrtiiairr* 
aux  saillies  osseuses,  se  continuant  les  uns  avec  les  autres  au  niveau  de  1t  rr^ 
bords,  les  entourant  de  toutes  parts  et  leur  constituant  autant  de  galnc«  r^[:\ 
en  prennent  la  forme,  la  direction  et  les  dimensions.  Ainsi  continus  ei  <"■:- 
dément  fixés  à  des  points  d'appui  multiples,  ils  forment  pour  les  muM  li^^  1 1 
les  veines  du  cou  une  charpente  à  la  fois  flexible  et  résistante  y  divi^f*  ft 
subdivisée  en  nombreux  compartiments  dans  lesquels  chacun  d'eux  a  >i 
place  marquée.  Loin  de  rester  indépendants  et  immédiatement  cuntign^. 
ces  organes  sont  donc  enchaînés  au  contraire  dans  leur  situation  relative: 
ils  jouissent  de  la  liberté  qui  leur  est  nécessaire,  et  d'une  certaioe  latiiu*ir 
de  déplacement,  dues  à  la  flexibilité  et  à  l'élasticité  de  leurs  gaines  ap<«nt^ 
vrotiques.  Mais  ils  ne  peuvent  ni  abandonner  la  place  qui  leur  est  assi^iiT. 
ni  s'écarter  notablement  des  organes  voisins,  sans  être  presque  aussitôt  rt- 1^ 
blis  dans  leurs  rapports  primitifs,  par  la  réaction  des  lames  fibreuses  d':a 
ils  occupent  les  divers  dédoublements. 

Ces  lames  fibreuses  revêtent  les  attributs  qui  sont  propres  aux  aponé^n^x*) 
des  muscles  larges.  Comme  ces  dernières,  elles  se  distinguent  :  par  leur 
minceur  alliée  à  une  notable  résistance  ;  par  leur  demi-transparence  :  par 
leur  adhérence  assez  intime  aux  plans  musculaires  sous-jacents,  en  s^^ri'^ 
qu'on  a  pu  les  considérer  comme  un  simple  perimysium  plus  ou  moins  o.r. 
dense  ;  par  leur  aspect  d*un  blanc  terne,  contrastant  avec  l'aspect  nacn*  et 
resplendissant  des  aponévroses  des  membres;  et  enfin  par  l'entrecroisem'.  ni 
irrégulier  des  faisceaux  de  fibres  lamineuses  qui  les  composent. 

I^a  disposition  que  présentent  les  aponévroses  du  cou  est  très-compliqu»-*- 
Aussi  rcmarque-t-on  peu  de  concordance  dans  la  description  qu'en  «»  :t 
donnée  les  divers  auteurs.  La  plus  exacte,  la  plus  complète,  la  meillt^urv 
sans  contredit,  est  celle  que  nous  devons  à  M.  Degrusse.  Cet  auteur  con«<';i'<: 
d'employer  pour  leur  étude  trois  modes  de  préparation  qui  tous  les  tn>i^  ^'n 
effet  sont  utiles.  On  aura  recoui*s  d'abord  à  des  coupes  transversales  compr^ 
nant  la  totalité  du  cou  et  pratiquées  &  des  hauteurs  différentes;  on  le»di^vr- 
quera  ensuite  d'arrière  en  avant;  puis  on  les  examinera  dans  chaque  région. 
des  parties  superficielles  vers  les  parties  profondes,  c'est-à-dire  dans  1  ouirr 
de  superposition.  —  Le  premier  procédé,  en  les  montrant  de  profil,  roeltri 
en  évidence  les  gaines  très-nombreuses  qu'elles  forment  par  leurs  dédoublt^- 
ments  successifs,  ainsi  que  la  configuration, les  dimensions,  la  situation  rvU- 
tive  de  toutes  ces  gaines.  —  Le  second,  en  les  découvrant  sur  leur  longueur 
et  leur  largeur,  permettra  de  prendre  connaissance  des  rapports  et  d*^ 
insertions  de  chacune  d'elles.  —  Le  troisième  aura  pour  avantage  de  coin 
pléter  l'étude  de  leurs  connexions. 

Par  l'emploi  suffisamment  r»*pôté  de  ces  trois  procédés,  on  arrivera 


APONÉVROSES  DU  COU.  183 

promptement  à  reconnattre  que  la  charpente  fibreuse  du  cou  comprend 
dans  sa  composition  : 

!•  Deux  colonnes  médianes  :  l'une  antérieure ,  étendue  du  menton  au 
stproum,  et  improprement  appelée  ligne  blanche  cervicale;  l'autre,  pos- 
tt*rieure ,  beaucoup  plus  épaisse  et  plus  résistante,  étendue  de  l'occipital 
à  rapophyve  épineuse  de  la  septième  vertèbre  du  cou. 

2*  Deux  lames  fibreuses  qui  se  portent  de  la  colonne  antérieure  à  la 
colonne  postérieure,  et  qui  forment  par  leur  continuité  une  grande  gaîne 
embrassant  la  totalité  du  cou  ;  c'est  Vaponévrose  cervicale  superficielle, 

3^  Deux  autres  lames  profondes  qui  naissent  de  la  partie  antérieure  et 
m»''diane  de  la  colonne  cervicale,  se  dirigent  transversalement  en  dehors  en 
décrivant  une  courbe  à  concavité  postérieure  et  se  partagent  sous  le  trapèze 
en  deux  lames  secondaires,  dont  l'une,  directe,  va  s'attacher  à  la  colonne 
mi^diane  postérieure,  tandis  que  l'autre,  réfléchie,  vient  se  continuer  sur 
If  bord  antérieur  du  trapèze  avec  la  gaîne  superficielle  du  cou  :  ces  lames 
constituent  Vaponévrose  cervicale  profonde.  Elles  partagent  la  gaine  formée 
par  Taponévrose  superficielle  en  deux  gaines  plus  petites  :  une  postérieure, 
rylindroïde,  embrassant  la  colonne  cervicale  et  tous  les  muscles  qui  s'y 
attachent  ;  une  antéro-latérale,  offrant  sur  les  coupes  transversales  l'aspect 
d  nii  croissant  dont  la  concavité  regarde  en  arrière. 

h"  Vne  série  de  lamelles  qui  se  détachent  des  parois  de  la  gaine  antéro- 
latérale  et  produisent  par  leur  continuité  des  gaines  du  troisième  ordre  : 
]t'  d<^9ignerai  toutes  ces  lamelles  sous  le  terme  générique  d'aponévroses  car- 
^l'^alen  moyennes, 

.V  Tne  autre  série  de  lamelles  qui  cloisonnent  la  loge  postérieure  :  ce  sont 
le<  aponévroses  cervicales  postérieures. 

Tel  est  en  quelques  mots  le  mode  de  constitution  de  cette  charpente,  que 
M.  le  professeur  Denonvilliers,  dès  l'année  1835,  dans  ses  cours  publics,  avait 
(l^jà  formulée  à  peu  près  dans  ces  termes.  Étudions  avec  quelques  détail? 
chacune  des  parties  qui  concourent  à  sa  formation. 

A.  Colonnes  médianes  de  la  charpente  fibreuse  du  cou. 

Ces  deux  colonnes  sont  à  peu  près  verticales  et  parallèles  dans  leur  moitié 
inférieure.  Mais  en  montant  vers  le  mcnton^et  l'occiput,  elles  s'écartent  de 
P  -J5  en  plus,  en  sorte  que  toutes  deux  décrivent  une  courbe  dont  la  conca- 
^ilé  répond  aux  téguments.  Elles  ont  encore  pour  caractère  commun  de 
)  attacher  aux  os ,  non-seulement  par  leurs  extrémités,  mais  aussi  par  leur 
pirtie  moyenne ,  d'où  il  suit  qu'elles  possèdent  une  remarquable  fixité  et 
t-*'u\ent  servir  de  point  d'appui  aux  aponévroses  qui  en  partent  ou  qui  vien- 
nent s'y  terminer.  Elles  difi'èrent,  du  reste,  beaucoup  sous  tous  les  autres 
Hnts  de  vue. 

a.  Colonne  médiane  antérieure,  —  Très-mince ,  très-étroite ,  sans  limites 
prt^cises,  elle  s'attache  en  haut  sur  la  partie  inférieure  de  la  symphyse  de 
la  mâchoire ,  au-dessous  des  peauciers  et  du  transverse  du  menton  qui  la 
t^coavrent,  puis  descend  obliquement  en  arrière,  en  passant  sur  le  raphé 
<lu  mascle  mylo-hyoldicn.  Arrivée  au  niveau  du  corps  de  Thyolde,  elle  prend 


18^  MYOLOGIE. 

sur  cet  os  un  point  d'insertion  trùs-solide ,  recouvre  ensuite  la  roembrir.^ 
thyro-hyoïdcnne  et  la  saillie  du  cartilage  thyroïde,  dont  la  sépare  une  U^ui^ 
séreuse  constante.  Plus  bas,  elle  répond  à  l'interstice  des  mufciei  S'Lj- 
hyoïdiens  droits  et  gauches.  Inférieurement,  elle  se  rétrécit  de  plus  en  [•!.* 
par  suite  de  la  convergence  des  muscles  sterno-thyroïdiens,  et  finit  par  |M«-rr 
au-devant  de  ces  muscles  en  se  décomposant  en  deux  feuillets  trans\cr^i  i\ 
qui  s'écartent  à  angle  aigu  :  l'un  de  ces  feuillets  s'attache  au  ligament  iiittr- 
claviculaire,  avec  lequel  il  se  continue  et  se  confond  ;  l'autre  s'inMirv  i  u 
lèvre  antérieure  de  la  fourchette  du  sternum.  L'espace  angulaire  coni:  ..• 
entre  ces  deux  tcuillets  constitue  la  fossette  sus-sternale  ;  il  renferux  «i 
tissu  adipeux  et  quelques  divisions  vasculaires. 

Par  ses  parties  latérales  la  colonne  médiane  antérieure  se  continue  à\'^ 
les  aponévroses  cervicales,  superficielle  et  moyenne,  dont  elle  n'est  eu  a-  n- 
nitive  qu'une  simple  dépendance. 

b.  Colonne  médiane  postérieure. —  Elle  est  constituée  par  le  ligament  «.r- 
vical  postérieur,  qui  représente  une  sorte  de  cloison  verticale  située  e:i:r» 
les  muscles  extenseurs  de  la  télé  et  du  cou.  Cette  cloison,  de  figure  ir:i> 
gulaire,  s'insère  par  sa  base  à  lo  {)rotubérance  et  à  la  crête  occipitale  evu m- . 
par  son  sommet  à  l'apophyse  épineuse  de  la  septième  cer\icale,  par  >"U  •  • . 
antérieur,  convexe,  au  sommet  des  apophyses  épineuses  des  autres  vt-rl  Ir»- 
de  la  même  région.  Son  côté  postérieur,  concave,  plus  large  et  plus  tj'.i;-. 
répond  a  l'insertion  des  trapèzes  et  à  la  peau. 

La  colonne  médiane  postérieure  dilYère  donc  de  l'antérieure  :  1*  pir  • - 
dimensions  beaucoup  plus  considérables,  2'  par  sa  forme,  3*  par  ses  lim/. 
très-nettement   déterminées,   /i'  par  les  points  d'attache  plus   miilii;:   * 
qu'elle  prend  sur  le  squelette.  Klle  contraste  en  un  mot  avec  la  pré».  :,   : 
par  la  plupart  de  ses  attributs  :  la  première,  qui  est  en  rapport  aver  ù  - 
muscles  plats  et  minces,  participe  de  leur  faiblesse  ;  la  seconde,  qui  n-rr- 
pond  ti  des  muscles  puissants,  se  distingue  au  contraire  par  ses  prupor  i    • 
et  sa  résistance  plus  grandes. 

• 

B.  Aponévrose  cervicale  super ficidle, 

La  gaine  que  forme  cette  large  aponévrose  nous  offre  à  considérer  li*  >  \ 
surfaces  et  deux  extrémités  ou  circonférences. 

a.  Surface  externe,  —  Dans  l'intervalle  triangulaire  qui  sépare  en  ha-  •  : 
en  a\ant  les  deux  peauciers,  cette  surface  répond  à  la  peau  à  laquelle  i  id 
un  tissu  cellulaire  d'une  moyenne  densité.  —  Au  niveau  de  leur  bord  ar/  - 
rieur,  elle  se  dédouble  pour  les  embrasser  dans  son  épaisseur;  mai»  -• 
feuillet  siiperliciel  e>t  plus  mince;  il  adhère  faiblement  â  ces  muscles,  fin    - 
que  son  feuillet  profond  leur  adhère  au  contraire  de  la  manièn*  la  |     - 
iiilime.  —  Au-dessus  et  en  dehors  des  peauciers,  elle  devient  si  adbtrtîi't. 
•j'ie  rapont\ rose  semble  se  confondre  en  partie  avec  la  face  profuiidr  o 
ilirme.  En  arrière,  elle  adhère  beaucoup  moins  aux  téguments,  dont  il  '•' 
farile  de  la  séparer  inférieuremenl. 

b.  Surface  interne,  —  l^>ur  l'étude  de  ses  rapports,  il  convient  d  eviiun' •' 
buccessivement  sa  portion  sous-hyoïdienne  et  sa  portion  sus-hyoïdieune. 


APONÉVROSES  DU  COU.  185 

La  portion  soue-hyoïdienne  recouvre,  en  partant  de  la  colonne  médiane 
anlirieure,  la  partie  interne  des  slerno-thyroïdiens,  puis  les  cléido-hyoïdiens 
A  \ci  stcrno-mastoïdiens ,  auxquels  elle  adhère  par  un  tissu  conjonclif  très- 
fin  el  assez  dense.  Parvenus  sur  le  bord  postérieur  de  ces  derniers  ^  elle  se 
(emporte  différemment  dans  sa  moitié  inférieure  et  sa  moitié  supérieure. 
—  Inférieu rement,  elle  s'étend  à  la  manière  d'un  pont  de  ce  bord  postérieur 
au  bord  antérieur  du  trapèze,  et  se  trouve  séparée  dans  toute  celle  étendue 
di*  l'aponévrose  cervicale  profonde  par  un  espace  angulaire  qui  constitue  le 
(feux sus-claviculaire,  lequel  se  prolonge  en  avant  sous  le  sterno-mastoïdien, 
ft  en  arrière  sous  le  trapèze,  et  sera  du  reste  décrit  plus  loin.  —  Supérieu- 
nment,  elle  se  confond  dans  l'intervalle  qui  sépare  les  deux  muscles  avec 
l'aponévrose  cervicale  profonde.  —  En  arrière  ,  elle  s'applique  sur  les  tra- 
[ù'iefi  et  leur  adhère  par  des  prolongements  lamelleux. 

\kins>  >a  portion  sus-byoïdîenne,  la  face  interne  répond  d'avant  en  arrière  : 
1'  au  mylo-hyoîdien,  à  la  face  externe  du  ventre  antérieur  du  digastrique,  à 
!a  i:landc  sous-maxillaire  qu'elle  recouvre  complètement,  et  aux  ganglions 
f<tUN-ma\illaires  qu'elle  recouvre  aussi;  2<>  au  niveau  de  l'angle  du- maxil- 
laire, elle  s'unit  à  une  cloison  fibreuse  qui  sépare  la  glande  sous-maxillaire 
(\v  la  parotide  ;  puis  s'avance  sur  cette  glande,  à  laquelle  elle  adhère  par  des 
prolongements  cellulo-fibreux  qui  pénètrent  dans  son  épaisseur;  3^  en 
arrière  de  la  parotide,  elle  recouvre  l'extrémité  supérieure  du  sterno-mastoï- 
dicn,  se  continue  dans  l'intervalle  qui  le  sépare  du  trapèze  avec  l'aponé- 
vrose cervicale  profonde,  et  se  prolonge  ensuite  sur  ce  muscle  jusqu'au 
!i -.rament  cervical  postérieur. 

r.  Extrémité  ou  circonférence  supérieure.  —  En  avant,  où  elle  est  composée 
de  deux  feuillets,  cette  extrémité  se  prolonge  par  son  feuillet  superficiel  sur 
!»*<  muscles  de  la  face,  et  s'attache  par  son  feuillet  profond  beaucoup  plus 
f-Tt  à  la  base  de  la  mAchoire,  sur  toute  l'étendue  de  celle-ci.  —  Au  niveau 
de*  parotides,  l'aponévrose  cervicale  superficielle  s'insère,  en  avant  sur 
I  aponévrose  massétérienne ,  en  haut  sur  l'arcade  zygomatique,  en  arrière 
^ur  la  portion  cartilagineuse  du  conduit  auditif  et  sur  l'apophyse  mastoïde. 
—  Postérieurement,  cette  aponévrose  se  fixe  à  la  ligne  courbe  supérieure 
dp  1  occipital,  en  envoyant  sur  le  muscle  occipital  un  mince  feuillet  qui  le 
n»r«)uvre  entièrement. 

d.  Extrémité  ou  circonférence  inférieure,  —  En  procodant  aussi  d'avant  en 
Arrière,  on  peut  facilement  constater  que  cette  extrémité  s'attache  :  1°  sur 
la  lèvre  antérieure  de  la  fourchette  sternale;  2"  sur  le  bord  postérieur  de  la 
l'IiMcule,  au  niveau  duquel  s'en  détache  un  feuillet  qui  passe  sur  cet  os 
H»']r  aller  se  continuer  avec  l'aponévrose  du  grand  pectoral.  En  arrière, 
•>'!tp  extrémité  inférieure  se  prolonge  sur  la  partie  dorsale  du  trapèze  et 
Ment  se  fixer  avec  celui-ci  sur  l'acromion  et  le  bord  postérieur  de  l'épine 
«if  romoplate. 

L'aponévrose  cervicale  superficielle  renferme  dans  son  épaisseur  non- 
^ulement  les  deux  muscles  peauciers ,  mais  encore  toutes  les  branches 
siifH'rficielles  du  plexus  cervical,  la  veine  jugulaire  externe  qui  la  traverse 
>u-des8us  de  la  clavicule ,  et  la  veine  jugulaire  antérieure  qui  lui  devient 
au-M  postérieure  inférieurement. 


186 


MYOLOGIE. 


C.  Aponévroses  cervicales  moyennes. 


Ces  aponévroses  forment  une  dépendance  de  la  grande  gaine  antép^id**^- 
raie  qu'elles  cloisonnent  en  divers  sens  et  subdivisent  en  gaines  secoïKLiir'-^ 
destinées  à  lier  entre  eux  tous  les  organes  qu'elle  renferme.  Leur  dirrMi,  n 
dominante  est  verticale  et  transversale ,  en  sorte  qu'on  peut  lessui^n-o^ 
dedans  en  dehors  ou  de  dehors  en  dedans  ;  c'est  dans  ce  dernier  sons  q  • 
nous  les  suivrons.  Elles  présentent ,  du  reste ,  quelques  différence*  h-I  : 
qu'on  les  considère  au-dessous  ou  au-dessus  de  l'os  hyoïde. 

a.  Aponévroses  sous-hyoïdiennes,  —  Elles  ont  toutes  pour  point  de  d»  [.  rt 
le  feuillet  profond  de  la  gaine  du  sterno-mastoïdien.  Ce  feuillet  luit  >i' 
l'aponévrose  cervicale  superficielle  au  niveau  du  bord  postérieur  du  muslr'. 
s'avance  sur  la  face  interne  de  celui-ci  jusqu'à  l'angle  qui  le  sépare  «iu 
scalène  antérieur,  et  se  divise  alors  en  deux  lames,  l'une  super6cielle,  1  auir» 
profonde. 

I^  lame  superficielle  se  porte  vers  le  bord  antérieur  du  sterno-inastni«ii'*ii 
et  ne  tarde  pas  à  se  subdiviser  :  i^  en  lamelle  antérieure  qni  s'unit  sunr 
bord  au  feuillet  externe  pour  compléter  la  gaine  du  muscle;  2*  en  lain*  > 
postérieure  qui  passe  entre  les  deux  couches  des  muscles  sous-byoidiiii-  ^i 
vient  se  terminer  sur  la  colonne  médiane  antérieure. 

La  lame  profonde  se  dirige  vers  la  veine  jugulaire  interne  ei  1  aru  rv 
carotide  primitive,  au  niveau  desquelles  elle  se  partage  aussi  :  i^'en  l.im  -1  ' 
postérieure  qui  chemine  entre  les  vaisseaux  et  l'aponévrose  cer\irali'  pi  ►- 
fonde,  en  contractant  avec  celle-ci  une  adhérence  intime  qui  a  pour  réMi'iit 
de  fermer  antérieurement  le  creux  sus-claviculaire  ;  S*"  en  lamelle  aiii'- 
rieure  qui  passe  au  devant  de  ces  mêmes  vaisseaux  pour  se  réunir  à  la  pp  - 
cédcnte  sur  leur  côté  interne.  Ainsi  reconstituée,  cette  lame  profonde  ^ 
divise  de  nouveau  :  en  lamelle  postérieure  qui  s'applique  à  la  paroi  po-t'-- 
rieure  du  pharynx  et  de  l'œsophage,  sur  laquelle  elle  se  continue  aver  li 
lamelle  correspondante  du  côté  opposé;  et  lamelle  antérieure  qui,  nM..i- 
vrant  les  parties  antéro-latérales  du  pharynx,  du  larynx  et  du  corps  IhvrtH  i'-. 
se  continue  aussi  au-devant  de  ce  corps  et  de  la  trachée  avec  celb*  du  c»'*" 
opposé.  De  ces  dédoublements  successifs  résultent  en  définiti\e  trois  dmi- 
velles  gaines  aponévrotiques  :  une  pour  la  couche  profonde  des  muM  '  ^ 
sous-hyoïdiens  :  une  pour  les  gros  vaisseaux  du  cop  :  c'est  la  gaine  cnru 
dieune,  subdi\isée  elle  mi^me  par  une  cloison  en  deux  gaines  plus  prtitc^: 
une  pour  les  organes  situés  sur  la  partie  médiane  du  cou  :  c'est  la  vat^^r 
viscérale. 

Par  leurs  dédoublements  et  leur  continuité ,  les  aponévroses  cervical  * 
moyennes  forment  en  résumé ,  sur  les  deux  tiers  inférieurs  du  cou,  riiiq 
gaint^,  dont  trois  sont  destinées  à  des  muscles  :  la  première  aa  sleni*)- 
mastoïdien,  la  seconde  à  la  couche  superficielle  des  muscles  toii»-hyoïdirnK 
U  dernière  ù  la  coucha  profonde  de  celte  région.  i/M  trois  galiict  muttu- 
laires  \ieuneut  s'attacher  en  bas  sur  les  00.  —  l«e  fc^uillci  pottérieor  dr» 


APONÉVROSES  DU  COU.  i  »7 

deux  premières  s'insère  sur  le  bord  postérieur  de  la  clavicule  en  se  décom* 
posant  en  deux  lames  :  une  antérieure,  qui  adhère  à  la  veine  sous-clavîère  ; 
une  postérieure,  plus  mince,  qui  passe  en  arrière  de  cette  veine  en  lui  adhé- 
rant aussi,  et  qui  va  se  continuer  plus  bas  avec  l'aponévrose  du  muscle  sous- 
clavier.  —  Le  feuillet  postérieur  de  la  troisième ,  ou  feuillet  antérieur  des 
Raines  viscérale  et  carotidiènne,  très-résistant  »  se  divise  également  à  son 
entrée  dans  le  thorax  en  deux  lames,  qui  embrassent  aussi  dans  leur  écarte* 
ment  le  tronc  brachio-céphalique  veineux  correspondant.  La  lame  anté- 
rieure, plus  épaisse,  s'attache  à  la  face  postérieure  du  sternum,  immédiate- 
ment au-dessus  de  l'insertion  des  sterno-thyroïdiens,  qu'elle  sépare  de  la 
plê\re  et  du  thymus  ;  la  postérieure  se  perd*sur  la  partie  la  plus  élevée  du 
péricarde.  —  Parmi  les  aponévroses  cervicales  moyennes ,  celle  qui  forme 
la  paroi  postérieure  de  la  gaine  viscérale  est  la  seule  qui  ne  prenne  aucun 
pttiot  d'appui  sur  les  os;  très-mince  sur  toute  l'étendue  du  pharynx,  elle 
(]»'gi*nère  sur  l'œsophage  en  une  simple  couche  celluleuse  qui  finit  par  se 
Confondre  avec  le  tissu  conjonctif  des  parties  voisines. 

b.  Aponévroses  sus-hyoïdiennes,  —  Au-dessus  de  l'os  hyoïde  les  aponévroses 
cerucales  moyennes  présentent  la  disposition  suivante.  Le  feuillet  postérieur 
de  la  gaine  du  sterno-mastoïdien  se  divise  aussi,  après  un  court  trajet,  en 
Juillets  antérieur  et  postérieur. 

L'antérieur  vient  rejoindre  sur  le  bord  correspondant  le  feuillet  externe 
du  muscle,  dont  la  gaine  se  trouve  ainsi  complétée. 

Le  postérieur  embrasse  d'abord  dans  son  dédoublement  le  ventre  posté- 
:i>'ur  du  digastrique  et  le  stylo-hyoïdien,  recouvre  l'apophyse  styloïde  et  les 
miiàcles  qui  en  partent,  passe  sur  la  veine  jugulaire  et  la  carotide  internes, 
puis  se  subdivise  en  feuillet  antérieur  et  feuillet  postérieur.  —  Le  premier, 
{Mursuivant  le  trajet  du  feuillet  principal,  se  prolonge  sur  l'hyo-glosse,  sur 
le  mylo-hyoïdien,  qu'il  embrasse  dans  un  dédoublement,  sur  le  ventre  anté- 
rieur du  digastrique  qu'il  embrasse  aussi  dans  son  épaisseur ,  et  vient  se 
(ontinuer  sur  la  ligne  médiane  avec  celui  du  côté  opposé.  —  Le  second  ou 
(Kiâlérieur  se  partage,  au  niveau  des  vaisseaux  carotidiens,  en  feuillet  anté- 
rieur, qui  s'applique  aux  parties  latérales  du  pharynx,  et  feuillet  postérieur, 
qui  revôt  la  face  correspondante  de  cet  organe. 

Il  suit  de  la  disposition  de  toutes  ces  lames  fibreuses  qu'elles  forment  avec 
1  ap«jnévrose  cervicale  superficielle  trois  ordres  de  gaines  : 

1*  Une  grande  gaine  superficielle  sous-jacente  et  parallèle  à  la  mâchoire, 
qui  loge  les  glandes  salivaires,  et  qui  est  subdivisée  par  une  cloison  ver- 
ticale en  deux  loges  secondaires,  une  postérieure  plus  considérable  pour  la 
panitide,  une  antérieure  pour  la  glande  sous-maxillaire. 

2*  Des  gaines  musculaires  plus  profondes  et  relativement  très-petites:  une 
pour  le  stylo-hyoïdien  et  le  ventre  postérieur  du  digastrique,  une  pour  le 
ïf-nlre  antérieur  de  ce  muscle,  une  pour  le  mylo-hyoïdien. 

3*  Tne  gaine  médiane  et  verticale  destinée  au  pharynx. 

Le  feaillet  profond  des  gaines  occupées  par  les  glandes  salivaires ,  ou 
î^'uiUet  antérieur  des  gaines  musculaires,  s'insère  supérieurement  :  1**  a 
toute  l'étendue  de  la  ligne  oblique  Interne  de  la  mâchoire  ;  ^  sur  l'angle 
^t  If  bord  ptFOtidien  de  cet  os  ;  d«  sur  la  base  de  Tapophyse  «lyloîde. 


18S  MY0L06IE. 

La  gaine  carolidienne  n'e^t  représentée  dans  cette  région  que  par  k^ 
feuillet  antérieur. 

f>.  Aponévrose  cervicale  profonde. 

Cette  aponévrose,  qui  cloisonne  dans  le  sens  transversal  la  grande  caMt^ 
circonscrite  par  la  gaine  commune  ou  superficielle,  naità  droite  et  à  pa't<  h*- 
de  la  partie  antérieure  de  la  colonne  cervicale  ,  immédiatement  en  dedd  :* 
des  muscles  longs  du  cou.  bille  se  compose  donc  de  deux  lames  ind'{«" 
dantes  et  séparées  au  niveau  de  leur  origine  par  un  espace  angulaire  à  M-' 
inférieure.  Chacune  d'elles  se  (jirige  d'abord  directement  en  dfhor*,  pui*  '■'>• 
dehors  et  en  arrière  en  se  contournant  à  la  manière  d'un  demi-cvlni.irv. 
Parvenue  au  niveau  de  l'angle  que  forme  l'angulaire  avec  le  traprxe,  »  li    - 
divise  :  1*  en  feuillet  direct  ou  postérieur,  qui  s'applique  à  la  face  prof.^-.ir 
du  trapèze  pour  se  rendre  au  ligament  cervical  postérieur  et  complet'  r  .1 
gaîne  dans  laquelle  se  trouve  inscrite  la  colonne  cervicale  avec   l«iii-  -«- 
muscles;  2*»  en  feuillet  réfléchi  ou  antérieur,  qui  s'applique  aussi  à  la  fj< 
profonde  du  trapèze,  mais  pour  se  porter  vers  son  bord  antéiieur,  où  i!  ^ 
continue  avec  l'aponévrose  cervicale  superficielle.  Il  suit  de  cotte  di>i»-.- 
tion  que    le  creux  sus-claviculuire  est  fermé  en  arrière  par  rapon«'\..~- 
cervicale  profonde,  et  qu'il  s'avance  A  une  assez  grande  distance  au-dc--'> 
du  trapèze. 

l*ar  sa  face  postérieure  ou  concave,  cette  aponévrose  répond  do  de«lri^ 
en  dehors  :  1»  aux  muscles  préverlébraux  ;  2"  aux  scalènes,  à  l'artère  >«>ur- 
clavière  et  au  plexus  brachial;  3®  à  l'omoplat  hyoïdien ,  qu'elle  embn--- 
dans  son  dédoublement  et  qu'elle  maintient  par  conséquent  en  rapport  a^'N 
toutes  ces  parties;  4®  à  l'artère  et  aux  veines  cervicales  postérieure?  •: 
transvorses,  qui  d'abord  sont  logées  aussi  dans  son  épaisseur,  mais  qui  -  '  -^ 
dégagent  vers  sa  partie  moyenne  pour  pénétrer  dans  le  creux  sus-<la\i.  > 
laire  ;  5"  au  splénius  et  à  l'angulaire. 

Sa  face  antérieure^  convexe,  est  on  ropport  :  1°  avec  le  feuillet  p(»>l»ri.  r 
de  la  gaine  viscérale,  auquel  elle  n'adhère  que  par  un  tissu  cellulaire  1  h  >.  . 
2"  avec  le  feuillet  postérieur  de  la  gaine  carotidienne ,  qui  lui  a'Iht-rt'  i- 
contraire  d'une  manière  très-intime,  d'où  l'occlusion  en  avant  du  creux  -i;<- 
claviculaire,  ainsi  que  nous  l'avons  fait  remarquer  ;  .Tavec  le  feuilli»t  ;  -^ 
fond  du  sterno-mastoïdien;  /i**  a\ec  l'aponévrose  cervicale  superficiel!*  . 
se  confond  avec  elle  dans  les  deux  tiers  supérieurs  de  l'of^ace  ir.i;  •  -  - 
mastoïdien,  mais  dont  elle  reste  séparée  inférieurement  par  l'espace  a  .-*  - 
laire  qui  forme  le  creux  sus-claviculaire.  * 

Le  creux  sus-claviculaire,  formé  par  l'intervalle  compris  entrv  le>  ii' - 
né\roses  cervicales  superficielle  et  profonde,  se  présente  donc  sous  l  a»,«  • 
d  un  angle  dièdre  à  base  inférieure.  Sa  hauteur  ne  dépasse  pas  5  lvuiï- 
mètres,  mais  son  étendue  trans>ersale  est  beaucoup  plus  considérable,  p  .:^- 
qu'il  se  prolonge,  en  avant  jusqu'à  l'angle  que  produisent  par  leur  juxt^ 
position  le  sterno-masti/idien  et  le  scalène  antérieur,  et  en  arrière  ju«q  ^ 
I  angle  réAultant  du  contact  du  trapèze  et  de  langulaire.  Sa  partie  r 
rieure  ou  s^i  base  répond  au  muscle  sou'-clu>ier,  au  niveau  duquel  \^\^  !>  — 


APONÉVROSES  DU  COU.  i  »7 

deux  premières  s'insère  sur  le  bord  postérieur  de  la  clavicule  en  se  décom« 
posant  en  deux  lames  :  une  antérieure,  qui  adhère  à  la  veine  sous-clavière  ; 
une  postérieure,  plus  mince,  qui  passe  en  arrière  de  cette  veine  en  lui  adhé- 
rant aussi,  et  qui  va  se  continuer  plus  bas  avec  Taponévrose  du  muscle  sous« 
clavier.  —  Le  feuillet  postérieur  de  la  troisième ,  ou  feuillet  antérieur  des 
gaines  viscérale  et  carotidiènne,  très-résistant  »  se  divise  également  à  son 
entrée  dans  le  thorax  en  deux  lames,  qui  embrassent  aussi  dans  leur  écarte* 
ment  le  tronc  brachio-céphalique  veineux  correspondant.  La  lame  anté* 
ritiure,  plus  épaisse,  s'attache  à  la  face  postérieure  du  sternum,  immédiate- 
ment au-desf^us  de  Tinscrtion  des  sterno-thyroïdiens,  qu'elle  sépare  de  la 
plè\re  et  du  thymus  ;  la  postérieure  se  perd*sur  la  partie  la  plus  élevée  du 
péricarde.  —  Parmi  les  aponévroses  cervicales  moyennes ,  celle  qui  forme 
la  paroi  postérieure  de  la  gaine  viscérale  est  la  seule  qui  ne  prenne  aucun 
point  d'appui  sur  les  os;  très-mince  sur  toute  l'étendue  du  pharynx,  elle 
dégénère  sur  Tœsophage  en  une  simple  couche  cclluleuse  qui  finit  par  se 
confondre  avec  le  tissu  conjonctif  des  parties  voisines. 

b.  Aponévroses  sus-hyoïdiennes,  —  Au-dessus  de  l'os  hyoïde  les  aponévroses 
cerûcales  moyennes  présentent  la  disposition  suivante.  Le  feuillet  postérieur 
de  la  gaine  du  sterno-mastoïdien  se  divise  aussi ,  après  un  court  trajet,  en 
ft*uillets  antérieur  et  postérieur. 

L'antérieur  vient  rejoindre  sur  le  bord  correspondant  le  feuillet  externe 
du  muscle,  dont  la  gaine  se  trouve  ainsi  complétée. 

Le  postérieur  embrasse  d'abord  dans  son  dédoublement  le  ventre  posté- 
rieur du  digastrique  et  le  stylo-hyoïdien,  recouvre  l'apophyse  styloïde  et  les 
muacles  qui  en  partent,  passe  sur  la  veine  jugulaire  et  la  carotide  internes, 
puis  se  subdivise  en  feuillet  antérieur  et  feuillet  postérieur.  —  Le  premier, 
poursuivant  lo  trajet  du  feuillet  principal,  se  prolonge  sur  l'hyo-glosse,  sur 
le  m\lo-hyoïdien,  qu'il  embrasse  dans  un  dédoublement,  sur  le  ventre  anté- 
rieur du  digastrique  qu'il  embrasse  aussi  dans  son  épaisseur ,  et  vient  se 
nintinuer  sur  la  ligne  médiane  avec  celui  du  côté  opposé.  —  Le  second  ou 
postérieur  se  partage,  au  niveau  des  vaisseaux  carotidiens^  en  feuillet  anté- 
rieur, qui  s'applique  aux  parties  latérales  du  pharynx,  et  feuillet  postérieur, 
qui  revêt  la  face  correspondante  de  cet  organe. 

11  suit  de  la  disposition  de  toutes  ces  lames  fibreuses  qu'elles  forment  avec 
1  aponévrose  cervicale  superficielle  trois  ordres  de  gaines  : 

1*  Une  grande  gaine  superficielle  sous-jacente  et  parallèle  à  la  mâchoire, 
qui  loge  les  glandes  salivaires,  et  qui  est  subdivisée  par  une  cloison  ver- 
ticale en  deux  loges  secondaires,  uue  postérieure  plus  considérable  pour  la 
parrttide,  une  antérieure  pour  la  glande  sous-maxillaire. 

2*  Des  gaines  musculaires  plus  profondes  et  relativement  très-petites:  une 
?<»urle  stylo-hyotdien  et  le  ventre  postérieur  du  digastrique,  une  pour  le 
^f'ntre  antérieur  de  ce  muscle,  une  pour  le  mylo -hyoïdien. 

3*  l  ne  gaine  médiane  et  verticale  destinée  au  pharynx. 

Le  feuillet  profond  des  gaines  occupées  par  les  glandes  salivaires ,  ou 
ff'uillet  antérieur  des  gaines  musculaires,  s'insère  supérieurement  :  1°  à 
^ute  l'étendue  de  la  ligne  oblique  interne  de  la  mAchof  re  ;  ^  sur  l'angle 
«'t  le  bord  pavotidien  de  cet  os  ;  d«  sur  la  base  de  l'apophyse  styloïde. 


190 


MVOLOGIE. 


pour  former  la  parui  interne  ou  profonde  du  creux  8us-cla\iculaiiv.  Ki: 
arrière,  elle  limite  et  ferme  ce  creux  par  son  feuillet  réfléchi.  En  a\ant.  elle 
se  continue  avec  la  gaine  carotidienne,  et  par  l'intennédiaire  de  celle-ci  a^t^ 
le  feuillet  antérieur  de  la  gatne  viscérale,  puis  avec  celle  du  côté  opposé. 

Ainsi  réunies  l'une  à  l'autre  dans  leur  tiers  inférieur  par  le  feuillet  anté- 
rieur des  gaines  carotidienne  et  viscérale,  les  deux  aponévroses  cer^icalc^ 
profondes  forment  une  large  lame  triangulaire,  parallèle  à  l'enveloppe  ^u> 
perGcielle  du  cou ,  dont  elle  est  séparée  par  les  muscles  sous-hyoîdiem  et 
sterno-mastoïdiens  ;  elle  recouvre  par  sa  face  postérieure  concave  tous  le« 
organes  contenus  dans  la  gaine  cervicale,  les  gros  vaisseaux  du  cou,  li>> 
scalènes,  les  artères  sous-clavières  et  le  plexus  brachial;  je  la  désigiicraj 
BOUS  le  nom  d*aponévro$e  médiane  moyenne  ^  pour  la  distinguer  de  la  portion 
médiane  de  l'aponévrose  superficielle,  et  de  l'aponévrose  préveriébrale  ou 
médiane  profonde. 

Cette  aponévrose  médiane  moyenne,  attachée  à  l'os  hyoïde  et  au  corps  thy- 
roïde, est  sous-tendue  sur  les  côtés  par  les  muscles  omoplat- hyoïdiens,  qui 
Jouent  à  son  égard  le  rôle  de  muscles  tenseurs.  Elle  s'insère  en  bas  par  un 
feuillet  très-résistant  à  la  face  inférieure  des  clavicules  et  à  la  face  po^it- 
rieure  de  la  première  pièce  du  sternum.  Par  un  second  feuillet  ou  feuillet 
postérieur  qui  passe  en  arrière  des  veines  sous-clavières  et  des  trour^ 
veineux  brachio-céphaliques,  elle  se  fixe,  sur  les  côtés  à  l'aponévrose  d' ^ 
muscles  sous-claviers,  en  avant  sur  la  partie  supérieure  du  péricarde,  ix-tir 
aponévrose  est  donc  fort  intéressante  par  les  rapports  multipliés  qu  elle 
présente  avec  les  organes  les  plus  importants  de  la  région  cervicale.  L  t^t 
dans  son  épaisseur  que  sont  situés  les  gros  troncs  veineux  de  la  base  du  cou  ; 
et  comme  elle  leur  adhère,  elle  les  convertit,  ainsi  que  P.  Bérard  le  prt^ 
micr  l'a  fait  remarquer,  en  autant  de  canaux  à  parois  incompressibles  :  de 
là  l'influence  si  remarquable  de  la  respiration  sur  la  circulation,  au  momeDi 
où  le  thorax  se  dilate,  le  sang  qui  les  parcourt  se  précipitant  vers  le  ctuur  a\c( 
la  même  énergie  que  le  fluide  contenu  dans  les  canaux  aériens  se  préci{Mt(* 
vers  les  poumons;  de  là  aussi  le  danger  des  plaies  et  des  opérations  daa« 
lesquelles  ces  canaux  se  trouvent  intéressés. 

E.  Aponévroses  cervicales  postérieures. 


Ces  aponévroses  se  comportent,  à  l'égard  de  la  gaine  qui  embrasse  li 
colonne  cer\icale  et  tous  ses  muscles,  comme  les  moyennes  à  l'égard  do  U 
ga]neantéro-latérale;sculement1esorganescontenusdans  la  première  étant  dt 

forme,  de  dimensions  et  de  nature  beaucoup  moins  variées,  les  gahies  tertuirt^ 
qu'elles  produisent  par  leur  continuité  sont  aussi  plus  simples  et  plus  nette- 
ment limitées;  elles  se  superposent  même  dans  un  ordre  assez  régulier. 

On  peut  les  diviser  en  deux  groupes  :  celles  qui  engalnent  les  mus<:lo»  *\*^ 
parties  antérieure  et  latérale  de  la  colonne  cervicale;  et  celles  qui  entuun'nt 
les  muscles  de  sa  partie  postérieure. 

Les  premières,  ou  latérales,  ont  pour  commune  origine  l'aponévrose  dt- 
\icale  profonde.  Toutes  se  détachent  de  la  partie  interne  de  sa  face  p(»rir- 
rieure  pour  se  diriger  en  arrière  et  en  dedans,  filles  sont  au  nombre  d« 


•  J 


MLSCLES  DU  TRONC.  191 

quatre.  — La  plus  iDternc,  extrômement  étroite,  est  située  entre  les  muscles 
de  la  région  prévertébrale  et  le  scalènc  antérieur  ;  elle  s'insère  aux  tuber- 
iules  antérieurs  des  apophyses  transverses  des  vertèbres  du  cou.  —  La 
H'conde  passe  entre  le  scalène  antérieur  d'une  part ,  l'artère  sous-clavière 
et  le  plexus  brachial  de  l'autre,  afin  de  compléter  la  gaine  du  scalène  anté- 
rieur; elle  s'attache  aussi  aux  tubercules  antérieurs  des  apophyses  trans- 
MTscs.  —  La  troisième ,  qui  sépare  l'artère  sous-clavière  et  le  plexus  bra- 
chial du  scalène  postérieur,  se  fixe  aux  tubercules  postérieurs  des  apophyses 
transverses.  —  La  quatrième  contourne  ce  muscle,  qu'elle  isole  de  l'angu- 
laire: elle  s'attache  aux  mâmes  tubercules  que  la  précédente,  et  forme  avec 
<elle-ci  la  gaine  du  scalène  postérieur. 

Les  secondes,  ou  les  aponévroses  postérieures  proprement  dites,  représen* 
!enl  chacune  un  quart  de  cylindre  dont  la  concavité  regarde  en  avant  et  en 
dr'ians.  Elles  s'attachent  par  leur  bord  interne  au  ligament  cervical  posté- 
rieur; par  Texterne  aux  tubercules  postérieurs  des  apophyses  transverses, 
:<iii$  à  leur  partie  moyenne,  et  enfin  aux  apophyses  articulaires,  devenant 
aiasi  de  plus  en  plus  étroites  à  mesure  qu'elles  répondent  à  des  muscles 
l>i.is  profondément  situés.  Supérieurement^  la  plupart  de  ces  aponévroses 
^  in>èrent  à  l'occipital.  Chacune  d'elles  sera  étudiée  dans  ses  principaux 
'i'tails,  lorsque  nous  nous  occuperons  des  muscles  de  la  partie  postérieure 

cou.  J'ai  dû  me  borner  ici  à  indiquer  leur  disposition  générale ,  afin  de 

inpléter  le  tableau  des  aponévroses  du  cou. 


ARTICLE  IIL 

MUSCLES  DU  TRONC. 

Le>  muscles  qui  entrent  dans  la  composition  des  parois  du  tronc  appar- 
i  tuient  pour  la  plupart  à  la  classe  des  muscles  larges,  et  se  divisent  en  trois 
[îMcipaux  groupes  :  muscles  de  la  partie  postérieure,  muscles  de  l'abdo- 
'^^^Uj  muscles  du  thorax. 

I.  —  Mmielefl  de  la  partie  pmmiérieare  du  trane 

IN  Tonnent  par  leur  superposition  trois  couches  bien  distinctes  :  1®  une 

•>  i(*hc  superficielle  qui  s'étend  à  toute  la  longueur  et  à  toute  la  largeur  du 

'r  «tir  :  2*  une  couche  moyenne,  moins  longue  et  plus  étroite  ;  3^  une  couche 

:  T'^onde  plus  étroite  encore,  constituée  par  les  muscles  logés  dans  les  gout- 

r«-  \ertébrales. 

IK*  ee«  trois  couches,  les  deux  premières  représentent  chacune  une  région 
'>-<•  naturel leroont  limitée.  I^  dernière  en  comprend  trois.  Les  muscles  de 
1  ;»irtie  postérieure  du  tronc  se  partagent  donc  en  cinq  régions,  qui  sont, 
"1  [•rrH.édant  de  la  peau  vers  le  rachis  :  la  région  lombo-occipilale,  la  région 
<i*rM>Mer%irale,  la  région  ccrvico-occipitale  superficielle,  la  région  cervico- 
"n[>itale  profonde,  et  la  région  vertébrale  ou  spinale. 


192 


MYOLOGIE. 


§  1".  —  RÉGION    LOMBO-OCCIPITALE. 

tille  lie  comprend  que  deux  muscles,  le  trapèze  et  le  grand  doruMi,  i>>nnr 
quables  l'un  et  l'autre  par  l'étendue  de  leur  surface. 

Préparation.  —  !•  Tendre  les  muscles  u  l'aide  d'un  billot  pltcë  sous  le  *ternuui, .  :  '» 
sant  tumber  la  tète  en  avant  et  les  épaules  de  chaque  cùtë  ;  S»  inci^^r  1rs  ti-£uni*    i^ 
la  ligne  médiane,  depuis  la  protubérance  occipitale  jusqu'au  sacrum;  3*^  inci>rr  ri-\  m    ;  •  ■ 
guments  fransversalenient  au  niveau  de  l'épine  de  l'omoplate;  4"  soulever  la  U\n   *i.i- 
de  rincision  transversale,  et  détacher  simultanément  la  peau  et  ra|M)névnr«4*  rv.  vu  ^  i 
diriM'fion  des  faisceaux  musculaires  qui  deviennent  de  plus  en  plus  oblique>,  ri  m  r*  • 
ainsi  jusqu'à  l'occipital  et  au  bord  anlt'-ricur  du  muscle;  5»  découvrir  la  partie  iiif<  r.      > 
trapè/e  en  se  conformant  aux  mômes  principes,  puis  l'élutlier,  le  diviser  ensuite   \>  -: 
ment  sur  sa  partie  moycniie,  et  rejeter  en  dedans  et  en  dehors  ses  deux  moitiés  jiour  oin^ 
les  muscles  avec  lesquels  il  g«  trouve  en  rapport  par  sa  face  profonde;  C"  le  iraf^wt  - 
rounu,  ou  poursuit  la  dissection  du  ^raïul  dorsal  en  descendant  de  son  b*»rd  >uprri»ur  %r'    -^ 
L**rd  antéro-inférieur.  A  mesure  que  l'on  'descend,  il  importe,  pour  tendre  le  niusr  Ir.  <j.  :►  • 
le  membre  supéiieuren  haut  et  en  avant  ;  cette  élévation  du  bras  devient  surtout  ut  .r  i 
qu'on  dissèque  les  insertions  que  le  grand  dorsal  prend  sur  les  c6tes. 

I.  —  Trapèse. 


Le  trapèze  est  un  muscle  large  et  mince,  plus  épais  dans  sa  partie  moTt- 
qu'à  ses  extrémités,  triangulaire  plutôt  que  trapézoïde.  Il  s  étend  :  d  •:.« 
sens  vertical,  de  l'occipital  à  la  douzième  vertèbre  du  dos;  dans  le  sm^  trt.r 
versai,  de  la  crôte  des  apophyses  épineuses  à  l'épine  de  l'omoplate  «ta  .. 
clavicule,  et  recouvre  par  conséquent  le  dos,  la  partie  supérieure  de  1  «•[•a.  * 
et  toute  la  partie  postérieure  du  cou. 

Insertions  j  direction,  —  Ce  muscle  s'attache  :  1"  par  son  anple  ^!Ip.  m»    • 
tronqué,  au  tiers  interne  de  la  ligne  courbe  supérieure  de  l'occipital,  vx  i 
protubérance  occipitale  externe;  2**  par  son  bord  interne,  au  ligatiiftit  «   ' 
\ical  postérieur ,  à  l'apophyse  épineuse  de  la  septième  vertèbre  du  t.»  » 
celles  de  toutes  les  vertèbres  du  dos,  et  aux  ligaments  surépinetixcom  ':»    - 
dants  ;  quelquefois  cependant  il  ne  s'étend  pas  au  delà  de  la  onzième  et  iii-'r' 
de  la  dixième  vertèbre  dorsale. 

Les  insertions  à  l'occipital  se  font  par  une  aponé\rose  extrêmement  mr 
et  très-adhérente  à  la  peau,  offrant  une  longueur  et  une  largeur  de  1  >• 
timètres  en\iron  ;  c'est  entre  cette  aponévrose  et  les  téguments  que  sc*  tr»- . 
situé  le  petit  muscle  sous-occipital,  lorsqu'il  existe.  —  Les  attaches  que  j-ri    . 
le  trapèze  sur  le  ligament  cervical  postérieur  ont  lieu  par  de  courlt»*  ii^r  - 
apouévrotiques.  —  Vers  la  partie  inférieure  du  cou ,  ces  Gbres  augmiMitt 
progressivement  de  longueur,  puis  se  raccourcissent  à  la  partie  supen*-  .'^ 
du  dos,  d'une  manière  tantôt  graduelle,  tantôt  assez  rapide,  et  forment  ûi  • 
pour  chaque  muscle  une  aponévrose  resplendissante,  allongée,  plu<  lar^ 
sa  partie  moyenne  qu'à  ses  extrémités;  en  s'ajoutant  sur  la  ligne  oumI.i 
à  celle  du  muscle  opposé ,  cette  aponévrose  prend  une  figure  ovaUirr 
elliptique,  parfois  triangulaire,  quelquefois  losangique.  —  Les  6bres  a(«< 
vrotiques  nées  des  apophyses  épineuses  et  des  ligaments  surépineui    «: 
quatre  vertèbres  moyenne»  du  dos  sont  de  la  plus  extrême  brièveté.  V^ 


[  i 


MUSCLES  DU  TRONC.  191 

quatre.  —  La  plus  interne^  extrômement  étroite,  est  située  entre  les  muscles 
de  la  régioa  prévertébrale  et  le  scalène  antérieur;  elle  s'insère  aux  tuber- 
cult's  antérieurs  des  apophyses  transverses  des  vertèbres  du  cou.  —  La 
M'conde  passe  entre  le  scalène  antérieur  d'une  part,  l'artère  sous-clavièrc 
d  le  plexus  brachial  de  l'autre,  afin  de  compléter  la  gaine  du  scalène  anté- 
rieur; elle  s'attache  aussi  aux  tubercules  antérieurs  des  apophyses  trans- 
urses.  —  La  troisième,  qui  sépare  l'artère  sous-clavière  et  le  plexus  bra- 
•  tiial  du  scalène  postérieur,  se  fixe  aux  tubercules  postérieurs  des  apophyses 
tnnsverses.  —  La  quatrième  contourne  ce  muscle,  qu'elle  isole  de  l'angu- 
laire; elle  s'attache  aux  mômes  tubercules  que  la  précédente,  et  forme  avec 
a>llo^:i  la  gafne  du  scalène  postérieur. 

Les  secondes,  ou  les  aponévroses  postérieures  proprement  dites,  représen- 
tent chacune  un  quart  de  cylindre  dont  la  concavité  regarde  en  avant  et  en 
dedans.  Elles  s'attachent  par  leur  bord  interne  au  ligament  cervical  posté- 
rieur; par  Texterne  aux  tubercules  postérieurs  des  apophyses  transverses, 
puib  à  leur  partie  moyenne,  et  enfin  aux  apophyses  articulaires,  devenant 
aillai  de  plus  en  plus  étroites  à  mesure  qu'elles  répondent  à  des  muscles 
plus  profondément  situés.  Supérieurement,  la  plupart  de  ces  aponévroses 
ï  insèrent  à  l'occipital.  Chacune  d'elles  sera  étudiée  dans  ses  principaux 
'^«'tails,  lorsque  nous  nous  occuperons  des  muscles  de  la  partie  postérieure 
•iij  cou.  J'ai  dû  me  borner  ici  à  indiquer  leur  disposition  générale ,  afin  de 
compléter  le  tableau  des  aponévroses  du  cou. 


ARTICLE  III. 

MUSCLES  DU  TRONC. 

Les  muscles  qui  entrent  dans  la  composition  des  parois  du  tronc  appar- 
Ui'unent  pour  la  plupart  à  la  classe  des  muscles  larges,  et  se  divisent  en  trois 
l'riucipaux  groupes  :  muscles  de  la  partie  postérieure,  muscles  de  l'abdo- 
men, muscles  du  thorax. 

I.  —  MuMelefl  de  la  partie  pestérleiure  du  trmnm. 

Ils  Torment  par  leur  superposition  trois  couches  bien  distinctes  :  1<*  une 
<^>'irhe  superficielle  qui  s'étend  à  toute  la  longueur  et  à  toute  la  largeur  du 
ir^uc  ;  2*  une  couche  moyenne,  moins  longue  et  plus  étroite  ;  3**  une  couche 
îriifoode  plus  étroite  encore,  constituée  par  les  muscles  logés  dans  les  gout- 
li'Tcs  vertébrales. 

IM  ces  trois  couches,  les  deux  premières  représentent  chacune  une  région 
'r<'<ua(urellement  limitée. La  dernière  en  comprend  trois.  Les  muscles  de 
W  partie  postérieure  du  tronc  se  partagent  donc  en  cinq  régions,  qui  sont , 
"^  prrKrédant  de  la  peau  vers  le  rachis  :  la  région  lombo-occipitale,  la  région 
i"rs>-ier%icale,  la  région  cervico-occipitale  superficielle,  la  région  cervico- 
(>*  I  ipitalc  profonde ,  et  la  région  vertébrale  ou  spinale. 


1»A  HYOLOGIE. 

lent  pour  aller  s'attacher  ani  paroii  de  la  poîlrine  ;  ravoriie  par  cooiéqu-'ni 
l'aclioD  de  ces  muscles,  et  concourt  aiusi  à  la  dilataliou  de  la  caviié  th- 
raciquc.  Elle  est  donc  à  la  fois  pour  l'épaule  uu  muscle  élëvalcur,  et  pour  k 
tborax  un  muscle  inspirateur,  qui  ne  participe  du  reste  qu'aux  grand*  dkhi- 
vements  d'inspiration. 
b.  La  portion  moyenne  ou  transversale  attire  l'épaule  en  dedans.  Maîi  te 

ng.  S59. 


RÉGION  LOMBO-OGGIPITALE.  195 

mouvement  d'adduction  est  complexe.  Gomme  elle  s'attache  à  une  saillie 
o^^euse  qui  est  obliquement  ascendante  et  plus  rapprochée  de  la  portion 
supérieure  que  de  la  portion  inférieure  du  scapulum  ;  comme,  d'une  autre 
pari,  les  fibres  qui  la  composent  augmentent  de  longueur  de  bas  en  haut  et 
jouissent  d'une  puissance  d'adduction  d'autant  plus  grande  qu'elles  sont 
plus  élevées,  il  en  résulte  qu'au  moment  où  elle  se  contracte  et  où  elle  attire 
)  cmoplate  en  dedans,  elle  imprime  en  môme  temps  à  cet  os  un  mouvement 
de  bascule  qui  a  pour  effet  d'élever  son  angle  antérieur  et  avec  celui<i  tout 
lo  moignon  de  l'épaule. 

r.  La  portion  ascendante  attire  le  bord  spinal  de  l'omoplate  et  toute 
1  épaule  en  bas  et  en  dedans. 

(i.  Lorsque  les  trois  portions  du  muscle  agissent  à  la  fois,  la  supérieure  et 
1  iuférieure  dev  cnant  antagonistes,  l'épaule  n'est  ni  élevée,  ni  abaissée  ;  elle 
K'  porte  en  dedans. 

e.  Si  le  trapèze  prend  son  point  fixe  sur  l'épaule,  la  portion  clavicu- 
laire  étend  la  tête ,  l'incline  un  peu  de  son  côté  et  lui  imprime  en  même 
ti  mps  un  mouvement  de  rotation  en  vertu  duquel  la  face  se  dirige  du  côté 
opposé.  —  Les  deux  portions  claviculaires  entrent-elles  simultanément  en 
ariioQ,  la  tôte  n'exécute  ni  mouvement  d'inclinaison  latérale,  ni  mouve- 
ment de  rotation  ;  elle  se  renverse  directement  en  arrière.  —  Les  portions 
uinrenne  et  inférieure  trouvent  bien  rarement  un  point  fixe  sur  l'épaule, 
l'iée  d  une  extrême  mobilité;  c'est  ce  qui  a  lieu  cependant  chez  un  indi- 
liiu  qui  se  suspend  par  l'un  de  ses  membres  supérieurs,  comme  dans  l'ac- 
•  I)  de  grimper;  elles  attirent  alors  le  tronc  vers  le  bord  spinal  de  l'omo- 
plate. 

II.  —  ttrand  Mnal. 

Le  grand  dorsal  est  situé  sur  la  partie  postérieure,  inférieure  et  latérale 
>iii  tronc.  Aplati,  mince,  extrêmement  large,  il  s'étend  de  la  crête  épinière, 
de  la  cK'te  iliaque  et  des  trois  ou  quatre  dernières  côtes,  à  la  coulisse  bici- 
l'itale  de  l'humérus ,  et  revêt  ainsi  la  figure  d'un  quadrilatère  dont  l'angle 
antéro-supérieur  serait  très-allongé. 

Insertions  et  direction.  —  Ge  muscle  prend  ses  insertions  fixes  :  1^  en 
dedans,  sur  les  apophyses  épineuses  et  les  ligaments  surépineux  des  six, 
H'pt,  et  quelquefois  des  huit  dernières  vertèbres  dorsales  ;  sur  les  apophyses 
•-pineuses  et  les  ligaments  surépineux  des  cinq  vertèbres  lombaires ,  et  sur 

^"'i  s'attacher  fe  l'épine  de  l'omoplate.  ^  9.  Portion  moyenne  ou  transversale  du  même 

'1  M-lr,  «'insérant  en  dehors  au  bord  postérieur  de  l'épine.  —  10.  Aponévrose  par  laquelle 

'.!•  {«iriion  se  fixe  aux  apophyses  épineuses  et  au  ligament  cervical  postérieur.  —  11.  Por- 

^aix'ricurc  ou  descendante  du  muscle.  —  12.  Mince  lamelle  6breusc  à  l'aide  de  laquelle 

■  ^lUM.Tt•  a  roccipital. —  13.  Très-iietit  faisoeau  musculaire  ou  muscle  sous-occipital  qu'on 

•^tw  quelquefois  au  niveau  de  cette  insertion.  —  14.  Les  deux  faisceaux  qui  composent 

■  luj^rle  auriculaire  postérieur.  —  15.  Muscle  occipital  séparé  de  celui  du  côté  opposé  par 

•^  Ivge  espace  triangulaire.  —  16.  Partie  supérieure  du  muscle  sterno-cléido-mastoldien.  -^ 

1".  17.  Muscle  splénjus.  —  18.  Muscle  deltoïde.  —   19,  19.   Muscle   sous-épineux.  — 

:i'  MkM-le  petit  rond.  —  21,  2t.  Portion  externe  du  muscle  triceps  brachial. —  22,22.  Por- 

i.  > .  iQt<me  du  même  muscle.  —  23, 23.  Partie  postérieure  du  grand  oblique  de  l'abdomen. 

—  1^,31.  Muscle  grand  fessier. 


toute  retendue  de  la  crête  uciée;  2°  en  bu,  tat  le  tien  ptwUrieor  de  ti 
lèvre  exlerae  de  la  crête  iliaque;  3*  eu  dehors,  sur  la  face  eileme  i-i  ]■ 
bord  supérieur  des  trois  ou  quatre  derniâres  eûtes. 

l.e  grand  dorsal  s'insfre  à  la  cr^le  épiniëre  et  au  tiers  postérieur  de  li 
créle]  iliaque  par  uue  longue  aponévrose,  l'aponévroMt  Utmbo-tacnr .  n^u 
lui  est  commune  avec  les  muscles  petit  dentelé  inrérieur.  petit  ublji^. 
et  tranavcrse  de  l'abdomen.  Cette  aponévrose ,  extrêmement  résistante  f. 

tng/aST. 


Couche  miamlai 
,  UdkIc  ^nil  ilorsil.  — 


bord  inlrncur  prcMoi  icMtiul,  ^  T.  Sun  iiDglf  miûrunuiirrirur  dont  la  ibrt*  toni-. 
l»  hotJ  iDf^rii'ur  du  graud  rond.  ^  H.  Huïrlr  grind  rond.  — 9,B.   Mairie  li«|« 


RÉGION  LOMBO-OCaPITALE.  197 

d abord  uses  large,  se  rétrécit  de  haut  en  bas,  comme  le  trapèze,  sous 
lequel  elle  est  située.  Au-dessous  du  trapèze,  elle  s'élargit  de  nouveau  et 
di>  plus  en  plus,  atteint  sa  plus  grande  largeur  au  niveau  de  la  crête 
iliaque  ;  puis  se  rétrécit  encore  et  rapidement  pour  se  terminer  en  pointe 
sur  le  sommet  du  sacrum.  Elle  comprend  donc  deux  portions  continues 
entre  elles  :  Tune  supérieure  ou  sous-musculaire,  plus  petite,  extrêmement 
nÛDce,  formée  par  des  fibres  transversales,  offrant  la  figure  d'un  triangle 
dontle  sommet  tronqué  se  dirige  en  bas;  l'autre,  inférieure  ou  sous-cutanée, 
bt'aucoup  plus  étendue ,  très-résistante,  composée  de  fibres  entrecroisées  en 
di\ers  sens  et  triangulaire  aussi,  mais  dont  le  sommet  se  dirige  en  dehors  ; 
l' e^t  à  cette  dernière  que  viennent  s'unir  les  aponévroses  des  trois  muscles 
précédemment  nommés. 

Au  devant  du  quart  postérieur  de  la  crête  iliaque,  le  muscle  s'attache  à 
(ctte  crête  par  une  languette  aponévrotique,  rectangulaire,  dont  les  fibres 
^<(ll  verticalement  dirigées. 

Les  in<ertion8  qu'il  prend  sur  les  trois  ou  quatre  dernières  côtes  se  font  à 
la  ate  externe  et  au  bord  supérieur  de  celles-ci,  à  l'aide  de  très-minimes 
tûres aponévrotiques  auxquelles  succèdent  des  faisceaux  charnus, aplatis  et 
ï'perposés,  d'autant  plus  petits  et  plus  externes,  qu'ils  naissent  de  côtes 
:  1  ;s  élevées.  Ces  faisceaux  ou  digitations  sont  reçus  entre  les  digitations 
correspondantes  du  grand  oblique,  qu'ils  recouvrent  et  croisent  presque 
.  rpondiculairement  de  bas  en  haut.  —  Le  faisceau  émané  de  la  crête  iliaque 
•['[•artient  manifestement  à  cette  série  de  digitations  sur  le  prolongement 
•it'  laquelle  il  est  situé  et  dont  il  représente  le  point  de  départ.  Lorsque 
.i  dernière  côte  n'atteint  pas  sa  longueur  ordinaire,  ce  qui  est  fréquent, 
\c  rai<(  eau  qui  s'y  rattache  fait  défaut. 

lv<  fibres  charnues  situées  sur  le  prolongement  des  fibres  tendineuses  du 
^^lQd  dorsal  suivent  d'abord  trois  directions  différentes.  Les  supérieures, 
i>lu5  courtes,  se  portent  presque  horizontalement  en  dehors.  Les  moyennes, 
']m  forment  la  presque  totalité  du  muscle,  se  dirigent  en  haut  et  en  dehors; 
ilt'âsont  d'autant  plus  obliques,  qu'elles  se  rapprochent  plus  de  la  crête 
iiique.  Les  externes,  ou  antérieures,  montent  presque*  verticalement  vers 
i  ai^>elle.  Toutes  convergent  donc  pour  former  un  gros  faisceau,  très-allongé, 
i'  plus  en  plus  étroit;  recouvrant  l'angle  inférieur  de  l'omoplate,  au  niveau 
^  -quel  il  reçoit  ordinairement  une  languette  musculaire  qui  s'en  détache 
.  >jr  se  joindre  à  sa  face  profonde;  longeant  ensuite  le  muscle  grand  rond, 
;•  115  pénétrant  avec  celui-ci  dans  l'épaisseur  de  la  paroi  postérieure  du  creux 

1'»  Pfrtioo  moyenne  ou  tninsTersale  de  ce  muscle  s'insèrent  par  de  courtes  fibres  tendi- 

'  vs  a  l'épine  de  Tomoplatc.  —  11.  ApoutWrose  triangulaire  par  laquelle  la  portion  ascen- 

...«•  «lu  muscle  se  fixe  à  cette  épine.  — 12.  Muscle  sous-épineux.  —  13.  Muscle  petit  rond. 

—  1).  Mttsrlc  grand  oblique  de  Tabdomen.  — 15^15.  Ses  digitations  inférieures  s'cntre- 

■vint  avec  celles  du  grand  dorsal  qui  les  recouvrent  en  partie.  — 16,16.  Ses  digitations 

•    ^«'a^es  qai  s'engrènent  avec  celles  du  grand  dentelé.  — 17,17.  Son  bord  antérieur 

-î'**  vertical.  — 18.  Son  bord  inférieur  presque  liorizonlal.  — 19.  Son  angle  antéro- 

'    '  ir  plus  ou  moins  arrondi.  —  20,20.  Muscle  grand  dentelé.  —  21.  —  Bord  inférieur 

-  :riU(l  pectoral,  k  la  partie  supérieure  duquel  on  entrevoit  le  bord  correspondant  du  petit 

'  '  rai.  -^  22.  Musrle  grand  fessier.  —  23.  Muscle  tenseur  du  fascia  lata.  —  24*  Muscle 

•  •«.  —  25.  Muscle  peaucier  du  cou.  —  26.  Extrémité  supérieure  du  muscle  stemo- 


198 


mroLOQiE. 


toute  l'étendue  de  la  crâle  sacrée;  2»  en  bu,  sur  le  tien  postérieur  it  ii 
lâvre  externe  de  la  crête  iliaque;  3'  en  dehors,  sur  la  face  cileme  il  1- 
bord  supérieur  des  Irais  ou  quatre  derniËres  cOlet. 

Le  grand  dorsal  s'insère  à  la  crête  épinière  et  au  tiers  postérieur  de  U 
crC te)  iliaque  par  une  longue  aponévrose,  l'aponévro$e  tômbo-saerir .  <;\: 
lui  oit  commune  avec  les  muscles  petit  dentelé  inrérieur,  petit  ubliq.. 
et  Iransverse  de  l'abdomen.  Cette  aponévrose  ,  eitrémement  résistaoïc  ri 

Fig."aï7. 


t  suptrfideUt  des  parois  laléralet  d\ 


—  !.   Apoml-irou  loiiiliii-juir^r.  —  3.  Fai.vtu  )*r  k-:. 

'le  iliai|ur.  —  H,  bi  ï-  Fuiï^ïuux  m<>wui  du  tattar  aiv  :' 
•uni  uraingirrnwni  »u  nniimn-  Uï  qu»ln',  niuiM  liv*-wuTent  iiissi  tu  nonibri'  d*  Irou  » 
vent.  —  }.  Son  bord  su["  rirur  d'uliuril  huriinnul,  puis  ubliqurmrni  Bwcndui.  —  * 
bord  lalcricur  prcMue  icriiiul.  i—  T.  Son  Hnglr  >nÛro-5upérirur  dool  l«s  Sbrn  r*nt»u- 
le  bord  iaUr'Kur  du  gr*ud  rond.  —  H.  Muscle  grand  rond.—  9,9.   MbkIc  lr«|i<J> 


REGION  LOMBO-OCaPITALE.  197 

d abord  aises  large,  se  rétrécit  de  haut  en  bas,  comme  le  trapèze,  sous 
lequel  elle  est  située.  Au-dessous  du  trapèze,  elle  s'élargit  de  nouveau  et 
do  plus  en  plus,^  atteint  sa  plus  grande  largeur  au  niveau  de  la  crête 
iliaque  ;  puis  se  rétrécit  encore  et  rapidement  pour  se  terminer  en  pointe 
sur  le  sommet  du  sacrum.  Elle  comprend  donc  deux  portions  continues 
entre  elles  ;  Tune  supérieure  ou  sous-musculaire,  plus  petite,  extrêmement 
mince,  formée  par  des  fibres  transversales,  offrant  la  figure  d'un  triangle 
dont  le  sommet  tronqué  se  dirige  en  bas;  l'autre,  inférieure  ou  sous-cutanée, 
beaucoup  plus  étendue,  très-résistante,  composée  de  fibres  entrecroisées  en 
di\ers  sens  et  triangulaire  aussi,  mais  dont  le  sommet  se  dirige  en  dehors; 
(  est  à  cette  dernière  que  viennent  s'unir  les  aponévroses  des  trois  muscles 
précédemment  nommés. 

Au  devant  du  quart  postérieur  de  la  crête  iliaque,  le  muscle  s'attache  à 
cette  crête  par  une  languette  aponévrotique,  rectangulaire ,  dont  les  fibres 
^•nt  verticalement  dirigées. 

Les  insertions  qu'il  prend  sur  les  trois  ou  quatre  dernières  côtes  se  font  à 
la  ace  externe  et  au  bord  supérieur  de  celles-ci ,  à  Taide  de  très-minimes 
titiresaponévrotiques  auxquelles  succèdent  des  faisceaux  charnus,  aplatis  et 
ijperposés,  d'autant  plus  petits  et  plus  externes,  qu'ils  naissent  de  côtes 
:  )  is  élevées.  Ces  faisceaux  ou  digitations  sont  reçus  entre  les  digitations 
("rrespondantes  du  grand  oblique,  qu'ils  recouvrent  et  croisent  presque 
["Tpendiculairement  de  bas  en  haut.  —  Le  faisceau  émané  de  la  crête  iliaque 
il'partient  manifestement  à  cette  série  de  digitations  sur  le  prolongement 
i(^  laquelle  il  est  situé  et  dont  il  représente  le  point  de  départ.  Lorsque 
•4  dernière  côte  n'atteint  pas  sa  longueur  ordinaire,  ce  qui  est  fréquent| 
!l  faisceau  qui  s'y  rattache  fait  défaut. 

Le»  fibres  charnues  situées  sur  le  prolongement  des  fibres  tendineuses  du 
çraiid  dorsal  suivent  d'abord  trois  directions  différentes.  Les  supérieures, 
l'îui  courtes,  se  portent  presque  horizontalement  en  dehors.  Les  moyennes, 
lui  forment  la  presque  totalité  du  muscle,  se  dirigent  en  haut  et  en  dehors; 
t^lleâ  sont  d'autant  plus  obliques,  qu'elles  se  rapprochent  plus  de  la  crête 
iliaque.  Les  externes,  ou  antérieures ,  montent  presque*  verticalement  vers 
1  ai^dolle.  Toutes  convergent  donc  pour  former  un  gros  faisceau,  très-allongé, 
'il*  plus  en  plus  étroit  ;  recouvrant  l'angle  inférieur  de  l'omoplate,  au  niveau 
'ijquel  il  reçoit  ordinairement  une  languette  musculaire  qui  s'en  détache 
: 'ur  se  Joindre  à  sa  face  profonde;  longeant  ensuite  le  muscle  grand  rond, 
;  uis  pénétrant  avec  celui-ci  dans  l'épaisseur  de  la  paroi  postérieure  du  creux 

t^  Portion  moyenne  ou  transtersale  de  ce  muscle  s'insdrant  par  de  courtes  fibres  tendi- 

'  :xs  a  répine  de  l'omoplate.  —  11.  Aponéyrose  triangulaire  par  laquelle  la  portion  ascen- 

..^  du  muscle  se  fixe  à  cette  épine.  — 12.  Muscle  sous-épineux.  —  13.  Muscle  petit  rond. 

^  U-  Muscle  grand  oblique  de  l'abdomen.  — 15^15.  Ses  digitations  inférieures  s'entre- 

"  -i^ùoi  a^cc  celles  du  grand  dorsal  qui  les  rccouYrent  en  partie.  — 16, 16.  Ses  digitations 

"•'.^neures  qui  s'engrènent  avec  celles  du  grand  dentelé.  — 17,17.  son  bord  antérieur 

"xl'jf  vertical.  — 18.  Son  bord  inférieur  presque  horizontal.  — 19.   Son  angle  antéro- 

''r.cuT  pins  ou  moins  arrondi.  —  20,20.  Muscle  grand  dentelé.  —  21.  —  Bord  inférieur 

f'  uTind  pectoral,  à  la  partie  supérieure  duquel  on  entrevoit  le  bord  correspondant  du  petit 

*  '"Tul.  —  22.  Must'le  grand  fessier.  —  23.  Muscle  tenseur  du  fascia  lata.  —  24*  Muscle 

'^ '"-«le— 25.  Muscle  peaucier  du  cou.  —  26.  Extrémité  supérieure  du  muscle  stemo- 

aiumdiea. 


198  HYOLOGIE. 

de  l'aÎMelle.  En  enlraot  dans  celle  paroi,  il  conlourne  le  grand  r<ind  i  .1 

manière  d'une  spirale,  de  (elle  sorte  que,  situé  d'abord  eu  arrièrr  m-j- 

dessouB  de  ce  muscle,  il  lui  devient  anlérieur  ei  supérieur  dans  st  [nr  ^. 

terminale. 

Celle  partie  terminale  du  grand  dorsal  est  coDttituée  par  un  Icndon  iy\v 
rectangulaire,  offrant  une  longueur  de  7  à  S  centimètres  cl  une  lar.'< ..:  :■ 
3  ou  II.  I-es  analomistei  sont  divisés  d'opinion  sur  son  point  d'allath<.l: 
plupart  des  auteurs  admettent  qu'il  s'insère  &  la  lèvre  interne  de  U  ri>u  :- 
bii'iptlale.  M.  Cruveilhier  avance  qu'il  se  fixe  au  fond  de  celle-ci ,  et  q^w  ': 
lèvre  interne  donne  insertion  au  grand  rond.  Les  deux  opinions  son  1  ; -.. 
dées.  TanlCt  il  s'attache  au  fond  de  la  coulisse.  Tantôt  il  s'attache  tnS-r'.' 
liëremcnt  à  sa  lèvre  interne,  sur  laquelle  il  semble  bridé  par  une  binil'l'  " 
fibreuse  qui  vient  de  la  petite  lubérositë  de  l'humérus  et  qui  lui  alh  ^ 
d'une  manière  intime.  Le  tendon  du  grand  rond  s'insère  alors  i  ta  ^ 
interne  de  l'os  dans  une  direction  un  peu  oblique;  en  haut,  il  est  sèpnr-  ;■ 
celui  du  grand  dorsal  par  un  espace  angulaire,  tandis  qu'en  bas  ou  il  d- 
borde  ce  dernier,  on  le  voit  se  placer  à  son  niveau.  Ces  doui  tendon*.  <■  t- 
tinus  inrérieuremeni,  sont  séparés  l'un  de  l'autre  par  une  large  t^  i:>- 
léreuse  dont  l'exietencc  est  constante. 

Rapports.  —  Le  grand  dorsal  est  recouvert  en  haut  et  en  dedans,  5iir  :  - 
petite  partie  de  sa  surraee,  par  le  trapèze,  et  dans  le  reste  de  son  (-W.  • 
par  la  peau.  Il  recouvre  :  1'  en  dedans,  le  petit  dentelé  infèrienr,  li?  rr  ■ 
des  spinaux,  et  le  bord  postérieur  du  petit  oblique  de  l'abdomen;  î' ■■ 
dehors,  l'angle  inréricur  de  l'omoplate ,  du  rhomboïde  cl  du  grand  deM> 
les  digilalions  du  grand  oblique,  les  cotes  cl  les  muscles  intcrcoslaui  ;  3  - 
haut  la  face  postérieure,  puis  le  bord  inréricur  et  la  face  antérieure  du  n-^'  ' 
rond.  —  Son  bord  supérieur,  en  général  horisonlal ,  est  descendant  ol  ■  ::r- 
viligne  lorsque  le  muscle  s'attache  aux  huit  dernières  vertèbres  dur-i'  • 
Il  devient  reclillgne  et  légèrement  ascendant  s'il  ne  s'insère  qu'aux  q  ..  " 
ou  cinq  dernières,  et  se  trouve  alors  séparé  du  bord  inférieur  du  rh<>mt- 
par  un  espace  angulaire  d'aulanf  plus  grand  qu'il  esl  moins  éle^r.•< 
espace  est  rempli,  du  reste,  par  une  lame  aponévrotique  qui  les  nln- 1  - 
&  l'autre.—  Son  bord  inférieur,  étendu  du  tiers  moyen  de  la  crête  iliaqui  1- 
«ommet  du  sacrum,  décrit  une  courbe  â  concavité  exiemc;  il  esl  ren.i:'  ' 
en  dedans  par  le  muscle  grand  fessier  auquel  il  donne  allachc.  —  Sm  l'- 
interne, vertical  cl  très-long,  se  continue  avec  celui  du  muscle  opp-'^'-.  - 
l.c  bord  evicme,  presque  vertical  aussi,  s'applique  en  bas  sur  le  boni  ,■"- 
térieur  du  grand  oblique  de  l'abdomen,  dont  il  est  quelquefois  sépar--  je- 
un espace  triangulaire  A  base  inférieure  qui  laisse  voir  le  petit  obliquf. 

Action.  —Le grand  dorsal  a  pour  usage  ;  1°  d'abaisser  le  membre 'o:- 
rieur;  3°  de  le  rapprocher  du  tronc  eti  te  portant  en  arrière;  3*  d<^  : 
imprimer  un  mouvement  de  rotation  qui  dirige  sa  face   poaléricur<' >'- 
dclion  et  l'cxleroe  en  avant. 

Les  eipériences  électro-phjsiologiques  do  H.  Ducbcnne  (de  Boalopie  '■- 
ont  démontré  que  lorequc  son  tiers  supérieur  agit  seul ,  il  attire  l'épiulr  ''■ 
tout  le  membre  Iboraciquc  directement  en  dedans,  ea  soulevant  l('-<r<' 


RÉGION  DORSO-CERVIGALE.  199 

ment  le  bord  spinal  de  l'omoplate  et  en  le  rapprochant  de  celui  du  côté 
opposé  de  2  à  3  centimètres.  La  contraction  isolée  de  ses  deux  tiers  infé- 
rieun  a  pour  résultat  l'abaissement  direct  du  membre.  L'action  simultanée 
des  deux  muscles,  suivant  le  môme  auteur,  redresse  le  tronc  en  repoussant 
le  thorax  en  avant  et  dégage  la  poitrine  en  eiïaçant,  abaissant  et  rappro- 
chant les  épaules  ;  ce  sont  eux  qui  interviennent  plus  spécialeiqent  dans 
1  attitude  du  soldat  au  port  d'armes. 

Lorsque  ces  muscles  prennent  leur  point  d'appui  sur  l'humérus,  ils  sou- 
lèvent le  tronc.  Par  leurs  faisceaux  antérieurs  ou  externes,  ils  élèvent  les 
côtes,  et  prennent  part,  comme  le  faisceau  claviculaire  des  trapèzes,  aux 
grandes  inspirations. 

§  2.  —  RÉGION  DORSO-CERVICALB. 

Quatre  muscles  contribuent  à  former  cette  région  :  le  rhombc^t'de,  Vangvh 
laire  de  Vonwplate^  le  Tpelit  dentelé  supérieury  le  petit  dentelé  inférieur. 

Préparation,  —  Après  avoir  dtodië  le  trapèze  et  le  grand  dorsal,  il  suffit,  pour  découvrir 
l'dngulaire,  le  rhoinbofdo  et  le  petit  dentelé  inférieur,  d'inciser  verticalement  ces  deux  muscles 
rt  lié  détacher  chacunctic  leurs  moitiés  en  les  repoussant  en  dedans  et  on  dehors.  Au-dessous 
•ir  la  partie  moyenne  du  trapè7.e  se  présente  le  rhomboïde,  sur  lequel  il  convient  de  fixer 
•iLi>6rd  son  attention.  Celui-ci  étant  connu,  on  l'incisera  aussi  verticalement  pour  rejeter 
th^mie.  sa  partie  interne  en  dedans  et  l'externe  en  dehors,  ce  qui  permettra  d'observer 
vm  insertion  scapulaire.  On  procédera  alors  à  la  préparation  des  petits  dentelés  *  puis  on 
r  iij]»létera  celle  de  Tangulairc  en  le  renversant  en  dehors,  afin  de  mettre  en  évidence  ses 
.:i sortions  cervicales. 

I.  —  IhOBikoMe. 

Obliquement  situé  à  la  partie  inférieure  du  cou  et  supérieure  du  dos, 
large  et  mince,  remarquable  surtout  par  sa  figure  très-régulièrement  rhom- 
boîdale. 

Insertions,  —  Il  s'attache  en  dedans  à  la  partie  inférieure  du  ligament 
cervical  postérieur,  à  l'apophyse  épineuse  de  la  septième  vertèbre  du  cou,  à 
celles  des  quatre  ou  cinq  premières  vertèbres  du  dos,  et  aux  ligaments  inter- 
épineux correspondants.  Ces  insertions  ont  lieu  par  des  fibres  aponévroti- 
qiies  parallèles,  assez  courtes  et  inégales  supérieurement,  ou  elles  s'entre- 
mêlent aux  fibres  musculaires;  plus  longues,  plus  égales  et  plus  indépen- 
dantes inférieurement ,  ou  elles  forment  une  petite  aponévrose  de  2  centi- 
mètres de  largeur. 

Aux  fibres  aponévro tiques  succèdent  les  fibres  charnues.  Celles-ci,  situées 
sur  le  prolongement  des  précédentes  et  parallèles  aussi,  se  dirigent  de 
dedans  en  dehors  et  de  haut  en  bas  pour  aller  se  fixer  à  l'interstice  du  bord 
ioleme  de  l'omoplate ,  depuis  l'angle  inférieur  de  cet  os  jusqu'au  milieu  de 
1  intervalle  compris  entre  son  angle  supérieur  et  son  épine.  Très-souvent  son 
insertion  ne  s'élève  pas  au-dessus  de  l'épine.  Elle  a  lieu  en  haut ,  p^  de 
courtes  fibres  apgnévrotiques.  Dans  le  reste  de  son  étendue,  elle  se  fait  par 
une  bandelette  tendineuse  qui  suit  la  direction  du  bord  interne  de  l'os^ 
mail  qui  ne  lui  adhère  que  par  ses  extrémités  et  surtout  par  l'inférieure. 


REGION  DORSO-GERVICALE.  301 

la  septième  vertèbre  du  cou ,  celui-ci  s'insère  en  dehors ,  immédiatement 
au-dessus  de  Tépine  de  l'omoplate,  entre  cette  épine  et  l'angulaire,  et  quel- 
qîicfois  au  niveau  de  la  facette  triangulaire  qui  précède  l'épine. 

Rapports,  ~  La  face  postérieure  du  rhomboïde  est  recouverte  dans  la  plus 
grande  partie  de  son  étendue  par  le  trapèze  ;  en  bas  et  en  dehors,  elle  se 
iruve  en  rapport  avec  la  peau,  et  plus  bas  avec  le  grand  dorsal.  —  Sa  face 
Intérieure  répond  au  petit  dentelé  supérieur,  au  long  dorsal,  au  sacro-lom- 
baire, aux  seconde,  troisième^  quatrième  et  cinquième  côtes,  et  aux  mus- 
îles  intercostaux  correspondants. 

Action.  —  Le  rhomboïde,  au  début  de  son  action,  communique  à  l'omo- 
pld(e  un  mouvement  de  rotation  qui  a  pour  effet  :  i^  de  déprimer  son  angle 
antérieur  et  abaisser  le  moignon  de  l'épaule  ;  2^  d'élever  son  angle  inférieur 
m  le  rapprochant  de  la  colonne  vertébrale;  3"  de  détruire  par  conséquent 
It  parallélisme  du  bord  spinal  et  du  rachis,  en  donnant  à  ce  bord  une  direc- 
:i  >n  obliqué  de  haut  en  bas  et  de  dehors  en  dedans  ;  U"^  de  tendre  la  moitié 
:.!  rieure  du  grand  dentelé  qui  limite  alors  le  mouvement  dé'rotation.  Si  le 
m>l^<:le  continue  de  se  raccourcir,  le  scapulum  est  attiré  en  haut;  le  grand 
intelé  se  tend  davantage,  et  comme  l'omoplate  lui  offre  un  point  fixe,  il 
\*-".\{  élever  les  côtes. 

Iv  rhomboïde  a  donc  pour  destination  principale  d'imprimer  à  l'épaule 
.»  <l<iiible  mouvement  de  rotation  et  d'élévation,  et  pour  destination  acces- 
«  ire  de  concourir,  par  l'intermédiaire  du  grand  dentelé,  à  la  dilatation  du 
>:]<r.i\  ;  de  même  que  le  trapèze  et  le  grand  dorsal,  il  prend  part  aux  grandes 
inspirations. 

lorsque  ce  muscle  combine  son  action  avec  celle  du  trapèze,  le  bord 
^:  .nal  de  Tomoplate  se  porte  en  dedans  et  en  haut  en  restant  parallèle  au 
lài.  bis. 

II.  —  Anffalatre. 

L  angulaire,  situé  sur  la  partie  latérale  et  postérieure  du  cou ,  est  un 
^u  s<le  allongé  et  contourné;  simple,  assez  épais,  aplati  d'avant  en  arrière, 
■II!»  rieurement  ;  multifide ,  beaucoup  plus  mince,  aplati  de  dehors  en  de- 
^«las,  supérieurement. 

IfiiertioM.  —  Il  s'attache  en  haut  au  tubercule  postérieur  des  apophyses 
'nnsverees  des  quatre  ou  cinq  premières  vertèbres  cervicales  par  des  ien- 
^uns  d'autant  plus  grêles  qu'ils  sont  plus  inférieurs.  A  ces  tendons  succèdent 
des  faisceaux  charnus*  en  nombre  égal,  et  aplatis  aussi,  qui  augmentent  de 

iii:  >^.  ~  1^.  Muscle  splénias.  — 15.  Muscle  angulaire  de  l'omoplate.  —  16.  Muscle  petit 
>  <-  V  NQpc'rii'ur  dont  la  partie  la  plus  élcvt^e  est  seule  Tisible.  —  17.  Muscle  rhomboïde.  — 
1*  Mi>»[t'  sous-épineux.  —  19.  Portion  inférieure  du  muscle  grand  dentelé.  —  20.  Attache 
'  Mlle  portion  à  l'angle  correspondant  de  Tomoplate.  —  21.  Muscles  spinaux.  — 
-  :i.  Muscle  petit  dentelé  inférieur.  —  23.  Partie  postérieure  du  muscle  petit  obli.jue  de 

..  ...non.  —  24.  Muscle  ten.Henr  du  fa.scia  lalu  dont  on  n'aperçoit  que  le  bord  posltriour. 
-:^  .Mnvle  moyen  fessier.  — 26.  Muscle  pyramidal.  ^  27.  Muscle  jumeau  su])éricur. 
~  :h.  Tandon  du  muscle  obturateur  interne.  —  20.  Muscle  jumeau  inférieur^  s'uuissaut  en 

''>r^au  tendon  de  l'obturateur  interne.^  30.  Muscle  carré  crural.  — 31.  Grand  ligament 
Vf  rv-H'iitique.  —  33.  Tubérosité  îscbiatique. 


303 


MY0L0G1E. 


largeur  et  d'épaisseur  en  descendant,  et  qui  m  conrondent  ven  le  lien  in'->- 
rieur  du  muscle.  Ainsi  constitué,  celui-ci  continue  à  »e  porter  en  bas  e:  r-. 
dchon,  en  se  contournant  do  telle  sorte  que  ton  bord  postérieur  ie^-:' 
inierneet  l'anlÉrieur  externe. —Il  s'insère  le  plus  hobiluellemcnl.iiardi-:;  - 
courtes  libres  aponëtroliqucs ,  i  toute  celte  partie  du  bord  spinal  de  1  n:  - 
plate  qui  se  trouve  située  au-dessus  de  l'épine.  Somcnt  il  ne  s'étend  ;  i- 
loul  d  Tuil  Jusqu'à  l'épine.  Chez  quelques  individus  il  descend  moin^  i-x- 
encore  et  prend  alors  des  insertions  sur  la  partie  correspondante  du  b  :'. 
supérieur  de  l'os;  dans  ce  cas,  il  se  fixe  rëellemeiil  à  son  angle  supériei.;  ■;: 
interne,  d'où  la  dénomination  qui  lui  a  été  donnée  ;  mais  ce  mode  d  imi>l>-- 
talion  est  le  plus  rare. 

Rapports.  —  l.a  Tace  externe  de  l'angulaire  est  recouverte,  de  haut  en  bi^ 
par  le  sterno-masloidien,  ta  peau  et  le  trapèze.— Sa  face  interne  recoum  ' 
bord  externe  du  splénius,  le  transversoire,  la  portion  cervicale  du  sa.r- 
lombaire,  et  le  petit  dentelé  supérieur. 

Action.  —  La  plupart  des  auteurs  avaient  admis,  avec  Winslow,  qu  i. 
moment  où  l'angulaire  se  contracte,  l'omoplale  tourne  autour  d  un  )v< 
fictif  passant  par  sa  partie  centrale ,  et  qu'en  vertu  de  ce  mouvement  vt 
ani;lcs  postérieurs  s'élèvent,  tandis  quo  l'antérieur  s'abaisse,  entraînant  air; 
lui  tout  le  moignon  de  t'épaule.  Hais  H,  Duchenne  (de  Boulogne)  a  tt^  c  :  - 
duil,  par  ses  expériences  ëlectro- physiologiques,  A  reconnaître  que  I  axi-  i 
rotation,  beaucoup  plus  élevé  qu'on  ne  l'avait  pensé,  correspond  i  I  ai;. 
antérieur  :  c'est  autour  de  cet  angle  lui-même  que  tourne  l'omoplalf  :  il  ::- 
saurait  donc  s'abaisser.  Au  début  de  sa  contraction ,  l'angulaire  agit  fC'A':-~ 
ment  sur  le  bord  spinal  qu'il  incline  de  baut  en  bas  et  de  dehor*  en  ded»-.! 
Si  les  r^ntractions  deviennent  plus  énergiques,  le  muscle  élève  dîreclemr'' 
l'omoplate  et  toute  l'épaule.  Son  mode  d'action  ulTre,  du  reste,  beau<<.'.? 
d'analogie  avec  celui  du  rhomboïde. 

Lorsqu'il  prend  son  point  d'appui  sur  le  scapulum,  préalableiDenl  imm  - 
biliié  par  les  muscles  qui  s';  attachent,  l'angulaire  incline  de  son  i-<.;'  '.■ 
cou  et  la  léte.  Si  les  deux  muscles  agissent  à  la  fois,  ils  coulribueot  j  Hi  : 
la  colonne  cervicale  dans  son  étal  de  rectitude. 


III.  —  PMli  écn 

Ce  muscle,  situé  A  h  partie  inférieure  du  cou  et  supérieure  du  d<<s.  • 
aplati,  extrêmement  mince,  quadrilatère. 

ItuêTtioni.  —  Il  s'allnche  en  bout  et  en  dedans,  &  la  partie  inférieur? 
ligament  cervical  postérieur,  à  l'apophyse  épineuse  de  la  sepllème  >en<  : 
du  cou,  cl  à  colles  des  deu\  ou  trois  premières  vertèbres  du  dos,  par  i; 
apojiévnisc  mince,  composée  de  fibres  parallèles  obliques  en  bas  et  m  J 
hors,  représentant  la  moitié  environ  de  la  longueur  du  muscle.  Necrs  ti' 
pnriie  externe  de  relie  aponévrose,  les  fibres  charnues  suivent  U  m-  " 
direction,  puis  se  divisent  en  quatre  digilalions  pour  s'insérer  pardec'ur' 
languetlos  tendineuses,  de  ligure  angulaire,  au  bord  supérieur  et  i  '»  <■• 
externe  des  seconde,  troisième,  quatrième  et  cinquième  cùtei.  La  jr 


RÉGION  DORSO-CERVIGALE.  303 

mière  digitation  s'attache  très -près  de  l'angle  de  la  seconde  côte;  les 
autres  s'éloignent  d'autant  plus  de  l'angle  auquel  elles  correspondent, 
qu'elles  sont  plus  inférieures.  Quelquefois  la  quatrième  digitation  fait  dé- 
faut. Chez  certains  individus,  il  en  existe  une  cinquième  qui  se  tixe  à  la 
sixième  côte. 

Rapporfs.  —  Le  petit  dentelé  supérieur  est  recouvert  sur  la  plus  grande 
partie  de  sa  surface  par  le  rhomboïde  ;  en  haut,  où  il  déborde  ce  muscle,  il 
e5t  en  rapport  avec  le  trapèze  et  l'angulaire;  en  dehors  il  est  sous-Jacent 
au  grand  dentelé. — Sa  face  antérieure  ou  profonde  recouvre  le  splénius,  le 
trans^ersairCy  le  long  dorsal,  le  sacro-lombaire  et  les  intercostaux  externes. 

Action.  —  Ce  muscle  descendant  très-obliquement  du  rachis  sur  lescôte^s, 
et  prenant  constamment  son  point  d'appui  en  haut  et  en  dedans,  a  manifes- 
tement pour  usage  d'élever  les  côtes;  il  est  donc  inspirateur.  Il  contribue  en 
outre  à  brider  lesmuscles  des  gouttières  vertébrales,  et  devient  sous  ce  point 
do  vue  congénère  du  petit  dentelé  inférieur,  dont  la  destination  est  du  reste 
diamétralement  opposée  à  la  sienne. 

I¥.  —  relll  denlelé  tnMrlear. 

Le  petit  dentelé  inférieur  est  situé  à  la  partie  inférieure  du  dos  et  supé- 
rieure des  lombes.  Aplati,  très-mince,  de  figure  quadrilatère  comme  le 
supérieur,  il  diffère  de  celui-ci  par  sa  largeur  et  surfout  par  sa  hauteur 
beaucoup  plus  considérables,  par  sa  direction  légèrement  ascendante  et  par 
ta  destination. 

Insertions.  —  Il  s'attache  en  dedans  aux  apophyses  épineuses  des  trois 
dernières  vertèbres  du  dos,  à  celles  des  trois  premières  vertèbres  des  lombes, 
et  aux  ligaments  interépineux  correspondants,  par  une  mince  aponévrose, 
a  fibres  parallèles  et  légèrement  ascendantes,  formant  la  moitié  ou  les  deux 
tiers  du  muscle,  confondue  sur  la  plus  grande  partie  de  son  étendue  avec 
(elles  du  grand  dorsal  et  du  petit  oblique.  De  cette  aponévrose  naissent  les 
Hbres  musculaires  parallèles  et  ascendantes  aussi,  qui  se  partagent  presque 
aussitôt  en  quatre  digitations,  d'autant  plus  longues  et  plus  larges,  qu'elles 
»uDt  plus  élevées.  Celles-ci  se  recouvrent  de  haut  en  bas  comme  les  tuiles 
d  un  toit;  elles  vont  s'insérer  au  bord  inférieur  des  quatre  dernières  côtes, 
par  de  très-courtes  fibres  tendineuses  mêlées  aux  fibres  charnues.  La  digi- 
tation supérieure  se  fixe  au  bord  inférieur  de  la  neuvième  côte,  sur  une 
longueur  de  10  centimètres;  la  seconde  au  bord  inférieur  de  la  dixième, sur 
une  longueur  de  6  centimètres;  la  troisième  au  bord  inférieur  de  la  onzième, 
sur  une  étendue  de  2  centimètres  ;  la  quatrième  au  sommet  de  la  douzième, 
surune  étendue  qui  varie  de  quelques  millimètres  à  1  centimètre.  Lorsque 
la  douzième  côte  est  très-courte,  cette  dernière  fait  défaut. 

Rapports.  —  Recouvert  par  le  grand  dorsal,  ce  muscle  recouvre  de  dedans 
ea  dehors  le  long  dorsal,  le  sacro-lombaire,  les  trois  dernières  côtes  et  les 
muscles  intercostaux  externes. 

Action.  —  Les  insertions  et  la  direction  du  petit  dentelé  inférieur  démon- 
trent de  la  manière  la  plus  nette  qu'il  a  pour  usage  d'abaisser  les  côtes,  et 


qu'il  doit  être  rangé  par  conséquent  au  nombre  de*  maiclet  «pinleun. 
Anlagoniale  du  pclit  denleté  supérieur  sous  ce  rapport,  il  lient  ca  aide  t 
I  elui-ci  par  la  part  qu'il  prend  à  la  contention  dei  muscles  tpiaani. 

§  3.  —  Région  cervico-occipitalb  sunRriciELLE. 

(jualre muscles  concnurentà  former  cette  régiod  :  le  tpiénivt,  le  Inm- 

leriaire,  le  petit  complexu»  et  le  grand  comptexut, 

l'rép/irolion.  —  1°  CoiirliFr  le  su)cl  sur  l'abdiimcn,  plurer  un  billot  tous  \e  lliorai  ri  k  -f 
liimtiïi'  U  li\f  afin  de  Icniirc  lïs  muscles  At  Is  ptrlic  poiléricarr  du  cou;  3*  furr  sur  lu  1 1:  r 
iiijciisut  une  incision  i<ifndue<lu  milieu  du  do» «ers  la  proinbi'ranci'  orcîiiiulf .  )iui>al...-~- 
sarui  partie  infi^rieurc  une  seconile  incision  Iranirersalenirnl  dirijn'c;  3*  d/uclirr  ■  li  l  -  - 
ilcdms  rn  dehors  la  peu  ri  le  Iroiùie.afindc  dérouirirle  spléniussur  louir  mq  r\-r.-  .- 
Il'  EluilitT  ce  n.u^cle,  le  ilitiser  cnsuiu  vertiralcmant  snr  u  partie  inoyenue,  [wur  n-j'i.  r  -  - 
cilrJmili'  «uiH'rifure  en  liaul  el  s«n  exlri^milc  infiïrleure  en  dedans.  3°  Cberrlier  riiiLci>;.  - 
rellaleux  igni  Mqure  le  pctil  complcxusdu  transver$aire ,  pjui'irer  dans  cet  ini«T<irr:  --; 

lener  en  dehors  le  seeond  de  ec» scies,  aBn  de  nieUre  en  évideuee  rhwun  de  ■«-.  l^^  !    ■ 

iiilemeauu  inférieur».  G"  Séparer  le  petit  eonpIciDsdu  grand  roniplrius,  pn  isolant  i ^-^ 

li'nilans  |iar  l>'^quels  il  a*iuM're  sui  apophyses  Irunsverses  des  ténèbres  dl  cou;  ?•  i..: 
:ii-!iPifv  ili-  |ir.'p8iiT  le  grand  coinplcius. 

1.  —  SpItalM. 


1«  splénîus  est  situé  à  la  partie  postËrieure  du  cou  el  supérieure  du  tt'^. 
Aplali,  assez  mince,  il  ofTre  la  figure  d'un  triangle ,  dottt  le  sommet,  din.*' 
l'ii  bas,  répont]  à  la  ligne  médiane ,  et  dont  la  base,  tournée  cti  haat,  en 
tieliors  el  en  avant ,  s' applique  aux  parties  latérales  du  la  léle  et  du  cou. 

Interliont.  —  Ce  muscle  s'attache  en  dedans  aui  deux  lier»  inrérieurs  du 
tigamenl  cervical  postérieur,  à  l'apophyse  épineuse  de  k  septième  verlt-hn 
ilu  cou,  à  celles  ilos  qunlrcou  cinq  premières  vertèbres  du  dos  et  aui  ligi 
■m'iits  surépineux  correspondants,  pardes  fibres  aponëvroliques  tri>i-count~. 
sur  la  plus  grande  partie  de  sa  hauteur,  maie  qui  s'allongent  de  plus  en  pk! 
inrérieurcmcnl  k  mesure  qu'on  se  rapproche  de  son  somuieL  —  Les  fibr>'! 
l'hamues  situées  sur  le  prolongement  de  cellea-ci  sont  d'aulanl  plus  loni;-:<^ 
rouelles  deviennent  plus  inférieures.  Kïlts  se  portent  obliquement  en  haut  •■: 
II)  dehors ,  en  suivant  une  direction  parallèle  ,  et  se  parlagcnl  au  niveau  d' 
^on  lien  supt' rieur  en  deux  faisceaux  qui  ont  fait  consid<'rer  le  spléniuscomm-' 
I  iiinposé  de  deux  musdes  Juxtaposés  :  l'un,  interne,  beaucoup  plus  consid— 
latilc,  connu  sous  le  nom  de  ipléniut  dé  la  tête;  l'autre,  citerne,  de  dimi-o- 
MOUS  relativement  trt's-mitiimcs,  appelé  tplénius  du  cou.  —  Le  splénios  de  li 
liHe  s'insère:  l'auideut  tiers  cxtemee  delà  ligne  courbe  supérieure  de  locri- 
pjlal,  immédiatement  au-dessous  du  sterno-masloïdien,  par  de  courtes  fibr<^ 
.'iponévroliqui's;  2°  à  la  portion  mastoïdienne  du  temporal,  et  A  U  mom-- 
iiirérieure  de  la  face  externe  de  l'apophyse  mastoïde  par  des  Qbres  ten.li- 
iieuBCS  plus  longues,  plus  accusées  et  beaucoup  plus  mulliptiécs.  —  Le  îple 
iiiu»  du  cou  se  subdivise  en  deux  fascicules  auxquels  surci'dent  des  tend'n- 
iiplatis  qui  vont  se  Hxer  :  le  supérieur,  plus  large,  i  l'apophyM  traosTi'ryr 
lie  l'atlasi  l'inférieur, à  l'apopbfsc  Iransverse  de  l'axis. 


,      RÉGION  CERVIGO-OGGIPITALE  SUPERFICIELLE.  207 

Action.  ~  Ce  moscle  étend  la  colonne  cervicale  en  l'inclinant  de  son  côté 
lorsque  son  action  est  isolée .  Si  les  deux  transversaires  se  contractent  à  la 
ioj5,  la  colonne  est  portée  dans  Textension  directe. 

III.  —  PHït  eomplexiis. 

le  petit  complexus,  situé  sur  les  parties  latérale  et  postérieure  du  cou, 
ciitrc  le  grand  complexus  et  le  transvcrsairc,  s'étend  des  apophyses  trans- 
vtr^cs  des  quatre  derniôrcs  vertèbres  du  cou  à  l'apophyse  mastoïde  du 
t.  mporal.  11  est  allongé  de  haut  en  bas,  aplati  de  dedans  en  dehors,  large 
et  mince  inférieuren)£nt,  plus  épais  et  très-étroit  supérieurement. 

Inseriion»,  —  Ce  muscle  s'attache  en  bas  aux  apophyses  transverses  des 
quatre  dernières  vertèbres  cervicales  et  quelquefois  à  celle  de  la  première 
vertèbre  du  dos,  par  des  languettes  tendineuses  obliquement  dirigées  en 
haut  et  en  dehors,  delà  face  externe  desquelles  naissent  autant  de  faisceaux 
•  harrius,  aplatis,  et  bientôt  confondus  en  un  seul  corps.  Celui-ci  se  porte 
urticalemcnt  en  haut  en  se  rétrécissant  de  plus  en  plus,  et  s'iosère  à  toute 
1  (tendue  du  bord  postérieur  de  l'apophyse  mastoïde,  par  un  court  tendon 
Mlle  sur  sa  face  profonde.  Une  intersection  fibreuse,  linéaire  et  transversale, 
nupe  le  plus  habituellement  sa  partie  moyenne. 

Rapports.  —  Le  petit  complexus  s'applique  par  sa  face  interne  au  grand 
'^  rnplexus  et  à  l'extrémité  postérieure  du  digastrique.  —  Sa  face  externe, 
ir^clinée  eu  dedans,  répond  au  splénius  et  au  transversairc.  —  Son  bord  pos- 
térit^ur,  très-long  et  mince,  est  uni  souvent  au  second  de  ces  muscles  par 
Ml  faisceau  tendineux  ou  musculaire. 

.letton.  —  Ce  muscle  étend  la  tête  et  l'incline  de  son  côté.  Lorsqu'il  se 
Contracte  en  même  temps  que  celui  du  côté  opposé,  il  la  ramène  dans  l'atti- 
tude verticale  si  elle  est  fléchie,  et  peut  lui  communiquer  ensuite  un  léger 
muu^ement  d'extension. 

IV.  —  firuid  eonplexiif. 

Le  grand  complexus  est  situé  à  la  partie  postérieure  du  cou  et  supérieure 
dudo;!«  Allongé,  aplati,  assez  épais  et  large  en  haut,  il  devient  très-mince  et 
K'  termine  en  pointe  inférleurement. 

Insertions,  —  Ce  muscle  s'attache  en  bas  aux  apophyses  transverses  des 
quatre  ou  cinq  premières  vertèbres  dorsales  par  des  tendons  qu'entourent 
presque  aussitôt  les  fibres  charnues,  mais  un  peu  plus  longs  cependant  infé- 
ricurement;  2<*  aux  apophyses  transverses  et  articulaires  des  six  dernières 
^•rtùbres  cervicales  par  des  tendons  analogues;  3^  et  dans  quelques  cas  à 
U[)ophyse  épineuse  de  la  septième  vertèbre  du  cou  ou  à  celles  des  deux 
premières  vertèbres  du  dos,  par  un  faisceau  charnu  aussi  variable  dans  sa  dis- 
P'^silion  et  ses  dimensions  que  dans  son  existence.  —  Parti  de  ces  diverses 

-rigines  par  autant  de  faisceaux  qui  se  juxtaposent  pour  le  constituer,  le 
grand  complexus  se  dirige  en  haut  et  en  dedans,  se  rapproche  du  ligament 


206 


UYOLOGIE. 


Action.  —  l.c  splÉDius  ioiprime  à  la  tête  troi»  mouvemenK  limalUnéi  : 
1"  un  mouvement  d'culcQsioii.;  3°  un  mouvcmenl  d'incliaaison  latênl-  : 
3'  un  mouvement  de  rotation  en  verlu  duquel  la  Taee  se  tourne  de  s-ici  ci. . 
Si  It's  deux  muscles  se  conlraclenl  il  la  Toi»,  l'cxlrëmité  céphalique  n«  p^^i 
ni  â'iaclincrde  c6té,  ni  tourner  autour  de  son  diamùlre  vertical;  elle  e:: 
ciilralnée  alors  dans  l'extension  directe.  Kn  s'unuianl  au  grand  complriu;, 
ksspléuius  concourent  à  maintenir  la  lûte  dans  l'attitude  verticale;  dès  q-« 
IIS  quatre  muscles  suspendent  leur  action,  ce  qui  a  lieu  par  eiem|>k  «.. 
(Il  but  du  sommeil,  latrie,  entraînée  par  son  poids,  se  llëcliit  eDavootdunr 
niLiiiiùre  brusque  ou  lente,  suivant  que  le  relâchement  est  iDiIanloDé  o. 
çradael. 

II.  —  TraamarMbc. 


l.elraQsversaire,  ainsi  nommé  parce  qu'il  s'étend  des  apophyse*  truuierK: 
(les  vertèbres  dorsales  aux  apophyses  transverscs  des  vertèbres  cervicalt-, 
eâl  situé  A  la  partie  supérieure  du  dos  et  latérale  du  cou,  en  dehors  du  ^'ir-.i 
cl  du  petit  comjilevus,  en  dedans  du  long  dorsal  et  du  sacro-lomtMÛrc.  Il  i-; 
ulJongéde  haut  en  bas,  uplali  de  dedans  en  dehors,  un  peu  recourbé  d'aviai 
on  arrière ,  plus  large  i  sa  partie  moyenne  qu'ù  ses  eïtrémitca,  —  Inréric"-- 
ri'inunt,  le  transvcrsaireest  en  connexion  constante  avec  le  long  dorsal  par  i.^ 
l.iLiceau  charnu  nsseï  volumineux  qui  s'étend  de  l'un  à  l'autre.  Sou»i:  : 
:iii^:ii  ce  muscle  est  uni  par  son  bord  postérieur  avec  le  petit  compleiu!  i 
I  iiilii  d'une  languette  charnue  ou  tendineuse.  Il  oiïrc  du  reste  de  nombrvu><'^ 
il  Triiquentes  varièlé?,  d'où  la  diDiculli!  allachéc  à  son  élude,  et  la  vécen.r 
<lij  l'obecrversur  plusieurs  sujets  pour  en  prendre  une  notion  complète. 

/;k'erlioB*.  —  Le  transversaire  s'attache  en  bas  au»  apophyses  tr«n»terî«-T 
ili  4  L'inq  ou  six  premières  vertèbres  du  dos  et  très-souvent  aussi  au  lubcn-u.i 
[.i.^l.jrieur  des  apophyses  transverscs  des  deux  ou  trois  dernières  ^erti  L^i 
ilii  l'OUipar  des  tendons  d'autant  plus  longs  et  plus  larges  qu'ils  sont  i'.^ 
iiilirieurs,— Acelle  longue  série  de  tendons  externes  succède  unesorie  t-iU 
ik'roisccau):  charnus,  obliquement  dirigés  en  haut  et  en  arrière,  s'i'larvi?~u.: 
ili'  plui  en  plus,  puis  se  confondant  avec  les  Toisceaux  voisins  pour  furtncr  .<■ 
(oqis  du  muscle.  —  De  la  partie  supérieure  et  externe  de  celui-ci  {i3rt<  tii 
diiulres  lenduns  obliquement  dirigés  en  haut  CI  en  atani,  ilaulant  y  .r 
iiuigi  et  plus  larges  qu'ils  sont  plus  élevé:;.  Ces  tendons  externes  au  Itrun- 
iiuuv  vont  s'insérer  au  tubercule  postérieur  des  six  dernières  lerlèbrfs  i  •.■- 
vii;;ili'S-  (Juelqucfiiis  le  muscle  munie  jusqu'à  l'atlas,  Cl  ne  prend  aui.,.:..' 
iiisirtion  sur  la  dernière  ou  les  deux  dernières  vertèbres  du  cou. 

Ilapporli.  —  Por  sa  face  interne,  le  transversaire  s'applique  au  graod  c^m 
plexus,  dont  il  est  séparé  supèricurcmenl  par  le  petit  complexus.  —  Sa  <m-i- 
i-iIiTue  est  eu  rapport  :  en  bas,  avec  le  long  dorsal  aiec  lequel  il  se  rtinlr:!^'' 
et  qu'il  prolonge  juiiqu  au  cou;  plus  haut  avec  la  portion  cervicale  du  sim" 
1<imbair(S  l'angulaire  et  le  splénius.  Sun  bord  postérieur,  convexe,  t^  i-''.- 
I<iiinie  de  telle  sorte  qu'en  bas  il  regarde  directement  en  arrière,  tanJ^- 
qii \-n  huul  il  s'incliue  en  dehors. 


,       RÉGION  CERVICO-OGGIPITALE  SUPERFICIELLE.  207 

Jr/ton.  —  Ce  muscle  étend  la  colonne  cervicale  en  Tinclinant  de  son  côté 
lorsque  son  action  est  isolée.  Si  les  deux  transversaires  se  contractent  à  la 
r>i5f  la  colonne  est  portée  dans  Textension  directe. 

m.  —  PHïi  eomplcxos. 

I.e  petit  complexus,  situé  sur  les  parties  latérale  et  postérieure  du  cou, 
entre  le  grand  complcxus  cl  le  transversairc,  s'étend  des  apophyses  trans- 
\erfes  des  quatre  dernières  vertèbres  du  cou  à  l'apophyse  mastoïde  du 
ti  mporal.  11  est  allongé  de  haut  en  bas,  aplati  de  dedans  en  dehors,  large 
ft  mince  intérieurement,  plus  épais  et  très-étroit  supérieurement. 

In^eriioM.  —  Ce  muscle  s'attache  en  bas  aux  apophyses  transverses  des 
quaU^  dernières  vertèbres  cervicales  et  quelquefois  à  celle  de  la  première 
lertèbre  du  dos,  par  des  languettes  tendineuses  obliquement  dirigées  en 
haut  et  en  dehors,  delà  face  externe  desquelles  naissent  autant  de  faisceaux 
I  bartius,  aplatis,  et  bientôt  confondus  en  un  seul  corps.  Celui-ci  se  porte 
verticalement  en  haut  en  se  rétrécissant  de  plus  en  plus,  et  s'insère  à  toute 
retendue  du  bord  postérieur  de  l'apophyse  mastoïde,  par  un  court  tendon 
«itiiê  sur  sa  face  profonde.  Une  intersection  fibreuse,  linéaire  et  transversale, 
K(  upe  le  plus  habituellement  sa  partie  moyenne. 

Rapports.  —  Le  petit  complexus  s'applique  par  sa  face  interne  au  grand 
omplexus  et  à  l'extrémité  postérieure  du  digastrique.  —  Sa  face  externe, 
iu>  lioée  en  dedans,  répond  au  splénius  et  au  transversaire.  —  Son  bord  pos- 
Prieur,  très-long  et  mince,  est  uni  souvent  au  second  de  ces  muscles  par 
.n  faisceau  tendineux  ou  musculaire. 

ictiofi.  —  Ce  muscle  étend  la  tôte  et  l'incline  de  son  côté.  Lorsqu'il  se 
co'itracte  en  même  temps  que  celui  du  côté  opposé,  il  la  ramène  dans  l'atti- 
ti.de  \erticale  si  elle  est  fléchie,  et  peut  lui  communiquer  ensuite  un  léger 
iDuu\emeDt  d'extension. 

l¥.  —  Qrmaû  eonplcxni. 

Le  grand  complcxus  est  situé  à  la  partie  postérieure  du  cou  et  supérieure 
àL  do5.  Allongé,  aplati,  assez  épais  et  large  en  haut,  il  devient  très-mince  et 
H  termine  en  pointe  inférieurement. 

Insertions.  —  Ce  muscle  s'attache  en  bas  aux  apophyses  transverses  des 
V^treou  cinq  premières  vertèbres  dorsales  par  des  tendons  qu'entourent 
;•^>-que  aussitôt  les  fibres  charnues,  mais  un  peu  plus  longs  cependant  infé- 
'.'•urement;  2*  aux  apophyses  transverses  et  articulaires  des  six  dernières 
v*r!ebres  cervicales  par  des  tendons  analogue»  ;  3^  et  dans  quelques  cas  à 
i.i;H»phy$e  épineuse  de  la  septième  vertèbre  du  cou  ou  à  celles  des  deux 
i'Muièrcs  \ertèbres  du  dos,  par  un  faisceau  charnu  aussi  variable  dans  sa  dib- 
>  Mlion  et  ses  dimensions  que  dans  son  existence.  —  Parti  de  ces  diverses 

ru'ines  par  autant  de  faisceaux  qui  se  juxtaposent  pour  le  constituer,  le 
^'lund  complexus  se  dirige  en  haut  et  en  dedans,  se  rapproche  du  ligament 


208 


MYOLOGIE. 


ir* 


jii' 


cervical  postérieur  ;  devient  alors  vertical  et  parallèle  à  celui  du  côté  opp^s.- 
puis  s  insère  à  loccipital,  sur  l'empreinte  rugueuse  qu'on  remarque  entrr  l 
deux  lignes  courbes  de  cet  os,  à  droite  et  à  gauche  de  la  crOte  occipii 
externe. 

Le  grand  complexus  présente  à  l'union  de  son  tiers  supérieur  avet  «--? 
deux  tiers  inférieurs,  une  intersection  aponévrotique,  transversale,  siuiie.^r*. 
plus  large  en  dedans  qu'en  dehors,  souvent  interrompue  sur  un  ou  plu?it  .:> 
points,  très-variable  du  reste  suivant  les  individus.  —  Plus  bas  on  voit  l  .f 
autre  intersection  tendineuse,  située   sur  son  bord  interne,  loogitudih^ 
ment  dirigée,  plus  étroite  dans  sa  partie  moyenne  qu'à  sesc\trétnités>.  <  •  '. 
seconde  intersection  forme  avec  les  deux  corps  charnus  correspondant?.  '.- 
sorte  de  muscle  digastrique,  dont  l'extrémité  inférieure  reste  en   gtn-^ 
indépendante. 

Rapports,  —  La  face  postérieure  de  ce  muscle  est  recouverte  en  haut  pi- 
le trapèze,  plus  bas  par  le  splénius  et  le  petit  complexus,  inférieuren)  - . 
par  le  transversairc  et  le  petit  dentelé  supérieur.  —  Sa  face  antérieun 
profonde  est  en  rapport,  sur  la  plus  grande  partie  de  son  étendue,  a>»-.- 
transversairc  épineux,  et  en  haut  avec  les  muscles  grand  et  petit  druitr  p  •  - 
térieurs,  grand  et  petit  obliques  de  la  tète.  —  Son  bord  interne,  trèî-1  :  . 
est  d'abord  séparé  de  celui  du  côié  opposé  par  un  espace  angulaire  :  d . 
ses  deux  tiers  supérieurs  il  n'en  est  séparé  que  par  l'épaisseur  du   ligam- 
cervical  postérieur.  —  Son  bord  externe,  très-court,  répond  au  petit  obliç. 

Action,  —  Le  grand  complexus  a  pour  destination  principale  de  prr?i<]'  r  ^ 
mouvement  d'extension  de  la  tète.  Lorsqu'il  se  contracte  seul,  il  lui   i     .. 
munique  en  même  temps  un  léger  mouvement  de  rotation  en  \ertu  dt..^ 
la  face  se  dirige  du  côté  opposé.  Si  les  deux  muscles  combinent  leur  i'  : 
l'extrémité  céphalique  se  renverse  directement  en  arrière.  Dans  ce  m      .-- 
ment  ils  ont  pour  congénères  les  petits  complexus  et  les  deux  *j>K  n   .- 
Considérés  comme  rotateurs,  chacuri  d'eux  devient  le  congénère  du  spl»  :     - 
du  côté  opposé,  et  l'antagoniste  du  splénius  de  son  côté. 

%  U.  —  Région  ceevico-ogcipitale  profonde. 


Cette  région  comprend  :  le  grand  et  le  petit  droit  postérieure  de  la  u\f. 
le  grand  et  le  petit  oblique,  et  toute  la  série  des  muscles  interépineux. 

Préparation.  —  1«  Tcmire  tous  les  muscles  do  la  n'gion  en  élevant  lo  lhora\  et  tn  aï  ,  - 
donnant  lu  Irlc  ii  v,ni  pioiMc  poids;  2®  c\cis«^r  les  truiK-i^es,  les  splénius  et  1»»^  r- v-     • 
3*»  dérouvrir  les  uruiitis  droits  et    les  deux  oMiques  en  enlevant    les  toiles   e.l!u;..   îi 
les  vaisseaux,  les  nerfs  et  le  tissu  adi|Knix  qui  Irs  entourent;  U°  ineiser  l'un  «les  crai»^-  ■ 
et  renverser  en  2»i'ns  eontraire  ses  deux  moitiés^  utin  de  mettre  eu  évidence  le  |>eUt  druii  >•«.•- 
juceiil. 

I.  —  QrtLmé  érolt  »MtéHc«r  «e  ta  îHe. 

Le  grand  droit,  situé  à  la  partie  postérieure  et  supérieure  do  coa,  s  eteiiw 
un  peu  obliquement  de  Taxis  à  l'occipital.  U  est  allongé,  aplati,  de  ti^ùri 
triangulaire. 


RÉGION  GERYICO-OCaPITALE  PROPONDE.  209 

huertùms.  —  Ce  muscle  s'attache  en  bas  à  Tapophyse  épineuse  de  Taxis 
par  de  tiè»-courtes  fibres  aponévrotiques.  Il  est  d'abord  arrondi,  mais 
s  aplatit  presque  aussitôt,  puis  se  dirige  en  haut  et  un  peu  en  dehors,  pour 
aller  s'insérer  par  son  autre  extrémité,  à  la  face  exteriie  de  l'occipital  au- 
dessous  de  la  ligne  courbe  inférieure,  entre  le  petit  oblique  qui  le  recouvre 
en  haut  et  en  dehors,  et  le  petit  droit,  situé  au-dessous  et  en  dedans. 

Bappofis»  —  Le  grand  droit  répond,  par  sa  face  postérieure  au  grand 
complexus  et  un  peu  au  petit  oblique  ;  par  sa  face  antérieure,  à  l'occipital, 
à  l'arc  postérieur  de  l'atlas  et  au  ligament  occipito-atloïdien  postérieur. 
--  Son  bord  externe  croise  à  angle  aigu  le  bord  interne  du  petit  oblique.  — 
^on  bord  interne  est  séparé  de  celui  du  côté  opposé  par  un  espace  angulaire 
dans  lequel  on  aperçoit  les  petits  droits  postérieurs. 

Actùm,  —  Il  étend  la  tête,  l'incline  à  droite  ou  à  gauche,  et  concourt  en 
outre  à  lui  imprimer  un  mouvement  de  rotation  qui  a  pour  résultat  de  tour^ 
ner  la  face  de  son  côté.  Lorsque  les  deux  muscles  entrent  simultanément 
ea  action,  ils  sont  seulement  extenseurs. 

II.  —  Pdlt  «rolt  pMtérlettr  et  la  iéu. 

Aplati  et  triangulaire,  comme  le  précédent,  mais  moins  long  et  plus  large 
que  celui-ci,  au  devant  duquel  il  est  situé. 
Imertions,  —  Le  petit  droit  s'attache  inférieurement  aux  tubercules  de 

I  arc  postérieur  de  l'atlas  par  un  très-petit  pinceau  de  fibres  aponévrotiques. 

II  >e  porte  presque  verticalement  en  haut  en  s'épanouissant  à  la  manière 
<:  un  éventail,  et  se  fixe  à  l'occipital,  au-dessous  de  la  ligne  courbe  infé- 
Hi  ure,  à  droite  et  à  gauche  de  la  crête  qu'on  remarque  sur  la  face  externe 
de  cet  os. 

Rapporté.  —  La  face  postérieure  de  ce  muscle,  inclinée  en  bas,  est  recou-" 
^erte  en  dehors  par  le  grand  droit  et  dans  le  reste  de  son  étendue  par  le  grand 
uimplexus  dont  la  sépare  une  couche  cellulo-adlpeuse  plus  ou  moins  épaisse* 
—Sa  face  antérieure,  tournée  en  haut,  répond  au  ligament  occipito-atloïdien 
> Intérieur.  —  Son  bord  externe,  obliquement  ascendant,  est  caché  sous  le 
mnd  droit.  ^  Son  bord  interne,  presque  vertical,  est  parallèle  à  celui 
du  muscle  opposé  ;  il  n'est  séparé  de  ce  dernier  que  par  la  partie  profonde 
iu  ligament  cervical  postérieur,  très-mince  sur  ce  point. 

Action.  ^  Le  petit  droit  rapproche  l'occiput  de  l'arc  postérieur  de  l'atlas. 
11  iOQcourt  donc  à  l'extension  de  la  tête,  mais  ne  peut  lui  communiquer  ni 
amusement  de  latéralité,  ni  mouvement  de  rotation. 

III.  —  «rân«  oMltM,  ott  aMlfM  loférlcttr  «c  la  téic* 

Le  grand  oblique  est  un  muscle  court  et  arrondi)  plus  volumineux  que  les 
autres  muscles  de  la  même  région,  très-obliquement  étendu  de  la  première 
^  la  seconde  vertèbre  du  cou,  en  arrière  desquelles  il  se  trouve  situé. 

Imertions.  —  Il  s'attache  en  dedans  à  l'apophyse  épineuse  de  l'axis,  par 
des  tibres  tendineuses  à  peine  apparentes;  se  dirige  en  avant,  en  haut  et  en 

11,  —  lA 


310 


HYOLOGIE. 


dehors,  en  augmenbuil  gradue  lie  méat  de  diamètre  ;  paU  diminue  uo  fj 
de  volume,  cl  s'insère  A  la  partie  postérieure  et  inférieure  de  l'apupLin 
trsMverse  de  l'atlas.  Cette  seconde  insertion  se  fait  comme  U  prétédïuii, 
i  l'aide  de  Bbrcs  aponévro tiques  peu  sensibles. 

Rapports.  —■  Sa  face  postérieure  est  recouverte  par  le  grand  el  le  pei.i 
compluKus.  —  Sa  face  autérieure  recouvre  l'axiiel  le  ligament  alloîdihai  » 
dieu  poitérieur.—  Son  bord  supérieur  est  d'abord  contigu  et  mOme  en  [Mn> 


Fig.  aei. 


t'ig.  363. 


tertthralea  el  de  la  partie  pottérieurt 


¥it-  301.  —  1.  S|iUnïu«.  —  3.  Granil  romplciu*  du  l'ùu'  droÎL  —  3,3.  Grsiui 
n  -M  Hurhe  niifi  ■  nu  sur  Inulc  son  (■Icmlii»,  —  4.  Son  interwrlion  Bbrrnw  Ir» 
-  5  N.n  inUTW'-linM  fil.r.uw  InnKiluclinule.  —  6.  Pelil  camplctus  qui  t  M  I^ 
ehura  i«ur  HiuulNr  1ï»  («iiilaD)  iwr  Icvinrls  il  s'alUrlii'  lUK  cinq  dïruivm  ifrltl 


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ION  VERTEBRALE  OU  SPINALE.  318 

ras  de  levier  extrêmement  court;  aussi  voyons* 
se  multiplier  pour  compenser  ce  désavantagOi 
perpendiculaires  aux  longs  leviers  qu'elles 
uent  de  nombre. 


^^WALE  OU  SHNALB. 


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^grand  nombre  de  faisceaux 

^uer  trois  principaux  mus- 

^sotre  ^inetio?.  Ceux-ci, 

\  confondent  en  partie 

^e  de  leurs  portions 

^les  rampent  de 

<4i8ceaux  mus- 


& 


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>ft^yenne  du  tronc  et 

^<ne  médiane  une  inci* 

^ne  cellulo-adipeuse  sous- 

\%  grand  dorsal,  le  splénius  et 

<^  musrles  en  les  renTersant  en 

longueur  le  sacro-lombaire  et  le  long 

^re  épineux.  5<>  En  procédant  de  dehors 

^z  rapproché  du  bord  externe  des  muscles 

.aquelle  émergent  des  vaisseaux.  6^  Suivre  la 

^lombaire  du  long  dorsal,  refouler  et  renverser  en 

^  couper  les  vaisseaux  et  les  nerfs  qui  les  séparent  : 

^er  des  faisceaux  ascendante  échelonnés  de  bas  en  haut  et 

.f  prolonger  le  sacro-lombaire  jusqu'à  la  partie  moyenne  du 

.«erne  du  long  dorsal,  remarquable  par  la  présence  de  nombreux 

^ipnnés  aussi  de  bas  en  haut  ;  8<»  rejeter  ensuite  ce  muscle  en  dehors, 

.4re  plus  distincts  les  faisceaux  par  lesquels  il  s'attache  aux  apophyses 

^  avoir  étudié  ceux-ci,  les  inciser  et  renverser  le  long  dorsal  en  dehors  : 

^t  permettra  d'observer  les  faisceaux  par  lesquels  il  s'insère  aux  apophyses 

des  vertèbres.  10«  Enfin,  compléter  la  préparation  du  transrersaire  épineux,  qui  se 

.ji  évidence  dès  que  le  long  dorsal  a  été  renversé  en  dehors. 


Des  trois  muscles  spinaux  il  en  est  un ,  le  transversaire  épineux,  qui,  au 
premier  aspect,  semble  s'unir  en  bas  et  se  confondre  avec  les  deux  autres  ; 
en  réalité,  cependant,  il  en  est  indépendant  sur  toute  son  étendue.  Mais  le 
sacro-lombaire  et  le  long  dorsal  se  confondent  à  leur  origine. 

Nous  nous  occuperons  d'abord  de  la  masse  musculaire  commune  à  ces  deux 
mnades;  nous  étudierons  ensuite  le  sacro-lombaire,  le  long  dorsal  et  le 
transTersaire  épineux  ;  puis  les  mouvements  qu'ils  produisent;  et  nous  ter- 
minerons par  un  court  parallèle  de  tous  les  muscles  qui  prennent  part  aux 
mouTcments  du  rachis. 


!•  —  Mmm  maicalalrc  eamniaae  a«  sacnHlomMIre  ci  an  lottf  éorsal. 


Pour  bien  observer  cette  masse  musculaire,  il  convient  de  l'isoler  : 
!•  en  debors,  en  la  détachant  du  feuillet  postérieur  du  muscle  transverse  de 
Tabdomen;  3*  en  dedan!^  en  la  séparant  du  transversaire  épineux.  Dans  ce 


■Jtï 


UYOLOGIE. 


crMe  plus  ou  moins  uillatile,  qui  en  Tait  partie.  Cette  insertioa  eat  sîtu'^ 
en  dehore  cl  au-dessui  de  l'attache  du  grand  droit  postérieur  qu'elle  recouirr. 
en  dedans  de  celle  du  digasirique  qui  en  est  plus  éloignée,  su-deMout  d; 
CL'IIe  du  spIéDÏus. 

Rapporii.  —  Sa  Tacc  poilérieure  est  en  rapport  avec  le  splénius,  le  p^r.: 
et  le  grand  compleius.  —  Sa  face  antérieure  répondA  l'extrémité  Kupéri<^:;r<' 
du  grand  droit,  à  l'occipital  et  à  l'ortëre  vertébrale.  —  Son  bord  inféri<'ur 
togiribue  d  circonscrire  l'espace  triangulaire  compris  entre  le  ^rand  drv.: 
elles  deux  obliques. 

Action.  —  Il  concourt  au  mouvement  d'exteDsion  de  Is  (été,  qu'il  pore 
directement  en  arrière  lorsqu'il  se  contracte  en  même  temps  que  celui  d. 
côté  opposé  ;  qu'il  inctioe  à  la  fois  en  arrière  et  légèrement  de  son  cât-: . 
lorsque  son  action  est  ieolée. 


Très-pelits;  au  nombre  de  douze;  situés  entre  les  apophyses  épineuses  d--^ 
\ertèbres  cervicales,  et  disposés  par  paires;  un  peu  alloagés  de  b*ut  eo  tï^-. 
u[)latis  de  dedans  en  dehors,  de  figure  quadrilatère.  La  première  p4.:- 
(jt:cupe  l'intervalle  compris  entre  l'apophyse  épineuse  des  deuxième  vt  ir  . 
sii'me  terlèbres  du  cou  ;  la  dernière  est  située  entre  celles  de  la  t«pii.  i> 
cirvicale  et  de  la  première  dorsale. 

Inifrtiont.  ~  Ces  muscles  s'attachent  en  bas  &  la  partie  médiane  de  la  (a  « 
supérieure  des  apophyses  épioeusee.  De  cette  origine  ils  se  portent  eo  b<.. 
et  un  peu  en  dehors,  en  s'écarlant  à  la  manière  des  deux  braocbea  d  .. 
compas,puis  se  fixent  par  leur  eitrémité  opposée  aux  deux  bords  de  la  9  ..:- 
tière  creusée  sur  la  face  inrérieure  des  apophyses  qui  les  surmonU-ni,  ei  « . 
tubercule  par  lequel  se  termine  chacun  de  ces  bord*.  —  l^s  inlerepiiu.i 
sont  presque  entièrement  charnus. 

Rapport*.  —  Par  leur  Tace  externe  ils  sont  en  rapport  avec  le  lranft<  :- 
ïuireépincux.  Leur  face  interne  est  séparée  de  celle  du  muscle  oppo«<'  i^ai 
lu  Ugamcut  interépiueux  correspondant,  et  du  tissu  conjonctir.  —  |.<  .: 
bord  antérieur  est  mince  ;  le  postérieur  plus  épais  et  plus  long. 

.action.—  Elle  est  analogue  à  celle  des  grands  et  pet'ls  droits  p<Mlériei:r-. 
(j!ux-ci  rapprochent  la  tète  de  l'atlas  et  de  l'axis  ;  de  même  les  inter^i>iDi'..t 
du  cou  rapprocheut  les  apophyses  auxquelles  ils  s'insèrent.  Les  uns  n  ;— 
autres  ïont  extcnteurii.  Mais  les  premiers,  ayant  leur  insertion  mobile  t.■^-^- 
riipprocbée  du  point  d'appui,  et  n'agissant  sur  la  tète,  par  ronséquent.  q  .r 
par  un  bras  de  levier  extrêmement  court,  ne  prennent  é  son  iiMiti«fa>^:' 
d  extension  qu'une  très-faible  part.  Les  seconds  agissent  sur  les  Tcrii  br-.- 
i crvii-alcs  par  un  levier  qui  est  relatitement  plus  long;  ils  peuvent  tl  r.' 
roopériT  A  l'cttension  de  la  colonne  cervicale  avec  plus  d'énergie.  La  p-  - 
U-iw  de  leurs  dimensions  est  rachetée  en  quelque  sorte  par  la  puci; 
atantagcuse  qu'ils  occupent;  leur  puissance  en  un  mol  est  eo  raiaoo  (.in 
piFsee  de  leur  volume,  de  leur  nombre  et  de  la  longueur  du  levier  q-. 
sont  chargés  de  mouvoir.  Sont  ce  dernier  point  de  vue,  ils  diffèrent  Ih-j  . 
luup  dufe  muscles  prévertébraux ,  qui  sont  IléctÙMeurs  et  qui  n'agittrui  r.  r 


RBOION  VERTÉBRALE  OU  SPINALE.  218 

les  Tertèbres  que  par  un  bras  de  levier  extrêmement  court;  aussi  Toyons- 
nous  leurs  fibres  s'allonger  et  se  multiplier  pour  compenser  ce  désavantage, 
tandis  que  celles  des  extenseurs,  perpendiculaires  aux  longs  leviers  qu'elles 
meuvent,  se  raccourcissent  et  diminuent  de  nombre. 


§  5.  «RÉGION  YBBTÉBRALE  OU  SPINALE, 

La  région  vertébrale  est  composée  d'un  très^grand  nombre  de  faisceaux 
musculaires  qui  se  groupent  de  manière  à  constituer  trois  principaux  mus- 
cles: le  $aer(h4(Hnbairey  le  long  dorsal  et  le  transversaire  épineux.  Ceux-ci, 
connus  sous  le  terme  générique  de  muscles  spinaux,  se  confondent  en  partie 
inférieurement ,  mais  restent  séparés  dans  toute  l'étendue  de  leurs  portions 
dorsale  et  cervicale  par  deux  lignes  celluleuses  dans  lesquelles  rampent  de 
vaisseaux  et  des  nerfs  disposés,  comme  les  vertèbres  et  les  faisceaux  mus- 
colaires  qui  s'y  attacbent,  en  séries  linéaires. 

Préparation.  —  1«  Tendre  les  muscles  spinaux  en  dlevant  la  partie  moyenne  dtt  tronc  et 
fn  abandonnaat  k  leur  propre  poids  ses  extrémités;  2^  faire  sur  la  ligne  médiane  une  inci- 
MOU  éieodne  de  roccipital  au  coccyx,  comprenant  la  peau  et  la  couche  cellulo-adipeuse  sous- 
jareote  ;  3*  diviser  à  leur  insertion  rachidienne  le  trapèze  et  le  grand  dorsal,  le  splénius  et 
If  rhomboïde,  et  les  deux  petits  dentelés;  k^  détacher  ces  muscles  en  les  renTersant  en 
(if  b«im,  de  manière  à  mettre  en  évidence  sur  toute  leur  longueur  le  sacro-lombaire  et  le  long 
<l"rsal,  plus  superficiellement  situés  que  le  transversaire  épineux.  5^  En  procédant  de  dehors 
fi)  (irdaosy  on  remarquera  alors,  sur  un  point  assez  rapproché  du  bord  externe  des  muscles 
«pinaux,  une  ligne  celluleuse  verticale,  de  laquelle  émergent  des  vaisseaux.  6<»  Suivre  la 
direction  de  cette  ligne  qui  sépare  le  sacro-lombaire  du  long  dorsal,  refouler  et  renverser  en 
drbnrs  le  premier  de  ces  muscles ,  puis  couper  les  vaisseaux  et  les  nerfs  qui  les  séparent  : 
U  diseertion  laissera  bientôt  distinguer  des  faisceaux  ascendants  échelonnés  de  bas  en  haut  et 
«  ajoutant  les  uns  aux  autres  pour  prolonger  le  sacro-lombaire  jusqu'à  la  partie  moyenne  du 
P')B.  7*  Disséquer  le  bord  externe  du  long  dorsal,  remarquable  par  la  présence  de  nombreux 
f  «tsceaux  musculaires  échelonnés  aussi  de  bas  en  haut  ;  B^  rejeter  ensuite  ce  muscle  en  dehors, 
iSn  d'étaler  et  de  rendre  plus  distincts  les  faisceaux  par  lesquels  il  s'attache  aux  apophyses 
•  l'isettses.  9«  Après  avoir  étudié  ceux-ci,  les  inciser  et  renverser  le  long  dorsal  en  dehors  : 
rr  rroverseroent  permettra  d'observer  les  faisceaux  par  lesquels  il  s'insère  aux  apophyses 
t^n<«T erses  dcfl  vertèbres.  10* Enfin,  compléter  la  préparation  du  transversaire  épineux,  qui  se 
trouve  en  évidence  dès  que  le  long  dorsal  a  été  renversé  en  dehors. 

Des  trois  muscles  spinaux  il  en  est  un ,  le  transversaire  épineux,  qui,  au 
premier  aspect,  semble  s'unir  en  bas  et  se  confondre  avec  les  deux  autres  ; 
en  réalité,  cependant,  il  en  est  indépendant  sur  toute  son  étendue.  Mais  le 
sacro-lombaire  et  le  long  dorsal  se  confondent  à  leur  origine. 

Nous  nous  occuperons  d'abord  de  la  masse  musculaire  commune  à  ces  deux 
muscles  ;  nous  étudierons  ensuite  le  sacro-lombaire ,  le  long  dorsal  et  le 
transversaire  épineux  ;  puis  les  mouvements  qu'ils  produisent;  et  nous  ter- 
minerons par  un  court  parallèle  de  tous  les  muscles  qui  prennent  part  aux 
mouvements  du  rachis. 


I.  —  Mmm  mascalalrc  eammaae  aa  snenHloniknlre  ci  mn  lottf  «orsal. 

Pour  bien  observer  cette  masse  musculaire,  il  convient  de  l'isoler  : 
1*  en  debors,  en  la  détachant  du  feuillet  postérieur  du  muscle  transverse  de 
l'abdomen;  3*  en  dedan!^  en  la  séparant  du  transversaire  épineux.  Dans  ce 


■2U  MYOLOGIE. 

dernier  but  on  incisera  verlicalemenl,  à  2  centimétrei  dei  apophy»^*  éfi- 
II ouMR,  l'aponévrose  qui  recouvre  inrérieuremeni  les  muscles  spinaux  ciq  :i 
représente  leur  principale  origine,  puis  on  la  renveraera  en  dehors,  iii 
ilËcoiivrira  alors  sans  peine  l'inlerstico  cellulo-vasculaire  qui  sépari-  l'- 
Iransvenairc  épineux  de  la  masse  cbarnue  commune  aux  deux  aulrt.*s  oi->~ 
cli'sde  la  mi^me  région. 

Cette  masse  musculaire,  commune  au  sa cro -lombaire  et  au  longdot-^'. 
s'étend  verticalement  de  l'os  iliaque  à  la  douzième  côle.  Klle  offre  la  T  nu- 
d'iin  prisme  à  base  triangulaire.  Sa  ïace  postérieure  convene  est  rei-ou^<-r- 
pur  l'aponévrose  lombo-dorsalc.  Sa  face  antérieure  répond  aux  apophy>.i 
Iransverses  des  vertèbres  lombaires  et  au  feuillet  moyen  du  muscle  Iri:.>- 
verse  de  l'abdomen,  Tcuillet  qui  la  sépare  du  carré  lombaire  et  sur  k-qo-: 
on  la  voit  souvent  s'insérer  par  quelques  fibres. 

(nserlions.—  Elle  s'attache  :  l"  par  une  longue  cl  forte  aponévrose,  aprn- 
vrott  de»  muictes  ipinaux,  auT  apophyses  épineuse)  des  vertèbres  lombaire 
et  aux  ligaments  inlerépineux  correspondants,  &  la  cwMe  et  au  sommi't  d 
sacrum,  au  tubercule  ou  apophyse  transverse  de  la  qualritmc  \crl.  i  r. 
sacrée,  au  ligament  sacro-iliaque  postéro-inférieur,  et  enfin  au  cinqiiièni<-  '  : 
sl\iùme  posiérieurde  lacrt^lc  iliaque;  2"  à  la  tubérosité  de  l'os  iliaqut>,  {■•.t 
de  nombreux  cl  courlsfascicules  tendineux  qui  disparaissent  presque  au^s:'  I 
au  milieu  desflbres  musculaires. 

L'aponèvTtue  dei  muscift  spinaux  s'étend  du  sommet  du  sacrum  j  li 
partie  moyenne  du  dos.  Trés-étroilc  inféricurcment,  clic  s'élargit  comnit.-  U 
gouttière  sacrée  de  bas  en  haut,  pour  acquérir  sa  plus  grande  largeur  a  i 
niïcau  do  la  crête  iliaque,  et  se  rétrécit  ensuite  progressivement  à  raey.T- 
qu'elle  s'élève.  Cette  aponévrose  est  constituée  en  arrière  c'j  sacrum  p-.r 
des  fibres  entrecroisées  dans  tous  les  sens.  Hais,  au-dessus  -'.ç  cet  o»,  ell-  ;- 
(li^composp  en  longs  rubans  juxtaposés  et  parallèles,  d'abord  un  peuiit>li<ji..  -. 
puis  verticalement  ascendants;  les  uns  très-larges,  d'au'.res  très-délits,  s^ii- 
ri't  par  des  interstices  linéaires  d'une  largeur  iiiégaîe  oussi,  cl  reliés  ci,*: 
<'ux  le  plus  babitucllemcnt  au  niveau  de  leur  origine,  par  un  plan  de  lil>.--  - 
plus  supcrilcietles,  qui  s'inlléchisscntà  angle  droit  pour  se  porter  en  d(>d3:.-. 
ut  se  redressent  après  avoir  parcouru  un  certain  trajet,  en  s'acrolani  j  l. 
ruban  llbreux  plus  rapproché  de  la  ligne  médiane.  —  Sa  face  posléri- .ir 
rst  recouverte  par  l'aponévrose  lombo-dorsale,  à  laquelle  elle  adhère  ii.''-  - 
ricuremenl,  et  surtout  au  niveau  de  l'altachc  des  fibres  les  plus  élevées  >i  : 
grand  fes>icr.  —  Sa  face  antérieure  e»t  le  point  de  départ  de  la  plupart  <1.-- 
libres  qui  forment  le  muscle  long  dorsal,  muscle  auquel  elle  appartient  -i 
reste  plus  spécialement.  Son  bord  externe  répond  au  sac ro- tombai r« ,  q'. .. 
si'Iiaredu  précédent. 

Le  corps  charnu,  né  de  l'aponévrose  spinale  et  de  l'os  iliaqae,  te  p>^rto  ilr 
lins  on  haut  et  se  partage  :  1'  en  faisceaux  internes  qui  se  dirigent  en  hi.: 
cl  en  avant  pour  aller  s'attacher  aui  lubi^rrules  mamillaires  des  \eri>  hn  - 
loiabaircs  ;  ils  forment  une  dépendance  du  long  dorsal;  S'en  fai»ci-i>:i 
Liiilérieiiri  enlièrcrncnt  mujculaircA,  larges  et  aplati»,  qui  vont  s  insérer  au  i 
'ipupliy:<i.-s  transverses  des  mCmcs  vertèbres  et  qui  appartiennent  plbt  parri- 


RÉGION  VERTÉBRALE  OU  SPINALE.  215 

ciili<^rement  an  sacro-lombaire;  3®  en  deux  gros  faisceaux,  Tun  interne,  qui 
nprt^senlc  lorigine  du  long  dorsal,  Tautre  externe,  qui  constitue  le  sacro* 
lombaire. 

II.  —  Saoro-lonukalre. 

Cest  le  plus  externe  des  trois  muscles  spinaux.  Étendu  de  Tos  iliaque 
.tlapophyse  Iransverse  de  la  quatrième  ou  troisième  vertèbre  cervicale,  il 
npond  successivement  aux  lombes,  au  thorax  et  à  la  moitié  inférieure  du 
(iiij.  Sa  portion  lombaire,  très -volumineuse,  prismatique  et  triangulaire, 
ontièromcnt charnue,  est  aplatie  de  dedans  en  dehors.  Sa  portion  tlioraciquo, 
de  plus  en  plus  grêle  à  mesure  qu'elle  s'élève,  est  prismatique  et  triangu- 
lairt^  aussi,  mais  aplatie  d'avant  en  arrière; elle  est  formée  superficiellement 
par  une  longue  série  de  rubans  aponévrotiques,  juxtaposés  et  parallèles  qui 
1  «nt  fait  comparer,  par  Winslow,  à  une  feuille  de  palmier.  Sa  portion  cer- 
ucalc  est  aplatie  comme  l'inférieure  dans  le  sens  transversal. 

Insntiufis.  —  Bien  que  le  sacro-lombaire  soit  confondu  inférieurement 
avec  le  long  dorsal,  on  peut  constater  cependant  qu'il  tire  son  origine  :  l^du 
Mxième  postérieur  de  la  crête  iliaque,  par  des  fibres  musculaires  qui  des- 
rcodent  jusqu'à  l'os  ;  2°  de  toute  l'étendue  du  bord  externe  de  l'aponévrose 
>[»iiiale  par  des  fibres  musculaires  aussi,  qui  recouvrent  ce  bord  sur  une 
hrceur  de  10  à  12  millimètre^;  3<^  de  la  face  externe  de  toutes  les  côtes, par 
d'-^anguettes  tendineuses  à  chacune  desquelles  succède  un  petit  faisceau 
ini]?4*alairc  allongé  et  aplati. 

1.0  gros  faisceau  charnu,  né  de  l'os  iliaque  et  de  l'aponévrose  spinale,  se 
-«^pare  de  la  portion  correspondante  du  long  dorsal,  un  peu  au-dessous  de  la 
•Icrnière  côte,  et  monte  verticalement  en  se  divisant  en  cinq  ou  six  faisceaux 
M^rondaires,  aplatis,  dont  le  volume  décroît  de  bas  en  haut.  Le  premier  ou 
!>'  plus  inférieur  est  remarquable  par  sa  structure  entièrement  musculaire, 
par  son  épaisseur  et  par  sa  largeur  beaucoup  plus  grandes  ;  il  s'attache  au 
b-'»rd  inférieur  de  la  douzième  côte.  Les  suivants,  relativement  minces,  vont 
sMi\er  chacun  à  la  face  antérieure  d'une  longue  bandelette  aponévrotique, 
q::i  s'insère  à  des  côtes  de  plus  en  plus  élevées,  sur  le  bord  inférieur  de 
it-!lt'?H'i,  au  niveau  de  leur  angle.  —  Si  le  muscle  était  constitué  uniquement 
par  les  faisceaux  qui  émanent  de  la  région  lombaire,  il  se  terminerait  donc 
^^rsla  partie  moyenne  du  dos  sous  la  forme  d'unie  points  très-effilée.  Mais 
'.'<  douze  petits  faisceaux  qui  naissent  de  la  partie  supérieure  de  l'angle  des 
(>4t><  \enant  s'^outer  à  ceux  qui  précèdent,  les  renforcent  et  les  prolongent 
jusque  dans  la  région  cervicale. 

Us  faisceaux  costaux ,  ou  faisceaux  de  renforcement^  se  dirigent  en  haut 
rt  en  dedans;  ils  croisent  à  angle  aigu  ceux  qui  proviennent  de  la 
r-  jion  lombaire,  lesquels  s'inclinent  un  peu  en  dehors.  Après  un  court  trajet, 
■'i  le»%oit  se  confondre  en  se  recouvrant  de  bas  en  haut,  puis  se  terminer 
'*  •nime  ceux  du  faisceau  principal,  par  des  bandelettes  aponévrotiques  et 
p^rallrles  qui  prolongent  la  série  des  bandelettes  inférieures  jusqu'à  la 
tubcrosité  de  la  première  côte.  Le  corps  charnu,  constitué  par  les  faisceaux 
>**«  plus  élevés,  monte  sur  les  parties  latérales  et  profondes  du  cou,  où  il  se 


3ie  HTOLOGIE. 

diTÏie  en  qu&tre  ou  cinq  languettes,  d'abord  muKuIalrei,  puia  lendioeaii^ 
qitl  t'inBérentau  tubercule  postérieur  dei  apopbyte*  transvenet  dea  qnairr 
ou  cinq  dernières  vertèbres  cervicales.  Pris  dans  leur  ensemble,  les  fuarraui 
de  renforcement  ont  été  considârâs  comme  un  musrle  particulier  qu'' 
Diemerbroeck  a  décrit  sous  le  nom  de  cervical  descendant,  SléooD  août  le 
niim  d'acceuoin  du  sacro-lombaire,  cl  Winslow  sous  celui  de  trarur^nai" 
(jr^l*.  Ce  dernier  autour  le  compare  avec  beaucoup  de  raison  au  Ituiïkt- 
snira  du  cou  ;  le  Iransvenaire  gréle  rcnrorce  et  prolonge  en  effet  le  Mcr  - 
lombaire  Jutqu'A  la  région  cervicale,  de  môme  que  le  transveraaire,  vériut  '-. 
dtipendance  du  long  dorsal,  renrorce  et  prolonge  ce  muscle  Jusqu'à  l'aïU. 

KapporU.  —  Par  sa  fcce  postérieure,  le  sacro-lombaire  esl  en  rap[rarl.  *:. 
bas  avec  l'aponévrose  tombo-dorsale,  plus  haut  avec  les  petits  dentelé^  <-\ 
l'aponévrose  qui  les  réunit,  supérieurement  avec  l'angulaire.  Sa  face  aui'- 
rieure  répond  de  bas  en  baut  :  au  feuillRt  moyen  du  transverse  et  au  carré  d'^ 
lombes,  à  la  lace  externe  des  cotes,  aux  muscles  surcostaui  cl  aux  inirr- 
nistaux  externes.— Sa  face  interne  s'applique  au  long  dorsal,  dont  te  ■épart'it; 
une  couche  celluleuse  et  une  longue  ?érie  de  vaisseaux  qui  croisent  perpi'o- 
diculairementles  faisceaux  de  renforcement;  en  haut  elle  devient  cxHiti^;:r 
au  transversaire. 


III.  —  LMt  «arMi. 


Le  long  dorsal,  situé  entre  le  sacro-lombaire  et  le  transversaire  épiof  ut. 
ftéleud  verticalement  de  la  tubérosité  de  l'os  iliaque  A  la  première  verlibiv 
du  dos.  Il  offre  la  forme  d'une  longue  pyramide  quadrangulaire  diml  k 
sommet  se  dirige  en  haut. 

/tMM-twMt.— Ce  muscle  s'attache,  en  bas  el  en  arrière  :  1*  A  la  lubén.>>^v 
de  l'os  iliaque  par  de  courte:  Sbres  tendineuses-,  3°  à  la  face  anlérieurf  At 
l'aponévrose  spinale,  sur  toute  sa  longueur  et  sur  toute  sa  largeur  ko  niira. 
du  dos;  mais  A  sa  moitié  inlertie  seulement  au  niveau  des  lombes  ;  3*  at-t 
apophyses  épineuses  des  trois  premières  Tcrlèbrcs  lombaires,  el  quelque''  .• 
de  la  derniOre  vertèbre  dorsale,  par  des  bandelcllos  oponévroliqufï  q^; 
diminuent  de  largeur  et  de  longueur  de  bas  en  baul,  cl  qui  s'ajoutent  i^i 
autres  bandelettes  de  l'aponévrose  spinale;  mais  celles-ci  restent  librr*  *-: 
loule  l'élendue  de  leur  face  postérieure,  tandb  que  les  précédeoie*  *•  i' 
bientôt  recouverte*  par  les  flbres  musculaires. 

I.e  corps  charnu  né  de  ces  diverses  origines,  d'abord  tr^conudérable  ei 
confondu  avec  le  sacro-lombaire, se  sépare  de  celui-ci  au  niveau  ou  an  p<^ 
aU'dcsaous  de  la  doutième  cOte,  et  poursuit  eniuile  sa  direction  vertical— 
ment  ascendante  en  diminuant  peu  à  peu  de  volume,  pour  se  tennioer  i-n 
poiole  A  la  partie  supérieure  du  dos.  Dans  le  long  tri^ct  qu'il  parronri.  '  :> 
voit  se  détacher  de  sa  périphérie  trois  séries  de  faisceaux  :  !■  des  bioceaui  iv 
terminaison  externes  qui  s'attachent  aux  cOtes  ;  3*  des  faisceaux  de  lerrci- 
najson  internes  et  profonds  qui  s'insèrent  aux  apophyses  transrenes  :  3-  an 
THiKoaux  de  terminaison  internes  et  superBctels,  qui  vont  se  fixer  aus  ap>- 
physes  épineuses  des  vertèbres  du  dos. 


RÉGION  VERTÉBRALE  OU  SPINALE.  317 

a.  Les  faisceaux  externes,  ou  cogiaux,  se  présentent  sous  l'aspect  de  lan- 
guettes musculaires,  obliquement  dirigées  en  haut ,  en  avant  et  en  dehors, 
d  autant  plus  minces  et  plus  étroites  qu'elles  sont  plus  supérieures.  Ils  s'in* 
surent  par  de  courtes  fibres  aponévrotiques  à  la  face  externe  des  côtes,  entre 
1  angle  et  la  tubérosité  de  celles-ci,  sur  un  point  d'autant  plus  rapproché 
àc  l'angle,  qu'ils  sont  plus  inférieurs,  d'autant  plus  rapproché  de  la  tubéro- 
sité, qu'ils  sont  plus  élevés.  Leur  nombre  varie  ;  on  en  compte  en  général  de 
huit  à  neuf  ;  quelquefois  ils  s'arrêtent  à  la  sixième  côte;  quelquefois  ils 
s  élèvent  jusqu'à  la  seconde. 

6. «Les  faisceaux  internes  et  profonds,  ou  faisceauœ  traiMversaireSj  sont  les 
plus  nombreux  et  les  plus  volumineux.  Us  constituent  essentiellement  le 
long  dorsal.  Ces  faisceaux,  de  môme  que  les  précédents,  diminuent  de 
lolume  de  bas  en  haut.  Leur  forme  est  irrégulièrement  arrondie  ;  leur  direc- 
tion oblique  en  haut,  en  avant  et  en  dedans.  Chacun  d'eux  se  termine  par 
un  tendon  cylindroïde,  très-apparent,  qui  se  fixe  :  i^  au  sommet  des  apo- 
physes transverses  de  toutes  les  vertèbres  dorsales;  2®  au  tubercule  des  apo- 
physes articulaires  des  vertèbres  lombaires,  tubercule  considéré  avec  raison 
comme  l'analogue  des  apophyses  transverses.  Leur  nombre  s'élève  donc  à 
17;  il  est  rare  qu'il  n'atteigne  pas  ce  chiffre,  et  rare  aussi  qu'il  le  dépasse, 

e.  Les  faisceaux  internes  et  superficiels,  ou  faisceaux  épineux ,  n'ont  été 
qu'imparfaitement  vus  par  les  auteurs,  qui  en  ont  donné  Jusqu'ici  une  des- 
cription un  peu  vague.  Pour  les  bien  observer,  il  importe  de  couper  À  leur 
attache  tous  les  faisceaux  profonds,  et  d'attirer  ensuite  le  long  dorsal  en 
Jebors.  Dans  ces  conditions,  les  faisceaux  épineux  s'écartant,  s'étalant  en 
quelque  sorte,  leur  disposition  devient  très-manifeste.  On  peut  alors  recon* 
naître  :  i^  que  les  bandelettes  aponévrotiques  venues  de  l'apophyse  épineuse 
de  la  douzième  vertèbre  dorsale  et  de  la  première  vertèbre  lombaire  sont 
étroites  et  très-courtes  ;  que  celle  émanée  de  la  seconde  vertèbre  des  lombes 
t^t  notablement  plus  large  et  plus  longue;  que  celle  née  de  la  troisième  est 
plus  large  et  plus  longue  encore  ;  et  que  toutes  les  trois  suivent  une  direction 
<'Mique  en  haut  et  en  dehors  ;  2''  que  ces  trois  bandelettes  ne  tardent  pas  à 
•  trt'  recouvertes  par  des  fibres  charnues  qui  naissent  de  leur  face  externe  et 
qui  les  croisent  pour  se  diriger  en  haut  et  en  dedans,  en  formant  des  fais- 
ceaux aplatis,  de  largeur  très-inégale  ;  3<*  que  ces  longs  et  minces  faisceaux 
charnus  s'unissent  et  forment  deux  couches,  l'une  superficielle,  à  fibres  plus 
longues,  l'autre  profonde,  à  fibres  courtes  ;  à^  que  ces  deux  couches  se  ter- 
minent par  des  tendons,  au  nombre  de  sept  ou  huit,  d'abord  très-gréles, 
mais  qui  augmentent  progressivement  de  volume  des  inférieurs  aux  supé- 
rieurs, et  qui  vont  se  fixer  aux  apophyses  épineuses  de  toutes  les  vertèbres 
dvirsales  comprises  entre  les  deux  premières  et  les  deux  dernières. 

Quelquefois  les  tendons  des  faisceaux  épineux  se  confondent'  avec  les 
tendons  du  transversaire  épineux  avant  d'atteindre  les  apophyses  épineuses, 
lais,  à  l'aide  de  la  préparation  qui  a  été  décrite;  on  réussira  facilement  à 
distinguer  ce  qui  appartient  aux  uns  et  aux  autres.  Pour  compléter  celte  pré- 
paration, on  la  répétera  sur  le  côté  opposé  ;  puis  on  détachera  par  un  trait 
de  scie  le  sommet  des  apophyses  épineuses  des  vertèbres  dorsales  ;  en  écar- 


tant  ht  deux  mim'k'A ,  lis  raîscGaux  épineux  droili  et  gauches  ■ppanlt^J-. 
oton  avec  una  porrniit-  r^idence  dam  tous  leurs  détails. 

Wap/mr/ï.  —  l.e  lods  d-irsal  est  en  rapport  par  m  fice  pwlérieurr  i"* 
l'aponévroge  Iomb<i-(i(ir>iLle,  les  deui  petits  dentelés  et  le  plan  fibreui  r,  . 
s'étend  de  l'un  H  l'autre.  Il  répond  par  sa  face  antérieure  au  reuilli-l  m <<  - 
de  l'aponévrose  du  (ransnirse  de  l'abdomen,  aux  eOles,  aux  mutcl*^  *urf— 
taux  cl  inlerroslaux  exli-rncs.  —  Sa  face  externe,  plane,  s'applique  4  h  li 
interne  du  sarro-lombain,  dont  elle  n'est  séparée  que  par  une  mince  r.^r:. - 
de  [mu  conjcinelir,  de-  ^irlires  et  des  veines.  —  Sa  Tace  interne,  rftnm 
recouvre  le  Iransversitin  ipineux  ;  une  couche  celluleuse,  des  vaisseaux  et  =■ 
nerr«,  la  séparent  alls^i  di.-  ce  muscle.  Elle  correspond  en  baul  «u  tn[i^"'r 
saire,  avec  lequel  elle  se  continue  en  partie. 


Fig.  203. 


Fif.  ÏM- 


Miuclti  taero-kmhaitx 


RÉGION  VERTÉBRALE  OU  SPINALE.        .  219 

If.  —  TraosTcrMlre  épineux. 

Le  transvcrsaire  épineux  est  situé  dan^  les  gouttières  vertébrales  qu'il  rem- 
plil.  Étendu  du  sommet  du  sacrum  Jusqu'à  l'axis,  il  diffère  des  deux  autres 
m  j5  les  de  la  même  région,  non-seulement  par  sa  situation  plus  profonde 
d  plus  rapprochée  du  plan  médian,  et  par  sa  longueur  plus  considérable, 
m.ii5  aussi  par  sa  forme,  qui  est  prismatique  et  triangulaire,  par  le  nombre 
b*M(icoup  plus  grand  des  faisceaux  qui  le  composent,  et  surtout  par  la  di« 
ivi  tion  obliquement  ascendante  de  ces  faisceaux,  disposés  de  telle  sorte  que 
aMi\  du  côté  droit  convergent  vers  ceux  du  côté  gauche. 

[%ns  le  long  trajet  qu'il  parcourt,  son  volume  s'accroît  et  décroît  tour  à 
t-;jr;  très-délié  à  la  partie  inférieure  de  la  gouttière  sacrée,  il  augmente 
•lepai^^eur  en  s'élevant  vers  les  lombes,  atteint  dans  cette  région  son  plus 
rrand  diamètre,  se  rétrécit  assez  notablement  dans  sa  portion  dorsale,  et 
rt'<l<\ient  plus  épais  dans  sa  portion  cervicale  ;  ses  dimensions  varient,  en 
.:!i  mot,  selon  la  mobilité  des  diverses  régions  qu'il  parcourt.  Or,  cette  mobi* 
::è  (^(ant  presque  égale  pour  toutes  les  vertèbres,  dans  les  premiers  temps 
'i"  la  ^ie,  le  transvcrsaire  épineux  présente  aussi  à  cet  Age  une  épaisseur 
:'  :«  uniforme.  Chez  le  vieillard,  où  les  vertèbres  tendent  de  plus  en  plus  à 
«  immobiliser,  il  est  uo  des  premiers  sur  lesquels  se  montre  l'atrophie  sénile, 
<  t  iin  de  ceux  sur  lesquels  elle  se  manifeste  par  les  traits  les  plus  accusés, 
'i  ù  la  dépression  qu'on  voit  se  produire  à  cet  âge  au  niveau  des  gouttières 
«  "(«braies,  et  la  saillie  toujours  croissante  de  la  crête  épinière. 

M'^le  de  constitution;  insertions.  —  Ce  muscle  est  constitué  par  un  très- 
^rand  nombre  de  faisceaux  aplatis,  obliquement  étendus,  des  apophyses 
'r4ii5\ erses  aux  apophyses  épineuses  des  première,  seconde,  troisième  ou 
qMtrièmc  vertèbres  qui  les  surmontent.  Les  uns  sont  superficiels,  plus 
•n^'5,  plus  obliques,  plus  aplatis;  ils  se  terminent  sur  les  vertèbres  les 

\f\VL%,  —  9.  Muscle  jacro-lombairp.  —  10,  10.  Ses  faisceaux  externes.  —  11,  11.  Ses 
•'iu\  ôt  ren forcement.  —  12.  Partie  supt'rieure  ou  cervicale  de  ce  nniscle  renvereée  en 
'-^,  «"omnie  sa  portion  Iboracique,  pour  montrer  qu'elle  est  un  prolongement  des  fais- 

*  \  de  reaforcement.  —  13.  Muscle  long  dorsal.  —  14,  14.  Faisceaux  exicrncsou  costaux 
*■  muscle.  —  13,  15.  Aponëfrose  d'insertion  des  muscles  spinaux.  — 16.  Portion  de  celle 

1  •  i'Tro9e  qui  appartient  uu  muscle  long  dorsal.  —  17.  Faisceaux  épineux  du  mt^nie  muscle. 
~  1^.  Partie  postérieure  du  muscle  grand  oblique  de  l'abdomen. 

1  tj.  364.  —  Pour  montrer  les  faisceaux  épineux  du  long  dorsal,  les  deux  muscles  dont  ils 

«If  lit  ont  été  détachés  des  parois  du  thorax,  ainsi  que  la  série  des  apophyses  énineuses 

•  ilf%  ils  s'attarbent,  puis  écartés  et  largement  étalés.  —  1, 1, 1, 1.  Bandelettes  nbreuses 

.'•ngeat  en  haut  l'aponévrose  spinale  ;  parmi  ces  bandelettes  la  plus  interne  est  le  point 

-4rt  d'uu  grand  nombre  de  faisreaux  charnus  qui  vont  former  la  couche  musculaire 

lit  irile  de  la  portion  épineuse  du  long  dorsal.^  i,  2.  Fibres  transversales  qui  unissent 

•  '  "  i*'lolt»*s.  —  3,  i,  5.  Autres  baiulclelles  de  moins  eu  moins  largos  qui  donnent  aussi 
-'  n«  r  a  des  fibres  charnues,  et  qui  ont  élA  ronsidi-rées  à  tort  comme  l'unique  origine  des 

■  «  •  ^'i\  «pineux.  —  6,6.  Ensemble  des  faisceaux  formant  la  couche  museulairesuperticieUe 

:  •-  rii«>n  rpineusc.  —  7,  7.  Celle  couche  musculaire  supurliciellc  divisée  a  ses  exlrémilés 

•  If  \  iV»  pour  laisser  voir  la  rouche  musculaire  profonde  et  les  bandelettes  dont  elle  tire 

-r  iinc.  —  8, 8.  Ces  bandelettes  et  la  couche  musculaire  qui  en  part.  —  0,  0.  Tendons 

{utU  les  fai.«»ccaux  épineux  vont  s'attacher  aux  apophyses  épineuses  des  vertèbres 

-i'^.  —  10,10.  Fibres  charnues   qui  naissent  do  la  face  nrofonde  des  bandelettes  de 

. ;••>«•%  ri>-^  spinale  et  qui  constituent  le  corps  du  muscle  long  dorsal. 


214  HTDLOOie. 

plut  élevéei,  c'est-à-dire  les  plus  étoigniei  àe  celles  sur  lesquelle*  ilf  -^r 
pria  naisunce;  lei  autres  lont  profond*,  pim  courts,  plus  rapprochai  àe  h 
direction  Iransvenale,  et  se  fixent  à  la  première  ou  aux  deux  prenu'-r» 
vurtèbres  situées  immédiatement  &u-des»UE  de  celle  dontilipaiteni.  Um  ;:. 
deux  est  situé  entre  deux  tendons,  dont  l'un  répond  à  leur  face  exirr::(. 
l'autre  à  leurhce  interne.  Dans  leur  trajet,  on  les  voit  te  Juxtapowr  p^: 
leurs  bords,  se  superposer  par  leurs  Taces  et  se  confondre  en  partie,  it  ma- 
nière à  faire  un  seul  corps  charnu  entrecoupé  de  langneltei  tendineutn. 
irrégulièrement  espacées,  très-courtes  sur  certains  points,  très-loDguei  f.i 
dautres.  Le  transversaire  épineux  présente  du  reste  quelques  dilTéRDirs.  | 
suivant  la  région  à  laquelle  il  correspond.  ! 

Dans  la  région  sacrée,  il  s'Insère  sur  la  moitié  externe  de  la  goaltièn  c . 
sacrum,  et  par  un  petit  nombre  de  fibres  sur  la  partie  corre^KiDdanK  it     \ 
l'aponévrose  spinale.  De  celle  double  origine  partent  deiraisceaui  ëtroiUmc:i:    ! 
unis,  presque  entièrement  charnus,  qui  se  dirigent  en  haut  et  eo  dedi:.     j 
pour  te  Hier  t  la  moitié  interne  de  la  même  gouttière,  et  &  la  partie  ir;:'f 
rieure  de  la  colonne  lombaire. 

Dans  la  région  lombaire,  les  Taiiceaux  deviennent  beaucoup  plus  di&tîo<-!< 
Us  naissent  par  de  courli  tendons  du  tubercule  des  apophfies  artîcalairr^ 
tubercules  qui  sont  les  analogues  des  apophyses  transvenes,  i>t  vont  s  tr.- 
iètn  en  haut  et  en  dedans,  par  d'autres  tendons  courts  aussi,  aux  apopht^^ 
épineuses  des  deux  ou  trois  vertèbres  situées  au-dessus  de  celles  dent  ^ 
naissent. 

Sur  la  région  dorsale  ils  s'étendent  de  toute  la  face  postérieure  d«s  ai* 
pbysce  transverses  aux  apophyses  épineuses  des  quatre  ou  cinq  premii-r^ 
tcrtèbres  situées  plus  haut.  Les  faisceaux  musculaires  sont  donc  r«nii- 
qiiables  dans  cette  région,  par  leur  longueur  plus  considérable  ;  ils  1p  v  ' 
aussi  par  la  grande  étendue  de  leurs  tendonsquirocou^Tcnl  presque  enii  rt- 
ment  le  corps  charnu,  et  par  les  connexions  que  présente  leur  partie  tcnm- 
nale  avfec  celle  des  faiiceaux  épineux  du  long  dorsal. 

Sur  les  vertèbres  dn  cou,  ces  faisceaux  redeviennent  moioi  long»,  dK'-v 
obliques,  mais  plus  épais  et  plus  charnus  aussi.  Ils  s'étendent  des  apophT^i 
iranivertes  au  bord  inréricur  des  apophyses  épineuses;  les  plus  ^In- 
M)nt  se  fixer  sur  celle  de  l'axis.  Huit  muscles,  par  conséquent,  coa^erp- 
vurs  cette  apophyse  :  les  deux  muscles  qui  précèdent,  les  deux  inter^pior.t 
li<s  plus  élevés,  les  grands  obliques  cl  les  grands  droits  posté  rie  un  de  la  t. -- 
de  là  le  volume  énorme  qu'elle  présente  ;  véritable  centre  d'irradiatii>o  ce  .- 
calaire,  elle  est  sollicitée  dans  tous  les  sens  par  les  forces  qui  prcaorot  ^.r 
sfl  périphérie  leur  point  d'application. 

napporti.  —  \a  face  postérieure  dn  transversaire  épineux  est  recooTer^-  - 
en  bai,  par  l'aponévrose  spinale;  au  niveau  des  lombes,  par  cette  in^m«  t.--- 
névrose  elune  partie  du  long  dorsal;  plus  haut, parles  faisceaux  épiiteut  "^  . 
même  muscle,  et  supérieurement  par  le  grand  complcxus.  —  Sa  face  a.  - 
rieure  recouvre  les  apophyses  Iransverses,  les  lames  vertébrale*  el  le*  h.:)- 
mcntsqui  les  unissent.  —  Sa  face  interne  répond  aux  apophyse*  épîiK.-:.!-  - 
t'tau)  ligaments  interépineux. 


APONÉVROSES  DE  LA  PARTIE  POSTÉRIEURE  DU  TRONC.  Î25 

1  aponévrose  du  trapèze,  raponévrose  du  rhomboïde  et  du  grand  dorsal,  et 
relie  des  petits  dentelés.  Trois  autres  sont  destinées  aux  muscles  plus  ou  moins 
illongés  de  la  partie  postérieure  du  cou  ;  en  procédant  de  la  plus  superfi- 
cielle vers  la  plus  profonde,  elles  se  superposent  dans  Tordre  suivant  :  Tapo- 
uêrrose  du  splénius  et  de  Tangulaire,  l'aponévrose  du  grand  complexus  et 
des  deux  transversaires,  et  celle  des  droits  et  obliques  postérieurs  de  la  tête. 
Là  dernière  forme  une  dépendance  du  transversaire  épineux. 

Toutes  ces  aponévroses  naissent  du  ligament  cervical  postérieur  et  de  la 
cnMe  épinière.  Toutes  sont  constituées  par  du  tissu  conjonctif  condensé  en 
membrane.  Leur  densité  est  d'ailleurs  très-variable.  Pour  quelques-unes  elle 
s  accroît  de  haut  en  bas,  ou  de  dedans  en  dehors.  C'est  sur  des  individus 
amaigris  qu'il  convient  de  les  étudier. 

I.  —  Aponêvrotes  de*  mvicles  large*. 

A.  Aponévrose  du  trapèze»  —  Elle  recouvre  la  face  postérieure  du  muscle 
lur  toute  son  étendue,  et  lui  adhère  d'une  manière  intime.  Lorsque  après 
l'avoir  mise  à  nu,  on  en  détache  une  partie,  on  reste  frappé  de  la  densité  et 
de  la  résistance  qu'elle  présente,  propriétés  que  sa  minceur  et  sa  demi-trana- 
parence  ne  laissent  pas  entrevoir  au  premier  aspect. 

Otte  aponévrose,  de  figure  triangulaire,  s'attache  par  son  bord  interne 
in\  parties  fibreuses  de  la  ligne  médiane  sur  lesquelles  elle  se  continue  avec 

elle  du  côté  opposé.  Son  bord  antérieur  se  continue  avec  l'aponévrose  cer- 
Mcale  superficielle  qu'elle  contribue  à  former.  Son  bord  inférieur  s'unit 
Biec  l'aponévrose  du  rhomboïde  et  du  grand  dorsal.  —  En  haut,  elle  se  fixe 
i  l'occipital  ;  en  dehors,  au  bord  postérieur  de  la  clavicule,  à  l'acromion,  à 
la  lèvre  supérieure  de  l'épine  de  l'omoplate,  et  à  l'aponévrose  du  sous-épi- 
oeuxHais  en  même  temps  qu'elle  s'insère  à  toutes  ces  parties  osseuses  et 
îibreuses,  elle  se  continue  avec  le  fascia  superficialis  qui  double  les  tégu-^ 
ments  de  la  paroi  postérieure  du  tronc,  fascia  remarquable  par  le  dévelop- 
fument  el  la  direction  transversale  des  faisceaux  fibro-celluleux  qui  le  corn- 
P<'5enl  :  l'aponévrose  lui  adhère  très-fortement  dans  sa  portion  cervicale, 
mais  ne  lui  est  unie  que  par  un  tissu  conjonctif  très-lftche,  dans  sa  portion 
dorsale.  Il  suit  de  cette  disposition  que  la  peau  est  moins  mobile  à  la  partie 
P'j&térieare  du  cou  que  sur  le  dos  et  l'épaule. 

B.  Aponévrose  du  rhomboïde  et  du  grand  dorsal,  —  Sur  la  partie  supérieure 
du  rbomboîdc,  cette  lame  fibreuse  est  si  mince,  si  peu  résistante,  qu'elle 
(lifTt^re  à  peine  du  tissu  cellulaire.  Mais  à  mesure  qu'on  se  rapproche  du  bord 
iùférienr  du  muscle,  sa  densité  augmente,  en  sorte  qu'elle  revêt  bientôt  tous 
W  caractères  propres  aux  autres  aponévroses  des  muscles  larges.  En  passant 
du  rhomboïde  sur  le  grand  dorsal,  elle  unit  le  bord  inférieur  du  premier  au 
U*rd  supérieur  du  second.  Plus  bas  elle  se  continue  avec  l'aponévrose  du 
trapèze,  dont  le  bord  ascendant  se  trouve  ainsi  logé  dans  l'angle  que  forment 
1**^  deux  aponévroses.  Sa  face  externe  n'adhère  que  par  un  tissu  conjonctif, 
filamenteux,  au  fascia  superficialis  avec  lequel  elle  se  confond  en  partie  sur 
!e<  parois  latérales  du  thorax. 

n.  — 16 


vemeol  d'inclinaison  e»l  si  prononcé,  qu'il  l'emporte  lur  le  iDoav«m.- 
d'exlension.  Pour  )e  long  dorsal,  qui  agil  par  une  branche  IransTerMli-  rrv 
courte,  le  tronc  s'incline  peu  sur  les  cûlés  et  beaucoup  fn  arriére.  I'ijf  .■ 
Iransveraaire  épineux,  qui  agit  par  une  branche  médiane  et  ■□térb-p-'<- 
rieure,  le  mouvement  d'inclinaison  dbparalt  ;  mais  il  est  remplacé  p*r  i:^ 
mouvement  de  rotation  qui  se  combine  avec  l'eitension.  Les  attiibud  -^^ 
propres  1  chacun  des  muscles  spinaux  sont  donc  les  suivantes  :  le  s*cr'- 
kimbaire  incline  la  colonne  vertébrale  de  «on  côté  plus  qu'il  ne  l'élend .  '■< 
liing  dorsal  l'étend  plus  qu'il  ne  l'inctine;lG  Iransversaire  épineui  t'e'.t  >: 
cl  lui  imprime  un  mouvement  de  torsion  qui  s'ajoute  au  moutemcui  > 
rotation  de  la  léie,  lorsque  celui-ci  devient  insufBsanl. 


Parmi  les  muscles  qui  meuvent  la  colonne  verlébrale,  il  en  est  quitui^  '/ 
une  direction  parallèle  à  son  aie,  et  d'autres  qui  croisent  cet  aie  à  bt^- 
uigu  ;  de  U  deux  ordres  do  muscles  rachidiens  :  des  mufrclea  parallrlcr  -. . 
des  muscles  obliques. 

Lus  uns  et  les  autres  se  subdivisent  en  deux  groupes.  Les  premiers. . .. 
muscles  parallùies ,  que  J'appellerai  avec  Vinslow,  muscles  longitudiiu  \. 
au  distinguent  en  médians  et  latéraux.  Les  seconds,  ou  muscles  obliqu  -, 
.  se  partagent  en  convergents  et  divergents. 

Telle  est  la  classiOcation  à  la  Tois  simple  et  vraie  à  laquelle  Stënou. 
premier,  a  rattaché  tous  les  muscles  qui  se  pressent  autour  du  rachi»  A|-;    - 
quéc  à  teurélude,  clic  rësumeil  grands  traili  leur  disposiliou,  et  met  tr-^- 
bjen  en  lumière  surtout  les  analogies  et  les  différences  qu'ils  préseDltot. 

\vant  de  procéder  à  celte  application,  remarquons  que  les  saillies  si  n- 1> 
breusesdont  la  colonne  vertébrale  est  comme  hérissée,  se  rangent  en  d<  . 
tinsses  :  les  unes  se  dirigent  d'aiant  en  arrière,  saillies  épineuses  ;  les  aw.T'-- 
te  dirigent  de  dedans  en  dehors,  saillies  transversaires-  Remarquons  en  <  .- 
que  les  eûtes  solidcmctil  unies  aux  apophyses  transverses  doivent  t^lre  i":>-i- 
dùrées,  au  point  de  vue  du  mécanisme  du  rachit,  comme  un  simple  pn'.  - 
gemcnl  de  celles-ci.  Or,  c'est  à  ces  deux  classes  de  saillies  que  vit-nniM  x 
li ter  tous  les  muscles.  Les  attaches  musculaii'es,  si  variées  en  apparv:." 
Mal  donc  réductibles  aussi  à  deux  types:  les  insertions  épineuses,  qui  seraj-  ' 
juicui  noounéci  insertions  médianes,  et  les  insertions  trans versai rcs  >'i. 
latérales. 

IJes  données  établies,  il  devient  Tacite  de  dé  11  oir,  d'après  leurs  aita<>i'^. 
les  deuK groupes  de  muscles  longitudinaux,  et  les  deux  groupes  de  mi:-!''  9 
obliques. 

Les  longitudinaux  et  médians  sont  des  muscles  épineux.  Les  loagitudinj.i 
i-l  latéraux  sont  des  muscles  transi  ersaircs. 

ri.  Mutclet  épineux.  —  On  peut  les  diviser  en  simples  et  composés.  —  I  <-> 
•épineux  simples  toat  des  faisceaux  qui  se  portent  directement  de  l'um- 1 
l'autre  apophyse  épineuse.  A  ce  premier  genre  appartiennent  I«  inlcrtii 
lieux  du  cou,  les  grands  et  petits  droits  poctérieurs  de  la  tête,  ëteadus  des  a^^  - 


r 


RÉGION  ABDOMINALE  ANTÉRO-LATÉRALE.  227 

111.  —  ApoBévrofle  ûu  trantvorfalre  épiDrax. 

il  ouste  sur  toute  la  longueur  de  ce  muscle  une  mince  lame  aponévro- 
'iqne  dont  la  résistance  est  en  raison  directe  de  son  volume.  Sur  les  lombes, 
<ù  il  offre  une  grande  épaisseur,  elle  est  beaucoup  plus  développée.  On  peut 
j>:<>i  facilement  constater  son  existence  à  la  région  cervicale.  Au  dos,  sa 
t>  nuité  devient  telle,  qu'elle  semble  disparaître.  Cette  aponévrose  «'insère 
Il  dedans  aux  apophyses  épineuses  et  aux  ligaments  correspondants;  en  de- 
loT->  aux  apophyses  transverses*  Elle  est  constituée  inférieurcment  par  de 
'.ariros  rubans  fibreux  qui  montent  obliquement  vers  les  apophyses  épineuses 
v:  qui  s'unissent  en  partie  par  leurs  bords. 


SECTION   II. 

MUSCLES    DE   L'ABDOMEN. 

T' s  muscles  constituent  essentiellement  les  parois  de  la  cavité  abdominale. 
:>  r«»nnent  cinq  régions  très-naturellement  limitées  : 

1*  \.a  région  antéro-latérale ,  composée  de  cinq  muscles  qui  s'étendent  de 
.  lv'i<e  du  thorax  à  la  circonférence  du  bassin,  et  qui  prennent  ainsi  une 
':•  -large  part  X  la  constitution  des  parois  de  l'abdomen. 

'2'  La  région  t/ioraco -aôefomtna/e,  composée  d'un  seul  muscle,  le  dia- 
»  r'hfmey  qui  appartient  plus  spécialement  au  thorax  par  ses  usages,  mais 
;  .i  appartient  aussi  à  l'abdomen,  dont  il  représente  la  paroi  supérieure  ou 
u  uiùte. 

a  La  région  lombo-iliaque,  composée  de  trois  muscles  qui  complètent  la 
;  \Tl^\  postérieure  de  cette  cavité.  * 

'y  La  région  anale ,  composée  aussi  de  trois  muscles  qui  contribuent  à 
f  mier  la  paroi  inférieure  de  l'excavation  du  bassin. 

ô*  1^  région  périnéale,  très-réduite  chez  la  femme,  mais  beaucoup  plus 
'  :>ndue  chez  l'homme,  où  elle  comprend  quatre  muscles  annexés  à  l'appa- 
ri!  eénital. 

§  i*'.  —  RÉGION   ABDOMINALE  ANTÉRO-LATÉRALE. 

\*vm\  les  cinq  muscles  dont  elle  se  compose,  il  en  est  trois  qui  répondent 
;'  '«  spécialement  aux  parois  latérales  de  l'abdomen  :  le  grand  oblique^  le 
r^'i;  obUqtiê  et  le  tramverse;  et  deux  qui  occupent  sa  paroi  antérieure  :  le 
,'ind  droit  et  le  pyramidal,  l'un  et  l'autre  longitudinalcment  dirigés. 

I  **>  premiers  se  superposent,  s'entrecroisent,  se  prêtent  un  mutuel  appui, 

'  donnent  aux  parois  latérales  de  l'abdomen  une   très-grande  résistance 

M.-)<  rien  enlever  à  leur  mobilité  et  flexibilité.  Ils  sont  remarquables  sur- 

'  't  par  l'étendue  de  leur  aponévrose  d'insertion,  qui  appartient  tout 

<  :/aère  à  U  paroi  antérieure.  Celle  du  grand  oblique  passe  au  devant  des 


muscles  longitudînaux  ;  ceWe  du  Iranavcrsc  passe  en  arrière  ;  celle  <in  ;  - 
oblique  se  dédouble  sur  le  bord  eiiterne  de  ces  muscles,  pour  passer  i  li  '  " 
sur  leurs  dcui  faces  en  s'unissani  aux  lames  précédentes.  Panennc  -v.t  h  r 
bord  interne,  les  quatre  lames  fibreuses  poursuivent  leur  Irajel,  m  y  <  r  ■ 
sont  pour  aller  se  continuer  avec  celles  du  cOlé  opposé.  De  cette  dispi-^i::  :: 
il  suit  : 

1*  Que  les  deux  muscles  longitudinauit  se  trouvent  renTcrmés  dan»  u-- 
gaine  qui  les  unit  au\  muscles  obliques  et  transverse  ; 

2'  Qu'ils  sont  relit^s  l'un  A  l'autre  par  une  bandelette  Ubreusc  ,  'i--:': . 
du  l'appendice  xiphoïdo  à  la  symphyse  pubienne  :  celte  bandelette  a  ^  ■ 
le  nom  de  ligne  blanche  ; 

3*  Que  la  paroi  anIéro-lal6rale  de  l'abdomen,  considérée  dans  s^ii  m  '- 
de  constitution,  se  compose  de  trois  parties  bien  distincte!  :  une  onliTi'  .r 
médiane,  d  la  Tuis  musculaire  c(  fibreuse,  représentée  par  les  ni:'-  ~ 
longitudinaux ,  leurs  gaines  a po névrotiques  et  la  ligne  blancbe  ;  di-uv  h  ■ 
raies,  plus  épaisses,  plus  rësialanles,  Tormécs  par  des  muscles  superpcK?  r* 
entrecroisé». 

Préparatùm. — Dam  l'élude  d«  ri>s  muscW  on  débutera  par  les  deu^  nMii|ui-s  ri  )■  :-. 
vcrar.  m  pro'i^dsnt  du  plus  suprrfiricl  au  plus  protuiid.  On  prL*|)arcra  f n^uilir  li-  sn: •: 
Flic  iijramiilal. 

A.  Prépriralion  du  grand  oblique.  1°  Plarrr  le  sujet  dans  une  situalion  inlrin><'''  .  r    . 
d^ruliitus  ilrirsal  M  tu  lU'ruliiiiis  Uliinl  ;  ■2'  leiulrp  l«  iuum-U  po  plitunt  un  l>iiiiti  —:■ 
t^KUiiteiils  qui  reroiivrsiil  r^lui  liu  rAli^  ippind  ;  3°  fulrr  nur  la  prau  de  I  at>d-iiiii-ii  .1.  ,.< 

■imi-i  :  l'urtP.  iiiïdianr,  l'icndup  de  l'appcndicr  xiplioide  h  la  stuiphTsp  pubii •  : 

l«li-ralr,  diri|-t>p  de  la  parlie  moyenne  Âf  la  prcinirre rers II-  ràriilafcr  dr  U  huiii<  -'r 
!•  snulîier  lu  léïre  siipftirurp  de  eel'e  sernndf  iui'i»i"U  cl  ^iilcwr  loul-'t  le»  par;,. .  - 
:  ou-dcïsus  du  gniiid  iililiqur,  ta  j  rompri'uanl  um-  uiimv  lume  Hbrrusc  i\\ti  I . 


d'ins 


su|icrlii'ie,  noii-Mulu'inc 


1  le  diukIc,  maïs  ai 


iaUriea 


B.  Prépnmtinn  rf«  jirtH  oirliqu*.  —  Maintenir 
denni*  pour  nn'paror  te  grand  oblique;  ineiwr  f 
cDliirenienlkladin'itinn  de  ut  fibres,  et  souk'n 
l'ipnni^vruw  iiili^renlc  uu  pelil  oblique. 

C.  Préparation  du  trnii'verir.  —  tHtmr  iMisitioi 
oblique  sur  sa  |Kiriii-  m 

l>.  P/i'/iaralion  du  ifraW  di'oH. —  FtilT:'  sur  l'apoutTrose  qui  iwnUTTr  sa 
une  iiii'iTJiin  lou|!itiidiiiule  l'ii'ndur  de  l'une  a  l'uutre  de  ses  riln'oiilrti;  piii>  ■ 
>frs«  en  m'us  fcinirairc  leideux  nioiiiiisde  celle  nponétrose un  resperiani  li 
nbreusea  do  muscle. 


I- 


-  anmé  aMHBC  4e  rai 


Le  grand  oblique  de  l'abdomen,  ou  oblique  externe,  obligtu  a 
un  muscle  large,  irrégulièrement  quadrilatère,  situé  sur  la  panii  ai.:- 
latérale  de  l'abilomen.  Us'élend,  dans  le  sens  vertical,  des  parties  inrcri'  , 
du  tborax  vers  la  créle  iliaque  et  le  pli  de  l'utne  ;  el,  dans  le  sens  tran^x  r- 
du  bord  antérieur  du  grand  dorsal  vers  la  ligne  blancbe. 

/rurrfiontf'dircrtion,— Ce  muscle  s'attache  supérieurement  aux  sept  l'u  h 
dernii^resci^le^,  parun  bord  oblique  de  haut  en  bas  et  d'avant  en  arri.'rr. 
crivani  une  légiTc  l'ourburc  à  concavité  antérieure  el  découpé  en  auiû'ii 
languettes  anguleuses  ou  digiUUUmt  qui  s  entrecroise  ni  avec  c«llci  du  ^rj 


APONEVROSES  DE  LA  PARTIE  POSTERIEURE  DU  TRONC.  325 

raponénose  du  trapèze,  l'aponévrose  du  rhomboïde  et  du  grand  dorsal,  et 
colle  des  petits  dentelés.  Trois  autres  sont  destinées  aux  muscles  plus  ou  moins 
ilJoDgés  de  la  partie  postérieure  du  cou;  en  procédant  de  la  plus  superfi- 
cielle vers  la  plus  profonde,  elles  se  superposent  dans  Tordre  suivant  :  Tapo- 
névrose  du  splénius  et  de  Tangnlaire ,  l'aponévrose  du  grand  complexus  et 
des  deux  transversaires,  et  celle  des  droits  et  obliques  postérieurs  de  la  tête. 
La  dernière  forme  une  dépendance  du  transversaire  épineux. 

Toutes  ces  aponévroses  naissent  du  ligament  cervical  postérieur  et  de  la 
cri^te  épinière.  Toutes  sont  constituées  par  du  tissu  conjonctif  condensé  en 
membrane.  Leur  densité  est  d'ailleurs  très-variable.  Pour  quelques-unes  elle 
s  accroît  de  haut  en  bas,  ou  de  dedans  en  dehors.  C'est  sur  des  individus 
amaigris  qu'il  convient  de  les  étudier. 

1.  —  AyonevrMef  tf€t  miucles  larges. 

A.  Aponévrose  du  trapèze.  —  Elle  recouvre  la  face  postérieure  du  muscle 
sur  toute  son  étendue,  et  lui  adhère  d'une  manière  intime.  Lorsque  après 
ra\oirmise  à  nu,  on  en  détache  une  partie,  on  reste  frappé  de  la  densité  et 
de  la  résistance  qu'elle  présente,  propriétés  que  sa  minceur  et  sa  demi-trans-* 
parence  ne  laissent  pas  entrevoir  au  premier  aspect. 

Cette  aponévrose,  de  figure  triangulaire,  s'attache  par  son  bord  interne 
auT  parties  fibreuses  de  la  ligne  médiane  sur  lesquelles  elle  se  continue  avec 
celle  du  côté  opposé.  Son  bord  antérieur  se  continue  avec  l'aponévrose  cer- 
wcale  superficielle  qu'elle  contribue  à  former.  Son  bord  inférieur  s'unit 
aiec  l'aponévrose  du  rhomboïde  et  du  grand  dorsal.  —  En  haut,  elle  se  fixe 
à  l'occipital;  en  dehors,  au  bord  postérieur  de  la  clavicule,  à  l'acromion,  à 
la  lèvre  supérieure  de  l'épine  de  l'omoplate,  et  à  l'aponévrose  du  sous-épi- 
neux Mais  en  même  temps  qu'elle  s'insère  à  toutes  ces  parties  osseuses  et 
fibreuses,  elle  se  continue  avec  le  fascia  superficialis  qui  double  les  tégu^» 
menta  de  la  paroi  postérieure  du  tronc,  fascia  remarquable  par  le  dévelop- 
pement et  la  direction  transversale  des  faisceaux  fibro-celluleux  qui  le  corn* 
posent  ;  l'aponévrose  lui  adhère  très-fortement  dans  sa  portion  cervicale^ 
mais  ne  lui  est  unie  que  par  un  tissu  conjonctif  très-lAche,  dans  sa  portion 
dorsale.  11  suit  de  cette  disposition  que  la  peau  est  moins  mobile  à  la  partie 
postérieure  du  cou  que  sur  le  dos  et  l'épaule. 

6.  Aponévrose  du  rkombcnde  et  du  grand  dorsal,  —  Sur  la  partie  supérieure 
du  rhomboïde,  cette  lame  fibreuse  est  si  mince,  si  peu  résistante,  qu'elle 
dilTère  à  peine  du  tissu  cellulaire.  Mais  à  mesure  qu'on  se  rapproche  du  bord 
inférieur  du  muscle,  sa  densité  augmente,  en  sorte  qu'elle  revêt  bientôt  tous 
les  caractères  propres  aux  autres  aponévroses  des  muscles  larges.  En  passant 
du  rhomboïde  sur  le  grand  dorsal,  elle  unit  le  bord  inférieur  du  premier  au 
b<»rd  supérieur  du  second.  Plus  bas  elle  se  continue  avec  l'aponévrose  du 
trapèze,  dont  le  bord  ascendant  se  trouve  ainsi  logé  dans  l'angle  que  forment 
les  deux  aponévroses.  Sa  face  externe  n'adhère  que  par  un  tissu  conjonctif, 
filamenteux,  au  fascia  superficialis  avec  lequel  elle  se  confond  en  partie  sur 
les  parois  latérales  du  thorax. 

11.  — 16 


l'une  qui  s'étend  de  l'épine  iliaque  anléro-supérieurc  à  l'épine  pubiv: 
l'autre  qui  surmonle  le  corps  du  pubis.  La  première  a  reçu  le  nom  d  ar 
crurak;  on  t'appelle  aussi  ligament  de  Fallope,  ligament  de  Poupart, 

L'arcade  crurale  sépare  l'abdomen  de  la  partie  correspondante  d< 
cuisse.  Allaclice  par  ses  deux  extrémilés  ou  bord  antérieur  de  l'o«  ili.i' 
elle  circonscrit  svec  ce  bord  un  (^ond  espace  demi-circulaire,  qu'unie  1 


Couelit  miuculaire  tvperficielle  des  paroii  laléralet  du  Inme. 

-  î.    Apuni'trusi!  loin  lin- sac  riie.  —  3.  Fiiisrraa   y»T 

le  ilia-iUf.  —  4,  li,  4.  tais.-et.uï  ïo,.,liiui  .lu  athm  lui. 

;  dï  quuirp,  uijIj  Iii.h-»ou>ïh1  au.-i  uu  in.nil,ii-  ,1.-  in. 

ur  d'uliuiil  liorifinilnl,  puiik  uhlii|U(iiirnt  aMenilaiil  - 
J  a  mineur  [irïjaue  tnii.aU— 7.  tnii.  midlf  »nUTo-Mi[.^rifur  donl  l<i  tt,mr-- 
tranl   inférieur  ilu   grund  rond,  —  H.  Uuscle   griiiiJ  roml.— U,0.    Uu»'I<  Ui 


REGION  ABDOMINALE  ANTÉRO-LATÉRALE.  227 

III.  —  A9<ni«¥rofe  4a  traii*verMlr«  éplDeox. 

n  existe  sur  toute  la  longueur  de  ce  muscle  une  mince  lame  aponévro- 
tique  dont  la  résistance  est  en  raison  directe  de  son  volume.  Sur  les  lombes, 
nù  il  offre  une  grande  épaisseur,  elle  est  beaucoup  plus  développée.  On  peut 
aiisq  facilement  constater  son  existence  à  la  région  cervicale.  Au  dos,  sa 
tiouité  devient  telle,  qu'elle  semble  disparaître.  Cette  aponévrose  «'insère 
l'D  dedans  aux  apophyses  épineuses  et  aux  ligaments  correspondants;  en  de- 
hors aux  apophyses  transverses.  Elle  est  constituée  intérieurement  par  do 
larLVs  rubans  fibreux  qui  montent  obliquement  vers  les  apophyses  épineuses 
l't  qui  s'unissent  en  partie  par  leurs  bords. 

SECTION   IL 

MUSCLES    DE   L'ABDOMEN. 

Ces  muscles  constituent  essentiellement  les  parois  de  la  cavité  abdominale. 
li^  forment  cinq  régions  trôs-naturcllement  limitées  : 

1*  La  région  antéro-latérale ,  composée  de  cinq  muscles  qui  s'étendent  de 
h  t>aî«  du  thorax  à  la  circonférence  du  bassin,  et  qui  prennent  ainsi  une 
triS-Iaige  part  :\  la  constitution  des  parois  de  l'abdomen. 

2"  La  région  t/ioraco -aôefomina/^,  composée  d'un  seul  muscle,  le  dia- 
^U(ir;me,qui  appartient  plus  spécialement  au  thorax  par  ses  usages,  mais 
q  û  appartient  aussi  à  l'abdomen,  dont  il  représente  la  paroi  supérieure  ou 
la  ^oùte. 

0'  La  région  lombo-iliaquey  composée  de  trois  muscles  qui  complètent  la 
:»irt>i  postérieure  de  cette  cavité.  ' 

V  La  région  anale ,  composée  aussi  de  trois  muscles  qui  contribuent  à 
frmerla  paroi  inférieure  de  l'excavation  du  bassin. 

5"  U  région  périnéale,  très-réduite  chez  la  femme,  mais  beaucoup  plus 
•  l' ndue  chez  l'homme,  où  elle  comprend  quatre  muscles  annexés  à  l'appa- 
rt'il  génital. 

§  i*'.  —  RÉGION   ABDOMINALE  ANTÉRO-LATiRALE. 

Parmi  les  cinq  muscles  dont  elle  se  compose,  il  en  est  trois  qui  répondent 
pi  <5  spécialement  aux  parois  latérales  de  Tabdomen  :  le  grand  obliqucy  le 
rWit  oblique  et  le  transverse;  et  deux  qui  occupent  sa  paroi  antérieure  :  le 
rond  droit  et  le  pyramidaly  l'un  et  l'autre  longitudinaicment  dirigés. 

Les  premiers  se  superposent,  s'entrecroisent,  se  prêtent  un  mutuel  appui, 
'1  donnent  aux  parois  latérales  de  l'abdomen  une  très-grande  résistance 
"âD^  rien  enlever  à  leur  mobilité  et  flexibilité.  Ils  sont  remarquables  sur- 
''Ut  par  l'étendue  de  leur  aponévrose  d'insertion,  qui  appartient  tout 
îQtière  à  la  paroi  antérieure.  Celle  du  grand  oblique  passe  au  devant  des 


233 


MYOLOGIE. 


stiluc  la  charpente,  vient  s'adjoindre  en  arrière  une  bandelette  fibreux 
émanée  du  quart  externe  de  la  lèvre  interne  de  la  crête  iliaque.  Cette  hiu 
delette,  suivant  Thompson,  s'étendrait  jusqu'au  pubis,  d'où  le  DomduW- 
pubienne  qu'il  lui  a  donné.  M.  Richet ,  qui  lui  accorde  la  même  longueur, 
l'appelle  arcade  crurale  profonde.  Mais  en  réalité  elle  ne  se  prolonge  pas  i. 
delà  de  la  partie  moyenne  du  pli  de  l'aine ,  où  elle  se  confond  avec  le  fa><:.i 
iliaca  et  le  fascia  transvcrsalis;  la  dénomination  d'ilio-inguinale  mesembK  ro.: 
donc  plus  exacte.  C'est  cette  bandelette  qui,  en  s'unissant  par  son  br\i 
antérieur  à  l'arcade  crurale  proprement  dite,  donne  à  sa  moitié  externe  1 1.- 
pect  d'une  gouttière;  c'est  sur  elle  que  s'insèrent  les  fibres *inrérieure5d^ 
petit  oblique  et  du  transverse  ;  c'est  elle  qui,  en  s'unissant  en  bas  à  la  ^ai:. 
des  muscles  psoas  et  iliaque ,  soude  pour  ainsi  dire  la  paroi  antérieure  i.  la 
paroi  postérieure  de  l'abdomen. 

L'arcade  crurale  prend  une  part  importante  à  la  formation  du  càntl 
inguinal  et  de  l'anneau  crural,  qui  seront  décrits  plus  loin. 

La  portion  du  bord  inférieur  qui  surmonte  le  corps  du  pubis  est  resur 
quable  par  la  présence  d'un  oritice  ovalaire.  Vanneau  inguinal  inférieur,  <  <  ! 
orifice,  dont  le  grand  axe  se  dirige  en  bas,  en  dedans  et  en  avant,  résulte  d  ..2 
écartement  des  fibres  du  grand  oblique.  On  lui  considère  deux  bord:  ou 
piliers  distingués  en  inférieur  et  supérieur,  et  deux  extrémités,  l'une  extenitr. 
l'autre  interne. 

Le  pilier  inférieur  est  concave;  il  s'insère  à  l'épine  du  pubis,  en  se  pr^ 
longeant  sur  le  corps  de  l'os,  sans  arriver  jusqu'à  la  symphyse  pubienDc. 

Le  pilier  supérieur,  rectiligne,  s'attache  au  devant  de  cette  sympbyv  q  . .'. 
dépasse,  de  telle  sorte  que  les  deux  piliers  internes  s'entrecroisent  sur  U 
ligne  médiane.  —  Au-dessus  de  ce  pilier,  se  présente  un  plan  de  fibres  j>'  .* 
large  qui  passe  obliquement  sur  la  symphyse  pour  aller  se  fixer  au  b-  ri 
supérieur  du  corps  du  pubis  et  à  l'épine  pubienne  du  côté  opposé ,  vu  ^ 
prolongeant  sur  le  ligament  de  Gimbernat  correspondant  :  c'est  le  li^fim-n: 
de  Colles.  —  Kn  dehors  de  celui-ci,  dans  l'aire  de  l'anneau,  on  obs^^ni-  :n 
autre  plan  de  fibres  fort  important,  bien  qu'il  varie  beaucoup  dan<>  «• 
épaisfeur  et  sa  résistance,  et  qu'il  ait  été  généralement  méconnu.  l>  \'\*^ 
fibreux,  situé  plus  profondément  que  les  précédents,  tire  son  urigine  àt  U 
moitié  interne  de  la  crête  pectinéale.  Il  se  porte  verticalement  en  haut.  'M 
longeant  le  bord  externe  du  tendon  du  muscle  droit,  qu'il  déborde,  pui^  n' 
termine  dans  le  fascia  IransversaliSy  dont  il  doit  être  considéré  conamt-  r- 
dépendance.  Sa  destination  est  bien  évidemment  de  renforcer  la  paroi  a.:-  - 
rieure  de  l'abdomen  au  niveau  de  l'anneau  inguinal,  c  est-à-dire  de  supj'l-r 
les  trois  aponévroses  qui  font  défaut  sur  ce  point. 

Des  deux  extrémités  de  l'anneau,  l'externe,  dirigée  en  haut,  esl  am»n«^if   ! 
consolidée  le  plus  habituellement  par  les  fibres  arciformes,  dont  ladiâp«'v:. 
présente,  du  reste,  beaucoup  de  variétés.  L'interne,  dirigée  en  b«»,  nj- •  J 
au  corps  du  pubis  et,  plus  profondément,  aux  ligaments  de  i'jolïa  et  c! 
Gimbernat. 

Du  pourtour  de  l'anneau  inguinal  on  voit  se  détacher  une  minro  1  •  -.y 
cellulo-UbreuHe  qui  s**  prolonge  «ur  le  cordon  des  \ais5eaux  sptniu- 
tiques. 


RÉGION  ABDOMINALE  ANTÉRO- LATÉRALE.  233 

Rapports.  —  Le  grand  oblique  de  Tabdomen  est  recouvert  sur  sa  portion 
charnue  par  une  lame  fibreuse  qui  lui  adhère  d'une  manière  assez  intime, 
et  sur  sa  portion  aponévrotique  par  le  feuillet  profond  du  faicia  super ficialisy 
ailquol  il  n'est  uni  que  par  un  tissu  conjonctif  très-lâche. —  Par  sa  face  pro- 
fonde, il  est  en  rapport  4  en  haut  avec  les  ^ept  ou  huit  dernières  côtes,  les 
cartilages  qui  les  prolongent  et  les  muscles  intercostaux  externes;  plus  bas 
cette  face  s'applique  au  petit  oblique.  En  dedans,  sa  portion  aponévrotique 
s  unit  par  les  liens  les  plus  étroits  avec  le  feuillet  antérieur  de  l'aponévrose 
de  ce  moscle,  mais  seulement  dans  ses  trois  quarts  supérieurs;  en  bas,  les 
deax  aponévroses  restent  distinctes. 

Action.  —  Le  grand  oblique  remplit  plusieurs  usages  :  1°  Il  réduit  la  capa- 
(  ilé  de  la  cavité  abdominale,  et  comprime,  par  conséquent,  les  viscères  abdo- 
minaux en  les  refoulant  en  haut  et  en  arrière.  ^^  Il  abaisse  les  côtes  lorsque 
ie  rachis  et  le  bassin  ont  été  préalablement  immobilisés,  et  agit  alors  comme 
txplrateur.  3®  Il  fléchit  le  thorax  et  la  colonne  vertébrale  lorsque  les  deux 
muscles  prennent  leur  point  d'appui  sur  le  bassin  et  se  contractent  à  la  fois; 
51  l'un  d'eux  seulement  entre  en  contraction,  en  môme  temps  qu'il  fléchit  la 
partie  supérieure  du  tronc,  il  lui  imprime  un  mouvement  de  rotation  en 
urlu  duquel  le  thorax  se  tourne  du  côté  opposé.  li°  Quelquefois  ces  muscles 
prennent  leur  point  d'appui  sur  le  thorax  ;  ils  soulèvent  alors  le  bassin  en 
imprimant  au  rachis  un  mouvement  qui  a  pour  effet  de  redresser  la  cour- 
bure des  lombes. 


11.  —  PHÎi  oMl«oe  de  l'aMomcB. 

Le  petit  obUquey  ou  oblique  internSy  oblique  ascendant,  est  un  muscle  large, 
irrt  gulièrement  triangulaire,  situé  au-dessous  de  l'oblique  externe.  11  s'étend 
i'  la  région  lombaire  Jusqu'à  la  ligne  blanche,  et  du  rebord  cartilagineux 
«le  la  poitrine  jusqu'au  ligament  de  Fallopc. 

Insertions;  direction.  —  Ce  muscle  s'attache  :  1"  en  arrière,  à  l'apophyse 
'/ineuse  des  trois  dernières  vertèbres  des  lombes,  à  celle  de  la  première 
Vertèbre  sacrée,  à  la  tubérosité  de  l'os  iliaque  et  au  quart  postérieur  de  la 
-n?(e  de  cet  os,  par  une  lame  aponévrotique  qui  fait  partie  de  l'aponévrose 
'.umbo-sacrée;  2<*  en  bas,  aux  trois  quarts  antérieurs  de  l'interstice  de  la 
y  ri'te  iliaque  par  de  courtes  fibres  tendineuses  ;  3**  en  avant,  à  la  moitié  ou 
lu  tiers  externe  de  la  face  supérieure  du  ligament  de  Fallope. 

Ik'  ces  diverses  insertions,  les  fibres  charnues  se  portent  en  avant  et  en 
'ledaiis  en  affectant  une  direction  divergente. —  Celles  qui  naissent  de  l'apo- 
ihvroic  postérieure  du  muscle,  montent  obliquement,  croisent  à  angle  droit 
•'-^  libres  du  grand  oblique,  et  vont  s'insérer  à  l'extrémité  libre  de  la  dou- 
ueme  côte,  au  cartilage  de  la  onzième  et  à  celui  de  la  dixième,  en  se  con- 

■itdant  au-devant  des  deux  derniers  espaces  intercostaux  avec  les  fibres  des 
muHrles  intercostaux  internes  dont  elles  suivent  la  direction,  tandis  que  les 
!ii>re3k  de  l'oblique  descendant  sont  parallèles  au  contraire  aux  fibres  des 
uiuscles  intercostaux  externes.  —  Celles  qui  partent  de  la  crête  iliaque. 


33A  MYOLOGIE. 

obliquement  ucendantet  et  perpendiculaires  bumî  aun  fibres  de  l'obliiiih- 
descendani,  se  rendent  au  bord  e.iterne  d'unegrandeaponévrote, l'i^-'V- 
vro(«  anf«ri>ure  du  petit  oblique.  —  Celles  qui  viennent  de  l'épine  iliM;  ;r 
anlërieure  et  supérieure  se  porlenl  hortiontalement  en  dedani  pour  w  m- 
miner  >ur  ce  mCme  bord.  —  Celles  qui  se  fixent  sur  le  ligament  de  fi\'.  ;■ 
suivent  une  direclion  obliquement  descendante.  Les  plus  inrérieures  d<^^  r- 
venl  une  courbe  dout  la  convexité  se  dirige  en  bas  :  plusieurs  auteun.  n 
plus  partie  uliË remeut  M.  Jules  Cloquet,  avaient  cru  remarquer  que  < -i 
Bbres  en  anses  descendaient  sur  le  cordon  des  vaisseaux  spennalique)'  ]-r 
qu'au  testicule  et  qu'elles  conetituaicnt  le  crémaiUr;  mais  elle*  ne  dtjir 

Fif!.  360. 


Muscles  tuperfidrh  de  la  parvi  anléneurt  du  tronc. 


■n  iifrnatc  du  ursnd  pedoral. 


(lu  granil  (lijr>al 

ll,tt.    t.>)IIK'     I 

17.  MuM-lcilru 
3.1,  A|.ii|.l,ïv'  -■ 


-  3.  Portion  rUiImlairp  -Ij 

r.l.!e.  —  S.  [Wluirlf.  —  ^,1. 
.)  rlrnlrl^.  —  9,U.  Boni  j  * 
i|>oni!irulii|uc  du  iiiu.v)i>  .ii 


ID.  IN^lx 


16,10.  / 


'  '21.  IJirpt  du  miUK  Uuirjc. 


i>nil  l'nnlaurni' ri  |>rr>-i|uc  riilii'rt-nitai  rr,  ... 
da  biii-|H.  —  S6.  r^mion  de  )■  loufiu  j^ti.^-  ^ 


RÉGION  ABDOMINALE  ANTÉRO-LATÉRALE.  231 

tibreuse,  partage  en  deux  espaces  secondaires  de  dimensions  très-inégales  ; 
lexteme,  plus  grand,  est  traversé  par  les  muscles  psoas  et  iliaque  et  par  le 
norf  crural;  l'interne ,  de  figure  triangulaire,  donne  passage  aux  vaisseaux 
fémoraux ,  ainsi  qu'à  un  très-grand  nombre  de  troncs  lymphatiques  :  c'est 
\  anneau  crural* 

La  direction  de  Tarcade  crurale  est  d'abord  très-oblique  de  haut  en  bas  et 
de  dehors  en  dedans  ;  mais,  à  mesure  qu'elle  se  rapproche  du  pubis,  son 
ubliquité  diminue  de  plus  en  plus,  d'où  il  suit  qu'elle  n'est  pas  rectiligne  ; 
l'Ile  décrit  une  légère  courbure  dont  la  concavité  se  dirige  en  haut  et  en 
dedans. 

Les  fibres  qui  la  constituent  s'étendent  de  l'épine  iliaque  à  l'épine  pu- 
bienne ,  en  se  contournant  pour  la  plupart  de  haut  en  bas ,  d'avant  en 
arricrc  et  de  dehors  en  dedans,  de  manière  d  former  une  sorte  de  gouttière 
à  concavité  supérieure.  Les  plus  internes,  après  avoir  pris  un  premier  point 
d  attache  sur  l'épine  du  pubis ,  poursuivent  leur  trajet,  se  réfléchissent  de 
dedans  en  dehors  sur  sa  branche  horizontale,  et  vont  s'attacher  à  toute 
1  étendue  de  la  crête  pectinéale,  ou  plutôt  à  une  épaisse  bandelette  fibreuse 
qui  la  surmonte  et  qui  en  triple  la  hauteur  :  cette  partie  réfléchie  de  l'ex- 
trémité  interne  de  l'arcade  crurale  porte  le  nom  de  ligament  de  GimberruU, 
Lllc  est  triangulaire  et  inclinée  de  telle  sorte  que  sa  face  supérieure  regarde 
en  dedans  et  en  arrière ,  l'inférieure  en  dehors  et  en  avant.  Son  sommet  se 
t)\c  à  l'épine  pubienne.  Sa  base,  dirigée  en  dehors,  libre  et  concave,  forme 
1  angle  interne  de  l'anneau  cruraL 

I«e  ligament  de  Fallope  oiïrant  l'aspect  d'une  gouttière,  on  peut  lui  consi- 
dérer deux  faces  et  deux  bords.  —  Sa  face  supérieure  ou  concave  donne 
atiache  en  dehors  aux  fibres  les  plus  inférieures  du  petit  oblique  et  du  trans- 
^ Tbe  ;  en  dedans  elle  contribue  à  former  le  canal  inguinal  et  se  trouve  en 
rap{K)rt  avec  le  cordon  des  vaisseaux  spermatiques  chez  l'homme ,  avec  le 
lir'ament  rond  chez  la  femme.  —  Sa  face  inférieure  adhère  en  dehors  à  la 
gaine  des  muscles  psoas  et  iliaque  ;  en  dedans  elle  répond  à  l'anneau  crural 
et  aux  vaisseaux  fémoraux  qui  traversent  cet  anneau.  — Son  bord  antérieur, 
ionlinu  en  haut  avec  l'aponévrose  du  grand  oblique,  se  continue  en  bas  avec 
l  aponévrose  de  la  cuisse.— Son  bord  postérieur  s'unit  sur  toute  sa  longueur 
À  une  lame  fibreuse  qui  recouvre  la  partie  inférieure  et  postérieure  du 
muscle  transverse  et  qui  constitue  le  fascia  transversalis. 

L'arcade  crurale  n'est  pas  formée  seulement  par  le  bord  inférieur  de 
laponévrose  du  grand  oblique.  A  la  moitié  externe  de  ce  bord  qui  en  con- 

10.  Portion  movennc  ou  transversale  de  ce  muscle  s'insërant  par  de  courtes  fibres  tend!- 
1.  .yrs  a  l'ëpine  de  l'omoplate.  —  11.  AponéTrosc  triangulaire  par  laquelle  la  portion  ascen- 
'•.itr  du  muscle  se  fixe  a  cette  dpine.  — 12.  Muscle  sous-épineux.  —  13.  Muscle  petit  rond. 
—  li.  Muscle  grand  oblique  de  l'abdomen. — 15,15.  Ses  digitations  inférieures  s'entre - 
'^>1vaIttavec  celles  du  grand  dorsal  qui  les  recouvrent  en  partie.  — J6;16.  Ses  digitations 
' '«rir-ures  qui  s'engrènent  avec  celles  du  grand  dentelé.  —17,17.  Son  bord  antérieur 
'  '^^w  vertical.  — 18.  Son  bord  inférieur  presque  horizontal.  ^19.  Son  angle  antéro- 


.( 


!'t 


leur  plus  ou  moins  arrondi.  —  20,20.  Muscle  grand  dentelé.  —  21.  —  Bord  inférieur 
•'i  firdnà  pectoral,  a  la  partie  supérieure  duquel  on  entrevoit  le  bord  correspondant  du  petit 
;..u»ral.  —  22.  Muscle  grand  fessier.  —  23.  Muscle  tenseur  du  fascia  lata.  —  24.  Muscle 
<i«^iUi{de.  —  25.  Muscle  peaucier  du  cou.  —  26.  Extrémité  supérieure  du  muscle  stemo- 
ouoioidien. 


\m  MYOLOGIE. 

opposée  il  celle  du  grand  oblique,  il  remplit  A  peu  près  let  mêmes  usac-  - 
(juc  celui-ci.  Comme  lui,  eo  effet,  il  comprime  les  viscères  ■Mominiuv  n 
réduiMinl  les  dimcneiona  de  la  cavité  qu'ils  occupent  ;  comme  lai,  il  aLMi<w 
les  eûtes' et  Joue  lu  rOle  d'un  muscle  expirateur;  comme  lui,  il  flécbi'  I- 
iborat  en  le  portant  directement  en  avant  si  les  deux  muscles  agisseui  ■^a 
mCmt  temps,  mais  en  le  toumantde  son  cOté  si  leur  action  est  isolée. Onmv 
lui  aussi ,  il  élùïe  le  bassin  au  point  d'efTaccr  la  courbure  lombaire-  —  r 
iiisulte  de  l'cfTet  inverse  que  produisent  le  grand  et  le  petit  obliqua  d: 
[uùpati  cûté,  lorsqu'ils  se  coniraclent  ensemble, que  le  Iborax  ne  se  to-r- 
iii  à  droite  ni  à  gauche,  mais  s'iniléchiL  laléralcmeut;  ils  deviennent  ti-n 
i^ongéuères  du  sacro-lombaire  et  du  long  dorsal. 


111.- 


I.c  Iransverse  de  l'abdomen ,  situé  au-dessous  du  petit  oblique,  e-t  ûr. 
muscle  large  et  mince,  irréguliilirement  quadrilatère,  contourné  vn  dtm.- 
cflindrc.  Il  s'étend  de  la  crête  spinale  jusqu'à  la  ligne  blancho,  et  de  U  U- 
du  thorax  jusqu'à  la  circonrérence  supérieure  du  bassin.  Aponévn'tiqui  •- 
arriére,  où  il  devient  Irés-élroit,  et  en  avant  où  il  oITrc  au  cuulrairi'  u.i 
grande  largeur,  charnu  dans  sa  partie  moyenne,  on  peut  lui  considérer  ir  ^ 
portions. 

A.  Portion  moyennt  ou  charnue.  —  Elle  ofTre  la  figure  d'un  triangle  d-  t  : 
le  sommet  tronqué  se  continue  avec  l'aponévrose  postérieure  et  la  ba<<'  ^>ct 
l'aponévrose  antérieure.  Des  deux  bords  de  ce  triangle,  le  supérieur  ^^  aiij'  '-  - 
(lui  cOtes  et  à  leur  cartilage,  l'inférieur  d  la  crête  iliaque  el  k  l'in^:- 
crurale. 

I.esinsertionscostalesserontîurune  ligne  brisée,  obliquement  dirip''^i'  ■ 
bas  en  haut  et  d'arrière  en  avant.  En  procédant  de  bas  en  haut,  on  remarç  i 
que  k  portion  charnue  s'insère  :  1"  au  bord  inrérieur  des  deux  demii-- 
rausECs  cûlcs  et  à  leur  cartilage;  3°  à  la  face  interne  des  cartilages  de  ir  >• 
premières Tausses  cOle»  cl  à  celui  de  la  sepliéme  vraie,  bans  linienall.  <:  : 
s'étend  de  celle-ci  k  l'appendice  xipho'ide,  le  Iransierse  est  uni  au  tri^:>-'i 
laire  du  sternum.  .Ses  attaches  à  la  dernière  vraie  côte  el  au\  trui?  .  ■  - 
suivanlea  ont  lieu  par  des  languettes  angulaires  ou  digilatiims  qui  s  <  <  :  - 
croisent  avec  celles  du  diaphragme.  An  niveau  des  deux  deruierv  e^^^'U  .i 
i  nie  nus)  aux ,  il  se  continue  avec  ce  muscle  par  l'intermédiaire  d'une  il'^:- 
tectiiin  apoiiév relique. 

Inrèrieuremeiil,  la  portion  charnue  du  Irani'versc  se  fixe  aux  \ty'\r  qi.i'  - 
untêrieurs  de  la  lèvre  interne  de  la  criMe  iliaque  par  de  trés-cuurlfï  ti::- 
lendinensL'9,  el  à  la  moitié  externe  de  l'arcade  crurale  par  des  fibres  mu^  -- 
laires  qui  se  conrondeut  avec  celles  du  petit  oblique. 

Les  libres  charnues  émanées  de  la  base  du  thorax,  de  l'aponétroM  |>  -:  - 
ricure  et  de  la  créle  iliaque,  se  portent  horizunlalcment  d'arrière  en  an.  '- 
Olli's  qui  naissent  de  l'épinG  iliaque  el  de  l'arcade  crurale  sont  obliqua  it>  ■ 
ileseeiidiiules.  Toutes  viennent  se  terminer  sur  l'aponévrose  anlérieuri'.  L  ~ 
muf  en  lies,  plus  longues,  n'arrivent  pas  jusqu'au  muscle  droit  de  rabd«>u>.  >. 


RÉGION  ABDOMINALE  ANTÉRO- LATÉRALE.  233 

Rapports.  —  Le  grand  oblique  de  l'abdomen  est  recouvert  sur  sa  portion 
charnue  par  une  lame  fibreuse  qui  lui  adhère  d'une  manière  assez  intime, 
et  sur  sa  portion  aponévrotique  par  le  feuillet  profond  du  fascia  svperficialis, 
aftquel  il  n'est  uni  que  par  un  tissu  conjonctif  très-lâche.—  Par  sa  face  pro- 
fonde, il  est  en  rapport  4  en  haut  avec  les  sept  ou  huit  dernières  côtes,  les 
cartilages  qui  les  prolongent  et  les  muscles  intercostaux  externes  ;  plus  bas 
celle  face  s'applique  au  petit  oblique .  En  dedans,  sa  portion  aponévrotique 
â  unit  par  les  liens  les  plus  étroits  avec  le  feuillet  antérieur  de  l'aponévrose 
de  ce  muscle,  mais  seulement  dans  ses  trois  quarts  supérieurs;  en  bas,  les 
deax  aponévroses  restent  distinctes. 

Action.  —  Le  grand  oblique  remplit  plusieurs  usages  :  1^  Il  réduit  la  capa- 
lilé  de  la  cavité  abdominale,  et  comprime,  par  conséquent,  les  viscères  abdo- 
mioaux  en  les  refoulant  en  haut  et  en  arrière.  2<*  Il  abaisse  les  côtes  lorsque 
le  rachis  et  le  bassin  ont  été  préalablement  immobilisés,  et  agit  alors  comme 
expirateur.  3»  Il  fléchit  le  thorax  et  la  colonne  vertébrale  lorsque  les  deux 
muscles  prennent  leur  point  d'appui  sur  le  bassin  et  se  contractent  à  la  fois; 
si  l'un  d'eux  seulement  entre  en  contraction,  en  même  temps  qu'il  fléchit  la 
partie  supérieure  du  tronc,  il  lui  imprime  un  mouvement  de  rotation  en 
u^rtu  duquel  le  thorax  se  tourne  du  côté  opposé.  li°  Quelquefois  ces  muscles 
prennent  leur  point  d'appui  sur  le  thorax  ;  ils  soulèvent  alors  le  bassin  en 
imprimant  au  rachis  un  mouvement  qui  a  pour  eifct  de  redresser  la  cour- 
bure des  lombes. 

II.  —  »etlt  oMl«oc  de  l'aMomen. 

Le  petit  obUifuêy  ou  oblique  interne,  oblique  ascendant,  est  un  muscle  large, 
irrégulièrement  triangulaire,  situé  au-dessous  de  l'oblique  externe.  Il  s'étend 
d«'  la  région  lombaire  jusqu'à  la  ligne  blanche,  et  du  rebord  cartilagineux 
de  la  poitrine  Jusqu'au  ligament  de  Fallope. 

Imertions;  direction»  —  Ce  muscle  s'attache  :  i*  en  arrière,  à  l'apophyse 
Kiineuse  des  trois  dernières  vertèbres  des  lombes ,  à  celle  de  la  première 
Vertèbre  sacrée,  à  la  tubérosité  de  l'os  iliaque  et  au  quart  postérieur  de  la 
(i^le  de  cet  os,  par  une  lame  aponévrotique  qui  fait  partie  de  l'aponévrose 
1  mbo  sacrée  ;  2<*  en  bas,  aux  trois  quarts  antérieurs  de  l'interstice  de  la 
crête  iliaque  par  de  courtes  fibres  tendineuses;  3"  en  avant,  à  la  moitié  ou 
au  tiers  externe  de  la  face  supérieure  du  ligament  de  Fallope. 

De  ces  diverses  insertions,  les  fibres  charnues  se  portent  en  avant  et  en 
•iedaas  en  affectant  une  direction  divergente. —  Celles  qui  naissent  de  l'apo- 
sétrose  postérieure  du  muscle,  montent  obliquement,  croisent  à  angle  droit 
'tfs  fibres  du  grand  oblique,  et  vont  s'insérer  à  l'extrémité  libre  de  la  dou- 
titme  côte,  au  cartilage  de  la  onzième  et  à  celui  de  la  dixième,  en  se  con- 
^>ndant  au-devant  des  deux  derniers  espaces  intercostaux  avec  les  fibres  des 
muscles  intercostaux  internes  dont  elles  suivent  la  direction,  tandis  que  les 
iibres  de  l'oblique  descendant  sont  parallèles  au  contraire  aux  fibres  des 
uiuscles  intercostaux  externes.  —  Celles  qui  partent  de  la  crête  iliaque, 


L 


l.c  muïclc  droit  de  1  abdomen,  situé  de  chaque  cAtC  de  la  ligne  blan<  V . 
i^Vrond  de  la  partie  tnrérieurc  du  thorax  jusqu'au  pubit.  Il  est  alli>n;'. 
aplati,  plus  large  et  plus  miace  supérieuremenl  qu'inrérieu rement. 

Insfrtiotu. —  Ce  muscle  «'insi^rc  en  bas  sur  le  enrps  du  pubis  par  ..: 
ti'iiilnn  nacré,  aplati  d'avant  en  arrière,  d'une  largccr  de  !I  A  5  cenlini<  :r— 
l'i  -lune  longueur  à  peu  près  égale,  mais  voriablc  ccpcndani  Bui^alll  u- 
iiiiluidus.  Ce  tendnn  s'attache  à  tout  l'intcrvaUc  qui  s'étend  de  l'épine  i  ': 
sMDpliyse  pubienne.  Très-souvenl  il  se  prolonge  du  bord  supérieur  du  i><;l.- 
siji  sa  face  antérieure.  Quelquefois  il  se  divise  en  deux  langue  lies,  dont  Iti- 
(i  iiiL-  est  plus  large  et  plus  mince  que  l'interne. 

Hl'  l'extrémité  supérieure  de  ce  tendon  naissent  les  fibres  charnu—; 
r]i)i'lques-unes  proviennent  aussi  de  la  partie  correspondante  de  U  li.:- 
bl.mche.  Elles  se  dirigent  de  bas  en  haut,  les  internes  vcrticaleinenl.  I--- 
l'xlt'rncs  un  peu  obliquement,  en  formant  par  leur  juxtaposition  un  U:t- 
liHi-.au  qui  l'éloi^it  en  montant  et  qui  vient  se  fixer  h  la  partie  iaft^ri.  .:r 
Il  anlérieurc  du  thorax  par  trois  languettes,  assez  distinctes.  L'interne.  ]■]  -■ 
l''jl;li^4e  et  plus  étroite ,  s'insère  à  la  partie  an téro-io férié ure  du  cartilair"  <i' 
l;i  -l'iiliéme  cûle  et  au  ligament  costo-xiphoïdicn  ;  U  moyenne,  plus  Urs>-  ■■r 
;>!ii5  mince,  A  la  partie  antéro-inférieure  de  la  lixième;  l'externe,  plus  lar.-> 
l'iK  urc,  à  la  partie  anléTO-inférieure  de  la  cinquième. 

Mir  son  trajet ,  ce  muscle  ulTre  de  distance  en  distance  des  inlerM^ii  '• 
itp<iiiJvrotiques  dont  le  nombre  varie  de  trois  à  cinq,  situées  pour  U  pi  .- 
p.i  [  I  iiu-dessus  de  l'ombilic.  Ces  intersections,  le  plut  habituellement ,  n  '-  - 
I  N|i('iit  qu'une  partie  de  son  épaisseur,  d'où  il  suit  que  les  fibres  postéri'Mr  • 
^  >::1  plus  longues  que  les  antérieures.  Tantôt  elles  s'étendent  à  lont'-  '.i 
Lii::L'iir  du  muscle;  tantôt  i  la  moitié  ou  au  tien  seulement  dvci-lli^-:' 
I  ii-dircction  peut  être  transversale,  obliquement  ascendante  ou  d'M< 
iliiiti',  recliligne  ou  curviligue;  Irés-suuvent  elles  sont  disposées  en  xi,.i  . 
Oiirlles  que  soient,  du  reste,  les  variétés  qu'elles  présentent,  aucuiK-  ;  • 
tiliT^  charnues  ne  se  porte  d'une  attache  A  l'autre  tansOtre  coupée  au  m-  :  ■ 
pli  1  une  de  ces  in  Icrscc  tiens - 

ItappoTts.  —  Le  muscle  droit  occupe  une  gaine  fibreuse  composée  de  d<M 
l.<mi.'3  qui  s'unissent  sur  ses  bords. 

I,.T  lame  antérieure  est  formée  par  l'aponévrose  du  grand  oblique  et  iv 
II'  rt'uillet  antérieur  de  l'aponévrose  du  petit  oblique,  auxquelles  vienii<':i 
i.  ailjuindre  :  en  bas  le  quart  inférieur  de  l'aponévrose  du  Irantverse,  cl  i3 
iMLit  l'apoiiétrose  du  grand  pectoral,  tlle  adhère  ou  plutôt  ic  continue  a>c-; 
li>  intersections  aponévrotiquus  du  muscle. 

I.a  lame  postérieure  est  constituée  par  le  feuillet  postérieur  de  Inj'.  i- 
iriisL'  du  petit  oblique  et  l'aponévrose  du  Iransverse.  Sur  le  tiers  inren--  ' 
du  muscle,  elle  disparaîtrait,  suivant  la  plupart  des  auleurs.  Selon  Betu..-. 
•'Il>'  s'appliquerait  au  péritoine,  pour  se  porter  avec  celui-ci  dertit'n  ii 
ti^jji:.  Hais  en  réalité  elle  ne  présente  ni  l'une  ni  l'autre  de  ces  dispouli"»^ 


RÉGION  ABDOMINALE  ANTÉRO-LATÉRALE.  239 

Elle  s'amincit  très-notablement  et  assez  brusquement,  et  ne  se  trouve  plus 
rvpn'seDtée  sur  ce  point  que  par  une  lamelle  transparente  et  des  filaments 
iibn^ux,  très-irrégulièrement  transversaux,  continus  en  dedans  avec  la  ligne 
Manche,  en  dehors  avec  l'aponévrose  du  transverse. 

Les  muscles  droits  sont  très-rapprochés  dans  leur  portion  sous-ombilicale 
où  une  simple  cloison  médiane  les  sépare.  Us  s'écartent  de  15  à  18  milli- 
mètres au  niveau  et  au-dessus  de  l'ombilic;  puis  se  rapprochent  de  nouveau 
.iu  voisinage  de  Tappendice  xiphoïde.  Leurs  bords  répondent  aux  angles  de 
réunion  des  deux  lames  qui  forment  leur  gaine. 

Action,  —  Ce  muscle  participe  à  peine  au  resserrement  de  l'abdomen.  Son 
ai  tion  sous  ce  point  de  vue  est  même  entièrement  nulle  chez  les  individus 
ai.nt  la  paroi  abdominale  est  aplatie  ou  rentrante  ;  c'est  seulement  chez  ceux 
fù  olle  devient  plus  ou  moins  saillante,  soit  par  suite  de  la  prédominance  du 
^î^tème  adipeux,  soit  sous  Tinfluence  de  diverses  conditions  morbides,  qu'il 
:t>ut  jouer  le  rôle  d'agent  constricteur. 

Va  destination  principale  est  d'imprimer  des  mouvements  au  thorax  et  au 
l>a^?in.  Dans  le  décubitus  dorsal,  il  élève  le  premier  en  prenant  un  point 
H  appui  sur  le  second,  et  réciproquement.  Dans  l'attitude  verticale,  le  muscle 
(init  peut  contribuer  à  abaisser  la  cavité  thoraciqueen  fléchissant  la  colonne 
vtrt»braIo  ;  mais  son  intervention  est  alors  moins  nécessaire  et,  en  général, 
i  :^  faible,  le  relâchement  des  muscles  extenseurs  suffisant  pour  produire 
(••  rp«iiltat. 

V5  intersections  semblent  avoir  pour  usage  de  conserver  au  muscle  la 
'•rme  aplatie  qui  lui  est  propre  ;  car  ses  fibres  étant  très-longues  et  formant 
':n  plan  très-large  en  haut,  très-étroit  en  bas,  elles  tendraient,  si  elles  étaient 
ïli-indonnées  &  elles-mêmes,  à  se  rassembler  en  faisceau  et  à  former  une 
^•r!e  de  cône.  Mais,  enchaînées  comme  elles  le  sont  dans  leur  Juxtaposition 
uinrale,  toute  déformation  devient  impossible.  Les  intersections  qui  les 
^ni>M*nt  rempliraient  donc  ici  le  rôle  de  ces  tiges  transversales  qui,  dans 
il  construction  des  grilles,  relient  toute  la  série  des  tiges  verticales  afin  de 
i'?  ti\er  dans  leur  situation  respective.  Elles  sont  destinées  aussi  peut-être 
.  .;nir  solidement  le  muscle  droit  aux  aponévroses  qui  le  recouvrent  et  à 
mùulenir  celles-ci  toujours  parfaitement  étalées.  Non  immobilisés,  les  plans 
threux  auraient  pu,  au  moment  du  resserrement  de  l'abdomen  et  de  la 
1»  ;*ression  plus  ou  moins  forte  du  muscle,  se  replier  sur  le  point  le  plus 
••primé  en  formant  une  sorte  de  corde;  adhérents,  ils  restent  partout  très- 
r^julièrement  appliqués  au  muscle.  La  destination  de  ces  adhérences  nous 
' xpliquerait  ainsi  pourquoi  elles  existent  surtout  en  avant;  pourquoi  elles 
''^'it  sinueuses  et  non  rectilignes,  la  première  disposition  ayant  pour  effet 
i'  les  allonger  et  de  les  multiplier. 

Très-petit,  de  forme  pyramidale,  situé  dans  la  région  hypogastrique,  au 
»ant  du  muscle  droit,  de  chaque  côté  de  la  ligne  blanche.  11  s'étend  de  la 
«Tinphyse  pubienne  à  la  partie  moyenne  de  l'espace  compris  entre  cette 
^ymphjie  et  l'ombilic. 


no 


MYOLOGIE. 


f» 


.r-  r 


Insertions.  —  Co  muscle  s'attache  par  sa  base  à  la  partie  rapéricnre  « ', 
antérieure  de  la  symphyse  pubienne  et  à  la  partie  correspondante  du  pul . . 
par  de  courtes  fibres  aponévrotiques.  De  celles-ci  naissent  les  fibrt^  dy- 
nues,  qui  se  dirigent  comme  les  précédentes  de  bas  en  haut,  le*  int.  r 
verticalement,  les  autres  en  suivant  une  direction  d'autant  plus  ob' 
qu'elles  sont  plus  externes.  Toutes  vont  se  fixer  par  une  languette  !ir.:.- 
neuse  aux  parties  latérales  de  la  ligne  blanche  qui  revOt,  dans  cette  rér.  ^ 
la  forme  d'une  cloison  verticale  antéro-postérieure. 

Rapports,—  Par  sa  face  interne,  le  pyramidal  répond  à  la  cloison  médi':  r' 
et  verticale  constituée  par  la  ligne  blanche,  cloison  qui  le  sépare  de  C'  '  _ 
du  côté  opposé,  et  sur  laquelle  il  prend  le  plus  habituellement  qurlç  - 
insertions.  Sa  face  antérieure  est  recouverte  par  les  aponévroses  do>  c  .; 
obliques  et  du  Irans verse. —Sa  face  postérieure  recouvre  la  partie  inliTru  ^ 
muscle  droit,  dont  elle  se  trouve  séparée  par  une  mince  lamelle  fibreux-. 

Variétés.  —  Le  pyramidal  n'est  pas  constant.  Lorsqu'il  existe,  il  cft  s.i.»  ' 
unique.  Dans  quelques  cas  plus  rares,  on  en  rencontre  deux  à  droite  et  .: 
à  gauche;  plus  rarement  encore  deux  de  chaque  côté. — Son  volume  nr  \  \r.- 
pas  moins;  il  est,  en  général,  en  raison  inverse  de  celui  de  la  partie  cr  »- 
pondante  du  muscle  droit  :  lorsqu'il  fait  défaut,  celle-ci  est  plus  é[^:—  . 
lorsqu'il  est  plus  épais,  elle  devient  plus  mince.  On  pourrait  donc  le  !•  .— 
dérer  comme  une  portion  de  ce  muscle  qui  tantôt  s'en  détache  et  tu 
reste  confondu  avec  lui. —  Sa  longueur  présente  également  de  tK^s-gra:::  < 
différences  suivant  les  individus. 

Action.  —  Les  usages  de  ce  petit  muscle  sont  assez  obscurs.  Surajoute  i 
muscle  droit,  il  semble  constituer  pour  celui-ci  un  simple  faisceau  de  r  u- 
forcement  destiné  à  consolider  la  partie  médiane  de  l'abdomen  au  niveau  O' 
l'hypogastre.  Remarquons,  en  effet,  que  cette  partie  médiane,  malgré  >2 
déclivité  et  la  pression  constante  et  considérable  à  laquelle  elle  se  tr.u 
soumise,  ne  devient  jamais  le  siège  de  hernies  ;  aucun  des  points  de  I  <.^- 
ceinte  abdominale  ne  présente  une  plus  grande  résistance. 


VI.  —  Dm  M 


«iclet  toi  fonBCBi  les  parois  verticale»  ëe  r 

daai  lt«r  eaieaiMe. 


Les  parois  verticales  de  l'abdomen  sont  symétriques  et  divisibles,  par  o  > 
séquent,  en  deux  moitiés  parfaitement  égales.  Envisagée  dans  sou  modi  'i- 
constitution,  chacune  de  ces  moitiés  peut  être  subdivisée  en  trob  par.- 
ou  régions  très-distinctes  : 

1<>  Une  région  postérieure,  à  la  fois  musculaire  et  fibreuse,  qui  s'étend  c. 
rachis  aux  deux  bords  superposés  des  muscles  grand  dorsal  et  gra.  .i 
oblique. 

2°  Une  région  antérieure,  musculaire  et  fibreuse  aussi,  réunie  à  celle  d 
côté  opposé  par  la  ligne  blanche,  limitée  en  dehors  par  le  bord  externe  d  • 
muscles  droits. 

3*  Une  région  latérale,  essentiellement  musculaire,  traversée,  dans  » 
partie  inférieure,  par  le  cordon  des  vaisseaux  spermatiqaes  chei  rtiommc. 


RÉGION  ANTÉRO-LATÉRALE  DE  L'ABDOMEN.  341 

par  le  ligament  rond  chez  la  femme.  Cette  troisième  région  est  donc  creusée 
dUno  sorte  de  canal  qui  a  reçu  le  nom  de  canal  inguinal  ;  elle  contribue,  en 
outre  à  former  un  orifice  fort  important,  Vanneau  crural. 

A.  Région  postérieure  ou  lombaire. 

Trè»-épaisse  en  dedans ,  où  elle  répond  au  rachis ,  c*ette  région  diminue 
rapidement  d'épaisseur  à  mesure  qu'on  se  rapproche  du  grand  oblique,  et 
riuU  ainsi  la  forme  d'un  prisme  triangulaire  qui  comble  en  arrière  tout 
i  l'ïpace  compris  entre  le  thorax  et  le  bassin. 

\.e$  muscles  qu'elle  comprend  dans  sa  composition  sont  disposés  sur  deux 

irhes:  une  couche  superficielle,  constituée  par  la  partie  la  plus  épaisse 
H$  muscles  spinaux  ;  une  couche  profonde,  relativement  très-mince,  repré- 

■ntée  par  le  carré  des  lombes.  A  la  première  est  annexée  en  arrière  et  en 
dfhors  l'extrémité  inférieure  du  grand  dorsal  ;  à  la  seconde  est  annexée  en 
nant  et  en  dedans  l'extrémité  supérieure  du  grand  psoas,  qui  l'un  et  l'autre 
:.  appartiennent  qu'accessoirement  à  la  région  lombaire.  Tous  ces  muscles 
3C  dirigent  verticalement. 

Aux  deux  plans  musculaires  correspondent  deux  gaines  fibreuses.  —  La 
.liae  postérieure,  beaucoup  plus  large  et  plus  forte,  destinée  aux  muscles 
^;»inaux,  est  formée  en  arrière  :  par  l'aponévrose  lombo-sacrée,  c'est-à-dire 
;*ir  les  aponévroses  réunies  et  confondues  du  grand  dorsal,  du  petit  dentelé 
..ifi  rieur  et  du  petit  oblique  de  l'abdomen,  renforcées  encore  par  le  feuillet 
.'  '^têrieur  de  l'aponévrose  du  transverse  ;  en  avant,  par  le  feuillet  moyen  de 

•  •lie aponévrose.  —  Ce  second  feuillet  et  le  troisième  feuillet  de  la  môme 
ip>Qôvroâe,  en  s'écartant  pour  aller  s'insérer  aux  apophyses  transverses, 

•  n^titucut  la  gaine  antérieure. 

Les  trois  plans  qui  forment  ces  deux  gaînes  s'écartent  en  divergeant  de 
1  hor»  en  dedans;  chacune  d'elles  resterait  donc  ouverte  à  son  côté  interne, 
lie  n'était  complétée  de  ce  cOté  par  la  colonne  lombaire.  La  plus  large  ou 

rtérieure  est  subdivisée  en  deux  gaines  secondaires,  l'une  et  l'autre  aussi 
'•♦Tiicales,  par  l'apouévrose  qui  recouvre  le  transversaire  épineux.  Ces  divers 
t'iins  se  composent  de  fibres  obliques  et  transversales.  Ils  présentent  une 

•  iiià>euret  une  résistance  d'autant  plus  grandes,  qu'ils  sont  plus  superficiels. 
(.  aponévrose  lombo-sacrée  est  surtout  remarquable  sous  ce  double  point  de 
>  ie.  C'est  celle  aussi  qui  avait  à  supporter  les  efforts  les  plus  considérables  ; 

'■.*  muscles  spinaux  décrivant  une  courbure  à  concavité  postérieure  ten- 
daient à  se  redresser  au  moment  de  leur  contraction;  mais  elle  les  bride 
(!  i:i3  leur  situation  en  leur  fournissant  un  point  d'appui  et  en  jouant  à 
^  iT  égard  un  rôle  qui  n'est  pas  sans  analogie  avec  celui  d'une  poulie  de 
r»- Ile  \  ion. 

B.  Région  antérieure. 

Cette  région  contraste  étrangement  avec  la  précédente  par  l'étendue  con« 
^:i>'rable  qu'elle  présente.  Elle  n'en  diffère  pas  moins  par  sa  forme;  réunie  à 
'  '-lie  du  côté  opposé  sur  la  ligne  médiane,  large  et  mince  en  haut,  étroite  et 

n.  —  16 


2/^2 


MYOLOGIE. 


plus  épaisse  en  bas,  la  région  antérieure  revêt  la  figure  d'un  long  iniuz  - 
isocC'lc  dont  la  base  s'étale  sur  la  partie  antéro-inférieure  du  thorax  et  J  /. 
le  sommet  tronqué ,  attaché  au  bassin ,  mesure  l'espace  compris  entrt  .<- 
deux  épines  pubiennes.  Elle  difTére  encore  de  la  postérieure  parla  ^nu> 
variabilité  de  ses  dimensions  longitudinales  et  transversales;  lorsque  Uu\n' 
abdominale  se  dilate,  c'est  à  ses  dépens  surtout  que  s'accroissent  ses  di 


\r  ,'s 


diamètres.  La  distance  qui  la  sépare  de  la  colonne  lombaire  est  donc  trr 
variable  aussi;  chez  les  individus  amaigris,  dont  l'abdomen  est  plus  eu  m  .^ 
rentrant,  elle  s'en  écarte  de  1  ou  2  centimètres  seulement,  en  sorte  qu  . 
peut  facilement  sentir  les  pulsations  de  l'aorte  en  la  déprimanL  Chei  c  .) 
dont  l'abdomen  n'est  ni  saillant  ni  rentrant,  elle  ne  s'éloigne  en  gént-rë.  «.. 
rachis,  que  de  5  à  6  centimètres. 

La  région  antérieure  de  l'abdomen  nous  offre  à  considérer  une  partit  la.-- 
raie,  qui  la  constitue  essentiellement,  et  une  partie  médiane,  la  ligne  Ujb.  v 


1*»  Partie  latérale. 

Bile  est  représentée  principalement  par  le  muscle  droit  de  l'abdom^-L. 
dont  le  pyramidal  n'est  qu'une  dépendance,  un  simple  faisceau  de  reii:  : 
cément.  Les  intersections  échelonnées  sur  son  trajet  pourraient  le  L  *• 
considérer  aussi  comme  une  série  de  muscles  ajoutés  bout  à  bout,  îi  t   - 
s'étendaient  à  toute  son  épaisseur.  Mais  nous  avons  vu  qu'elles  sont  limit-- 
à  sa  partie  antérieure.  Il  suit  de  cette  disposition  que  les  deux  faro  i 
muscle  n'offrent  pas  le  même  aspect,  et  que  toutes  ses  fibres  n'ont  \^\:  « 
même  longueur;  les  antérieures,  entrecoupées  sur  deux  ou  trois  p«>int>  .' 
leur  trajet,  sont  courtes;  les  postérieures,  libres  pour  la  plupart  de  t-  ::. 
intersection,  sont  au  contraire  très-longues. 

Comme  les  muscles  de  la  région  lombaire,  le  muscle  droit  alTecto  lj 
direction  longitudinale  et  se  trouve  entouré  aussi  d'une  gaine  tibri.x 
Mais  les  deux  parois  de  cette  gaine  diffèrent  très-notablement. 

La  paroi  antérieure,  constituée  par  les  fibres  obliquement  descendante-  : 
sa  lame  superficielle  et  les  fibres  obliquement  ascendantes  de  sa  lame  pr 
fonde,  est  renforcée  dans  sou  tiers  inférieur  par  l'aponévrose  du  tran5>trv 
r.es  deux  lames  adhèrent  étroitement  l'une  X  l'autre  sur  la  [Jus  gn  - 
partie  de  leur  longueur,  et  rappellent  ainsi  le  mode  de  constitution  de  U   - 
névrose  lombo-sacrée ;  mais  la  seconde,  et  par  l'intermédiaire  de  ct-Ue-i.  i 
plus  superficielle,  adhèrent  eu  outre  au  muscle  sous-jacent,  ou  du  n>     * 
<\  SOS  intersections,  disposition  propre  à  cette  région  et  sans  analogue  :.  * 
l'éconumie.  Plus  bas,  les  deux  lames  ne  sont  unies  que  par  uni*  (  •. 
celluleuse,  en  sorte  qu'on  peut  les  séparer  assez  facilement.  Cette  par      * 
remarquable  encore  par  les  nombreux  orifices  qu'elle  présente,  oritut^  -•- 
tinés  au  passage  des  vaisseaux  et  nerfs  qui  se  portent  vers    l'ente  i     - 
cutanée.  Leur  contour,  circonscrit  sur  deux  côtés  par  les  fibres  venues  :- 
grand  oblique,  sur  les  deux  autres  par  celles  qui  dépendent  du  p^lit  *'i 
que,  est  irrégulièrcmfîiil  quadrilatère.  Tompson  pensait  qu'il   pouvoj:  - 
moditier  sous  l'intluence  de  la  contraction  de  ces  muscles  eu  s'alluii...'  «^ 
dans  un  sens  et  se  rétrécissant  dans  le  sens  opposé;  mais  les  solide»  avIl- 


RÉGION  ANTÉRO-LATÉRALE  DE  L'ABDOMEN.  2^8 

rentes  de  la  paroi  antérieure  de  la  gaine  avec  le  muscle  droit  ne  permettent 
pas  res  allongements  et  rétrécissements  alternatifs.  Le  contour  de  tous  les 
orifices  rasculaires  de  la  paroi  antérieure  de  l'abdomen  participe  à  la  fixité 
dei  aponévroses  sous-cutanées;  l'invariabilité  de  leur  figure  et  de  leurs 
dimentioQS  est  un  des  principaux  avantages  de  cette  fixité. 

La  paroi  postérieure  de  la  gaine  des  muscles  droits,  formée  par  la  lame 
correspondante  de  l'aponévrose  du  petit  oblique  et  par  celle  du  transverse, 
étroitement  unies  l'une  à  Tautre,  est  incomplète.  Tandis  qu'à  la  précédente 
ûent  s'adjoindre  en  bas  un  troisième  plan  fibreux,  qui  la  renforce,  celle-ci 
ne  se  trouve  représentée  inféricurement  que  par  une  toile  réticulée  si  déli* 
rate,  qu'elle  a  été  à  peine  entrevue  par  quelques  auteurs,  et  passée  sous 
>ilt'nce  par  le  plus  grand  nombre.— Les  fibres  qui  composent  cette  paroi  sont 
beaucoup  moins  distinctes  que  celles  de  la  paroi  opposée,  en  sorte  qu'elle 
offre  un  aspect  plus  homogène.  Elle  n'adhère  nullement  au  muscle ,  mais 
s'unit  très-solidement  en  arrière  au  péritoine ,  dans  toute  sa  portion  sus*' 
ombilicale,  et  ne  présente  aucun  orifice  vasAilaire. 

20  Partie  médiane  ou  ligne  blanche. 

Cette  partie  médiane  se  présente  sous  la  forme  d'une  longue  bandelette 
fibreuse,  étendue  de  l'appendice  xiphoîde  à  la  symphyse  des  pubis.  Sa  lar- 
cpur  Tarie  suivant  les  individus  et  suivant  le  sexe  ;  elle  varie  surtout  très-no- 
tablement selon  que  l'on  considère  la  ligne  blanche  au-dessus  ou  au-dessous 
de  l'ombilic. 

Au-dessus  de  l'ombilic,  la  ligne  blanche  est  remarquable  par  sa  grande 
largeur,  qui  s'accroît  graduellement  de  haut  en  bas.  Supérieurement,  cette 
largeur  est  en  général  de  6  à  7  millimètres ,  et  au  niveau  de  l'ombilic  de 
tH  à  20.  Selon  la  plupart  des  auteurs,  ses  dimensions  transversales  sont  plus 
(«asidérables  chez  la  femme  que  chez  l'honmie,  plus  considérables  surtout 
rhez  celle  dont  l'abdomen  a  été  distendu  par  des  grossesses  répétées  : 
diTérence  que  l'observation  atteste  en  effet.  Mais  il  importe  de  savoir  cepen* 
dant  qu'elle  n'est  pas  constante  et  qu'elle  est  souvent  peu  prononcée  lors- 
qu'elle existe. 

Au-dessous  de  l'ombilic ,  la  ligne  blanche  se  rétrécit  rapidement  pour  se 
terminer  en  pointe  après  un  trajet  de  2  ou  3  centimètres,  et  n'est  plus 
représentée  dans  le  reste  de  son  étendue  que  par  une  très-mince  lamelle 
mtéro-postérieure,  mesurant  de  6  à  8  millimètres  de  l'un  à  l'autre  de  ses 
b>rds.  Parvenue  au  pubis,  cette  mince  cloison  s'élargit  brusquement  en  se 
Nuforçant  et  pre^d  l'aspect  d'un  petit  triangle  qui  s'insère  par  sa  base  à  la 
itifiie  supérieure  et  postérieure  de  la  symphyse. 

La  ligne  blanche  est  donc  formée  de  deux  parties  très*difTérentes  :  d'une 
{*artie  supérieure  comprenant  ses  trois  cinquièmes  environ,  offrant  la  figure 
^i  uue  bandelette  verticale  et  transversale  ;  et  d'une  partie  inférieure  qui  en 
''•mprend  les  deux  cinquièmes,  quelquefois  le  tiers  seulement,  constituée 
:*ir  une  bandelette  verticale  et  antéro-postérieure.  C'est  toujours  sur  la  pre« 
Uiit-reque  se  trouve  situé  l'anneau  ombilical,  et  après  la  naissance  la  cicatrice 
qui  succède  à  l'oblitération  de  cet  anneau,  ou  l'ombilic. 


2/i/i 


MYOLOGIE. 


La  portion  supérieure  ou  transversale  présente  une  grande  rési^tir.'. 
Vue  par  sa  face  antérieure,  elle  est  manifestement  formée  par  le  proI<  '  :• 
ment  et  l'entrecroisement  des  fibres  aponévrotiques  des  muscles  gra  i> 
obliques,  qui  vont  se  continuer  avec  celles  des  petits  obliques.  Les  premi*  r  ^ 
jusqu'alors  superficielles,  deviennent  profondes  au  moment  où  s'établit  i»  v. 
continuité.  L'entrecroisement,  en  d'autres  termes ,  a  lieu  non-seulement  dr 
l'un  à  l'autre  côté,  mais  aussi  d'avant  en  arrière.  Il  n'est  pas  du  refto  ï.:i\- 
plement  linéaire  ;  il  s'opère  à  la  fois  sur  la  ligne  médiane  et  sur  toute  h  Ur- 
geur  de  l'espace  qui  sépare  les  deux  muscles  droits,  en  sorte  que  daa^  >« 
portion  sus-ombilicale  la  ligne  blanche  représente  une  toile  très-solidemt  .; 
mais  très-irrégulièrement  tissée. 

Vue  par  sa  face  postérieure,  celle  toile  fibreuse  est  loin  d  ofTrir  le  mt:: 
aspect.  Plane  en  avant,  elle  revêt  en  arrière  la  forme  d'une  large  gouliirr. 
limitée  de  chaque  côté  par  les  muscles  droits,  et  composée  de  fai>^e4:\ 
fibreux  qui  s'entrecroisent  sous  des  angles  très-obtus.  Ceux-ci,  à  la  forma'  - 
desquels  les  fibres  aponévrotiqfes  des  muscles  transverses  prennent  la  \>\ 
grande  part,  sont  séparés  par  des  interstices  elliptiques  ou  fusiform- 
direction  transversale  aussi,  étages  et  comme  imbriqués  de  haut  en  bu* 
d'arrière  en  avant,  en  sorte  qu'un  stylet  glissé  entre  deux  faisceaux,  df>  '- 
obliquement  vers  la  peau. 

La  gouttière  constituée  par  l'ensemble  de  ces  faisceaux  répond  sur  i '.^^ 
sa  longueur  au  péritoine  ,  qui  ne  lui  adhère  que  par  un  tissu  cell . 
adipeux  extrêmement  lAche.  Mais  il  n'en  est  pas  ainsi  sur  les  côtés.  A  dr 
et  à  gauche  de  celle-ci ,  immédiatement  au-dessus  de  l'ombilic,  la  mr    • 
brane  séreuse  adhère  au  contraire  d'une  manière  très-intime  à  la  {^2: 
correspondante  de  la  gaine  des  muscles  droits,  sur  une  hauteur  qui  m'-^ 
de  2  à  A  ou  5  centimètres;  elle  représtnte  donc  un  pont  membraneuv  ■ 
transforme  la  gouttière  sus-ombilicale  en  une  sorte  de  canal.  Ccî^I  ce  ri 
que  M.  Richet  compare  au  canal  inguinal  ;  le  péritoine  qui  le  comphi 
arrière  serait  l'analogue  du  fascia  transversalis,  d'où  le  nom  de  fascia  r^  •• 
versalis  de  l'ombilic  sous  lequel  il  propose  de  le  désigner  (1  .  Cotte  d. 
analogie  serait  peut-être  acceptable  s'il  était  démontré  qu  il  existe  en  • 
au-dessus  de  l'ombilic  une  véritable  lame  fibreuse   recouverte  par  le  i*  ' 
loine  et  indépendante  de  celui-ci.  Or,  on  n'observe  rien  de  semblahi<  : 
fascia  transversalis  de  M.  Richet  n'est  autre  chose  que  le  péritoine  lui-n»    .^ 
dont  la  couche  cellulo-fibreusc  a  acquis  ici  une  épaisseur  et  une  re^i:*i.i''  ^ 
plus  grandes,  mais  très-variables  cependant  suivant  les  individus. 

Chez  le  fœtus,  on  remarque  dejA  la  disposition  qui  existe  chez  lai^  : 
seulement  le  péritoine  étant  alors  peu  adhérent,  on  le  dé'tache  san-  j*     • 
sur  les  deux  bords  de  la   gouttière.  Plus   tard,  l'adhéreoce  de\ii'nt   . 
solide  ;  la  membrane  séreuse  s'unit  étroitement  de  chaque  côté  à  1  a;>     - 
vrose  du  trans>ersc,  mais  reste  toujours  libre  au  niveau  de  lagoultiîrt 
elle  s'éloigne  en  h'iut  pour  efitourer  le  cordon  de  la  veine  ombilicaU*.  1^ 
qu'elle  passe  directement  er.  bas  de   l'un  à  l'autre  côlé,  à  la  mani«'r\*  .: 
pont  membraneux  plus  ou  moins  élevé,  tantôt  très-mince  et  ayant  <vu-  r 


(!)  Richet,  Traité  d'unat.  tnid.-cftirurg,,  2'  édition,  p.  500. 


RÉGION  ANTERO-LATÉRALE  DE  L'ABDOMEN.  2Û5 

tuus  les  attributs  du  péritoine  pariétal,  tantôt  plus  épais  et  plus  résistant, 
sans  présenter  cependant  des  faisceaux  fibreux  distincts,  quelquefois  com- 
posé de  faisceaux  fibreux  à  direction  transverse.  Dans  ce  dernier  cas,  qui  a 
été  considéré  par  mon  savant  collègue  comme  le  plus  ordinaire  et  qui  pour 
moi  serait  le  plus  rare,  J'ai  vu  les  faisceaux  transversaux  s'élever  jusqu'au 
Miisinage  du  bord  inférieur  du  foie,  sur  presque  toute  la  hauteur  de  la  faux 
du  péritoine  dont  ils  représentaient  la  couche  fibreuse.  Ces  faisceaux 
'raii$>ersaux,  lorsqu'ils  existent,  ne  forment  donc  pas  une  membrane  dis- 
tincte, isolable,  indépendante  ;  ils  sont  le  résultat  d'une  simple  hypertrophie 
de  la  couche  celluleuse  du  péritoine. 

La  portion  inférieure  ou  antéro- postérieure  de  la  ligne  blanche  est  extrê- 
mement mince,  transparente,  très-peu  résistante.  Au-dessus  de  l'ombilic, 
a  paroi  antérieure  de  l'abdomen  emprunte  sa  solidité  à  la  fois  à  la  ligne 
blanche  et  aox  muscles  droits  ;  au-dessous,  elle  en  est  redevable  presque 
uniquement  à  ces  muscles  qui  augmentent  d'épaisseur  ot  qui  sont  renforcés 
encore  par  les  muscles  pyramidaux. 

Par  son  bord  antérieur,  cette  cloison  intermusculaire  se  continue  avec  les 
aponévroses  des  deux  obliques  de  l'un  et  de  l'autre  côté.  Par  son  bord  posté- 
rieur, elle  donne  attache  aux  filaments  fibreux  irrégulièrement  anastomosés 
qui  recouvrent  en  bas  et  en  arrière  les  muscles  droits.  Uuel^ues-uns  de  ces 
tilaments  pénètrent  dans  son  épaisseur. 

Anneau  ofnbiUoaL  —  Les  parois  verticales  de  l'abdomen  se  développent 
d'arrière  en  avant  et  de  dehors  en  dedans.  Au  début  de  leur  évolution  il  y 
adauc  une  courte  période  pendant  laquelle  la  paroi  antérieure  tout  entière 
fait  défaut.  Le  tube  intestinal,  représenté  à  cette  époque  par  une  simple 
\e»icule,  la  vésicule  ombilicale,  fait  saillie  au  dehors  de  la  cavité  abdominale. 
}iàh  les  deux  parois  latérales  s'allongent  et  se  rapprochent  ;  elles  se  soudent 
d'abord  en  haut,  puis  en  bas  ;  et  bientôt  la  cavité  ae  reste  ouverte  que  sur 
uo  point  qui  répond  à  la  partie  moyenne  de  la  ligne  blanche  ;  c'est  par  cette 
•uverture  connue  sous  le  nom  d'anneau  ombilical  que  passent  pendant  la  vie 
embryonnaire  :  i"*  le  pédicule  de  la  vésicule  ombilicale,  c'est-à-dire  le  canal 
de  plus  en  plus  étroit  par  lequel  celle-ci  communique  avec  l'intestin  ;  2°  les 
«aisseaux  omphalo^mésenUriqites  qui  l'accompagnent  ;  3<>  un  autre  canal,  d'ap- 
î>aritioD  moins  précoce,  Vouraque,  étendu  de  la  vessie  vers  la  vésicule  alUtr^ 
/(/((/«;  V  enfin,  la  veine  et  les  deux  artères  ombilicales  qui  mettent  en 
iiiounuDication  la  mère  et  le  fœtus.  Dans  le  cours  du  troisième  mois  de  la 
i:r.>$Mtsse,  le  pédicule  de  la  vésicule  ombilicale  s'oblitère,  s'atrophie  et  dis- 
parait; il  en  est  de  môme  des  vaisseaux  qui  suivent  son  trajet.  L'ouraque 
?  oblitère  aussi  le  plus  habituellement  et  se  réduit  à  un  simple  cordon. 
Fendant  les  cinq  ou  six  derniers  mois  de  la  vie  intra-utérine,  l'anneau 
ombilical  n'est  donc  plus  traversé  que  par  la  veine  et  les  deux  artères 

«oibilicales. 

U'i  anneau,  d'apparence  circulaire,  est  circonscrit  par  deux  faisceaux 
•:  mi-circulaires,  bien  décrits  par  M.  Richet  ;  ils  ne  diffèrent,  du  reste,  de 
c»*u\  qu'on  obsene  au  niveau  de  la  gouttière  sus-ombilicale  que  par  leur 

■•' iirvalion  plus  prononcée.  Comme  ceux-ci,  ils  se  dirigent  dans  le  sens 


346 


MYOLOGIE. 


transversal,  l'un  tournant  sa  concavité  en  bas  et  l'autre  en  haut  ;  comm*^ 
ceux-ci  également  ils  s'entrecroisent  à  leurs  extrémités.  L'ouraque  et  les  d(u\ 
artères  ombilicales  contournent  le  faisceau  inférieur  sans  lui  adhérer:  li 
veine  ombilicale  contourne  le  faisceau  supérieur.  Sur  un  plan  plus  profond. 
entre  la  veine  et  les  deux  artères,  on  voit  le  feuillet  pariétal  du  péritoinr. 
soulevé  quelquefois  par  une  circonvolution  de  l'intestin  qui  tend  alon  i 
dilater  l'anneau.  Il  n'est  pas  extrêmement  rare  de  rencontrer  celui-ci  dilata 
en  effet  à  la  naissance  et  livrant  passage  à  une  anse  intestinale  qui  a  pénétr? 
dans  l'épaisseur  du  cordon. 

Ombilic.  —  Après  la  naissance,  la  portion  des  vaisseaux  ombilicaux  qui 
reste  appendue  au  devant  de  l'anneau  est  privée  de  vie;  elle  se  fl<^trit. 
noircit,  et  bientôt  se  détache.  En  même  temps,  Torifice  se  resserre  et  ue 
tarde  pas  à  s'oblitérer  ;  à  l'anneau  ombilical  succède  alors  une  cicatrice  qui 
porto  le  nom  d'ombilic. 

Pendant  que  ces  phénomènes  se  produisent  au  dehors  et  au  niveau  df 
l'orifice,  d'autres,  de  nature  très-différente,  se  passent  au  dedans.  Les  vai^ 
seaux  ombilicaux  s'unissent  par  leur  tunique  externe  ou  celluleuse  a^tt 
le  pourtour  de  l'anneau.  Leurs  deux  tuniques  internes  se  rétractent,  cvWv  àt 
la  veine  vers  le  sillon  antéro-pos  té  rieur  du  foie,  celle  des  deux  artères  \en 
le  pubis.  L'ouraque  se  comporte  de  la  même  manière.  Cinq  ou  six  semai ntt 
après  la  naissance,  les  trois  vaisseaux  commencent  à  s'oblitérer.  L'obliien- 
tion  débute  par  leur  orifice  pour  remonter  ensuite,  de  proche  en  prc¥  hf. 
sur  leur  trajet.  Tandis  qu'elle  s'opère,  et  après  sa  production,  les  deu\ 
tuniques  internes  s'atrophient.  La  tunique  externe,  an  contraire,  devient  U 
siège  d'une  hypertrophie  prononcée.  La  gaine  celluleuse  comprise  entre  1^ 
bout  rétracté  et  l'ombilic  participe  à  cette  hypertrophie,  s'oblitèi^  au<^i 
par  adhésion  mutuelle  de  ses  parois ,  puis  se  transforme  en  filaments  lift- 
menteux  qui  se  prolongent  sur  le  pourtour  du  cordon  correspondant. 

Vers  la  fin  de  la  première  année,  le  cordon  de  la  veine  ombilicale  s  t>t 
rétracté  au  point  d'arriver  au  niveau  du  bord  antérieur  du  foie  ;  ceux  do 
artères  et  de  l'ouraque  sont  déjà  descendus  si  bas,  qu'ils  se  trouvent  aa 
niveau  de  la  branche  horizontale  des  pubis.  Les  quatre  cordons  sont  reU*^ 
alors  à  l'ombilic  par  un  ensemble  de  filaments  Jaunâtres,  dont  l'existence  e^ 
constante,  mais  dont  le  nombre,  les  dimensions,  la  disposition  réciproquf , 
varient  à  l'infini.  On  voit  bien  rarement  les  filaments  qui  dépendent  de 
chacun  d'eux  rester  indépendants  ;  presque  toujours  ils  s'unissent  rntnr 
eux  ;  et  leurs  anastomoses  sont  parfois  si  multipliées,  qu'ils  forment  un  véri- 
table réseau  à  grandes  mailles  irrégulières.  Dans  un  remarquable  travail  la 
en  1860  à  l'Académie  de  médecine,  M.  Ch.  Robin  a  signalé  le  pnmit*r 
l'existence  de  ces  filaments  dont  il  a  donné  une  description  fort  exacte  ;  !<* 
premier  aussi  il  a  observé  et  bien  exposé  les  phénomènes  de  rôlrarti  «ri 
qui  précèdent  leur  développement  ;  le  même  auteur  a  démontré  qu  ih 
sont  constitués  par  un  mélange  de  fibres  de  tissu  lamineux  et  de  fibir> 
élastiques  (1). 


(1)  Ch.  Robin,  Mém.  sur  la  rétraction  des  vain.  omM,  et  sur  le  aytl, 
leur  succède  (Mém.  de  fAcftd.  de  ntéd.,  t.  XXIV,  p.  391). 


/.  ^> 


REGION  ANTERO- LATÉRALE  DE  L'ABDOMEN.  247 

Dans  Tâge  adulte,  la  cicatrice  ombilicale  répond  quelquefois  à  la  partie 
moyenne  de  la  ligne  blanche.  Mais,  en  général,  elle  est  située  à  6,  8,  10  ou 
13  millimètres  au-dessous;  on  la  voit  rarement  s'abaisser  davantage.  Sa 
partie  antérieure  est  d'autant  plus  déprimée,  que  la  couche  cellulo^adipeuse 
.«•us-cutanée  est  plus  épaisse.  Chez  les  individus  très-maigres,  elle  reste  au 
niveau  des  téguments;  elle  peut  môme  faire  une  légère  saillie.  Lorsqu'on 
inlt^ve  la  peau  et  la  couche  adipeuse  environnante,  on  remarque  que  la 
i  ii-atrice  se  continue  et  se  confond  graduellement  sur  sa  circonférence  avec 
!t'?  deux  lames  du  fascia  superficialis, 

Kn  arrière  de  l'ombilic,  on  observe  les  filaments  ligamenteux  qui  s'éten- 
«icnt  \ers  l'ouraque,  les  artères  et  la  veine  ombilicales.  Ceux  qui  descendent 
adhèrent  en  haut  à  cette  partie  de  la  cicatrice  qui  était  formée  primitive- 
meut  par  le  faisceau  inférieur  de  l'anneau  ombilical.  Ceux  qui  montent 
idhiTont  aussi  à  ce  même  faisceau,  ou  plutôt  ils  se  continuent,  en  général , 
'i>er  les  filaments  descendants.  La  partie  supérieure  de  l'ombilic  reste  donc 
■ibre  de  toute  adhérence.  Chez  la  plupart  des  individus,  elle  est  creusée 
<1  une  dépression  infundibuliformc  signalée  par  M.  Richet.  Un  stylet  intro* 
diiit  dans  cette  dépression  glisse  obliquement  jusque  sous  la  peau ,  tantôt 
sans  rencontrer  aucune  difficulté,  le  plus  souvent  à  la  suite  de  quelques 
r'fTorls.  Cotte  partie  supérieure  ou  infundibuliformc,  qui  comprend  le  quart 
i*-  la  cicatrice,  en  représente  évidemment  le  point  le  plus  faible  ;  c'est  aussi 
tf\ui  par  lequel  les  viscères  s'échappent  le  plus  habituellement  dans  la 
hernie  ombilicale.  Hichter  et  Scarpa  n'étaient  donc  pas  autorisés  à  avancer 
qu'ils  sortent  par  les  orifices  situés  dans  le  voisinage  de  la  cicatrice.  Mais 
'c$  auteurs  qui  considèrent  cette  hernie  comme  ayant  constamment  pour 
»i«'^e  l'ancien  anneau  afi'aibli  et  dilaté  sont  certainement  trop  exclusifs.  Bien 
d>'  plus  fréquent  que  de  rencontrer  des  orifices,  et  même  des  orifices,  dans 
quelques  cas ,  assez  grands  autour  de  l'ombilic.  Or,  l'observation  démontre 
que,  sur  un  point  plus  élevé,  ceux-ci  peuvent  livrer  passage  à  l'épiploon  ou 
1  une  anse  intestinale.  Pourquoi  ces  mômes  orifices,  par  cela  seul  qu'ils  sont 
plus  rapprochés  de  la  cicatrice  ombilicale,  ne  pourraient-ils  pas  se  laisser 
dilater  et  traverser  aussi? 

Le  péritoine,  qui  répond  à  l'ombilic,  ne  lui  adhère  que  faiblement;  il  se 
dcplace  lorsque  les  viscères  se  creusent  une  voie  au  dehors. 

C.  Bégions  latérales  de  Vabdomen, 

Les  régions  latérales  de  l'abdomen  sont  essentiellement  musculaires. 
O'pendant  on  y  rencontre  aussi  des  aponévroses  d'insertion  et  des  aponé- 
vroses de  contention. 

* 

Les  trois  muscles  qui  les  composent  affectant  une  direction  difi'érente ,  ils 
^entrecroisent  et  se  prêtent  un  mutuel  appui.  Ces  muscles,  entièrement 
charnus  sur  les  côtés ,  deviennent  aponévrotiques  à  mesure  qu'ils  se  rap- 
pr^icheot  de  la  région  antérieure  et  se  superposent  alors  dans  un  ordre  tel 
que  les  régions  latérales,  au  niveau  de  leur  continuité  avec  la  région  anté- 
rieure, sont  formées  sur  tous  les  points  de  deux  plans  charnus  et  d'un  plan 
hbreui.  Le  grand  oblique,  charnu  en  haut,  est  aponévrotique  en  bas  ;  le 


2'|2 


MYOLO(ilK, 


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plus  rpaisse  en  bas,  la  région  aiilérieurc  rcvrt  la  figure  d'un  long  tii.itii:] 
isocclt'  dont  la  base  sY'lab'  sur  la  partie  antéru-inlV'i'iL'ure  du  lliorav  cA  .loui 
le  sonnnrl   Irunqué,  allaclié  au   bassin,  mesure  Tespaee  eompris  cntri'i-- 
deu\  ('[)ines  pubimnes.  IJle  ilillV-re  enrori'  de  la  poslérieuie  parla  grautii 
\ariabililc  de  ses  diniensions  longiludinak's  e(  trans\ersales;  lorsque  Ia«aM> 
alxlnrninab'  se  dilate,  cV'^l  à  ses  dépens  siirlunt  que  s'ateroissenl  ses  dhvi-. 
diamètres.  I>a  (b'slaiiee   qui  la  sé'pare  de   la  enlunne  lombaire  est  dunr  liv-- 
variabb'  aussi;  ebez  b-s  indisidns  .amaigris,  dunt  lalHlomen  est  ]dus  ou  in-iii; 
rentrant,  elle  s  en  éearte  de   l  ou  '2  eenlimelres  seulement,  en  sorte  qu'i: 
peut  lacib'îuent  sentir  les  (nilr^ations  de  laorlr'  en  la  déprimant.  <r!iezt»:i.\ 
dont  l'abdomen  nV'st  ni  saiUanl  ni  rentrant,  elle  ne  s  éloigne  eu  genrial.lu 
raebis,  que  de  o  à  G  eentimèlres. 

La  région  antérieure  de  labdomen  nous  oIVre  à  <'onsidérer  inie  partie  lai^r- 
raie,  qui  ki  eonslitue  essentiellement,  et  une  partie  médiane,  la  h(jne  hiin'h:. 

P  Vartie  latérale, 

l.lle  est  ret>résentée  prineij)alement  i)ar  le  muselé  droit  de  rabdom'"... 
dont  le  pyramidal  n'es!  (|u"une  dépendanee,  un  simple  luiseeaii  d<'  reiil-  r- 
eement.  Les  interseclions  érbelonnées  sur  son  trajet  pourraient  b'  lai:' 
eonsidérer  aussi  eonune  une  série  de  muscles  ajoutés  bout  à  b(»ut,  ^i  ellt: 
sï'tendaii'ul  à  louk*  son  ét»aiïseur.  Mais  nous  avons  \u  quelles  sont  limitée- 
à  sa  parlie  antérieure.  Il  suit  de  eetle  disposition  que  les  deux  Tnefs  •!'- 
nuise  le  uYdlrent  pas  le  même  aspi'ct,  et  que  toutes  ses  libres  n  (nit  j^as  U 
même  longueur;  les  antérieures,  entreeoui>ées  sur  deux  ou  trois  [^oint^  «li 
leur  Irajel,  sont  courtes;  les  postérieures,  libres  pour  la  plupart  de  lujlc 
intersection,  sont  au  conli'aire  tiès-longues. 

(.omme  les  mnsiles  de  la  région  lombaire,  le  muscle  droit  alTecte  uiu 
direttiou  longitudinale  et  se  lron\e  entouré  aussi  d  une  gaine  tibreu?»'. 
Mais  les  deux  [larois  de  (ctte  gaine  dillèrenl  très-notablement. 

Lapaioi  antérieure,  constituf'e  [)ar  les  libres  idjliquement  descendantes  di 
^;i  lame  suijerlieielle  et  les  libres  idjliqui'ment  ascendantes  de  sa  laoïe  pio- 
ron«le,  est  renlbrcée  dans  son  tiers  inkrienr  par  laponévrose  du  lrans\er*o. 
Ces  deux  lames  adbèrent  élroilement  lu  ne  à  lauln;  sur  la  [dus  giaril' 
[wuiie  de  leur  loiiiiueur,  et  raftpellent  ain>i  le  mode  de  constitution  de  lapi'- 
né\  ro.H'  loml»o-.-acrée  ;  mais  la  seconde,  et  par  lintermediaire  de  celle-ci  b 
jdus  su[terlicielle ,  adbèi'ent  en  outre  au  nniscle  sons-jaceni,  ou  du  mv-iu* 
à  ses  interjections,  disposition  propie  «à  celli'  région  et  san?  analogue  dm:' 
léconomie.  Plus  bas,  les  deux  Iame>  ne  sont  unies  que  [)ar  une  coii- li^' 
cellnleu.-e,  v\\  ^or(e  (]U  on  peut  les  seijarer  assez  l'acilement.  Cette  paroi  e^î 
remarquable  encore  par  les  nombreux  orilices  qu  idie  présente,  orili^e?  déc- 
lines au  jKissage  des  xaisseaux  et  nerls  qui  se  portent  vers  1  en\«-lof»p--' 
culan»M'.  Leur  <onlonr,  «irconscril  sur  deux  cotés  par  les  libres  ^enlle^  du 
gi'and  obliqua',  sur  les  deirv  autres  par  «elles  qui  dépendent  du  petit  oMi- 
(jiu',  est  irrégulièrement  quadrilalere.  Iom|)son  pensait  qn  il  pou\ait  m' 
modilier  sous  1  itilluence  de  la  eonlrartion  de  ces  muscles  en  s'alkmge.ei: 
dans  un  sens  et  se  rélreeis^anl  dans  le  sens  oppose;  mais  les  solides  adle.- 


REGION  ANTÉRO-LATÉRALE  DE  L'ABDOMEN.  2/i9 

I  peu  dans  l'épaisseur  de  ceux-ci  ;  puis  les  traversent  très-obliquement  en 
:  u^?ant  le  péritoine  devant  eux;  écartent  ensuite  les  fibres  de  l'aponévrose 
du  grand  oblique,  et  ne  tardent  pas  à  descendre  dans  les  bourses.  Vers  la 
'i(i  de  la  vie -fœtale,  et  souvent  encore  au  moment  de  la  naissance,  il  existe 
Jonc,  au-dessus  du  pli  de  Taine,  dans  l'épaisseur  des  parois  abdominales, 
:r*  véritable  canal,  à  parois  régulières  et  unies,  établissant  une  libre  com- 
:aunication  entre  la  cavité  des  bourses  et  la  cavité  péritonéale.  Ce  canal  est 
parcouru  de  bas  en  baut  et  de  dehors  en  dedans  par  le  conduit  excréteur  de 

II  glande  qui  se  coude  à  son  entrée  dans  l'abdomen,  afin  de  se  diriger  vers 
!  f  icavalion  du  bassin  et  se  rendre  à  la  vésicule  séminale  correspondante. 
.4utour  du  conduit  excréteur  se  groupent  les  divisions  vasculaires  et  ner- 
wij>es  destinées  au  testicule  ou  émanées  de  cet  organe.  Ainsi  unies  au  con- 
ijit  excréteur  ou  déférent,  celles-ci  forment  le  cordon  des  vaisseaux  sper- 
EDatiques,  cordon  qui  est  entouré  lui-même  de  tous  côtés  par  le  péritoine, 
ixiepté  en  bas,  où  la  séreuse,  après  l'avoir  contourné,  se  replie  pour  ratta- 
chera la  paroi  inférieure  du  canal  inguinal. 

Après  la  naissance,  la  partie  terminale  du  canal,  celle  qui  renferme  le 
['•^ticule  persiste  indéfiniment  et  prend  le  nom  de  tunique  vaginale.  Mais 
^ -ilt'  qui  surmonte  cet  organe  s'oblitère  avec  rapidité  sur  toute  sa  longueur 
[^  adhésion  de  ses  parois  à  la  périphérie  du  cordon. 

Uix  canal  si  complet  et  si  régulier  qui  avait  livré  passage  chez  le  fœtus  à 
la  glaode  séaiinale  et  à  son  pédicule ,  il  ne  reste  donc  plus  chez  l'adulte 

i'un  vestige  :  du  côté  de  l'abdomen,  une  dépression  appelée  fossette  ingui- 
'^.ffxtnne;  du  cùté  des  téguments,  l'orifice  ovalaire  dû  à  l'écartemcnt  des 
il'Tvi  aponévrotiques  du  grand  oblique;  et  dans  l'intervalle  qui  s'étend  de  la 
.>'prt*d<ioa  à  cet  orifice,  le  cordon  des  vaisseaux  spermatiques  dans  un  sexe, 
r  ijjçament  rond  dans  Tautre,  cheminant  dans  l'épaisseur  de  la  paroi  abdo- 
rjQale,  à  peu  près  comme  les  vaisseaux  et  les  nerfs  cheminent  au  milieu 
.'^  mandes  musculaires,  adhérant  de  toutes  parts' aux  parties  qu'ils  traver- 
sent et  comme  ensevelis  au  sein  de  celles-ci.  Telles  sont  les  modifications 

rtifondes  que  subit  le  canal  inguinal  vers  la  fin  de  la  grossesse  ;  tel  est  l'as- 
-cl  sous  lequel  il  se  piésente  à  nous  chez  l'enfant,  l'adulte  et  le  vieillard. 
'w::si  modifié,  oblitéré  dans  toute  son  étendue^  il  ne  mérite  plus  le  nom  de 
inal.  (^pendant,  comme  les  parties  qui  traversaient  ce  canal  sont  restées 

.  place;  comme  celles  qui  formaient  ses  parois  se  laissent  facilement  écarter 
»4r  le»  viscères  lorsque  ceux-ci  tendent  à  s'échapper  de  l'abdomen;  coaune 
;  V  reconstitue  alors  de  toutes  pièces  sous  l'empire  de  conditions  très- 

aidgues  à  celles  qui  avaient  présidé  à  sa  formation  ;  comme  il  oiTre  enfin 

i  |H)int  de  vue  chirurgical  une  extrême  importance,  on  peut  continuer  à 

i<*<.rire  sous  ce  nom,  l'existence  toute  de  convention  qu'on  lui  attribue 

rmettant  de  mieux  déterminer  la  disposition  des  parties  qui  le  formaient 
'jnitivemeDt  et  qui  le  formeront  s'il  est  appelé  à  se  reproduire.  Nous  allons 

'.•  étudier  sa  direction  et  ses  dimensions,  ses  parois  et  ses  orifices. 

U  canal  inguinal  se  dirige  de  haut  en  bas,  de  dehors  en  dedans  et  d'arrière 
'  avanl.  Il  s'élève  à  son  point  de  départ  d  15  millimètres  au-dessus  de  la 
.rtie  moyenne  de  l'arcade  crurale ,  et  repose  par  sa  partie  terminale  sur 


250 


IIYOLOGIE. 


cette  arcade,  avec  laquelle  il  forme  par  conséquent  un  angle  dont  1  ou^<^ 
ture  regarde  en  haut  et  en  arrière.  Sa  longueur  moyenne,  mesurt*o  dt  \\ 
partie  interne  de  l'orifice  supérieur  à  la  partie  externe  de  lorifict'  ;  • 
rieur,  est  de  28  à  30  millimètres;  et  du  centre  du  premier  au  centi*^  cl 
second  de  35  à  UO,  Elle  ne  diiïère  pas  sensiblement  d'un  &exe  à  l  autre.  - 
La  plupart  des  auteurs  lui  assignent  quatre  parois,  distinguées  en  antériru.'y 
et  postérieure,  inférieure  et  supérieure. 

La  paroi  antérieure  est  constituée  par  l'aponévrose  du  muscle  grand  oV  - 
que,  doublée  en  arrière  par  la  mince  lamelle  fibreuse  qui  recouvre  la  h.  * 
externe  du  petit  oblique,  et  par  les  fibres  les  plus  inférieures  de  ce  mu^'y. 

La  paroi  postérieure  est  formée  par  le  fascia  transversal is,  c'esl-i-din-  :^' 
l'extrémité  inférieure  de  la  lame  fibreuse  qui  revOt  la  face  interne  dum:- 
transverse.  Sa  densité  varie  beaucoup  ;  souvent  il  ne  diffère  pas  sous  ce  n;- 
port  de  l'aponévrose  dont  il  fait  partie  ;  en  général  cependant  il  est  un  ;-. 
plus  épais  et  plus  résistant  que  celle-ci,  et  le  devient  d'autant  plus.qu  u^  " 
rapproche  plus  de  son  bord  inférieur. 

Ce  bord  inférieur  s'attache  par  sa  moitié  externe  à  la  bandelette  i . - 
inguinale  ou  partie  profonde  de  l'arcade  crurale.  En  dedans,  il  recou>r  - 
ligament  de  Gimbernat  auquel  il  adhère,  mais  dont  on  peut  très-facilem' 
le  détacher  à  l'aide  de  la  dissection  ou  par  voie  de  simple  décollemen!.  ' 
vient  ensuite  se  fixer,  comme  celui-ci,  à  toute  l'étendue  de  la  crête  [>< 
néale  ou  plutôt  à  l'épaisse  bandelette  fibreuse  qui  en  triple  la  hauteur  n< 
partie  moyenne,  selon  l'opinion  à  peu  près  unanime  des  auteurs,  so  n^*     *- 
berait  en  avant  pour  s'unir  à  l'arcade  crurale  et  former  avec  celle^i  r. 
gouttière  à  concavité  supérieure.  Selon  Tompson,  elle  se  prolonge  au-dt*^- 
de  l'arcade  pour  constituer  la  paroi  antérieure  de  l'infundibulum  qui  t  - 
toure  sur  ce  point  les  vaisseaux  fémoraux.  La  disposition  signalée  y^  ' 
anatomiste  est  réelle.  Mais,  d'un  autre  côté,  il  est  évident  aussi  qu'en  p2>- 
au-dessous  du  ligament  de  Fallope,  le  fascia  s'unit  à  celui-ci.  Les  deux  ; 
nions,  qui  semblaient  contradictoires,  sont  donc  fondées  l'une  et  1  aj'^ 
elles  se  concilient  parfaitement. 

Le  bord  interne  du  fascia  transversalis  se  dédouble;  par  un  mince  fe  : 
il  se  prolonge  au-devant  du  tendon  du  muscle  droit,  jusqu'au  bord  super    * 
du  ligament  de  Colles  ;  par  un  antre  feuillet  très-mince  aussi,  il  pA'>t 
arrière  du  muscle,  sur  lequel  il  dégénère  bientôt  en  une  simple  U:i^ 
celluleuse.  En  haut,  le  même  bord  s'unit  aux  fibres  aponévrotiques  1^5  j  .• 
inférieures  des  muscles  petit  oblique  et  transverse. 

Le  fascia  transversalis  se  compose  de  fibres  entrecroisées  et  diri^:»  i* 
sens  divers,  qu'on  peut  rattacher  cependant  à  deux  groupes  principaux  :  '  * 
unes  suivent  une  direction  verticale,  les  autres  une  direction  trmns\'.r>^ 
Les  premières  occupent  surtout  le  tiers  interne  de  la  lame  fibreux*;  :    < 
longent  le  tendon  du  muscle  droit,  recouvrent  le  ligament  de  Gimbrna 
viennent  s'insérer  à  la  crête  pectinéale.  Les  fibres  transversales  se  x^trat  > 
le  bord  inférieur  du  fascia  et  sur  la  paroi  antérieure  de  l'infundibulum  u  • 
vaisseaux  fémoraux.  Elles  se  portent  de  la  crête  pectinéale  ven  lapoQi \r -^ 
qui  recouvre  les  muscles  psoas  et  iliaque.  Cette  crête  est  donc  k  cci  tr^ 


RÉGION  ANTÉRO-LATÉRALE  DE  L'ABDOMEN.  251 

d'irradiation  de  la  plupart  des  fibres  du  fascia  transversalis  ;  ainsi  s'explique 
la  densité  et  la  résistance  croissantes  de  celui-ci  à  mesure  qu'on  se  rapproche 
de  son  bord  inférieur  :  disposition  qui  lui  permet  de  supporter  la  pression 
de  plus  en  plus  grande  aussi  des  viscères. 

U  fascia  adhère  en  avant  aux  fibres  les  plus  inférieures  du  transverse,  et 
dans  le  reste  de  son  étendue  au  cordon  des  vaisseaux  spermatiques  ou  au 
ligament  rond.  En  arrière,  il  est  en  rapport  avec  l'artère  épigastrique ,  les 
deux  reines  qui  l'accompagnent,  et  une  couche  cellulo-graisseuse  décrite 
par  quelques  auteurs  sous  le  nom  de  fiucia  propr ta,  et  considérée  par  d'autres, 
oui?  abusivement,  comme  un  second  fascia  transversalis.  Au  delà  de  cette 
iiMjche  on  ne  trouve  plus  que  le  péritoine. 

Lorsqu'on  procède  à  l'étude  du  canal  inguinal  par  sa  partie  postérieure, 
irQ  observe,  avant  toute  dissection,  deux  reliefs  longitudinaux,  dont  l'un ,  à 
peine  accusé ,  est  dû  aux  vaisseaux  épigastriques,  et  l'autre,  relativement 
:rts-saUlant ,  au  cordon  des  artères  ombilicales.  Immédiatement  en  dehors 
des  vaisseaux  épigastriques  se  présente  une  dépression  :  c'est  la  fossette 
in/uinaie  externe  qui  correspond  à  l'orifice  supérieur  ou  à  l'entrée  du  canal 
/.«ruinai.  En  dehors  du  repli  péritonéal  entourant  le  cordon  des  artères  om- 
bilicales, on  voit  une  seconde  dépression  :  c'est  la  fossette  inguinale  interne^ 
vtuée  directement  en  arrière  de  l'anneau  inguinal  inférieur.  Sur  le  côté 
rMme  du  même  repli  existe  une  troisième  dépression,  qui  a  reçu  le  nom 
6*  fossette  visico-pubienne  y  et  qui  se  dirige  aussi  vers  cet  anneau,  mais  très*- 
bliquement. 

l^  paroi  inférieure  du  canal  inguinal  offre  la  forme  d'une  gouttière  qui 
recompose  de  deux  moitiés  très-distinctes.  La  moitié  antérieure,  opaque, 
fibreuse ,  très-épaisse ,  est  constituée  par  les  fibres  les  plus  inférieures  de 
1  aponévrose  du  grand  oblique  qui  se  contournent  en  demi-spirale  pour  se 
tvndre  àla  crête  pectinéale.  La  moitié  postérieure,  transparente,  très-mince, 
1  aspect  homogène ,  dépend  de  cette  partie  du  fascia  transversalis  qui  se 
(intoume  aussi  pour  descendre  au  devant  des  vaisseaux  fémoraux.  Les  parois 
utérieore  et  postérieure  du  canal  se  comportent  donc  en  bas  de  la  même 
manière  ;  l'une  et  l'autre  tendent  à  s'enrouler  ;  seulement  elles  s'enroulent  en 
!«tts  inverse,  d'où  il  suit  qu'elles  se  rencontrent  presque  aussitôt  et  se  croi- 
sât. La  paroi  antérieure  s'arrête  alors  en  se  terminant  par  un  l>ord  très-net, 
*aadi»  que  la  paroi  postérieure ,  après  s'être  unie  à  ce  bord ,  poursuit  son 
trajet  descendant.  La  gouttière  formée  par  la  soudure  des  deux  parois  est  eu 
ripport  en  haut  avec  les  vaisseaux  spermatiques,  et  chez  la  femme  avec  le 
i;^ament  rond,  qui  lui  adhèrent  par  un  tissu  cellulaire  assez  lâche. 

U  paroi  supérieure  était  représentée  autrefois,  pour  la  plupart  des  auteurs, 
par  le  bord  inférieur  des  muscles  petit  oblique  et  transverse.  On  pensait 
aussi  que  leurs  fibres  les  plus  déclives,  comme  entraînées  par  le  cordon, 
{««aidaient  des  courbes  à  convexité  descendante,  et  que  ces  courbes  ou  ces 
anses  musculaires  se  prolongeaient  par  leur  partie  moyenne  Jusque  sur  le 
testicule  pour  former  le  crémaater.  Mais  des  études  plus  complètes  sont  venues 
i^monlrer  que  le  bord  inférieur  du  petit  oblique  descend  au  devant  du 
.'jrdon  et  le  couvre  en  grande  partie*  sans  franchir  Jamais  la  limite  du 


252 


MYOLOGIE. 


canal  ;  que  le  transverse  descend  sur  sa  partie  postérieure  ;  qu'il  e\iMr  r  v 
stamment  aussi  un  petit  groupe  de  fibres  musculaires  au-dessous  de  m  pu: 
inférieure;  que  ces  dernières  seules  l'accompagnent  et  seules  forror-/  .' 
crémastcr.  Ainsi  les  muscles  ne  répondent  pas  seulement  à  la  partie  ^;;>' 
ricure  du  cordon  ou  du  ligament  rond  ;  ils  les  entourent  l'un  et  Tautre  i  :  . 
près  complètement,  au  moins  sur  la  moitié  externe  du  canal,  en  adh^-- 
à  toute  leur  périphérie;  ce  n'est  qu'au  voisinage  de  son  orifice  inférieur  r 
l66  parties  contenues  s'isolent  réellement  :  une  gatne  musculaire  r^.- 
contenue  dans  une  gouttière  fibreuse  plus  longue,  telle  est  en  résuma  i  .:- 
la  plus  générale  et  la  plus  vraie  qu'on  puisse  donner  du  mode  de  codsLi!  / 
du  canal  inguinal.  On  peut  cependant  lui  considérer  une  paroi  supén--  - 
mais  il  faut  reconnaître  alors  qu'elle  n'est  pas  formée  par  le  bord  iiif*  :.  - 
des  muscles  petit  oblique  et  transverse;  elle  est  formée  par  des  fibr^  il..- 
culaires  plus  élevées. 

Les  orifices  du  canal  inguinal  ont  été  distingués  en  inférieur  et  sup^n 
L'inférieur,  ou  sous-cutané,  de  figure  ovalaire,  est  constitué  par  récarlfn 
des  fibres  oponévrotiques  du  grand  oblique;  il  a  été  précédemment  dcr. 

Le  supérieur,  ou  orifice  abdominal,  situé  en  général  à  12  ou  15  milhm'  " 
au-dessus  de  la  partie  moyenne  de  l'arcade  crurale,  répond  à  la  f*--- 
inguinale  externe.  Il  est  plus  petit  que  le  précédent,  moins  réguli«T»'ii. 
limité,  et  à  peu  près  demi-circulaire,  en  sorte  qu'on  a  pu  lui  coi.m  :  * 
aussi  deux  bords. — Le  bord  interne  décrit  une  courbure  très-pron<inc<^»   : 
la  concavilé  regarde  en   haut  et  en  dehors.  C'est  sur  ce  bord  que    r»-    - 
l'artère  épigastriquc  ;  lorsque  les  viscères  s'engagent  dans  le  canal  in;:^    .. 
elle  répond  donc  constamment  à  leur  côté  interne,  d'où  le  pnft:t>^«!r 
débrider  du  côté  opposé.— Le  bord  externe  varie  un  peu  selon  le»  indiM  .  .< 
mais  il  varie  surtout  selon  les  tractions  que  l'on  fait  subir  à  la  paroi  .. 
miuale.  Lorsqu'on  a  soin  d'éviter  toute  espèce  de  tiraillement  et  de  d 
cernent,  il  est  rectiligne,  vertical,  à  peine   accusé  du  reste.  Si  p«>^r    - 
mieux  observer  on  étale  la  paroi  abdominale,  les  deux  extrémités  du  : 
interne  s'allongent  et  le  bord  externe  se  creuse  en  gouttière.  ~  L'orifiof  ^v. 
rieur  du  canal  inguinal  est  circonscrit  pas  le  fascia  transversalis  q^.  - 
déprime  pour  pénétrer  dans  le  canal  et  qui  afl'ecle  très-manife«t«:m.  . 
l'entrée  de  celui-ci,  une  disposition  infundibuliforme.  Au  delà  du  !•. 
fibreux  de  l'orifice  on  >oit  la  couche  celluleuse  sous-pérituneale ,  t'   * 
profondément  le  péritoine,  qui  l'un  et  l'autre  se  dépriment  au»M,  li    ~    ^ 
fossette  inguinale  externe,  située  immédiatement  eu  dehors  des  %4i2><  — 
épigas  triques. 

2*  Anneau  crural. 


En  s'attachant  aux  deux  extrémités  du  bord  antérieur  de  lot  iliaque,  i 
cade  crurale  limite  avec  ce  bord  un  grand  espace  demi-circulaire  par  '.-■ 
toutes  les  parties  molles  de  la  fosse  iliaque  passent  de  l'abdomen  d^:^ 
membre  inférieur.  L'aponévrose  qui  recouvre  les  deux  muscles  dt  (• 
région  ou  le  fascia  iliaca,  fixée  en  dehors  à  la  crête  iliaque ,  en  dedn 
détroit  supérieur  du  bassin  et  à  l'éminence  ilio-pectinée,  subdi\tse  cti 


▲ .  - 


i9     A 


RÉGION  ANTERO-LATÉRÀLE  DE  L'ABDOMEN.  247 

Dans  Tâge  adulte,  la  cicatrice  ombilicale  répond  quelquefois  à  la  partie 
mojenne  de  la  ligne  blanche.  Mais,  en  général,  elle  est  située  à  6,  8,  10  ou 
13  millimètres  au-dessous  ;  on  la  voit  rarement  s'abaisser  davantage.  Sa 
partie  antérieure  est  d'autant  plus  déprimée,  que  la  couche  cellulo«adipeuse 
.ous-cutanée  est  plus  épaisse.  Chez  les  individus  très-maigres,  elle  reste  au 
niveau  des  téguments;  elle  peut  môme  faire  une  légère  saillie.  Lorsqu'on 
(  nlève  la  peau  et  la  couche  adipeuse  environnante,  on  remarque  que  la 
cicatrice  se  continue  et  se  confond  graduellement  sur  sa  circonférence  avec 
les  deux  lames  du  fascia  super ficialis. 

Kn  arrière  de  l'ombilic,  on  observe  les  filaments  ligamenteux  qui  s'éten- 
Jt-nl  vers  Touraque,  les  artères  et  la  veine  ombilicales.  Ceux  qui  descendent 
.idhèrent  en  haut  à  cette  partie  de  la  cicatrice  qui  était  formée  primitive- 
ment par  le  faisceau  inférieur  de  l'anneau  ombilical.  Ceux  qui  montent 
adhèrent  aussi  à  ce  même  faisceau,  ou  plutôt  ils  se  continuent,  en  général, 
a\ec  les  filaments  descendants.  La  partie  supérieure  de  l'ombilic  reste  donc 
libre  de  toute  adhérence.  Chez  la  plupart  des  individus,  elle  est  creusée 
d  une  dépression  infundibuliforme  signalée  par  M.  Richet.  Un  stylet  intro- 
liiiit  dans  cette  dépression  glisse  obliquement  jusque  sous  la  peau ,  tantôt 
^ns  rencontrer  aucune  difficulté,  le  plus  souvent  à  la  suite  de  quelques 
(•(Torts.  Cette  partie  supérieure  ou  infundibuliforme,  qui  comprend  le  quart 
do  la  cicatrice,  en  représente  évidemment  le  point  le  plus  faible;  c'est  aussi 
celui  par  lequel  les  viscères  s'échappent  le  plus  habituellement  dans  la 
hernie  ombilicale.  Uichter  et  Scarpa  n'étaient  donc  pas  autorisés  à  avancer 
qu'ils  sortent  par  les  orifices  situés  dans  le  voisinage  de  la  cicatrice.  Mais 
\'5  auteurs  qui  considèrent  cette  hernie  comme  ayant  constamment  pour 
Mége  l'ancien  anneau  affaibli  et  dilaté  sont  certainement  trop  exclusifs.  Rien 
de  plus  fréquent  que  de  rencontrer  des  orifices,  et  même  des  orifices,  dans 
quelques  cas ,  assez  grands  autour  de  l'ombilic.  Or,  l'observation  démontre 
que,  sur  un  point  plus  élevé,  ceux-ci  peuvent  livrer  passage  à  l'épiploon  ou 
a  une  anse  intestinale.  Pourquoi  ces  mômes  orifices,  par  cela  seul  qu'ils  sont 
plus  rapprochés  de  la  cicatrice  ombilicale,  ne  pourraient-ils  pas  se  laisser 
dilater  et  traverser  aussi?  ^ 

Le  péritoine,  qui  répond  à  l'ombilic,  ne  lui  adhère  que  faiblement;  il  se 
déplace  lorsque  les  viscères  se  creusent  une  voie  au  dehors. 

C.  Bégions  latérales  de  Vabdomen. 

Les  régions  latérales  de  l'abdomen  sont  essentiellement  musculaires. 
Cependant  on  y  rencontre  aussi  des  aponévroses  d'insertion  et  des  aponé- 
vroses de  contention. 

Les  trois  muscles  qui  les  composent  afi'ectant  une  direction  différente ,  ils 
s'entrecroisent  et  se  prêtent  un  mutuel  appui.  Ces  muscles,  entièrement 
charnus  sur  les  côtés,  deviennent  aponévrotiques  à  mesure  qu'ils  se  rap- 
prochent de  la  région  antérieure  et  se  superposent  alors  dans  un  ordre  tel 
que  les  régions  latérales,  au  niveau  de  leur  continuité  avec  la  région  anté- 
neure,  sont  formées  sur  tous  les  points  de  deux  plans  charnus  et  d'un  plan 
fibreux.  Le  grand  oblique,  charnu  en  haut,  est  aponévrotique  en  bas  ;  le 


SAS  MYOLOGIE. 

petit  oblique  au  contraire  eil  charnu  en  bas  et  aponévrotlque  en  liaui.  't. 
lorte  qu'il  consolide  inrdrieurcmeDt  la  portion  fibreuse  du  premier  ri  ^ 
Irotive doublé siipériciiremeul  parlaporlioncharnuedecelui-ci.l«mi))>frv 
est  charDu  en  haut  cl  en  bas,  aponévrotique  dans  sa  partie  moTeant-.  I» 
cette  disposition  inverse  des  parties  fibreuses  et  musculaires  découlent  pVi- 
sieurs  avantages  :  uno  transition  presque  insensible  des  région*  Utértl"  i 
la  région  antérieure,  une  épaisseur  plus  égale  des  parois  de  l'abdomeo.  ': 
pour  ces  parois  une  résistance  plus  uniforme. 

Les  aponévroses  de  contention  acquièrent  dans  cette  région  une  eiinn>r 
minceur,  mais  conservent  néanmoins  une  remarquable  réEislaace. Cbi<;  - 
muscle  est  doublé  di'  deux  lames  fibreuses  qui  lui  adhérent  de  la  mani -:v 
la  plus  intime.  De  ces  ieu\  lames,  l'externe  est  la  plus  dense;  l'iaterne  •-'' 
notablement  plus  mrnce  et  plus  faible  ;  cependant  on  peut  facif  emenl  i -c. 
slater  son  existence.  Lune  et  l'autre  diminuent  du  reste  d'épaiss«ur  et  1- 
dcnsité,  en  passant  du  muscle  le  plut  superficiel  au  plus  profond.  Enln  '.- 
grand  et  le  petit  oblique  d'une  part,  le  petit  oblique  et  le  Iransvetie  de  1  *-■ 
Ire,  il  existe  donc  deux  lames  fibreuses  unies  entre  elles  par  une  cum  :.' 
de  tisju  conjonclif  dans  laquelle  cheminent  des  vaisscaui  et  des  nerb.  u- 
tames  sont  moins  réaistautes  en  arrière-  En  avant,  toutes  vienoeol  St'  trv 
miter  sur  l'aponévrose  du  muscle  correspondant  au  niveau  de  ton  on- 
gine. 

Celle  qui  recouvre  la  face  externe  du  grand  oblique  le  dédouble  pour  ^ 
continuer  a\ec  son  aponévrose  et  se  prolonger  en  partie  sur  la  bce  aii:- 
rieure  de  celle-ci,  dont  elle  relie  entre  eux  les  faisceaux  fibreux,  de  i&'cy- 
que  sur  le  muscle  elle  relie  les  uns  aux  autres  les  faisceau»  musculaire;. 

{'.elle  qui  répond  A  la  fbie  externe  du  petit  oblique  se  fixe  en  bu  au  U r-i 
antérieur  de  l'arcade  crurale. 

Les  deux  lames  inlermédiaircs  au  petit  oblique  et  au  tranavene  devi':;- 
nent  plus  faibles  inférieurement,  se  confondent,  et  unissent  cet  mu»  • - 
qu'elles  attachent  aussi  à  l'arcade  crurale. 

La  lame  située  sur  la  face  interne  du  transverse  se  condense  au  coairi.rr 
daiu  sa  portion  inférieure  :  c'est  A  celte  partie  inférieure  plus  réai>l4a:r , 
otlranl  les  caractères  d'une  véritable  aponévrose,  qu'on  a  donné  le  nom  ct 
fascia  trantvtrtalii. 

I.es  paruii  latérales  de  l'abdomen  sont  traversées  dans  leur  partie  i::V 
rieui«  uu  inguinale  par  le  cordon  des  vaisseaux  spermatiques  chez  l'Iiomi:''. 
par  le  ligament  rond  cbei  la  femme,  qui  se  creusent  dans  leur  époi*.-?.: 
une  sorte  de  canal.  Toutes  les  parties  qui  conliibuent  A  former  le  ci:  t. 
inguinal  et  l'anneau  crural  nous  sont  actuellement  connues.  Il  nous  tviit  i 
étudier  cornaient  elles  te  disposent  pour  les  coottituer  l'un  et  l'autre. 

1'  Canal  inguinal. 

Dans  les  deux  derniers  mois  de  la  grossesse,  les  testicules,  qui  Juiqu  al-  -> 
étaient  rcelés  dans  l'abdomen,  tendent  A  franchir  l'enceinte  de  celte  r>t,:- 
Situéi  au-dessus  du  pli  de  l'aine,  ils  s'appliquent  au  fascia  Iranstersahi  t^  - 
la  partie  inférieure  des  muscles  Iransvcrse  cl  petit  oblique:  t'engageai  pc  : 


RÉGION  ANTÉRO-LATÉRALE  DE  L'ABDOMEN.  249 

.1  peu  dans  l'épaisseur  de  ceux-ci  ;  puis  les  traversent  très-obliquement  en 
\n  u>«ant  le  péritoine  devant  eux;  écartent  ensuite  les  fibres  de  l'aponévrose 
du  grand  oblique,  et  ne  tardent  pas  à  descendre  dans  les  bourses.  Vers  la 
fin  de  la  vie -fœtale,  et  souvent  encore  au  moment  de  la  naissance,  il  existe 
■i<>:ic,  au-dessus  du  pli  de  Taine,  dans  l'épaisseur  des  parois  abdominales, 
;:n  véritable  canal,  à  parois  régulières  et  unies,  établissant  une  libre  com- 
munication entre  la  cavité  des  bourses  et  la  cavité  péritonéale.  Ce  canal  est 
jiarcoaru  de  bas  en  haut  et  de  dehors  en  dedans  par  le  conduit  excréteur  de 
U  glande  qui  se  coude  à  son  entrée  dans  l'abdomen,  afin  de  se  diriger  vers 
i  i*\cavatioa  du  bassin  et  se  rendre  à  la  vésicule  séminale  correspondante. 
Autour  du  conduit  excréteur  se  groupent  les  divisions  vasculaires  et  ner- 
>eu«es  destinées  au  testicule  ou  émanées  de  cet  organe.  Ainsi  unies  au  con- 
duit excréteur  ou  déférent,  celles-ci  forment  le  cordon  des  vaisseaux  sper- 
matiques,  cordon  qui  est  entouré  lui-même  de  tous  côtés  par  le  péritoine, 
«xcepté  en  bas,  où  la  séreuse,  après  l'avoir  contourné,  se  replie  pour  Tatta- 
iLerà  la  paroi  inférieure  du  canal  inguinal. 

Après  la  naissance,  la  partie  terminale  du  canal,  celle  qui  renferme  le 
i'Miculc  persiste  indéfiniment  et  prend  le  nom  de  tunique  vaginale.  Mais 
irll«>  qui  surmonte  cet  organe  s'oblitère  avec  rapidité  sur  toute  sa  longueur 
par  adhésion  de  ses  parois  à  la  périphérie  du  cordon. 

Du  canal  si  complet  et  si  régulier  qui  avait  livré  passage  chez  le  fœtus  à 
U  K'iande  séoiinale  et  à  son  pédicule ,  il  ne  reste  donc  plus  chez  l'adulte 
;j'un  vestige  :  du  côté  de  l'abdomen,  une  dépression  appelée  fossette  ingui- 
'*>i^ externe;  du  côté  des  téguments,  l'orifice  ovalaire  dû  à  l'écartemcnt  des 
'  '  rt'>  apouévrotiques  du  grand  oblique;  et  dans  l'intervalle  qui  s'étend  de  la 
.  [irt'âsioD  à  cet  orifice,  le  cordon  des  vaisseaux  spermatiques  dans  un  sexe, 
It'  Ijeament  rond  dans  Tautre,  cheminant  dans  l'épaisseur  de  la  paroi  abdo- 
saioale,  à  peu  près  comme  les  vaisseaux  et  les  nerfs  cheminent  au  milieu 
.''i  masses  musculaires,  adhérant  de  toutes  parts*aux  parties  qu'ils  traver- 
^.nt  et  comme  ensevelis  au  sein  de  celles-ci.  Telles  sont  les  modifications 
;  r^fiindes  que  subit  le  canal  inguinal  vers  la  fin  de  la  grossesse  ;  tel  est  l'as- 
:*'k{  sous  lequel  il  se  piésente  à  nous  chez  l'enfant,  l'adulte  et  le  vieillard. 
yiiii  modifié,  oblitéré  dans  toute  son  étendue^  il  ne  mérite  plus  le  nom  de 
iDal.  Cependant,  comme  les  parties  qui  traversaient  ce  canal  sont  restées 
•  •  place;  coaune  celles  qui  formaient  ses  parois  se  laissent  facilement  écarter 
;Kir  les  viscères  lorsque  ceux-ci  tendent  à  s'échapper  de  l'abdomen;  coaune 
.>  V  reconstitue  alors  de  toutes  pièces  sous  l'empire  de  conditions  très- 
.  .a.ogues  à  celles  qui  avaient  présidé  à  sa  formation;  comme  il  offre  enfin 
li  point  de  vue  chirurgical  une  extrême  importance,  on  peut  continuer  à 
•décrire  sous  ce  nom,  l'existence  toute  de  convention  qu'on  lui  attribue 
.■•^rmettant  de  mieux  déterminer  la  disposition  des  parties  qui  le  formaient 
;rjniti\emeDt  et  qui  le  formeront  s'il  est  appelé  d  se  reproduire.  Nous  allons 
-  'i(.  étudier  sa  direction  et  ses  dimensions,  ses  parois  et  ses  orifices. 

U  canal  inguinal  se  dirige  de  haut  en  bas,  de  dehors  en  dedans  et  d'arrière 
:i  avant.  Il  s'élève  à  son  point  de  départ  à  15  millimètres  au-dessus  de  la 
.:tie  moyenne  de  l'arcade  crurale ,  et  repose  par  sa  partie  terminale  sur 


2A8 


HYOLOGIE. 


F 


petil  oblique  au  contraire  est  cbftTDU  eu  bas  et  apontfvroliqoe  en  haut,  n 
sorte  qu'il  consolide  inKrieiirement  la  portion  flbreute  au  premier  r\  f 
Iroiivc  doublé  Riipéricitremcnt  parlaportioncbaruuedeceluici.l.elrantirrv 
est  charnu  eQ  haut  et  en  bas,  aponévrolique  dam  m  partie  moTeuDe.  l^f 
cette  disposition  inverse  des  parties  fibreuses  cl  musculaires  découlent  i-h- 
eieurs  avantages  :  une  transition  presque  insensible  des  régions  latéralr-  « 
la  région  antérieure,  une  épaisseur  plus  égale  des  parois  de  l'abdomen,  t'. 
pour  ces  parois  une  résittance  plus  uniforme. 

Les  aponévroses  de  contention  acquièrent  dans  celte  région  une  eilriiur 
minceur,  mais  conservent  néanmoins  une  remarquable  résistance. Cht(;-r 
muscle  est  doublé  de  deui  lames  fibreuses  qui  lui  adhèrent  de  ta  nuai-rt 
la  plus  intime.  De  ces  deux  lames,  l'exlerne  est  la  plus  dense  ;  l'inlcrm^  ■-■ 
notablement  plus  mmce  et  plus  Taible  ;  cependant  on  peut  facilement  et 
Btater  son  eiistence.  L'une  et  l'autre  diminuent  du  reste  d'épaisseur  n  '!• 
densité,  eu  passant  du  muscle  le  plus  superficiel  au  plus  profond.  Entrr  1^ 
grand  et  le  petit  oblique  d'une  part,  le  petit  oblique  et  le  transverse  de  1 1^- 
tre,  il  eiistc  donc  deux  lames  Sbreuses  unies  entre  elles  par  une  coimv 
de  tisâu  conjonclif  dans  laquelle  cheminent  des  vaisseaux  et  des  nerb.  L« 
lamos  sont  moins  résistantes  en  arrière-  En  avant,  toutes  viennent  se  l^^ 
mii:cr  sur  l'aponévrose  du  muscle  correspondant  au  niveau  de  Mm  on- 
gine. 

Celle  qui  recouvre  la  face  citerne  du  grand  oblique  se  dédouble  pour  tf 
continuer  a\ec  son  aponévrose  et  se  prolonger  en  partie  sur  la  Ikce  au!i- 
rieure  de  celle-ci,  dont  elle  relie  entre  eux  les  faisceaux  fibreux,  de  tcto- 
que  sur  le  muscle  elle  relie  les  uns  eux  autres  les  faisceaux  muiculairvi. 

Celle  qui  répond  à  la  face  externe  du  petit  oblique  ee  Bxe  en  bas  au  U  H 
antérieur  de  l'arcade  crurale. 

Led  dcu^  lames  intermédiaires  au  petit  oblique  et  au  Iranirerse  devit  :>■ 
nent  plus  faibles  inféricuremcot,  se  confondent,  et  unissent  cet  tDus<  '  - 
qu'elles  attachent  aussi  à  l'arcade  crurale. 

La  lame  située  sur  la  face  interne  du  transverse  se  condense  au  contri..T 
dans  sa  portion  inférieure  :  c'est  à  celte  partie  inTérieure  plus  réûitan  , 
offrant  lus  caractères  d'une  véritable  aponévrose,  qu'on  a  donné  le  Dutn  £: 
fiucia  traruverMiii. 

l.ei  parois  latérales  de  l'abdomen  sont  traversées  dans  leur  partie  ■:  c- 
rieure  ou  inguinale  par  le  cordon  des  vaisseaux  spermatiguescbei  Ibomm-. 
par  le  ligament  rond  chez  la  femme,  qui  se  creusent  dans  leur  épaiiTT-.r 
une  sorte  de  canal.  Toutes  les  parties  qui  contiibuenl  à  former  le  c.\..t. 
inguinal  et  l'anneau  crural  nous  sont  actuellement  connues.  Il  nous  n^tc  > 
étudier  comment  elles  se  disposent  pour  les  constituer  l'un  et  l'autre. 

1*  Canal  inguinal. 

Dans  les  deux  derniers  mois  de  la  grossesse,  les  testicules,  qui  jusqu  t.  -> 
étaient  restés  dans  l'abdomen,  tendent  A  franchir  l'enceinte  de  cette  ni.'  - 
Situés  an-dessus  du  pli  de  l'aine,  ils  s'appliquent  au  fascia  transienali:  •-'  > 
la  partie  inférieure  des  muscles  transverte  et  petit  oblique:  s'engageât  p^-- 


RÉGION  ANTÉRO-LATERALE  DE  L'ABDOMEN.  2û9 

d  peu  dans  l'épaisseur  de  ceux-ci  ;  puis  les  traversent  très-obliquement  en 
poussant  le  péritoine  devant  eux;  écartent  ensuite  les  fibres  de  l'aponévrose 
dj  grand  oblique,  et  ne  tardent  pas  à  descendre  dans  les  bourses.  Vers  la 
!in  de  la  vie -fœtale,  et  souvent  encore  au  moment  de  la  naissance,  il  existe 
dune,  au-dessus  du  pli  de  Taine,  dans  l'épaisseur  des  parois  abdominales, 
un  rentable  canal,  à  parois  régulières  et  unies,  établissant  une  libre  com- 
munication entre  la  cavité  des  bourses  et  la  cavité  péritonéale.  Ce  canal  est 
parcouru  de  bas  en  haut  et  de  dehors  en  dedans  par  le  conduit  excréteur  de 
la  glande  qui  se  coude  à  son  entrée  dans  Tabdomen,  afin  de  se  diriger  vers 
!  ficavation  du  bassin  et  se  rendre  à  la  vésicule  séminale  correspondante. 
Autour  du  conduit  excréteur  se  groupent  les  divisions  vasculaires  et  ner- 
ieu>c$  destinées  au  testicule  ou  émanées  de  cet  organe.  Ainsi  unies  au  con- 
duit excréteur  ou  déférent,  celles-ci  forment  le  cordon  des  vaisseaux  sper- 
matiques,  cordon  qui  est  entouré  lui-même  de  tous  côtés  par  le  péritoine, 
•xcepté  en  bas,  où  la  séreuse,  après  l'avoir  contourné,  se  replie  pour  Tatta- 
iherà  la  paroi  inférieure  du  canal  inguinal. 

Après  la  naissance,  la  partie  terminale  du  canal,  celle  qui  renferme  le 
testicule  persiste  indéfiniment  et  prend  le  nom  de  tunique  vaginale.  Mais 
i^AW  qui  surmonte  cet  organe  s'oblitère  avec  rapidité  sur  toute  sa  longueur 
p^r  adhésion  de  ses  parois  à  la  périphérie  du  cordon. 

Ou  canal  si  complet  et  si  régulier  qui  avait  livré  passage  chez  le  fœtus  k 

U glande  séminale  et  à  son  pédicule,  il  ne  reste  donc  plus  chez  l'adulte 

;j  un  vestige  :  du  côté  de  l'abdomen,  une  dépression  appelée  fossette  ingui- 

f^*> externe;  du  côté  des  téguments,  l'orifice  ovalaire  dû  à  l'écarlcmcnt  des 

riNres  apouévrotiques  du  grand  oblique;  et  dans  l'intervalle  qui  s'étend  de  la 

l'pivdsioo  à  cet  orifice,  le  cordon  des  vaisseaux  spermatiques  dans  un  sexe, 

it-  iji^ament  rond  dans  Tautre,  cheminant  dans  l'épaisseur  de  la  paroi  abdo- 

niinale,  à  peu  près  comme  les  vaisseaux  et  les  nerfs  cheminent  au  milieu 

'x  ffla:?»es  musculaires,  adhérant  de  toutes  parts*aux  parties  qu'ils  traver- 

^nt  et  comme  ensevelis  au  sein  de  celles-ci.  Telles  sont  les  modifications 

refondes  que  subit  le  canal  inguinal  vers  la  fin  de  la  grossesse  ;  tel  est  Tas- 

;>^it  sous  lequel  il  se  présente  à  nous  chez  l'enfant,  l'adulte  et  le  vieillard. 

A.i:«i  modifié,  oblitéré  dans  toute  son  étendue,  il  ne  mérite  plus  le  nom  de 

•40it.  Cependant,  comme  les  parties  qui  traversaient  ce  canal  sont  restées 

"i  place;  conuDe  celles  qui  formaient  ses  parois  se  laissent  facilement  écarter 

;'ir  les  viscères  lorsque  ceux-ci  tendent  à  s'échapper  de  l'abdomen;  conmie 

<•  M'  reconstitue  alors  de  toutes  pièces  sous  l'empire  de  conditions  très- 

>'  ii«>gues  à  celles  qui  avaient  présidé  à  sa  formation;  comme  il  oITrc  enfin 

'  point  de  vue  chirurgical  une  extrême  importance,  on  peut  continuer  à 

•iecrire  sous  ce  nom,  l'existence  toute  de  convention  qu'on  lui  attribue 

.  -nnettant  de  mieux  déterminer  la  disposition  des  parties  qui  le  formaient 

,  '^ititement  et  qui  le  formeront  s'il  esl  appelé  à  se  reproduire.  Nous  allons 

•  i'  étudier  sa  direction  et  ses  dimensions,  ses  parois  et  ses  orifices. 

l'-  canal  inguinal  se  dirige  de  haut  en  bas,  de  dehors  en  dedans  et  d'arrière 
'■  i>aaL  11  s'élève  à  son  point  de  départ  à  15  millimètres  au-dessus  de  la 

•  tie  moyenne  de  l'arcade  crurale ,  et  repose  par  sa  partie  terminale  sur 


3M  UV0LOG1E. 

celte  arcade,  avec  laquelle  il  rorme  par  conséquent  un  angle  don)  )  ■■  "v 
lure  regarde  en  haut  cl  en  arrière.  Sa  longueur  moyenne,  me»urf-^  i  i 
partie  interne  de  l'orifice  supérieur  A  la  partie  exicrne  de  l'orilîc^  - 
rieur,  est  de  2S  à  30  mitlimi^tres ;  et  du  cenire  du  premier  au  cer.ii'  . 
second  de  35  à  iO.  Klle  ne  diffère  pas  sensiblement  d'un  teie  i  lauirr  - 
La  plupart  des  auteurs  lui  assignent  quatre  parois,  distinguée!  en  uitt-ri'--' 
el  postérieure,  inrérieure  et  supérieure. 

La  paroi  antérieure  est  constituée  par  l'aponévrose  du  muscle  grand  •■'..- 
que,  doublée  en  arrière  par  la  mince  lamelle  fibreuse  qui  recouvre  la  i  ■ 
externe  du  petit  oblique,  el  par  les  fibres  les  plus  inférieures  de  ce  mu- 

La  paroi  potlérieure  est  formée  par  le  fascia  transversal is,  c'ol-à-dire  -\t 
l'eitrémité  inférieure  de  la  lame  fibreuse  qui  rciOt  la  face  interne  du  [ti-~  - 
transverse.  Sa  densité  varie  beaucoup  ;  souvent  il  ne  diiïire  pas  »ou»  f  n;- 
port  de  l'aponévrose  dont  il  fait  partie  ;  en  général  cependant  il  est  un  ; 
plus  épais  el  plus  résistant  que  celle-ci,  et  le  devient  d'autant  plus.qu  V'  - 
rapproche  plus  de  son  bord  inférieur. 

Ce  bord  inférieur  s'attache  par  sa  moitié  externe  A  la  bandelette  i'  - 
inguinale  ou  partie  profonde  de  l'arcade  crurale.  En  dedans,  il  recou^r' 
ligament  de  t^iraberuat  auquel  il  adhère,  mais  dont  on  peut  InVracilent- 
le  détacher  à  l'aide  de  la  dissection  ou  par  voie  de  simple  décollemen' .  - 
vient  ensuite  se  flier,  comme  celui-ci,  &  toute  l'étendue  de  la  crOle   j- 
néalc  ou  plutôt  A  l'épaisse  bandelette  fibreuse  qui  en  triple  la  bauloi.r  >■ 
partie  moyenne,  selon  l'opinion  à  peu  prés  unanime  des  auteurs,  se  r<>< 
berait  en  avant  pour  s'unir  A  l'arcade  crurale  cl  former  avec  relle-.-i  :  • 
gouttière  A  concavité  supérieure.  Selon  Tompson,  elle  le  prolonge  au-dir^j. 
de  l'arcade  pour  constituer  la  paroi  antérieure  de  l'inrundibuluin  qui  '   - 
toure  sur  eu  point  les  vaisseaux  fémoraux.  La  disposition  signala  p«r  '  ■ 
anatoroisle  est  réelle.  Mais,  d'un  autre  cOlé,  il  est  éiidcnl  aussi  qu'en  p9s- 
au-dcssous  du  ligament  de  Tatlope,  le  fascia  s'unit  A  celui-ci.  Les  d^u\  '  : 
nions,  qui  semblaient  coniradicloircs ,  sont  donc  fondées  l'une  et  ra:j:r> 
elles  se  concilient  parfaitement. 

Le  bord  interne  du  fascia  transvcrsalis  se  dédouble  ;  par  un  mince  fe  .. 
il  se  prolonge  au-devant  du  tendon  du  muscle  droit.  Jusqu'au  bord  suprr 
du  ligament  de  telles  ;  par  un  autre  feuillet  Irës-mince  aussi ,  il  p4>^  - 
arrière  du  muscle,  sur  lequel  il  dégénère  bienlAl  en  une  simple  laoy 
rclluleuse.  En  haut,  le  même  bord  s'unit  aux  flbrei  apooé^Toliques  le?  i    . 
inférieures  des  muscles  petit  oblique  el  transverse. 

Le  fascia  transversalis  se  compose  de  fibres  entrecroisées  et  dirign^  • 
sent  divers,  qu'on  peut  rattacher  cependant  à  deux  groupes  principaui  ; 
unes  suivent  une  direction  verticale,  les  autres  une  direction  (raiu<erva! 
Les  premières  occupent  surtout  le  tiers  interne  de  la  lame  fibreuse;  r 
longeni  le  tendon  du  muscle  droit,  recouvrent  le  ligament  de  Gimbema'  - 
viennent  s'insérer  A  la  crête  peclinéale.  l.es  fibres  transversales  se  toieol  <    - 
le  bord  inférieur  du  fascia  et  sur  la  paroi  antérieure  de  l'infundibulum  <^'- 
vaisseaux  fémoraux.  Elles  se  portent  de  la  trèle  peclinéale  ven  lapooon  — 
qui  recouvre  les  muscles  pioas  el  iliaque,  t^tte  crête  eit  dooc  le  ccr;:- 


RÉGION  ANTÉRO-LATÉRALE  DE  L'ABDOMEN.  251 

d  ifradiation  de  la  plupart  des  fibres  du  fascia  transversalis  ;  ainsi  s'explique 

a  densité  et  la  résistance  croissantes  de  celui-ci  à  mesure  qu'on  se  rapproche 

df  son  bord  inférieur  :  disposition  qui  lui  permet  de  supporter  la  pression 

de  plus  en  plus  grande  aussi  des  viscères. 

i>  fascia  adhère  en  avant  aux  fibres  les  plus  inférieures  du  transverse,  et 

lansi  le  reste  de  son  étendue  au  cordon  des  vaisseaux  spermatiques  ou  au 

..;rdment  rond.  En  arrière,  il  est  en  rapport  avec  l'artère  épigastrique,  les 

ifUY  veines  qui  l'accompagnent,  et  une  couche  cellulo-graisseuse  décrite 

par  quelques  auteurs  sous  le  nom  de  fascia  propria^  et  considérée  par  d'autres, 

aui>  abusivement,  comme  un  second  fascia  transversalis.  Au  delà  de  cette 

l'urbe  on  ne  trouve  plus  que  le  péritoine. 

Lorsqu'on  procède  à  l'étude  du  canal  inguinal  par  sa  partie  postérieure, 

n  (observe,  avant  toute  dissection,  deux  reliefs  longitudinaux,  dont  l'un ,  à 

yine  accusé ,  est  dû  aux  vaisseaux  épigastriques,  et  l'autre,  relativement 

::e4*>ai]lant ,  au  cordon  des  artères  ombilicales.  Immédiatement  en  dehors 

dt^s  vaisseaux  épigastriques  se  présente  une  dépression  :  c'est  la  fossette 

.'  l'uinaU  externe  qui  correspond  à  l'orifice  supérieur  ou  à  l'entrée  du  canal 

^niioal.  En  dehors  du  repli  péritonéal  entourant  le  cordon  des  artères  om- 

tii'irales,  on  voit  une  seconde  dépression  :  c'est  la  fossette  inguinale  intemey 

'^'i*''t!'  directement  en  arrière  de  l'anneau  inguinal  inférieur.  Sur  le  côté 

'/rme  du  même  repli  existe  une  troisième  dépression,  qui  a  reçu  le  nom 

i''  fossette  vésico-fnibienne y  et  qui  se  dirige  aussi  vers  cet  anneau,  mais  très- 

bliquement. 

La  paroi  inférieare  du  canal  inguinal  offre  la  forme  d'une  gouttière  qui 
«*  compose  de  deux  moitiés  très-distinctes.  La  moitié  antérieure,  opaque^ 
itre use ,  très^paisse ,  est  constituée  par  les  fibres  les  plus  inférieures  de 
aponévrose  du  grand  oblique  qui  se  contournent  en  demi-spirale  pour  se 
endre  à  la  crête  pectinéale.  La  moitié  postérieure,  transparente,  très-mince, 
1  ispect  homogène ,  dépend  de  cette  partie  du  fascia  transversalis  qui  se 
•ntoume  aussi  pour  descendre  au  devant  des  vaisseaux  fémoraux.  Les  parois 
.ti^rieare  et  postérieure  du  canal  se  comportent  donc  en  bas  de  la  même 
unière  ;  l'une  et  l'autre  tendent  à  s'enrouler  ;  seulement  elles  s'enroulent  en 
fta  inverse,  d'où  il  suit  qu'elles  se  rencontrent  presque  aussitôt  et  se  croi- 
sât. La  paroi  antérieure  s'arrête  alors  en  se  terminant  par  un  bord  très-net, 
tndi>  que  la  paroi  postérieure ,  après  s'être  unie  à  ce  bord ,  poursuit  son 
*3jet  descendant.  La  gouttière  formée  par  la  soudure  des  deux  parois  est  en 

.>^K>rt  en  haut  avec  les  vaisseaux  spermatiques,  et  ches  la  femme  avec  le 
j^Ament  rond,  qui  lui  adhèrent  par  un  tissu  cellulaire  asses  lâche. 

î  a  paroi  supérieure  était  représentée  autrefois,  pour  la  plupart  des  auteurs, 
i^  le  bord  inférieur  des  muscles  petit  oblique  et  transverse.  On  pensait 
*m'  que  lears  fibres  les  plus  déclives,  comme  entraînées  par  le  cordon, 
«  ridaient  des  courbes  à  convexité  descendante,  et  que  ces  courbes  ou  ces 
*•'  musculaires  se  prolongeaient  par  leur  partie  moyenne  Jusque  sur  le 
* '^'ulepoiir  former  le  crémasier.  Mais  des  études  plus  complètes  sont  venues 
m  »Titrer  que  le  bord  inférieur  du  petit  oblique  descend  au  devant  du 
r<loQ  et  le  couvre  en  grande  partie,  sans  franchir  Jamais  la  limite  du 


252 


MYOLOGIE. 


canal  ;  que  le  transversc  descend  sur  sa  partie  postérieure  ;  qu'il  e\i>tp  '  - 
stamment  aussi  un  petit  groupe  de  fibres  musculaires  au-dessous  de  m  ^^r 
inrérieure;  que  ces  dernières  seules  l'accompagnent  et  seules  fonxk  .'  < 
crémaster.  Ainsi  les  muscles  ne  répondent  pas  seulement  à  la  partie  --  > 
rieure  du  cordon  ou  du  ligament  rond  ;  ils  les  entourent  l'un  et  l'autre  i  > 
près  complètement,  au  moins  sur  la  moitié  externe  du  canal,  en  adbT. 
à  toute  leur  périphérie  ;  ce  n'est  qu'au  voisinage  de  son  orifice  inférieur  r 
le«  parties  contenues  s'isolent  réellement  :  une  gaine  musculaire  r.-- 
contenue  dans  une  gouttière  fibreuse  plus  longue,  telle  est  en  résumé  !  .:- 
la  plus  générale  et  la  plus  vraie  qu'on  puisse  donner  du  mode  de  consUt./ 
du  canal  inguinaL  On  peut  cependant  lui  considérer  une  paroi  supéh^  -- 
mais  il  faut  reconnaître  alors  qu'elle  n'est  pas  formée  par  le  bord  iuf*  r   . 
des  muscles  petit  oblique  et  trans verse;  elle  est  formée  par  des  fibre«  m:: 
culaires  plus  élevées. 

Les  orifices  du  canal  inguinal  ont  été  distingués  en  inférieur  et  «up^n 
L'inférieur,  ou  sous-cutané,  de  figure  ovalaire,  est  constitué  par  l'écart i  : 
des  fibres  aponévrotiques  du  grand  oblique;  il  a  été  précédemment  d<s  r 

Le  supérieur,  ou  orifice  abdominaly  situé  en  général  à  12  ou  15  millioi 
au-dessus  de  la  partie  moyenne  de  l'arcade  crurale,  répond  à  la  f<->< 
inguinale  externe.  Il  est  plus  petit  que  le  précédent,  moins  régulièrvu 
limité,  et  à  peu  près  demi-circulaire,  en  sorte  qu'on  a  pu  lui  co  :?;  :  • 
aussi  deux  bords. — Le  bord  interne  décrit  une  courbure  très-prononct-    ' 
la  concavité  regarde  en  haut  et  en  dehors.  C'est  sur  ce  bord  que    r- 
Tarière  épigastrique  ;  lorsque  les  viscères  s'engagent  dans  le  canal  iu^ 
elle  répond  donc  constamment  à  leur  côté  interne,  d  où  le  prei>'^  r 
débrider  du  c6té  opposé.— Le  bord  externe  varie  un  peu  selon  les  indiM. . 
mais  il  varie  surtout  selon  les  tractions  que  Ton  fait  subir  à  la  par\^i  <^^ 
minale.  Lorsqu'on  a  soin  d'éviter  toute  espèce  de  tiraillement  et  de  d 
cément,  il  est  rectiligne,  vertical,  à  peine   accusé  du   reste.  Si  pi>^: 
mieux  observer  on  étale  la  paroi  abdominale,  les  deux  extrémités  du  i   . 
interne  s'allongent  et  le  bord  externe  se  creuse  en  gouttière.  —  L'orificr  > 
rieur  du  canal  inguinal  est  circonscrit  pas  le  fascia  trans^ersalis  q\^.  < 
déprime  pour  pénétrer  dans  le  canal  et  qui  affecte  très-manife^^tem 
l'entrée  de  celui-ci,  une  disposition  infundibuliforme..\u  delà  du  «.• 
fibreux  de  l'orifice  ou  voit  la  couche  celluleuse  sous-pérituneale ,  %.'  : 
profondément  le  péritoine,  qui  l'un  et  l'autre  se  dépriment  aus»i,  d 
fossette  inguinale  externe,  située  immédiatement  en  dehors  de«  \ais^'^. 
épigas  triques. 

2^  Anneau  crural. 


iiln  s'attachaot  aux  deux  extrémités  du  bord  antérieur  de  lot  iliaque.  1  ^* 
cade  crurale  limite  avec  ce  bord  un  grand  espace  demi<irculaire  par  U: 
toutes  les  parties  molles  de  la  fosse  iliaque  passent  de  l'abdomea  dai2> 
membre  inférieur.  L'aponévrose  qui  recouvre  les  deux  muscles  de  i^.^ 
région  ou  le  fascia  iliaca,  fixée  en  dehors  à  la  crête  iliaque ,  en  deééu»  « 
détroit  supérieur  du  bassin  et  à  l'émiuence  ilio-pectinée,  subdivise  cti  cri^  ' 


RÉGION  ANTËRO-LATÉRALE  DE  L'ABDOMEN.  253 

<n  deut  espaces  secondaires  :  Tun,  externe,  beaucoup  plus  grand  et  semi- 
>>alaire;rautre,  interne,  de  figure  triangulaire.  L'espace  semi-ovaluire  livre 
;kl^sage  aux  muscles  psoas  et  iliaque  et  au  nerf  crural,  situé  en  avant  et  eu 
d' I&ns  de  ceux-ci.  L'espace  interne  ou  triangulaire  livre  passage  aux  vais- 
^âuY  fémoraux  :  c'est  à  ce  second  espace  qu'on  a  donné  le  nom  û'anneau 

iki  (rois  côtés  qui  circonscrivent  cet  anneau  ou  plutôt  ce  triangle,  l'un 
e«t  antérieur,  le  second  postérieur  et  interne,  le  troisième  postérieur  et 
(Vierne. —  Le  côté  antérieur,  très-long,  est  constitué  par  l'arcade  crurale. 
Le  côté  postéro-interne ,  beaucoup  plus  court  que  le  précédent,  est  formé 
'MT  lépaisse bandelette  fibreuse  qui  surmonte  la  crête  pectinéale,  par  l'apo- 
..'>  Toe  du  muscle  pectine  qui  vient  s'attacher  à  cette  bandelette,  plus  profon- 
dément par  l'extrémité  supérieure  de  ce  muscle  et  la  partie  correspondante 
•le  la  branche  horizontale  du  pubis.  —  Le  côté  postéro -externe,  plus  court 
'.1  «rc,  est  représenté  par  cette  partie  du  fascia  iliaca,  qui  s'étend  delà 
l>  >rtiou  moyenne  de  l'arcade  crurale  à  l'éminence  ilio-pcctinée. 

IK>  la  réunion  des  bords  antérieur  et  externe  résulte  un  angle  de  /|5  degrés 

•  nûroD. C'est  dans  cet  angle  que  vient  se  placer  l'artère  fémorale,  très- 
npprochée  par  conséquent  de  l'arcade  crurale,  dont  la  sépare  seulement 
1  infundibulum  des  vaisseaux  fémoraux,  et  du  nerf  crural,  dont  elle  n'est 
-«  parée  que  par  la  gaine  des  muscles  psoas  et  iliaque. 

En  se  réunissant,  les  bords  interne  et  externe  produisent  un  angle  très- 

•  l't  is  au  contraire  qui  répond  à  l'éminence  ilio-pectinée.  Cet  angle  est 
:M(jii\ert  par  la  veine  fémorale,  située  en  dedans  de  l'artère,  sur  un  plan 
piii'»  postérieur. 

Le«  bords  antérieur  et  interne  sont  réunis  l'un  à  l'autre  par  la  base  du 

'i?ament  de  Gimbemat  A  leur  point  de  rencontre,  ce  n'est  donc  pas  un  angle 

.  ]  <»n  observe,  mais  une  arcade  demi-circulaire  dont  la  concavité  regarde 

'  centre  de  l'anneau.  Entre  cette  arcade  ou  cet  angle  arrondi  et  les  vais- 

-a-j\  fémoraux,  il  existe  un  espace,  de  dimensions  variables,  mais  en  général 

- -ez  grand  pour  admettre  facilement  l'extrémité  du  petit  doigt.  C'est  par 

'  t  (*$pace  que  s'échappent  les  viscères  dans  la  hernie  crurale,  il  donne 

t  .^^gc  à  la  plupart  des  gros  troncs  lymphatiques  qui  se  portent  des  gan- 

.' .  ms  inguinaux  aux  ganglions  iliaques  ;  presque  constamment  il  contient 

..^^i  un  ganglion  de  forme  très-allongée. 

Aux  parties  fibreuses  qui  forment  le  contour  de  l'anneau  crural  vient  se 

-rajouter  l'infundibulum  des  vaisseaux  fémoraux,  de  nature  fibreuse  aussi, 

n-titué,  en  avant  et  en  dedans,  par  l'extrémité  inférieure  du  fascia  trans- 

>  r^ilis,  en  arrière  par  une  autre  lamelle  aponévrotique  qui  doublerait, 

~  '  :i  Tompson,  la  partie  correspondante  du  fascia  iliaca.  C'est  cet  infundi- 

!  :m  que  Tanatomiste  anglais  a  décrit  sous  le  nom  d'entonnoir  femorali" 

-.0  uhire.  Son  existence  a  paru  douteuse  à  la  plupart  des  auteurs;  elle  est 

.le  cependant,  et  même  assez  facile  à  conslater.  Je  ferai  toutefois  une 

r  -^-rve  pour  la  lamelle  qui  formerait  sa  paroi  postérieure  ;  elle  me  parait 

'n*  une  simple  dépendance  du  fascia  iliaca  ;  mais  celle  qui  constitue  ses 

«iniis  antérieure  et  interne  ne  peut  être  contestée.  La  paroi  interne  de 

.  'ifundibalum  que  nous  avons  vue  naître,  comme  l'antérieurei  de  la  crête 


25A 


MYOLOGIE. 


pectinéale  ferme  l'angle  interne  de  l'anneau  ;  c'est  elle  qai  ooiistitur>  if 
septum  crurale. 

Au-dessus  de  l'anneau  crural,  ou  plutôt  sur  la  base  de  rinfundibalum  d*^ 
vaisseaux  cruraux,  on  retrouve  la  couché  cellulo-adipeuse  intenDédÏAirf  i 
fascia  transversalis  et  au  péritoine  ;  au-dessus  de  celles-ci»  le  péiitoioe  !^. 
même  qui  passe  sur  l'anneau  sans  se  déprimer. 

Les  dimensions  de  l'anneau  crural,  comparées  dans  les  deux  sexes  à  ce!  - 
de  l'anneau  inguinal  inférieur,  sont  en  raison  inverse.  Chex  rboccm^ 
celui-ci  est  plus  grand  et  l'anneau  crural  plus  petit.  Chez  la  femme.  I  r 
neau  inguinal  se  rétrécit  et  l'anneau  crural  s'allonge  au  contraire  de  d^^  .* 
en  dehors,  par  suite  de  la  prédominance  chez  elle  des  dimensîoDs  trmDfur- 
sales  du  bassin.  Or,  l'anneau  crural  s'allongeant  dans  le  sens  transe ersà] 
l'espace  compris  entre  le  ligament  de  Gimbemat  et  les  vaisseftox  cranûi 
s'agrandit  de  tout  cet  allongement,  puisque  les  vaisseaux  conaerveot  if 
méîAe  calibre ,  et  offrent  même  dans  le  sexe  féminin  un  calibre  ud  p^ 
moins  considérable.  Ainsi  s'explique  la  fréquence  des  hernies  crurdr*  ^ 
la  rareté  des  hernies  inguinales  chez  la  feimne,  la  rareté  des  premicTt*?  ( 
la  fréquence  des  secondes  chez  l'homme. 

§  2.  —  RÉGION  THORACO-ABDOMIMALB. 

Cette  région  n'est  composée  que  d'un  seul  muscle,  \e  diaphragme ,  q 
sépare  le  thorax  de  l'abdomen,  et  qui  appartient  à  la  fois  à  l'une  et  à  l'au.** 
de  ces  cavités. 


Préparation.  —  Pour  voir  les  insertions  du  diaphragme ,  il  faat  le  préparer  par  «a  f»  - 
inférieure  ou  concaYe.  Dans  ce  but,  on  incise  circulairement  ou  crucialemeat  la  paroi  &2'- 
Heure  de  l'abdomen  et  l'on  enlève  ensuite  tous  les  viscères  contenus  dans  sa  cavité,  et  - 
cédant  de  la  manière  suivante  :  1«  Jeter  deux  ligatures  sur  la  poilion  abdoBÙnale  àe  ',  t^ 
pbage,  à  une  distance  de  3  ou  3  centimètres  Tune  de  Tautre,  puis  inciser  le  eoadait  tnirr    • 
deux  liens.  3^  Couper  tous  les  liens  qui  attachent  le  foie  au  diaphragme,  en  apportas:  _ 
cette  dissection  les  plus  grands  ménagements^  afin  de  ne  pas  diviser  le  muscle;  t^r  '^  >  ■ 
incision  suivie  de  l'entrée  de  l'air  dans  la  poitrine  aurait  pour  coii»équeiice  immtn.^   » 
pHiduire  sou  relâchement ,  ce  qui  en  rendrai!   la  préparation  fort  difficile.  3*  Apr^  a 
dctaché  l'estomac  et  le  foie,  les  attirer  sur  l'un  des  côtés  de  l'abdomen  avec  tous  lo  i-    -- 
viM'cres,  et  enlever  ceux-ci  en  masse.  4**  Pour  arrêter  l'écoulement  du  sang  par  I  oni'- 
donne  passage  ii  la  veine  cave ,  placer  un  billot  sous  les  lombes  de  manière  k  ëlevrr  a  U  ' 
cet  urifice,  et  toute  la  face  concave  du  muscle  qu'il  sera  plus  facile  alors  de  nirttrr  *  •■ 
d'étudier.  5«»  Procéder  à  la  séparation  du  péritoine  par  voie  de  simple  décolkment,  en  f^;^  - 
usage  des  doigts  ou  du  manche  du  scalpel.  6»  Préimrer  les  piliers  du  diaphragme  ^' 
arcades  fibreuses  situées  sur  leurs  parties  latérales.  7®  Mettre  en  évidence  lenlrecrr.;'- 
des  deux  faiseeaux  qu  échangent  ces  piliers.  —  Lorsqu'on  peut  disposer  de  ploairar»  •(.,•  .^ 
il  y  aura  avantage  k  étudier  aussi  le  diaphragme  par  sa  face  supérieur*.  Le  tborai  alor*  »  « 
seul  ouvert  ;  on  enlèvera  le  cœur,  les  poumons,  puis  on  divisera  toutes  les  côirs  ib£;;«    î- 
ment  au-<iesMis  du  mu.^cle. 

Le  diaphragme  est  une  cloison  musculaire ,  Mpium  irainsvemKtn^  qui  diu** 
la  grande  ca\ité  du  tronc  en  deux  cavités  secondaires,  l'une  supéneurr.  \' 
thorax,  l'autre  inférieure,  l'abdomen.  Cette  cloison  s'étend  »  dans  le  ^m 
transversal,  des  six  dernières  eûtes  droites  aux  six  dernières  côtes  gaiKbt'> 


RÉGION  THORACO-ABDOMINALE.  255 

et  dans  le  sens  antéro-postérieur  de  l'appendice  xiphoîde  et  du  cartilage  de 
la  sliième  cdte  au  corps  des  trois  premières  vertèbres  des  lombes.  Sa  direc- 
tion,  par  conséquent,  n'est  pas  horizontale,  mais  très-oblique  de  haut  en 
bas  et  d'avant  en  arrière  :  d'où  il  suit  que  la  cavité  thoracique,  assez  courte 
eo  avant,  s'allonge  beaucoup  en  arrière;  la  cavité  abdominale  offre  une 
di^^position  inverse. 

Le  diaphragme  est  à  l'appareil  respiratoire  ce  que  le  cœur  est  à  l'appa- 
reil de  la  circulation.  Ils  remplissent  l'un  et  l'autre  des  fonctions  mécaniques 
de  la  plus  haute  importance  :  le  cœur  projette  le  sang  dans  toutes  les  parties 
da  corps  par  des  canaux  ramifiés  à  l'infini  ;  le  diaphragme,  par  d'autres 
caoaux  de  plus  en  plus  déliés  aussi,  attire  l'air  extérieur  dans  les  poumons 
en  dilatant  ceux-ci  dans  tous  les  sens.  L'un  et  l'autre  font  partie  des  appareils 
de  la  vie  de  nutrition  ;  et  l'un  et  l'autre  cependant  se  composent  de  fibres 
striées.  Tous  deux  sont  situés  sur  la  ligne  médiane ,  et  tous  deux  aussi  ont 
puur  attribut  commun  leur  défaut  de  symétrie.  Remarquons  toutefois  que 
le  diaphragme ,  sous  ce  dernier  point  de  vue ,  se  rapproche  beaucoup  plus 
que  le  cœur  des  autres  muscles  à  fibres  striées  ;  c'est  plus  spécialement  sur 
ta  partie  centrale  que  porte  le  défaut  Âe  symétrie.  Les  parties  latérales  dif- 
f(  rent  peu  à  cet  égard  ;  la  moitié  droite  est  seulement  un  peu  plus  élevée 
■I^e  la  gauche,  en  sorte  que  le  muscle  ne  descend  pas  seulement  de  la 
jort)!  antérieure  vers  la  paroi  postérieure  du  tronc,  il  s'incline  légèrement 
\^iii  de  la  partie  latérale  droite  vers  li^, partie  latérale  gauche. 

les  anciens  regardaient  ce  mij^cle  cooux^  composé  de  deux  parties  :  d'une 
i^irtie  horizontale  et  transverse , «beaucoup  plus  étendue,  c'était  le  grand 
iuyhragmej  et  d'une  partie  ascendante,  triangulaire,  qu'ils  comparaient  à 
un  éventail,  et  qu'ils  appelaient  le  petit  diaphragme.  En  se  continuant,  ces 
«it'ux  parties  forment  en  effet  une  sorte  d'éventail  brisé ,  dont  la  portion  la 
i'Iii»  large,  au  lieu  de  se  porter  en  haut,  s'inclinerait  en  avant,  et  dont  les 
rj^>D$,  ao  lieu  de  marcher  ep  ligne  droite,  s'infléchiraient,  comme  autant 
a  arcades,  pour  venir  s'insérei;  sur  le  pouriour  de  la  base  du  thorax. 

Mie  comparaison  donfe^^e  la  dispositioip  géliérale  et  de  la  forme  du 
soscle  une  idée  assezexaete^  Mftis pour enrdéfinir le  mode  de  constitution, 
ù  tOD\ient  de  lui  considérer  une  partie  centrale  et  une  partie  périphérique. 

La  partie  centrale  est  aponévrolique ,  horizontale  et  transversale.  On  peut 
il  comparer ,  avec  Wiuslow,  à  une  feuille  de  'trèfle  dont  les  trois  folioles  se 
dirigeraient  en  avant,  et  dont  le  pédicule  serait  remplacé  par  une  large 
xbancrure  tournée  en  bas  et  en  arrière.  Des  trois  folioles  l'une  est  mé- 
duue,  la  seconde  répond  au  côté  droit ,  la  troisième  au  c6té  gauche.  La 
'ii")eQne  ou  médiane  est  la  plus  grande  ;  vient  ensuite  la  foliole  droite;  puis 
'•&  fuliole  gauche,  aussi  longue  que  les  précédentes,  mais  plus  étroite.  Entre 
\-^f  deux  premières  on  remarque  un  large  orifice  qui  donne  passage  à  la 
•cine  cave  inférieure. 

La  partie  périphérique  est  musculaire  et  rayonnéc,  concave  du  côté  de 
I  abdomen ,  convexe  du  côté  du  thorax.  Vu  par  sa  face  inférieure ,  le  dia- 
ritiragmc  représente  donc  une  voûte  ;  sa  concavité  est  plus  prononcée  sur 
•i's  Lùlés  qu'au  niveau  de  sa  partie  médiane;  plus  aussi  à  droite,  où  elle 
rtpoud  au  foie,  qu'à  gauche,  où  elle  répond  à  la  rate.  Vu  par  sa  face  supé- 


rieurc,  il  rcprësenlc  un  dùmu  donl  U  convexité  s'incline  uMi  forlemrtit  '', 
urrii^rc.  t^n  examinant  plus  attentivement  la  direction  des  fibrof  qui  l<nn'--. 
celte  partie  périphérique,  il  est  facile  de  constater,  ainii  que  P.  IWnri  ' 
premier  en  a  Tait  la  remarque,  qu'elles  suivent  d'abord  la  direction  horit  - 
talc  de  ta  partie  centrale,  et  qu'au  voisinage  des  eûtes  elles  se  coudent  ;•  .: 
s'appliquer  dans  le  reste  de  leur  trajet  aux  parois  du  thorax. 

Intertioiu.  —  Par  sa  clrconrérence,  le  diaphragme  s'attache  :  en  arrirr' 
aux  deux  ou  trois  premières  vertèbres  des  lombet  et  au  feuillet  profond  3- 
l'aponévrose  du  muscle  Iransverse  ;  en  avant,  à  l'exlrémilé  inrérieun' c 
sternum  ;  sur  les  cOIés,  aux  six  dernières  cAtes. 

A.  InstTtions  postérieures  ou  vertibrales.  —  Elles  sont  de  deux  ordres:  m- 
diancs  et  latérales.  Les  médianes  se  font  sur  le  corpt  des  trois  premi'  :- 


I.  l-'ul, 


-3.  Foliole  <li 


H.  P.lifr  itmil.  — 'j.  t'îlifi 
pilier  Riiui'hr.  —  7.  HitKlrlclIc  qui  paax  du  lullir  gauiliv 
rr«a  iTiVi-rl.  iil  cl  en  le  rci'ouimnt  cii  parlii'.  —  8,  H. 
(Irui  nii>ilii<\  iIf  rliaqur  (iHipr  et  qui  se  (crniiiic  en  liaul  |Kir 
pasM'  Ir  n^rtHrunil  ï|ilincliiiiqur.  —  9.  Arriide  lilmuw'  ii 
ri(Ur«  ilu  itTKiiil  iiMiikk.  —  10.  ArcHilc  ilirtibc  exli-rm:  iv 
carrf  Jr>  ImiilHit.—  il.  lliiM-nihIc  des  llbn*  muM-uliurri  i 
ii,Vi.  l-'il'rn  niBSiiiluiri'squi  |wrU'iil  ilr  lalari'  iNirrnr  il 

quisal1uihi-ntBl>|ifiirli<Pïii*..i<lf.  —  IJ.  Orilife  qui  l , ^ 

fivurr.  —  li.  t)r.li.e  «soiilia^irn.  —  16.  Oiill.c  anniquï.  —17,  17.  Partie  «p.-. 
niuvlr  iu>imer»f  qui  t  ëlé  rrnTvrM^  rn  haui  rt  en  ilehors.  —  le,  18.  Frnilln  *n><  : 
l.il«iiiin«-<k«  muwle,—  m,  lu.  MuH'lc  «rrii  des  lomhr*,  rceouTnl  fu  tr 
■iilriiciii  il.iiit  la  |i<<">r  Ui'lusélti^r  funuL-  Ir  linatiiciil  ciiiiiv  au  trcade  tibrrux  nu 
V>,  10.  HuMln  griiirti  ji-om  —  îi.  Quuriinu  terUbre  loinbaiic. 


x  deraitm  rMci. —  1^ 


RÉGION  THORACO-ABDOMINALE.  257 

^erli^bres  lombaires;  les  latérales  sur  deux  arcades  fibreuses,  dont  Tune, 
iiiiiTiie  et  plus  courte,  embrasse  l'extrémité  supérieure  du  grand  psoas,  et 
l'autre  l'extrémité  supérieure  du  carré  des  lombes. 

Los  insertions  vertébrales  ont  lieu  par  deux  larges  faisceaux  triangulaires 
qui  portent  le  nom  de  piliers  du  diaphragme. 

Le  pilier  droit,  plus  volumineux  que  le  gauche,  s'avance  jusque  sur  la 
ligne  médiane.  Il  nait  de  la  seconde  et  de  la  troisième  vertèbre  lombaire, 
quelquefois  aussi  de  la  première,  et  des  disques  intervertébraux  correspon- 
dant, par  une  série  de  fascicules  tendineux  échelonnés  de  bas  en  haut  et 
leu  distincts  les  uns  des  autres,  mais  dont  les  fibres  suivent  une  direction 
di;U  rente.  Le  plus  inférieur  émane  du  corps  de  la  troisième  vertèbre  et  du 
ligament  interosseux  qui  l'unit  à  la  quatrième  ;  il  est  vertical ,  large  et 
ajiidti,  comme  rubané,  en  partie  confondu  avec  le  grand  ligament  verté- 
bral commun  antérieur.  Le  suivant  se  compose  de  fibres  légèrement  obliques 
L-n  haut  et  en  dehors;  le  troisième  et  le  quatrième,  de  fibres  plus  obliques 
rijcore,  curvilignes  et  presque  transversales.  Très-souvent  les  fibres  tendi- 
neuses les  plus  élevées  s'entrecroisent  sur  la  ligne  médiane  avec  celles 
du  pilier  opposé.  De  la  réunion  successive  de  tous  ces  fascicules  résulte  un 
!iwidon  aplati ,  occupant  la  face  profonde  et  le  bord  interne  du  pilier  et  se 
^'roIoDgeant  sur  ce  bord  jusqu'au  point  où  le  pilier  droit  s'unit  au  pilier 
^duche. 

Au  tendon  succède  le  faisceau  charnu.  Celui-ci,  aplati  aussi  et  vertical, 
^.iargit  de  plus  en  plus,  recouvre  toute  la  moitié  droite  des  vertèbres  sous- 

u entes,  puis  se  termine  par  trois  ordres  de  fibres.  —  Les  plus  internes  se 
u'.tachent  du  faisceau  principal  sous  la  forme  d'une  large  bandelette  qui 
{Miïse  obliquement  entre  l'aorte  et  l'œsophage  pour  aller  se  joindre  au  pilier 
^'duche. —  Les  moyennes,  verticalement  ascendantes,  vont  se  fixer  à  la  partie 
médiane  de  l'échancrure  du  centre  aponévrotique.  —  Toutes  les  autres  se 
I^irtent  en  haut  et  en  dehors,  en  suivant  une  direction  d'autant  plus 
•blique  qu'elles  sont  plus  externes  ;  elles  s'attachent  à  la  base  du  centre 
l'hrt'Qique,  en  dehors  des  précédentes. 

Le  pilier  gauche  est  moins  large  et  moins  long  que  le  droit.  11  s'insère  par 
uD  tendon  très-grôle  au  corps  de  la  deuxième  vertèbre  lombaire  et  au  liga- 
ment qui  l'unit  à  la  troisième.  Ce  tendon  se  prolonge  aussi  sur  la  face  pos- 
t«rrieure  et  le  bord  interne  du  pilier,  au  niveau  duquel  il  reçoit  d'autres 
^bres  tendineuses  plus  élevées,  d'abord  obliques,  puis  transversales  et  cur- 
vilignes. Ainsi  renforcé,  il  s'élève  verticalement,  s'affaiblit  ensuite^  s'incline 
ea  dedans  et  se  continue  au  devant  de  l'aorte  avec  celui  du  pilier  droit.  De 
>a  partie  antérieure  et  externe  on  voit  naitre  :  1^  un  large  plan  charnu , 
rayonné,  oblique  en  haut  et  en  dehors;  2»  une  étroite  bandelette  musculaire 
oblique  en  haut  et  en  dedans.  —  Au  large  plan  charnu  vient  s'adjoindre 
presque  aussitôt  le  faisceau  émané  du  pilier  droit ,  faisceau  qui  le  renforce 
conâdérablement  et  qui  en  forme  le  bord  interne  ;  après  avoir  reçu  ce  fais- 
ceau, il  poursuit  sa  direction  obliquement  ascendante  pour  aller  s'attacher 
2  la  partie  médiane  de  l'échancrure  du  centre  aponévrotique.  —  L'étroite 
bandelette,  oblique  en  haut  et  en  dedans,  passe  entre  l'aorte  et  Tœsophagey 

II.  —  17 


358 


MYOLOGIË. 


au  devant  du  faisceau  qui  vient  du  pilier  droit,  en  le  croisant  en  stutuii,  ti 
s'applique  ensuite  à  ce  pilier,  dont  elle  occupe  le  bord  interne. 

Les  deux  piliers  s'unissent  donc  :  1^  par  le  tendon  qui  occupe  leur  bir: 
interne;  2**  par  les  faisceaux  charnus  qu'ils  s'envoient  réciproquement.— Iw 
l'union  des  deux  bords  tendineux  résulte  une  arcade  fibreuse  qui  forme«^<- 
la  seconde  vertèbre  lombaire  un  large  orifice  :  cet  orifice  donne  pts^^  ^ 
l'aorte,  à  la  veine  azygos  et  au  canal  tboracique. —  De  rentrecroisemeni  -- 
deux  faisceaux,  qui  unissent  le  pilier  droit  au  pilier  gauche,  en  se  cr»M' 
au  devant  de  Taorte,  résulte  un  second  orifice  plus  élevé  que  le  préfvd  • 
ce  second    orifice  donne  passage  à  l'œsophage  et  aux  nerfs  pneumosra^.'v 
ques.  l/ordre  dans  lequel  se  superposent  les  deux  faisceaux  inlermédu.*^ 
à  ces  orifices  présente  quelques  variétés.  Le  plus  habituellement ,  le  ft.- 
ceau  provenant  du  pilier  gauche  passe  au  devant  de  celui  qui  vient  i 
pilier  droit;  telle  est  la  position  que  lui  assigne  l'illustre  Albinus,  et  a:?« 
lui  un  grand  nombre  d'auteurs.  Quelquefois  cependant  ce  faisceau  p^N^  ': 
arrière  ;  il  est  alors  plus  élevé,  plus  large  et  plus  oblique.  Bichat,  et  p  ^ 
sieurs  anatomistes  modernes,  parmi  lesquels  je  citerai  M.  Cruveilhier,  cvr.r. 
dèrent  cette  situation  comme  constante  ;  mais  elle  est  exceptionnelle.  !»&: 
certains  cas,  plus  rares,  il  fait  complètement  défaut,  et  difl'ère  beauc  . 
sous  ce  point  de  vue  du  faisceau  émané  du  pilier  droit ,  dont  l'existeoci  ^. 
contraire  est  constante. 

Les  piliers  du  diaphragme  se  dédoublent  assez  souvent.  Chacun  d  eu\  > 
compose  alors  d'un  pilier  interne  très -considérable  et  d'un  pilier  eitcru 
moins  long  et  beaucoup  plus  étroit.  Cette  disposition  est  si  fréquer.  > 
qu'Albinus  la  considère  comme  normale.  Lorsque  les  piliers  restent  iim;  '- 
à  leur  origine,  c'est-à-dire  sur  leur  partie  tendineuse,  on  rencontre  toi-j    -• 
sur  leur  partie  charnue  une  ligne  celluleuse,  verticale,  terminée  en  Ui- 
par  une  petite  arcade  ;  cette  arcade ,  sous  laquelle  passe  le  nerf  fry  t 
splanchniquc  et  l'interstice  celluleux  qui  la  prolonge  représentent  evii:!' 
ment  le  premier  vestige  du  dédoublement  qu'on  voit  si  souvent  se  n^Aîi-  r 
dédoublement  qui  peut  être  du  reste  plus  ou  moins  incomplet,  en  sorte  :;  > 
les  piliers  offrent  sous  ce  rapport  une  foule  de  variétés. 

L'arcade  fibreuse  qui  embrasse  l'extrémité  supérieure  du  grand  p^^^* 
s'étend  du  corps  de  la  seconde  vertèbre  des  lombes  à  la  base  de  r«p<.>p^:^ 
transverse  de  la  première,  bile  est  constituée  par  deux  faisceaux  tn»:. 
laires,  l'un  antéro-interne,  l'autre  postéroHïxterne,  ofl'rant  chacun  un  >  ~ 
musculaire  vertical,  un  bord  tendineux  transversal,  et  se  continumut  t. 
eux  par  ce  bord  transversal,  de  môme  que  les  deux  piliers  du  diaphrv'i'' 
se  continuent  par  leur  bord  tendineux.  Albinus  a  décrit  le  faisceau  ani-    - 
interne  comme  un  troisième  pilier,  et  le  postéro-externe  comme  un  i*   r 
trième;  pour  lui,  il  existait  ainsi  de  chaque  côté  in  plan  médian  q^^  ^ 
piliers  échelonnés  de  bas  en  haut  et  de  dedans  en  dehors.  ->  L'arcadt*  :  r  - 
duite  par  la  continuité  des  deux  piliers  externes,  ou  arcade  du  musclo  p-*-   * 
dirige  sa