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Full text of "Traité d'anatomie descriptive : avec figures intercalées dans le texte"

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TRAITÉ 

D'ANATOMIE 

DESCRIPTIVE 


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TRAITE 

DANATOMIE 

DESCRIPTIVE 

AVEC  FIGURES  INTERCALÉES  DANS  LE  TEXTE 


PAR 


PH.  C.  SAPPEY 

Chef  des  travaux  anatomiques^ 

Directeur  des  musées  et  Professeur  agrégé  à  la  Faculté  de  médecine^ 

Membre  de  l'Académie  impériale  de  médecine. 


édition  enaèrement  refondvc 


TOME    PREMIER 

OSTÉOLOGIE  —  ARTHROLOGIE 


PARIS 

ADRIEN  DELAHAYE,  LIBRAIRE-ÉDITEUR 

PLACE    DE    l'ÉCOLE-DE-MÉDECINE 

1867 

Tous  droits  rësorvés. 


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A  MONSIEUR   DENONVILLIERS 

Inspecteur  général  de  renseignement  sapéricur. 

Professeur  de  médecine  opératoire  k  la  Faculté  de  médecine^ 

Chirurgien  de  Thôpital  de  la  Qiarité,  Membre  de  l'Académie  impériale  de  médecine. 

Membre  du  Conseil  impérial  de  l'instruction  publique. 

Commandeur  de  la  Légion  d'bonneur,  etc. 


A   MONSIEUR  NELATON 

Professeur  de  clinique  chirurgicale  k  la  Faculté  de  médecine, 

Chirurgien  -de  Tbôpital  des  Cliniques,  Membre  de  l'Académie  impériale  de  médecine,  • 

Vice- président  de  l'Association  des  médecins  de  la  Seine, 

Commandeur  de  la  Légion  d'honneur,  etc. 


CUERS  MAITRES    ET   AMIS, 

Ce  que  je  suis  je  vous  le  dois.  Si  cet  ouvrage  est  le  mien,  il  est 
donc  aussi  le  vôtre  :  veuillez  raccueillir  avec  la  bienveillance  que  vous 
avez  accordée  à  son  auteur.  En  vous  l'offrant,  je  viens  remplir  un 
devoir.  Mais  j'ai  voulu  aussi  vous  donner  un  témoignage  public  de 
ma  profonde  gratitude^  et  vous  renouveler  l'assurance 

De  mon  affectueux  dévouement. 
C.   SAPPEY. 


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A  MONSIEUR   DENONVILLIERS 

Inspecteur  gënéral  de  renseignement  supérieur. 

Professeur  de  médecine  opératoire  b  la  Faculté  de  médecine, 

ChirurgieD  de  Tliôpital  de  la  Charité,  Membre  de  l'Académie  impériale  de  médecine. 

Membre  du  Conseil  impérial  de  l'instruction  publique. 

Commandeur  de  la  Légion  d'honneur,  etc. 


A   MONSIEUR  NELATON 

Professeur  de  clinique  chirurgicale  ii  la  Faculté  de  médecine, 

Chirurgien -de  l'hôpital  des  Cliniques,  Membre  de  l'Académie  impériale  de  médecini*,  • 

Vice-président  de  l'Association  des  médecins  de  la  Seine, 

Commandeur  de  la  Légion  d'honneur,  etc. 


Chers  maItres  et  amis, 

Ce  que  je  suis  je  vous  le  dois.  Si  cet  ouvrage  est  le  mien,  il  est 
donc  aussi  le  vôtre  :  veuillez  Taccueillir  avec  la  bienveillance  que  vous 
avez  accordée  à  son  auteur.  En  vous  l'offrant,  je  viens  remplir  un 
devoir.  Mais  j'ai  voulu  aussi  vous  donner  un  témoignage  public  de 
ma  profonde  gratitude^  et  vous  renouveler  l'assurance 

De  mon  affectueux  dévouement. 
C.   SAPPEY. 


A  MONSIEUR   DENONVILLIERS 

Inspecteur  général  de  renseignement  sapéricur, 

Professeur  de  médecine  opératoire  à  la  Faculté  de  médecine^ 

Chirurgien  de  lliôpital  de  la  Charité,  Membre  de  l'Académie  impériale  de  médecine, 

Membre  du  Conseil  impérial  de  Tinstruction  publique, 

Commandeur  de  la  Légion  d'honneur,  etc. 


A  MONSIEUR  NÉLATON 

Professeur  de  clinique  chirurgicale  à  la  Faculté  de  médecine, 

Chirurgien -de  TbApital  des  Cliniques,  Membre  de  TAcadémie  impériale  de  médecine,  • 

Vice-président  de  TAssociation  des  médecins  de  la  Seine, 

Commandeur  de  la  Légion  d'honneur,  etc. 


Chers  maîtres  et  amis, 


Ce  que  je  suis  je  vous  le  dois.  Si  cet  ouvrage  est  le  mien,  il  est 
donc  aussi  le  vôtre  :  veuillez  raccueillir  avec  la  bienveillance  que  vous 
avez  accordée  à  son  auteur.  En  vous  l'offrant,  je  viens  remplir  un 
devoir.  Mais  j'ai  voulu  aussi  vous  donner  un  témoignage  public  de 
ma  profonde  gratitude,  et  vous  renouveler  l'assurance 


De  mon  affectueux  dévouement. 
C.   SAPPEY. 


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A  MONSIEUR  DENONVILLIERS 

Inspecteur  général  de  l'enseignement  supérieur^ 

Professeur  de  médecine  opératoire  k  la  Faculté  de  médecine^ 

Chirurgien  de  l'hôpital  de  la  Charité^  Membre  de  l'Académie  impériale  de  médecine, 

Membre  du  Conseil  impérial  de  l'instruction  publique, 

Commandeur  de  la  Légion  d'honneur,  etc. 


A  MONSIEUR  NÉLATON 

Professeur  de  clinique  chirurgicale  k  la  Faculté  de  médecine^ 

Chirurgien -de  l'hôpital  des  Cliniques,  Membre  de  l'Académie  impériale  de  médecine,  • 

Vice-président  de  l'Association  des  médecins  de  la  Seine, 

Commandeur  de  la  Légion  d'honneur,  etc. 


CUERS  MAÎTRES    ET    AMIS, 

Ce  que  je  suis  je  vous  le  dois.  Si  cet  ouvrage  est  le  mien,  il  est 
donc  aussi  le  vôtre  :  veuillez  l'accueillir  avec  la  bienveillance  que  vous 
avez  accordée  à  son  auteur.  En  vous  l'offrant,  je  viens  remplir  un 
devoir.  Mais  j'ai  voulu  aussi  vous  donner  un  témoignage  public  de 
ma  profonde  gratitude^  et  vous  renouveler  l'assurance 

De  mon  affectueux  dévouement. 
G.   SAPPEY. 


PRÉFACE 


L'Anatomie  est  parmi  les  sciences  celle  qui  a  eu  le  plus  d'obstacles 
à  vaincre.  L'homme  a  pu  étudier  avec  une  pleine  liberté  d'action  tout 
ce  qui  s'étend  au  delà  de  ses  propres  limites.  Des  difficultés^  souvent 
insurmontables^  sont  venues  Farrôter  dans  ses  investigations,  lorsqu'il 
a  voulu  s'étudier  lui-môme. 

D'une  autre  part,  cette  science  constitue  à  la  fois  la  base  et  le  ves- 
tibule de  l'édifice  médical.  Or,  si  elle  attire  par  le  désir  de  connaître 
les  merveilles  de  Torganisation,  elle  repousse  plus  encore  par  le  cor* 
tége  dont  elle  s'entoure  :  des  lambeaux  flottants,  des  membres  déchar- 
nés, des  chairs  qui  se  décomposent,  partout  les  dépouilles  et  l'appareil 
affreux  de  la  mort,  tel  est  l'aspect  sous  lequel  elle  se  présente  à  celui 
qui  entr'ouvre  les  portes  du  temple  pour  s'initier  aux  principes  de  l'art 
de  guérir. 

Mais  telle  est  aussi  l'absolue  nécessité  des  connaissances  anato- 
miques  pour  la  physiologie,  la  médecine  et  la  chirurgie,  qu'elle  a 
triomphé  de  tous  les  obstacles.  Tel  est  l'attrait  qui  s'attache  à  son 
étude^  lorsque  les  premières  difficultés  en  ont  été  surmontées,  qu'elle 
a  trouvé  à  toutes  les  époques  des  défenseurs  ardents  et  dévoués,  sou- 
vent même  passionnés  pour  son  culte. 

En  France,  où  Ton  a  plus  célébré  ses  avantages  que  favorisé  ses 
progrés,  la  science  pure  a  été  en  général  délaissée  pour  la  science 
appliquée.  Il  n'y  a  pas  lieu  de  s'étonner  par  conséquent  que  son  évo- 
lution ait  été  lente  et  tardive.  Ne  pouvant  imprimer  le  mouvement, 
elle  borna  son  ambition  à  le  suivre,  et  resta  ainsi  dans  un  état  d'infé- 
riorité qu'on  ne  saurait  méconnaître. 

Au  xvui"  siècle,  c'est  vers  l'école  de  Leyde  que  se  tournent  tous  les 
regards.  Elle  est  représentée  d'abord  par  Boerhaave,  le  génie  le  plus 
îaste  et  le  plus  brillant  qu'aient  produit  les  sciences  médicales.  A 
Boerhaave  succède  Tillustre  Albinus,  esprit  moins  élevé,  mais  doué 
d*une  telle  sagacité,  d'un  regard  si  pénétrant,  qu'il  a  été  justement 


VIII  PREFACE. 

considéré  comme  le  modèle  des  observateurs.  Sandyfort,  venu  apiv> 
lui,  était  un  esprit  de  la  même  trempe.  Tous  les  trois  cultivèrent  Fana- 
tomie,  qui  s*enrichit  alors  d*un  grand  nombre  de  découvertes. 

Sous  une  latitude  plus  méridionale,  Haller  associait  l'étude  de 
Tanatomie  à  celle  de  la  physiologie,  donnant  la  première  pour  base  à 
la  seconde^  et  élevait  ainsi  à  Tune  et  à  l'autre  un  monument  impé- 
rissable. 

En  Italie,  brillait  Morgagni,  qui  nous  a  laissé,  sur  Tanatomie  normale 
et  l'analomie  pathologique,  deux  monuments  non  moins  durables. 

A  ces  gloires,  la  France  n'avait  à  opposer  que  le  célèbre  Winslo^s 
homme  éminent  sans  doute,  mais  qu'elle  ne  pouvait  mettre  en  paral- 
lèle cependant  avec  trois  grandes  figures  historiques,  comme  Albinus, 
Haller  et  Morgagni. 

Après  la  mort  de  ces  grands  hommes,  le  silence  qui  se  fit  autour 
de  leur  tombe  sembla  s'étendre,  en  quelque  sorte,  sur  toute  la  contrée 
illustrée  par  leurs  travaux.  Vers  la  fin  du  xviii*  siècle,  la  suprématie, 
après  s'être  plusieurs  fois  déplacée,  ne  se  trouvait  plus  nulle  part. 
Semblable  à  ce  roi  des  airs  qui  plane  quelque  temps,  incertain  de  la 
direction  qu'il  va  prendre,  on  vit  alors  le  génie  de  la  science,  tour  à 
tour  exilé  de  la  Hollande,  de  la  Suisse  et  de  l'Italie,  planer  quelque 
temps  aussi  sur  les  diverses  régions  de  l'Europe,  incertain  également 
de  celle  qu'il  allait  choisir  :  ce  fut  vers  la  France  qu'il  se  dirigea. 

Du  troisième  ou  quatrième  rang  qu'elle  avait  occupé  jusque-là,  elle 
monte  presque  subitement  au  premier. 

Vicq  d'Azyr  publie  son  splendide  ouvrage  sur  l'encéphale,  et  dé- 
montre les  avantages  que  l'anatomie  humaine  pouvait  retirer  de  l'ana- 
tomie  comparée.  E.  Geoffroy  Saint-Hilaire  jette  les  bases  de  l'anatomie 
philosophique. 

Bichat,  en  nous  donnant  son  immortel  Traité  d'anatomie  générale, 
ouvre  à  la  science  de  nouveaux  horizons;  et  déjà  il  avait  conçu  le  pro- 
jet de  reprendre  par  sa  base  tout  l'édifice  médical,  lorsque  la  mort 
vint  l'arrêter  dans  sa  généreuse  audace,  en  le  frappant  à  trente-deux 
ans.  Des  travaux  si  nombreux,  et  d'une  si  haute  importance,  publiés 
dans  l'espace  de  quelques  années,  au  début  de  sa  carrière,  annonçaient 
une  de  ces  organisations  puissantes  qui  naissent  de  siècle  en  siècle 
pour  l'avancement  des  sciences. 

Témoin  de  sa  marche  si  rapidement  ascendante,  le  dernier  des  troi> 
grands  représentants  de  l'école  de  Leyde,  l'illustre  Sandyfort,  laissai 
échapper  ce  cri  d'admiration  :  u  Dans  six  ans,  votre  Bichat  aura  sur- 
passé notre  Boerhaave.  » 

Ce  jugement  porté  par  le  chef  d'une  école  célèbre  à  tant  de  titres, 
peut  être  accepté  comme  celui  de  la  postérité.  Le  génie  de  Bicbal 


PREFACE.  IX 

avait,  en  effet,  tout  Téclat  de  celui  de  Boerhaave.  Il  en  avait  aussi 
l'ampleur.  Mais  la  nature  l'avait  doué  d'un  esprit  moins  enclin  aux 
vues  spéculatives,  plus  porté  au  contraire  vers  l'observation.  C'est 
pourquoi^  bien  qu'il  n'ait  fait  qu'apparaître,  il  a  laissé  cependant  des 
traces  plus  profondes  de  son  passage.  Il  fut  supérieur  à  Albinus.  Ce 
trait,  à  lui  seul,  pourrait  suffire  à  son  éloge;  car  peu  d'anatomistes  ont 
enrichi  la  science  d'un  aussi  grand  nombre  de  travaux;  et  chacune 
de  ses  œuvres  touche  de  si  près  à  la  perfection,  qu'on  ne  peut  les 
parcourir  sans^étre  saisi,  pour  son  auteur,  des  sentiments  de  la  plus 
vive  admiration.  Toutefois  il  ne  lui  fut  supérieur  que  par  le  don  de 
généraliser,  qu'il  possédait  à  un  si  haut  degré.  Considérés  l'un  et  l'autre 
comme  investigateurs,  la  supériorité  reste  à  Albinus;  nul  ne  l'a  sur- 
passé, ni  peutrôtre  égalé,  dans  le  grand  art  d'observer. 


Bichat  avait  ouvert  une  voie  féconde  :  c'était  à  nous  de  marcher 
sur  ses  traces,  et  de  continuer  son  œuvre  ;  mais  elle  devait  être  conti- 
nuée par  d'autres.  Après  sa  mort,  survenue  en  1802,  l'anatomie 
retomba  dans  cet  état  de  langueur  dont  il  avait  si  puissamment  con* 
tribué  à  la  tirer. 

Abandonné  des  anatomistes,  des  physiologistes  et  des  médecins, 
l'étude  de  cette  science  ne  reprit  quelque  activité  qu'en  1825  ou  1830. 
Elle  devint  alors  l'apanage  à  peu  près  exclusif  de  la  chirurgie.  Ses  appli- 
cations avaient  été  trop  négligées,  on  s'attacha  à  les  mettre  en  lumière. 
De  cette  nouvelle  tendance  des  esprits  naquirent  VAnatomie  topo-' 
graphique  de  Blandin,  VAnatomie  chirurgicale  de  M.  Velpeau,  conti-^ 
nuée  plus  tard  par  celle  de  M.  Malgaigne,  puis  par  le  Traité  d'anaiomie 
médico^hirurgicale  de  M.  Richet,  qui  représente  si  dignement  aujour- 
d'hui cette  branche  de  la  science. 

En  nous  montrant  les  avantages  qu'on  pouvait  retirer  de  son  étude, 
les  chirurgiens  de  notre  époque  ont  rendu  à  l'anatomie  un  service  réel. 
Mais  n'oublions  pas  que  le  domaine  des  applications  est  illimité,  et 
que  le  nombre  et  l'importance  de  celles-ci  sont  en  raison  directe  des 
progrès  de  la  science.  Je  compare  les  traités  d'anatomie  chirurgicale 
aux  traités  de  chimie  industrielle  :  les  uns  comme  les  autres  prennent 
leur  point  d'appui  sur  la  science  de  leur  temps;  plus  elle  progresse, 
plus  aussi  se  multiplient  les  applications  qui  en  découlent.  La  chimie, 
qoi  tient  aujourd'hui  le  premier  rang  sous  ce  rapport,  n'est-elle  pas 
aussi  celle  qui  a  réalisé  le  plus  de  progrès?  La  science  pure  précède 
toujours  la  science  appliquée;  l'une  est  la  source  vive  de  l'autre. 
Uissons  donc  à  la  première  la  prépondérance  qui  lui  appartient;  atta- 
chons-nous à  la  perfectionner.  La  seconde^  en  profitant  de  ses  progrès, 
grandira  avec  elle. 


X  PREFACE. 

Tandis  que  l'anatoniie  était  considérée  en  France  comme  une  science 
qui  touchait  k  la  perfection,  et  dont  il  ne  restait  plus  à  déduire  que 
les  applications  pratiques^  TAllemagne,  dont  le  rôle  'et  l'influence 
avaient  été  jusqu'alors  très-effacés,  suivait  une  route  bien  différente. 
Ce  que  fait  le  chimiste  pour  les  corps  inorganiques,  elle  tenta  de  le 
faire  pour  les  corps  organisés.  De  même  que  celui-ci>  lorsqu'il  sou- 
met un  minéral  k  l'analyse,  sépare  les  uns  des  autres^  non-seulement 
leurs  composés  binaires  et  ternaires,  mais  jusqu'aux  éléments  qui 
forment  ces  composés;  de  même,  k  l'aide  de  réactifs  appropriés, 
elle  parvint  k  isoler  les  tissus  et  les  principes  élémentaires  de  nos 
organes. 

En  transportant  ainsi  les  procédés  de  l'analyse  dans  le  domaine 
de  l'organisation,  elle  ne  faisait  que  continuer  l'œuvre  commencée  en 
France  avec  tant  d'éclat  vers  la  fin  du  siècle  précédent.  Elle  appli- 
quait les  principes  formulés  par  l'immortel  auteur  de  VAnatomie 
générale.  Ce  qu'il  n'avait  qu'ébauché,  elle  entreprit  de  le  perfectionner; 
ce  qu'il  avait  cru  simple,  elle  parvint  k  le  décomposer  ;  les  décou- 
vertes qu'il  n'avait  qu'entrevues,  elle  fut  assez  bien  inspirée  pour  les 
réaliser. 

Bien  qu'elle  n'ait  pas  eu  le  mérite  de  l'initiative,  soyons  justes  k 
son  égard,  et  accordons-lui  toute  la  part  de  gloire  qui  lui  appartient 
dans  ce  grand  mouvement  scientifique.  Isoler  les  particules  élémen- 
taires des  corps  organisés  et  les  soumettre  ensuite  k  des  grossissements 
qui  nous  les  montrent  avec  les  caractères  propres  k  chacune  d'elles, 
c'était  reculer  les  limites  de  l'anatomie  normale  jusqu'au  point  où 
commence  l'anatomie  morbide  ;  c'était  projeter  sur  celle-ci  une  sou- 
daine et  vive  lueur  ;  c'était  créer  en  quelque  sorle  l'anatomie  médicale. 
Car  ce  sont  les  altérations  intimes  de  nos  organes  qu'il  importe  sur- 
tout au  médecin  de  connaître^  afin  qu'il  puisse  les  combattre  dès 
qu'elles  se  manifestent.' 

Depuis  un  demi-siècle,  l'Allemagne  poursuit  ce  travail  d'analyse^ 
Témoins  de  ses  brillants  résultats,  les  nations  voisines  imitèrent  peu 
k  peu  son  exemple.  La  France,  débordée  de  toutes  parts,  finit  elle- 
même  par  suivre  le  courant,  avec  un  peu  de  résistance  d'abord,  puis 
avec  moins  de  réserve,  et  ensuite  avec  une  ardeur  de  plus  en  plus 
croissante.  Le  mouvement  commencé  de  l'autre  côté  du  Rhin  s'étant 
ainsi  généralisé,  les  progrès  de  l'histologie  devinrent  le  but  suprême, 
le  but  unique  de  tous  les  efforts. 

Mais  les  sciences,  comme  les  monuments,  ont  aussi  leurs  proportions 
qu'elles  doivent  conserver;  or,  l'histoire  nous  montre  que  lorsqu'une 
de  leurs  branches  acquiert  un  grand  développement,  c'est  presque  tou- 
jours au  détriment  des  autres,  qui  cessent  alors  de  croître.  Tel  a  été, 


PRÉFACE.  XI 

en  effet,  le  résultat  du  mouvement  qui,  depuis  vingt  ans,  entraine  tous 
les  esprits  dans  la  môme  direction.  Pendant  que  l'histologie  prenait 
un  si  large  développement,  les  autres  branches  de  Tanatomie  étaient 
délaissées  pour  la  plupart.  L'anatomie  descriptive,  que  Ton  considérait 
comme  la  plus  avancée  et  la  plus  voisine  de  la  perfection,  était  aussi 
la  plus  abandonnée;  sur  ses  vastes  domaines,  incultes  et  déserts,  à 
peine  voit-on  apparaître  de  loin  en  loin  quelque  timide  explorateur. 
Le  moment  me  semble  venu  de  réagir  contre  un  pareil  abandon^  et 
de  lui  restituer  la  part  d'attention  qui  lui  est  due,  l'importance  qui 
lui  appartient. 

L'anatomie  descriptive  est  le  tronc  d'où  naissent,  comme  autant  de 
branches,  l'histologie,  l'anatomie  générale,  l'anatomie  philosophique, 
l'anatomie  des  régions,  l'anatomie  chirurgicale,  etc.  Un  traité  qui 
renfermerait  une  exposition  complète  de  cette  science  devrait  avoir 
pour  introduction  l'anatomie  générale,  pour  couronnement  l'anatomie 
topographique,  et  pour  corps  l'anatomie  descriptive  proprement  dite, 
réunissant  dans  un  même  faisceau  tout  ce  qui  se  rattache  à  la  confor- 
mation extérieure  et  à  la  texture  intime  de  nos  organes,  tous  les  faits 
généraux  qui  les  concernent,  toutes  les  applications  qui  découlent  de 
leur  étude,  tout  ce  qui  est  relatif  à  leurs  usages. 

C'est  sur  cette  large*  base  que  reposent  le  grand  ouvrage  de  Haller 
et  le  Traité  d'ofiatomie  çt  de  physiologie  comparées  de  M.  le  professeur 
Milne  Edwards. 

Il  n'est  donné  qu'à  quelques  rares  intelligences  d'aborder  une 
entreprise  aussi  vaste.  On  peut  appliquer  à  la  perfectibilité  des 
sciences  la  loi  qui  préside  à  la  perfectibilité  des  organismes.  Cette 
loi,  découverte  et  si  bien  formulée  par  M.  Milne  Edveards,  est  celle  de  la 
division  du  travail  :  les  fonctions  se  perfectionnent  d'autant  plus,  que 
le  travail  confié  à  chaque  appareil  se  trouve  réparti  entre  un  plus 
grand  nombre  d'organes.  De  môme  aussi  les  sciences  progressent 
d'autant  plus  rapidement,  que  le  nombre  des  investigateurs  est  plus 
considérable  et  que  chacun  d'eux  en  embrasse  une  partie  plus  limi- 
tée. L'application  de  cette  loi  est  devenue  plus  impérieuse  à  mesure 
qu'elles  prenaient  une  plus  grande  étendue.  Bien  que  les  arguments 
invoqués  pour  réunir  l'anatomie  à  la  physiologie  aient  conservé  toute 
leur  valeur,  on  comprit  donc  la  nécessité  de  les  séparer.  Avouons-le, 
c'est  à  cette  séparation  que  nous  sommes  redevables  des  immenses 
progrès  réalisés  depuis  le  commencement  de  ce  siècle  dans  les  sciences 
biologiques,  progrès  auxquels  MM.  Longet,  Coste,  Cl.  Bernard, 
Ch.  Robin,  ont  pris  chez  nous  une  si  glorieuse  part. 

L'anatomie  elle-même  comprend  un  si  grand  nombre  de  branches, 
qu'il  serait  téméraire  de  vouloir  l'exposer  dans  son  ensemble.  L'ou- 
vrage que  je  soumets  au  jugement  du  public  a  pour  objet  l'étude 


XII  PREFACE. 

des  appareils  et  des  organes  qui  les  composent.  Plus  tard  il  me  sera 
permis  peut-être  de  lui  donner  pour  introduction  Tanatomie  générale, 
et  pour  résumé  Tanatomie  topographiqne. 

L'histoire  des  appareils  et  des  organes  présente  deux  phases  bien 
différentes.  Dans  la  première,  on  a  étudié  leurs  rapports,  leur  situa* 
tion,  leur  direction,  leur  volume,  etc.;  on  se  borna,  en  un  mot,  à 
considérer  leur  conformation  extérieure.  Dans  la  seconde,  on  a  cher- 
ché k  déterminer  les  parties  qui  les  composent,  et  tout  fut  sacrifié  alor<i 
au  désir  de  connaître  leur  structure.  Cette  seconde  période  ne  commence 
que  vers  le  milieuduxvn* siècle;  elledate des  travauxdeMalpigbi. Depuis 
lors  il  existe  en  quelque  sorte  deux  courants  dans  la  science.  On  a  vu 
k  diverses  époques  les  deux  courants  se  mêler.  Mais  le  plus  souvent 
ils  sont  restés  distincts.  Chacun  d'eux  cependant  a  son  côté  utile.  Les 
réunir,  c'était  réaliser  un  progrès. 

Dans  ce  but,  j'ai  consacré  dix  ans  environ  à  l'étude  de  l'histologie, 
afin  de  me  familiariser  avec  les  divers  procédés  d'analyse;  et  pendant 
la  durée  de  ces  études  je  me  suis  imposé  pour  devoir  de  vérifier  tous 
les  faits  qui  ont  été  successivement  recueillis,  soumettant  à  cette 
épreuve  surtout  ceux  qui  me  semblaient  équivoques.  Je  me  suis  atta- 
ché aussi  k  discuter  les  opinions  pour  établir  {eur  valeur  relative.  J'ai 
fait  appel,  en  un  mot,  k  l'observation,  et  lorsqu'elle  m'a  fait  défaut, 
k  la  critique  ;  souvent  k  Tune  et  k  l'autre  en  jnéme  temps.  Cette  ma- 
nière de  procéder  est  la  plus  longue,  sans  doute;  mais  elle  est  aussi 
la  plus  sûre.  Elle  m'a  permis  de  relever  une  foule  d'erreurs,  et  m'a 
conduit  en  outre  k  constater,  sur  un  assez  grand  nombre  de  points,  des 
faits  entièrement  neufs.  Ces  faits  seront  exposée  chacun  k  la  place  qui 
leur  convient. 


Pour  transmettre  le  dépôt  d'une  science  aussi  riche  de  faits  que 
l'anatomie,  il  importe  d'établir  entre  celui  qui  Ta  reçu  et  celui  qui  le 
reçoit  une  sorte  de  lien  intellectuel.  Ce  lien  constitue  la  méthode. 
Celle-ci  varie  selon  le  but  qu'on  se  propose,  chaque  auteur  a  la  sienne; 
le  nombre  en  est  pour  ainsi  dire  illimité.  Toutes  cependant  peuvent 
être  ramenées  k  deux  principales,  qui  portent  chacune  un  grand  nom  : 
l'une  était  celle  de  Desault  ;  l'autre  était  celle  de  Bichat.  Dans  la  pre- 
mièrei  on  divise  et  subdivise  la  périphérie  des  organes  pour  étudier 
ensuite  chaque  partie  et  particule;  l'œil  armé  d'une  loupe,  on  voit 
lout«  on  décrit  tout;  on  attache  k  chaque  fait,  k  chaque  détail,  k  chaque 
point  une  importance  égale.  Cette  méthode  fut  celle  de  Gavard  ;  son 
ouvrage  nous  en  ofl're  le  spécimen  le  plus  complet  que  nous  possédions. 
Elle  a  été  adoptée  aussi  par  Boyer,  mais  avec  des  améliorations  impor» 
tantes.  Dans  la  seconde,  on  àm^e  et  Ton  subdivise  beaucoup  moins; 


PRÉFACE.  XIII 

les  regards  ne  s'arrêtent  que  sur  les  points  les  plus  saillants;  la  des- 
cription est  plus  rapide. 

Chacune  de  ces  méthodes  a  ses  avantages  qu'il  faut  conserver;  cha- 
cône  d'elles  a  aussi  ses  inconvénients  qu'il  importe  d'éviter.  La  mé- 
thode de  Desault  était  une  réaction  contre  les  méthodes  anciennes, 
qui  ne  présentaient  de  nos  organes  qu'un  tableau  inûdéle,  incomplet 
et  souvent  confus.  Ce  grand  homme  avait  reconnu  l'utilité  d'une 
réforme;  en  l'opérant,  il  rendit  à  la  science  un  éminent  service. 
C'est  à  lui  que  nous  sommes  redevables  de  la  supériorité  incontestée 
de  notre  méthode  descriptive;  on  ne  peut  lui  adresser  qu'un  seul 
reproche,  e'est  d'avoir  dépassé  le  but  auquel  il  tendait.  Il  voulut  être 
complet,  et  tomba  dans  l'abus  des  détails.  Comme  ces  photographies 
qni  reproduisent  tous  les  traits  d'une  physionomie,  sans  en  rendre 
suffisamment  l'expression,  sa  méthode  reproduit  exactement  aussi 
tout  ce  que  l'œil  découvre  à  la  surface  des  organes,  sans  mettre  suffi* 
samment  en  relief  les  attributs  qui  les  caractérisent. 

Une  semblable  méthode  ne  pouvait  convenir  à  l'esprit  ardent  de 
Bichat.  «  Il  faut  l'avouer,  ditril,  la  nature  est  repoussante,  lorsqu'on 
B  la  montre  revêtue  de  ces  formules  minutieuses  où  chaque  organe 
•  ne  se  présente  à  vous  que  géométriquement  entouré  d'angles,  de 
»  fiices,  de  bords,  etc.,  où  nulle  saillie,  nul  enfoncement,  nulle  fibre 
»  presque  n'échappe  à  la  description;  où  tel  est  le  nombre  des 
»  divisions  et  subdivisions,  qu'il  est  plus  long  souvent  de  les  énoncer 
>  que  de  décrire  les  objets  qu'elles  doivent  classer.  Semblables  à  ces 
■  peintures  où  l'on  ne  distingue  rien  à  force  d'y  trop  voir,  de  telles 
»  méthodes  deviennent  confuses  à  force  d'être  exactes  ;  elles  tuent  le 
»  génie  sans  soulager  la  mémoire.  » 

En  réagissant  aussi  vivement  contre  la  méthode  de  Desault.  Bichat 
à  son  tour  dépassa  le  but  qu'il  voulait  atteindre.  Ses  descriptions,  trop 
sobres  de  détails,  ne  donnent  des  organes  qu'une  notion  insuffisante. 
Le  désir  d'éviter  un  écueil  le  fit  tomber  dans  l'écueil  opposé. 

Ni  l'une  ni  l'autre  de  ces  méthodes  ne  méritent  donc  une  préférence 
exclusive.  En  les  associant,  nous  réunirons  leur»  avantages ,  et  nous 
éviterons  les  excès  qui  leur  sont  si  justement  reprochés.  A  la  méthode 
de  Desault  nous  demanderons  cette  sévérité  de  principes  qui  conduit 
aux  descriptions  exactes  et  complètes.  A  celle  de  Bichat  nous  emprun- 
terons l'esprit  d'appréciation  qui  classe  les  faits  selon  leur  impor- 
tance, et  cette  sage  réserve  qui  exclut  les  détails  superflus. 

L'élève  qui  débute  dans  l'étude  de  l'anatomie,  alors  même  qu'i 
prend  pour  guide  l'ouvrage  le  plus  élémentaire,  se  montre  toujours 
surpris  et  presque  effrayé  de  la  multiplicité  des  détails  sur  lesquels 
00  appelle  son  attention.  A  mesure  qu'il  se  familiarise  avec  la  méthode 


XIV  PRÉFACE. 

descriptive,  cette  étude  devient  moins  aride^  mais  reste  cependant 
hérissée  de  difficultés.  Le  sentiment  de  ces  difficultés  accumulées  sur 
sa  route,  et  le  désir  de  lui  aider  à  les  surmonter,  ont  inspiré  la  pensée 
de  joindre  à  la  description  des  organes  des  planches  qui  les  repré- 
sentent 

Les  planches  ont-elles  en  effet  pour  avantage  d'émousser  les  aspé- 
rités de  Tétude?  Ont-elles  rendu  à  la  science  tous  les  services  qu'elle 
en  attendait  ?  La  controverse  qui  s'est  élevée  à  ce  sujet  aurait  duré 
moins  longtemps  si  la  question  eùi  été  posée  dans  ses  véritables 
termes.  Or,  elle  me  parait  devoir  être  ainsi  posée  :  Les  bonnes  planches 
sont-elles  utiles?  Tous  les  esprits  sensés  seront  sans  doute  d'accord 
pour  répondre  affirmativement  Ce  premier  point  résolu,  pour  appré- 
cier les  services  que  la  lithographie  et  la  gravure  ont  rendus  aux 
sciences  naturelles,  et  plus  particulièrement  à  l'anatomie ,  il  suffirait 
d'établir  la  proportion  des  bonnes  et  des  mauvaises  planches.  Il  est 
certain  que  les  premières  sont  assez  rares  ;  les  secondes  sont  incompa- 
rablement les  plus  nombreuses.  De  ce  fait  faut-il  conclure  avec  quel- 
ques auteurs  qu'elles  ont  été  plus  nuisibles  qu'utiles  aux  progrès  de 
la  science,  et  qu'il  y  aurait  lieu  de  les  proscrire?  Cette  conclusion  ne 
serait  pas  légitime.  Si  les  bonnes  planches  sont  rares,  les  bonnes 
descriptions  le  sont  aussi  ;  or,  parce  qu'on  a  souvent  mal  décrit,  faut-il 
donc  aussi  cesser  de  décrire?  Soyons  moins  exclusifs  :  ne  repoussons 
que  ce  qui  est  nuisible,  perfectionnons  ce  qui  peut  l'être,  et  surtout 
conservons  ce  qui  est  utile. 

Il  importe,  du  reste,  de  bien  définir  le  degré  d'utilité  des  planches, 
afin  de  n'en  pas  exagérer  l'importance  et  d'éviter  l'emploi  abusif  qu'on 
pourrait  en  faire. 

L'anatomie  est  une  science  toute  d'observation.  Considérer  nos 
organes  dans  leur  ensemble  et  leurs  rapports,  les  séparer  les  uns  des 
autres  pour  les  examiner  sous  toutes  leurs  faces,  les  diviser  et  péné- 
trer en  quelque  sorte  dans  leur  épaisseur  pour  déterminer  le  mode 
d'agencement  de  toutes  les  parties  qui  les  composent  :  telle  est  l'uni- 
que route  qui  puisse  nous  conduire  à  des  connaissances  positives  et 
durables.  L'organisation  est  si  compliquée,  que  les  descriptions  les 
plus  exactes,  les  plus  claires,  les  plus  étendues,  ne  nous  en  donneront 
jamais  qu'une  notion  incomplète.  Les  planches  les  meilleures,  alors 
même  qu'on  les  multiplie,  ne  sauraient  la  montrer  sous  tous  ses 
aspects;  il  est  quelques  propriétés  qu'elles  sont  d'ailleurs  impuissantes 
à  reproduire  :  telles  sont  la  consistance,  l'élasticité,  la  flexibilité,  etc. 
C'est  donc  dans  le  grand  livre  de  la  nature  qu'il  faut  en  chercher 
l'histoire  fidèle  et  complète  :  l'homme  doit  être  étudié  sur  l'homme 
lui-même.  Les  ouvrages  les  plus  estimés  ne  sont  que  des  guides  qui 
appellent  nos  regards  sur  les  points  les  plus  dignes  de  fixer  l'attention. 


PRÉFACE.  XV 

£q  D0U8  montrant  ce  que  nous  cherchons,  les  planches  nous  aident 
à  le  découvrir.  De  môme  que  les  descriptions  auxquelles  elles  se  trou- 
vent mêlées  ou  annexées,  elles  ne  sont  et  ne  doivent  être  que  des 
auxiliaires  de  l'observation. 

Ainsi  considérées,  elles  sont  utiles  aux  élèves,  qu'elles  secondent 
dans  leurs  dissections,  et  auxquels  elles  traduisent  dans  un  langage 
plus  clair  les  détails  souvent  compliqués  qui  se  rattachent  à  la  struc- 
ture des  organes. 

Elles  sont  utiles  au  physiologiste,  qui  ne  peut  incessamment  recom- 
mencer ses  études,  et  auquel  elles  rappellent  ce  qu'il  a  vu  autrefois. 

Elles  sont  utiles  au  médecin  et  au  chirurgien,  qui,  entraînés  dans 
le  tourbillon  de  la  vie  actiye,  voient  trop  souvent  des  connaissances 
péniblement  acquises  s'effacer  peu  à  peu  de  leur  mémoire,  et  qui  les 
consultent  alors  pour  ranimer  leurs  souvenirs. 

Elles  sont  utiles^  en  un  mot,  à  ceux  qui  ont  demandé  à  l'observation 
tout  ce  qu'elle  peut  donner,  à  ceux  qui  ont  vu  ce  qu'ils  ont  appris. 
Elles,  sont  inutiles  et  souvent  nuisibles  dans  les  conditions  opposées. 
Malheur  à  l'élève  qui,  n'ayant  rien  vu  et  ne  voulant  rien  voir,  tenterait 
de  substituer  une  pâle  imitation  de  la  nature  à  la  nature  elle-même  ! 
Des  notions  assises  sur  une  telle  base  n'auraient  ni  plus  de  valeur,  ni 
plus  de  durée,  que  ces  figures  qu'on  trace  sur  le  sable  mouvant,  et  qui 
s^'effacent  au  premier  souffle.  Ne  demandons  aux  planches  que  les 
services  qu'elles  sont  destinées  à  nous  rendre;  associons-les,  mais  ne 
les  substituons  pas  à  l'observation. 

Convaincu  de  leur  utilité,  je  les  ai  multipliées.  Sur  les  six  cents 
figures  environ  que  contiendra  cette  seconde  édition,  il  en  est  une 
centaine  qui  ont  été  empruntées  à  divers  auteurs;  j'aurai  soin  de 
rappeler  leurs  noms,  afin  de  laisser  à  chacun  d'eux  le  mérite  qui  lui 
appartient.  Toutes  les  autres  sont  des  figures  originales.  Elles  ont  été 
dessinées  et  gravées  sous  mes  yeux  :  je  n'ai  rien  négligé  pour  leur 
imprimer  le  cachet  d'exactitude  qui  pouvait  seul  les  rendre  utiles. 
J'ai  cherché  aussi  à  leur  donner  ce  caractère  de  simplicité  et  dé 
lucidité  qui  permet  à  l'œil  le  moins  clairvoyant  de  retrouver  sans 
efforts  tous  les  détails  qu'elles  renferment.  Quelques-unes  n'ont  pas 
répondu  à  mon  attente  ;  je  n'ai  pas  hésité  à  les  sacrifier,  préférant  en 
toute  chose  la  qualité  à  la  quantité. 

n  est  avantageux  pour  le  lecteur  de  trouver  chaque  figure  en  regard 
du  texte  auquel  elle  se  rattache.  Mais  lorsque  leur  nombre  devient 
considérab^le,  si  l'on  procède  rigoureusement  dans  leur  intercalation, 
le^, descriptions  sont  divisées,  morcelées  même,  ce  qui  constitue 
pn  inconvénient  réel^  Pour  l'éviter,  j'ai  superposé  les  unes  aux  autres! 
Le  texte  descriptif^  plus  important,  occupe  dans  chaque  page  {'étage 


XVI  PREFACE. 

sapérieur  et  se  trouTC  partoat  continu.  Les  planches,  rqetées  à  l'étage 
inférieur ,  restent  en  regard  de  la  description  qu'elles  accompagnent 
Loin  de  les  disséminer,  j'ai  groupé  au  contraire  celles  qui  sont  rela- 
tives au  même  objet  :  rapprochées^  elles  s'éclairent  mutuellement  et 
forment  une  sorte  de  tableau.  En  procédant  ainsi,  je  me  suis  proposé 
de  réunir  aux  avantages  qui  résultent  de  l'intercalation  des  figures 
ceux  qui  sont  propres  aux  atlas. 

La  première  édition  de  cet  ouvrage,  tirée  à  7000  exemplaires,  et 
mal  commencée,  s'est  épuisée  cependant  bien  avant  d'être  terminée. 
Un  succès  aussi  inattendu  me  fit  regretter  plus  vivement  encore  les 
nombreuses  et  très-grandes  imperfections  qu'elle  présentait,  et  m'im- 
posait le  devoir  de  les  faire  disparaître,  ou  du  moins  de  les  atténuer 
dans  la  limite  de  mes  forces.  Les  premières  parties  avaient  été  exposées 
sous  une  forme  trop  élémentaire;  je  n'ai  pas  hésité  à  les  refaire  entiè- 
rement. Celles  qui  m'ont  paru  défectueuses  ont  été  revues  et  amen- 
dées. Des  lacunes  importantes  existaient,  je  me  suis  attaché  aies  com- 
bler. Toutes  les  améliorations  que  cette  première  édition  pouvait  ftûre 
désirer,  j'ai  cherché  en  un  mot  à  les  introduire  dans  la  seconde.  Appré- 
ciateur impartial  des  efibrts  consciencieux,  le  public  jugera  si  j'ai 
réussi. 

Je  dois  des  remerclments  aux  artistes  qui  ont  bien  voulu  me  secon* 
der  de  leur  talent  Je  les  transmets  à  MM.  Lackerbauer,  Beau  et  Bion, 
pour  les  dessins  si  étudiés  et  si  habilement  exécutés  quils  m'ont  remis  ; 
à  MM.  Salle  et  Rapine,  pour  le  mérite  dont  ils  ont  fait  preuve  dans  la 
gravure  de  ces  dessins;  à  tous,  pour  l'obligeance  extrême  qu'ils  ont 
mise  à  retoucher  l'œuvre  sortie  de  leurs  mains,  aussi  souvent  que  je 
l'ai  désiré.  Je  prie  aussi  MM.  A.  Delabaye  et  E.  Martinet  d'agréer 
l'expression  de  mes  sentiments  de  gratitude  :  le  premier  pour  les 
sacrifices  qu'il  s'est  imposés,  le  second  pour  les  soins  qu'il  a  apportés 
dans  l'impression  de  cette  seconde  édition. 


ANATOMIE  DESCRIPTIVE 


CONSIDÉRATIONS  GÉNÉRALES 


Objet  et  dIvteloB  de  rAaatomle. 

L  anatomic  est  une  science  qui  a  pour  objet  la  structure  des  corps  orga* 
nisés.  Ceux-ci  se  divisant  en  deux  classes,  les  végétaux  et  les  animaux,  cette 
science  se  divise  aussi  en  deux  grands  embranchements  :  Vanatomie  végétale 
et  Vanatomie  animale  (i). 

La  structure  des  êtres  qui  ont  reçu  la  vie  en  partage  a  été  envisagée  sous 
des  aspects  très-variés,  et  la  science  a  pris  autant  de  formes  distinctes  qui 
chacune  ont  reçu  un  nom  différent.  C'est  ainsi  qu'on  a  appelé  : 


B»erée,  coile  qui  traite  de  l'organisation  dans  toute  la  série 
tnimale  et  qui  considère  successivement  les  mômes  organes  dans  les  diverses 
eipices,  afin  d'arriver,  par  voie  de  comparaison,  à  une  notion  plus  exacte 
et  plus  complète  de  chacun  d'eux  ; 

AMUMBie  «relaie,  celle  qui  étudie  l'organisation  dans  une  seule  espèce  ; 
exemple  :  lanatomie  humaine,  Tanatomie  du  cheval,  de  la  sangsue,  du 
léoia, etc.,  etc.; 

iMteiie  pMieMpiii^ae,  celle  qui  s'élève  de  la  connaissance  et  du  rap* 
pruchement  des  faits  particuliers  aux  lois  générales  de  l'organisation; 


séméreie,  celle  qui  rapproche  les  parties  similaires  du  corps 
ponr  en  former  autant  de  groupes  naturels  connus  sous  le  nom  de  systèmes; 
qui  classe  tous  ces  systèmes  ;  les  étudie  dans  leur  conformation,  leur  struc- 
ture, leur  développement  ;  et  qui  nous  montre  la  part  que  prend  chacun 
d  eux  à  la  constitution  de  l'économie  ; 

i— teie  de  iemi«re,ou  htoteiode,  celle  qui  détermine  les  parties  consti- 
tuantes de  nos  organes,  et  qui  nous  enseigne  comment  elles  s'associent  ou  se 
combinent  pour  leur  donner  naissance  ; 

,1,  Le  mol  anaicmie  dérif  e  de  deux  mots  grecs  (rip»,  je  coupe,  «va,  parmi).  Pris  dans  son 
MHS  étymologique ,  il  exprime  donc  l'idée  de  dissection.  Ce  procédé  n'est  pas  le  seul  qui 
^'apptique  à  l'étude  des  clivs  organisés;  mais  ii  est  sans  conti*edit  le  plus  général  et  le  plus 
tnipvfiant. 

I.  1 


CONSIDERATIONS  Gl^iNEHALES. 

I  t«p«smiphi^pic),  rtainirsteale,  OU  «M  résioB«,  celle  qui  s'attache 
plus  spécialement  à  déterminer  leurs  rapports  et  qui  cherche  dans  cette 
détermination  un  guide  sAr  pour  la  main  du  chirurgien  ; 


■  tmitm^  ou  «MitoMde  de*  âsM,  celle  qui  (es  suit  dans  toutes 
les  périodes  de  leur  évolution,  depuis  le  moment  de  leur  apparition  jusqu'à 
l'époque  de  leur  complet  développement  ; 


e,  ou  iér«i*iosi«,  celle  qui  nous  fait  connaître  toutes 
les  modifications  que  la  nature  leur  imprime  lorsqu'elle  s'écarte  de  son  type 
spécifique  ; 


»,  celle  qui  étudie  les  altérations  dont  ils  peuvent 
devenir  le  siège,  afin  d'établir  la  corrélation  existant  entre  ces  altérations 
et  les  phénomènes  par  lesquels  elles  se  traduisent  au  dehors; 

AMii«aii«  éteiieH»<iTe,  celle  qui  trace  dans  un  cadre  méthodique  l'histoire 
successive  et  complète  de  chacun  d'eux. 

C'est  sous  ce  dernier  point  de  vue  que  nous  envisagerons  l'anatomie.  Ainsi 
considérée,  elle  embrasse  dans  ses  limites  tout  ce  qui  est  relatif  à  la  situa> 
tion,  à  la  configuration,  aux  connexions,  à  la  couleur,  à  la  consistance,  au  | 

volume  et  au  poid?,  en  un  mot  aux  propriétés  extérieures  de  nos  organos.  i 

Mais  pour  tracer  de  ceux-ci  une  description  complète,  il  faut  en  outre 
déterminer  leurs  rapports  avec  les  organes  voisins;  faire  connaître  les  élé- 
ments qui  les  composent  et  leur  mode  d'association;  les  suivre  dans  leur 
développement  et  dans  leur  décroissance  à  travers  la  série  des  Ages;  les 
mettre  parfois  en  parallèle  avec  ceux  des  autres  espèces  animales;  Ikire 
connaître  leurs  principales  anomalies,  et  dans  quelques  cas  aussi  leurs  alté- 
rations  :  d'où  il  suit  que  l'anatomie  topographique,  l'anatomie  de  texture, 
l'anatomie  d'évolution,  etc.,  sont  plus  ou  moins  tributaires  de  l'anatomie 
descriptive. 

Cette  branche  de  la  science,  que  sa  définition  nous  fait  apparaître  d'abord 
comme  peu  développée,  est  donc  au  contraire  la  plus  étendue.  C'est  en  partie 
sur  elle  que  sont  implantées  toutes  les  autres.  î/histologie  en  est  un  simple 
rameau.  Bien  culti>ée,  elle  se  couvre  de  fleurs  et  de  fruits;  elle  est  féconde, 
en  d'autres  termes,  en  applications,  et  tient  par  conséquent  sous  sa  dépen- 
dance toute  l'anatomie  médico-chirurgicale.  Elle  absorbe  également  toute 
l'anatomie  des  âge»,  embrasse  une  grande  partie  de  l'anatomie  générale,  et 
s'agrandit  encore  par  de  fréquents  emprunts  à  l'anatomie  comparée. 

Le  corps  humain  est  un  édifice  dont  toutes  les  parties  ont  été  admirable- 
ment coordonnées.  Avant  do  pénétrer  dans  l'intérieur  de  cet  édifice  pour  en 
étudier  la  distribution,  la  structure,  le  mécanisme,  Jetons  un  coup  d*œil 
sur  son  ensemble,  contemplons  sa  surface,  déterminons  les  dimensions  et  les 
proportions  qu'il  présente. 


DU  CORPS  HUMAIN  EN  GÉNÉRAL 


§  1.  —  Attitude  et  configuration  du  corps. 

L  homme  se  tient  debout  sur  la  plante  des  pieds.  Seul,  entre  tous  les 
mammifères,  il  jouit  de  ce  privilège  qui  lui  laisse  l'entière  liberté  de  ses 
membres  thoraciques,  et  qui  suffirait  pour  établir  sa  supériorité  sur  les  êtres 
les  plus  rapprochés  de  lui  par  leur  organisation,  s'il  ne  possédait  dans  son 
intelligence  un  titre  plus  éclatant  et  plus  digne  au  rang  suprême.  Destinés 
chex  les  animaux  à  la  progression,  ces  membres  sont  revêtus  à  leur  extré- 
mité d'étuis  cornés  qui  les  protègent  contre  les  aspérités  du  sol,  mais  qui 
communiquent  à  cette  partie  terminale  une  sorte  de  rudesse.  Libre  chez 
l'homme,  destinée  chez  lui  à  la  préhension,  celle-ci  est  plus  délicate,  plus 
divisée,  plus  sensible,  plus  mobile  surtout,  et  devient  ainsi  une  arme  avec 
laquelle  il  peut  se  défendre  et  un  organe  qu'il  fait  servir  à  son  industrie. 

L'attitude  quadrupède  est  donc  un  signe  d'infériorité  ;  l'attitude  bipède,  par 
tous  les  avantages  qu'elle  porte  avec  elle,  dénote,  au  premier  aspect,  le  rang 
deré  qui  appartient  à  l'espèce  humaine  parmi  les  ôtres  vivants. 

Considéré  dans  l'attitude  qui  lui  est  propre,  le  corps  de  l'honmie  est  limité 
pir  six  planB  :  un  plan  vertical  antérieur  ou  abdominal;  un  plan  vertical 
postérieur  ou  dorsal  ;  deux  plans  verticaux  et  latéraux,  l'un  droit,  l'autre 
gauche;  et  deux  plans  horisontaux,  l^un  supérieur  ou  céphalique,  l'autre 
ioférienr  appelé  aussi  base  de  suitenUUhn.  C'est  à  ces  plans  que  nous  rappor- 
terons tous  les  organes,  lorsque  nous  aurons  à  déterminer  leur  situation  res- 
pective; ainsi,  de  deux  organes  voisins,  nous  appellerons  antérieur  celui  qui 
leia  plus  rapproché  du  plan  abdominal,  postérieur  celui  qui  sera  plus  rap- 
proché du  plan  dorsal,  ou  bien  supérieur  celui  qui  se  rapprochera  davan- 
tage du  plan  céphalique,  et  inférieur  celui  qui  se  rapprochera  davantage  de 
la  base  id  sustentation. 

Considéré  dans  sa  conformation  extérieure,  le  corps  humain  se  compose 
d'nne  partie  centrale  que  dominent  le  cou  et  la  tôte,  et  à  laquelle  viennent 
K  rattacher  les  quatre  membres  comme  autant  d'appendices. 

ké  •*  fleMjMMIea  an  Uwme. 


Le  Iroiie,  ou  partie  centrale  du  corps,  peut  être  comparé  à  un  cjrlindrg 
qui  aurait  été  comprimé  d'avant  en  arrière,  en  sorte  que  son  diamètre 
transversal  l'emporte  notablement  sur  l'antéro-postérieur  :  mode  de  con- 
fonnation  opposé  à  celui  qu'on  remarque  chex  la  plupart  des  mammifères^ 
où  û  est,  au  contraire,  aplati  de  l'un  à  l'autre  côté. 

Le  tronc,  an  outre,  est  plus  étroit  à  sa  partie  moyenne  qu'à  ses  extrémités, 
&poBtion  plus  spécialement  propre  aussi  à  l'espèce  humaine.  Ainsi  confi- 
guré, il  se  divise  en  deux  parties  bien  distinctes,  l'une  supérieure  qui  forme 
le  (ftorav,  l'antre  inférieure  qui  constitue  Yabdomtm. 


4  m   CORPS  HUMAIN  EN  GENERAL. 

Le  thorax  a  pour  limite  supérieure  et  antérieure  une  échaiicrure  médiane 
qui  surmonte  la  base  du  sternum,  et  de  chaque  côté  une  saillie  horiiontale 
et  sinueuse,  très-accusée,  produite  par  la  clavicule.  —  Inférieurement,  il  est 
limité  en  avant  par  une  petite  fossette,  médiane  aussi,  sous  laquelle  se  cache 
l'appendice  xiphoîde  du  sternum,  et  latéralement  par  deux  longues  saillies 
curvilignes  qui  partent  des  bords  de  cette  fossette  et  qui  divergent  en  descen- 
dant, (les  saillies,  dont  la  convexité  regarde  en  bas  et  en  dedans,  sont  for- 
mées par  la  soudure  et  la  continuité  des  cartilages  situés  sur  le  prolonge- 
ment des  septième,  huitième,  neuvième  et  dixième  côtes,  d'où  le  nom  de 
rebordê  cartilagineux  qui  leur  a  été  donné.  —  I>ans  l'intervalle  compris  entre 
les  deux  limites  du  thorax  on  remarque  :  une  surface  résistante  qui  répond  à 
la  face  antérieure  du  sternum  ;  à  droite  et  à  gauche  une  large  saillie  muscu- 
laire due  au  grand  pectoral  ;  et  sur  le  bord  inférieur  de  celle-ci,  la  mam$Ue^ 
plus  ou  moins  développée  chez  la  fenune,  rudimentairc  chez  l'homme. 

Vabdomeriy  arrondi  et  saillant  chez  l'enfant,  se  déprime  chez  l'adolescent 
et  reste  en  général  déprimé  pendant  tout  le  cours  de  la  Jeunesse  ;  il  peut 
même  consener  cette  dépression  pendant  toute  la  durée  de  la  vie  chez  les 
hommes  à  constitution  sèche  ;  mais  il  la  perd  ordinairement  à  l'Age  où  le 
tissu  adipeux  commence  à  se  montrer,  et  tend  à  reprendre  alors  sa  forme  pri* 
mitive.  — La  fossette  sus-xiphoîdienne  et  les  deux  rebords  cartilagineux  éta- 
blissent très-nettement  la  ligne  de  démarcation  qui  le  sépare  du  thorax. 
—  En  bas  il  est  circonscrit  par  une  ligne  demi-circulaire ,  dont  la  partie 
médiane  ou  transversale ,  peu  accusée ,  rase  les  pubis,  et  dont  les  parties 
latérales  ou  obliques,  beaucoup  plus  apparentes,  se  présentent  sous  l'as- 
pect d'un  sillon  creusé  entre  la  cuisse  et  la  paroi  abdominale  antérieure  :  ce 
sillon  constitue  le  pli  de  l'aine  ;  il  se  termine  en  dehors  au  niveau  d'une  saillie 
osseuse  très-maniféste,  l'^'fie  iliaque  antérieure  et  supérieure.  A  celle-ci 
succède  une  crête  cuniligne  plus  prononcée  chez  la  femme  que  ches 
l'homme  :  c'est  la  crête  iliaque,  qui  forme  une  dépendance  du  bassin  et  qui  en 
représente  la  partie  la  plus  élevée.  L'espace  compris  entre  cette  crête  et  les 
dernières  côtes  varie,  suivant  les  indi\  idus,  de  6  à  9  centimètres  ;  il  se  montre 
d'autant  plus  C4>ncave  que  la  crête  iliaque  est  plus  saillante.^ Sur  la  paroi 
antérieure* de  l'abdomen  on  observe  Vambilic^  cicatrice  plus  ou  moins  dé- 
primée qui  en  occupe  à  peu  près  le  centre  ;  au-dessus  et  au-dessous  de  cette 
cicatrice  une  dépression  verticale  qui  correspond  à  la  ligne  blanche. 

Au  nivedu  de  l'étranglement  que  présente  la  partie  moyenne  du  tronc,  le 
thorax  se  trouve  séparé  profondément  de  l'abdomen  par  le  diaphragme^  cloi- 
son musculaire  très*obliquement  dirigée  do  haut  en  bas  et  de  la  paroi  anté- 
rieure vers  la  postérieurt*.  Il  résulte  de  cette  disposition  que  la  cavité  tho- 
racique  est  notablement  plus  longue  en  arrière,  et  la  cavité  abdominale  plus 
longue  Ml  contraire  en  avant.  Le  diaphragme,  en  outre,  n  alTecte  pas  la 
figure  d'un  plan,  mais  celle  d'une  voûte  dont  la  con>e\ité  n^garde  en  haut 
et  en  arrière,  la  concavité  en  bas  et  en  a\ant;  de  là  celte  nouvelle  consé- 
quence que  la  capacité  de  l'abdomen  est  supérieure  à  celle  du  thorax  et 
beaucoup  pins  grande,  en  réalité,  que  son  aspect  extérieur  ne  semble  l'an- 
noncer. ~  Pour  arriver  A  une  détermination  plus  précise  de  la  situation  des 


CONnCURATION  ÙV  CORPS.  5 

Tiscères  qu'elle  renferme,  elle  a  été  divisée  en  trois  sBoues  par  deux  plans 
boriiontaux  :  une  zone  supérieuri  ou  épigastriquêy  une  zone  moyenne  ou 
omlnliealey  une  zone  inférieure  ou  hypoifostrique  ;  et  chacune  de  celles^i  a 
été  tubdivisée  en  trois  régions.  Deux  lignes  qui  s'étendraient  transversale- 
ment, l'une  de  la  partie  moyenne  du  rebord  cartilagineux  d'un  côté  à  la 
partie  correspondante  du  rebord  opposé,  et  l'autre  de  l'épine  iliaque  gauche 
i  l'épine  iliaque  droite,  représenteraient  extérieurement  les  deux  plans 
horixontaux;  deux  autres  lignes  qui  croiseraient  perpendiculairement  les 
précédentes  et  qui  viendraient  tomber  sur  la  partie  interne  des  plis  de  l'aine, 
représenteraient  les  plans  verticaux. 

Des  neuf  régions  de  l'abdomen  les  trois  supérieures  seules  ont  des  limites 
bien  distinctes.  —  La  moyenne,  bornée  à  droite  et  à  gauche  par  les  rebords 
cartilagineux,  offre  une  figure  angulaire  dont  le  sommet,  dirigé  en  haut,  se 
continue  avec  la  fossette  sus-xiphoîdienne  ;  elle  est  déprimée  et  correspond 
à  l'estomac,  d'où  les  noms  de  creux  de  l'estomac^  et  à'épigaetre  qui  lui  ont  été 
donnés.  —  Les  régions  supérieures  et  latérales  situées  sous  les  six  dernières 
cotes  et  les  cartilages  qui  les  prolongent,  constituent  les  hypochondres  ;  c'est 
au  niveau  de  ceux-ci  qu'on  voit  s'entrecroiser  les  digitations  du  muscle 
grand  oblique  d'une  part,  du  grand  dentelé  et  du  grand  dorsal  de  l'autre. . 

La  région  moyenne  de  la  zone  ombilicale,  à  peu  près  plane,  n'est  remar- 
quable que  par  la  présence  de  Tombilic  qui  en  occupe  le  centre.  —  Les 
régions  latérales  appelées  flancs  et  régions  lombaires^  sont  concaves  de  haut 
ea  bas,  convexes  d'avant  en  arrière. 

La  région  moyenne  de  la  zone  hypogastrique,  ou  Yhypogaeirey  comprend 
dans  ses  limites  tous  les  organes  qui  occupent  l'excavation  du  bassin,  c'est-à- 
dire  la  vessie  et  le  rectum  chez  l'homme,  ces  mêmes  organes  et  en  outre 
1  utérus  et  ses  dépendances  chez  la  femme.  Elle  est  légèrement  déprimée 
dans  le  jeune  Age,  plane  dans  l'âge  adulte,  arrondie  chez  les  individus  doués 
d'un  certain  embonpoint,  et  séparée  alors  de  la  saillie  qui  surmonte  les 
pubis  par  un  sillon  transversal  que  les  sculpteurs  grecs  ont  beaucoup  exa- 
géré, et  qu'on  retrouve  surtout  très-accusé  dans  l'Apollon  du  Belvédère.— Les 
régions  latérales  ou  régions  iliaques  limitées  en  bas  par  le  pli  de  l'aine,  en 
dehors  par  la  crête  iliaque,  sont  tantôt  déprimées,  tantôt  presque  planes, 
quelquefois  saillantes  et  arrondies. 

Vu  par  sa  face  dorsale^  le  tronc  offre  un  aspect  bien  différent.  La  partie 
postérieure  du  thorax,  ou  le  dosy  en  forme  la  moitié  supérieure.  L'abdonden, 
qui  n'est  plus  représenté  sur  cette  face  que  par  les  régions  lombaires  ou  les 
hmbesy  et  le  bassin,  dont  on  distinguait  seulement  le  contour  sur  la  face 
opposée,  constituent  l'autre  moitié.— Le  dos  revôt  la  figure  d'un  plan  trian- 
gulaire dont  la  partie  la  plus  large  répond  aux  épaules,  et  dont  le  sommet 
tronqué  se  continue  avec  les  lombes  en  s'inclinant  vers  la  face  antérieure  du 
tronc.  —  Le  bassin  décrit  une  convexité  dont  la  partie  inférieure  du  sacrum 
représente  le  point  le  plus  saillant.  De  chaque  côté  de  l'origine  de  cette 
courbe  on  aperçoit  l'épine  iliaque  postérieure  et  supérieure  qui  tennine  en 
arrière  la  crête  de  ce  nom. 

Les  lombes  intermédiaires  au  plan  rentrant  du  dos  et  à  la  courbe  saillante 


8  nr  CORPS  HUMAIN  EN  GENERAI.. 

li«er  lorsqu'elle  re\ét  ton  plus  beau  type.  Sur  cette  divition,  il  a%ait  fondé  un 
procédé  extrêmement  ingénieux  pour  dessiner,  peindre  ou  sculpter  la  tête  sur 
un  espace  quelconque,  en  consenant  à  chacune  de  ses  parties  ses  dimen- 
sions relatives  (i). 

C.  —  CaaImratteB  iet  mcmlta^. 

Les  membres  naissent  des  quatre  angles  du  tronc  :  les  supérieurs  du  tho- 
rax, les  inférieurs  de  l'abdomen  ou  plutôt  du  bassin,  d  où  les  noms  de  mem^ 
Ure$  ihoraeiquês  et  de  tnembrei  abdominaux  ou  pelviens^  sous  lesquels  ils  sont 
aussi  désignés.  Les  membres  thoraciques  et  les  membres  abdominaux  offrent 
du  reste  une  remarquable  analogie  ;  les  uns  et  les  autres  se  composent  de 
quatre  segments  qui  se  correspondent  :  1  épaule  et  la  hanche,  le  bras  et  la 
cuisse,  Tavant-bras  et  la  jambe,  la  main  et  le  pied.  Chez  les  quadrupèdes  et 
la  plupart  des  reptiles,  où  les  premiers  ont  reçu  la  même  destination  que  les 
seconds,  leur  analogie  est  évidente.  Chez  Thomme,  où  leur  destination  est 
dUTérente,  celle-ci  se  révèle  à  nous  par  des  traits  moins  accusés  et  cependant 
non  moins  réels.  —  Les  supérieurs  sont  moins  volumineux  ;  leurs  loiers  sont 
plus  grêles  et  plus  légers,  mais  leurs  mouvements  plus  étendus,  plus  variés 
et  plus  rapides.  —  Les  inférieurs,  qui  supportent  tout  le  poids  du  corps,  pos- 
sèdent une  charpente  plus  solide  ;  leurs  divers  segments  se  correspondent  par 
des  surfaces  plus  larges  ;  ils  sont  unis  entre  eux  par.des  liens  plus  résistants; 
mais  ce  qu'ib  gagnent  du  côté  de  la  solidité,  ils  le  perdent  du  côté  de  la 
mobilité. 

Constitués  sur  le  même  type,  les  membres  thoraciqueset  abdominaux  pré- 
sentent donc  des  différences  de  proportion  que  nous  étudierons  plus  loin. 
Ils  présentent  en  outre  des  différences  de  conformation.  Celles-ci  dérivent 
pour  la  plupart  de  leur  squelette,  dont  presque  toutes  les  saillies  se  traduisent 
au  dehors.  Or,  la  clavicule  et  V omoplate  forment  celui  de  l'épaule  ;  l'os  iliaque 
celui  de  la  hanche;— l'^um^rus  et  le  fémur  représentent  celui  du  bras  et 
de  la  cuisse;  —  le  cubitus  en  dedans,  le  radius  vn  dehors  constituent  celui 
de  ra%ant-bras;  le  tibia  et  le  péroné  celui  de  la  jambe.  —  l.e  carpe  ^  le 
métacarpe  et  les  phalanges  composent  celui  de  la  main  ;  le  tar$e,  le  métatarse 
et  les  phalanges  celui  du  pied. 

1/orooplate,  en  s*unissant  à  la  clavicule  par  Varromion^  établit  la  limite 
supérieure  des  membres  thoraciques.  1  ne  ligne  tirée  de  l'un  &  l'autre  acro- 
mion  répond  à  la  partie  la  plus  élevée  du  dos  et  A  sa  plus  grande  largeur. 
—La  clavicule,  horizontalement  étendue  de  l'omoplate  au  sternum,  sépare 
le  thorax  de  la  partie  inférieure  du  cou.  Elle  donne  attache  en  dedans  à  un 
muscle  qui  se  porte  obliquement  en  haut  et  en  arrière  pour  aller  se  fixer  à 
r^K>physe  mastolde  et  à  l'occiput  :  c'est  le  muscle  stemo-cléido-moêioldien: 
en  dehors  elle  donne  attache  au  bord  antérieur  du  trapèze  qui,  par  son  autre 
extrémité,  s'Insère  aussi  à  ro<-ciput.  Très-rapprochés  en  haut  et  très-écartes 
inférieuremeni,  ces  muscles  circonscTi^ent,  a\ec  la  clavicule,  un  espace 

1^  SahAW.  Atwtiwtte  tfu  gtiufial^ur  rfunhntiont.  Pariîi.  tSI2.  |».  03. 


CONFIGURATION  DU  CORPS.  « 

triangulaire  déprimé  à  sa  base,  qui  constitue  la  régimi  ou  le  creux  »u8<la^. 
vicidaire.  Entre  les  deux  clavicules,  immédiatement  au-dessus  du  sternum, 
on  remarque  une  troisième  dépression  :  c'est  la  foisette  tw-^temeUe. 

Vue  par  sa  partie  supérieure,  l'épaule  est  presque  plane  et  horizontale 
chez  l'homme,  plus  arrondie  et  plus  tombante  chez  la  femme.  — Vue  par  sa 
partie  externe,  elle  se  présente  sous  l'aspect  d'une  saillie  ovoïde  dont  la 
petite  extrémité,  dirigée  en  bas,  se  termine  à  une  fossette,  ]Afo88eltê  JWtoV- 
dienne.  Cette  saillie,  qui  forme  le  moignon  de  l'épaule,  est  produite  d'une 
part  par  le  muscle  deltoïde,  de  l'autre  par  la  tête  de  l'humérus,  sous  lequel 
elle  peut  être  facilement  reconnue  à  sa  résistance  et  à  sa  mobilité.  Une  ligne 
tirée  de  l'un  à  l'autre  moignon  et  passant  par  les  deux  têtes  humérales, 
représente  le  plus  grand  diamètre  transversal  du  corps,  non-seulement  chez 
lliomme,  mais  aussi  chez  la  femme.  —  Vue  par  sa  partie  inférieure,  elle  est 
séparée  des  parois  latérales  du  thorax  par  une  dépression  profonde,  le  ereuœ 
de  VaisêelUy  que  limitent  en  avant  le  grand  pectoral,  en  arrière  le  grand 
rond  et  le  grand  dorsal,  en  dedans  le  grand  dentelé,  en  dehors  le  coraco« 
humerai. 

L'os  iliaque,  par  son  épine  antérieure  et  par  la  branche  horizontale  du 
pubis,  détermine  la  direction  du  sillon  qui  forme  le  pli  de  l'aine  et  qui  limite 
topérieurement  les  membres  abdominaux.  \a  longueur  de  ceux-ci  varie  par 
conséquent  suivant  qu'on  prend  pour  point  de  repère  l'une  ou  l'autre  de  ces 
saillies,  ou  la  partie  moyenne  de  ce  pli,  —<  Au-dessous  de  la  crête  iliaque  on 
observe  une  saillie  arrondie  qui  est  l'analogue  du  moignon  de  l'épaule  et 
qui  est  due  surtout  à  la  présence  du  grand  trochaniery  de  même  que  la 
ttillie  deltoîdienne  est  due  surtout  à  la  grosse  tubérosité  de  la  tête  de  l'hu- 
meras. 

1^  bras  est  cylindrique  et  vertical  ;  la  cuisse  conique  et  obliquement  diri- 
gée de  haut  en  bas  et  de  dehors  en  dedans.  Le  bassin  offrant  plus  de  lar- 
geur chez  la  femme,  les  crêtes  iliaques  sont  plus  apparentes  dans  ce  sexe, 
les  fémurs  plus  écariés,  les  trochanters  plus  saillants,  les/Cuisses  plus  obli- 
ques, et  les  genoux  plus  rapprochés, 

L'a\ant-bras  représente  aussi  un  cône,  mais  un  cône  comprimé  d'avant  en 
arrière,  surtout  dans  sa  moitié  inférieure.  —  Sa  face  postérieure,  légèrement 
arrondie  en  bas  et  anguleuse  en  haut,  se  termine  par  une  saillie  osseuse 
très-prononcée,  Volécrâne,  En  se  continuant  avec  la  face  correspondante  du 
bras  elle  constitue  le  coude,  qui  s'efface  en  partie  pendant  l'extension  de 
lavant-bras,  qui  devient  anguleux  dans  l'état  dé  demi-flexion,  et  qui  répond 
slors,  ainsi  que  tout  le  bord  inférieur  du  cubitus,  à  la  partie  moyenne  de  la 
portion  sus-ombilicale  de  l'abdomen.  —  La  face  antérieure  de  l'avant-bras, 
presque  plane,  présente  au  niveau  de  sa  continuité  avec  le  bras  une  légère 
dépression  qui  forme  le  pli  du  coude;  une  ligne  transversale  tirée  de  ce  pli 
sur  la  face  abdominale  du  tronc  tomberait,  chez  la  plupart  des  individus, 
sur  la  partie  moyenne  de  l'épigastre.— Le  bord  interne,  rectiligne,  oblique 
en  bas  et  en  dehors,  forme  avec  la  face  interne  du  bras  un  angle  obtus,  dont 
une  saillie  osseuse,  Yéfntrochliej  occupe  le  sommet.  -^  Le  bord  externe, 
wrondî  dans  sa  moitié  supérieure,  dépasse  le  niveau  de  la  face  externe  du 


10  DU  CORPS  HUMAIN  EN  GÉNÉRAL. 

bnt,  dont  le  distingue  une  dépreuion  qui  prolonge  en  dehors  le  pli  du 
coude. 

La  Jambe  est  conique  dans  ses  deux  tiers  supérieurs,  plus  grêle  et  cylin* 
drique  dans  son  tiers  inférieur.^ Sa  fece  antérieure  se  décompose  en  deux 
plans  :  l'un,  tourné  en  dehors  et  plus  large  supérieurement,  répond  aux 
muscles  Jambier  antérieur,  extenseurs  des  orteils  et  péroniers  latéraux, 
dont  il  laisse  entroToir  les  interstices  ;  l'autre ,  incliné  en  dedans  et  d'égale 
laigeur  sur  toute  son  étendue,  est  formé  par  la  face  interne  du  tibia. 
Une  crête  presque  tranchante,  constituée  par  le  bord  antérieur  du  même  oa, 
occupe  l'angle  de  réunion  de  ces  deux  plans.  —  En  se  continuant  en  haut 
avec  la  partie  correspondante  de  la  cuisse,  ces  deux  plans  donnent  naissance 
au  genou.  —  Vu  par  sa  partie  antérieure,  celui-ci  présente  deux  saillies  : 
une  saillie  supérieure,  beaucoup  plus  considérable,  irrégulièrement  arron* 
die,  mobile  dans  l'état  d'extension  et  de  relâchement  des  muscles,  c'est  la 
roiuU;  et  une  saillie  inférieure,  flie,  qui  limite  en  haut  la  crête  du  tibia, 
c'est  la  tîtbéroêiti  antérieure  de  cet  os.  —  Sur  sa  partie  externe,  on  remarque 
également  deux  saillies  :  la  supérieure,  plus  considérable  aussi,  est  produite 
par  le  condyle  externe  du  fémur  ;^  l'inférieure  est  due  à  la  tête  du  péroné.  — 
Sur  sa  partie  interne  on  n'obsene  qu'une  seule  saillie,  mais  plus  Tolumi- 
neuse,  formée  par  le  relief  du  condyle  interne  et  de  la  tubérosité  interne  du 
tibia.  Au-dessus  de  celle-ci  existe  une  légère  dépression  longitudinale  que 
limite  en  arrière  et  en  dedans  le  tendon  de  la  longue  portion  du  grand 
adducteur;  au-dessous  une  sorte  de  gouttière  oblique  qui  la  sépare  du 
mollet. 

La  face  postérieure  de  la  Jambe  présente  pour  attribut  caractéristique  le 
tnolUij  saillie  ovoïde  qui  emprunte  son  existence  au  relief  des  muscles  Ju* 
meaux  et  soléaire  ;  aussi,  lorsque  ceux-ci  entrent  en  contraction,  Toit-on  cette 
saillie  se  durcir,  augmenter  de  volume  et  prendre  une  configuration  plus 
arrêtée.  Sur  son  quart  inférieur  on  aperçoit  une  autre  saillie,  grêle  et  verti- 
cale, limitée  de  chaque  côté  par  une  petite  gouttière  longitudinale -et  pro- 
duite par  le  tendon  des  muscles  du  mollet  ou  fmdon  d'Achille. — En  se  con- 
tinuant avec  la  cuisse,  la  face  postérieure  de  la  Jambe  se  déprime  au  niveau 
du  genou.  Cette  dépression,  qui  porte  le  nom  de  creux  dujarrety  affecte  la 
ligure  d'un  losange  dont  le  grand  axe  serait  vertical  ;  elle  est  limitée  en  haut 
et  en  dedans  par  le  demi-membraneux,  en  haut  et  en  dehors  par  le  biceps, 
en  bas  par  les  deux  Jumeaux.  Le  creux  du  Jarret  correspond  au  pli  du  coude, 
de  même  que  la  rotule  correspond  à  l'olécrâne. 

1^  main,  suspendue  et  comme  flottante  sur  les  côtés  de  l'édifice  qu'elle  a 
pour  mission  de  protéger  et  de  servir,  est  de  toutes  les  parties  qui  concourent 
à  le  former,  celle  où  la  sensibilité  et  la  mobilité  se  trouvent  associées  au  plus 
haut  degré.  1^  réunion  de  ces  deux  attributs  en  fait  pour  nous  l'organe  du 
toucher.  Composée  d'un  grand  nombre  de  pièces  qui  se  meuvent  les  une» 
sur  les  autres,  et  placée  A  l'extrémité  d'un  long  levier  brisé  qui  décrit  autour 
de  sou  point  d'attache  une  immense  courbe  circulaire,  elle  s'applique  facile- 
ment A  tous  les  points  de  la  surface  du  corps  et  A  tout  ce  qui  nous  entoure. 
Guidée  par  la  ^ue,  elle  Joue  le  rôle  d'un  agent  d'exploration.  Dirigée  par 


CONnGURATION  DU  G0RP8.  il 

l'intelligence,  elle  devient  un  instrument  mécanique  si  parfait,  qu'elle  peut 
réaliser  ces  innombrables  merveilles  de  l'art  et  de  l'industrie  à  l'aspect  des- 
quelles l'homme  lui-même  reste  frappé  d'étonnement. 

L'organe  du  toucher  comprend  du  reste  dans  sa  composition  trois  parties 
très-distinctes  :  une  partie  supérieure  ou  carpienne  qui  forme  le  poignetj  une 
partie  moyenne  ou  métacarpienne,  et  une  partie  terminale  ou  digitale. 

La  première  offre  la  forme  d'un  cylindre  comprimé  d'avant  en  arrière  au 
même  degré  que  l'avant-bras  qu'elle  semble  prolonger.  Son  squelette  se  com- 
pote de  huit  os  qui  glissent  les  uns  sur  les  autres  et  qui  se  meuvent,  en  outre, 
sur  l'extrémité  inférieure  du  radius.  Ce  rapide  aperçu  suffit  pour  nous  mon- 
trer sa  destination  :  le  poignet  a  évidemment  pour  usage  de  communiquer  à 
la  main  des  mouvements  de  totalité.  —  Il  répond  ordinairement,  ches 
l'homme,  au  grand  trochanter,  et  chez  la  femme  à  la  partie  moyenne  de 
l'espace  qui  sépare  cette  saillie  de  la  crête  iliaque. 

La  seconde,  ou  portion  métacarpienne,  plus  comprimée  encore  et  comme 
étalée,  revêt  une  figure  quadrilatère.  Sa  face  postérieure  ou  dorsale  est  légè* 
rement  convexe,  et  sa  face  antérieure  ou  palmaire  légèrement  concave.  Cette 
coQcavité,  par  laquelle  la  main  s'applique  ayx  objets  qu'elle  saisit,  est  limitée  : 
en  bas  par  une  saillie  transversale  peu  prononcée  qui  répond  à  la  tête  des 
quatre  derniers  métacarpiens;  en  haut  et  en  dehors  par  une  saillie  oblique- 
ment étendue  du  poignet  vers  le  pouce,  c'est  Véminence  thinar:  et  en  dedans 
par  une  saillie  longitudinale  moins  accusée  que  la  précédente,  c'est  l'^t- 
nene$  hypo-thénar. 

La  troisième  comprend  deux  parties,  l'une  supérieure  et  externe  que  repré- 
lente  le  pouce,  l'autre  inférieure  constituée  par  les  quatre  derniers  doigts. 
—Le  pouce  se  compose  de  deux  segments  seulement.  —  L'index,  le  médius, 
Tannulaire  et  l'auriculaire  en  présentent  trois.  En  s'opposant  l'une  à  l'autre, 
ces  deux  parties  forment,  avec  la  paume  de  la  main,  une  véritable  pince, 
dont  la  branche  inférieure  se  partagerait  en  quatre  branches  secondaires 
représentant  chacune  un  le\1er  à  triple  brisure  qui  peut  s'enrouler  sur  lui- 
même  :  de  là  cette  infinie  variété  de  mouvements  qui  permet  à  la  main  de 
nittr  les  objets  les  plus  déliés  et  de  soulever  de  lourds  fardeaux,  d'explorer 
la  périphérie  des  corps  qui  nous  entourent  et  d'en  apprécier  jusqu'aux 
moindres  aspérités. 

Le  pied  s'étend  horiiontalement  à  la  surface  du  sol.  —  Sa  face  inférieure 
ou  plantaire  est  étroite,  arrondie  et  saillante  au  niveau  du  talon,  plane  et 
l^e  en  arrière  des  orteils,  concave  au  milieu.  Mais  cette  concavité,  plus 
prononcée  en  dedans  qu'en  dehors,  offire  beaucoup  de  variétés:  elle  est  plus 
fnnde  ches  quelques  individus;  chez  d'autres,  elle  fait  presque  entièrement 
ou  même  totalement  défaut.  Dans  le  premier  cas,  le  pied  est  cambre;  il  est 
plat  dans  le  second  :  mode  de  conformation  défectueux  qui  rend  la  marche 
plus  difficile. — La  face  supérieure  ou  dorsale  est  arrondie,  plus  élevée  et 
pins  convexe  lorsque  la  plante  du  pied  est  très-voûtée,  déprimée  et  presque 
P|ftns  lorsque  celle-ci  est  plane  aussi.  En  se  continuant  avec  la  partie  infé- 
rieure de  la  jambe,  elle  forme  avec  celle-ci  un  angle  droit  à  sommet 

^''^di.^  De  chaque  côté  de  cet  angle  on  aperçoit  les  malléoles.  Celle  qui 
^  ^  dedans  occupe  le  prolongement  de  la  face  interne  du  tibia  dont  elle 


IS  nu  CORPS  HUMAIN  EN  GÉNÉRAL. 

forme  une  dépendance  ;  l'externe,  pluB  considérable  et  plut  longue  que  la 
précédente,  est  située  sur  le  prolongement  du  péroné  dont  elle  représente 
rextrémité  inférieure.— Le  bord  externe  du  pied,  mince  et  rectiligne»  est 
divisé  en  deux  parties  à  peu  près  égales  par  la  tubérosité  du  cinquième  méta- 
tarsien. —  Le  bord  interne,  beaucoup  plus  épais  et  un  peu  plus  loug,  pré- 
sente une  figure  triangulaire.  Sur  sa  partie  moyenne,  on  remarque  une 
large  dépression  qui  se  continue  avec  la  voûte  de  la  plante  du  pied« 

De  même  que  la  main,  le  pied  se  compose  de  trois  parties  :  une  posté* 
rieure  ou  tarsienne,  une  moyenne  ou  métatarsienne,  la  troisième  antérieure 
formée  par  les  orteils.  Mais  ces  trois  parties  offrent  ici  des  proportions  inverses. 
A  la  main,  le  poignet  est  peu  développé;  la  portion  métacarpienne  Test 
davantage;  les  doigts  le  sont  plus  encore  :  organe  du  toucher  et  de  préhen- 
siouyc'est  la  partie  terminale  qui  prédomine  en  elle.  Au  pied,  les  orteils  sont 
conune  atrophiés;  la  portion  métatarsienne  est  plus  volumineuse,  la  portion 
tarsienne  est  relativement  énorme  :  organe  de  sustentation,  c'est  la  partie 
initiale  ou  Jambière  qui  devient  prédominante  chex  lui. 


§  2.  •*-  Symctris  j>u  corps. 


I^  tronc,  la  tt^ie  et  les  membres,  si  différents  par  leur  configuration,  se 
rapprochent  cependant,  sous  ce  point  de  vue,  par  un  caractère  qui  leur  est 
commun.  Le  tronc,  en  effet,  est  formé  de  deux  parties  latérales  semblable- 
ment  conformées;  la  tôte  et  le  cou  sont  formés  aussi  de  deux  parties  latérales 
qui  se  répètent;  les  membres  d'un  côté  répètent  de  même  ceux  du  côté 
opposé.  Le  corps  humain,  pris  dans  son  ensemble,  se  compose  donc  de  deux 
moitiés,  l'une  droite,  l'autre  gauche,  symétriquement  disposées  sur  les  côtés 
d'un  plan  idéal ,  vertical  et  antéro-postérieur,  qui  porte  le  nom  de  plan 
médian.  La  ligne  d'intersection  de  ce  plan  et  du  pian  abdominal  représente 
la  ligne  médiane  antérieure^  et  la  ligne  d'intersection  du  même  plan  avec  le 
plan  dorsal,  la  ligne  médiane  poetérieure. 

Les  Uns  du  développement  nous  enseignent  que  ces  deux  moitiés  du  corps 
sont  primitivement  indépendantes.  A  mesure  qu'elles  parcourent  les  diffé- 
rentes phases  de  leur  évolution  elles  se  rapprochent,  puis  se  touchent  et 
finissent  par  se  souder  Tune  à  l'autre.  Uuelques  régions  conservent  pendant 
toute  la  durée  de  la  vie  les  traces  de  cette  soudure  qui  prend  alors  le  nom 
de  ra^.  Ches  l'homme  on  observe  constamment,  sur  le  périnée,  sur  le 
scrotum  et  sur  la  partie  inférieure  du  pénis,  un  raphé  plus  ou  moins  pro-. 
nonce  suivant  les  individus.  Sur  les  autres  parties  du  corps  le  raphé  est  A 
peine  sensible  ou  disparaît  même  complètement.  Toutefois,  en  s'effaçant  •. 
la  surface,  il  semble  exister  encore  à  l'état  de  vestige  dans  l'épaisseur  des 
tissus  et  former  une  sorte  de  barrière  que  les  maladies  respectent  qnelque- 
Ibb.  Il  n'est  pas  rare  de  voir  l'inflammation  développée  sur  un  des  côtés 
da  corps,  s'arrêter  sur  la  ligne  médiane  ;  le  sona,  par  exemple,  s'étend  A  la 
manière  d'une  ceinture  sur  l'une  des  moitiés  du  tronc  et  laisse  intacte  la 
moitié  opposée  ;  dans  les  paralysies  du  sentiment  et  du  mouvement  toute  une 


SYMÉTRIE  DU  CORPS.  ,  13 

moitié  du  corps  est  frappée  jusqu'aux  limites  du  plan  médian,  et  lautrc 
moitié  conserve  l'intégralité  de  ses  fonctions. 

'Si  ces  deux  moitiés,  au  lieu  de  se  rapprocher  et  de  se  souder,  s'arrêtent 
dans  leur  développement,  elles  resteront  indéfiniment  séparées,  et  l'on 
Tcrra  se  produire  autant  de  vices  de  conformation  caractérisés  par  l'existence 
d  une  fissure.  C'est  à  cette  cause  qu'il  faut  rattacher  la  fissure  uréthrale  ou 
hypospadtas,  la  fissure  scrotale  qui  donne  aux  organes  génitaux  de  l'homme 
les  apparences  de  ceux  de  la  femme,  la  fissure  spinale  ou  spina  hifida^  la 
fissure  palatine,  celle  du  voile  du  palais,  etc. 

La  symétrie  n'est  pas  un  attribut  qui  appartienne  exclusivement  aux  or- 
gues périphériques.  Elle  s'étend  de  la  superficie  à  la  profondeur  du  corps  ; 
mais  le  tronc,  à  cet  égard,  difi'^re  beaucoup  des  extrémités.  —  Les  deux 
membres  thoraciques  sont  symétriques  dans  toutes  les  parties  qui  les  com- 
posent; il  en  est  de  même  des  membres  abdominaux;  il  en  est  de  môme 
aussi  des  deux  moitiés  latérales  de  la  tête  et  du  cou.  —  Sur  le  thorax,  tout 
est  symétrique  à  l'extérieur;  à  l'intérieur  la  symétrie  disparaît;  le  cœur  s'in- 
clioe  à  gauche  ;  l'un  des  poumons  descend  plus  bas,  l'autre,  par  compensa- 
tion, est  plus  volumineux. — Sur  l'abdomen,  la  cavité  proprement  dite  présente 
une  symétrie  parfaite;  les  organes  qu'elle  contient  n'en  présentent,  pour  la 
plupart,  aucune  trace.  Vers  la  partie  la  plus  inférieure  du  bassin,  cepen- 
dant, on  voit  celle-ci  reparaître. 

Les  parois  du  tronc  et  tout  ce  qui  s'étend  au  delà  de  ces  parois  sont  donc 
symétriques  ;  les  viscères  intra-thoraciques  et  intra-abdominaux  seuls  ne  le 
sont  pas.  Or  il  est  digne  de  remarque  que  ces  viscères  remplissent  des  usages 
qui  se  rattachent  exclusivement  aux  fonctions  nutritives.  De  cette  donnée 
OD  peut  déduire  la  loi  qui  préside  &  la  répartition  de  la  symétrie  :  Ums  les 
or$<mei  qui  nous  mettent  en  rapport  avec  le  monde  extérieur^  et  tous  ceux 
qvi  ont  pour  destination  de  perpétuer  la  vie  de  Vespèce  sont  symétriques; 
aux  qui  ont  pour  destination  d'assurer  la  vie  de  l'individu  ne  le  sont  pas. 

Cette  loi  comporte,  il  est  vrai,  quelques  exceptions.  Ainsi  la  bouche,  qui 
forme  le  vestibule  des  voies  digestives,  est  symétrique  ;  le  pharynx  et  la  tra- 
chée le  sont  aussi;  les  reins,  les  uretères,  la  vessie,  le  sont  également.  Mais 
ces  exceptions  n'enlèvent  pas  à  la  loi  si  bien  formulée  par  Bichat  le  caractère 
de  généralité  qu'elle  présente. 

Certains  organes  affectés  à  la  vie  nutritive  revêtent  donc  un  attribut  qui 
appartient  plus  spécialement  à  ceux  de  la  vie  extérieure.  Par  contre,  on  voit 
assez  fréquemment  ces  derniers  se  déformer  et  perdre  en  partie  le  caractère 
qui  les  distinguait.  Le  thorax,  qui  parait  si  régulièrement  conformé  au  pre- 
mier coup  d'oeil,  possède  rarement,  néanmoins,  une  symétrie  parfaite  ;  le 
plus  sonveut  la  colonne  dorsale  présente  une  légère  déviation  ;  et  celle-ci 
devient,  ainsi  que  l'a  fait  remarquer  M.  Serres,  la  cause  première  ou  le  point 
de  dépari  de  ces  incurvations,  si  fréquentes  à  droite,  que  sur  cent  exemples 
c'est  à  peine  si  l'on  en  trouve  un  où  la  déviation  a  eu  lieu  à  gauche. 

U  tête,  plus  symétrique  que  toutes  les  autres  parties  du  corps,  ne  possède 
pas  toi^jours  cependant  une  configuration  parfaitement  régulière.  Le  crAne 
est  quelquefois  plus  développé  d'un  côte;  et  cet  inégal  développement  a 


iâ  DU  CORPS  HUMAIN  EN  GENERAL. 

pour  conséquence  un  défaut  de  symétrie.  La  cloison  des  fasses  nasales  est 
presque  toi^Jours  déuée  à  droite  ou  à  gauche,  et  en  se  déviant  elle  repousse 
le  lobe  du  net  du  côté  opposé,  ainsi  que  Je  m'en  suis  assuré,  d'où  aussi  un 
défaut  de  symétrie  de  la  lace. 

Les  membres  eux-mêmes  n'offrent  pas  sur  tous  les  individus  un  volume 
égal  :  ches  le  plus  grand  nombre  ceux  du  côté  droit  l'emportent,  sous  ce  rap- 
port, sur  ceux  du  côté  gauche;  chei  quelques-uns  |on  voit  toute  une  moitié 
du  corps  prédominer  sur  la  moitié  opposée,  et  presque  constamment  alors 
la  moitié  droite  est  celle  qui  présente  cette  prédominance.  De  lA,  ainsi  que  le 
fait  remarquer  M.  Malgaigne,  cet  instinct  qui  nous  pousse  à  nous  ser>  ir  de 
préférence  des  membres  du  côté  droit,  préférence  qui  a  sa  cause  dans  l'or- 
ganisation elle-même  et  non  dans  l'habitude.  Sur  182  hommes  interrogés  par 
cet  auteur  au  bureau  central,  163  étaient  droitiers,  15  gauchers  et  A  ambi- 
dextres. Sur  33  femmes  il  n'a  rencontré  ni  gauchères  ni  ambidextres  (1). 


§  3.  —  Stature  de  l'homme. 

La  longueur  totale  du  coips,  ou  la  stature,  n'a  pas  été  jusqu'à  présent  Tol^et 
d'un  travail  d'ensemble.  Mais  les  documents  que  nous  possédons  permettent 
cependant  de  déterminer  très^pproximativement  la  taille  moyenne  de 
l'hoaune  en  Belgique  et  en  France. 

Parmi  les  travaux  entrepris  pour  résoudre  ce  problème,  l'un  des  plus  com* 
plets,  sans  contredit,  est  celui  de  M.  Quetelet.  Il  est  relatif  à  la  Belgique  (3). 
Cet  auteur  a  d'abord  constaté  ce  fait  important  que  l'hoDome  adulte  n'atteint 
sa  plus  haute  stature  qu'à  vingt-huit  ou  trente  ans,  que  celle-ci  reste  station- 
naire  Jusqu'à  cinquante,  et  commence  alors  à  décroître.  Il  a  mesuré  30O  in- 
dividus de  dix-neuf  ans,  300  de  vingt-cinq,  300  de  trente,  et  a  subdivisé 
chaque  série  en  trois  autres.  Les  moyennes  qu'il  a  obtenues  se  trouvent  énon- 
cées dans  ce  tableau  : 

HOMiaX.                     10  A5S.  35  ATiê.  80  AXS. 

m  m  ■ 

100 1,6680  1,6688  l,663i 

100 1,6605  1,6785  1,6873 

100 1,6630  1,6603  1,6617 

Moyennes.  .  .  .    I,66ft8  1,6750  1,6861 

Le  nombre  des  faits  exprimé  dans  ce  tableau  est  assex  respectable  pour 
nous  autorisera  admettre  que  la  taille  de  l'homme  progresse  en  effet  Jusqu'à 
trente  ans,  et  qu'elle  s'élève  alors,  en  Belgique,  à  l",68ft. 

Des  travaux  analogues  ont  été  publiés  en  France.  La  plupart  reposent  sur 
un  nombre  do  faits  beaucoup  trop  limité,  ou  bien  sur  des  faits  aussi  nom- 
breux et  même  plus  nombreux,  mais  moins  concluants. 

(1)  Mslgnifue,  Traité  ttmiatomie  chirurgicale,  3*  Mit.,  t.  I,  p.  3. 
(3)  Qaetriet,  Sw  thnmme  et  le  développement  fie  tiet  faculté»,  ou  Eâsai  de  pbyuqoe 
sociale.  Pari*,  1835,  i*  II. 


STATURE  DE  L  HOMME.  15 

Tenon,  en  1783,  mesura  la  taille  de  60  hommes  et  de  60  femmes  habitant 
le  >1llage  de  Massy,  situé  aux  environs  de  Paris,  près  de  Palaiseau,  dans  une 
plaine  abondante  en  froment  et  en  vins.  Leur  fige  variait  de  vingt-K^inq  à 
quarante-six  ans  (1).  Il  arriva  aux  résultats  suivants  : 

ROMMES.  FEMMES, 

m  *  m 

Taille  moyenne 1^665  1^506 

Maxima 1^854  l,^li 

Minima I,5â3  1,380 

Le  soin  extrême  que  cet  auteur  apportait  dans  toutes  ses  recherches  donne 
m  chiffres  qui  précèdent  un  certain  intérêt;  mais  les  faits  exprimés  dans 
!on  travail  sont  évidemment  trop  peu  nombreux  pour  qu'on  puisse  consi- 
dérer ]es  moyennes  qui  en  découlent  comme  sufQsamment  approximatives. 
Od  voit,  du  reste,  qu*il  n'avait  pris  pour  sujets  de  ses  recherches  que  des 
iijdiiidus  de  vingt-cinq  à  cinquante  ans.  Il  avait  déjà  reconnu  que  la  stature, 
dans  les  deux  sexes,  continue  à  croître  jusqu'à  vingt-cinq  ans,  et  qu'elle 
fommence  à  décroître  de  cinquante  à  soixante.  La  priorité  de  ce  fait,  cepen- 
dant, ne  lui  appartient  pas  tout  entière;  car  si  le  premier  il  a  eu  le  mérite 
de  le  signaler,  le  premier  aussi  M.  Quetelet  a  eu  celui  de  l'établir  sur  une 
bise  positive. 

Les  recherches  de  Tenon  n'étaient  qu'un  essai.  La  loi  sur  le  recrutement 
:dlitaire,  s'appliquant  à  toute  la  population  de  la  France,  semblait  offrir  à  la 
âtistique  une  plus  large  base  d'opérations  et  des  résultats  plus  probants*  Ou 
;)cQ8a  donc  que  les  principales  données  du  problème  à  résoudre  devaient  se 
jouver  réunies  au  ministère  de  la  guerre.  En  1817,  Hargenvilliers,  employé 
fiipérieur  de  ce  ministère,  songea  à  utiliser  ces  données;  et  s'appuyant  sur 
cQt  mille  faitSy  il  montra  que  la  taille  moyenne  du  conscrit  de  l'empire, 

est4-dire  celle  du  Français  de  vingt  ans,  à  cette  époque,  égalait  i*,615  (2). 
Hais  cette  moyenne  était  trop  faible,  puisque  l'homme,  à  vingt  ans,  n'a  pas 
êocore  atteint  tout  son  développement. 

Ce  qu'avait  fait  cet  auteur  pour  l'empire,  le  comte  de  Chabrol  tenta  aussi 
i£  )e  faire  pour  la  restauration.  Des  recherches  statistiques  sur  là  ville  de 
Piriset  le  département  de  la  Seine,  publiées  sous  ses  auspices,  en  1836,  pen« 
^t  qu'il  remplissait  les  fonctions  de  préfet  de  ce  département,  nous 
i?prennent  que  le  nombre  total  des  jeunes  gens  soumis  à  la  conscription, 
w  la  ville  de  Paris,  de  1816  à  1823  inclusivement,  a  atteint  33  000;  que 
Hir  ce  total  7000  seulement  ont  été  appelés  à  faire  partie  du  contingent  ml- 
"^re,  et  que  leur  taille  moyenne  mesurait  1»,683.  Cette  moyenne  est  trop 
'levée;  car,  soas  la  restauration,  pour  être  admis  dans  les  cadres  militaires 
1  fallait  posséder  une  taille  de  l'°,ô70.  On  ne  déterminait  pas  la  hauteur  de 
"^llet  qui  restaient  inférieures  à  ce  chiffre  ;  et  l'auteur  de  ces  recherches 
uyantpris  en  considération  que  celles  qui  l'égalaient  ou  le  dépassaient,  a 
•à  obtenir  ainsi  une  moyenne  évidemment  exagérée. 

1  TéDon,  Notes  manwfcrites  relatives  à  la  siaiure  et  au  poids  de  rkomme,  recueillies 
*VinCTmé  {Annales  d'hygiène,  1833,  t.  X,  p.  30  et  31). 
î  Hargenvilliers  ;  ConHdér.  sur  la  formation  et  le  recrutement  de  formée  en  France, 


16  m  CORPS  HUMAIN  KX  (JhîiERAL. 

Le»  recherches  pour»aivies  dans  cette  ^  oie  ne  pouvaient  donc  conduire  à 
des  résultats  satisfaisants.  Pour  déterminer  la  taille  moyenne  de  l'homme 
adulte  il  fallait  revenir  à  celle  qu  avait  tracée  l'illustre  Tenon.  Mais  un  travail 
de  ce  genre,  bien  que  simple  et  trè»-facile  en  apparence,  est  en  réalité  toul 
hérissé  de  difBcultés;  il  exige  un  rare  dévouement  à  la  science  ;  et  nous  ne 
saurions  nous  étonner  qu'un  demi-siécle  s'écoule  encore  avant  qu'un  obser- 
vateur se  présente  pour  l'entreprendre.  Enfin  cependant  il  a  été  e\éculé, 
en  18àl,  par  M.  Lélut,  médecin  de  la  prison  du  dépôt  des  condamnés  pendant 
dix-sept  ans.  Cet  auteur  a  pris  pour  sujet  de  ses  obsenations  la  taille  de 
tous  les  détenus  qui  l'ont  habitée  dans  ce  laps  de  temps.  La  stature  de  ceux- 
ci  est  exactement  mesurée  à  leur  entrée,  et  consignée  sur  les  registres  du 
greffe.  La  plupart  d'entre  eux  avaient  de  vingt  à  cinquante  ans.  Vn  petit 
nombre  seulement  appartenait  au  département  de  la  Seine  et  aux  départe- 
ments voisins  ;  les  cinq  sixièmes  étaient  originaires  de  presque  tous  les  autres 
départements;  de  leurs  tailles  réunies  on  pouvait  donc  tirer  une  couclusiou 
générale,  qui  serait  l'expression  de  la  taille  moyenne  de  l'homme  en  France. 

Pour  arriver  à  cette  conclusion,  M.  Lélut  a  fait  le  relevé  de  la  taille  de  2000 
détenus  écroués  depuis  1830  ;  puis  il  a  réparti  ces  mesures  en  cinq  séries  com- 
posées d'un  nombre  égal  de  faits.  Le  tableau  suivant  fera  connaître  la 
moyenne  qui  correspond  à  chacune  de  ces  séries^  : 

Age  dc«  d<ftfnu!«.        16  ans  v  &  t*  *.  30  an.H.       25  uia.       30  à  50  ans.        50  ans  et  plus. 
Stature  moyenne.         l-,567  f,647        1",0^7  l-,657  1-.055 

Il  résulte  de  ces  chiffres  que  la  taille  s'accroît  jusqu'à  trente  ans  et  qu'elle 
conunence  à  diminuer  à  partir  de  cinquante,  ainsi  que  nous  l'avaient  déjà 
enseigné  Tenon  et  M.  Quetelet.  Si  la  décroissance  ici  se  montre  si  peu  sen- 
sible, c  est  parce  que  le  plus  grand  nombre  des  détenus  qui  dépassaient  cin- 
quante ans  avaient  seulement  quelques  années  de  plus.  11  en  résulte,  en 
outre,  que  ta  taille  moyenne  de  l'homme  adulte,  parvenu  à  son  complet 
développement,  mesure  1",657,  résultat  conforme  A  celui  de  Tenon  qui  avait 
opéré  sur  ime  plus  petite  échelle,  mais  avec  la  même  sagacité.  Il  peut  être 
considéré,  Jusqu'à  présent,  comme  le  plus  approximatif. 

ÎA  taille  moyenne  de  l'homme,  en  France,  nous  étant  connue,  il  nous 
reste  maintenant  A  étudier  les  causes  qui  peuvent  la  modifier,  ou  plutôt  les 
conditions  sous  l'empire  desquelles  on  la  >oit  constamment  s'élever  ou 
s*abaisser.  I.a  science,  sur  ce  point,  est  plus  riche  ou  documents;  eu  m'ap- 
puyant  sur  ceux-ci  Je  formulerai  les  propositions  suivantes  qui  eu  seront  à  la 
fois  le  corollaire  et  le  résumé. 

1*  La  taille  t$i  plut  élevée  chez  l'habilant  des  vUU$  que  chez  Vhabiiani  des 
eampagnee.  —  l>ans  un  très-bon  mémoire,  publié  en  1839  (3),  Villermé  a  réuni 
une  longue  série  de  faits  qui  ne  laissent  planer  aucun  doute  sur  ce  point. 

;i^  L^lut,  Phyitioittgie  th  la pentfe.  Pari«,  1967,  t.  Il,  p.  100  et  suit. 
5,1  Villermé,  Méntoire  Mur  fa  taiilr  de  fhonttMr  en  Frtmr-c  [Anwtfev  d^hygirne,  t.  1, 
p.  351,. 


STATCKE  DE  LHOMME. 


17 


Non-seulement  la  stature  est  plus  haute  chez  Thabitant  des  villes,  mais  elle 
l'est  d'autant  plus  que  la  ville  est  plus  grande  et  plus  féconde  en  ressources. 
Paris,  sous  ce  rapport,  tient  le  premier  rang.  Nous  avons  ru,  en  effet,  que  la 
stature  des  hommes  levés  de  1816  à  1823  a  atteint  1",683,  d'après  les  recher- 
ches statistiques  de  M.  de  Chabrol.  Cette  moyenne,  il  est  vrai,  est  trop  éle- 
vée, puisqu'on  n'a  pas  tenu  compte  des  plus  petites  tailles;  mais,  d'une  autre 
part,  il  s'agissait  de  jeunes  gens  de  vingt  ans,  c'est-à-dire  d'hommes  qui  n'a- 
vaient pas  encore  toute  leur  stature.  Nous  sommes  donc  placés  ici  entre  deux 
influences  qui  se  conti^balancent,  et  nous  pouvons  admettre  que  pour  la 
ville  de  Paris  la  taille  moyenne  de  l'homme  de  trente  ans  est  bien  réelle- 
ment de  1",68  à  l'",69.  J'ai  mesuré  avec  soin  quarante  hommes  parmi  ceux 
qni  nous  arrivent  à  l'École  pratique;  ils  étaient  régulièrement  conformés, 
originaires  de  Paris  et  âgés,  pour  la  plupart,  de  vingt-deux  à  soixante  ans. 
Leur  taille  moyenne  s'est  élevée  à  1",692,  résultat  qui  se  rapproche  beau- 
coup du  précédent. 

Pour  la  Belgique,  M.  Quetelet  a  constaté  également  que  la  population  des 
grandes  villes  l'emporte,  par  sa  stature,  sur  celle  des. communes  rurales;  le 
tableau  qui  suit  l'atteste  tr^s-péremptoirement  : 


AUO!n>ISSEME!rTS. 

1823. 

1824. 

1825. 

1826. 

1827. 

M0VEÎC5. 

I      4  Bruxelles 

\  Comniunes  rurales  .  . 
it     1  LooTain 

'  {  Communes  rurales .  . 
jll       NiTelles 

*  f  Communes  rurales.  . 

Moyennes    1  Villes 

aimuelles.  t  Gomm.  rurales. 

Movenne  sénérale.  .  . 

1,6719 
1,6325 
1,6224 
1,6296 
1,6398 
1,6264 

1,6514 
1,6295 

m 
1,6640 
1,6317 
1,6349 
1,6229 
1,6226 
1,6260 

1,6474 
1,6269 

1,6631 
1,6343 
1,6399 
1,6090 
1,6581 
1,6409 

1,6537 
1,6280 

1,"6647 
1,6353 
1,6450 
1,6145 
1,6384 
1,6431 

1,6297 
1,6309 

1,6528 
1,6296 
1,6335 
1,6127 
1,6330 
1,6253 

16398 
1,6225 

1,6623 
1,6325 
1,6393 
1,6177 
1,6428 
1,6323 

1,6485 
1,6275 

1,6380 

Ces  nombres  ont  été  extraits  des  registres  du  gouvernement;  ils  expri- 
ment la  taille  moyenne  des  hommes  de  vingt  ans  pour  la  province  du  Bra- 
bant  méridional.  Les  moyennes,  pour  chaque  année,  sont  prises  sur  iliOO  indi- 
vidus pour  Bruxelles,  sur  150  pour  Louvain  et  Nivelles.  Celles  des  conmiunes 
rurales  sont  déduites  de  /iOO  individus  pour  chaque  arrondissement.  La 
moyenne  générale,  pour  la  province  entière,  résulte  donc  de  3500  individus 
pour  la  ville  et  de  6000  pour  les  campagnes,  nombre  assez  considérable 
pour  donner  une  évaluation  très-approximative.  Cette  moyenne  générale,  qui 
ne  dépasse  pas  1"',638,  nous  montre  de  nouveau  combien  l'homme,  à  vingt 
ans,  est  loin  d'avoir  acquis  toute  sa  stature,  puisqu'à  trente  ans  celle-ci 
l'élève,  en  Belgique,  d'après  les  recherches  du  môme  auteur,  à  1",684. 

3*  La  taille  de  rhomme  est  (tautatit  plus  haute  que  le  pays  qu'il  Ihabite  est 
pJiM  riche^  que  sa  nourriture  est  meilleure^  que  les  fatigues  et  les  privatiims 
qu'il  éprouve  dans  l'enfance  et  la  jeunesse  sont  moins  grandes.  —  En  un  mot, 
l'aisance,  et  tous  les  avantages  qu'elle  porte  avec  elle,  produit  les  grandes 
tailles;  la  misère,  et  tout  son  cortège  de  conséqucuccs  fâcheuses,  produit  les 
I.  2 


IS  m   CORPS  HUMAIN  EN  GÉNÉRAL. 

petites  tailles.  Dans  les  localités  où  nous  voyons  d'abondantes  récoltes,  nne 
riche  Tégétation,  des  animaux  vigoureux,  des  bestiaux  en  grand  nombre,  les 
hommes  ont  une  taille  plus  élevée  ;  tandis  qu'ils  sont  petits  dans  celles  où  les 
récoltes  sont  maigres,  les  arbres  épars  et  rachitiques,  les  bestiaux  rares  et 
chétifo,  parce  que  dans  les  premières  conditions  ils  vivent  au  sein  de  l'abon- 
dance, et  dans  les  secondes  au  milieu  des  privations  de  tout  genre.  —  Les 
recherches  statistiques  sur  la  \ille  de  Paris  contiennent  un  tableau  où  les 
douce  arrondissements  (ancienne  division)  sont  classés  d'après  la  stature 
moyenne  de  leurs  habitants;  or,  cette  stature  est  en  raison  de  la  fortune,  oo 
mieux  en  raison  inverse  des  peines,  des  fatigues,  des  privations  éprouvées 
dans  l'enfance  et  la  Jeunesse. 

S*  la  îaiUe  moyenne  de  la  popuiatûm  an  France  est  plus  élevée  chez  les  habi- 
ianis  du  nord  que  chez  ceuœ  du  midi. — Un  assez  grand  nombre  de  documents 
pourraient  être  invoqués  en  faveur  de  cette  proposition.  Je  citerai  seulement 
ceux  que  nous  devons  à  M.  Lélut.  En  1839,  cet  auteur  fit,  sur  les  registres 
d'une  commune  du  nord-est  de  la  France,  la  petite  ville  de  Gy,  le  relevé, 
année  par  année,  de  la  taille  de  tous  les  hommes  soumis  à  la  conscription 
depuis  1800  jusqu'à  1838  (1).  11  obtint  un  total  de  753  hommes  dont'la  taille 
moyenne  fut  de  1",658.  Elle  égalait  par  conséquent,  à  un  millimètre  prè«, 
celle  des  hommes  de  trente  ans  appartenant  aux  classes  laborieuses  de  toute 
la  France,  et  se  montrait  ainsi,  en  réalité,  très-supérieure  à  la  moyenne 
générale,  puisque  ces  753  conscrits  n'étaient  âgés  que  de  vingt  ans,  et  n'a- 
vaient pas  encore  acquis  leur  complot  développement.  Pour  avoir  la  contre- 
partie de  ce  résultat,  M.  Lélut  a  pris  la  taille  moyenne  de  tous  les  détenus 
de  la  prison  du  dépOt  des  condamnés  appartenant  aux  départements  du  midi  ; 
Ces  détenus  étaient  Agés  de  trente-six  à  cinquante  ans.  Leur  (aille  moyenne 
n'a  pas  dépassé  1",630. 

A*  La  taillé  moyenne  de  la  population  en  France  est  plus  élevée  dans  les  dépar* 
temenls  de  Vesi  que  dans  ceux  de  l'ouest.^  Le»  premiers,  depuis  près  de  deux 
siècles,  possèdent  le  privilège  de  fournir  à  l'armée  ses  hommes  d'élite,  les 
artilleurs,  dont  la  taille  est  de  1*,70,  et  les  carabiniers,  chez  lesquels  elle 
doit  atteindre  au  moins  1**,76.  Parmi  les  habitants  de  l'est,  ce  sont  surtout 
ceux  de  l'Alsace  et  de  la  Franche-Comté  qui  se  distinguent  par  leur  haute 
stature. 

M.  Boudin,  qui  vient  de  publier  une  carte  de  la  distribution  géographique 
des  hautes  tailles  en  France,  a  pu  constater,  en  s'appuyant  sur  des  documents 
déposés  au  ministère  de  la  guerre,  que  sur  un  contingent  de  lO  000  recrues 
par  département,  il  y  a  38  départements  dans  lesquels  le  nombre  des  hommes 
offrant  au  moins  une  taille  de  1",732  (taille  des  cuirassiers)  a  varié  de  69&  A 
1560,  et  A8  dans  lesquels  il  a  varié  de  316  à  686.  ()r  les  premiers  appartiennent 
presque  tous  A  Test  et  au  nord;  les  derniers  sont  ceux  du  centre,  du  sud  et 
de  l'ouest  (3). 

(1)  Gasfite  médicale  du  7  août  1841,  ei  P/ty^o/ijgie  de  la  pensée,  2*  édiU,  U  II, 
p.  113  et  toW. 

.2  Bosdin,  itwtef  Hhfwlogitpief  «/r  h  taille  et  le  pnidf  de  rhomme  chez  ht  dn^ert 
peupks,  Ptriii,  1069.  f.  «0. 


STATURE  DE  L  HOMME.  lÔ 

5*  La  taille  moyenne  de  l'homme  varie  pour  les  divers  peuples.  —  Nous  avoDs 
vu  qu'en  France  elle  égale  i'^^ôô?  ;  qu'en  Belgique  elle  s'élève  à  i'°,68/i.  Dans 
la  Pologne  el^e  parait  atteindre  1^,73,  et  en  Russie  l'°,76.  Dans  la  Saxe  elle 
dépasse  encore  cette  limite;  c'est  dans  cette  contrée,  d'après  Tenon,  que  se 
trouveraient  les  hommes  les  plus  hauts  de  l'Europe.  En  1780,  la  taille  com« 
mune  des  fantassins  y  était  de  i™,786,  et  celle  des  grenadiers  du  corps  de 
1",95.  Parmi  les  peuples  du  nouveau  continent,  les  Patagons,  selon  le  même 
auteur,  seraient  ceux  qui  offriraient  la  plusx haute  stature;  il  évalue  leur 
taille  ordinaire  à  i",76,  et  leur  taille  la  plus  élevée  à  2'°,03,~Chez  quelques 
peuples,  au  contraire,  la  taille  moyenne  est  très-petite  :  au  premier  rang, 
tous  ce  rapport,  on  peut  placer  les  Lapons  qui  ont  communément!"' ,380,  les 
Samoîédes,  les  Groenlendais,  les  Esquimaux,  et  la  plupart  des  hommes  qui 
habitent  les  contrées  voisines  du  pOle  arctique. 

6*  La  taiUe  moyenne  parait  varier  aussi  selon  les  races,  —  Mais  nous  ne  pos* 
sédoDs  sur  ce  point  aucun  travail  assez  précis  ou  assez  complet  pour  déter- 
miner d'une  manière  suffisamment  approximative  celle  qui  est  propre  à 
chacune  d'elles. 

7*  Enfin  la  tailUy  chez  tous  les  peuples,  diffère  beaucoup  selon  les  individus, 
—Lorsqu'elle  s'élève  très-considérablement  au-dessus  de  la  moyenne,  ou 
s'abaisse  extrêmement  au-dessous,  l'honmie  chez  lequel  elle  s'élève  ou  s'a* 
baisse  ainsi  prend  le  nom  de  géant  dans  le  premier  cas,  et  celui  de  nain  dans 
le  second.  Il  a  existé  quelques  géants  d'une  stature  vraiment  extraordinaire  ; 
chacun  peut  voir  au  musée  Orfila  les  os  d'un  kalmouck,  nommé  Margrath, 
dont  la  taille  avait  atteint  2<",53d;  celle  du  Finlandais  Caianus  était  plus 
prodigieuse  encore  :  elle  s'élevait  à  2"',833. 

La  taille  de  l'hoaune  peut  donc  s'accroître,  dans  quelques  cas  de  la  plus 
excessive  rareté,  au  point  de  dépasser  la  moyenne  d'un  demi-mètre,  d'un 
mètre  et  plus  encore. 

Elle  peut  auni  se  réduire  dans  la  même  proportion.  Fabrice  de  Hilden  fait 
mention  d'un  nain  qui  n'avait  que  i'",082,  et  Bauhin  d'un  autre  qui  ne  me- 
surait que  0"",97A.  Le  célèbre  Bébé,  qui  amusa  la  cour  de  Stanislas,  roi  de 
Pologne,  par  l'exiguïté  et  la  gentillesse  de  ses  proportions,  et  dont  on  voit 
le  mannequin  au  musée  Orfila,  ne  dépassait  pas  0",893.  Il  avait  été  fiancé  à 
une  naine  dont  la  taille  égalait  la  sienne.^On  pourrait  croire  que  cette  limite 
marque  le  dernier  degré  de  la  réduction  que  peut  subir  l'espèce  humaine  ; 
il  n'en  est  rien  cependant.  Barwiloski,  gentilhonune  polonais,  doué 
d'une  remarquable  intelligence  et  régulièrement  conformé,  mesurait  seule^ 
ment  0",756;  et  Jeffery  Hugdson,  que  la  duchesse  de  Bucklngham,  vers  la 
fin  d'un  repas,  fit  présenter  dans  un  pâté  à  la  reine  Henriette-Marie  de  Francei 
était  plus  petit  encore  ;  à  vingt  ans,  il  n'avait  que  0",56. 

Il  existe  donc  des  géants  et  des  nains;  mais  il  n'y  a  pas  et  il  n'y  a  Jamais 
eu  des  peuples  de  géants  et  des  peuples  de  nains.  Si  quelques  auteurs  croient 
encore  à  la  dégradation  physique  de  l'espèce  humaine,  c'est  parce  qu'ils 
n'ont  pas  sufBsanmient  tenu  compte  des  faits  authentiques  de  l'histoire;  car 
tous  ces  faits  protestent  contre  une  pareille  hypothèse. 


20 


Dr  CORPS  HUMAIS  EN  CENERAL. 


§  à.  —  DlMElfSIOllS  ET  PROPORTIONS  DES  PRINCIPALES  PARTIES  DU  CORPS. 

Les  peintres  et  les  statuaires  de  la  Grèce  avaient  déjà  remarqué  que  lorsque 
l'homme  se  tient  debout,  les  pieds  un  peu  écartés,  et  les  bras  légèrement 
relevés,  il  se  trouve  inscrit  dans  un  cercle  qui  a  pour  centre  l'ombilic  et  qui 
répond,  par  sa  circonférence,  à  l'extrémité  des  quatre  membres. 


DIMENSIONS  DES   PRINCIPALES   PARTIES  DU 

CORPS  CHEZ  L'hOIIME. 

AKSiES. 

STATUAS. 

TRORC 

MIMBRB9 
IKrélllBURS 

MIMMCS 

SUPÉIIIBUM 

TÊTS. 

rACC. 

m 

„ 

ni 

m 

m 

1 

60 

1,56 

0,76 

0,78 

0,68 

0,130 

0,190 

2 

76 

1,56 

0,78 

0,76 

0,63 

0,20a 

0,180 

3 

56 

1,55 

0,78 

0,77 

0,69 

0,310 

0,1  PO 

4 

26 

1,58 

0,79 

0,79 

0,67 

0,260 

0,105 

5 

72 

1,61 

0,80 

0,81 

0,78 

0,220 

0,100 

6 

68 

1,62 

0,81 

0,81 

0,70 

0,210 

0,180 

7 

65 

1,63 

0,83 

0,80 

0,67 

0,220 

0,185 

a 

22 

1,66 

0,82 

0,82 

0,72 

0,210 

0,170 

0 

70 

1,66 

0,81 

0,83 

0,77 

0,220 

0,200 

JO 

75 

iM 

0,81 

0,83 

0,76 

0,220 

0,200 

M 

65 

1,65 

0,80 

0,85 

0,76 

0,230 

0.190 

12 

66 

1,65 

0,81 

0,86 

0,76 

0,230 

0,190 

13 

52 

1,65 

0,81 

0,8»^ 

0,72 

0,220 

0,185 

n 

23 

1,66 

0,82 

0,86 

0,76 

0,240 

0,190 

15 

65 

1,66 

0,79 

0,87 

0,78 

0,220 

0,190 

16 

70 

1,66 

0,80 

0,86 

0,76 

0,200 

0,180 

17 

28 

1,67 

0,78 

0,89 

0,76 

0,210 

0,190 

18 

25 

1,68 

0,86 

0,82 

0,7! 

0,220 

0,100 

10 

32 

1,68 

0,86 

0,86 

0,78 

0,220 

0,185 

20 

35 

1,68 

0,82 

0,86 

0,77 

0,220 

0  200 

21 

55 

1,69 

0,86 

0,83 

0,73 

0,210 

0,170 

22 

70 

1,69 

0,79 

0,90 

0,79 

0,215 

0,100 

23 

75 

1,69 

0,83 

0,86 

0,70 

0,225 

0,185 

2à 

66 

1,70 

0,86 

0,86 

0,76 

0,215 

0,180 

25 

76 

1,70 

0,83 

0,88 

0,73 

0,220 

0,190 

2A 

21 

1,71 

0,86 

0,85 

0,72 

0,250 

0,200 

27 

22 

1,71 

0,81 

0,90 

0,80 

0,230 

•i.l80 

2a 

30 

1,72 

0,86 

0,86 

0,77 

0,230 

0,190 

20 

30 

1,73 

0,87 

0,86 

0,71 

0,210 

0,185 

30 

63 

1,76 

0,87 

0,87 

0,80 

0,220 

0,300 

31 

56 

1,76 

0,87 

0,87 

0,70 

0,210 

0,190 

32 

20 

1,75 

0,82 

0,83 

0,72 

0,230 

0,170 

33 

60 

1,75 

0,8^ 

0,9! 

0,78 

0,215 

0,180 

36 

60 

1,79 

0.86 

0,93 

0,82 

0,220 

olioo 

35 

68 

1,79 

0,78 

0,91 

0,78 

0,213 

0,180 

30 

66 

1,8! 

0,87 

0,06 

0,70 

0,2.10 

0,190 
0,185 

37 

50 

I,h2 

0.89 

0,03 

0,83 

0,220 

3a 

50 

1» 

0,88 

0.96 

0,80 

0,230 

0,300 

30 

78 

1,H4 

0,89 

0.93 

0,Hi 

0,2>0 

0,190 

«0 

36 

1,86 

0,89 

0,97 

0,82 

0,230 

0,200 

Moyennes. 

68 

t,692 

0,833 

0,859 

0,750 

0.321 

0,187 

DIMENSIONS  DES  PRINCIPALES  PARTIES  DU  CORPS.  21 

Ils  avaient  constaté  aussi  que  lorsqu'il  est  debout,  les  membres  inférieurs 
rapprochés,  et  les  supérieurs  étendus  en  croix,  l'intervalle  qui  s'étend  de 
lun  à  l'autre  médius  devient  égal  à  la  hauteur  du  corps,  en  sorte  qu'il  peut 
être  considéré  alors  coaune  inscrit  dans  un  carré.  En  réunissant  les  angles 
opposés  de  ce  carré  à  l'aide  de  deux  diagonales,  on  voit  que  celles-ci  s'entre- 
croisent sur  la  symphyse  des  pubis.  Le  centre  du  corps  semblerait  donc  cor- 
respondre à  cette  symphyse;  en  d'autres  termes,  le  tronc,  surmonté  delà  tête 
et  du  cou,  en  formerait  la  moitié,  et  les  membres  abdominaux  l'autre  moitié. 
A  l'aq^ect  des  chefs-d'œuvre  qu'ils  nous  ont  laissés  on  peut  reconnaître 
cependant  qu'ils  plaçaient  ce  centre  un  peu  plus  bas,  c'est-à-dire  au  niveau 
des  organes  génitaux.  Pour  eux,  la  tête  représentait  la  huitième  partie  du 
corps;  la  face,  d'une  longueur  égale  à  celle  de  la  main,  en  formait  la  dixième 
partie,  et  le  coude  ou  la  coudée,  la  quatrième. 

Désireux  de  connaître  la  valeur  de  ces  données  qui  ont  servi  de  règle  aux 
artistes  de  l'antiquité,  et  qui  semblent  encore  faire  loi  dans  toutes  les  écoles 
consacrées  aux  beaux-arts.  J'ai  soumis  à  la  mensuration  les  principales  par- 
ties du  corps,  chez  quarante  hommes  et  trente  femmes  régulièrement  con- 
formés. Le  tableau  qui  précède  montrera  les  résultats  que  J'ai  obtenus  pour 
l'homme. 

Des  nombres  exprimés  dans  ce  tableau  il  suit  :  1®  que  sur  AO  individus 
on  en  trouve  25  chez  lesquels  les  membres  inférieurs  sont  plus  longs  que  le 
tronc,  8  chez  lesquels  le  tronc  l'emporte  sur  ces  membres,  et  7  chez  lesquels 
0  7  a  égalité  ;  2**  que  la  longueur  moyenne  du  tronc  de  ces  UO  individus 
s'élève  à  0",833,  et  celle  des  membres  abdominaux  à  0"',859,  ce  qui  constitue 
en  (aveur  de  cea\-ci  une  différence  de  2  centimètres  et  demi.  Partageons 
cette  différence,  et  le  centre  du  corps  tombera  à  13  millimètres  au-dessous  de 
la  symphyse  des  pubis,  c'est-à-dire  sur  la  racine  de  la  verge.  Les  statuaires  des 
iiècles  de  Périclès  et  d'Auguste  étaient  donc  dans  la  vérité.  Ils  plaçaient  ce 
centre,  il  est  vrai,  plus  bas  encore  ;  et  Ton  pourrait  croire  qu'en  l'abaissant 
autant  ils  tombaient  dans  l'exagération.  Il  n'en  est  rien  cependant.  Mais  ici 
une  distinction  devient  nécessaire.  Dans  ce  but  J'ai  classé  les  quarante  indi- 
ndnsque  j'ai  pris  pour  sujets  de  mes  recherches,  dans  l'ordre  de  leur  stature, 
et  les  divisant  en  deux  catégories  j'ai  obtenu  les  moyennes  suivantes  : 


STATrSE. 

THOXC. 

MEMBRES  INFtelEUIS. 

Pour  les  20  premier».  . 

.  .    l-,63 

0-,808 

0-,825 

Pour  les  20  dernier».  . 

.  .    l-,7(i 

0-,85l 

0-,892 

Ainsi  chez  les  vingt  premiers,  dont  la  stature  moyenne  ne  dépasse  pas 
i*,63,  on  voit  que  les  membres  inférieurs  l'emportent  sur  le  tronc  de  17 
millimètres  seulement,  tandis  que  chez  les  vingt  derniers,  dont  la  stature 
moyenne  atteint  i",74,  ils  l'emportent  de  ki  millimètres.  Plus  la  stature 
s'élève,  plus  le  centre  du  corps  tend  à  s'abaisser  au-dessous  de  la  symphyse. 
Us  peintres  et  les  statuaires  de  l'antiquité  qui  représentaient  surtout  des  dieux 
et  des  héros,  étaient  donc  autorisés  à  placer  le  centre  du  corps  au  niveau  des 
organes  génitaux.  Dans  l'Apollon  du  Belvédère,  dont  la  stature  égale  2",i5,  la 
longueur  du  tronc  est  de  i'",03,  et  celle  des  membres  inférieurs  de  1",12  ;  en 
divisant  la  différence,  on  reconnaît  que  l'artiste  a  placé  le  rentre  du  corps  à 


23 


DU  G0RP8  HUMAIN  EN  GENERAL. 


4  ceotimèlret  et  demi  au-deasout  de  la  symphyse,  immédiatement  au-deseus 
des  teslicttlesy  et  qu'il  est  resté  fidèle  au  principe  déduit  des  lois  de  Tobsenra- 
lîoo*  Dans  quelques  cas,  on  Toit  même  le  point  central  du  corps  s'abaisser 
davantage  ;  cbei  les  individus  qui  sont  désignés  dans  le  tableau  précédent 
par  les  numéros  17  et  32  il  descendait  à  5  centimètres  i/3  au-dessous  de  la 
symphyse,  et  chei  celui  qui  porte  le  numéro  35  à  6 1/2. 

Chez  la  femme,  la  longueur  du  tronc  et  celle  des  membres  inférieun  dif« 
(èrent  à  peine,  ainsi  que  le  démontre  le  tableau  suivant  : 


OWEXSIONS  DES  PRINCIPALES  PARTIES  DC    CORPS  CHEZ 

LA   FEMME. 

^. 

ANSte. 

tTATUIIi. 

molle. 

RiriKlKUM. 

HtlMIlS 

lin. 

rACt. 

m 

m 

m 

m 

^ 

m 

1 

38 

1,45 

0,77 

0,68 

0,01 

0,210 

0,170 

3 

70 

1,48 

0,75 

0,73 

0,07 

0,300 

0,180 

S 

35 

1,53 

0,75 

0,77 

0,09 

0,310 

0,170 

4 

40 

1,52 

0,78 

0,74 

0,67 

0,190 

o.ieo 

S 

33 

1,55 

0,77 

0,78 

0,00 

0,195 

0,170 

e 

34 

1,50 

0,83 

0,73 

0,07 

0,300 

0,170 

7 

75 

1,56 

0,76 

0,80 

0,68 

0,300 

0,170 

8 

30 

1,57 

0,80 

0,77 

0,65 

0,310 

0,175 

9 

30 

1,57 

0,80 

0,77 

0,66 

0,320 

0,180 

10 

37 

1,57 

0,79 

0,78 

0,09 

0,230 

0,210 

11 

30 

1,57 

0,80 

0,77 

0,69 

0,330 

0,180 

IS 

30 

1,57 

0,80 

0,77 

0,08 

0,330 

0,190 

13 

34 

1,57 

0,77 

0,80 

0,70 

0,300 

0,170 

14 

M 

1,57 

0,78 

0,79 

0,70 

0,330 

0,180 

15 

50 

1,57 

0,77 

0,80 

0,70 

0,300 

0,170 

16 

33 

1,59 

0,79 

0,80 

0,09 

0,310 

0,180 

17 

55 

1,59 

0,8! 

0,78 

0,08 

0,310 

0,180 

is 

34 

1,00 

0,80 

0,80 

0,68 

0,310 

0,170 

19 

40 

1.01 

0,80 

0,81 

0,70 

0,330 

0,175 

SO 

05 

1,01 

o,?o 

0,81 

0,70 

0,180 

0,100 

91 

38 

1,03 

0,80 

0,83 

0,06 

0,310 

0,180 

33 

30 

1,03 

0,80 

0,31 

0,71 

0,330 

0480 

33 

30 

1,63 

0,83 

0,83 

0,71 

0,330 

0,180 

24 

54 

1,63 

0,80 

0,86 

0,70 

0,230 

0,190 

33 

08 

1,63 

0,77 

0,88 

0,73 

0,200 

0,180 

36 

73 

1,6* 

0,79 

0,85 

0,70 

0,210 

0,190 

87 

43 

1,65 

0,83 

0,83 

0,71 

0,300 

0,185 

38 

35 

1,66 

0,84 

0,83 

0,09 

0,330 

0,170 

39 

34 

1,68 

0,83 

0,83 

0,71 

0,230 

0,180 

30 

35 

1,71 

0,85 

0,86 

0,73 

0,330 

0,180 

MoyennM. 

39 

1,589 

0,795 

0.703 

0,686 

0,311 

0,177 

Il  réonlte,  en  effet,  des  nombres  réunis  dans  ce  tableau,  que  la  longueur 
moTenne  du  tronc  s'élève  à  0*,795,  celle  des  membres  inférieurs  à  0*,7M, 
et  qu'elles  peuvent  étra  considérées  par  conséquent  comme  égales.  %  d'une 
autre  part,  on  compte  les  faits  individuels,  on  constate  que  sur  ces  80  femmes 
il  y  en  a  15  ches  lesquelles  les  membres  inférieurs  sont  plus  longs  que  le 
tronc,  lH  chet  lesquelles  c'est  le  tronc  au  contraire  qui  l'emporte,  et  une 


DIMENSIONS  DES  PRINaPALES  PARTIES  DU  CORPS.  'iS 

chei  laquelle  il  y  a  égalité  parfaite.  Daas  le  sexe  féminia  le  centre  du  corpa 
répond  donc  à  la  symphyse  pubienne  sur  laquelle  il  oscille  pour  se  placer 
tantôt  un  peu  au-dessus,  tantôt  un  peu  aunlessous.  Il  n'est  pas  très-rare, 
cependant,  de  rencontrer  des  fenunes  chez  lesquelles  il  s'élève  de  plusieurs 
centimètres  au-dessus,  et  d'autres  chea  lesquelles  il  s'abaisse  d'une  quantité 
égale.  Chea  la  fenune  qui  porte  le  numéro  6,  il  était  situé  à  5  centimètres 
ao-dessus,  et  chea  celle  qui  porte  le  numéro  35,  à  A  ift  au-dessous;  mais, 
cbea  la  plupart  d'entre  elles,  il  ne  présente  que  de  très-faibles  oscillations. 
Pour  reconnaître  la  part  d'influence  que  la  stature  pourait  prendre  à  ces 
oicillations  9  j'ai  aussi  classé  les  trente  femmes  qui  avaient  servi  &  mes 
recherches  en  deux  séries,  l'une  comprenant  les  quinze  premières  et  l'autre 
les  quinze  dernières  ;  cette  distinction  m'a  conduit  aux  moyennes  qui  suivent  : 


STATURE. 

Taoîfc. 

Pour  les  15  premières..  , 
Pour  les  15  dernières.  . 

.  .    l-,54 

0',781 
0-,810 

0-,765 

o-,8aa 

Pour  les  quinze  premières,  dont  la  stature  moyenne  était  de  i'°,5/i,  le  tronc 
l'a  emporté  sur  les  membres  de  16  millimètres;  et  pour  les  quinze  dernières, 
dont  la  stature  moyenne  égalait  i'°,63,  les  membres  l'ont  emporté  au  con- 
traire sur  le  tronc  de  12  millimètres.  Il  faut  donc  admettre  que  chez  les 
femmes  de  petite  taille  le  centre  du  corps  est  situé  un  peu  au-dessus  des 
pubis,  et  chez  la  femme  de  stature  élevée  un  peu  au-dessous. 

la  tête,  pour  les  Grecs  et  les  Romains,  représentait  la  huitième  partie  de 
la  hauteur  du  corps.  Cette  opinion  a  été  adoptée  par  la  plupart  des  artistes 
qui  se  sont  occupés  du  même  sujet.  Dans  leur  échelle  de  proportion  ils 
l'ont  prise  en  conséquence  pour  unité  ;  et  partant  de  cette  donnée,  ils  ad- 
mettaient que  les  8  têtes  formant  la  hauteur  totale  du  corps  étaient  ainsi 
échelonnées  :  la  deuxième  s'étendait  du  menton  à  l'intervalle  qui  sépare  les 
Kins;  la  troisième  et  la  quatrième  réunies  se  prolongeaient  de  cet  inter- 
uUe  à  la  symphyse  pubienne,  ou  aux  organes  génitaux  ;  les  quatre  der- 
nières représentaient  la  longueur  des  membres  inférieurs.  Ce  principe  n'est 
pas  rigoureusement  conforme  à  l'observation.  Pour  les  quarante  individus 
que  J'ai  observés,  la  hauteur  moyenne  de  la  tête  équivaut  à  0'*,221  ;  en  la 
comparant  à  leur  moyenne  stature,  qui  égalait  l'",692,  on  reconnaît  que 
ccIUkI  se  compose  de  7  têtes  et  demie  seulement.  Mais  la  taille  modifie 
UMs  notablement  cette  proportion.  J'ai  constaté,  en  effet,  que  pour  les 
cinq  premiers,  dont  la  stature  est  la  plus  petite,  le  corps  se  compose  de 
7  têtes;  pour  les  vingt  premiers,  de  7  1/2;  pour  les  vingt  derniers,  de  7  &/5**. 
Comparée  à  la  taUle,  la  tête,  ainsi  qu'on  pouvait  le  prévoir,  est  donc  d'autant 
plni  petite  que  celle-ci  est  plus  haute.  Sur  quarante  hommes,  J'en  ai  ren- 
contré deux  seulement  chez  lesquels  la  tête  ne  représentait  réellement  que 
la  huitième  partie  du  corps  :  ce  sont  ceux  qui  portent  les  numéros  38  et  AO, 
dont  la  stature  n'était  pas  moindre  de  l»,8/i  pour  le  premier,  et  1",80  pour 
le  second.  Le  principe  adopté  dans  les  écoles  de  la  Grèce  et  de  Rome  n'est 
applicable,  par  conséquent,  qu'aux  hommes  les  plus  grands,  ou  à  ceux  qui 
itîeignent  ou  qui  dépassent  1",86.  Du  reste,  il  n'a  Jamais  été  scrupuleuse- 


j 


2à  nr  CORPS  acMAiK  en  cénéral. 

ment  appliqué;  les  œuvres  les  plus  pures  de  rantiquitô  soat  là  pour  VmU 
tester.  Dans  l'Apollon,  par  exeniple,  qui  a  2",i5,  la  taille  ne  se  compose  pas 
de  8  têtes  1/2,  mais  de  7  2/3.  En  augmentant  les  proportions  de  toutes  les 
autres  parties  du  corps,  l'artiste,  par  un  sentiment  qui  l'honore,  n'a  pas 
voulu  réduire  celles  de  l'extrémité  céphalique  autant  qu'il  aurait  dû  le  faire 
s'U  s'était  proposé  de  représenter  un  simple  mortel. 

La  hauteur  moyenne  de  la  face  dans  le  sexe  masculin  est  de  0",i87.  Com- 
parée à  la  hauteur  totale  du  corps  elle  en  forme  la  neuvième  partie  dans  la 
majorité  des  individus,  un  peu  plus  chez  les  hommes  de  petite  taille,  un 
peu  moins  chei  ceux  de  taille  élevée.  Les  peintres  et  les  statuaires  anciens, 
en  admettant  qu'elle  ne  représentait  que  la  dixième  partie  du  corps,  la  rac- 
courcissaient donc  sensiblement,  tandis  qu'ils  développaient  au  contraire  la 
région  supérieure  du  crâne  :  deux  modifications  inverses  qui  avaient  pour 
eux  le  même  résultat,  relui  d'augmenter  l'angle  facial. 

Chez  la  femme,  les  dimensions  de  la  tête  et  de  la  face,  comparées  à  celles 
du  corps,  sont  les  mêmes  que  chez  l'homme. 

La  longueur  moyenne  des  membres  inférieurs,  chez  l'homme,  est  de 
0",859,  et  celle  des  membres  supérieurs  de  0*,750.  Chez  la  femme,  les  pre- 
miers  égalent  0",793,  les  seconds  0",686.  Chez  l'un  et  l'autre  les  membres 
abdominaux  l'emportent  donc  sur  les  thoraciques  de  11  centimètres  environ. 

Mais  ici  encore  il  faut  tenir  compte  de  la  stature.  En  prenant  la  longueur 
moyenne  des  membres  et  de  la  tête  chez  les  vingt  premiers  et  les  vingt  der- 
niers si^ets  de  notre  tableau  relatif  à  l'homme,  et  chez  les  quinze  premiers 
et  les  quinze  derniers  de  notre  tableau  relatif  à  la  femme,  on  obtient  les 
résultats  suivants  : 

■un.  nrFÉM.  mrhb.  sri^KS.  tête. 

m  m  m 

0,836  0,728  0,317 

0,801  0,773  0,333 

0,765  0,674  0,300 

0,832  0,008  0,313 

Or,  ces  résultats  nous  démontrent  :  1*  que  chez  les  hommes  de  1",63, 
c'est-à-dire  de  stature  moyenne,  la  longueur  des  membres  inférieurs  excède 
de  10  centimètres  seulement  celle  des  supérieurs,  tandis  que  chez  ceux  de 
l",7ft,  ou  de  grande  taille,  la  différence  s'élève  de  10  à  12;  2«  que  chez  la 
femme  de  1",54,  ou  de  moyenne  taille,  cette  différence  se  réduit  à  9  centi- 
mètres, et  que  chez  celle  de  1",63  elle  s'élève  aussi  à  12  et  même  12  1/3. 

Si  maintenant  nous  voulons  comparer  entre  elles  toutes  les  extrémités  du 
corps,  le  tableau  qui  précède  nous  rendra  ce  parallèle  facile.  Chez  Thoomie 
de  moyenne  stature,  ou  de  1*,63,  la  longueur  des  membres  abdominaux 
équivaut  à  3  têtes  8/10*%  et  celle  des  membres  thoraciques  à  3  têtes  3/10^. 
Chez  l'homme  de  grande  taille,  ou  de  l*,7â,  l'étendue  des  premiers  égale 
&  tétei,  et  celle  des  seconds  3  têtes  â/lO".  Chez  les  individus  de  taille  élevée, 
les  membres  inférieurs  et  la  tête  présentent  donc  bien  réellement  le  rapport 
de  4  A  1  que  leur  avaient  assigné  les  anciens.  Mais  comme  ils  sont  alors  plus 


STATt'SI 

Homme».  . 

1,63 
1,7/k 

Fcmmfft.  . 

1,54 
1,63 

DIMENSIONS  DES  PRINCIPALES  PARTIES  DU  CORPS. 


25 


loogs  qae  le  tronc,  on  voit  aussi  que  celui-ci,  réuni  au  cou,  ne  peut  offrir, 
ainsi  qu'ils  le  pensaient,  une  étendue  équivalente  à  3  têtes. 

Chez  la  femme  de  taille  moyenne,  ou  de  l"',5/i,  la  longueur  des  membres 
inférieurs  est  de  3  têtes  6/10*',  et  celle  des  supérieurs  de  3  têtes  2/10".  Chez 
la  fenune  de  stature  élevée,  ou  de  i">,63,  elle  atteint  pour  les  membres 
abdominaux  3  têtes  8/10**,  et  pour  les  thoraciques  3  têtes  2/10**. 

La  longueur  totale  des  membres  nous  étant  connue,  nous  avons  mainte- 
nant à  répartir  celle-ci  entre  les  trois  segments  qui  les  composent. 

Dans  l'évaluation  de  l'étendue  de  la  cuisse,  j'ai  pris  pour  point  de  repère 
le  centre  de  la  rotule  inférieurement;  l'épine  iliaque,  la  symphyse  pubienne 
et  le  milieu  du  pli  de  l'aine  supérieurement  ;  et  J'ai  ainsi  obtenu  sa  longueur 
moyenne  pour  trois  points  de  vue  différents.  —  Le  centre  de  la  rotule  et  la  base 
de  la  nuUéole  interne  ont  été  mes  guides  dans  la  mensuration  de  la  Jambe.— 
L'acromion  et  le  pli  du  coude  m'ont  servi  de  limites  pour  le  bras. — Le  même 
pli  et  l'extrémité  du  médius  m'ont  donné  la  longueur  du  coude;  cette  extré- 
mité et  le  bord  postérieur  de  la  partie  inférieure  du  radiqs  celle  de  la  main. 

Ces  mesures  ont  été  prises  sur  les  quarante  individus  et  les  trente  femmes 
déjà  mentionnés;  mais,  pour  ne  pas  trop  multiplier  les  chiffres,  Je  donnerai 
leulement  les  longueurs  moyennes,  minima  et  maœima. 


ijongueur  des  pbincipaux  segments  des 

MEMBRES. 

cuisse. 

- — ^ 

^^ — . 

ÉPAULE 

De  U 
rotule 

è 
rëpine 
iliaque. 

DeU 
rotule 

au 
pubis. 

Delà 
rotule 

A 
l'aioe. 

JAMBE. 

PIED. 

rr 
BRAS. 

COUDE. 

MAIN. 

Long.  nioy. 

Homnif./ Minima  .  . 

Maxima  .  . 

0%8 
0,680 
0,520 

0,309 
0,370 
0,430 

Mio 

0,380 
0,480 

0,394 
0,350 
0,450 

0^245 
0,220 
0,270 

m 

0,317 
0,260 
0,360 

0,414 
0,370 
0,480 

0,197 
0,170 
0,225 

Femme.    Minima  .  ! 
Maxima  .  . 

0,439 
0,410 
0,470 

0,380 
0,360 
0,420 

0,380 
0,350 
0,410 

0,363 
0,340 
0,390 

0,214 
0,260 
0,250 

0,312 

0,260 
0,330 

0,374 
0,340 
0,400 

0,176 
0,160 
0,190 

Mesurée  de  la  rotule  à  l'épine  iliaque,  la  cuisse  est  plus  longue  chez 
l'homme  que  chez  la  femme  de  3  centimètres;  elle  équivaut  chez  Tun  à 
3  têtes  i/10«  et  chez  l'autre  à  2  tôles.  —  Mesurée  de  la  rotule  au  pubis,  elle 
l'emporte  de  2  centimètres  seulement,  et  équivaut  alors  àl  tète  8/10**  dans  les 
deux  sexes.— Mesurée  de  la  rotule  au  milieu  du  pli  de  l'aine,  elle  l'emporte, 
comme  dans  le  premier  cas,  de  3  centimètres.  Cette  différence,  plus  grande 
qoe  la  précédente,  est  due  en  partie  à  la  direction  du  pli  de  l'aine  qui  est 
lectiligne  et  ascendant  chez  l'homme,  curviligne  et  non  ascendant  chez  la 
fenuDe  dans  la  moitié  interne  de  son  trijet,  d'où  il  suit  que  dans  le  sexe  mas- 
câlin  le  milieu  du  pli  est  presque  tOHjours  plus  élevé  que  la  symphyse  pu- 
bieoiie,  tandis  que  dans  le  sexe  féminin  ce  milieu  et  la  symphyse  sont  situés 


26  DU  CORPS  HUMAIN  EN  GÉNÉRAL. 

lur  le  même  plan.  Néanmoins  la  cuiue,  considérée  dans  sa  partie  médiane, 
reste  équlTalente,  dans  l'un  et  l'antre,  à  i  tête  8/iO**. 

La  Jainbe,  de  même  que  la  cuisse,  est  plus  longue  chei  l'homme  de  3  cen- 
timètres. Elle  équiraut  ches  lui  à  i  tète  8/iO«%  etchei  la  femme  à  i  tète  7/iO~. 

Le  pied  de  l'homme  surpasse  aussi  celui  de  la  femme  de  3  centimètres;  il 
est  plus  long  que  la  tête,  mais  de  1/10*  seulement.  —  Dans  le  sexe  féminin 
sa  longueur  égale  celle  de  la  tète,  de  même  que  dans  ce  sexe  la  longueur  de 
la  main  égale  celle  de  la  face. 

L'épaule  et  le  bras  diffèrent  à  peine  dans  les  deux  sexes,  puisque  la  diffé- 
rence n'excède  pas  15  millimètres.  Leur  longueur  est  équivalente,  dans  l'un 
et  l'autre,  à  1  tête  A/10~. 

Le  coude  diffère,  au  contraire,  très-notablement.  11  est  plus  long  de  4  cen- 
timètres ches  l'homme,  ce  qui  permet  au  poignet  de  descendre  au  niveau 
du  grand  trochanter,  tandis  que  ches  la  femme  il  reste  au-dessus;  il  égale 
ches  lui  i  tête  8/10*%  et  ches  elle  i  tête  7/i0«*. 

La  main  de  l'honmie  est  plus  longue  que  celle  de  la  femme  de  2  centi- 
mètres; elle  est  plus  longue  aussi  que  la  face.  Dans  le  sexe  féminin  nous 
avons  vu,  plus  haut,  qu'elle  est  exactement  égaie  À  celle-ci. 

Après  avoir  évalué  et  comparé  les  dimensions  longitudinales  des  différentes 
parties  du  corps,  il  nous  reste  à  étudier  ses  dimensions  transversales  et  antéro- 
postérieures  ;  Je  dirai  seulement  un  mot  des  premières,  parce  qu'elles  diffèrent 
notablement  dans  les  deux  sexes  et  ont  été  Jusqu'ici  mal  déterminées. 

Parmi  ces  dimensions,  ce  sont  surtout  celles  des  parties  supérieure  et  infé- 
rieure du  tronc  qui  nous  intéressent.  Pour  arriver  à  une  notion  exacte  du 
diamètre  transversal  de  l'extrémité  supérieure  du  tronc.  J'ai  mesuré,  à  l'aide 
d'un  compas  d'épaisseur,  l'intervalle  compris  entre  les  deux  acromions,  ou 
ligne  6i-acromia/«,  qui  répond  A  la  partie  la  plus  large  du  dos,  et  la  ligne  qui 
s'étend  de  l'une  à  l'autre  épaule  en  passant  par  la  tête  des  humérus,  ou  ii^nê 
hi'humérale.  Pour  l'extrémité  pelvienne,  J'ai  pris,  à  l'aide  du  même  compas, 
la  largeur  du  bassin  au  niveau  des  crêtes  iliaques,  et  celle  des  hanches  nu 
niveau  des  grands  trochanters.  J'ai  ainsi  obtenu  deux  nouvelles  lignes,  la 
Ugn$  bi-iliaque  et  la  ligne  bi-4roehanUrienne.  Je  donnerai  seulement  la  longueur 
moyenne  de  chacune  de  ces  lignes,  ainsi  que  la  plus  petite  et  la  plus  grande, 

Dimen$iùn$  tranevenaUe  de$  parties  iupérieure  $1  inférieure  du  trône, 

U^M  tiinM»  Lifftii*  l'i^M 

bi^firomial*.      bi*kau«raU.      iM-ihaqu*.      U-trockMiléfiMA*. 

■  m  ■  a 

Dimension  roovcnne.  0,331  0,3S8  0,387  0,313 

Homme.   \  llinlmt 0,360  0,300  0,350  0,380 

lltiima 0,350  0,430  0,380  0,340 

DimrnMon  moyenne.  0,385  0,351  0,303  0,332 

Femme.  .\  Minimt 0,300  0,330  0,300  0,380 

Maxima 0,330  0,400  0,350  0,400 


t 


En  comparant  dans  les  deux  sexes  les  résultats  qui  précèdent,  on  peut 
reconnaître  :  i»  que  les  lignes  bi-acromiale  et  bi*humérale  sont  plus  longues 


DIMENSIONS  DES  PRINaPALES  PARTIES  DU  CORPS.  27 

de  3  centimètres  i/3  ches  l'homine;  ^  que  les  lignes  bi-iliaque  et  bi-tro- 
chantôrienne  sont  au  contraire  plus  petites  chez  lui,  la  prenoière  de  7  milli- 
mètres, et  la  seconde  de  9.  La  partie  supérieure  du  tronc  est  donc  plus  large 
ches  l'homme,  et  la  partie  inférieure  plus  large  chez  la  femme. 

Ainsi  formulé,  ce  fait  ne  peut  soulever  aucune  contestation.  Mais  les 
tnciens  le  formulaient  autrement;  ils  considéraient  le  corps  de  l'homme 
comme  inscrit  dans  un  ovale  dont  la  tôte  et  les  épaules  représentaient  la 
grosse  extrémité  ;  et  celui  de  la  femme  comme  inscrit  dans  une  ellipse  dont 
le  petit  axe  répondait  au  bassin.  Ils  admettaient,  en  un  mot,  que  la  partie 
supérieure  du  tronc  est  plus  large  chez  le  sexe  masculin  que  l'inférieure,  ce 
qui  est  vrai;  et  que  sa  partie  inférieure  est  plus  large  au  contraire  dans 
le  sexe  féminin  que  la  supérieure,  ce  qui  est  erroné. 

Plus  tard,  on  a  reconnu  cette  erreur.  Quelques  auteurs  ont  avancé  que  les 
deux  extrémités  du  tronc  offraient  une  égale  largeur  chez  la  femme.  Parmi 
ceux-ci,  Je  citerai  Salvage  (1)  et  M.  Malgaigne  (2).  Mais  c'était  encore  une 
erreur,  moins  grande  il  est  vrai  ;  car  l'observation  établit  très-nettement  que 
la  ligne  bi-humérale  représente  dans  les  deux  sexes  le  plus  grand  diamètre 
transversal  du  corps.  Chez  la  femme,  elle  surpasse  de  6  centimètres  la  ligne 
bi-iliaque,  et  de  3  la  ligne  bi-trochantérienne  :  différence  très-sensible,  et 
bien  plus  considérable  encore  chez  l'honmie  puisqu'elle  s'élève  dans  ce  sexe 
à  10  centimètres  pour  la  première,  et  à  7  /i2  pour  la  seconde.  On  voit  aussi, 
diin  le  tableau  qui  précède,  que  la  ligne  bi-iliaque,  qui  n'excède  pas  32  cen* 
timètres  dans  le  sexe  masculin,  lorsqu'elle  atteint  sa  plus  grande  étendue, 
peut  s'élever,  dans  le  sexe  féminin,  à  35;  et  que  la  plus  grande  ligne  bi- 
trochantérienne,  limitée  chez  lui  à  34  centimètres,  peut  arriver  ches  elle 
jusqu'à  40.  ' 

Les  dimensions  transversales  du  bassin  sont  donc  plus  considérables  chez 
le  sexe  féminin.  Mais  dans  aucun  cas,  cependant,  elles  ne  le  sont  assez  pour 
égaler  et  surtout  pour  surpasser  celles  de  la  partie  supérieure  du  tronc. 
Que  les  peintres  et  les  statuaires  prennent  ce  fait  en  considération;  nous  ne 
les  verrons  plus  alors  donner  à  la  femme  des  épaules  si  arrondies  et  si  tom- 
bantes. En  voulant  trop  idéaliser  ses  formes  ils  ne  s'exposeront  plus  à  rétrécir 
sou  thorax  au  point  qu'elle  peut  à  peine  respirer;  et  ses  seins,  lorsque  sera 
venu  pour  elle  le  moment  de  remplir  sa  mission,  trouveront  sur  la  région 
qu'ils  occupent  une  place  suffisante  pour  se  développer. 

L'intervalle  moyen  qui  sépare  ces  organes  est  de  0'",207  chez  la.femme,  de 
0",209  chez  l'honune.  H  peut  être  considéré  par  conséquent  comme  égal  dans 
les  deux  sexes,  et  comme  équivalent  à  21  centimètres,  c'est-à-dire  à  i  tête. 
Celle  qui  sépare  chaque  mamelon  de  la  clavicule  se  montre  égale  aussi  :  elle 
est  communément  de  14  centimètres,  ou  de  6/10*'  à  7/10«*  de  tête. 

Bien  que  l'extrémité  inférieure  du  tronc  soit  plus  large  chez  la  femme,  les 
dimensions  de  la  partie  sous-ombilicale  de  l'abdomen  diffèrent  à  peine 
cependant  d'un  sexe  à  l'autre.  Quatre  points  de  repère  m'ont  servi  de  guide 
dans  ce  parallèle,  les  deux  épines  iliaques  d'une  part,  l'ombilic  et  la  sym- 

(1)  Sahrtge,  Anoiomie  du  gladiateur  eambattant,  p.  5&. 

(S)  MaliiigM,  Trûiié  fanntomie  chirurgicale,  3«  Mit,  p.  37. 


28  Dr  CORPS  HUMAIN  EN  GENERAL. 

physe  pubienne  de  l'aulre.  Or,  ces  quatre  points  représentent  les  quatre 
angles  d'un  losange  qui  a  pour  grand  axe  la  ligne  bi-épinêutê,  pour  petit  axe 
la  ligne  étendue  des  pubis  à  l'ombilic  ou  ligne  pulwMmbilicale,  pour  côtés 
supérieurs  deux  lignes  étendues  de  cette  cicatrice  aux  épines  iliaques  ou 
ombilicfhépineuseSy  et  pour  côtés  inférieurs  deux  autres  lignes  tirées  des  pubis 
^ers  ces  épines  ou  pMfhépineuses.  Voici  l'étendue  moyenne,  fntntma  et 
maœima  de  chacune  de  ces  lignes  : 

Li^e  bi<-^i>iiM>u8«>      Ligue  omUilico-         Ligne  ouUnlieo-  I-igne  piiLi«>- 

nu  icrmnd  «&«  pulneoiu*  »>pineaii«  épineime  ou  râlé 

«lu  loMDge.  oti  petit  axe.  ou  eôté  tuiM^ricur.  iufiricur. 

ni  m  m  m 

/  Long.  moy.  0,352  0,158  o,m  0,153 

Homme.  /  Minima..  .  0,310  0,130  0,120  0,U0 

(  Maxima  .  .  0,280  0,190  0,180  0,180 

f  Long.  moy.  0,357  0,161  0,150  0,155 

Femme.  !  Minima..  .  0,300  0,1&0  0,130  0,lft0 

l  Maxima  .  .  0,280  0^80  0,180  0,180 

Si  Ton  compare  les  moyennes  qui  se  correspondent  dans  ce  tableau,  on 
remarquera  que  le  losange  sous-ombilical  de  la  femme  l'emporte  sur  celui 
de  l'homme  par  toutes  ses  dimensions;  mais  il  sera  facile  de  constater  aussi 
qu'il  en  diffère  en  réalité  très-peu.  Ainsi  le  grand  axe  de  ce  losange  ne  dé- 
passe celui  de  l'homme  que  de  6  millimètres  ;  le  petit  axe  de  3  seulement  ;  les 
côtés  supérieurs  ne  le  dépassent  que  de  3  également,  et  les  inférieurs  de  2. 
Chei  quelques  individus,  les  côtés  supérieurs  et  inférieurs  sont  égaux;  le 
losange  est  alors  parfait. — La  distance  comprise  entre  les  deux  épines  iliaques, 
ou  le  grand  axe  du  losange,  équivaut,  chez  l'homme,  à  1  tête  1/10*,  et  chez 
la  femme  à  i  tête  3/10**.  Celle  qui  sépare  l'ombilic  des  pubis,  ou  le  petit  axe, 
est  de  7/10**  de  tête  dans  le  premier  sexe,  de  7/10**  à  8/10**  dans  le  second. 


§  5.  —  Volume  kt  poids  du  corps. 


I.e  volume  du  corps  est  subordonné  aux  dimensions  du  squelette,  au  déve- 
loppement des  muscles,  et  à  l'abondance  du  tissu  cellulo^dipeux.  11  se  com- 
pose donc  de  trois  éléments  principaux,  et  varie  beaucoup  suivant  que  ceux-ci 
présentent  leur  proportion  normale  ou  que  Tun  d'eux  acquiert  sur  les  autres 
une  grande  prédominance. 

Lorsque  les  os,  les  muscles  et  le  tissu  cellulo-adipeux  se  trouvent  associés 
dans  les  prc^rtions  les  plus  favorables  au  libre  exercice  de  toutes  les  fonc- 
tions, le  corps  conserve  un  volume  ordinaire,  et  sa  surface  présente  le  mode 
de  configuration  qui  lui  est  propre  dans  chacun  des  sexes.—Chez  l'homme,  les 
saillies  osseuses  et  musculaires  se  dessinent  sous  la  peau  ;  toutes  les  dépres- 
sions qu'on  remarque  sur  les  téguments  s'accusent  davantage;  ses  formes 
revêtent  alors  leur  plus  beau  type,  mais  portent  l'empreinte  cependant  d'une 
certaine  rudesse.  —Chez  la  femme,  l'élément  osseux  et  l'élément  musculaire 
sont  moins  développés;  l'élément  adipeux  Test  en  général  beaucoup  plus. 


VOLUME  ET  POIDS  DV  CORPS.  20 

Aussi  voit-on  chez  elle  les  saillies  disparaître  pour  la  plupart,  les  dépressions 
s'effacer  en  partie,  et  toutes  les  formes  s'arrondir.  Dans  le  sexe  masculin, 
ce  sont  les  attributs  de  la  force  qui  prédominent  et  qui  se  traduisent  au 
dehors  ;  il  ne  conserve  rien  des  ^ces  et  des  formes  de  l'enfance.  Dans  le 
sexe  féminin,  au  contraire,  ce  sont  ces  formes  qu'on  retrouve  encore  à  l'âge 
adulte,  mais  plus  élancées,  plus  fines,  plus  légères. 

Si  les  systèmes  osseux  et  musculaire  arrivent  à  un  très-haut  degré  de  déve- 
loppement, le  volume  du  corps  augmente  dans  une  certaine  proportion. 
Toutes  les  saillies  musculaires  deviennent  extrêmement  prononcées,  tandis 
que  les  saillies  osseuses  disparaissent  en  partie.  Parmi  ces  dernières,  la  plu- 
part occupent  le  centre  d'une  dépression  ou  d'une  fossette  :  telles  sont  les 
saillies  épineuses  du  bassin,  celles  qu'on  remarque  sur  les  côtés  du  coude, 
sur  les  côtés  du  genou,  et  les  grands  trochanters  eux-mêmes  débordés  de 
toutes  parts  par  les  puissantes  masses  musculaires  qui  les  entourent;  telles 
sont  encore  les  apophyses  épineuses  des  vertèbres  dorsales  et  lombaires 
débordées  à  droite  et  à  gauche  par  les  muscles  spinaux.  Ce  mode  de  consti- 
tution, qui  a  reçu  le  nom  de  tempérament  athlétiquêy  se  montre  presque 
exclusivement  chez  l'homme  ;  c'était  celui  des  jeunes  Grecs  qui  disputaient  le 
prix  aux  jeux  Olympiques  ;  Hercule  en  représente  le  type  le  plus  accompli. 

Si  l'élément  cellulo-adipeux  acquiert  la  prédominance  sur  les  autres,  le 
volume  du  corps  s'accroît  rapidement;  on  l'a  vu,  dans  ce  cas,  atteindre  des 
dimensions  considérables  et  presque  monstrueuses.  Entre  toutes  les  contrées 
du  globe,  l'Angleterre  est  celle  qui  a  eu  le  privilège,  jusqu'ici,  de  produire  les 
hommes  les  plus  remarquables  par  leur  vaste  embonpoint.  Un  homme  du 
romté  de  Lincoln,  présenté  au  roi  d'Angleterre  en  172/ï,  et  mort  à  vingt-neuf 
ans,  offrait  au  niveau  de  l'ombilic  une  circonférence  de  i^,92  qui  dépas- 
sait sa  stature,  très-élevée  cependant,  puisqu'elle  égalait  i",86.  Le  diamètre 
de  son  bras  était  de  23  centimètres,  et  celui  de  sa  jambe  de  29.  —  Un  autre 
Anglais,  Edouard  Bright,  qui  mourut  en  1750  dans  le  comté  d'Essex^  à  l'âge 
de  vingt-neuf  ans  aussi,  avait  une  telle  ampleur  que  sept  personnes  d'un 
volume  ordinaire  pouvaient  tenir  ensemble  dans  son  habit  boutonné,  r-  La 
Gazette  anglaise  du  2A  juin  1775  donne  des  détails  curieux  sur  un  homme 
plus  gros  encore  que  les  précédents,  mort  à  cinquante-neuf  ans,  qui,  dans  les 
dernières  années  de  sa  vie,  ne  pouvant  plus  marcher,  se  promenait  dans  une 
charrette  attelée  d'un  fort  cheval.  La  largeur  de  ses  épaules,  alors,  n'était 
pas  moindre  de  1",29  (1). 

On  a  bien  rarement  observé,  en  France,  des  exemples  d'une  semblable 
obésité.  Le  fait  de  ce  genre  le  plus  connu  est  relatif  à  une  mendiante,  Fran- 
çoise Oay,  qui  mourut  à  l'Hôtel-Dieu  de  Paris,  en  1806,  à  l'flge  de  quarante 
ans.  Sa  taille  était  de  1",65,  et  la  circonférence  du  tronc  au  niveau  de  l'ab- 
domen de  1",69.  Le  cou  ayant  en  quelque  sorte  disparu,  la  tôte  reposait 
immobile  entre  deux  énormes  épaules  ;  les  mamelles,  énormes  aussi,  retom- 
baient sur  le  ventre  qu'elles  couvraient  en  partie.  Les  masses  de  graisse 

{\)  !«.  Gfodroy  Salni-Hilairc,  Traité  de  tératoioffie,  1. 1,  p.  363. 


30  Dr  CORPS  HUMAIN  EN  GÉNÉRAL. 

accumulées  sous  les  aisselles  tenaient  les  bras  soulevés  et  écartés  du  tronc. 
Les  hanches,  recouvertes  également  de  larges  masses  adipeuses,  remontaient 
Jusque  sur  les  côtés  de  la  poitrine  qu'elles  semblaient  soutenir  comme  les 
épaules  soutenaient  la  tête.  Les  cuisses  et  les  Jambes,  d'un  volume  considé- 
rable,  offraient  de  distance  en  distance  des  sillons  profonds  et  circulaires. 
Malgré  son  excessif  embonpoint,  malgré  Tabjection  et  la  misère  dans  les- 
quelles elle  vivait,  cette  femme  avait  conservé  un  esprit  vif  et  assez  gai  ;  elle 
faisait  deux  mille  pas  chaque  Jour  pour  se  rendre  à  une  église  où  elle  venait 
implorer  la  charité  des  fidèles. 

En  1818,  on  a  vu,  à  Paris,  une  Jeune  Allemande,  Frédérique  Ahrens,  âgée 
de  vingt  ans,  dont  la  taille  avait  déjà  atteint  1"',76,  et  dont  la  circonférence, 
au  niveau  du  bassin,  égalait  la  hauteur.  Elle  marchait  assez  facilement,  jouis- 
sait d'une  bonne  santé,  et  pouvait  soulever  de  chaque  main  un  poids  de  126 
kilogrammes  (i). 

Le  célèbre  Barrow  a  observé,  en  Afrique,  une  femme  de  quarante  ans  par- 
venue à  une  obésité  telle  que,  depuis  douze  ans,  elle  se  trouvait  hors  d'état 
de  marcher;  le  feu  ayant  prisa  la  maison  qu'elle  habitait,  il  fut  impoesible 
de  la  faire  passer  par  les  portes,  et  elle  périt  misérablement  au  milieu  des 
flammes  (3). 

En  regard  de  ces  organisations  dans  lesquelles  le  tissu  cellulo-adipeux 
acquiert  un  si  prodigieux  développement,  on  peut  mettre  celles  où  il  semble 
pour  ainsi  dire  disparaître.  Avec  son  atrophie  coïncide  celle  de  la  plupart  des 
organes;  le  volume  du  corps  se  réduit  dans  toutes  ses  parties;  et  sa  réduction 
peut  être  portée  4  un  degré  très-considérable.  Les  muscles  se  réduisant  plus 
que  les  os ,  on  voit  les  saillies  osseuses  se  profiler  sous  la  peau  et  le  squelette 
apparaître  à  la  vue  couvert  seulement  d'un  léger  voile.  Parmi  les  individus 
qui  ont  présenté  cet  état  de  maigreur  extrême.  Je  citerai  le  nonuné  Seunl 
qui,  sous  le  titre  d'homme  anatomique,  d'homme  squelette,  a  parcouru  l'An- 
gleterre et  la  France  en  1827,  et  dont  Delpech  a  publié  l'observation  (3). 

Le  poids  du  corps  a  été  étudié  en  France  par  Tenon,  et  en  Belgique  par 
M.  Quetelet.  Les  recherches  de  Tenon  ne  concernent  que  l'âge  adulte  ;  elles 
ne  portent  en  outre  que  sur  soixante  individus  :  ce  sont  ceux  dont  U  avait 
mesuré  la  taille  et  dont  l'âge  a  varié  de  vingt-cinq  à  quarante-six  ans.  U 
résume  ainsi  ses  études  sur  ce  point  i 

roiM  wons»  amara.  MAXtaim. 

kti.  kii.  kti. 

Hommes U,0ft9  51,4M  83,246 

Fenmoi 54,877  M,777  79,M3 

Le  poids  moyen  d'un  sexe  à  l'autre  dilTère  donc  de  7  kilogrammesi  La  diP 
férence  entre  le  poids  maximum  et  le  poids  minimum  s'élève  à  M  ehea 
l'homme  et  A  37  chez  la  femme. 

Les  résultats  obtenus  par  Ui  Quetelet  confirment  les  préeédeiits.  frour  cet 

\\,  Peret  et  Laurent,  Dieiiotmaire  det  science*  médicnhtf  \.  XX XVII,  p.  6. 

(3)  Soweau  voyofe  dam  tAfriqm  wéndùmaie,  1. 1,  p.  157  de  U  mdactkm  fraafsise. 

'3    Hecueil  de  h  Snneté  médicale  de  Marmite,  1837. 


VOLUME  ET  POIDS  DU  CORPS.  31 

autour,  en  effet,  le  poids  moyen  de  l'homme  adulte,  de  vingt-cinq  à  cinquante 
tns,  est  de  GS^^^AA,  et  celui  de  la  femme  de  5&kUy75^  chiffres  qui  semblent 
un  peu  élevés ,  et  qui  ne  le  sont  pas  cependant ,  si  Ton  veut  bien  se  rap* 
peler  qu'ils  s'appliquent  à  des  individus  dont  la  taille  moyenne,  pour 
l'homme,  est  de  i'^jdSf  tandis  que  celle  des  individus  mesurés  et  pesés  par 
Tenon  était  de  i'^yaô. 

Du  reste,  M.  Quetelet  a  repris  ces  études  sur  une  base  beaucoup  plus  large. 
II  a  d'abord  déterminé  le  poids  et  la  taille  des  nouveau-nés;  puis  il  a  remonté 
toute  la  série  des  Ages  en  les  comparant  l'un  A  l'autre  dans  les  deux  sexes  (i). 
Voici  les  moyennes  qui  découlent  de  ses  recherches  pour  soixante-cinq  gar- 
rons  et  cinquante-six  filles  nés  à  terme  : 

POIDS.  TAILLE, 

kii.  m. 

Garçons 3,20  0,4M 

Filles 2,91  0,483 

Ainsi,  dès  la  naissance,  il  existe  une  inégalité  pour  le  poids  et  la  taille 
entre  let  enfants  des  deux  sexes  ;  et  cette  inégalité  est  à  l'avantage  des  gar- 
çons. Ces  résultats  concordent  avec  ceux  qui  ont  été  recueillis  à  l'hôpital  de 
la  Maternité  de  Paris.  On  lit,  en  effet,  dans  le  grand  Dictionnaire  des  sciencei 
médicatesy  à  l'article  Fœtus  :  «  Les  recherches  faites  à  cet  hôpital,  sur  plus  de 
vingt  mille  enfants,  prouvent  qu'un  enfant  né  A.  terme  et  bien  constitué  pèse 
ordinairement  6  livres  1/&. 

Chaussier  avait  observé  que  l'enfant  diminue  un  peu  de  poids  immédiate- 
ment après  la  naissance.  Cette  remarque  est  confirmée  par  M.  Quetelet  qui 
a  obtenu,  pour  les  sept  premiers  jours,  les  moyennes  suivantes  : 

POIDS  DB  L*E5FA!rr. 
kil. 

Après  la  naissance 3^26 

•     Le  deuxième  jour 3^057 

Le  troisième  jour 3,017 

Le  quatrième  jour 3,036 

Le  cinquième  jour 3,039 

Le  sixième  jour 3,035 

Le  septième  jour 3,060 

Des  recherches  faites  sur  une  plus  grande  échelle  et  récemment  entreprises 
par  M.  Bouchaud,  attestent  cependant  que  la  diminution  du  poids  dans  les 
premiers  jours  n'est  pas  un  fait  tout  à  fait  constant.  Sur  U7  enfants,  3  ont 
offert  une  augmentation  continue.  Sur  les  M  autres,  trois  ont  commencé  à 
croître  dès  le  deuxième  jour,  et  26  le  troisième  jour.  Il  faut  donc  admettre 
rrec  cet  auteur  que  c'est  au  moment  où  la  sécrétion  laiteuse  s'établit  que  tout 
enfiutt  bien  constitué  et  en  bon  état^  de  santé  entre  dans  une  progression 
isceodatlte,  pour  reprendre  vers  le  sixième  ou  le  septième  jour  le  poids  qu'il 
atait  an  moment  de  sa  naissance  (2)« 

Cest  surtout  dans  le  cours  de  la  première  année  que  le  poids  du  corpé 

'X  Quetelet,  Atmalet  d'hygiène  publique.  Paris,  1883,  t.  X,  pi  l2i 

%  Bonebaud,  De  la  mort  par  inanition  chez  le  nouveau^né,  thèse^  186&,  p.  i6i 


32 


DU  CORPS  HIMAIN  EN  (tKNERAL. 


augmente  avec  rapidité.  M.  Malgaigne,  qui  a  pesé  avec  beaucoup  de  soin 
deux  petites  filles  Jumelles,  a  constaté  que  leur  poids  avait  doublé  pour  Tane 
et  presque  doublé  pour  l'autre,  au  bout  de  six  mois.  A  la  fin  de  Tannée, 
il  était  plus  que  triple  pour  chacune  d'elles  (1). 

Dans  les  années  suivantes,  il  continue  à  s'accroître,  mais  dans  une  propor- 
tion beaucoup  moins  grande,  ainsi  que  l'a  très-bien  démontré  M.  Quetelet 
par  une  longue  série  d'observations  résumées  dans  ce  tableau. 


K(  HELLES   DC   DÊVELOrPEMENT   DE  1 

,A   T.\1IXE   ET   DIT    POIDS. 

HOMMES. 

FEMMES. 

Alit. 

^  ^1    ■      ^     -^ 

TAILLE. 

POIDS. 

TAILLE. 

rou». 

tu. 

kil. 

m. 

kil. 

0 

0,500 

3,20 

0,490 

2,91 

1 

0,098 

9,45 

0,690 

8,79 

3 

0,791 

11,34 

0,781 

10,67 

3 

0,8ô& 

12,47 

0,852 

11,79 

h 

0,938 

14,23 

0,915 

13,00 

5 

0,988 

15,77 

0,974 

14,36 

a 

1,047 

17,24 

1,031 

16,00 

7 

1,100 

19,10 

1,086 

17,54 

8 

1,162 

20,76 

1,141 

19,08 

0 

1,219 

22,65 

1,195 

21,30 

10 

1,375 

24,52 

1,248 

33,52 

11 

1,330 

27,10 

1,299 

36,55 

12 

1,385 

29,82 

1,353 

39,83 

13 

1,W9 

34,38 

1,403 

33,94 

14 

1,493 

38,76 

1,453 

36,70 

15 

1,3'|6 

43,62 

1,499 

40,37 

10 

1,594 

49,67 

1,535 

43,57 

17 

1,634 

52,85 

1,555 

47,31 

18 

1,658 

'      57,85 

1,56% 

51,03 

20 

1,674 

60,06 

1,572 

53,38 

33 

1,680 

62,93 

1,577 

53,38 

30 

1,684 

03,65 

1,579 

54,33 

hO 

1,684 

63,67 

1,579 

55,33 

30 

1,674 

03,46 

1,536 

56,10 

60 

1,639 

61,94 

1,516 

54,30 

70 

1,623 

59,52 

1>514 

51,51 

60 

1,013 

57,83 

1,506 

49,37 

00 

1,613 

57,83 

1,505 

49,34 

Des  faits  énoncés  dans  ce  tableau  on  peut  tirer,  avec  l'auteur,  ploHears 
conclusions  fort  importantes: 

1*  L'homme  offre  un  poids  plus  considérable  que  celui  de  la  femme. 
Cependant,  \en  Tûgc  de  douze  ans,  il  y  a  sous  ce  rapport  égalité  entre  les 
deux  sexes,  phénomène  qui  parait  se  rattacher  à  la  puberté.  Car,  lorsque 
celle-ci  approche,  le  poids  augmente  beaucoup  plus  rapidement;  et  ( 


{\)  llal^fiif,  Tt-nité  datmiomie  rjtirurgtcaiej  3*  ëdit.,  l.  1,  p.  34* 


VOLIMK  KT  POIDS  DU  CORPS.  33 

elle  arrive  plus  lût  chez  la  femmei  cette  précocité  fait  disparaître  momenta- 
nément la  prédominance  que  présentait  le  sexe  masculin. 

2*  L'homme  qui  atteint  le  maximum  de  sa  taille  à  trente  ans,  n'arrive  au 
nuudmum  de  son  poids  qu'à  quarante.  Celui-ci  commence  à  diminuer  à  cin« 
quante  ;  à  quatre-vingts,  il  a  baissé  de  6  kilogrammes,  et  la  taille  de  7  cen» 
timètres. 

3*  La  femme  n'acquiert  le  maximum  de  son  poids  qu'à  cinquante  ans. 
Celui-ci  commence  à  décroître  à  cinquante-cinq  ou  soixante  ;  à  quatre-vingts, 
il  a  subi  une  réduction  de  6  à  7  kilogrammes,  et  la  taille  est  réduite  aussi 
de  7  centimètres. 

V  Quand  Thoomie  et  la  femme  sont  parvenus  à  leur  complet  développe* 
ment,  ils  pèsent  à  peu  prés  vingt  fois  autant  qu'au  moment  de  là  naissance, 
tandis  que  la  taille  est  seulement  un  peu  plus  que  triplée. 

5*  Un  an  après  leur  naissance,  les  enfants  ont  triplé  leur  poids;  il  leur  faut 
ensuite  six  ans  pour  doubler  celui-ci,  et  treize  pour  le  quadrupler. 

6*  Immédiatement  avant  la  puberté,  l'homme  et  la  femme  pèsent  la  moitié 
do  poids  qu'ils  auront  après  leur  complet  développement. 

T  Étant  connus  le  poids  et  la  taille  qui  se  correspondent  à  toutes  les  épo- 
ques du  développement,  on  peut,  à  l'aide  de  cette  échelle  de  proportion, 
déterminer  l'âge  d'un  individu.  Si  l'on  admet,  par  exemple,  que  celui-ci 
appartient  au  sexe  masculin,  qu'il  a  1">,23  de  taille  et  24  kilogrammes  de 
^ids,  cette  échelle  de  proportion  nous  apprend  que  par  sa  taille  il  a  un  peu 
plus  de  neuf  ans,  par  son  poids  dix  ans  environ;  et  l'on  peut  dire,  avec  beau- 
coop  de  probabilité,  qu'il  a  de  neuf  à  dix  ans. 

Nous  avons  vu  qu  la  taille  offre  des  variétés  individuelles  très-grandes  ; 
elles  sont  bien  minimes  cependant,  si  on  les  compare  à  celles  que  présente 
le  poids  du  corps.  En  France,  celui-ci  peut  s'élever  jusqu'à  160  et  même  180 
kilogrammes;  ce  n'est  que  dans  quelques  cas  bien  exceptionnels  qu'il  dépasse 
un  peu  cette  extrême  limite  à  laquelle  le  poids  moyen  se  trouve  déjà  triplé. 
—  Mais,  en  Angleterre,  on  a  observé  des  individus  chez  lesquels  il  devient 
plus  considérable.  Les  Transaction  philosophiques  pour  l'année  17A6  font 
mention  de  deux  frères  dont  l'un  pesait  233  kilogrammes,  et  l'autre  240;  on 
rapporte  que  ce  dernier  voulant  un  jour  monter  à  cheval,  le  pauvre  ani- 
mal plia  sous  l'énorme  poids  du  cavalier,  eut  les  reins  rompus  et  expira 
snr  place  (1).  Le  colosse  qui  fut  présenté  au  roi  George  II  en  1724  pesait 
285  kilogranmies;  Edouard  Brigth,  298;  et  cet  autre  Anglais  qui  avait 
1",29  d'une  épaule  à  l'autre,  317.  Chez  ce  dernier,  le  poids  moyen  se  trouvait 
quintuplé. 

Chez  d'autres  individus,  le  poids  se  montre,  au  contraire,  considérablement 
réduit.  Dans  cette  catégorie  vient  se  ranger  toute  la  série  des  nains.  La  plu- 
part d'entre  eux  ne  pèsent  pas  au  delà  de  20  kilogranmies,  nombre  qui  repré- 
sente à  peine  le  tiers  du  poids  ordinaire.  Quelques-uns  ont  offert  un  poids 
beaucoup  plus  petit.  Celui  de  Lucius,  dont  l'empereur  Auguste  fit  faire  la 
statue,  ne  dépassait  pas  8  kilogrammes;  celui  d'Hopkin,  dont  Browing  a  rap- 

y\,U,  Geoffroy  Saint-Hilairo,  Trotté  de  tératologie,  l.  I,  p.  263. 

1.  o 


M  DU  CORPS  Hl'MAlN  £N  GENERAL. 

porté  l'histoire,  était  de  6  seulement.  Si  nous  opposons  ce  poids  de  6  kilo- 
grammes  à  celui  de  317  mentionné  plus  haut,  on  roit  arec  surprise  que 
Ilioaime  le  plus  léger  est  au  plus  lourd  comme  i  est  à  53,  tandis  que  l'homme 
le  plus  petit  est  au  plus  grand  comme  i  est  à  5,  différence  énorme  dont  on 
trourerait  peu  d'exemples  dans  les  espèces  animales. 

§  6.  *-  Steugturb  du  coups. 

Le  corps  comprend  dans  sa  composition  des  parties  liquides  et  des  parties 
solides.  Le  rapport  des  unes  aux  autres  a  beaucoup  préoccupé  les  phjsîolo- 
gUtes  de  toutes  les  époques. 

Pour  déterminer  ce  rapport,  on  a  fait  dessécher  le  corps  entier,  puis  oa  a 
comparé  le  poids  qu'il  présentait  avant  et  après  la  dessiccation*  Chansner 
ayant  placé  dans  un  four  un  cadavre  qni  pesait  120  livres,  l'a  vu  se  réduire 
à  12  livres.  Un  autre  cadavre  qui  pesait  180  livres,  étant  passé  à  l'étal  de 
momie,  n'en  pesait  plus  que  15,  au  rapport  de  siénac.  De  ces  faits  on  a  cm 
pouvoir  conclure  que  les  parties  solides  ne  représentaient,  dans  le  preaner 
cas,  que  la  dixième  partie  du  poids  du  corps,  et  dans  le  second  la  dousiènoe 
seulement^  Mais  cette  interprétation  ne  saurait  être  acceptée.  Les  parties 
solidesi  en  effet|  contiennent  une  grande  quantité  d'eau  qui  fait  essentielle- 
ment partie  de  leur  constitution,  et  dont  on  ne  peut  les  priver  sans  les  faire 
passer  à  l'instant  même  de  l'état  de  corps  organisés  à  l'état  de  coips  inorga- 
niques. D'une  autre  part,  les  parties  liquides  renferment  des  matières  saUnes 
qui  se  précipitent  par  le  seul  fait  de  l'évaporation.  Ce  procédé  a  donc  le 
double  inconvénient  de  réduire  considérablement  le  poids  des  parties  solides 
et  de  ne  pas  faire  disparaître  coo^létement  les  parties  liquides.  Ce  n'est  pas 
à  lui,  par  conséquent,  qu'il  laut  recourir  pour  la  détermination  de  leur 
rapport;  il  ne  peut  faire  connaître  que  la  quantité  d'eau  qui  entre  dans  leur 
composition.  Cette  quantité,  du  reste,  semble  avoir  été  exagérée  ;  car  des 
expériences  plus  récentes  de  M.  Ghevreul  ne  l'évaluent  qu'à  666/1000%  c'est* 
à-dire  aux  deux  tiers  seulement  du  poids  total  du  corps* 

Le  procédé  de  Chaussier  étant  repoussé ,  pour  trouver  le  rapport  chei^ 
chéy  il  fallait  s'adresser  aux  liquides,  les  extraire  et  les  peser.  Au  premier 
rang  parmi  ceux-ci  se  place  le  sang,  au  second  le  chyle  et  la  lymphe,  an 
troisième  les  produits  de  sécrétion  et  d'exhalation,  tels  que  la  salive,  la  bile, 
le  suc  intestinal,  l'urine,  le  sperme,  etc.;  or  la  plupart  de  ces  liquides  sont 
collectés  en  trop  petite  quantité  pour  se  prêter  à  une  extraction  et  surtooi  à 
une  extraction  complète.  Leur  quantité,  en  outre,  est  très-variable  ;  aussi  ne 
savon»-nous  rien  sur  celle  des  humeurs  sécrétées  et  exhalées,  et  presque 
rien  sur  la  part  que  prennent  le  chyle  et  la  lymphe  au  poids  du  corps. 

Le  sang  seul  a  été  extrait  et  pesé.  De  très-nombreuses  recherches  ont  été 
aites  sur  ce  point;  mais  clloé  ne  sont  pas  auiwi  concluantes  qu'on  aurait  pu 
le  désirer.  Fréd.  Hoffmaim  évaluait  la  masse  totale  de  ce  liquide  à  28  livres 
ches  un  homme  de  poids  ordinaire;  et  Uuesnay  à  27,  c'est-à-dire  à  la  cin- 
quième partie  environ  de  ce  poids.  Haller  se  range  à  leur  avis  (i).  P.  Bérard, 

;1)  HsUer^  E/fmefitn  phynoi.,  I.  Î1,  p.  ». 


STRUCTCjRE  Dl*  CORPS.  35 

l'appuyant  «ur  Teiiseaibld  des  faits  observés,  estime  que  sa  quantité  chez 
un  homme  de  150  &  160  livres,  s'élève  à  20  livres,  ou  à  la  huitième  partie 
environ  du  poids  total  (1).  M.  Malgaigne^  qui  a  soumis  ces  mâmes  faits  à 
one  tfèfl-Judicieuse  critique,  en  conclut  que  la  masse  sanguine  finme  de 
la  oeuvième  à  la  vinutième  partie  de  ce  poids,  et  qu'elle  tifie  de  8  à 
7  kîlograimiies  ches  l'homme,  de  2  kilogrammes  8//^  à  6  kilogrammes  ehés 
la  femme  (9)«  En  moyenne,  elle  serait  donc  de  6  kilogrammes  dans  le  sexe 
masculin,  de  A  1/2  dans  le  sexe  féminin,  et  ne  représenterait  que  la  que- 
lonitaie  partie  du  poids  du  corps,  estimation  plus  rigoureusement  déduite 
^oe  la  précédente  et  concordante,  avec  celle  de  Lower  qui,  déjà  aa  temps 
ée  Haller,  avait  considéré  la  totalité  du  sang  comme  équivalente  à  la  quin- 
nèine  partie  de  ce  poids  (3). 

Or,  si  le  sang,  duquel  partent  tous  les  liquides  sécrétés  et  exhalés,  dans 
lequel  viennent  se  déverser  le  chyle  et  la  lymphe,  ainsi  que  tous  les  liquides 
absorbés,  si  le  sang  qui  surpasse  de  beaucoup  à  lui  seul  toutes  les  autres 
komeurs,  ne  représente  en  moyenne  que  la  quatondéme  partie  du  poids  du 
corps,  il  font  donc  admettre  en  définitive  que  les  parties  liquides  sont  en 
inhioiité)  en  très-petite  minorité,  dans  l'économie  animale,  et  que  eelle^ 
sst  essentiellement  constituée  par  les  parties  solides* 

Us  parltae  êdidsi  du  corps,  liées  les  unes  aux  autres  par  des  conoetlottl 
plm  ou  moins  intimes,  forment  nos  divers  organes.  Geua^  diffèrent  beao^ 
coap  par  leur  volume,  leur  configuration,  leur  consistance,  leur  nature,  etc.; 
cependant  on  les  voit  partout  unir  leur  action  pour  concourir  à  tin  but 
coounufi  et  composer  autant  de  groupes  préposés  chacun  à  une  fonction 
déterminée  t  c'eit  à  ces  groupes  d'organeê  concourant  à  Vaccomplissement 
fkM  même  fonction  qu'on  a  donné  le  nom  d'appareils. 

Lorsqu'on  soumet  à  l'analyse  anafomique  les  organes  qui  entrent  dans  la 
cofflposifion  de  ces  appareils,  on  ne  tarde  pas  i  reconnaître  que  la  plupart 
d'entre  eux  sont  produits  par  l'association  de  parties  similaires,  mais  diffé- 
remment disposées  et  différentes  aussi  par  leurs  proportions.  Ces  parties 
similaires  présentent,  par  conséquent,  des  caractères  qui  sont  propres  à 
chaque  organe  et  des  caractères  qui  leur  sont  communs.  L'étude  des  pre« 
oûers  est  du  ressort  de  l'anatomie  descriptive  ;  celle  des  seconds  appartient 
4  l'anatomie  générale.  Il  y  a  tout  avantage,  en  effet,  à  les  extraire  en  quelque 
torte  par  la  pensée  du  sein  des  organes  dont  elles  dépendent  et  à  les  rappro- 
cher pour  les  étudier  collectivement  :  ainsi  rapprochées  et  groupées  suivant 
kur  affinité,  elles  constituent  les  systèmes. 

Soumis  également  à  l'analyse,  les  divers  systèmes  se  laissent  décomposer 
en  parties  moins  complexes  qui  sont  connues  sous  le  terme  générique  de 

ttftttC. 

Les  tissus  eux-mêmes  peuvent  être  décomposés  en  particules  plus  simplet 
meore,  qui  représentent  le  dernier  terme  de  la  division  des  organes,  et  qui 

X  ^'  Bémd,  Traité  de  phyitiologie,  t  Ui,  p.  id. 

■2   Milgaigne,  Traité  d'anatonne  chirttrgicah,  I.  ï,  p.  115. 
3;  Lovff;  ùe  cordi,  rup.  m,  p.  170. 


36  DU  CORPS  HUMAIN  EN  GENERAL. 

sont  aux  corps  organisés  ce  que  les  éléments  sont  aux  corps  inorganiques  : 
d'où  aussi  la  dénomination  de  parties  élémêntairea  qui  leur  a  été  appliquée. 

En  remontant  de  ces  parties  élémentaires  aux  plus  compliquées,  nous 
pourrions  reconstituer  l'économie  tout  entière ,  et  nous  verrions  alors  com- 
ment les  éléments  se  combinent  pour  former  les  tissus,  conmient  les  ti»Qs 
s'unissent  pour  former  les  systèmes,  comment  ceux-ci  s'entremêlent  pour 
donner  naissance  aux  organes,  et  comment  enfin  ces  derniers  se  groupent 
pour  produire  les  appareils.  —  Cette  marche  cependant  n'est  pas  celle  que 
nous  suirrons.  Nous  descendrons  au  contraire  des  parties  les  plus  complexes 
aux  plus  simples  ;  et  afin  d'éclairer  la  route  un  peu  longue  que  nous  avons 
A  parcourir,  nous  allons  Jeter  un  coup  d'œil  rapide  sur  les  appareib,  les 
systèmes,  les  tissus  et  les  éléments. 


Les  appareils  se  divisent  en  trois  ordres.  Les  uns  nous  mettent  en  rapport 
avec  le  monde  extérieur  :  ce  sont  les  apipartHs  de  la  vie  de  reiatùm  ou  vi$ 
mnimaU.  Les  autres  travaillent  A  réparer  la  perte  de  nos  organes  :  ce  sont 
les  appareils  de  la  vie  nutritive  ou  végétative.  —  Ces  deux  premiers  ordres 
d'appareils  ont  pour  commune  destination  de  conserver  la  vie  de  l'individu; 
le  dernier  a  reçu  pour  attribution  de  perpétuer  la  vie  de  l'espèce  :  c'est 
Yappareil  de  la  génération  ou  ds  la  reproduction. 

1*  Appareils  de  la  vie  de  relation.  —  Llionune  et  tous  les  animaux  vivent 
dans  un  milieu  approprié  à  leur  organisation.  Plongés  dans  ce  milieu,  ils 
sont  soumis  à  l'influence  de  tout  ce  qui  les  entoure.  Les  organes  des  sens, 
placés  A  la  périphérie  du  corps  comme  autant  de  sentinelles  chargées  de 
veiller  A  sa  protection,  recueillent  ces  impressions  venues  du  dehors.  Des 
cordons  doués  d'une  exquise  sensibilité  les  transmettent  au  centre  ner- 
veux ;  celui-ci  les  perçoit  ;  il  nous  en  donne  conscicnrc  ;  il  leur  imprime 
en  un  mot  le  caractère  d'une  sensation.  Si  cotte  scnsatiou  est  de  nature  A 
provoquer  des  mouvements,  une  incitation  partie  de  ce  même  centre  déter- 
mine la  (*onlraction,  c'est-A-dire  le  raccourcissement  des  muscles;  en  se  rac- 
courcissant, ceux-ci  réagissent  sur  les  différentes  pièces  du  squelette,  qui  se 
comportent  alors  comme  autant  de  leviers,  et  l'animal  peut  se  rapprocher 
ou  s'éloigner  du  corps  qui  l'a  impressionné,  ou  bien  prendre  toute  autre 
direction  et  se  mouvoir  librement  au  sein  du  milieu  qu'il  habite. 

De  ces  considérations  il  résulte  que  la  vie  de  relation  n'est  dessenie  en 
réalité  que  par  deux  grands  appareils  :  Yappareil  des  sensations  et  l'appareil 
de  la  locomotion. 

Mais  l'appareil  des  sensations  peut  cMre  décomposé  a%oc  avantage  en  deux 
appareils  secondaires,  dont  l'un  comprend  tous  les  organes  des  sens  :  c'est 
Yappareil  sensorial;  et  l'autre,  le  centre  nerveux,  avec  les  cordons  qui  s'y 
rendent  ou  qui  en  partent  :  c'est  Yappareil  de  Pinnervation. 

L'appareil  de  la  locomotion  est  celui  qui  offre  les  plus  grandes  propor- 
tions. 11  représente  A  lui  seul  plus  de  la  moitié  du  corps.  Dans  ses  vastes 
limites,  il  embrasse  deux  ordres  d'organes  qui  prennent  A  nos  mouvements 


STRUCTURE  DU  CORPS.  37 

une  part  bien  différente  et  qui  ont  été  distingués  en  organes  actifs  et  organes 
passifs  :  les  premiers  sont  formés  par  les  muscles  ;  les  os  et  leurs  dépen- 
dances forment  les  seconds. 

Les  appareils  destinés  à  nous  mettre  en  relation  avec  le  monde  extérieur 
sont  donc  au  nombre  de  trois.  Ils  ont  pour  attributs  communs  et  distinctifs  : 
i*la  symétrie;  nulle  part  ce  caractère  ne  se  montre  plus  accusé  ;  2^  l'inter- 
mittence si  remarquable  de  leurs  fonctions  ;  3«  la  fixité  des  organes  qui  les 
composent.  —  On  remarque  en  outre  que  ceux-ci  sont  subordonnés  à  un 
organe  principal  et  central,  l'encépbale,  véritable  foyer  de  la  vie  animale, 
qui  tient  sons  sa  dépendance  tous  les  organes  des  sens  par  les  nerfs  sensitifs, 
et  tout  l'appareil  de  la  locomotion  par  les  nerf^  moteurs. 

^Appareils  de  la  vie  nutritive.  —  Pour  réparer  nos  pertes,  nous  emprun- 
toQs  aux  aliments  que  la  nature  nous  offre  à  l'état  brut  des  sucs  nutritifs. 
Ceux-ci  pénètrent  dans  le  courant  de  la  circulation  qui  les  dissémine  dans 
tous  les  points  du  corps.  Le  sang  auquel  ils  se  mêlent  pour  le  réparer  et  le 
maintenir  à  un  niveau  constant,  les  dépose  dans  la  trame  des  organes,  reçoit 
en  échange  d'autres  principes  qui  proviennent  de  leur  décomposition,  et 
subit  ainsi  en  les  traversant  des  modifications  profondes;  il  deviendrait 
bientôt  impropre  à  la  nutrition  s'il  ne  venait  incessamment  se  régénérer  au 
contact  de  l'air,  et  si,  d'une  autre  part,  les  éléments  qui  s'y  trouvent  momen- 
tmément  mêlés  ne  disparaissaient  par  voie  d'élimination. 

L'ensemble  des  organes  qui  ont  pour  attribution  d'extraire  de  nos  aliments 
dtt  sncs  réparateurs  constitue  Vappareil  de  la  digeetion. 

Ceux  qui  puisent  ces  sucs  dans  l'appareil  digestif  et  qui  les  transportent 
iTec  le  sang  dans  toutes  les  parties  de  l'économie  forment  Vappareil  de  la 
ârcukaian. 

Ceux  qui  ont  pour  but  commun  de  restituer  au  sang  les  propriétés  néces* 
laires  à  l'entretien  de  la  vie  composent  l'apparat/  de  la  respiration. 

Ceux  enfin  qui  ont  pour  destination  d'éliminer  de  ce  fluide  les  éléments 
surabondants  ou  nuisibles  qui  s'y  trouvent  mêlés  composent  l'appareil  de  la 
séeréliùn  urinaire, 

La  vie  nutritive  s'accomplit  donc  à  l'aide  de  quatre  appareils.  Les  organes 
qui  constituent  ces  appareils  ne  sont  pas  symétriques;  la  plupart  d'entre  eux 
Jouissent  d'une  certaine  mobilité,  et  quelques-uns  même  d'une  mobilité 
trè»-grande.  Leur  action  est  permanente,  à  l'exoeption  toutefois  de  ceux  qui 
foraient  l'appareil  digestif. 

Si  nous  opposons  les  deux  ordres  d'appareils,  il  nous  sera  facile  de  saisir 
leun  différences  :  symétrie,  fixité,  intermittence  de  leurs  fonctions,  prédo- 
minance de  l'un  d'eux,  qui  relie  à  lui  les  deux  autres  par  ses  innombrables 
irradiations  et  qui  les  domine  par  son  importance  :  tels  sont  les  caractères 
distinctifs  des  appareils  de  la  vie  animale  ;  —  défaut  de  symétrie,  mobilité  plus 
ou  moins  prononcée,  permanence  de  leurs  fonctions  et  indépendance  plus 
grande  de  celles-ci  :  teb  sont  ceux  des  appareils  de  la  vie  nutritive. 

3*  Appareil  d$  la  génération  ou  de  la  reproduction. —  Cet  appareil  diffère 
trèt-ootablement  de  ceux  qui  précèdent.  Il  a  été  réparti  sur  deux  individoi 
dont  l'un  a  reçu  en  partage  les  (yrganes  qui  produisent  le  ganne,  et  Tautre 


38  DU  CORPS  HVUMM  W  OSNKRAL. 

ceux  qui  seront  appelé)  &  le  fteonder,  U  le  trouve  eiaii  dMoubM;  de  C0 
dédoublement  résulte  la  distinction  des  sexes.  Ui  organes  qui  contribuent 
i  le  former  participent  à  la  fois  de  ceux  de  la  vie  de  relation  et  de  MUS  de  le 
vie  nutritive.  Comme  les  preniiers,  ils  sont  symétriques  |  leur  action  fti 
intermittente  aussi,  Comme  les  seconds,  ils  sont  doués  d'une  certaine  mobl* 
lité  qui  peut  devenir  et  qui  devient  souvent  en  eifet  le  point  de  départ  d'un 
déplacement, 

Tels  sont  les  appareils  qui  entrent  dans  la  composition  du  corps  huoiaio. 
Mais  l'ordre  dans  lequel  ils  viennent  d'être  énumérés  est  purement  pbiucH 
lo(i:ique  ;  il  ne  saurait  être  oppUqué  à  leur  étude.  Lo  corps  étant  redevable 
de  sa  forme  au  squelette,  tous  les  autres  organes  venant  se  rallier  tua 
différentes  pièces  qui  le  composent,  les  os  devront  d'abord  fixer  notre  atten- 
tion. Les  muscles  s'attachant  au  squelette  et  formant  par  leur  nombre  et 
leur  nature  la  plus  grande  partie  de  l'organisme,  leur  étude  suivra  celle  des 
os.  Après  l'appareil  de  la  locomotion  viendra  l'appareil  de  la  circulation  ;  puis 
l'appareil  de  Tinnervation  et  l'appareil  sensoriel  ;  ceux  de  la  digeation,  de 
la  respiration  et  de  la  sécrétion  urinaire;  et  enfin  celui  delà  génération. 

La  piemièfe  question  que  soulève  l'étude  des  systèmes  est  relative  A  leur 
dénombrement  ;  nous  nous  oeouperona  ensuite  de  leur  classification  i  puis 
Bona  les  oonparerons  entre  eux  au  double  point  do  vue  de  leur  eonfomu- 
tion  extérieure  et  de  leur  structure. 

1*  Dénombrement  des  sitiémes. 

Pour  déterminer  le  nombre  des  systèmes  il  suffit  de  passer  successivement 
en  revue  les  divers  appareils.  Le  premier  qui  se  présente  A  nous  est  Tappa- 
reil  de  la  locomotion.  Or  quelles  sont  les  parties  similaires  qui  entrent  dftns 
la  constitution  de  cet  appareil  7  Les  os  d'abord  qui,  considérés  dans  leur 
ensemble,  forment  le  syitème  oueuœ  ;  puis  les  muscles  qui,  réunis,  ibrment 
le  8y$Um$  musculaire. 

Autour  des  os,  nous  trouvons  une  membrane  résistante  qui  leur  adbère, 
c'est  le  ^érioitêî  et  autour  des  muscles,  d'autres  membranes  résistantes  ^t 
les  fixent  dans  leur  situation  respective,  ce  sont  les  aponévrasu^  Les  organes 
actifs  s'attachent  aux  orgaAcs  passif^  de  l'appareil  par  des  cordes  fibreuses 
appelées  Undons  ;  ces  organes  passifs  sont  unis  les  uns  aux  autres  par  des 
Uens  fibreux  appelés  ligaments^  Rapprochons  ces  membranes,  ces  ten* 
dons,  ces  ligaments  et  toutes  les  parties  semblables  qui  se  trouvent  dissé- 
minées sur  les  divers  points  de  l'économie  et  nous  aurons  un  troisième  syt- 
tème,  le  iy$îèmê  finreux» 

Les  os,  sur  les  points  par  lesquels  ib  se  correspondent,  sont  recouverts  de 
lames  dures,  élastiques  et  résistantes  qui  portent  le  nom  de  eartUagu*  Det 
lames  semblables  s'étendent  des  côtes  au  sternum  pour  compléter  la  cage 
llioieeiquei  d'autres  (ont  partie  du  sens  de  l'odorat,  du  sens  de  la  vue,  du 
aeaa  de  rouie,  ete.;  groopoiis  toutes  ces  lames  et  nous  réaMserons  un  fua* 
tiMflM  ifatèae,  le  ays^éM  eerlOa^iieiMi. 


STRUCTURE  DU  CORPS.  39 

L69  liant  qui  anineot  les  os  entra  eux  ne  sont  pas  tous  de  nature  fibranse. 
Oualqoaa-uns  sont  de.  nature  élastique  ;  des  fibres  élastiques,  disposées  en 
faisceaux  ou  en  réseaux,  existent  également  dans  les  appareils  circulatoire, 
respiratoire,  etc.  ;  considérés  collectivement,  tous  ces  organes  composent  le 
tysièmé  ikutiqtiê. 

Dans  l'épaisseur  des  muscles,  dans  leurs  interstices,  sur  leur  périphériOi 
entre  les  divers  organes  et  sur  presque  tous  les  points  de  Téconomie,  on 
obaenre  une  substance  molle,  transparente,  d'appu-ence  celluleuse,  lamel* 
leuse  ou  filamenteuse,  qui  représente  pour  les  innombrables  parties  et  parti- 
cules du  corps  un  moyen  d'union,  et  qui,  envisagée  aussi  collectivement, 
prend  le  nom  de  êyitème  eanjonctif. 

Dans  les  mailles  du  système  coojonctif  on  remarque  sur  une  foule  de 
points  des  vésicules  d'une  nature  spéciale,  remplies  de  granulations  grais- 
seosea  et  produisant,  par  leur  extrême  multiplicité,  des  amas  de  volume 
tids-variable.  C'est  à  l'ensemble  de  ces  collections  de  vésicules  qu'on  a  donné 
le  nom  de  système  adipêuœ» 

Ainsi  l'appareil  locomoteur  ne  nous  offre  pas  moins  de  sept  systèmes. 
Indépendamaient  de  ceux-ci,  qui  prennent  à  sa  constitution  une  part  princi- 
pale, il  en  contient  d'autres  dont  l'importance  n'est  pas  moindre,  mais  qui 
se  présentent  sous  des  proportions  beaucoup  plus  réduites. 

Après  cet  appareil  vient  celui  de  la  circulation,  qui  comprend  le  ccBur^  les 
arféref  ou  vaisseaux  à  sang  rouge,  les  veines  ou  vaisseaux  à  sang  noir,  les 
capillaires  intermédiaires  aux  artères  et  aux  veines,  et  enfin  les  vaisseaux 
qui  contiennent  le  cbyle  et  la  lymphe,  vaisseaux  connus  sous  le  terme  géné- 
rique de  lymphatiques.  —  Le  cœur  reçoit  par  les  oreillettes  le  sang  venu  de 
tontes  les  parties  du  corps  et  le  renvoie  par  les  ventricules  à  ces  mêmes 
parties  ;  il  est  essentiellement  contractile  et  forme,  par  conséquent,  une  dé- 
pendance du  système  musculaire. — Les  artères  affectent  une  disposition  arbo- 
riforme;  elles  diminuent  de  calibre  en  se  ramifiant,  mais  se  présentent 
partout  avec  les  mêmes  caractères.  Les  veines,  dont  la  disposition  est  inverse, 
forment  un  second  groupe  de  parties  similaires  ;  les  capillaires  un  troisième, 
et  les  lymphatiques  un  quatrième.  11  existe  donc  un  système  artériel^  un 
système  veineux^  un  système  capillaire^  et  un  système  lymphatiqtte. 

L'appareil  de  l'innervation,  bien  que  très-étendu,  ne  comprend  qu'un 
seul  système,  le  système  nerveux,  auquel  on  distingue  une  partie  centrale 
appelée  aussi  axe  céribro-^pinalj  et  une  partie  périphérique  représentée  par 
des  cordons  ramifiés;  l'une  et  l'autre  se  composent  essentiellement  de  tubes 
et  de  cellules. 

A  l'appareil  sensoriel  on  peut  rattacher  cinq  systèmes  :  ^  1*  la  peau,  ou  le 
système  cutané;  —  2*  les  poils  qui  la  surmontent,  ou  le  système  pileux;  — 
3*  des  plaques  cornées  qui  ne  se  montrent  chez  l'homme  qu'à  l'extrémité  des 
doigts  et  des  orteils,  mais  qui  apparaissent  encore  sur  d'autres  parties  du 
corps  chez  quelques  animaux  et  qui  peuvent  même  recouvrir  complètement 
celui-ci  ;  ces  plaques  forment  le  système  eomi  ;  —  ti^  l'épiderme,  qui,  sous  le 
nom  é'éfnthéliumt  tapisse  aussi  la  surface  de  toutes  les  muqueuses,  de  toutes 
les  sérpuses  et  qui,  composé  partout  d'une  prodigieuse  quantité  de  cellules, 


hO 


or  CORPS  HUMAIN  EN  GENERAI. 


a  été  désigné  sous  la  dénomination  de  système  cellulaire;  —  5*  enfin  une  ma* 
tière  colorante  qui  occupe  quelques  points  seulement  de  Tenveloppe  cutanée, 
mais  qu'on  observe  aussi  sur  d'autres  organes  et  qui  représente  le  sysièmê 
pigmeniaire. 

Les  appareils  de  la  digestion,  de  la  respiration,  de  la  sécrétion  urinaire  et 
de  la  génération,  ri>mposés  d'organes  creux  pour  la  plupart,  nous  olTrent 
sur  leur  face  interne  une  membrane  qui  se  prolonge  sur  toute  leur  éten- 
due :  ces  membranes  forment*le  système  muqueux,  —  Sur  leur  face  externe 
ces  mêmes  organes  sont  revêtus  d'une  autre  membrane  à  parois  lisses  qui 
leur  permet  de  glisser  les  uns  sur  les  autres  :  ce  second  groupe  de  mem- 
branes constitue  le  système  séreux. — Dans  leur  cavité  on  voit  s'ouvrir  sur  une 
foule  de  points  des  organes  sécréteurs  qui  y  versent  des  produits  de  nature 
différente  :  l'ensemble  de  ces  organes  constitue  le  système  gUtndtUêux, 

L'appareil  de  la  reproduction  a  été  doté  d'organes  remarquables  par  la  pro- 
priété qu'ils  possèdent  d'entrer  en  érection  ;  ce  groupe  d'organes  constitue 
le  système  érectile. 

n  existe  en  un  mot  vingt-deux  systèmes  qui  ont  cbacun  leurs  caractères  pro- 
pres, auxquels  on  peut  facilement  les  reconnaître,  et  qui,  en  s'associant  deux  à 
deux,  trois  à  trois,  etc.,  donnent  naissance  à  nos  divers  appareils. 


2«  Clanification  des  systèmes. 

Si  l'on  prend  en  considération  le  caractère  de  généralité  que  présentent 
les  systèmes,  et  si  on  les  compare  entre  eux  sous  ce  point  de  vue,  on  recon- 
naît que  les  uns  sont  communs  à  tous  les  appareils,  et  les  autres  propres 
à  un  ou  plusieurs  d'entre  eux. 

Les  premiers,  ou  systèmes  communs,  qu'on  pourrait  appeler  aussi  systèmes 
généraux,  ou,  avec  Blcbat,  systèmes  générateurs,  sont  au  nombre  de  buit. 
Les  seconds  sont  au  nombre  de  quatorze.  Les  uns  et  les  autres  peuvent  être 
classés  dans  l'ordre  suivant  : 


A.  —  Srtti^aet  rominoM  à  tonê  les  ■^p*- 
if  ilt  ;  à  n-l  i>rdn*  ■«  i«ttaelH*Qt 

%•  U  rellultire, 
f  Le  coqjoiietif, 
3*  L'adipeax, 
h^  L'artériel, 
&•  I^  veineux, 
a*  îje  capillaire, 
7*  Le  lymphatique, 
S*  Le  nenreux. 


B.  —  SjRt^mei  propres  à  on  nu  pliiM««r« 
ftpparf iU  ;  k  cft  ordrp  apfiaiiienMnt  : 


0*  L*osseux, 
10«  Le  médullaire, 
11*  Le  cartilagineux, 
13*  Le  musculaire, 
13*  Le  fibreux, 
ik^  L'élasUque, 
15*  LVrectlIe 


16«  Le  séreux, 
17«  Ïje  glaaduleax. 
18*  Le  muqueux, 
!••  Le  cutané, 
90*  U  pileux, 
Jl«  Le  eomé, 
32*  Le  pigmentaire. 


Le  système  cellulaire  ou  ^ptlAé/ial,  qui  occupe  le  premier  rang  dans  cette 
classification,  est  aussi  le  plus  répandu.  Il  s'étale  en  lames  minces  et  trans- 
parentes à  la  surface  de  la  peau,  sur  la  face  libre  des  muqueuses,  des 
séreuses,  des  synoviales,  sur  les  parois  des  culs^e-sac  glandulaires  et  des 
conduits  qui  en  partent,  etc.  ;  ces  lames  sont  connues  sous  le  terme  gêné» 
rique  û'ipithélium.On  les  voit  partout  adbérer  d'une  manière  plus  ou  moins 
intime  aux  surfaces  qu'elles  recouvrent.  Soumises  A  l'analyse,  elles  se  décoqi- 


STRUCTURÉ  DU  CORPS.  Ui 

posent  pour  la  plupart  en  lames  plus  minces  encore  et  celles-ci  en  cellules; 
chaque  cellule  contient  un  noyau  flottant  au  milieu  de  granulations  molécu- 
laires. 

n  existe  trois  espèces  d'épithélium  :1e  pavimenteux,  le  cylindrique,  le 
Tîbratîle.  —  Vépithélium  pavimentenœ  se  compose  de  cellules  aplaties  et 
polygonales,  disposées  les  unes  à  côté  des  autres  comme  des  pavés  ou  les 
différentes  pièces  d'une  mosaïque.  —  Vépithélium  cyiindrique  est  formé  par 
des  cellules  allongées,  coniques  plutôt  que  cylindriques,  se  pressant  mutuelle- 
ment et  taillées  à  facettes  par  conséquent.  Ces  cellules  verticalement  dirigées, 
répondent  par  leur  extrémité  la  plus  étroite,  à  la  surface  sur  laquelle  elles 
reposent,  tandis  que  leur  extrémité  la  plus  large  se  tourne  constamment  au 
contraire  Ters  la  cavité  de  l'organe.  —  Vépithélium  vihratite  ne  diffère  du 
précédent  que  par  la  présence  de  filaments  excessivement  déliés,  implantés 
sorrextrémité  libre  des  cellules.  Ces  filaments,  ou  cilsvibratilsy  sont  remar- 
quables par  les  mouvements  vifs,  réguliers  et  spontanés  dont  ils  sont  doués. 

Le  système  eonjondify  système  cellulaire  de  la  plupart  des  auteurs,  appelé 
aussi  lamineux,  muqueux,  réticulé,  filamenteux,  connectif,  etc.,  existe 
eomme  partie  constituante  non-seulement  dans  tous  les  appareils,  mais  dans 
presque  tons  les  organes.  Il  occupe  leurs  interstices,  remplit  les  vides  et 
Joue  le  rôle  de  moyen  d'union,  d'où  le  nom  sous  lequel  il  est  aujourd'hui 
ciiinD.  Ce  système  est  réductible  en  fibres  extrêmement  ténues,  lisses, 
SMDes,  honiogènes  et  transparentes.  En  se  juxtaposant,  celles-ci  forment  des 
kmelles,  des  faisceaux  ou  de  simples  filaments  qui  s'entrecroisent  dans  toutes 
les  directions  et  circonscrivent  des  aréoles. 

L4Î  système  adipeux,  un  peu  moins  répandu  que  le  précédent,  se  mêle  au 
tissu  coi^onctif  dont  il  semble  faire  partie  et  dont  il  diffère  cependant 
beaucoup,  puisque  l'un  se  compose  de  fibres  et  l'autre  de  cellules. 

Les  systèmes  artériel,  veineux,  capillaire,  lymphatique  et  nerveux  entrent 
aussi  dans  la  composition  de  la  plupart  de  nos  organes.  Les  quatre  premiers 
leiODt  décrits  avec  l'appareil  circulatoire  et  le  dernier  avec  l'appareil,  de 
Imnervation. 

Parmi  les  systèmes  propres  à  quelques  appareils  plusieurs  seront  décrits 
aussi;  l'étude  du  système  osseux  précédera  la  description  des  os,  celle  du 
système  cartilagineux  la  description  des  articulations,  celle  du  système 
musculaire  la  description  des  muscles. 

3*  Gonformatioii  extérieure  des  systèmes. 

Envisagés  sous  ce  point  de  vue,  ils  se  divisent  en  trois  ordres  :  ceux  qui 
sont  formés  par  des  parties  continues  ;  ceux  qui  sont  formés  par  des  parties 
indépendantes,  mais  reliées  les  unes  aux  autres;  ceux  qui  sont  formés  par 
des  parties  indépendantes  et  sans  connexions  entre  elles. 

Au  premier  ordre  appartiennent  le  système  artériel,  le  système  veineux, 
le  système  capillaire,  le  système  lymphatique,  le  système  cutané.  On  peut 
loi  rattacher  aussi  le  système  coi^jonctif. 

Dans  le  second  viennent  se  ranger  le  système  osseux  dont  toutes  les  parties 
sont  unies  par  des  ligaments;  le  système  nerveux  dont  toutes  les  dépendances 


A2  DU  COaPS  HUMAIN  EN  OSNÉRAI.. 

sont  reliées  par  un  centre  coauDun  ;  el  le  i|itème  fibreux  dont  pmque 
toutes  les  perties  sont  reliées  aussi  par  un  centre  commun»  le  péiioata. 

Dans  le  troisième  se  placent  tous  les  autres  au  nombre  de  treise.  Cet  dav- 
niers,  tbrmés  par  des  organes  indépendants  et  sans  relation  directe,  qu'on 
pourrait  appeler  systèmes  fractionnés  ou  disséminés,  sont  donc  las  plus 
répandus  dans  Téconomie.  —  Ils  diffèrent  du  reste  beaucoup  entre  eux  par 
leur  fractionnement.  Ainsi  le  système  muqueux  est  divisé  seulement  en  daui 
parties  dont  l'une  tapisse  la  cavité  des  appareils  digestif  et  respiratoire  :  c'est 
la  muqumae  gaêtrthfulmanairej  et  l'autre  la  cavité  des  appareils  de  la  géné- 
ration et  de  la  sécrétion  urinaire  :  c'est  la  fnuqueuse  géniUHurinQir$^  Le 
système  érectile  n'est  «représenté  dans  l'espèce  humaine  que  par  cinq  or- 
ganes ;  le  système  corné  en  comprend  vingt  ;  le  système  séreux  un  plus  grand 
nombre;  le  système  musculaire  plusieurs  centaines  ;  le  système  pileux  plu* 
sieurs  milliers;  et  le  système  glanduleux  plusieurs  diiaines  de  millions. 

Si  l'on  prend  leur  mode  de  configuration  pour  terme  de  comparaison,  an 
remarque  qu'ils  se  partagent  également  en  trois  ordres  :  les  uns  se  compo- 
tant  de  parties  qui  olbent  toutes  la  même  forme,  les  autres  de  parties  qui 
abent  chacune  une  forme  différente,  et  les  dernières  de  parties  qui  n'olbant 
aucune  forme  déterminée. 

Dans  la  premier  groupe,  nous  trouvons  las  systèmes  artériel,  veinaox, 
c^illaira  et  lymphatique,  dont  les  parties  constitoantes  se  présentent  partout 
sous  la  forme  de  canaux  ;  la  système  nerveux,  dont  les  irradiatioas  revêtant 
la  fonna  de  cordons;  les  systèmes  épithélial,  pigmentaira,  séreux,  muqueux 
et  cutané,  qui  affectent  la  forme  de  membranes  ;  le  système  corné,  composé 
chei  l'homme  de  lames  semblahlement  oanformées;  et  le  système  pileux, 
aomposé  de  prolongements  filiformes. 

Parmi  les  systèmes  dont  les  parties  constituantes  offtent  une  fonne  diffé* 
rente,  viennent  se  placer  les  systèmes  osseux,  cartilagineux,  muMulaire, 
érectile,  glanduleux. 

Au  troisième  groupe,  comprenant  les  sptèmes  dont  les  organes  ne  revê* 
tent  aucune  configuration  déterminée,  se  rattachent  les  systèmes  élastique, 
aontonctif  et  adipeux. 

a*  Stmetore  das  syiièmss. 

Quelques  systèmes  sont  constitués  par  un  seul  tissu;  d'autres  par  un  seul 
tissu  auquel  se  Joignent  des  parties  accessoires;  d'autres  par  deux  tissus  et 
des  parties  accessoires;  d'autres  enfin  par  plusieurs  tissus  et  ces  mêmes 
parties.  En  procédant  des  plus  simples  aux  plus  compliqués,  on  peut  donc 
les  aiassar  an  quatre  ordres  : 

a.  Sffêiémm  eomposés  d'un  Mal  lift u.—  Dans  ce  premier  groupe  se  trooTenI 
compris  les  systèmes  épithélial,  corné,  pileux,  pigmentaire  et  cartilagineux, 
formés  chacun  par  le  tissu  auquel  ils  empruntent  leur  nom. 

b.  8y$témê§  oompetés  d^im  $md  fittv  #1  de  pmrtiêê  aece$9ùirt$.  •*  Ce  groupe 
est  le  plus  nombreux.  Il  comprend  les  systèmes  coi^onctif,  fibreux,  adipeux, 
élastique,  osseux,  nerveux  et  glanduleux. 

Au  sysllme  coi^onctif ,  sa  troovent  en  eflbt  mêlés  des  artères ,  des  vdnef 


irrRUGTURR  DU  GOim.  43 

et  fooTeiit  du  (iaiu  ftdipeiu,  d'où  le  nom  de  Unu  têUtUfHidipêux  sous  lequal 
il  est  alors  désigné. 

Uijst^iat  fibreux  est  formi  eussi  de  tissu  eoujonctif,  mais  plus  condensé, 
)oi  rtçoit  des  ertériolest  des  veinules  et  des  ramuscules  nerveux. 

Le  ^stème  adipeux  est  formé  de  cellules  adipeuses  sur  lesquelles  vien- 
oeat  le  perdre  des  ramifications  vasculaires.  ^  Le  système  élastique,  de 
tinu  éUstique  et  de  ramifications  semblables.  *- Le  système  osseux,  de  tissu 
oyeux,  de  ces  mômes  ramifications,  de  quelques  divisions  nerveuses,  de  tissu 
«lipeux  et  d'une  enveloppe  fibreusOf  —  Le  système  nerveux,  de  tubes  et  de 
eillules  d'une  nature  spéciale,  et  accessoirement  d'artères,  de  veines,  de 
ti«u  oonjonctif  et  de  tissu  fibreux,  <-'  Le  système  glanduleux  a  pour  tissu 
(andamenial  une  membrane  homogène,  de  nature  spéciale  aussi,  circonscri- 
vint  les  ouls-de-sac  glandulaires,  et  pour  éléments  accessoires  des  vaisseaux 
Hngoinset  lymphatiques,  des  nerCi,  du  tissu  conjonctif,  quelquefois  du  tissu 
fibreux,  du  tissu  élastique  et  même  du  tissu  adipeux, 

c.  S^mêê  compoiii  d$  dêux  tiiiu$  prinoipau»  et  d$.  parti$$  Q09è$mT$$%  — 
Ce  groupe  ne  comprend  que  le  système  musculaire  et  le  séreux.  —  Le 
pisaier  est  formé  de  tissu  musculaire  et  de  tissu  fibreux  ;  le  second,  de  tissu 
coidoQctif  et  de  tissu  épithélial.  A  ces  deux  tissus  principaux  se  mêlent 
1m  parties  accessoires  précédeounent  mentionnées. 

d.  Syitèmês  eomjioiéi  dé  plusieurs  tissus  et  de  parties  aocessaires^  "-  Ce 
tenier  groupe  embrasse  les  systèmes  cutané,  muqueux,  artériel,  veineux, 
cipllaire,  lymphatique,  et  enfin  le  système  êrectile. 

G.  —  Hs  tifswii 

Les  tissus  sont  les  parties  constituantes  des  systèmes.  Ils  forment  aussi 
SOI  divers  organes,  dans  la  composition  desquels  ils  entrent,  soit  &  l'état 
d'aswciation,  soit  à  l'état  d'isolement.  Leur  nombre  ne  saurait  être  déterminé 
ivec  une  rigoureuse  précision  ;  car  certaines  parties  du  corps,  comme  les 
dénis,  la  cornée  transparente,  le  cristallin,  etc.,  sont  formées  par  un  tissu 
propre  à  chacune  d'elles.  Dans  le  dénombrement  des  tissus,  nous  ne  ferons 
leotrer  que  eaux  auxquels  on  ne  peut  contester  un  caractère  de  généralité. 
Or  il  en  existe  quatorze  qui  présentent  ce  caractère  ;  ce  sont  les  tissus  ; 


f  Épitbélisl, 
3«  Gomë, 
3«  Pileux, 
k*  PignenUûre, 
5*  GonjoncUfy 
e*  Adtpeoxi 
T  Élastlqiie, 
e*  Osieux, 


e«  Médullaire, 
10*  Cartilagineux, 
11»  Musculaire, 
1S«  NenrenXy 
13*  La  membrane  propre  des  euls-de-eae 

glandulaires, 
il*  Lea  foUionlas  eloa  dea  glaadea  vaseï» 


Le  nombre  des  tissus  est  donc  moins  grand  que  celui  des  systèmes.  On 
volt  aussi  que  parmi  eux  il  en  est  qui  constituent  à  eux  seuls  tout  un  système  : 
teHsont  les  tissus  épithélial,  corné,  pileux  et  pigmentaire. 

D'autres  ne  s*él«Tent  à  l'état  .de  systèmes  qu'en  s'aasooiant  des  parties 


hk  DU  CORPS  HllfAIN  FN  GÉNÉRAL. 

accessoires  :  ce  sont  les  tissus  coi\jonctif,  adipeux,  élastique,  osseux  et  mé- 
dullaire. 

Les  cinq  derniers  ne  passent  i  l'état  de  systèmes  qu'en  8'a4)oignant  un 
ou  plusieurs  autres  tissus.  Ainsi  le  cartilagineux  s'unit  tantôt  à  l'épi  thélial 
qui  recouvre  sa  surface  libre  dans  toutes  les  articulations,  et  tantôt  au  cod- 
Jonctifquiy  sous  le  nom  de  périehondref  TenTcloppe  et  le  sépare  des  parties 
molles  voisines.  —  I^  tissu  musculaire  et  le  tissu  nerveux  s'unissent  à  ce 
même  tissu  qui  forme  les  tendons  et  le  névril^me. 

Si  l'on  met  en  présence  la  série  des  tissus  et  celle  des  systèmes,  on  pourra 
remarquer  que  parmi  ceux-ci  il  en  est  plusieurs  qui  ne  possèdent  pas  de 
tissu  propre  :  tels  sont  les  systèmes  artériel,veineux,  capillaire,  lymphatique, 
érectile,  fibreux,  séreux,  muqueux  et  cutané.  Les  cinq  premiers  sont  formés 
par  l'association  des  tissus  musculaire,  élastique,  coi^onctif,  épithélial  ei 
par  des  parties  accessoires.  Sans  doute  ces  tissus  et  parties  accessoires  pré- 
sentent une  disposition  différente  qui  imprime  à  chaque  système  un  caractère 
distinctif.  Mais  une  simple  différence  dans  l'agencement  de  tissus  semblables 
ne  saurait  sufBre  pour  constituer  un  tissu  particulier.  Il  n'existe  donc  pas 
de  tissu  artériel,  de  tissu  veineux,  de  tissu  lymphatique,  etc.  Les  mêmes 
considérations  s'appliquent  au  système  érectile  ;  il  y  a  des  organes  érectUet, 
mais  il  n'existe  pas  de  tissu  érectile.  Elles  s'appliquent  également  aux  57»- 
tèmes  fibreux,  séreux,  muqueux  et  cutané. 

C'est  pour  n'avoir  pas  assez  tenu  compte  de  ces  considérations  que  tant 
d'auteurs  ont  confondu  les  systèmes  et  les  tissus.  Regarder  ces  deux  expres- 
sions comme  synonymes,  c'est  méconnaître  les  progrès  si  remarquables 
réalisés  depuis  vingt  ans  dans  le  domaine  de  l'anatomie.  Il  importe  de 
renoncer  à  une  semblable  confusion,  si  nous  voulons  maintenir  ces  progrès 
et  en  réaliser  d'autres  qui  permettront  à  la  science  de  poursuivre  sa  marche 
ascendante, 

W9  -^  ves  eiCflMMs. 

I^s  éléments,  ou  parties  constituantes  des  tissus,  représentent  le  dernier 
terme  de  la  décomposition  de  nos  organes  :  ils  sont  irréductibles  par  l'analyse 
anatomique ,  de  même  que  les  corps  simples  sont  irréductibles  par  l'analyse 
chimique. 

Considérés  dans  leur  mode  de  configuration,  ils  se  présentent  sous  l'aspect 
de  cellules,  de  noyaux,  de  fibres,  de  tubes,  de  substances  homogènes,  de 
menabrtnes  et  de  matières  anoorphes. 

La  eeUuU  est  l'élément  constituUf  du  tissu  épithélial.  —  Aplatie,  oblitérée 
et  réduite  à  l'état  d'une  pellicule  écailleuse,  elle  forme  l'élément  du  tissu 
comé.^  Allongée  et  transformée  en  filaments  de  la  plus  extrême  ténuité,  elle 
devient  l'élément  du  tissu  pileux.  ^  Arrondie  ou  taillée  à  facettes  et  remplie 
de  granulations  colorées,  elle  devient  l'élément  du  tissu  pigmentaire.  — 
Aplatie,  irrégulière  et  contenant  un  ou  plusieurs  noyaux,  elle  entre  comme 
élément  dans  le  tlasu  médullaire.  ^  Très-régulièrement  airondie  et  rece- 
vant dans  ses  parois  des  ramifications  vasculaires,  elle  représente  l'éléoienl 
le  plus  caractéristique  des  glandes  vasculaires  sanguines.  —  Arrondie, 
entourée  de  valaeaux  et  remplie  d'un  liquide  huileux,  elle  o^nstilue  l'élé- 


DëV£LOPP£M£NT  ÛU  CORPS.  &5 

ment  du  tissu  adipeux.  —  Irrégulière  et  offrant  ud  ou  plusieurs  prolonge- 
ments déliés,  elle  constitue  celui  du  tissu  nerveux.—-  On  peut  donc  admettre 
cinq  espèces  de  cellules  très-différentes  par  leurs  propriétés  :  i®  la  cellule 
épithéliale  qui  compose  les  tissus  cellulaire,  corné,  pileux  et  pigmentaire  ; 
3*  la  cellule  médullaire  ;  3^  la  cellule  adipeuse  ;  A""  la  cellule  nerveuse  ; 
5*  enfin  celle  qui  forme  les  follicules  clos. 

I^  noyaux  à  l'état  isolé  entrent  conmic  élément  dans  la  formi^tion  de 
certains  épithéliums  et  dans  la  composition  du  tissu  médullaire  :  ils  contri- 
buent surtout  à  former  le  corps  de  l'embryon  dans  les  premiers  temps  de  la 
vie  intra-utérine. 

La  fibre  représente  l'élément  des  tissus  coi^jonctif,  élastique  et  musculaire  ; 
eUe  se  distingue  par  des  attributs  très-différents  dans  chacun  de  ces  tissus, 

Le  tube  est  l'élément  principal  du  tissu  ner\'eux.  C'est  lui  qui,  en  se  mul- 
tipliant, produit  les  cordons  sensitifs  et  moteurs,  ainsi  que  la  plus  grande 
partie  de  l'axe  cérébro-spinal. 

Ine  substance  homogène,  blanche  et  résistante^  constitue  le  tissu  osseux 
et  le  tissu  cartilagineux. 

Une  membrane  plus  ou  moins  sphéroïde  et  munie  d'un  orifice,  membratui 
eoM  eum  emissario^  forme  l'élément  du  tissu  glanduleux. 

Les  matières  amorphes  sont  des  substances  liquides  ou  solides,  sans  forme 
déterminée,  interposées  aux  éléments  anatomiques  et  destinées  à  unir 
ceux-ci  les  uns  aux  autres.  Elles  font  partie  du  tissu  épithélial,  du  tissu 
médullaire,  du  tissu  nerveux,  du  tissu  coçjonctif  et  de  tous  les  systèmes 
ou  organes  dans  lesquels  ce  dernier  entre  comme  principale  partie  consti- 
tuante. 

§  7.  -—  DiVlLOPPEXENT  DU  CORPS. 

Certains  animaux  se  reproduisent  par  scission  ou  division  spontanée  de 
leur  corps  en  deux  parties  qui  sont  aptes  l'une  et  l'autre  à  se  développer  et 
à  perpétuer  l'espèce.  Ce  mode  de  reproduction  ne  se  voit  que  chez  ceux 
dont  l'organisation  est  d'une  extrême  simplicité  ;  le  corps  offrant  dans  cha- 
cune de  ses  parties  une  structure  identique,  on  conçoit  facilement  que  Tune 
d'elles  poisse  engendrer  toutes  les  autres. 

Dans  quelques  espèces,  l'animal  se  reproduit  à  l'aide  de  bourgeons  qui 
naissent  sur  un  ou  plusieurs  points  de  la  surface  du  corps,  puis  se  dévelop- 
pent, acquièrent  peu  à  peu  la  forme  de  l'individu  souche,  et  s'en  détachent 
alors  pour  vivre  d'une  existence  indépendante.  L'appareil  de  la  reproduc- 
tion chex  ces  animaux  est  déjà  spécialisé  ;  les  points  sur  lesquels  se  forment 
les  bourgeons  Jouissent  seuls  du  privilège  de  les  produire. 

Dans  les  autres  animaux,  l'espèce  se  perpétue  à  l'aide  d'un  germe  qui, 
pour  donner  naissance  aux  êtres  nouveaux,  doit  être  fécondé.  Ce  germe, 
appelé  cm  fou  amUêy  se  forme  sur  un  point  déterminé  dont  il  se  sépare  à 
l'époque  de  sa  maturité ,  en  sorte  que  le  nouvel  être  devient  indépendant 
dès  le  début  de  son  développement.  L'appareil' de  la  génération  ches  ces 
animaux  est  plus  spécialisé  encore  et  beaucoup  plus  complexe. 


M  DU  CORPS  RCMAIN  KK  OÉKÉllAL. 

Pour  assurer  la  perpétuité  des  espèces,  la  nature  a  donc  eu  recourt  à  trois 
procédés  i  la  fisêiparitéj  ou  reproduction  par  scission  ;  la  gemmiparUé,  m  repro- 
duction par  des  bourgeons,  et  enfin  Yoviparité,  ou  reproduction  par  un  onif. 
Le  premier  et  le  second  sont  l'attribut  des  espèces  les  plus  Infimes,  partieu* 
lièrement  des  inftisoires  et  des  polypes.  Le  dernier  est  celui  qu'on  obserre 
dans  l'immense  minorité  des  invertébrés  et  chét  tous  les  tertébrés.  Les  flasl- 
pares  e(  gemmipares  réunis,  ne  formant  qu'un  très-petit  groupe  placé  au 
plus  bas  degré  de  l'échelle,  on  peut  dire  que  presque  tous  les  animaux  sont 
ovipares. 

Parmi  les  ovipares,  il  en  est  qui  produisent  des  œufs  munis  d*un  faumê^ 
c'est-ènllre  de  tout  ce  qui  est  nécessaire  à  leur  dételoppement.  L'œuf 
s'échappe  alors  des  organes  maternels  après  avoir  été  fécondé,  quelquefois 
même  avant,  et  se  développe  au  dehors  de  ceux-ci  :  tels  sont  les  poismis,  la 
plupart  des  reptiles  et  les  oiseaux.-^  Ghex  d'autres,  Tceuf  se  trouve  réduit  à  tes 
seuls  éléments  germinatifs;  il  ne  peut  donc  abandonner  ces  organes;  on  1« 
toit,  au  contraire,  s'y  attacher  afin  de  leur  emprunter  les  sucs  nutritMi  qui 
lui  manquent.  Puis,  lorsque  le  nouvel  être  est  asset  développé  pouf  vivre 
de  ses  propres  forces,  il  brise  ses  enveloppes  et  apparaît  vivant  au  dehors  : 
tels  sont  les  manunlfères.  Mais  que  l'œuf  soit  pourvu  ou  dépourvu  d'éléments 
nutritifs,  qu'il  puise  en  lui«méme  ces  éléments  ou  qu'il  les  emprunte  â  la 
mère,  son  mode  de  dételoppement  n'en  reste  pas  moins  parfaitement  Men- 
tique  dans  les  deux  cas. 

L'œuf,  avant  la  fécondation,  se  eompoie  de  trois  parties  t  d'une  enveloppa, 
la  menUfranê  viteUint  ;  d'un  contenu  granuleux,  le  viuUtu  ;  et  d'une  très^iedte 
vésicule  à  parois  minces  et  transparentes,  située  au  centre  du  vitellus,  la 
céêieuie  germinaiive. 

Dès  qu'il  a  été  fécondé,  cette  vésicule  disparaît.  Le  vitellus  lui-même  se 
modifie  très-notablement.  Il  se  condense,  se  rétracte,  puis  se  divise  en  deux 
moitiés  arrondies,  qui  se  divisent  A  leur  tour;  et  la  subdivision  continuant, 
il  se  partage  en  sphères  de  plus  en  plus  noniireuMs  et  de  moins  en  moins 
volumineuses  :  phénomène  remarquable  qui  a  fixé  l'attention  d'un  grand 
nombre  d'observateuxs  et  qui  a  été  décrit  sous  le  nom  de  êegmêfUaiion  du 

(Uîs  petites  chères  oe  tardent  pas  elles*mémes  A  subir  une  modification 
plus  importante.  Chacune  d'elles  se  fluidifie  A  son  centre,  tandis  que  sa 
surface  acquiert  au  contraire  une  consistance  plus  grande;  de  pleines 
quellesétatont^ellesdeviennentcreuses;  toutes,  en  un  mot,  se  transforment 
en  cellules.  En  même  temps,  le  liquide  séro-albumineux  qui  remplissait  leur 
intervalle  augmente  de  quantité;  en  les  séparant,  il  les  refoule  vers  la 
périphérie  de  l'ovule*  Elles  viennent  alors  s'appliquer  A  la  surface  interne 
de  la  membrane  vitelline,  s'unissent  les  unes  aui  autres  par  une  substance 
amorphe,  et  donnent  ainsi  naissance  A  une  membrane  nouvelle  qui  constitue 
la  mem6ratte  biaêtodtmiquêf  ou  simplement  le  bioitodermt. 

Vers  k  septième  ou  le  huitième  Jour  qui  suit  la  fécondation,  l'œof  est  dune 
composé,  en  procédant  de  dehon  en  dedans  s  de  la  membrane  vitemnei  de 


DÉVELOPPEMENT  DU  CSORPS.  47 

la  membrane  blastodermique  faiblement  unie  à,  la  précédente,  et  d'un  liquide 
diaphane  dam  lequel  nagent  de  fines  granulations.-^ De  ces  trois  parties,  le 
blastoderme  est  sans  contredit  la  plus  importante;  c'est  dans  son  épaisseur 
qne  Ta  naître  l'embryon;  c'est  à  ses  dépens  que  celui-ci  se  développera;  ou 
plutôt  il  est  d^ft  Vembryon  lui-même,  apparaissant  sous  la  forme  d'une  cellule. 
En  sairant  celui^d  dans  son  développement,  on  remarque  que  toutes  les 
parties  du  corps  ne  se  produisent  pas  à  la  fois,  mais  successivement.  Le 
tnmcet  la  tête  se  montrent  d'abord;  les  membres  se  manifestent  plus  tard. 
Vofons  comment  se  forment  les  uns  et  les  autres  ;  observons  les  premiers 
linéaments  par  lesquels  ils  se  révèlent  à  nous,  les  premières  métamorphoses 
qu'ils  subissent  ;  assistons  en  un  mot  à  leur  naissance  ;  nous  nous  occuperons 
eniaite  des  lois  générales  qui  président  à  leur  évolution. 

A.  —  IMvclopyeiaciit  eu  irone. 

Sur  un  point  du  blastoderme  on  voit  les  cellules  s'accumuler  en  plus  grand 
nombre  et  former  une  tache  obscure.  Cette  tache  représente  le  futur  em- 
bryon :  d'où  le  nom  de  tache  embryonnaire  que  lui  donne  M.  Ckwte,  et  celui 
i*aire  germinaiive  sous  lequel  elle  a  été  désignée  par  fiischoff. 

Dès  qu'elle  apparaît,  la  tache  embryonnaire  est  divisible  en  deux  feuillets: 
l'un  externe,  composé  de  cellules  plus  aplaties  et  plus  solidement  unies 
entre  elles  ;  l'autre  interne,  formé  de  cellules  arrondies  et  moins  adhérentes, 
'->  Le  premier,  appelé  aussi  feuillet  séreuœ^  feuillet  animal^  sera  le  point  de 
<iépart  de  tous  les  appareils  de  la  vie  de  relation.  1^  donne  d'abord  naissance 
â  l'appareil  de  l'innervation,  puis  à  l'appareil  de  la  locomotion,  et  ensuite  â 
l'appareil  sensorial.  — >  Ijt  second,  ou  feuillet  muqueuxy  feuillet  végétatifs  pro- 
doira  l'appareil  de  la  digestion.— Entre  ces  deux  feuillets  il  en  naîtra  plus  tard 
on  troisième  anx  dépens  duquel  se  développera  l'appareil  de  la  circulation  ; 
tl  coocoart  en  outre,  avec  les  précédents,  à  la  formation  des  appareils  de  la 
respiration,  de  la  sécrétion  nrinaire  et  de  la  génération. 

\a  tache  embryonnaire,  d'abord  uniformément  obscure,  ne  tarde  pas  à  se 
montrer  phis  claire  et  plus  transparente  à  son  centre.  De  circulaire  qu'elle 
était,  elle  devient  ovale  ;  puis  sa  partie  transparente  se  rétrécit  dans  sa  partie 
moyenne  et  se  soulève  en  forme  d'écusson.  Pendant  qu'elle  se  soulève  ainsi) 
00  voit  le  feuiHet  séreux  se  creuser  sur  toute  sa  longueur  d'une  gouttière  qui 
porte  le  nom  de  ligne  primitive.  (Test  autour  de  cette  ligne  que  vont  se 
iérélopper  les  appareils  de  la  vie  animale. 

hnmé^atement  an-deosont  de  celle-d  on  remarque  an  filament  d'aspe<5t 
gélatinem,  consfitnépor  des  eellnlef  et  une  enveloppe  diaphane.  Ce  fllament| 
appelé  C9ré$  dortah^  occupe  la  place  qa'ocenpercnt  plus  tard  les  corps  des 
Tertèbrea*  Ceux-ci,  en  effet,  se  formeront  à  droite  et  à  gonche,  l'entoureront 
bienl6t,  se  développeront  de  la  eircanférence  au  centre,  et  il  se  réduira  alors 
gradaeDeiDent  pour  disparaître  ensuite  d'une  manière  à  peu  prés  Complète. 

Sar  les  eètés  de  la  ligne  primitive  s'élèvent  deux  saillies  longitudinales  et 
parallèlea  qne  Pander  nomme  plia  primitifs j  et  Bacr  kanee  dùr$ale$.  Ces  plis 
ft  prokm^ent  Jusqu'aux  limites  de  l'aire  trtnsporente  ;  au  niveau  de  Textré- 


kB  DU  a)HPS  HlMÂlN  £N  GENERAL. 

mité  la  plus  large,  ou  extrémité  céphaliquey  ils  s'éloignent,  puia  s  infléchÎMenl, 
se  soudent  bout  à  bout  et  décrivent  ainsi  une  petite  arcade;  à  rextrémité 
opposée,  ou  extrémité  caudale ^  ils  s'unissent  à  angle  aigu. 

Chacun  des  plis  primitifs  se  compose,  ainsi  que  Reichert  Ta  démontré, 
de  deux  rubans  filiformes,  l'un  interne,  très-délié,  l'autre  externe.  Les  rubans 
internes  représentent  les  deux  moitiés  de  la  moelle  épinière,  et  les  rubans 
externes  les  deux  moitiés  du  dos.  Dès  que  les  plis  primitifs  se  sont  unis  à 
leurs  extrémités,  les  rubans  internes  se  soudent  en  avant  et  en  arrière  pour 
constituer  l'axe  cérébro-spinal.  A  la  même  époque,  on  voit  naître  de  chaque 
côté  de  la  corde  dorsale  une  rangée  de  surfaces  quadrilatères,  premiers 
vestiges  du  corps  des  vertèbres. 

Tandis  que  les  lames  dorsales,  en  s'inclinant  l'une  vers  l'autre,  complètent 
la  paroi  postérieure  du  tronc,  les  parties  latérales  de  l'aire  transparente 
décrites  par  Badr  sous  le  nom  de  lames  ventrales,  s'inclinent  en  sens  contraire 
et  forment  sa  paroi  antérieure  ou  abdominale.  —  Les  deux  extrémités  de 
l'embryon  s'infléchissent  également  vers  cette  dernière  paroi  ;  ainsi  inflé- 
chies, elles  prennent  les  noms  de  capuchon  céphalique  et  de  capuchon  caudal. 
Les  lames  ventrales  et  ces  deux  capuchons  s'infléchissant  et  convergeant  de 
plus  en  plus  vers  un  point  central  qui  répondra  à  l'ombilic,  circonscrivent 
la  cavité  du  tronc. 

Tels  sont  les  phénomènes  qui  se  passent  du  c6té  du  feuillet  séreux  dans 
cette  première  partie  du  développement.  Plus  tard,  nous  étudierons  ceux 
qui  leur  succèdent,  lorsoue  nous  aurons  à  nous  occuper  de  l'évolution  de 
chaque  appareil  et  de  chaque  organe  considéré  isolément.  Voyons  mainte- 
uant  ceux  qui  se  produisent  du  côté  du  feuillet  muqueux. 

A  peine  la  tache  embryonnaire  a-t-ellc  paru,  que  le  blastoderme  se  divise 
aussi  en  deux  feuillets,  lesquels  se  continuent  sans  ligne  de  démarcation 
avec  les  feuillets  correspondants  de  l'aire  germinative.  Mais  aussitôt  que  la 
partie  transparente  de  celte  aire  se  soulève  en  manière  d'écusson,  le  feuillet 
muqueux  conunence  à  se  distinguer  du  feuillet  interne  du  blastoderme.  11 
décrit  alors  une  courbe  plus  prononcée  et  se  comporte  relativement  à  celui-ci 
à  peu  près  coDune  la  coniée  transparente  à  l'égard  du  globe  de  roeil. 

Lorsque  les  lames  ventrales  se  montrent  et  surtout  lorsque  les  capuchons 
céphalique  et  caudal  se  forment,  le  feuillet  muqueux  devient  plus  distinct 
encore.  Alors,  en  effet,  la  cavité  de  l'œuf  se  trouve  partagée  en  deux  parties^ 
l'une,  très-petite,  qui  correspond  à  ce  feuillet  et  qui  formera  l'intestin; 
l'autre,  incomparablement  plus  grande,  qui  répond  au  feuillet  interne  du 
blutoderme  et  qui  prend  i  dater  de  ce  moment  le  nom  de  vétieuU  ombiUùoU, 
La  première,  ou  fbture  cavité  intestinale,  représente  une  gouttière  arcifome 
fermée  à  ses  extrémités  par  les  deux  capuchons.  La  seconde  est  spbéioidc 
comme  l'œuf  qu'elle  coustitue  presque  entièrement. 

Les  lames  ventrales  et  les  deux  capuchons  continuant  à  converger,  l'ori* 
flce,  d'abord  extrêmement  large  par  lequel  les  deux  cavités  rrimmt|n^i|mj^nf^ 
se  rétrécit  graduellement.  La  cavité  intestinale,  mieux  cifconscrite,  levét 
peu  à  pou  la  forme  d'un  tube.  La  vésicule  ombilicale  diminue  rspHlum  iit 
de  volume  et  s'allougc  ;  elle  communique  alors  avec  l'intestin  par  u|4ii- 


A 


DÉVELOPPEMENT  DU  CORPS.  1x9 

cule  :  Je  conduis  ùfnphakhmésentérique,  qui  s'allonge  lui-môme,  puis  deTient 
û  délié  qa'il  finit  par  s'oblitérer,  pour  disparaître  ensuite  avec  la  vésicule. 

Le  feuillet  muqueux,  en  résumé,  donne  naissance  à  un  tube  rectiligne, 
médian  et  symétrique,  qui  foripe  la  portion  sousniiapbragmatique  du  tube 
digestif.  La  partie  moyenne  de  ce  tube,  en  se  développant,  formera  l'intestin 
gréle  et  le  gros  intestin.  Son  extrémité  postérieure  formera  le  rectum;  et  l'an- 
térieure  l'estooiac  qui,  se  prolongeant  et  remontant  dans  le  capuchon  cépha- 
lique,  produira  lui-même  l'œsophage,  le  pharynx  et  la  cavité  buccale. 

Au  moment  où  les  cavités  buccale  et  pharyngienne  se  creusent  aux  dépens 
du  capnchon  céphalique,  on  voit  naître  dans  l'épaisseur  de  celui-ci  quatre 
productions  organiques  qui  s'étendent  de  sa  partie  postérieure  à  sa  partie 
antérieure,  à  la  manière  des  arcs  costaux,  et  qui  avaient  été  d'abord  désignés 
WDs  le  nom  d'ares  branchiaux  ;  mais  Reichert  le9  a  nonunés,  avec  plus  de 
raison,  ares  vîMcéraUx.  Tous  tirent  leur  origine  de  la  base  du  cr&ne.  Le  plus 
Ultérieur,  ou  le  premier,  produira  la  bouche,  le  nez,  les  deux  mâchoires,  la 
voûte  palatine,  toutes  les  parties  de  la  face,  en  un  mot.  Le  second  formera 
les  petites  cornes  de  l'os  hyoïde  ;  le  troisième  les  grandes  cornes  et  le  corps 
de  cet  os.  Le  quatrième,  qui  provient  des  vertèbres  cervicales  supérieures, 
oorre^ond  au  larynx.  —  Ces  arcs  sont  séparés  par  autant  de  fentes,  appelées 
fente$  viscérales^  qui  pénètrent  jusqu'à  la  cavité  du  pharynx  et  qui  mettent 
celle-ci  en  conununication  avec  l'extérieur.  En  étudiant  les  divers  organes 
de  la  face  et  du  cou,  nous  verrons  comment  ils  naissent  des  arcs  viscéraux 
et  queUe  part  aussi  les  fentes  viscérales  prennent  à  la  formation  des  orifices 
qa'ils  présentent. 

U  feuillei  wisculaire  apparaît  plus  tard  que  les  feuillets  séreux  et  mu* 
queux,  il  n'est  pas,  du  reste,  aussi  nettement  délimité  que  ceux-ci,  auxquels 
il  adhère  dès  son  origine,  en  sorte  qu'on  tenterait  vainement  de  l'isoler. 
(Test  dans  son  épaisseur  que  se  développent  le  cœur  et  tous  les  vaisseaux. 

Le  cœur  a  pour  siège  primitif  la  partie  inférieure  et  postérieure  du  capu- 
chon céphalique.  11  se  présente  d'abord  sous  la  forme  d'un  cylindre  plein, 
pois  d'un  tube  rectiligne,  médian  et  symétrique.  Un  peu  plus  tard,  il  s'al- 
longe et  prend  la  figure  d'une  S  italique.  De  su  partie  antérieure  naissent 
ilors  deux  arcs  aortiques,  symétriques  aussi,  qui  se  recourbent  sous  la  future 
base  du  crâne  et  sous  les  corps  naissants  des  vertèbres  pour  s'étendre  jusqu'à 
l'extrémité  caudale.  Les  deux  aortes,  parallèles  et  de  môme  calibre,  situées 
à  leur  apparition  de  chaque  côté  du  plan  médian,  se  rapprochent  bientôt, 
et  ne  tardent  pas  à  s'unir  par  leur  côté  interne  pour  former  un  tronc  unique. 

En  longeant  la  colonne  vertébrale,  le  tronc  aortique  fournit  plusieurs 
l»ranches  :  les  plus  importantes  sont  les  deux  artères  omphalo-mésentériques  ; 
elles  sortent  de  l'abdomen  et  vont  se  ramifier  sur  les  parois  de  la  vésicule 
ombilicale.  De  cette  vésicule  émanent  des  veinules  qui  con.vergent  vers  deux 
troncs,  l'un  droit  et  l'autre  gauche.  Ces  deux  troncs,  ou  veines  omphah- 
mésentériques,  pénètrent  dans  l'abdomen  en  s'accolant  aux  artères  correspon- 
dantes; parvenues  au  niveau  du  cœur,  elles  s'ouvrent  par  un  orifice  commun 
dans  son  extrémité  postérieure. 

La  plus  grande  partie  du  sang,  dans  les  premiers  temps  de  la  vie  embryon- 
naire, se  porte  donc  du  cœur  ù  la  vésicule  ombilicale  et  de  cette  vésicule  au 
I.  il 


ÔO  Dl   CORPS  UIMALN  EN  GËNËRAL. 

cœur.  ^  Lorsqu  elle  commence  à  s'atrophier  et  les  vaisseaux  omphalo- 
mésentériques  À  diminuer  de  calibre,  on  voit  naître  un  autre  vésicule  bien 
autrement  importante  :  la  vi$ieul$  aHantoïde,  Comme  la  précédente,  celle-ci 
tire  aussi  son  origine  du  canal  intestinal,  mais  de  son  extrémité  postérieure, 
sort  de  la  cavité  du  tronc  en  s'accolant  au  pédicule  de  la  vésicule  ombilicale, 
et  se  développe  si  rapidement,  que  non  seulement  elle  l'entoure,  mais  ne 
tarde  pas  à  s'appliquer  à  toute  la  surface  interne  de  Tœuf.  —  Deux  branches 
émanées  de  l'aorte,  les  artèreB  omtnlioaUêf  viennent  se  ramifier  dans  ses 
parois.  Deux  veines,  qui  bientôt  se  réduisent  à  une  seule,  partent  de  ces 
mêmes  parois  et  vont  se  Jeter  dans  la  veine  cave  ascendante.  Pendant  que 
les  vaisseaux  omphalo-mésentériques  s'atrophient,  les  vaisseaux  aliantoldiens 
prennent  une  importance  de  plus  en  plus  grande;  le  sang  qui  oscillait  de 
Tembryon  à  la  vésicule  ombilicale  so  porte  alors  de  celui<i  à  la  vésicule 
aUantoIde.  C'est  à  l'aide  do  cette  vésicule  que  l'œuf  des  mammifères  entre 
en  connexion  avec  les  organes  maternels,  et  qu'il  emprunte  à  ceux-«i  les 
Mics  nutritifs  nécessaires  à  son  développement. 

Les  vaisseaux,  du  reste,  ne  se  développent  pas  du  cœur  vers  la  périphérie 
ou  de  la  périphérie  ^ers  le  cœur.  Ils  se  forment  sur  place,  danschaqae 
organe,  indépendamment  des  vaisseaux  voisins.  Ils  se  continuent  ensuite  les 
uni  avec  les  autres  par  le  seul  fait  de  leur  allongement. 

Dans  toute  cette  première  période,  les  appareils  qui  dérivent  des  trois 
feuillets  sont  essentiellement  formés  de  cellules  et  de  noyaux,  l^s  cellules, 
au  début,  existent  seules  ;  elles  constituent  tout  le  corps  de  l'embryon.  Dès 
que  celuivci  égale  1  centimètre,  elles  se  trouvent  mélangées  avec  des 
noyaux  dont  le  nombre  s'accrott  trèa-rapidement.  Lorsque  sa  longueur 
atteint  15  à  18  millimètres,  ceux-ci  sont  déjà  si  multipliés  que  les  cellulct 
semblent  avoir  disparu.  Les  uns  et  les  autres  sont  unis  par  une  substance 
amorphe.— Leur  importance,  du  reste,  est  trè»-différente.  Les  noyaux  Jooent 
le  rèle  principal  dans  la  constitution  de  nos  organes.  Chacun  d'eux  est  un 
petit  centre  autour  duquel  se  forme  l'un  des  éléments  qui  entrent  dans  la 
composition  des  tissus.  Ils  représentent  donc  ces  éléments  à  leur  état  pri* 
mitif;  ils  en  font  d'abord  partie;  ensuite  ils  s'atrophient  et  ne  se  montfsnt 
qu'à  l'état  de  vestige  ;  souvent  même  ils  disparaissent  complètement. 

Les  membres  émanent  des  parties  latérales  du  tronc,  au  conamencement 
du  deuxième  mois  ;  la  longueur  de  celui-ci  n'excède  pas  alors  19  à  20  milli- 
mètres. Ils  se  montrent  sous  l'aspect  de  bourgeons  un  peu  déprimés  d  avant 
en  arrière,  et  légèrement  étranglés  à  leur  base,  c'est-à-dire  au  niveau  de 
leur  continuité  a\oc  répautc  et  le  bassin.  Os  bourgeons  constituent  la  main 
et  le  pied.  La  main  est  plus  dc^'^eloppée  que  le  pied  ;  son  apparition  ctt  onii- 
nairemcnt  plus  précoce.--  Du  trente-cinquième  au  quarantième  Jour,  le  pédi- 
cule qui  portait  la  main  et  le  pied  forme,  en  s'allongeant,  Tavant-brat  et  la 
Jambe  ;  un  léger  sillon ,  tracé  à  son  point  de  départ ,  marque  leur  limite 
lupérieurc ,  et  accuse  les  premiers  vestiges  du  pli  du  coude  et  du  creux  du 


DÉVELOPPEMENT  DU  CORPS.  51 

jarret.  La  main,  à  cette  période  du  développement  des  membres,  est  plus 
grande  encore  que  l'avant-bras  ;  le  pied  est  plus  long  aussi  que  la  Jambe. 

Vers  le  milieu  du  second  mois,  le  bras  et  la  cuisse  paraissent  à  leur  tour. 
AJnii  que  Tavant-bras  et  la  jambe,  ils  sont  d'abord  remarquables  par  leur 
brièveté. 

A  la  même  époque,  on  voit  se  dessiner  à  l'extrémité  de  la  main  et  du  pied 
quatre  petits  tubercules  :  ce  sont  les  doigts  et  les  orteils,  d'abord  unis  entre 
eux  par  leurs  parties  latérales  ;  mais  ils  ne  tardent  pas  à  devenir  complète*- 
ment  indépendants. 

Les  membres  se  développent  donc  de  leur  extrémité  libre  vers  leur  extré- 
mité adhérente.  La  partie  non  divisée  de  la  main  et  du  pied  naît  la  première  ; 
viennent  ensuite  l'avant-bras  et  la  Jambe,  puis  le  bras  et  la  cuisse,  les  doigts 
et  les  orteils.  —  Ce  mode  d'évolution  nous  rend  compte  de  certains  vices  de 
conformation.  Qu'un  arrêt  de  développement  se  produise  au  début  de  leur 
apparition,  les  membres  seront  constitués  par  une  sorte  de  palette  annexée 
à  l'épaule  et  à  la  hanche  ;  des  faits  de  cette  nature  ont  été  observés.  -—  Si 
VuTéi  de  développement  survient  plus  tard,  il  y  aura  de  chaque  c6té  une 
main  et  un  avant-bras,  un  pied  et  une  Jambe  ;  mais  le  bras  et  la  cuisse  feront 
défaut.  On  comprend  aussi  que  s'il  survenait,  au  moment  de  la  naissance, 
des  doigts  et  des  orteils,  ceux-ci  resteraient  enchaînés;  l'enfant  naîtrait  avec 
des  mains  et  des  pieds  de  palmipèdes. 

Q.  — '  Loto  ffénéralcs  4a  développeneBl. 

Aristote,  le  premier,  divise  les  êtres  vivants  en  deux  classes  :  ceux  qui  n'ont 
reçu  en  partage  que  la  vie  nutritive,  comme  les  végétaux  ;  et  ceux  chez  lesp 
quels  la  vie  de  relation  vient  se  surajouter  à  la  vie  de  nutrition.  Le  premier 
aussi  il  émet  la  pensée  que  les  végétaux  avaient  dû  précéder  les  animaux  ; 
puis  il  lyoute  que  les  animaux  étant  doués  de  deux  vies,  cellet-ci  se  trou^ 
vaient  soumises,  dans  leur  développement,  à  l'ordre  général  de  la  noani- 
festation  de  la  vie  sur  la  surface  du  globe*  A  ses  yeux,  les  appareils  de  la 
circulation,  de  la  digestion  et  de  la  respiration  se  montraient  avant  ceux  de 
Imnervation  et  de  la  locomotion.  Le  cœur  prenait  d'abord  possession  de  la 
vie,  prHnurn  vivmu.  Les  autres  viscères  se  groupaient  autour  de  lui  et  l'orga- 
nisation se  développait  ainsi  du  centre  à  la  périphérie. 

Galieo  adopte  les  idées  d'Aristote.  Il  proclame  le  développement  de  l'honmie 
la  plus  grande  des  opérations  de  la  nature  et  le  compare  à  la  construction 
d'un  navire.  Dans  cette  construction,  dit-il,  on  pose  d'abord  la  carène,  qui 
constitue  le  centre  du  bâtiment;  de  même,  la  nature  débute  par  le  centre 
du  corps.  Puis  autour  de  celui-ci  les  parties  latérales  s'appliquent  succes- 
sivement et  s'arc-boutent,  de  sorte  que  l'un  et  l'autre  se  forment  du  centre  à 
U  circonférence.  La  théorie  de  l'évolution  centrifuge  formulée  par  Aristote 
trouva  donc  un  puissant  défenseur  dans  Galion.  Les  considérations  d'un 
ordre  trè»-élevé  sur  lesquelles  le  premier  l'avait  fondée  lui  donnait  un  grand 
prestige;  Tingénieuse  comparaison  du  second,  reproduite  dans  toutes  les 
écoles  et  dams  tous  les  écrits,  la  rendit  populaire  en  lui  i^outant  un  nouvel 


52  *  bl  CORPS  HUMAIN  EN  GENERAL. 

éclat.  Placée  ioub  l'égide  de  cet  deux  grandes  autorités,  elle  fut  dès  lors 
accueillie  sans  conteste  et  transmise  de  génération  en  génération. 

A  la  fin  du  xyi*  siècle,  Fabrice  d'Acquapendente,  qui  s'était  lirré  sur  la  géné- 
ration à  une  longue  série  de  recherches  et  que  ses  propres  obserrations 
devaient  en  éloigner,  s'inclinait  cependant  devant  elle,  et  reproduisait  encore 
avec  admiration  la  célèbre  comparaison  du  médecin  de  Pergame. 

Harvej,  de  son  coup  d'œil  d'aigle,  reconnaît  que  tout  animal  provient 
d'un  œuf,  omne  vivum  ex  ovo.  11  étudie  l'incubation  de  cet  œuf,  avec  la  rare 
sagacité  dont  il  était  doué  ;  il  constate  l'apparition  successive  des  linéaments 
qui  vont  produire  l'embryon;  et  l'on  pouvait  croire  que,  plus  clairvoyant,  fl 
allait  rompre  avec  la  tradition.  Mais,  fasciné  par  la  distinction  des  deux  vies, 
il  admet  avec  ses  prédécesseurs  que  ces  premiers  linéaments  appartiennent 
aux  organes  de  la  vie  nutritive.  L'être  organisé  au  début  de  son  évolution 
est  un  végétal;  l'animal  n'apparaît  qu'avec  les  pulsations  du  cœur,  dont  il 
fait,  conune  Aristote,  le  ftrimum  vivens.  Autour  do  -cet  organe  central  se 
forment  tous  les  autres. 

La  théorie  du  développement  centrifuge,  fondée  sur  des  considérations 
purement  spéculatives,  puisait  donc  dans  le  langage  des  observateurs  une 
autorité  nouvelle  ;  elle  resta  triomphante  Jusqu'au  xix*  siècle. 

Tne  puissante  impulsion  fut  donnée  alors  aux  études  embryologiques.  Les 
anatomistes,  moins  dominés  par  la  tradition,  mieux  préparés  d'ailleurs  aux 
observations  délicates,  reconnurent  que  les  appareils  de  la  vie  animale  se 
montraient  les  premiers;  que  l'appareil  de  l'innervation  ouvrait  la  marche, 
celui  de  la  locomotion  venant  ensuite,  puis  ceux  de  la  vie  nutritive  ;  que  la 
moitié  droite  du  corps  était  d'abord  séparée  de  la  moitié  gauche,  et  que  là 
organes,  par  conséquent,  ne  se  formaient  pas  autour  d'un  centre  ;  que  ceux 
de  la  périphérie  précédaient,  au  contraire,  tous  les  autres  ;  que  les  parob 
du  tronc  précédaient  les  viscères  contenus  dans  sa  cavité  ;  qu'elles  précé- 
daient surtout  le  cœur,  dont  l'évolution  était  relativement  tardive.  En  pré- 
sence de  tant  de  faits  nouveaux,  si  impoHants  et  si  opposés  à  l'opinion 
régnante,  une  révolution  s'accomplit  dans  les  esprits.  1^  théorie  centrifuge 
si  longtemps  inébranlable  s'écroula  presque  soudainement,  et  une  théorie 
nouvelle  s'éleva  suf  ses  ruines.  Un  autre  progrès  encore  fut  réalisé. 

Jusqu'alors  on  avait  asses  généralement  pensé  que  l'animal  existe  loot 
entier  dans  le  germe.  Entre  l'état  embryonnaire  et  l'état  parfait  on  ne  lovoit 
qu'une  différence  de  proportion;  le  développement  n'était  pas  une  création, 
c'était  un  simple  phénomène  d'accroissement.  Éclairé  par  des  données  plus 
positives,  il  fallut  reconnaître  qu'aucun  organe  n'existe  dans  l'œuf  au  mo- 
ment de  la  fécondation  ;  que  les  appareils  se  forment  de  toutes  pièces,  succe«- 
slvement,  et  dans  Tordre  assigné  par  la  nature  A  chacun  d'eux;  que  l'orga- 
nisation enfin  ne  naît  pas  en  bloc,  mais  par  fractions  qui  se  rapprochent  rt 
s'ajoutent  les  unes  aux  autres  pour  la  compléter.  A  la  doctrine  de  la  préfar- 
wuUion  ou  de  la  préexittence^  qui  ne  reposait  que  sur  des  hypothèses,  succéda 
en  un  mot  celle  de  Vép*genè$e,  qui  était  l'expression  fidèle  de  tous  les  fiili 
connus. 

La  doctrine  de  la  préexistence  et  la  théorie  centrifuge  étaient  donc  simal- 
tanément  détrônée?.  On  n'admettait  plus  que  nos  organes  existent  dam 


DEVELOPPEMENT  DU  CORPS.  53 

Tœaf  à  l'état  de  miniature;  on  proclamait  qu'ils  se  forment  et  qu'ils  appa- 
niiientdans  un  ordre  successif  ;  on  savait  que  le  corps  ne  se  développe  pas 
du  centre  à  la  circonférence;  mais  on  ignorait  comment  il  se  développe.  La 
science  sur  ce  point  attendait  un  nouveau  législateur.  Il  était  réservé  à 
M.  Serres  de  remplir  cette  haute  mission,  vers  laquelle  le  portaient  les  ten- 
dances de  son  esprit  généralisateur  (1). 

Trois  lois  président  à  l'évolution  de  nos  organes  :  la  loi  de  formation 
excentrique  ou  centripète,  la  loi  de  symétrie,  la  loi  de  coi\jugaison. 

La  loi  du  développement  centripète  nous  montre  les  appareils  apparaissant 
constamment  de  la  périphérie  au  centre  ;  la  surface  du  tronc  se  dessinant 
d'abord;  la  cavité  de  celui-ci  se  circonscrivant  graduellement,  le  tube  intes- 
tinal en  tapissant  les  parois,  les  viscères  nés  de  l'intestin  envahissant  un  à  un 
Mcanté  et  finissant  par  la  remplir.  Elle, est  attestée  par  la  précocité  d'évo- 
lution du  feuillet  séreux,  par  l'antériorité  des  appareils  de  la  vie  animale, 
par  le  témoignage  unanime  des  observateurs  qui  tous  ont  constaté  que  la 
partie  enveloppante  du  corps  précède  dans  leur  apparition  )es  parties  con- 
tenues. 

La  loi  de  symétrie  nous  enseigne  que  tous  nos  organes  sont  d'abord  dou- 
bles. Ceux  qui  occupent  le  plan  médian  et  que  nous  appelons  impairs,  sont 
primitivement  pairs,  c'est-à-dire  formés  de  deux  moitiés  symétriques  et 
indépendantes.  Il  y  a  au  début  de  l'évolution  deux  moelles  épinières,  deux 
encéphales,  deux  rachis,  deux  aortes;  l'embryon,  en  un  mot,  est  formé  de 
deux  moitiés,  l'une  droite  et  l'autre  gauche.  Ces  deux  moitiés  sont  bien 
distinctes  pour  les  appareils  de  la  vie  animale;  elles  le  sont  moins  pour  ceux 
de  la  vie  nutritive,  en  sorte  que  leur  dualité  a  été  contestée  par  un  grand 
nombre  d'anatoraistes.  Pour  s'en  rendre  compte,  il  faut  admettre,  avec 
1.  Serres,  que  la  gouttière  creusée  sur  le  grand  axe  de  la  tache  embryon- 
naire ou  ligne  primitive,  n'intéresse  pas  seulement  le  feuillet  séreux,  mais 
aussi  le  feuillet  muqueux.  Chaque  feuillet  se  trouvant  scindé  en  deux  parties 
symétriques,  les  appareils  qui  dérivent  de  l'une  et  de  l'autre  seraient  réelle- 
ment doubles,  et  aucun  organe  n'échapperait  ainsi  à  la  loi  de  la  dualité  ou 
de  symétrie. 

La  loi  de  conjugaison  nous  apprend  que  les  deux  moitiés  des  organes  situés 
sur  le  plan  médian  se  rapprochent,  arrivent  au  contact,  puis  s'unissent 
par  voie  d'engrënement  ou  de  fusion.  Chacun  d'eux,  de  double  qu'il  était, 
te  trouve  peu  à  peu  ramené  à  l'unité  ;  de  pair  il  devient  impair.  Ainsi  se 
réunissent  les  deux  moitiés  de  la  moelle  épinière  et  de  l'encéphale,  les  deux 
moitiés  du  rachis,  les  deux  moitiés  de  la  base  du  crâne,  les  deux  aortes,  etc. 
Cette  loi  s'applique  aussi  à  la  formation  des  cavités,  des  canaux  et  des 
orifices. 

Telles  sont  les  lois  qui  dirigent,  dans  son  évolution,  l'organisation  ani* 
maie.  En  nous  expliquant  les  métamorphoses  successives  par  lesquelles 
passent  nos  divers  appareils,  elles  éclairent  d'une  vive  lueur  l'histoire  autre- 

,1}  Traité  tTatuttomie  transcendante.  Vw\s,  1862,  p.  312  et  suit. 


5ft  DU  G0RP8  HUMAIN  EN  GÉNÉRAL, 

rois  li  obscure  des  vices  de  confonnation.  Elles  nous  montrent  que  beaoeoop 
d'entre  eux  se  résument  dans  un  simple  arrêt  de  développementi  c'eet-è* 
dire  dans  une  défaillance  de  la  loi  de  conjugaison. 


Les  considérations  générales  précédemment  exposées  sur  la  structure  et  le 
dételoppement  du  corps  nous  indiquent  l'ordre  suiyant  lequel  nous  devons 
procéder  à  Tétude  des  divers  appareils. 

Le  premier  qui  fixera  notre  attention  est  Tappareil  locomoteur;  nous  nous 
occuperons  d'abord  de  ses  organes  passifs  ou  des  os  et  des  articulations,  puis 
de  ses  organes  actifr  ou  des  muscles. 

Après  cet  appareil  qui  prend  une  si  large  part  &  la  constitution  du  corpa, 
viendront  l'appareil  de  la  circulation,  l'appareil  de  l'innervation  et  l'i^- 
pareil  sensorial. 

Nous  terminerons  par  les  appareils  de  la  digestioui  de  la  respiration,  de  la 
sécrétion  urinaire  et  de  la  génération. 

Cet  ordre  est  si  impérieusement  tracé,  que  les  auteurs  qui  n'ont  \u  dans 
l'étude  de  nos  organes  qu'un  moyen  d'arriver  à  la  connaissance  de  leurs 
fonctions  et  qui  ont  cherché,  en  conséquence,  à  lui  imprimer  un  caractère 
physiologique,  ont  été  en  quelque  sorte  contraints  de  l'adopter,  bien  qu'il 
soit  ou  plutôt  parce  qu'il  est  en  effet  essentiellement  anatomique. 

Le  tableau  suivant  montrera  sous  une  forme  plus  simple  et  plus  complète 
Tordre  que  nous  proposons  d'adopter  : 

SI*  Os Oiléoloeif . 
2«  Articulations Arthroloi^ie. 
3*  Muscles  et  aponéïroscs.    Mtologie. 
11»  Cœur \ 
2*  Artères {,     „  .    . 
3»  Veines  >Anf«olofie. 

h*  Vaisseaai  lymphatiques.  J 

^        ^  (  !•  Partie  centrale 1  ...     .    . 

C  -  Arruni  im  t  ixmvAîiox. . } ,,  p,„^  p#riphWq« .  .  .  j  N*»"»»^- 

'  1*  Sens  du  tact 

I  3*  Sent  da  la  vue .  .  .  . 

D.  —  ArrAinL  siiiiokial \  S*  Seiu  de  Toule •  }  Orgsaes  des  acaa. 

!  4*  Sens  de  l'odorat. .  .  . 
^  i^  Sens  du  goût 

E.  —  ApPABSIU  m  U  DICtSTlOiC,  Mk 

LA  asartSATiox,  de  ua  stesÉnox  > Splancbsolofit. 

VanAllK  tT  DB  LA  C&!liftAT10?(.  .  I 

A  la  deKription  de  ces  huit  appareils  et  des  organes  qui  les  co 
nous  clouterons  comme  complément  un  exposé  succinct  de  l'évuluUoo  du 
fttttts  et  de  ses  annexes. 


APPAREIL  DE  LA  LOCOMOTION 


CONSIDÉRATIONS  GÉNÉRALES. 


L'appareil  de  la  locomotion  est  un  ensemble  d'organes  qui  ont  pour  but 
commun  d'imprimer  au  corps  des  mouvements,  intéressant  tantôt  sa  totalité 
f(  tantôt  quelques-unes  de  ses  parties  seulement.  —  Les  premiers,  ou  mou- 
Tements  de  totalité,  lui  donnent  la  faculté  de  se  déplacei;  au  sein  du  milieu 
qu'il  habite  ;  par  eux  il  devient  indépendant  ;  et,  bien  différent  du  végétal, 
condamné  à  mourir  sur  le  lieu  qui  Ta  vu  naître,  il  prend  possession  de  la 
nature  entière.  Les  seconds,  ou  mouvements  partiels,  permettent  aux  divers 
segments  qui  le  composent  de  se  déplacer  les  uns  à  l'égard  des  autres  ;  ils 
leur  communiquent  aussi  une  sorte  d'indépendance  ;  et  chacun  d'eux  peut 
ainsi  lui  rendre  successivement,  ou  simultanément  les  services  qu'il  en 
attend. 

Cet  appareil  est  remarquable  par  ses  grandes  proportions  et  par  la  mul- 
tiptidté  des  organes  qui  le  composent.  Aucun  autre,  sous  ce  rapport,  ne 
peut  lui  être  comparé.  Il  forme,  à  lui  seul,  la  moitié  du  volume  total  du 
corps. 

Sa  situation  est  périphérique.  Sous-jacent  à  l'appareil  sensorial  qui  l'en- 
reloppe  de  toutes  parts ,  il  s'enroule  sur  le  titac,  autour  des  appareils  de  la 
ne  nutritive,  à  l'égard  desquels  il  Joue  le  rôle  de  partie  contenante  et  d'or- 
gane protecteur.  Sur  l'extrémité  céphalique,  il  recouvre  l'appareil  de  l'in- 
nervation dans  ses  parties  les  plus  élevées  et  les  plus  importantes  pour 
lesquelles  il  devient  aussi  un  puissant  moyen  de  protection. 

Les  trois  ^andes  cavités  du  corps  sont  donc  circonscrites  par  l'appareil 
locomoteur  ;  mais  celui-ci  so  comporte  différemment  pour  chacune  d'elles. 
—  Organe  essentiellement  protecteur,  le  crâne  ne  se  compose  que  de  par- 
ties dures  qui  s'entrelacent  et  s'arc-boutent  par  leurs  bords,  d'où  l'im- 
mobilité de  ses  fparois,  l'invariabilité  de  sa  forme,  et  sa  résistance,  qui 
l'ont  fait  comparer  à  un  bouclier.  —  Organe  de  protection  et  d'aspiration,  le 
thoru  se  compose  d'un  mélange  de  parties  dures  et  de  parties  contractiles  ; 
ses  parois  sont  moins  résistantes,  mais  douées  d'une  certaine  mobilité  qui  lui 
permet  de  se  dilater  et  de  se  resserrer  tour  à  tour.  —  Destiné  à  contenir  des 
organes  dont  le  volume  peut  varier  beaucoup,  l'abdomen  se  compose  surtout 
de  parties  molles;  ses  parois  ont  pour  caractère  distinctif  la  dépressibilitô  et 
ieitensihilité. 

Réunies  par  le  rachis,  ces  trois  grandes  cavités,  ou  captés  êjdanehniquei^ 
constituent  en  quelque  sorte  le  centre  de  l'appareil  de  la  locomotion.  Â 
chacune  d'elles  sont  annexés  un  ou  deux  prolongements  qui  complètent 
celui-ci.  —  Au  crâne  se  trouve  annexée  la  face,  creusée  de  cavités  multiples 
dans  lesquelles  tiennent  se  réfugier  les  organes  des  sens.  —  Au  thorax  sont 


56  APPAREII.  DE  LA  LOCOMOTION. 

annexés  les  membres  supérieurs,  libres  chez  l'homme  et  toujours  prêts  à  sa 
mettre  au  service  des  autres  parties  du  corps.— A  l'abdomen  sont  annexés  les 
membres  inférieurs  spécialement  préposés  à  sa  translation.  —  La  face  parti- 
cipe de  l'immobilité  du  crâne,  et  les  membres  de  la  mobilité  des  parois  du 
tronc. 

Considéré  dans  sa  composition,  l'appareil  locomoteur  se  partage  en  denx 
appareils  plus  petits,  ou  sous-appareils.  L'un  d'eux  comprend  les  os,Pes  carti- 
lages et  leurs  dépendances,  qui  Jouent  dans  nos  mouvements  un  rôle  pure- 
ment passif;  l'autre  est  formé  de  parties  molles,  qui  ont  reçu  le  nom  de 
muscles  et  qui  seules  sont  actives. 

Les  organes  passifs  et  les  organes  actifs  n'ont  pas  été  répartis  de  la  même 
manière.  —  Parmi  les  os,  il  en  est  beaucoup  qui  sont  situés  sur  le  plan  mé- 
dian ;  les  autres,  placés  à  droite  et  à  gauche  de  ce  plan,  s'appuient  sur  euK. 
Les  premiers,  ou  médians,  remplissent  donc  l'office  de  clefs  de  voûte  et 
font  ainsi  du  squelette  un  tout  solide  et  résistant.  —  Les  muscles  sont  presque 
tous  situés  sur  les  cAtés  de  la  ligne  médiane.  La  division  du  système  osseux 
en  deux  moitiés  symétriques  est  purement  idéale,  celle  du  système  muscu* 
laire  est  réelle. 

La  situation  des  os  et  des  muscles  est  très-différente  aussi.  —  I>ans  les 
membres,  les  os  se  placent  au  centre  et  se  superposent  en  colonne.  Les 
muscles  se  groupent  autour  des  colonnes.  —  Dans  le  tronc,  ils  se  superpo- 
sent également  pour  former  une  longue  tige  flexucuse  et  mobile  de  laquelle 
partent  des  prolongements  arciformes  qui  se  dirigent  en  avant.  Les  muscles 
se  pressent  autour  de  cette  tige,  remplissent  les  intervalles  compris  entre 
les  prolongements  qui  en  partant  et  complètent  les  parois  de  la  cavité. — A  la 
tôte,  les  os  forment  une  première  enveloppe  qui  s'applique  à  l'encéphale; 
les  muscles  en  se  continuant  pas  leurs  bords  en  forment  une  seconde, 
superposée  à  la  précédente.  Les  organes  passifs  ont  donc  une  tendance  géné- 
rale à  se  porter  vers  les  parties  profondes  ;  les  organes  actifs  tendent  plus, 
au  contraire,  à  se  rapprocher  des  parties  périphériques. 

I^s  os  sont  indépendants  et  pour  la  plupart  très-distincts  les  uns  des  autres  ; 
leur  dénombrement  est  facile,  par  conséquent.  Les  muscles  s'unissent  sou- 
vent par  une  de  leurs  extrémités  et  se  confondent  en  partie  sur  un  asseï 
grand  nombre  de  points;  il  devient  ainsi  difficile  d'en  déterminer  le  nombre. 
—  Les  premiers,  du  reste,  sont  beaucoup  moins  multipliés  que  les  seconds. 
Pour  se  rendre  compte  de  cette  différence,  il  suffit  de  remarquer  que  cer- 
tains os  sont  doués  de  mouvements  variés,  et  que  pour  chacun  de  ces 
mouvements,  un  muscle  était  nécessaire. 

A  l'étude  de  l'appareil  de  la  locomotion  se  rattachent  trois  branches  im- 
portantes de  la  science  : — VosiMogîe^  qui  a  pour  objet  la  connaissance  des  os  : 
^Varthrologief  qui  traite  des  articulations ;» la  myologie,  qui  embrasse  dans 
son  domaine  tout  ce  qui  est  relatif  aux  muades  et  aux  aponévroses. 


0STÉ0L06IE 


DESTINATION  DES  OS.  —  IMPORTANCE  DE  LEUR  ÉTUDE. 

'  Les  OS  sont  des  parties  dures  et  résistantes  qui  forment  par  leur  union  la 
charpente  du  corps  et  servent  de  soutien  à  toutes  les  parties  molles. 

La  présence  de  ces  parties  dures  au  milieu  des  parties  molles  a  paru  un 
fiût  tellement  important  aux  naturalistes  les  plus  célèbres,  qu'ils  l'ont  pris 
ponr  base  de  leur  classification.  D'un  côté,  ils  ont  rangé  tous  les  animaux 
qoi  en  sont  pourvus: ce  sont  les  vertébrés  ;  de  l'autre,  tous  ceux  qui  en  sont 
déponrvQs  :  ce  sont  les  invertébrés.  Afin  de  mettre  plus  en  lumière  les 
nombreuses  conséquences  qui  découlent  en  effet  de  leur  apparition  au  sein 
de  l'organismci  qu'il  nous  soit  permis,  pour  un  instant,  de  réduire  le  corps 
de  chaque  vertébré,  celui  surtout  des  vertébrés  volumineux,  à  un  ensemble 
de  parties  molles. 

Toutes  ces  parties  molles,  soumises  d'une  part  à  l'influence  attractive  du 
glohe,  de  l'autre  à  leur  réaction  mutuelle,  constitueront  une  masse  qui 
tendra  à  prendre  la  forme  d'un  sphéroïde  plus  ou  moins  aplati  à  ses  pôles, 
lais  qu'au  sein  de  ces  organes  affaissés  sur  eux-mêmes  apparaissent  des 
orpnes  durs  et  résistants  ;  que  ces  organes  se  dressent  et  se  superposent  en 
colonnes,  qu'ils  se  creusent  et  se  réunissent  pour  former  des  cavités,  qu'ils 
projettent  de  leurs  surfaces  des  saillies  multiples;  et  aussitôt  les  parties 
molles  Tenant  se  grouper  autour  des  colonnes,  se  loger  dans  les  cavités,  se 
suspendre  aux  saillies,  l'organisation  prendra  une  forme  fixe,  déterminée, 
identique  dans  tous  les  animaux  de  la  môme  espèce,  variable  seulement 
dans  les  animaux  d'espèce  différente.  —  Les  parties  molles  qui  se  suspendent 
iox  saillies  ou  se  pressent  autour  des  colonnes  étant  douées  de  la  propriété  de 
le  contracter,  c'est-à-dire  de  diminuer  spontanément  de  longueur  pour 
reprendre  ensuite  leurs  dimensions  premières,  les  différentes  pièces  qui 
composent  ces  colonnes  seront  mises  en  mouvement;  chacune  d'elles  se 
transformera  en  levier;  et  du  Jeu  de  tous  ces  leviers  résultera  pour  l'animal 
la  faculté  de  se  déplacer  et  de  pourvoir  &  son  alimentation.  —  Les  cavités 
ovenses  offrant  un  refuge  protecteur  aux  organes  les  plus  essentiels ,  ceux-ci 
réuniront  à  une  plus  grande  liberté  dans  l'exercice  de  leurs  fonctions  une 
plus  grande  perfectibilité.  Le  système  nerveux  surtout,  dont  la  nature  plus 
délicate  réclamait  en  quelque  sorte  d'une  manière  plus  impérieuse  les  avan- 
tages de  cette  protection,  se  perfectionnera  rapidement,  arrivera  à  de  plus 
grandes  dimensions  ;  et  la  \ie,  concentrée  Jusqu'alors  dans  le  cercle  étroit  des 
phénomènes  nutritifs,  s'agrandira  peu  à  peu  par  les  rapports  nouveaux  qui 
s'établiront  entre  l'animal  et  le  monde  extérieur. 

Une  forme  fixe,  une  locomotion  facile,  une  alimentation  assurée,  une 
grande  liberté  dans  l'exercice  de  toutes  les  fonctions,  une  vie  extérieure  cou- 
ronnant la  vie  nutritive,  l'intelligence  Routée  à  l'instinct  et  appelée  à  le 
dominer  :  tels  sont  donc  les  heureux  résultats  qui  découlent,  pour  l'organi- 
sttion  animale,  de  l'apparition  des  parties  dures  au  sein  des  parties  molles. 


58  OSTÉOLOGIE. 

En  présence  de  réiultatt  auni  imporUnti,  nous  ne  saurions  nous  étonner 
qu'elles  aient  constamment  serri  de  base  à  l'étude  de  l'anatomie  depuis  les 
temps  les  plus  reculés,  mais  surtout  depuis  l'école  d'Alexandrie  Jusqu'à  noi 
Jours. 

Ces  organes  doivent  être  étudiés  :  1*  dans  leur  ensemble  et  leurs  rapports; 
3*  dans  leur  ensemble  et  indépendanunent  de  leurs  rapports;  3*  dans  les 
détails  qu'ils  nous  présentent.  —  Envisagés  sous  le  premier  point  de  vue,  les  oi 
forment  le  squelette  ;  —  considérés  sous  le  second,  ils  constituent  le  système 
osseux  ;  —  étudiés  dans  leurs  détails,  ils  offrent  des  différence  qui  nécetsitMit 
pour  chacun  d'eux  une  description  particulière. 

DV  SQUELETTE. 

Le  squelette  est  naturel  ou  artificiel  :  naturel,  lorsque  toutes  les  parties 
dont  il  se  compose  sont  unies  entre  elles  par  les  liens  qui  assurent  leur  contact 
dans  l'état  normal  ;  artificiel,  lorsque  les  os  sont  reliés  les  uns  aux  autres 
par  des  liens  étrangers  à  l'organisation,  des  fils  métalliques  par  exemple. 

Le  squelette  naturel  comprend  dans  sa  composition  non-seulement  les 
08,  mais  les  cartilages  qui  recouvrent  les  surfaces  articulaires,  les  ligt- 
mants  qui  unissent  celles^i,  les  synoviales  qui  en  favorisent  le  glissement,  en 
un  mot  toutes  les  parties  accessoires  de  la  charpente  osseuse  du  corps.  Mais 
dans  quel  état  se  présentent  ces  parties  accessoires?  En  se  desséchant,  ellf» 
ont  perdu  leur  souplesse,  leur  couleur,  leur  volume,  leur  aspect.  Elles  sont 
alors  confondues  et  à  peine  reconnaissables  ;  elles  ont  eh  outre  le  grand 
inconvénient  de  voiler  les  extrémités  articulaires,  qu'on  ne  distingue  plus 
que  très-imparfaitement.  Anui  a-t-on  renoncé  depuis  longtemps  à  ce  genre  de 
squelette  qui  a  toujours  été  peu  employé,  du  reste,  pour  l'étude  de  l'anatomie. 

L^  squelette  artificiel  est  le  seul  qui  soit  réellement  utile.  H  en  existe 
deux  espèces.  -—  Dans  l'un,  les  os  sont  mis  en  contact  et  unis  de  manière  à 
conserver  leurs  principaux  mouvements  :  c'est  le  squelette  aHificiel  ordi- 
naire, où  l'art  n'inter\ient  que  pour  imiter  la  nature.  —  Dans  l'autre,  iliiaot 
unis  et  maintenus  à  distance,  artilli^'  tiui  uouji  yt  numirvjium  dantkun 
rapports  et  qui  a  en  outre  pour  avant  ngt*  dr  Umvr  mfr  kurs  «urfarps  aftki»- 
laires.  Tous  deux  sont  précieux  ponr  Tétudc^:  loin  de  iVtdufe,  \U  lei 
plètent,  chacun  d'eux  ayant  son  u^pect  particulier  qui  i^^rmel  ûm 
obsener  certains  détails. 

Le  squelette  offre  pour  partie  e»»iatit'lle  um  côluiiDâ  médlanet 
de  pièces  superposées  et  mobiles  apin^Zf^i-*»  vtriehtfi^  ijtUe  twàm^mm^ 
sur  le  même  type  dans  toute  la  sérir  ih^»  anintuu  viirtélirès^  §"^1 
de  ses  extrémité»,  que  constituent  lo  hocruni  ^i  h  me^i/aB^  et  m 
Irémité  opposée  pour  former  le  crdue, 

A  la  partie  supérieure  ou  crâniii^tic  de  cette  c^lanne 
(ace.  —  De  sa  partie  moyenne  naiwut  ki  eâliw,  au 
qui  s'articulent  en  avant  avec  la  sir  tu  u  m,  i4  qui  pir 
la  formation  du  thorax.  —  De  m  (Mitll*  InMriM^ 


3 


DU  SQUELETTE.  50 

parlent  denx  pièces  considénblei*  1m  ot  iliaques,  qui,  te  contournent  sur 
euzHDéaies et  suainant  en  aveutj  complètent  le  bassin. 

Des  hauteurs  du  thorax  et  du  sternum  s'échappent  horiaontalement  deux 
petits  leviers  flexueux,  auxquels  se  suspendent  à  droite  et  à  gauche  d'autres 
le^ien  qu'on  Toit  successivement  diminuer  de  longueur  et  augmenter  en 
Qoaibre  :  ce  sont  les  membres  supérieurs  ou  thoraciques.  —  Des  parties  laté- 
rales du  bassin  descendent  deux  nouvelles  séries  de  leviers,  d'une  configura* 
tioD  analogue  :  ce  sont  les  membres  inférieurs  ou  abdominaux. 

Ainsi  constitué,  le  squelette  peut  être  divisé,  avec  les  anciens,  en  trois 
parties  :  le  tronc,  la  tête  et  les  extrémités. 

Le  tronc  comprend  le  thorax  et  le  bassin  reliés  Tun  à  Vautre  par  la  colonne 
vertébrale,  ou  rachis,  qui  les  complète  en  arrière.  —  Le  thorax  revêt  la  forme 
d'aoe  cage  conolde,  dont  le  sommet  tronqué  se  dirige  en  haut»  et  la  base  en 
bu  et  en  avant  ;  il  renferme  le  cœur,  organe  central  de  la  circulation,  et  les 
poumons,  organes  essentiels  de  la  respiration.  —  Le  bassin  se  présente  sous 
1  upect  d'une  cavité  infùndibuliforme,  très-évasée  supérieurement,  et  large- 
ment échancrée  en  avant.  Il  contient  la  partie  terminale  du  tube  digestif,  la 
>e«e  et  une  partie  des  organes  génitaux. 
U  tête  est  formée  en  haut  et  en  arrière  par  le  crâne,  en  bas  et  en  avant 
pir  la  face.  Celle-ci  n'en  représente  chez  l'homme  qu'un  appendice.  Chez 
bininiaux  elle  prend  une  part  plus  importante  à  sa  formation.  En  descen- 
àtai  la  série  des  vertébrés,  on  voit  ses  dimensions  augmenter  graduelle- 
ment, de  telle  sorte  que  chez  les  reptiles  elle  l'emporte  déjà  sur  le  crâne  ei 
l'emporte  bien  plus  encore  chez  les  poissons.  De  là,  dans  l'espèce  humaine, 
ia  grande  ouverture  de  l'angle  fiicial,  qui  devient  de  plus  en  plus  aigu  à 
ntesare  qu'on  se  rapproche  des  espèces  animales  inférieures. 

Us  extrémités,  construites  sur  le  même  type,  se  partagent  en  quatre  seg- 
ments qui  se  correspondent  :  l'épaule,  le  bras,  l'avant-bras  et  la  main,  pour 
le  membre  supérieur  ;  la  hanche,  la  cuisse,  la  jambe  et  le  pied,  pour  l'infé- 
rieur. —  L'épaule  se  compose  de  deux  os,  la  clavicule  et  l'omoplate.  Unies 
l'une  i  l'autre  par  le  sternum  et  par  le  ligament  interclaviculaire,  les  deux 
épades  forment  une  sorte  de  ceinture  ouverte  en  arrière.  La  hanche  ne 
comprend  qu'une  seule  pièce,  l'os  iliaque  ou  coxal,  qui  en  s'unissant  à  celui 
du  côté  opposé,  forme  aussi  une  sorte  de  ceinture.  —  Le  bras  est  constitué 
par  l'humérus,  la  cuisse  par  le  fémur;  —  l'avant-bras  et  la  Jambe,  chacun  par 
deux  os.  —  La  main  en  présente  vingt-sept  et  le  pied  vingt-six. 

i^  dénombrement  des  diverses  pièces  qui  entrent  dans  la  formation  du 
iqnelette  est  fiadle,  si  l'on  choisit  pour  cette  détermination  le  moment  où  il 
a  acqnis  tout  son  développement  et  où  il  ne  présente  encore  aucune  trace 
d'altération.  Nous  venons  bientôt,  en  effet,  que  la  plupart  des  os  se  déve- 
loppent par  plusieurs  points  ;  ces  os  qui,  parvenus  à  leur  évolution  complète, 
^présenteront  une  seule  pièce,  sont  donc  formés'primitivement  de  plusieurs 
^^dktinctes;  si  l'on  procède  alors  à  leur  énumération,  on  arrivera  à  un 
cUbe  trop  élevé.  D'une  autre  part,  lorsque  les  os  sont  entièrement  formés, 
ils  tendent  à  se  souder  entre  eux  ;  à  un  âge  plus  avancé,  cette  énumération 
donnera  par  conséquent  un  chiffro  trop  faiblo  ;  de  là  lo»  résultat»  différents 


60  OSTÊOLOGIE. 

qui  ont  été  mentionnés  par  quelques  anatomistes.  C'est  de  vingt-deux  à 
vingt-cinq  ans  que  le  squelette  arrive  au  terme  de  son  dével<^pemeDt. 
A  cette  époque,  il  se  compose  de  198 1»  ainsi  répartis  : 

Colonne  Tertébrsle 3& 

Sacrum  et  cocerx 3 

Crâne 8 

Fice U 

Oi  hyoïde ....       1 

Côtes  et  sternum S5 

Chaque  extn*mité  supérieure 32  ««  64 

Chaque  extrémité  inférieure 30  »  00 

Total IM 

Dans  ce  nombre  ne  se  trouvent  pas  compris  les  os  surnuméraires  du  crâne, 
ou  0$  wùrmietii^  et  quelques  autres  qui  se  développent  dans  Tépaisseur  de 
certains  tendons  et  qu'on  a  désignés  sous  le  nom  d*os  $é$amoïde$  ;  la  rotule 
appartient  à  cette  dernière  classe  dont  elle  représente  le  tjpe  par  sa  forme 
et  son  volume. 

C'est  au  squelette  que  le  corps  est  redevable  de  sa  forme.  En  le  recouvrant 
sur  presque  tous  les  points,  et  en  opposant  à  ses  parties  les  plus  grêles  lenn 
parties  les  plus  volumineuses,  les  muscles  en  adoucissent  les  saillies,  que  U 
peau  contribue  encore  à  eflacer;  lorsque  ceux-ci  s'hypertrophient,  ils  la 
font  presque  entii^rement  disparaître.  Une  disposition  bien  dilTérente  se  pro- 
duit lorsqu'ils  s'atrophient;  quel  contraste  alors  entre  l'individu  d'ua  tem- 
pérament athlétique  et  celui  qu'une  longue  maladie  a  réduit  au  dernier 
degré  de  l'émaciation  !  Chez  l'un,  tout  est  saillie  musculaire  ;  chea  lautre, 
ce  sont  les  os  qui  proéminent  de  toutes  parts  ;  ce  qui  fait  relief  chex  le  pre- 
mier est  excavé  chez  le  second  ;  ce  qui  était  creux  devient  culminant  ;  lei 
formes  sont  en  quelque  soHe  renversées. 

Le  squelette  détermine  aussi  la  stature.  Si  l'on  ^oute  à  sa  hauteur  repais- 
seur  des  parties  molles  du  talon  et  de  celles  qui  recouvrent  le  vertex  on  repro- 
duira celle-ci.  De  ce  fait  il  ne  faudrait  pas  conclure  cependant,  avec  quelque 
médecins  légistes,  qu'étant  donné  un  os,  le  fémur,  par  exemple,  ou  le  tibia, 
on  même  tout  le  membre  inférieur,  on  pourra  évaluer  très-approxinutive- 
ment  la  taille  de  l'individu  auquel  ces  os  ont  appartenu.  Pour  arriver  A  uo 
semblable  résultat,  il  ne  faut  pas  tenir  compte  des  os  seulement,  mais  au» 
des  cartilages  qui  sont  alors  desséchés  ou  détruits,  il  faut  connaître  la  hauteur 
des  disques  intervertébraux  qui  sont  détruits  également.  Il  faudrait  en 
outre  que  tous  les  os  superposés  eussent  des  proportions  constantes  ;  or,  an 
contraire,  leurs  proportions  varient  avec  les  individus;  il  n*est  pas  rare  de 
voir  coexister  chez  le  même  homme  avec  un  fémur  long  un  tibia  court,  eC 
réciproquement  ;  il  n'est  pas  rare  de  voir  coexister  avec  des  membres  abdo- 
minaux très-élevés  un  tronc  qui  l'est  relativement  peu.  Tenter  de  raeoosti* 
tuer  la  stature  avec  quelques-uns  de  ses  éléments,  c'est  méconnaltie  ces 
variétés  individuelles  et  s'exposer  aux  plus  déplorables  erreurs  en  introdoi- 
sant  rart^ilraire  dans  une  science  qui,  plus  que  toute  antre,  réclame  des 
données  positives. 


CONFORMATION  EXTÉRIEURE  DES  OS.  61 

Le  poids  du  squelette,  chez  l'homme  de  vingt-cinq  à  trente  ans,  est  de 
5  i  6  kilogrammes.  Sa  moitié  droite  serait  un  peu  plus  lourde  que  la  gauche, 
d'après  les  observations  de  M.  de  Luca  (1).  Un  plan  horiiontal  passant  par 
l'ombilic  le  divise  en  deux  portions  d'un  poids  égal,  selon  le  même  auteur. 


SYSTÈME  OSSEUX. 

Envisagés  d'une  manière  générale  et  indépendamment  des  connexions 
qu'ils  présentent,  les  os  nous  offrent  à  considérer  leur  conformalion  exté- 
lieiire,  leur  conformation  mtérieure,  leur  texture  et  leur  développement. 

§  1.  —  CONrORMATION  EXTÉRIEURE  DES  OS. 

La  conformation  extérieure  des  os  comprend  tout  ce  qui  est  relatif  à  leur 
situation,  leur  direction,  leur  volume  et  leur  poids  ;  à  leur  configuration, 
aux  émineâces  et  aux  dépressions  ou  cavités  qu'ils  présentent. 


Pour  déterminer  la  situation  des  os  on  les  rapporte  tantôt  aux  divers  plans 

qui  circonserivent  le  corps  et  tantôt  au  plan  médian  ;  quelquefois  on  prend 

eo  considération  leurs  connexions. 

Fionqu'on  les  rapporte  aux  plans  extérieurs  ou  limitatifs,  on  les  distingue 
entre  eux  soua  les  noms  de  supérieur^  inférieur ^  postérieur ^  etc.  Ainsi,  pour 
indiquer  la  position  qu'occupe  le  frontal,  nous  dirons  qu'il  est  situé  à  la 
partie  antérieure  et  supérieure  du  crâne,  c'est-à-dire  sur  cette  partie  de  la 
cavité  crânienne  qui  est  la  plus  rapprochée  des  plans  antérieur  et  supérieur 
du  corps  ;  nous  dirons  dans  le  môme  sens  que  l'occipital  se  trouve  placé  à  la 
partie  inférieure  et  postérieure  de  cette  cavité,  que  le  sacrum  répond  à  la 
partie  postérieure  du  bassin,  le  sternum  à  la  paroi  antérieure  du  thorax.  Ce 
langage  semble  annoncer  que  l'os  est  rapporté  à  la  cavité  dont  il  fait  partie  ; 
mais  n'oublions  pas  que  les  parois  de  cette  cavité  sont  rapportées  elles-mêmes 
aux  six  plans  extérieurs. 

Considérés  dans  leurs  rapports  avec  le  plan  qui  divise  le  coq>s  en  deux 
moitiés  symétriques,  les  os,  ainsi  que  tous  nos  organes,  se  distinguent  en 
médians  et  latéraux,  droits  et  gauches,  internes  et  externes.  Les  os  médians 
ou  impairs  sont  au  nombre  dé  34  et  les  pairs  ou  latéraux  au  nombre  de  i6&. 
U  chiffre  total  des  os  à  étudier  se  réduit  donc  à  116.  —  Lorsqu'il  existe  de 
chaque  côté  deux  ou  plusieurs  pièces  osseuses,  les  qualifications  d'internes 
et  externes  font  connaître  leur  situation  relative,  la  première  s'appliquant  à 
celui  qui  est  le  plus  rapproché  du  plan  médian,  et  la  seconde  à  celui  qui  est 
le  plus  rapproché  du  plan  latéral  correspondant. 

Étant  donné  un  os  impair  ou  médian  pour  le  mettre  4ans  la  situation  qui 

'I)  De  Loca,  Heeherches  sur  les  rapports  qui  existent  entre  le  poids  des  divers  os  du 
^Hflette  chez  C  homme  (Co^npiei  rendus  de  F  Académie  des  sciences,  octob»^  '""'* 


62  OSTËOLOGIE. 

lui  «tl  propre,  il  sufAt  de  connaître  les  mpporU  qu'il  affecte  a^cc  deoi  do^ 
plans  du  corps.  Mais  celle  d'un  os  pair  ne  peut  être  déterminée  que  par  li 
considération  de  trois  de  ces  plans. 

Les  connexions  sont  invoquées  surtout  pour  préciser  la  situation  des  os  dn 
membres.  On  dit,  eu  parlant  de  Hiumérus,  qu'il  est  situé  entre  l'épaule  ei 
Tavant-bras;  en  parlant  du  radius,  qu'il  est  situé  à  la  partie  externe  du 
cubitus. 

Bt  —  MreettiB  été  ••• 

La  direction  des  os  se  détermine  par  la  situation  qu'ils  occupent  relative, 
ment  à  l'axe  et  aux  divers  plans  du  corps,  et  quelquefois  aussi  d'après  celle 
qu'ils  occupent  les  uns  à  l'égard  des  autres. 

Rapportés  à  l'axe  du  corps,  ils  sont  parallèles,  perpendiculaires  ou  obli- 
ques à  cet  axe.  Ceux  des  membres  suivent  pour  la  plupart  une  direction 
parallèle;  ceux  du  tronc  et  de  la  tête  une  direction  perpendiculaire  ou 
oblique.  Ces  expressions  toutefois  ne  doivent  pas  être  prises  dans  un  sem 
absolu  ;  car  il  n'existerait  alors  que  des  os  plus  ou  moins  obliques.  Ceux  do 
membre  supérieur,  de  la  cuisse  et  de  la  jambe,  considérés  comme  paraUèlef 
au  plan  médian  ne  sont  Jamais  cependant  exactement  verticaux  ;  les  o»  de 
l'avant-bras,  par  «exemple,  s'inclinent  en  dehors,  le  fémur  au  contraire  s'in- 
cline en  dedans.  L'os  hyoTde,  la  clavicule,  la  première  côte,  les  vertèbres,  lei 
métatarsiens,  rangés  an  nombre  des  os  perpendiculaires  à  ce  plan,  s'incli- 
nent aussi  chacun  dans  un  sens  différent.  Mais,  de  même  que  les  premier* 
se  rapprochent  beaucoup  de  la  verticale,  de  même  les  seconds  se  rappro- 
chent beaucoup  de  Thorisontale. 

Après  avoir  défini  la  direction  générale  d'un  os  ou  de  tout  autre  organe  en 
le  rapportant  à  l'axe  du  corps,  si  Ton  veut  exprimer  celle-ci  avec  plus  de 
précision  on  le  rapporte  au  plan  médian  et  aux  plans  périphériques.  Ed 
faisant  intervenir  cette  nouvelle  donnée  on  dira,  à  propos  des  daviculet, 
qu'elles  se  dirigent  horixontalemcnt  du  plan  médian  \ers  les  plans  latéraux, 
ou  plus  simplement  de  dedans  en  dehors  ;  en  parlant  des  métatarsiens,  qu'ili 
•e  portent  boriaontalement  do  plan  postérieur  vers  l'antérieur,  ou  d'arrière 
en  avant;  en  pariant  des  côtes,  qu'elles  s'Inclinent  du  plan  postérieur  ^ en 
l'antérieur  et  du  supérieur  vers  l'inférieur,  c'est-à-dire  d'arrière  eu  avant  et 
de  haut  en  bas. 

Chi  voit,  par  ce  dernier  exemple,  que  lorsqu'un  os  ou  tout  antre  organe 
présente  une  direction  oblique,  quatre  plans  au  moins  doivent  être  prit  en 
considération  pour  indiquer  le  sens  de  son  obliquité.  Quelquefois  celte  obli- 
quité est  triple;  six  plans  alors  interviennent  pour  sa  définition.  Dans  l'énu- 
mération  de  ces  plans,  on  peut  prendre  pour  point  de  départ  l'une  ou  l'autre 
extrémité  de  l'organe;  mais  il  importe  de  procéder  totijours  de  l'extrémité 
par  laquelle  on  a  débuté  vers  l'extrémité  opposée. 

Comparés  entre  eux  sous  ce  point  de  vue,  les  os  s'inclinent  diversement 
les  uns  sur  les  autres  et  tendent,  lorsqu'ils  sont  fixes  et  multiples,  à  cimut- 
scrire  des  cavités:  ainsi  se  constituent  les  ca\ités  orbitaires,  les  fosses  nasalet 
et  les  trois  cavités  splanchniques. 


CONFORMATION  EXTÉRIEURE  DES  OS.  63 

Considérés  en  eux-mêmes,  les  os  diffèrent  beaucoup  par  la  direction  de 
leur  axe  ou  de  leurs  surfaces.  Il  en  est  qui  sont  légèrement  courbes,  comme 
le  fémur,  ou  arciformes,  comme  les  côtes,  ou  flexueux,  comme  les  clavicules, 
ou  tordus  sur  leur  axe,  comme  certains  os  des  membres,  ou  concaTes  d'un 
côté  et  convexes  de  l'autre,  comme  ceux  du  crflne,  ou  irrégulièrement  con- 
tournés,  comme  ceux  du  baMin,  etc. 


a  — Yeta»e,pel«t 

Le  volume  des  os  est  absolu  et  relatif.  ^  Le  volume  absolu  se  détermine  par 
U  connaissance  de  leurs  trois  dimensions  ;  mais  il  y  a  peu  d'utilité  en  général 
i  l'évaluer  d'une  manière  aussi  précise.  —  Le  volume  relatif  se  déduit  de  la 
romparaison  qu'on  établit  entre  eux.  Ainsi  envisagés,  ils  ont  été  distingués 
en  grands,  moyens  et  petits.  Les  os  du  bras  et  de  l'avant-bras,  de  la  cuisse  et 
de  la  jambe,  ceux  du  bassin  et  quelques  autres  figurent  parmi  les  grands; 
les  clavicules,  les  côtes,  les  vertèbres,  les  os  du  crflne,  la  mâchoire  inférieure, 
parmi  les  moyens;  les  os  du  carpe  et  du  tarse,  les  phalanges  des  doigts  et 
des  orteils,  parmi  les  petits.  Cette  classification  n'offre  qu'une  médiocre 
importance;  beaucoup  d'os  s'y  prêtent  difficilement;  cependant  elle  n'est 
pu  lans  utilité. 

Le  poidê  abêolu  des  os  avait  peu  fixé  l'attention  des  observateurs.  Récem- 
ment cependant  il  a  été  l'objet  des  recherches  de  M.  de  Luca.  Nous  avons 
yn  d^  que  ceux  de  la  moitié  droite  diffèrent  à  cet  égard  de  ceux  de  la 
moitié  gauche.  Cet  auteur  a  signalé  en  outre  quelques  autres  résultats  qui 
méritent  d'être  mentionnés  :  ainsi  la  main,  qui  représenterait  la  cinquième 
ptrtie  environ  de  la  longueur  du  membre  thoradque,  représente  aussi  la  cin* 
qnième  partie  du  poids  de  celui-ci;  elle  équivaut  à  la  moitié  seulement  du 
poids  du  pied. 

Le  poids  spécifique  des  os  est  supérieur  h  celui  de  presque  tons  les  antres 
organes.  Il  atteint  son  maximum  dans  l'ftge  adulte.  A  mesure  que  nous 
avançons  vers  la  vieillesse,  il  diminue,  ainsi  que  le  poids  absolu,  phénomène 
qui  reconnaît  pour  cause  la  raréfaction  croissante  du  tissu  osseux.  En  dis- 
paraissant sur  certains  points,  ce  tissu  laisse  à  sa  place  des  cavités  que  rem* 
plissent  des  cellules  adipeuses  ;  et  celles-ci  se  multipliant  et  s'agrandissant 
ptt  les  progrès  de  l'âge,  il  devient  de  plus  en  plus  léger. 

La  couleur  des  oa  est  d'un  blanc  mat,  un  peu  bleuâtre  chex  l'enfant,  légè- 
rement  JaunAtre  au  contraire  chex  la  plupart  des  vieillards. 

Leur  dureté  n'est  surpassée  que  par  celle  des  dents.  De  cette  propriété  si 
remarquable  en  découle  une  autre,  leur  extrême  résistance,  qui  permet  A 
chacun  d'eux  de  supporter  sans  se  rompre  des  charges  considérables.  Ils 
atteignent  de  trente-cinq  à  quarante  ans  letir  plus  grande  solidité.  ~Dès  que 
le  tissu  osseux  commence  à  se  raréfier,  ils  rédstent  moins  aux  chocs  et  aux 
ébranlements  dont  ils  peuvent  devenir  le  siège.  C'est  donc  au  déclin  de  la  We 
que  l'homme  est  le  plus  exposé  aux  fractures  ;  et  celles-ci,  bien  quq  Aé* 
quentcs  alon,  le  seraient  beaucoup  plus  si  ses  forces  décroissantes,  en  la 
condamnant  peu  à  peu  au  repos,  ne  l'éldignaient  des  Causes  sous  l'inflnanct 
desquelles  elles  se  produisent* 


BU  OSTia)LOGII:. 


•.— 


La  forme  des  ot  est  ti  inégalière  que  peu  d'organes  pourraient  leur  être 
comparés  sous  ce  rapport.  Elle  diffère  même  très-notablement  pour  les  os 
qui  se  trourent  groupés  ensemble,  ainsi  que  l'attestent  ceux  du  crftne,  ceux 
de  la  face,  ceux  du  tarse,  etc.  Elle  diffère  surtout  de  celle  des  parties  molles 
enWronnantes  ;  voyei  l'irrégularité  des  os  du  tronc  et  la  configuration  presque 
géométrique  des  muscles  qui  les  recouvrent;  comparez  les  os  si  contournés 
du  bassin  et  les  muscles  pour  la  plupart  quadrilatères  ou  triangulaires  qui 
les  entourent.  Les  us  des  membres  sont  moins  irréguliers  que  ceux  du  tronc 
et  de  U  tête;  ils  le  sont  cependant  plus  que  les  muscles  destinés  à  les 
mouvoir. 

Malgré  cette  irrégularité,  ils  se  partagent  en  deux  ordres  très-distincts,  les 
os  médians  et  les  os  pairs  ou  latéraux.  —  Les  premiers  sont  divisibles  en  deux 
moitiés  qui  se  répètent  très-fldèlement  ;  dans  leur  étude,  il  faut  prendre 
connaissance  d'abord  des  détails  qui  sont  situés  sur  la  ligne  médiane;  on 
passe  ensuite  en  replie  ceux  qui  sont  situés  de  chaque  c6té.  —  I.es  seconds  se 
répètent  aussi  à  droite  et  à  gauche  ;  seulement,  au  lieu  d'être  unis,  ils  sont 
séparés  et  plus  ou  moins  éloignés  l'un  de  l'autre.  Il  suffit  donc  d'en  connaître 
un,  de  même  qu'il  suffit  de  connaître  l'une  des  moitiés  d'un  os  médian  ;  mais 
il  faut  l'étudier  successivement  dans  toutes  ses  parties. 

Les  anciens,  pour  exposer  la  forme  des  os  sous  un  aspect  plus  saisissant, 
avaient  recours  à  deâ  comparaisons;  c'est  ainsi  qu'ils  comparaient  le  sphé- 
noïde à  une  chauve-souris  aux  ailes  étendues,  le  frontal  à  une  coquille,  le 
temporal  à  une  écaille,  le  sternum  à  une  épée.  Transportant  ces  comparai- 
sons, de  la  totalité  de  l'os  à  ses  diverses  parties,  ils  leur  ont  imposé  des  nomi 
que  la  tradition  a  souvent  respectés  :  telles  sont  les  apophyses  coracotde, 
styloîde,  coronoîde,  mastoîde,  etc. 

Plus  tard,  les  termes  de  comparaison  ont  été  empruntés  à  la  géométrie.  I^ 
plupart  des  os  se  prêtent  asses  mal  à  ce  rapprochement  ;  cependant,  comme 
l'anatomie  est  aussi  une  science  de  précision,  et  conmie,  d'une  autre  part,  il 
y  a  en  réalité  un  grand  avantage  A  n'employer  que  des  termes  bien  définis 
et  connus  de  tous,  cet  usage  a  fini  par  prévaloir. 

Parmi  les  os,  il  en  est  dans  lesquels  l'une  des  dimensions  l'emporte  très* 
notablement  sur  les  deux  autres  :  ils  s'étendent  en  longueur.  Chei  d'autres, 
deux  de  leurs  dimensions  prédominent  :  ils  s'étendent  en  sorfece.  Dans  un 
grand  nombre,  les  trois  dimensions  se  balancent,  de  telle  sorte  que  leur  forme 
tend  à  se  rapprocher  de  celle  d'un  cube.  ^  Os  différences  les  ont  Mi  ranger 
depuis  longtemps  en  trois  classes  :  les  os  longs,  les  os  larges  et  les  os  courts. 

Tous  les  os  ne  rentrent  pas  avec  la  même  facilité  dans  cette  classification  : 
les  côtes,  par  exemple,  qui  participent  A  la  fois  des  os  longs  et  des  os  plats  ; 
la  mAchoire  inférieure,  qui  représente  aussi  un  os  long  et  large,  angulaire- 
ment  infléchi  ;  l'occipital,  qui  appartient  aux  os  larges  par  sa  partie  posté- 
rieure et  aux  os  courts  par  l'antérieure,  et  quelques  autres.  Malgré  ces  im- 
perfections cependant,  elle  mérite  d'être  conservée  ;  car  elle  est  A  la  fois 
anatomiquc,  phjMologiquc  et  chiriirgiralt*. 


CONFORMATION  EXTÉRIEURE  DES  OS.  65 

Os  longs,  —  Us  occupent  l'axe  des  membres,  dans  lesquels  on  les  voit  se 
superposer  pour  former  une  colonne  brisée,  simple  au  bras  et  à  la  cuisse, 
double  à  Tavant-bras  et  à  la  jambe ,  multiple  à  la  main  et  au  pied.  En 
augmentant  de  nombre,  les  os  qui  constituent  cette  colonne  deviennent  de 
plus  en  plus  courts  ;  et  conmie  l'étendue  des  mouvements  se  montre  propor- 
tionnelle à  la  longueur  des  leviers,  il  en  résulte  que  la  partie  supérieure  des 
membres  est  remarquable  par  la  grande  dimension  des  arcs  qu'elle  décrit, 
et  la  partie  inférieure  par  la  multiplicité  et  la  brièveté  de  ces  mêmes  arcs. 

Tous  les  08  longs  présentent  une  partie  moyenne  appelée  corps  ou  dia- 
pkyse,  et  deux  extrémités  par  lesquelles  ils  s'articulent  avec  les  os  corres- 
pondants. 

Le  corps  est  la  partie  la  plus  étroite  de  l'os.  Sa  forme  diffère  pour  les  os 
longs  de  grande  dimension ,  pour  les  moyens  et  les  petits.  —  Dans  les  plus 
grands,  elle  est  prismatique  et  triangulaire.  —  Dans  les  moyens,  tels  que  la 
claMcule,  les  métacarpiens  et  la  plupart  des  métatarsiens,  on  retrouve  encore 
ce  mode  de  configuration,  mais  à  peine  accusé.  —  Dans  les  petits,  comme  les 
premières  et  les  secondes  pbalanges  des  doigts,  et  les  premières  phalanges 
des  orteils,  la  diapbyse  est  demi-cylindrique. 

Les  extrémités  se  présentent  sous  l'aspeCt  de  renflements.  Avant  de  les 
atteindre,  la  diapbyse  se  renfle  aussi  un  peu,  en  sorte  que  le  passage  de  l'un 
anx  autres  ne  se  fait  pas  brusquement.  Elles  sont  du  reste  beaucoup  plus 
irrégalières  que  le  corps.  On  y  remarque  une  partie  lisse,  plus  ou  moins 
étendue,  et  tapissée  d'un  cartilage  dans  l'état  normal,  par  laquelle  elles 
s  unissent  aux  os  voisins.  Les  autres  parties  de  leur  périphérie  sont  recou- 
vertes par  le  périoste,  par  les  ligaments  et  les  tendons  qui  viennent  s'y  atta- 
cher; celle  qni  correspond  au  périoste  est  rugueuse  et  criblée  d'orifices.  Ces 
renflements  ont  pour  avantages  : 

i*  De  donner  plus  d'étendue  aux  surfaces  articulaires,  et  par  conséquent 
d'en  assurer  la  solidité  ; 

T  De  former  pour  les  tendons  des  poulies  de  renvoi  et  de  favoriser  ainsi 
l'action  des  muscles  ; 

3*  Enfin  de  régulariser  la  forme  des  membres  en  opposant  leur  volume  à 
celui  des  tendons  toujours  plus  ou  moins  grêles. 

Os  larges.  —  Ils  se  réunissent  en  général  pour  former  des  cavités.  Aussi 
leurs  surfaces  sont-elles  le  plus  souvent  concaves  d'un  côté  et  convexes  de 
l'autre.  Celles-ci  se  rapprochent  au  niveau  de  leur  partie  centrale  qui  est 
mince,  quelquefois  même  demi-transparente.  Leurs  bords  ou  circonférence 
sont  destinés  tantôt  à  s'articuler  entre  eux,  et  tantôt  à  fournir  des  points  d'in- 
icrtion  aux  muscles.  —  Les  bords  articulaires  se  reconnaissent  aux  inégalités 
et  aux  dentelures  qui  les  surmontent. — Ceux  auxquels  viennent  s'insérer  des 
muscles  sont  plus  unis  ;  afin  de  mieux  préciser  ces  insertions,  on  les  divise 
ordinairement  en  trois  parties  parallèles,  ou  deux  lèvres  et  un  interstice. 

Os  courts,  —  On  les  trouve  dans  toutes  les  régions  où  la  variété  des  mou- 
vements devait  se  concilier  avec  leur  solidité.  C'est  pourquoi  nous  les  voyons 
se  grouper  au  niveau  du  poignet  et  à  l'extrémité  postérieure  du  pied.  C'est 
dans  ce  but  aussi  qu'ils  se  réunissent  en  si  grand  nombre  pour  former  la 


(i(i  OSTLOI.()(;iE. 

(■(»l(iii[i«î  V('rl<''l)ral(',  le  plus  longer,  le  plus  résistant  et  le  plus  [)uiésant  de  ton- 
nos  l«;\i('rs.  —  {\'>  os  i)iH's«'nt('iit  prcsriiic  tous  dt'iiv  l'acellcs  pour  s\'irli«iih  r 
a\('i:  les  l'aiedcs  ^om'^poIl(l.•lllt('s  des  os  Noisins.  Ouelques-uns  en  présente:. t 
trois.  Leur  partie  non  articulaire  est  en  général  inégale. 

E.  —  Éinliieucet»  dct»  or. 

On  dT'signe  sous  K'  nom  générique  LVéniinenccs  ou  cï apophyses ^  toutes  le> 
parties  ({ni  font  saillie  à  la  surfaee  des  os  et  qui  se  continuent  directeiniiiî 
a\ec  cen\-ci. 

Les  saillies  osseuses,  ({iii  sont  unies  aux  os  par  une  couche  di*  cartil.iL'c, 
[U'einient  le  nom  (Vcpiphysps.  Mais  celte  couche  de  cartiheje  disparaissant 
par  les  [»rogrès  (h;  lOssitieation,  les  épi[)hyses  se  Iranstorment  tonte?  il 
snccessiN«'inent  en  aiM)[»hjses.  lùitre  les  unes  et  les  autres,  il  n'existe  dinn' 
(in'nne  dilVérence  d'ag(^  ou  de  déxeloppemeiil. 

Les  apo[diyses  se  dislinguent  i;n  articulaires  et  non  articulaires.  Les  jni'- 
mièrcs  sont  revêtues  d'un  lartilage  qui  laeilite  leur  glissement  ;  les  seconde: 
sont  recouvertes  par  des  parties  lihrcîuses. 

\a'>  (ipinilnjsrs  intiruhiiics  ditVèrt'ut  heaucoup  suivant  quelles  répondent  .i 
dv:^  ai'ti(  iilalioiis  immobihîson  à  des  articulations  mobiles. 

Celles  qui  corres[)0[ident  à  des  articulations  immobiles  se  soient  sur  lit 
einiuilérence  des  os  plats  et  sur  la  péj'iphérie  de  quelques  os  courts,  l'etiti'ï 
et  tiès-irrégulières,  elles  représenlent  tantôt  de  sim{)les  aspérités,  eoiniut' 
celle  ([u  ou  remar((Me  à  lunion  du  s|)hénoïde  el  de  loccipitaU  ou  de  lécailh' 
du  temporal  a\ec  le  paiiélal  ;  el  lanlùl  de  longues  denlt-luies  sou\ eut  héris- 
sées elles-mêmes  (I  aspi-riles,  connue  celles  (jue  nous  olî'reni  sur  U'urs  bunN 
la  jdupart  des  ns  du  ci.nie. 

Li's  a[)(»|diyM's  ailiiMiiair«'S  qui  répondent  <à  des  articulations  niohili? 
occu[)ent  surloul  les  exlrt-mités  des  os  longs.  Llles  présentent  unesnrf.u.' 
unie,  un  \o|iune  [dus  considérable  el  une  l'orme  relali\ement  régulière.  — 
(»a  a[i[)i'lle  /cVc.s,  e.lles  ([ui  sont  formées  par  un  segment  de  s[)liéroide  et 
supportées  |iai'  un  pedii  nie  ou  col,  telles  qui'  la  tète  de  llnnaeru»,  li 
(eU*  du  fj-nnu-,  la  télé  île  ^a^(raLiale  ;  eo/e/j/^.s,  celles  qui  represeiitent  un 
seLzmenl  d  o\oiile  coup)-  suisaul  son  grand  axe,  comme  les  condyles  de  Ki 
màehoire,  les  eoud}les  de  l  occi[)ital. 

Les  apnpfnfx's  mm  artictiUiires  ont  été  divisées  par  I»ichat  en  api»physeï 
d  insertion,  apo[)b\M's  d  imi)ression  et  apophyses  de  rétlexion.  Mais  les  tnà- 
sièmes  represi'nlenl  une  simple  variété  des  secondes,  et  ces  trois  ordres  par 
conséquent  peuvent  élre  réduits  à  deux. 

Les  apo[>liv>»'>  d  insertion  sont  les  plus  multipliées;  elles  ne  doinieiil 
altaihe  qu  à  des  parties  tihreuses,  à  des  ligaments,  à  des  aponévroses,  à  dvt 
tiMidons  surtout.  Aussi  sont-elles  d  autant  [dus  vidumineuses  que  le  système 
nni-culaire  e?!  plus  devehqipé.  lilles  sont  plus  accusées  par  conséqneni 
chez  Ihomme  que  chez  la  lemme,  el  chez  les  individus  tbrtement  conslitlU•^ 
que  chez  ceux  à  formes  quêtes  :  re  (pii  les  a  lait  considérer  par  quelques 
iiuleurs  connue  le  resull;i(   d  un  snulèvement  ou  d'un  allongement  des  par- 


CONFORMATION  EXTÉRIEURE  DES  OS.  67 

lies  superficielles  de  Tos,  se  produisant  sous  rinfluence.des  tractions  opérées 
par  les  organes  actifs  de  nos  mouvements.  Mais  les  faits  observés  réfutent 
cette  opinion  ;  un  grand  nombre  d'entre  elles  se  développent  par  un  point 
particulier  d'ossification,  et  se  montrent  alors  même  que  les  muscles  sont 
frappés  de  paralysie  dès  l'enfance.  Les  plus  volumineuses,  du  reste,  ne  répon- 
dent pas  aux  muscles  les  plus  puissants  ;  on  voit  quelquefois  même  au  niveau 
de  l'insertion  de  ceux-ci  une  dépression  et  non  une  saillie.  Leur  existence  se 
lie  donc  aux  lois  primordiales  de  l'organisation. 

Le  volume  et  la  forme  des  apophyses  d'insertion  varient  presque  à  l'infini. 
Elles  ont  été  désignées  sous  les  noms  d' empreintes j  de  lignes^  de  crêtes,  de 
frotubérancesy  de  tubérosités,  à'épinesy  etc. 

Les  empreintes  sont  des  groupes  irréguliers  d'aspérités  à  chacune  des- 
quelles s'attache  l'un  des  fascicules  qui  composent  les  tendons  :  telle  est 
l'empreinte  dcltoïdienne. 

Les  lignes  sont  des  saillies  étendues  en  longueur,  mais  étroites  et  superfi- 
cielles, comme  la  ligne  courbe  supérieure  de  l'occipital,  la  ligne  ôpro  du 
fémur.  —  Quelquefois  aussi  les  lignes  sont  formées  par  une  série  d'aspérités 
placées  les  unes  &  la  suite  des  autres,  comme  la  ligne  oblique  du  tibia,  la 
ligne  courbe  inférieure  de  Tos  iliaque. 

Les  crêtes  sont  des  éminences  linéaires  plus  ou  moins  saillantes  :  ex.,  la 
crête  coronale,  la  crête  occipitale. 

Les  protubérances  y  ou  tubérasitéSy  sont  des  apophyses  arrondies  et  un  peu 
inégales  :  le  nombre  en  est  assez  considérable  ;  nous  citerons  les  protubé- 
rances de  l'occipital,  la  tubérosité  antérieure  du  tibia,  la  tubérosité  du  sca- 
phoîde. 

Les  épines  sont  des  apophyses  de  forme  conique  ou  pyramidale  :  à  cette 
variété  appartiennent  l'épine  ischiaque ,  l'épine  du  tibia ,  les  apophyses 
épineuses  des  vertèbres,  etc. 

Parmi  les  apophyses  d'insertion  il  en  est  un  grand  nombre  qui  ont  reçu 
un  nom  particulier  emprunté  aussi  à  leur  forme  :  teUes  sont  les  apophyses 
coronoîdes,  styloïdes,  ptérygoïdes,  mastoïdes,  etc.  D'autres  tirent  leur  déno- 
mination de  leur  direction,  comme  les  apophyses  transverses  des  vertèbres  ; 
d'autres  de  leur  situation,  comme  l'épitrochlée  ;  d'autres  de  leurs  mouve- 
ments, comme  les  trochanters  (de  Tpoxâc»,  je  tourne). 

Les  dénominations  qui  précèdent  suffisent  pour  nous  montrer  combien  la 
nomenclature  des  apophyses  laisse  à  désirer.  Elle  n'a  reposé  jusqu'à  présent 
sur  aucun  principe  ;  elle  n'a  eu  d'autres  bases  que  l'arbitraire  et  la  fantaisie. 
Mais,  universellement  adoptée  et  respectée  par  le  temps,  qui  consolide  ce 
qu'il  ne  renverse  pas,  toute  tentative  ayant  pour  but  de  lui  en  substituer  une 
autre  resterait  sans  succès.  On  doit  reconnaître,  du  reste,  qu'une  réforme 
introduite  dans  le  langage  n'aurait  pas  pour  l'anatomie  l'extrême  importance 
qu'elle  présente  pour  d'autres  branches  de  la  science,  la  chimie  par 
exemple. 

Les  apophyses  d'impression  se  montrent  sur  tous  les  points  où  des  rap- 
ports intimes  s'établissent  entre  les  parties  dures  et  les  parties  molles,  parti- 
culièrement sur  les  parois  du  crâne,  où  elles  prennent  le  nom  d'éminences 
manunillaires,  et  sur  l'extrémité  de  quelques  os  longs,  où  elles  limitent  des 


68  OSTEOLOGIE. 

gouttières  qui  constituent  pour  les  tendons  des  poulies  de  renvoi.  On  pour- 
rait croire  au  premier  aspect  que  les  parties  molles  se  sont  imprimées  sur 
les  parties  dures,  que  les  circonvolutions  du  cerveau  se  sont  gravées  sur  les 
parois  du  crftne,  que  les  tendons  se  sont  creusés  une  coulisse  sur  les  point» 
où  ils  changent  de  direction.  Il  n'en  est  rien  cependant  ;  car  Tencéphale  se 
développe  d'abord ,  le  crâne  se  développe  ensuite.  Ce  n'est  donc  pas  le  pre- 
mier qui  s'imprime  sur  le  second,  mais  celui-ci  qui  se  moule  sur  le  premier. 
De  même  aussi  ce  ne  sont  pas  les  tendons  qui  se  creusent  des  gouttières  aui 
dépens  des  os;  ce  sont  les  os  qui,  en  se  développant  autour  des  tendons,  leur 
forment  une  gaine  demi-cylindrique. 

F.  —  Cavités  «es  M. 

Les  dépressions  qu'on  observe  à  la  surface  des  os  constituent  autant  de 
cavités.  Conmie  les  apophyses,  elles  se  divisent  en  articulaires  et  non  arti- 
culaires. 

Les  cavités  articulaires  ont  pour  siège  principal  les  os  larges  et  les  extré- 
mités des  os  longs.  Elles  sont  plus  rares  sur  les  os  courts.  Très-superficielles 
et  limitées  par  un  contour  ovalaire  ou  circulaire  :  on  leur  donne  le  nom  de 
cavités  glénoïdes  :  ex.  la  cavité  glénoïde  de  l'omoplate,  celle  du  temporal, 
celle  du  scaphoïde ,  celle  des  premières  phalanges,  etc.  Deux  seulemeni 
sont  hémisphériques  et  très-profondes  :  ce  sont  les  cavités  cotyloïdes  desti- 
nées à  recevoir  la  tète  des  fémurs. 

Les  caviiés  non  artinulaires  peuvent  être  classées,  avec  Bichat,  en  sii 
ordres  :  les  cavités  d'insertion,  de  réception,  de  glissement,  d'impression,  de 
transmission,  de  nutrition. 

a.  Les  cavités  d'insertion  donnent  attache  à  des  muscles  et  à  des  ligaments: 
telles  sont  les  fosses  ptérygoïdes,  la  rainure  digastrique  du  temporal,  U 
cavité  digitale  du  grand  trochanter,  la  fossette  de  la  tête  du  fémur,  etc. 
Elles  ont  pour  usage  :  de  multiplier  les  points  d'attache  sans  augmenter  U 
superficie  de  l'os,  ce  qui  favorise  la  puissance  des  muscles  ;  et  d'accroître  la 
longueur  de  ceux-ci,  ce  qui  donne  plus  d'étendue  aux  mouvements. 

6.  Les  cavités  de  réception  logent  les  organes  et  les  protègent. — Tantôt  elle» 
représentent  des  segments  de  sphères  plus  ou  moins  irrégulières,  comme 
celles  que  l'on  remarque  sur  la  plupart  des  os  du  crâne,  sur  l'os  illaque  et 
sur  l'omoplate,  où  elles  prennent  le  nom  de  fosses,  —  Tantôt  elles  reprém*n- 
lent  des  ca>ités  complètes  qui  s'ouvrent  au  dehors  par  un  orifice  plus  ou 
moins  étroit  :  on  leur  donne  alors  le  nom  de  sinus;  ex.  les  sinus  sphi^- 
noïdaux,  les  sinus  frontaux,  etc.  — Tantôt  ce  sont  des  cavités  plus  petilo 
qui  s'ouvrent  les  unes  dans  les  autres,  et  qui  ont  été  comparées  à  àe< 
cellules  ;  ex.  les  cellules  de  Tethmoïde. 

c.  Les  cavités  de  glissement  logent  les  tendons.  Nous  savons  déjà  qu'elle? 
occupent  surtout  le  pourtour  de  l'extrémité  inférieure  des  os  longs.  Elles 
offrent  l'aspect  de  gouttières.  Aux  deux  bords  de  chaque  gouttière  s'attachent 
des  anades  fibreuses  qui  complètent  l'engalncment  des  tendons,  de  ie\W 
sorte  que  ceux-ci  glissent  dans  leur  cavité,  à  la  manière  d'un  cylindre  plein 
dan»  un  cylindre  creux. 


CONFORMATION  EXTERIEURE  DES  OR.  «9 

d.  f.es  cavités  d'impression  se  voient  en  grand  nombre  sur  les  parois  du 
crAne.  Elles  correspondent  aux  circonvolutions  du  cerveau  et  rappellent 
assez  bien  celles  qui  résulteraient  de  l'application  de  la  pulpe  des  doigts  sur 
une  cire  molle,  d'où  le  nom  û! impressions  digitales  qu'elles  ont  reçu. 

e.  Les  cavités  de  transmission  sont  destinées  aux  artères,  aux  veines  et  aux 
nerfs.— Celles  qui  transmettent  des  artères  affectent  tantôt  la  forme  de  trous  : 
iêh  sont  le  trou  sphéno-épineux ,  les  trous  situés  à  la  base  des  apophyses 
traosverses  des  vertèbres  cervicales  ;  tantôt  celle  de  canal  :  ex.  le  canal 
carotidien.  —  Les  cavités  qui  transmettent  des  veines  afifectent  seulement  la 
première  forme.  --  Celles  qui  transmettent  les  nerfs  revêtent  l'une  et  l'autre, 
ainsi  que  l'attestent  le  trou  occipital,  le  trou  rond,  le  trou  ovale,  d'une  part  ; 
le  conduit  de  Fallope,  le  conduit  vidien,  de  l'autre.  Les  vaisseaux  et  les  nerfs 
qui  parcourent  les  cavités  de  transmission  ne  sont  pas  destinés  aux  os  ;  ils 
ne  font  que  les  traverser. 

f.  Les  cavités  de  nutrition  livrent  passage  aussi  à  des  vaisseaux;  mais 
ceux-ci  pénètrent  dans  le  tissu  osseux  et  s'y  épuisent.  Elles  représentent  des 
(ooduits  qui  viennent  s'ouvrir  à  la  partie  superficielle  des  os  par  autant 
d  orifices  extrêmement  multipliés.  Ces  orifices  sont  de  quatre  ordres. 

Les  orifices  du  premier  ordre  se  voient  sur  la  diapbyse  des  os  longs  et  sur 
la  surface  de  quelques  os  plats.  Ils  sont  taillés  en  bec  de  flûte  et  ordinaire- 
ment uniques.  Le  conduit  qui  succède  à  ces  orifices  donne  passage  à  l'artère 
principale  de  l'os,  d'où  le  nom  de  conduits  nourriciers  qui  leur  a  été  donné. 
U  direction  des  conduits  nourriciers  n'est  pas  la  même  pour  tous.  Dans  le 
membre  supérieur,  celui  de  l'humérus  se  dirige  vers  le  coude,  ou  de  haut 
en  bas  ;  ceux  des  os  de  l'avant-bras  et  des  quatre  derniers  métacarpiens  se 
portent  aussi  vers  le  coude,  ou  de  bas  en  haut;  ceux  des  phalanges  vers 
rc\trémité  libre  des  doigts.  Dans  le  membre  inférieur,  celui  du  fémur  est 
oblique  de  bas  en  haut  ;  ceux  de  la  jambe  et  des  quatre  derniers  métatar- 
siens sont  obliques  de  haut  en  bas  ;  ceux  des  phalanges  se  dirigent  vers  la 
pointe  des  orteils. 

Les  orifices  du  second  ordre  ont  pour  siège  les  extrémités  des  os  longs,  la 
circonférence  des  os  plats,  la  partie  non  articulaire  de  la  périphérie  des  os 
courts.  Leur  diamètre  égale  et  souvent  surpasse  celui  des  conduits  nourri- 
ciers. Leur  nombre  est  considérable.  «  J'en  ai  compté,  dit  Bichat,  i/iO  sur 
»  Feitrémité  tibiale  du  fémur,  20  sur  le  corps  d'une  vertèbre  dorsale,  50  sur 
»  le  calcanéum,  etc.  (1).  »  Les  conduits  qui  succèdent  à  ées  trous  pénètrent 
perpendiculairement  dans  le  tissu  osseux  et  disparaissent  presque  aussitôt  : 
ils  donnent  passage  surtout  à  des  veines. 

I.es  orifices  du  troisième  ordre  se  montrent  sur  tous  les  points  que  recouvre 
le  périoste,  mais  plus  particulièrement  sur  la  diapbyse  des  os  longs  et  sur  la 
surface  des  os  plats,  où  ils  existent  seuls.  Sur  les  extrémités  des  os  longs, 
la  circonférence  des  os  plats  et  la  périphérie  des  os  courts,  ils  se  trouvent 
entremêlés  aux  orifices  du  second  genre  ou  orifice  veineux.  On  les  distingue 
difficilement  à  l'œil  nu;  ce  sont  des  pertuis  ou  de  simples  porosités  qu'il 

(t)  Bifbat,  Anatonrie  génémfe,  t,  I!!,  p.  21. 


70  0STÉ0L06IE. 

convient  d'étudier  à  l'aide  d'une  loupe.  —  Leur  nombre  est  beaucoup 
plus  considérable  encore  que  celui  des  orifices  du  second  genre.  Sur  1  cen- 
timètre  carré  on  n'en  compte  pas  moins  de  25  à  30,  et  sur  certains  points 
ce  nombre  s'élève  à  60,  70,  et  plus  encore  :  en  moyenne,  il  en  existe  sur 
cette  étendue  superficielle  de  UO  à  50.  De  chacun  de  ces  pertuis  naît  un 
canalicule  qui  pénètre  obliquement  dans  le  tissu  de  Tos  et  qui  commu- 
nique chemin  faisant  avec  les  canalicules  voisins.  Us  sont  parcourus  par  des 
vaisseaux  capillaires. 

Les  orifices  du  quatrième  ordre  sont  incomparablement  plus  petits  et  plus 
nombreux  que  ceux  du  troisième.  On  en  compte  plusieurs  centaines  sur 
1  millimètre  carré.  Pour  les  distinguer,  il  faut  les  observer  à  un  grosaisse- 
ment  de  200  diamètres.  Ces  orifices  correspondent  à  des  canalicules  qui  vont 
s'ouvrir  dans  la  cavité  des  ostéoplastes;  ils  ne  contiennent  pas  de  capillaires, 
mais  un  liquide  exhalé  de  ces  vaisseaux. 

§  2.  —  Conformation  iNTÉaiEURE  des  os. 

Considérés  dans  leur  conformation  intérieure,  les  os  se  présentent  à  nous 
sous  un  aspect  bien  différent,  suivant  qu'on  les  examine  à  l'état  normal  ou  à 
l'état  sec. 

Observés  dans  leur  état  normal,  c'est-à-dire  lorsqu'ils  viennent  d'être 
dépouillés  des  parties  molles  qui  les  entourent,  ils  n'offrent  pas  tous  la  même 
coloration.  Les  uns  sont  d'un  rouge  brun  et  restent  rouges  pendant  toute  la 
durée  de  la  vie ,  ainsi  que  l'a  fait  remarquer  M.  le  professeur  Nélaton  : 
tels  sont  les  os  du  tronc  et  de  la  tète.  Les  autres  sont  rouges  aussi  dans  l'en- 
fance ;  mais  chez  l'adulte,  ils  prennent  une  couleur  Jaunâtre  :  tels  sont  les 
os  des  membres.  Ces  deux  nuances  principales,  qu'on  peut  facilement  con- 
stater en  pratiquant  des  coupes  dans  leur  épaisseur,  ne  tiennent  pas  du  reste 
au  tissu  osseux,  mais  à  la  moelle  qui  remplit  toutes  les  aréoles  de  ce  tissu,  et 
dont  la  nature  varie  beaucoup  pour  les  divers  os,  ainsi  que  nous  le  verrons 
plus  loin. 

Examinés  à  l'état  sec,  sur  des  coupes  parallèles  ou  perpendiculaires  A  leur 
direction,  les  os  sont  constitués  à  leur  périphérie  par  un  tissu  d'une  couleur 
blanche,  extrêmement  dense,  dur  et  résistant  ;  et  plus  profondément  par  un 
tissu  aréolaire.  Longtemps  on  a  pensé  qu'ils  se  composent  en  effet  de  deux 
substances  ou  de  deux  tissus,  qui  ont  reçu  les  noms  de  tissu  compacte  et  de  tissu 
spongieux.  Mais  le  tissu  osseux  se  présente  partout  avec  des  propriétés  iden- 
tiques ;  sa  nature  ne  se  modifie  pas  ;  sa  forme  seule  varie.  — Tantôt  il  s'étale 
en  couche  plus  ou  moins  épaisse  ;  sous  cette  forme ,  il  constitue  le  tissu 
compacte.— Tantôt  il  se  divise,  se  fragmente,  s'émiette  en  quelque  sorte,  en 
restant  toujours  continu  à  lui-même;  il  semble,  dans  ce  cas,  se  creuser  de 
cellules,  d'où  les  noms  de  tissu  celluleux,  de  tissu  spongieux  sous  lesquels 
on  le  désigne  alors.  —  Quelquefois  les  trabéculcs  qui  forment  ce  tissu 
de\iennent  si  déliées,  les  aréoles  communiquent  entre  elles  par  des  orifict^s 
si  larges,  qu  il  perd  l'aspect  cellulcux  pour  prendre  celui  d'un  réseau.  (re»t 
à  cette  troisième  forme  que  s'applique  la  dénomina!ion  de  tissu  réticuiaire. 


CONFORMATION  INTERIEURE  DES  OS.  71 

Le  tissu  compacte  y  situé  à  la  périphérie  des  os,  est  recouvert  en  dehors 
par  le  périoste;  il  se  continue  intérieurement  avec  le  tissu  spongieux.  Son 
épaisseur  est  en  raison  inverse  du  volume  de  celui-ci.  Il  se  montre  très-épais 
sur  les  points  où  ce  dernier  fait  défaut,  extrêmement  mince  sur  ceux  où  il 
est  abondant,  La  dureté  et  la  résistance  forment  ses  deux  principaux  attributs. 

Le  tissu  spongiêuXj  recouvert  de  toutes  parts  par  le  précédent,  qui  lui 
forme  une  enveloppe,  se  compose  de  lames  et  de  lamelles,  de  colonnes  et 
de  filaments  qui,  en  s'entrecroisant  et  s'unissant,  circonscrivent  des  aréoles 
ou  cellules.  —  Au  niveau  des  surfaces  articulaires,  les  lames  et  colonnes 
oneuses  sont  en  général  perpendiculaires  au  tissu  compacte  qu'elles  sou- 
tiennent ainsi  très-efBcacement.  Sur  les  points  où  celui-ci  est  recouvert  par 
le  périoste,  elles  lui  sont  ordinairement  obliques  et  quelquefois  parallèles. 
A  mesure  qu'on  s'éloigne  de  ce  tissu,  elles  s'inclinent  irrégulièrement  les 
unes  sur  les  autres  et  n'affectent  plus  aucune  direction  déterminée.  —  Les 
aréoles  qu'elles  circonscrivent  communiquent  toutes  entre  elles  ;  les  faits  qui 
suivent  le  démontrent  :  1°  Si  l'on  enlève  la  couche  compacte  sur  deux  points 
directement  opposés  d'un  os,  et  si  l'on  verse  du  mercure  sur  l'orifice  supé- 
rieur, le  métal  s'écoule  presque  aussitôt  par  l'inférieur.  2°  Si,  après  avoir  excisé 
les  extrémités  d'une  côte,  on  l'insuffle  par  l'extrémité  supérieure,  tandis 
que  l'inférieure  plonge  dans  l'eau,  on  voit  l'air  se  dégager  à  la  surface  du 
liquide  sous  forme  de  bulles.  Quel  que  soit  l'os  sur  lequel  on  répète  ces  expé- 
riences, elles  donnent  toujours  le  même  résultat  ;  tous  les  fluides  injectés  ou 
insufflés  se  transmettent  facilement  de  cellules  en  cellules.  On  ne  peut  donc 
cousener  aucun  doute  sur  les  communications  établies  entre  celles-ci. 

Le  tissu  réticulaire  n'existe  que  dans  la  diaphyse  des  os  longs,  et  seulement 
au  niveau  de  sa  partie  moyenne  et  centrale.  Eil  se  rapprochant  des  extré- 
mités de  l'os,  les  filaments  qui  le  composent  s'élargissant  et  se  multipliant, 
il  se  confond  peu  à  peu  avec  le  tissu  spongieux,  dont  il  a  pu  être  regardé 
comme  une  simple  variété.  Sur  les  os  secs,  le  tissu  réticulaire  est  ordinai- 
rement détruit  en  grande  partie  ;  c'est  donc  sur  les  os  frais  qu'il  convient  de 
l'observer.  ' 

U  disposition  relative  des  tissus  compacte  et  spongieux  n'est  pas  la  môme 
dans  tous  les  os.  Nous  Tétudierons  successivement  dans  les  os  longs,  les  os 
larges  et  les  os  courts. 

A.  —  Gonflémuitioii  InMiiearc  des  m  longs. 

Fne  section  faite  perpendiculairement  sur  le  corps  des  os  longs  permet  de 
constater  qu'il  est  creusé  d'un  canal.  Une  section  parallèle  démontre  que 
celui-ci  s'étend  à  toute  la  longueur  de  la  diaphyse  :  c'est  dans  ce  canal  que 
<e  trouve  logée  la  moelle,  d'où  le  nom  de  canal  médullaire  sous  lequel  il  est 
connu. 

Le  canal  médullaire  ne  reproduit  pas  la  forme  du  corps  de  l'os.  Ses  parois 
offrent  plus  d'épaisseur  au  niveau  des  bords  qu'au  niveau  des  faces  ;  il  tend 
ainsi  à  s'arrondir,  et  au  lieu  de  rester  prismatique  et  triangulaire,  il  devient 
irrégulièrement  cylindrique.  Sa  surface  interne  n'est  pas  unie  comme  l'ex- 


72  OSTÉOLOGÎE. 

terne  ;  on  en  voit  naître  des  prolongements  lamelliformes  et  filiformes,  peu 
saillants  et  très-espaces  sur  sa  partie  moyenne,  mais  qui  se  multiplient  à 
mesure  qu'on  s'éloigne  de  celle-ci,  et  qui  en  môme  temps  se  rapprochent 
de  plus  en  plus  de  l'axe  du  canal.  Il  suit  de  cette  disposition  que  sa  ca\ité 
se  rétrécit  graduellement  à  ses  extrémités,  et  que,  vue  dans  son  ensemble, 
elle  est  plutôt  fusiforme  que  cylindroïde.  En  donnant  plus  d'épaisseur  à  la 
diaphyse,  ce  canal  a  pour  avantages  : 

l"»  De  favoriser  la  puissance  des  muscles  par  l'étendue  qu'il  i^oute  à  leur 
surface  d'implantation  ; 

2*  D'accroître  la  résistance  de  l'os  ;  car  de  deux  colonnes  également  hautes, 
composées  de  la  même  substance,  et  d'une  môme  quantité  de  cette  substance, 
celle  qui  offre  le  diamètre  le  plus  considérable  est  celle  aussi  qui  présente 
le  plus  de  solidité. 

Le  conduit  nourricier,  après  avoir  parcouru  un  trajet  oblique  plus  ou 
moins  étendu,  vient  s'ouvrir  sur  les  parois  du  canal  médullaire. 

Dans  les  os  longs,  le  tissu  compacte  constitue  les  parois  de  ce  canal.  Son 
épaisseur,  très-considérable  au  niveau  de  la  partie  moyenne  de  la  diaphyse, 
diminue  graduellement  en  se  portant  vers  les  extrémités.  Sur  celles-ci  il  se 
réduit  à  une  lamelle  d'une  extrême  minceur. 

Au-dessous  de  cette  lamelle  se  trouve  accumulé  en  grande  abondance  I« 
tissu  spongieux.  Sur  la  limite  du  canal  médullaire  ce  tissu  ne  se  compose 
que  de  filaments  déliés  circonscrivant  de  grandes  aréoles  largement  ouvertes 
les  unes  dans  les  autres.  Mais  en  se  rapprochant  des  surfaces  articulaires, 
les  filaments  prennent  plus  d'épaisseur;  ils  se  transforment  en  lamelles  et 
forment  par  leur  union  des  cellules  de  plus  en  plus  étroites.  C'est  donc 
au-dessous  de  ces  surfaces'que  le  tissu  spongieux  acquiert  sa  plus  grande 
résistance.  En  le  prodiguant  ainsi  aux  extrémités  des  principaux  leviers  du 
corps,  la  nature  a  voulu  concilier  la  solidité  avec  la  légèreté,  de  môme  qu'en 
accumulant  le  tissu  compacte  dans  la  diaphyse,  elle  a  su  concilier  la  résis- 
tance avec  une  réduction  dans  le  volume. 

Le  tissu  réticulaire  n'existe  pas  dans  tous  les  os  longs.  On  le  rencontre 
seulement  dans  les  plus  grands.  C'est  dans  le  corps  du  tibia  qu'il  revêt  st 
forme  la  plus  légère.  On  le  voit  dans  le  canal  de  cet  os  s'avancer  Jusque  sur 
son  axe  et  former  un  réseau  à  larges  mailles,  d'une  extrême  délicateftie, 
dans  lequel  se  trouve  logée  et  comme  suspendue  la  substance  médullaire. 
Dans  les  autres,  il  ne  s'avance  pas  aussi  loin.  Dans  quelques-uns,  comm<* 
l'humérus,  il  répond  seulement  aux  extrémités  du  canal  médullaire  qui  re^tt* 
libre  dans  la  plus  grande  partie  de  son  étendue  ;  il  en* est  de  même  pour  h* 
péroné  et  les  deux  os  de  l'avant-bras.  Le  tissu  réticulaire  se  continue  du 
reste  insensiblement  avec  le  tissu  spongieux. 

B.  —  GaaflMVMSioa  latéiicare  «et  m  large». 

Les  os  larges  se  composent  de  trois  couches  superposées.  —  Deux  de  ces 
couches  répondent  à  leurs  surfaces.  Elles  sont  formées  par  le  tissu  compacte 
et  portent  le  nom  de  tabU$,  Moins  épaisses  que  les  parois  du  canal  médullaire, 
elles  le  sont  plus  que  la  couche  de  tissu  compacte  qui  recouvre  les  ettn^ 


CONFORMATION  INTÉRIEURE  DES  OS.  73 

mités  des  os  longs  et  la  périphérie  des  os  courts.  Ces  deux  tables  ne  présen- 
tent pas  du  reste  sur  toute  l'étendue  superficielle  du  môme  os  une  épaisseur 
aniforme.  Celle-ci,  pour  quelques  os  larges,  augmente  de  la  partie  centrale 
vers  leur  circonférence. 

La  couche  moyenne  ou  spongieuse  est  formée  par  des  lamelles  plus  solides 
en  général  que  celles  du  tissu  spongieux  des  os  longs.  Dans  les  os  du  cr&ne 
elle  prend  le  nom  de  diploé.  Son  épaisseur,  au  voisinage  des  bords,  égale 
celle  des  couches  compactes;  en  se  rapprochant  du  centre  de  Vos,  cette 
couche  celluleuse  diminue  de  plus  en  plus  et  disparaît  ordinairement  avant 
de  l'atteindre.  Sur  la  plupart  des  os  larges,  elle  ne  forme  pas  une  couche 
continue,  mais  des  tlots  irrégulièrement  répartis. 

Dans  l'épaisseur  de  la  couche  spongieuse  des  os  plats  on  observe  des  canaux 
particuliers,  que  tapisse  à  l'état  normal  la  membrane  interne  des  veines,  et 
qui  sont  connus  sous  le  nom  de  canaxix  veineux.  —  Ces  canaux  présentent  un 
calibre  supérieur  à  celui  des  conduits  nourriciers.  —  Leur  direction  est  celle 
d'une  ligne  très-irrégulièrement  brisée;  elle  \arie  suivant  les  individus 
et  d'un  côté  à  l'autre.  —  Leurs  parois,  revêtues  d'une  légère  couche  de 
tissu  compacte,  sont  très-inégales  et  criblées  d'orifices;  c'est  par  ces  orifices 
que  pénètrent  les  veines  afférentes.  —  Ils  atteignent  leur  plus  grand  dévelop- 
pement dans  les  os  du  crâne.  Sur  les  os  iliaques,  leur  calibre  est  compara- 
ti>em6nt  beaucoup  plus  petit.  Pour  les  observer,  il  suffit  d'enlever  avec  une 
rîpe  la  table  externe  ou  convexe  des  os. 

C.  —  COBfèmiallOB  iDMrleare  an  m  eourts. 

Les  os  courts  sont  essentiellement  formés  de  tissu  spongieux.  Les  aréoles 
ou  cellules  dont  ce  tissu  se  compose  présentent  sur  tous  les  points  de  leur 
épaisseur  une  capacité  à  peu  près  égale.  Une  mince  couche  de  tissu  compacte 
recouvre  celui-ci  et  se  continue  avec  lui  à  l'aide  de  lamelles  ou  de  colonnes 
perpendiculairement  dirigées  au  niveau  des  surfaces  articulaires,  plus  ou 
moins  obliques  au  niveau  des  surfaces  périostiques. 

\a  plupart  de  ces  os  présentent  aussi  des  canaux  veineux,  remarquables 
surtout  dans  les  vertèbres  par  leur  calibre  et  par  leur  nombre.  Leur  direc- 
tion est  en  général  parallèle  à  celle  des  surfaces  articulaires. 

Les  saillies  osseuses  sont  formées  à  l'extérieur  par  une  couche  de  tissu 
compacte.  Lorsqu'elles  n'offrent  qu'un  petit  volume,  ce  tissu  les  constitue 
exclusivement.  Si  leur  volume  est  plus  considérable,  elles  présentent  à  leur  | 

centre  un  noyau  de  tissu  spongieux.  | 

Les  cavités  comprennent  également  ces  deux  tissus  dans  la  structure  de 
leurs  parois.  —  Dans  les  cavités  articulaires,  c'est  le  tissu  spongieux  qui  pré- 
domine. —  Dans  les  cavités  non  articulaires,  c'est  le  tissu  compacte  au  con- 
traire qui  l'emporte  ;  quelquefois  même  il  les  constitue  à  lui  seul  ;  elles  se 
onnent  aux  dépens  du  tissu  spongieux  qui  tantôt  disparaît  en  totalité, 
comme  nous  le  voyons  pour  les  sinus  frontaux ,  sphénoîdaux  et  palatins  ; 
qui  tantôt  disparaît  eu  partie  seulement,  ainsi  que  l'attestent  les  fosses  fh)n- 
taies,  pariétales,  occipitales,  iliaques,  etc.  Dans  le  premier  cas,  les  deux 
tables  resteut  écartées  ;  dans  le  second,  à  mesure  que  le  tissu  spongieux  dis- 


7'i  ostkologif:. 

paraît,  elle?  st^  rappruchoiii,  so  conluinlciit,  puis  s'amincissonl  olk'>-inrnit'-: 
ot  lOs  se  drpriino  ainsi  d'aulaiil  pins  qnc  la  disparition  de  liin  est  plus  coni- 
plète,  le  ra]>prochement  et  raniineissement  des  deux  autres  pins  prormiK  »  ^. 

§  3.  Texture  des  os. 

(-onsidérés  dans  leur  texture,  les  os  se  composent  d'une  partie  esseiitii'llc 
le  tissu  ossenv;  et  de  parties  accessoires,  qui  comprennent  le  périoste,  la 
moelle,  des  > aisseaux  et  des  nerfs. 

A.  —  TIH8U  osKeux. 

Le  tissu  osseux  nous  ofl're  à  étudier  :  1"  la  substance  qni  le  constitue; 
2-'  des  canalicules  vascnlaires  qui  le  sillonnent  en  grand  nombn»  ;  D"  de^ 
ca\ités  microscopiques,  ointstf'^opldsfi's,  qni  sont  pins  multipliés  (;ncor<»  et  qui 
lel-aractérisent  essentiellement;  ^°  sa  composition  chimique. 

1<*  SubManrM*  fnii(lani«'iilali'  des  (>•«'. 

Quelle  que  soit  la  forme  que  revête  le  tissu  ossjniv,  qu'il  se  montre  à  l'état 
compacte,  à  l'état  spongieux  ou  à  l'état  réticulain*,  ses  caractères  restent 
toujours  identiques.  Il  présente  une  cruileur  blanche  et  une  dureté  qui  rap- 
I)elleut  celles  de  Tivoire  ,  un  poids  supérieur  à  <'elui  d(^  tous  les  autre> 
tissus,  et  nue  certaine  élasticité.  —  Vu  à  WvU  nu,  il  otfre  un  aspect  bonin- 
péne,  et  semble  se  ranger  au  nombre  des  substances  amorphes. 

Divisé  eu  tranches  luinces  et  ^u  au  microscope,  il  JinVcte  une  dispositinii 
stratitiée.  Les  couches  qui  le  composent  sont  concentriques  comme  celK'« 
qui  forment  le  tronc  d'un  arbre  ;  seulement  dans  ce  tronc  il  n'y  a  qu  un  axe 
et  qu'un  seul  système  de  couches  qui  se  recouvrent  successi\ement ,  la 
dernière  embrassant  toutes  les  autres.  Dans  le  tissu  osseux  il  y  a  une  multi- 
tude d'axes  et  autant  de  i)etits  systèmes  de  lamelles  concentriqueinent  dis- 
posées. —  Sur  les  os  longs,  ces  systèmes  suivent  pour  la  plupart  une  direction 
longitudinal»'  ou  parallèle.  Sur  les  os  larges,  ils  rayoïun'ut  du  ciMitre  \ers  la 
circonférence.  Dans  les  os  courts,  ils  ne  sui\ent  aucuiu^  direction  délt-rminéc. 

La  stratitication  peut  être  constati^e  sur  les  tilaments  du  tissu  réticuiain- 
et  sur  les  lamelles  du  tissu  sjiongieuv  ;  mais  c'est  sur  le  tissu  compacte  qu'elle 
se  montre  dans  toute  son  évidence.  Pour  l'étudier,  on  donnera  donc  la  pri'-- 
férencc;  à  la  diaphyse  des  os  longs  et  aux  tables  des  os  larges.  Des  tram  hc- 
perpendiculaires  aux  surfaces  osseuses  sont  les  plus  convenables.  Si  ce^ 
tranches  otVrent  une  suftisante  transparence,  on  pourrji  distinguer  hv 
lamelles,  mais  assez  vaguenu'ut.  Afin  de  rendre  celles-ii  plus  manifeste>,  il 
est  utile  de  les  immerger  pendant  quelques  heures  dans  une  solution  acidr. 
assez  concentrée  pour  entraîner  les  sels  calcaires.  Les  lamelles  concentrique- 
dexieniuMit  alors  très-apparentes;  on  peut  même  les  dissocier,  bien  que  daii:^ 
l'état  normal  elles  adhèrent  entre  elles  de  la  manière  la  [)lus  intime.— Leur 
épaisseur  mesure  0'""\008  ;  elle  est  à  peu  près  égale  pour  toutes.  Leur  vo\i\)C 


TEXTURE  DES  OS.  76 

présente  un  aspect  finement  granuleux  qui  a  fait  penser  autrefois  à  un  grand 
nombre  d'anatomistes  qu'elles  étaient  constituées  par  des  fibres  ;  mais  cette 
opinion  est  fondée  sur  une  simple  apparence  :  les  lamelles  du  tissu  osseux 
lODt  constituées  par  une  substance  amorphe  irréductible  en  fibrilles  et  qui 
n'en  présente  du  reste  aucune  trace. 

Indépendanmient  de  ces  systèmes  partiels,  il  existerait  pour  les  os  longs, 
suivant  la  plupart  des  auteurs,  deux  systèmes  plus  étendus,  l'un  externe, 
qui  répondrait  à  la  superficie  de  la  diaphyse  et  qui,  semblable  à  la  couche 
la  plus  superficielle  de  la  tige  des  dicotylédones,  les  embrasserait  tous  dans 
la  courbe  qu'il  décrit;  l'autre  interne,  qui,  semblable  aussi  à  la  couche  la  plus 
profonde  de  cette  tige,  formerait  les  parois  du  canal  médullaire.  Sur  les 
tranches  transversales  du  corps  des  os  longs,  assez  minces  pour  être  transpa** 
rentes,  et  préalablement  ramollies  par  les  acides,  on  voit,  il  est  vrai,  des 
lamelles  périphériques  qui  semblent  recouvrir  les  systèmes  partiels,  et  d'autres 
qui  paraissent  circonscrire  le  canal  médullaire.  Mais  elles  se  montrent  sur 
certains  points  seulement  ;  sur  quelques-uns  elles  font  complètement  défaut  ; 
dune  autre  part,  on  remarque' dans  l'épaisseur  de  la  diaphyse  des  systèmes 
de  lamelles  tout  à  fait  semblables.  Dès  lors  il  devient  probable  que  ces 
lamelles  superficielles  et  profondes  auxquelles  on  a  donné  jusqu'à  présent 
pour  centre  l'axe  môme  de  l'os,  appartiennent  aussi  à  des  systèmes  partiels, 
dont  la  direction,  au  lieu  d'être  longitudinale,  serait  oblique  ou  transver- 
•aie.  Les  systèmes  ainsi  dirigés  sont  nombreux  en  effet.  De  cette  différence 
de  direction  il  suit  que  les  sections  perpendiculaires  aux  systèmes  longitu- 
dinamL  sont  plus  ou  moins  parallèles  aux  systèmes  transversaux  ;  et  ces  der^ 

Fig.  1. 


% 


^:- 


^ 


I 


LomeUet  éUmadaires  de  ta  substance  ossetue,  vues  sur  une  tranche  transversale  de  ta 
diaphyse  du  fémur,  —  Grossissement  de  200  diamètres. 

1.1.  Goape  des  canalicales  Tasculaires  formant  l'axe  de  chaque  système  de  lamelles 
<^'»n<<>ntnqiies.  —  2.  Segment  d'un  système  de  lamelles.  —  3.  Autre  segment  dont  on  toit 
vulrment  les  lamelles  périphériques.  —  6,  4.  Groupe  de  lamelles  cheminant  dans  l'interstice 
•i«*^  divers  sjiitemes,  et  appartenant  tr^s-probablement  h  des  systèmes  qui  ont  été  divisés 
otiliqaenent  ou  perpendiculairement  k  leur  axe. 


76  OSTÉOLOGIE. 

nien,  étant  vus  alors  dans  leur  longueur,  correspondent  à  toute  une  ifr/ 
des  premiers  qu'ils  semblent  recouvrir.  J'i^outerai  que  l'épaissear  des  >?v 
tèmes  généraux  égale  l'épaisseur  moyenne  des  systèmes  partiels  ;  ooauo<' 
ceux-ci,  ils  se  composent  en  général  de  douse  à  quinze  lamelles.  Tous  In 
faits  tendent  donc  à  démontrer  qu'ils  n'en  diffèrent  pas  et  que  les  àv\^ 
ordres  admis  jusqu'à  présent  se  réduisent  en  définitive  à  un  seul. 

Dans  le  tissu  spongieux ,  les  lames  les  plus  minces  se  composent  d 
plusieurs  lamelles.  Les  moyennes  en  comprennent  de  dix  à  douze  :  et  le»  p':.^ 
épaisses  Jusqu'à  20  ou  25. 

Historique.  —  La  structure  lamellaire  du  tissu  osseux  a  été  signaléf  • 
1689  par  Gagliardi,  qui,  pour  la  démontrer,  avait  recours  à  Tébultiti  - 
longtemps  prolongée,  et  qui  invoquait  aussi  l'exfoliation  dont  les  os  de^rr- 
nent  le  siège  lorsqu'ils  restent  indéfiniment  exposés  à  l'air  libre  (1).  Il  pensi 
que  toutes  les  lamelles  étaient  unies  entre  elles  par  des  chevilles  transirr- 
sales  {eUwiculi  ossei).  Mais  les  lamelles  qu'il  obtenait  n'étaient  pas  les  lami'i.' 
élémentaires;  c'étaient  des  groupes  très-irréguliers  de  celles-ci.  Son  trsM 
est  d'une  médiocre  valeur.  —  En  169i,Glopton  Havers  constatait  cette  db^- 
sition  lamelleuse  et  apportait  dans  cette  étude  beaucoup  de  sagacité  ;  cv  f  : 
à  l'aide  du  microscope  qu'il  l'observa  :  «  Haruni  laminarum  tn  uno  eodetr}.- 
»  loco^  mieroscopii  auxilio,  sedecim  numeravi  »  (2).  —  En  1751,  l^assone,  tt. 
de  rendre  plus  évidente  la  stratification  de  la  substance  fondamentale,  fi: 
appel  à  la  macération  dans  un  acide  minéral  étendu  (3).  —  Cependant  l-*- 
lamelles  élémentaires,  entrevues  par  Havers,  n'ont  été  décrites  qu'en  ivo 
par  Deutsch,  qui,  à  cette  époque,  les  a  bien  observées  et  en  a  doon^  d-- 
dessins  exacts  (6). 

2*  Canalicttles  tasTulaire». 

Les  canalicules  vasculaires,  ou  canalictUes  de  Haver$^  existent  en  gr«'i 
nombre.  Chacun  d'eux  renferme  un  capillaire.— C'est  dans  le  tissu  comp»  * 
qu'on  les  observe.  Le  tissu  réticulaire  n'en  présente  aucune  trace.  Le  ti«^ 
spongieux  en  est  aussi  à  peu  près  complètement  dépourvu  ;  parmi  les  lair. 
ou  colonnes  qui  entrent  dans  sa  composition,  les  plus  grosses  sont  seu!  - 
parcourues  par  quelques  rares  canalicules. 

Le  diamètre  des  canalicules  de  Havers  varie  beaucoup.  Il  se  réduit  p-  ^- 
les  plus  petits  à  0"",03,  et  peut  s'élever  pour  les  plus  considérables  ju?<j'J  . 
0"",ùO  ;  pour  la  plupart  d'entre  eux  il  égale  0"",10  à  0»»,12.— Leur  dirrc 
tion  prédominante  dans  les  os  longs  est  longitudinale.  Dans  les  os  large»,  i>* 
partent  du  centre  de  leurs  surfaces  et  s'étendent  en  rayonnant  ven  !-- 
bords.^Dans  les  os  courts,  qui  en  possèdent  moins,  ils  ne  suivent  en  génêr: 
aucune  direction  déterminée.  —  Sur  tous  les  points  où  on  les  rencontn*.  :' 
en  existe  du  reste  un  assez  grand  nombre  qui  s'écartent  de  la  direction  n4n 
mune;  ainsi,  dans  la  diaphyse  des  os  longs,  entre  les  canalicules  lonfiti.- 

(1)  Gaglitrdi,  Anatome  osnum,  p.  10. 

(2)  Clopion  HtTfrs,  Sovœ  observai,  de  ossibus,  Lugduni  BsUv.,  1734,  p.  45 

(3)  LassoDf,  Mém.  de  CAcad.  des  se,  1751,  p.  72. 
(k)  Dfutvh,  /V  jtenitifm  osst'um  structura . 


TEXTURE  DES  OS.  77 

dinaiu,  on  en  rencontre  d'obliques  et  de  transverses.  Dans  les  os  larges,  on 
en  voit  aussi  qui  affectent  divers  modes  d'obliquité  et  quelques-uns  qui  se 
portent  perpendiculairement  vers  le  diploé. 

De  môme  que  les  vaisseaux  contenus  dans  leur  cavité,  ces  canalicules 
s'anastomosent  entre  eux  ;  considérés  dans  leur  ensemble,  ils  forment  un 
\cntable  réseau  dont  les  maUles  sur  le  corps  des  os  longs  s'allongent  dans 
le  sens  vertical.  Les  anastomoses  affectent  tantôt  une  direction  oblique  et 
tantôt  une  direction  transversale. 

Les  canalicules  les  plus  superficiels  s'ouvrent  à  la  surface  des  os  par  des 
pertuîs  taillés  en  bec  de  flûte,  pertuis  qui  nous  sont  déjà  connus,  et  qui 
constituent  les  orifices  du  troisième  ordre.  —  Sur  les  surfaces  articulaires  et 
sur  quelques  facettes  auxquelles  s'attacbent  des  tendons,  il  n'existe  pas 
d'orifices,  ainsi  que  nous  l'avons  vu.  Au  niveau  de  ces  surfaces  et  de  ces 
facettes,  les  canalicules  |ne  se  terminent  pas  en  culs-de-<sac,  ainsi  que  le 
ponsont  Henle  et  quelques  autres  anatomistes  ;  ils  s'infléchissent  pour  se 
continuer  avec  les  canalicules  voisins.  —  Sur  toute  l'étendue  des  conduits 
nourriciers,  ils  communiquent  avec  la  cavité  de  ceux-ci  par  des  pertuis 
^ bibles  seulement  à  la  loupe.— Us  communiquent  aussi  avec  le  canal  médul- 
laire par  des  orifices  situés  au  fond  des  lacunes  qu'on  remarque  sur  ses 
parois.  Au  niveau  des  points  où  le  tissu  compacte  se  superposi  au  tissu 
spongieux,  ils  s'ouvrent  dans  les  cellules  de  celui-ci.  —  Ainsi  anastomosés  et 
oQTerts,  d'une  part  dans  le  canal  médullaire,  de  l'autre  à  la  superficie  de 
l'os,  les  canalicules  vasculaires  établissent  entre  ce  canal  et  l'extérieur  des 
comoiunications  multipliées  ;  ils  répètent  en  quelque  sorte  le  conduit  nour- 
ricier dont  ils  diffèrent  par  leur  petitesse  et  leur  disposition  réticulée,  mais 
dont  ils  surpasseraient  considérablement  le  calibre  s'ils  pouvaient  être 
fusionnés  et  ramenés  à  l'unité. 

Indépendamment  du  vaisseau  qu'ils  contiennent,  on  trouve  aussi  quelque* 
fois  dans  ces  canalicules  des  vésicules  adipeuses.  Leur  existence  serait  con- 
stante et  leur  nombre  serait  même  assez  considérable,  selon  plusieurs  auteurs 
qui  ont  proposé  de  leur  donner  le  nom  de  canalicules  médullaires.  Cette 
opinion  est  fondée  lorsqu'on  l'applique  à  la  vieillesse  ;  mais  elle  ne  l'est  pas 
si  on  l'applique  à  l'âge  adulte  et  à  l'enfance.  Jusqu'à  trente-cinq  ou  quarante 
ans,  en  effet,  les  canalicules  vasculaires  contiennent  peu  de  tissu  adipeux  ; 
très-souvent  même  ils  n'en  présentent  aucune  trace.  Détachez  de  la  dia- 
physe  d'un  os  une  lamelle  longitudinale,  puis  soumettez-la  à  l'action  d'un 
acide  qui  fera  disparaître  les  sels  calcaires  sans  attaquer  les  vésicules  adi- 
peuses. Ainsi  ramollie  et  transparente,  vous  distinguerez  tous  les  capillaires 
qu  elle  contient  ;  mais  vous  n'apercevrez  sur  leur  contour  aucun  vestige  de 
cellules  adipeuses,  et  lorsque  exceptionnellement  il  s'en  présente  quelques- 
une8,elles  sont  très-clair  semées.— Sur  les  os  secs  il  est  fréquent  de  rencontrer 
dans  les  canalicules  un  liquide  huileux  ;  mais  alors  il  provient  du  canal 
médullaire  ;  de  celui-ci  il  a  pénétré  dans  leur  cavité  et  remonté  peu  à  peu, 
eu  \ertu  des  lois  de  la  capillarité,  de  leur  orifice  profond  vers  leur  orifice 
externe  ou  périphérique.  C'est  ainsi  que  des  os  parfaitement  blancs  pendant 
le«  premiers  mois  qui  sui\cut  leur  préparation,  jaunissent  plus  lard;  c' 


78 


OSTEOLOOIE. 


pourquoi  aussi  cette  teinte  jaune  se  montre  d'abord  aux  extrénôités  des  oi 
où  le  tissu  compacte,  plus  mince,  est  plus  rapidement  envahi  dans  toutp 
son  épaisseur.  Si  l'on  coupe  la  diaphyse  en  travers,  on  peut  constater  que 
les  couches  internes  de  ceUe-ci  offrent  la  même  coloration,  tandis  que  les 
externes  sont  encore  blanches. 

I^s  parois  des  canalicules  vasculaires  sont  constituées  par  les  lamelles 
concentriques  du  tissu  osseux.  Chacun  des  innombrables  systèmes  qui  com- 
posent ce  tissu  a  pour  axe  un  canalicule.—  Mais  le  nombre  des  lamelles  n'efl 
pas  proportionnel  au  diamètre  de  ceux-ci.  Les  plus  petits  sont  Tonnés  de 
cinq  ou  six  lamelles  ;  les  plus  grands  en  présentent  huit  ou  dix.  Les  moyens 
sont  ceux  qui  offrent  les  parois  les  plus  épaisses  ;  les  lamelles  qui  entrent 
dans  leur  composition  varient  de  dix  à  vingt-cinq  ou  trente.  Parmi  celles-ci,  il 
en  est  qui  ne  font  pas  le  tour  complet  du  canaÛcule  ;  elles  décrivent  seule- 
ment les  deux  tiers  ou  les  trois  quarts  de  sa  circonférence,  puis  se  terminent 
en  pointe  et  disparaissent  au  milieu  des  lamelles  voisines.  Lorsque  plusieurs 
d'entre  elles  affectent  la  même  disposition  et  tournent  leur  ouverture  dan? 
le  même  sens,  les  parois  du  canalicule  se  trouvent  amincies  d'un  côté,  et  le 
capillaire  qui  le  remplit  ne  répond  plus  à  son  axe. 

Fig.  2. 


JtLa^te/^mucf  iM 


Canalirulei  vascuUiires  et  ostéoplastes,  vtu  sur  utie  tranche  longitudinale  de  la  dtafJr 
de  rhumérwt.  —  Grossissement  de  200  diamètres. 

OfOya.  CunalirolfA  va^rulaircs  de  riiamèlrO!(  ilifférontA  ;  deux  de  ce»  canalicule»  cAmn 
niqueni  par  une  large  ana.Htomo8e.  —  b,  b,  b.  Ostéopluste^  occupant  la  .subiUance  fomluitH 
tule  oui  M'^parc  cc.h  canalicules.  On  voit  que  leur  grand  axe  est  parallèle  k  celui  des  o>DdL 
faMulaires. 


TEXTURE  DES  OS,  79 

Tous  les  systèmes  de  couches  concentriques  suivent  exactement  le  tnget 
des  vaisseaux  ;  ils  s'infléchissent  a\ec  ceux-ci  ;  lorsqu'ils  se  diviselit,  on  les 
voit  aussi  se  bifurquer.  De  cette  disposition  il  suit  que  sur  les  coupes  perpen- 
diculaires ou  parallèles  à  l'axe  des  os,  indépendamment  des  systèmes  trans- 
versalement ou  longitudinalement  divisés,  on  en  distingue  toujours  un  assez 
grand  nombre  dont  la  surface  de  section  offre  des  modes  d'obliquité  très- 
variés. 

Sous  l'influence  de  l'inflammation ,  le  calibre  des  canalicules  vasculaires 
I  accroît  constamment  et  avec  rapidité,  par  suite  de  la  résorption  de  la  géla- 
tine et  des  sels  calcaires  qui  constituent  leurs  parois.  Leur  cavité  s'agran- 
disiant  de  plus  en  plus,  ils  ne  tardent  pas  à  communiquer  entre  eux  sur 
certains  points  ;  plus  tard  ils  se  confondent,  puis  disparaissent  complètement, 
en  laissant  à  nu  le  réseau  des  vaisseaux  dans  les  mailles  duquel  s'épanche 
uue  lymphe  coagulable  :  ce  sont  ces  phénomènes  attentivement  observés 
qui  ont  conduit  M.  le  professeur  Nélaton  à  exposer  la  véritable  théorie  de  la 
suppuration  du  tissu  osseux  et  de  la  séparation  des  séquestres. 

Historique.  —  Dans  une  lettre  adressée  en  1686  à  l'Académie  des  sciences 
de  Londres,  Leeuwenhoek  fait  mention  des  canalicules  vasculaires  qu'il  ve- 
nait d  observer  sur  un  fémur  de  bœuf  coupé  en  travers.  11  en  distingue  quatre 
espèces  :  il  prit  d'abord  pour  des  globules  les  tubes  de  la  première  espèce; 

Fig.  3. 


'tntaiiaUes  vasculaires  et  ostéoplastes,  vus  sur  une  tranche  transversale  de  m  diaphyse 
de  thumérus,  —  Grossissement  de  200  diamètres. 

1,1,1.  Coupe  des  canalicules  vasculaires.  —  2.  Coupe  d'un  canalicule  longitudinal  divi»(' 
AU  iii\t<au  de  son  anastomose  avec  un  canalicule  transversal.  Le  premier  se  montre^  coiuuie 
l*-^  pn-fiMenU,  sous  la  figure  d'un  simple  orifice,  et  le  second  sous  celle  d'une  gouUiére.  — 
Autour  des  conduit»  periH^ndicuIairement  divisés  sont  les  ostéoplastes,  qui  forment  des  anneaux 
oiaccntrM{uc9. 


80  OSTËOLOGIE. 

mais  bientôt  il  reconnut  que  ces  globules  n'étaient  que  rextrémité  de«  tube» 
divisés  :  «  SummiUUes  tubulorum  illarum  ex  quibui  os  oomponitur  »  (i). 

Cinq  ans  plus  tard,  en  1691,  dopton  Havers  décrivit  ces  tubes  que  Leeu- 
wenboeck  n'avait  signalés  qu'incidemment.  Ce  fut  aussi  sur  les  os  du  bœuf 
qu'il  les  aperçut  d'abord  ;  il  les  vit  ensuite  sur  ceux  de  Tbomme  :  «  Pariter 
n  eo8  in  humano  o<«e,  non  «tiM  nrnima  deUcUUione^  intuitus  8um  •  (2).  Cet  auteur 
en  admet  deux  espèces  qui  communiquent  ensemble,  les  transversaux  et  les 
longitudinaux.  A  ses  yeux,  ils  ne  contiennent  aucun  vaisseau  ;  ils  sont  uni- 
quement remplis  d'un  liquide  buileux  qu'ils  puisent  dans  le  canal  médul- 
laire et  qu'ils  transportent  dans  toutes  les  lames  dont  l'os  se  compose  :  «  Per 
»  os  medullosum  oleum  se  ipsunidiffundU,  laminisque  immédiate  prooidei  •• 

L'illustre  Albinus ,  en  1754,  a  démontré  qu'ils  étaient  vides  sur  les  os 
secs,  ce  qui  ne  devrait  pas  être  si  pendant  la  vie  ils  étaient  remplis  du 
même  liquide  que  le  canal  médullaire.  Ayant  injecté  les  vaisseaux,  il  remar- 
qua qu'ils  étaient  pleins  :  «  Postquam  auUm  vasa  tmp/ecn,  diffractis  ossiinu 
»  per  longitudinem  non  docuos,  sed  impletos  canalictUosillos  eorum  vidi  »  (3)  :  et 
judicieusement  il  ajoute  :  «  Il  semblerait  donc  que  les  os  ne  sont  canaliculés 
»  que  parce  qu'ils  reçoivent  des  vaisseaux.  » 

En  résumé,  Leeuwenboek  a  découvert  les  canalicules  vasculaires  ;  Havers, 
en  les  décrivant  mieux,  a  fait  accepter  cette  découverte  par  ses  contempo- 
rains; Albinus  a  fait  connaître  leur  destination,  que  ni  l'un  ni  l'autre  n'a- 
vaient soupçonnée. 

3«  Ostéoplastes,  canalicules  osseux,  cellules  étoilëes  des  os. 

Le  tissu  osseux  présente  des  cavités  microscopiques,  qui  ont  été  tour  à  tour 
appelées  Lacunes  osseuses,  corpuscules  osseux^  corpuscules  noirs  des  os^  ostfo- 
plastes.  Cette  dernière  dénomination,  proposée  en  18/(2  par  M.  Serrée,  efi 
aujourd'hui  la  plus  généralement  acceptée. 

Le  nombre  de  ces  cavités  est  extrêmement  considérable,  puisqu'il  en  exis- 
terait en  moyenne  900  sur  un  millimètre  carré,  selon  Harting,  évaluation 
qui  ne  parait  pas  exagérée.  —  Leur  forme,  très-irrégulière,  se  rapproche 
de  celle  d'un  ellipsoïde  plus  ou  moins  aplati.  —  Leur  longueur,  ou  grand 
axe,  est  de  0"",02  à  0""',03  ;  et  leur  épaisseur,  ou  l'axe  qui  s'étend  de  l'une  à 
l'autre  face,  de  0"",01. 

Les  ostéoplates  sont  situés  pour  la  plupart  dans  l'épaisseur  des  lamelles 
élémentaires.  Cependant  il  n'est  pas  rare  d'en  observer  aussi  dans  leur  inter- 
valle.~  Leur  grand  axe  est  parallèle  aux  lamelles,  et  leur  petit  axe  perpen- 
diculaire à  celles-ci,  de  telle  sorte  qu'ils  semblent  suivre  leur  direction.  Dis- 
posés en  séries  linéaires,  ils  forment  aussi  sur  les  coupes  transversales  des 
cercles  concentriques,  mais  toujours  beaucoup  moins  réguliers  que  les 
anneaux  résultant  de  la  section  des  lamelles. 

De  chacune  de  ces  cavités  on  voit  naître  de  nombreux  prolongements  qui 

(i;  A.  I>rcowcnhofk,  Epi<fol/p,  t.  11,  p.  100. 

\2)  C.  lltt\oi>y  Sovff  observai,  de  atnfjwt.  Lugriuni  Butav.,  173'j,  |k  52. 

(3)  B.  S.  AlhiiiU!»,  Acadetmc.  fimiot.,  lib.  111,  rap.  m,  p.  24. 


TEXTURE  DÉS  OS.  81 

sont  creux  aussi  et  qui  sont  connus  sous  le  nom  de  canalicules  osseux.  Les 
plus  considérables  partent  des  extrémités  de  la  cavité  qui  semblent  dans 
quelques  cas  s'effiler  pour  les  produire.  Les  autres  émanent  de  ses  faces  et 
de  ses  bords  :  on  en  compte  en  moyenne  de  dix-huit  à  vingt.  Leur  longueur 
est  de  ©■■,03  à  0»",06,  leur  diamètre  de  0"»,001. 

liCS  canalicules  osseux  s'irradient  dans  toutes  les  directions.  Mais  ceux  qui 
tirent  leur  origine  des  parties  latérales  ou  des  faces  de  la  cavité  étant  les 
plus  nombreux,  ils  semblent  affecter  surtout  une  direction  transversale  ou 
perpendiculaire  aux  lamelles.  La  plupart  d'entre  eux  traversent  donc  celles- 
ci;  en  les  traversant,  ils  se  continuent  avec  elles,  et  les  unissent  les  unes 
SOI  autres,  par  conséquent  à  la  manière  des  chevilles,  hypothétiquement 
admises  par  Gagliardi.  Dans  leur  trajet,  le  plus  grand  nombre  se  divisent; 
quelques-uns  même  se  ramifient  et  deviennent  alors  de  plus  en  plus  déliés. 
A  leur  extrémité  terminale  on  les  voit  s'anastomoser  avec  les  canalicules  des 
ostéoplastes  environnants.  —  Ceux  qui  occupent  le  voisinage  des  canalicules 
▼asculaires  s'ouvrent  dans  leur  cavité.  —  Ceux  qui  se  trouvent  disséminés 
dans  les  lamelles  du  tissu  spongieux  ou  les  filaments  du  tissu  réficulaire  et 
qui  répondent  à  leur  superficie,  s'ouvrent  dans  les  cellules  correspondantes 
ou  directement  dans  le  canal  médullaire.  —  Ceux  qui  ont  pour  siège  les 

Fig.  ft. 


àm 


^--=.«:  ?iJt.^J -■'.:,. v^,. 


"Wim 


(kiéopkuUi  vus  à  un  grossissement  de  500  diamètres. 

\,  i,  i,  i.  Corps  on  ctTÎtë  des  ostéoplastes.  —  3,  2.  Ostéoplastes  dont  il  reste  seulement 
qadqnes  fcitiges.  —  3, 3.  Canalicules  osseui  et  anastomoses  de  ces  canalicules.  «  4.  Peituis 
«Taae  extrêne  ténuité  correspondant  aux  canalicules  osseux  divisés. 

I.  6 


82  OSTEOLOGIE. 

lamelles  périphériques  s'ouvrent  sur  la  surface  des  os,  dont  ils  représealent 
les  orifices  du  quatrième  ordre. 

La  cavité  des  ostéoplastes  offre  des  parois  irrégulières  et  criblées  d'ori- 
fices inégaux,  formant  l'embouchure  ou  le  point  de  départ  des  c^nalkoks 
qui  en  dépendent.  Vues  sur  une  lamelle  sèche  avec  l'ensemble  de  leors  pro- 
longements, ces  cavités  rappellent  au  premier  aspect  les  insectes  de.la  faaâiUe 
des  myriapodes  qui  semblent  avoir  envahi  par  milliers  le  champ  de  la  pré- 
paration. Chaque  cavité  et  chacun  de  ses  canalicules  se  détachent  en  noir 
sur  le  fond  transparent  de  la  lame  osseuse  et  sont  ainsi  très-manifestes. 

Lorsqu'on  examine  cette  lame  osseuse  à  un  grossissement  de  &00  oa 
600  diamètres,  les  canalicules  osseux,  perpendiculairement  ou  obliquemeot 
divisés,  se  montrent  sous  la  figure  de  pertuis  qui  quelquefois  se  groupent 
sur  certains  points  et  qui  donnent  alors  à  la  substance  fondamentale  an 
aspect  pointillé. 

Une  membrane  délicate  de  nature  spéciale,  extrêmement  mince  et  trans- 
parente, tapisse  les  parois  des  ostéoplastes  ;  de  leur  cavité  elle  se  prolonge 
dans  tous  les  canalicules  osseux  et  prend  ainsi  la  forme  d'une  tellule  éloflée. 
Pour  constater  l'existence  de  ces  cellules,  il  suffit  d'enlever  sur  le  corpe  d'an 
os  long  une  mince  lamelle,  de  la  tenir  immergée  quelque  temps  dent  une 
solution  d'acide  chlorhydrique,  et  de  la  soumettre  ensuite  à  l'action  de  Teao 
bouillante.  On  peut  alors  les  voir  trèfr-nettement,  et  souvent  ansù  on  peal 
reconnaître  qu'elles  contiennent  un  noyau.  Dans  leur  cavité  on  trouve  en 
outre  à  l'état  normal  un  liquide  dont  la  nature  n'a  pas  encore  été  hieo 
déterminée. 

Les  prolongements  ou  canalicules  membraneux  qui  naissent  des  cellules 
étoilées  se  comportent  conmie  les  canalicules  osseux  qui  les  embrassent. 
Ceux  qui  occupent  la  lamelle  la  plus  interne  du  canal  médullaire  et  qui  se 
dirigent  du  côté  de  son  axe  s'ouvrent  dans  ce  canal  ;  ceux  qui  sont  «tués 
à  la  superficie  des  lamelles  du  tissu  spongieux  s'ouvrent  dans  les  aréoles  de 
ce  tissu  ;  d'autres  s'ouvrent  dans  le  conduit  nourricier  ;  d'autres  à  la  péri- 
phérie de  l'os.  Mais  l'immense  majorité  s^anastomose  avec  ceux  des  cellules 
étoilées  adjacentes,  en  sorte  qu'ils  relient  entre  elles  les  innombrables  cavités 
de  toutes  formes  et  de  toutes  dimensions  dont  Tos  est  creusé.  Ils  favoriseni 
donc  la  libre  circulation  du  liquide  contenu  dans  ces  cavités;  et  si  ce  liquide 
sécrété  par  les  artères  contient  quelques-uns  des  principes  que  le  tissu  oueux 
doit  s'usimiler,  on  voit  que  les  cellules  étoilées  et  les  prolongements  qui  en 
partent  ne  seraient  pas  sans  influence  sur  la  nutritY>n  et  la  vitalité  de  la 
substance  fondamentale  des  os. 

Historique.  —  La  découverte  des  ostéoplastes  est  récente.  Purkii\Je  les  a 
signalés  le  premier  en  1834  (i).  On  crut  d'abord  qu'ils  étaient  remplis  duo 
précipité  pulvérulent  formé  par  du  carbonate  de  chaux,  d'où  le  nom  de 
eorpwcuUM  osseux  qui  leur  a  été  donné.  Cette  opinion,  en  1839,  a  été  dé- 
fendue surtout  par  Henlc,  qui  se  fondait  sur  ce  qu'ils  étaient  noirs  et  opaques 
à  la  lumière  transmise,  blancs  et  brillants  à  la  lumière  réfléchie.— Toud 

(1)  De  pemiwri  denhum  Hruciwn.  Brsdatt,  1894* 


COMPOSITION  CHIMIQUE  DES  OS.  83 

et  Boinnan,  en  1845,  démontrèrent  que  sur  les  préparations  sèches  les  ostéb- 
plastes  sont  pleins  d'air  et  que  leur  couleur  noire  était  due  à  la  réfraction 
des  rayons  lumineux  ;  ces  auteurs  firent  remarquer  qu'en  plongeant  la  pré- 
paration dans  l'essence  de  térébenthine  le  liquide  chassait  l'air  et  remplis- 
sait peu  à  peu  les  cavités  osseuses  qui  devenaient  alors  transparentes.— Quel- 
ques années  plus  tard,  Virchow  reconnut  dans  ces  cavités  la  présence  d'une 
ceUule,  et  en  traitant  le  tissu  osseux  par  l'acide  chlorhydrique,  il  parvint  à 
extraire  ces  cellules  avec  leurs  prolongements. 

k^  Composition  chimique  des  os. 

Les  06  comprennent  dans  leur  composition  une  substance  organique  el 
006  substance  minérale. 

liorsqu'on  les  soumet  i  l'action  d'un  acide,  la  matière  minérale  est  dis- 
soute. La  substance  organique  restée  seule  conserve  la  forme  de  l'os,  qui 
D  est  plus  blanc  et  opaque,  mais  grisâtre  et  demi-transparent,  mou  et  flexible. 
Cette  substance  est  insoluble  dans  l'eau  ;  cependant  sous  l'influence  d'une 
ébuUition  prolongée  elle  se  transforme  en  gélatine  sans  qu'on  puisse  toute- 
fou  l'asômiler  à  celle^i,  dont  elle  diffère  au  contraire  beaucoup.  Afin  d'expri- 
mer cette  dilTérence,  on  a  longtemps  désigné  l'élément  organique  des  os  sous 
ks  Doms  de  géUUine  deê  os,  de  matière  cartilagineuse  des  os,  de  maiière  colkh 
9»^  Pour  faire  cesser  cet  abus  de  langage,  MM.  Ch.  Robin  et  Verdeil  ont  pro- 
posé de  l'appeler  osséine  ou  ostiine^  dénomination  ai]gourd'hui  généralement 
acceptée  (i). 

L'osséine  et  la  gélatine  présentent  la  même  composition  élémentaire. 
Cooune  les  corps  isomériques  cependant,  elles  diffèrent  par  leurs  propriétés, 
et  surtout  par  leurs  propriétés  nutritives  ;  Magendie  a  démontré  que  lors- 
qu'on donne  à  un  chien  pour  unique  nourriture  des  os  bouillis,  l'animal 
succombe  rapidement,  tandis  qu'il  continue  de  vivre  en  bon  état  de  santé 
li  on  lui  donne  des  os  qui  n'ont  pas  été  soumis  à  l'ébullition. 

Mûller,  en  1836,  a  constaté  que  lorsqu'on  traite  par  l'ébullition  dans  l'eau, 
soit  les  cartilages  permanents,  soit  les  cartilages  temporaires,  on  obtient  une 
niatière  qui  se  prend  aussi  en  gelée  par  le  refroidissement  ;  il  donne  à  cette 
matière  le  nom  de  chondrine.  Son  origine  semblait  indiquer  qu'elle  était 
identique  ou  au  moins  très-analogue  à  celle  qu'on  retire  des  os  ;  mais  Tobser- 
ration  atteste  au  contraire  qu'elle  en  diffère.  —  La  gelée  obtenue  avec  la 
gélatine  est  plus  consistante  que  celle  dont  la  chondrine  forme  la  base. 
Pour  la  production  de  la  première,  il  suffit  d'ajouter  i  partie  de  gélatine 
à  100  parties  d'eau;  pour  la  formation  de  la  seconde,  il  faut  igouter  au 
moins  5  parties  de  chondrine.  —  A  l'état  liquide,  la  chondrine  est  précipi- 
tée par  le  sulfate  d'alumine,  l'alun,  l'acide  acétique,  l'acétate  de  plomb  et  le 
sulfate  de  fer.  La  gélatine  n'est  précipitée  par  aucun  de  ces  réactifs. 

U  substance  minérale  a  été  considérée  d'abord  comme  un  seul  et  même 
principe  qu'on  appelait  matière  terreuse  des  os. —  En  1778,  un  chimiste  sué- 
dois, Henri  Gahn,  démontra  dans  cette  matière  terreuse  l'existence  du  phos- 


t)  Ch.  RoIhb  et  Venka,  Traité  de  chimie  amai.y  t.  111,  p.  306. 


^  OSTÉOLOGIE. 

phate  de  chaui.-  En  1799,  Charle»  Hatchett  reconnut  qu'elle  conOenl  uo 
autre  sel  calcaire, le  carbonate  de  chani.-En  1803,  Fourcroy  et  Vauqnehn  j 
découvrirent  un  troisième  sel,  le  phosphate  de  magnésie,  qui  ne  s'y  trouTe 
du  reste  qu'en  très-petite  quantité.  Plus  tard,  on  acquit  la  certitude  que  te 
os  renferment  aussi  dune  manière  constante  du  Huorure  de  calanm  et  d« 
sek  solubles.  D'après  les  recherches  de  Berselius,  les  diven  élémento  qm 
entrent  dans  la  composition  du  tissu  osseux  seraient  associés  dans  les  pro- 
portions suivantes  : 

il.  Ilatitreaniiiwle  réductible  p«r  la  eoetion.  .    3i,17  )  33  m 
3.  Matitre  animale  insoluble 1,13  ) 

il.  Pbocpbaie  de  chau» S1>W    j 
a.  Carbonate  de  chaux H,"    I 
3.  Finale  de  chaux »,<»•    >  •«.'• 
».  Phosphate  de  magnésie I,l«    y 
5.  Soude  et  chlorhydrate  de  sonde 1>^0    / 

100,00 

Mais  ces  proportions  ne  seraient  pas  constantes,  suivant  la  plupart  d» 
auteurs.  Elles  varieraient  avec  l'âge  et  selon  les  individus.  Che.  le  même  indi- 
vidu eUes  varient  pour  les  différentes  pièces  du  squelette;  et  dans  le  mé« 
os.  ^t  le  tissu  compacte  et  le  tissu  spongieux  ;  elles  varient  aussi  «slon  les 
e^ices  animales,  selon  le  régime,  selon  l'état  de  santé  ou  de  maladie. 

A  tnnwnee  de  Page.  -  On  admet  généralement  que  l'osséine  déposée  en 
quakuté  plus  grande  dans  le.  0.  de  l'enfant,  devient  moins  d>ond«.te 
dans  ceux  de  l'adulte,  et  diminue  encore  dans  ceux  du  vieillard;  que  le 
principe  organique,  en  un  mot,  prédomine  dan»  le  tissu  OMeux  au  début  de 
la  vie  et  l'élément  inorganique  à  son  déclin.  Cette  opinion  était  celk  de 
Bichat  •  «  En  accumulant  ainsi  dans  nos  organes  une  substance  étrangère 
»  à  la  vie  la  nature,  dit-il,  semble  vouloir  les  préparer  insensiblemenli 
.  la  mort.  »  EUe  a  éte  combattue  par  M.  le  professeur  Nélaton,  qui  la  repou»' 
dans  les  termes  suivant»  :  «  J'ai  pu  me  convaincre  par  une  séné  d  expérience 
.  aue  les  proportions  de  parties  terreuse  et  organique  sont  les  mém«  à  Im- 
»  les  âges  de  la  vie.  Le  tissu  osseux  n'est  pas  simplement  un  mélange  de  géh- 
.  tine  et  de  sels  calcaires;  il  y  a  combinaison  entre  ces  deux  éléments,  et  cetlt 
.  combinaison  s'opère  constamment  dans  les  mêmes  proportions  ;  en  un  n>'«. 
»  le  tissu  osseux  est  un  composé  défini  (1).  » 

Chacune  de  ces  opinions  a  trouvé  des  défenseurs.  A  1  appui  de  celjMk 
Wchat,  on  peut  citer  les  recherche,  faites  par  Davy  Frenchs,  Rees,  Bibn- 
CeUe  de  M.  Nélaton  est  Justifiée  par  les  analyses  de  Stark,  de  Lehmann  et  de 
M  Fremy  :  une  série  d'expériences  consistant  dans  la  calcinaUon  pure  t. 
siinple  du  tinu  osseux  l'avait  conduit  à  l'adopter. 

Mais  ce  procédé  était  passible  de  plusieurs  objections.  U  tissu  osseux  d.i.. 
être  dénourvu  de  graisse  ;  il  doit  être  desséché  dans  une  étuve  avant  d  tttt 
pesé.  EnToutre, sous l'infiuence dune  température  très^levée  le  carbowt* 
dTchaux  se  décompose,  l'acide  carbonique  te  dégage,  et  le  poids  de  ta  n» 

(0  Nélaton,  iUmeiU*  d»  pathohgie  ehirttrgieak,  t  f,  f.  086. 


COMPOSITION  CHIMIQUE  DES  OS. 


85 


tière  lerreuM  subit  ainsi  une  perte.  Pour  éviter  cette  cause  d'erreur,  il 
importe  de  restituer  à  la  chaux  l'acide  carbonique  qu'elle  a  perdu,  en  traitant 
le  produit  de  la  calcination  par  le  carbonate  d'ammoniaque. 

C'est  dans  ces  conditions  nouvelles  que  nous  avons  fait  récemment, 
M.  Nélaton  et  moi,  une  seconde  série  d'expériences  à  l'aide  du  môme  pro- 
cédé. Afin  de  nous  mettre  à  l'abri  des  variations  individuelles,  les  os  sur 
lesquels  nous  avons  opéré  ont  été  pris  pour  chaque  Age  sur  le  même  sque- 
lette. Les  résultats  qui  découlent  de  nos  recherches  sont  énoncés  dans  le 
tibleau  suivant  : 


PROPORTION  DES  SURTANCES  ORGANIQUE 

ET  INORGANIQUE  DES  OS.                  1 

Vertèbre    C  Subet.  org.  . 
lenbûrs.  .  1  SubaL  inorg. 

Enfiint  mâle 
détail*. 

Enfant  mâle 
d«5an«i/» 

Homme 
deSOana. 

Vieillard 
de  74  ans. 

Femme 
de  91  ani. 

38,80 
61,19 

61,13 
58,87 

37,69 
62,31 

39,15 
60,85 

40,34 
59,66 

OMDlate     !  î^  9^'  • 

38,1& 
61,86 

38,66 
61,34 

35,54 
64,46 

36,98 
63,02 

40,89 
59,11 

^^^M^2^ 

58,22 
61,78 

38,00 
62,00 

34,85 
65,15 

35,77 
64,23 

36,97 
63,03 

«•■en».  .  [  g,j^   jjj^j^ 

37,10 
62,81 

36,70 
63,30 

32,88 
67,12 

34,07 
65,93 

35,47 
64,53 

F/»»        (  Subst.  org.  . 

35,27 
64,73 

32,05 
67,05 

32,61 
67,39 

33,61 
66,39 

34,73 
65,27 

U^mm,^     f  Subst.   org.    . 

37,52 
61,48 

37,49 
62,51 

34,72 
65,28 

35,91 
64,09 

37,88 
62,12 

On  remarquera  sans  doute  que  dans  ce  tableau  les  deux  premiers  âges 
diffèrent  à  peine,  et  l'on  pensera  peut-être  que  nous  aurions  pu  sans  incon- 
vénient supprimer  l'un  des  deux.  Mais  comme  la  composition  chimique  des 
os  dans  l'enfance  était  notre  point  de  départ  et  devait  nous  servir  de  prin- 
cipal terme  de  comparaison,  nous  avons  cru  devoir  multiplier  les  faits  pour 
arriver  à  une  moyenne  plus  exacte.  Il  résulte  de  nos  recherches  sur  ce  pre- 
mier point,  que  chez  l'enfant  le  tissu  osseux  se  compose  de  37  à  38  parties 
de  matière  organique  et  de  62  à  63  parties  de  matière  minérale.  En  compa- 
rant cette  proportion  à  celle  qu'on  observe  dans  les  figes  suivants,  on  peut 
voir: 

I*  Que  rélément  organique  diminue  et  que  l'élément  minéral  augmente  à 
mesure  que  les  os  approchent  du  terme  de  leur  complet  développement  ; 

2*  Que  ces  deux  éléments  ne  présentent  plus  alors  ni  diminution  ni  aug- 
mentation et  restent  longtemps  unis  dans  la  même  proportion  ; 

3*  Que  dans  l'eitréme  vieillesse,  l'élément  organique  augmente,  tandis  que 
rélément  minéral  diminue,  d'où  il  suit  qu'ils  reviennent  à  la  proportion 
qu'ils  oflraient  au  début  de  la  vie. 

Ces  résultats  diffèrent  très-notablement  de  ceux  qui  ont  été  mentionnés 
par  d'autres  observateurs.  Mais  il  nous  sera  permis  de  faire  remarquer  que 


86 


OSTEOLOGIE. 


jusqu'à  présent  aucune  des  recherches  qui  ont  été  faites  sur  le  même  sujet  ne 
repose  sur  une  base  aussi  large  et  aussi  comparative. 

Le  fait  le  plus  inattendu  de  nos  expériences  est  sans  contredit  celui  qui  con- 
cerne la  proportion  des  deux  éléments  de  la  substance  osseuse  dans  l'extrême 
vieillesse.  Les  altérations  dont  les  os  deviennent  le  siège  à  cet  âge  l'expliquent 
suffisanunent.  A  quatre-vingt-dix  ou  quatre-vingt-douze  ans,  les  os  subissent 
une  raréfaction  considérable.  Le  tissu  compacte  presque  tout  entier  passe  à 
l'état  de  tissu  spongieux  ;  de  toutes  parts  il  .'est  envahi  par  les  ceHales  adi- 
peuses ;  sur  100  parties,  nous  avons  trouvé  9  parties  de  graisse  pour  le 
tittu  compacte  de  la  clavicule,  il  pour  la  diaphyse  de  l'humérus ,  12  pour 
celle  du  fémur,  15  pour  le  corps  de  la  vertèbre  lombaire  et  27  pour  l'omo- 
plate. Lorsque  cette  graisse  a  été  extraite  par  l'action  de  l'éther  sulfùrique 
bouillant,  prolongée  pendant  plusieurs  Jours,  il  reste  encore  les  vaisseaai 
qu'elle  recevait.  Or  ces  vaisseaux  disparaissent  par  la  calcination,  et 
leur  poids,  par  conséquent,  vient  s'ijouter  à  celui  de  la  substance  orga- 
nique. Si  cette  substance  semble  diminuer  de  quantité  pendant  la  période 
d'accroissement  des  os,  c'est  parce  que  la  trame  vasculaire  de  ceux-ci  te 
réduit  alors  de  plus  en  plus  ;  si  elle  semble  augmenter  dans  l'extrême  vieil- 
lesse, c'est  parce  que,  le  tissu  osseux  se  raréfiant,  cette  trame  reprend  une 
importance  relative  plus  grande.  Les  variations  qu'on  observe  dans  la  pro- 
portion des  éléments  organique  et  inorganique  de  la  substance  oaseose 
dépendent,  en  un  mot,  de  celles  qui  se  produisent  dans  les  parties  molles 
mêlées  à  cette  substance.  Telle  est  la  conclusion  qui  découle  de  nos  reche^ 
ches.  Voyons  maintenant  les  résultats  obtenus  par  d'autres  observateurs. 

Parmi  ceux-ci,  nous  citerons  plus  particulièrement  M.  Alphonse  Milne  Ed- 
wards, qui  a  fait  de  ce  point  si  controversé  de  la  science  le  sv^et  récent  de 
ses  études,  et  qui  a  beaucoup  contribué  à  l'élucider,  soit  par  ses  propres  recher- 
ches, soit  par  la  saine  critique  à  laquelle  il  a  soumis  les  travaux  de  ses  pr^ 
décesseurs  (1).  Cet  auteur  a  choisi  pour  ses  expériences  de  Jeunes  animaui 
de  la  même  portée;  il  résume  ainsi  ses  observations  : 


Chat  nouTeao-né  .  .  . 
Ghal  de  trou  wmaines. 
Chat  df  deux  mois. . . 
Chat  de  trois  mois. .  « 

Chien  iMraf««a-né.  .  . 
Chien  d'un  mois.  .  .  . 
Chien  de  trois  mois.  . 


60,58 
37,00 
36,20 
37,00 

44,00 
30,80 
36,00 


50,42 
63,00 
63,80 
63,10 

56,00 
60,20 
63,01 


HUMÉRUS. 


orgtn. 


40,40 
37,00 
35,70 
36,10 

44,70 
40,20 
38,30 


Mat.  inorg. 


50,60 
63,00 
64,30 
63,00 

55,30 
50,80 
61,70 


42,00 
37,20 
37,30 
37,00 

45,80 
40,00 
30,70 


58,06 
62.86 
62.7» 
63,00 

54.26 
50J6 
60»Jfr 


Dans  le  court  intervalle  qui  s'est  écoulé  de  la  naissance  à  la  fin  du  troi- 

(1)  Alphonse  Milne  Edwards,  ttwifs  chimiques  et  phynologi^uet  tur  let  os  (thèae  dr 
doctorat,  1860,  p.  53  et  80). 


COMPOSITION  CHIMIQUE  DES  OS.  87 

lième  mois,  la  substance  organique  a  diminué,  chez  le  chat,  de  trois  cen- 
tièmes et  demi  pour  le  fémur,  de  quatre  pour  Thumérus  et  de  cinq  pour  le 
libia.  Chez  le  chien,  dans  le  même  laps  de  temps,  elle  a  diminué  de  sept 
centièmes  pour  le  fémur,  de  six  pour  l'humérus,  de  cinq  pour  le  tibia.— Ces 
différences  correspondent  à  celles  que  nous  avons  trouvées  ;  elles  sont  seu- 
lement un  peu  plus  grandes.  Bibra,  en  analysant  les  os  de  Jeunes  chiens 
de  la  même  portée  a  observé  une  différence  plus  accusée  encore  : 


Sabttance  orguiiqae ftO^Ol 

Substance  inorganique 53>M 


Chi«DS  d«  lis  I 
S7,ft7 
63,03 


Considérons  donc  comme  un  fait  acquis  à  la  science  que  la  substance 
organique  des  os  diminue  pendant  leur  accroissement,  et  admettons  que 
cette  diminution  est  équivalente  en  moyenne  à  cinq  centièmes.  De  là  peut- 
on  conclure  que  la  composition  chimique  du  tissu  osseux  varie  avec  TAge? 
Non,  puisque  dans  les  os  soumis  à  la  calcination  ou  à  l'analyse  il  n*y  a  pas 
que  du  tissu  osseux,  il  y  a  aussi  les  vaisseaux  ;  il  y  a  en  outre  les  cellules 
que  contiennent  les  ostéoplastes  :  vaisseaux  et  cellules  qu'on  ne  peut  faire 
disparaître  et  dont  le  poids  vient  toi^ours  s'i^outer  à  celui  de  la  substance 
organique.  Or  la  vascularité  des  os  est  en  raison  inverse  du  développement; 
les  cellules  elle»>mémes  ne  paraissent  plus  avoir  leurs  dimensions  primitives 
chei  l'adulte.  Il  est  donc  vraisemblable  que  dans  les  expériences  précé- 
dentes la  diminution  de  la  substance  organique  reconnaît  pour  unique 
cause  une  simple  réduction  dans  le  calibre  des  capillaires  sanguins  et  la 
capacité  des  cellules  osseuses.  Pour  qu'il  en  soit  ainsi,  il  suffit  que  cette 
réduction  abaisse  de  quelques  centièmes  le  poids  total  de  la  substance 
oseose  soumise  à  la  calcination. 

Les  différences  qu'on  observe  dans  la  composition  du  tissu  osseux,  lorsr 
qu'on  passe  d'un  individu  à  un  autre,  sont  quelquefois  assez  considérables. 
Mais  il  serait  impossible  d'en  donner  une  formule  générale.  Elles  trouvent 
suiai  une  explication  toute  naturelle  dans  les  variations  individuelles  que 
présentent  les  parties  molles  inhérentes  à  ce  tissu. 

Noos  possédons  des  documents  plus  précis  sur  les  différences  qu'on  re- 
marque sous  ce  rapport  entre  les  diverses  pièces  du  squelette,  chez  le  même 
indiridu.  I^  tableau  suivant,  emprunté  à  Bibra,  fera  connaître  ces  variations. 
Uses  analysés  étaient  ceux  d'une  femme  de  vingt-cinq  ans. 


SuUfnf 


Honfn»  ....  eo,25 

CoUtiu 68,87 

Radins. 68,68 

Fëmar. 68,61 

Tibii 68,42 

....  68,54 


SaUuaM 
orguiqne. 

30,75 
31,13 
31,32 
31,36 
31,58 
31,46 


Snbctâiiee  SobtUncfl 

iaorguiqM.  wf^Êmi^^. 

Qaiicule  ....    67,51  32,20 

Omoplate 65,38  34,62 

Côtes 64,57  35,43 

Os  iliaque.  .  .  .    50,07  40,03 

Vertèbres.  .  .  .    54,25  45,75 

Sternum 51,43  48,57 


Ces  analyses  nous  enseignent  que  les  os  du  tronc  sont  plus  riches  en  ma- 
tière organique,  et  les  os  longs  des  membres  plus  riches  en  matière  miné- 


88  OSTEOLOGIE. 

raie.  Toutes  cet  différences  se  prêtent  à  la  même  interprétation  que  oeilei 
relatives  à  Vâge  et  aux  individus  ;  les  os  du  tronc,  essentiellement  spongieax, 
offrent  plus  de  matière  organique,  parce  qu'ils  contiennent  plus  de  vaisseau; 
les  os  longs  des  membres  en  présentent  moins,  parce  qu'ils  sont  moins  vas- 
culaires. 

Les  différences  relatives  au  rang  qu'occupent  les  divers  animaux  sar 
l'échelle  soologique  n'ont  rien  de  fixe.  Les  os  des  oiseaux  renferment  en 
général  plus  de  matière  minérale  que  ceux  des  autres  vertébrés.  Parmi  les 
mammifères,  les  herbivores,  les  rongeurs,  les  frugivores  présentent  aussi  des 
os  plus  riches  en  matière  terreuse  que  ceux  qui  se  nourrissent  de  chair. 

L'influence  du  régime  sur  le  tissu  osseux  a  été  étudiée  par  Choasat  et 
M.  Alphonse  Milne  Edwards.  Le  premier  de  ces  auteurs  a  démontré,  en  MX, 
que  les  animaux,  pour  vivre,  doivent  introduire  tous  les  Jours  dans  leur  esto- 
mac une  quantité  considérd)le  de  sels  calcaires,  soit  avec  leurs  aliments,  toit 
en  nature,  conune  les  oiseaux.  Si  cette  quantité  leur  manque,  le  sang,  ne 
trouvant  plus  dans  les  produits  de  la  digestion  les  principes  terreux  qui  M 
sont  nécessaires,  les  emprunte  au  tissu  osseux.  Au  bout  d'un  temps  variable, 
les  os  deviennent  de  plus  en  plus  minces,  puis  se  rompent  sous  le  pins  léger 
effort;  les  animaux  dépérissent  alors  rapidement  et  ne  tardent  pas  à  sue- 
comber. 

Mais  Qiossat  n'avait  pas  étudié  les  phénomènes  dont  l'os  devient  le  siège. 
En  1861,  M.  Alphonse  Milne  Edwards  voulut  savoir  si  la  composition  chimique 
du  tissu  osseux  était  modifiée.  Dans  ce  but,  il  nourrit  trois  pigeons  avec  des 
aliments  privés  de  sels  calcaires,  et  un  quatrième  avec  des  aliments  qui  en 
étaient  pourvus.  A  la  fin  du  troisième  mois,  les  premiers  dépérissaient  ;  il  les 
sacrifia,  ainsi  que  le  dernier  qui  continuait  à  se  bien  porter  et  à  grossir. — Les 
os  des  oiseaux  privés  de  sels  calcaires  présentaient  un  volume  beaucoup 
moindre  que  d'ordinaire.  L'analyse  lui  donna  les  résultats  suivants  (1)  : 

Pig«ODi  prÎTét  de  wlf  ealeaine*.        Pig«o«  mmubU  an 
^ —       1^  ^  ^       rè^iaM  «rdÎMiiv. 

N*l.  N«S.  1««8. 

tfsttere  orgsnique.  .  .  .    SS^eS  S6,7&  33,73  34>72 

Milière  inorguiiqne .  .  .    04,37  05^26  0e,S7  65,2$ 

On  voit,  d'après  ces  analyses,  que  les  oiseaux  privés  de  sels  calcaires  présen- 
taient un  tiisu  osseux  aussi  riche  en  matière  minérale  que  celui  du  pigeon 
soumis  au  régime  ordinaire.  Le  volume  des  os  avait  seul  diminué.  Les  molé- 
cules osseuses  avaient  donc  été  absorbées  en  masse;  ce  n'était  pas  seulement 
la  matière  organique  qui  avait  disparu  ;  c'était  aussi  l'élément  inorganique. 
Ces  Csits  peuvent  être  invoqués  comme  un  nouvel  argument  en  faveur  de 
l'opinion  qui  considère  le  ti»u  osseux  comme  un  composé  défini. 

En  résumé,  pour  expliquer  les  différences  que  nous  ofl^  la  composition 
cliimique  de  la  substance  osseuse,  aux  divers  âges,  ches  les  divers  individus, 
dans  les  diverses  pièces  du  squelette,  etc.,  deux  hypothèses  se  présentent. 

(1)  Alphonse  Milne  Edwards,  Annûk9  des  tdences  naturelles,  t.  XV,  p.  j|. 


PÉRIOSTE.  S9 

Du»  l'une,  on  admet  que  le  tissu  osseux  varie  dans  sa  composition,  qu'une 
partie  de  l'osséine  disparait  et  qu'elle  est  remplacée  par  des  sels  calcaires. 
Dans  l'autre,  ce  tissu  reste  invariable  dans  ses  proportions;  seules  les  par- 
ties molles  qui  s'y  trouvent  incorporées  subissent  des  variations.  Entre  ces 
deux  hypothèses,  la  dernière  nous  parait  la  mieux  fondée.  Nous  restons 
convaincu  que  le  tissu  osseux  est  un  composé  défini. 

Dans  l'une  et  l'autre,  du  reste,  les  faits  observés  nous  rendent  compte 
de  la  vitalité  plus  grande  des  os  dans  le  Jeune  flge,  de  leur  densité  crois- 
sante, et  en  partie  aussi  de  leur  fragilité  dans  l'âge  avancé  ;  car  si  les 
deux  éléments  du  tissu  osseux  changent  de  proportion,  la  prédominance  de 
plus  en  plus  prononcée  de  l'élément  minéral  doit  entraîner  toutes  les  con- 
séquences qui  précèdent  ;  si  leur  proportion  reste  invariable,  la  prédomi- 
nance de  plus  en  plus  accusée  d%  la  substance  osseuse  sur  l'élément  vascu- 
laire  et  sur  l'élément  cellulaire  produira  des  effets  analogues. 

Quant  à  leur  élasticité,  elle  est  en  rapport  surtout  avec  la  quantité  d'eau 
que  renferme  le  tissu  osseux;  plus  il  en  contient,  plus  il  est  élastique  et 
moins  il  est  cassant.  Or,  Stark  a  démontré  que  cette  quantité  varie  avec 
l'âge,  n  y  a  plus  d'eau  dans  les  os  de  l'enfant  que  dans  ceux  de  l'adulte,  et 
plus  dans  les  os  de  l'adulte  que  dans  ceux  du  vieillard. 


Le  périoste  est  une  membrane  flbro-élastique  qui  recouvre  les  os,  et  qui 
leur  fournit  la  plus  grande  partie  des  éléments  nécessaires  pour  leur  nutri- 
tion. Ainsi  entourés,  protégés  et  nourris  par  elle,  ils  deviennent  en  partie 
iadépendantSy  et  Jouissent  d'une  vie  qui  leur  est  propre,  sans  cesser  de  par- 
ticiper &  la  vie  générale. 

En  les  séparant  des  parties  voisines,  cette  membrane  a  aussi  pour  destina- 
tion de  les  unir  à  cellefr-ci  sur  certains  points.  Parmi  les  organes  qui  se  con- 
tinuent avec  le  périoste,  U  faut  placer  au  premier  rang  les  ligaments,  les 
tendons  et  les  iqionévroses,  en  un  mot  presque  tout  le  système  fibreux,  dont 
il  semble  constituer  le  centre  conunun. 

Le  périoste,  en  s'appliquant  à  la  périphérie  des  os,  ne  les  entoure  pas  cepen- 
dant d'une  manière  complète.  Au  niveau  des  surfaces  articulaires,  il  est  sup- 
pléé avec  avantage  par  des  lames  cartilagineuses.  Sur  les  points  qui  donnent 
attache  aux  tendons  et  aux  ligaments,  il  fait  aussi  défaut  ;  on  le  voit  sur  tous  ces 
points  se  continuer  avec  le  pourtour  de  ceux-ci.  —  Sur  les  os  longs,  il  affecte 
donc  la  forme  d'une  gaine  renflée  à  chacune  de  ses  extrémités.  Sur  les  os 
plats,  il  revêt  la  figure  des  deux  plans  parallèles.  Sur  les  os  courts,  il  n'offre 
aucune  configuration  déterminée,  ceux-ci  étant  fort  irréguliers,  et  son 
«bsence  sur  leurs  surfaces  articulaires  le  rendant  plus  irrégulier  encore. 

Son  épaiêteur  est  très-inégale.  Elle  se  montre  en  général  proportionnelle 
aux  dimensions  de  l'os.  Comparei  sous  ce  point  de  vue  le  fémur  et  l'humérus, 
le  tibia  et  le  péroné,  l'os  iliaque  et  l'omoplate,  et  vous  serez  frappés  de  la  dif- 
férence qu'il  présente  en  passant  du  plus  volumineux  au  plus  petit.  Cette 
différence  est  surtout  saisissante  lorsqu'on  met  en  parallèle  les  fémurs  ou  les 


90  0STË0L06IE. 

08  de  la  Jambe  avec  les  métatarsiens  et  les  phalanges  des  orteils,  oa  ceux  da 
bras  et  de  Tarant-bras  avec  les  métacarpiens  et  les  phalanges  des  doigts.  Ce 
fait  général  comporte  cependant  des  exceptions.  Sur  les  os  du  crftne,  qui  tont 
larges,  le  périoste  est  très-mince.  On  remarque  aussi  que  sur  les  points  où  fl 
correspond  &  des  muscles  il  s'amincit  ;  que  sur  ceux  où  il  correspond  &  des 
tendons  il  s'épaissit.  Celui  qui  embrasse  la  diaphyse  des  os  longs  contraste  à 
cet  égard  avec  celui  qui  revêt  leurs  extrémités  :  sur  la  première,  sa  plus  grande 
épaisseur  ne  dépasse  pas  i  millimètre;  sur  les  secondes,  elle  varie  de  i  à 
2  millimètres.  —  C'est  sur  l'apophyse  basilaire  de  l'occipital  que  le  périoste 
se  montre  le  plus  épais,  et  l'on  sait  que  ce  point  est  le  siège  de  prédilection 
des  polypes  naso-pharyngiens.  —  C'est  sur  les  parois  des  cavités  dont  sont 
creusés  les  os  de  la  face  qu'il  se  réduit  à  sa  plus  extrême  minceur. 

Par  sa  surface  externe^  l'enveloppe  flbro-élastique  des  os  répond,  dans  la  pins 
grande  partie  de  son  étendue,  au  corps  des  muscles  qui  lui  adhèrent  par  un 
tissu  cellulaire  lûche,  et  aux  tendons  de  ceux-ci.  Sur  le  passage  de  ces  tendoos, 
elle  est  souvent  tapissée  par  une  membrane  séreuse  qui  favorise  leur  glisse- 
ment. —  Sur  les  os  supe^ciels,  conune  le  tibia,  la  clavicule,  l'os  de  la  pooi- 
mette,  etc.,  le  périoste  est  en  rapport  avec  la  peau  qui  lui  adhère  par  un 
tissu  cellulaire  peu  dense.  —  Sur  certains  os  profonds,  conune  ceux  qui  con- 
tribuent à  former  les  fosses  nasales,  il  s'unit  au  contraire  à  la  muqneuie 
correspondante  de  la  manière  la  plus  intime  et  constitue  avec  celle-ci  une 
seule  même  lame  appelée  membrane  fUmMnuqueuse. 

Par  sa  surface  interne  il  adhère  à  la  périphérie  des  os.  Cette  adhérence  est 
d'autant  plus  grande  que  l'os  appartient  à  un  individu  plus  âgé,  d'autant  plus 
grande  aussi  que  la  surface  osseuse  est  plus  inégale.  C'est  pourquoi  on  ne  le 
détache  qu'avec  difficulté  de  la  base  du  crftne,  de  la  surface  des  os  courts  et 
des  extrémités  des  os  longs.  On  réussit  au  contraire  assez  facilement  à  l'en- 
lever sur  la  diaphyse  de  ceux-ci  et  sur  chaque  table  des  os  plats.  Celui  qui 
tapisse  les  fosses  nasales  peut  en  être  séparé  par  voie  de  traction;  celui  «pn 
répond  aux  sinus  de  la  face  se  laisse  détacher  par  simple  décollement.  Le  pé- 
rioste orbitaire  est  aussi  très-peu  adhérent.  Toutes  ces  variétés  sont  devenues 
intéressantes  à  connaître  depuis  que  la  physiologie  expérimentale  et  les  fkits 
cliniques  ont  démontré  la  possibilité  de  reproduire  la  plupart  des  os,  en 
conservant  leur  enveloppe  nourricière.— L'adhérence  du  périoste  n'est  pas 
due  seulement  aux  vaisseaux  qui  passent  de  celui-ci  dans  le  tissu  osseux  ;  elle 
est  due  surtout  à  l'implantation  directe  des  fibres  qui  le  composent  sur  la 
surface  des  os. 

Structure  du  périoste.  ^  Le  périoste,  sur  le  plus  grand  nombre  des  os,  est 
formé  d'une  seule  couche.  Sur  quelques-uns,  il  est  réductible  sans  difficuUr 
en  deux  ou  plusieurs  lamelles.  C'est  particulièrement  sur  les  os  longs  qu'il  se 
laisse  ainsi  dédoubler.  On  peut  observer  ce  dédoublement  sur  le  coips  du 
fémur,  sur  l'humérus,  sur  les  côtes  ;  il  est  facile  surtout  à  constater  sur  la 
face  sous-cutanée  du  tibia,  où  l'on  remarque  souvent  entre  les  dein  lames 
périostiques  une  mince  couche  de  cellules  adipeuses.  Cette  division  en  deux 
ou  plusieurs  lames  n'offre  du  reste  rien  de  régulier;  la  lame  superficielle  ne 
peut  être  détachée  que  par  lambeaux. 


PÉRIOSTE.  91 

l<e  périoBte  est  enentiellement  comtitué  par  des  fibres  de  tissu  coE^onctif 
et  des  fibres  de  tissu  élastique.  11  comprend  en  outre  dans  sa  compositioD  des 
Tsisieaux,  des  nerfs  et  des  cellules  adipeuses. 

Bien  que  les  deux  ordres  de  fibres  soient  entremêlés  dans  toute  son  épais- 
seur, elles  sont  cependant  distribuées  de  telle  sorte  que  les  fibres  de  tissu 
conJoDctif  occupent,  pour  la  plupart,  sa  superficie,  tandis  que  les  fibres  élas- 
tiques forment  surtout  sa  couche  profonde.— Les  premières,  ou  superficielles, 
se  groupent  et  produisent  des  i^sceaux  aplatis  qui  suivent  en  général  une 
direction  verticale  sur  le  corps  des  os  longs,  mais  qui  n'aflèctent  aucune 
direction  déterminée  sur  les  os  plats  et  les  os  courts.  Ces  faisceaux  longitudi- 
naui  sont  très-évidents  sur  le  tibia,  le  fémur,  les  cdtes,  etc.  Us  offrent  une 
couleur  d'un  blanc  nacré,  analogue  à  celle  des  aponévroses.  —  Les  fibres  pro- 
fondes ou  élastiques  sont  en  partie  réunies  en  faisceaux,  et  en  partie  dissé- 
minées; les  unes  et  les  autres  s'entrecroisent  sous  les  angles  les  plus  variés, 
la  couche  adhérente  diffère  donc  assez  notablement  de  la  couche  superficielle  ; 
elle  offre  une  disposition  rétiforme.  Les  fibres  élastiques  sont,  pour  la  plupart, 
très-déliées.  Leur  nombre  est  considérable  ;  comparées  aux  fibres  conjonctives, 
elles  remportent  en  général  beaucoup  sur  celles-ci.  L'enveloppe  nourricière 
des  os,  considérée  Jusqu'à  présent  comme  une  membrane  fibreuse,  méri- 
terait plutôt  d'être  classée  parmi  les  membranes  élastiques. 

Les  artères  du  périoste  sont  très-nombreuses.  Simples  ramuscules  plus  ou 
moins  grêles,  elles  émanent  des  branches  artérielles  voisines,  se  ramifient 
dans  son  épaisseur,  en  s'anastomosant  entre  elles,  et  forment  un  réseau  à 
mailles  serrées.  De  ce  réseau  naissent  une  multitude  d'artérioles  qui  pénè- 
trent dans  les  canalicules  vasculaires  pour  aller  distribuer  au  tissu  osseux  les 
éléments  de  sa  nutrition.  Que  le  périoste  soit  détruit  ou  profondément  altéré, 
toas  ces  vaisseaux  seront  divisés  ou  oblitérés,  et  la  couche  osseuse  sous-Ja- 
cenle  sera  privée  des  sucs  nutritife  qu'elle  recevait  ;  si  la  lésion  est  très-limitée 
et  si  l'os  mis  A  nu  est  convenablement  recouvert,  les  capillaires  qui  parcourent 
cette  couche  osseuse,  communiquant  avec  ceux  des  parties  voisines,  elle 
pourra  se  nourrir  aux  dépens  de  ces  derniers  et  continuera  à  vivre  ;  mais  si 
la  lésion  est  étendue,  elle  périra  par  famine,  et  cette  mortification,  qui  prend 
le  nom  de  fi^croftf,  s'étendra  à  toutes  les  parties  de  l'os  dans  lesqueUes  la 
circulation  a  été  supprimée. 

Les  Mifi«f  sont  très-multipliées  aussi.  Leur  calibre  est  supérieur  à  celui  des 
artères.  Deux  veinules  accompagnent  les  principaux  ramuscules  artériels; 
mais  après  trois  ou  quatre  divisions,  artères  et  veines  marchent  indépen- 
dantes. —  L'enveloppe  des  os  ne  paraît  pas  donner  naissance  à  des  vaisseaux 
lymphatiques;  Jusqu'à  présent,  du  moins,  il  n'a  pas  été  possible  d'en  obser- 
ver le  moindre  vestige  à  sa  surface  ou  dans  son  épaisseur. 

Le  périoste  est  remarquable  par  l'abondance  des  nerfs  qu'il  reçoit.  Chaque 
artère  est  accompagnée  d'un  ramuscule  nerveux  qui  suit  ses  premières  divi- 
sions et  qui  devient  ensuite  en  partie  indépendant.  Les  ramifications  de  ce 
filet  s'anastomosent,  soit  entre  elles,  soit  avec  celles  des  filets  nerveux  voi- 
sins, et  composent  un  réseau  à  mailles  irrégulières.  Les  divisions  qui  con- 
courent à  la  formation  de  ce  réseau  sont  si  nombreuses,  qu'il  est  rare  de  n'en 


92  OSTEOLOGIE. 

pas  rencontrer  une  ou  plusieurs  sur  un  lambeau  qui  a  seulement  quelques 
mUlimètres  carrés.  Le  précepte  posé  par  les  auteurs  d'inciser  circulairemeot 
le  périoste  avant  de  procéder  à  la  section  des  os  n*a  donc  pas  uniquement 
pour  but  de  prévenir  le  déchirement  et  le  décollement  de  cette  membrane 
sur  la  partie  de  Tos  qui  sera  conservée,  mais  aussi  d'éviter  au  malade  des 
douleurs  que  Tanatomie  ne  permet  plus  de  révoquer  en  doute. 

Des  ceUuUt  adipeusêi  se  voient  presque  constanmient  au  milieu  des  fibres 
du  périoste  ;  mais  le  nombre  en  est  extrêmement  variable.  Elles  sonl  asses 
abondantes  sur  certains  points  pour  former  une  couche  presque  continue  ;  sur 
d'autres,  elles  sont  disséminées  et  plus  ou  moins  espacées  ;  sur  d'autiea,  ello 
font  entièrement  défaut. 

Tels  sont  les  éléments«qui  entrent  dans  la  structure  du  périoste  chea  l'a- 
dulte.—Chez  le  fœtus  et  pendant  toute  la  période  d'accroissement  des  oa,  on 
observe  en  outre  sur  la  faèe  adhérente  de  cette  membrane  des  noyaux  et  des 
cellules  entourés  d'une  substance  amorphe  demi-liquide ,  qui  leur  sert  de 
moyen  d'union.  Ces  noyaux  et  cellules  sont  analogues  à  ceux  qu'on  trouve 
dans  les  tissus  embryonnaires. 

Usage,  —  Le  périoste  n'a  pas  seulement  pour  usage  de  fournir  à  l'os  les 
éléments  de  sa  nutrition  ;  il  est  destiné  aussi  à  le  reproduire  lorsque  celtti<i 
a  cessé  de  vivre.  Des  faits  nombreux  avaient  depuis  longtemps  établi  son 
aptitude  pour  ce  rôle  d'organe  générateur.  Plus  récemment ,  M.  Ollier,  dam 
une  série  d'expériences  très-bien  instituées,  a  prouvé  : 

1*  Qu'un  lambeau  du  périoste  détaché  de  la  surface  de  l'os,  n'adhérant  à 
celui-ci  que  par  une  de  ses  extrémités  et  renversé  sous  la  peau,  ou  fixé  dam 
l'interstice  des  muscles  voisins,  reproduit  par  sa  face  profonde  un  os  qni  se 
continue  avec  l'os  principal  ; 

2*  Qu'après  avoir  fixé  ce  lambeau  au  milieu  des  parties  molles,  si  l'on  ezdse. 
quelques  Jours  après,  son  extrémité  adhérente,  de  telle  sorte  qu'il  sdt  et  reste 
complètement  isolé,  il  naît  aussi  de  sa  face  profonde  un  os  qui  en  reproduit 
les  dimensions  et  la  figure  ; 

3*  Qu'un  lambeau  complètement  et  immédiatement  isolé,  puis  fixé  au  mi- 
lieu des  pariies  molles  voisines,  ou  au  milieu  de  pariies  plus  ou  moins  éloi- 
gnées, donne  également  naissance  à  on  os  qui  ofl^re  son  mode  de  configuration 
et  des  dimensions  égales  aux  siennes  ; 

A*  Qu'un  lambeau  pris  sur  un  animal  et  transplanté  sur  un  autre  aninul 
de  même  espèce,  conscr>'ait  encore  ses  attributions  d'organe  générateur;  mai« 
qu'il  les  perdait  ou  ne  les  conservait  pas  au  même  degré  lorsqu'il  était  tran*- 
planté  sur  un  animal  d'espèce  différente  ; 

5*  Que  le  nouvel  os  se  développe  aux  dépens  de  la  couche  profonde  do 
périoste,  qu'il  a  pour  germe,  en  d'autres  termes,  les  noyaux  et  cellules  de 
cette  couche  ;  lorsque,  après  avoir  détaché  un  lambeau,  on  enlève  ces  noyanx 
et  cellules,  en  raclant  sa  face  interne,  le  périoste  perd  la  faculté  de  donner 
naissance  à  un  os  nouveau  (1). 

(1)  L.  OUier,  hecherchet  expénment,  sur  la  product,  ariific.  de$  oê,  au  mofffm  de  U 
trnnspiantrttwm  thi  périoste  (Mém.  de  ta  Soc.  de  biologie^  1856,  p.  140). 


SUBST.^NGE  MEDULLAIRE  DES  OS.  93 


C.  —  SaktUaec  nMallalre  ««t  «m. 


La  substance  médullaire  ou  moelle  des  os  remplit  toutes  les  cavités  creusées 
dans  l'épaisseur  de  ces  organes.— Le  canal  de  la  diaphyse  des  os  longs  est  sqn 
siège  de  prédilection  ;  réunie  dans  ce  canal  en  masse  plus  considérable , 
partout  continue  à  elle-même  ^  elle  se  moule  sur  ses  parois  et  prend  la 
foraie  d  un  cylindre  plus  ou  moins  anfractueux  à  sa  surface.  — Dans  le  tissu 
spongieux,  elle  se  partage  en  autant  de  segments  que  celui-ci  présente  de 
cellules;  et  tous  ces  segments  se  relient  les  uns  aux  autres  par  des  traînées 
qui  lui  donnent  l'aspect  d'un  réseau. 

La  substance  médullaire  présente  une  consistance  pulpeuse,  variable  du 
reste  suivant  les  individus  :  chez  quelques-uns,  elle  est  un  peu  plus  ferme; 
chez  d'autres,  elle  devient  presque  diffluente. 

Sa  couleur  diffère  selon  l'Age ,  selon  les  os  et  selon  l'état  de  santé  ou  de 
maladie.  Avant  et  quelque  temps  encore  après  la  naissance ,  elle  est  rouge 
dans  tous  les  os.  Chez  l'enfant  et  souvent  aussi  chez  l'adulte  elle  reste  rouge 
dans  les  os  du  tronc  et  de  la  tôte  et  offre  une  teinte  jeunfltre  dans  ceux  des 
membres.  Dans  un  âge  plus  avancé,  elle  prend  une  teinter  Jaune  uniforme, 
mais  moins  prononcée  cependant  dans  les  os  du  tronc  que  dans  ceux  des 
extrémités.  Sous  l'influence  d'affections  chroniques  très-prolongées,  elle  perd 
n  coloration  rouge  ou  Jaune,  pour  devenir  d'un  blanc  grisfltre  ou  cendré. 

On  peut  donc  admettre  trois  espèces  de  moelle  :  la  moelle  rouge^  qui  est  en 
partie  redevable  de  sa  couleur  à  la  multiplicité  de  ses  vaisseaux,  d'où  le  nom 
de  ntoelte  sanguine  qui  lui  a  aussi  été  donné;  la  moelle  jaune  ou  adipeuse; 
et  la  moelle  grise  ou  gélatiniforme,  qui  possède  peu  de  vaisseaux,  et  peu 
aussi  ou  point  de  cellules  adipeuses.  M.  Ch.  Robin  a  montré  que  dans  ces 
Iruis  espèces  les  éléments  de  la  moelle  sont  différemment  répartis. 

Struclure  de  la  moelle,  —  On  a  longtemps  pensé  que  la  moelle  des  os  était 
renfermée  dans  une  enveloppe  qui  s'appliquait  aux  parois  des  cavités  oa- 
seuses,  comme  le  périoste  s'applique  à  la  surface  externe  des  os  ;  et  l'on  admet- 
tait en  outre  que  dans  les  os  longs  elle  se  prolongeait  du  canal  de  la  dia- 
physe dans  toutes  les  cellules  du  tissu  spongieux.  Cette  enveloppe  ou 
membrane  médullaire  avait  été  déjà  révoquée  en  doute  par  Huysch.  On  conti- 
nua néamnoins  A  l'admettre.  Vers  la  fin  du  siècle  dernier,  Bichat  en  nia  for^ 
mellement  Tetistence.  «  Je  n'ai  Jamais  pu,  dit-il,  quelque  nombreuses 
qu aient  été  mes  recherches,  découvrir  une  semblable  membrane  (i).  » 
Mais  plus  loin  il  la  décrit  cependant  comme  si  elle  existait.  Aussi  l'opinion 
traditionnelle  ne  fut-elle  nullement  ébranlée.  En  1849,  MM.  Gosselin  et  Rey- 
nauld  cherchant  cette  membrane  et  ne  la  trouvant  pas,  ne  se  contentèrent 
plus  de  la  nier  ;  ils  dirigèrent  contre  elle  une  réfutation  en  règle,  à  laquelle 
il  n'y  avait  rien  à  objecter  (2).  A  dater  de  ce  moment,  elle  n'a  plus  été 
décrite,  et  tous  les  auteurs  s'accordent  aujourd'hui  pour  reconnaître  qu'en 
effet  elle  n'existe  pas. 

;t:  Bichit,  Anatamie  générale,  t.  III,  p.  146. 

fS)  GoMeUn  el  Resnaold,  Beeh.  sur  la  suM,  ntéduil.  des  os  {Arch.  gén.  de  méd,,  1840). 


94  OSTÉOLOGIE. 

La  moelle  se  trouve  donc  immédiatement  en  contact  avec  les  parois  des 
canaux  médullaires  et  les  trabécules  du  tissu  spongieux. 

Elle  comprend  dans  sa  structure  :  des  noyaux  et  des  cellules  d'une  nature 
spéciale,  des  plaques  ou  lamelles  à  noyaux  multiples,  des  cellules  adipeuses^ 
Ufie  matière  amorphe,  du  tissu  conjonctif,  des  vaisseaux  et  des  nerfe 

Les  noyaux  et  cellules  de  la  moelle,  décrits  par  M.  Ch.  Robin  sous  le  nom 
de  médullocelUs  (medullaj  moelle,  cella,  cellule),  sont  d'autant  plus  nom- 
breux qu'il  existe  moins  de  cellules  adipeuses.  C'est  surtout  dans  la  moelle 
rouge  ou  fœtale  qu'on  les  observe.  Chez  l'enfant,  on  en  rencontre  encore 
dans  le  canal  médullaire  des  os  longs.  Chez  l'adulte  et  le  vieillard,  je  les  ai 
vainement  cherchés  :  cependant  M.  Ch.  Robin  dit  les  avoir  retrouvés  dam 
tous  les  os  jusqu'à  l'âge  le  plus  avancé.  •—  Les  noyaux  sont  réguliers,  sphé< 
roïdes  et  en  général  dépourvus  de  nucléoles.—  Les  cellules,  arrondies  aussi, 
mais  un  peu  moins  régulières,  contiennent  un  noyau  semblable  aux  noyaui 
libres  et  des  granulations  moléculaires. 

Les  plaques  ou  lamelles  à  noyaux  multiples,  signalées  par  Ch.  Robin,  qui 
leur  a  donné  le  nom  de  myéloplaxes  (de  jAutXo; ,  moelle,  et  icXàÇ,  plaque, 
lamelle),  ont  poyr  siège  spécial  les  aréoles  du  tissu  spongieux.  Elles  son! 
plus  rares  dans  les  canaux  médullaires.  On  les  trouve  presque  toujoun 
adhérentes  aux  parois  des  cavités  osseuses  et  comme  nichées  dans  leur? 
anfractuosités.  Leur  nombre  est  aussi,  proportionnellement  aux  autres  élé- 
mcnts  de  la  moelle,  plus  considérable  chez  le  fœtus.  Leur  dimension  varie 
depuis  0"",020  jusqu'à  0"",iOO.  Elles  sont  généralement  aplaties  et  termi- 
nées par  un  bord  irrégulier,  tantôt  minces  et  pAles,  tantôt  plus  épaisses  et 
d'une  teinte  foncée.  —  Les  myéloplaxes  sont  formées  par  une  grande  cellule 
remplie  d'une  masse  granuleuse  dans  laquelle  sont  disséminés  des  nojaut. 
Le  nombre  de  ceux-ci  est  ordinairement  de  8  ou  10  ;  il  peut  s'élever  jusqu  a 
25  ou  30  (1). 

Les  cellules  adipeuses  n'existent  pas  encore  chez  le  fœtus.  Elles  commen- 
cent à  se  montrer  à  la  naissance  ;  puis  se  multiplient  à  mesure  que  \e* 
cavités  osseuses  s'agrandissent  ;  et  leur  nombre  devient  bientôt  si  consîdé- 
rable,  qu'elles  semblent  à  elles  seules  constituer  toute  la  moelle. 

La  matière  amorphe,  demi-transparente  et  d'aspect  granuleux,  relie  entre 
eux  les  divers  éléments  qui  précèdent. 

Les  fibres  de  tissu  conjonctif,  dont  l'existence  avait  paru  douteuse  à  quel- 
ques auteurs,  forment  dans  l'épaisseur  de  la  moelle  de  minces  et  pâles  fais- 
ceaux peu  nombreux  qui  accompagnent  le  plus  habituellement  les  vaisseau 
sanguins,  mais  qui  en  sont  indépendants  cependant  sur  quelques  points. 

Des  vaisseaux  très-nombreux  se  distribuent  à  la  substance  médullaire. 
Parmi  les  artères  qu'elle  reçoit,  la  plus  importante  est  celle  qui  parcourt  le 
conduit  nourricier  de  la  diaphyse  des  os  longs.  Parvenue  à  l'extrémiu* 
interne  du  conduit,  cette  artère  se  divise  en  deux  branches,  Tune  ascendante, 
l'autre  descendante  ;  chacune  d'elles  devient  le  point  de  départ  d'une  multi> 
tude  de  rameaux  et  de  ramuscules  qui  s'anastomosent,  soit  entre  eux,  siat 

^)  Umé  et  Robin,  IHet.  de  méd.  et  de  chirutg.  de  Nynien,  IS*  édit.,  1864,  ^  083. 


J 


SUBSTANCE  MÉDULLAIRE  DES  OS.  95 

avec  ceux  des  extrémités  de  Tos,  soit  avec  les  capillaires  des  caaalicules  vas- 
culaires,  et  qui  forment  ainsi  un  réseau  délié  renfermant  dans  ses  mailles 
tous  les  autres  éléments  de  la  moelle.— De  ce  réseau  partent  des  ramifications 
plus  déliées  encore  qui  vont  se  perdre  sur  les  parois  des  cellules  adipeuses. 
Il  suit  d'une  semblable  disposition  que  ces  cellules,  suspendues  aux  dernières 
divisions  des  artères,  constituent  avec  celles-ci  des  espèces  de  grappes  à  volume 
décroissant  ou  des  lobes  et  lobules  qu'on  peut  facilement  observer.  A  ces  arté« 
rioles  correspondent  des  veinules  dont  le  mode  de  distribution  est  analogue. 

Les  nerfs  de  la  moelle  accompagnent  l'artère  nourricière.  Au  tronc  arté* 
riel  se  joint  un  ramuscule  nerveux  toujours  unique,  qui  fournit,  avant  d'ar- 
river dans  le  canal  médullaire,  un  ou  plusieurs  rameaux  dont  le  plus  volu« 
mineux  se  place  sur  le  côté  opposé.  Arrivé  sur  la  moelle,  le  ramuscule 
nerveux  se  divise  en  deux  branches  principales,  qui  suivent  les  branches 
artérielles  en  s'anastomosant  dans  leur  trajet.  —  Mais  les  ramifications  ner- 
veuses ne  s'étendent  pas  aussi  loin  que  les  ramifications  vasculaires.  Elles 
disparaissent  lorsque  celles-ci  se  dépouillent  de  leurs  dernières  fibres  mus* 
culairesy  en  sorte  qu'elles  semblent  appartenir  beaucoup  moins  à  la  moelle 
qu'aux  vaisseaux  sanguins. 

Les  divers  éléments  qui  entrent  dans  la  composition  de  la  substance 
médullaire  ne  sont  pas  également  répartis  dans  les  trois  espèces  de  moelle. 

La  moelle  nmge  ou  sanguine  est  essentiellement  formée  par  des  médullo- 
relles  auxquelles  elle  est  surtout  redevable  de  sa  couleur.  Elle  contient  aussi 
des  myéloplaxes  mais  en  petit  nombre,  de  la  matière  amorphe  et  des  vais- 
seaux sanguins.  On  n'y  trouve  ordinairement  ni  cellules  adipeuses,  ni  fibres 
de  tissu  conjonctif. 

La  moelle  jaune  est  presque  entièrement  composée  de  cellules  adipeuses, 
je  dirai  même  exclusivement,  si  M.  Ch.  Robin  n'affirmait  y  avoir  rencontré 
aussi  des  médullocelles  et  des  myéloplaxes.  Les  vaisseaux  y  sont  moins  abon- 
dants. Dans  les  os  plats,  les  os  courts  et  les  extrémités  des  os  longs,  elle  ne 
présente  aucune  trace  de  tissu  conjonctif.  Ce  dernier  élément  ne  se  montre 
que  dans  celle  des  canaux  médullaires. 

1^  moelle  grise  ou  gélaiiniforme  qui  se  produit  après  de  longues  maladies, 
est  remarquable  par  la  grande  quantité  de  matière  amorphe  qu'elle  contient 
et  qui  semble  avoir  pris  la  place  des  vésicules  adipeuses. 

La  moelle  ne  parait  pas  avoir  d'autre  usage  que  de  remplir  les  vides  qui 
se  produisent  dans  les  os  lorsque  le  tissu  osseux  est  résorbé.  Elle  se  substitue 
alors  aux  moUécules  osseuses  qui  disparaissent;  sa  quantité  est  toujours  en 
raison  directe  de  l'activité  de  cette  résorption. 

Dans  les  oiseaux,  la  plupart  des  os  communiquent  avec  l'appareil  respi- 
ratoire ;  au  lieu  de  moelle,  ils  contiennent  de  l'air.  Considérés  sous  ce  point 
de  vue,  ils  se  divisent  en  trois  ordres  :  i^"  ceux  qui  sont  aérifères  dans  tous 
les  oiseaux  ;  2*  ceux  qui  le  sont  dans  un  certain  nombre  ;  3*  ceux  qui  ne  le 
M>nt  dans  aucun. 

Les  08  constamment  aérifères  sont  les  vertèbres  cervicales  et  dorsales,  le 
sternum  et  les  humérus. 


96  OSTÉOLOGIE. 

Au  nombre  des  os  qui  sont  aérifères  dans  un  certain  nombre  d'<Meiu 
Tiennent  se  ranger  la  fourchette,  les  clavicules,  les  omoplates,  les  cAtei,  le 
sacrum,  le  coccyi  et  les  fémurs. 

Enfin  les  os  qui  ne  deviennent  Jamais  aérifères  et  qui  constamment  coa- 
tiennent  de  la  moelle,  sont  ceux  de  Tarant-bras  et  de  la  main,  ceux  de  h 
Jambe  et  du  pied.  Ces  derniers  diffèrent  peu  des  os  des  mammifères.— Les  pré- 
cédents, au  contraire,  en  diffèrent  beaucoup  ;  ils  ont  pour  attributs  communs 
une  extrême  dureté  et  une  extrême  légèreté.  Dans  les  os  longs,  le  canal  aéri- 
fère  s'étend  Jusqu'au  voisinage  des  surfaces  articulaires  ;  il  présente  des  paras 
unies  et  trèsHUinces.  Dans  les  os  larges,  les  deux  tables  sont  remarquablo 
aussi  par  leur  minceur. 

Tous  les  os  chez  l'oiseau  sont  remplis  de  moelle  pendant  la  durée  de  leor 
développement.  Mais  dès  qu'ils  arrivent  au  terme  de  leur  évolution,  ils 
entrent  en  communication  avec  l'appareil  respiratoire.  La  substance  médul- 
laire est  alors  peu  à  peu  résorbée  ;  sa  disparition  commence  au  niveao  df 
l'orifice  par  lequel  ils  conmiuniquent  avec  l'appareil  respiratoire,  orifice  qui 
répond  à  l'extrémité  la  plus  rapprochée  du  rachis;  elle  s'étend  ensuite  de 
proche  en  proche  jusqu'à  l'extrémité  opposée  (1). 

B,  —  YaltMMa  ce  Bcrft  «et  m, 

1*  Artères.  —  Des  artères  très-nombreuses  pénètrent  dans  les  os.  Leur 
mode  de  distribution  est  un  peu  différent  pour  les  os  longs,  les  os  larges  ei 
les  os  courts. 

Les  os  longs  reçoivent  trois  ordres  de  branches  artérielles  qui  se  distri- 
buent, le  premier  à  la  moelle,  le  second  au  tissu  compacte,  le  troisième  lo 
tissu  spongieux.  —  Une  seule  artère  se  rend  ordinairement  dans  la  sobstioce 
médullaire  :  c'est  Vartère  nourricière.  Nous  avons  vu  précédemment  qu'elle  se 
ramifie  dans  la  moelle  ;  mais  du  réseau  que  forment  ses  divisions  on  ^oi( 
naître  aussi  des  vaisseaux  capillaires  qui,  suivant  une  direction  centrifuge,  se 
rendent  dans  les  canalicules  les  plus  profonds  de  la  diaphyse.  Ces  capillaires 
des  couches  profondes  s'anastomosent  soit  entre  eux,  soit  avec  ceux  des  ooa- 
ches  superficielles,  et  établissent  ainsi  de  nombreuses  communications  entre 
l'artère  nourricière  d'une  part,  et  les  branches  émanées  du  périoste  de 
l'autre.  Cette  artère  ne  prend,  du  reste,  qu'une  faible  part  à  la  nutrition  de 
l'os  ;  pour  le  démontrer,  il  suffit  de  citer  ce  fait  incontestable  qu'à  la  suite  des 
amputations  qui  éliminent  plus  de  la  moitié  de  l'os  et  qui  en  nécessitent  U 
section,  la  partie  conservée  n'a  Jamais  été  frappée  de  mort.  Son  volume, 
comparé  au  volume  réuni  de  toutes  les  autres  branches,  devient  extrêmement 
grêle  et  véritablement  insignifiant.  Néanmoins  elle  présente  une  certaine  im- 
portance :  se  continuant  avec  les  artères  du  tissu  compacte  et  celles  du  imi 
spongieux,  elle  établit  entre  toutes  les  parties  de  l'os  une  communauté  de 
circulation  qui  a  pour  effet  de  les  rendre  solidaires  les  unes  des  autres. 

Les  artères  destinées  au  tissu  compacte  se  ramifient  dans  le  périoste 

(1)  Voyez  mes  Becherchet  twr  fappareii  retfriraimre  dés  oiseaux,  grand  in-à*,  ■*«« 
ptancbci,  iW,  p.  37. 


VAISSEAUX  ET  NERFS  DES  OS.  97 

qu'elles  couvrent  de  réseaux  faciles  à  injecter.  Du  périoste  elles  passent  dans- 
le  tissu  osseux  par  les  orifices  du  troisième  ordre  et  pénètrent  dans  les  cana- 
licules  rasculaires,  dont  elles  suivent  la  direction,  affectant  une  disposition 
reticulaire,  identique  avec  celle  que  présentent  ceux-ci. 

Les  artères  destinées  aux  extrémités  émanent  aussi  du  périoste  qui  lés 
recouvre.  Elles  pénètrent  dans  ces  extrémités  par  les  orifices  du  second 
ordre  et  vont  se  distribuer  à  la  moelle  qui  remplit  les  aréoles  circon- 
scrites par  les  trabécules  osseuses.  Leur  mode  de  terminaison  est  donc  ana- 
logue à  celui  de  Tarière  nourricière.  Aux  deux  extrémités  du  canal  médul- 
laire elles  s'anastomosent  avec  celle-ci,  en  sorte  que  la  moelle  contenue  dans 
les  cellules  du  tissu  spongieux  se  trouve  reliée  à  celle  que  contient  la  diaphyse. 

Dans  les  os  larges,  on  n'observe  en  général  que  deux  ordres  d'artères  :  les 
unes  qui  pénètrent  par  des  conduits  nourriciers  et  qui  se  rendent  à  la 
moelle  contenue  dans  les  aréoles  du  tissu  spongieux  ;  les  autres,  superfi- 
cielles, destinées  au  tissu  compacte.  Tel  est  le  mode  de  distribution  des  vais- 
seaux artériels  dans  les  os  iliaques,  les  omoplates,  les  côtes,  etc.;  tel  est  aussi 
celui  qu'ib  présentent  dans  les  os  du  crâne;  seulement  les  conduits  nourri- 
ciers sur  ces  derniers  sont  moins  grands,  très-nombreux  et  situés  au  fond  des 
sillons  ramifiés  que  les  artères  se  creusent  à  leur  surface  interne.  —  Dans  les 
05  courts,  presque  exclusivement  formés  de  tissu  spongieux,  les  artères  éma- 
oent  de  celles  du  périoste  ;  elles  pénètrent  par  les  orifices  que  présentent 
leurs  faces  non  articulaires  et  se  terminent  dans  la  substance  médullaire. 

2*  Ketnet .  —  Elles  ont  été  peu  étudiées.  La  plupart  des  auteurs  se  conten- 
tent de  dire  qu'elles  suivent  le  trajet  des  artères,  description  facile  dont  on 
t  souvent  usé  et  abusé.  Les  autres,  plus  réservés,  gardent  le  silence  sur  ce 
point.  Des  recherches  auxquelles  je  me  suis  livré,  il  résulte  qu'elles  n'ac- 
compagnent nullement  les  vaisseaux  artériels,  ou  ne  s'accolent  à  ceux-ci 
qu  incidenmient. 

Dans  les  oe  longs,  presque  toutes  les  veines  se  dirigent  vers  les  extrémités 
et  sortent  par  les  orifices  si  nombreux  et  si  larges  dont  ceUes-ci  sont  cri- 
blées sur  leur  pourtour  :  d'où  sans  doute  la  rareté  des  phlébites  au  niveau 
du  canal  médullaire,  et  la  fréquence  de  ces  phlébites  au  niveau  des  extré- 
mités. —  Aux  divisions  de  l'artère  nourricière  succèdent  des  ramuscules 
teinenx  qui  se  portent  vers  l'une  et  l'autre  extrémité  pour  se  joindre  à 
celles  du  tissu  spongieux  :  deux  ou  trois  veinules,  sans  importance,  suivent 
seules  un  trajet  rétrograde  et  viennent  s'appliquer  au  tronc  de  l'artère  nour- 
ricière. C'est  pourquoi  le  conduit  qui  reçoit  cette  artère  est  si  petit,  lorsqu'on 
le  compare  aux  orifices  par  lesquels  sortent  les  veines  des  extrémités. 

Les  veinules  des  parois  de  la  diaphyse  se  portent  pour  la  plupart  aussi 
^ers  les  extrémités  du  canal  médullaire  et  se  jettent  dans  les  veines  émanées 
de  la  moeUe. 

Les  veines  du  tissu  compacte  et  de  la  moelle  se  réunissant  à  celles  qui 
partent  du  tissu  spongieux,  ces  dernières  acquièrent  rapidement  un  volume 
assez  considérable,  et  lorsqu'elles  émergent  de  l'os  au  voisinage  des  surfaces 
articulaires,  beaucoup  d'entre  elles  présentent  un  calibre  supérieur  à  celui 
de  l'artère  nourricière.  Les  plus  importantes  se  creusent  dans  l'épaisseur 
u  7 


98  OSTEOLOGIE. 

*do  tissu  spongieux  un  canal  que  tapisse  une  couche  de  tissu  compacte.  Aocnor 
d'elles  n'est  pourvue  de  fibres  musculaires  ;  elles  ne  sont  constituées  que  pv 
la  tunique  interne  du  système  veineux.  Le  sang  ne  se  meut  donc  dans  leur 
cavité  que  sous  l'influence  du  vis  a  tergo;  il  tend  ainsi  à  s'y  accumuler;  et 
de  U  peut-être  une  des  causes  qui  les  prédisposent  à  l'inflaomiation  dont 
elles  deviennent  si  fréquemment  le  siège. 

Dans  les  os  larges,  les  veines  suivent  également  un  tri^et  indépendant  d« 
celui  des  artères.  Presque  toutes  vont  se  Jeter  dans  les  canaux  dont  ces  os  soDt 
creusés.  Leur  cavité  est  coupée  de  distance  en  distance  par  des  étrangl^ 
ments  circulaires,  des  cloisons  partielles,  des  irrégularités  multipliées  qui 
semblent  pour  elles  autant  de  valvules.  Elles  ont  pour  origine  une  sorte 
d'ampoule  du  même  diamètre  que  leur  calibre.  Leur  tri^et  est  sinneoi. 
Souvent  on  les  voit  communiquer  entre  elles.  Elles  vont  s'ouvrir  sur  Tune  oc 
l'autre  face  de  l'os  pour  se  continuer  avec  une  veine  voisine. 

Dans  les  os  courts,  le  trajet  des  veines  est  plus  difficile  à  suivre.  On  peut 
cependant  reconnaître  qu'elles  s'y  comportent  comme  dans  les  extrémité 
des  os  longs  et  les  os  larges.  Les  plus  grosses  cheminent  aussi  dans  àh 
canaux  osseux,  qui  sont  trè»-développés  dans  quelques-uns,  tels  que  les  Te^ 
tèbres;  qui  sont  beaucoup  moins  accusés  dans  d'autres;  on  qui  font  mèsac 
complètement  défaut,  comme  dans  ceux  du  carpe. 

Pour  étudier  les  vaisseaux  sanguins  des  os,  il  convient  de  faire  micérer 
le  tissu  osseux  dans  l'acide  chlorhydrique  un  peu  étendu.  Cet  acide  dissout 
les  sels  calcaires  sans  attaquer  les  parties  molles.  Après  la  disparition  de 
phosphate  et  du  carbonate  de  chaux,  il  devient  facile  d'observer  la  dispo- 
sition des  artères  et  des  veines.  On  voit  parfaitement  leurs  anastomoses,  «t 
le  réseau  qu'elles  forment  dans  l'épaisseur  du  tissu  compacte.  On  peut  saint 
leur  trajet.  On  constate  aussi  que  toutes  sont  dépourvues  de  fibres  moscu- 
laires,  à  l'exception  de  l'artère  nourricière,  qui  présente  une  couche  éptisK 
de  fibres  contractiles. 

3«  Vaiêêeauœ  lymphaiiquêi  def  of •  —  Ces  vaisseaux  existent-ils?  Quelques 
auteurs  répondent  affirmativement;  aucun  ne  rapporte  une  obtervatiuc 
concluante. 

Le  fait  le  plus  précis  que  J'aie  pu  recueillir  appartient  à  Cmikshank,  q^ 
l'expose  ainsi  :  «  Nous  avons  souvent  injecté  les  absorbants  des  espacr 

•  intercostaux,  et  d'une  manière  contraire  à  la  direction  des  valvules.  Deui 

•  accompagnent  chaque  artère  intercostale.  Dans  un  cas ,  nous  avons  tusK 
»  ii^ecté  leurs  branches  postérieures  qui  accompagnent  les  branches  trtr 
»  rielles  correspondantes,  et  qui,  pénétrant  dans  le  canal  rachidien,  s'intnr 
»  duisaient  dans  le  corps  d'une  vertèbre  du  dos,  à  travers  la  substance  à 
»  laquelle  nous  l'avons  ensuite  vu  se  ramifier  (i).  » 

«  On  a  observé  plusieurs  fois,  dit  Breschet,  et  tout  récenunent  eooore,  àe* 
»  vaisseaux  lymphatiques  appartenant  au  système  osseux.  Brugmansensiu: 
»  déjà  vu  dans  la  cavité  des  os  longs  des  oiseaux  (2).  »  Quels  sont  les  anslo- 


(1)  Gmikshtiik.  Amt.  det  wuuêoux  ùUorbanit;  traduct.  d«  Petit  RmItI,  ITT.  p  ^^ 
{!)  Brrschft,  ix  nftième  lumphaHqwey  1830^  p.  40. 


VAISSEAUX  ET  NERFS  DES  OS.  99 

mûtes  qui  ont  si  bien  réussi  dans  cette  ii^jection?  J'ai  consulté  la  plupart  des 
traités  spéciaux,  et  il  ne  pas  été  donné  de  découvrir  ces  heureux  investiga- 
teurs. Quant  à  Brugmans,  bien  qu'il  ne  nous  disç  pas  s'il  a  fait  ses  observa- 
tions sur  des  os  aérifères  ou  sur  des  os  médullaires,  j'ose  affirmer  qu'il  s'est 
trompé. 

On  lit  dans  le  même  auteur  :  «  Dans  une  note  que  je  dois  à  M.  Bonamy,  un 
de  nos  plus  habiles  préparateurs,  et  qui  se  livre  depuis  longtemps  avec  suc* 
ces  à  l'injection  des  vaisseaux  lymphatiques,  il  est  dit  :  u  les  os  sont  pourvus 
»  dans  leur  intérieur  de  vaisseaux  lymphatiques.  C'est  ce  que  j'ai  vu  en  fai- 

•  sant  des  ii^ections  sur  les  membres  inférieurs;  le  mercure  força  quelques 

•  valvules  et  remplit  les  lymphatiques  qui  s'introduisent  dans  le  tissu  osseux, 
■  par  les  trous  qu'on  voit  sur  le  condyle  interne  du  fémur.  Je  fendis  cet  os, 
i  et,  malgré  le  dégât  occasionné  par  la  préparation,  je  pus  suivre,  pendant 
>  quelque  temps,  dans  l'intérieur  du  tissu  osseux,  ces  mômes  vaisseaux  lymr 

•  phatiques.  »  Cette  note  a  été  remise  à  Breschet  en  1836.  Or,  comme  depuis 
cette  époque  M.  Bonamy  n'a  publié  aucun  fait  nouveau  sur  la  présence  des 
Tsisieaux  lymphatiques  dans  les  os,  il  y  a  lieu  de  penser  que  la  conclusion 
formulée  dans  sa  note  avait  été  trop  précipitanunent  déduite,  et  qu'il  a 
reconnu  lui-naéme  l'insuffisance  de  ses  observations. 

  mon  tour,  j'ai  fait  d'assez  longues  recherches  sur  le  même  sujet  ;  mais  les 
résoltats  en  ont  'été  négatifs;  et  après  avoir  relu  tout  ce  qui  a  été  écrit  par  les 
divers  auteurs,  je  reste  convaincu  qu'aucun  anatomiste,  jusqu'à  présent,  n'a 
obttnré  ces  vaisseaux.  Je  reste  convaincu  aussi  qu'ils  n'existent  pas. 

&*  Serfs  des  oi.^Leur  existence  était  restée  longtemps  douteuse.  Dans  un 
concours  pour  une  place  d'aide  d'anatomie  ouvert  en  1846,  M.  Gros,  qui  avait 
à  préparer  une  série  de  pièces  sur  la  texture  des  os,  fixa  spécialement  son 
attention  sur  ce  si^et.  Des  recherches  habilement  poursuivies,  non-seule- 
ment chez  l'honmie,  mais  chez  plusieurs  manunifères,  particulièrement 
chez  le  cheval  et  le  bœuf,  lui  permirent  de  constater  et  de  démontrer 
publiquement  la  présence  de  rameaux  nerveux  dans  les  os  longs. 

Il  existe  donc  des  nerfs  dans  ces  os.  Aujourd'hui  tous  les  anatomistes  sont 
d'accord  sur  ce  point.  Suivre  ces  nerfs  à  l'aide  de  la  dissection,  ainsi  que 
l'avait  fait  M.  Gros,  était  chose  difficile.  Mais  nous  possédons  dans  les  réactifs 
un  moyen  simple ,  facile  et  très-expéditif  pour  les  découvrir,  les  isoler  et  les 
obsener  dans  tout  leur  trajet  et  tous  leurs  détails.  —  Nous  avons  vu  précé- 
deomient  conunent  se  distribuent  ces  nerfs  médullaires. 

Existe-t-il  aussi  des  nerfs  dans  le  tissu  compacte  7  Des  filets  nerveux  pé- 
nètrent-ils dans  les  extrémités  des  os  longs  et  dans  tous  les  os  courts?  Les 
anatomistes  sont  à  peu  près  unanimes  pour  répondre  affirmativement.  Ceux 
qui  s'occupent  plus  spécialement  d'études  micrographiques  et  qui  sont  plus 
autorisés  en  pareille  matière  sont  aussi  les  plus  afHrmatifs.  Il  semblerait  donc 
que  le  doute  n'est  plus  possible  ;  que  tous  les  os  possèdent  des  nerfs;  et  qu'ils 
en  possèdent  un  assez  grand  nombre. 

Je  ne  crois  pas  cependant  que  cette  opinion  soit  complètement  fondée.  Les 
mêmes  auteurs  ayant  observé  dans  le  périoste  des  artères  et  des  nerfs  très- 
nombreux,  et  ayant  vu  la  plus  grande  partie  des  artères  passer  de  cette  enve- 


100  OSTfiOLOGIE. 

loppe  dans  les  08,  ont  admis  que  les  filets  nerveux  suivaient  les  artérioles.U 
présence  de  ces  filets  nerveux  dans  le  tissu  osseux  paraît  être  pour  eux  on  hit 
d'induction  plutôt  qu'un  fait  d'observation.  Ce  fait,  cependant,  il  n'éUit  pas 
sans  intérêt  de  le  vérifier.  C'est  ce  que  J'ai  tenté  pour  le  corps  des  os  longs  et 
les  tables  des  os  plats,  mais  toujours  vainement.  Appuyé  sur  des  rechercbei 
très-précises  et  très-nombreuses,  j'ose  dire  qu'aucun  filet  nerveux  ne  pénètre 
dans  le  tissu  compacte.  On  n'en  trouve  nul  vestige  dans  les  canalicula 
vasculaires.  Une  préparation  très-simple  suffit  pour  le  prouver  :  prenex  uw 
trancbe  de  la  diaphyse  d'un  os  long  ou  de  la  surface  d'un  os  plat  ;  soumettei 
cette  trancbe  à  l'action  de  l'acide  cblorbydrique  qui  enlèvera  les  sels  calcaira 
sans  attaquer  ni  les  vaisseaux  ni  les  nerfs.  Après  la  dissolution  de  ces  seli, 
le  réseau  vasculaire  est  à  nu;  mais  dans  ce  réseau,  on  n'aperçoit  ptsl£ 
moindre  tube  nerveux. 

Quant  aux  nerfs  qui  se  répandent  dans  le  tissu  spongieux,  ils  sont  rétk 
pour  quelques  os,  les  vertèbres  par  exemple,  dans  lesquelles  on  peut  consla- 
ter  leur  présence  assez  facilement.  Dans  les  autres  os  courts  et  les  extrémités 
des  os  longs,  leur  existence  est  probable;  mais  elle  ne  me  parait  pas  eocorr 
démontrée. 

%k.  —  DivELOPPEMEirr  D£S  os. 

Les  phénomènes  relatifs  au  développement  des  os  ont  été  rattachés  à  U**o 
périodes  ou  trois  états  successifs  :  l'état  muqueux,  l'état  cartilagineux,  l'état 
osseux. 

Véiat  muqueuœ  est  celui  dans  lequel  les  os  sont  constitués  par  les  cellule 
qui  forment  primitivement  tout  le  corps  de  l'embryon.  Dans  cette  premkR 
période,  rien  ne  les  distingue  des  organes  voisins. 

Vétat  cartilagineux  est  caractérisé  par  Tappantion  d'un  élément  nouu*a^. 
la  chandrine,  qui  vient  se  suri^outer  aux  cellules  embryonnaires,  pour  }<> 
relier  entre  elles  et  en  faire  un  seul  groupe.—  Cet  élément  nouveau  se  dép**^ 
simultanément  dans  tous  les  os  c(  dans  toutes  les  parties  du  même  o».  \ 
dater  de  ce  moment,  les  os  présentent  un  aspect  et  une  consistance  qui  ot* 
permettent  plus  de  les  confondre  avec  les  organes  environnants. 

Tn  grand  nombre  d'auteurs  ont  admis  que  tous  passaient  par  cet  état  iott  r- 
médiaire  à  l'état  muqueux  et  à  l'état  osseux.  Plusieurs  anatomistes  modonu'^ 
et  particulièrement  M.  Ch.  Robin,  partagent  encore  cette  opinion.  Mais  qu'!* 
ques  os  font  manifestement  exception  à  la  loi  générale  :  ils  ont  pour  on£i:)c 
le  tissu  co^Jonctif. 

L'état  oifeuar  est  le  résultat  de  la  combinaison  de  l'élément  minéral  rt^ 
l'élément  organique  dans  tous  les  os  qui  sont  précédés  par  un  cartilage.  - 
iW%  deux  éléments  combinés  se  déposent  simultanément  au  milieu  de  U 
substance  amorphe  dans  les  os  qui  ont  pour  point  de  départ  le  tissu  coi^ 
jonctif.  —  Dans  l'un  et  l'autre  cas,  les  moUécules  osseuses  occupent  It^ 
espaces  intercellulaires  qu'elles  envahissent  peu  à  peu  et  remplia»<'ii! 
bientôt  complètement.  Ces  mollécules,  par  conséquent,  n'existent  pu  \^ 


DEVELOPPEMENT  DES  OS.  iOi 

elles-mêmes;  elles  ne  font  que  se  mfiler,  se  suri^outer  à  d'autres  tissus, 
principalement  au  tissu  cartilagineux  et  au  tissu  coi^onctif  pour  lesquels 
elles  offrent  le  plus  d'affinité. 

Les  phénomènes  qui  précèdent  et  accompagnent  leur  apparition  diffèrent, 
suivant  qu'elles  envahissent  l'un  ou  l'autre  de  ces  tissus.  C'est  pourquoi  nous 
étudierons  successivement  :  le  mode  d'évolution  de  la  substance  osseuse 
dans  les  cartilages,  dans  le  tissu  conjonctif  et  dans  le  blastème  sous-périos^ 
tique  ;  nous  suivrons  ensuite  la  marche  de  l'ossification  dans  les  divers  os  ; 
puis  nous  verrons  quels  sont  les  phénomènes  dont  ceux-ci  deviennent  le  siège 
après  leur  complet  développement. 

â.  —  Mikie  «*«voloUOB  «e  la  softsCanee  OMeose  ému  les  earUlases. 


Pour  prendre  une  notion  exacte  de  ce  mode  d'évolution,  il  importe  de 
connaître  celui  des  cartilages  ainsi  que  leur  structure,  et  les  modifications 
qu'ils  éprouvent  au  moment  où  le  travail  de  l'ossification  commence.  On 
peut  alors  suivre  ce  travail  pas  à  pas,  et  l'on  voit  naître  en  quelque  sorte 
avec  la  substance  fondamentale  les  ostéoplastes  et  les  cellules  étoilées  des  os. 

1*  ÈvoluUon  et  structure  des  cartilages,  —  Les  cartilages  dans  l'embryon 
Kmt  formés  principalement  par  des  cellules,  et  accessoirement  par  une  sub- 
stance amorphe,  homogène,  blanche,  élastique  et  résistante,  dans  laquelle 
eUes  sont  disséminées  sans  ordre.  Mais  peu  à  peu  la  substance  amorphe,  «i6- 
iiance  fondamentale  des  cartilages,  augmente  de  quantité  ;  vers  le  quatrième 
00  cinquièaie  mois  de  la  vie  fœtale,  sa  masse  égale  celle  des  cellules.  Elle 
devient  ensuite  prédominante,  de  telle  sorte  qu'à  la  naissance  elle  forme  à 
peu  près  les  deux  tiers  du  cartilage.  A  mesure  que  celui-ci  se  développe,  les 
cellules  et  la  substance  intercellulaire  s'accroissent  au  point  que  ches 
l'adulte  les  premières  sont  huit  ou  dix  fois  plus  considérables  que  chez  le  nou- 
veau-né. Mais  leur  proportion,  relativement  à  la  substance  fondamentale,  ne 
ce  modifie  pas  sensiblement.  —  Les  cellules  sont  ovoïdes  ou  irrégulièrement 
viondies.  Chacune  d'elles  contient  des  granulations  molléculaires  et  un 
noyau  muni  d'un  nucléole.  >-  La  cavité  dans  laquelle  elles  se  trouvent  logées 
présente  des  parois  unies,  constituées  par  la  substance  fondamentale  ;  cette 
cavité,  qui  a  reçu  le  nom  de  capsule,  contient  quelquefois  deux  ou  plusieurs 
cellules.  Elle  serait  tapissée,  selon  quelques  auteurs,  par  une  membrane 
propre,  dont  rexaraen  microscopique  ne  démontre  pas  l'existence  ;  il  atteste 
au  contraire  que  partout  les  cellules  se  trouvent  immédiatement  en  contact 
«vec  les  capsules,  c'est-à-dire  avec  la  substance  intercellulaire.  —  Réunies, 
les  capsules  et  cellules  prennent  le  nom  de  chondroplastes.  Les  capsules,  en 
^'ossifiant ,  formeront  les  ostéoplastes  ;  et  les  cellules ,  sous  l'influence  de 
l'ossification,  perdront  leur  forme  arrondie  pour  prendre  la  forme  étoilée. 

2«  Modifleationê  qui  précèdent  l'ossification.  ^  Le  travail  de  l'ossification 
ne  s'empare  pas  à  la  fois  de  toutes  les  parties  du  cartilage.  Il  débute  par  un 
point  qui  répond  au  centre  de  celui-ci.  Dans  ce  point  où  tout  se  prépare  pour 
1«  titnsformation  osseuse,  la  substance  fondamentale  du  cartilage  devient 


102  OSTÉOLOOIE. 

Jaunâtre,  demi-transparente)  moins  homogène  ;  elle  prend  un  aqiect  strié,  oo 
fibroide;  les  cellules  qu'elle  contient  s'accroissent  considérablement  Pt 
deviennent  l'origine  de  cellules  nouvelles,  qui  résultent  de  leur  segmenUtkn 
ou  qui  se  forment  dans  leur  cavité.  Chaque  cellule  donne  ainsi  naissance  à 
vingt,  vingt-cinq  ou  trente  cellules  plus  petites  qui,  dans  les  os  courts  et  les 
os  larges,  se  disposent  en  groupes  arrondis,  et,  dans  les  os  longs,  en  séries  pt- 
rallèles  au  grand  axe  de  la  diaphyse.  Mais  cette  multiplication  des  ceUnles 
n'a  lieu  que  dans  le  point  où  vont  se  déposer  les  premières  moIléCQles 
osseuses,  et  autour  des  points  d'ossification,  dans  une  étendue  qui  n'eioède 
pas  un  millimètre. 

3*  Ossification  de  la  substance  fondamentale  dis  cartilages.  —  Lorsque  ccttf 
substance  s'est  ainsi  modifiée,  on  ne  tarde  pas  à  voir  apparaître  dans  la  partie 
qui  est  le  siège  de  ces  modifications,  un  point  central  plus  sombre  que  les 
points  environnants,  puis  un  point  granuleux.  Ce  dépôt  se  prolonge  entre  les 
séries  de  cellules.  Bientôt  il  pénètre  entre  les  groupes  qui  forment  ces  séries. 
et  envahit  de  proche  en  proche  toute  la  substance  fondamentale  ou  inte^ 
cellulaire.  Il  s'étend  également  dans  tous  les  sens,  d'où  il  suit  que,  dans  les  « 
plats  et  les  os  longs,  il  atteint  la  surface  des  premiers  et  la  périphérie  de« 
seconds,  longtemps  avant  d'arriver  Jusqu'à  leurs  bords  ou  leurs  extrémités. 

Pendant  que  ce  travail  s'accomplit,  les  granulations  osseuses,  suiivit 
M.  Ch.  Robin,  prendraient  la  place  de  la  substance  intercellulaire  :  il  y  au- 
rait substitution  de  la  substance  fondamentale  des  os  à  la  substance  fond*- 
mentale  du  cartilage  (1).  Cette  opinion  est  fondée  sur  la  différence  qn  « 
observe  entre  la  gélatine  et  la  chondrine;  mais  la  différence,  bien  que  réelle, 
n'est  pas  telle,  cependant,  qu'on  puisse  considérer  la  gélatine  conmie  ao 
produit  entièrement  nouveau.  Il  nous  parait  plus  rationnel  de  la  considérer 
comme  une  modification  de  la  chondrine,  se  produisant  sous  l'influence  de 
sa  combinaison  avec  l'élément  inorganique  des  os.  Dès  lors,  il  n'y  a  passob- 
stitution  de  la  substance  osseuse  à  la  substance  cartilagineuse,  mais  seule 
ment  addition  de  l'une  à  l'autre. 

A  mesure  que  le  dépôt  granulé  s'avance,  les  granulations  extiémemeot 
ténues  qui  le  composent  se  pressent  davantage  ;  la  substance  osseuse  deneoi 
plus  dense,  plus  dure,  plus  homogène  ;  elle  prend  en  un  mot  ses  propriété! 
caractéristiques  qu'elle  possédait  incomplètement  au  début  de  sa  formation. 

&*  Ossification  des  capsules  de  cartilage^  naissance  des  ostéopUutes^  mode  df 
production  des  cellules  étoiUes.  —  Le  dépôt  granulé  envahissant  progresnr^ 
ment  toute  la  substance  fondamentale  du  cartilage,  se  rapproche  de  plus  t^s 
plus  des  capsules  dans  lesquelles  sont  contenues  les  cellules.  Ces  capsu> 
s'imprègnent  donc  à  leur  tour  de  sels  calcaires.  En  s'ossifiant,  leurs  parais  ^ 
couvrent  d'aspérités,  en  sorte  que  sur  les  coupes  elles  prennent  la  figure  d  w 
orifice  à  bord  festonné  ou  dentelé.  Leur  cavité  se  réduit  en  raison  du  déve- 
loppement de  ces  saillies.  Ainsi  transformées,  elles  ne  représentent  plus  dr^ 
capsules ,  mais  des  ostéoplastes.  —  Les  cellules,  pendant  la  dorée  de  cette 

(I)  Ch.  Robin ,  Obtervations  sur  le  développement  de  la  mbstancf  et  du  tisn  *»  *' 
^Mém.  de  h  Soc.  de  biologie,  1850,  p.  13ft). 


DÉ\ELOPPEMENT  DES  OS.  103 

métamorpliose,  subissent  des  modifications  analogues.  Elles  s'appliquent  aux 
ostéoplastes,  en  reproduisent  toutes  les  inégalités,  se  déforment  par  consé- 
quent et  diminuent  de  volume.  Les  granulations  qu'elles  contenaient  dispa- 
raissent ;  le  noyau  disparait  aussi  en  partie,  ou  en  totalité.  —  Les  parois  des 
ostéoplastes  étant  recouvertes  d'aspérités,  les  dépressions  qui  séparent  ces 
saillies  deviennent  le  point  de  départ  des  canalicules  osseux.  Ceux-ci  s'allon- 
gent par  suite  de  la  résorption  de  la  substance  osseuse  sur  leur  tr^et.  Quel- 
ques-uns se  bifurquent;  le  plus  grand  nombre  s'anastomosent  avec  les  cana- 
licules des  ostéoplastes  voisins.  Pendant  qu'ils  s'étendent  en  rayonnant,  les 
parois  des  cellules  se  prolongent  dans  leur  cavité,  et  celles-ci,  dont  la  forme 
était  déjà  très-modifiée,  revêtent  la  configuration  étoilée  qu'elles  conserveront 
désormais. 

5*  Mode  de  produetton  des  aréoles  du  tissu  spongieuoOj  de  la  moelle  fœtale^  et 
des  fMtsseauœ.  -^  A  peine  la  substance  osseuse  a-t-elle  pris  la  place  du  carti- 
lage, qu'on  la  voit  se  ramollir  sur  une  multitude  de  points.  Au  niveau  de 
chacun  de  ceux-ci,  les  parois  des  ostéoplastes  se  détruisent  ;  les  cellules  se 
dissolvent.  De  ce  travail  de  dissolution  résultent  des  eavités  à  parois  irrégu- 
lières, qui  entrent  en  communication  les  unes  avec  les  autres,  et  dans  les* 
quelles  se  dépose  une  substance  molle  et  rosée,  essentiellement  formée  par 
des  cellules  :  ces  cavités  sont  les  aréoles  du  tissu  spongieux  ;  la  substance 
qu'elles  renferment  est  la  moelle  fœtale.  C'est  dans  l'épaisseur  de  celle-ci 
que  naissent  les  vaisseaux. 

Dès  qu'ils  ont  pris  naissance,  les  vaisseaux  sanguins  croissent  rapidement  ; 
ils  s'étendent  bientôt  Jusqu'aux  limites  de  l'ossification,  mais  ne  les  dépas- 
sent pas.  Lear  apparition  ne  précède  donc  pas  la  substance  osseuse  ;  elle  lui 
succède;  plus  tard,  ils  entrent  en  communication  avec  ceux  du  cartilage. 
Quelques  auteurs  nient  la  présence  des  vaisseaux  dans  le  cartilage  avant  le 
début  de  l'ossification  ;  mais  cette  opinion  n'est  pas  fondée  ;  dans  un  grand 
nombre  de  cartilages,  et  particulièrement  dans  ceux  qui  répondent  aux  extré- 
mités des  os,  on  observe  des  vaisseaux  d'une  teinte  jaunâtre,  plus  ou  moins 
nombreux,  et  très-manifestes. 

On  voit,  par  la  description  qui  précède,  que  les  cartilages  en  s'incrustant 
de  sels  calcaires  ne  produisent  que  le  tissu  spongieux  des  os.  Le  tissu  com- 
pacte qui  recouvrira  celui-ci  est  redevable  de  son  origine,  non  au  cartilago, 
mais  au  périoste,  ainsi  que  nous  le  verrons  plus  loin. 


1.  —  Mmêê  û'HeUmilêem  «e  la 


Les  os  qui  ont  pour  origine  une  trame  de  tissu  coqjonctif  sont  peu  nom- 
breux. A  cette  classe  appartiennent  le  frontal,  les  pariétaux,  le  tiers  supé- 
rieur de  l'occipital,  la  portion  écailleuse  du  temporal,  et  tous  les  os  de  la  face, 
à  l'exception  du  vomer. 

Le  mode  de  développement  de  ces  os  est  resté  longtemps  obscur.  Des 
études  nouvelles  plus  babilement  poursuivies  nous  ont  appris  qu'il  ne  diffé- 
"nit  pas  aussi  radicalement  qu'on  l'avait  pensé  de  celui  des  os  qui  sont  prê- 
tés par  un  cartilage.  Les  rechercbes  de  M.  Rouget  sont  celles  qui  ont  le 


lOû  OSTÉOLOOTK. 

plus  contribué  à  élucider  ce  point  d'anatomie  (1).  Cet  auteur  a  démontré  eo 
effet  que  sur  l'emplacement  où  se  formeront  les  os  précédemment  nommé», 
il  existe  constamment  une  lame  fibreuse  sous-périostique  occupant  toute 
rétendue  de  l'espace  que  ces  os  rempliront  plus  tard. 

Cette  lame  est  constituée  par  un  tissu  conjonctif  à  l'état  naissant,  par  des 
faisceaux  fibreux  entrecroisés  dans  toutes  les  directions,  d'innombnbla 
cellules  ovoïdes  ou  arrondies  et  des  noyaux  libres.  Les  os  auxqueb  elk 
donne  naissance  se  forment  dans  son  épaisseur;  ils  débutent  par  un  oa 
plusieurs  points  d'ossification  qui  s'étendent  en  rayonnant.  A  mesure  qu'oo 
se  rapproche  des  points  déjà  ossifiés  ou  qui  vont  être  envahis  par  rossifict* 
tion,  les  faisceaux  fibreux  acquièrent  une  homogénéité  et  une  transparence 
plus  grandes;  ils  se  multiplient,  augmentent  d'épaisseur  et  circonscrivent 
des  mailles  de  plus  en  plus  nombreuses  et  étroites.  Au  voisinage  des  points 
osseux,  ils  deviennent  plus  obscurs,  jaunâtres,  puis  se  continuent  avec 
ceux-ci.  L'ossification  commence  donc  par  envahir  ces  faisceaux  fibreoi 
hyalins  ;  elle  en  suit  la  direction  et  afl'ecte  ainsi  l'aspect  d'un  réseau.  Peu  & 
peu  elle  s'insinue  dans  toute  la  substance  conjonctive  intercellulaire,  et 
s'avance  progressivement  vers  les  cellules,  en  sorte  que  les  mailles  du  réseto 
se  resserrent,  puis  finissent  par  se  combler.  Une  couche  osseuse  succède  alun 
à  la  lame  membraneuse  ;  et  bientôt  elle  se  creuse  aussi  de  cavités  dans  \e» 
quelles  se  forment  les  vaisseaux  et  la  moelle  fœtale. 

La  substance  osseuse,  en  se  déposant  dans  la  trame  inlercellulaire  de 
cette  lame,  se  comporte  à  l'égard  des  cellules  qu'elle  renferme  comme  celle 
qui  envahit  les  cartilages  envers  les  cellules  intra-cartilagineuses.  Ici  égi- 
lement  les  cellules  se  moulent  sur  les  parois  de  la  cavité  qui  les  contient 
Elles  conunencent  par  diminuer  de  volume,  se  déforment  et  envoient  égale- 
ment des  prolongements  dans  les  canalicules  de  chaque  ostéoplaste. 

C.  ^  Mêét  «"«f^laUM  et  la  MftiteBeê 


Le  périoste  prend  une  part  importante  à  la  production  de  la  substance  ko- 
damentale  des  os.  C'est  aux  dépens  du  blastème  sous-périostique  que  le 
forment  le  tissu  compacte  et  les  canalicules  vasculaires. 

Ce  blastème,  ainsi  que  nous  l'avons  vu,  se  compose  de  cellules,  de  noyau 
libres,  et  d'une  substance  amorphe  intercellulairc  offrant  çà  et  là  un  a^»ect 
fibrolde  et  même  fibreux.  C'est  un  produit  exhalé  des  artères  du  périoste, 
qui  s'étale  entre  cette  membrane  et  le  tissu  osseux  déjà  formé,  et  qui  se 
renouvelle  indéfiniment  à  mesure  qu'il  est  envahi  par  la  substance  osseuse. 
Les  phénomènes  qui  se  produisent  alors  offrent,  du  reste,  une  remarquable 
analogie  avec  ceux  qu'on  observe  dans  l'ossification  du  tissu  conjonctif. 

Les  mollécules  osseuses  se  déposent  sur  un  grand  nombre  de  pointe  i 
la  fois  ;  en  se  multipliant  elles  forment  des  Ilots  qui  marchent  à  la  rencontre 
les  uns  des  autres.  Bientôt  ces  Ilots  s'unissent  et  circonscrivent  de  large* 
mailles,  dans  lesquelles  se  trouvent  contenues  les  parties  non  encore  otili- 

(1)  Rouget,  Développement  et  Mtmcture  du  tistu  oneur,  tbète,  18M,  p.  17. 


DÉVELOPPEMENT  DES  OS.  1D5 

lées  du  blastème  Bous-périostique.  Dans  toute  cette  première  période,  entre 
les  phénomènes  qui  se  passent  de  part  et  d'autre,  Tanalogie  est  complète  ; 
mais  dans  la  suivante,  ils  diffèrent  notablement. 

An  centre  du  blastème  qui  remplit  les  mailles  du  réseau  osseux,  on  voit 
quelques  cellules  s'allonger  et  se  transformer,  pour  donner  naissance  à  un 
raisseau.  Pendant  que  celui-ci  se  fbrme,  la  partie  périphérique  du  blastème 
continue  à  être  envahie  par  les  mollécules  osseuses,  et  toutes  les  mailles  se 
resserrent.  En  môme  temps  de  nouvelles  couches  de  blastème  se  produisent 
Bur  les  points  par  lesquels  elles  adhèrent  au  périoste;  ces  couches  s'ossifiant 
luccessivement,  les  mailles  s'allongent  peu  à  peu,  et  passent  de  la  forme 
réticulalre  à  la  forme  tubuleuse. 

Ainsi  se  forment  les  canalicules  vasculaires  qui,  d'abord  larges,  deviennent 
de  plus  en  plus  étroits  à  mesure  que  se  multiplient  les  lamelles  dont  leurs  pa- 
rois se  composent  ;  ainsi  se  condense  le  tissu  qui  forme  la  diaphyse  des  os  longs 
et  les  tables  des  os  plats.  Le  tissu  compacte  est  donc  essentiellement  canalicu- 
laire;  partout  où  nous  rencontrons  des  canalicules  vasculaires,  c'est-à-dire  des 
systèmes  de  lamelles  concentriquement  disposés,  nous  trouvons  aussi  du 
tissu  compacte.  Dans  les  points  où  les  canalicules  disparaissent,  le  tissu  com- 
pacte disparaît  également,  ou  se  réduit  à  une  lame  dont  l'épaisseur  ne 
dépasse  pas  celle  des  trabécules  du  tissu  spongieux. 

Sur  le  trajet  de  quelques  canalicules  vasculaires ,  les  lamelles  les  plus 
internes  sont  résorbées,  et  leur  calibre  redevient  plus  ou  moins  large  :  c'est  ce 
qui  a  lieu  pour  les  conduits  nourriciers,  et  pour  les  orifices  du  second  ordre 
qui  occupent  les  extrémités  des  os  longs  et  la  périphérie  des  os  courts. 

Tel  est  le  mode  d'évolution  de  la  substance  osseuse  ;  suivons  maintenant 
cette  substance  dans  son  accroissement,  et  voyons  comment  les  os  se  déve- 
loppent. 

m.  —  Mareke  «c  l'OMttcallon  ««!•  Im  «tvers  oe. 

L'ossification  débute  par  le  centre  des  os.  Ces  points  centraux,  ou  points 
^onifefUion  primitifSy  s'étendent,  vers  les  extrémités  dans  les  os  longs,  vers 
la  circonférence  dans  les  os  larges,  vers  la  périphérie  dans  les  os  courts.  Ils 
forment  par  leur  accroissement  la  plus  grande  partie  de  l'os.  Quelquefois 
même  un  seul  point  suffit  pour  le  développement  de  celui-ci  ;  c'est  ce  qui 
a  lien  pour  le  pariétal,  les  petits  os  de  la  face,  tous  les  os  du  carpe  et  presque 
tous  ceux  du  tarse. 

D'autres  naissent  par  deux  points  d'ossification  primitifli,  comme  le  Arontal  ; 
oa  par  trois,  comme  le  temporal,  l'os  iliaque,  et  toutes  les  vertèbres;  d'autres 
par  quatre,  comme  le  maxillaire  supérieur;  ou  par  cinq,  comme  l'occipital; 
ou  par  un  pins  grand  nombre,  comme  le  sphénoïde. 

Mais  ces  points  primitifs,  malgré  l'extension  considérable  qu'ils  prennent, 
ne  suffisent  pas  toujours  cependant  pour  la  production  de  l'os.  On  voit  alors 
naître  k  une  époque  en  général  plus  tardive,  vers  les  extrémités  ou  à  la  péri- 
phérie du  cartilage,  d'autres  points  qui,  en  se  portant  à  la  rencontre  des 
précédents,  complètent  l'œuvre  que  ceux-ci  avaient  commencée.  Ces  points 
complémentaires  sont  connus  sous  le  terme  générique  â'ipiphyses. 


106  OSTÉOLOGIE. 

Pour  Buivre  l'ossification  dans  ses  progrès,  nous  ayons  donc  à  déierminer 
le  nombre  des  points  primitifs  et  complémentaires,  Tépoque  à  laquelle  ils 
paraissent,  et  l'âge  où  s'opère  leur  fusion  successive.  Cette  étude  laisse  encore 
beaucoup  à  désirer  ;  elle  soulève  des  doutes  que  les  efforts  persévérants  d'un 
grand  nombre  d'auteurs  n'ont  pu  entièrement  dissiper,  et  qui  tiennent  eo 
grande  partie  au  nombre  trop  limité  des  observations.  11  ne  suffit  pas,  en 
effet,  d'jivoir  sous  les  yeux  toute  la  série  des  âges,  il  faut  encore  avoir  i  n 
disposition  plusieurs  individus  du  même  âge.  C'est  dans  ce  but  que  J'ai  tût 
préparer  pour  le  musée  Orfila  76  squelettes,  en  voie  de  développement, 
dont  l'âge,  pour  chacun  d'eux,  a  été  exactement  déterminé.  Tous  les  détails 
dans  lesquels  Je  vais  entfer,  sur  le  développement  des  os,  et  ceux  que  j'eqw- 
serai  en  les  décrivant  en  particulier,  ont  été  observés  sur  cette  collectioQ, 
que  J'ai  mis  plusieurs  années  à  rassembler. 

Les  points  d'ossification  se  développent  à  des  époques  très-différentes,  aina 
que  le  démontre  l'énumération  suivante  : 

Le  premier  point  qu'on  observe  est  toujours  celui  de  la  clavicule,  qui  existe 
déjà  à  la  fin  du  premier  mois  de  la  vie  intra-utérine. 

Du  30*  au  UO*  Jour,  naissent  ceux  de  la  mâchoire  inférieure,  du  corps  de 
l'humérus,  des  os  de  l'avant-bras,  du  fémur,  du  tibia. 

Du  40*  au  iï5*,  paraissent  les  arcades  orbitaires  du  frontal,  les  six  dernières 
côtes  et  le  corps  du  péroné.  —  Du  ^5*  au  50*,  les  six  côtes  supérieures.  —  Dq 
50*  au  55*,  le  tiers  moyen  de  l'occipital  et  l'omoplate. 

A  la  fin  du  2*  mois,  le  maxillaire  supérieur,  les  lames  des  vertèbres  cersU 
cales,  et  l'iléon. 

De  2  à  2  mois  1/2,  les  condyles  de  l'occipital,  son  apophyse  basUaire,  son 
angle  supérieur  ;  la  portion  écailleuse  du  temporal  ;  le  corps  des  vertèbres 
dorsales  ;  les  métacarpiens  et  les  métatarsiens. 

De  2  mois  1/2  à  3,  le  pariétal,  le  sphénoïde,  les  os  du  nex,  le  malaire,  les 
palatins,  les  phalanges  de  la  main. 

De  3  à  3  mois  1/2,  le  corps  des  vertèbres  lombaires,  le  sacrum,  la  tubéru- 
site  de  l'ischion,  les  phalanges  du  pied. 

De  3  mois  1/2  à  U,  la  portion  pierreuse  du  temporal,  le  corps  des  vertèbres 
cervicales,  l'apophyse  odontoïde. 

De  /i  à  5  mois,  les  parties  latérales  de  l'ethmolde,  le  cercle  tympanal,  le 
pubis.  —  De  5  à  6  mois,  le  sternum,  le  calcanéum. 

A  la  naissance,  l'extrémité  inférieure  du  fémur,  l'extrémité  supérieure  do 
tibia,  l'astragale. 

A  1  an,  le  corps  de  l'atlas,  l'extrémité  supérieure  de  l'humérus,  le  grand 
os,  l'os  crochu,  l'extrémité  supérieure  du  fémur,  le  cuboîde.  —  De  15  i 
18  mois,  l'apophyse  coracoïde  de  l'omoplate,  le  condylo  de  l'huméms,  Testré- 
mité  inférieure  du  tibia,  le  troisième  ou  moyen  cunéiforme. 

A  2  ans,  l'extrémité  inférieure  du  radius  et  en  général  aussi  l'extrémité 
inférieure  du  péroné. 

A  3  ans,  la  grosse  et  la  petite  tubérosité  de  l'humérus,  le  pyramidal  le 
grand  trochanter,  le  petit  cunéiforme,  le  grand  cunéiforme.  —  De  3  ans  i,^ 
A  4f  l'épitrochlée,  la  rotule,  le  scaphoîde  du  pied. 


DEVELOIVEMENT  DES  OS.  107 

De  A  à  5  ans,  point  postérieur  de  TolécrAne,  semi-lunaire,  scaphoîde  de  la 
main,  trapézoîde,  extrémité  supérieure  du  péroné. 

De  6  à  6  ans,  extrémité  supérieure  du  radius,  trapèze,  tête  des  quatre  der- 
niers métacarpiens  et  métatarsiens. 

De  6  à  7  ans,  extrémité  supérieure  du  premier  métacarpien  et  des  pha- 
langes de  la  main,  extrémité  postérieure  du  premier  métatarsien  et  des  pha- 
langes du  pied.  —  De  8  à  9  ans,  extrémité  inférieure  du  cubitus,  petit  tro- 
chanCer. 

De  13  à  14  ans,  trochlée,  épicondyle,  tubérosité  antérieure  du  tibia.  ^  De 
15  à  16  ans,  épiphyses  deé  vertèbres  et  de  Tos  iliaque. 

A  16  ans,  épiphyses  marginales  du  sacrum.  —  A  18  ans,  épiphyses  margi- 
nales de  Tomoplate. 

A 19  ans,  épiphyses  de  la  cavité  glénoîde  de  cet  os.  —  A  20  ans,  épiphyse 
de  rextrémité  interne  de  la  clavicule. 

Par  rénumération  qui  précède,  on  peut  voir  qu'aucun  ordre  ne  préside  à 
l'apparition  des  points  primitifs  et  complémentaires.  L'état  osseux,  sous  ce 
rapport,  diffère  beaucoup  de  l'état  cariilagineux.  Dans  celui-ci  tout  est  rapide, 
légolier,  presque  simultané;  à  peine  lachondrine  a-t-elle  paru  dans  une  des 
pièces  du  squelette,  qu'elle  se  montre  dans  les  autres  et  s'en  empare  inté- 
gralement. Dans  la  période  osseuse,  au  contraire,  on  ne  trouve  qu'irrégula- 
rités, que  désordre  apparent  :  dresser  le  tableau  de  tous  les  points  d'ossifica- 
tion dans  l'ordre  où  ils  se  succèdent,  c'est  rappeler  en  quelque  sorte  l'image 
du  cahos.  Ce  tableau  est  utile  néanmoins,  chaque  point  osseux  correspondant 
à  un  âge  déterminé,  et  trouvant  son  application  à  la  médecine  légale.  Il 
pourra  être  consulté  aussi  avec  avantage  par  les  chirurgiens,  auxquels  il  im- 
porte de  connaître  les  épiphyses,  le  moment  où  elles  se  forment  et  celui  où 
elles  se  soudent. 

Quelques  auteurs  n'ont  pas  désespéré  cependant  de  découvrir  la  loi  qui 
tient  Tosaification  sous  sa  dépendance  et  qui  en  règle  la  marche.  —  Les  uns 
ont  invoqué  la  précocité  des  fonctions  :  ils  ont  fait  remarquer  le  développe- 
ment rapide  de  la  mâchoire  inférieure  et  celui  des  côtes.  Mais  la  clavicule 
précède  ces  os  ;  l'humérus,  le  cubitus,  le  radius,  le  fémur,  le  tibia  se  mon- 
trent presque  en  même  temps  et  ils  n'entrent  en  fonctions  que  très-tardive- 
ment. ^  D'autres  avaient  cru  remarquer  que  l'ossification  est  d'autant  plus 
prompte  que  les  os  sont  plus  rapprochés  du  centre  circulatoire.  Les  côtes  et 
la  clavicule  semblaient  plaider  en  faveur  de  cette  opinion  ;  mais  le  sternum 
qui  recouvre  le  cœur  et  qui  devrait  se  développer  le  premier,  est  précédé  au 
contraire  par  les  os  des  extrémités.  —  Le  volume  des  os  semble  seul  exercer 
quelque  influence  sur  l'ordre  d'apparition  des  points  osseux.  Les  grands  os 
des  membres  se  montrent  du  30  au  /ii5*  Jour  de  la  vie  embryonnaire.  Les  os 
courts  du  carpe  et  du  tarse  naissent  tardivement.  Cette  influence,  toutefois, 
est  si  peu  accusée,  qu'elle  mérite  à  peine  d'être  mentionnée. 

On  peut  dire,  d'une  manière  générale,  que  les  os  sont  d'autant  plus  précoces 
dans  leur  apparition,  qu'ils  seront  plus  longs  à  parcourir  les  différentes  phases 
de  leur  développement. 

Le  nombre  des  points  primitifr  constants  est  de  S98  et  celui  des  points 


108  OSTÉOLOGIE. 

complémentaires  de  271.  Pendant  la  durée  de  rostéogénie,  on  o'obsene 
donc  pas  moins  de  579  centres  d'ossification.  Dans  cette  énumération ,  ne 
rentrent  ni  les  points  supplémentaires ,  ni  les  os  sésamoîdes  autres  que  la 
rotule,  ni  les  os  wormlens,  dont  le  chiffre  total  peut  s'élever  jusqu'à  35. 

Tous  ces  centres,  dans  chacune  des  parties  du  squelette,  s'étendent  en 
rayonnant,  se  rapprochent  peu  à  peu  et  finissent  par  se  souder  pour  cooiti- 
tuer  l'os  dans  lequel  ils  ont  pris  naissance. 

A  quelle  époque  s'opère  la  soudure  des  points  primitifs?  et  à  quel  âgeln 
points  complémentaires  se  soudent-ils  aux  précédents?  L'observation  ttteste 
que  sous  ce  double  point  de  vue  les  os  diffèrent  beaucoup  les  uns  des  autres; 
elle  nous  montre  aussi  que  la  marche  de  l'ossification  dans  le  même  os  diffère 
suivant  les  individus.  Trois  faits  généraux,  cependant,  se  dégagent  de  tootn 
ces  variétés  : 

1*  Lorsqu'un  os  se  développe  par  plusieurs  points  d'ossification  primitift, 
comme  l'os  coxal  et  toutes  les  vertèbres,  ceux-ci  se  soudent  avant  que  les 
points  complémentaires  se  montrent. 

2*  Lorsque  l'os  se  forme  par  un  seul  point  primitif  et  deux  on  plosienn 
points  complémentaires,  ces  derniers  apparaissent  d'autant  plus  tôt  qu  ils 
prennent  une  part  plus  importante  à  la  production  de  l'os.  C'est  pourquoi 
Tépiphyse  inférieure  du  fémur  et  celle  du  radius  naissent  toujours  avant  la 
supérieure  ;  Tépiphyse  supérieure  du  tibia  et  celle  de  l'humérus  qui  sont 
plus  volumineuses  que  l'inférieure,  naissent  avant  celle-ci;  c'est  encore  pour 
la  môme  raison  que  les  épiphyses  du  corps  des  vertèbres  naissent  avant  celles 
des  apophyses  épineuses  et  t^ansverscs. 

3*  Dans  les  os,  très-nombreux,  qui  ont  pour  origine  un  seul  point  pri- 
mitif et  un  seul  point  complémentaire ,  la  précocité  des  épiphyses  est  en 
raison  de  leur  volume  relatif;  ainsi  les  épiphyses  des  métacarpiens,  des 
métatarsiens  et  des  phalanges  qui  sont,  relativement  i  l'os,  volumioeoses, 
se  forment  longtemps  avant  celles  des  côtes,  des  clavicules,  des  apophyse 
épineuses,  etc.,  qui  toutes  présentent  au  contraire  un  volume  relatif  eitr^ 
moment  minime. 

Entre  il'époque  à  laquelle  se  produisent  les  épiphyses  et  celle  à  laquelle 
elles  se  soudent,  on  remarque  souvent  une  sorte  de  contraste.  En  général 
elles  se  soudent  d'autant  plus  lentement  qu'elles  sont  plus  précoces,  d'autant 
plus  rapidement  qu'elles  sont  plus  tardives.  Ainsi  l'extrémité  inférieure  do 
fémur  et  l'extrémité  supérieure  du  tibia,  qu'on  peut  déjà  distinguer  à  la 
naissance,  ne  se  réunissent  que  de  vingt  à  vingt-cinq  ans  ;  l'épiphyse  supé- 
rieure du  îpremier  de  ces  os  et  l'inférieure  du  second  se  développent  ipnH 
les  précédentes  et  se  soudent  bien  avant.  Cette  rapide  fusion  des  épiphy»^ 
tardives  est  surtout  remarquable  pour  celles  des  côtes,  des  apophyses  épi- 
neuses, des  apophyses  transversos,  de  l'épine  du  pubis,  de  la  clavicule,  etr. 

Dans  un  travail  présenté  en  1819  à  l'Académie  des  sciences,  sow  1^ 
titre  de  loiê  de  l*(utéogéniêy  M.  Serres  a  résumé  en  quelques  traits  lumi- 
neux le  mode  de  développement  des  os  médians,  des  éminences  et  de» 
cavités. 

D'après  Uhidê  «ym^rié,  tout  os  médian  est  d'abord  double.  Ses  deai  ow- 


DEVELOPPEMENT  DES  OS.  109 

tiés,  en  se  développant  se  rapprochent,  puis  se  réunissent  l'une  à  l'autre. 
Au  début  de  l'ossification,  il  eiiste  en  effet  deux  frontaux,  deux  maxillaires 
inférieurs;  Je  montrerai  qu'il  existe  aussi  deux  vomers,  deux  sphénoïdes, 
deux  ethaioîdes,  deux  atlas,  deux  apophyses  odontoïdes;  toutes  les  apophyses 
épineuses  des  vertèbres  sont  également  doubles.  Des  faits  nombreux  et  po- 
sitifs viennent  donc  confirmer  cette  loi.  Cependant  il  faut  reconnaître  qu'elle 
présente  de  nombreuses  exceptions  :  ainsi  les  vertèbres  naissent  par  un  point 
unique  et  médian  ;  il  en  est  de  même  pour  le  tiers  moyen  et  pour  l'apophyse 
basilaire  de  l'occipital. 

D'après  la  loi  des  iminencesj  toute  saillie  osseuse  a  pour  origine  un  point 
d'ossification  qui  lui  est  propre.  Ici  encore  les  faits  confirmatifs  se  présentent 
en  grand  nombre,  ils  sont  même  plus  nombreux  que  ne  le  pensent  la  plupart 
des  auteurs.  Quelques  apophyses,  cependant,  échappent  à  la  loi  :  tels  sont 
les  apophyses  zygomatiques  et  mastoïdes,  les  condyles  du  fémur,  la  malléole 
interne,  etc. 

D'après  la  loi  des.  cavitéSy  toute  excavation  est  formée  par  la  conjugaison  de 
deux  ou  de  plusieurs  pièces  :  ainsi  se  forme  la  cavité  cotyloïde,  et  quelquefois 
aussi  la  cavité  glénoïde  de  l'omoplate;  tel  est  également  le  mode  de  forma- 
tion de  la  fosse  ptérygoïde,  des  alvéoles  de  la  mâchoire  supérieure,  du  sinus 
maxillaire,  du  sinus  sphénoïdal,  etc.  Le  trou  des  vertèbres  résulte  de  la  con- 
jugaison de  leurs  trois  points  primitifs  ;  le  trou  optique,  le  trou  condyloïdien 
antérieur,  le  conduit  vidien,  le  conduit  alvéolaire,  etc.,  ont  une  origine  ana- 
logue. On  ne  peut  donc  contester  à  cette  loi  un  caractère  de  généralité. 
Comme  les  précédentes,  il  est  vrai,  elle  comporte  beaucoup  d'exceptions, 
parmi  lesquelles  je  citerai  seulement  le  conduit  auditif  interne,  le  conduit 
dentaire  inférieur,  le  canal  médullaire  des  os  longs,  leur  conduit  nourri- 
cier, etc. 

La  marche  de  l'ossification  présente  quelques  différences,  suivant  qu'on 
l'étudié  dans  les  os  longs,  les  os  larges  et  les  os  courts. 

1»  Marche  de  l'ossiftcatioD  dans  les  oa  longs. 

Les  os  longs  se  développent  par  un  point  primitif,  et  par  un,  deux  ou  plu- 
sieurs points  complémentaires. 

U  point  d'ossification  .primitif  a  pour  siège  la  partie  moyenne  de  la  dia- 
physe.  S'étendant  à  la  fois  dans  toutes  les  directions,  à  peine  a-t-il  paru  qu'il 
atteint  la  périphérie  de  l'os,  c'est-à-dire  le  périchondre,  ou  plutôt  le  périoste. 
.V  dater  de  ce  moment,  il  re>ôt  la  forme  cylindrique  ;  sa  longueur  ainsi  que 
son  diamètre  égalent  un  millimètre  dans  les  os  de  petite  et  de  moyenne 
dimension,  conmie  dans  les  plus  grands.  Mais  on  voit  bientôt  la  longueur 
augmenter,  tandis  que  l'accroissement  du  diamètre  au  début  est  presque 
nul.  Les  diaphyses  ont  donc  pour  attribut  caractéristique  la  précocité  de  leur 
développement  et  l'extrême  rapidité  de  leur  allongement.  Vers  le  milieu 
du  quatrième  mois  de  la  vie  fœtale,  toutes  ont  paru  ;  et  la  plupart  s'étendeat 
déj.i  jusqu'aux  extrémités.  Aucune  épiphyse  ne  s'est  encore  montrée. 

I>ans  les  os  longs  du  deuxième  et  du  troisième  ordre,  le  point  central  qui 
produit  la  diaphyse  est  animé  d'une  telle  puissance  d'extension,  qu'il  forme 


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'"  '  *^     *^     •  Ecr  7*«.  d»  pbal.  «ta  p  *-1 
'  ■     ''  '  ^  lEisrjscT  dKl*'iDftac«rp>i 

^  ■  "^   '       ÎEi3r.|MLAil«^iiiÀater^£ 

«  EiElr.  ixf .  àm  rabiots. 
^  *  "*""  '  *     #  IV«s  trorhaner. 

J>«  yjL\Vk  tfJBX^'thnestJBîn  pKXkrip&n  à»  atrêstiès  en  oocapent  k 
»^j:tK,  \ik  I  évruàe:.!  «s  nj^i&2i&nl  dfcit»  Icsk  ksMBi.  L  épif^iTie,  par  coch 
•^•>-.-*-  M:  j#orU:  t  la  nzïfjJLM^  de  a  d**phj«:  k  cartilage  qui  les  séparf 
!  v\a^.  4t  l  ik-^tre  ^«nkrat  aiaâ  de  ploi  es  phis  mnice.  CtaX  anx  dépens  de  ce 
*jtr,.^»:  ^'jtl'jtk  MXToh  en  looroeor. 

>>rr'>tu««ibr«f  €«  tc/fL^itevr.  ^  Lfê  dlapbvses  s  «ocroiasent  en  longueur  par 
•^vn  ^'tt/érxi^téi.  î^uhany-l.  le  premier,  a  oonstalé  expérimentalement  ce 
î»/  .sjjyjfUiiU  \jt  16  ooiembre  17i2,  il  fit  choix  poor  son  expérience  d'un 
y/'.  ^  d^  Kl  temsilnet.  Le  tibia  de  ce  pc»ulet  a^ait  deox  pouces  de  longueur. 
Ou  h*-  yvjk  0m  ir^Ài  pr.ints,  fitué*  :  le  premier,  à  un  demi^uce  ao-^desMu 
<*•  w/'t  ^'tUftsûté  inférieure,  le  second  à  un  demi-pouce  au-dessus  du  premii?. 
U  U'^.f.é'Tnf,  k  un  demi-pouce  au-deâ$u$  du  second  et  à  un  demi-pouce  au«s4 
$tf^  <»'*H,i%  d*- 1  eitrémité  supérieure.  Los  se  trouvait  ainsi  di\isé  par  les  tr  a 
U',.%  #-rj  quatre  parties  égales;  uu  fil  d  argent  introduit  dans  chacun  d  oui 
•  u  [,f(-\\n\  1  oblitération.  1^  poulet  fut  tué  le  7  novembre.  Mesuré  de  ni-:.- 
^^h'i ,  Xa  fibia  s  était  allongé  d'un  pouce.  Son  quart  inférieur  avait  augmer.** 
d^.  If'/»»  lijrnes  et  le  supérieur  de  neuf;  les  deux  quarts  moyens  avaient  cnn- 
»^n^  b'fjr  longueur  primitive  (1).  Ilunter  fit  la  même  expérience  et  ol^nt  \ 
Umitiê*  n'MjJiat  (2).  L'un  et  l'autre  ont  donc  très-nettement  reconnu  que  U 
dM;,h  jm;  I  allonge  par  ses  extrémités. 

1,  IHiUmH,  Mém.  de  tÀcad,  des  jk.,  1743,  p.  137. 

i,  fUoUr,  Œuvres  complètes,  traduites  par  Ricbelot,  t.  !•',  p.  2^5. 


DEVELOPPEMENT  DES  OS.  lii 

Mais  tous  deux  pensaient  qu'elle  s'allonge  par  extension  de  son  tissu.  Sous 
ce  point  de  Tue  ils  se  trompaient.  M.  Flourens  a  rigoureusement  démontré  que 
ce  tissu  ne  présente  jamais  aucun  allongement.  En  fixant  des  clous  d'argent 
dans  le  corps  du  tibia,  il  a  constamment  vu  la  distance  comprise  entre  les 
clous  rester  invariable.  Cette  observateur  a  démontré  en  outre  que  lorsqu'on 
place  un  clou  dans  l'épiphyse  et  un  autre  dans  la  partie  correspondante  de 
la  diaphyse,  ces  deux  clous  s'éloignent,  et  il  a  établi  avec  raison  que  l'ac- 
croissement en  longueur  du  corps  de  l'os  se  fait  par  addition  de  couches  nou- 
velles à  ses  extrémités  (1).  Cette  conclusion  aujourd'hui  n'est  plus  contestée. 

Le  mécanisme  intime  de  cet  accroissement  nous  est  déjà  connu.  Nous 
avons  vu  que  sur  la  limite  de  l'os,  les  cellules  du  cartilage  augmentent  consi- 
dérablement de  volume,  qu'il  y  a  génération  de  cellules  nouvelles  et  que  les 
mollécules  osseuses  se  déposent  dans  la  substance  qui  entoure  ces  cellules  ; 
ce  n'est  donc  pas  l'os  qui  s'accroît,  mais  bien  le  cartilage;  aussi  dès  que  la 
totalité  de  celui-ci  a  été  envahie  par  l'ossification,  l'os  cesse-t-il  de  croître  en 
longueur.  —  Toutes  les  causes  qui  peuvent  contribuer  à  ralentir  cet  envahis- 
sement et  qui  laisseront  aux  cellules  du  cartilage  le  temps  de  se  multiplier, 
auront  par  conséquent  pour  effet  d'allonger  la  stature.  Les  individus  chez  les- 
quels l'ossification  marche  d'un  pas  trop  accéléré,  sont  petits  ;  si  elle  est 
excessivement  rapide,  Hs  restent  à  l'état  de  nains.  Ceux  chez  lesquels  elle 
s'opère  lentement  sont  d'une  taille  élevée,  et  peuvent  devenir  des  géants,  si 
elle  subit  un  ralentissement  considérable. 

Soudure  des  ipipkytes.  —  La  réunion  des  points  complémentaireS|  ou  sou- 
dundesépiphysesj  n'est  nullement  en  rapport  avec  l'ordre  qui  avait  présidé  à 
leur  apparition.  En  général,  les  épiphyses  qui  se  montrent  tardivement  sont 
la  plus  promptes  à  se  réunir.  Lorsqu'un  os  long  en  possède  deux  ou  plu- 
sieurs, celles  qui  avaient  paru  les  premières  se  soudent  les  dernières.  C'est 
ce  qui  a  lieu  pour  l'humérus,  le  cubitus,  le  radius,  le  fémur  et  le  tibia.  Le 
péroné  seul  fait  exception;  son  épiphyse  inférieure  parait  avant  la  supé- 
rieure et  se  soude  aussi  avant  elle. 

Dans  un  mémoire  lu  à  l'Académie  des  sciences ,  en  iSd/k ,  A.  Bérard  a 
démontré  que  dans  les  os  longs  qui  se  développent  par  trois  points  d'ossifi- 
cation, un  pour  le  corps  et  un  pour  chaque  extrémité,  c'est  l'extrémité  vers 
laquelle  se  dirige  le  conduit  nourricier  qui  se  soude  la  première  avec  le  corps. 
Ainsi  au  membre  supérieur,  le  conduit  nourricier  de  l'humérus  se  dirige  de 
haut  en  bas  vers  le  coude,  et  ceux  du  radius  et  du  cubitus  de  bas  en  haut  ou 
vers  le  coude  aussi;  or,  dans  ces  trois  os  l'extrémité  qui  correspond  à  cette 
articulation  se  soude  à  la  diaphyse  plus  tôt  que  celles  qui  se  dirigent  vers 
Tépaule  et  le  poignet.  Au  membre  inférieur,  la  direction  des  conduits  est 
inverse;  ils  s'éloignent  du  genou;  et  l'on  voit  la  réunion  des  épiphyses  se 
Caire  d'abord  en  haut  pour  le  fémur,  et  en  bas  pour  le  tibia  et  le  péroné. 

Le  même  auteur  fait  remarquer  aussi  que  dans  les  os  longs  qui  se  déve- 
loppent par  deux  points  d'ossification,  l'un  pour  une  des  extrémités  et  l'autre 
pour  la  deuxième  extrémité  et  le  corps,  c'est  l'extrémité  vers  laquelle  se 

'D  Plourens,  Théoftê  expérimeni.  de  h  formoUon  de»  ùs,  iW,  p.  1&5,  pi.  V,  fig.  3. 


112  OSTÊOLOGIE. 

dirige  le  conduit  nourricier  qui  s'ossifie  conjointement  avec  le  corps.  En 
effet,  dans  le  premier  métacarpien  et  le  premier  métatarsien  le  conduit 
nourricier  se  dirige  vers  les  phalanges,  et  il  y  a  absence  d'épiphjse  à  leur 
extrémité  phalangienne  ;  dans  les  quatre  derniers  métacarpiens  et  naétatar- 
siens,  ce  conduit  se  dirige  du  c6té  opposé  aux  phalanges  :  même  absence  d'épi- 
physes  dans  l'extrémité  carpienne  des  premiers  et  tarsienne  des  seconds.  Duu 
toutes  les  phalanges,  le  conduit  se  porte  vers  l'extrémité  unguéale  :  ici 
encore  point  d'épiphyse  à  cette  extrémité. 

La  réunion  des  épiphyses  a  lieu  un  peu  plus  tôt  chez  la  femme  qoe  chex 
l'homme.  Chez  la  première,  toutes  sont  soudées  à  vingt-deux  ans.  Chez  le 
second,  les  dernières  ne  se  soudent  quelquefois  qu'à  vingt-trois,  vingt-quatre 
et  même  vingt-cinq  ans.  —  Ces  dernières  épiphyses  sont  :  l'extrémité  sapé- 
rieure  du  tibia  et  l'extrémité  inférieure  du  fémur  d'une  part,  l'extrémité 
supérieure  de  l'humérus  et  l'extrémité  inférieuie  du  radius  de  l'autre.  Celle 
du  tibia  disparait  d'abord,  puis  celle  du  fémur,  celle  de  l'humérus  ensuite,  et 
enfin  celle  du  radius.  Les  os  longs  du  membre  inférieur  arrivent  donc  au 
terme  de  leur  développement  un  peu  avant  ceux  du  membre  supérieur  chex 
la  plupart  des  individus. 

Après  la  soudure  des  épiphyses,  la  longueur  des  os  n'augmente  plus.  Or 
cette  soudure  est  complète  à  vingt-cinq  ans,  et  la  ftature  cependant  conti- 
nue à  croître  jusqu'à  vingt-huit  ou  trente.  Gonoment  s'opère  cet  accrois- 
sement, auquel  le  système  osseux  ne  peut  plus  contribuer?  On  ne  saurait 
invoquer  ici  que  les  cartilages  articulaires  et  les  disques  intervertébraux  ;  ces 
derniers  surtout,  dont  l'évolution  sans  doute  est  plus  tardive  que  celle  des  o». 
et  qui  augmentent  encore  d'épaisseur  lorsque  ceux-ci  ont  déjà  acquis  leur 
longueur  définitive. 

Accroissement  en  épaisseur,  ^  Dès  que  le  tissu  osseux  se  trouve  en  contact 
avec  le  périoste,  une  couche  de  blastème  se  dépose  à  la  surface  interne  de 
celui-ci  ;  nous  avons  vu  qu'aux  dépens  de  ce  blastème,  sans  cesse  reproduit, 
se  forment  des  couches  osseuses  nouvelles  et  que  ces  couches  se  sopeqKisent 
au  noyau  primitif. 

Pendant  que  ce  travail  s'accomplit,  les  mollécules  osseuses  occupant  l'axe 
de  la  diaphyse  sont  résorbées  en  totalité  ;  et  sur  toute  la  longueur  de  cet  aie 
on  voit  naître  un  canal  dont  la  capacité  augmente  progressivement.  Deiu 
mois  après  leur  apparition,  les  diaphyses  qui  s'étaient  formées  aux  dépem 
du  cartilage  sont  déjà  résorbées.  A  celles-ci  ont  succédé  les  canaux  médul- 
laires qui  en  tiennent  la  place,  et  des  diaphyses  nouvelles  émanées  de  U 
face  profonde  du  périoste.  Bientôt  les  couches  osseuses  de  formation  récentif 
sont  résorbées  à  leur  tour. 

Des  phénomènes  inverses  se  passent  donc  au  dehors  et  au  dedans  da  oorpf 
de  l'os.  Au  dehors,  il  y  a  production  continue  de  couches  nouvelles  qni  k 
superposent,  en  sorte  que  la  dernière  formée  embrasse  toutes  les  antre?. 
Au  dedans  il  y  a  dcf traction  des  couches  les  plus  anciennes;  et  comme  le» 
premières  se  forment  plus  rapidement  que  les  secondes  ne  se  détruisent,  les 
parois  des  canaux  médullaires  augmentent  d'épaisseur  en  même  temps  que 
ceux-ci  augmentent  de  capacité. 


DKVELOPPEMENT  DES  l)S.  Il3 

Ainsi  se  produisent  et  s'agrandissent  ces  canaux  ;  ainsi  s'accroit  le  dia- 
niî'tre  des  os  longs.  Cet  accroissement  ne  se  termine  qu'à  vingt-huit  ou 
(renie  ans,  chez  la  femme  ;  A  trente-cinq  ou  quarante  ans  chez  l'homme.  Les 
M«,  par  conséquent,  continuent  de  croître  en  grosseur  longtemps  encore 
uprùs  qu'ils  ont  cessé  de  croître  en  longueur. 

Historique.  —  En  17/id,  Duhamel  attribua  l'accroissement  des  os  eu  dia« 
iii'trc  à  deux  causes  :  1*  à  des  couches  nouvelles  émanées  du  périoste,  qui 
tionnalent  une  épaisseur  de  plus  en  plus  grande  aux  parois  des  canaux  mé- 
dullaires; 2*  à  l'extension  de  ces  parois  ,  qui  avait  pour  conséquence  Télar- 
gi$:>emcnt  des  canaux  (1).  De  ces  deux  causes,  la  première  était  réelle;  la 
^e^ondc  n'était  qu'une  illusion  à  laquelle  Taiiteur  fut  conduit  par  une  expé- 
rience d'ailleurs  très-ingénieuse.  Il  avait  enroulé  i|utour  de  l'os  d'un  pigeon- 
neau un  fil  d'argent  ;  quelque  temps  après,  l'animal  fut  sacrifié  et  Ton  trouva 
i  anneau  métallique  dans  le  canal  médullaire.  Selon  Duhamel,  les  parois 
du  canal  s'étaient  dilatées,  et  l'anneau  mettant  obstacle  à  leur  extension, 
tlles  s'étaient  coupées,  puis  ensuite  réunies  en  dehors  de  l'anneau.  Mais  cette 
iiilerprétation  n'était  pas  exacte  ;  l'anneau  était  arrivé  jusqu'au  canal  médul- 
laire, parce  que  toutes  les  couches  qui  l'en  séparaient  avaient  été  résorbées, 
tandis»  que  d'autres  couches  de  formation  nouvelle  l'avaient  recouvert  en  se 
superposant. 

Eu  1772,  Hunter  reconnut  avec  Duhamel  qu'une  substance  osseuse  nou- 
H'ile  s'ajoutait  à  la  surface  externe  de  l'os  ;  mais  il  remarqua  en  outre  qu'une 
(j'jaatité  proportionnelle  de  tissu  osseux  était  enlevée  à  leur  surface  interne  (2). 
Il  a  donc  signalé  le  premier  la  véritable  cause  de  l'agrandissement  des  canaux 
médullaire:». 

Eu  iB47,  M.  Fiourens  a  repris  l'étude  du  même  sujet.  Ses  expériences 
plus  nombreuses,  plus  précises  et  plus  concluantes  que  celles  de 'Duhamel 
et  de  Hunter,  ont  définitivement  établi  que  l'os  croit  en  épaisseur  par  super- 
pt)»ition  de  couches  nouvelles,  et  que  son  canal  médullaire  croît  en  capacité 
par  résorption  des  couches  anciennes.  Pour  prouver  que  ce  canal  ne  subit 
aucune  extension,  M.  Fiourens  a  entouré  Tos,  non  d'un  fil  de  métal,  mais 
<i  une  lame  de  platine.  Le  résultat  a  été  semblable  à  celui  qu'avait  obtenu 
iKihamel.  La  lame  de  platine  est  tombée  aussi  dans  le  canal  médullaire  ;  des 
Couches  nouvelles  l'avaient  recouverte,  et  les  couches  qu'elle  embrassait  dispa- 
raissant, elle  était  arrivée  jusqu'au  canal  sans  effort  et  sans  rien  diviser  (3). 

2^  *^  Marche  de  rossiflcation  dans  les  os  largos. 

1  i'â  OS  larges  sont  très-peu  nombreux,  puisqu'on  n'en  compte  que  treize 
<laii$  le  squelette,  huit  à  la  tête  et  cinq  au  tronc.  Dans  ce  nombre,  il  en  est 
quatre,  les  pariétaux  et  les  deux  omoplates,  qui  ont  pour  origine  un  seul 
I)«>int  d'ossification  primitif;  deux  qui  naissent  par  deux  points  primitifs,  le 
froutal  et  le  vomer;  quatre  qui  naissent  par  trois  points,  les  temporaux  et 

1/  Dabamd,  M^m.  de  fAcad.  des  se.,  1743,  p.  100. 
î'  Hanirr.  Œuvres  complHexy  iradaites  par  Richrlol,  t.  IV,  p.  411. 
•i   Flourenii,  Throrxe  CJ-i^érimentaie  de  la  formation  des  os,  1847,  p.  23. 
t.  8 


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k's  o>  ili.i([ii('- ;  un  «iiii  «mi  [tl■t''^('Ilî('    ciiH],    I  oci-ipilnl  :  tiii   <|iii  vu   piT-^'M 
urdiiiairi'iiu'iil   >i\.  le  -(•■iiiinu  ;  «•!  nii  fiiliii  «jiii  n  en  jnt-^rdc,   pas   inuiii- i! 

ilnll/O,    I»'  ."•|.ll(''Iln,.ii-. 

Sur  «-■(.'  ii<iiiii»i(',  .-cj»!  Mdii    n-dniN  il  hui-  |)..iii(<  j»i  ijiiiliU,  cl  si\,  iinU-;- 
(laiil^  «]•'  ('i'ii\-ci,  iHi-M'iicii(  un  mu  jiliiMfMi-  jtiM.il-  C'iii'iiK'Uii'nlaiii's:  cr  ^"i  .  : 
\c  bUji'iiuni  (jui  11  t'u  ])  .--'Ut'   i;.i  uu.  Ir  .nili.'Uniiii'  (jui  i  n   ^  druv,   \rz  "ii. 
l)lale?  qui  eu  oui  «juali.',  ri  it'^  o-  il'  .1  (.i'.-  .;ui  i-u  cui  i  !ii'{. 

l.cri  li{»iul>  [U'iniKifs  ><•  U<''\;'l(ii»it>'!iî  mun-uiI  «icuv  iinxifs  lr('--fl!nV'!'nh. 
haiir^  l^^  urî  lai^is,  (|ui  niil  |iniii'  01  i^ii.,'  un  c^illla-'c,  c  «uniio  ('tMi\  du  Inin  . 
le  point  priiiiilil"  icprrM'Ul.-  uu  [n-Wi  î'i-ijic  uclU'uicui  liniil»',  dont  la  cin  •  n- 
IV'i'cuco  s'a.i:randil  uiadiicilt'inciU,  {'i\  (•MUM'i\a!il  fonjoiir^  uu  contrKn'  H"-ii- 
licr,  dune  cpais-rur  r-alc  à  tclîo  du  c.'ulic.  -  -  Wnw^  \v<  n^  (|ui  uni  \in\\v  (mm- 
uinc  un  ida>li'iut'  r«'i)audu  ilaii--  U'it'  i  1  .nui'  !iUC(Ui-(',  i  niuuit'  cruv  df  la  \(>i.'. 
(lu  L'i'.uH',  \c  point  [uinulii  iUotU'  u.ii'oid  ia  m.'Uh'  U  un  ii'-o.iu  d-.ni  '■  ■ 
niaill«'s  M.'  ri'ï-(MT(ud,  |nii.-  -r  conudi-u'  .ui  (tinii'  Ur  c'un-i-i.  lie  ci-lk"  |m''  ■ 
ct'UiraK'  uienil^raiiiloi  m.'.  iiai--cu;  or-  iii.'dia!i(ai>  ou  aijuilliT  (,--.  o-.-. 
(•oUipari'('>  [»ai  If-  aiirii-n-  au\  dciil-  o  uu  (ici-uic,  ii-r-nli  niia.-  (|Im  -  .ilÎMii.fU 
de  l>lu^  on  [)li.s  vi  qui  -  «'»  ai  uuil  ru  ^f•  iiiii;jraui  nci-  la  rii(  .infciTUro  (i.  I  .- 
A  iDcsurL'  que  rc- .ULiuiili--  .-c  pud-injcut  ri  >r(ai(('UÎ,  d  auli'c-  >a\anr«'iii 
dans  leur-  iulrrv.-dli'-.  I.n-pn'ud  .dn-;  ,,-•.;  ,1  ;.,  i.  jdu-  ilr  lariu'ur.  d  fpai^- 
<(,'iu'  vX  d(;  .-^olidilf.  i;ji,d>  (''.  i)'-i~(.iuL  \<'iv  >«»u  cculio.  il  -  aiuiucit  ijiadrh.îl.  - 
ini'iil  d«'  cidui-ci  \tus  la.  rii  (  oulci .  l'Cc. 

Iji  h  l'IcudaiU  p. Il'  \t'i'  uc  I  ayMnicnit  ni,  :  c-  (»->«•  i'a|»|n-(»(  lioul .  Arti\o-  a.. 
l'nulacl,  il>  «•(luliuuciil  Cl.  nr  a  lasonu.'r  ;  .'U  I.--  Miil  al'»!^  so  pidu'licr  ]i  i" 
Icui*  cirt  <in!<'i  t'U(  o,  n-  |'.  ,  1  n--  '-ai  II  oii.-  .|.  '  un  l'iao!  1  c.  u».-  dau'-  lo-  ]rnti'  - 
rcldraulc  >  tli'  l.iuli...'i  1  .■-  1,'j  ■'.;.  (  n,.  .,;.  i.-'iu  U;nUf  do  di'Vci'qqH-inouî  .1 
dont'  [»'>ui'  «'llol  i\i'  i.  ui   jM'i  nj  'i;  10  ...•  -  n.oi  m  ^  cii-i-i  uani  par  loui .-   it-a-i-. 

\oirli'  -ivioui"'  .  I  ■•-  ■..•  \  io  jioiM-n.",iui',  oai-  Ir-  p  duS  j)iiiiiilil-  i-ii! 
jjaiu  :  et  «pudipn.-  nn  -.  t  1.1  nu  (  mx  .lu  cr,  ne,  oui  di'j  t  pi  i-  tiw  icniai'quaM» 
d(.'\ol(qj[M'Uiou{.  A  i..  n...  -.UKo.  i  o  d.'inict-  .-oni  a--r/,  dos  ido[q)«''>  ]M.iii"  -< 
IoulIioi' [lar  l.i  pai  !:.•  1..  ^y nu"  i\i-  1.  ur-  Ix-icU  ;  il-  ne  ç.int  [i\\[y  siqiarr-  1<'- 
un-  dcri  autris  (pi. m  n.\.',i;i  do  ioni.- .ui .  lo-  on  j.ui  rnuai  ((uo  dos  o-q>ai.i'- 
nu-ndu'auoiu  .q»po'o:^  juninnUcs, 

lai  ('\aniinaul  a\rc.  ailonlimi  le-  n-  l-nuo-  ipii  o\i-loul  a  rollo  (qMujU(\  <  u 
l'iMuarquo  qu  il-  uo  mmi!  imo  m  lue-  ipio  pa.c  loui'  (Hiiclio  luoNouno  ;  lo>  l.ddi'- 
([ui  ii'('>u\rir.  ail  «  (  1|.  •  i  ;  ,1  uiu  ;,i~  .'Ui'ac  pai  u  ;  c  o>t  pourquoi  leurs  >ur- 
\d(\\T  ^out  al.ir-  iiH'Lah -,  1  iijuru.-..^ .  «  lililror  <\v  d.'pri'v>ious  (jui  rtqur- 
si'utoiit  an'anl  do  p.'Iiio-  roll-i!..'-  .•..  m'.'mÎ,  -.  |..-  o-  lar,Jo>,  >ous  i c  point  il'' 
vuo,  dilVcr-'nl  iM'aui'aij»  ù<'-  ••-  Inn  .-. 

i.cs  [tulul-  «'.MUidini«!Ulair.'.-  -c  .i"\o!..pi..'nl  Lu  (li\  ouifin.  I.a  priucipa!- 
,-p[diN-i'  ^\*'  1  "Ui  -pliU-  ■.'  iii  ailir  il  i'^(  \iai  il(  quiii/o  a  di\-hui(  ninj-;  mai- 
touli'-  II'--  aiiti'i'-  op;.il.\-.'-  u  aji,.;.'.' u-~  ni  .,n.'  il  •  d  u/o  a  -.  i/.'  ans,  —  l'aïuu 
collc^-ri,  !••-  p'u  '  imiai  ipialdr-  -.  ni  .  .'II.'-  ijui  .ticupriit  le  hiud  dos  «»>.  d  <  '. 
lo  unui  d  .'/-/////'/s/'s  /;.  'I'Hiki'.-  s  ;//.'  //  j-.,,  il. »rd;  (pli  loui'  a  oir  dofuio.  ldlo>  -i'ii! 
,ui\  o>  l;u  ,-('-  l'o  (pio  l..-  opi[di\  -">  l.  1  uiiualo-  -.ail  .111  \  o.-  ionu^J.  o>t  au\  dcju  .1- 
du  oarlila^o  laniquas  oniro  «dk--  ci  lo-  (Maul-  d  i.--ilic.iiiou  |U'iinilir>  ()uo  I  "- 


DEVELOPPEMENT  DES  OS.  115 

s  étend  en  largeur.  Lorsque  ce  cartilage  est  ossifié,  l'os  a  acquis  toute  l'éten- 
due superficielle  qu'il  doit  avoir.  Mais  le  périoste  sécrétant  des  couches  de 
formation  nouvelle  par  sa  face  profonde,  il  continue  pendant  quelque  temps 
eucore  à  augmenter  d'épaisseur. 

30  •—  Marche  de  l'ossification  dans  les  os  courts. 

Parmi  ces  os,  ceux  qui  occupent  la  ligne  médiane  sont  rapidement  envahis 
par  les  sels  calcaires  ;  tous  les  points  d'ossification  primitifs  des  vertèbres  ont 
paru  à  la  fin  du  quatrième  mois.  Les  os  courts  situés  à  droite  et  à  gauche  de 
cette  ligne  sont  en  général  plus  tardifs  dans  leur  développement.  La  plupart 
d'entre  eux  ne  commencent  à  s'ossifier  que  de  la  première  à  la  cinquième 
année. 

Les  médians,  qui  présentent  trois  points  primitifs,  ont  en  outre  cinq  points 
complémentaires.  Les  latéraux  se  développent  par  un  seul  point  primitif  et 
ne  possèdent  aucun  point  complémentaire  ;  le  calcanéum  seul  fait  exception; 
il  présente  constamment  une  épiphyse. 

La  marche  de  l'ossification  dans  les  os  courts  est  d'autant  plus  rapide  que 
Ks  points  primitifs  ont  été  plus  lents  à  paraître.  Les  latéraux,  qui  se  montrent 
l"nj:lemp3  après  les  médians,  arrivent  à  leur  complète  évolution  bien  avant 
reux-ci.  Dans  ces  derniers,  les  épiphyses  ne  se  forment  que  vers  la  cinquième 
tinnt^e  et  se  soudent  à  seize  ou  dix-sept  ans. 

Arrivés  au  terme  de  leur  ossification,  ces  os  continuent  à  augmenter  de 
V)lume,  par  suite  de  la  superposition  de  couches  nouvelles  émanées  du  blas- 
trme  sous-périostique.  Mais  A  mesure  qu'une  couche  nouvelle  se  forme,  l'au- 
nnuw  est  en  grande  partie  absorbée,  en  sorte  que  le  tissu  osseux  passe 
presque  aussitôt  de  l'état  compacte  à  l'état  spongieux. 

L  étude  des  phénomènes  qui  se  passent  dans  les  os  longs,  les  os  larges  et 
le?  o»  courts,  pendant  la  longue  durée  de  leur  développement,  démontre 
donc,  en  définitive,  qu'ils  sont  soumis  à  un  mouvement  continu  de  compo- 
st ion  et  de  décomposition.  Nulle  part  ce  double  mouvement  n'est  plus  accusé 
que  dans  le  tissu  osseux.  De  plus,  il  ofl're  ici  ce  caractère  exceptionnel  que 
chacun  des  actes  qui  le  constituent  affecte  un  siège  spécial  ;  le  premier  occu- 
pant les  parties  superficielles,  et  le  second  les  parties  profondes.  Pour  le 
mottre  dans  toute  son  évidence,  il  suffit  de  colorer  les  os  d'un  jeune  animal 
en  mêlant  à  ses  aliments  de  la  racine  de  garance  pulvérisée. 

Belchier,  chirurgien  anglais,  dînant  chez  un  teinturier,  avait  remarqué 
que  les  os  d'un  morceau  de  porc  frais  qu'on  avait  servi  étaient  rouges.  U 
apprend  que  cette  coloration  était  due  à  la  racine  de  garance  ;  et  quelque 
temps  après  il  mêla  de  la  poudre  de  cette  racine  à  la  nourriture  d'un  jeune 
o>q  ;  ses  o?  prirent  en  efl'et  une  couleur  rouge. 

L'observation  du  chirurgien  anglais  ayant  attiré  l'attention  de  Duhamel, 
(et  observateur  nourrit  à  son  tour  plusieurs  animaux  avec  des  aliments  aux- 
quels était  mêlée  de  la  poudre  de  garance;  il  obtint  des  résultats  analogues. 
Va  expériences  et  celles  qui  ont  été  faites  après  lui  par  un  grand  nombre 
d  auteurs  nous  ont  appris  : 


116  OSTEOLOGIE. 

i®  Que  la  garance  communique  une  coloration  rouge  à  tous  les  o^,  et  aii\ 
os  seuls  ; 

2^  Uue  lorsqu'on  a  soumis  un  jeune  animal  au  régime  de  la  garancv,  si  i»n 
le  sacrifie  quelque  temps  apr(!>S;  les  os  longs,  transversalement  divisés,  pré- 
sentent sur  la  surface  de  section  un  cercle  blanc  qui  répond  au  canal  médul- 
laire, et  un  cercle  rouge  qui  répond  au  périosle  ;  le  premier  reprcMMiU 
Tenscmble  des  couches  qui  existaient  avant  l'expérience  ;  le  second,  1  ni- 
semble  des  couches  qui  se  sont  formées  pendant  la  durée  de  celle>ci  ; 

3®  Que  si,  apri^'s  avoir  mis  Tanimal  au  régime  de  la  garance,  on  le  renu  t 
au  régime  ordinaire  pour  reprendre  ensuite  la  garance  et  revenir  encoro  a  \ 
régime  habituel,  la  surfac(>  de  section  présente  quatre  cercles,  un  cenif 
blanc  intérieur,  un  cercle  rouge,  un  second  cercle  blanc,  puis  un  secoml 
cercle  rouge,  qui  correspondent  chacun  au  régime  auquel  l'animal  a  ctt 
alternativement  soumis  ; 

/j*»  Que  cette  correspondance  des  deux  ordres  de  cercles  a\ec  les  dta\ 
modes  d'alimentation  n'a  lieu  que  pendant  un  temps  assez  court  ;  le  cen  !• 
le  plus  rapproché  du  canal  médullaire  disparaissant  bientôt  par  voie  d  ab- 
sorption, et  les  autres,  après  une  durée  variable,  pouvant  également  di>(>a- 
raitre  d'une  manière  successive  ; 

5^  Que  la  coloration  des  os  est  d'autant  plus  vive  et  d'autant  plus  rapide 
que  l'animal  est  plus  jeune  ; 

6»  Que  cette  coloration,  alors  même  qu'elle  est  Irès-inlenso,  n'osât  jam»i- 
tout  à  fait  complète.  Dans  les  couches  rouges  on  aperçoit  çà  et  là  de»  [Kir::- 
cules  blanches,  et  dans  les  couches  blanches  des  particules  rouges  :  ta. 
important  signalé  ifurtout  par  MM.  Brûlé  et  Hugueny,  qui  démontre,  ain- 
que  le  font  remarquer  ces  auteurs,  qu'indépendamment  du  travail  «!•- 
résorption  qui  emporte  les  couches  anciennes,  il  se  produit  sur  une  muUit  j«!' 
de  points  des  résorptions  partielles  ; 

T*  Que,  chez  les  animaux  adultes,  les  os  ne  se  colorent  plus,  ou  du  aïoin- 
8C  colorent  à  peine  et  seulement  dans  quelques-unes  de  leurs  parties. 

La  matière  colorante  de  la  garance  permet  donc  de  suivre  en  quelque  ?<•::. 
pas  à  pas  la  superposition  des  couches  nouvelles  à  la  périphérie  des  u>.  c 
la  destruction  des  couches  ancienne»  sur  leur  surface  interne.  Mais  ce  d«KÙ» . 
mouvement  qui  a  pour  but  leur  accroissement  et  ragrandis>euient  tï-  • 
canaux  médullaires  n'e^it  pas  le  seuj.  11  en  evitte  un  autre  bien  diiïcn  • 
qui  se  passe  dans  tous  les  points  de  leur  épais^^eur  et  qui  se  lie  ii  la  nutrili* 
Le  mouvement  d'accroissement  cesse  de  trente-cinq  à  quarante  ans;  le  ubi.- 
vement  nutritif  se  ralentit  sous  l'influence  des  progrès  de  IVige,  mais  u- 
cesse  qu'avec  la  vie. 

ééveloypcmeat. 

Lorsque  les  os  ont  acquis  leur  plus  grande  épaisseur,  le  blastème  s»'i- 
périostique  disparaît,  et  le  travail  de  reproduction  qui  avait  pour  iu^vv  li 
périphérie  de  l'c^s  se  trouve  suspendu  d'une  manière  complète  et  déBniti>f 
Mais  le  travail  de  résorplion  qui  s'opère  aux  dépens  des  parties  profotid •* 


DEVELOPPEMENT  DES  OS.  117 

t*onh'nue  et  se  prolonge  jusqu'au  terme  de  l'existence.  De  là  des  modifi- 
latioos  d'abord  à  peine  sensibles,  qui  présentent  plus  d'importance  à  mesure 
que  nous  avançons  en  âge. 

Dans  les , os  lonys,  la  résorption  s'opère  ù  la  fois  sur  les  parpis  du  canal 
médullaire  et  aux  deux  extrémités  de  ce  canal,  c'est-à-dire  sur  le  tissu  com- 
pacte et  sur  le  tissu  spongieux.  Il  en  résulte  que  tous  les  canaux  médullaires 
anprmentent  progressivement  dé  calibre  et  de  longueur.  J'ai  pu  comparer 
récemment  le  fémur  de  trois  femmes  dont  Tune  avait  vingt-huit  ans,  l'autre 
wixanteet  dis,  et  la  plus  âgée  quatre-vingt-douze  :  sur  la  première,  l'épaisseur 
iWi  parois  du  canal  médullaire,  dans  sa  partie  moyenne,  était  de  5  à  6  milli- 
mi^tres;  elle  se  trouvait  réduite  à  U  chez  la  seconde,  et  à  2  chez  la  troisième. 
<.h<»z  cette  dernière,  le  canal  médullaire,  d'une  capacité  énorme,  s'étendait 
en  bas  jusqu'au  niveau  de  la  poulie  fémorale,  et  en  haut  jusqu'au  col  du 
f«*inur.  —  Dans  les  premiers  temps  de  la  vieillesse,  la  résorption  paraît  avoir 
reniement  pour  effet  d'amincir  les  parois  de  ces  canaux.  Jusqu'à  soixante- 
quinze  ou  quatre-vingts  ans,  celles-ci  se  composent  uniquement  du  tissu 
rompacte  ;  à  cet  dge,  la  résorption  devient  si  active,  qu'elle  attaque  toutes 
lis  couches  profondes  de  ces  parois  déjà  si  amincies. 

Dans  Us  os  larges,  il  se  passe  des  phénomènes  analogues,  mais  moins 
aiYu>és.  C'est  d'abord  sur  le  tissu  spongieux  que  s'exerce  l'absorption  ;  les 
Irdbécules  de  ce  tissu  s'amincissent  ;  les  cellules  deviennent  plus  grandes  ; 
t'ilos  communiquent  plus  largement.  A  soixante-quinze  ou  quatre-vingis 
ans,  ce  travail  de  destruction  s'étend  du  tissu  spongieux  à  la  face  interne  des 
l-iUos  de  l'os  qui  s'amincissent  et  qui  en  même  temps  se  rapprochent,  d'où 
il  >uit  que  ces  os  diminuent  de  volume,  l.a  fusion  graduelle  des  deux  tables 
oA  surtout  remarquable  dans  les  os  du  crrine,  où  elle  a  quelquefois  pour 
ronséquence  une  véritable  déformation.  Dans  ces  os,  en  effet,  c'est  surtout 
la  lable  externe  qui  se  déplace  ;  et  en  se  portant  vers  la  table  opposée,  elle 
^ubit  parfois  une  sorte  d'aplatissement. 

Dans  les  os  courts,  le  tissu  spongieux  devient  le  siège  d'une  raréfaction 
«'mblable.  Ils  perdent  ainsi  une  partie  de  leur  résistance  et  se  déforment 
dautant  plus  qu'ils  ont  à  supporter  un  poids  plus  considérable.  On  peut 
n)n*tater  cette  déformation  sur  les  vertèbres  et  plus  particulièrement  sur 
les  dernières  qui  se  dépriment  :  d'où  l'abaissement  de  la  taille  dans  la 
vieillesse.  En  se  rapprochant,  leurs  faces  supérieure  et  inférieure  s'élar- 
gissent, et  donnent  ainsi  naissance  à  une  double  saillie  circulaire,  inégale 
itnigueuse,  qui  sufQt  au  premier  aspect  pour  dénoter  ITige  avancé  de  celui 
auquel  elles  ont  appartenu. 

En  résumé,  pendant  leur  développement,  le  mouvement  de  composition 
remportant  sur  le  mouvement  de  décomposition,  les  os  acquièrent  une 
solidité  croissante.  Dès  qu'ils  sont  parvenus  au  terme  de  leur  évolution, 
le  mouvement  de  décomposition  existant  seul,  les  mine  de  toutes  parts; 
il*  ee  raréfient  de  plus  en  plus,  et  leur  solidité  diminue  en  raison  de 
»"elte  raréfaction  :  ainsi  s'expliquent  la  légèreté  et  la  fragilité  des  os  chez  le 
Meillard. 


•  DES  OS  EN  PARTICULIER 

Nous  avons  Vu  que  le  squelette  est  formé  de  trois  parties  :  la  tètê,  le  tronc 
ot  les  membres.  C'est  dans  cet  ordre  que  nous  allons  étudier  les  nomhreuM*> 
pièces  qui  le  composent.     ' 

CHAPITRE  PREMIER. 

DE  LA  TÊTE. 

La  tête  comprend  dans  sa  composition  deux  parties  très-difTérentes  par 
leur  forme,  leur  volume  et  leur  importance  :  le  crône,  qui  renferme  l'encé- 
phale; la  face,  qui  renferme  et  protège  la  plupart  des  organes  des  sens. 

.    ARTICLE  PREMIER. 

DU  CRANE. 

Le  crAne  est  cette  vaste  cavité  qui  surmonte  le  canal  vertébral  a^ec  lequel 
elle  communique  et  dont  elle  a  été  regardée  avec  raison  comjne  un  renfle- 
ment. 11  est  composé  de  huit  os,  quatre  médians  :  le  frontal,  l'ethmoîde,  le 
sphénoïde  et  l'occipital  ;  et  deux  latéraux,  le  pariétal  et  le  temporal. 

Considérés  dans  leur  situation,  ces  os  peuvent  être  distingués  en  ceux  qui 
Torment  la  partie  supérieure  ou  la  voûle  du  crAne,  et  ceux  qui  répondeni 
plus  spécialement  à  sa  partie  inférieure  ou  à  sa  base. 

Nous  décrirons  d'abord  les  os  de  la  voûte,  c'est-à-dire  le  frontal  el  le* 
pariétaux.  Nous  étudierons  ensuite  l'occipital,  qui  appartient  à  la  fois  à  l.i 
\oi1te  et  fi  la  base;  puis  le  sphénoïde,  l'ethmoïde  et  les  temporaux. 

§  1.    —   Uks  os   hV  CRANE  EN    PARTIOUKR. 
I.  ~  011  fronlal. 

Le  frontal,  ou  coronal,  est  un  os  impair,  médian  el  symétrique,  situé  .i 
la  parMe  antérieure  du  crAne,  et  supérieure  de  la  face,  à  rexpn»>>ion  de 
laquelle  il  concourt  par  ses  larges  proportions,  par  la  beauté  de  sa  forme  el 
la  mobilité  des  parties  qui  le  reeouxTent. 

Les  anciens  le  comparaient  A  une  coquille  de  pèlerin.  11  est  en  effet  hémi- 
sphérique ;  mais  le  quart  inférieur  de  l'hémisphère,  mince,  aplati  et  rejeté  %er^ 
le  centre,  forme  a^ec  les  trois  quarts  supérieurs  un  angle  saillant  en  avant  et 
rentrant  en  arrière. 

Ainsi  conformé,  on  peut  lui  distinguer  trois  faces  et  une  circonférence.  La 
face  antérieure,  convexe  et  unie  suc  toule  son  étendue,  est  recouverte  par  h* 


DES  OS  DU  CRANE.  Hî» 

muscle  frontal  et  par  la  peau.  La  face  postérieure,  concave,  répond  aux  lobes 
iHitérioiire  du  ceneau,  sur  lesquels  elle  se  moule.  La  face  inférieure,  horizon- 
la  l<»  et  beaucoup  plus  petite  que  les  précédentes,  s'articule  par  sa  partie 
môdianc  avec  relhmoïde,  et  contribue  par  ses  parties  latérales  à  former  les 
ta>i(ésorbitaires. 

Cet  08  est  double  chez  le  fœtus  et  quelquefois  aussi  chez  l'adulte.  —  Pour 
hû  donner  la  position  qu'il  occupe,  il  faut  tourner  en  avant  sa  face  convexe, 
t*t  (lireclement  en  bas  sa  face  inférieure  ou  orbito-ethmoïdale. 

A.  fête  aotérleare  on  frontale.  —  1°  Partie  médiane,  —  Elle  présente  chez 
I  t'ufant  la  soudure  des  deux  pièces  qui  formaient  primitivement  cet  os.  Chez 
1  adulte,  les  dernières  traces  de  celte  soudure  ont  disparu;  quelquefois 
(•  pendant  on  en  retrouve  encore  un  vestige  sur  sa  partie  inférieure.  Dans 
«1  autres  cas  moins  rares,  les  deux  moitiés,  au  lieu  de  se  souder  Tune  à 
l autre,  se  sont  unies  par  suture;  celle-ci,  toujours  très-manifeste  lorsqu'elle 
\'\'\Ai\  persiste  pendant  toute  la  durée  de  la  vie.  Sur  une  tôte  entière,  on  la 
\<iii  se  continuer  en  haut  avec  la  suture  sagittale  ou  bi-pariétale,  et  en  bas 
a\»'c  la  suture  des  os  propres  du  nez.  C'est  ordinairement  sur  des  frontaux 
Iir-remenl  développés  qu'on  l'observe.  Elle  est  si  fréquente  chez  l'hydrocéphale 
|u  on  pourrait  la  considérer  chez  lui  comme  l'état  normal. 

A  la  partie  inférieure  de  cette  soudure  ou  de  celte  suture,  on  remarque 

Fig.  5. 


Frontal,  face  antérieure, 

>1.  Bosses   rontales.  —  2,  2.  Arcades  sourcilières.  —  3.  Bosse  nasale.  — 6,  h-  Arra    »'«• 
Jt  iiair»»».  —  5,  5.  Apophyses  orbilairc.s  internes.  —  0,  6.  Apophyses  orhitaires  externes.  — 

■  "•  Ethaurrure  nasale.'  —  8.  Epine  inisale.  —  9,  9.  Fosses  ou  voûtes  orhitaires.  — 
''••  JO.  Surfare  roncourant  à  former  la  fosse  temporale.  —  11.  Partir  ninyenne  du  bord 
^•J^rieur,  taillée  en  biseau  aux  dépens  de  la  face  postérieure.  —  12,  12.  Parties  lalé- 
uv^  de  ce  bord,  taillées  en  biseau  aux  dépens  de  la  face  antérieure,  en  sorte  (juon  apercjoit 
^■>  'leniMure 


\'2i)  osn-.nl.odll. 

uni'  saillio  >iliif''('  cnlii'  h'-  deux  sminiN,  iimiKMjiiilcun'iil  .ui-dis-u-  <i.'  l.i  i.i. 
ciiiL'  du  rifz  :  cest  la  husse  nd'iole,  husse  fronlah'  infcrirure ^  fm^se  frohliu 
intnjenne  de  quelques  autcnri^,  à  [iciiic  a[>|)ai'('iil('  chez  1  ciiraiil,  i>ln>  |*iini"ii- 
ctMM'hi'Z  l'adullr  el  plus  riirorc  cb.v.  Ir  Nicillai'd.  Kllc  i'i»iTt'^[)uiid  an  j»-.>ii! 
d(M'()U\crj,HMic(!  di's  (rois  fa((»s.  Sur  ce  j»r>iut,  les  laMcs  di*  1  os  s^m  arlfiil  : 
de  hniv  oiarleniciit  rôsullcul  deux  (.m  îles,  1  (uic  «Indlc,  lautrc  ï^anrii.',  f:ii] 
cominuniqULMil  iulV'riouri'ineul  a\t'c  1rs  l'osscs  nasales,  el  qui  jxnMent  K-  \u  va 
ÛL'  sinus  frontaux;  \v  dihcloiqjeinenl  de  ces  sinus  esl  en  rai-nu  iliri.lr 
de  làge  :  de  là  le  \oluine  rroissanl  de  la  bosse  uasaN'.qui  forme  Irur  [hH  •[ 
anlérieure. 

Au-dessous  <îe  la  bosse  nasale  se  (l'ouxe  Yrcliancrure  niisalc,  dcmi-t  inn- 
laire  et  rerouxerle  d  asjxVrités  pour  s'.irtii-nler,  en  liant  et  en  a\an(,  aNc»  1.' 
os  propres  du  nez  :  en  bas  et  de  chaque  colé,  avec  l'apopliyse  inontanb'  <!•  ^ 
os  maxillaires  supérieurs.  —  Ik»  sa  partie  inrérieiu-e  el  médiane,  nait  litii 
saillie  aiguë,  plus  ou  moins  longue,  Vqiinc  nasah,  doni  on  n»'  >(>i|  ^ur  cdU 
face  que  le  bord  antérieur:  ce  bord  sarlicule  axec  les  os  propres  du  in/ 
qui  s'appuient  sur  lui. 

*2"  Parties  latérales,  —  Klles  r)fVrenl,  en  procf'danl  de  liant  en  ba-,  iii.' 
surface  large  et  unie^  que  recouvreni  1  ai)on<''\  rox'  cidcr-oiiiMme  ef  la  ji/ai: . 
plus  bas  la  bosse  frontale,  lrès-accn><'c  cIk'z  le  l'(i'lu>  el  I  enlanl,  be.iiir-iiv 
moins  chez  ladulle  el  le  vieillard. 

Au-dessous  de  cette  lK)sse  est  une  saillie  lrans\cr>ale,  |dn>  [tr-ininx  ••'•  •  ' 
dedans  qu'en  dehors,  qui  i'é[MMnl  an  sourcil  el  ({ui  (bMiil  une  ciurbc  j  (■•'•>■ 
cavilé  inférieure.  d'«)ù  le  nom  i]  arriule  .uuirnt.oe  (\[\]  lui  a  éle  donné,  l'v 
leur  extrémité  inlerne,  les  deux  arcades  sourciliéres  se  conTHudenl  a\ti  1. 
bosse  nasale.  Comme  celle-ci,  (dles  aiq>araissent  el  se  déNclnppcnl  ;i\i«  '>- 
sinus  fronlaux,  dont  (dles  Iraduisent  an  d(diors  1  exislenc»'  el  les  dimcn-i<'ii- • 
leur  saillie,  par  couséqueni,  esl  aussi  en  lais  m  diiccli'  de  l.tge. 

Sur  Textréme  limite  de  la  lace  anlt'rleui'e  a[)j»araissenl  deux  aiilres  arra<l  ■- 
parallèles  aux  précédenles,  mais  plii>  étendues,  demi-cii('ulaire<,  ([ui  f"'  ' 
partie  du  contour  de  la  base  de  I  orbite,  el  qui  p^rlenl  le  nom  d'ui-'O''" 
orbitaires. —  A  luuion  de  leur  tiers  inleine  a\ec  le<  deux  lier>  exleiii»-.  -' 
N(dt  utKU'ifice,  elsouNenI  une  simple  écbancrnre,  «ju  une  bandelclle  liluv/?-. 
comertit  alors  eu  trou;  cet  orifice,  uoimu''  irnu  sus-orbitaire,  nu  >""' 
cilier^  donne  passage  au  nerf  fronbil  externe,  à  une  arlère  et  une  mmii' • 
Sur  son  trajet,  on  aperçoit  quelqutdois  un  ou  deux  pertuis  de>lines  à  •!'  - 
xaisseaux.  —  Les  extrémités  de  l'arcade,  appelées  r//u^/^/<//.».^.s^  <)rbitaire>,  se  cii^- 
tinguenl  en  ititerne  et  extei'ue.  l.'a[M)phxse  orbilaire  interne,  extrèmenitn* 
mince  el  à  peini^  accusée,  s'unit  axec  lOs  nngiris.  l/a|>oplr>se  orbitaii' 
4'xterne,  \olumini'Use,  Irès-saillante,  lierissée  da.-pé'rités,  s'arlicnli'  'i>''' 
l'os  malaire. 

Au-dessus  el  en  ari'ière  fie  rapojdivse  orldlaire  externe,  on  \oil  naihv  <!- 
sou  sommet  une,  ligne  courbe  ([ui  se  [)oile  d  abnrd  en  haut  et  en  di-daie. 
I)uis  en  haut  et  eu  arrière:  cette  ligne  fait  partie  de  C(dle  qui  limite  la  f"?*' 
temporale.  Au-dessous  vM  un  enfoncement  étroit  el  pnd'ond  eu  avant,  plu^ 
large  et  plus  superficiel  en  arrière,  qui  contribiu'  à  la  formation  d«M<'ll'' 
fosse. 


DKS  OS  Ul'  CUANK. 


vn 


B.  P«fr  »M4#rleare  oa  c«réte*ale.  —  Klle  est  concave  el  tournée  en  arrière 
dans  ses  Irois  quarts  supérieurs  ;  largement  échaucréc  au  milieu  et  tournée 
en  haut  dans  son  quart  inférieur. 

Sur  sa  partie  médiane,  on  observe  de  haut  en  bas  :  une  gouttière  lon- 
gitudinale qui  loge  l'extrémité  antérieure  du  sinus  longitudinal  supé- 
rieur; large  supérieurement,  elle  se  termine  en  pointe  inférieurement.  Sa 
profondeur  et  sa  longueur  varient  beaucoup  suivant  les  individus.  —  A  cette 
Koultière  succède  la  crête  coronale,  qui  semble  formée  par  la  réunion  de  ses 
bord:»  et  qui  donne  attache  au  sommet  de  la  faux  du  cerveau  :  elle  est  tantôt 
Irc.-saillante,  tantôt  à  peine  apparente  ;  quelquefois  elle  fait  complètement 
(Jt'fdut.  —  Au-dessous  de  la  crête,  on  aperçoit  un  trou,  nommé  trou  borgne  ou 
rpitieux;  co  trou  est  le  point  de  départ  d'un  petit  conduit  qui  pénètre  dans 
la  cloison  des  sinus  frontaux,  et  qui  se  porte  obliquement  en  bas  et  en  avant 
>»Ts  la  base  de  l'épine  nasale,  au  niveau  de  laquelle  il  disparaît.  Dans  quel- 
ques cas  rares,  il  se  prolonge  jusqu'A  la  ^oûte  des  fosses  nasales  et  s'ouvre  sur 
une  des  petites  gouttières  qu'on  voit  en  arrière  de  l'épine.  Souvent  on  n'ob- 
MT>e  ni  trou,  ni  conduit,  mais  seulement  un  demi-canal,  que  complète  l'eth- 
ujnï«le.  —  Kn  arrière  du  trou  borgne  se  trouve  une  grande  échancrure,  qui 


ti'tutniy  l'(ur   jt  fMlviit'ttrr. 


t.  I.  F.ivsf*  rornn.ilos.  —  2.  Goiiirn'ro  U)npitu«linah\  —  3.  CvvW  runniali».  —  '|.  Tpmi 
f*..j,.,'.  —  j.  Epine  nasale.  —  G,  0.  PeliUs  gouUieros  situées  vn  arrière  ol  sur  les  nMi's  ilo 
••«!••  «pinr.  —  7,  7.  Oriliccs  forniunt  rentnV  dr*>  sinus  frontaux.  —  H.  8.  Anados  ot  vdûIos 
"l'Miiv*.  —  9,  9.  Apophyses  orbilaires  externes.  —  10, 10.  Surface  triangulaii'e  et  dentelée 

'.''  Upielle  le  frontal  s'articule  avec  les  p-andes  ailes  du  sphénoïde.  —  11,11.  Partie  mé- 
•l.H'  du  bord  supérieur,  taillée  en  biseau  aux  dépens  de  la  face  concave,  en  sorte  qu'on  voit 
-..r  (elle  face  toutes  les  dentelures  dont  elle  est  hérissiV.  —  12,  12.  Partie>  latérales  de  ce 

II-  Hif  ÏHtrt\,  taillées  en  biseau  aux  dépens  de  la  ra<'e  convexe,  d'(Ui  il  .suit  que  m's  «lenlelures 
^   'Undirnf  a  la  vue. 


■m  ()<Ti:oK)(iii- 

nn'surc  (ôiilt^  1  ('triidnc  ,'nil(''rn-]i(t>fr'ri('iir('  «le   l;i    l'arc  inlV'jiiMiiv   \]r    I  •>-  i 
<|iii  simit  ;'i   la  lame  ciihli'c  de  IViIiimokIc  :   rlle   porlc   le  i)(»ni  i]'èr}iavrr)n'r' 

flIlIKoVd'llp. 

I.t's  (tarlirs  |,ilt''r;il(><  t]r  |.i  i'icc  rrrrhralr  <oiil  roroiivpvti'S  (rimpn'-.r.ii'n- 
tiiuilalcs  qui  nM(ti\t'ii(  les  ciiri.îndliilifin-  <lii  rri'\«'an,  (IT'fninfma's  iiiaiiii"!- 
Kiircs  qui  son!  jccurs  daiir-  h'^  a;iria«'((in^ilr>,  cl  «le  fiiicl((iics  sillnin  qui  r.q- 
rc>)»(iii<|c!il  aii\  \ai:--c'iii\  de  la  dm-c  !in''r<\  —  .\m  iiiNcaii  dc^  ltr)--c>  (ïciita^'-, 
(tii  j'cmai-qi!('  le-  In^-o  c(n'niia|c-  (lc.-!|l!(•c^  ."i  louci-  rc\h<'iiii(<''  aiH»'jicMrc  '!»'> 
}ic!ni>plici-cs  ccicluaiix  :  —  jtlii-  Ita-,  î'.id^Ic  iciMianl  que  roini»'  la  iniiliM!; 
(Ic-cciiflanlc  a\cc  la  jx.vlioii  lici'i/iail.ilc  de  1  >k  :  —  d,  en  an  ièi-c  de  rel  a  .:l'^ 
les  hitsMs  r/ ////(//rcv.  vemaiMf  lia  !  d<'s  ]i,-ii'  le>  iniiDCs^ifUis  e!  le-  f'iniiclKa'^  q;n 
les  ]'ecfiii\  rciil . 

<;.  r;iro  hity-rn'iiiM'  on  orhiio-i'lliiiiorflalo.  —  ^a  [tailic  luédiano  ])r«''scnte 
réeliaiicnne  elhiiKtïd.de.  de  tîuiii-e  rreî.ni'-iilaiic,  dcud  le  grand  axe  ^e  dirige 
lioi'izoïilalcinciil  d'avaiil  en  ai  lièie. — S'ir  la  partie  anh-rjeiire  de  celle  r*chan- 
criiJ'c,  nna|ieico:|  le  Ixiid  [)t)<|rri<'ni',  ininri'  r(  Irane1i;int,  de  l'cjiinc  n."i-alè. 
(|ni  sarlieiile  aM'c  la  lame  (•«•rpenoM  iiiaii  e  d-  1  fllnirede  :  à  droili-  i-l  a 
uancli*'  di'  C''  !"»i(|.  inie  pidile  uniidiere  ((ni  r.iil  ji.iilir  d<'  la  xnntc  de>  fV'--r- 
!ia>ale>.  — Su!-  li*-  cnlr^  de  la  rtir-nii-  eidian»  linc .  nne»!).-er\e  da\ant  rii 
ariière:  1"  l^Mnerlnir  lar,L:v  cl  in'f'unlièrf  de-  -iiin-  honlanx,  qui  -  al>  nicli.' 
avec  linrnndihnlnni  de  rcIlniKadc  [.oiir  c(nniniini(!nii',  ]iar  rinIcriiiediaiTc  di 
celui-ci,  axec  les  jo-^e^  na>a!es  :  2"  des  [iDrlions  de  (clhilcs  qni  >  ajuiil.'iit  •> 
(•(dies  de    rcllnnoide,  cl  (\\\\  les  cnni[)!clcnl  ;  :>"  den\  |)clilc>  puillièi-c-  fian- 

Fi-j.  7. 


1.  (ioiitlinv    iMimitihliiiah-  .I.-srriuiaiil    jiiv'iir.in   Ir-Mi   iMMulhv   _   1>.  Ti-"il   l.ov-il.'.   —  n.    n- 
Mip.Tinif.    —  .'|.   ]'-ii.|  iiir.'iiriir.  —  :,.   \  ..ut.-   *>i  l.iinnv.  —  \\.  I»..riiMns  <!.•  r.-lliilrs  mUl-v    - 

j.'s  liordv  .Ir  r.'clianrinrr  .•llii||n|,l;ilr,—   7.    |>rll!.-::.i|itt|.MV>   ^itlh■.•^sl|,•(•(•s   It-.r.Urt   rtiiin  li.K.i 

•1  l-tiiH-i'  1rs  lions  (.ilni,,!,,..  iiitiiihs.  —  ;s.  Im.iim-  naval,.  —  O.  >iii|.i<.'  niaiiuMikiiir  ai 
'  iilr.-  a\.v  un..  sar|;i,v  srniMaMr  .les  :.rarHir.  ail-',  .lu  .pli.'-ii.,!.!.-.  —  10.  \i.u],livs.-  -ti 
l;niv  iiitrrïMv  —  11.   |- "nlr.  .•  ,1.'^  snins  .,,|,.-,inhl:ui\     —  1-      \|.o|,livs.'  orl.ifairc  .>\trni.''. 


DES  OS  or  CRANE.  123 

t T-alos  qui  s  opposent  à  des  gouttières  semblables  du  môme  os,  et  qui  for- 
arnt  les  trouâ  orbitaires  internes,  distingués  en  antérieur  et  postérieur  :  le 
rt^mier  donne  passage  au  filet  ethmoïdal  du  nerf  nasal  de  la  branche 
l'hthalmique  de  Willis  et  à  l'artère  ethmoïdalo  antérieure  ;  le  second  reçoit 
irtère  flhmoïdale  postérieure. 

I.t >  parliez»  latérales  de  la  face  inférieure,  profondément  excavées,  consti- 

•■:it  la  \oûte  d(»s  orbites  :  elles  portent  le  nom  de  fosses  orbitaires.  Leur 

-•  ;n'  est  colle  d'un  triangle,  dont  le  sommet  tronqué  se  dirige  en  arrière. 

'  ^  >oiit  unies  et  tapissées  par  le  périoste,  qui  leur  adhère  faiblement,  en 

tr  que  celui-ci  peut  en  être  facilement  détaché. — On  y  remarque  en  avant 

.  ij  dehors  une  fossette  profonde  qui  reçoit  la  glande  lacrymale.  En  avant 

*'u  dedans,  on  voit  aussi  quelquefois,  entre  l'apophyse  orbitaire  interne  et 

tr  .u  sourciller,  une  très-petite  dépression,  à  peine  accusée,  qui  dg»  ne 

"rhe  à  la  poulie  fibro-cartilagineuse  sur  laquelle  se  réfléchit  le  muscle 

-  irid  oblique  de  l'œil. 

«  «'^  fisses  sont  limitées  antérieurement  par  l'arcade  orbitaire.  —  Leur  bord 
.  -Srieur,  trèr^-'^troit,  est  taillé  en  biseau  aux  dépens  de  la  face  inférieure  ; 
'  articule  avec  le  bord  antérieur  des  petites  ailes  du  sphénoïde.— Leur  bord 
•vriie,  taillé  aussi  en  biseau  aux  dépens  de  la  face  inférieure,  s'unit  aux 
:  i  j.Ihs  ailes  du  même  os.  —  Leur  bord  interne  répond  à  l'échancrure 
'^^oidale. 

».  cire— férgBtt.—  Elle  se  divise  en  deux  parties  ou  deux  bords  :  l'un  supé- 

'i'-ar,  lautre  inférieur.  — I,e  bord  supérieur,  plus  que  demi-circulaire,  pré- 

-  :.N'  des  dentelures  par  lesquelles  \l  s'articule  avec  le  bord  antérieur  des 

-rîHtaax.Sa  partie  moyenne,  très-épaisse,  est  taillée  en  biseau  aux  dépens  de 

n  .'  concave;  se»  parties  latérales,  d'autant  plus  minces  qu'elles  deviennent 

Fig.  8. 


Frontal,  face  inférieure. 

I.  Areades  sourcil ieres.  —  2,  i.  Arcades  orbitaiivs.  —  3,  3.  Apophyses,  orbitaires 

•  ••<.  —  4,  h-  Bord    inférieur.  —  5,  5.  Foss(\s  ou  vofttes  orbitaires.  —  6.  Échanrrurc 

•  "«lilc  1  la  partie  antérieure  de  laquelle  on  obsene  les  deux  petites  gouttières  situées  a 
'.'  '-t  a  gauche  de  l'épine  nasale.  —  7,  7.  Portions  de  eellules  destinées  à  recouvrir  et  îi 
'  .'tiT  les  feflules  de  l'ethmolde.  —  8.  Portions  de  gouttières  qui  s'unissent  II  des  portions 

.ill»*N  de  l'ethmolde  pour  former  les  trous  (ubitaires  internes  antérieni-s.  —  9,  9.  Autres 

t.  >is  d^  goattières  qui  contribuent  à  former  les  trous  orbitaires  internes  postérieurs.  — 

If.  >arface  triangulaire  et  dentelée  par  laquelle  le  fnmtal  s'articule  ave(  les  grandes  ailes 

,  1 .  wAAf.  —  11,  11.  Petites  surfaces  situées  en  arrière  dCvS  apophyses  orbitaires  externes 

'•ntntiutni  à  former  le»  fosses  temiv>rales. 


IJ'l 


^11  (»|  (Mil! 


plus  iiilV'riciii'cs,  >(Hil  InJUcc^  di  !)i<(';iii  aux  di^pciH  de  !.i  liirc  (  (Hi\  r-x,'.  !■  ^i- 
<!('  crllc  (li>[»usi(i<tn  «nie  !»•  rmiil-'i!  ^";^{l|Mlil'  en  '!i;m(  siii'  \o>  |i.iiit''l.iii\,  t-l  •']!.'■  ]•  - 
|».'ii'i(''l<'iii\  (le  r]i.-i([i]<'  {'<<{{'  >",i|i['i!i('iil  >\w  lui.  —  l.c  1>'>!(1  iiilniriir.  i  in:  i. '■.:)!  ,. 
cl  li';m.-\('i>.'!,  t'sl  i!ilt'r''!imj)u  <l;i!i-  s-i  h.ii  tir  iik.v.miii'  jt.ir  ri-rli.-nnir.:.  >  f 
in  »ï'!.'ili'.  A  (lioilc  ('!  ;i  -■iiirlic  d.-  ((«Ilc-t  i.  il  ^'imi(  ;\\i\  iiclilc-  ;ii]rv  <iii  >;r:..  - 
iiniilc.  A  rmiioii  «In  li,»nl  iiilciiMii'  avec  jr  sii]i«''i'i<'iH',  ou  \<n{  mi»*  ^•::!  ■■ 
li'i.'iu'jiil.iiit'  cf  rii,i^ii('!i>('  (|iii  -  tirliriijt'  a\ri-  uni'  suir.irr  m-iuIiI.iIi  .  -' ■- 
i,M'<iU(l('s  ailes  di'  i\'l  n-. 

('ointrriiius.  —  le-  o-  ijui  ^  ailicuiiMil  a'vrc  le  (V'Uil.il  >miiI  ;n!  U(Hhl«i:-  •;'• 
(Itui/c.  (jualir  a!ij!.ii  lii'îMnMii  an  ci.nic  :  le-  |iaiii'|an\,  !•'  s|iin'nnidr  ri  l-il.- 
iiinïdo  :  liuil  à  !a  face  :  les  drnv  n>  di]  nez,  ic-  i]i'\]\  <w  iiiaxillaiiv- h  ]■.•- 
ia*nji'<,  1('>  d.'uv  un'-ni»  et  |.",  deux  niajaiic-. 

Canformaliitu  inlrf.iiini  .  -  (ad  d-  c-l  (''j)ai>  dan-  >'iti  quail  -iiiM-iicur  »■' 
au  ui\('au  des  a[)np]i}-"s  oilulaiic- oxicrui's.  Il  vA  niincf  ru  airirrr  tird» 
a[»i»jili\>rs,  >ur  1rs  l'i--r-  niialaiîcr  (d  au  ui\r'in  di'- iuîin"('--ii"us  di_:it.L>v 
l'Ji  Ir  jdar.uil  riilrr  liril  v\  la  lunuri-r,  on  (k'uI  r  •u>lat('r  qui\  snr  t'Hi-  <■- 
|t(du(s,  il  v>{  frau^parriil  <!!<•/  la  plu|iar(  des  indi\idn.-.  Sr>  druv  lali'i--  ii 
M>u(  d'»ur  pa<  [i-u'allrlr' :  (djrs  -Vdoi.'nrid  rî  ^r  rapprocdirut  lour  à  t'Mir.  I. 
li-su   sj)oui:irux  qui  lr.->  rf'pair  loruir   ^\'<  iloi-   iin'-nliri'>. 

I.cs  sinu-^  (Vonlanx  (MUipi  i-  (ian-  I  <(a!lrnirnt  y\v  (•(•>  laldr-.  ^unl  -  l'i*-- 
par  une  (doi>  )U  uird.a.ir,  r'Uii\(v(;|  dr\irr  à  droili'  ou  à  ,L:an(dir  :  qtndq.u-:  • 
rllr  rst  iu(oin|drlr  ou  jirr!' aie  :  dans  rr  cas,  il>  i  •'ininuniqnrnt  «'iihi'  r;/. 
(d,  (Ui  oud'r,  ils  joui  <'oniniuiiiqiiri'  I  uni'  a\rc  1  aniir  1rs  drux  r*.-sc>  na-.'  ^ 
l.rur  caiiarilr  prr>rnlr  i\<'  hr- L:raudrs  dill'ri'rucrs  >uiNanl  lr>  ind  i\  idu- :  ■ 
u  r-l  pa^  rai-r  ijr  lr~  suir  ^r!r\rr  ju>qu"an  ui\rau  drs  |)o-M's  Imiilalr-. 
s  rirudi'r  ru  (Icdmis  dan-  u.nr  urandr  [►arlir  <lrs  NoTdr-  nildtaii'rs. 

Drrrlniijirnit'iil .  --  le  l'i  ailal  nail  par  deux  poinl<  (ros>iliralion,  qui  jui.- 
seul  du  ([uai  anlii'.nir  an  (juir  ndr  rinrpiiruir  J<»in-,  ri  «jui  ont  |>oiir  -i-jr  ^^- 
arradr->  orlalaii-r-.  l.r-^  p  dnl-.  -Ydcinlrnl  r\\  ra\ounanl,  dunr  [>arl,  \t  >  1 
siiinnirf  di'  loildlr,  ilr  l'aNlir,  \i'\<  Ir  IVoiil.  Au  dmixiruir  moi-.  i|-.-r  :.  .- 
(  liriil  drjà  xri>  la  parti'-  iiir<nirure  de  l'os;  à  quatre  uni-,  i!<  ^e  lo-i,  :.' '.' 
dau<  le>  lioi>  (jua'l..  inl'.nirni'-,  nnis  i-e-lent  si'-pares  eu  liant  pai-  un  e-pp  • 
an.'julai' .'.  A  la  uai-sam  e,  on  \oit  euenic  cri  au.ule  qui  tend  .ï  di-pai  ail!  c— 
A  un  an,  le-  drnx  ui<Htir-  i\<'  1  o-  s'uui>>rnl  au  nixean  i\y'>  ho-.-es  IVontalr-.  A 
deuv  an-,  (  Ile-  -ont  en  reinnal  >oud(''es  daii>  j»resrpie  huile  Imir  eleiidnr.  ci. 
reiuai(pie  srulrnirnl  rn  ])a>  unr  ii--urr  xrriicalrde  10  à  1  !2  milliuièt!  r- '■ 
li.ui'eur,  (pii  w*-  «ii-pa:ait  (p:r  la  sixiriur  ou  septième  anui'c,  qucdipa  <  '- 
UK^'Uie  \i\\]>  laid  :  (lie/  ceilain-  iudi\i<ln-,  i  lie  ])erH-le  [irndani  louir  !a  s'  . 
I.rs  >iini>  appar  ti- -rul  ^'\\  ;.rinnal  {]{*  -w  à  Iniit  au>.  soii>  la  loiaur  u  ;.  ii' 
crilule  silui'c  à  dioile  et  a  liaindie  de  1  eclia  nciii  re  nasale.  Ils  >  V'teudeiiî  «i  •.- 
lord  de  l)as  eu  liant  id  di'  drdan-  ru  didi  a>.  A  Ulr^mr  quil>  .-e  (l»'''»eli;ppe;,î, 
la  (loisoii  liè<  lai'ije  (pli  l<'s  >rp.(iail  s  amincit  :  >ou\eul  1  un  <l  eux  >a(Ciri: 
jdus  l'apidemeut  :  la  (  loi^^on  alors  lie  i-.'qioud  [i\\i-  à  l;i  lii:ue  médi;mo  <d  :m'[ji1'!< 
sVdre  (lé\iee.  —  Dans  la  picinieic  jKuiod»-  de  leiii'  r\(d,utiou,  ces  sinus  se  T'i- 
meiit  aux  dépens  du  li:--!!  s]»oie^'ieux  compris  entre  les  deux  lahles  de  1  " 
li^sn  (pli   (  si   alHaidant    an    ui\ean   de   la   l)o>se    na-ale,  cl   (pii  isf  ptni  à   j"  • 


DKS  OS  1)1  CHANi:. 


V2Ô 


rr?(irbé.  Dans  la  seconde,  qui  commence  avec  la  puberté,  et  quelquefois 
ix'aiicoup  plus  tard,  ils  continuent  à  s'accroître  par  voie  de  résorption  ;  mais 
ils  s  accroissent  surtout  par  voie  de  dilatation,  leur  paroi  postérieure  restant' 
immobile,  et  l'antérieure  se  portant  en  avant. 


II. 


ParléUI. 


Le  pariétal ,  ainsi  nommé  parce  qu'il  forme  une  grande  partie  des  parois 
<lii  ^ràne,  est  un  os  pair  situé  à  la  partie  supérieure  et  latérale  de  celte  ca- 
\ilé.  0)nvexe  en  dehors,  concave  en  dedans,  de  figure  quadrilatère,  il  offre  à 
•  •nsiidércr  deux  faces,  quatre  bords  et  quatre  angles.  —  Pour  lui  donner  la 
[Mbition  qu'il  occupe,  il  faut  tourner  sa  face  convexe  en  haut  et  en  dehors,  et 
piuer  son  angle  le  plus  aigu  en  bas  et  en  avant. 

i.  Face  «xierne,  catanM  on  contexe.  —  Réguliôremont  arrondie,  unie  sur 
I  nie  Sun  étendue,  elle  répond  en  haut  à  l'aponévrose  épicrAnienne,  qui  la 
N'i-are  de  la  peau,  et  en  bas  au  muscle  temporal. 

S.»n  tiers  supérieur  est  tourné  en  haut.  Il  présente  en  arriére,  prés  du  bord 
'i[uTieur,  le  irou  ou  plutôt  le  conduit  pariétal,  qui  traverse  perpendiculaire- 
nvnt  ou  obliquement  toute  l'épaisseur  de  l'os,  pour  aller  s'ouvrir  sur  la  face 
'  i'[»  «s/'o.  Quelquefois  ce  conduit  se  perd  entre  les  deu\  tables  du  pariétal.  Son 

Fig.  9. 


Pariétal  j  face  extenir. 

1  hiwse  purit'talo.  — 2,2.  Li(n\P  courlKî  limitant  la  foSM»  teiiiporulo.  —  3.  Paiiio  poM»^- 
'•  in-  ou  (k*îirendanle  de  relte  ligne.  —  ^.  Bord  inférieur,  conrave  et  laillé  en  hiseau  aux 
•  H '.X  <\v  la  fare  externe.  —  5.  Bord  .suin^rieur.  —  G.  Trou  parit'tul.  —  7.  Bord  antt'rieur. 
—  >^  1U»H  p«»Hi.Ti<ur.  — 9.  Angle  postt'rienr  et  inférieur  lron([ué  a  son  Mnninel.—  10.  Angle 
.  •<  it'ur  et  infvrieur.  —  il.  AngU"  u'iiéricur  et  Mipéricur.  —  12.  Angle  i»oslt^riciu'  el 
-j[»»M«.*ur. 


)'J(. 


i>>i  i  '  ii.(  n;ii; 


cxisU'iirt'  li  ('>(  |);i-  coiim;!!!!!'.  il  (Imiuu-  [i;i-.-;rj('  .)  iiiir  \('in('.  —  ^<iii  'i  - 
iiin_\'.'ii  rsl  louiiic  cil  1i;uil  <'!  ci:  -!<'l;<u  .  (Ui  ^  i('i!i;ii<|ii('  la  hv>^>'  ji-:,,  :  •• 
>i(n(''(^  .'lU  Ci'iiiii'  «If  la  Dur  c\ir\[[y\  ir("> -.-aillaiiU'  chez  le  l'iclii^.  nlai^  i:i  w- 
accii-cc  clir/i  I  ailiiilc,  c(  -c  cniiioiHlaiil  ii;Mi)>Jl>lctiiciil  [»ar  >a  lia-c  a\c<  !■• 
[»ailic-  i^i-inc-,  —  Siiii  (icr>  iiiii'i'iiiii\  Idiiinc  diicciciiiciil  en  dchms,  t-*  -■'- 
liaré  (Ir  la  \)n:'>i'  jtaiiilal.'.  .iaii^  la  jili!^  ;jiaiiùe  parlie  de  >:>\\  cirn^.;-.  ;  .! 
une  liuiie  («airlic,  dniil  la  euiieaMte  leuaide  vu  l)a>  ri  en  aAaiii.  r.elt.'  !•_  j 
l'ail  ji.ulif  «le  celle  (|ui  Innile  la  i  .--c  leiiiii.aMJc.  .Vu-ùe>M)ii>  e>t  liin-^-:- 
laec  |tie-i[lie  plane,  nui  CMncmiil  à  la.  |i»i!ii.cli.Mi  ne  celU'  i'u^.-v'. 

?t.  Faro  iiiU'i'no,  ceiM'bi'ah'  ou  l'oiicaxo.  —  laie  i'r«i  p.n  .-cjiice  (1  iin[>li  ^-i' •.- 
(Ij-'ilale.-  et  (rciijinence>  Jiiaiinllaii*'-.  qni  cnri  e-piaia-'  il  au\  circniivuiii-i'i!' 
cl  uii\  aiilVaclnnsifc-,  du  eei\i'an,  mai-  ijui  suiil  en  Ui'iieral  peu  proimn.'  r. 
Iles  ^illnii-  ra  lui  lie-  la  ti  cmn  pimu  ^lll•  pre.-(pic  Inule  rîiii  eleudue.  \\<  I^'ii^^•'';f 
di"  di'iiv  tittuc-  :  1  aiilerieiu',  ùcaiicimp  pic-  c»  n-id.-i'a'.iK',  occupe  1  aniric  -u,''- 
l'ieur;  il  ^e  "p'aie  pi'cr'ji.'c  un  eclciuriil  i  n  îiani  e(  m'  lamilie  mm'  la  lii-'::-' 
aulerienrc  de  la  lac-'  <  ,m  .mu  aie.  i.e  .^i'inii  pvc-leiieiir  pari  du  bcrd  iul-T.,.: 
de  1  u>  cl  ><•  iliriue  iddi(|iicui<'u{  m  iMUi  i  !  en  aitièic.  j»."Ui' >o  rdiiHlnM- -i;: 
liUlIre.  Uioilic.  <'.<'-.•  .mIIuh-  |.i;_.  :il  l.i.icn  Uicniu-ce  ji:<i\e[Uie,  1er  u<  i.\ 
\(Miie«- c;iii  e-[i(Mi<lauie-,  ci  in.ilc-  Iciu  .»  lli^  i>;(iiis.  I.  a.nlcrieii  i',  ]ieaiii  <  n.".:  _  - 
[U'oiuud,  Il  pii'-ciilr  .''ai\eui.  à  .-.ai  p.iiuj  <le  di'pa'i.  îe.s  ilcuv  lier-  oa  It'-  ':  -• 
(piari-  d  un  canal  i  t  (iiaiipa-i'ia-  nu  c.iitMi  coiU[deL 

Sur  la  pari ;e  la  pii;.-  cl«'\  ee  tîc  c-  iie  l'.icc,  au-dr.--(;ii-  du  Ui»rd  >iu"'i  iru: .  ■ 
ni  (M  i\c  une  <  il  iiU-UMiil  lici .'  i|i.i.  eu  ^  ;uii--ai.i  a  lllli'  deiiu-ifi 'Ul  I  ièie  >eUil''  ■' 
du  <  nie  t.pjtu.-c.  i(a  lue  i.i  ]\  .'l  i  i.i  i:.i.\  CI  .iC  de   la   -oudieic  ioliuil  udi  li.ile.-- ^ 
jiai  !i"  (  *'iiir  de.  priHi'U(iciiieiu  e  u  .i.  i-i',  jn».  |i"  le  uniU  de  /,;,v>c  pfn  i'iult  ,  —  •  ■ 
ha-  id  eu  aia  lere,  y\\v  i  aiiLie  [lo-i'  ,  iei.,-  cl  iniei  ieur,  "u  \«ii(  une  aut;  c  e    -   ' 
de    L^nullieie   lu"-  c  ai/le,  i; iii  ia"(  p.i.li.;  ;ie-  ::Mnllièi'e>  laleralo. 

C.  i;<">r,î '.  — -  i.e  !i.a  .i  H;;iei  ici;,  i;  iU.  '.  i  *  ri  i  I  i;j  ne  ,|  ;;\  .-iid  cii  aii  U' i  ■•.'•-'  ' 
plu-- lnr,_  (le  |.)i(^.  |1  .-';:i  11  liiicv.  ,  I.  ,,'(  .;  e-p;  m  1  (  I  a  11  (  d  u  pal  il  d  a  1  •  c  •.  •  "  ' 
--  1,1  le  ad  iule  lie  NI'  v'-t  If  pli  -  co  i;  :.  il  di'Cii;  iiiie  c<>ur  lie  diml  la  cnin  m  ■'- 
II, -a'd.  en  ea-.  I  i  <"  ^-iiiiia  i  ,  pieMpie  1 1  ain  liant.  i"eci»u\crl  de  p.di'e-  «i.  i'-'^ 
il  de  m!!m,i>  ia\.aiiii-,  i!  c-l  taille  eu  hi.-c.ui  an\  d.'peii^  du  la  face  e\!.  j  m 
p.»ui'  -  unir  a  la  j-.c,  jiea  ('cailleu-c  uu  Icaupci  al.  —  Le  hnrd  po-h'uieui'.  ..i  a.-. 
de  deidriuie-  plu-  hiUuuc~el  plu-  ^  ni  uuiiueu>c>  (jUe  le^  autres.  -alini'' 
a\ec  le  iii.id  Mip.'i  iciir  rh^  l>c<ipiial. —  Le  Iim  d  anti'u'ieiir,  uu  pi  u  iu  in- 
Imii;4  que  le  siiperieiii",  deuiclc  ^ur  t< aiU'  ^.iii  (deudiie,  e>t  laiih  lUi  n:-'.>  ' 
.ui\  liepcii-  (h'  lu  lace  cxleine  dan--  r^u  liei>  Mi[M,''i-ieui\  et  aux  de[>eu^  dt  l'i 
l'ace  inic!  lie  d.iu- -al  liei>   inleiieiir. 

D.  AiiKU's.  —  1-  .Ui^de  aulerirnr  et  -upei  i.iir  e-i  dnal  :  il  ^  alticille  eu  i!c<:.i!i- 
a\ec  le  pari(dal  du  i  nie  Mp,.e..ie  i-\  en  .ix.ini  a\ei  h  iV.iula!.  —  I,  aii-;!c  •'■'I  " 
ni'ur  et  iurerieiir  c-1  !■  jUii-  l-ai'j.  !.■  plu-  aii^a  cl  je  \\\\\<  luiuci'  ;  il  e-l  I'"'-" 
(pie  à  Sitil  >'aniiiel  cl  i-idieeii  Id-eau  .iiix  (hjten-  de  la  Idia'  exleille.  |>'"'' 
>  unir  a  la  «raie le  aile  dn  -[.lieiM.,d.  ,  -  I  aii.,1.  p  t-lei  ieur  cl  -upiuac ui .  I-  -' 
l'emeiil  (ddu<,  >  nuit  en  drd.ui-  au  pai  iid.il  i.pjm-e,  et  eu  arrière  à  Imc- 
pital.  —  Lanule  pi>-lei  ieur  cl  iurerieiu  .  lar.ueinent    IrdiHjUe    «d.   uu  j..-,;  •  'i' 

I  aM",  >  arti(aile  ;i\e(-   la   p.elinii    nia-lnid  ieli  Ile  d  il    leilip.ii  al . 


DKS  OS  D[j  CKANH. 


127 


Connexions,  —  Le  pariétal  s'articule  avec  cinq  os  :  en  haut  avec  le  pariétal 
(»pposé,  en  bas  avec  le  temporal  et  le  sphénoïde,  en  avant  avec  le  frontal,  en 
arrière  a>ec  l'occipital. 

Conformation  intérieure. — Cet  os  est  épais  dans  sa  moitié  supérieure,  mince 
et  demi-transparent  dans  sa  moitié  inférieure.  Le  diploé,  sur  cette  dernière 
moifié,  ne  forme  pas  une  couche  continue,  mais  des  Ilots  irréguliers,  dans 
1  intervalle  desquels  les  deux  tables  se  confondent.  Il  est  parcouru  par  des 
(anaux  veineux  peu  distincts  dans  le  jeune  âge,  plus  manifestes  chez  l'adulte 
d  le  vieillard. 

Développement»  —  Le  pariétal  apparaît  vers  le  milieu  du  troisième  mois 
de  la  vie  intra-utérine.  Il  se  développe  par  un  seul  point  d'ossification,  qui 
repond  à  la  bosse  pariétale,  c'est-à-dire  à  son  centre,  et  s'étend  rapidement 
t'ii  rayonnant  dans  toutes  les  directions.  Sa  forme  est  d'abord  circulaire.  De 
:nn(U  espaces  membraneux,  qui  correspondent  à  ses  angles,  le  séparent 
il  tr?  (le  tous  les  os  voisins.  Mais  peu  à  peu  ses  bords  s'étendent,  ses  angles 
^allongent,  et  ces  espaces,  qui  ont  reçu  le  nom  de  fontanelles,  diminuent 
[iiMgresâivement,  puis  disparaissent. 

Fig.  10. 


i*anéialj  fw:c  interne. 


f  Ki»vv  pariétale.  —  2,  2.  Sillons  qui  partent  du  bord  inférieur  et  qui  se  raiiiilh'nl  sur  lu 
'■••  |xt>icrieure  de  l'os.  —  2'.  Autre  sillon,  beaucoup  plus  considérable,  qui  part  de  1  angle 
'  ■  '  ur  et  qui  se  nunifie  snr  les  deux  tiers  antérieurs  de  la  face  interne.  —  4.  Bord  supé- 

•  •  —  5,  5.  Portion  de  gouttière,  qui  en  s'unissant  k  une  portion  semblable  du  pariétal 
I  '  *>^  ,  forme  la  gouttière  sagittale.  —  6,  Orilice  interne  du  trou  pariétal.  —  7.  Bord  anlé- 

•  «r  —  8.  Bord  postérieur.  —  9.  Angle  postérieur  et  inférieur  tronqué  à  son  sommet.  — 
'"  Vnjjc  antérieur  et  inférieur.  — 11.  Angle  antérieur  et  supérieur.  —  12.  Angle  postérieur 
'i  Mjjuneur.  —  13.  Portion  de  gouttière  qui  concourt  à  former  les  gouttières  latérab's. 


l'ih 


(>>ri(>l  n<.l) 


m.    --   Occiiiiiial. 


L  (K-ci|)il.-il  t  >1  liii  ly-  ii:i|);iii .  iiitMli  iii  ci  -_\  iinvii'iiic.  ^iiiic  .«  la  [Mili''  l'i-  i  - 
l'ii'urc  (.'{  iiilt'i  it'iiic  du  ci-.îMc,  .-ih  •t|-'->ii^  ('.•  I<i  ndnimr  \ crlclualr  .i\! 
liiqii<'1](>  il  s  ai-|ic,ulr.  Au  iiiNciii  «l.'cfllc  .irli*  iilali  mi,  il  «'>!  [u-rca''  tl  ini  l-i.' 
oriljro  (|iii  l'ail  r'>iiiiniiiii((U('r  la  caNih'  ci'àniciiiii'  a\<'<  li'  i;nia!  lai'liiiLtn. — 
('.(in\('\('  cil  lta->  ('(  en  aii-iiTc.  c')ii;-a\c  en  l;ail  ci  en  a\a;i[,  de  llLTure  1  /.ii- 
.L:i«jiie,  (.n  iieiil  lui  (■nn>i'l»''ivi-  aii-vj  d,.i!\  i.icc,  *jiial  i  e  i><>ril>  cl  qnatic  aii^i'-- 

IV  tu  ri  ne  lire  ci  I  o-  eu  jt.-iliuii.  il  la  ni  Imih  n  -i  :-;i  lai  c  eoincxe  en  an  ièii',|>l  - 
cer  !<"  Inui  (K'ei[ii(al  (Mi  ha-  eî  cii  axa.ul  "I  Ici  d'auier  uiu'  diieclion  ]RH'i/'!it.'!  . 

A.   Face  iioshTO-iiilVrieiiro,  oociplîalc  cm  cojuovc.  —  <)ll  oh-enc  ^U^^il  ;  :  '■' 
nié<liane,    eu    jir.u"' daul    de   ]iai;l ci    lia-   :    1"    nue   -iiilata'  lis^t',    aiiiU'l. 
iriaii,milaiie,  f|iii  foiine  le  liei-  -u|>'M'ie:ii'  de  (-('((e  Wn^i^  :   (die  e^t  i-ee-.iivi'i\ 
))ar  ]e>  niu-(de-  (tce-pitaux  (|iii  la  -cpaicrd  de  la  iumu:  11"  au-des>nu>  det^'H 
>iii'ra('e,  une  saillie  [du-  oii   iirau-   1)1  nunnece, -ui\aiil  les  individu^  :  c  i-l  ! 
jivnfuhi'rnnvf  oct  ipifiilc  c.rii  ritr  :  (dic  *i  ■inie  ailaelie  au  li.i^auieiil  eei'\  ieal  |i'  -'•- 
rii'Ur,  peu  d(''\(dMp|i.''  ehc/.  1  liumiu'-,  où  la  lidre^l  i»i-e-(jue  eu  «''((iiiîili!'' H'"" 
la  e  d'uuie  \erieln'a]e,  iM.ii>  liv>  i-e-i-i;!ul   «lie/  Ic^   L:I•alld^  inamniilei'e-. ''W  ' 
(•si  eiai^litut'  |)arde>  liine-  (da>(i<[Ue-.  --  .')  '  l.a  mh'  n'-rfjiil(i.(i'  '-■a /rr  ■■.'.'. -a.l  . 
loiiLiiludiiiale,  suii\e!d    peu  appaicuîi'  :  V  -tu  de-,>  ai^  di'  cidlt'  erèJe,   le  1''  '• 
ttcei[dl;d,  de  IJjiii'e  (dlipli(iue,  d  ad    h'  ,maiid  diaiiièiie  >c  diii.iie  luu  !/"'iri';  • 
meul    d  ai  rièi-e   eua\aiil;il   li\i'e   pa--.<L:e    à    la   nixdle  epiiiii'-re,  au\  in-i:- 
hraiie-  qui  reidtuireid,    ainsi   (|H"ai;\    nerfs   >|d!!au\    ri    aux    ailiue-   m..- 
In-ale-;—  à'  au  de\anl  «in    irm    '.eriiiiiML     'a    sH,jH'r    hisHun,    d.i'    ii-  : 
(|uadrilal(''!('  el  h\^(''ieuienl  ru,^iieuse.  (|ui  eo.a  e^poiid  à  la  j»ailie  Mip-'t  i-'.  ' 
du  pliaiuix  :   ^a   iiualit'   jm^lciieure,  nlu^  l.iiue,  dumie  a(la(die   aux  iineiV- 
;iiaiid-td  p(dil- droit-  anierieui's  de  la  lele  :  >a  nmilie  aulérieure  e-l  H'    '■ 
\erle  |>ar  une  e  >;udie  Vu)  eii-c  Irès-i'jiii-^  •  ci  \\  w  la  iiuufuousê  r]ui  rovèt  !    i' 
I  iére-easile  des  |n>;-es  ua-ales. 

he  (dia(jne  cm!  '.  cède  l'ace  pre-eiiii'  la  //'/.. c  cmrrbr  sin>f''i'i<'iire,  qui  ^>'''''' 
de  la  ])r.dulM'iance  (uci|dlale  \(n->  le-  ;;ii_;.'<  1  dciau\,  <mi  sni\aiil  une  d  :«'- 
limi  para  Ile  1«'  au  Irai  nceipifai  :  (adl'-  li  jiic,  plus  piointueéc  eu  dedau-  *jii  1  :i 
didi'Us.  d  auie  ana(die  dans  smi  lier-  inleiue  au  uui>(de  liapi'-ze,  el  d..i.-  -' - 
d(ni\  lier-  e\lei'ne>.  an  uui-ele  trTJpilaî  ^-nieMieurtniieul,  au  >leruv.-ei!  P" - 
nia-ltadieii  iidVMieiirem.'iil.  —  IMii^  h.i-  -e  li<ai\e  la  li;iir  rourlx'  /nfn  '•'■• 
parallide  a  la  preecdcnl  •.  .d  parailci-'  wU-i  .-in  (lou  nei  i[dla]  ;  (die  >  ele:iii  u' 
la  [larlie  un>\enne  de  la  cKde  Mecipii,il«>  \el^  uincaillie  (jui  (leeuj'e  ii'  i'  '■ 
iuliuiinir  dr  h».-  v\  (pii  le  di\  i>c  en  de  p\  n.,'  Ik'-  cja  le-.  ("•!!('  li.LTiRM'sl  l'i  1  ' 
reiiulicie  (]ue  la  >iipeiieuie,  UKun-  sadi.nilean--i.el  (jn(d(|uel"ui>  piH ''i" 
liiude.  —  ladre  le- den\  lijue-  ennrlic:^.  («n  \uil  ;i  dioiic  cl  à  ,;:au(  lie  'i'  '' 
ciide  (KMnpil.ile  inic  \.i\-j<'  enqutMiile  nin-eniaiie  «jui  d'aine  allacdie  au  ni«>i  ' 
izraiid  e<tiiiide\us  ;  «d  plus  (ui  dfdue-  un.'  -nil'.KC  int'unlière  pitur  1  i-i- 
-eilinii  du  vplt''uius  (d  du  pcli(  (ildcpic.  —  Au  (le--(ais  de  la  li^iiiie  ceral"' 
iiilerieure,  s<ail  dcn\  eiiipHunle-  :  1  une  in'«  rue  ((aiea\(\  jn»ur  le  p^^^' 
drnil  ])<t>(<''rieur  de  la  lele,  raulic  eNuine  ('.aixtAe,  p(tur  V'  Lrrautl  ili"' 
iiMsIerieur. 


DES  OS  DU  CRANE. 


Iî29 


Sur  les  parties  latérales  et  antérieure  du  trou  occipital ,  ou  remarque  les 
ci'fidijles,  par  lesquels  cet  os  s'articule  avec  l'atlas  ;  ils  se  dirigent  d'arrière  en 
u\ant,  et  de  dehors  en  dedans,  de  telle  sorte  que,  rapprochés  en  avant,  ils 
^  «lit  séparés  en  arrière  par  toute  la  largeur  de  l'orifice.  Leur  face  infé- 
lieure  ou  articulaire  est  convexe  et  lisse;  leur  face  interne  offre  une  em- 
îrvinle,  A  laquelle  tiennent  se  fixer  les  ligaments  odontoïdiens  latéraux.  — 
L:i  arriére  de  chaque  condyle,  existe  la  fosse  condyloidieriHe  postérieure,  sou- 
u  rit  percée  d'un  trou,  le  trou  condytoïdien  postérieur,  par  lequel  passe  une 
Wiîw. —  En  avant,  se  trouve  la  fosse  et  le  trou  condyloïdiens  antérieurs, 
vi.'  tra\erse  le  nerf  hypoglosse  ;  —  en  dehors,  une  surface  inégale,  qui  donne 
Aîtache  au  muscle  droit  latéral  de  la  télé. 

B.  Face  aniero-sapérieure ,  cérébrale  ou  concave.  —  Considérée  dans  sa 
[►.irlie  médiane,  et  de  haut  en  bas,  elle  présente  une  gouttière  verticale,  qui 
i  -'••  l'extrémité  posiérieure  du  sinus  longitudinal  supérieur,  et  qui  se  divise 
i'  l'érieurcment  en  deux  branches.  I/une  de  ces  branches  est  ordinairement 
[il us  considérable;  la  gouttière  longitudinale  s'incline  alors  de  son  côté;  le 


Occipital,  fftce  postérieure. 

\.  Surface  lisse  el  unie  formant  le  tiers  supérieur  de  cette  face.  —  2.  Protuht^rancc  occipi- 
•ï,.  .xierne  —3  3.  Kijiues  rourhos  suiurieiiivs.—  It-  Cri^te  occipitale  externe.—  5,  5.  Lignes 
"  In-x  inférieures. •—  6,  6.  Empreintes  qui  donnent  attache  aux  muscles  grands  complexus.— 
:  Ir  .u  ocripiul  —  8,  8.  Orifice  inlernc  des  trous  condyloïdiens  antérieurs.  —  9,  9.  tosscs 
ti  IM..1S  roMdvlohlicns  TM.vtcricur«*.  —  10,  10.  Surface  arliculuirc  des  condyles.  —  11.  Apo- 
,'-  l.dMlaire.  —12.  Angle  sui»érieur.  — 13, 13.  Angles  latéraux.  —  l'i,  là-  Apophyses 
IJ^uUire*. 


130  ()stkoiam;if. 

plus  sou\eiit,  c'est  à  droite  qu  elle  se  dévie.  —  Au-dessous  de  cette  gouUûit . 
dans  1  angle  de  séparation  de  ses  deuv  branches,  se  trouve  la  protub^rau  - 
occipitale  inipnw,  plus  dé\el()ppée  que  l'exlerneet  diamétralement  oppj-r.'  ■ 
celle-ci.  —  Plus  bas,  la  crcte  occipitale  interne,  plus  accusée  aus:»i,  phi«  iij:- 
liôre  et  plus  constante  que  l'externe  ;  son  extrémité  inférieure  se  partasrc  *i 
deux  branches  trt*s-m')îis>o?,  qui  se  perdent  sur  le  pourtour  du  Irrni  chm:;».- 
tal;  elle  donne  attachi*  îi  la  (aux  du  cervelet.  —  Au-dessous  de  la  crOte.  mr  !.• 
partie  la  plus  inférieure  de  Tos,  on  voit  le  trou  occipital,  qui  offre  sur  r»  tir 
face  un  aspect  infundibuliforme;  —  et  au  devant  de  celui-ci  la  901»// i>rf  f^n*- 
laire  obliquement  ascendante,  formant  avec  le  plan  horizontal  du  tn>'.  i- 
angle  de  45  degrés.  Kl  le  présente  sur  chacun  de  ses  bords  une  portion  .i. 
gouttière  antéro-postérieure  qui,  en  s'unissant  A  une  portion  semblable  li. 
Tapophyse  pétrée  du  temporal,  forme  la  gouttière  pétreuse  destinée  à  li^i:.  • 
le  sinus  pétreux  inférieur. 

De  chaque  côté,  on  remarque  sur  la  face  concave  les  fosses  occipit'ii* 
supérieures  ou  cérébrales,  qui  reçoivent  les  lobes  postérieurs  du  ccrveaii  t 
qui  en  prennent  l'empreinte,  d'où  les  impressions  et  les  éminences  qn  *  "♦• 
présentent.  Lorsque  la  gouttière  longitudinale  est  située  sur  la  lisnio  n:  - 
diane,  elles  offrent  des  dimensions  égales;  si  elle  se  dévie  à  droite  »•.: 
gauche,  celle  vers  laquelle  elle  s'incline  se  réduit  d'autant  plus  que  la  d«  w. - 
tion  est  plus  grande. — Plus  bas  sont  les  gouttières  latérales,  qui  se  contiii'.. .. 
à  leur  origine  avec  la  précédente  et  qui  se  portent  de  la  protubérance  xh'  i.  - 
taie  interne  vers  les  angles  latéraux  ;  elles  logent  la  portion  horiz^mtalr  •  • 
sinus  latéraux.  —Adroite  et  i\  gauche  de  la  crête  occipitale,  se  lrouv«Mit  '  - 
fosses  occipitales  inférieures  ou  c<*r<^6e//p»se5,  plus  grandes  etplu8unie>  q»..  ..- 
supérieures,  recouvertes  par  les  hémisphères  du  cervelet,donl  elle^  prenn»  : 
la  forme.— Au  devant  et  au-dessous  de  la  partie  externe  de  ci ?  fusses.  i\:> 
une  gouttière  large,  courte  et  transversale,  qu'occupe  la  partie  terni ii  i . 
des  sinus  latéraux;  c'est  dans  cette  gouttière  que  vient  s'ouvrir  le  tnai  c 
dyloïdien  postérieur.  —  Kn  dedans  et  au-dessous  de  celles-ti,  sur  le  pourî  ■.  * 
du  trou  occipital,  s'ouvre  les  trous  condyloïdiens  antérieurs. 

C.  Bords.— Au  nombre  de  quatre  et  d'une  longueur  égale,  ils  se  distinp  :  ' 
eu  supérieurs  et  inférieurs. 

Les  bords  supérieurs,  hérissés  de  dentelures  longues  et  volumini'j-  • 
regardent  en  haut  et  en  dehors.   Leur  direction  est  recti ligne  lor^; 
n'existe  pas  d'os  wormiens,  irrégulièrement  sinueuse  lorsqu  il  en  existe.  I  • 
s'articulent  avec  le  bord  postérieur  des  pariétaux. 

Les  bords  inférieurs  regardent  en  dehors  et  en  avant;  ils  sont  di\i-. -  • 
deux  parties  égales  ]}&r  \  apophyse  jugulaire  qui  limite  en  avant  la  j.i. 
terminale  des  gouttières  latérales  et  qui  présente  en  dehors  une  faretti  r  • 
gueuse,  pour  s'unir  A  une  facette  semblable  de  la  portion  jderreuM'  du  It  r... 
rai. —  Toute  la  partie  du  bord  inférieur  qui  est  en  arrière  de  cette  ap  •  "  ^- 
est  concave  et  d»*ntelée  ;  elle  s  articule  avec  le  bord  postérieur  i\v  la  p.:? 
mastoïdienne  du  temporal.  —  t'.elle  qui  est  en  avant  est  concave  au?>i  :  -  *  » 
remarque  :  1°  immédiatement  au  devant  de  l'apophy^-e  jugulaire,  une  ih  L- 
crurc  qui  contribue  à  former  le  trou  déchiré  postérieur;  3"  une  épine,  ci  a 


DES  OS  DU  CKANE.  131 

(k\ uni  de  celle-ci  uue  autre  échancrure  très-petite  qui  cuncourt  aussi  à  la 
formation  de  ce  trou  ;  3*  sur  un  plan  plus  antérieur,  une  surface  triangulaire 
et  rugueuse,  tournée  en  bas  et  en  dehors,  qui  s'articule  avec  le  sommet  de  la 
poWion  pierreuse  du  temporal. 

0.  Anflet.  —  Des  quatre  angles  de  l'occipital,  lo  supérieur,  aigu  et  dentelé 
e>(  reçu  dans  l'angle  rentrant  que  lui  présentent  les  pariétaux.  A  sa  place, 
011  trouve  assez  fréquemment  un  os  wormien.  —  ].' inférieur,  très- épais  et 
(lonqué,  a  reçu  le  nom  d'apophyse  basilaire;  sa  partie  antérieure,  rugueuse, 
verticale,  de  figure  quadrilatère,  s'articule  avec  le  corps  du  sphénoïde;  ses 
parties  latérales  sont  coupées  en  biseau  aux  dépens  de  sa  partie  inférieure; 
il  résulte  de  ce  mode  de  conformation  que  l'apophyse  basilaire  est  reçue 
entre  les  deux  apophyses  pierreuses  des  temporaux  à  la  manière  d'un  coin; 
m  s  articulant  avec  leur  sommet,  elle  s'appuie  sur  elles.  —  tes  angles  laté- 
raux, très-obtUB  et  dentelés,  répondent  en  avant  aux  gouttières  latérales, 


il 

(Jccipital ,  face  antérieure. 

I .  (iouUiero  longitudinulc.  —  2.  2.  Gouttières  latérales  se  cuntinuant  a  leur  origine  avec 
j  L  .ijiliere  prcrcdonle.  —  3.  3.  Partie  leruiinule  de  ees  gouttières.  —  h.  Protubérance  on  i- 
'  .'  interne.  —  5.  Crète  oecipifale  interne  se  hifuniuunt  inférieurenienl  pour  se  terminer 
i:  ^'  nsiblement  sur  les  côlts  du  trou  oeripital.  —  0,  G.  Fosses  oeeipitajcs  supérieures  ou  eéré- 
f. •,!,%.  —  7,  7.  Fossis  occipitales  inférieures  ou  eérébelleuses.  —  8.  Trou  occipital.— 
''.  '-•  <i«.nliierc  basilaire.  —  10,  10.  Petites  gouttières  anléro-postérieures  situées  sur  les  côtés 
'♦  la  uouuière  basilaire.  —  11,11.  Trous  «ondyloîdiens  postérieurs.  —  12.  Angle  supérieur. 
—  1>.  13.  Angles  latéraux.  —  l[i.  Angle  antérieur,  ou  apophyse  basilaire  et  surface  par 
■i  [M  lU-  evtle  apophyse  s'articule  avec  le  corps  du  sphénoïde. 


lol> 


OSTKOLOGll::. 


eu  ariii'ic.  iiii\  IIl^iic?  coiirhos  ^iipri-ieuios  do  liM.cifjil.il  :  i]^  ^oiit  n-ii-^'  .- 
raiiiilf  rentrant  que  fornu*  le  [>aiiolal  en  s  uni.- .-an!  avec  la  [mificnnr-'  i- 
dicnno  du  l»'Ui[>  tial. 

Cutinexions,  —  l/()Cri[(ital  r'arliculr  avi-c  <iv  (•>:  r^uiaM'ii'urrnirnl  a\ri  ].  - 
pariétaux,  laltTaleiiu-nt  a\er  hv-  !t'ni[i'»jnu\  ,  t*n  a\ant  a^oc  le  ^^dicUo.ur. -.  :; 
bas  a\or  l'a  (la?. 

Cuii format i(m  iiifrripure. —  (  a-I  o:^  est  niiiiri*  au  ni\t'au  dos  1'  .--»■>  nc<  iî»it  î-.  ~ 
su{;t'rii'uros  «d  do^  Lr^utliôro^  latoralos:  plus  iiiinoo  ononrc  au  nixon;!  -i/- 
Inssosintoriouros  ou  côrobollrusos  ;  oj'ai^sur  Inulcsa  cirountV-KUK  ••,  ni.tj>«!.i- 
t<.)Ut  au  nivoau  do  ?«■>  proluborancos  ol  ih'  s  )U  aui:io  in!Vri.'ui\  Sur  lo-  p.\:li-- 
qui  Ciirrô^iiondout  à  sos  bonis  ou  ([ui  on  son!  i;i[)pr(.oln''0-,  lo  dipl^f  lonj-," 
uno  couche  continue  dans  laqucdlo  rlicminont  «le-  oanauv  \oinru\.  Knt'O  li - 
(b'U\  prt»(ubôrancos.  il  cnu^tiîur  un  nf«yau  qui  so  [U'oi.Miuo  on  haut  ju-'j'.  •: 
1  anulo  s'tpôriour,  ot  m  ba-  dans  la  citMo  occipilalo.  I/apopliyso  ba^ilairo  om 
c-l  pro-quo  ontirroinont  o  .nipo-i'-o.  ninsi  (jur  les  <  o;id}  les.  ^Iai^  dins  eeu\--.  ., 
les  trnboeules  ^^-eu^e^  miuI  jilii>  luullipli»'»'-  ol  eire..nMTi\ont  <io.-  aitv'i'-' 
I)lus  pelib's. 

î)cr>'lu}}{)etnent.  —  L*occi[)ital  so  dé\obqq>e  par  cinq  poinN  d  o-<iti«;atiMr., 
tiois  médians  ot  doux  latéraux.  Dos  trois  poinL-^  inr-dian-.  le  jtlu>  éli'\('  ré-p'-n-i 
au  tiers  supérieur  de  Tos,  ou  à  sa  jioitiftn  céri'liralo  :  le  ^ec"nd,  (ui  tior- 
nioNcn,  ou  à  >a  [nution  cr're])»dleuse  ;  lo  troi>ii'nio,  à  l'apopli\-e  ba-'ildi'o  oi: 
à  sa  portion  rut-dullairo.  Les  poinL-  latéraux  répondent  aux  CMiidvb  >.. 

Lo  pnint  d  o-viliration  ^U[)éri(Mn•,  méconnu  ju^qu'à  présent.  dillvU'  beâ>.- 
cou]>  df  ciMix  qui  sont  sitin.'s  \i]\w  bas.  L.es  (b'iTiicis  -  «ni  precedf>  d  un  eaili- 
laur;  ib  atVoclent  la  Ibrmo  de  n  >}aux  o>-(UX,  à  bo;iîs  notlement  liiuilt--.  I  .■ 
>upt''ri«'ur  n"e-t  jam.ii-  pr'''cede  il  un  caitilaije:  cofuuie  I  iiî>  le>  t  -  qui  ii'i-nu- 
denl  à  lac'n\e\ilé  du  cor\eaii.  it  >e  l'orme  aux  (b'iien,-  du  ti--u  t^'Ui  'n«;.<'- 
comme  eux,  il  ^o  pré^onto  au  d.'but  m»us  ra>pect  d  i;n  ré>.-a(i.  et  [.rend  en-'iii 
la  li^'ure  d  un  centre  d  irrailialii.ii.  Lo^  a\i:uill(  <  o«>ru-o.-  (ji;i  on  paMout- 
«liri-oul  i'w  haut  .•(  en  «loliorr  \el^  le-  parielaux:  d.'  li  il  >U'I  qu  ;:uo  îi--';;-' 
m>'ii!;uie  -iqiaie  ilaboitl  -,'^  dtuix  nioilic-  lune  de  1  auiie,  c!  <(i;o  <b'»ix  aiiî.  .- 
li^-urt'-  Lil'Tab'-  l,--;  -.'[taieiit  du  p. tint  o-m'^a  Mai^-jacrUi.  —  T.r  p. uni  -;:|"- 
rieur  ne  -e  m'-nli'o  (:u"a[ur<  lo  ni>'\en.  .•  li  i:H'Ue  «q-  Mjue  (juc  le-  ti  i- 
iid'»'rioui>. 

Lo  point  d'os-iticalion  (jui  rt'poud  au  tiers  m"\on  nu  .'i  la  p  .rlinn  it'ioi.  î- 
leu>o  lie  Los  e-l  le  pieniior  qui  se  niiuiifolo.  Il  app.iiMil  \or-  lo  ein(jiianlirin*' 
j(»urdela\ie  intia-utniiK' :  jt^e^que  ai:-M*l<.l  ..n  !,•  \.>[\  ^Mil..ii.eI  daii-  '■' 
eus  tran-\ersvil  :  il  s  étend  en^uile  de  b.uil  tu  ba^  id  <1  iii  i'ièi\'  en  ;i\.i:.î. 
et  pi'odnit  loule  coKo  pailie  «b-  b.-s  (jui  ^e  In'iivo  cnqui-e  enlic  là  li^-ai' 
courbe  ^ullel'iou;•e  et  lo  Ir^u  "C(  ipita!. 

Le  |K>int  do>-irua(inn  inIVrieur  m'  nr.nilt  >n'  qi.oM|;-H'-  j''i;r-  a'prè?  K' 
précèdent,  \ers  la  lin  du  dciuièin^^  m.i-.  Il  >.dl.in.:;e  d  axant  on  iirrièrc  cî 
roNÔl  d'ab.ud  une  tiuiiro  (•1lipti(ju.  ;  plu-  l-:i-d.  il  >  elar-ii!  t  -es  extieii'i- 
le^,  d('\iont  ip.iadrilaleio  ol  -axant,.-  jn^iju  auv  i' «nd)  b-^,  d  eit  il  ir.ia:  b' 
tiers  autel  ieui'. 

Le-  poiîil-  hiléraux  n.'u>-c-uf  en  nr-m*'  teinM-;,  .ei  (|'ieî(|  le^  i-.urs  pbi>  lani. 


DES  OS  DU  CRANE.  133 

Ils  constituent  les  deux  tiers  postérieurs  des  condyles,  l'apophyse  jugulaire  et 
les  parties  latérales  du  trou  occipital. 

Voici  l'ordre  dans  lequel  se  saudent  ces  cinq  points  d'ossification  :  le  supé- 
rieur s'unit  au  moyen  très-rapidement,  mais  seulement  dans  sa  partie 
médiane.  11  en  reste  longtemps  séparé  sur  les  parties  latérales.  —  Le  jnoyen 
:ie  soude  arec  les  latéraux  dans  le  cours  de  la  deuxième  année  ;  leur  soudure 
H'  fait  de  dehors  en  dedans,  contrairement  à  celle  des  deux  premiers,  qui 
a  lieu  de  dedans  en  dehors.  —  Les  deux  latéraux  s'unissent  à  l'antérieur,  à 
sept  ans  :  cette  union  a  lieu  de  haut  en  has  ;  elle  est  complète  depuis  long- 
temps déjà  du  côté  du  crâne,  qu'on  aperçoit  encore,  sur  la  face  inférieure 
(les  condyles,  une  fissure  transversale,  laquelle  disparaît  à  son  tour. 


IV.  - 

Le  sphénoïde  (de  ot^h,  coin,  il^c^j  forme)  est  un  os  impair,  médian  et 
symétrique,  transversalement  situé  à  la  partie  moyenne  de  la  base  du  crâne, 
il  enclavé  entre  tous  les  os  de  cette  cavité  qui  viennent  s'appuyer  sur  lui 
n»mme  sur  une  clef  de  voûte,  d'où  le  nom  qui  lui  a  été  donné.  Sa  forme 
evtrOmemeiit  irrégulière  semble  défier  toute  comparaison;  cependant  les 
anciens  ont  cru  lui  trouver  quelque  ressemblance  avec  une  chauve-souris 
iloul  les  ailes  seraient  étendues.  Depuis  cette  époque,  on  lui  considère  un 
(  «•{ps,  ou  partie  moyenne,  de  forme  cubique,  et  six  ailes  :  deux  latérales  et 
principales,  de  figure  quadrilatère,  ou  grandes  ailes  ;  deux  supérieures  et 
îiMt»Tieures,  de  figure  triangulaire,  ou  petites  ailes;  et  deux  inférieures  et 
p  îtérieures  bifides  à  leur  sommet,  appelées  apophyses  ptérygoïdes  (de  «TipuE, 
dile,  cî<fc;,  forme). 

Nous  le  diviserons  en  six  faces  :  une  face  supérieure  qui  est  en  rapport 
a>oc  le  cerveau,  une  face  inférieure  qui  répond  au  pharynx,  une  face  anté- 
rifure  qui  contribue  à  la  formation  des  orbites  et  des  fosses  nasales,  une  face 
po>t^rieuro  articulée  avec  l'occipital,  et  deux  faces  latérales  qui  font  partie 
(l*'s  fosses  temporales  et  zygomatiques.  —  Pour  mettre  cet  os  en  position,  il 
faut  placer  ses  petites  ailes  en  haut  et  en  avant,  sur  un  plan  horizontal. 

A.  Pacc  rayérlcarc  oa  cérébrale.  —  Elle  présente  sur  la  ligne  médiane  et 
(î  o\ant  en  arrière  :  une  surface  quadrilatère,  sur  laquelle  passent  les  nerfs 
(olfactifs  ;— puis  une  gouttière  transversalement  dirigée,  qui  reçoit  l'entrecroi- 
N'ment  des  nerfs  optiques,  et  qui  se  continue  par  ses  extrémités  avec  les 
trous  optiques.  —  Ces  trous  se  dirigent  en  bas,  en  avant  et  en  dehors  ;  ils 
donnent  passage  aux  nerfs  de  ce  nom  et  à  l'artère  ophthalmique. 

Sur  un  plan  plus  reculé,  au  niveau  de  la  partie  centrale  do  corps,  on 
remarque  la  fosse  pituitaire  ou  selle  turcique,  concave  d'arrière  en  avant, 
presque  rectiligne  de  droite  à  gauche  ;  elle  loge  le  corps  pituitaire  et  le 
^inus  circulaire.  —  En  arrière  de  celle-ci,  existe  une  lame  quadrilatère, 
«Innt  la  face  antérieure  inclinée  en  bas  et  légèrement  concave,  fait  partie  de 
cette  fosse;  sa  face  postérieure,  tournée  en  haut,  plane  et  rugueuse,  se  con- 
tinue avec  la  gouttière  basil«ire  de  l'occipital  ;  ses  bords  latéraux  présentent 
une  écbancrure  qu'occupent  les  nerf»  de  la  troisième  paire,  ou  nerfs  moteurs 


i;;'i  n-^ri-ni.oijii- 

ocnlairrs  CMFiiiiimi"  :  ^  »ii  ]•<•;<!  sn{)«;'ri(Mir,  )ii)i",  !i':m-\ (•:'>.-(!,  l»'"jr'i-.'rn«^:it  c 'H- 
(■a\(>,  ri'poiifl  an  >iii!is  <ii' iiliiif' :  (Ml  ••  iiiii^-.'iiij  nn\  i'unU  la'eraiix.  i!  i'^n-\\\' 
!l('ii\  aii.m'c^  plii'  on  M!-:'-  -lillafils.  (iiîi  en'  'vcii  '*•  'i*>ir»  iVapn^ilrnsCy  '-  - 
iuinJiS  ixfSfrn'pUff'S. 

Sur  lo.>  [»ai"lit's  la(('i'a1«'<,  (.11  nh^crvi*,  cii  |t'TM'('Ml;iiif  :,:!->i  -1  ;i\anl  m  'ii'ri-"  •■. 
les  ppiifps  ailt'S  du  Sj)Ji'''iU)VJr  (MI  r'/ift/y'/'/vfS  t/7//'/?vr.vv/V/: ,  qui  si-  pi.TfrMt  l:-  -i- 
/«m'aleiiU'iil  île  (It'ilaii^  m  <l','ii<>i<,  .■!!  ^rlHIaiit  d."  |.!iî-  en  r^lns.  cl  q;ii  [n  :■- 
iH'iit  aiii>i  une  jipmr  li  iaii.^iilai  i''.  —  rem-  ii'C  ^iljl<'l  irirrc,  ]tlaiir  et  ihn 
i'i''[)()U(l  aux  inhcs  aiih'i'ii'iirs  «m;  ii']'\<'aii. — I.  inri'ii.Mjr.  îi  r— p^fitc,  f,ii|  ]i:i:  .'> 
(Il'  la  xoî'ilc  (le  1\)i1hI('  :  Ir  'v^i'  Mj,li(ii;c  >'M!  .  i-  •  -■■tv  r;j  i-.irti(>  iiiltMiic. —  Lr  'p.';! 
aiilrrit'iii',  dciitr'n',  c-l  <'(.ii|)c  i  ii  hi-ciii  aii\  (ii[)r[i>  <!*>  la  l'.-in'  riijK'riciii»'  iTi 
diMlaiis,  cl  au.v  •li''|if'ii>  de  !a  1.x '^  init'i'uMiic  en  «nlhii-:  il  .->  arliciili'  a^^^i  !•' 
Ix.irtl  iiilV'i  ifiir  du  IV-'iilal.  — î  c  '  (».d  [x^siciiciir  r-^1  caicaN»',  iriinC(^  eu  d"!!'">. 
«'[jais  cil  dedans;  «n  >ii!ii>- nil  <■.  la  hase,  il  i'.rni.'  n]\t'  saillie  aii.LiiilcnM' -■ . 
arrondie,  qni  [mu-Ic  le  nutn  tl  tipajthiisi'  'Ifunnlr  'iiilrririirc.  VU-'^  qiiairt'  a[i."- 
j>liyscs  <'!in'»i(ies,  les  anltM  i(ii!i'<  muiI  niuin-  »'le\  ('•(-  ffiic  les  ]Hisl«'rie;)rc>.  a\n 
JèsqiKdles  on  les  \(»it  (jne'q!!eri>i-  se  ronlino'''' :  î  I'.'-  onl  «'le  cnnij.;))»'-''- aii\ 
qnalie  an.'^les  d'iwi  lit.  qui  seiail  iv|)ié^cnl('  [f.w  l;»  In— e  [)ilni!aire,  d  ^l'i  î. 
nont  <}ni  lenr  a  î'Ié  iniim-r.  —  An  dc>-(iu-  cl  e.i  didans  des  aprjjt'nx'-;  e!  ■ 
noïdes  an'inienres,  on  renrirqoe  me  ('•(dianciiii'e  (l.ni.^  î.iq'Mclle  |>a-M"  rail*  :i 
cMiolide  inlcinc.  Onclqnejuis  le  J!..!,]  inJcini'  de  n'ilr  écliancinrr»  i'oini''  U'i- 
snillie  qni  r<»nslilne  Vaiioplnj^*'  c/.'iivnli'  itiain'Diir  de  qnejqnçs  anlcnrs.  —  !.• 
l.a.-e  des  [udiles  ailes  <•-!  ira\c[>ée  par  le  lion  oplirpie.  I.cnr  soiniliel  - 
•  einiine  par  nnc  ])oinle  ! ,  es  aiuMH'. 

.\n-dcv.-,ni-  de^  i)(dil'"    'ides  se   h'onvfnil    les  f,tih's  ^l'Iicntmlalps,  <»ldi«TM  - 


Fin   j:i 


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'"lir  .-mI,!,',-  (lr  I  r:l  Mh.[.l,  ,  —  J.  p.  III,.  :,|l.-  i!'l  v;  ,|,r:iM,,l.' .  o,|  ,, ,,.  .|,l ,  v -■  .K  I  MUI  ,i^^  :  >-  ' 
•■     S.MMlIlrl      .!.>      ,vn.'      ;,ll,.._',.       \,n.,.l(Nsr     r  I  , , ,. ,  : ,  |,  •    ':•  M   ■ ,  ..  "M  -  ,  ■  .    —    '. .      'Vy^H-     opl!'|ll.-      -i::: 

iii\  .i.'n\  ,'xnviiiil.s  ,1..  1  ,  ,,„i!li,-,v  ,i,  <,.  :iMMi.  —  .,,  i;.  lMi:r.:;,v  .1  ne  lp|n.ll.'  |.,.^.r  l  .e  !■ 
'■"■••tulr     hit.-l|i-.—   7.    T,-M     UMlnl     l'.nhi    ,,|,     ,:;:,      l!i:)-    -,;;  j,,  ,  ■,  ,,  r     _    S .     l-.,s..-     j.,! ,;  i!  al  i  ■     • 

,.||r  turci.pir,  —  «».  \i...pliv^.'  ,-|i'lM.,!r  ].  M  ■"^■•••',-  —  I(t.  "..-'i,'  i.:',-v|,.|nv  Ml,  s,.in- 
.|.■^  illM.pliVM-s  i.Ir,v-..M.lrs.  _  11.  r,,.,!  l.rli!  rn-i'i  >i|  si,l!,.:i.,  ,.;■.■)!>.  —  1-J.  Cl'.H-l,  '  < 
l^"l"'  iul.T.i;-  .!,•  r.,i...M||_s^^-  p!.;  v,.'M),|.  ,  _  |,;,  \;;,.  ..^i  ,,;,.  ,i,^  ;,;,,,  a,MM.li\>o.  —  )', .  !î- i 
IMsI.Ti.Mi,'  (!. 's  -i;ri. !.•.., Mrs  <!u  ^p'^  :,„,., !..  _  i:,.  T->';  M\,ii,  .,i  m!  \iil  nvr  n;!',- -  .ir. - 
h).  Surl-irc  l'iaii-tilaiiv,  mi,:'|,mim..  iKir  laqu/ll-  1,  s  -!•:!.,'!.■>  ail.'v  -  ,rl,-itl,..i'  av..-  1,<  T:..-  'a'.- 
I".  l/.tm<>.|" 'li'il ''-■'■•■  '''.'  -i'!/ -ii-i.!.'.  —  i^.  (iMiiiiirr.  .... ,■!■!!.  n  .,■ ,  —  |m.  I;,.,.-,,'  .|,,  <,,i„n.,.' 
—  :'<»     I'-'"'"    ^i-liar, ,,,!,!  ■     —   :•;      •-,;.^,     ,,..     l.    ]  :    -.,,.,,1       ,a, 


DES  OS  DU  CRANE.  135 

•le  hau(  en  bas,  do  dehors  en  dedans  et  d'avant  en  arrière;  larges  et  arron- 
«lit^s  en  dodan?,  effilées  en  haut  et  en  dehors.  Elles  donnent  passage  aux 
nrrî^  de  la  troisième,  de  la  quatrième,  de  la  sixième  paire,  à  la  branche  supé- 
lieiire  de  la  cinquième  et  à  la  veine  ophthalmique.  —  En  arrière  de  ces 
fntes,  au-dessous  des  apophyses  clinoïdes,  existent  les  gouttières  caverneuses j 
iTt'iisôos  sur  les  parties  latérale  et  supérieure  du  corps  de  l'os,  à  droite  et  à 
tjaiiche  de  la  fosse  pituitaire  qu'elles  limitent.  Elles  commencent  en  arrière 
i»nr  les  côtés  de  la  surface  par  laquelle  le  sphénoïde  s'articule  avec  l'apo- 
|.hy<e  basilaîre  de  l'occipital,  et  se  continuent  en  avant  avec  l'échancrure 
"itiiée  en  dedans  des  apophy^^es  clinoïdes  antérieures,  échancrure  qui  en  fait 
partie.  Obliquement  ascendantes  à  leur  origine,  horizontales  dans  leur 
nartie  moyenne,  ascendantes  et  verticales  à  leur  terminaison,  ces  gouttières 
décrivent  une  courbe  sinueuse,  comparable  à  celle  que  présenterait  uneP^J 
ililique  renversée.  Elles  reçoivent  le  sinus  caverneux  et  l'artère  carotide 
interne. 

En  dehors  des  gouttières  caverneuses  on  remarque  la  face  supérieure  des 
grandes  ailes  du  sphénoïde,  sur  laquelle  repose  le  lobe  moyen  ou  sphénoï- 
dal  du  cerveau.  Elle  est  tournée  eu  haut  et  en  arrière,  irrégulièrement 
quadrilatère  et  concave,  parsemée  d'impressions  digitales  et  d'éminences 
mamillaires  sur  toute  son  étendue.  —  En  dedans,  elle  présente  le  trou  grand 
rmd,  ou  maxillaire  supérieur,  qui  se  dirige  d'avant  en  arrière,  et  qui  donne 
passage  au  nerf  maxillaire  supérieur.  —  Sur  sa  partie  postérieure,  on  voit  le 


Sphénotde'y  faces  supérmure  cl  postérieure. 

M.  Ph'hc%  ailes.  —  2,  2.  Gouttière  opli<|iio.  —  3.  3.  Trous  optiques.  —  fi.  Fosse  pitui- 
'^"«'.  —  5.  Lame  quadrilatère  rontribuant  a  former  celle  fosse  par  sa  face  auttfrieure  et  se 
"nlinuanl  par  sa  fare  postérieure  avec  la  gouttière  basilaire. — 6.  Gouttière  raverneuse. 
—  7.  Ajïophyse  olinoMe  autérieure. — 8.  Apopliysc  clinrHde  postérieure. — 9.  Feute  sphé- 
)oj(la|e.  — 10.  Facf  supérieure  de  la  grande  aile.  —  11..  Trou  grand  rond  ou  maxillaire 
^'il-'-fieur.— 12.  Trou  ovule  ou  maxillaire  inférieur. —  15.  Kpinc  du  sphénoïde.  —  1/i.  Orifire 
!"M.Tieur  .lu  ronduit  vidien  ou  ptérygoidien.  —  ir>.  Fosse  ptérygolde. — 16.  Aile  externe 
i»'  Vapophvse  ptérygoïdc.  —  17.  Aile  interne.  —  18.  Crochet  de  l'aile  interne.  —  19.  Sur- 
firp  quatlnlaière  rugueus*^  par  laquelle  le  sphénoïde  s'artirule  avec  l'apophyse  basilaire  de 


t;;r; 


^1  i;t)i.«H,!i 


Iran  orf(U\  nu  )i}</  rilhh  r^  i)i [''l'iinr,  ))c;mii-oii n  plus  urnii:!  qnr  \c  [»rt''iT;l.ii\ 
dii'ii::;'' (le  liaiil  en  i);H.  t-!  l.'-'îiif''  nu  iici  ;' !nri\ill;!i;'c  !î)}V>r'iiMii'.  -V.n  «IrL-.^- -:>■ 
«'l'ini-ci.  If  înm  sj-lirr-i-f  >r;n'u.r  mi;  inUt  miiL  \t'rli;'.*i!  ."li!--!',  niai<  cii'r:.':.!..: 
Cl  lfr--ii('('l,  silii!'  Cil  <].".;:'i>  (le  i  t'jHhc  <]ii  >,.])''iini.lr  :  cC^j  ji;u'  c<*  If^'ii  ^l^." 
l  ai((''ii'  iinMiin;ji''('  111. ')(•:■•..  i;<!i'"'l!  t'  (i."i!i>  !;'  cr.-ic.  —  Le  Imi-i!  iiilt'i-iM'  m*' 
la  race  siiiM'ricdi  c  «les  .:.;iiiu<>  aile-;  s.'  .-lai  'c,  daiir^  sa  iiK'idi'  p»  ►-h-ririiii  , 
a\('c  !r  c'iMj.^  de  !  !S.  Sa  i{i,ii!ir-  a^-l/'i  i;'j^î",  IiImc  c'  iiiiiiec,  Inriiu'  Ir  li-'i' 
iiilV'i  ii'iir  «!.'  la  Irii.'c  siiii-'Udidi.ir.  --  [,<'  iMud  ("xh^in'  r..;i.-a\*.'  c-l  mi';'  '. 
IraïU'liaiil  ri  laiHi'  en  !»iM-au  >':p('ii('t'i  «  nn':il  aux  'irpcn:  .ir  la  ia'T  rxfeii.i  : 
rjtais,  (ItMilclf',  (M  lai'l''  ci  luVcan  iiilV-riiM.i  t  aiic  il  a[;\  (]'']a'ii>  t\c  la  l'i'<." 
s'iparifiirc  :  il  >"ai  liriilc  isar  la  [nrli  a:  rcaiilcii.M'  «lu  lcin|i(ira].  —  \.r  l'^a-! 
Mi[M''i-i<'i!r.  (lanft'lf'  an^-i,  t'ai!  nartic  d'iinr  >.irrui'  irijiUL-iilairr  qni  >  iiiiiî  .-'.i 
ruHilal. —  I.i' 1»(U(]  i>M-|i>)  inir.  mil!  ••'.  (Miiri  ci  '''clil imic,  ><•  diiiu*'  rn  d'-ji''!' 
tM  ini  ji.ii  «Ml  an-ifi'i';  r'i  -c  r.''îi!ii-^,>:':.(  a\»c  la  Ix.id  (Nlniia,  il  j'-.iiiiU'  '!'.. 
aiiuli'  ai-:i!,  «(iii  r-f  itci  (la:i-  laii-i'  -.m!:. ail  ith'-'-i  it  ac  du  î<'in}nn  ;d. — 
i>a  la  p-iilia  ialc!'!''!)!-.'  il«'  cd  aiulc,  mi  \.a!  i«a  îia  ;iii"  ^  dilia  ai'-'iU'  qui  ^^ 
[ualc  hi't  -i|!i('  Ncrlic-d.air  lif  ta  j..'^  c!  (lai  i    iU-'il'U'  I  - />///     da  ^|dl^'Il(tidl■. 

lî.  rare  P»f.  rioiirr-  oji  miiuirah».  --  '  dh  ]/-,>';id  ;"'  !  i  a;  \  c:  I  ii  :  a  p.  »~t('r  ;«";'f 
(le-  i'c>-,'^  iia'.Lf  ..  M'i  \  ù  Mil-  >  i  [ta;!!  '  i-a.  -di';'-  •  i::ir  i  a'.;.'  a  a  !■■;■.•-!•  »-}  l' ri' ■■/.>/ 
qui  t'-'  l'i'aaa  d:ia^  l'a^'  i,dii»:;:a  da  m  :  '  ^a;-  •;ii"i  ,•  <la  \  .ai.  !.  cf  (!.>nf  !  f\- 
liTiniia  aiM.'i  iaai  a.  ]>[■,:•  >-iill  ad<'.  p'   la  !.•  a.'ai  ■>[y'  />  '  ■  d  i   ^;d:.Ml  )ala.  —  !*'• 

]■  '  .  '  •.:.  :.;  ..■  \  ."'  !  ■  i.  ^d  co-n-j.  Mid;;d 
■  1  ;.,■...■'•!■  (■  .  iiit-a-ir-  de-  ..^.rad'N-.-- 
:■      :■'.    ■•  ■■^-     -:i,.;-,    qu.    i  ^^  •.•>•- ' 

^;-  ■■;  1     '■•'  •    ■    '      d .  !  *   '■    adail,  aiq-aîi'  jl'  /■.■.■■•- 
'  '  a    id".  a  ;.  a  - 1    'air    -u^  (''liciii-a    al    à     lai    in-'' 


(dauni.'  c:^!.'  a-!  'la  r^d'  'M  d 
(la  la  iKiM»  (la.  \.a'i  T.  -  -  (d 
id-'i'} -;iadt'-.  (ta  !iia,\a  au 
-;diiaiaalad!('  th'  1  .'S  p.'d.din  ;: 
^  .a'.;/  :,  d  'Ui.a  [ai  — .ti:a  à  ' 
U(a  \au\. 

;^<^  ^.-ad.".  !at--i  d.^^  d(    !••■ 
>  '^   t''.v  -  1  rai-.'  .la  1  aa.li  ('  ;'. 
\y^v\r,^  '  [.  -,    >  aai  •    :•  ~  :".-^>, 

1  ,'u..  ,  :,  ..  ;■•,  ;,.  :..,«  ,..• 
jaii  :.i'  "a  '\.  aa.  .  •  -i  d'  da 
l'am.-  !.•  -  'aiM'  ■  •  '  :  i' — , 
da  a  a'd'id  n  ,  :!.  '•. 

I  (-a-  :d   r  a..-'    •        .    .      ■ 
r;  ;      da  s,;,  !..  ;;.    .. 
h  ait  'a\  aa-,  1  i      >^         ^    • 
,>\t,M  aa.    Pdi>  b  1-  (  da  ..    •  .. 
iii\  i-t'   ra    ('.aa>\  .a!.^-.    '•    ■    • 
l'-î    ta>a!a>   ,a    x,-  ;a\d,  :    . 
^  ain  1  il-    \v.vn-  ^\  •'.  :'\r-<'    a. 
midi aaaii"    >a  •  aa  >•  •   ■/   c    ': 
var  K>;ual   m<  '.  d   .'       !>   la- 
i'\{a".'u\    .aaliM.  a   t    ■    d.^'  .•• 
l'-l  aa<a  pi.:-  m,  a  'd 


•    'ad    '  ad    '    -   d.  !!\'  (i;  ir.hij^i'^  j^h  fi;  /'J-.'* 
-  a','  aa.aii.ai  'ir'-a  uai  Fai!  i-aLad.'  de  1    •  . 


da"i    ;ii<ai  ne  .d    - 
■.  --  I.  aiia    iaf.aa- 
a  'ail    xidioii   "v '''•'' 
.   .  ^.  :i   a\li'-niii. 
.  ;    -a  -diî  ,r..]a: 

.  -a  '  .ad  p<»^f,ai.'ar 


DES  OS  Di:  CRANE.  i.}? 

Li'ur  faco  inicrnc,  ôlroile  cl  légèrement  concave  de  haut  on  bas,  forme  la 
I>nroi  oxlenic  de  rouverlurc  postérieure  des  fosses  nasales;  elle  est  recou- 
uTli'  par  la  pitnKairo. 

Leur  face  externe,  tournée  un  peu  en  avant,  forme  la  paroi  interne  de  la 
f»'><i'  zygoraatique;  elle  est  inégale  et  donne  insertion  au  muscle  ptérygoïdien 
t'xtorne. 

î.a  hii^c  des  apophyses  ptérygoïdcs  se  continue  avec  la  partie  inférieure  et 
iiilcrne  dos  grandes  ailes;  elle  est  traversée  d'arrière  en  avant  par  le  conduit 
viilien  ou  ptéryyoïJicn,  dans  lequel  passent  l'artère  vidienne  et  le  nerf  vidien. 
—  Le  sommet  présente  un  angle  rentrant,  inégal  et  dentelé ,  qui  reçoit 
1  ii»nphyse  ptérygoïdienne  de  l'os  palatin. 

c.  Face  ant^rlfure  oa  orblio-uMaie.  —  Elle  offre  l'aspect  d'une  large  e\ca- 
^ali(m  quadrangulaire,  plus  étendue  dans  le  sens  transversal  que  dans  le 
MHS  x'rfiral,  trés-irré^'ulière  dans  sa  partie  moyenne  ou  nasale,  unie  sur 
N'^  parties  latérales  ou  orbitaire?. 

Sur  la  lii^ne  médiane,  cette  faco  présente  supérieurement  une  lamelle 
horizontale,  mince  et  quadrilatère,  qui  est  reçue  dans  nue  échancrure 
il  h  ni  postérieur  de  la  lame  criblée  de  l'ethmoïde.  —  Au-dessous  se 
•r'uvf.  une  rréle  verticale  et  trancbante;  en  se  continuant  en  bas  avec  celle 
'!<  h  face  inférieure,  cette  crête  contribue  à  former  le  bec  du  sphénoïde; 
» îl«'  ^articule  avec  le  bord  postérieur  de  la  lame  perpendiculaire  de  l'eth- 
rn  >\  \o. 

\k  chaque  côté  de  la  créte  sphénoïdale,  on  observe  une  gouttière  tournée 
'M  *i>ant  et  un  peu  en  bas,  qui  forme  la  partie  postérieure  de  la  voûte  des 
'   M'H  nasales,  et  qui  ofl're  quelques  inégalités.  Souvent  elle  est  brisée  pen- 


SpînhuiUlc ,  fw'Oft  wfèn''nre  et  intt'rnhw 

1  <  •l'îo  iiK'ilianc,  se  tonuinani  on  avant  par  une  saillie  très-arniM^p  qui  eonslilue  le  bor 
'  .  -•  ! .  M.î.lo.  —  2.  2.  Sillons  «lans  leMjuels  sont  rorus  les  l>onls  de  la  hase  du  voiner  — 
•    »•  Fur  iuf/rieure  des   petite^  ailes.  —  /|,  /j.  Orifiee  des  sinus  sulu'uofdaux.  —  5,  .'».  Fiiee 

*  •  w  <<rl»ii:nie  d«>s  <:ian«les  ailes.  —  G.  Eaee  externe  ou  7.yponiato-leni|Muale.  —  7.  I*artie 
^-  '  .•  .--l'nu  tiMnjKualt'd»'  rrtie  farr, — S.  Partie  inf«  rieure  ou  /yiîomalique. — O.C^ivtequi  srnure 
'  '  "i\  f»arti»'s.  —  10.  Trou  ovale.  —  II.  Trou  spht'no-épineux. —  12.  Epine  du  sph«'iio(de. 
—  t  >.  .Vdr  exienie  de  I  upophyst*  ptéry«î«»i<le.  —  IV  Aile  interne  de  rrtte  ai^ophyse. — 
1  ».  r>.  Surface  par  la(|uelle  le  sphénofde  sartieule  avec  looeipital. 


!;;s 


>^T|->)!  nc.l'r. 


•I.'!!i(   l;:  (l;''s.'!li(iilalj'M!  dr  !<-:;  j;!..'  paili»:  ^■(•1I  (]('(;.-li('  ;i!(ir>  <•(  n-l''  .'■•-    - 

iMlilc   i\l]\   ]<M'^r<   l'ih'I'ili'^    <i"  r,>if<"ÎMÏ(!('.  —    1   !!    j,<Ml   ail-'lv --iM]>  «If    :-  :    j-:.'    '■ 

liiiiyciMic,  Mil  \(ii(  ;!ii  (»ii!i.'"  .jj::  ]■  ;,['''''iili'  ICîili-t'T  (1rs  ^imI^  ^|>1h''M    i^' i.   ■. 

--  (es  s!!i!i.-  -niiî  «;<'!i\  \;  :  le-  (••i\  i!i'- ,  «  :  fiHMS  ']-i!!'^  1'.'  u  •!■]'>  du  •^jtli*' ri* ''■.'.  •  . 
(î,--,,,:  ■;  de  ]-'  •_•<  >!!|  (;;.)••'  didi'ii'!'  id  d.-  l,!  |",-v,.  jiiîoil.urr.  lue  <  Ini-nii  \«."i  1^  i' 
~'"j.;'  ('  r(d  i;i  d'i  cr-^r  ili.^ij  i'.'  (•{•!'ii  dt»  rrir'  -ai!,  dn'  :  mai-  jn!'-f[iic  (nni.>iM  -  !. 
;•  I  d''i.d(','  ■  (]['ni\t  '.!i  .■'  u.i!!(  iic,  ;mi  ^".rlc  (|ii.'  !(  ;ir  ia|tacil!'  -('  iiiMiilr*'  •■•!  - 
l'iiM)!  ('vaK'.  '>ai\,!r  l'c^  cIid-M!- ^tai  li.dlr^,  dlvci  ^cui.'ii!  iIl^lill^'l•^,  ^"(■■^'•"■I.' 
di'  l('iii->  pa!;d^!'J  I»'  'ii\i-rti!  ri!  *\('\\\  mî  jdi.'^ifin  -  CMiimai  linicuS  :  »"  - 
|i''i)-,  (Ml!  ni' •II."  \  <  (ii\  ;^,"-  PII  |di'-'i-i;i-^  (a'ilid!'.'.  (diaqnc  >inn>  of  lit^n--  ]'■.. 
Mi  pr  )l  UiU'iinMi'  ''■■  Il  [  iii'daii'.',  id  ("anui'ini'iiic  a\'.'c  1a  fos.'  li.-.-^  d''  _ 
lî'i  et!  r- '-!)»' id  (lai-  "'...  i'ici'   d'-K'  -.'!':.!  i;-ii'(d  aiil-'i'icurt'. 

{'..  d-dh»!  r  d.  s  ^  ;ii:;    ri'"  ci'.tid;  !i\.  .h    !;■>';  m-  la  jcrli-ai  (^î'dlaiia'  d^;  !:•  ;  ■ 
.■"dci  i<'(.-  ('.  >,!!    I.aiiadl..'  «t  aii-i  c-td  ('c   ;taid  c:!  îiar-  ri  de  d--d.,t!î>  <•:!  d.    :,  ':.•  • 
i"    la    |»-!id^'  :i;mi'!-!'';;  •;'  'Mi    l'-ai  (yliiiia-;    'J<^   !a    f.na'    iid.cii'Sîi  c    di--    ;..■!;.'■• 

idi'^  .''1  -  [''.'taiia.i,' :  d,  ■  ]■■  l'cidc  -/h'".:  'îda!-' :  V  •in-di'-.>MU>  d*'  i-<dI<'-«', 
; -a  ri  il'  anln  'ciin  di;  !î-  ■■;  -!,:.::  i  !  laid  o  !iia\dlaiiv'  hii  i"  iciii  :  d  »•:[  •.[■  'i  J- 
de  (mi  Icr-  i'i'~  j.-  î-,d<  ,  îii!  '  '■:",,!'  >.:i'!dc'  cii.idi  iiaii'  !■<',  (jui  >  iii*-'i!i''  ci  s  dir  .  .- 
,  !  (  Il  .iNaid.  <•'  aiii  f  :  i-a-  la  .■''  -  i,'-;  Ma--  naidic  d."  îa  hai.d  «'xlc  iii'  «le  1  oïd  !,  . 
•  .'lia  >i:i'.M'i'  [dai'.'  "il  'i'jàr''iii  ad  riu\>:r\r  «--!  'iiiidt'.'  en  l<.'.-}'ai-  '.i;i  '-'ii 
!V(  Idiija-.  Mîi  :d;i  iM;!i!'  de  !;=  Ida'.'  r-^d;-' !!-■  ;iia\il!aii  a  :  (ai  lia'ii,  ['■•!  '• 
a  M'd  diMilc!''  ([Ml    .-(•   cailaid    a\ai'    !a    -ailic'    !  a.!];.--''''''!!'^*    i'''i"    •■  i<'ii'*'i!i'   : 

id:.a!,..  i;'  .-  .i.  lii  ail-  a^  -a  !r  i'iniii;d  :  .  a  dcaia-,  p  m  ::ii  !»  a'd  didiqiu'  n,n  1 
piiîla  ('a  ';i  du!-'  -[di  n-^ïiialc  :  (ai  d.daa-  [i..r  !  ;i  l.-ad  d-adi  l»',  ii:aa  ■ 
•.aa.diaii',  (ji.!      ailitai'-'  i.\cr  i  .i~  mal.»!!  a. 

n    l'iiNM*  vn-trrhMiro  on  or<-|pi!aio.     ^mm  «'l'aidinr    r-1  liraiic'a.'a  ^M-du-  •_-]■'■■ 
aaa  .  .  !d'  d."-^  \,v<  rrd."il.'^.  -     ^ii:-     m   .'a-la-  iia-diaia'.  .dl.-  (dlïa  iiit"    -i  :  i-' 
ia_!i.    if.  •aa.-i.it  i!.i''"a<',  ipcd  ir,-   >  ]\   \\:\-  (!    .■!' lii 'al.'-i'  a\(a"    l  a|Hi[)liN  ^^'    '.^  -• 
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•  i-'i'd  \  a'  i"i    t    ;  _  •    '  ^  L  adi-ai.    i;!d    -a  'la  ad:    •■'   a   i  d  |".-''dai-nr   d.'  î  • 
•t!,--i,>  de  d'..  a  a\-.'  ,.aa  v-..'da  :  '  I  .  M    '.d'-!  -  a.'  (  .■!  mi  lire.  1,-  |»Md  {••  -  ■ 

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•  d-  d  ar  :    ~.  1       a-  M  .sd^al  d  •  ■■    al  'ai  '•  -.  -ai  ;     .-lii  ..nj  a--  ua;'  Miîdr  '  i:  •; 

■•  .    '       ■     .  la"  .-a  ■■'  àr'  a  «;"i   ■  a  '■  a  îa     1--   ■        ■.•■  —  (  î!\  ir' ai,   ri  <{id  '.i  ' 
■  '■•    dv'   '  :   \     -,'  ♦,  viai"  -da.  --  ida-   i»  .-.  aia-  <  ; .'  ».    a  a!  ta  >-{'"- h^î  i»  ma,  '  ' 

.-"    ■-  a     a^      — ..-ad.    Ml 'N."'"''  1-1''  ^  •'■''■'!'■■''■'■•  ~ -^-î-"'''--'"^^  " 

.    a  ■  ^    ■•      .•...•,..     ,d    .•,.''  a-  .  a   d    d  •:-.  '  -  •  ..  .:,.|  ,,  ..  f,,i'  j,r 

.     '  !      --■  ^  -    -M  {'di  a-  :  •  ■'.-  d  .-'a.'    •*'  •   ^. '-■'-''.•    •'•  '  ^  -    •  î ii-ii   r\l«  '  ■  •  ■ 

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I  >  ^-  ;  «"  -      ■      ■  -         ■  ':■'■        -      ''•.',■       •   ".      :  aida-.^  -d  ti  a:!.di;.:i'- 
.  '     :  ai-  •  .•  d     ■     ^••-    :    •  :      a^  .    d'.-      a    :  ,•.  :    ;      '  ■  ^.d,  ••(...  !..  <  arlK'-' 
.,.  ,    •  .  ■     .  a  -d  \   '    -•     ,  .    a    ,   .   a  ,-  '  .-;:»,••   ,■  •••    i\,..    1.-  '^.^Vi]  r\t. •:!••■.  ' 


OF.S  OS  Dr  CUANE.  130 

\  'il  im  angle  tronqué  qui  constitue  le  sommet  des  grandes  ailes  et  qui  s'unit 
.•  1  angle  antérieur  et  inférieur  du  pariétal. 

Cunnexions.  —  Le  sphénoïde  s'articule  avec  tous  les  os  du  crAne  ;  en  avant, 
JIM  de  frontal  et  rethmoïde;en  dehors,  avec  le  pariétal  et  le  temporal;  en 
arrière,  avec  l'occipital.  Il  s'articule  en  outre  avec  cinq  os  de  la  face;  en 
A\d\\i  avec  les  os  malaires;  en  bas  avec  le  vomer  sur  la  ligne  médiane,  et  les 
O"'  pilatins  de  chaque  côté. 

l'information  intérieure,  —  Cet  os  est  principalement  formé  de  tissu  com^ 
[  iK  le.  Sur  une  grande  partie  de  son  étendue,  les  deux  tables  se  confondent 
f'îircoiistituer  une  lame  unique,  mince  et  demi-transparente.  Le  tissu  spon- 
:i  i\  occupe  surtout  la  partie  postérieure  du  corps,  la  base  des  apophyses 
;  !»  rjgoïdes,  le  centre  des  grandes  ailes  et  le  bord  postérieur  des  petites. 

Développement,  —  Le  sphénoïde  se  développe  par  quatorze  points  d'ossifi- 
r.iiion  :  deux  pour  la  partie  antérieure  et  quatre  pour  la  partie  postérieure 
Jii  corps,  deux  pour  les  petites  ailes,  deux  pour  les  grandes  ailes  et  l'aile 
•  \!' me  des  apophyses  ptérygoïdes,  deux  pour  l'aile  interne  de  ces  apophyses , 
et«lfu\  pour  les  sinus  sphénoïdaux. 

I  fs  deux  points  qui  produisent  les  grandes  ailes  sont  les  premiers  qui  se 
.n.itreiit.  Ils  apparaissent  à  deux  mois  et  demi.  Les  autres  ne  tardent  pas  j\ 
!•  -  >uivre,  en  sorte  que,  vers  la  lin  du  troisième  mois  de  la  vie  fcetale  ou  au 

•mmencement  du  quatrième,  on  peut  en  général  les  distinguer  tous,  ù 
l«\'eption  cependant  de  ceux  qui  formeront  les  sinus  du  sphénoïde. 

I"*deux  points  qui  répondent  î\  la  partie  postérieure  du  corps  et  qui 


Sphéfwide,  f'nce  antérieure 

1.  1  ft.rd  ank^nViir  «l-^^  potitos  ailo*..  —  2.  Civtp  vortinilo  du  s]»lu^noT(lo.  —  3,  3.  Oril'w  « 
^  -'  us  s|»)H'n'»î(luux.  —  'i,  .'j.  PViitcs  spln^iioïdaNs.  —  5.  Faro  rxtt'rne  ou  zyutuualo-tonipo- 
!•  —  6.  Surfa«r  i]jui(lnlalère  formant  la  plus  grande  partie  do  la  paroi  e\t«Mtic  de  l'orbilo. 
".  *^'  '•f.i'o  dcnt<|,'e  .'l  irianuulairt'.  s  artirulaut  avor  uii«'  surfaro  spuiblald»'  dii  froutal.  — 
1  ,  u-  'il  sphi'noîdo.  —  0.  Tiou  niaxillaiiv  siipt-nViir.  —  10.  Orificp  anti'ricur  du  rouduit 
'  •  '•  —  11.  Bec  du  «ipht'uoîdc.  —  12.  Fare  autcriouiT  de  l'apopliyso  pti^ry^oîde.  —  13.  Aile 
'•  1  '  de  relie  apophyse.  —  Ik-  Aile  interne. -r- 15.  (h-oehel  de  eelte  aile.  —  16.  An;:lr 
i'it  qui  "^pire  1rs  d«Mi\  ailes  ««l  qui  n-roil  lapophysi'  pti'-i  yii'>iditiiu»*  de  l'os  palatin. 


l/lO  OSTÉOLOGIE. 

confinent  la  ligne  médiane,  sont  toujours  les  premiers  qui  se  soudeni.  A  i 
début  du  quatrième  mois,  on  les  trouve  déjà  en  partie  réunis.  Tantôt  i- 
commencent  à  se  souder  par  leur  partie  antérieure  ;  et  comim»  lour  f«»r».  » 
est  arrondie,  ils  restent  distincts  encore  en  arrière.  Tantôt  ils  s'um>î- ■  : 
d'abord  par  leur  partie  postérieure;  ils  forment  alors  un  petit  arc  à  coina- 
y'iïé  antérieure.  Tantôt  enfin  ils  se  confondent  primitivement  par  leur  jiar:.- 
moyenne;  dans  ce  cas,  ils  se  présentent  sous  l'aspect  d'un  petit  recldii.  • 
transvei-salement  dirigé. 

Les  deux  points  externes  de  la  partie  postérieure  du  corps  répondent  a-:-, 
gouttières  caverneuses.  Ils  sont  allongés  dans  le  sens  transversal,  et  st»  >  - 
dcHit  aux  points  internes  vers  la  fin  du  quatrième  mois  de  la  vie  ii.îr^- 
utérine. 

F-es  deux  points  de  la  partie  antérieure  du  corps  restent  longîfTT.  • 
séparés  l'un  de  l'autre.  Il  se  soudent  d'abord  avec  ceux  des  petites  a.  - 
qui  décriAenl  une  arcade  pour  se  porter  à  leur  rencontre.  Cette  arcad»'  ^ 
trouve  ainsi  transformée  en  trou  pour  le  passage  des  nerfs  opliqm*^.  - 
Après  cette  soudure,  qui  a  lieu  vers  la  fin  du  cinquième  mus,  on  les  mu\  - 
rapprocher  et  s'unir  en  avant,  mais  rester  très-écarlés  en  arrière;  ?ii-- 
soudés  entre  eux  et  aux  apophyses  d'Ingrassias,  ils  constituent  le  sph^u 
antérieur. 

Les  quatre  points  de  la  partie  postérieure  du  corps,  en  s'unissant  i.  - 
grandes  ailes  et  à  l'aile  interne  des  apophyses  ptérygoïdes  forment  le  >p*  »- 
noïde  postérieur. 

Les  deux  sphénoïdes  commencent  à  s'unir  vers  la  fin  du  septième  m'»:*. 
Cette  union  débute  constamment  par  les  parties  latérales  de  leur  coq)*.  A* 
huitième  mois,  on  les  trouve  presque  toujours  soudés  l'un  à  l'autre  au  nit.- . . 
des  gouttières  caverneuses,  et  séparés  sur  la  ligne  médiane  par  un  e^;»»*- 
triangulaire  à  base  postérieure.  Cet  espace  correspond  en  haut  au  Yn^nl  po-'.- 
rieur  de  la  gquttiôre  optique  et  en  bas  à  la  partie  postérieure  du  Ih^-  .!• 
sphénoïde.  II  se  comble  peu  à  peu  de  haut  en  bas,  en  sorte  qu'à  la  nai^.M'  • 
les  deux  sphénoïdes  sont  complètement  soudés  supérieurement,  mais  en*  n: 
distincts  inférieurement.  —  A  celte  époque  aussi,  ou  dans  les  premiers  m   ' 
qui  la  sui\ent,  les  grandes  ailes  se  soudent  au  corps  du  sphénoïde  po>léri»    • 
Leur  soudure  répond  au  bord  externe  des  gouttières  caxenieuses:  elle  a  ht 
é^'ahnnent  de  haut  en  bas.  Plusieurs  années  après  la  naissance,  (»n  jh  :• 
en  retrouver  des  \estiges  sur  la  face  inférieure  de  l'os,  priucipaleni«*' 
au-dessous  du  trou  optique. 

Le  point  qui  f«'cupe  l'aile  interne  des  apophyses  ptérygoïdes  se  s.  :i 
tnVp rompt ement  a\ec  les  points  latéraux  externes  du  sphénoïde  el  a\ec  li 
partie  correspondante  des  grandes  ailes.  Le  conduit  vidien  ou  pléryg»ndi- 
résulte  de  la  conjugaison  de  ces  trois  points  d'ossification,  de  même  que  !• 
trou  o])tiquc  résulte  de  la  conjugaison  des  deux  points  latéraux  du  tphénoiir 
antérieur. 

Cornets  de  Bertin.  —  Les  deux  points  qui  donnent  naissance  aux  sm-j» 
sphénoïdaux  sont  beaucoup  plus  tardifs  que  les  précédents.  Leur  histoire  t-' 
restée  fort  obscure  jusqu'à  présent.  Comme  les  anatomistes  qui  m'ont  pr*- 


DES  OS  DU  GKANE.  lûl 

«  rdé,  je  me  serais  trouvé  fort  embarrassé  de  Taborder,  si  je  n'avais  eu  à  ma 
'Ji^{H>>itioo  la  riche  collection  destinée  au  musée  Orfila. 

(x's  deux  points  se  montrent  six  ou  huit  mois  après  la  naissance.  Ils  sont 
-iluéàà  droite  et  à  gauche  du  bec  du  sphénoïde,  sous  le  corps  de  l'os  déjà  très- 
!  [>aiset  presque  uniquement  composé  de  tissu  spongieux.  Chacun  d'eux  revêt 
U  ligure  d'une  petite  lamelle  triangulaire  dont  la  base  se  dirige  en  avant.  Cette 
Uijo  décrit  une  courbe  à  concavité  inférieure,  qui  augmente  peu  à  peii,  et 
vii,  à  dix-huit  mois  ou  deux  ans,  représente  un  demi-cône.  A  trois  ou  quatre 
an^,  elle  forme  un  cône  à  peu  près  complet  qui,  par  sa  cavité,  regarde  les 
:  ultièrcs  ethmoïdales  et  semble  en  faire  partie  ;  de  là  le  nom  de  cornet  sous 
>  vjuel  elle  a  été  décrite  par  Bertin  en  177Zi  ;  de  là  aussi  celui  de  cornet  de 
b^rtin  qu'elle  a  conservé  depuis  celle  époque. 


Fig.  17. 


Fig.  18. 


Fip.  20. 


Fig.  19. 


Dèvehpijement  Ou  sphénoïde. 

h'.  17  —  Sphénoïde  d'un  fœtm  de  trois  mois  et  demi  à  quatre  mois,  sur  loqiul  les 
'•"./M-'inLs  primitifs  S4>nl  tres-nianifostes.  —  1.  Pointe  d'o.vMlicaliou  qui  produnonl  le  corps 
'U  i.br^aoMe  antérieur.  —  2,  2.  Petites  ailes.  —  3.  Points  dossilirulion  moyens  du  corps  du 
^  n-  v.ule  postérieur.—  4,  h-  Points  latéraux  de  ce  corps.—  ô,  5.  Ailes  internes  des  apophyses 
,.,lcs._>0,  6.  Ailesexlerneset  grandes  ailes. 


U  lutuics  chiffres  indiquent  les  mômes  points  d'ossification. 

H?.  19.  -  Suhénoide  d'un  fœtus  de  huit  mots.  —  1,  1.  Les  deux  points  du  corps  du 
Mtt.nuide  aiiU-rieur  encore  très-écartés  l'un  de  l'autre,  mais  déjà  contigus  aux  petites  ailes. 
-2,2.  Petites  ailes  contribuant  avec  les  points  prc«;édents  à  circonscrire  le  trou  optique. 
-3.  I>es  quatre  points  du  corps  du  sphénoïde  postérieur  réunis  en  avant.  —  d.  Ces  mêmes 
r -inu  présentant  en  arrière  des  traces  Je  leur  indépendance  primitive.  —  5,  5.  Ailes  inU-rnes 
"f>  a^wphyses  ptérygoldes  non  encore  soudées.  —  0,  6.  Ailes  externes  de  ces  apophyses  et 

graciles  ai'les. 
Fie.  20.  -  Cornets  de  Bertin.  —  1.  Crète  de  la  face  inférieure  du  corps  du  sphénoïde.  — 

5. 2.  Facf  inférieure  de«  petites  ailes.  —  3.  Bec  du  sphénoïde.  —  4-  Cornet  de  Bertin  Uu  côte 

'•r^it.  —  5.  Cornet  du  côté  gauche. 


i'i:  o^i  i.o !.()(; Il- 

I  .1    ji.ii;.,    imciirlli  ('   (I  ■    r(     (  «  )|  ilci  ((.III  ililU    ,i  m-  (li.'N  clnpjK  J"  (IciU-  1<'^  ••  '  ■l-''" 
ill\;illli'-,    >.»il    (|.•|il^    le    :<•!!-    I  l'.»!  J>  \  C  1  ^a  K   :-!   i  '     llflli-    Ic    <('F]S   il  H  i  «''l'i  »- pi  »-^  t  (  '  !  H  ". .  ;   '. 

!.:  p.ii.ii  -iiitci  ici:,  f.  (|ij  .  ciilr  «'\is(;,!l  ;ii;  (ti'l»i;L  niniiiiiu'  an  rdilruii*' :  '  .■ 
iiiriih  l(MMj.-  I;i  p.i,  l'.'  <(i:t( -|).>!i(].iiil.' (In  Cl  i;i>  de  î  C- >c  cii'usc  «Ir  i'haij'.L- 
t  nie,  ci  l;;i:'  |.;i/  -c  ,i'(iiiirc,t  J'.c  ^!mj;|c  ci  i^  >il.  ]a  CcfUts  ^plU'UMi.i.!..\ 
'•iil  MÎii  .;!«M:  IcuT  -iiMiici-c  ii;;ii-!''>ni.;'lic!i:  cV.i  xT^  (  c'  a^|  t'cî  ou  ii- -• 
picM'iiichi  a  liiiil  dii  ,i;\  aii^.  A  ccl  ,\'^i\  ih  (ai;>Lluc;i(  i:[iç  laiiN'  in «-'.-iiiu- 
1»  iiicdl  !i  iaii-.ut  ;iic,  (|i'i  toiiiic  la  iia.oi  aiildi»  inl"-.'!  :ci'i\'  de-  rlrin-.  I.  in 
il  1(1.  x.ciiu  ic|)nii,;  ;iii  .ill')!!  iia!l>  (c(,(ici  r-oii!  !'('(  US  lc>  bnl'd--  *Ill  \«''ll*.'. 
I  t  iii' l'.'i  li  ii.ic.ia'  .  .:,.;■. i.jiiC  '•,»  aii'icic  à  ia'  cicic  iiiciîiaiic  do  1p  Caçr  ii-»'- 
I  icîiic  du  i  i'i  ,»>  da  r  di-  !i  ..«i.  :  c;:  a>  .i  il.  rin  ;icc  I i-('>-a'ini iri  de  1  <>^  «"i  ..  ; 
(  .cli'  c,i.i  le  -  i.pi.cii.a  1  .«  !>..,,!  ;;!|C',:  'r.-  .  i,-cn|..  i]t:c  T'cliaucr^H  r  qui  '.-;.- 
!   ipiic    I   i'i*i  ic  ■.  !  .■:   a.,'  ;.  i;    ic|i'c!    i,  -  -i,'ii    ■  Miiiiiiiitii<T.i(  ni  a^cL■    lor  Iv---^- 

I ,  cj    M,iu    a    !ai',  .  I  ,,■   'c-   i (  r  M'   l;c.  I  il,    -/     .>(a(.!ci!i    .iii   ii'>ic    <ir    !'•-••*' 

■  \Lcua'ii;ciii  \;ii  i.:!^  C' :  1  I;  ,  •■  t  >  i  ■s-!!.  - 1;  -,  ai'..'  ^  •  j-cic  tU  d.,ai/:c  .(  'p-i.  ^■ 
a-i-  :  ,  a  .Miia'.;  jdi:-  ,-■(!.;•  "-   -r  •  \c,.:   idi;  -  ;■  . . 

I  la  -MM-  \  -  -Mi  I-     ■.    ,'  .'a;-    ,1  '"  '.i  '  ,,,.•'-  ;-•  -plicincM-     t    d''\  ••*..].;  M-  -••  -•' 
-.a..;,  -       M  i  >      .i\.  .  i;   '.    \    i'  |i;  I.    ,. ,,.    .a.  '-il'  'i   '     -  >  ,d    i'  j;,!  .h-  imc  a   I  .i  i.-  a    :"■  - 

î  a-  :  ,  •      C'    '■  .Ma  ., i   .    ■;.■,.,  a.-  dr  .  c  ).■  ■  ..ada  .  .  .  ..;  ;i  .p-^  ;i  (j;:,r.,-.  '  ■ 

-••I  .,,.  .  .  (■  :  ic  -.ici.;;'.  ,,  :î-  .■  -  --  ■  •  a-ai-  !  •  r  ic-  <h  .i  \  .«^  (••■liiIH'.  ' 
-.al.  .a  .: .  i  1   t  -  .    ',..a_     ....■'a    "'.    m'»:. a; i(    v    h-ii-:'- ij--i'il. 


L.li'llMUlli  . 


.  ■   I  ' .  I  ;  C  ,  ;  ! ,  •  .  L  -    ' 
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»:  .     î   a 


.  —  l   .  .  :.- 


DES  OS  DU  GRANK.  163 

INuir  jnetli-c  cet  os  eu  position,  il  faut  tourner  eu  haut  sa  portiou  horizon- 
îi'  ou  criblée,  et  placer  en  avant  l'apophyse  qui  la  surmonte. 

4.  Face  Bopérienrc  on  cérébrale.  —  Quadrilatère  et  concave,  elle  présente 

i;r  la  liime  médiane  une  apophyse  triangulaire  qui  répond  à  9a  moitié  ou  à 

M-  deux  tiers  antérieurs,  et  qui  a  été  comparée  à  une  crête  de  coq,  d'où  le 

...m  d  apophyse  crista-galli\  sous  lequel  elle  est  connue.  —  Les  faces  laté- 

.\  -  de  cette  apophyse  sont  tantôt  planes,  tantôt  bosselées  et  convexes.  Son 

ril  postérieur,  incliné  en  haut,  est  mince  et  rectiligne.  —  Son  bord  anté- 

: .  nr.  plus  court  que  le  précédent,  presque  vertical,  forme  la  partie  la  plu» 

li-e  de  l'apophyse;  il  est  uni  supérieurement,  inégal  et  dentelé  dans  s^es 

'  .i\  tiers  inférieurs,  pour  s'articuler  a\ ce  la  partie  médiane  de  l'échan- 

rire  ethmoïdale  du  frontal.  Quelquefois  sa  partie  inférieure  est  creusée 

:m  sillon  qui,  en  ^'apposant  à  un  sillon  semblable  de  cette  échancrure, 

iru.liiit  le  trou  borgne.  Plus  souvent,  elle  offre  deux  petites  saillies  qui  se 

:  rttnt  en  dehors  et  qui  semblent  résulter  du  dédoublement  de  ce  bord. 

-Son  sommet,  ainsi  que  ses  deux  faces  et  le  bord  postérieur  donnent  attache 

i  la  fdux  du  cerveau.  —  Sa  base  se  confond  avec  la  lame  criblée. 

\  droite  et  à  gauche  de  l'apophyse  crista-galli,  on  remarque  une  gouttière 

.  .iL*n)-postéricure  plus  étroite  et  plus  profonde  en  avant,  dont  le  fond  est 

lU"'  d'orifices  par  lesquels  passent  les  divisions  des  nerfs  olfactifs  ou  nerfs 

•'  1  odorat.  Parmi  ces  trous,  il  en  est  de  grands,  de  moyens  et  de  petits  : 

•  V:*  observant  à  l'aide  d'une  loupe,  on  peut  facilement  constater  que  les 
-■  iiuls  et  les  moyens  représentent  pour  la  plupart  une  simple  fossette  dont 
■'î-ud  est  criblé  de  pcrtuis,  et  que  chacun  d'eux,  par  conséquent,  constitue 

■iirible  plus  petit.  Quelques-uns  deviennent  le  point  de  départ  d'un  canal 

•  il  les  parois  sont  recouvertes  aussi  d'orifices  de  second  ordre.  Les  plus 
:.:ind*  correspondent  en  général  j\  la  base  de  l'apophyse  crista-galli,  qui 
•'[lire  ceux  du  côté  droit  de  ceux  du  côté  gauche,  et  aux  dépens  de  laquelle 
I  f  xnii  en  partie  creusés.  —  A  la  partie  antérieure  et  interne  des  gouttières 
•'^rii>eB,  oti  voit  une  fente,  antéro-postérieure,  qui  donne  passage  au  filet 
•îhmoïdal  du  rameau  nasal  de  la  branche  ophthalmique  de  Willis. 

Kn  dehors  des  Irons  dont  elle  est  criblée,  la  face  supérieure  présente  des 

1'  'liions  de  cellules  qui  sont  recouvertes  et  complétées  par  celles  de  l'échan- 

fuf  clhraoïdalc  du  frontal;  —  et  deux  petites  gouttières  transversales  ou 

Mî'iues  qui,  eu  s'uuissant  aux  gouttières  correspondantes  de  la  même  échan- 

Twp,  forment  les  trous  orbitaires  internes. 

B.  Piee  iBférlcare  on  niMlc.  —  Extrêmement  irrégulière,  tapissée  par  la 
l'ituitaire,  elle  offre  sur  la  ligne  médiane  la  lame  perpendiculaire  de  l'cth- 
înoidc,  très-étendue,  mince  et  quadrilatère;  continue  en  haut  avec  la  lame 
•  riblée  et  Tapophysc  crista-galli  ;  articulée  en  bas  avec  le  vomer  ;  unie  en 
arrière  à  la  crétc  verticale  du  sphénoïde  ;  unie  en  a\ant  et  de  haut  en  bas  à 
^  ''l'ine  nasale,  aux  os  propres  du  nez  et  au  cartila^'e  de  la  cloison. 

Sur  les  parties  latérales,  cette  face  est  creusée  de  deux  gouttières  antéro- 
l»"^lcrieurcâ,  étroites  et  profondes,  qui  font  partie  des  fosses  nasales.  —  Au 
'"ud  de  ces  gouttières,  on  aperçoit  la  face  inférieure  de  la  lame  criblée  et 
■^'»  orifices  ou  conduits  que  traversent  les  nerfs  olfactifs.  —  Leur  paroi  in- 


IV'i 


<»!L-'L<M.I1 


l.Tlir,  IniliK'.'  (i.'ir  Li  '.■iiii-'  j  m' ij.i  i  ni  jr.  i  l.i  lie,  c-i  \  t'j  !  ici  ;.'.  jd.iin'  ■'!  i:::ii'.— 
i-flll-    |t.i|ni    rXt'iiir,   (    Ml    îilli.  (•     jt.ir    l<>,    Il^l-^t'^    !;•!'  I  .iN  -:    li''    1  rllllll";'^."'.  •  ^" 

jiai'wllru'  ;'i  \.{  ;).(•:'■!!*  iilc.  i\u.]>  lrr;--ij. '■-,)!.'.  l.Wr  ■.]('-.  iiU'  ci;  luitil  <■;  >  :> 
;i\;iiil  hih'  -;i;  :'.;<■;•  j-Imi,-  ;'l  j-ir.  i,c;..-r,  (^  ni  :  ('jv  ..,-1  ;'i  i;^  jMriir  i.i  ^Ml;^  ;,.,-•;•'- 
.'.M(iit!:('  I  rr  ii.i-.il*  >. 

I.ii  .•|i'i  i'  (' ('h' crîl.'  ,-i;.  ;'..!  i' ('\  i^lc  \i  t  m  ncl  ^^/'  l'f  l'fc'd'  <>['.  t<,iml  l'h'  ,\i<  «i  ..i-ir.. 
l'iiiic  iniiit';  ,  ;i!iM[i_^',-  ;1  ,iii  ni  f  tn  ,:v.iu!,  i  (  t  .  i,ii-'>.'  <!,■  l]:uil  m  \^\\->  •:"  -- 
:l('(i;m>  (Ml  (I.  i:ni  •.  .•li;;ii;    .inr  |;ic,'  iiilrriic  ci'ir.  cy.' :  î'!h"  lu.  <'  i '\  l«'i  fn'   •    '.- 

r,|\c;    un    li,):''    .-    î  jr>,-  irîil'  .,Ili    .-r    .-.iil(!«'.l    l.L    l.llîii'    Ci-ii;!'*':     t. il    ]..';il     ili!.;!:    .. 

!ihn',  iiiiiiiT  cl  li(.ii/nii!,,i  :  .m.'  i\  I  ri'^ilic  a'ih'i  i(S;i'i'  ('»iitiiiU''  iwl'C  la  -ii- 
l'acc  j>laiic  :  iiii.-  iaIi  ('iinii;  j...  ;»' i  iriiiç  ;  ;,,"<'  -n:  coiiiri  .^j.Ik  h'/iiia!. 

V.w  (K'IiMi ..  ilii  (-(U'in.":  ^lil>'  ;  i-'iif  rc  ii'uiivc  if  ni>oi  yitj:i  rinir.  i*'['i  r^mh;  i'^^r 
mu'  jaimiic  aiiiciO'jn)r-l('i'i(  i;ii',  »(i!c  liiiiili'iil  rc  cmidî-î  cii  (!f«!aii>  ri  K-  i  • -- 
liilo  «'llmii'hl.ilr-  |»i..  ti  rii'in-r>  (  u  uili.jc.-;  a  .ai  ia  1;  i  !)ii:i'  aiiici  i»,  nr«'  il  '■].!'. 
nu  (ti'il'pa'  (|i;i  le  l'ail  (■"iiiiiiihtiij la  r  am  v  vc>  rciliiN  s. 

Aii-(l('--'tu^   ihi    iiitMl  i-i.pcrii'iii'  ('!    d-.'    la  M/.ïa*  a  piaiic.   cni  \'»il   ih;>'   i  ii.. 
-ciii!  «'llij>^Mi«!a.  ;|i;;  ^cl.aal   de    î.'    ;a<  >■   aulr' ;»•  a  i,    à    la    La.'  [-u-m'!  if  i; .  i     li^ 
^(ls:(■o^l  U'(.-r//('/  hhnj'ii  n\[  f  nin-'l  ,1  h  nn'i  i\i  i .  —  >a  i'aac  cum.  \l'  «.■."l   hjuiii'' 
\('i^  la  laiih'  pi'riM'iida  iil.iiic.  — -  Sa  l'-rr  ("iMa\a.  «liii'jcc  eu  (li'lin]>.  i«:i">'a  ■ 
au    mcal    ni<i\cu,  (jii  i  lu-    «.aiiiiliia     i--cu;i.'!It  iiu  iil  à  iiniiici'.  —  *'<»ii   1'  '' 

11::    :M  Fi..  --, 


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1  '.  MM     .'N  N  r,  NS,  .    ... 


.  u.    l- 


DES  OS  DU  CRANE.  iW 

Mjpérieur  se  continue  en  avant  avec  la  surface  plane,  et  en  arrière  avec  le» 
(cllules  cthmoïdales  postérieures. — Son  bord  inférieur  est  épais  et  rugueux. 
—  Son  extrémité  antérieure,  libre,  forme  avec  le  bord  inférieur  un  angle 
droit  ou  légèrement  obtus. —  Son  extrémité  postérieure,  plus  cflilée  et  plu» 
L'iiroulée  que  la  précédente,  s'unit  à  une  petite  crête  de  l'os  palatin. 

tii  dehors  du  cornet  moyen,  on  observe  le  méat  moyen,  excavation  de 
lorine  bemi-ellipsoïde  aussi,  limitée  en  dedans  par  ce  cornet,  en  haut  et  en 
dehors  par  les  cellules  cthmoïdales  postérieures.  A  son  extrémité  antérieure 
v\\Av  un  oriflce  par  lequel  il  communique  a\ec  le  groupe  des  cellules  eth- 
nioidales  antérieures.  —  Parmi  ces  cellules,  la  plus  remarquable  est  celle  qui 
f'  [lund  à  l'orilice  de  communication;  elle  se  porte  presque  verticalement  en 
liaiil,  en  se  dilatant,  et  vient  s'aboucher  par  sa  buse  avec  l'ouverture  des 
iVAUy  frontaux.  Ouverte  i\  ses  deux  extrémités,  plus  large  supérieurement 
111  iniï'rieuroment,  elle  a  été  comparée  à  un  entonnoir,  d'où  le  nom  d'tn- 
fnndihulum  sous  lequel  elle  est  connue. 

\k  la  partie  antérieure  du  méat  moyen  part  une  lame  qui  se  porte  obli- 
qiK'miMit  en  bas,  en  arrière  et  en  dehors,  vers  le  bord  supérieur  du  cornet 
iiilriiur;  elle  a  été  tour  à  tour  décrite  sous  les  noms  de  lame  oblique,  de 
(orne  descendante  et  de  lame  unciforme  (de  uncus,  crochet).  Son  existence  est 
"•uMaiitc,  mais  son  mode  de  configuration  et  ses  dimensions  varient  beau- 
'-  u{»  >iii\ant  les  individus. 

c.  laec  antérlfnre  on  naso-niaxiiuire.  —  Plus  petite  que  toutes  les  autres, 
"Il  moins  irrégulière  que  la  précédente.  Klle  présente  sur  la  ligne  médiane 


Fig.  23. 


Fi^ 


l.tl'iii'tide,  fnrp  ^H^slvrirurc. 


ht/i/nonfc,  face  A//t' 


\  rji    'ji.  —  1.    1.   I.aiiir  |HM|K'iuliiulair«*.  —  'J,  '2.  Lame  nihlte  «lui  re|ut'M'iile  duii.s  tclU* 
'••■•  u  \ïdtùt'  la  plus  lU rlivf  «le  l"«»s,  imire  «|u  il  a  «  lé  iTtournr,  atin  de  monlivr  plus  dislincte- 
1 1  «'VlrtiniU-  iM>st«'rijuiv  do  (ouuls  cl  des  iiu'als.  —  3,  3.  Cornets  iiioyen>.  —  6,  4-  Mc'aU» 
."•\«iiN  —  5,  5.  l>>rnel.s  supérieur>.  —  0,6.  Mtats  supérieurs. 

1 .2.  2*1.— 1.  ApophvM'  erisla-galli.— 2.  Bord  purleipicl  celle  apophyse  s'articule  avec  l'exlré- 
'•  '•  antérieure  de  I  erhancrure  ethuioldale  du  frontal.— 3.  Facette  orbitaire  constituée  par  une 
•  osMUM-  «  \trènu'u»ent  mince  et  transparente,  mi  l'os  planuui.  —  h,  6-  Echancrures  oceu- 
'  '  '•  I»  «rd  sui^'ricur  de  <  elle  lame  cl  contrihuant  a  fornuT  les  trous  orbitaires  internes.  — 
•>  lt"r«l  inférieur  de  l'os  planuui. — G.  Cornet  moyen  ou  ethmoldal.— 7.  Méat  moyen. — 8.  Apo- 
l'i.>H  uiuifonne.  —  0.  Buse  de  l'infundibulum!  —  10,  10.  I.umc  i>crpendiculaiie. 
1.  10 


1  '\n  <  )-  ,'I.U|.ill.Il.. 

le  Imh'I  ;ihtriicii;   iic   Ja  Jaiii.-  |M'r(.('[i"ii('iil.!P,r.  lr«'.--!uiMi  t'I  |)rt»s(iiJ''  \r;*.. 
«  lu  /  <(iit'|(jii('    iiici  \  iijii-..  |iii;  -  loir^  n   iinli  iii'  «'ii  Iniiit  elle/ (l  aulrc>,  iiiii'' .:•■ 
a\i  (    le    I)  ■  lin   iK  /. 

Ile  cii'iili)-'    i.»i(.(tn    1 1  iiMi<},.('    icMiMiii.'    :■  H  i  criciirc    (lt>>   i:oil  îi  i'M  i.-    i    •- 

al"'    ,  ijiii  «'Il    rc{'.i'   i-Mlf   la     ..i,    t   !■     ;»;:       i  ,i  .,      -     Kii   (Irluir-  l'u'   rr  ]  i'.'.---      .- 

I  i(ai\ .'    I  r\  licMili    .■.nlci  i.M.  <■  >.         :<:  a !  •.''•;  a  !<'>,    îî-  S-(  il)ii(|  lli'Ilirli  î   C  ■■-.i   '' 

«I  a\  aiil  en  ai  1  in  ('  .'I  (!.'  (ii'i.aii  -  .  i:  .  ,  ii.m  -  ,  i  "c  <  llVc  d,  ■>  {u.tiiio'i^  ùt'  la  1''!     - 

|iii    •Mil!    ii'C'i!i\.  I    .■      .  I    t    i.ii,.[.-i,-.'       (•  i  a\''  Il   |i.i;    J  a:i(rti'}sr   Un >:ila(i''    '■   - 

■  •      ltia\lii   'IH'-      IliMM'H   In     ,    I   ..    >i     ♦('   ,(•    j'ai-    I   I  >.-    li'iy,)»^. 

II.    l  Ai*   kM>sJ«'rni;rr  ,ni    s|Mit-k:ti'(ia,i('.    -       i    .;   .iJi'M.-    <(iirr-l    cf    Nrniralr,    ■    .. 
(illir       il.-    1.     'ii'f    IIP  ili.ila-    1  ■     :m,,;      .     a.'.>  ii.'    !a  iau».'  jmTjm' iHi  î».   Uii 

lir     iii!ii    r     ..rii    i.h'   ,  v.  i    l.,  i  n  ■.      I      ,  ,        ■       (■  1 1  !  .-Il' '  ;  ;r  i'  l   .-;.!l'Mi  •;"<  ■. 

\  .il, aie  <•    .     •;..;.  !.■     «ii"  *    •   i'.-.     .   -m,   \..,,    .     \i  ■.    înii'  jHi^icii  \iir  .i-'-  --  '  ■- 

lici'.-  >  ii.r  al.         ai.     (       I  .1..-   ,/:  ■  r.        •;!/    *  \  tl'cii.i  !«'•.  a  im  ■-.•.■:—•  . 

m  «lai  Km  I  .-M  '  Ml.;  m.»-!'  .'cu'  a  .>■-  ;..  1--  -  !.,i.a  ail-  .  (  .mc  .'Xi-  i  aîl  '<  .  .'  - 
M'iila  <ii-  lia.  .  (•  •  a-  .  .  "  I.  ,-  -,i.  ','■  •  iir'  ...  I;  .  \  !.-<:'ii.i;a  (  ,  aiaii'iiî(  .'  av.  ■  1 1 
pailu'    aillai  lame    <ic--    .'.m-    a»  i    ^       .  -.     a.ai.i    ^'a."^a'   a     aa-    -i'     - 

"  '  a  i  i  t  i  (  ■  ■  a  1 .  i  !  a  (  a .  :  i  - .  1 1  ■  .• ,  .  •  a  i  i  a  i  a  .  -  ,  i  «  m  i  ;  !  [  i  i  ; .  ^  a  ■  »  -  a  a  i«  '  1 1  l'i,  u  .  <  ■  ■ .  - 
11(1     ■  ,.|  «a  i.'.i.  .     ■       .•    '  I,'    (i.       .    ■..(    mC'.'  .    ■    .)       ;    -"v     ■    ■>['[•      iM'.-ia    ha;  .  ! 

.  .  '-,  .II'  I   Mil  '\  .a  1     . 1   .       .  ', .   Ml.  a  .      '.  ■,  I      ,.    .      .■         ,      '.      •  '.     1 1!  aij'  ra  1 1  u   a'    . .  a    ;- 
I        a  a  I  '    I  .  \    I  ' ,  ;  aa   '  '   a .     .  ■  '    .  ■     •        . i ' •    i     .        .  (  a  . 

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DKS  OS  DU  CRANE.  ilil 

(  oimuuoication  a  lieu  par  rintermédiaire  de  rinfuadibuium  qui  s'ouvre  par 
mi  orifice  inférieur  dans  le  méat,  par  le  supérieur  dans  les  sinus,  et  par  une 
ou  plusieurs  ouvertures  situées  sur  sa  paroi  interne,  dans  les  autres  ceUules 
du  même  groupe. 

Développement, — L'ethmoïde  se  développe  par  quatre  points  d'ossification  : 
ûcux  pour  les  masses  latérales,  deux  pour  l'apophyse  crista-galli ,  la  lame 
criblée  et  la  lame  perpendiculaire. 

J.es  points  qui  répondent  aux  masses  latérales  se  manifestent  au  commen* 
(cmenl  du  cinquième  mois  de  la  vie  fœtale.  Us  occupent  leur  partie  cen- 
trale. L'os^fîcation  envahit  d'abord,  et  de  proche  en  proche,  les  lames  carti- 
lagineuses qui  forment  les  cellules  ;  elle  se  propage  de  dedans  en  dehors, 
en  sorte  que  les  cellules,  au  début,  restent  ouvertes  du  côté  de  l'orbite.  Mais 
bientôt  la  lame  qui  doit  les  recouvrir,  ou  l'os  planum,  parait  à  son  tour  et  les 
romplète.  Le  cornet  inférieur  et  la  lame  unciforme  se  développent  dans  le 
dernier  mois  de  la  grossesse. 

Les  deux  points  qui  doivent  produire  l'apophyse  crista-galli  ne  se  montrent 
qu  après  la  naissance.  Ils  sont  situés  à  droite  et  à  gauche  du  bord  antérieur 
di'  celte  apophyse,  très-près  l'un  de  l'autre,  par  conséquent,  s'étendent  d'a- 
l'<Td  en  haut  et  en  arrière,  puis,  se  réunissant  presque  aussitôt,  constituent 
*  n  bord  postérieur.  Vue  alors  par  sa  partie  inférieure,  cette  apophyse  se 
l'r»'>onle  sous  l'aspect  d'une  gouttière. 

Kn  même  temps  que  ces  deux  points  se  prolongent  en  haut,  ils  s'étendent 
«•n  dehors  pour  former  la  lame  criblée.  Un  peu  plus  tard,  ils  s'unissent  aussi 
tii  bas^  pour  former  la  lame  perpendiculaire,  qui  s'ossifie  du  bord  supérieur 
UT<  l'inférieur.— Vers  la  fin  de  la  première  année,  la  lame  criblée  se  soude 
'iuv  masses  latérales. 

r)e  ce  mode  d'évolution,  il  résulte  :  1°  que  la  partie  médiane  de  l'ethmoïde, 
de  même  que  celle  du  sphénoïde,  est  primitivement  double  ;  2°  que  les  cel- 
lules de  cet  os  ne  sont  pas  redevables  de  leur  existence  à  la  résorption  du 
ti-su  spongieux,  comme  les  sinus  frontaux  et  sphénoïdaux  :  elles  existent 
l'ijmordialement. 

^t.  —  Temporal. 

H>  pair,  situé  sur  les  parties  latérale  et  inférieure  du  crâne,  au-dessous 
du  pariétal,  en  arrière  du  sphénoïde,  en  avant  et  en  dehors  de  l'occi- 
[dtal.  Sa  forme  est  très-irrégulière«  Elle  permet  cependant  de  lui  distinguer 
truis  portions  : 

1*  Tne  portion  supérieure,  extrêmement  mince,  demi-circulaire,  qui 
npond  à  la  tempe,  et  qui  a  été  comparée  à  une  écaille,  d'où  le  nom  de  por- 
tion écailleuse  sous  lequel  on  la  désigne;  elle  est  remarquable  par  la  pré- 
sence d'une  longue  apophyse  destinée  à  relier  les  parties  latérales  du 
(  râne  aux  parties  latérales  de  la  face,  et  appelée  pour  cette  raison  apophyse 
zygomatique  ; 

2«  Une  portion  postérieure  ou  mastoïdienne^  aplatie  comme  la  précédente 
dr  dehors  en  dedans,  mais  plus  petite,  beaucoup  plus  épaisse  et  caractérisée 
par  la  présence  de  Vapophyse  mastoide^  qui  la  termine  inférieurement; 


l'i-s 


M^ll.nl.odil. 


.1"   I  in'  jHdlicm   iiilciiic,  nii  jKniidn  pierreuse^  fiurtiou  pfirfi..  jjurituit  f"ii 
iiinliih\  «'>>('iilirll('iii(iil  (itii-liliH'c  p.'ii-  (In   li-.»ii  comiuicir  pI  oHiniit  \i\  \'-v\\  ■ 
«l'iiin'  |»\  l'.'iinitlc  il  ]».i:('  h  i.iiiL'iil.iii  ('.  (m'^I   ^\•,\\\>  celle  lini^iènic  jn»!  li'ii  ^ji 
!r,  idciil  li'^  [^.•||■|H'^   lo  [tlil^  (Id ic;i l<'-  «ill  ^^ll^  «le  !'t)iiii'. 

Nnii>  r(iii-i<l('ii'i«iii-  ;i   «ri    os  iin,-  nic  cxjci'Mi',    une   L'icc    inlfiin'   ri   ii  s 
nrcdiiliM-ciirc.  -     l..i  r.icc  «'xlciiic  t'^l    i  ('(•nini-i  ic  ji.!!'  le  mii-cii'   Icnii:-»!'.!!  »  ' 
|iar  II'-  iMiis(  les  .iiirinil.iiii'-;  r[iii  l.-i  .-('ii.ii-ciil  de  !.i  (u'aii,  ci  j>hi-  -n[u'rlii  i'-i'.  - 
iiiciil  |i,ii-  le  |).'imIIiiii  (ic  I  nrcillc.  -     l.a  1.(1  (•  iiili'iiif  rcpni!.!  an  cci-\ca..  •':     - 
la  |flus  ;:raiHlc  pai  lie  de  m»ii  cIciKine, 

Pour  melli  e  le  leiii|niial  en  |ni-i!i.tii,  il  laiii  |.la<ei-  >a  )  ol-ii(Mi  ecail!'  .i- 
en  liaiil  cl  en  a\anU  cl  dnihiei'  a  i  ai).»!iii\  ^e  /M^dinaliqne  nne  <liii'clii'., 
Iinii/nnlale. 

A.   l-'rtrr  <'\H*riH*  «mi  aiiririilaiiu-.  —    l.lle    idlVi^    en   lianl     el     en    a\aii(    i.:. 
laii^t"  >nrraee  demi  «iic  iilaiie,  nnie  el  leL^èi'einenl  etin\e\e.  (ini  l'onne  la  pii-- 
••rande  pailie  de   la  l(»--e  leni|ii»i'ale.  el  (jui  e-l  |iare(Mii  ne  en  anieie  pa:'  i.'" 
Mil   den\  Mll.tn-  nldit|iit  nniil   a-cendani-  de-lin<'-  à   îa.lt'ie  (eni.n»ral<'  !•.• 
i-aide  l»'»-!!'.  lein  <  . 

he  la  p.n  lie  ndei  leiin'  el  aniei  iei|t  ,•  (!<•  i  elle  mii  lai  e  n.nl  l  ait(tjih\  -e  /)  -  ■ 
\\\  ili.|ae.  n  >  i  ni  «l'i-  i  einai  (|i:..  dr  i'...'  -a  'M'i./ei.-   (i.i''  par  ^.l  «lii-eeii-in.  I. 

en  délai  Ile-  a  an  :'.■    .!:  .'.I.  i  I    ^.'    p  "    .     d  ,.'.-,;  d    !-••>/    i.  la  !<Mi«'nî  en  n.  li     - 
mais  s, >   rei -enbe  hieii'.d.   n.>;ii    -ecei.ep   li.a  i/i  an  l'.Mn-  nt  en    axant,  «f 
apopliNse  e-;  aplalu-  de  b.  ni  c:.   n  -  ..  -.  .1  :  ■■  :  !  ■..    (•.•[..i.!  :  d;  n-   ].■    i.'-'     -' 


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DES  OS  DU  CRANE.  149 

de  Tapophysc  zygomatique.  Au  dcTant  de  son  extrémité  interne  existe  une 
petite  surface  triangulaire  qui  fait  partie  de  la  voûte  de  la  fosse  zygoma^ 
tique  :  c'est  sur  cotte  surface  que  vient  se  fixer  le  condyle  de  la  mâchoire 
inférieure  dans  la  luxation  de  cet  os.  Son  bord  antérieur  est  court,  mince  et 
transversal  ;  le  postérieur  plus  long,  épais,  un  peu  oblique  de  dehors  en 
dedans  et  d'avant  en  arrière. 

Au-dessous  de  Vapophyse  zygomatique,  se  trouve  la  cavité  glénoïde,  par 
laquelle  le  temporal  s'articule  avec  la  mâchoire  inférieure.  Cette  cavité 
présente  une  forme  semi-ovoïde;  son  grand  axe  est  oblique  de  dehors  en 
dedans  et  d'avant  en  arrière.  Sa  petite  extrémité  répond  à  l'angle  de  sépara- 
lion  des  deux  branches  de  l'apophyse  zygomatique.  Sa  grosse  extrémité, 
tournée  en  dedans  et  en  arrière,  repose  sur  la  paroi  inférieure  du  conduit 
auditif  externe.  —  Elle  est  traversée  par  une  fente  appelée  fêlure  de  Glaser 
ou  fissure  gUndidale^  qui  s'ouvre  supérieurement  dans  la  caisse  du  tympan 
et  qui  livre  passage  à  l'apophysegrôle  du  marteau,  ainsi  qu'à  l'artère  tym- 
panique.  Cette  fissure  la  partage  en  deux  parties  inégales  :  une  partie  anté- 
rieure et  externe,  qui  reçoit  le  condyle  de  la  mâchoire;  une  partie  posté- 
i<'ure  et  interne,  plus  petite,  qui  est  remplie  par  du  tissu  cellulo-adipeux, 

Fig.  25. 


Temporal,  jace  externe. 

l.  1.  Portion  écailleusc. — 2,  2.  Portion  mastoïdienne. —  3.  Apophyse  maslolde. —  û.  Extré- 
II. lu-  postérieure  de  la  rainure  digastrique.  —  5  Trou  mastoïdien.  —  6.  Apophyse  zygoma- 
u.jue.— 7.  Sommet  de  celte  apophyse,  dentelé  et  taiUé  en  biseau  aux  dépens  au  bord  inférieur. 
—  8  Branche  antéro-postérieure  de  la  base  de  l'apophyse,  fonnant  Turigine  de  la  ligne  courbe 
•l'ii  (irconsrrit  la  fosse  temporale.  —  9  Branche  transversale  ou  articulaire  peu  distincte  dans 
< .  tu»  Tue.  —  10.  Paroi  inférieure  du  conduit  auilitif  externe.  —  11.  Orifice  de  ce  conduit.  •— 
12.  Apophyse  vaginale.  —  13.  Apophyse  stylolde. 


150 


(»sTi:()i.o(.iK 


et  qui  n'osl  pas  arliculairo,  par  (•(uis(''qiitMil,  mais  qui  poriTirl  .'in   4i>!i'i}i 
(rcXTciilcr  de  l(''g(»rs  moiivcinciils  anlrro-poslrricurs. 

Kii  ari'iôre  di'  la  viwiiv  irlôiioido,  dans  I  auglr  rcutranl  que  formi-  la  p'M 
lion  ^M'ailliMiSL' avcr  la  porlion  ma-loïdicnnc,  on  a^wicoit  lV)[Hi(<'  «le  la  m  "- 
lion  osseuse  du  coiMlnil  anditif  cvIciMic.  La  moilii'  initMicurc  de  rel  oi  itii-' 
pi'éseiilc  t]('>  in<''ualilés  qui  donucnl  aflarlu'  à  l.t  porliou  carlilagiiicuM'  l'.n 
couduil.  \ji  moilié  suiiérieure  qui  dcbord*»  la  prérTMleule  est  li>-i»  :  ^'u  > 
remarque  fonslamnienl  une  dépression  <le  forme  pyramidale  ri  h  i;in--:ul.n; 
qui  donne  adaelie  à  la  porlion  lil>ri'nse  du  uumu-'  touduil.  —  l'u  a\an!,  '•  : 
orifiee  est  séj)aré  du  tubercule  aurieulaire  par  nu  proliiUL'emenl  de  la  ti<sn[. 
gléiioïdale.  —  Ku  arrière,  il  «vl  sépart'  du  bord  aiib^rieur  <le  ra[»opb>>«'  nri- 
loïde  par  un  sillon  (pii  seuible  .•i\' (il- ('îi'  Ir.u  T' a\<'r  la  |Miinte  d'uu»'  ai;jnil!i' «  ■ 
qui  ré[K>nd  à  la  >r)udure  de  deiiN  iiarlii's  primili\em('iil  iudf'jieudatib'-.  — 1- 
conduit  qui  succède  à  C(d  oiilicc  <(•  dirige  obli<[uemenl  en  \):i<  el  eu  dedau-, 
\ers  la  cais>e  du  l>  uipan,  dans  l.i(jU(dle  il-s()U\reà  1  Vdal  s«'c,  mai-  n<uil  i 
reste  sT'iiarè  ;i  l'elat  pliysiidncriqne  [)ar  la  U)*unbi;i!ie  du  hupian. 

Siii'  la  partie  inlVo-ieure   tb'  la  l'ace  exleiue,  iuuu(''dialemeul   eu  arrièrt-  il 
couduil  aiidilir,  nu   (>l)sei\t'   \  apoiihiisp  in<f^tnïih\  remartiu-'ilde  ]»ar  >a   juî.i. 
cniKtïde  e(  par  .-'in  Nnluinc,  qui  c-l  en  rai-oii  dii-cclc  di    I  .(uc.    1111*'  >r    <li':- 
iiu  [MMi  oblicpiemenl  <b'  baul  i  u  'tas  et  d  arrici.-  .mi  axant.  —  Sa  tarr  ,'\('i  '>  - 
coinexe  (d  i'u;jiH'U>e,  s<'  contiuiii'  s.'uis  liune  «le  dcmanalicui  avec  la  -ii!  ('" 
co!'res[)Oudanle   de    la    |)orli(»n   ]U<i<tnïdieune. — Sa   face    iulcfuc,    plan:-    *•' 
li-se,  r<\  stparet'  de  la  p.'U'Iie  iulV-rienrc  de  '''Ile  niiMue  |)nrli.ai  [lar  uto-  ■.■- 
nure  pnd'onde,   la  r<i<n(iri'  (IiiHisln'iin\  («ni   (''niia'  adarbe  au   luiscI."    <I  •  •  ■ 
iioui. —  >'>n  bord  anli'ririu'  «'^t  épais,  (Uii  ^•\  \ei  lical. —  l.e  [xtsierieur,  ni'n»  >  . 
iddiquc  en  lia-  ri  ru  axatit.  —  Smu  >ouini»d  <  ,-l  ar^aidi.  Celle  apoplnse  doiin 
alhudu'  ;i    M'iti-    ituiscles  :    1"    an    sleruti-ma-hudicn,  q  ni    s  ifisère  a    .-a    1"' 
.'Nlrriii',  ;'i  -nu  b'ird  anli-rienr  cl  à    son  xaunh'l  :  'J  '  .•lO   jielit  cniroilcvu-.  'f    ■ 
>"ins'"'!i'  à   -in  li'iid  po-hrHMM' :  .'«  •   an    di':;i-li'((iiu',    oui  0"r!id    ']>--   in-ci';,» 
>ni'  sa  lace  iiiMUie-. 

Au-dc— u>  de  laMiipli) -c  nci-lnidc -e  l!-(in\<'  ^' ftn  ni  '••nf''  (J"i!il-'f  r-  u'o-ii  '  ' 
hou[)<»ral,  qui  rnmiiii'iK  e  inlVoicn;  ennMit  sui'  !«■  -  ao'.i'i'J  (i.>   nulo  aot.Ml,\-i  . 
cl  (pii  -f  jMirle  d  ajini-d  i-n   b.'oil  (d  en   ai-iii  r»'.    n'i'^  (bi  n  Iciocol    «mi    ai':î   : 
piiur  >('  «onliumM- a\(M- la  b.^ne  («airhe  ^UiitM'i'Min'  (ic   rcM-t-ii.ilal,  Liii-  «b«i'' ' 
Mlla»  lir  .-iii'  lonU'  son  é|(Midue  au  nui-cle  sUm  no-n\a>ln:di«Mi.  —  Knire  rciti 
mqu'einle  cl    la    lii;n(M-(iui'bi'   qui    limilf  ia  r<»--!'   hMUpMr/iJc    ,•\i^le   nhc-^:i- 
facc  (piadi'il.-iJèiT,  lui  }iru  d-prine-c, -iip   l,iun«dl:'  -in-è"-  \r  iuu-fb>  auii>n 
laire   po-ltMiiMii'.  —  Kn   airièie  de  ^;l  luoilif   >  njHM'ieui  «•  sexiiil   mu'  >nil';' ' 
|dus  petite  qui  l'cioit  !  in-iMlinn  (îu  -jiît'uins  de  l-i  li-le  :  et  le  troit  ?.'/'/>/. .V./r^;'. 
(Iiiul    r«'\i<t«Mice  ue-l   [1,1-  cuii-lanlt'.   Te  litai,    lii'--\ariabie  au>-i    dan-  -"M 
>iei;i',  >a  dirrction  el  -<■-  ilimiMision^,  donne  pa--.'i,::('  a  imo  xiMUr  ijui  va  i>r>'.i 
uaireun'ut  s'nn\  rii' d.iii-  le> -imi-  laliM-iuix  ri   «pii   i''i;d)lil   nue   larice  cumni'.- 
uicaliou  (udre  ces  >inn-  cl  le  \vni\v  i]^'^  Ncine.-  occipitale-  ]io-|(M'i(Uire^. 

B.  FacM'  iiitcfiic  ou  rrn'braio.  —  (In  îtdroux e  sur  cette  Cace,  plus  distinrl»'^ 
([ue  siu-  la  précédente,  les  Irnis  jiarlies  qui  composent  le  temiu^ral  :  en  haaf 
cl  en  avant,  la  l'ace  inhM'uc  de  la  |»oilinn  rMaillen<«'  :  «mi  ba<  «d  «u»  arrière,  l' 


DES  OS  Dr  CUANE.  151 

(me  interne  de  la  portion  mastoïdienne;  et  entre  elles  une  apophyse  volu- 
mineuse, de  forme  pyramidale  et  triangulaire,  qui  constitue  la  portion  pier- 
re u>e  ou  le  rocher, 

La  face  interne  de  la  portion  écailleuse,  comparée  à  une  coquille  d*huître, 
f  ?l  ronca>e,  demi-circulaire,  parsemée  d'impressions  digitales  et  d'éminences 
lijaraillaires  en  général  trés-prononcées.  On  y  remarque,  en  outre,  un  sillon 
û<4'endant  situé  sur  son  bord  antérieur,  et  un  ou  deux  sillons  plus  petits,  dirigés 
d  a^ant  en  arrière.  Le  sillon  ascendant,  souvent  peu  manifeste,  répond  au 
ln»ncde  l'artère  méningée  moyenne  ;  il  se  continue  avec  le  sillon  antérieur 
du  pariétal.  Le  sillon  antéro-postérieur  répond  ii  une  branche  de  cette  artère 
A  f^e  continue  a\ec  le  sillon  postérieur  du  même  os.  —  Inférieurement,  la 
ru>»  interne  de  la  portion  écailleuse  se  soude  à  angle  droit  avec  la  face 
Mjpt'rieure  du  rocher. 

La  face  interne  de  la  portion  mastoïdienne  est  concave.  Klle  présente  en 
L\ant  une  large  gouttière  curviligne,  qui  est  creusée,  en  partie  aux  dépens 

Fig.  26. 


I  Fafv  inlcrno  de  la  |>ortion  i'raiilouM'.  —  2,  2.  Pariio  sinx'iieuiv  do  la  rirconfôivnce  de 
"ti»-  iH)rtion,  laill.'O  on  biseau  aux  «U'jmmis  do  la  Wu-r  \nT('iWnW.  —  3,  3.  Partie  aiitt-rieure  de 
•  'VMiiconft^reniT.  taillée  en  biseau  aux  (h'-jx-ns  ii«^  la  face  externe,  en  sorte  qu'on  ne  peut  voir 
»^*  «l-^ntelures.  —  i,  !i-  Portion  niastofdienne.  —  5.  Surfare  qui  dépend  de  celte  portion  et  s«' 
'''  i^<.  en  rapiK)rl  avee  le  cervelet.  —  C.  Lariie  uoulliere  constituant  la  partie  moyeuue  ou  teui- 
r  "1»*  (ie>  fiouUiere.>  latérales.  —  7.  Trou  inastoulieu  s  ouviaiit  du'is  cette  ^loul'ieio. —  ^.  Bord 
>iiHr:^urae  la  portion  mastoïdienne.— 9,  9.  Son  bord  pi)>lérieur.— 10,  10.  P.»iiion  pierreuse 

•'u  pyramidale. 11.  Sa  face  supiîrieure  ou  cérébrale.  —  12.  Sa  face  posté»  irure  ou  crebol- 

"^^.—13.  Conduit  auditif  interne. — l/i.  Gouttière  qui  occupe  le  bord  supérirur  du  roiher.  — 
Ij  Fente  représentant  l'orifice  externe  de  laipieduc  du  v.-slibule.  —  10.  Fuce  inférieure  du 
pK-h^.  _  XT  ApopbTse  .^lyloîde.  —  18.  .\pophyse  vauinale. 


)  :)'J 


o^ri-oLoiiir, 


(le  (■('(!('  Cict',  cil  partie  .'iil\  (IT'Im-iis  dr  ia  I«;hi>  du   h.rliri',  cl   qm"  cMîIî  iii,).'  i 
Ini'inn-  les  «,Miiillièi'('<  lalcra le-  ;  dlc  Injc  la  |i  irlii'   '.'ouM'^poM-laulc   d.'-  ~'::\\- 
li'i(«'raii\.    Le    lin'i  m  i-NtiViici.  Inr  irn  il    cxi-lr,  ^oiinim'   n!)li(|U(MiUMit    -lî!    -- 
pai'lie  iiKiyemic.    —  lai  aii  ièi  i-  de  c.'lle  ;:  ii)!lièi-e  <e  (i'(»ii\e  ime  su;  l'aet'  d-  l'.i 
eirciilaire  (lui  ri-nniid  aux  lH''ini-|dières  du  c.'inclcf. 


La  i>i>rh'(>n  })ifrr<'iiM\  (tii  le  rn-'i<'i\  -iir.re   eiih'e  les  porlioiis    »'M-.-iillcii t 

luasloïdiemie  ((iiVlle  répare,  -r  ('iriL-c  nldiniieuicnl  de  dehcus  «'ii  dtd  iu». 
d'ari'ière  en  asaiil  cl  de  li.inl  en  lias.  Sa  |nri:i:'  |>vraiiiidale  el  1 1  iari-rii;-ii  • 
permel  de  lui  enii-idcrcr  Ir'd-  ta<'e>,  lit.i-  'im>ii1<.  iitie  hase  et  un  ^omrnt^L  — 
De  ses  (rois  raee>,  la  picmièie,  î'tiiiiife  en  liaiil  cl  en  a\an(,  rnp[>uî\'f  >■ 
jolie  niMNcn  du  eeixeaii:  —  la  deiixirnic.  iiieliii'M'  en  aiiièic  el  en  '!rMl;iii-. 
es!  en  rappoil  a\ee  le  ci-iNtdid  :  —  !;i  dci-nirir,  di!i\:''e  en  ha-,  r«'"|»oiid  a.  , 
jiailies  v|ip«'i  ieni'e  el  lah'i'alc  ihi  idi-H\!i\. 

La    l'aee  siiprricnrr  oii   (aM-ideale  e~l   !  re..ii\  elle  d  iiniirr--i'>n<  diLrila'i's -•! 
d'«Mninene('>   maniillaii'e>.  A  I  niiîi»n  de  m'o  h' r<  i;dri;i.'  ;\\i'[    ^,^<  d.-nx  ■■<i- 
e\lerne<,  on  nh-iiM'  un   >i!|oii    viiiicrl^iel    •  '    ''r^-rDiirl  (('li  -c   CLnlin:''    ' 
deli(»r>   a\ee  nii  otilii-i'  eiiiidi([iii'   apjieli'    Jir'fi'.s   de  l'.i!li.p('.  Lcl  oritiec  :•'  ' 
sill(»n  qui    le  pre("èd(\  li\    enl    |»a--aLre    an    ^Uî'aiid  iiei!    h«"h-en\  >rip\'t'rM'rl. - 
L'exliciiiilc  libre  on   inleme  deccll'"  iact^'^t   crcn-»'''   diinr   (l,-|u-,.^^ii  ,r.   ~i 
la<)n(dle  lepn-c  1»'  uaieJiuîi  .^'  C  i^-c!-    liu.  ."^''^ 

I  a  face  postérieure  lai  l'e:.  liellen-e  [-l'-'-i'îiie  à  rniiiiai  d"  sai  lieT-  inl.'i' 
a\ee    -e-   (1(MI\    li.-'-   e\  lei  in'-  !■■    '      '  '''   ■    ■''    '  'I  //  ,',<'C!  :  >  .  i  a'    .    eidnit    v..<iiiri. 


li-an-\  er>alein  mi!    !.•  de  i;;-.-  e!| 
.iiLin   i  eini   i!r    rm  Int.  '^'ii    i  \ 
dell.M.    .■!    d.  .'\.i''l    ,  ,;    :  "  i-",'. 
|iar. li    p.>-Ii"  i  ',;'  e  ■•-'    i    •  ' 
lie-,",  s  ,  1  ,  ^    -,.,•;■(  •   _•      '  .,■  !      ■ 


1. 


<l  ;ie   -  >!i 
.1'  .    .m:! 


<;ni    I."  tue 
Ce  i  oMd;i,i. 
'leini   i  M.  •   ' 


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\i    i-na-e  ,i   aa. 
ailc'l-t    •     iî<-    de  i-ei-    (  i 
I    le/i.i    ,'    rljipl  iei;,'.   ^ 

i.i.i-  I  '.  i:!'ird.  -  .1'  I 
.■'  e-i  :.^..-,î  i;:t  M-li. 
i  <  •     '-    ';  ■   d.:    !'H  11  •'. 

■  '-    •:^:'!:^",.-;^  ^  :    m 

■  ■.  !  ■     '''.■•  etiiai  \.  "'I- 
:  !  :  -'  eii;'  nie  i-i'"  ' 


Ma\  e'  --e;!'      >  ■ 
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.■>*ienf.  e'  <  '■ 

;,•     de  i.  ^hI!.- 
;■       ,e    t!i-  ■  (■'•'.- 


DES  OS  Dr  CRANE. 


153 


un  petit  crible.  C'est  par  los.  portuis  de  tons  ces  cribles  que  les  divisions  de 
la  branche  limacienne  du  nerf  acoustique  pénètrent  dans  le  limaçon. 

Fn  arrière  du  conduit  auditif,  sur  la  partie  moyenne  de  la  face  postérieure, 
011  aperçoit  une  fente  qui  forme  l'orifice  externe  d'un  canalicule  ouvert  par 
?nn  autre  extrémité  dans  le  vestibule.  Ce  canalicule,  décrit  autrefois  sous  le 
nom  d'aqueduc  du  vestibule,  était  considéré  comme  établissant  une  commu- 
nication entre  l'oreille  interne  et  la  cavité  du  crâne;  mais  on  sait  aujour- 
d  hui  qu'il  est  rempli  par  un  prolongement  de  la  durc-mére  et  qu'il  donne 

pa>^af?e  h  une  artériole  et  A  une  veinule. 

» 

U  face  inférieure  ou  gutturale  du  rocher  est  triangulaire  comme  la  pré- 
cédente, mais  extrêmement  inégale  et  irrégulière.  Elle  présente  immédia* 
liment  au  devant  de  la  rainure  digastrique  un  trou  qui  sépare  l'apophyse 
maàloïdc  de  l'apophyse  styloide,  et  qui  a  été  nommé  trou  stylo-mastoïdien, 
(4'  trou  représente  l'orifice  inférieur  de  l'aqueduc  de  Fallope;  comme  ce  con- 
duit, il  transmet  au  dehors  le  nerf  facial. 

\^  apophyse  styloîde,  située  en  avant  et  en  dedans  du  trou  stylo-mastoïdien, 
t>l  longue  et  grêle,  de  forme  conoïde,  très-variable,  du  reste,  suivant  les 
'iidi\idus.  Sa  longueur  égale  en  général  J5  millimètres,  et  s'accroît  un  peu 


Fijî.    27 


partie  profonde  du  conduit  auditif 
interne. 


Lame  criblée  spiroide  du  limaçon, 
(irossùifetnent  de  5  diamètre^'. 


V\z   27.  —  1.  Paroi  jiiil«*nouro  «lu  conduit  auditif  intcnio.  —  2,  2.  C<iu|»o  dr  la  paroi  poslr- 

1  iiit  de  ce  conduit.  —  3.  Gn'tc  falcifornie  qui  divise  le  fond  du  conduit  en  deux  l'IaBcs.  — 

i.  O  .tiu'  forinuiU  IVntrcc  de  l'aqueduc  de  Fallope.  —  5.  Fossette  erildcc  de  Inms  pur  lesquels 

..^'^  Il  U>  di\ivions  de  la  branche  NCNlihulaire  supcrieure. — 6.  Oritiees  livrant  pas>aue  au  nerf 

»ii'  'il.iiie.  —  7.  Ginduit  qui  re<;oit  lu  branche  vestibulaire  inférieure.  —  8.  Lame  «riblt'e  spi- 

<it   i»'  la  base  du  liuiaçou.  —  9.  Caviti'  vestibulaire.  —  10.  Canal  deiui-rirculaire  smK'rieur. 

—  M.  Canal  deiui-circulaire  postérieur. 

Ki:  2H.  —  1,  1,1.  Premier  tour  de  la  lame  criblée  spir^îde. — 2,  2.  Second  tour. —  3.  Tniu 
'  ""i.iiit  1  «Mitive  du  «anal  creusé  dans  l'axe  du  limaçon. — 'i,  '|.  Trous  livrant  passade  aux  divi- 

•^  is  du  nerf  sacrulaire.  —  5.  Fossrtle  cribriforme  dont  les  pcrtuis  .s<»nt  ti averses  par  les 
<.  «  -.  i.N  de  la  braij<lic  xeslibulaire  supérieure. — 0.  Entrer  de  1  aqueduc  de  Fall(q)e. — 7.  Petite 

•  •    >.  rtieab-  qui  s«'q»,(n«  rrl  «»rifii«»  de  la  fossette  prt'cé-dnilf. — S.  (Irétr  faltiforme  du  conduit 

.     .Ml 


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n^TK)!  OGII-: 


<*IV(M'  1  iliio.  (>ll('  .•!|Hiph\vC  >(■  (lr\rl()!j[M'  p.'ll'  ini  l)nill(  [i.-il  fi'  ,i!i('î  •M>--iI:''- 
|i(Mi,  (pii  ^  ll'li'i  i;M(l!\ ''iih'll!  ;m  l(!>lt'  dr  l'os,  cl  (jlli  >r  (ItMaclic  de  «r::!!-' 
•>tnis  l'iiilliiciir.' (If  !.'(  nL-H-i'i-dlioii,  Ir.i.xiii'il  ii"!'>l  p.ir  ciH'nrt.'  r^tuid*':  Cu  V.  .' 
-tiil  <|irt'|l('  :.ilf  'Iri'.iiii  .>\]v  tin  'ji;"!»!  ficinln'.'  -I--  Icmiii.h'.h]  s.  v;)  (Jir.MM't.'i  .  ^t 
(il)li(jii(' <].'  ".i.iiii  rn  if>r  c'  (i";"!'i("'H' t"!  ;i«  m;!!.  l'Mi'  îininK  .•.îcirin"  a'i\  ir.'.- 
■^I\li)-ln(iïi!icli,  ,-'>  !'i-'-:l')>^c  (•!  ^l\  le-])  il  :ii}i  "-.!("!,  l'u.-]  ri  .ir\  '  !  u:imriiN  -P. ,.  - 
hvoïdit'ii  !'l  m'}  lM-!i);i\i!l;ii,  ('.  —  S;i  i).i>.'  c.-'  riiiln  ;i.-vcr  cw  •injmî  i<;'rii[i  ,■:  - 
lfH!'j''mt'!i!  (1.-  t-'  |);!:..i  ii!!'i";.'ii!-('  du  (MiKlni!  ;iu;!i|ii' ■■  vdTîii' ;  c-  |ii'n'i.ii-. - 
iilclll,  'jui  se  IrtiiiiM!'  I'.".'  mi  l»o!'d  I '.';' 'ir  (Mij  ! .  i  .  .ii>  '  •  ■' 'H'  l^nj^jifnis''  rtinU'^M 
dr  1  aj.nidr-  -••  -  '^  iMidc 

l'i)  (^.'d.Mi-  'il!  Ir..ii  -l\Ii»-!ii;i>lnidi''ii  '.'I  d.'  !  ;ip'i[)|!\-.'  -|\  l.Vd...  (.n  \(jili:''- 
l'arcîfc  li'i.iii- i;!;iii  ('  (  .'  Icji'iTini'n'  nrjii-T.-",  (l'i  ^  a:  îicîîlc  aM'<"  I  MMkid;'- 
jll.Lilllail-i'  de  Idcci'diaf. 

Ail  d''\aid  de  ;■  llr  ta.i'llc  arl  irn  |ai  rc  cxi-!.  la  fo^^-  in'inhfirc,  i\\}\  ^  :iii;'  ' 
mir  •■(dia'MM-iirc  d.'  '■  .  cidi  i(a!,  'iniii'  Inr.!!'-"  ';'  lifi  -(Mdiitf  [)i>-(«'rî»'m'.  .t  ',' 
<-(Hil'-!i)iH'  a.a  d  ."î  l(t^-.'i  il-  '.'IW  M  a  '  n  ••;•_■  iiii'  de  la  \  diii-  iirjiilaiif .  —  ^'ai  1'  ■■  . 
aiilrl-ifni-,  jil'iN  ()!i  fiiniii-  -aiiîan:,  di\  i<.'  le  i:n.;  .l.-'!id>'  i.r--':'-i  icir- (MJ  M' :  v 
parlic-  i[)t'"jaa -^  :  !  nue  aiil'M'.r:-!  ,• .  c!  I.ii;li.'  [x -Icriciia'  hranrnhn  [■'■'■- 
ui-andi'.  —  Mir  -a  pa'lic  anicM'-ii!'  ',  "M  t.'t^.-i  m  ti:  I  ;/>--!  ididiiif  ^i  !'<>!).  d  ■  . 
IrvIrciiNh'  [M>r-!c,i(aa  ;■  .i.*..'!!!!  i  un  •''.■. ii:  ■  ii'  a'  "'  '-  !;•.(•  d-;'»^  ]•'•;  ' 
M'  Ira  iiiiii'-  d-amarf  |t:'--a'.'-'  ,''  on  d-  •'  iicr\  i-:,  ^  .  mi  ■■  d'  '>  h-m  '■.■■•••  >'  .r.  i'-  '■ 
l>inaiJi!'t-;.^(!a;ii»". 

.Ml  di'\aid  'd  ca  didi(H>  d'*  la  fiN-c  iiienla'' ra,  ;ai  r-'nai'tna-  Inridia.'  d'. 
ri(air  d(i  (//aa/  <  nroiidl-u.  ('♦'  lanal  :~a  [xala  d  aixud  \  •'!  Ii<  alaiîiaTil  «-ii  liad: 
iiiai>  (»ii  la  \id|  (irasniu'  aii--ilnl  siailr-dnr-  (nair  <<'  diriger  hnia"z"iital"'i^' '  ' 
ail  a^aul  (  I  an  dadaii>,  \ai  -  If  Mi'innci  du  l'ixdaa' :  il  rccMil  lai  làra  raroii  ;■ 
iiilania  (d  \v  ida\iis  la•'■^a!l\  fui  ranioiiic.  An-d«'--'.a^  at  cîi  dcdan-  li:  <  i:  . 
caiididiaii,  >•'  (l'oiiv)'  MPI'  Mir'aca  (j'-ail  ri|,''d;"('.  |a»nla  racnij\  ('r!a  (1  a-Ui  "  '  i '- 
qui  dninn''d  al!;:tli!'   i  -'es  ua  r!  ir<  f  i  '  n'-ai-"-  -' '  ■•i|\  naioi-  Iali'-'  a  if  -  di  ;   id'aiM' 


|).'>  jidi-'  Iniids  (lu   'Midit'i".   le   !a'<auii''  t-i   -:i ,  .rr!"u  r.   le  flci;  \  id|  île  irif'Ti. 
!r  Irni^iàna'   ani.-ii. •!!;•. 

I  ("  l)M|-d   ^MP'"a,an.    nlit-    l-au    umc    î-'-    d.-;,    aul;»--,   !-M«<a>d  à    i  u-'rai    '   ^ 
l'ua'<  ••('i-(dM'ala  id  '■..r,du''|^u^".  Il  .'■;  (ucn^.'  d  une  ..nia'.'Mr  uui  Iml  .>  !<■  -d'    - 
[M'inaix  ^UM  îifMir,  .d  «un  se  luaiva  iularriaïuair  à  m  ai  i^  Iriduil.'  îu."!'."!'  '•  • 
il  lia   d'MHf  — ion  <\\v  I.'UU.dic   in-im.-.»   la    !i(air  di-    m  a  ri"-    h  iilim";iii\  .  —  <.,'  l^r. 
dniin  '  aiîarlia  -ur  i.inli-  ~  l'i  r\'\^-\'U'   •  I;.  !<>•.;,'    1.    .■.>i\  (dr! . 

I  a  Ina'd   ui''i  l'iiair  a-M'iaMia'   u'!-   i.'M-ani.ii   .1.^  i.na'.-   t  rf,dadlrn-i'  ri   ■_ 
lu  l'air.  Il  !.  iMaal  d'.-"    i  idir  lUi  a  \  aîd  :   I  "  a  I  i  ,a(  ,-\\  >   aidia  li -d-^a   <v,i    ;";_'fd.ia 
<l<«ul    il   l'cuia   !a   diui'f    uilrna^  ;  '!"  ;■  !  i  T'  — a    ■"■-dai:  ;•  uni!  diidlp    au-!  •' 
dadaiis:.'!    a  la  ^ai!'->  oiu   d«    i- ■   ic    I  ;•   ii  ,'-■■•■.,•;.,  .-u  ra^i  .•, ai    deux  (t.'ti  ' .  • 
KiaL'alr-  :    'i  '  .i   I  "••iii,-,'    *'\  :  .-ru.'  d--   |  ;•'■  i,,.,i  ;  ,•     \   ,     ii|,i  ..-.ai.   •  V!   ni'id.fa  J'i'M  ■  I 
r'»rma   d  uu-    io^^ril.-   ;iMuu,dalc   al    I  '  i.u-L' ;  d.' i  ; .'.  a   a.-'--    iu  l.'.ri.uii'a,  d' ■:"   ■ 
>(.mmat,  diriai<  imi  iai  ii.  -.•  .nu'iiuir  a\.'a  ua   »    >idiil  a^ -aidant,   trà^-d-'.ï. 
<[ui  \a  s  nii\  lir  d,ri-  |i   rauii."  inîr  i  u,'  ,,a   l\  nu  a-i,  ;,[;'.  .!,i   lu-iuaui.  Ai'a-i  ']:■ 
rafiiifdia-    du  \.-'ilai!.',  il  vA    i;  ,v,  im-  p  >  •  uiu-  aiuainla   qui  ar.-oiiipauic  ;: 
pi''»l<"«i:amaul  d.-  la  diiiv  nidiv.  -  -  Au  d.«saal  dr  rnnuMliia  du  liina.;oii,  cT  Im'u: 


PES  OS  DU  CRAN!'.  ir)5 

eîit  creusé  d'une  demi-gouttière  qui,  en  s'unissant  à  la  demi^gouttière  de 
lapophyso  basilaire,  forme  la  gouttière  pétreuse  inférieure,  occupée  par  le 
sinus  du  môme  nom. — Plus  en  avant,  sur  le  sommet  du  rocher,  il  ofTre  une 
rainure  obliquement  ascendante,  dans  laquelle  se  trouve  reçue  la  crête  qui 
limite  à  droite  et  à  gauche  l'apophyse  basilaire.  —  Ce  bord  s  articule  avec  la 
moitié  antérieure  du  bord  inférieur  de  l'occipital. 

Lo  bord  antérieur,  confondu  en  dehors  avec  le  bord  inférieur  de  la  portion 
écailleuse,  n'existe,  en  réalité,  que  dans  son  tiers  antérieur  ou  interne.  On  y 
remarque  la  portion  horizontale  du  canal  carotidien,  dont  la  paroi  corres- 
{»  »ndari(e,  extrêmement  mince,  fait  en  partie  défaut.  11  s'unit  au  bord  pos- 
UneuT  des  grandes  ailes  du  sphénoïde. 

La  base  du  rocher,  tournée  en  dehors  et  en  arrière,  est  coupée  oblique- 
ment aux  dépens  de  sa  partie  antérieure.  Elle  se  confond  en  haut  avec  la 
(iorlion  écailleuse,  en  arrière  avec  la  portion  mastoïdienne  ;  mais  elle  reste 
ind^'pondante  de  l'une  et  de  l'autre  in férieu rement.  C'est  sur  cette  partie 
lil)ri'  ou  inférieure  que  se  trouve  creusé  le  conduit  auditif  externe. 

U  S4)mmet  du  rocher,  très-irrégulier,  présente  l'orifice  interne  du  canal 
uirolidien.  11  contribue  à  former  le  trou  déchiré  antérieur. 

c.  arcenr^reoee.  —  Elle  présente  la  figure  d'un  ovale  irrégulier,  dont  la 
£i^^se  extrémité  se  dirige  en  haut  et  on  avant,  la  petite  en  bas  et  en  arrière. 
Njrcet  ovale  on  observe  deux  angles  rentrants,  diamétralement  opposés  : 
1  un  supérieur  et  postérieur,  obins,  l'autre  inférieur  et  antérieur,  aigu. 

Fig.    29. 


T('fn/*of'fiij  partie  infdrit'firp. 

\.  N.iHiiiel  lie  rapophy.M'  zygoiiiatiquc,  denti'lt^  et  taillé  en  biseau  aux  dépens  du  Injrd  infé- 

.  ir.  —  2.  Ikiid  inférieur  de  eeUe  apophyst»  ires-large,  pour  fournir  des  insertions  au  muselé 

'ij-M  Ut.  —  3.  Branche  transvei-sale  ou  articulaire  naissant  de  sa  base.  —  li.  Partie  articulaire 

."  la  «Mvilé  Rlénofde. —  5.  Partie  non  articulaire  formant  la  paroi  inférieure  du  conduit  auditif 

,  \t  rne  —  6.  Fêlure  de  Glasîver, —  7.  Apophyse  mastolde. —  8.  Rainure  di{iastrique. —  9.  Trou 

Il  iN!«»ulien. — 10.  Apophyse  stylofde. — 11.  Trou  stylo-mastoîdien. — 12.  Fa(eUe  par  laquelle  le 

ii«j»'>rdl  s  articule  avec  l'apophyse  jugulaire  de  l'ocripiial. —  13.  Fosse  jugulaire  contribuant  ii 

'  !  nrr  If  ln)u  déchiré  postérieur. — 14-  Orifice  inférieur  du  canal  carotidien. — 15.  Orifice  supé- 

.'  ur  lie  ce  canal.  —  16.  Orifice  externe  de  l'aqueduc  du  limaçon. 


I  ,v; 


()sTi:()i.()('.ii 


l/.iiiûlc  rriili-.inl  .-ii|i('ii('m',  mi  oIjIiis,  ««^I  Ini-nif''  p.'ir  1  union  (1«>  ],»  i>  iii- 
«'f.iiltrnsi'  ;i\('c  I;>  ii/»i'!inii  in.'i-lni'dicimt'.  S-tii  cnlr  po-h'-i'icnr,  (Hi  inu-ttmi'i" 
ln'-,-|.ii-ii>'  <"(  (|i'nl('l('',  rsf  |.-iillt'  »mi  !>is"';iii  aux  (1<'']umis  de  la  i'a<-('  <»\li'!ii".  "^ 
«■(Ml'  .•iiilri'ii'iii-,  iiiiiici'  ri  Ii-jiim-Ii.'iiiI,  c-l  lailh'  en  ])i>('aii  an\  d<''j»rns  dr  !i  l.- 
iiilci'nr.  (4'!   aii'jlc  -  li'iil    à  !  anuli*   ifilV'i  icni'  r|   itnstt'i'iciii' du  ])ai-i«.'Ird,  .i\'' 
l(T|nid  il   ^  l'M'j'rnc,  ilc  (die  mh-I"  nnils  ^c  pr^diMil  rnuhhdlcmr'it  m:  ii-  i"'" 
d  a|i[Mii. 

I.  anulc  rchlianl  i!d'''ri(iii'.  nii  aiirii,  c-i  l'iini.'  par  i  niii<»n  d,-  la '.n'rîi  ■; 
r-railIciiM"  aM'i-  la  iMa-linii  [hc  î'.mim'.  Il  iv.-.i!  l'an^^lc  jMt-h'ricn  [•  dr-r>  L't.vni,'. 
ail('>  (il!  ^idh'iioidi'.  Smm  !;m',!  a  ij.'i-i.sii'.  d»'!i(<d(\  c-l  cmijn"  «mi  Im-'M']  'ih^ 
dcjM'n<  i\r  la  laie  cxlnîtr.  —  Au  -niiim'd  di'  (ad  anidc,  (tn  (di^t'!'\i'  '^ '■ '^ 
(atndiiil-  (  \  lii'diovd.-^,  -iijicrji.'-i  -  <d  M'paic-  par  une  ]iiiii<i'  lanitdl.'  |im  !•-...■- 
Ia!i\  l.c  -niicîiciir.  plu-  ptdil  «d  plus  a'ii'îidi.  ((tu»»  le  mu-i  le  inliTiic  d;;  H.i'- 
It'.aii.  I.'iidi'i'it'iir.  pin-  Lri  and  (d  aidafi  d,-  didnas  cii  dedans.  ion<«  i  tin-  li  ^  - 
/^;/<  ns.srii^f  .,'V  //  //■'.'•  '■-•  J7:"s/.'  ■'/". 

An  d<'--n-  id  r\\  a\anl   dr>  drii\  anu!i>  n'hlranN.  la  ciiaainrcri'îMi'  (  -!  '' > 
nit'i'  par  l.>  hn-d  -np.Ti."ir  d»'   la  pu  (inn  l'caillcii-.'.  i  c  1»  Td  c^l  demi-'  :  ■  '  - 
laii'c,  ininw.-  .  '  !ran(  li;;iil.  Ii'('--iddiqn"n)<'nf  (onpc  en  l>i-i'aii  an\    «]»>p,'n- 
la  ta(  a  inli-rnc,  r('(atn\(!  (  (!,•  ^aill!(  -  <  1  df  -ilhai-  al((Miia|î\  «nncii!  «li<p<.^  -  ■■ 
in'i'^'nlii'icnu':)!    i.noni'* -.  |!   -  ai  !ii'il"'.   rii   1ianl  a\cr    1"  i>«*'d   inlV-i  1(  !■!■  < 
pai'itdal.  en  a\ant  iwcc  la  ui\andr  ail»-  i!ii  ^jdn■n«ti.].•. 

\nd('--, Ml-  (d  iMi  aiainc  d-a  I  .mui-'  l'ciihan'  -i:i>.''ri,'iir,  la  <  irTnnt't-;.'!; 
fd  ctai-iipjt'f  pir  ;.'  'n  a.I  po-if!  i.air  d.'  la  t.m  |i,ai  ina^hndii'nn.'.  ( .('  jn'nl  "-' 
lai'm-  (d  d.Miî.d.'.  lad!'-  en  'li-.Miî  an\  d-',icn-  da  la  l'ar.-  indn  11.'  dan-  -a  mv  .- 
l'a  -iiii.M  i.'i!i'a.  ,d  a"i\  •'  •:>.•:•-  ''<■  ■  >  i'.iac  (  x'rraa  dan>  -a  ninilic  intV-i  lain.'.  ! 
-  aidi»  ii!('  a\  ai'  I:;  ni-'iM  •  p  .-!.■,  d  ui'''  du  1  ad  iid'ciicir,'  «l'  !  -mm  i  pi  (al.  —  C  '~ 
lia>  la  (  M  I  >»n'."i  .••h  !'  <■-'  ,'«m!  l'iiira  pa'  la  n  n-d  idd-n  a-nr  dw  !'(ir]i.«i'  qiM  -  i"' 
a  la  ni. 'il  ■•>  anl.''i  "•.■a    v'  iH'  n^  '  i»  >Vi] . 

''<  ;.'.  •  ■.  ■  .^.  !.a  !i-"M..a-,,!  -  ar'i'  ')'  •  '\.m  h, a'-  .-  du  rrnia  a'  d,-;i\  1-  "■ 
'-I  !"'-':  ("i!'  ''M  a-,  r  '-••  1  ■  ;,•!-].  •■,  c.  ir  >■  .-ix  ..,'<•.  ipilal,  an  a\ au  î  a\ -■•  ■ 
-pl-aïai,  il',  en  '1  ,  ■  \  .•,  !,•  m^  '\  '  '  :•  '  '[<]'  ■;■.■,",<■'  ,-  !•  '-■  -f'\:iû<'[  ]••  -,a:  ..  ■ 
p'iN-.-  .-..,  -ifia  :  '  -,  .  '  ..'-  ••!,'-  ,■.  !■.  •-•  ,  ■  .  •■  ■'.-,.-  d:i  .T.^a'.  i.  - 
a!l('inal'N.  ni    a:    î  i>i'  ■  ■  :■      ■-   ,  "    ;  a\   <  -     ■,     -     ".  ■  .•    .  •     l'r   1    ihiîr    ..'•■• 

\in-i.  '.'  '•  >■  d  p  II    ■   .  a  ■'    '  ^         ■.,:.!   .^i  .       ■ ,  ^   -i"  ■  an   la-,  ui  ([ni  <•-'  p:  - 
-nr    la    \■<^  ,.;'•••■      ^  -  .   -    "   '  i   ■■■a-   ■  ^'    .'    •  ,-a    ••ri  i-'r.-.   {.,-'.r,[  a .: 

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rianri'ai.'  M  ,    a i'\  .!■':•    "-   ('•     1  .  \', -■'  "■      :■■  ■   \.    ;  : .  a  • 

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II  — n  (   ana  a  '.a       I  .    a- 
n  i  a  n  1  »  !  a  n  -   -  .  ■  '  '  i      ■  '  -  . 
di"  ->ai  N  caina'  .  .•'  '.  -  .>• 
.  'auin  iina':    ■;     i\  •• 


■■m;  ■-'•  ;  I  d.aiîialrnind  'i' 
-  ■:-  '  'liîi-  -  »;i  «'pai— aiii  «!'■ 
^-  •   ;^i  -.-l.a-i.'  r-l  rada\;il.' 

■a  d  .j'';  i..M  f   (ir  -.1  i,;aa 


DES  OS  DU  CRANK. 


157 


;<(i>lériciirc  et  supérieure.  —  La  portion  pétreuse  est  creusée  aussi  de  cavités 
(i<iQs  lesquelles  se  trouvent  contenues  les  parties  les  plus  délicates  et  les  plus 
importantes  du  sens  de  l'ouïe.  Ce  groupe  de  cavités  comprend  :  le  vestibule 
qui  enoccupo  le  contre,  le  limaçon  situé  en  avant,  et  les  trois  canaux  demi' 
'»rcti/flirM  situés  en  arrière. 

i'.eu\<i  ont  été  distingués,  d'après  leur  situation  relative,  en  supérieur, 
l'ibiérieur  et  externe.  Le  supérieur  est  perpendiculaire  au  bord  supérieur 
lu  rocher  et  répond  à  sa  partie  moyenne.  Le  postérieur  est  parallèle  à  la  face 
.i«»>lérieure  et  correspond  aussi  à  sa  partie  moyenne.  —  Toutes  ces  cavités 
communiquent  entre  elles,  d'où  le  nom  de  labyrinthe  osseux,  sous  lequel 
'Hoâ  ont  élé  collectivement  désignées;  mais  elles  ne  communiquent  pas 
.iver  la  caisse  du  tympan.  Elles  sont  formées  par  un  tissu  compacte  très- 
•l^Il^c  et  entourées  par  une  petite  quantité  de  tissu  spongieux. 


Kifr  ;^i. 


Crmforrftafion  iui^rivu 


^  -   .'»0-  —  Canauj-  (ietni-nrrjtlmrrs,  Ihntinm  et  wnmhir  (h-  Folhitf'.—X.  OumIiiiI  aiitli 

f  —  2.  Canal  deniUirrulaiiT  supérieur.  —  3.* Canal  Jonii-cirruiuiiv  ]H>sUrio<jr.  —  ^i.  Canal 

.-»  ir.  ulaire  externe.  —  5.  Liniaron.  —  6.  Aqueduc  de  Ka)io|H%  passanl  enire  le  liniaeon  el 

^  <aîè...i\  demi-cinulaires.  Sur  eet  aquedur,  ^^\\  voit  un  oriliee  qui  répond  a  l'hiatus  de  Fal- 

,  •    —  7.  Sillon  qui  prérede  ret  oiiliie.  —  8.  Partie  supérieure  de  la  eais»^e  du  tympan,  dans 

.'11.-  «.n  remarque  l'enrlume  et  la  tête  du  marteau.  —  9.  Déprt»ssion  sur  laquelle  reiH)se  le 

.;li'.u  de  (iasser.  —  10.  Orifice  supérieur  du  canal  carolidien. 

I  -::   31.  —Caviteft  de  toiciUe  interne.  —  1.  Conduit  auditif.  —  2.  Canal  demi-circulaiic 

1.    ..  «ir.  —  3.  Canal  demi-<irculuire   ]H)stérieur.  —  '\.   Canal   demi-circulaiir   externe.  — 

l  .:iu«.on.—  6.  Les  deux  portions  horizontales  de  I  aqiiedue  de  Fallope.—  7.  Sillon  qui  pré- 

■  •  I  hiatus  de  Fallo|>e.  —  8.  Ciiis.s<«  du  tympan.  —  9.  (.anal  du  muscle  interne  du  marteau. — 

u  l^fiHuD  osseuse  de  la  trompe  d'Eustaehe.  —  11.  Cavité  du  vestibule. 


1..N 


n>r(.()L()(;ii. 


Dacclojtj  fiii(l({.   ~    {   ;•[    n-  M'  tl('\(  lo,»|M     (lar  ()lJ;ili'('   lH»ili|->    (t  »^^^iti(  Uli",.    ;    ■,., 

liuni' la  j)>!li<tii  ('(•ail|i'ii.--(',  un  [loiir  le  l'oclîri'  <•!  la|Kiili'in   inasiMuliiuif.  '< 
Iroisiùiiic  [xuii   la.  paroi  ini'-iicui v  du  ciui'iMil  auditil"  r\tr')iii\    \v   (jnaui-'TL- 

[HtUL'   1  a[Mil)]l)ïi('    >(\  |.ji''c. 

La  [Million  (•('aiil('(i-c  u  {•-(  {,a>  jin'cr.irT  |»ai'  nu  carlila,L:('.  (.muiîiU'  'la  l^ar'. 
Mipcririii  0  (ii^  I  nc(i[.i;al  cl  î-ais  |.  >  ov  de  hi  \(mj1c  du  cràiir.  «Ile  n  jmur"::- 
^ine  le  li:— u  (■(tni<iiiciil.  Le  iii)in!  d  ^^^iii(^Mi(^u  jjar  Ic^intd  ollc  <l»''l'ii't  ^> 
niMiilrc  au  (((Iiuikmk  cuu'ii!  du  Uîtidcuic  iu')i^  de  la  \i('  fadale  ^m;-  la  ti«.i:-' 
d  un  n'>(';in  :  il  !'(']iutid  à  la  'm^c  (ic  1  a|>..,iii\>('  /,yL:n/iiali<!ih',  vi  ia>'tnut.'.i  m 
nianicic 'i  nu  (■\cn(,id  :  rn  iiiciiM' Icimî'^.  il  donu'.'  nai--am  <' à  oeKt'  apopliy^»' 
<|ui  Cri  d  aÎKii'd  rcciili'-'iic  ci  uni  ^<'  |,  m  (r  nii  iclcnienl  en  a\an{. 

Le>  iit>i:i(»ns  [ii'ireii>e  cl  nia-liiitiirnn<'  iiam-aifiil  chacune  p.ir  un  ii-'eiî 
])arli('ulici' -id(»n  !•:  )dn|tai:  t^ii'^  .mUiiis.  M.ii- de>  (»l.)^('r\ali(ius  noinî)rc;]s-' 
cl  prc(  !>c.-  ni  oui  (icui'tnhe  (jnc  la  d-  inici'c  ne  jjo>>cde  pa^  de  jMiir.l  ri  ,i--:ti- 
caliou  ([wl  lui  >f'\\  ;»i'-»j)i'c:  cii»  iiail  inn^iainincnl  j)ar  un  ]M)iiil  (iiii  lui  (  >; 
cniinnini  a\  v'c  le  idchci'. 

<  e  pidni  païail  mu-  !a  Un  ilu  (juairicuic  nnii>  (ie  la  vie  intra-iJl«'*nii'  .  I 
jundnii  dainMil  le  \c,  liiiuic.  |MIi>  ic  lin  <.<  ic;,  !c-li(U<  canaux  <ie[iii-»  u*! - 
laircr  c\  le  cnnnuii  auuiiM  iiiitunc.  j  .•  c.mai  u«  ini-ciiculaiic  sifpcriei.v  -*' 
|),'c-i'ii  e  aicu'-  s(ai-  1  iriicci  n  un  an  leaii,  [.••riicntin  niaire  à  I  aN»'  nu  iNvlirr 
cl  ld)i  i'  d.Mï--  >i'>  Ut  u\  i  ii■|•^  >uj)«' lient  >.  rin.-  I.,  (i  <'.-  |)aiid>  ce  rein  al  i'  et  <  •  :■  - 
liidltuiM'  (in  rut  lici  ;•('  iVnnicnl.  cl  ou  !e  \cil  m'  ciïni'cindie  axec  (dle>.  nu.' 
<euleinenl  eu  didi«a^:  en  deUau>,  il  (unserve  --ai  indi' jHUidaTna'  el  .-a  !'".':i- 
ininulairc,  en  ï«ûr(c<]nc  l<ij>(iu  <  n  examine  le  lemi'urcl  pai  >a  la.ce  inîrr:;. 
uii  reniar(jUO  au  ni\eau  de  e.e  canal  lui  (l'ou  enn>idc  i-alde  cund>le  [lac  la  d'  "  - 


Fi4   -62 


Via-  33 


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-    'i    >'  liiiv  Imiui,  r  |,,u   1  ,  .,i.M,  .ir  la  p-ac,,;  .     .,iM,  1,.  '  ,u.-,    la   ,, 


illi     .llllr,  iclll'.      (Il      .  ,•     .  .1(1..  (I.   |,|     .,.,1,1 

'Ml..-  ■|iii  .  a  s h  ,•  .,11- sr  -     ',.  i;  .,.,,,, 

■rii.'iil  II.  •    lui, 'Ml-  .  o  .  .riii  |,.n.,.  I., 

-"■    ^"'•••■^" M..,.!--:M,.   |.,.,., 

1   r.    |...:ic  —  ',  .    ;     ^nliiir  ,,  -I, il. lui  -I. 


/'"'■    'ilr,  ,.>■.-      1.    Cela  le  |\,np.,ll.il.    —    "J     \\ 

'■'  î  '  l'"M"M.  ■•<  iiIlniM-.  —  y/.  S. Ml    ,Atr.  mil.   i>"^' 

''•"--•■   •^"'    ^-    fi.c.iîilci.lir.'    ml. ■111.'.    —    ;>.     \l,''-- 

^'-  '•'  v.',..i.|,.,nl  la  iMMiii,:  aia.TK  m.    ùi\  ,  ..;i!  n^^'  \ 

'*■■  '!"'  I-'Minra  Cl  sall.Miu.Mi,!   la  i-i,  e  .    ,,  ,.!      ■  ■  ' 

':'  ■'••  '!•     I<i  l"'tn..ii    .aaillriis,-   a\.  r  I.,    j.c.ni-.'.  v. 


DES  OS  DU  CRANE. 


159 


int^re.  A  sept  ou  huit  mois  ce  trou  est  fermé  en  dehors  et  se  transforme  eu 
une  fosse  profonde  ,  située  sur  le  bord  supérieur  du  rocher,  et  encore  très- 
manifeste  à  la  naissance.  Elle  s'efface  ensuite  peu  à  peu  ;  mais  on  en  retrouve 
<e{>endant  des  traces  jusqu'à  six,  huit,  dix  ans,  souvent  mémo  plus  tard,  cl 
quelquefois  pendant  toute  la  durée  de  la  vie.  • 

fk's  que  le  rocher  s'est  constitué,  il  s'étend  de  dedans  en  dehors.  Ce  pro- 
l 'Dgement  devient  l'origine  de  la  portion  mastoïdienne,  qui  se  constitue  à 
»nn  tour;  on  la  voit  d'abord  s'allonger  de  bas  en  haut  et  se  rapprocher  de 
U  portion  écailleuse  dont  elle  n'est  plus  séparée  à  la  naissance  que  par  une 
!i-ure.  A  un  an,  les  deux  portions  se  soudent  inférieurement,  puis  en  haut, 
t^l  (Misuite  au  milieu.  A  deux  ans,  on  peut  encore  distinguer  quelques  ves- 
tiires  de  cette  soudure. 

Le  bord  inférieur  de  la  portion  écailleuse  -s'unit  au  bord  antérieur  du 
riH  her  de  deux  à  trois  ans.  Cette  seconde  soudure  s'opère  d'arrière  en 
a\ant  ;  on  en  retrouve  des  traces  jusqu'à  quatre  ou  cinq  ans  et  souvent 
b.  aucoup  plus  tard. 

Le  point  osseux  qui  donne  naissance  à  la  paroi  inférieure  du  conduit  au- 
diiif  Citerne  ne  se  manifeste  qu'à  quatre  mois  et  demi.  Il  offre  la  forme 
*liia  anneau  interrompu  à  sa  partie  externe.  Cet  anneau,  appelé  cercle. tym- 
f->na/,  s  étend  de  la  portion  écailleuse  sur  la  face  inférieure  du  rocher;  il  ré- 
i-nd  à  la  première  par  son  ouverture  et  ses  deux  extrémités,  à  la  seconde 
j-^r  ?a  partie  moyenne.  Sa  direction  est  oblique  de  haut  en  bas  et  de  dehors 
'li  dedans. —  Sur  son  bord  interne  on  remarque  une  rainure  aussi  régulière 
que  celle  dans  laquelle  se  trouve  encadré  le  verre  d'une  montre  ;  elle  reçoit 


Fig.  34 


Fig.  35. 


Mode  d'évolution  de  la  portion  iymponale  du  temporal. 


y^.  3i. —  Tfmparal  ff  un  enfant  de  deux  ans,  siir  lequel  les  doux  inoities  du  ^hmi 
' ^*^itjr  mut  déjà  très-développée.s.  —  1,  1.  Extréiuitc  inlornc  dv  la  poition  lympaiiale  sou- 

'•'  a  la  portion  pierreuse,  mais  encore  distincte.  —  2.  Partie  anltricurc  du  pont  osseux.  — 
'  Paitie  postérieure  de  ee  pont.  —  d.  Orifice  du  conduit  auditif  externe,  ouvert  en  bas.  — 
j  Futur  ortfice  de  la  paroi  inférieure  de  ce  eouduit.  —  6,  0.  Suture  squamo-mastoldicnne. 

Fia.  35.  —  Tetnfx^ral  d'un  enfant  de  trois  ans,  sur  lequel  /ev  deux  moitiés  du  pont 
'"*eur  sont  mudées.  —  J,  1.  Extrémité  interne  de  la  portion  tynii»anaic.  —  î>.  Pont  osseux. 
—  •'*  Entiéedu  conduit  auditif  externe  circonscrite  en  bas  par  ie  côté  externe  de  ee  pont.  — 

I  Ttuu  que  présente  U  paroi  inférieure  du  conduit  après  la  formation  du  pont  o.^seux 


h)'! 


t>>ri,(U.()i;ii. 


la  ninnbi'anr  «lu  l\iii[t;iM.   I,;!   tiircclinti,  la  liuiiic  et    les  (l:nh'nsinii>  «le  •  i  1!. 
raiiiiirc     it'-l('r>'iii    rluv.    lad'-'lu'    rc    ([u  oIIt•^    ^(Hi(    cljc/   le   l'n'lu?  :   ^a    li'\ir 

CXltTUf  -cille  C^l   a{i;»i.-I('c  .1  -r  tlv  \  ('|ni,j)i'i'. 

(.(•si  de  t'fil»'  l;\!i'(ii'r  \a  liii;''.  la  hami  i  iih'-i-iciM-c  du  cniidiii!  .v.ii  1  1, 
J*(Hii'  alli'fiidi'i>  l'c  l)i;|,  clli-  >  al'niiL't'  rîir  Inidc  la  (  ii  l'uiiii-rciHa'  in  le  nu'  .1  •  !  ..:.- 
iicjui  ;  >a  jtariii'  iii"^'  miic  ^^'  }•!»!  le  en  haut  c!  en  lifiioir-,  1  ,»iii»'ii('iii'r  ci  .tî- 
riri'C  ri  cm  lia-,  ia  jM.-h':  irnic  en  a\aiil.  Iniitc-  le-  Ina-  Iciidciil,  eu  un  m  •■. 
a  CDliMM'i;»'!'.  Mai>  la  [-i -'h  tiè.  r  -  ar.  ki  !  |<  iitriiiciil  :  Ic^  d(Mi\  aiilia-  ^e  i.^-w- 
|(ijt|i(Mil  au  t  .aih-aiî  ('  a  sa*  i  aiiisiilc  :  liiridid  «■!!.'>  .-c  i  curoidi  «'ul  cl  -f  >m|]...  .-^l 
1  une  a  1  aiili'i  .  a\aLil  de  >  in.'i  a  !a  jiarl'r  iiinyniic.  lie  Inii;  unin'i  jc-iille 
une  Mille  de  pi.iil  n^-ei.v  (i.Mil  ie  j-crd  e  Jenie  iiniile  i  iireriem'eiiieiil  l\'ii- 
il'i'e  du  «  'Celu'.i  aU'iilil'.  e(  dniii  îe  Imc  (]  l'Jt  me  :-,■  (i(ai\  e  >.'[.  ue  di'  la  u.ii  iiu 
r(tires[)(Midaule  de  iaihieau  Iwp.paiial  pai  un  inleiN  al!e  eirculairc,  mu  idiiî^-i 
pai'  un  ti'ai.  l'eu  a  peu  ci'  inai  se  j'cl  i  tail  .  pui~  liiu'l  liai'  se  cnmiil<r.  la 
[)arni  iid'''iieni  c  re\(d  al(»rr  -a  Inrine  c!  -(■-  dinieu-iniis  d.''liiiili\c>, 

A  la  uai-^aiiee.  le  cciele  hnipanal  l'.^l  --aide  à  la  poi'l'inu  «'cailK'UM'  pa. 
^e-    deux  e\l  leiiiile-.  c(  au  l'u  hcr  j-ai'  la  plu-  ;jiaude  partie  de    -a  (in  (im-  - 


ler  deu\  e\i:.  luile^  du  (cirle  -.ej  leUMi.'-  pal  UU  pniil  t»->eu\:  l'ci'hae  d  . 
(  oiiduil  andiiif  c-t  c(»ni|dcle  ;  -a  pai'(d  iule,  ieui  c  e^l  pcci-edun  lai.^e  !ii».. 
r»e  il.  >i-  a  ([uairca*-  (c  li'nii  -e  cMjidde  (U  dinaiieiîi'id.  l.'i  pai'oi.  d  alniid 
exii-cincnieni  iniuce  cl  Irau^jtarenlc  a  -nu  iti\eau,  ^V'].ai-dl.  cfisuifc  piDj-ic- 
si\eiiieiil. 

r.(dle  pni  iiiill  l>  Ul[iauaie  du  l'.'i  lie:-  dllc  l»eauc..up  de  \afi(''lc>.  S(UI  dc\t- 
l.ippeui-ail  peut  t'ire  d  une  e\lrt-uic  n'iiieui-  :  il  u  c^l  ita>  (rcs-iatc  de  la  (ri'U- 
\ei'  cncni't'  pi'fliMi'C  à  >(>!!  ceiure  (die/  de-  e  ilaiii-  d''  ^i\.  luîil  ou  div  au-,  c! 
uieuii-  .1  uii  .._e  Ih'ai.'i  -a  p  plu-  a\auc<''.  I,  laiut  e  (pi  lai  iiuicoulrc  «iih^ii-iiCi'iM- 
{  lie/.  1  adall(  -ur  ia  paroi  iu!-  fieuie  du  «  i.idult  a'"iilil'.  ne  d'al  dnuc  ]>as  è(', 
1  'iU-idei('  <  nhilUe  un  \  ice  *■,■  .  'al'.  ■!  uia  { e  ai .  d  m  ,,ii>  cUCnic  CmHUUc  le  r('-ulfa* 
d  uîie  alieiali(ai  i  ih  ienu-',  niai^  e.inuii--  liU  Hiuple  anvl  de  dcNcInpj.e- 
hicul. 

la'  point  d  os>iii(ali(in  {]('  iapoj»ii\-e  -txloai»  n.  .-<■  u-'x  cloppi'  (juapla'-  ta 
tiais-an(a' :  il  se  ^oudc  a  (piaLu/e  ou  tjuiii/e  aii>. 

la'  canal  (pli  ^  cleud  dr  ia  cai-^e  du  l\nii»Mnaal\  (cllulcs  lllasloïdicniu - 
l'.'-alle  de  la  coujuuaitou  de-  piirlioii-  ecaillcu^e  (d  niasloïdicuue.  —  A  l.i 
uai--aut  c,  «  e-  cellules  u  c\i-leu(  pa-  (  k  oj-e  :  ou  lu'  \(dl  (jue  du  ti--u  >poii- 
;^ieu\  a  la  |da(i'  (piVl  les  im  c  :peiMnl .  l>a!;-  le  (*',,!-  d<'  la  ]u\"nii("'re  auncc. 
<  (du ici  (  (tiniiicii.  e  ,1  n,  e  i  e-.a  ]h.  vm-  |,^  iiuule-  dn  i  anal,  ci  ((Uidciie-  i  c|- 
luli'>  ae|ile|-e>  >e  l'oiUH'lil .  A  (leU\  ai.>,  le  L:i'iaipe  di  .-  ((diule-  aeiittl'e- 
.- (deiid  jllMpi  a  la  Ua-e  (!»■  I  ajM>jdi\  r-t"  Ui.u-loldc  :  de  deu\  à  Iku-  il  se  ji!o- 
louuc  dan-  jfaiîc  I  epair-:-t  lo'  de  «eiîe  apdpln  rc.  (pi  i  CMUiuieiuc  cJmi-  a  ^i 
de>-incr.  l'iii-  I.i.l,  !••-;  s  riioi,--  au-Ui-'Unaiî  .le  cajhacile;  elles  coiiuuuai- 
(picul  plu>  laiL'ciui 'il  :  elle- M'  i  ■  )id.  .:idciil  luciu-'eii  j)ai-!ic.  IMiis  I  .rd  cu(orc 
la  laide  c\lerue  de  I  a]»M|dpv  ,-e  uia.-foide  ^ei..iuue  de  liuleine,  cl  le  \(Muni( 
de  (a'l!e-ci  -  a(  iloil  Co||vid(-ialilciile|iI.  --  lài  (oiupaiaill  ce  niod.'  de  de\c- 
lo[)pcmcnl  dcr>  (  ellulc<  uia-loidieiiiie>  ,i  celui  ilv:^  >\\\u>  IVoiiIaux  cl  >[ihr- 
uoidauv,    lai  \oil    (ju  il   ncudilicic    p.,^.   Aucune   des  ca\ilc^    aci-ircrc>  qiii 


DES  OS  DU  CRANE.  161 

(Icpi'iidL'iil  (lu  ci'i'ine  n'c\i»le  priinili\crncnl;  toutes  se  forment  au.v  dépens 
du  tissu  spongieux,  qui  est  résorbé  ;  toutes  s'agrandissent  ensuite  par  écar- 
tement  de  la  table  externe  de  Tos. 


Dt>î   os   WORMIKNS. 

Indépendamment  des  huit  os  qui  composent  le  crûnc  et  qu  on  observe 
lonstamment,  il  en  existe  quelquefois  d'autres,  qui  sont  situés  entre  les  pré- 
lêdentâ. (les  os  surnuméraires  étaient  connus  dès  la  plus  haute  antiquité; 
ilippocrate  avait  déjà  signalé  leur  existence.  Mais  ils  n'ont  été  décrits  qu'en 
1611,  par  Olaûs  Wormius,  qui  crut  les  avoir  découverts.  Ses  contemporains 
rt  ses  successeurs  le  crurent  également  :  de  là  le  nom  d'o»  wormiens,  sous 
lequel  on  les  trouve  mentionnés  depuis  cette  époque. 

ijoi  0!»  présentent  de  très-grandes  variétés  dans  leur  siège,  leur  nombre, 
Kurs  dimensions  et  leur  forme. 

Ih  sont  situés  sur  le  pourtour  des  pariétaux,  et  répondent  en  général  à 
1  aa;?le  supérieur  et  postérieur  de  ces  os ,  très-souvent  aussi  à  leur  bord 
i''^lérieur,  quelquefois  à  leur  angle  inférieur  et  postérieur,  ou  à  leur  angle 
inroricur  et  antérieur,  rarement  à  l'angle  antérieur  et  supérieur.  L'articu- 
lation de  l'occipital  avec  les  deux  pariétaux,  ou  la  suture  lambdoïdej  repré- 
^nte  en  un  mot  leur  siège  de  prédilection.  Viennent  ensuite  les  sutures 
ft-mporo-pariétale  et  sphéno-pariétale  ;  puis  les  sutures  bi-pariétale  et  fronto- 
pariélale.  J'ai  vu  un  os  wormien,  développé  dans  la  fontanelle  antérieure, 
•»tTrirla  forme  et  les  dimensions  de  celle-ci.  Dans  quelques  cas  exceptionnels, 
»n  rencon^  aussi  des  os  wormiens  dans  les  autres  sutures  et  particulière- 
ment dans  la  suture  spbéno-frontale. 

i.t>  nombre  de  ces  os  n'est  pas  moins  variable  que  leur  siège.  Souvent  il 
M  en  existe  qu'un  ;  chex  certains  individus,  on  en  trouve  deux  ou  trois;  chez 
H  autres  on  en  compte  quatre,  six,  huit  et  même,  davantage.  Ils  se  mon- 
irint  d  autant  plus  nombreux  que  le  volume  du  crâne  est  plus  considérable. 
Au-<i  les  voit-on  se  multiplier  chez  l'enfant  affecté  d'hydropisie  encépha^ 
liquc  :  sur  l'un  des  hydrocéphales  du  musée  Dupuytren,  J'en  ni  compté 
''iv(iuit)  sur  un  autre  trente-cinq,  et  sur  un  troisième  quarante-six. 

lour  épaisseur  égale  ordinairement  celle  des  os  voisins.  Il  en  est  cepen- 
•'^ni  qui  ne  répondent  qu'à  la  table  externe,  ou  à  la  table  interne,  et  qui 
^•nt  relativement  très-minces. 

ieur  étendue  est  en  raison  inverse  du  nombre.  Le  plus  considérable  a 
•'  ur  siège  presque  constant  l'angle  supérieur  de  l'occipital.  11  ne  com- 
' nnd  ordinairement  que  le  sommet  de  cet  angle.  Ainsi  que  plusieurs  au- 
'''iir>,  je  l'ai  vu  intéresser  le  tiers  supérieur  de  l'os,  c'est-à-dire  toute  cotte 
N'irtir  qui  se  forme  aux  dépens  du  tissu  conjonctif.  Dans  ce  cas,  il  ne  peut 
trr  considéré  comme  un  os  supplémentaire;  car  il  représente  un  point 
•^•^Mix  normal  qui  s'est  uni  par  suture  au  tiers  moyen,  au  lieu  de  se 
•udor  à  celui-ci.  J'ai  vu  aussi  ce  tiers  supérieur  de  l'occipital  se  dévelop- 
"T  par  deux  points  latéraux  qui  s'articulaient  l'un  a\ec  l'autre  en  dedans, 
l  '«WT  le  point  osseu^  moyen  inférieurement. 

1.1  Hjrurc  de  ces  Os  est  tantôt  circulaire,  tantôt  oculaire,  ou  bien  triangu- 
t.  11 


162  OSTEOLOGIE. 

laire,  quadrilatère,  très-diversifiéc,  en  un  mot.— Ils  présentent  uik*  ^.• 
externe,  unie  et  convexe;  une  face  interne  plus  petite  et  concave;  une  nr- 
conférence  irrégulière  et  dentelée,  par  laquelle  ils  s'articulent  avec  1*^  - 
voisins. 

Chacun  d'eux  se  développe  par  un  seul  point  d'ossification.  Ces  nc>y*'.\ 
osseux  se  montrent  sur  la  partie  moyenne  des  espaces  membraneux  com;  •  • 
entre  les  divers  os  ;  ils  ont  pour  siège  spécial  les  parties  du  crâne  qui  dew.    : 
s'ossiDer  les  dernières,  et  rayonnent  à  la  manière  de  tous  les  os  de  la  v  j*' 
Arrivés  à  la  rencontre  des  os  voisins,  ils  s'engrènent  avec  ceux-ci  par  l»  - 
dentelures,  et  chacun  d'eux  reste  ainsi  indépendant.  — Il  n'est  pas  trè-r  • 
de  voir  un  os  wormien  s'unir  par  soudure  avec  l'un  des  os  qui  ^ent«»ll^ 
et  par  suture  avec  les  autres.  Quelquefois,  après  s'être  unis  par  sutun^  a^ 
les  os  ambiants,  ils  ne  tardent  pas  à  se  souder  avec  ces  derniers,  en  «<  :' 
que  leur  indépendance  n'a  été  que  temporaire  et  de  courte  durée. 

§   t2.  —  Du   CRANE   EN  GÉNÉBAL. 

Le  crâne,  partie  culminante  du  corps  et  principale  de  la  tètt\  e#l  * 
obliquement  au-dessus  de  la  face  et  de  la  colonne  vertébrale. 

Il  forme  avec  cette  colonne  un  angle  droit  en  arrière,  et  obtus  on  a\ . 
lue  ligne  verticale,  partant  de  celle-ci  et  s'élevant  entre  les  deux  ct  •!!■'?  * 
de  l'occipital  pour  se  prolonger  jusqu'au  vertex,  rencontrerait  dans  s<»n  tr . 
le  point  de  convergence  des  trois  principaux  diamètres  de  laca\ité  crànif 
et  passerait  par  le  centre  de  gravité  de  la  masse  encéphalique.  Il  fini 
celle  disposition  que  le  crâne  et  l'encéphale  se  trouvent  en  équilibn*  *»•  ' 
rachis.  Si  la  tète,  abandonnée  à  son  propre  poids,  s'incline  en  a%ant.  •!•' 
l'attitude  verticale,  c'est  partie  que  la  face,  en  se  suspendant  A  Texln  :: 
antérieure  de  la  botte  osseuse,  Aient  rompre  cet  équilibre. 

Dans  cet  état  d'équilibre,  le  grand  diamètre  du  trou  occipital  est  horii«>i.' 
direction  différente  de  celle  que  nous  offrent  les  mammifères  clici  K»^-:  • 
il  s'incline  en  avant  et  en  bas.  Ainsi  incliné,  il  forme  avec  la  ligne  r 
s'étend  de  son  extrémité  la  plus  élevée  vers  le  plancher  de  l'orbite  un  a''. 
i\  sinus  antérieur  et  inférieur  :  c'est  Vangle  occipital  de  Daubenlon.  Ce  nv  - 
raliste  a  fait  remarquer  qu'il  augmente  à  mesure  qu'on  descend  la  $éri«»  <i  * 
vertébrés;  que  le  crâne  et  l'encéphale  se  montrent  d'autant  plus  [>*'  • 
qu'il  devient  plus  grand;  et  que  le  degré  d'intelligence  attribué  aux  di*' 
rentes  espèces  animales  est  eu  raison  inverse,  par  conséquent,  du  «i- . 
d'ouverture  qu'il  présente. 

Le  crâne  nous  offre  à  conï»idérer  sa  tornie,  son  volume,  sa  cauai  .?• .  * 
conformation  extérieure  et  intérieure,  son  développement  et  sa  rf»-i*'j' 

A.  —  Porittc  da  eraae. 

l.a  forme  du  crâne  est  celle  d'un  o\nï(l(»  dont  la  grosï^e  extrémité  s^^  »i-  •- 
en  arrière  et  en  bn<.('el  ovoïde,  assez  régulier  supérieurement  et  p4•^!••' 
r.'meut,  est  aplati  de  chaque  cOlé  et  forlemeut  déprimé  dans  sa  partir  :. 


DU  CRANE  EN.  GENERAL.  163 

ricure,  remarquable  en  outre  par  les  inégalités  et  les  anfractuosités  qu'elle 
présente. 

Le  crâne  est  symétrique.  Mais  la  symétrie  ne  se  trouve  pas  réalisée  avec 
la  mi^me  perfection  sur  tous  les  points  de  sa  périphérie.  En  avant,  elle  est 
presque  toujours  parfaite  ;  sur  le  vertex,  il  existe  quelquefois  une  différence 
cnire  les  moitiés  droite  et  gauche;  sur  l'occiput,  cet  inégal  développement 
est  beaucoup  plus  fréquent.  . 

Son  mode  de  configuration  diffère  suivant  les  races.  Blumenbach  a  observé 
quo  le  crâne  est  plus  arrondi  dans  la  race  caucasique  ;  comprimé  d'avant 
en  arrière  et  quadrangulaire  dans  la  race  mongole  ;  comprimé  au  contraire 
de  droite  à  gauche  dans  la  race  nègre.— La  partie  antérieure  du  crâne  est  plus 
«li^eloppée  dans  la  première;  dans  la  seconde,  c'est  la  région  moyenne  qui 
prédomine  ;  dans  la  troisième,  c'est  la  postérieure  :  de  là  les  dénominations 
de  race  fronialey  racê  pariétale^  race  occipitale,  sous  lesquelles  M.  Gratiolet 
a  proposé  de  les  désigner,  dénominations  qui  expriment  mieux  en  effet  le 
caractère  propre  à  chacune  d'elles  (1). 

Le  mode  de  configuration  du  crâne  diffère  aussi  de  peuple  à  peuple.  Il 
diffère  très-aotablement  surtout  suivant  les  individus. 

D'autres  différences  sont  relatives  au  sexe.  Le  crâne  de  l'homme  présente 
l)lns  de  hauteur  que  celui  de  la  femme,  et  une  forme  plus  arrondie  ;  moins 
aUé  dans  le  sexe  féminin,  il  paraît  plus  allongé  d'avant  en  arrière.  Étant 
donné  un  crâne,  on  peut  en  général  facilement,  A  l'aide  de  ce  caractère, 
diffioguer  le  sexe  auquel  il  appartient  ;  il  suffit  alors  de  l'examiner  par  ses 
partie:!  latérales  :  à  l'étendue  du  diamètre  vertical,  à  la  brièveté  comparative 
du  diamètre  antéro-postérieur,  on  reconnaîtra  le  crâne  de  l'homme  ;  le  peu 
de  longueur  du  premier,  l'allongement  relatif  du  second,  feront  reconnaître 
cHui  de  la  femme. 

A  toutes  ces  variétés  naturelles,  viennent  se  Joindre  des  déformations 
artificielles  en  rapport  avec  le  type  de  beauté  adopté  par  certaines  peu- 
pla'lw.  M.  Gosse,  qui  s'est  livré  sur  ce  sujet  à  des  recherches  étendues,  a 
fMi  constater  qu'il  n'existe  pas  moins  de  seize  modes  principaux  de  déforma* 
Mon  du  crâne  (2). 

B.  ^  ¥olaiiie  ûu  crâne. 

Ueux  procédés  peuvent  être  mis  en  usage  pour  évaluer  le  volume  du  crâne. 
Ho  Us  le  premier,  on  mesure  les  trois  principales  courbes  qui  circonscrivent 
<  <'tte  cavité  ;  dans  le  second,  on  mesure  ^s  trois  principaux  diamètres.  Afin 
d  arriver  à  une  approximation  plus  grande,  j'ai  employé  l'un  et  l'autre. 

1*  Étendue  des  troiê  principales  courbes.  —  Elles  se  distinguent  d'après 
leurs  directions  :  en  courbe  horizontale,  courbe  verticale  antéro-postérieure, 
rourt)e  verticale  transversale. 

La  courbe  horizontale  répond  en  avant  à  la  partie  moyenne  de  la  bosse 
na-ale,  et  en  arrière  au  sommet  de  la  protubérance  occipitale  externe.  C'est 

1    Gratiolet,  Anatomte  comparée  du  système  nerveux,  t.  II,  p.  297. 

IV  Gosse,  E^sai  sur  les  déf.  artif.  du  crâne  {Ann,  d*hyg.,  1855,  2«  série    t.  I  et  II}. 


16/i  OSTÈOLOGIE. 

la  plus  grande  de  toutes  celles  qui  circonscrivent  la  cavité  crânienne;  cl!- 
suit  le  contour  de  la  base  des  hémisphères  cérébraux. 

La  courbe  verticale  antéro-postérieure  s'étend  du  centre  de  la  bosse  na««lf 
à  la  protubérance  occipitale,  parallèlement  au  bord  supérieur  des  hémi- 
sphères du  cerveau  ;  elle  mesure  le  crûne  dans  sa  plus  grande  longueur  et 
sa  plus  grande  hauteur. 

La  courbe  verticale  et  transversale  s'étend  de  l'un  à  l'autre  conduit  audit/ 
en  passant  par  le  vertex  ;  elle  mesure  la  cavité  crânienne  dans  sa  plus  granc 
hauteur  et  sa  plus  grande  largeur. 

Les  mesures  que  J'ai  prises  ont  porté  sur  32  individus,  seize  hommes  ' 
seice  femmes,  âgés  pour  la  plupart  de  vingt-doux  à  soixante  ans.  Je  don^^- 
rai  seulement  la  moyenne  des  résultats  que  J'ai  obtenus  (i). 

Coiirltr  '    (.ouriM  wrtirak  (.t*itribev^rt>r« 

liorixontoli'.             aiitcro-post^ricurc.  ir«a»^tT»«K 

01                                  m  m 

Hommes 0,522                        0,307  0,351 

Femmes 0,505                      0,297  0,338 


Diffi'r.  en  faveur  de  Thomme.    0,017  0,010  0,013 

Les  trois  principales  courbes  du  crâne  sont  donc  toutes  les  trois  ['i-- 
grandes  chez  l'homme  que  chez  la  femme. 

2*  Étendue  des  trois  principaux  diamètres  du  crâne,  —  De  ces  trob  di:- 
mètres,  l'un  est  antéro-postérieur,  le  second  transversal,  le  troisième  urth 
caL  Les  deux  premiers  se  trouvent  compris  dans  le  plan  circonscrit  ptrU 
courbe  horizontale,  dont  ils  représentent  le  grand  axe  et  le  petit  aie.  U 
diamètre  vertical  correspond  par  son  extrémité  supérieure  au  sommet  c . 
vertex,  et  par  l'inférieure  à  la  partie  antérieure  du  trou  occipital.  Voici  !<* 
moyennes  auxquelles  Je  suis  arrivé  : 

Ili«iurtn>  himuctri' 

aiitero>iK>iiU^rioiti-.  tmntvcTMil. 
iD  m 

Hommes 0,176  0,1355 

Femmes 0,168  0,1330 

Diffcr.  en  fumeur  do  riiomiiio.    0,008  0,0035  0,00!»^ 

Ainsi  tous  les  diamètres  du  crâne  sont  plus  grands  chez  l'homme  quo  «  ^  ' 
la  femme.  La  différence  est  très-minime  pour  le  diamètre  transversal  :  n.i  - 
elle  s'élève  à  8  millimètres  pour  l'antéro-postérieur,  et  &  8  et  demi  \>  * 
le  vertical.  Le  dernier  est  donc  ce|ui  qui  diffère  le  plus  d'un  sexe  à  1  atr- 
Cettc  différence  méritait  d'autant  plus  d'ôire  signalée,  qu'elle  porte  y>^r  * 
plus  petit  diamètre. 

Soit  qu'on  prenne  en  considération  les  grandes  courbes  du  crâne,  soit  q» 
mesure  ses  diamètres  extérieurs,  on  arrive  donc  à  la  même  conclusion  :  ' 
crâne,  ainsi  que  l'avait  déjà  reconnu  Aristote,  est  plus  volumineux  i^  • 
rbomme  que  chez  la  femme. 

'D  Pour  les  chiffrer  individuels,  Toyez  mes  H^heirhex  utr  fr  volume  rt  h  r^p^r^  -f- 
erAtte  ;.Wém.  tle  h  Sor.  He  hiotogie^  t.  Ul  de  la  3»  f^nr,  1862,  p.  lOU; 


nn  CRANE  EN  GENERAI,.  165 


C.  —  CapAClté  eu  erâoe. 

Ici  eucor6  deux  procédés  d'évaluatioa  se  présentent.  Dans  lun,  on  fermo. 
toutes  les  issues  du  crÂne  et  on  le  remplit  avec  un  liquide,  ou  avec  des  grains 
de  millet,  ainsi  que  l'a  fait  Tiedmann,  ou,  ce  qui  est  préférable,  avec  des 
grains  de  plomb;  puis  on  vide  ensuite  le  contenu  dans  un  vase  gradué,  et  on 
1  estime  à  un  centilitre  près.  L'emploi  des  liquides  est  d'un  usage  difllcile  ; 
(vlui  du  millet  ou  de  tout  autre  grain  est  défectueux,  parce  qu'en  le  tassant 
uu  peut  en  faire  pénétrer  plus  ou  moins.  Celui  des  grains  de  plomb  est  plus 
précis,  sans  ôtre  tout  à  fait  exempt  de  ce  dernier  inconvénient.  Il  a  été  mis 
en  usage  parle  célèbre  Morton  qui,  au  moment  de  sa  mort,  avait  déterminé 
la  capacité  de  623  crânes.  J'emprunte  au  remarquable  travail  de  M.  Broca, 
sur  le  volume  et  la  forme  du  cerveau,  dans  les  difiTérentes  races,  les  chiffres 
suivants  qu'il  a  tirés  de  la  collection  de  ce  naturaliste  (1)  : 

lUceii.  Nombre  des  crAnv».  Capteité  moyenne. 

Germanique 38  1534  c.r. 

Nègre 6k  1371 

Australienne 8  1228 

On  voit  par  ces  résultats  que  la  capacité  du  crâne  se  réduit  très-notable- 
ment on  passant  des  races  européennes  à  la  race  nègre,  et  de  celle-ci  à  la  race 
australienne.  Si  on  la  suppose  représentée  par  100  chez  l'Australien,  elle 
^  (''lèvera  à  111  chez  le  nègre  et  à  122  chez  l'Européen. 

le  second  procédé  consiste  à  mesurer  les  trois  principaux  diamètres  du 
trAne.  C'est  celui  que  j'ai  employé  pour  déterminer  la  capacité  relative  du 
(  rûne  chez  l'homme  et  chez  la  femme.  Le  diamètre  antéro-postérîeur  interne 
détend  de  la  partie  inférieure  et  médiane  du  frontal  à  la  protubérance  occi- 
pitale interne.  Le  transversal,  situé  au-dessus  du  conduit  auditif  externe, 
détend  du  temporal  droit  au  temporal  gaucho;  le  vertical  interne  ne  diffère 
de  l'externe  que  de  l'épaisseur  des  pariétaux. 

De  ces  trois  diamètres,  le  plus  long  est  l'antéro-postérieur.;  vient  ensuite 
le  transversal,  puis  le  vertical.  Ils  s'entrecroisent,  ainsi  que  je  l'ai  dit  précé- 
demment, au  niveau  d'une  ligne  verticale  passant  entre  les  condyles  de  l'oc- 
cipital. Les  chfffres  qui  suivent  expriment  leur  étendue  moyenne  dans  les 
deux  sexes. 

Diamètre 
•  ant.-posu  interne, 

m 

Hommes 0,150 

Femmes 0,146 

Différ.  en  faveur  de  l'iiomme.    0,004  0,0040  0,008 

Tous  les  diamètres  internes,  de  môme  que  les  externes,  sont  donc  plus  longs 
chex  l'homme  que  chez  la  femme.  Il  faut  admettre,  par  conséquent,  que  la 

'1^  Broct,  Sur  te  vohme  et  la  forme  du  cen^eau,  suivant  les  individus  et  suivant  les 
ra/ev.  l8W,p.  47. 


Diamètre 

Diamètro 

traniiTergal  interne. 

vertical  interne. 

m 

m 

0,1316 

0,128 

0,1270 

0,120 

166  OSTÉOLOGIE. 

capacité  du  crûne  est  plus  grande  dans  le  sexe  masculin  que  le  fémiftiiL  T/ 
multipliant  l'un  par  l'autre  les  trois  diamètres  internes  dans  chaqoe  >e\i 
on  trouve  que  la  capacité  crânienne  devient  équivalente  chez  ^homm^  . 
2526  centimètres  cubes,  et  chez  les  femmes,  à  2220  :  d'o!^  il  suit  que  si  (W' 
capacité  est  représentée  dans  le  dernier  sexe  par  100,  elle  le  sera  {wr  • 
chiffre  113  dans  le  premier. 

D.  —  CODrormatlon  cxtérlevre  eu  crâne. 

Considéré  extérieurement,  le  crâne  nous  offre  à  étudier  quatre  Taccs  :  c^ 
face  supérieure,  une  face  inférieure  et  deux  faces  latérales.  Les  face>'-;  - 
rieure  et  inférieure  sont  ovalaires,  les  latérales  triangulaires. 

i^  Face  supérieure.  —  Elle  est  limitée  en  avant  par  la  bosse  nasale  et .« 
arcades  orbitaires  ;  en  arrière  par  la  protubérance  occipitale  externe  et 
lignes  demi-circulaires  supérieures;  à   droite   et  à  gauche  par  la  ii: 
courbe  qui  circonscrit  la  fosse  temporale,  et  en  arrière  de  celte  ligne  par 
suture  temporo-pariétale.  —  [Le  muscle  occipito-frontal  la  recouvrée.- 
toute  son  étendue  et  la  sépare  de  la  peau. 

Cette  face  présente  sur  la  ligne  médiane,  et  d'avant  en  arriére,  la  S  - 
nasale  et  la  soudure  des  deux  moitiés  du  frontal,  soudure  dont  les  der /- 
vestiges  ont  disparu  sur  les  tôtes  d'adultes.— Au-dessus  et  en  arrière  du  fr 
tal  se  trouve  la  suture  fronto-pariétale  transversalement  dirigée  ;  sur  la  \>\r 
médiane  ou  moyenne  de  cette  suture,  on  ne  voit  que  de  très-petites  i 
lelures  ;  plus  bas  les  dentelures  sont  très-accusées  ;  plus  bas  encore  • 
disparaissent;  et  la  suture  coupe  alors  obliquement  la  ligne  courbe  de  la  T  - 
temporale  pour  pénétrer  dans  cette  fosse  où  elle  se  continue  par  chaïunt 
ses  extrémités  avec  les  sutures  sphéno-frontale  et  sphéno-pariétale.  —  i 
arrière  de  la  suture  fronto-pariétale  existe   la    suture   longUudinalf . 
sagitUiley  mieux  nommée  suture  bi-pariétale  ;  de  chaque  cùté  de  celle-^ . 
remarque  le  trou  pariétal,  très-variable  dans  son  existence,  sim  siéi:< .  ^^ 
direction  et  ses  dimensions. 

Par  son  extrémité  postérieure,  la  suture  bi-pariétale  se  continue  a>t^  • 
sutures  occipito-pariétales  qui  semblent  résulter  de  sa  division  et  qui  «•:.' 
comparées  aux  deux  branches  du  lambda  x  de  l'alphabet  gr%c,  d'où  le  :  ■ 
de  suture  lambdoîdey  qui  leur  a  été  donné.  Cette  suture  est  remarqu  i 
1®  par  le  grand  développement  des  dentelures  qu'elle  présente  ;  2-  pir 
mode  de  configuration  de  ces  dentelures,  dont  la  plupart  se  partage'.: 
deux  ou  plusieurs  branches  à  directions  divergente  et   sinueuse;  ^ 
la  fréquence  des  os  wormiens  qu'on  y  rencontre  ;  U*  par  une  légère  d*.  ' 
sion  qui  naît  du  point  de  convergence  des  trois  sutures,  et  qui  se  pni)«  c . 
droite  et  \  gauche  sur  le  bord  postérieur  des  pariétaux,  dépression  qui 
pas  constante,  mais  fréquente,  et  qu'on  peut  en  général  facilement  r- 
naître  sur  le  vivant  à  l'aide  du  toucher.  Par  ses  extrémités,  la  salure  '.-> 
doïde  se  continue  d'une  part  avec  la  suture  temporo-pariétale,  de  l'autn  * 
la  suture  temporo-occipitale.  —  Au-dessous  de  cette  suture  et  entre  s<r5  •'. 
branches  se  voit  l'angle  supérieur  de  l'occipital. 


Dr  CRANE  KN  (iENKRAL.  167 

Sur  les  côtés  de  la  ligne  médiane,  on  observe,  d'avant  "en  arrière,  l'arcade 
orbitaire  et  l'arcade  sourcilière  ;  plus  haut  la  bosse  frontale,  qui  répond  à 
lexlrémilé  antérieure  des  hémisphères  du  cerveau  ;  puis  la  suture  fronlo- 
pariéfale.  —  Kn  arrière  de^cette  suture  se  trouve  la  bosse  pariétale  ;  plus  bas 
la  suture  lambdoïde;  et  plus  bas  encore  une  surface  arrondie,  qui  recouvre 
levlrémité  postérieure  des  hémisphères  cérébraux. 

La  face  supérieure  répond  donc  par  toute  son  étendue  à  ces  hémisphères, 
dont  elle  reproduit  la  convexité  et  la  forme  générale. 

2*  Face  inférieure.  —  Obliquement  dirigée  de  haut  en  bas  et  d'avant  en 
arrière,  elle  a  pour  limite  postérieure  la  protubérance  occipitale  externe  et 
les  lignes  demi-circulaires  supérieures;  pour  limite  antérieure  l'échancrurc 
nasale  et  les  arcades  orbitaires  ;  pour  limites  latérales  deux  lignes  horizon- 
laies  et  irrégulièrement  brisées,  constituées  d'arrière  en  avant  :  par  l'apo- 
physe masloïde,  la  partie  rugueuse  de  l'entrée  du  conduit  auditif,  la  base  de 
lapophyse  zygomatique,  la  crête  qu'on  remarque  sur  les  faces  latérales  du 
sphénoïde,  le  bord  dentelé  par  lequel  cet  os  s'articule  avec  le  malaire,  et 
l  apophyse  orbitaire  externe. 

Rg.  36. 


Tétej  face  inférieure. 

1.1.  Voûu»  palatine.  —  2.  Oiilice  inférieur  du  conduit  palatin  antérieur.  —  3.  Oriflco  infé- 
II.  ir.lu  conduit  palatin  postoritMir.  —  û-  Bord  postérieur  de  la  portion  horizontale  de  l'os 
piaiin  cl  épine  nasale  \>05»térieure.  —  5.  Bord  postérieur  du  voiner.  —  0.  .\ile  interne  de 
I  ij^ophyse  ptérygolde.  —  7.  Fo^setle|8caphoï<le  destinée  a  l'insertion  du  muscle  péristaphylin 
♦  M'-rnc*  —  8.  Aile  externe  de  l'ai^ophyse  ptérypoide.  —  9.  Fosse  zygomatique.  — 10.  Apo- 
pli>*^  basilaire.  — 11.  Trou  occipital.  —  12.  Trou  ovale  ou  maxillaire  inférieur.  —  13.  Trou 
l».'tii  rond  ou  spbéno-épincux. — 14.  Cavité  glénoldc. — 15.  Fosse  temporale. — 16.  Trou  déchiré 
ii't.riiur.  —  17.  Orifice  inférieur  du  canal  carotidicn;  en  arrière  et  en  dehors  de  cet  orifice 
••n  voit  le  irou  déchiré  postérieur.  —  18.  Trou  stylo-mastoldien.  —  19.  Racine  transverse  de 
I  a|H»pbyse  zygomatique.  —  20.  Suture  formée  par  l'union  de  l'occipital  avec  la  portion  mas- 
l'itliennc  du  UMnporal;  en  dehors  de  celte  suture  se  trouve  la  rainure  dipastrique.  —  21.  .\po- 
l»hvv  ma^toîdc.  ^  22.  CoiuWle  de  loccipital.  —  23.  Fosse  condylotdienne  postérieure. 


168  OSTEOLOGIE. 

Cette  foce  comprend  deux  portions  très-différentes  :  l'une  qui  est  lilM^e  et 
qui  répond  auv  parties  molles  du  cou,  portion  cervicale  ;  l'autre  qui  s'ariiculf 
avec  la  face,  portion  articulaire  ou  faciale.  Chacune  de  ces  portions  peut  étr»* 
décomposée  elle-mâme  en  deux  régions.  La  première  se  subdivise  en  rêgi«»fi 
postérieure  ou  occipitale,  et  région  antérieure  ou  gutturale  ;  la  seconde  t*:. 
région  sphénoïdale  et  région  orbito-ethmoïdale. 

Une  ligne  transversale  étendue  du  bord  antérieur  de  l'apophyse  rnssloid  • 
d'un  côté,  au  bord  antérieur  de  l'apophyse  mastoïde  du  côté  opposé,  «ép^n* 
la  région  occipitale  de  la  région  gutturale;  une  autre  ligne  étendue  du 
tubercule  do  l'apophyse  zygomatiquc  du  côté  droit  au  tubercule  correspon- 
dant du  côté  gauche,  sépare  la  région  gutturale  de  la  région  sphénoîdalr  : 
une  troisième  ligne  passant  au  devant  de  la  base  des  deux  apophyses  ptér^- 
goïdes,  sépare  la  région  sphénoïdale  de  la  région  orbito-ethmoïdale. 

a.  Région  occipitale,  —  Convexe  et  demi-circulaire.  E)llc  présente  :  1*  snr 
la  ligne  .médiane  :  la  protubérance  occipitale  externe,  la  crête  de  ce  nom. 
et  plus  bas  le  trou  occipital. 

2<^  Sur  les  côtés  :  la  ligne  demi-circulaire  supérieure  do  l'occipital  se  con- 
tinuant en  dehors  avec  la  ligne  demi-circulaire  de  la  portion  mastoïdienne 
du  temporal,  et  formant  ainsi  une  grande  courbe  qui  limite  Irès-régulièrr* 
ment  en  arrière  la  face  inférieure  du  crâne. 

Au-dessous  de  cette  courbe  sont  les  empreintes  musculaires  auxquelles 
s'attachent  le  grand  complexus,  le  splenius  de  la  tète  et  le  petit  obliqur 
postérieur;  plus  bas  la  ligne  demi-circulaire  inférieure;  et  dans  rinter\ai:<* 
qui  la  sépare  du  trou  occipital,  d'autres  empreintes  musculaires  desiiu«n-< 
aux  grand  et  petit  droits  postérieurs  de  la  tète. 

Sur  les  parties  latérales  du  trou  occipital,  on  remarque  les  condyU^  «).- 
ce  nom  rapprochés  en  avant  et  divergents  en  arrière  ;  la  ligne  transven^k 
qui  rase  le  bord  antérieur  des  apophyses  mastoïdes,  passe  sur  ces  condyl^^ 
et  les  croise  obliquement  en  se  rapprochant  un  peu  plus  de  leur  c\trémit' 
antérieure  que  de  la  postérieure. 

En  arrière  des  condyles  se  trouve  la  fosse  condyloïdienne  postérieure,  n 
au  fond  de  celle-ci  le  trou  condyloïdien  postérieur,  dont  l'existence  n'e^t  pms 
constante  ;  en  avant  et  en  dehors  le  trou  condyloïdien  antérieur,  et  révasement 
qui  le  précède,  ou  fosse  condyloïdienne  antérieure.  —  Entre  ces  deux  fus^e^. 
on  voit  une  surface  inégale  qui  répond  à  l'apophyse  Jugulaire  et  qui  doom* 
attache  au  droit  latéral.  —  En  dehors  de  celle-ci,  existe  une  suture  demi-cir- 
culaire qui  se  dirige  en  haut  et  en  arrière,  pour  aller  se  continuer  avec  le« 
sutures  lambdolde  et  temporo-pariétale.  Cette  suture  est  formée  par  l'unWr 
de  l'occipital  avec  la  portion  mastoïdienne  du  temporal;  le  trou  nmsli»t- 
dien  est  situé  sur  son  trajet  ou  immédiatement  en  dehors.  —  Au  delà  d<*  1 1 
suture  occipito-temporale,  on  observe  la  rainure  digastrique  obliquemrn* 
dirigée,  puis  l'apophyse  mastoïde  qui  la  limite  en  dehors. 

b.  E^gion  gutturale,  —  Extrêmement  inégale  et  anfractueuse,  elle  oITre  U 
figure  d'un  rectangle  transversalement  dirigé,  dont  les  bords  postérieur  rt 
antérieur  nous  sont  déjà  connus.  A  droite  et  à  gauche,  ce  rectangle  est  limitt 
par  la  partie  rugueuse  de  l'entrée  du  conduit  auditif  externe,  par  le  rameau 


hV  CRANE  EN  (ÎENKRAL.  169 

(loscendant  de  la  branche  horizontale  de  l'apophyse  zygomallquc,  et  par 
le  tubercule  de  celte  apophyse,  qui  forment  par  leur  continuité  une  ligne 
courbe  à  concavité  inférieure. 

Sur  sa  partie  médiane,  cette  région  présente  l'apophyse  basilaire  ;  et  en 
avant  de  celle-ci  la  suture  sphéna-^occipitalej  chez  les  individus  dont  l'âge  no 
dépasse  pas  quatorze  ou  quinze  ans.  Chez  ceux  qui  sont  plus  âgés,  la  suture 
est  ordinairement  remplacée  par  une  soudure  des  deux  os. 

De  chaque  côté  de  l'apophyse  basilaire  on  remarque  la  suture  pétro^occi* 
pitaUy  oblique  en  avant  et  en  dedans. 

Très-écartées  en  arrière,  les  deux  sutures  ne  sont  séparées  en  avant  que 
par  le  sommet  tronqué  de  l'apophyse.  Chacune  d'elles  décrit  une  courbe 
dont  la  concavité  regarde  en  avant  et  en  dehors.  —  A  leur  extrémité  externe 
ou  divergente  on  voit  le  trou  déchiré  postérieur,  très-considérable,  et  plus 
grand  en  général  à  droite,  quelquefois  de  dimensions  égales  pour  les  deux 
côtés,  rarement  plus  grand  à  gauche.  Une  languette  osseuse  tend  à  le  diviser 
en  deux  parties  :  l'une  postérieure,  beaucoup  plus  importante,  qui  loge  le 
golfe  de  la  veine  jugulaire  ;  l'autre  antérieure,  très-petite  et  triangulaire, 
qui  donne  passage  aux  nerfs  pneumogastrique,  glosso-pharyngien  et  spi- 
nal. —  A  l'extrémité  opposée  ou  convergente  on  observe  le  trou  déchiré 
antérieur,  plus  petit  que  le  précédent,  irrégulièrement  triangulaire,  borné 
<*n  dedans  par  l'apophyse  basilaire ,  on  dehors  par  le  sommet  du  rocher, 
on  avant  par  le  sphénoïde.  Ce  trou,  A  l'état  frais,  est  comblé  par  du  tissu 
fibreux. 

En  avant  et  en  dehors  de  la  suture  pélro-occipilale  se  trouve  la  face  infé- 
rieure du  rocher,  sur  laquelle  on  aperçoit  :  1*  immédiatement  en  dehors  du 
trou  déchiré  postérieur,  l'orifice  inférieur  de  l'aqueduc  de  Fallope,  l'apo- 
plivse  styloîde  et  son  apophyse  vaginale  ;  2*  en  avant  de  la  partie  la  plus 
étroite  de  ce  trou,  l'orifice  inférieur  du  canal  carotidien,  et  en  dedans  de 
irluiKÛ  une  surface  inégale  qui  donne  attache  X  des  parties  fibreuses.  ~  Sur 
un  plan  antérieur  à  toutes  les  parties  qui  précèdent,  existe  la  cavité  glénoïde, 
(  reusée  en  partie  sur  la  ace  inférieure  du  rocher,  en  partie  sur  la  portion 
éeailleuse  du  temporal.  De  ces  deux  parties,  la  postérieure  forme  la  paroi 
inférieure  du  conduit  auditif  externe  ;  nous  avons  vu  qu'elle  a  pour  origine 
un  point  osseux  particulier  et  qu'elle  est  perforée  dans  les  premières  années 
qui  suivent  la  naissance;  en  se  prolongeant  en  bas,  cette  lame  ou  portion 
(}mpanale  du  temporal  constitue  une  sorte  de  crête  dont  l'apophyse  vaginale 
•'>t  une  dépendance.  La  partie  antérieure  de  la  cavité,  seule  articulaire,  reçoit 
If  rondyle  de  la  mâchoire  inférieure  ;  elle  est  séparée  de  la  précédente  par 
!a  ftMurc  de  Glaser. 

Au  devant  de  la  cavité  glénoïde  se  trouve  la  racine  transversale  de  l'apo- 
physe zygomatique  ;  et,  en  dedans  de  celle-ci,  l'angle  rentrant  inférieur  du 
temporal,  articulé  avec  l'angle  inférieur  et  postérieur  des  grandes  ailes  du 
sphénoïde. — Le  côté  externe  de  l'angle  rentrant  forme,  en  s'unissant  au  cOté 
externe  de  l'angle  saillant,  le  commencement  de  la  suture  sphéno-tempo- 
rale.—  Les  deux  côtés  internes,  simplement  Juxtaposés  et  quelquefois  séparés 
par  un  très-petit  intervalle,  forment  une  gouttière  qui  donne  attache  à  la  por- 
iion  cartilagineuse  de  la  trompe  d'Rustache  et  qui  se  continue  en  dehors 


170  OSTKOLOGIK. 

avec  la  portion  osseuse  de  ce  conduit.  —  Au  sommet  dos  deux  angles,  on  i«'i* 
r^^pino  du  sphénoïde,  et  sur  la  base  de  celle-ci,  le  trou  sphcno-épineui. 

c.  Réijion  sphénotdale.  —  Celte  troisième  région  est  limitée  :  en  arrière,  i  ^r 
la  ligne  transversale  qui  passe  sur  la  suture  sphéno-occipitale  ;  en  avant,  p4r 
une  autre  ligne  transversale  beaucoup  plus  courte,  qui  passe  sur  le  bec  du 
sphénoïde  ;  à  droite  et  à  gauche,  par  la  crête  des  faces  latérales  de  cet  os,crèt»^ 
qui  s'étendent  d'avant  en  arrière  sur  la  portion  écailleuse  des  temp^mai 
Jusqu'à  la  racine  des  apophyses  zygomatiques,  en  sécartant  l'une  de  Tantr»*. 
Ainsi  circonscrite,  elle  présente  la  ligure  d'un  trapèze,  et  se  trouve  cou-î.- 
tuée  en  totalité  par  la  face  inférieure  du  sphénoïde. 

On  observe  sur  sa  partie  médiane  la  grande  échancrure  quadrilatèiv  q:! 
répond  à  l'ouverture  postérieure  des  fosses  nasales,  et  sur  la  paroi  $u|»- 
rieure  de  celle  échancrure  la  crête  de  la  face  inférieure  du  sphénoiit. 
dont  la  partie  antérieure  ou  le  bec  s'articule  avec  la  lame  perpendiculaire 
de  Tethmoïde.  —  A  droite  et  à  gauche  de  la  crête  sphénoïdale  se  trouve  U 
gouttière  qui  reçoit  le  bord  correspondant  de  la  base  du  vomer  ;  plus  t . 
dehors,  la  gouttière  qui  contribue  à  former  le  conduit  ptérygo-palatin  :  •  ' 
au  delà  de  celle-ci  l'apophyse  plérygoïde,  —  Au-dessus  et  au  devant  de  ctî. 
apophyse  on  voit  le  trou  maxillaire  supérieur;  un  peu  plus  bas  et  plu>(" 
dedans,  l'orifice  antérieur  du  conduit  vidien;  au-dessus  et  en  arrière  l\)riti«i- 
postérieur  de  ce  conduit  ;  et  plus  en  dehors  le  trou  maxillaire  inférieur. — s:: 
le  cùté  externe  de  cette  même  apophyse,  on  remarque  une  surface  irrégul:-- 
rement  quadrilatère,  qui  est  formée  par  la  partie  inférieure  des  faces  laterai- 
du  sphénoïde,  et  accessoirement  par  une  petite  surface  triangulaire  dé{«r:- 
dante  de  la  portion  écailleuse  du  temporal.  Cette  surface  quadrilatèr«'  t- 
traversée  d'arrière  en  avant  par  la  suture  sphéno-temporale. 

d.  Région  orbito-ethmoïdale.  —  Cette  dernière  région  revêt  la  figure  du-' 
triangle,  dont  la  base,  tournée  en  avant,  est  représentée  par  réchanrr.r- 
nasale  et  les  arcades  orbitaires,  et  dont  le  sommet  tronqué  répond  à  la  Hji 
transversale  qui  passe  sur  le  bec  du  sphénoïde.  Ses  limites  latérales  ><•' 
constituées  par  deux  bords  dentelés  qui  se  dirigent  obliquemeut  dos  a*-  - 
physes  orbitaires  externes  vers  les  apophyses  ptérygoïdes. 

Kllc  offre  sur  la  ligne  médiane  l'épine  nasale  antérieure  et  supérieun^.  '* 
la  lame  perpendiculaire  de  l'ethmoïde,  qui  s'articule  en  avant  avec  ii*M« 
épine  et  en  arrière  avec  la  crête  verticale  du  sphénoïde. 

I)e  chaque  ciMè  existe  une  gouttière  an téro -posté rieure  étroite  et   pr  - 
fonde  :  c'est  la  voûte  des  fosses  tMsales,  formée  en  avant  et  en  haut  f»ar 
gouttière  qu'on  remarque  à  droite  et  à  gauche  de  l'épine  nasale,  plu»  !•  < 
par  la  lame  criblée  de  l'ettimoïde,  et  en  arrière  par  la  foce  antérieure  /. 
corps  du  sphénoïde;  sur  celte  dernière  portion,  on  aperçoit  rortfiie  d— 
sinuH  $:phénoïdaux,  qui  répond  A  la  partie  la  plus  élevée  des  gouttières  v\' - 
moîdales. 

Kn  dehors  de  ces  gouttières  se  trouvent  les  masses  latérales  de  Tethm**!' 
qui  s'articulent  en  arrière  a>ec  le  corps  du  sphénoïde. 

Sur  les  parties  latérales  de  l'ethmoïde  sont  deux  excavations  profonde»,  «i-* 
forme  pyramidale  et  quadrangulaire,  qui  représentent  la  plus  grande  pa" 


DU  CRANE  EN  OÉNKRAL.  17i 

des  cavités  orbit&ires  cl  que  nous  étudierons  après  avoir  pris  connaissance 
des  09  de  la  face. 

3»  Faces  latérales.  —  Ces  faces  sont  limitées  :  en  haut,  par  la  ligne  qui 
circonscrii  la  fosse  temporale  ;  en  bas  et  d'arrière  en  avant,  par  le  sommet  de 
lapophyse  roasloïde,  le  bord  externe  de  la  cavité  glénoïdc,  la  base  de  l'apo- 
physe zygomalique,  une  ligne  horizontale  qui  part  de  l'extrémité  antérieure 
de  cette  base,  et  la  crôte  des  grandes  ailes  du  sphénoïde  qui  fait  suite  à 
la  ligne  précédente.  En  arrière,  elles  sont  bornées  par  l'empreinte  demi-cir- 
culaire de  la  portion  mastoïdienne  du  temporal  ;  en  avant,  par  l'apophyse 
orbitaire  externe  du  frontal,  et  un  bord  dentelé  qui  les  sépare  de  la  portion 
orbito-ethmoïdale  de  la  face  inférieure. 

Ainsi  délimitées,  les  faces  latérales  se  divisent  en  deux  portions  très-dis- 
tinctes :  l'une  qui  répond  au  pavillon  de  l'oreille,  portion  auriculaire; 
l'autre,  beaucoup  plus  étendue,  qui  constitue  la  fosse  temporale. 

La  portion  auriculaire,  comprise  entre  l'empreinte  demi-circulaire  du  lem- 


Téte,  face  latérale. 

1.  Frontal.  —  2.  Pari<?tal.  —  3.  Occipital.  —  4.  Temporal.  —  5.  Grande  aile  du  sphénoïde. 
—6.  Sature  lanibdolde.  —  7.  Suture  fronto-pariétale.  —  8.  Suture  fornicV  par  l'union  du  bord 
inff^iieurdu  pari«^tal  avec  la  portion  écaillcuse  du  temporal.  —  9.  Union  de  l'angle  inférieur  et 
f»«Mcrieur  du  pariétal  avec  le  bord  supérieur  de  la  portion  mastoïdienne  du  temporal. — 10.  Su- 
ture sphéno- pariétale.  —  11.  Suture  sphéno-temporale.  —  12.  Suture  sphéno-frontale.  —  13, 
13.  ligne  fourbe  limitant  la  fosse  temporale. — ij.  Os  malaire. — 15.  Union  de  l'angle  supérieur 
•if  rri  os  avec  l'apophyse  orbitaire  externe  du  frontal.  — 16.  Union  de  l'angle  |)ostérieur  du 
iii'-ine  os  avec  le  sommet  de  l'apophyse  zygomatique. — 17.  Union  du  malairc  avec  l'os  maxil- 
Uin»  sapérieur.  — 18.  Os  maxillaire  supérieur.  — 19.  Tfou  sous-orbilaire.  —  20.  Os  du  nez. — 
21.  l'nion  de  ces  os  avec  l'apophyse  montante  des  maxillaires  supérieurs. —  25.  Union  de  ces 
m.-nies  o%  avt-c  l'échancrure  nasale  du  frontal.  —  23.  Gouttière  lacrymale,  au  fond  de  laquelle 
'•Il  muarque  la  suture  foimée  par  l'union  de  l'os  unguis  avec  l'apophyse  montante  du  maxil- 
luM»'  supt'rieur.  —  24.  Bosse  nasale.  —  25.  Os  maxillaire  inférieur.  —  20.  Trou  mentfninier. 
—  27.  Angle  de  la  mâchoire. —  28.  Apophvse  coronoîde. —  29.  Condyle  de  la  niAchoireinfé- 
rW-are.— 30.  Col  du  condyle.  — 31.  Conduit  auditif  externe.  — 32.  Apophyse  stylohle  oblique 
fW  haut  en  bas  et  d'arrière  en  avant.  —  33.  Apophyse  mastolde.  —  3'|.  Union  de  l'oei'ipital 
a^t'c  la  portion  mastoïdienne  du  temporal. 


172  OSTEOLOGIK. 

poral  et  la  branche  horiionlale  de  rapophjrse  xygomatiquc,  présente  pour 
limite  inférieure  le  sommet  de  l'apophyse  mastoîde  et  le  bord  externe  de  la 
ca\ité  glénoîde,  pour  limite  supérieure  la  suture  temporo-pari étale.  —  Dari< 
cet  espace  irrégulièrement  quadrilatère,  on  remarque  une  surface  unie  et 
légèrement  concave,  à  laquelle  s'attache  le  muscle  auriculaire  postérieur  : 
au-dessous  et  en  avant  de  cette  surface  se  trouve  l'entrée  du  conduit  auditif 
externe,  au-dessus  et  un  peu  en  arrière,  langle  rentrant  supérieur,  par 
lequel  la  circonférence  du  temporal  s'unit  à  l'angle  postérieur  et  inférieur 
du  pariétal. 

La  fosse  temporale  présente  une  figure  ovalaire.  Concave  en  avant,  elî- 
devient  plane  dans  sa  partie  movenne  et  convexe  en  arrière.  —  Son  étendu'f 
et  sa  profondeur  sont  en  raison  directe  du  développement  des  muscles  él^va^ 
tours  de  la  mâchoire  inférieure.  Elle  offre  des  variétés  assez  remar^uablr^ 
chez  l'homme.  Mais  elle  diffère  surtout  beaucoup  chez  les  mammifi^res,  sui- 
vant qu'ils  empruntent  leur  nourriture  au  règne  végétal  ou  au  règne  ani- 
mal. Peu  développée  chez  les  herbivores,  elle  acquiert  chez  les  carnassier» 
d'énormes  dimensions.  Chez  eux  les  deux  fosses  s'avancent,  en  haut  jusque* 
sur  la  ligne  médiane,  et  en  arrière  jusque  sur  l'occipital  ;  mais  comme  iv 
large  emplacement  est  encore  trop  étroit  pour  loger  leurs  puissants  cruta- 
phytes,  une  crôte  antéro-postérieure  s'élève  sur  la  partie  médiane  du  verte\. 
et  en  môme  temps  les  lignes  demi-circulaires  supérieures  de  Toccipital  ?4 
soulèvent  pour  former  une  autre  crôte  transversale.  Ces  deux  crôtes  tomhan: 
perpendiculairement  l'une  sur  l'autre,  circonscrivent  deux  vastes  fosses  qui 
embrassent  presque  tout  le  crâne  et  qui  suffisent  pour  dénoter  au  premier 
aspect  la  nature  des  aliments  dont  l'animal  se  nourrit. 

Chez  l'homme,  la  fosse  temporale  est  constituée  par  cinq  os  disposés  &ur 
deux  rangées  :  la  rangée  supérieure  comprend  le  pariétal  et  le  frontal  ;  la 
rangée  inférieure,  le  temporal,  la  grande  aile  du  sphénoïde  et  l'os  malain*. 
—  Tne  longue  suture  antéro-postérieure  répond  à  l'union  des  deux  rangèt-^. 
Cette  suture  décrit  une  courbe  à  concavité  inférieure  :  elle  se  compose  de 
quatre  sutures  plus  petites,  qui  sont,  d'arrière  en  avant  :  la  suture  temporal- 
pariétale,  la  suture  sphé no-pariétale,  la  suture  sphéno-frontale,  et  enfin  la 
suture  fronto-malaire.  —  A  la  suture  des  deux  rangées,  viennent  se  rallier  : 
i**  une  suture  descendante  résultant  de  l'union  des  deux  os  de  la  rangve 
supérieure,  c'est  la  suture  fronto-pariétale  ;  2°  deux  sutures  ascendantes, 
l'une  postérieure,  l'autre  antérieure,  produites  par  l'union  des  trois  os  de  la 
rangée  inférieure,  ce  sont  les  sutures  sphéno-temporale  et  sphéno-malaire. 

B.  —  Gonformailon  ln<éiiearc  ta  crâne. 

Par  sa  conformation  intérieure,  le  crâne  reproduit  fidèlement  la  forme 
do  l'encéphale  ;  et  comme  celui-ci  est  convexe  et  très-régulier  sapérieare- 
ment,  d'une  extrôme  inégalité  inférieurement,  il  en  résulte  que  la  parti«> 
supérieure  de  la  cavité  crânienne  est  remarquable  aussi  par  la  régularité  dr 
sa  forme  concave,  par  l'aspect  uni  de  sa  surface,  par  la  simplicité  de  ba 
configuration,  et  l'inférieure  par  les  saillies,  les  crôtes,  les  dépressions,  U*^ 
irrégularités  multipliées  quelle  présente.  In  plan  transversal  étenda  dr  la 


DU  CRANE  KN  GÉNÉRAL.  173 

bosse  nasale  à  la  protubérance  occipitale  externe  sépare  ces  deux  parties.  A 
cette  première  coupe,  d'une  absolue  nécessité  pour  l'étude  de  la  conforma- 
lion  intérieure  du  crâne,  il  sera  utile  d'en  joindre  deux  autres  :  Tune  ver- 
ticale et  antéro-postérieure,  qui  partage  la  cavité  en  deux  moitiés  symé- 
triques, l'autre  verticale  et  transversale. 

!•  Parité  supérieure  ou  voûte  du  crâne,  —  Elle  offre  sur  la  ligne  médiane  et 
d'avant  en  arrière,  la  partie  supérieure  de  la  crête  coronale;  et  au-dessus  de 
lelle-ci,  la  gouttière  longitudinale  qui  répond  successivement  au  frontal,  au 
bord  supérieur  des  pariétaux  et  au  tiers  supérieur  de  l'occipital.  Cette  gout- 
tière, étroite  et  triangulaire  à  son  origine,  large  dans  sa  partie  moyenne,  se 
rétrécit  et  se  dévie  quelquefois  de  l'un  ou  de  l'autre  côté  dans  sa  partie  ter- 
minale, qui  se  bifurque  pour  se  continuer  avec  les  gouttières  latérales.  Sur 
sa  partie  moyenne,  on  remarque  la  suture  bi*pariétale,  et  souvent  aussi  les 
Irons  pariétaux.  Elle  répond  au  sinus  longitudinal  supérieur. 

Sur  les  côtés,  on  observe  les  fosses  coronales  ;  au-dessus  de  ces  fosses,  la 
suture  fronto-pariétale ;  plus  loin,  les  fosses  pariétales;  la  suture  lamb- 
doïde  ;  puis  entre  cette  suture  et  la  fin  de  la  gouttière  longitudinale,  les  fosses 
occipitales  supérieures. 

Les  six  fosses  que  présente  la  voûte  du  crâne  sont  creusées  en  partie  aux 
dépens  du  diploé,  et  en  partie  aux  dépens  du  tissu  compacte,  dont  les  deux 
tables  sont  amincies  à  leur  niveau.  Il  suit  de  cette  disposition  que  leur  pro- 
fondeur est  plus  grande  que  la  saillie  des  bosses  correspondantes. 

Les  sutures  qu'on  voit  sur  la  face  concave  de  la  voûte  diffèrent  aussi  beau- 
coup de  celles  qui  répondent  à  sa  face  convexe.  Sur  celle-ci,  les  os  se  pénètrent 
réciproquement;  ils  s'entrelacent  par  leurs  bords;  on  distingue  leurs  dente- 
lures et  les  intervalles  qui  les  séparent.  Sur  la  face  interne,  ces  dentelures 
disparaissent  presque  entièrement  ;  les  bords  ne  sont  pas  entrelacés,  mais 
pIutiM  Juxtaposés  ;  chaque  suture  est  représentée  par  une  ligne  tremblée, 
qui  semble  avoir  été  tracée  avec  la  pointe  d'une  aiguille. 

Sur  la  voûte  du  crâne,  on  observe  en  outre  des  impressions  digitales,  des 
éminences  mamillaires  et  des  sillons  artériels  et  veineux.  Pour  prendre  une 
notion  complète  de  ceux-ci,  il  convient  de  les  étudier  sur  une  tête  qui  a  été 
di\isée  en  deux  moitiés  symétriques  ;  on  voit  alors  qu'ils  ont  pour  commune 
origine  un  sillon  qui  part  du  trou  sphéno-épineux  et  qui  se  divise  presque 
aussitôt  en  deux  branches  très-inégales  ;  la  plus  petite,  située  d'abord  sur  la 
portion  écailleuse  du  temporal,  se  porte  très-obliquement  en  arrière,  pour 
se  ramifier  sur  le  tiers  postérieur  du  pariétal  ;  l'autre,  beaucoup  plus  consi- 
dérable, se  dirige  vers  l'angle  sphénoïdal  de  cet  os  et  se  ramifie  sur  ses 
deux  tiers  antérieurs;  de  cette  seconde  branche,  naissent  un  ou  plusieurs 
rameaux,  qui  se  prolongent  sur  le  frontal,  où  ils  se  ramifient.  —  Ce  sillon, 
ainsi  que  ses  branches,  ses  rameaux  et  toutes  ses  ramifications  logent  l'artère 
méningée  moyenne  et  les  deux  veines  qui  l'accompagnent. 

2*  Partie  inférieure  ou  base  du  crâne.  —  Extrêmement  irrégulière,  elle  se 
dlMse  en  trois  régions  échelonnées  de  haut  en  bas  et  d'avant  en  arrière, 
tliacune  de  ces  régions  se  subdivise  en  trois  fosses,  une  moyenne  et  deux 
latérales. 


ir.8 


osï]X)i.()r.iF. 


l.cllo  far»»  rumprond  <Î(MI\  i)(>r(i<)iis  lrù<-(lilViJronl(^s  :  rmic  qui  est  libii*  ♦•: 
((iii  ri'pinHl  aiiv  ]»arlirs  molles  du  cou,  porlion  cervictifc  ;  l'autro  qui  s'arlintli' 
:\\rv  \d  l'aiM»,  portion  articulaire  ou  faciale.  (Marunc  de  ros  porlioiis  peu!  rti.- 
d(»('oiiq)osé('  ellc-im^mo  on  doux  régions.  I.a  première  se  siii)di\ise  on  reLTi-T! 
|M>slérieure  ou  (UM-ipilah»,  ef  j'éi^ion  anléricnrj*  ou  iruttnrale  ;  la  seconde  en 
rét;ion  s^dn-noïdale  el  ré,;^Mon  orhilo-ellimoïdale. 

l  ne  lij^ne  lrans>ersale  élendue  du  Imrd  nulérieur  de  l'apophyse  ina^tcid- 
d  un  cAlé,  an  l)i>rd  aniérieur  de  l*ap()i)li}se  mastoïde  du  cùlé  opposé,  S'-pii»- 
la  réiridu  occipilale  de  la  région  gutturale»;  une  autre  ligne  étendue  i!m 
iuhercule  de  ra[>oplnse  zygomatifiui'  du  cùlé  droit  au  tubercule  corresiMii- 
dant  du  C(Mé  gauche,  sépare  la  reuion  gutturale  de  la  région  sphénoidal'- : 
une  tridsiéme  ligne  passant  au  de\ant  de  la  base  des  deuv  apophyses  pt^'i)- 
goïdes,  sépare  la  réi^ion  >phénoïdale  de  la  r<'gi(»n  orbito-ethmoiMale. 

a.  Ih'nion  urcipitalf. —  (iouNCxe  et  demi-circulaire.  Klle  présente  :  1"  ^llr 
la  ligne  médiane  :  la  protulu'rance  tucipilale  externe,  la  crête  de  ce  nom. 
et  plu>  bas  le  trou  occipital. 

'J'  Sur  les  eûtes  :  la  ligne  demi-circulaire  >upérieure  de  loccipital  se  cm- 
liuuaul  en  didiors  a\ec  la  ligne  demi-circulaire  de  la  portion  mastoidicmn' 
(lu  ti'mj'oral,  et  formant  ainsi  une  grande  courbe  qui  limiti'  trè^-réguli<'r.'- 
niiMil  en  arrière  la  face  inférieure  du  cr.iiie. 

.Vu-des>ous  de  cette  C(Mirbe  sont  les  empreintes  mustulaires  au\quelll'^ 
>  attachent  le  grand  compiexus,  le  s[denius  de  la  tête  rt  le  jtetit  «ddioiif 
[)oslerieur:  plu>  ba>  la  lign»'  dt'mi-circulaire  inférieure:  et  dan>  1  intcr\alu' 
qui  la  st'part'  du  trou  occipital,  d'autres  euqu'eiiite>  nui>culaires  dcrlin»iî: 
aux  grand  t't  petit  ilroils  [uisterieur>  d«'  la  léte. 

Sur  les  [taities  latérales  du  truu  occipital,  on  remarqu»'  les  cond^li'Siie 
ce  nom  rapprocha  en  a\ant  et  di\ergeut>  en  airière:  la  ligne  trausNer-aK- 
qui  ra-t»  le  boid  antérieur  de>  a|H>]diNse>  ma^t^>ull'^,  pa-se  sur  ces  lond^l^•^ 
il  !i's  croJM»  obliquement  en  >e  rappr«»chaiit  un  {ku  plu>  de  leur  extrémil»' 
anierieurt»  ijue  de  la  pnslerieure. 

Vax  arrière'  d('>  i>>udNle-se  ti-e.ne  la  f-K^e  c-nd^î-udiemie  postérieure,  et 
au  fouil  de  ci'!:e-ci  le  trou  Cte.i.h  l-'idii'U  po^t'-rieur.  d"Ut  1  exi-teut'O  n'est  pa^ 
i.'n>lan'e  :  t^:i  axant  el  en  tbdh'r-  le  trvui  c  tudxle.idie'i  intérieur,  et  !  é\asemeiil 
tli:i  le  preièJ.e,  ou  i'o^^e  C'^u-h '.'>.dieuut»  antérieure.  —  rntrt»  c^'S  «leux  fo--c-. 
o'i  \eiî  luie  -uilai-e  iie'^  ilc  e/ji  i.'p.Mei  à  1  .ipop]i}-e  ji;i:u!aire  et  qui  diniiu' 
aîta^  he  au  droit  lat'O.}!.  —  1  -  e,  i/,.i>  de  lel'e-i  i.  e\i-!e  une  -utiirt'  demi-cir- 
v-ii!a;re  qui  -e  diii^-e  t:\  ':uii;t  <  !  c:\  arriv  rt-.  pour  allei  s-*  cc-nfinuer  a\ec  le^ 
-;:te.re^  '  u\ibdoule  et  temp  '!■  --'a:  î-,"îa!e.  ielU  -'îture  r-t  f.-rnit'e  parluni'»:! 
lie  loiiipiîa:  a\ec  \\  Ui-î'i-''..  m.i-to-idit '.ne  du  terni. .rai:  le  ffou  ma?t"i- 
i\'A'\\  e-î  ««iî;:e  -:.r  >.  n  l'a'tt  ,  •:  iuuui  'i;  ■,:«  m.  :.!  «•".  i:--::  r-.  —  Au  dflà  d«'  la 
-.lîure    eecpiîv^-le'.u:- ^î  l'e.  .  :î   ^•b-e^^e    !,v  r!i:.'::e   -:;«  i-.'i 'ej:!e  «ddiqueinenl 


i!;vui'e,  p':î 


'N-e  m  ;>î.  ;  î^  o\::  \\ 


b.   /."'.;<  «J    ::."•  '  ;'•.  --  rxîrénit  uiev.:  ••.•  ,  '    t!  >v  :':  ■•.M-^ii-e.  e'le(.lVre  li 


anteriei:r  r.ov.i  -io'.^!  de;\  c.*n:i'.:s.  A  v' 


•  '    ,  1  e  T' t  !  »!^^'t«-  e<t  limitf 


DU  CRANE  EN  GÉNÉRAL.  169 

descendant  de  la  branche  horizontale  de  l'apophyse  zygomatique,  et  par 
le  tubercule  de  cette  apophyse,  qui  forment  par  leur  continuité  une  ligne 
courbe  à  concavité  inférieure. 

Sur  sa  partie  médiane,  cette  région  présente  l'apophyse  basilaire  ;  et  en 
ayant  de  celle-ci  la  suture  sphéno-occipitaky  chez  les  individus  dont  l'âge  no 
dépasse  pas  quatorze  ou  quinze  ans.  Chez  ceux  qui  sont  plus  âgés,  la  suture 
est  ordinairement  remplacée  par  une  soudure  des  deux  os. 

De  chaque  côté  de  l'apophyse  basilaire  on  remarque  la  suture  pétro-occi* 
pitaU,  oblique  en  avant  et  en  dedans. 

Très-écartées  en  arrière,  les  deux  sutures  ne  sont  séparées  en  avant  que 
par  le  sommet  tronqué  de  l'apophyse.  Chacune  d'elles  décrit  une  courbe 
dont  la  concavité  regarde  en  avant  et  en  dehors.  —  A  leur  extrémité  externe 
ou  divergente  on  voit  le  trou  déchiré  postérieur,  très-considérable,  et  plus 
grand  en  général  à  droite,  quelquefois  de  dimensions  égales  pour  les  deux 
côtés,  rarement  plus  grand  à  gauche.  Une  languette  osseuse  tend  à  le  diviser 
en  deux  parties  :  l'une  postérieure,  beaucoup  plus  importante,  qui  loge  le 
gi*lfe  de  la  veine  jugulaire  ;  l'autre  antérieure,  très-petite  et  triangulaire, 
qui  donne  passage  aux  nerfs  pneumogastrique,  glosso-pharyngieu  et  spi- 
nal. —  A  l'extrémité  opposée  ou  convergente  on  observe  le  trou  déchiré 
antérieur,  plus  petit  que  le  précédent,  irrégulièrement  triangulaire,  borné 
v*n  dedans  par  l'apophyse  basilaire ,  en  dehors  par  le  sommet  du  rocher, 
ffl  avant  par  le  sphénoïde.  Ce  trou,  fi  l'étal  frais,  est  comblé  par  du  tissu 
fibreux. 

En  avant  el  en  dehors  de  la  suture  pétro-occipilalo  se  trouve  la  face  infé- 
rieure du  rocher,  sur  laquelle  on  aperçoit  :  1*  immédiatement  en  dehors  du 
trou  déchiré  postérieur,  l'orifice  inférieur  de  l'aqueduc  de  Fallope,  l'apo- 
physe styloîde  et  son  apophyse  vaginale  ;  2*  en  avant  de  la  partie  la  plus 
étroite  de  ce  trou,  l'orifice  inférieur  du  canal  carotidien,  et  en  dedans  de 
a*lui-ci  une  surface  inégale  qui  donne  attache  ù  des  parties  fibreuses.  —  Sur 
uaplan  antérieur  à  toutes  les  parties  qui  précèdent,  existe  la  cavité  glénoïde, 
creusée  en  partie  sur  la  ace  inférieure  du  rocher,  en  partie  sur  la  portion 
^railleuse  du  temporal.  De  ces  deux  parties,  la  postérieure  forme  la  paroi 
inférieure  du  conduit  auditif  externe  ;  nous  avons  vu  qu'elle  a  pour  origine 
un  point  osseux  particulier  et  qu'elle  est  perforée  dans  les  premières  années 
qui  suivent  la  naissance;  en  se  prolongeant  en  bas,  cette  lame  ou  portion 
ttmpanale  du  temporal  constitue  une  sorte  de  crête  dont  l'apophyse  vaginale 
est  une  dépendance.  La  partie  antérieure  de  la  cavité,  seule  articulaire,  reçoit 
le  condyle  de  la  mâchoire  inférieure  ;  elle  est  séparée  de  la  précédente  par 
la  Ti^lure  de  Glaser. 

Au  devant  de  la  cavité  glénoïde  se  trouve  la  racine  transversale  de  l'apo- 
physe zygomatique;  et,  en  dedans  de  celle-ci,  l'angle  rentrant  inférieur  du 
It'aiporal,  articulé  avec  l'angle  inférieur  et  postérieur  des  grandes  ailes  du 
sphénoïde. — Le  côté  externe  de  l'angle  rentrant  forme,  en  s'unissant  au  côté 
externe  de  l'angle  saillant,  le  commencement  de  la  suture  sphéno-tempo- 
rale.—  Les  deux  côtés  internes,  simplement  juxtaposés  et  quelquefois  séparés 
par  an  très-petit  intervalle,  forment  une  gouttière  qui  donne  attache  à  la  por- 
lion  cartilagineuse  de  la  trompe  d'Eustache  et  qui  se  continue  en  dehors 


170  t>^il  ni  oeil 

avec  la  pnrlion  o^smiso  do  ce  coïKiiiil.  —  An  r^oinmcl  «les  (î«'ii\  angles,  nn  ^.•  ' 
r('|»iii('  (lu  spliriioïdc»,  cl  <\u'  la  ija^c  «î  '  rclli'-ri,  le  Iimii  >j'li»'Min-é[niH';j\. 

c.  Hèijlun  sphénuïdalt'.  —  (Xlc  hnisiônic  iM'uiini  l'.-t  limiU'c  :  en  arrière,  )i-ii 
la  li.Lrn»'  tran^Ncrsalc  ([ui  passe  sur  la  suliire  s|)li('n'»HM-(ij)il;ile  ;  en  avant,  i»;ti 
une  aulre  ligue  Irausversale  heau(i)U[)  plus  enuile,  <|ui  passi'  sur  le  hn  lii. 
s|)hênoï(le  ;  à  (Iroile  el  à  ,Lr(ni<*he,  j>ai'  lac  nMr  (\c>  laers  l.ilérales<h'  erl  os,irètt> 
qui  s'étendent  d'a\ant  en  ariière  sur  la  ](or(i«»n  éeailleuse  di-s  1einp"ra;i\ 
jusqu'à  la  racine  dc^  a])'>ji]iys!'s  z),uonia(iques,  eu  ^"(''eartanl  l'une  de  1  autrr'. 
Ainsi  eirenuserile,  elle  pii-seule  l;i  li,mire  d'un  trapèze,  et  se  IroUNO  e'>n?ti- 
luéeen  totalilé  [»ar  la  l'aee  iulerieui'e  du  sphi''noïd(\ 

Ou  obserxe  sur  si  pai'li.'  uié<iiane  la  giauile  eelianerure  quadrilatère  qui 
répond  à  rouverlure  poslerieiin»  des  forscs  nasales,  ef  sur  la  parui  su^' - 
rienre  de  cette  écliancrunî  la  crèle  dr  la  J'ace  iiilfrieure  du  splienoulf. 
dont  la  parlie  aniérieurt'  o!]  !<•  Ix'c  s  aiiinili*  a\ec  la  lame  i)er[)endiculaiii 
de  relliUKuïIe.  —  A  druile  et  à  L^auchr  de  la  cr«'le  <[>lièMH>ïdale  se  trome  li 
goultièr»' qui  reciiil  le  bord  C'MMcspoudaul  de  la  hase*  du  \oiner:  [)Iii-  r'. 
d(dinrs,  la  i^outtière  ([ui  couliabue  à  loiMuer  le  coiiduil  }>lér\\Lro-p.'ilaiin  :  il 
an  d(dà.  de  celle-ci  rai)op!iyse  plcrN^oïde. —  An-de.-.^u^  ef  au  devant  de  leth' 
ap(>[)h\se  on  voit  le  trou  maxillaire  su[)érieur;  un  p^'u  [dus  bas  rt  pln>rL' 
dedans,  l'oiilice  antérieur  du  couilui!  Niilicn;  au-dessus  et  en  ari'ière  riaiii't* 
[Kistérieur  de  <-e  ciniduit  :  id  plus  en  diduns  le  trou  maxillaire  inCrrieur. — S;i: 
le  cnfc  externe  decet((»  méine  a]top1iNse,  ou  icmarijue  une  surface  irreiiiiiiie- 
renieut  quadrilatère,  qui  est  (orméc  pai'  la  })arlie  intV'rieuie  di's  faces  lalcial-'> 
du  sjdu'Unïde,  et  accosiurenient  i)ar  un<'  ])etile  surface  triaui^'ulaire  dép«i:- 
dante  de  la  [)orlinn  éeailleuse  du  lem[M>ral.  Cette  surface  quadrilalè:.'  r<l 
traNer>(''e  d'arrière  en  a\aul  par  la  suture  sjdn'uo-lemporalr. 

{\,  Hi'ijiou  orfiilo-i'tlmuiidaU',  —  (Irllc  dernière  réirinu  revêt  la  lii:ure  d  ii:i 
lrianL';le,  dont  la  base,  touruei'  eu  axaid,  est  rei>résentée  par  1  écliancriut" 
nasjde  el  les  arcades  oibilaires,  et  dont  le  sommet  ti'onqué  répouil  à  la  lii'ii. 
tiansNcrsale  (jui  [lasse  sur  le  b.T  du  >pliéu<>ïde.  Ses  limites  lalè-ralrs  ^mi! 
constituées  i)ar  deux  bords  dentcdés  qui  se  diriireut  obliquement  des  apo- 
physes oibilaires  exIeriH'S  m'v<.  les  apopbxses  pléryL:oi<les. 

Illle  uifre  sur  la  li.^ne  mi-tliaue  I  é[)in(»  nasale  aritérieure  et  supérieure,  c! 
la  lam(»  perpendiculaire  de»  Tethmoïde,  qui  s  ai'ti«iile  en  axant  avec  lelh' 
é[une  et  en  arrière  axcc  la  cnMe  xerlicale  du  spliéu  'ïde. 

he  (  baque  cTilc  rxisîc  inic  irniillièic'  anPu'o-posli'i'ir'ure  •''Indte  et  piM- 
fnnde  :  {-'vA  la  voûte  ilos  (ussis  imsalcs,  Ioiiikh'  eu  axant  el  en  haut  par  li 
•,'oullière  (|u'o:i  rei.iarque  à  «îroile  el  à  Lraiielie  d»-  IVqdne  nasab",  plus  l«'iii 
par  la  lame  criblée  «le  lellnnoide,  v[  eu  airière  par  la  face  antérieure  d'. 
«•orps  du  sphénoïde;  sur  «-elle  deinièie  pfirlidn,  ou  a[)ercoit  rorltice  de:- 
sinus  spb.'-unïdaiiv,  qui  ie[H>iid  à  bipartie  la  plu^ele\é<'  des  gouttières  cM'- 
moïdalcs. 

Và\  dtdinrs  de  ces  goul tièie^,  se  IrouvenI  le>  ma-ses  latérales  de  l'ethmeide 
qui  sarticulent  eu  arrière  avec  le  corps  ilu  s[)li(''uoïde. 

Sur  les  j)arlies  lal(''rales  de  lellmioïde  sont  <leu\  excavations  profondes,  «if- 
forme  pyramirlale  et  quadrauirulaiie,  (fui  reprè'seulent  la  plus  grande  paiti-' 


DU  CRANE  EN  GÉNÉRAL.  177 

séparés  par  un  intervalle  qui-  est  en  général  plus  grand  en  dehors  qu'en 
dedans;  c'est  par  cet  orifice  que  l'artère  carotide  interne  pénètre  dans  le 
sinus  cayemeux. 

En  dehors  de  l'orifice  interne  du  canal  carotidien^  se  trouve  le  trou  ovale 
ou  maxillaire  inférieur;  et  en  dehors  de  celui-ci,  le  trou  petit  rond  ou 
sphéno-épineux,  duquel  part  un  sillon  qui  se  divise  presque  aussitôt  en  deux 
branches,  l'une  postérieure  et  l'autre  antérieure  beaucoup  plus  large.  —  De 
la  partie  antérieure  du  trou  sphéno-épineux,  on  voit  aussi  naître  une  suture 
qui  se  dirige  en  dehors,  en  décrivant  une  courbe  à  concavité  postérieure  : 
c'est  la  suture  sphéno-temporale.  —  En  arrière  du  trou  sphéno-épineux  et 
du  trou  ovale,  on  observe  la  suture  pétro-sphénoîdale  ;  à  l'extrémité  externe 
de  celle-ci,  l'hiatus  de  Fallope  et  la  gouttière  qui  le  précède  ;  en  arrière,  une 
dépression  qui  répond  au  ganglion  de  Casser. 

c.  Bégian  postérieure.—  Beaucoup  plus  considérable  que  l'antérieure  et  la 
moyenne,  cette  région  est  formée  :  sur  la  ligne  médiane,  par  l'occipital;  sur 
les  c6tés  et  en  avant,  par  la  portion  mastoïdienne  des  temporaux  et  la  face 
postérieure  de  leur  portion  pierreuse.  Elle  a  pour  limite  antérieure  la  lame 
quadrilatère  du  sphénoïde  et  le  bord  supérieur  des  rochers,  pour  limite  pos- 
térieure la  protubérance  occipitale  interne  et  la  partie  horizontale  des  gout- 
tières latérales. 

La  fosse  postérieure  et  moyenne  est  infundibuliforme.  Elle  présente  de 
haut  en  bas  :  la  face  postérieure  de  la  lame  quadrilatère  du  sphénoïde;  la 
suture  sphéno-occipitale  chez  l'enfant,  et,  après  la  puberté,  une  soudure, 
dont  les  derniers  vestiges  disparaissent  de  vingt  à  vingt-cinq  ans.  —  Plus  bas 
K  trouve  la  gouttière  basilaire,  oblique  de  haut  en  bas  et  d'avant  en  arrière, 
étroite  et  presque  plane  supérieurement,  plus  large  et  plus  profonde  infé- 
rieurement  ;  cette  gouttière  supporte  la  protubérance  annulaire  et  l'extré- 
mité supérieure  du  bulbe  rachidien.  Sur  chacune  de  ses  parties  latérales,  on 
u>i(  une  très-petite  gouttière  qui  répond  à  la  suture  pétro-occipitale,  et  qui 
loge  le  sinus  pétreux  inférieur  ;  plus  bas,  une  saillie  osseuse  ;  au-dessous  de 
«cite  saillie,  l'orifice  interne  du  trou  condyloîdien  antérieur  ;  et  sur  un  plan 
t>lus  inférieur,  le  trou  occipital,  qui  représente  la  partie  la  plus  déclive  de  la 
base  du  crAne. 

Les  fosses  postérieures  et  latérales,  essentiellement  constituées  par  la  por- 
(iou  cérébelleuse  de  l'occipital,  sont  séparées  l'une  de  l'autre  par  le  trou 
occipital,  la  crête  occipitale  interne  et  la  protubérance  du  même  nom. 
KJles  offrent  d'avant  en  arrière  :  le  conduit  auditif  interne,  situé  à  15  ou 
iS  millimètres  du  sommet  du  rocher;  en  arrière  de  c«lui-ci,  l'orifice  externe 
de  l'aqueduc  du  vestibule  ;  et,  plus  en  dehors,  la  partie  descendante  ou  anté- 
rieure des  gouttières  latérales.  Cette  partie  descendante  est  formée  elle- 
mt^me  de  deux  parties  :  l'une  externe,  en  général  très-large,  qui  répond  à  la 
portion  mastoïdienne  du  temporal,  et  qui  reçoit  ordinairement  dans  son 
trsget  le  trou  mastoïdien;  l'autre  interne,  horizontale  et  transversale,  située 
ïur  l'occipital,  en  arrière  de  l'apophyse  Jugulaire.  —  Au  devant  de  cette 
(>ar1ie  interne  ou  terminale  des  gouttières  latérales,  on  remarque  le  trou 
drchiré  postérieur,  allongé  d'arrière  en  avant  et  de  dehors  en  dedans,  plus 
I.  12 


172  osTi:oi.()G!r.. 

]M)ral  ef  la  lnvinrlit-  horizontale  i\o  l  apophyse  zygomaliquo,  présciih'  pour 
llinile  inrérieure  le  somnuît  (]c,  l'apophyri;  inastoïrlo  et  le  bord  oxtoriie  tlf  la 
(•a\i(é  gh'nonle,  pour  liinih'  >npéri('iir('  la  suture  teinporo-parii''tale.  — hiii- 
eel  espace  irré^nilièrenient  quadrilatère,  on  remarque  une  surfaeo  unir  tt 
légèrement  concaNe,  à  laquelle  s'idtaehe  1(*  muselé  aurieulaire  po>léri«'Ui-: 
aU'd(»ssous  et  en  a\ant  de  cette  surface  se  trouve  l'entrée  du  conduit  amiili:" 
externe,  au-dessus  et  un  peu  en  arrière,  l'angle  rentrant  supérieur,  pu 
lequel  la  circonférence  du  temporal  b'uiiit  à  l'angle  postérieur  et  infériou: 
du  pariétal. 

I.a  fassf  tPinpordh  présente  une  tigure  ovalaire.  Concave  eu  avant,  ellf 
de^ient  [dane  «lans  sa  [>artie  moyenne  et  couveve  en  arrière.  —  Sou  étenilii'' 
et  sa  [)r()fondeur  sont  en  raison  dii'ecledu  dév(doppement  des  muscles  élf'\i- 
t<MU's  de  la  mudinire  inférieure.  Klle  (dVre  des  \ariétés  assez  remarquahl»^^ 
chez  l'homme.  Mais  elle  dill'ère  surtout  beaucoup  chez  les  mammifères,  Cli- 
vant ([Il  ils  empruntent  leur  nourriture  au  règne  végétal  ou  au  règne  ani- 
mal. Peu  dé\(do[>pée  chez  les  herbivores,  (die  acquiert  chez  les  caruassiir> 
d'énormes  dimensions.  Chez  eux  les  deux  fosses  s  aNancent,  en  liaul  jusque 
sur  la  ligne  uiédiane,  et  en  arrière  Jusque  i-ur  l'occipital;  mais  comme  ri- 
huge  emfdacement  est  encnre  trop  étroit  pour  loger  leurs  puissants  (  n^li- 
phytes,  une  eréte  antéro-[Ktstérieure  s"élè\e  sur  la  i>artie  médiane  du  vert<'\. 
et  en  uiéme  tem[>s  les  lignes  demi-cimilaires  supérieures  de  r()cci[)ital  ^t■ 
souIèM'ut  pour  former  une  autre  crête  transversale.  Ces  deux  crêtes  tomhaii! 
perpendiculairement  1  une  sur  l'autre,  circonscrixeut  deux  vastes  fosses  qui 
embrassent  presque  t(nit  le  cràiie  et  qui  suftisent  pour  dénoter  au  premier 
aspect  la  nature  des  alimenls  dont  l'aniiual  se  nourrit. 

Chi'z  l  homme,  la  fosse  temporale  est  constituée  [)ar  cinq  os  disposés  sur 
deux  raTigées  :  la  rangée  supérieure  comprend  le  pariétal  et  le  frontal  :  U 
rangée  inférieure,  le  temporal,  la  grande  aile  du  sphénoïde  et  Tos  malairc 
—  lue  longue  suture  antéro-i>ostérieuro  répond  à  l'union  des  deux  raui:«'C>. 
tj'tte  suture  décrit  un(^  courbe  à  conca^ilé  inférieure  :  elle  se  compose  di* 
quatre  sutures  plus  petites,  qui  sont,  d'arrière  en  avant  :  la  suture  tcmpor»- 
pariétah',  la  suture  sphéuo-pariétjde,  la  suture  sjdiéno-froutale,  et  enfin  In 
suture  fronto-malaire.  —  A  hi  suture  des  deux  rangées,  \ieuTu^nt  se  rallier: 
1"  une  sutiu'e  descendante  résultant  cle  l'union  des  deux  os  de  la  raug»'i' 
suiM''rieure,  c'est  la  suture  fronto-pariétale  ;  2"  deux  sutures  ascendantes 
l'une  [)i»stérieure,  l'autre  antérieure,  produites  par  l'union  des  trois  os  de  la 
rangée  inférieure,  ce  sont  les  sutures  s[dîéno-temp<u'ale  et  sphéuo-malairc. 

E.  —  Cou  for  mal  ion  liHOrleiire  du   crûne. 

Par  sa  conformation  intérieure,  le  crâne  reproduit  lidèlomonl  la  foriiu' 
de  rencéphale;  et  comme  celui-ci  est  convexe  et  très-régulier  supérieure- 
ment, d'iuu'  extrême  inégalité  intérieurement,  il  en  résulte  qiu^  la  partir 
supérieure  de  la  cavité  crânienne  est  remarquable  aussi  par  la  régularitc  «le 
sa  forme  concaxt?,  par  l'aspect  uni  de  sa  surface,  par  la  simplicité  de  sa 
i'onfiguration,  et  l'inférieure  par  les  saillies,  les  crêtes,  les  dépressions,  It'^ 
irrégularités  multi[diées  qu'tdle  présente.  In  [dan  transversal  éteudu  de  la 


DU  CRANE  EN  GÉNÉRAL.  179 

verrez  d*un  côté  une  configuration  en  harmonie  avec  celle  des  hémisphères 
rérébraux,  de  l'autre  une  surface  lisse  et  unie  sur  laquelle  il  n'existe  aucune 
tiace  de  cette  configuration;  partout  les  circonvolutions  et  les  anfractuo- 
àités  du  cerveau  s'impriment  sur  les  parois  de  la  cavité  ;  nulle  part  elles  ne 
iC  dessinent  à  l'extérieur. 

Bien  que  le  crâne  laisse  entrevoir  la  forme  générale  de  l'encéphale,  il 
n'exprime  donc  aucun  des  détails  qu'on-  remarque  sur  sa  périphérie.  En 
présence  de  ce  fait,  qui  n'a  pas  suffisamment  fixé  l'attention  des  anatomistes, 
la  doctrine  de  Gall,  considérée  dans  ses  applications,  reste  frappée  de  nullité. 
La  crânioscopie  n'a  pour  base  qu'une  erreur  anatomique  ;  car  elle  suppose 
que  la  table  externe  se  moule  sur  Vinteme,  comme  celle-ci  se  moule  sur  le 
(prveau ;  or  nous  avons  vu  que  la  première  ne  se  moule  pas  sur  la  seconde, 
i*t  qu'elle  se  comporte  à  son  égard  comme  une  cire  molle  qu'on  verserait  sur 
une  surface  inégale  et  qui  en  remplirait  toutes  les  parties  creuses. 

Les  canaux  veineux  du  crâne  présentent  de  si  grandes  différences  indivi- 
duelles qu'il  est  difficile  d'en  donner  une  description  générale.  Situés  presque 
tous  sur  la  voûte,  ils  peuvent  être  divisés  en  frontaux,  pariétaux  et  occipi- 
taux.—Ceux  qui  ont  pour  siège  le  frontal,  se  dirigent  de  haut  en  bas  vers  les 
arcades  orbitaires.  —  Ceux  qui  appartiennent  à  l'occipital,  peu  développés 
aussi,  se  portent  de  bas  en  haut  vers  la  suture  lambdoïde,  sur  les  bords 
de  laquelle  ils  conmiuniquent  avec  les  veines  périostiques.  —  Ceux  des 
j pariétaux,  plus  considérables,  plus  longs  et  plus  sinueux  que  les  précé- 
I lents,  convergent  ordinairement  vers  deux  troncs  principaux,  Tun  pos- 
:  «•rieur.  Vautre  antérieur  plus  ou  moins  parallèle  à  l'artère  et  aux  veines 
[Xiéningées  moyennes  ;  tous  deux  cheminent  de  haut  en  bas.  Ils  présentent  à 
I  «.oir  origine,  sur  les  côtés  de  la  suture  bi-pariétale,  des  communications 
x^s-nombreQses  avec  les  veines  périostiques  ;  fréquemment  le  trou  pariétal 
3^t  traversé  pas  une  veine  qui  se  continue  avec  ces  sinus.  Inférieurement, 
.antérieur  se  termine  dans  les  veines  méningées  moyennes,  le  postérieur 
:  £iiis  les  sinus  latéraux  ou  Tune  des  veines  occipitales* 

Chez  l'adulte,  les  canaux  frontaux,  pariétaux  et  occipitaux  restent  indépen- 
xiLots.  Dans  la  vieillesse,  ils  se  prolongent  à  travers  les  soudures  des  os  de  la 
•  »ûte,  et  on  les  voit  alors  s'anastomoser,  en  sorte  qu'ils  finissent  par  ne  for- 
ra^T  qu'un  seul  système. 

Kn  même  temps  que  ces  canaux  se  prolongent  au  travers  des  sutures  pour 
m  trer  en  communication,  ils  s'élargissent  et  deviennent  de  plus  en  plus 
B  ^inifestes.  Leur  calibre,  très-minime  chez  l'enfant  et  souvent  aussi  chez 
,  a  4liille,  est  donc  en  raison  directe  de  l'âge.  Il  existe  toutefois  à  cet  égard  de 
,--s-grandes  variétés  selon  les  individus:  chez  quelques'-iins,  jusque  dans 
•-  ^c  le  plus  avancé,  les  canaux  conservent  un  médiocre  calibre;  chez 
^A  litres,  ils  arrivent  à  des  dimensions  relativement  énormes* 
^  Jiez  le  vieillard  et  souvent  aussi  chez  l'adulte,  il  n'est  pas  rare  d'observer 
,,  ^-  la  dare-mère  de  petites  tumeurs  variqueuses  qui  détruisent  la  table 
,  t  «me,  ainsi  que  le  diploé,  et  qui  entrent  en  relation  avec  les  canaux  vei- 
.  «.ix.  Quelquefois  ces  tumeurs  se  multiplient;  les  parois  du  crftne  sont  " 
.  £  lilées  de  fossettes  irrégulières  et  taillées  à  pic  pour  la  plupart. 


17'l  n>r|.()|.n(,|i: 

.•i.  lirjiuii  (i!ih  i  icmc—  \A\r  {>[  Uwiïn'v  i  >[w  \i\  iiuiu'  inciliaiH".  jmî  I*  i.n..' 
tiililri'  (lo  ri'llmiMulc;  xm  les  ((.(.•>,  p.ii-  la  {),irlio  lioii/oiilalo  du  riont-il:  .  u 
anirrc,  iiai*  Ic^  j).•(iU'^  ai]('>  du  >i»lir'!hiiil('.  (.iicf.ii.-c  rih'  aiilc'iit'iir.'inriil  j» .: 
la  i»;irlio  vcriir.il.'  du  ciTond.  clh'  a  pour  liinilc  pn-lri  ioiirc  la  g<»iilli<  rc 
<i|Hi([iio  cl  11'  l)(»rd  |>  >-l('i'icin-  d-.'.-  ai»(i[diy>('s  d  liiL'ra^s'as. 

I.a  Im'.m'  aiilt'ricit!  c  cl  m.tu'iiuc,  aju^dcc  aussi  fosse  fllniiualulc,  est  ctii'i!!'. 
.dlonLTi'c  d  a\ard  en  «irricrc.  Idic  picsciiîc  à  son  cxlrcmitc  aiilrricuic  u\u 
fcliaiicniic  .iiiLnilaii'c.  cf,  .iii  IVuid  dr  (•••Ile  ccliancriirc,  le  (mu  ])orjuc  l'.i 
('•|>iiicu\.  —  Au-dc^>ii-  i\i'  ce  lidu  (ui  \nil  la  civie  cornuale  ;  au-des-nuis  et  en 
.iirière,  ra[>'»|diy-e  eri-la-;jalli,  qui  |»arl;i,L'e  la  lo-se  clluiinid-ile  en  d.Mi\ 
niiMlies.  Sui"  (  liacuhi'  de  i  o  nudli»  ^.  on  reniaKiue  :  1  '  en  a\an(  cl  vu  ded.jii-. 
la  lenle  (jui  donne  i»,is<.ii:e  au  tiliM  elhnioïdal  du  rameau  nasal  de  la  l>iainli'" 
(>ldillialniiqne  de  N\  illis  :  lî  '  l»'s  Irons  de  la  lame  criMee  :  o  en  d^'h-.i- d, 
ceu\-(i,    la  suluie   fronln-ellimoKhile  :   .'i*^  sur   la  parlie  moyenne   de   et  11 


Kl:;,    .y- 


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Il.lr.  N.  I.il::i-v,ilil  -iM.lu.  i;.  iii.Mll  ,i  a\,i;i!  -  il  ..lihir.  —  .S.  I',>i;ir  lil-V.li'.f  .!.•  la  \u<'  \\w  -•■lit- 
''-'"'.  '■ivi;>,  .   s, IV  l,.  1„,,,1   n,î,  I  ,u-  .!,  >  ,|.  ;;\  i'.,i  i.  \m\\.  _   -, ,  >,^  j,.^,,,,.  j'„,>,i,.,i,.uiv  ou  ,..  ,  ,,,,1  ù.  . 

N.'  .lr\i.|..;[    i..;     |m  u   ,1  il    .  ^  ■!  ■'    .'ll-lî     —:>.."..>,:  I   .>  -     >'' 'M. 'l  m1  !,!.,'..    —   C. .    C».    Sll  I  a  1 -•-.._■  1 1 1.:  i-.  ■', 
!"    IMII.   l.;l.'    —  -.    -      <.Mi:-      l.r!l..l..;.i,     —S.    S.    (tl.Il..     lllî,-;,,-    .|.  v   ;;    ,;,.    |  .il'  /lalA    —  «).   M.    >;i- 

!"•'  'M'i    ^"  "'    •■'■   i  -^^--     ..;..,:;:.  I   1    !.  :,   m    .i^  v   i.,:.i,  •„:.\    ,,    .;,.,  ,,,..mv  ,1..    „  ,  ,..,...,,:,> 

I"i::.  :i"  -  1  r^^r!..Ma'-'  vi,M.  ,;^>  .-•>,  IV.i.J  .,  .1.  t  ,,  .1  -7..1.  !..  f—^  lat/:.,!.-  aat '- 
nrmr  .1..  h  :,,-..  le.îalr  M,..>r::a.-  -  .;  1.-»..  .;i„.  ,:,.i.  ..i.  a.  ,!ia>u-  aat.a  iniiv.  —  i.  T,  nu 
'""■""•'•  ^il^i--.'!"''  lai-.a'l.v-  .1.^:,  .. .'::,!  :..  .,:•,■  .-,a„.:,.  —  :..  Ti,.;;.  .!,•  la  lanu  .iii.l-. 
<•    (.-'iMli.  IV  ,.).iv;  .      —  :      l!'  i  ^  "i'ii.ir    ^   •  :-;,  .   .i;a  a.     \    .  M',  !,.  t,  .   ,!..    <•■  !!,■    -..uîthav    — 

^.  \ii.r»:^^'-'- - -^''i' ■■'""•■  -"  'i  -  •  ^'  ' '^'i!  •;  -  .  —  10.  i'-..-.- laMai.- l,p.^vll,l.■.- 
^l  Ka.r  ...:!.■,.  a  .  ^  :.  :  J.  .a:i.,L,  _  IM!  ,1.  ;,,;,,,  ,;,  ,,..a.,,  ..,,i,.,,'„  ,,,f...M 
lai.  1  air  ii,-.N.M  a.  .'^  '  i  "  .^^.'  la.'  J,  p^  ■•  ■,  ,a.  .  —  la  j'.....  ,n.  ,1  .m..-  .  .  i.traj.-  ..„  laiaK.iirv 
-  I  I  «.-lia.  IV  l.,si:,n  .  ,;  l,.a.  p,  i"  1:.  ;...;.  '  .V;  a.'  .a..,.  —  ]  :,.  T,.ai  UiaMlià  e  .■  s,.,..- 
ii.uia   -    In     lira  ov.l,    •■.    a,,XM\a,.    :•,!■.    ..      ^-    \~      \,      .  ^ia  ,  ,  ,       ,,;,u\.  — Iv,   \\  ...-  !,i,  - 

'•'I''  !>-'.:  :'iiiv  -ai  i.a  J.    -^  !■•.  (.    M'  ...s   la,  v:i,.   _  ::,,    c,,,,  ..,..,,.,:.!.   ;-i.,'-   - 

n     IVai  ..,  .-lalal    -'21.  (  .'aluil  .a.a.i  1    ...Uvx.  _  -,,     T.,  a-K,  !ii.    |..,.i,,um 


DU  CRANE  EN  GÉNÉRAL.  181 

plies  et  très-espacé9,  doivent  se  rencontrer  à  une  époque  plus  tardive.  A  la 
ntissaDce,  les  premiers,  contigus  pour  la  plupart  et  déjà  solidement  unis 
entre  eui,  forment  un  plan  résistant;  les  seconds,  qui  se  touchent  en  partie 
seulement,  sont  mobiles  les  uns  sur  les  autres. 

20  Du  crftne  k  la  naissance. 

Chez  l'enfant  naissant,  la  base  du  crftne  n*est  cependant  pas  complètement 
ossifiée.  La  lame  criblée  de  Tethmoîde  et  Tapophyse  qui  la  surmonte  sont 
encore  cartilagineuses;  la  lame  quadrilatère  du  sphénoïde  et  la  partie  posté- 
rieure de  son  corps  le  sont  aussi.  Les  autres  parties  ont  subi  la  transformation 
ofiseuse;  mais  la  plupart  ne  sont  pas  soudées  et  restent  très-distinctes  les 
unes  des  autres. 

Us  os  de  la  voûte,  extrêmement  minces,  représentent  autant  de  lames 
flexibles,  élastiques  et  mobiles,  qui  se  touchent  par  leurs  bords,  et  qui  sont 
encore  séparées  au  niveau  de  leurs  angles.  Une  membrane  iibreuseï  très- 
r^istaute,  les  unit  entre  eux.  Cette  membrane  se  compose  de  trois  couchas  : 
1*  d'une  couche  moyenne  qui  se  continue  avec  la  circonférence  des  os,  et 
qui  est  destinée  à  s'ossiiler  de  proche  en  proche  ;  7?  d'une  couche  externe 
00  périostique;  3*  d'une  couche  interne  dépendante  de  la  dure-mère*  Le  plan 
fibreux  moyen  adhère  de  la  manière  la  plus  intime  aux  deux  autres.  Ainsi 
anociés,  ces  trois  plans  constituent  pour  les  os  de  la  voûte  un  puissant  moyen 
d'union  qui  se  rétrécit  au  niveau  des  bords,  et  qui  s'élargit  au  niveau  des 
angles,  pour  occuper  un  espace  d'autant  plus  grand  que  le  nombre  de  ceux-ci 
est  plus  considérable  :  c'est  à  ces  espaces  membraneux  qu'on  a  donné  le  nom 
de  (mOantUêê, 

Il  existe  six  fontanelles  :  deux  médianes,  deux  latérales  droites  et  deux 
latérales  gauches.  Les  médianes,  de  même  que  les  latérales,  se  distinguent 
en  antérieures  et  postérieures. 

La  fcmiamlk  médiane  anUriêUTB  est  la  plus  étendue.  Elle  répond  A  l'union 
des  pariétaux  avec  les  deux  moitiés  du  firontal.  Sa  figure  est  celle  d'un 
lusange  à  bords  curvilignes  et  rentrants.  Chez  le  nouveau-né,  le  grand  axe 
du  losange,  dirigé  d'avant  en  arrière  et  de  haut  en  bas,  est  de  A  à  5  cen- 
timètres. Le  petit  axe  ou  l'axe  transversal  varie  de  2  1/2  à  A.  Ses  côtés 
supérieurs  sont  représentés  par  les  angles  antérieurs  des  pariétaux,  et  les 
inférieurs,  d'une  longueur  double,  par  le  bord  interne  de  chaque  moitié  du 
frontal.  L'angle  que  forment  les  premiers  est  plus  ou  moins  ouvert,  et  quel- 
quefois obtus.  L'angle  formé  par  les  seconds  est  toujours  très-aigu.— Chacun 
des  os  qui  concourt  à  circonscrire  cette  fontanelle  offre  une  assez  grande 
mobilité.  Les  deux  moitiés  du  frontal  se  meuvent  autour  d'un  axe  qui  se  por- 
terait horixontalement  de  la  ligne  médiane  vers  la  tempe  ;  en  pressant  sur 
leur  extrémité  supérieure,  on  la  porte  en  arrière,  en  dedans  et  en  bas,  en 
Mirte  qu'elles  se  rapprochent  ;  si  l'on  comprime  la  partie  postérieure  du  crftne, 
elles  s'écartent  au  contraire  pour  se  diriger  en  avant,  en  dehors  et  en  haut. 
->  Les  deux  angles  postérieurs,  de  même  que  les  bords  supérieurs  des  parié- 
taux, peuvent  aussi  se  rapprocher  et  s'écarter;  mais  alors  ils  basculent  autour 
d  un  axe  fictif  antéro-postérieur. 


lT<i  n>l|.oI.()'.||.. 

!.(•>  fo-M'.- ijiih'iii'uics  «'I  l.ilnalcs,  jjliis  l.irL:L'>  <|U<'  l.i  pi  «'•cèdcnli',  (îr  ^l.:l,r• 
ll•i,•ml:^lail•(^  soiil  cssi'iilii'llciiU'iit  iViniUMS  jtar  les  Ixii-scs  oi'l)it.'niT- :  rllr- 
IK*  riK'rih'iil  le  noiTi  dt'  fo^r-os  (jiir  parer  qu  o]l('<  ^ont  ^•i^(.•^>ll^l•ritl'^  cil  :i\;iiil 
l'I  (M\  (IcIk.m'.-  par  la  j.ai'lic  \crti«'al('  du  IVonlal.  On  remarque  sur  la  \kv.- 
irrandc  j):irlie  de  leur  (deudiie  des  iiiipressinris  dij/ilales  et  de^  énîiueiie*'r 
In.'Ullillaire^  lIè^-ael•lI^éer  ;  eu  arrièie  de  eelles-ei,  la  suture  r-phôuo-lV oiit.ilr 
lra!is\ei'saleuieul  diriL:<''(' :  el  à  leur  e\lrèuie  liinile,  une  crèle  deini-(ir«u- 
l.iire  eoFistituée,  en  deilan-  par  le  l)')rd  postérieur  des  petiti's  ailes  du  >|'lii  - 
uoide,  en  d(']h)r>  [»ar  rextréuiilé  su[M''rieure  du  l)nrd  interne  des  i:riUi«]<': 
iiiles.  Celle  trèle  s<''fiare  le-  los-es  auti'rieui'es  et  latérales  des  fosses  latérale^ 
et  moyennes.  I"lle  est  icue  dans  la  scissure  de  Syhius,  ^^outtière  anguleiwo 
et  profonde,  (reniée  eulre  le  Icdw  frontal  el  le  lobe  spliénoidal  des  hémi- 
sphères eéiélnanv. 

1).  licifion  nirniviiiif.  —  i;ilr  diiVèi'e  heaneoup  de  la  préecdentt\  Si^s  pailir- 
lah'rales,  Ii(s4ariie>  el  ])rofnii(h''menl  e\<'a\ées ,  constituent  de  véritables 
fosses  :  sa  pailie  niovi'une,  très-n'trecie,  re[)résente  plutôt  une  sorte  de  détn'it, 
cri'usé  enli'e  ces  fosses,  j)c»nr  les  rcdier  lune  à  Taulre. 

Olle  pallie  movenne,  ou  fosse  C("ntrale  de  la  hase  du  crâne,  est  consliliu'e 
par  la  face  sU[n''rienre  du  (  oips  du  spln-noïde.  Klle  ollVe  d"a\ant  en  arrit  rc  : 
la  izoultièrt.'  optique,  la  selle  lurcique  oU  fos>e  pituilaire,  et  la  lame  quadii- 
latèr»'  du  spliénoule.  Soi-  le  boni  supt^rieur  de  cette  lame,  on  voit  à  droilc 
et  à  izau<  he  lapoplnse  eliiioïde  posiérieurt',  et  au-dessons  de  ccdle-ci  une 
échancrnre  j)our  le  passade  <bs  nerlV  de  la  troisième  paire. —  Sur  les  côté-  «K* 
la  fosse  centrale,  on  remarque  les  Irons  optiques,  les  apophyses  clinoido- 
antérienres  et  les  p:onltières  (a\erneuse?. 

la's  fosses  latérales  moyenne- sont  foimées  par  les  grandes  ailes  du  spliénoidc 
en  a\ant,  [hw  la  portion  pierreuse  du  temporal  en  arrière,  parla  portion 
("•eailleuse  du  ttunporid  en  bas  et  en  dehors. — Klles  ont  ponr  liniite  antérieure, 
le  bord  jjosiérieur  des  aj)(q)hysrs  d  Ingrassias  et  la  suture  sphéno-fronlale  : 
l)our  limite  ijostérieure,  le  boid  supéjieur  du  rocher,  creusé  d'une  goujtièic 
({ui  re<;oil  le  siini>  pi'lrenv  supérieur;  i)nur  limite  interne,  la  ijouttière  ca\er- 
neuse,  occujk'c  |>ar  le  sitnis  de  iv  nom  et  lartère  carotide  interne;  jioiir 
limite  evlerne,  la  snlui-e  s{)]iéno- j>ariélale  m  avant,  et  la  -uture  lemp«>r-t- 
pariétale  en  arrière. 

(les  fosses,  desline«>  à  louer  le  lobe  moyen  ou  s[diénoïdal  des  hémis[)hère^ 
Cf'rébrauN,  soûl  iM'couNeihs  <rin]jH«'>sions  digitales  et  d'éminencet»  niainil- 
laires.  Idle-  iu'(''>eulenf  >ur  leur  jiarlie  interne  et  d'avant  en  arrière,  la  fente 
sphénoïdale,  larue  eu  l)as  ci  en  dedans,  étroite  et  comme  eftilée  en  haut  cl 
('n  dehors;  eu  arrière  de  rrlle-c  i,  le  Irou  grand  riuid  on  maxillaire  supérieur 
et  la  gouttière  (pii  le  piécèdc. 

Sur  un  ]dan  plus  l'ccnlé  el  [du>  raiq)i'ocln''  de  la  ligne  médiane,  ou  aper- 
çoit lorz/'cc  interne  cln  canal  anotidieii,  situé  inunédiatemenl  au-dessus  du 
trou  déchiré  anléiieur,  avec  lequel  il  a  été  jusqu'ici  confondu  par  tous  le? 
auteurs.  Sa  partie  autt'-i  ienre  est  constituée  par  une  gouttière  qui  représente 
l'iuigine  de  la  goutîiere  caverneuse;  sa  partie  postérieiu'e  est  formée  par  ufi»' 
autre  goullièrt'  <  reusée  sur  le  sonnuet  du  rocher.  Les  deux  g(Mitlières  ?» 
regardeni  par  h-ur  eoucav  ilc  ;  mais  leurs  bor(N  ne  ne  louchent  pas;  ils  reslcii* 


DU  CRANE  EN  GÉNÉRAL.  183 

l'influence  simultanée  de  ces  deux  causes.  J'ai  observé  souvent  de  semblables 
décollements  sur  les  enfants  mort-nés. 

C  est  aux  dépens  du  blastème  sous-périostique  que  se  forme  la  table  externe 
des  08.  —  La  dure-mère,  remarquable  alors  par  sa  grande  vascularité,  pré- 
side à  la  formation  de  la  table  interne.  C'est  elle  qui  fournit  aux  os  du  crône 
les  principaux  matériaux  de  leur  développement.  Son  adhérence,  cependant, 
n  est  pas  plus  prononcée  que  celle  du  périoste  ;  on  peut  môme  la  décoller 
plus  facilement,  parce  qu'elle  offre  plus  d'épaisseur  et  de  résistance. 

3*  Modifications  que  subit  le  crftne,  de  la  naissance  à  Tàge  adulte. 

Chez  l'enfant,  les  os  du  crfine  coutinuent  à  s'étendre.  Ceux  de  la  base  se 
complètent  successivement  par  la  soudure  de  leurs  divers  points  d'ossiflca- 
tion  qui  sont  tous  fusionnés  à  six  ou  sept  ans.  Ceux  de  la  voûte,  moins  avan- 
cés dans  leur  développement,  marchent  à  la  rencontre  les  uns  des  autres; 
leurs  angles  s'allongent.  Les  dernières  traces  de  la  fontanelle  supérieure  et 
(Mistérieure,  puis  celles  des  deux  fontanelles  latérales  disparaissent  dans  le 
cours  de  la  première  année.  L'antérieure  et  supérieure  disparaît  de  deux  ans 
i  deux  ans  et  demi,  quelquefois  plus  tôt,  rarement  plus  tard. 

Lorsque  tous  les  espaces  membraneux  se  trouvent  comblés,  les  bords  et 
les  angles  des  os  de  la  voûte  commencent  à  s'entrecroiser  par  les  aiguilles 
'ie  leur  circonférence  ;  ils  se  pénètrent  réciproquement.  Parvenus  au  fond 
des  angles  rentrants  qui  les  reçoivent,  les  rayons  osseux  perdent  leur  forme 
régulière  ;  on  voit  naître  de  leurs  parties  latérales  des  dentelures  de  second 
orérv,  extrêmement  variables  dans  leurs  dimensions  et  dans  leur  configura- 
tion. Après  s'être  parallèlement  entrecroisés,  ils  se  pénètrent  sur  les  côtés 
comme  les  deux  roues  d'un  engrenage.  Dans  les  premières  années  qui  suivent 
la  naissance,  les  os  de  la  voûte  unissent,  en  un  mot,  leurs  bords  opposés  par 
^oie  de  simple  pénétration;  à  douze  ou  quinze  ans,  la  pénétration  devient 
'iouble  ;  plus  tard,  on  observe  même,  sur  certains  points,  particulièrement 
au  niveau  de  la  suture  lambdoîde,  une  pénétration  triple. 

Kutre  les  bords  ainsi  unis  par  engrenage,  on  observe  une  couche  fibreuse 
qui  a  été  considérée  à  tort  comme  un  cartilage  ;  elle  représente  les  derniers 
•it-bris  de  la  couche  moyennç  ou  conjonctive  du  crâne.  C'est  aux  dépens  de 
<  l'ite  couche  fibreuse  qu'ils  continuent  à  croître  en  surface.  —  Ils  croissent 
'Il  épaisseur,  aux  dépens  des  couches  successivement  émanées  du  blastème 
^m-^liériostique  et  de  la  face  adhérente  de  la  dure-mère.  Ces  couches,  en  se 
-u[M*rposaQt,  forment  les  tables  externe  et  interne.  La  seconde  se  moule  sur 
lo-i  [mrties  saillantes  et  rentrantes  du  cerveau  :  d'où  les  impressions  digitales, 
'r<  éminences  mamillaires,  les  sillons  vasculaires  qu'elle  nous  offre  à  cet  fige. 

s**  ymlifirations  qui  se  produisent  dans  le  crftne,  de  Tàgc  adulte  h  l'extrême  Tieillesse. 

A  tit>ate-cinq  ou  quarante  ans,  les  os  du  crâne  ont  acquis  leur  épaisseur 
•îitiniti\e.  Mais  ils  continuent  à  croître  en  surface,  et  la  cavité  crânienne 
•  •'titiuue  A  croître  en  capacité,  aussi  longtemps  que  la  couche  fibreuse  inter- 
wiinrale  n'est  pas  épuisée,  c'est-A-diro  jusqu'il  l'époque  où  les  sutures  s'ossi- 


178  OSTEOLOGIE. 

large  en  arrière  qu'en  avant,  et  divisé  par  une  saillie  osseuse  en  deu\  par- 
ties :  la  partie  antérieure,  plus  petite,  est  triangulaire;  la  postérieure,  nh- 
tivement  plus  grande,  se  continue  avec  la  fin  des  gouttières  latérale».  —  Eu 
arrière  de  la  partie  descendante  de  ces  gouttières,  on  voit  les  fosses  onipi- 
talcs  inférieures  sur  lesquelles  reposent  les  hémisphères  cérébelleux. 

F.  —  ÈpmiWÊtmr  éct  pmroH  dn  crâne.  —  Eapport  ût  ms  éeu  lalbict.  —  rii 

vctnenx  dn  dlp loé. 

L'épaisseur  des  parois  du  crâne  varie  pour  les  diverses  parties  de  iv\u 
cavité.  Sur  la  voûte,  elle  est  en  général  de  5  millimètres  ;  sur  les  parties  laté- 
rales, elle  se  réduit  à  3  ou  /ii,  et  sur  certains  points,  à  2,  à  1  et  mc^ine  à  \i: 
demi-millimètre.  ~  Inférieurement,  elle  atteint  1  centimètre  au  niveau  •'.- 
la  bosse  nasale,  12  à  15  millimètres  sur  les  protubérances  occipitales,  l'>  i 
18  sur  l'apophyse  basilaire  et  le  corps  du  sphénoïde,  18  à  20  sur  la  base  d«  ^ 
rochers.  Mais  sur  d'autres  points,  particulièrement  sur  les  bosses  orbitain'>  v' 
sur  les  fosses  occipitales  inférieures,  les  parois  du  crâne  sont  d'une  e\tKiC' 
minceur.  Elle  diffère  donc,  sous  ce  point  de  vue,  non-seulement  pour  l- 
principales  régions  de  la  cavité,  mais  pour  chacune  des  parties  qui  (im- 
posent ces  régions;  et  dans  chaque  partie,  elle  se  modifie  môme  d'un  p"ir' 
à  un  autre.  Les  deux  tables  du  crâne,  en  un  mot,  restent  rarement  paral- 
lèles; en  multipliant  les  coupes  pour  étudier  leur  direction  relative,  on  i  ^ 
voit  incessamment  se  rapprocher  ou  s'éloigner  l'une  de  l'autre.  Pour  ?• 
rendre  compte  de  ce  défaut  de  parallélisme,  et  en  apprécier  les  conséqueno'^. 
il  importe  de  les  considérer  séparément. 

La  table  interne,  appliquée  à  la  surface  de  l'encéphale,  en  suit  tous  ]  * 
contours;  elle  se  soulève  au  niveau  des  parties  saillantes,  plonge  dan^  '<- 
parties  rentrantes,'  se  moule  enfin  sur  tous  les  organes  qu'elle  embra-^ 
aussi  fidèlement  que  pourraient  le  faire  les  diverses  substances  à  l'aide  ci-  - 
quelles  on  prend  des  empreintes.  Si  cette  première  couche  formait  k  f 
seule  tout  le  crâne,  elle  traduirait  asseï  exactement  au  dehors  le  ^olamt* 
la  forme  des  parties  sous-jacentes.  Mais  deux  autres  couches  la  recoud  n .' 
et  toutes  deux  offrent  une  disposition  bien  différente  ;  Tune  et  rautre  s<^::> 
blent  avoir  pour  usage  de  faire  disparaître  ses  inégalités. 

L'a  couche  spongieuse,  ou  le  diploé,  divisée  en  une  multitude  de  partit  if*  - 
remplit  toutes  les  dépressions  qu'elle  rencontre,  et  rétablit  ainsi  le  niu  v 
entre  les  parties  rentrantes  et  saillantes.  La  table  externe,  en  s'étalent  ^  * 
elle,  achève  de  tout  niveler. 

Cette  table,  accessible  à  nos  sens,  ne  correspond  donc  pas  à  la  tabU*  p'  ' 
fonde  ;  elle  ne  se  moule  pas  sur  elle  ;  elle  ne  la  reproduit  pas  ;  elle  la  mft>q 
au  contraire.  C'est  en  vain  que  celle-ci  s'imprime  avec  tant  d'exactitud«*  ^.' 
la  surface  des  hémisphères  ;  de  toutes  les  saillies  qui  la  recouvrent,  ri*;: 
transpire  au  dehors.  Le  diploé  et  la  table  externe,  en  s'étendant  sur  ' 
comme  un  double  voile,  dérobent  à  nos  regards  ses  plus  grandes  cumak  «  > 
moindres  ondulations.  Comparez  la  surface  concave  et  la  surface  con%('\> 
la  voûte  du  crâne,  la  partie  interne  et  la  partie  externe  de  ses  pan»i>  '. 
raies,  la  partie  supérieure  et  la  partie  inférieure  des  voûtes  orbiCaiit>,  %    • 


DU  CRANE  EN  GÉNÉRAL.  179 

verrez  d'un  côté  une  configuration  en  harmonie  avec  celle  des  hémisphères 
rérébraux,  de  l'autre  une  surface  lisse  et  unie  sur  laquelle  il  n'existe  aucune 
tiace  de  cette  configuration  ;  partout  les  circonvolutions  et  les  anfractuo- 
bités  du  cerveau  s'impriment  sur  les  parois  de  la  cavité  ;  nulle  part  elles  ne 
se  dessinent  à  l'extérieur. 

Bien  que  le  crâne  laisse  entrevoir  la  forme  générale  de  l'encéphale,  il 
n  exprime  donc  aucun  des  détails  qu'oa  remarque  sur  sa  périphérie»  En 
présence  de  ce  fait,  qui  n'a  pas  suffisamment  fixé  l'attention  des  anatomistes, 
la  doctrine  de  Gall,  considérée  dans  ses  applications,  reste  frappée  de  nullité. 
La  cranioscopie  n'a  pour  base  qu'une  erreur  anatomique  ;  car  elle  suppose 
que  la  table  externe  se  moule  sur  l'interne,  comme  celle-ci  se  moule  sur  le 
«YTveau;  or  nous  avons  vu  que  la  première  ne  se  moule  pas  sur  la  seconde, 
tit  qu'elle  se  comporte  à  son  égard  conmie  une  cire  molle  qu'on  verserait  sur 
une  surface  inégale  et  qui  en  remplirait  toutes  les  parties  creuses. 

Les  canauj:  veineux  du  crâne  présentent  de  si  grandes  différences  indivi- 
duelles qu'il  est  difficile  d'en  donner  une  description  générale.  Situés  presque 
inus  sur  la  voûte,  ils  peuvent  être  divisés  en  frontaux,  pariétaux  et  occipi- 
lauK.— Ceux  qui  ont  pour  siège  le  frontal,  se  dirigent  de  haut  en  bas  vers  les 
anades  orbitaires.  —  Ceux  qui  appartiennent  à  l'occipital,  peu  développés 
&ussi,  se  portent  de  bas  en  haut  vers  la  suture  lambdoïde,  sur  les  bords 
da  laquelle  ils  communiquent  avec  les  veines  périostiques.  —  Ceux  des 
pariétaux,  plus  considérables,  plus  longs  et  plus  sinueux  que  les  précé- 
dents, convergent  ordinairement  vers  deux  troncs  principaux,  l'un  pos- 
•'«  rieur,  l'autre  antérieur  plus  ou  moins  parallèle  à  l'artère  et  aux  veines 
méningées  moyennes  ;  tous  deux  cheminent  de  haut  en  bas.  Ils  présentent  à 
lt*ur  origine,  sur  les  côtés  de  la  suture  bi-pariétale,  des  communications 
trèfr-nombreuses  avec  les  veines  périostiques  ;  fréquemment  le  trou  pariétal 
vA  traversé  pas  une  veine  qui  se  continue  avec  ces  sinus.  Inférieurement, 
lantéricur  se  termine  dans  les  veines  méningées  moyennes,  le  postérieur 
dans  les  sinus  latéraux  ou  l'une  des  veines  occipitales. 

(Hiez  l'adulte,  les  canaux  frontaux,  pariétaux  et  occipitaux  restent  indépen- 
dants. Dans  la  vieillesse,  ils  se  prolongent  à  travers  les  soudures  des  os  de  la 
w)ûtc,  et  on  les  voit  alors  s'anastomoser,  en  sorte  qu'ils  finissent  par  ne  for- 
mer qu'un  seul  système. 

En  même  temps  que  ces  canaux  se  prolongent  au  travers  des  sutures  pour 
•  ntrer  en  communication,  ils  s'élargissent  et  deviennent  de  plus  en  plus 
manifestes.  Leur  calibre,  très-minime  chez  l'enfant  et  souvent  aussi  chez 
I  adulte,  est  donc  en  raison  directe  de  l'âge.  Il  existe  toutefois  à  cet  égard  de 
:rtVgrandes  variétés  selon  les  individus  :  chez  quelques-uns.  Jusque  dans 
l  àpc  le  plus  avancé,  les  canaux  conservent  un  médiocre  calibre  ;  chez 
d  autres,  ils  arrivent  à  des  dimensions  relativement  énormes* 

t:hez  le  vieillard  et  souvent  aussi  chez  l'adulte,  il  n'est  pas  rare  d'observer 
«ur  la  dure-mère  de  petites  tumeurs  variqueuses  qui  détruisent  la  table 
iiileme,  ainsi  que  le  diploé,  et  qui  entrent  en  relation  avec  les  canaux  vei- 
ri<>a\.  Quelquefois  ces  tumeurs  se  multiplient;  les  parois  du  crâne  sont  alors 
t  riblées  de  fossettes  irrégulières  et  taillées  à  pic  pour  la  plupart. 


180  0STÉ0L06IE. 


6.  —  MvetoppeflWBl  ««  crâM. 

I«e  crâne  est  la  plus  considérable  et  la  plus  importante  de  toutes  les  cà\ï\h 
osseuses;  c'est  celle  aussi  qui,  dans  le  cours  de  son  développement,  présente 
les  modifications  les  plus  grandes.  Nous  étudierons  son  mode  d*évolu(i4>n 
chez  le  fœtus,  le  nouveau-né,  l'adulte  et  le  vieillard. 

!•  Apparition  du  crine  el  modifications  qu'il  subit  pendant  la  durée  de  la  vie  intnnttcnM. 

Dans  la  première  semaine  du  deuxième  mois  de  la  vie  intra-utérine,  U 
crâne  se  présente  sous  la  forme  d'une  vésicule  transparente.  La  moitié  sup»^ 
rieure  de  cette  vésicule  est  constituée  par  du  tissu  conjonctif  à  l'état  naissant, 
contenant  dans  le  réseau  de  ses  fibres  et  dans  les  interstices  de  celles-ci  de 
nombreuses  cellules.  La  moitié  inférieure  est  constituée  par  un  cartilage 
qui  se  moule  sur  la  partie  correspondante  de  l'encéphale  et  qui  se  compoK' 
d'une  seule  pièce  ;  il  est  extrêmement  mince  el  transparent;  lorsqu'on  le  fait 
macérer  dans  l'eau,  il  prend  une  belle  couleur  rouge,  et  se  comporte  sous  k 
rapport  conmie  la  lame  cartilagineuse  qui,  sur  les  diverses  pièces  du  squi- 
lette,  se  trouve  immédiatement  en  contact  avec  les  points  d'osaificati*! . 

—  C'est  aux  dépens  de  ce  cartilage  que  se  formeront  l'ethmoîde,  le  sphénoïde , 
la  moitié  inférieure  des  temporaux  et  les  deux  tiers  inférieurs  de  roccipita!. 

—  La  membrane  conjonctive  donne  naissance  au  frontal,  aux  pariétaux,  à  îi 
portion  écaillcuse  des  temporaux  et  au  tiers  supérieur  de  l'occipital,  en  uj 
mot  à  toute  cette  partie  du  crâne  qui  recouvre,  à  la  manière  d'un  casque,  U 
convexité  du  cerveau. 

Au  quarantième  ou  quarante-cinquième  Jour,  on  voit  naître  les  de/» 
arcades  orbitaires.  Le  point  osseux  qui  correspond  à  chacune  d'elles  s  étend: 
d'une  part,  vers  le  front,  de  l'autre,  vers  l'orbite,  c'cst-Â-dirc  tout  à  la  fois  \er- 
la  voûte  et  vers  la  base.  A  la  fin  du  deuxième  mois,  la  portion  cérébelleux 
de  l'occipital  se  montre  ;  elle  est  suivie  de  près  par  ses  apophyses  articulain? 
et  basilairc,  et  ensuite  par  le  point  qui  doit  constituer  son  tiers  supérieur. 

—  Dans  la  première  moitié  du  troisième  mois,  la  portion  écailleuse  des  tem- 
poraux coomience  à  se  développer  à  droite  et  â  gauche.— Dans  la  seconde,  '• 
pariétal  apparaît  sur  la  voûte,  et  le  sphénoïde  sur  la  base  du  crâne.  L'a^^iS- 
cation  ne  s'étend  donc  pas  de  proche  en  proche  ;  elle  procède  en  quelque  $«>r 
par  voie  d'opposition  :  ainsi  les  premières  moUécules  osseuses  se  déposent  <ir 
l'extrémité  antérieure  du  crâne,  et  bientôt  d'autres  mollécules  se  dépo>*  : 
sur  son  extrémité  postérieure  ;  elles  envahissent  ensuite  les  deux  eitréont'- 
du  diamètre  transversal  ;  puis  les  deux  extrémités  du  diamètre  vertical.  De  1 1- 
deux  extrémités,  celle  qui  fait  partie  de  la  voûte  s'ossifie  la  preaiière  :  ma  * 
comme  l'ossification  se  montre  tour  à  tour  sur  les  points  diamétralem-  ' 
opposés,  il  en  résulte  que  la  voûte  et  la  base  peuvent  être  considérées  cumn» 
s'ossifiant  simultanément. 

Les  points  osseux  qui  répondent  à  l'une  et  l'autre  s'accroissent  du  n^'< 
avec  la  même  rapidité.  Ceux  de  la  base  étant  plus  nombreux  et  plus  r«ppn^ 
chés,  arrivent  plus  tôt  au  contact  ;  ceux  de  la  voûte,  qui  sont  moins  mu/i> 


DU  CRANE  EN  GENERAL.  181 

plies  et  tiès-espacés,  doivent  se  rencontrer  à  une  époque  plus  tardive.  A  la 
naissance,  les  premiers,  contigus  pour  la  plupart  et  déjà  solidement  unis 
entre  eux,  forment  un  plan  résistant;  les  seconds,  qui  se  touchent  en  partie 
seulement,  sont  mobiles  les  uns  sur  les  autres. 

2^  Du  crâne  h  la  naissance. 

Chez  l'enfant  naissant,  la  base  du  crâne  n'est  cependant  pas  complètement 
ossifiée.  La  lame  criblée  de  l'ethmoîde  et  l'apophyse  qui  la  surmonte  sont 
encore  cartilagineuses;  la  lame  quadrilatère  du  sphénoïde  et  la  partie  posté- 
rieure de  son  corps  le  sont  aussi.  Les  autres  parties  ont  subi  la  transformation 
ofiseuse;  mais  la  plupart  ne  sont  pas  soudées  et  restent  très-distinctes  les 
unes  des  autres. 

1^  os  de  la  voûte,  extrêmement  minces,  représentent  autant  de  lames 
flexibles,  élastiques  et  mobiles,  qui  se  touchent  par  leurs  bords,  et  qui  sont 
encore  séparées  au  niveau  de  leurs  angles.  Une  membrane  fibreuse,  très- 
r^islante,  les  unit  entre  eux.  Cette  membrane  se  compose  de  trois  couchas  : 
t*  d'une  couche  moyenne  qui  se  continue  avec  la  circonférence  des  os,  et 
qui  est  destinée  à  s'ossifier  de  proche  en  proche  ;  2*  d'une  couche  extome 
ou  périostique  ;  3*  d'une  couche  interne  dépendante  de  la  dure-mère*  Le  plan 
fibreux  moyen  adhère  de  la  manière  la  plus  intime  aux  deux  autres.  Ainsi 
anociés,  ces  trois  plans  constituent  pour  les  os  de  la  voûte  un  puissant  moyen 
d'union  qui  se  rétrécit  au  niveau  des  bords,  et  qui  s'élargit  au  niveau  des 
angles,  pour  occuper  un  espace  d'autant  plus  grand  que  le  nombre  de  ceux-ci 
est  plus  considérable  :  c'est  à  ces  espaces  membraneux  qu'on  a  donné  le  nom 
de  fonianêUêâ. 

Il  existe  six  fontanelles  :  deux  médianes,  deux  latérales  droites  et  deux 
latérales  gauches.  Les  médianes,  de  même  que  les  latérales,  se  distinguent 
en  antérieures  et  postérieures. 

U  fcmtantlie  médiane  antérieure  est  la  plus  étendue.  Elle  répond  à  l'union 
des  pariétaux  avec  les  deux  moitiés  du  frontal.  Sa  figure  est  celle  d'un 
K^aange  à  bords  curvilignes  et  rentrants.  Chez  le  nouveau-né,  le  grand  axe 
du  losange,  dirigé  d'avant  en  arrière  et  de  haut  en  bas,  est  de  4  à  ô  cen- 
timètres. Le  petit  axe  ou  l'axe  transversal  varie  de  2  1/2  à  4.  Ses  côtés 
«supérieurs  sont  représentés  par  les  angles  antérieurs  des  pariétaux,  et  les 
inférieurs,  d'une  longueur  double,  par  le  bord  interne  de  chaque  moitié  du 
frontal.  L'angle  que  forment  les  premiers  est  plus  ou  moins  ouvert,  et  quel- 
quefois obtus.  L'angle  formé  par  les  seconds  est  toujours  très-aigu.— Chacun 
des  os  qui  concourt  à  circonscrire  cette  fontanelle  offre  une  assez  grande 
mobilité.  Les  deux  moitiés  du  frontal  se  meuvent  autour  d'un  axe  qui  se  por- 
lerail  hcmzontalement  de  la  ligne  médiane  vers  la  tempe  ;  en  pressant  sur 
leur  extrémité  supérieure,  on  la  porte  en  arrière,  en  dedans  et  en  bas,  en 
H>rte  qu'elles  se  rapprochent  ;  si  l'on  comprime  la  partie  postérieure  du  crflne, 
elles  s'écartent  au  contraire  pour  se  diriger  en  avant,  en  dehors  et  en  hniL 
~  Les  deux  angles  postérieurs,  de  même  que  les  bordi  supérieurs  des  parié- 
taux, peuvent  aussi  se  rapprocher  et  s'écarter;  mais  alors  ils  basculent  autour 
d  un  axe  fictif  antéro-postérieur. 


i.sl>  osti.oi.(vîiI':. 

I.a  figuro,  les  dimonsions,  la  vliiTolioii  do  crllc  roiil-iiicllr»  mrdian»^  aiiN'- 
ripuro,  ainsi  qiio  \v  umuIo.  de  drid.'KM'mcuf  (les  os  qui  la  liinilcnl,  soiil  aiittiiî 
de  données  utilisées  dans  la  pratique  des  aecoucheinenls  pour  dél«'riniii.r 
îiNi'c  précision  la  situation  du  l'iefus. 

La  funtmu'lh'  mi'diane  poster ii'firc  es(  un  espaee  Irianijulaire  (!ompri>  ciiîiv 
les  deux  pariélaux  et  l'angle  sii])éiieui'  de  l'occipital.  Cet  angle  s  <  lr\aiii 
progressivement,  l'espace  inenibraneiiv  cpii  le  surniDUle  se  réduit  de  {tliiMn 
plus,  puis  s'edaee  à  peu  près  conipléternenl  vers  le  milieu  ou  la  tin  du  neu- 
vième mois  de  la  prossi'sse.  La  lonlanelle  médiane  postérieure  u  existe  phi-. 
l)ar  conséquent,  à  la  naissance;  à  celle  éih)que  du  moins  on  n'en  trou\e  i>iii- 
que  le  vestige.  Chez  It*  nouveau-nT',  l'angle  de  loccipilal  remplil  enlièrcmnii 
langle  rentrant  des  [»ariélau\.  .Mais  h-s  trois  os,  au  lien  d'être  uni>  <l 
immoliiles  comme  ils  le  seront  jdus  lard,  se  meu\ent  les  uns  sur  les  aulir-, 
I/occipital,  situé  sur  un  jilan  plus  dédiNe  que  les  pariétaux,  bascule  aulttur 
d'un  axe  transversal,  et  bu'squ'on  i)resse  s<tn  angle  supérieur,  celui-ci  tend  ■» 
s'engagi'r  sous  les  deux  pariétaux.  La  hilidilé  que  [>résen(e  cet  angle  n  e>l 
pas  ordinairement  sensible  au  tou(  lier  et  ne  saurait,  dans  aucun  cas,  sinud«r 
Langle  aigu  on  inférieur  de  la  lonlanelle  anli'rit'ure,  ainsi  que  l'onl  [m'1i<  • 
quelques  auteurs. 

La  fi^ntaiiilh'  latêrdlo  nntrriruri\  siliiée  dans  la  fosse  temporah',  séjiar»' 
la  grande  aile  du  sphénoïde  de  l'afigle  correspondant  du  pariétal.  Llle  olln* 
une  ligure  irrégulièrement  quadrilatères  Ses  dimensions  sont  en  général 
minimes. 

\a\  fimîancllc  UUiWalp  j^oslrricurc  orcupe  le  point  \ers  lequel  convergenl 
le  i^ariétal,  le  temporal  et  l'iiccipital  ;  «die  esl  plus  petite  que  la  précédent«\ 
et  irrégulièrement  triangulaire.  De  même  qjie  celle-(  i,  elle  di^parait  pre^ql^• 
enlièrenient  à  la  lin  du  neu\ième  mois  de  la  gro^se.-<e. 

A  la  naissance,  les  os  du  crrme  se  comp(»sent  d'une  seule  couche  qui  repré- 
sente h'  diploé  sons  sa  forme  pTimiti^e.  Les  deux  tables  se  formeront  plii^ 
tard,  l'une  aux  dé[)ens  du  périoste,  1  autre  aux  dépens  de  la  dure-mère.  \a 
première  qui  apparaît  esl  la  table  inlerne,  dont  on  aperçoit  un  vestige  au 
ni>i'au  et  an-dessous  des  fosses  coronales.  Connue  (die  prend  seule  lein- 
jUMMule  des  circonM)lulions  et  des  anfractnosilés  du  cerveau,  il  en  résnlli 
ipi'on  n'obser\e  sur  les  parois  du  cr.un',  dans  celle  pn^mière  période  de  hmi 
dé\el(»[)pement,  ni  inqiressions  digitales,  ni  émin«'nces  mamillaires,  ni  sillcii- 
vasculaires.  Les  deux  surfaces  de  la  ca\ité  sont  alors  à  peu  près  parallèles. 

Les  os  de  la  >orde  sont  plus  ^asculaires  que  ceux  de  la  base.  La  dillerenci^ 
qu'ils  présenlent  sous  ce  ])oinl  de  \ue  est  rcMnarcpiable.  Pour  la  constater,  il 
sufliî  d'enle\er  b^  périoste  et  la  dure-mère  et  de  les  examiner  par  transpa- 
rence: on  \oit  alors  que  sur  les  os  de  la  \(UMe  il  existe  à  leur  centre  un  rirîi»' 
reseau  \asculaire,  dont  les  mailles  s'élencient  jusqu'à  leur  circonférence,  vu 
s  allongeant  de  i)lusen  plus,  au  point  de  dexenir  presque  parallèles. 

Lepéri(»ste,  ndatiNcment  [dus  épais  (jue  chez  ladulte,  noll're  qu'une  fail»K 
adhéreine,  en  s  )rle  que  d;ins  les  accouchements  laborieux,  il  peut  se  déta- 
cher sur  la  convexité  de  la  Nofde,  soit  mécaniquement,  par  suite  des  mouM'- 
menls  trop  xiidents  conniumi<iués  aux  téguments,  soil  à  la  suite  d'épanch»'- 
menls  sanguins  sous-i)érios!iqnes  qui  le  décollent  en  sélendant,  soit  sous 


DU  CRANE  EN  GÉNÉRAL.  183 

rinfluence  simultanée  de  ces  deux  causes.  J'ai  observé  souvent  de  semblables 
décollements  sur  les  enfants  mort-nés. 

(/est  aux  dépens  du  blastème  sous-pérîostique  que  se  forme  la  table  externe 
des  os.  ~  La  dure-mère,  remarquable  alors  par  sa  grande  vascularité,  pré* 
side  à  la  formation  de  la  table  interne.  C'est  elle  qui  fournit  aux  os  du  crâne 
les  principaux  matériaux  de  leur  développement.  Son  adhérence,  cependant, 
Il  est  pas  plus  prononcée  que  celle  du  périoste  ;  on  peut  môme  la  décoller 
plus  facilement,  parce  qu'elle  offre  plus  d'épaisseur  et  de  résistance. 

3«  ModifiratioDS  que  subit  le  cr&ne^  de  la  naissance  à  T&ge  adulte. 

Chez  l'enfant,  les  os  du  crftne  coutinuent  à  s'étendre.  Ceux  de  la  base  se 
complètent  successivement  par  la  soudure  de  leurs  divers  points  d'ossifica- 
tion qui  sont  tous  fusionnés  à  six  ou  sept  ans.  Ceux  de  la  voûte,  moins  avan- 
cés dans  leur  développement,  marchent  à  la  rencontre  les  uns  des  autres  ; 
leurs  angles  s'allongent.  Les  dernières  traces  de  la  fontanelle  supérieure  et 
postérieure,  puis  celles  des  deux  fontanelles  latérales  disparaissent  dans  le 
cours  de  la  première  année.  L'antérieure  et  supérieure  disparaît  de  deux  ans 
à  deux  ans  et  demi,  quelquefois  plus  tôt,  rarement  plus  tard. 

Lorsque  tous  les  espaces  membraneux  se  trouvent  comblés,  les  bords  et 
le^  angles  des  os  de  la  voûte  commencent  à  s'entrecroiser  par  les  aiguilles 
de  leur  circonférence  ;  ils  se  pénètrent  réciproquement.  Parvenus  au  fond 
des  angles  rentrants  qui  les  reçoivent,  les  rayons  osseux  perdent  leur  forme 
régulière  ;  on  voit  naître  de  leurs  parties  latérales  des  dentelures  de  second 
ordre,  extrêmement  variables  dans  leurs  dimensions  et  dans  leur  configura- 
tion. Après  s'être  parallèlement  entrecroisés,  ils  se  pénètrent  sur  les  côtés 
comme  les  deux  roues  d'un  engrenage.  Dans  les  premières  années  qui  suivent 
la  naissance,  les  os  de  la  voûte  unissent,  en  un  mot,  leurs  bords  opposés  par 
\<>ie  de  simple  pénétration  ;  à  douze  ou  quinze  ans,  la  pénétration  devient 
double  ;  plus  tard,  on  observe  même,  sur  certains  points,  particulièrement 
au  niveau  de  la  suture  lambdoîde,  une  pénétration  triple. 

lilntre  les  bords  ainsi  unis  par  engrenage,  on  observe  une  couche  fibreuse 
qui  a  été  considérée  à  tort  comme  un  cartilage  ;  elle  représente  les  derniers 
débris  de  la  couche  moyennç  ou  conjonctive  du  crâne.  C'est  aux  dépens  de 
c«*tte  couche  fibreuse  quils  continuent  à  croître  en  surface.  —  Ils  croissent 
eu  épaisseur,  aux  dépens  des  couches  successivement  émanées  du  blastèmo 
s<»u»-périostique  et  de  la  face  adhérente  de  la  dure-mère.  Ces  couches,  en  se 
superposant,  forment  les  tables  externe  et  interne.  La  seconde  se  moule  sur 
les  fiarlies  saillantes  et  rentrantes  du  cerveau  :  d'où  les  impressions  digitales, 
It'^  éminences  mamillaires,  les  sillons  vasculaires  qu'elle  nous  offre  à  cet  fige. 

^»  Modifications  qui  se  produisent  dans  le  crâne,  de  Tàge  adulte  à  l'extrême  Tieillcssc. 

A  trente-cinq  ou  quarante  ans,  les  os  du  crâne  ont  acquis  leur  épaisseur 
définitive.  Mais  ils  continuent  à  croître  en  surface,  et  la  cavité  crânienne 
<  onlinoe  A  croître  en  capacité,  aussi  longtemps  que  la  couche  fibreuse  intér- 
im n  raie  n'est  pas  épuisée,  c'ost-i\-dire  Jusqu'sk  l'époque  où  les  sutures  s'ossi- 


18/ii  0STÉ0L06IE. 

fient.  Cette  époque  est  très-variable,  suivant  les  individus.  Chez  qoelqar»- 
uns,  les  os  ne  commencent  à  se  souder  qu'à  soixante  ou  soixante-^inq  tii»  : 
chez  la  plupart,  leur  soudure  débute  à  quarante  ou  quarante-cinq.  Mai* 
elle  peut  débuter  beaucoup  plus  tôt.  Je  possède  une  télé  d'enfant,  dont  h 
fontanelle  médiane  antérieure  n'est  pas  encore  fermée,  et  chez  lequel  la 
suture  fronto-pariétale  est  soudée  à  droite  et  à  gauche.  Sur  d'autres  iti^ 
d'enfants,  j'ai  vu  plusieurs  fois  des  soudures  portant  sur  une  étendue  de  ua 
ou  deux  centimètres  seulement.  11  est  facile  de  pressentir  les  conséqueofH 
de  ces  soudures  prématurées;  le  crâne  étant  arrêté  dans  son  développement 
sur  un  point  et  continuant  &  se  développer  sur  les  autres,  perdra  sa  fonn^ 
régulière  et  symétrique.  Le  cerceau  restera  atrophié  au  niveau  de  ce  point  : 
et  si  l'atrophie  a  pour  siège  sa  partie  antérieure  et  supérieure,  comme  rhn 
l'enfant  précédemment  mentionné,  l'intelligence  pourra  en  subir  une  grtu 
atteinte. 

L'ordre  dans  lequel  s'ossifient  les  diverses  sutures  est  encore  un  objet  d<> 
dissidence  parmi  les  auteurs.  Il  résulte  de  l'ensemble  des  faits  que  j  u  pu 
observer  que  la  suture  sagittale  ou  bi*pariétale  est  la  première  qui  s'efTaci': 
son  ossification  commence  au  niveau  des  trous  pariétaux  ;  de  là  elle  s'étend 
à  la  fois  en  arrière  et  en  avant.  Pendant  qu'elle  s'étend,  on  voit  la  sutura 
fronto-pariétale  se  souder  à  droite  et  à  gauche  dans  sa  partie  inférieure  :  !•: 
soudure  chemine  ensuite  de  bas  en  haut,  en  sorte  qu'elle  marche  à  la  ivrh 
contre  de  la  soudure  bi-pariétale.  En  se  prolongeant  en  arrière,  celle-ri 
envahit  la  suture  lambdoîde.  En  général,  la  soudure  s'étend  donc  de  la 
région  pariétale  aux  régions  frontale  et  occipitale. 

Telle  n'est  pas  cependant  l'opinion  de  M.  Gratiolet,  qui  a  formulé  à  cti 
égard  la  loi  suivante  :  dans  la  race  caucasique,  les  sutures  se  ferment  d'ar- 
rière en  avant,  en  sorte  que  la  partie  du  cerveau  qui  est  plus  spécialemer.t 
afljsctée  à  l'intelligence  peut  continuer  à  s'accroître  alors  que  tontes  lo 
autres  ont  déjà  acquis  leur  volume  définitif;  dans  la  race  nègre,  les  sutun^ 
s'effacent  au  contraire  d'avant  en  arrière,  en  sorte  que  les  lobes  antérieur 
du  cerveau  sont  les  premiers  qui  s'arrêtent  dans  leur  développement.  t>ttr 
dernière  proposition  est  peut-être  fondée;  mais  il  n'en  est  pas  de  m^me  di* 
la  première.  11  me  parait  au  contraire  hors  de  toute  contestation  que  dan«  U 
race  blanche  la  soudure  des  os  du  crâne  débute  le  plus  habituellement  par 
la  région  pariétale  et  envahit  ensuite  à  peu  près  simultanément  les  rê^>u^ 
frontale  et  occipitale. 

Cette  soudure  commence  constamment  par  la  table  interne  ;  elle  t*opèrr 
graduellement  de  dedans  en  dehors.  Dans  l'étude  qui  a  pour  but  de  déter- 
miner l'ordre  suivant  lequel  s'ossifient  les  sutures,  il  importe  donc  d  avoir  a 
sa  disposition  des  crânes  ouverts  et  d'examiner  surtout  leur  surface  intcro^. 

Les  os  du  crâne  sont  soudés,  pour  la  plupart,  de  soixante-quinze  à  quatrt- 
vingts  ans.  A  cet  âge,  on  les  voit  se  continuer  presque  tous  par  leur  fatr 
interne.  Mais  beaucoup  de  sutures  restent  encore  très-distinctes  sur  la  (^^ 
externe  ;  elles  s'effacent  peu  à  peu  de  quatre-vingts  à  quatre-vingt-4ii  <*u 
quatre-vingt-quinze  ans.  Les  pièces  très-multipliées  qui  composaient  l'enve- 
loppe osseuse  de  l'encéphale  au  début  de  la  vie  se  trouvent  ainsi  rameoé<^  ^ 
Vunité  dans  l'extrême  vieillesse. 


DU  CRANE  EN  GÉNÉRAL.  185 

Longue  le  crftne  n*est  plus  formé  que  d'une  seule  pièce,  ses  parois  sont 
ordinairement  plus  minces  ;  ses  deux  tables  se  rapprochent.  L'externe  se 
déprime  ordinairement  au  niveau  des  bosses  pariétales.  L'interne  devient 
plus  dense,  plus  dure,  plus  fragile  ;  une  couche  plus  épaisse  de  liquide  encé- 
phalo-rachidien  la  séparant  du  cerveau,  les  impressions  digitales  se  comblent, 
les  ëminences  mamillaires  s'affaissent,  ef  elle  reprend  l'aspect  uni  qu'elle 
oITrail  cbei  le  fœtus.  Seuls,  les  sillons  vasculaires  persistent  ;  ils  se  creusent 
même  de  plus  en  plus,  au  point  de  se  convertir,  sur  certains  points,  en  véri- 
tables conduits.  Les  canaux  veineux  du  diploé  augmentent  de  calibre  ;  ils 
«  élendent  à  travers  les  soudures  des  divers  os  et  s'anastomosent  entre  eux. 
C'est  alors  aussi  qu'on  voit  se  produire  sur  la  surface  adhérente  de  la  dure- 
iDt^re  de  petites  tumeurs  variqueuses,  qui  minent  çà  et  là  les  parois  du  crâne 
pour  se  loger  dans  leur  épaisseur. 

H.  —  Résistaoce  da  arâoc. 

Les 08  qui  composent  le  crftne  sont  si  admirablement  agencés,  qu*un  ébran- 
Ir^ment,  si  violent  qu'il  soit,  ne  saurait  les  désunir.  Le  premier  efTet  de  cet 
ébranlement  est  toujours  de  les  rapprocher  et  de  les  solidariser  dans  la  résis- 
tance qu'ils  opposent  aux  violences  extérieure^.  Il  n'existe  aucun  fait  attes- 
tant que  ces  violences  peuvent  les  séparer;  l'écartement  des  sutures  a  Heu 
quelquefois,  mais  il  est  toujours  consécutif  ft  une  fracture. 

Le  mode  de  résistance  des  parois  du  crftne  a  été,  du  reste,  très-bien  exposé 
en  1730  par  Hunauld  (1).  Cet  auteur  compare  avec  raison  la  voûte  crftniennc 
aux  voûtes  architecturales ,  et  les  temporaux  aux  murs  boutants  qui  les 
soutiennent. 

1*  Résistance  du  crftne  aux  chocs  dirigés  de  haut  en  bas. 

Lorsqu'un  fardeau  est  posé  sur  le  vertex,  ou  un  coup  violent  appliqué  sur 
letle  région,  le  bord  supérieur  des  pariétaux  tend  à  se  déprimer,  et  leur 
bord  inférieur  A  se  porter  en  dehors.  Mais  deux  causes  s'opposent  à  ce  mouve- 
ment de  bascule  :  d'une  part,  les  dents  dont  le  premier  bord  est  armé  ;  de 
Vautre,  Vécaille  du  temporal  qui,  taillée  en  biseau  aux  dépens  de  sa  face 
interne,  s'applique  contre  le  biseau  du  pariétal,  pris  au  contraire  sur  la  face 
«'\lerne.  Les  pariétaux  ne  peuvent  donc  s'écarter  inférieurement,  qu'à  la 
condition  de  renverser  en  dehors  les  murs  boutants  représentés  par  les  tem- 
poraux et  les  grandes  ailes  du  sphénoïde;  or  ces  grandes  ailes  sont  très-soli- 
dement soudées  au  corps  de  l'os  ;  les  temporaux  eux-mêmes  sont  complète- 
ment immobilbés.  Ils  le  sont  par  un  mécanisme  très-simple,  qu'aucun 
»bâ<*rvateur,  jusqu'à  présent,  ne  me  paraît  avoir  signalé. 

ijc  bord  par  lequel  ces  os  s'articulent  avec  la  grande  aile  du  sphénoïde  est 
taillé  en  biseau  aux  dépens  de  la  face  interne  supérieurement,  et  aux 
«l»[»en9  de  l'externe  inférieurement,  d'où  il  suit  qu'ils  s'appuient  en  bas  sur 
i  ette  aile.  —  Le  bord  par  lequel  ils  s'articulent  avec  l'occipital  présente  aussi 

1,  nonanlil,  lUrh.  fmat,  sur  les  os  du  cnUte  {Ht'jrt.  de  fAcad,  des  science»^  p.  553). 


18fi  OSTKOLOGIK. 

(I.in.^  .n  jinrlic  sijjm  ricurr  un  liisc.iii  qui  est  pri^  sur  la  fare  intorno.,  ot  daii> 
:  ;i  parlir  iiilVMii'ijic  un  aiilrc  hiscaii  pris  sur  la  faco  o\t(^riie,  on  sorte*  qM\'ii 
arii(''h'  <•(  «mi  has  iU  s'appiiiciil  <''L'.*il«'nu'iit  sur  col  os.Aiujji  soutenus  on  a\;iiit 
p.ir  le  ^pInMionIc,  en  arrirn^  par  I  (M<i[>italj  ils  ne  peu\enl  s'abaisser;  ils  h>iiI 
iiiunnliili-»'.-  «lans  li*  sens  ^e^li(•al. 

I  lansvtMsali'riK'iil ,  ils  sont  iivés  dans  leur  position  d'une  manière  imit 
nionis  solidi'  par  les  eonnexions  (juils  all'eclcMit  avec  l'apophyse  basilaiiv.  W 
t\nïi\\\t'  rnl»',  ei'lhr  apo[di\se  est  coupée  si  obliquement  en  biseau  aux  depni- 
«le  sa  partie  inliM'ieure,  (pTidle  se  termine  par  une  cn^lo.  Or  celle  crètf  crt 
li'iiie  dauN  une  rainure  an,^'uleus<'  du  sommet  du  rocher.  Delà  il  suit  que  n' 
honunct  ne  peut  ni  s"«'le\er,  ni  s"a])aisser;  il  est  fixe  et  complète  par  sa 
ti\ili'  I  ininioinlisatijui  du  tenijioral.  I,e  rocher  ne  setrou\e  donc  pas  isolé  d»' 
loulcs  jiails,  ainsi  (pie  le  [)ense  M.  Irélat  (1);  il  ne  représente  pas,  selon 
I  «'\pics^inn  pittoresque  de  M.  llichcl,  une  presquile  (2).  L'erreur  dan- 
Iaqiicll<'  sont  tondx's  ces  diMix  observateurs  ])rovienl  sans  doute  de  ce  qu  il-^ 
ont  cludic  li*s  CMiuiexinns  du  temporal  sur  des  crânes  qui  n*a\aieiit  pas 
ac(|nis  loiit  Iciu'  dé\eloppemenl  et  dimt  les  (»s  étaient  unis  entre  eux.  Or  pmir 
«dïMMNrr  la  di>posilion  (pie  je  xiciH  de  sii^naler,  il  tant  prendre  des  os  com- 
plclcmenl  dcNcloppés  et  isidés.  lin  articulant  le  temporal  avec  loccipilal, 
on  coiislate  alor^  très  bien  conuncnt  les  b:M'ds  de  l'apophyse  basilain*  sont 
reçus  dans  la  rainure  i\\\  si»nnuel  des  roclhMs,  et  comment,  par  suite  de  ct-tU* 
pcih'tralion,  ceu\  (  i  sont  tixcs  trans\ersalemeut,  de  manière  à  ne  pomoir 
Ita^cnlcr  ni  «le  ba^  en  haut  ni  de  haul  en  bas.  (llie/.  l'adulte,  les  apopli}^»'^ 
p\rami(lalc<  ^oiit  dtuic  au-^-^i  xdidemciit  inunobilisi'es  par  leur  sommet  que 
parleur  lta<e.  I  eiii-  partie  luoNenne  seuh'  re>te  libre  de  l(»ute  conneviun 
osseuse. 

»  t's   laiU   analoniiniiv's  «  omiiis .  \oyons  (ouimenl   lebraubmient  commu- 
uiiiui'  au  \er!j*\  »(•  tian-inellra  de  la  \i»ri(e  à  la  ba-e  du  cràue. 

I  e>  di>ii\  parietauv  st»  ««iMitenaîil  iriUdiellenient  tMi  liant  «^t  se  trou\anl  Si.ii- 
lem;s  «Ml  bav.  »(«>^i-U'nMit,  à  la  inaMière  des  \oùtt'-,  «-t  rebraulement  >«•  pi'"- 
pa:,i'ra  au  liMnperal.  «|u  il  lend  à  îaiie  ba<ei;Ier  en  «IehMr>  o[  en  bas.  —  lii'' 
pal  II»'  de  i  eiVo:t  >ni(  le  tiajel  .le  I  àp.^plnx'  /) -:.«ni  iti([ue  et  \it'nt  se  p<'nlr« 
ilan-  le^  o^  Ac  \\  laie.  Ci'tîe  a'>r;>V.\Sv*  re[»''.'-e:ite.  i>ai"  i'«n-é(iuent,  [)onr  li 
iHM!i.>n  t\  a.'lvT.^e.  e.ii  aii  h  »i::a'îf  :: e>-^'.rle  et  a>-e/  taiMe,  il  est  ^rai.  niai- 
»l.«tit  ''  \i;lh!e:iv  e.  i  e'/cM  i>i:>t.  i:e  -air  ai:  èî:\^  i  .•iiV>-î.'e.  —  1.  etlort,  ajuv^  s'ètiv 
i\'v  en  p  ->  t>;  a\  "  -i.:^'  i;-'v'  i  ■•  ;;v  :i  «i  .'s  s  :.  ::.\  :i-"î'',  ariÎNe  jn-qu  ■' 
■  !  S.»-e  viv"  •>h1iv\,  '.')  \  {".'  :.  w  M--  :.:  '  -•  'i'  ":  le  î»'înp  -lal.  de  manier»" 
.  |\«\:v  ;  i.i  !'a-.'  -'  :  i. •.■',•:  e\  ."z  î  •  -  /:  ^  :;  '  x>.  i  :  1.  >  :\VA\i-\  dir«-«(enu'nt  •"! 
;  li       ^l  '  ^  'a  ■>   -V   ^' .:   '  A   .e:    •  :.  -.:'>  ■.■--.  :•  :  c:  i    iiiuie  >..î:  -   nnih'l  »  -' 

•' '.:  i«- itv'  •■  \  ■  .;••  ■■ -.i  âv-  '  .i-  •  •}-/■■-•■  t:'\- :  v  '^^i-c  .,:  autre  pari,  il  e-: 
i^"  V  --e-  V  ..  ■••--V  :•--•.  î  •  •."  \' '■•.•.,••■,  .:  \i  ;■)  ra:ni'ie.  qui  e-! 
V  -v  /-  V-  ^:e  V  xx  -  -r.'.  "v  -.  ,  •  >.  ":  ::\  e  ■■^-  [  :  ;  :-e:it  a!Î  ii:-!ie  pi: 
"  >-\'^  .  •  ^  .:.  V  -  e\  ;\  ...  .-,  V,-..  •  •  •:.:.::  ::  ^-l  .,  -  V.  ;î\  bel, .' 
•■•■'.  > v\  "     •-  \     •    ■       :"•  .    ^    •"......,  y  ,  .♦      isç..    ni"i':- 


DU  GKANE  EN  GÉNÉRAL.  187 

d'efficacité;  c'est  pourquoi ,  lorsque  le  temporal  se  brise,  la  fracture 
a  généralement  pour  siège  cette  partie  moyenne  qui  répond  au  fond  du 
conduit  auditif  interne. 

Lne  partie  de  l'ébranlement  communiqué  au  vertex  est  donc  transmise 
aux  os  de  la  face  par  l'apophyse  zygomatique  ;  une  seconde  partie  est  trans- 
mise à  l'apophyse  basilaire  par  la  portion  pierreuse  du  temporal  ;  une 
troisième,  au  corps  du  sphénoïde,  par  la  grande  aile  ;  une  quatrième,  à  l'oc- 
cipital. 

On  voit,  par  conséquent,  qu'il  ne  se  concentre  pas  sur  le  point  diamétra- 
lement opposé  au  point  percuté,  ainsi  que  l'ont  pensé  un  grand  nombre 
d'auteurs.  Il  se  propage  à  la  base  du  crfine  par  sL\  voies  différentes,  qui  ont 
pour  centre  commun  une  colonne  médiane,  formée  en  avant  par  le  corps  du 
sphénoïde,  au  milieu  par  l'apophyse  basilaire  de  l'occipital,  en  arrière  par 
les  condyles  de  cet  os. 

Le  corps  du  sphénoïde  n'en  reçoit  que  la  plus  faible  partie  :  disposition 
heureuse,  qui  nous  explique  la  rareté  de  ses  fractures;  car,  profondément 
excavé  et  constitué  par  de  simples  parois,  souvent  très-minces,  il  était  moins 
ré:>iâtant  encore  que  la  partie  moyenne  des  rochers.  —  La  plus  grande  partie 
de  roffort  supporté  par  le  temporal  se  transmet,  en  résumé,  à  l'apophyse 
basilaire  et  au  condyle  de  l'occipital,  c'est-à-dire  à  la  colonne  vertébrale, 
dans  laquelle  il  subit  des  décompositions  qui  l'épuisent  rapidement. 

2*  Résistance  du  crAne  aux  chocs  dirigés  de  bas  en  haut. 

lorsque  le  choc  est  communiqué  à  la  partie  inférieure  de  la  botte  osseuse, 
1  impulsion,  s'irradiant  en  sens  inverse  et  se  transmettant  de  la  base  à  la 
>o(Me,  vient  s'épuiser  sur  toute  l'étendue  de  la  suture  sagittale.  C'est  surtout 
à  la  suite  dune  chute  sur  les  talons,  les  genoux,  ou  les  ischions,  que  la  base 
du  crâne  est  violemment  ébranlée.  Pendant  la  chute,  toutes  les  parties  du 
corps  sont  animées  de  la  même  vitesse  ;  mais,  au  moment  où  les  plus  déclives 
touchent  le  sol,  elles  s  arrêtent  brusquement;  celles  qui  les  surmontent  s'im- 
mobilisent à  leur  tour;  et  leur  immobilisation  s'effectuant  de  bas  en  haut,  les 
plus  élevées  s'arrêtent  les  dernières.  La  colonne  vertébrale  se  trouve  donc 
déjà  immobilisée,  lorsque  la  tête  continue  à  descendre  d'un  mouvement  uni- 
formément accéléré.  De  là,  une  impulsion  qui  tend  à  refouler  la  colonne  de 
haut  en  bas,  avec  une  puissance  proportionnelle  à  la  hauteur  de  la  chute  et 
au  poids  de  l'extrémité  céphalique;  mais,  rigide,  verticale  et  assise  sur  une 
base  résistante,  la  colonne  renvoie  l'impulsion  à  la  base  du  crâne,  dans  lequel 
elle  se  propage  de  bas  en  haut.  L'occipital,  auquel  cette  impulsion  se  trans- 
met d'abord,  est  fixé,  en  avant,  par  sa  continuité  avec  le  corps  du  spénoîde; 
en  arrière,  par  les  pariétaux  ;  en  dehors,  par  la  portion  mastoïdienne  des 
temporaux ,  par  la  base  des  rochers  et  par  le  sommet  de  ces  apophyses. 
Immuable  dans  sa  position,  il  ne  peut  donc  que  transmettre  aux  os  voisins 
1  effort  qui  tend  à  le  refouler  vers  la  voûte.  Cet  etVort  se  propage  en  efTct  par 
ra[M>physe  basilaire  au  sphénoïde,  et  vient  se  perdre  antérieurement  dans  le 
bquelette  de  la  face  ;  postérieurement,  il  passe  de  l'écaillé  de  l'occipital  dans 
lt'>  pariétaux;  latéralement,  il  se  communique  aux  temporaux,  et  comme  le 


188 


OSTEOLOGIE. 


bord  supérieur  de  ceux-ci  présente  un  biseau,  qui  est  pris  altemativeaient  sur 
leur  face  interne  et  sur  leur  face  externe,  comme  par  suite  d'une  disposition 
inverse,  le  bord  inférieur  des  pariétaux  se  trouve,  en  quelque  sorte,  àcheul 
sur  le  précédent  ;  il  en  résulte  que  les  os  de  la  tempe  ne  peuvent  ni  s'élever, 
ni  s'écarter  en  dehors,  ni  s'écarter  en  dedans;  immobilisés  aussi,  ils  trans- 
mettent l'impulsion  qu'ils  ont  reçue  aux  pariétaux.  L'ébranlement  cooti- 
nuant  à  diminuer  d'intensité,  arrive  donc  au  sommet  de  la  voûte  et  vient 
expirer  dans  la  suture  sagittale,  en  poussant  l'un  vers  l'autre  les  deuv  i« 
correspondants. 

Ainsi  les  violences  communiquées  à  la  paHie  inférieure  de  la  boite  osseuff 
tendent  également,  en  se  propageant  de  la  base  à  la  yoûte,  à  resserrer  toatr< 
les  sutures.  Elles  ne  peuvent  désunir  les  os  du  crâne,  mais  elles  peuvent 
avoir  pour  résultat  de  les  briser  sur  un  ou  plusieurs  points.  Constamment 
alors,  c'est  sur  la  base  que  siège  la  fracture,  et,  le  plus  souvent  aussi,  c  eft 
sur  la  partie  moyenne  du  rocher  qu'on  l'obsene.  Sa  prédilection  pour  cette 
partie  moyenne  se  rattache,  du  reste,  à  des  causes  analogues  et  faciles  i  m- 
sir.  L'impulson  partie  des  condyles  de  l'occipital  s'irradie  dans  quatre  direc- 
tions principales  ;  mais  les  irradiations  antérieures  et  postérieures  ne  âc»ni 
pas  animées  d'une  intensité  égale  à  celles  qui  cheminent  sur  les  eûtes  ;  c  e<t 
surtout  par  les  parties  latérales  que  l'ébranlement  se  transmet  de  la  base  à 
la  voûte.  Or,  parmi  ces  parties  latérales,  la  première  qu'il  rencontre  est  )i 
portion  pierreuse  du  temporal,  qu'il  prend  en  travers,  en  se  transmetlant 
simultanément  à  sa  base  et  à  son  sommet  ;  plus  faible  et  non  soutenue,  h 
partie  moyenne  de  la  pyramide  peut  alors  se  briser,  si  l'ébranlement  t«>ro- 
muniqué  au  crâne  présente  une  extrême  violence. 

3»  Résistance  du  crâne  aux  chocs  qui  portent  sur  ses  parties  antérieure,  posu'rieujv 

et  latérale. 


I/)rsque  le  choc  porte  sur  la  partie  antérieure  du  crâne,  le  frontal  ré«i«t<' 
en  s'appuyant  :  en  haut  et  en  arrière,  sur  les  pariétaux  ;  en  bas  et  latéralement, 
sur  les  grandes  ailes  du  sphénoïde  d'une  part,  sur  l'os  malaire  de  l'autrr:  en 
bas  et  au  milieu,  sur  les  apophyses  montantes  des  maxillaires  supérieurs  et 
sur  la  cloison  des  fosses  nasales.  —  Invariable  dans  sa  situation,  il  transmet 
aux  os  adjacents  l'impulsion  qu'il  a  reçue.  —  En  passant  du  frontal  au\ 
pariétaux,  celle-ci  vient  se  perdre  en  arrière  dans  la  suture  lambdoîde  et 
l'occipital,  en  sorte  que  toutes  les  sutures  transversales  de  la  voûte  tenden! 
à  se  resserrer.  —  En  bas  et  en  arrière,  elle  se  propage,  des  grandes  ailes  du 
sphénoïde  dans  les  temporaux,  et  de  ceux-ci  à  l'occipital,  en  sorte  que  li 
môme  tendance  au  resserrement  se  reproduit  sur  les  parties  latérale^  r! 
inférieure  du  crâne.  —  En  bas  et  en  avant,  elle  se  transmet  du  frontal  au 
malaire,  du  malaire  au  maxillaire  supérieur,  et  s'étend  Jusqu'À  la  suturr 
médiane  de  la  voûte  palatine,  où  l'ébranlement  venu  d'un  côté  se  ln>u«r' 
neutralisé  par  celui  du  côté  opposé.  —  En  bas  et  sur  la  ligne  médiaix*. 
l'effort  impulsif  qui  a  suivi  la  paroi  antérieure  des  sinus  frontaux  se  perd 
dans  les  os  du  nez  et  les  maxillaires  supérieurs.  Celui  qui  a  suivi  la  pan»i 
postérieure  se  décompose  en  deux  parties  :  l'une  verticale,  qui  se  proloure  * 


DU  CRANE  EN  GÉNÉRAL.  189 

travers  la  cloison  des  foases  nasales  jusqu'à  la  voûte  du  palais  ;  Tautre  hori- 
lontale,  qui  se  propage  à  travers  la  lame  criblée  et  les  voûtes  orbitaires 
jusqu'au  sphénoïde. 

En  un  nx>t,  Fébranlement  imprimé  au  frontal  s'irradie  :  d'une  part,  vers 
l'occipital,  en  suivant  les  parois  supérieure,  latérales  et  inférieure  du  crâne  ; 
de  l'autre,  vers  la  voûte  palatine,  par  trois  voies  différentes,  deux  latérales 
et  obliques  trés-solides,  la  dernière  médiane  et  verticale. 

Les  chocs  qui  portent  sur  la  partie  postérieure  de  la  boite  osseuse  viennent 
s'épuiser  dans  sa  partie  antérieure,  dans  les  os  de  la  face  et  dans  la  colonne 
vertébrale.  L'impulsion  a  pour  siège  primitif  alors  ou  pour  point  de  départ 
la  moitié  supérieure  de  l'occipital.  Invariable  aussi  dans  ses  connexions,  cet 
os  résiste  et  transmet  aux  os  voisins  l'effort  qui  tend  à  le  déplacer.  —  En  haut 
l'impulsion  se  propage  dans  les  deux  pariétaux,  qui  la  reportent  sur  le  fron- 
tah  —  En  bas,  elle  subit  une  décomposition  au  niveau  des  condyles,  pour 
suivre,  d'une  part,  la  colonne  vertébrale,  qui  en  reçoit  la  plus  grande  partie, 
de  l'autre,  l'apophyse  ba&ilaire  et  le  corps  du  sphénoïde.  —  De  chaque  côté, 
elle  passe  de  l'occipital  au  temporal,  et  de  celui-ci  à  la  grande  aile  du  sphé-* 
noïde,  qui  le  communique  au  frontal  et  à  l'os  malaire  ;  il  arrive  en  outre  à 
losde  la  pommette  par  l'apophyse  zygomatique.  Cet  os  se  trouve  donc  poussé 
en  avant,  en  bas  et  en  dedans;  il  agit  à  son  tour  sur  le  maxillaire  supérieur, 
en  sorte  que  l'effort  se  prolonge  aussi  jusqu'à  la  suture  médiane  de  la  voûte 
du  palais. 

De  ce  mode  de  propagation,  il  résulte  que,  dans  les  violents  ébranlements 
imprimés  soit  au  frontal,  soit  à  l'occipital,  la  mâchoire  supérieure  absorbe 
une  partie  considérable  de  l'effort,  et  que  la  face,  par  ses  connexions  avec  le 
cTdDe,  joue,  à  l'égard  de  ce  dernier,  le  rôle  d'organe  protecteur. 

Les  chocs  dirigés  sur  les  parois  latérales  tendent  à  repousser  vers  le  centre 
de  la  cavité  l'écaillé  du  temporal  et  la  partie  inférieure  du  pariétal.  —  Mais 
la  première  s'appuie  sur  la  seconde  ;  et  celle-ci  s'appuie,  en  avant  sur  le  fron- 
tal, en  arrière,  sur  l'occipital,  qui,  l'un  et  l'autre,  sont  taillés  en  biseau  aux 
dépens  de  leur  face  externe.  Tous  deux  résistent  donc  à  l'effort  qui  dès  lors 
se  propage  :  en  haut,  vers  la  suture  sagittale  ;  en  bas,  vers  les  condyles  et 
l'apophyse  basilaire  ;  en  arrière,  vers  l'écaillé  de  l'occipital  ;  en  avant,  vers 
le  frontal,  et  vers  le  malaire  qui  le  transmet  aux  os  de  la  face.  L'ébranlement 
reste  ainsi  limité  à  la  moitié  correspondante  de  la  tète.  Il  ne  pourrait 
s'étendre  au  delà,  qu'à  la  condition  d'offrir  une  grande  intensité;  et  comme 
les  parois  du  crâne  sont  très-minces  au  uiveau  de  la  fosse  temporale,  il 
aurait  alors  pour  résultat  presque  nécessaire  une  solution  de  continuité. 

Kn  résumé,  les  chocs  communiqués  au  vertex  se  propagent,  d'une  part, 
^ers  la  partie  médiane  de  la  base  du  crâne  ;  de  l'autre,  vers  la  partie  médiane 
de  la  face.  —  Ceux  qui  viennent  de  la  colonne  vertébrale  s'étendent  vers  la 
partie  médiane  de  la  voûte. — Ceux  qui  partent  du  frontal  se  transmettent  en 
bas  et  en  avant  à  toute  la.partie  médiane  de  la  face  ;  en  bas  et  en  ariièrc,  à 
toute  la  circonféseuce  de  l'occipital. —  Ceux  qui  déri\ent  de  cet  os  vont  se 
perdre  sur  la  partie  médiane  du  frontal  et  sur  la  partie  médiane  de  la  \oûtc 


190  OSTEOLOGIE. 

palatine.  —  Ceux  qui  portent  sur  la  tempe  s'arrêtent  sur  la  partie  médiâm- 
de  la  boite  osseuse.  Tous  ont  pour  effet  commun  et  primitif  une  tendance 
des  os  qui  la  composent  à  se  serrer  plus  étroitement  les  uns  contre  les  autn^. 
en  sorte  qu'un  écartement  de  deux  ou  de  plusieurs  d'entre  eux  n*est  po^ 
sible  qu'à  la  condition  d'une  fracture  préalable. 

4»  Sicgc  des  fractures  du  crâne.  —  Fractures  par  contre-coup. 

Lorsque  le  crdne  devient  le  siège  d'une  fracture,  celle-K:i  se  produit  sur 
le  point  qui  a  reçu  le  choc.  Quelques  faits ,  dont  la  valeur  est  aujour- 
d'hui contestée,  attestent  cependant  qu'elle  peut  aussi  se  montrer  sur  un 
point  plus  ou  moins  éloigné,  les  parties  intermédiaires  au  point  fracture 
et  au  point  percuté  restant  parfaitement  intactes.  De  là  cette  distincte  a 
ancienne  des  solutions  de  continuité  du  crâne  en  fractures  directes  el  frac- 
tures indirectes  ou  par  contre-coup.  Le  mécanisme  de  ces  fractures  indirecte- 
a  été,  de  tout  temps,  un  sujet  de  discussion,  qui  avait  surtout  vivement 
préoccupé  l'Académie  de  chirurgie  au  siècle  dernier.  Dans  la  pensée  d'élu- 
Vider  ce  mécanisme,  elle  mit,  pour  la  troisième  fois,  au  concours,  en  1766. 
la  théorie  des  lésions  de  la  tête  par  contre-coup. 

Saucerotte  (1),  Sabouraut  (2)  et  Chopart  (3)  furent  d'accord  pour  compari'r 
la  cavité  du  crâne  à  une  sphère  élastique.  Tous  trois  s  attachèrent  à  dém<T>- 
trcr  que,  soumise  à  un  choc,  elle  se  déprime,  soit  dans  le  point  perçu tf. 
soit  dans  le  point  diamétralement  opposé,  et  s'allonge,  au  contraire,  dans  k 
sens  perpendiculaire  à  la  direction  du  choc;  que  le  diamètre  parallèle  à  cett* 
direction,  après  s'ôtre  raccourci,  revient  non-seulement  à  sa  longueur  nor- 
male, mais  s'allonge  à  son  tour,  tandis  que  le  diamètre  perpendiculaire  qui 
s'était  allongé  se  raccourcit;  e(  que  chacun  d'eux,  après  avoir  passé  pûr 
une  série  d'ondulations  décroissantes,  finit  par  reprendre  son  étendue  pn- 
mitivc. 

D  après  cette  théorie,  l'ébranlement  imprimé  aux  parois  du  crâne  se  trans- 
mettant de  proche  en  proche  au  point  diamétralement  opposé,  si  les  parrii- 
de  la  cavité  offraient  une  épaisseur  uniforme,  la  fracture  devrait  se  prôduirr 
constamment  au  point  de  départ  des  ondulations  vibratoires  ;  car  cellesn  i 
diminuant  d'intensité  à  mesure  qu'elles  se  propagent,  si  le  point  de  départ 
résiste,  les  points  plus  éloignés  doivent  résister  mieux  encore.  Mais  ces  parQt«> 
ainsi  que  nous  l'avons  vu,  présentent  une  épaisseur  extrêmement  inégale*. 
Dès  lors,  on  comprend  qu'un  mouvement  vibratoire  pourra  être  trop  ùùblv 
pour  agir  sur  une  partie  épaisse,  et  assez  intense  pour  rompre  une  lanH* 
mince.  Si  le  point  percuté,  ainsi  que  tous  les  points  intermédiaires,  r>i 
très-résistant,  et  le  point  diamétralement  opposé  au  choc  relati\ement  tn^ 
mince, c'est  ce  dernier  qui  cédera;  si  le  point  percuté  et  le  point  oppoaé  s*wi! 
très-solides  et  l'un  des  points  intermédiaires  plus  faible^  c'est  celui-ci,  ai- 
contraire,  qui  se  brisera. 

(I)  Suucerolto,  Mémoire  sur  les  contre-coups  (Prix  de  l'Acud.  decliir.,  t.  IV,  p.  3TJ 
'Jj  Su»K)uraut,  iV/.,  p.  643. 
(a)  Cbo|uirt^  id.y  p.  523. 


DU  CRANE  EN  GÉNÉRAL.  191 

Telle  était  la  théorie  acceptée  par  l'Académie  de  chirurgie  et  par  tous  les 
autours  de  notre  époque,  lorsqu'en  i8/i/i,  Aran  crut  devoir  la  soumettre  au 
contrôle  de  l'expérimentation.  Dans  ce  but,  il  se  rendit  à  l'école  anatomique 
des  hôpitaux,  où  j'étais  alors  prosectcur,  et  me  pria  de  l'aider  dans  ses 
recherches.  Je  le  secondai,  en  efTet,  et  je  devins  ainsi  le  témoin  de  ses  expé- 
riences, dont  j'ai  pu  constater  avec  lui  tous  les  résultats.  Or  l'expérimenta- 
fion  cadavérique,  de  même  que  les  faits  cliniques,  se  trouva  en  opposition  A 
peu  près  complète  avec  la  théorie  généralement  acceptée.  D'après  celle-ci, 
les  chutes  sur  le  soimnet  du  crâne  devaient  produire,  dans  quelques  cas  du 
moins,  des  fractures  par  contre-coup  de  la  base  et  surtout  du  corps  du  sphé- 
noïde. Invoquant  l'observation,  Aran  s'attacha  à  faire  prévaloir  une  doctrine 
opposée  ;  il  admit  (1)  : 

1*  Que  jamais  il  ne  se  produit  de  fracture  de  la  base  sans  fracture  au  point 
percuté  ; 

2*  Que  les  fractures  de  la  voûte  s'étendent  ordinairement  par  irradiation 
jusqu'à  la  base,  à  travers  les  sutures  qui  ne  s'opposent  nullement  à  cette  pro- 
pagation, ainsi  que  le  croyait  Galien  ; 

3'  Qu  elles  y  arrivent  par  la  courbe  du  plus  court  rayon,  c'est-à-dire  par  la 
route  la  plus  directe.  Ainsi  les  chutes  sur  le  vertex  déterminent  une  fracture 
qui  s'étend  de  la  voûte  à  la  fosse  moyenne  de  la  base  du  crâne;  une  chute 
5ur]a  tempe  est  suivie  d'une  fracture  qui  se  propage  aussi  dans  cette  Tosse; 
une  chute  sur  le  front,  d'une  fracture  qui  se  prolonge  sur  la  voûte  orbitaire  ; 
une  chute  sur  l'occiput,  d'une  fracture  qui  se  dirige  vers  le  trou  occi- 
pital. 

Quant  aux  fractures  par  contre-coup,  cet  auteur,  bien  qu'il  ait  pris  soin  de 
varier  son  mode  d'expérimentation,  n'a  jamais  pu  en  produire  une  seule. 
Frappé  de  ce  résultat  négatif,  il  voulut  soumettre  à  une  critique  plus  sévère 
K*«  faits  mentionnés  par  divers  auteurs;  aucun  ne  lui  parut  rigoureusement 
ioiiduant. 

tu  voici  un  cependant  qui  ne  laisse  rien  à  désirer,  au  double  poipt  de  vue 
(1<*  l'authenticité  et  de  la  précision  des  détails.  Ce  fait  appartient  à  M.  le  pro- 
ff^âour  Nélaton,  qui  vient  de  faire  déposer  la  pièce  au  musée  Dupuytrcn.  11 
^  agit  d'une  jeune  femme  de  vingt-six  ans,  assise  sur  une  voilure  chargée  de 
plut'ieurs  pièces  de  vin.  Le  cheval  s'abat;  elle  est  précipitée  en  avant;  une 
pièce  se  détache,  roule  et  passe  sur  elle  :  perte  complète  de  connaissance, 
hémorrhagie  nasale  produite  par  une  déchirure  de  l'artère  carotide  interne 
à  son  passage  dans  le  sinus  caverneux  ;  plus  tard,  anévrysrae  artério-\cineux 
consécutif  à  cette  déchirure;  puis  exorbitis  considérable  consécutif  à  cet 
atié^Tysme.  Huit  mois  après  l'accident,  la  malade  succombe.  Le  crâne  est 
s<  iê  horizontalement  ;  la  dure-mère  est  détachée  de  tous  les  points  de  sa 
surface.  On  n'aperçoit  aucune  trace  de  fracture  sur  la  voûte,  aucune  sur  les 
{laruis  latérales,  aucune  sur  les  fosses  latérales  de  la  base  ;  mais  il  existait 
une  fracture  transversale  avec  écartement  des  fragments  sur  le  corps  du  sphé^ 
noide.  Cette  fracture,  consolidée,  était  située  immédiatement  au-dessus  de 
1  union  du  corps  avec  l'apophyse  basilaire.  Sur  la  pièce,  on  peut  voir  en 

;l)  Arwi,  Rech,  sur  les  fract  du  crâne  (Arch.  gén,  de  mal.,  184/i,  t.  IV,  p.  180). 


19/1 


OSTEOLOGIE. 


muscle  temporal.  Sur  la  limite  qui  la  sépare  du  bord  postérieur  ou  remarque 
un  ou  deux  orifices,  ordinairement  précédés  d'une  très-courte  gouttière,  (xi 
orifices  sont  le  point  de^départ  des  cotiduits  dentaires  supérieurs  et  postmeun, 
conduits  qui  se  portent  d'arrière  en  avant,  parallèlement  au  bord  inférieur 
ou  alvéolaire  de  Tos  ;  ils  contiennent  les  vaisseaux  et  les  nerfs  destioéî  au\ 
dents  molaires. 

Des  trois  bords  de  l'apophyse  pyramidale,  l'un  est  postérieur,  l'autre  anu- 
rieur,  le  dernier  inférieur.  —  Le  bord  postérieur,  horizontal  et  un  p* . 
émoussé,  se  dirige  obliquement  d'arrière  en  avant  et  de  dedans  en  dehors.  W 
contribue  à  former  la  fente  sphéno-maxillaire.  Sur  sa  partie  moyenne,  on 
aperçoit  l'origine  de  la  gouttière  sous-orbilaire.  —  Le  bord  antérieur  Lr. 
partie  du  contour  de  la  base  de  l'orbite  ;  il  se  continue  en  dedans  ave*  la 
lèvre  antérieure  de  la  gouttière  lacrymale.  —  Le  bord  inférieur,  très-f^ii 
lant,  concave,  sépare  la  face  cutanée  de  la  face  zygomatique;  son  e\tréniit< 
supérieure  se  confond  avec  l'apophyse  malaire  ;  l'inférieure  répond  à  la  pre- 
mière grosse  malaire. 

Au  devant  de  l'apophyse  pyramidale  s'élève  Vapophyse  montante,  q^ 
appartient  à  la  fois  aux  deux  faces  du  maxillaire.  Cette  apophyse,  a|»[M 
aussi  nasale  ou  verticale,  est  aplatie  de  dehors  en  dedans,  étroite  en  ha  :: 
plus  large  inférieurement.  Elle  nous  offre  à  considérer  deux  faces,  «li' 
bords,  une  base  et  un  sommet.  —  La  face  externe,  concave  de  haut  en  \^-- 
présente  un  et  quelquefois  deux  orifices  qui  livrent  passage  à  des  vai^^t•a-:v. 
Elle  donne  attache  au  muscle  élévateur  commun  de  l'aile  du  nez  et  dr  '. 
lèvre  supérieure.  —  La  face  interne  fait  partie  de  la  paroi  externe  de>  A-h^ 
nasales.  On  observe  sur  sa  partie  inférieure  une  crête  transversale  qui  ^  ^rt. 
cule  avec  le  cornet  inférieur.  Au-dessus  de  celle-ci  est  une  dépression  q . 
fait  partie  du  méat  moyen  des  fosses  nasales  ;  et  plus  haut  une  petite  sur;  *• 
inégale  qui  s'unit  à  l'extrémité  antérieure  des  masses  latérales  de  Kib 
moïde. 

Le  bord  antérieur  de  l'apophyse  montante  est  mince,  inégal  et  coii\o  c: 
biseau  aux  dépens  de  la  face  interne  pour  s'articuler  a\ec  l'os  propn  ù- 
nez;  il  se  dirige  obliquement  de  haut  en  bas  et  d'arrière  en  avant. — Lv  1»»'^ 
postérieur  est  creusé  d'une  large  gouttière,  dont  la  moitié  supérieur!  fii 
partie  de  la  gouttière  lacrymale;  la  moitié  inférieure,  plus  large  et  plu-  jt- 
fonde,  fait  partie  du  canal  nasal.  Des  deux  lèvres  qui  limitent  celte  gonr;  r. 
l'interne  est  verticale,  beaucoup  plus  longue  et  dirigée  en  arrière:  elle  î  a: 
ticule  avec  le  bord  antérieur  de  l'os  unguis;  l'externe  est  concave  et  to-ir.  • 
en  dehors  :  elle  fait  partie  du  contour  de  la  base  de  l'orbite. 

La  base  de  l'apophyse,  limitée  en  dedans  par  la  crête  à  laquelle  s'alîi' . 
le  vomer,  se  continue  en  dehors  avec  la  fosse  canine.  —  Le  sonunet,  hin*- 
de  dentelures,  s'articule  avec  les  parties  latérales  de  l'échancrure  na^oic  ù. 
frontal. 

B.  Face  tntcnie.  —  Elle  est  plane  et  verticale.  Une  apophyse  \oluiiiint  v 
et  horizontale  la  divise  en  deux  étages  :  l'un,  inférieur,  qui  fait  partie  dt  ♦ 
cavité  buccale;  l'autre,  supérieur  et  plus  considérable,  qui  fait  parti,  c  - 
foMei  nasales.  En  s'unissant  à  celle  du  côté  opposé,  cette  apophjse  roroK  îo 


DES  OS  DE  LX  FACE.  193 

Pour  mettre  cet  os  en  position  ^t  distinguer  le  droit  du  gauche ,  il  faut 
louraer  en  dedans  l'ouverture  du  sinus  maxillaire,  placer  en  avant  l'apo- 
physe montante,  et  diriger  en  haut  le  sommet  de  cette  apophyse. 

A.  Face  estcrne.—  Séparée  de  la  face  interne  par  la  cavité  du  sinus  maxil- 
laire, cette  face,  ainsi  que  Ta  fait  remarquer  M.  Fort,  est  essentiellement 
Constituée  par  une  grosse  apophyse,  de  forme  pyramidale  et  triangulaire, 
qui  reproduit  assez  fidèlement  les  dimensions  et  le  mode  de  configuration  du 
sinus.  La  direction  de  cette  apophyse  est. transversale,  en  sorte  que  son  som- 
met se  porte  directement  en  dehors,  tandis  que  sa  base,  tournée  en  dedans, 
se  confond  avec  la  face  interne.  Nous  la  désignerons  sous  le  nom  d'apophyse 
transverse  ou  pyramidale,  par  opposition  à  l'apophyse  montante,  qui  est  ver- 
ticale et  aplatie. 

L'apophyse  pyramidale  du  maxillaire  supérieur  nous  offre  à  étudier  :  son 
-^)mmet,  une  face  supérieure,  une  face  antérieure,  une  face  postérieure,  et 
trois  bords. 

Le  sommet,  légèrement  tronqué,  très-irrégulier  et  tout  hérissé  d'aspérités, 
2  articule  avec  l'os  de  la  pommette:  il  porte  le  nom  d^apophyse  malaire, 

La  face  supérieure  ou  orbitaire  est  plane,  triangulaire,  un  peu  inclinée 
de  haut  en  bas  et  de  dedans  en  dehors.  Elle  forme  la  paroi  inférieure  ou 
le  plancher  de  l'orbite.  —  On  remarque  à  sa  partie  moyenne  et  externe  une 
.outtière  que  limite  en  dehors  un  bord  mince  et  tranchant.  Ce  bord  s'avance 
obliquement  vers  celui  du  côté  opposé,  auquel  il  s'applique  bientôt,  'sans 
perdre  son  indépendance  primitive.  La  gouttière  revût  alors  la  forme  d'un 
«anal,  qui  prend  le  nom  de  canal  sous-orbitaire,  et  qui  présente  constam* 
ment  sur  sa  paroi  supérieure  une  scissure  ou  suture,  due  au  simple  adosse- 
ment  des  deux  bords  précédents.  C4ette  scissure  se  prolonge  chez  les  jeunes 
sujets  jusqu'il  l'orifice  antérieur  du  canal;  mais  chez  les  individus  plus  âgés, 
elle  disparait  en  avant  et  s'efface  sur  une  étendue  d'autant  plus  grande  que 
lage  est  plus  avancé.— A  son  extrémité  antérieure,  le  canal  sous-orbitaire 
?e  di>ise  en  deux  canaux  très-inégaux  :  l'un,  plus  considérable,  qui  vient  se 
terminer  sur  la  face  antérieure  de  l'apophyse  pyramidale  par  un  orifice 
appelé  trou  orbitaire  inférieur  ou  sous-orbitaire  ;  l'autre,  plus  délié,  qui  s'in- 
cline en  bas  et  en  dedans,  et  qui  constitue  le  conduit  dentaire  ant^ieur  et 
iujiérieur. —  La  gouttière,  et  le  canal  qui  la  prolonge,  donnent  passage  au  nerf 
et  aux  vaisseaux  sous-orbitaires.  Le  conduit  dentaire  antérieur  et  supérieur 
nçuit  les  vaisseau!  et  les  nerfs  destinés  aux  deux  incisives  et  à  la  canine 
correspondantes. 

La  face  antérieure  ou  cutanée  de  l'apophyse  pyramidale  est  concave,  légè- 
rement inclinée  en  bas  et  en  dehors  ;  elle  a  reçu  le  nom  de  fosse  canine.  Sa 
partie  inférieure,  en  général  plus  déprimée,  donne  attache  au  muscle  canin. 
A  sa  partie  supérieure,  on  voit  le  trou  sous-orbitaire,  que  limite  en  haut  et 
en  dehors  un  bord  mince  et  tranchant,  et  dont  le  côté  interne  offre  l'aspect 
d  une  gouttière.  Au-dessus  de  ce  trou  existent  des  inégalités  destinées  à  l'in- 
aertiou  du  muscle  élévateur  de  la  lèvre  supérieure. 

La  face  postérieure  ou  zygomatique  est  légèrement  concave  dans  le  sens 
transversal,  plane  dans  le  sens  vertical.  Elle  répond  au  bord  antérieur  du 
I.  13 


lO/i  OSTKOJJXilK. 

miiecle  loinporal.  Sur  la  limilc  qui  la  s('j)air  du  boni  postérieur  nu  romiuiii.. 
un  ou  (leu\  orifices,  ord  in  ai  renie  ni  préeédé^  d'une  três-eourle  goullièiv.i- 
orifices  sont  le  point  de.déparf  des  conduits  denhiires  super icur.s  vi  jiosUrv^nr-. 
conduils  qui  se  portent  d'arrière  en  a^anl,  parallèlement  au  bord  iiilVri( m 
ou  alvéolaire  de  l'os;  ils  confiennenl  les  vaisseaux  et  les  nerls  destiul•^  aiu 
dents  molaires. 

Des  trois  bords  de  l'apopliyse  [»yranii<îale,  l'un  est  i)0slérieur,  l'autre  aiil.  - 
rieur,  le  dernier  inférieur.  —  l.e  bord  {jostérieur,  horizniital  et  un  ['lu 
émoussé,  se  dirige  obliquement  d'arrière  ena\an(  et  de  dedans  en  di'luns.  •'. 
contribue  à  former  la  ïauiv  s[)béiio-mavillaire.  Sur  sa  jiarlie  inoycinH-,  l'U 
apereoit  l'origine  de  la  gouttière  sous-orbilalre,  —  Le  bord  antr-rieiir  t  ai 
partie  du  contour  de  la  l)ase  de  l'orlûle  ;  il  se  continue  en  dedan?  jim'i  h 
lèvre  antérieure  de  la  gouttière  lacr\niale.  —  Le  bord  inférieur,  liè>->;:i- 
lant,  concave,  sépare  la  face  cutanée  de  la  face  zygoniatique:  son  evticmi'.' 
supéricîure  se  confond  avec  l'apoidnse  malaire;  l'inférieure  répond  à  bi['.v- 
mière  gr(»sse  malaire. 

Au  devant  de  l'apophyse  pyramidale  ^Vlè\e  Vapoplnisc  mtnttaulr,  (jui 
appartient  à  la  fois  aux  deux  faces  du  mavillaiie.  Cette  apophyse,  :[^r^u'\^ 
aussi  nasale  ou  Nerlic.de,  cA  aplat i<*  de  deliors  en  dedans,  étroite  en  h. (al. 
[dus  large  inférieurement.  l^lle  nou^  offre  à  («uisidéi'er  deux  faces,  ilvw-. 
iiords,  une  l>ase  et  un  sommet.  — La  face  externe,  conca^e  dt»  haut  en  \ni-. 
présente  un  (;t  qutdquefois  deux  oiiiices  <}ui  livrent  pa>sage  à  des  xai^>ea;i\. 
KHe  donne  attache  au  nniscle  elé\.:(eiu*  <dininnn  de  laile  du  nez  et  dr  '.. 
lèxre  su[)érieure.  —  La  face  inleiiie  l'ail  [lailie  de  la  i)ariu  externe  de.-  le-^— 
nasales.  On  ob>er\e  Mir  sa  partie  iiiiérieuri'  une  crcle  tran>\ersale  qui  Si.ili- 
cule  avec  \c  corind  inférieur.  An-des>u^  de  cr!l<'-ci  cr-l  une  tlepre--si"ii  <]'.i 
lait[iartie  du  nieal  moyen  <les  Io-m-s  nasales;  cl  [dus  haut  une  petiU'  suii.u  ■ 
inégaie  qui  s'unit  à  l'extrémité  antérieure  des  masses  latérales  rîc  1  ell:- 
raoïde. 

Le  bord  antérieur  d(î  LapoidiVM'  mouiaiite  e^l  mince,  inégal  el  «oU].»  i:: 
biseau  aux  depeus  de  la  face  inl<'rne  jiour  s  articuler  avec  Los  p[-opre  di 
nez;  il  se  dirige  oblicfuement  de  liant  en  bas  et  d'arrière  en  a\ant.— Le  li-nt! 
postérieur  est  creu>é  d'une  large  gouîtièn',  d<»nt  la  moitié  sui)érieuie  f.iil 
partie  de  la  gouttière  lacrymale;  la  moilii'  inlVrieure,  i)ln.^  large  vi  [dii^^  ]>i' - 
fonde,  I'luI  [iarti<'  du  c(nial  na>al.  I)es  deux  lèxres  qui  linntent  celte  gtmlîii  ic, 
l'interne  est  ^^'rlica!e,  beaucoup  ]dus  liaigue  el  dirigée  e!>  iU'rière:  elle  s  ar- 
ticule avec  le  bord  aidérieur  de  Los  uui:ui>;  rexterne  est  coucmnim'Î  (onnici- 
en  dtdiors  :  i  lie  fait  [)artie  du  contour  de  la  base,  de  l'oi'nite. 

La  base  <le  l'a[iophyse,  limitée  en  ded.ms  ]iar  la  crête  à  la(juelle  s'atliili<' 
le  vomer,  >e  continue  en  dehors  a\ec  la  fosse  canine.  —  Le  sommet,  hé^i^-•• 
de  dentelures,  s'articule  avec  les  parties  latérales  de  1  é<hancrure  nasale  du 
frontal. 

B.  Face  interne.  —  Llle  est  plane  et  \erticale.  Lue  aptqdiyse  \(duminei:-'' 
el  horizontale  la  divise  en  deux  étages  :  l'un,  inlV-rienr,  qui  fait  partie  de  1» 
cavité  buccale;  1  autre,  supérieur  et  {)ln>  considérable,  q\\'\  fait  partie  tl-- 
fosses  nasales.  Lu  s'unissanlà  celle  du  cùté  opposé,  cette  apophyse  Ibrnie  U-^ 


DES  OS  DE  LA  FACE.  197 

Pour  compléter  Tétude  du  sinus  maxillaire,  il  couTient  de  l'ouvrir  par  sa 
partie  externe,  en  enlevant,  à  l'aide  d'un  trait  de  scie,  tout  le  sommet  de 
l'apophyse  pyramidale.  On  peut  observer  alors  la  face  externe  de  sa  base,  et 
l'on  Tolt  très-bien  comment  son  ouverture  est  rétrécie  en  arrière  par  Tos 
palatin,  en  bas  par  l'apophyse  auriculaire  du  cornet  inférieur,  en  haut  par 
l'apophyse  unciforme  de  l'ethmoîde.  On  peut  constater  en  outre  qu'au  devant 
de  cette  ouverture,  la  base  du  sinus  forme  une  saillie  curviligne,  étroite  en 
haut,  où  elle  répond  au  canal  nasal,  large  en  bas  et  en  arrière,  où  elle  répond 
au  méat  inférieur. 

La  capacité  du  sinus  maxillaire  varie  beaucoup  suivant  les  individus.  Il 
n'est  pas  rare  de  rencontrer  sur  ses  diverses  parois  des  cloisons  partielles. 

c.  B«r«ft.  --Les  bords  du  maxillaire  supérieur  se  distinguent  :  d'après  leur 
direction,  en  verticaux  et  horizontaux  ;  et  d'après  leur  situation  relative,  en 
antérieur,  postérieur,  supérieur  et  inférieur. 

Le  bord  antérieur  se  compose  de  trois  portions  bien  distinctes  :  une  infé- 
rieure, une  moyenne,  une  supérieure.  —  La  portion  inférieure,  plus  petite, 
rst  représentée  par  une  crête  mince,  qui  sépare  le  bord  interne  de  l'apophyse 
palatine  du  bord  alvéolaire,  et  qui  se  termine  supérieurement  par  une  mince 
lamelle  triangulaire  ;  cette  lamelle  forme,  en  s'unissant  à  une  lamelle  sem- 
blable du  côté  opposé,  Vépine  nasale  antérieure  et  inférieure.  En  dehors  et 
au-dessous  de  l'épine  nasale,  se  trouve  la  fossette  myrtiforme^  à  laquelle  s'at- 
tache le  muscle  de  ce  nom.  —  La  portion  moyenne,  concave,  contribue  à 
former  l'ouverture  antérieure  des  fosses  nasales.  —  La  portion  supérieure 
(^i  constituée  par  le  bord  antérieur  de  l'apophyse  montante. 

Le  bord  postérieur  est  très-épais  et  arrondi  :  il  a  reçu  le  nom  de  tubérosité 
maxillaire.  Après  la  sortie  de  la  dernière  molaire,  il  s'affaisse  un  peu  et  en 
mt^me  temps  il  s'allonge.  A  sa  partie  inférieure  et  interne  existe  une  surface 
rugueuse  qui  s'ariicule  avec  l'apophyse  ptérygoïdienne  de  l'os  palatin.  En 
flcdans  et  un  peu  au-dessus  de  cette  surface,  on  remarque  ordinairement 
une  gouttière  oblique,  qui  fait  partie  du  conduit  palatin  postérieur. 

Lo  bord  supérieur^  mince  et  inégal,  limite  en  dedans  la  face  orbitaire  de 

I  apophyse  pyramidale.  Sa  direction  est  horizontale  et  antéro-postérieure. 

II  s'articule  on  avant  avec  l'os  unguis,  au  milieu  et  sur  la  plus  grande  partie 
de  son  étendue  avec  l'ethmoîde,  en  arrière  avec  l'apophyse  orbitaire  du 
palatin. 

Le  bord  inférieur  ou  alvéolaire  décrit  une  courbe  dont  la  concavité  regarde 
en  dedans  et  en  arrière.  Il  est  remarquable  par  les  cavités  creusées  dans  son 
épaisseur.  Ces  cavités,  appelées  alvéoles j  affectent  une  direction  verticale  et 
une  forme  irrégulièrement  conique,  comme  les  racines  des  dents  qu'elles 
:i<>nt  destinées  à  loger.  Des  cloisons  transversales  les  séparent  les  unes  des 
autres.  Les  antérieures  sont  simples;  les  postérieures,  qui  reçoivent  les 
j;rf)sses  molaires,  sont  subdivisées  par  des  cloisons  secondaires  en  trois,  quatre 
ou  cinq  loges  plus  petites.  Au  fond  de  chaque  alvéole  on  aperçoit  un  ou 
plusieurs  periuis  qui  livrent  passage  aux  vaisseaux  et  nerfs  dentaires.  La 
partie  externe  de  ce  bord  présente  des  saillies  et  des  dépressions  alternatives 
plus  ou  moins  accusées  qui  correspondent  aux  alvéoles  et  à  leurs  cloisons. 


196 


OSTEOLOGIE. 


avant;  en  s'unissant  à  celle  du  côté  opposé,  elle  forme  la  portion  roédianf? 
du  canal  palatin  antérieur.  De  ce  bord  s'élève  une  croie  mince,  qui  eslsép»- 
rée  de  la  créle  correspondante  par  le  bord  inférieur  du  vomer.  —  Le  bi>pd 
postérieur  est  transversal,  inégal  et  coupé  en  biseau  aux  dépens  de  la  fa<  .* 
supérieure;  il  s'articule  avec  la  portion  horizontale  de  l'os  palatin.  —  Le  bord 
externe  se  confond  avec  le  reste  de  l'os. 

Au-dessous  de  l'apophyse  palatine,  on  observe  le  côté  interne  du  U>H 
alvéolaire  qui,  en  se  continuant  avec  la  face  inférieure  de  cette  apopb}5<> 
contribue  à  former  la  voûte  du  palais. 

Au-dessus  de  cette  apophyse,  on  remarque  d'avant  en  arrière  :  1*  la  fa(c 
interne  de  l'apophyse  montante;  2<* au-dessous  de  celle-ci,  une  large  dépn^- 
sion  qui  fait  partie  du  méat  inférieur  des  fosses  nasales;  3*  en  arrière  de  la 
base  de  l'apophyse  montante,  une  gouttière  infundibuliforme  qui  conslitui' 
la  plus  grande  partie  du  canal  nasal;  li^  au  delà  de  cette  gouttière,  la  ban*  du 
sinus  maxillaire  ;  et  sur  cette  base,  une  large  ouverture  irrégulièrement 
triangulaire,  qui  conduit  dans  le  sinus. 

L'ouverture  du  sinus  maxillaire  est  limitée  supérieurement  par  une  lanv 
inégale,  sur  laquelle  sont  creusées  des  portions  de  cellules  qui  s'abouchm 
avec  celles  de  l'ethmoïde.  Inférieurement,  elle  est  limitée  par  deux  lain»- 
tranchantes  qui  s'entrecroisent  et  qui  interceptent  une  fente  obliquem*  n: 
dirigée  en  bas,  en  arrière  et  en  dedans. —  Cet  orifice,  extrêmement  large  >i:r 
un  maxillaire  isolé,  càt  beaucoup  plus  étroit  sur  une  tète  articulée  ;  il  se  tn»iiv. 
alors  rétréci,  en  haut  par  l'ethmoïde,  en  arrière  par  le  palatin,  en  bas  par  if 
cornet  inférieur.  11  répond  au  méat  moyen  des  fosses  nasales. 

La  cavité  du  sinus  présente  trois  parois,  trois  bords  et  un  sommet,  r 
correspondent  très-exactement  aux  trois  faces,  aux  trois  bords  et  au  soniiL« 
de  l'apophyse  pyramidale. 

La  paroi  supérieure,  plane,  comprend  dans  son  épaisseur  le  canal  5^  . - 
orbitairc.— La  paroi  antérieure,  un  peu  convexe,  est  surmontée  d'une  sai; . 
demi-circulaire,  qui  contient  le  conduit  dentaire  antérieur  et  supéri*  u: 
Souvent  ce  conduit  est  incomplet;  il  prend  alors  l'aspect  d'une  simple  g  .: 
tière.  —  La  paroi  postérieure,  légèrement  convexe  aussi,  renferme  les  o.l- 
duits  deutaires  supérieurs  et  postérieurs,  qui  la  parcourent  de  dedans  vu 
dehors  et  qui  s'avancent  Jusque  sur  la  paroi  antérieure,  pour  se  terminer  r 
niveau  de  la  fosse  canine.  Comme  le  précédent,  ces  canaux  sont  sc>u\i:>: 
ouverts  sur  une  assez  grande  partie  de  leur  trajet,  en  sorte  que  les  ^aif^A  \ 
et  nerfs  destinés  aux  dents  molaires,  comme  ceux  destinés  aux  dents  ankr- 
rieures,  se  trouvent  immédiatement  en  contact  avec  la  muqueuse  du  m:.  .^. 

Le  bord  postérieur  est  plus  long  que  le  bord  correspondant  de  rap4^t[>h,w 
pyramidale.  —  L'antérieur,  plus  long  aussi  que  son  correspondant,  est  o».  ' 
k  sa  partie  moyenne  par  la  saillie  du  conduit  dentaire  antérieur.  —  L  i:.  •- 
rieur,  qui  est  très-saillant  sur  Tapophyse  pyramidale,  est  au  contraire  i\:rt- 
mement  mousse  du  cùté  du  sinus;  il  se  confond  en  haut  avec  le  sommet,  s* 
est  fini,  arrondi  et  transparent  ;  en  bas,  ce  bord  forme  avec  les  parois  antêri-  "^ 
et  postérieure  d'une  part,  et  la  base  du  sinus  de  l'autre,  une  large  gout:.t  '. 
demi-circulaire,  dont  il  constitue  la  partie  la  plus  déclive.  Cette  gouir> -r 
répond  aux  racines  des  dents  molaires. 


DES  OS  DE  LA  FACE.  197 

Pour  computer  l'étude  du  sinus  maxillaire,  il  convient  de  l'ouvrir  par  sa 
partie  externe,  en  enlevant,  à  l'aide  d'un  trait  de  scie,  tout  le  sommet  de 
l'apophyse  pyramidale.  On  peut  observer  alors  la  face  externe  de  sa  base,  et 
l'on  voit  très-bien  comment  son  ouverture  est  rétrécie  en  arrière  par  l'os 
palatin,  en  bas  par  l'apophyse  auriculaire  du  cornet  inférieur,  en  haut  par 
/'apophyse  unciforme  de  l'ethmoïde.  On  peut  constater  en  outre  qu'au  devant 
de  cette  ouverture,  la  base  du  sinus  forme  une  saillie  curviligne,  étroite  en 
haut,  où  elle  répond  au  canal  nasal,  large  en  bas  et  en  arrière,  où  elle  répond 
au  méat  inférieur. 

La  capacité  du  sinus  maxillaire  varie  beaucoup  suivant  les  individus.  U 
n'est  pas  rare  de  rencontrer  sur  ses  diverses  parois  des  cloisons  partielles. 

c«  B0Hto.  —  Les  bords  du  maxillaire  supérieur  se  distinguent  :  d'après  leur 
direction,  en  verticaux  et  horizontaux  ;  et  d'après  leur  situation  relative,  en 
antérieur,  postérieur,  supérieur  et  inférieur. 

Le  bord  antérieur  se  compose  de  trois  portions  bien  distinctes  :  une  infé- 
rieure, une  moyenne,  une  supérieure.  —  La  portion  inférieure,  plus  petite, 
(St  représentée  par  une  crété  mince,  qui  sépare  le  bord  interne  de  l'apophyse 
palatine  du  bord  alvéolaire,  et  qui  se  termine  supérieurement  par  une  mince 
lamelle  triangulaire  ;  cette  lamelle  forme,  en  s'unissant  à  une  lamelle  sem- 
blable du  côté  opposé,  Vépine  nasale  antérieure  et  inférieure.  En  dehors  et  j 
au-dessous  de  l'épine  nasale,  se  trouve  la  fossette  myrtiformey  à  laquelle  s'at- 
tache le  muscle  de  ce  nom.  —  La  portion  moyenne,  concave,  contribue  à 
former  l'ouverture  antérieure  des  fosses  nasales.  —  La  portion  supérieure 
ost  constituée  par  le  bord  antérieur  de  l'apophyse  montante. 

Le  bord  postérieur  est  très-épais  et  arrondi  :  il  a  reçu  le  nom  de  tubérosité 
maxiiiaire.  Après  la  sortie  de  la  dernière  molaire,  il  s'affaisse  un  peu  et  en  j 

même  temps  il  s'allonge.  A  sa  partie  inférieure  et  interne  existe  une  surface  | 

rugueuse  qui  s'ariicule  avec  l'apophyse  ptérygoïdienne  de  l'os  palatin.  En 
fh'âans  et  un  peu  au-dessus  de  cette  surface,  on  remarque  ordinairement 
une  gouttière  oblique,  qui  fait  partie  du  conduit  palatin  postérieur. 

Lp  bord  supérieur  J  mince  et  inégal,  limite  en  dedans  la  face  orbitaire  de 
1  apophyse  pyramidale.  Sa  direction  est  horizontale  et  antéro-postérieure.  i 

ii  s'articule  en  avant  avec  l'os  unguis,  au  milieu  et  sur  la  plus  grande  partie 
(U*  son  étendue  avec  l'ethmoïde,  en  arrière  avec  l'apophyse  orbitaire  du 
palatin. 

Le  bord  inférieur  ou  alvéolaire  décrit  une  courbe  dont  la  concavité  regarde  j 

i*n  dedans  et  en  arrière.  Il  est  remarquable  par  les  cavités  creusées  dans  son 
épaisseur.  Ces  cavités,  appelées  alvéoles  y  affectent  une  direction  verticale  et 
une  forme  irrégulièrement  conique,  comme  les  racines  des  dents  qu'elles 
-^int  destinées  à  loger.  Des  cloisons  transversales  les  séparent  les  unes  des  j 

autres.  Les  antérieures  sont  simples;  les  postérieures,  qui  reçoivent  les  I 

^n»sses  molaires,  sont  subdivisées  par  des  cloisons  secondaires  en  trois,  quatre 
ou  cinq  loges  plus  petites.  Au  fond  de  chaque  alvéole  on  aperçoit  un  ou 
plusieurs  pertuis  qui  livrent  passage  aux  vaisseaux  et  nerfs  dentaires.  La  | 

{>«rtie  externe  de  ce  bord  présente  des  saillies  et  des  dépressions  alternatives  , 

plus  ou  moins  accusées  qui  correspondent  aux  alvéoles  et  à  leurs  cloisons. 


198 


OSTEOLOGIE. 


Conformation  intérieure.  —  ï.e  maxillaire  supérieur  est  presque  enlitr. 
ment  composé  de  tissu  compacte.  Il  existe  un  peu  de  tissu  spongieux  dan^  1^ 
partie  antérieure  de  son  apophyse  palatine,  dans  le  bord  alvéolaire  et  darr 
l'épaisseur  de  l'apophyse  montante. 

Connexions. —  Cet  os  s'articule  avec  deux  os  du  crâne,  le  frontal  et  leUi- 
moïde,  et  sept  os  de  la  face.  11  s'articule  avec  le  frontal  par  le  soaunet  do  >iMi 
apophyse  montante,  avec  l'elhmoïde  par  son  bord  supérieur;  avec  l'iinjui* 
par  la  partie  antérieure  de  ce  bord,  avec  l'os  propre  du  nez  par  son  boril 
antérieur,  avec  le  palatin  par  son  bord  postérieur,  avec  le  malaire  par  Ir 
sommet  de  son  apophyse  pyramidale,  avec  le  cornet  inférieur  par  >a  fa 
interne,  avec  le  vomer  et  le  maxillaire  du  côté  opposé  par  son  apophj>« 
palatine. 

Développement,  —  Le  mode  d'évolution  du  maxillaire  supérieur  pn-ekiiN 
dans  son  étude  de  très-grandes  difficultés  qui  ont  été  l'origine  de  nombn^u-» 
dissidences  parmi  les  anatomisles.  Aujourd'hui  encore  ce  point  de  la  sci«[n. 
reste  couvert  des  plus  épais  nuages.  De  nouvelles  recherches  que  j'ai  miil!i- 
pliées  et  longtemps  poursuivies  m'ont  démontré  que  cet  os  se  développe  i»^i: 
cinq  points  d'ossification. 

Pour  observer  ces  divers  points  d'ossification ,  il  importo  d'avoir  à  v. 
disposition  des  fœtus  de  deux  à  trois  mois,  et  d'autre  de  quatre,  cinq,  m\ 
mois  et  même  plus  Tigés;  il  importe,  en  outre,  de  procéder  à  la  préparai:  l 
et  à  l'isolement  du  maxillaire  supérieur  avec  des  ménagements  evln'mt^ 
qui  exigent  toute  une  étude  préalable,  lorsqu'il  est  au  début  de  son  êv- 
lution. 

De  ces  points  d'ossification  le  premier  embrasse  toute  la  partie  de  1  Vr; 
qui  est  située  en  dehors  de  la  gouttière  sous-orbi taire  :  il  constitue  le  p<»ir 
externe  ou  malaire.  —  Le  second  est  une  lame  à  concavité  interne  aux  dépt^n? 
de  laquelle  se  formeront  le  sinus  maxillaire  et  la  partie  interne  du  plaiichrr 
de  l'orbite  :  je  le  désignerai  sous  le  nom  de  point  supérieur  ou  orbitth-na^'. 
—  Le  troisième  donne  naissance  aux  deux  tiers  postérieurs  de  l'apoph}^ 
palatine  et  à  la  partie  interne  du  bord  alvéolaire  :  c'est  le  point  inférieur  <».• 
palatin.  —  Le  quatrième,  qui  comprend  l'apophyse  montante,  le  canal  na.- 
et  toute  la  partie  de  l'os  qui  est  au-dessous,  représente  le  point  anth^inu^  >  • 
ou  naml.  —  Le  cinquième  est  le  point  incisif. 

Aucun  de  ces  points  d'ossification  n'est  précédé  par  un  cartilage;  chai  .t 
'  d'eux  se  développe,  comme  tous  les  os  de  la  voûte  du  crâne,  aux  dépens  d  ui 
blastème  sous-périostique. 

Les  points  externe  et  supérieur,  en  s'appliquant  l'un  h  l'autre,  fornk':  » 
le  plancher  de  l'orbite.  La  gouttière  et  le  c^nal  sous-orbitaires  sont  le  n»5ul!aî 
de  leur  conjugaison.  Sur  toute  leur  étendue  on  obser\e  alors  une  suture  In  - 
manifeste  qui  s'efface  rapidement  sur  la  gouttière  et  sur  la  paroi  inféritu. 
du  canal,  mais  qui  persiste  longtemps  sur  la  paroi  supérieure  de  cehiJM  i 
En  arrière  du  rebord  de  l'orbite  elle  ne  disparait  même  jamais  entièrem»Mii 
Bien  qu'en  général  on  ne  la  retrouve  plus  sur  ce  rebord  quelques  ann» .  • 
après  la  naissance,  il  n'est  pas  rare  cependant  de  la  rencontrer  jusqu'à  *«». 
huit,  dix  ans  ;  dans  quelques  cas  plus  rares,  on  peut  l'observer  cnrort-  i 


i, 


DES  OS  DE  LA  FACE.  203 

G.  B«rit.  —  Des  quatre  bords  du  malaire  deux  sont  supérieurs,  l'un  anté- 
rieur, l'autre  postérieur;  et  deux  inférieurs,  distingués  aussi  en  antérieur  et 
p.istérieur. 

Le  bord  supérieur  et  antérieur  est  concave  ;  il  fait  partie  du  contour  de  la 
l>ase  de  l'orbite. 

Le  bord  supérieur  et  postérieur  décrit  une  courbe  qui  Ta  fait  comparer  à 
une  5  italique.  Il  donne  attache  à  l'aponévrose  du  muscle  temporal. 

Le  bord  inférieur  et  antérieur,  dentelé,  s  articule  avec  le  sommet  de  l'apo- 
i'h}>e  pyramidale  du  maxillaire  supérieur. 

Le  bord  inférieur  et  postérieur^  presque  horizontal,  est  rectiligne,  un  peu 
r-Jr^iicui;  il  donne  attache  au  muscle  masséter. 

•.  AaviM.  —  Ils  se  distinguent  en  supérieur,  inférieur,  antérieur  et  posté- 
ri«iir.—  Le  supérieur,  plus  long  et  plus  épais  que  les  trois  autres,  est  formé 
^•ar  le  concours  des  deux  bords  supérieurs  et  de  l'apophyse  orbitaire.  11  pré- 
^^'lÉle  à  son  sommet  des  dentelures  pour  s'articuler  avec  l'apophyse  orbitaire 
e\terne  du  frontal. — L'inférieur,  mousse  et  mince,  s'articule  avec  l'apophyse 
milaire  du  maxillaire  :  au  niveau  de  cette  union  il  existe  souvent  une  sorte 
df  tubercule,  le  tubercule  malaire.  —  L'antérieur,  qui  est  le  plus  mince  et  le 
plus  aigu,  s'unit  au  bord  correspondant  de  l'apophyse  pyramidale  du  maxil- 
\s\\  —  Le  postérieur,  dentelé  et  taillé  en  biseau  aux  dépens  de  sa  partie 
!j[»iTieun»,  s'unit  au  sommet  de  l'apophyse  zygoraatique,  qui  s'appuie 
'if  lui. 

(  unnexions,  —  L'os  malaire  se  trouve  en  connexion  avec  trois  os  du  crâne 
•  l  un  os  de  la  face.  Il  s'articule  avec  le  frontal  par  son  angle  supérieur,  avec 
!'•  sphénoïde  par  son  apophyse  orbitaire,  avec  le  temporal  par  son  angle 
i-'^térieur,  avec  le  maxillaire  supérieur  par  sa  face  interne  et  son  bord 
ifiii'rii'ur. 

(>t  o5  est  principalement  composé  de  tissu  compacte.  Il  se  développe  par 
Hi  ^('ul  point  d'ossification  qui  paraît  vers  la  fin  du  deuxième  mois  de  la  vie 
intra-utérine. 

HT.  -^  Os  propres  do  ncx. 

Le?  os  propres  du  nez  sont  situés  au-dessous  du  frontal,  au-dessus  de  Ton- 
torture  antérieure  des  fosses  nasales  qu'ils  contribuent  à  former,  en  avant  de 
1  apophyse  montante  des  maxillaires,  sur  laquelle  ils  s'appuient. 

Leur  figure  est  celle  d'un*  petit  rectangle,  un  peu  plus  large  înférieure- 
m.nt  que  supérieurement.  On  leur  considère  deux  faces,  deux  bords  et  deux 
'*\liémités. 

Hi^ur  les  mettre  en  position,  il  faut  tourner  en  avant  leur  face  la  plus  unie, 
«-ïi  «îi'dans  leur  bord  le  plus  épais,  en  bas  leur  extrémité  la  plus  large  et  la 
i'I'i^  mince. 

A.  Picf».  —  La  face  antérieure  ou  cutanée,  inclinée  en  dehors,  est  unie, 
"Mi  ave  de  haut  en  bas,  convexe  transversalement.  Sur  sa  partie  moyenne  on 
»'ii  rorifice  d'un  conduit  vasculairc  qui  s'ouvre  par  son  autre  extrémité  sur 
li  face  opposée.  Le  muscle  pyramidal  la  recouvre  sur  toute  son  étendue.  — 
'-î»  fdce  postérieure,  inclinée  en  arrière  et  en  bas,  est  concave  de  dedans  en 


192 


OSTEOLOGIE. 


outre  deux  petites  esquilles  occupant  chacune  le  sommet  du  rocher  corres- 
pondant. C'est  cette  fracture  qui  a  occasionné  la  déchirure  de  l'artère. 
Celle-ci  communique  par  un  large  orifice  avec  la  cavité  du  sinus  ;  la  veioe 
ophthalmique,  très-flexueusc ,  offre  un  calibre  énorme.  En  présence  de  ce 
fait,  autour  duquel  on  pourrait  en  grouper  quelques  autres,  il  n  est  plus 
permis  de  mettre  en  doute  la  réalité  des  fractures  par  contre-coup;  mais  une 
donnée  incontestable  reste  acquise  à  la  science  :  c'est  leur  excessive  rmrelé. 

ARTICLE  II. 
DE  LA  FACE. 

La  face  est  cette  partie  de  la  ttîte  qui  est  annexée  et  comme  suspendue  à  la 
moitié  antérieure  de  la  base  du  crâne. 

Elle  comprend  dans  sa  composition  :  d'une  part,  la  mâchoire  supêriewt, 
Tormée  par  l'assemblage  de  treize  pièces  ;  de  l'autre,  la  mâchoire  inféricMu. 
constituée  par  un  seul  os,  le  maxillaire  inférieur. 

Sur  les  treize  os  qui  font  partie  (le  la  mâchoire  supérieure,  un  seul.  \c 
vomery  occupe  la  ligne  médiane.  Parmi  les  os  pairs  ou  latéraux,  il  en  est  un. 
beaucoup  plus  considérable,  auquel  tous  les  autres  viennent  se  rattacher 
conmie  à  un  centre  commun,  c'est  le  maxillaire  supérieur.  Par  son  volumr 
et  son  importance,  il  mérite  de  fixer  d'abord  notre  attention.  Nous  décrirons 
ensuite  les  os  malaires,  les  os  propres  du  nez,  les  os  unguis,  les  palatin», 
les  cornets  inférieurs,  puis  le  vomer,  et  enfin  le  maxillaire  inférieur. 

§  1.   —  Des  08   DE  LA   FACE  EN   PARTICULIER. 
I.  —  MaxHIalrc  rapériear. 


Os  pair,  situé  au-dessous  des  orbites,  au-dessus  de  la  cavité  buccale,  entre 
les  fosses  nasales  à  la  formation  desquelles  il  prend  une  part  importante,  et 
l'os  malaire  qui  semble  le  prolonger  en  dehors  pour  l'unir  aux  tem- 
poraux. 

C^t  os  présente  une  légèreté  qui  contraste  avec  son  volume.  11  en  e>i 
redevable  à  l'existence  d'une  vaste  cavité,  de  forme  pyramidale  et  triangu- 
laire ,  dont  le  sommet  se  dirige  en  dehors ,  et  dont  la  base ,  touroée  t  o 
dedans,  commuViique  par  un  large  orifice  avec  les  fosses  nasales:  cette 
ca\ité  constitue  le  sinus  maxillaire.  Ainsi  creusé  à  son  centre  d'une  caTite 
à  minces  parois,  il  parait  comme  souftlé.  Il  est  remarquable,  en  outre,  ptf 
la  présence  d'une  longue  apophyse,  Vapophyse  montante^  qui  se  trouve  planv 
au  devant  et  au-dessus  du  sinus  et  qui  se  porte  presque  verticalement  en 
haut. 

Sa  forme,  bien  que  très-irréguliére,  permet  cependant  de  lui  considérer  : 
une  face  externe,  une  face  interne,,  deux  bords  verticaux  et  deux  U>ni- 
horizontaux. 


DES  OS  DE  LA  FACE,  193 

Pour  mettre  cet  os  en  position  et  distinguer  le  droit  du  gauche,  il  faut 
tourner  en  dedans  l'ouverture  du  sinus  maxillaire,  placer  en  avant  l'apo- 
physe montante,  et  diriger  en  haut  le  sommet  de  cette  apophyse. 

A,  Face  exteroc—  Séparée  de  la  face  interne  par  la  cavité  du  sinus  maxil- 
laire, celte  face,  ainsi  que  l'a  fait  remarquer  M.  Fort,  est  essentiellement 
constituée  par  une  grosse  apophyse,  de  forme  pyramidale  et  triangulaire, 
qui  reproduit  assez  fidèlement  les  dimensions  et  le  mode  de  configuration  du 
sinus.  La  direction  de  cette  apophyse  est  .transversale,  en  sorte  que  son  som-. 
met  se  porte  directement  en  dehors,  tandis  que  sa  base,  tournée  en  dedans, 
se  confond  avec  la  face  interne.  Nous  la  désignerons  sous  le  nom  d'apophyse 
transverse  ou  pyramidale,  par  opposition  à  l'apophyse  montante,  qui  est  ver- 
ticale et  aplatie. 

L'apophyse  pyramidale  du  maxillaire  supérieur  nous  offre  à  étudier  :  son 
Mimmct,  une  face  supérieure,  une  face  antérieure,  une  face  postérieure,  et 
trois  bords. 

Le  sommet,  légèrement  tronqué,  très-irrégulier  et  tout  hérissé  d'aspérités, 
^'articule  avec  l'os  de  la  pommette:  il  porte  le  nom  à^apophyse  malaire. 

La  face  supérieure  ou  orbitaire  est  plane,  triangulaire,  un  peu  inclinée 
di}  haut  en  bas  et  de  dedans  en  dehors.  Elle  forme  la  paroi  inférieure  ou 
11'  plancher  de  l'orbite.  —  On  remarque  à  sa  partie  moyenne  et  externe  une 
;:uuttière  que  limite  en  dehors  un  bord  mince  et  tranchant.  Ce  bord  s'avance 
obliquement  vers  celui  du  côté  opposé,  auquel  il  s'applique  bientôt,  -sans 
j'crdre  son  indépendance  primitive.  La  gouttière  revôt  alors  la  forme  d'un 
«anal,  qui  prend  le  nom  de  canal  sous-orbitaire,  et  qui  présente  constam- 
mt'ot  sur  sa  paroi  supérieure  une  scissure  ou  suture,  due  au  simple  adosse- 
ment  des  deux  bords  précédents.  Cette  scissure  se  prolonge  chez  les  jeunes 
Mijt'ts  jusqu'il  l'orifice  antérieur  du  canal;  mais  chez  les  individus  plus  âgés, 
t-lli*  disparait  en  avant  et  s'efface  sur  une  étendue  d'autant  plus  grande  que 
i  i^'e  est  plus  avancé.— A  son  extrémité  antérieure,  le  canal  sous-orbitaire 
^4'  divise  en  deux  canaux  très-inégaux  :  l'un,  plus  considérable,  qui  vient  se 
terminer  sur  la  face  antérieure  de  l'apophyse  pyramidale  par  un  orifice 
ippelé  trou  orbiiaire  inférieur  ou  sow-orbttaire  ;  l'autre,  plus  délié,  qui  s'in- 
(  Une  en  bas  et  en  dedans,  et  qui  constitue  le  conduit  dentaire  antérieur  et 
'U/  éfieur. —  La  gouttière,  et  le  canal  qui  la  prolonge,  donnent  passage  au  nerf 
et  aux  vaisseaux  sous-orbitaires.  Le  conduit  dentaire  antérieur  et  supérieur 
rtM;uit  les  vaisseaux  et  les  nerfs  destinés  aux  deux  incisives  et  à  la  canine 
•  jrrespondaDtes. 

1^  face  antérieure  ou  cutanée  de  l'apophyse  pyramidale  est  concave,  légè- 
T'-ment  inclinée  en  bas  et  en  dehors  ;  elle  a  reçu  le  nom  de  fosse  canine.  Sa 
l'urtie  inférieure,  en  général  plus  déprimée,  donne  attache  au  muscle  canin. 
A  sa  partie  supérieure,  on  voit  le  trou  sous-orbitaire,  que  limite  en  haut  et 
t'u  dehors  un  bord  mince  et  tranchant,  et  dont  le  côté  interne  offre  l'aspect 
1  tine  gouttière.  Au-dessus  de  ce  trou  existent  des  inégalités  destinées  à  l'in- 
M-rtion  du  muscle  élévateur  de  la  lèvre  supérieure. 

\ji  face  postérieure  ou  zygomatique  est  légèrement  concave  dans  le  sens 
transversal,  plane  dans  le  sens  vertical.  Elle  répond  au  bord  antérieur  du 
1.  13 


19/i 


OSTtOLOGIE. 


muscle  temporal.  Sur  la  limite  qui  la  sépare  du  bord  postérieur  on  remarqui 
un  ou  deux  orifices,  ordinairement  précédés  d'une  très-courte  gouttière.  Co 
orifices  sont  le  point  de^départ  des  conduits  dentaires  supérieurs  et  postérieurs. 
conduits  qui  se  portent  d'arrière  en  avant,  parallèlement  au  bord  inférieur 
ou  alvéolaire  de  l'os;  ils  contiennent  les  vaisseaux  et  les  nerfs  destinée  au\ 
dents  molaires. 

Des  trois  bords  de  l'apophyse  pyramidale,  l'un  est  postérieur,  l'autre  aiiti- 
rieur,  le  dernier  inférieur.  —  Le  bord  postérieur,  horizontal  et  un  pr; 
émoussé,  se  dirige  obliquement  d'arrière  en  avant  et  de  dedans  en  dehors.  T. 
contribue  à  former  la  fente  sphéno-maxillaire.  Sur  sa  partie  moyenne,  uu 
aperçoit  l'origine  de  la  gouttière  sous-orbitaire.  —  Le  bord  antérieur  [n\ 
partie  du  contour  de  la  base  de  l'orbite  ;  il  se  continue  en  dedans  a\c(  U 
lèvre  antérieure  de  la  gouttière  lacrymale.  —  Le  bord  inférieur,  très-sal 
lant,  concave,  sépare  la  face  cutanée  de  la  face  zygomatique;  son  exlrtmi!» 
supérieure  se  confond  avec  l'apophyse  malaire  ;  l'inférieure  répond  à  la  piv- 
mière  grosse  malaire. 

Au  devant  de  l'apophyse  pyramidale  s'élève  Vapophyse  montante,  qui 
appartient  à  la  fois  aux  deux  faces  du  maxillaire.  Cette  apophyse,  ai>[)i!' 
aussi  nasale  ou  verticale,  est  aplatie  de  dehors  en  dedans,  étroite  en  hi  :i. 
plus  large  inférieurement.  Elle  nous  oITre  à  considérer  deux  faces,  il»  :;\ 
bords,  une  base  et  un  sommet.  —  La  face  externe,  concave  de  haut  en  hu<. 
présente  un  et  quelquefois  deux  orifices  qui  livrent  passage  à  des  \ai>^4.au\. 
Klle  donne  attache  au  muscle  éiévatenr  commun  de  l'aile  du  nez  et  d<  . 
lèvre  supérieure.  —  La  face  interne  fait  partie  de  la  paroi  externe  desi  fi^r^- 
nasales.  On  observe  sur  sa  partie  inférieure  une  crête  trans\ersale  qui  ^art. 
cule  avec  le  cornet  inférieur.  Au-dessus  de  celle-ci  est  une  dépn.'ssii»!i  q. 
fait  partie  du  méat  moyen  des  fosses  nasales  ;  et  plus  haut  une  petite  stirut 
inégale  qui  s'unit  à  l'extrémité  antérieure  des  masses  latérales  de  l  db 
moïde. 

Le  bord  antérieur  de  l'apophyse  montante  est  mince,  inégal  et  coui»  i'. 
biseau  aux  dépens  de  la  face  interne  pour  s'articuler  avec  l'os  pr(n»n'  j. 
nez; il  se  dirige  obliquement  de  haut  en  bas  et  d'arrière  en  avant.— Lf  l>«r.i 
postérieur  est  creusé  d'une  large  gouttière,  dont  la  moitié  supérieuri-  û; 
partie  de  la  gouttière  lacrymale;  la  moitié  inférieure,  plus  large  et  plu-  pr- 
fonde,  fait  partie  du  canal  nasal.  Des  deux  lèvres  qui  limitent  cette  g.iiilti  r. . 
l'interne  est  verticale,  beaucoup  plus  longue  et  dirigée  en  arrière:  ello  .-  ar 
ticule  avec  le  bord  antérieur  de  l'os  unguis;  l'externe  est  con(a>e  et  {nv.r.v 
en  dehors  :  elle  fait  partie  du  contour  de  la  base  de  l'orbite. 

La  base  de  l'apophyse,  limitée  en  dedans  par  la  crête  ^  laquelle  s'atti*  n 
le  vomer,  se  continue  en  dehors  avec  la  fosse  canine.  —  Le  sommet,  ht'ri-> 
de  dentelures,  s'articule  avec  les  parties  latérales  de  l'échancrure  na^aU*  o.. 
frontal. 

B.  vtt  iBtcnM.  —  Elle  est  plane  et  verticale.  Une  apophyse  \olumin.  :- 
et  horizontale  la  divise  en  deux  étages  :  l'un,  inférieur,  qui  fait  partio  »it   - 
cavité  buccale;  l'autre,  supérieur  et  plus  considérable,  qui  fait  partit-  û 
fosses  nasales.  En  s'unissaat  à  celle  du  côté  opposé,  cette  aiK>ph}se  fonut  U  ^ 


DES  OS  DE  LA  FACE.  203 

c.  MHii.  —  Des  quatre  bords  du  malaire  deux  sont  supérieurs,  l'un  anté- 
rieur, lantre  postérieur;  et  deux  inférieurs,  distingués  aussi  en  antérieur  et 

postérieur. 

Le  bord  supérieur  et  antérieur  est  concave;  il  fait  partie  du  contour  de  la 
base  de  lorbitc. 

Le  bord  supérieur  et  postérieur  décrit  une  courbe  qui  l'a  fait  comparer  à 
une  S  italique.  Il  donne  attache  à  l'aponévrose  du  muscle  temporal. 

Le  bord  inférieur  et  antérieur,  dentelé,  s'articule  avec  le  sommet  de  l'apo- 
physo  pyramidale  du  maxillaire  supérieur. 

Le  bord  inférieur  et  postérieur,  presque  horizontal,  est  rectiligne,  un  peu 
riifîueui;  il  donne  attache  au  muscle  masséter. 

».  AbitIm.  —  Ils  se  distinguent  en  supérieur,  inférieur,  antérieur  et  posté- 
rieur. —  Le  supérieur,  plus  long  et  plus  épais  que  les  trois  autres,  est  formé 
par  le  concours  des  deux  bords  supérieurs  et  de  l'apophyse  orbitaire.  11  pré- 
•îeule  à  son  sommet  des  dentelures  pour  s'articuler  avec  l'apophyse  orbitaire 
t^vtorno  du  frontal.— L'inférieur,  mousse  et  mince,  s'articule  avec  l'apophyse 
raalaire  du  maxillaire  :  au  niveau  de  celte  union  il  existe  souvent  une  sorte 
<lf  tubercule,  le  tubercule  malaire.  —  L'antérieur,  qui  est  le  plus  mince  et  le 
plus  aigu,  s'unit  au  bord  correspondant  de  l'apophyse  pyramidale  du  maxil- 
i-iire.  —  Le  postérieur,  dentelé  cl  taillé  en  biseau  aux  dépens  de  sa  partie 
>upérieure,  s'unit  au  sommet  de  l'apophyse  zygomatique,  qui  s'appuie 
-nv  lui. 

Connexions.  —  L*os  malaire  se  trouve  en  connexion  avec  trois  os  du  crâne 
tt  un  os  de  la  face.  Il  s'articule  avec  le  frontal  par  son  angle  supérieur,  avec 
le  sphénoïde  par  son  apophyse  orbitaire,  avec  le  temporal  par  son  angle 
P»-térieur,  avec  le  maxillaire  supérieur  par  sa  face  interne  et  son  bord 
.jii(''Ti(»ur. 

M  ()<  est  principalement  composé  de  tissu  compacte.  Il  se  développe  par 
'in  sj'ul  point  d'ossifîcalion  qui  paraît  vers  la  fin  du  deuxième  mois  de  la  vie 
intra-utérine. 

m.  —  Ot  propres  €u  nei. 

Les  os  propres  du  nez  sont  situés  au-dessous  du  frontal,  au-dessus  de  Tou- 
MTtiiro  antérieure  des  fosses  nasales  qu'ils  contribuent  à  former,  en  avant  de 
I  apophyse  montante  dos  maxillaires,  sur  laquelle  ils  s'appuient. 

Leur  figure  est  celle  d'un*  petit  rectangle,  un  peu  plus  large  inférieure- 
:n«'ul  que  supérieurement.  On  leur  considère  deux  faces,  deux  bords  et  deux 
■  \  Inimités. 

hnir  les  mettre  en  position,  il  faut  tourner  en  avant  leur  face  la  plus  unie, 
^-ii  «lodans  leur  bord  le  plus  épais,  eu  bas  leur  extrémité  la  plus  large  et  la 
l'!n-  mince. 

\.  Face».  —  La  face  antérieure  ou  cutanée,  inclinée  en  dehors,  est  unie, 

•!irave  de  haut  en  bas,  convexe  transversalement.  Sur  sa  partie  moyenne  on 
»  'it  lorifice  d'un  conduit  \asculaire  qui  s'ouvre  par  son  autre  extrémité  sur 
U  Uirv  opposée.  Le  muscle  pyramidal  la  recouvre  sur  toute  son  étendue.  — 
Li  fdtv  postérieure,  inclinée  en  arrière  et  en  bas,  est  concave  de  dedans  en 


196 


OSTEOLOGIE. 


avant;  en  s'unissant  à  celle  du  côté  opposé,  elle  forme  la  portion  médiane 
du  canal  palatin  antérieur.  De  ce  bord  s'élève  une  crôte  mince,  qui  estsé{4- 
réc  de  la  crôte  correspondante  par  le  bord  inférieur  du  vomer.  —  Le  boni 
postérieur  est  transversal,  inégal  et  coupé  en  biseau  aux  dépens  de  la  face 
supérieure;  il  s'articule  avec  la  portion  horizontale  de  l'os  palatin.  —  Le  buH 
externe  se  confond  avec  le  reste  de  l'os. 

Au-dessous  de  l'apophyse  palatine,  on  observe  le  côté  interne  du  bord 
alvéolaire  qui,  en  se  continuant  avec  la  face  inférieure  de  cette  apophyse* 
contribue  à  former  la  voûte  du  palais. 

Au-dessus  de  cette  apophyse,  on  remarque  d'avant  en  arrière  :  !•  la  fatc 
interne  de  l'apophyse  montante;  2« au-dessous  de  celle-ci,  une  large  dcprv*- 
sion  qui  fait  partie  du  méat  inférieur  des  fosses  nasales;  3"  en  arrière  dt-  U 
base  de  l'apophyse  montante,  une  gouttière  infundibuliforme  qui  constitue 
la  plus  grande  partie  du  canal  nasal;  U^  au  delà  de  cette  gouttière,  la  baK>  «ic 
sinus  maxillaire  ;  et  sur  cette  base,  une  large  ouverture  irrégulièreroeni 
triangulaire,  qui  conduit  dans  le  sinus. 

L'ouverture  du  sinus  maxillaire  est  limitée  supérieurement  par  une  lami 
inégale,  sur  laquelle  sont  creusées  des  portions  de  cellules  qui  s'abouch»  n: 
avec  celles  de  l'ethmoide.  Inférieurement,  elle  est  limitée  par  deux  lanu-- 
tranchantes  qui  s'entrecroisent  et  qui  interceptent  une  fente  obliquemcD: 
dirigée  en  bas,  en  arrière  et  en  dedans. —  Cet  orifice,  extrêmement  large  >ar 
un  maxillaire  isolé,  est  beaucoup  plus  étroit  sur  une  tète  articulée  ;  il  se  tn>u>« 
alors  rétréci,  en  haut  par  l'ethmoide,  en  arrière  par  le  palatin,  en  bas  par  le 
cornet  inférieur.  Il  répond  au  méat  moyen  des  fosses  nasales. 

La  cavité  du  sinus  présente  trois  parois,  trois  bords  et  un  sommet,  qm 
correspondent  très-exactement  aux  trois  faces,  aux  trois  bords  et  au  somn^'i 
de  l'apophyse  pyramidale. 

La  paroi  supérieure,  plane,  comprend  dans  son  épaisseur  le  canal  s"  ;- 
orbitaire.— La  paroi  antérieure,  un  peu  convexe,  est  surmontée  d'une  saïK.t 
demi-circulaire,  qui  contient  le  conduit  dentaire  antérieur  et  supérieur 
Souvent  ce  conduit  est  incomplet;  il  prend  alors  l'aspect  d'une  simple  g  vA- 
tière.  —  La  paroi  postérieure,  légèrement  convexe  aussi,  renferme  les  con- 
duits dentaires  supérieurs  et  postérieurs,  qui  la  parcourent  de  dedans  vu 
dehors  et  qui  s'avancent  jusque  sur  la  paroi  antérieure,  pour  se  terminer  lu 
niveau  de  la  fosse  canine.  Comme  le  précédent,  ces  canaux  sont  sou>i:': 
ouverts  sur  une  assez  grande  partie  de  leur  trajet,  en  sorte  que  les  vaisH-am 
et  nerfs  destinés  aux  dents  molaires,  comme  ceux  destinés  aux  dents  ank- 
rieures,  se  trouvent  inmicdiatement  en  contact  avec  la  muqueuse  du  sinu*. 

Le  bord  postérieur  est  plus  long  que  le  bord  correspondant  de  l'apoph.w 
pyramidale.  —  L'antérieur,  plus  long  aussi  que  son  correspondant,  est  a»i.:- 
à  sa  partie  moyenne  par  la  saillie  du  conduit  dentaire  antérieur.  —  L  infé- 
rieur, qui  est  très-saillant  sur  Tapophyse  pyramidale,  est  au  contraire  e\îr- 
mement  mousse  du  côté  du  sinus  ;  il  se  confond  en  haut  avec  le  sommet.  C'- 
est uni,  arrondi  et  Iransporcnt  ;  en  bas,  ce  bord  forme  avec  les  parois  antérit  i  *' 
et  postérieure  d'une  part,  et  la  base  du  sinus  de  l'autre,  une  large  goutii*  :^ 
demi-circulaire,  dont  il  constitue  la  partie  la  plus  déclive.  Cette  goutti-  -^ 
répond  aux  racines  des  dents  molaires. 


DES  OS  DE  LA  FACE.  197 

Pour  compléter  Tétude  du  sinus  maxillaire,  il  convient  de  l'ouvrir  par  sa 
partie  externe,  en  enlevant,  à  l'aide  d'un  trait  de  scie,  tout  le  sommet  de 
l'apophyse  pyramidale.  On  peut  observer  alors  la  face  externe  de  sa  base,  et 
l'on  voit  très-bien  comment  son  ouverture  est  rétrécie  en  arrière  par  Tos 
palatin,  en  bas  par  l'apophyse  auriculaire  du  cornet  inférieur,  en  haut  par 
l'apophyse  unciforme  de  l'ethmoïde.  On  peut  constater  en  outre  qu'au  devant 
de  cette  ouverture,  la  hase  du  sinus  forme  une  saillie  curviligne,  étroite  en 
haut,  où  elle  répond  au  canal  nasal,  large  en  bas  et  en  arrière,  où  elle  répond 
au  méat  inférieur. 

La  capacité  du  sinus  maxillaire  varie  beaucoup  suivant  les  individus.  Il 
n'est  pas  rare  de  rencontrer  sur  ses  diverses  parois  des  cloisons  partielles. 

c.  Mêtûb.  —  Les  bords  du  maxillaire  supérieur  se  distinguent  :  d'après  leur 
direction,  en  verticaux  et  horizontaux;  et  d'après  leur  situation  relative,  en 
antérieur,  postérieur,  supérieur  et  inférieur. 

Le  bord  antérieur  se  compose  de  trois  portions  bien  distinctes  :  une  infé- 
rieure, une  moyenne,  une  supérieure.  —  La  portion  inférieure,  plus  petite, 
l'st  représentée  par  une  crête  mince,  qui  sépare  le  bord  interne  de  l'apophyse 
palatine  du  bord  alvéolaire,  et  qui  se  termine  supérieurement  par  une  mince 
lamelle  triangulaire  ;  cette  lamelle  forme,  en  s'unissant  à  une  lamelle  sem- 
blable du  côté  opposé,  Vépinê  nasale  antérieure  et  inférieure.  En  dehors  et 
au-dessous  de  l'épine  nasale,  se  trouve  la  fossette  myrti forme,  à  laquelle  s'at- 
tache le  muscle  de  ce  nom.  —  La  portion  moyenne,  concave,  contribue  à 
former  l'ouverture  antérieure  des  fosses  nasales.  —  La  portion  supérieure 
pst  constituée  par  le  bord  antérieur  de  l'apophyse  montante. 

Le  bord  postérieur  est  très-épais  et  arrondi  :  il  a  reçu  le  nom  de  tubérosité 
^naxiUaire.  Après  la  sortie  de  la  dernière  molaire,  il  s'affaisse  un  peu  et  en 
même  temps  il  s'allonge.  A  sa  partie  inférieure  et  interne  existe  une  surface 
rugueuse  qui  s'articule  avec  l'apophyse  ptérygoïdienne  de  l'os  palatin.  En 
dedans  et  un  peu  au-dessus  de  cette  surface,  on  remarque  ordinairement 
une  gouttière  oblique,  qui  fait  partie  du  conduit  palatin  postérieur. 

Le  bord  supérieur,  mince  et  inégal,  limite  en  dedans  la  face  orbitaire  de 

I  apophyse  pyramidale.  Sa  direction  est  horizontale  et  antéro-postérieure. 

II  s'articule  en  avant  avec  l'os  unguis,  au  milieu  et  sur  la  plus  grande  partie 
de  son  étendue  avec  l'ethmoïde,  en  arrière  avec  l'apophyse  orbitaire  du 
palatin. 

Le  bord  inférieur  ou  alvéolaire  décrit  une  courbe  dont  la  concavité  regarde 
«'n  dedans  et  en  arrière.  Il  est  remarquable  par  les  cavités  creusées  dans  son 
épaisseur.  Ces  cavités,  appelées  alvéoles,  affectent  une  direction  verticale  et 
une  forme  irrégulièrement  conique,  comme  les  racines  des  dents  qu'elles 
5(>nt  destinées  à  loger.  Des  cloisons  transversales  les  séparent  les  unes  des 
autres.  Les  antérieures  sont  simples;  les  postérieures,  qui  reçoivent  les 
grosses  molaires,  sont  subdivisées  par  des  cloisons  secondaires  en  trois,  quatre 
ou  cinq  loges  plus  petites.  Au  fond  de  chaque  alvéole  on  aperçoit  un  ou 
plusieurs  pertuis  qui  livrent  passage  aux  vaisseaux  et  nerfs  dentaires.  La 
partie  externe  de  ce  bord  présente  des  saillies  et  des  dépressions  alternatives 
plus  ou  moins  accusées  qui  correspondent  aux  alvéoles  et  à  leurs  cloisons. 


:206 


OSTHOLOGIE. 


tourner  eu  dedans  celui  des  trois  bords  de  cette  portion  qui  est  le  plu^  i  l'u-. 
et  en  arrière  celui  qui  est  concave. 

A.  Portion  horizontale.  —  Elle  est  située  en  arrière  de  Tapophysc  palatii.t 
du  maxillaire  supérieur  qu'elle  semble  prolonger.  Sa  figure  est  à  pou  pn 
carrée.  On  lui  considère  une  face  supérieure,  une  face  inférieure  cl  qualr» 
bords. 

La  face  supérieure^  unie ,  concave  transversalemcnl ,  plane  d'avanl  eu 
arrière,  contribue  à  former  le  plancher  des  fosses  nasales,  dont  elle  reprt^^oi  :. 
la  partie  la  plus  large. 

La  face  inférieure j  un  peu  inégale,  constitue  le  tiers  postérieur  de  la  \hù^^ 
palatine.  Elle  présente  en  arrière  et  en  dehors  une  petite  crête  qui  dniia 
attache  à  l'aponévrose  du  muscle  péristaphylin  externe.  En  avant  et  vu  drhr> 
de  cette  créle  on  voit  une  échancrure  qui,  en  s'opposant  à  une  érham  r;;' 
plus  petite  de  la  tubérosité  du  maxillaire  supérieur,  circonscrit  Torifice  \\\\ 
rieur  du  conduit  palatin  postérieur.  Celte  échancrure  représente  ordiiiair 
ment  les  deux  tiers  de  Torifice.  Souvent  celui-ci  est  complété  en  dehor-  }»i' 
la  base  de  Tapophyse  ptérygoïdienne  du  palatin. 

Le  bord  antérieur  est  mince,  inégal,  coupé  en  biseau  aux  dépens  de  la  U 
inférieure.  Il  s'articule  avec  le  bord  postérieur  do  Tapophyse  palalim  . 


Fifi.  52. 


Fi«.  5.K 


Os  jpnlatin, 
face  extentp. 


Os  palatin  j 
face    interne. 


Ki;î.  52.  — 1.  Faci'ttr  cMrrno  il.'  |'.i|K>|.hys«' <Ml>ilaiiv.— 2.  FaciMto  supriirur.   -«u     :• 
»l»'  cottr  a]»o|ihysc,M'i>ar('T  Hr  la  pn  rc'ilrnlc  \v.\y  un  l>or«l  iiioiissr  (|ui  fait  partir  «le  la  UuW  ^\ 
niaxillairc.  —  a.  Facrlto  anUiioinr  on  maxillain'.  — ^j.  l-:rhuM»  lure  M'paianl  Un  tW  .\ 
plivsrs  (lu  lM»nl  Mipi'rirur  H  foniiunl  lu  plus  ^raiule  partit-  <Ui  tnm  spliciio-palatin.  —  .i     V 
pl,>M'   spli.-iioKlal.'.  —  G.   (ioiiltii'iv  ciHitiilmaiil   a   foniirr   W    r.mdiiit    ]»alatin    j..,^.  t. 
7.  iNlilr  larrlti-  parfailniunt  unie  et  lisse,  (pii  i'sl  rcriic  dans  la   cavité  du   miiun  fi,  .v  • 
cl  (|iii  s<-  irouvc  rrcoiivi'il»'  j>ar  la  inmpn'Usr  de  c:c  sinus.  —  8.  Facette  ONlenie  de  I      - 
plenuoldienue.  —  9.  Luii^iue  ^oullieic  «jui  lecoit  le  l»ord  postérieur  de  1  aile  interne  d.      - 

pli\se  p!«i\^olde. 

Fin.  j.'J.  —  1.  Facette  intcnio  ou  etlmuddale  de  Tapopliyse  orldtaire  sur  Ia«iu.  11.-  .r'  ^ 
lorilicp  du  sinus   palatin.  —  2.  Facette  postérieure   m   sphénoidule   do   «  etU;    a|»opli>>-- 
A.  (>)l   de    1  ai»oplivse   orliilaire.  — /j.   Apopl«.vse    sphénoîdale.  —  j.   Petile   cn^le   al.: 
s  unit  I  extréniité  po>iéii<'ure  du  «omet  niou'ii.  — 0.  Apophyse  plérviioldienne  d..n!  on  m- 
siMiIcmetil  le  soniniel. —  7.  Siiilace  «onraNe  <|ui  fait  partie  «!e  la  paroi  externe  du  uk.iI  i»  ^ 

—  8.  Li.iijue  crèlc  ave(  laquelle  s  arU.  ule  le  cornet  iutVrieur.  —  9.  Surface  eonca\c  . 
huant  a  h.iincr  la  paroi  externe  du  un  al  inférieur.  —  10.  Bord  inUrno  de  lu  portion  h. 
taie  de  I  os.  un  u'al  cl  ru-iu-ux,  pour  s  articuler  avec  le  honl  eorrcspondanl  du  iialatio  «hj- 

—  11.  Moitié  gauche  de  l  épine  nasale  postérieure. 


DES  OS  DE  LA  FACÇ. 


207 


Le  bord  postérieuTy  uni  et  concave,  donne  attache  à  la  portion  aponévro- 
liquc  du  voile  du  palais. 

Le  bord  irUeme,  très-épais  et  rugueux,  s'articule  avec  la  portion  horizon- 
tale de  l'os  palatin  du  côté  opposé.  De  sa  partie  supérieure  s'élève  une  crête 
à  laquelle  s'applique  le  bord  inférieur  du  vomer.  En  se  prolongeant  en 
arrière,  il  donne  naissance  à  une  saillie  aiguë  qui  s'unit  à  une  saillie  sem- 
blable de  l'autre  palatin  pour  former  V épine  7iasale  postérieure. 

Le  bord  externe  se  confond  avec  le  bord  inférieur  de  la  portion  verticale  : 
c'est  sur  ce  bord  que  vient  s'ouvrir  le  conduit  palatin  postérieur. 

B.  Portioii  verticale.—  Cette  seconde  portion  est  un  peu  inclinée  en  dedans, 
plus  large,  plus  longue  et  plus  mince  que  la  précédente.  Elle  offre  la  figure 
<1  un  rectangle,  en  sorte  qu'on  peut  lui  considérer  aussi  deux  faces  et 
qualrc  bords. 

La  face  externe  présente  :  1"  en  avant,  une  petite  surface  unie  qui  est 
rt't ouverte  par  la  muqueuse  du  sinus  maxillaire;  2«en  arrière  de  celle-ci, 
une  large  surface  inégale  qui  s'étend  du  bord  supérieur  au  bord  inférieur,  et 
qui  s'articule  avec  la  partie  postérieure  de  la  face  interne  du  maxillaire  ; 
3'  plus  en  arrière  encore,  une  gouttière  verticale  qui,  en  se  réunissant  à  une 
^'••ultière  de  l'os  précédent,  forme  le  conduit  palatin  postérieur  ;  la  partie 


Fiji.  5'i. 


Fifi. 


Fi;i.  56. 


(h  palatin, 
eue  postérieui^. 


Os  palatin, 
vue  poster O'interne. 


Os  palatin, 
variété  de  conformation. 


Fij;.  5i.  —  1.  Facétie  interne  de  l'apophyse  orbitaire  et  sinus  palatin.  —  2.  Facette  supé- 
r .  rc.  —  3.  Facette  postérieure.  —  4.  cchancrure  du  bord  supérieur.  —  5.  Apophyse  sphé- 
.'U!«'.  —  6.  Gouttière  qui  reçoit   l'aile  interne  de  l'apophyse  ptérypoïde. —  7.  Portion  de 

"Il  gouttière  qui  repose  sur  l'apophyse  ptérypohiienne.  —  8.  (iouttièrc  moyenne  de  cette 
a  .  .ji\NO. — 0.  (jouttière  externe  de  la  niûnie  apophyse.  —  10.  Saillie  du  bord  antirieur 
1-  K|n)nd  a  l'orifice  et  à  la  ca>ilé  du  sinus  maxillaire.  — 11.  Bord  postérieur  de  la  portion 
L-  ii/.Mitale.  —  12.  Son  bord  antérieur.  —  13.  Son  bord  interne.  —  Mx-  Épine  nasale. 

Ki::.  55.  —  1.  Portion  horizontale  du  palatin.  —  2.  Sa  portion  verticale.  —  3.  Aiwphyse 
;i  r) iiMi.iiennc.  —  k-  Bord  interne  de  la  portion  horizontale.  —  5.  Epine  nasale.  — 6.  Crète 
Hi  ^articule  avec  le  cornet  inférieur.  — 7.  Échancrure  du  bord  supéiieur.  —  8.  Apophyse 
,il„Uire.  —  9.  Apophyse  sphénoîdale. —  10.  Gouttière  interne  de  l'apophyse  ptérygoidiennc. 
—  11.  Petite  crt'le  donnant  atUchc  au  tendon  du  péristaphylin  externe. 

Ki;:.  56.  —  Sur  ce  palatin,  les  deux  apophyses  du  bord  sup 'rieur  se  touchent  et  l'échan- 

'■•-r.  rompriso  entre  elles  se  transforme  en  trou.  —  1.  Face  externe.  —  2.  Goulticro  rontri- 
.  .1  a  former  le  conduit  palatin  postérieur.  —  3.  Trou  palatin.  —  4,  5,  6.  Les  facettes 
•  i  .«,  supérieui-c  el  postérieure  de  l'aiwphysc  orbilairc. — 7.  Apophyse  sphénolthUe. — 
b  tiiu'  externe  de  l'apophyse  ptérygoldieunc. 


208 


OSTEOLOGIE. 


inférieure  de  celle  gouttière,  toujours  plus  profonde,  décrit  les  deux  lion  i»u 
les  trois  quarts  d'un  canal  ;  quelquefois  elle  se  transforme  en  un  canal  cum- 
plet.  A  son  extrémité  supérieure,  on  observe  une  petite  surface  lisse  qui  faii 
partie  du  sommet  de  la  fosse  zygomatique. 

La  face  interne  contribue  à  former  la  paroi  externe  des  fosses  nasales.  \ïx 
offre  de  haut  en  bas  :  1»  une  crôte  antéro-postérieure  extrêmement  court». 
située  sur  le  pédicule  de  l'apophyse  orbitaire;  cette  crête  s  articule  avec  !<' 
cornet  moyen  ou  ethmoïdal;  2*  une  dépression  qui  fait  partie  du  mti! 
moyen  ;  3°  une  seconde  crOte  horizontale  qui  s'étend  du  bord  antérieur  au 
bord  postérieur  de  la  portion  verticale,  et  qui  s'unit  au  cornet  inféritur. 
Ix*  une  seconde  dépression  plus  accusée  que  la  précédente,  qui  fait  paru 
du  méat  inférieur. 

Le  bord  antérieur,  irrégulier  et  tranchant,  présente  à  sa  partie  moyor»:K 
un  prolongement  anguleux  qui  concourt  à  rétrécir  Torifice  du  sinus  maxi. 
laire.  Ce  prolongement  est  reçu  dans  la  fente  qu'on  remarque  k  la  partx 
inférieure  de  Forifice;  son  extrémité  pénètre  dans  le  sinus  et  se  l^uu^t 
recouverte  en  dehors  par  la  muqueuse  de  cette  cavité  :  cette  portion  s<>uv 
muqueuse  de  la  face  externe  contraste  par  son  poli  avec  les  portions  articu- 
laires voisines. 

Le  bord  postérieur,  irrégulier  aussi,  est  concave.  11  s'applique  au  bi  rJ 
antérieur  de  l'aile  interne  de  l'apophyse  ptcrygoïde. 

De  l'angle  que  forme  le  bord  postérieur  avec  le  bord  correspondant  di  la 
portion  horizontale  on  voit  naître  une  saillie  volumineuse  qui  se  porte  m 
bas,  en  arrière  et  en  dehors.  Cette  saillie  s'articule  avec  Tangle  rentrant  -i- 
sommet  de  l'apophyse  ptérygoïde  ;  elle  revêt  la  forme  d'une  pyramide  à  Iw-»» 
triangulaire,  d'où  les  noms  d'apophyse  ptérygoidienne,  à'apophyie  pyramtàj 
qui  lui  ont  été  donnés.  —  Sa  face  supérieure  offre  trois  gouttières  :  un 
externe,  très-inégale,  qui  reçoit  le  bord  postérieur  de  l'aile  externe  de  la;»- 
physc  ptérygoïde  ;  une  interne,  tantôt  plus  courte,  tantôt  beaucoup  i- u- 
longue,  qui  reçoit  le  bord  postérieur  de  l'aile  interne  ;  et  une  moyenne  li^v, 
triangulaire,  qui  est  reçue  dans  l'espace  compris  entre  ces  deux  ailes  ol  q  >: 
complète  la  fosse  ptérygoïde.  —  Sa  face  inférieure  forme  une  dépeuila:' 
de  la  voûte  palatine.  On  y  remarque  deux  perluis,  qui  sont  les  orifices  lufi- 
rieurs  des  conduits  palatins  accessoires.  —  Sa  face  externe  est  denleléf  }►  v.r 
s'articuler  avec  la  tubérosité  du  maxillaire  ;  elle  offre  une  petite  fai>::' 
triangulaire  qui  fait  partie  de  la  fosse  zygomatique.  —  Sa  base  se  conlii.  «• 
avec  l'angle  de  réunion  des  portions  horizontale  et  verticale;  elle  est  crcunt 
d'une  gouttière  qui  fait  partie  du  conduit  palatin  postérieur.  —  Son  sorani.  t 
est  couché  presque  horizontalement  sur  l'extrémité  inférieure  do  1  j  ^ 
externe  de  l'apophyse  ptérygoïde. 

Le  bord  inférieur  de  la  portion  verticale  se  confond  avec  le  bord  e\torr:t 
de  la  portion  horizontale. 

Le  bord  supérieur  est  surmonté  de  deux  apophyses  :  l'une  po5téri«'un 
inclinée  en  dedans  et  en  arrière,  c'est  Vapophyse  sphénoïdale;  l'autn*  a:*- 
rieure,  beaucoup  plus  considérable,  un  peu  inclinée  en  dehors,  cc^\  1  ^  - 
physe  orbitaire.  Ces  apophyses  sont  séparées  par  une  large  échancrun  s  • 
le  sphénoïde  convertit  en  un  trou  nommé  sphéno^palatin.  Quelquefois  tl  r» 


DES  OS  DE  LA  FACE.  200 

s  uuisseDt  Tune  à  l'autre  ;  Téchancrure  est  alors  remplacée  par  un  trou  : 
d autres  fois  on  observe  un  trou,  et  au-dessus  de  celui-ci  uue  petite 
échftiicrure. 

L'apophyse  postérieure  ou  sphénoïdale,  moins  élevée  que  l'antérieure, 
présente  trois  facettes  :  une  interne,  concave,  qui  fait  partie  des  fosses  nasales  ; 
une  externe,  convexe,  qui  répond  au  sommet  de  la  fosse  zygomatiquc  ;  une 
Mipérieure,  plus  petite,  creusée  d'une  gouttière  qui  contribue  à  former  le 
rouduit  ptérygo-palatin. 

L'apophyse  antérieure  ou  orbitaire  se  continue  avec  le  bord  supérieur 
de  l'os  par  un  pédicule  que  limite  en  bas  et  en  dedans  la  petite  crOte  à 
laquelle  s'attache  le  cornet  moyen,  et  qui  semble  avoir  subi  une  sorte  de 
lorsion  sur  son  axe.  Cette  apophyse  est  creusée  d'un  sinus  qui  porte  le  nom 
de  sinus  palatin.  Elle  ofTre  cinq  facettes  : 

l"  Tne  facette  supérieure,  inclinée  en  dehors,  qui  constitue  le  sommet  du 
plancher  de  l'orbite.  Lorsqu'elle  est  Irùs-incliuée,  elle  fait  partie  aussi  de  la 
paroi  interne  de  cette  cavité  ;  quelquefois  môme  elle  appartient  en  totalité 
à  cette  paroi. 

2*  l'ne  facette  externe  inclinée  en  bas  et  en  arriére,  constituant  le  sommet 
de  la  fosse  zygomatique.  Elle  est  séparée  de  la  précédente  par  un  bord 
mousse  qui  concourt  à  la  formation  de  la  fente  sphéno-maxillaire. 

3»  Une  facette  interne  qui  s'articule  avec  les  masses  latérales  de  l'eth- 
moïde,  et  sur  laquelle  il  n'est  pas  rare  de  rencontrer  l'ouverture  du  sinus; 
«ehii-ci  communique  alors  avec  les  cellules  ethmoïdales  postérieures. 

T  lue  facette  postérieure  tournée  en  haut  et  en  dedans,  et  articulée  avec 
la  partie  inférieure  de  l'orifice  du  sinus  sphénoïdal.  t/cst  en  général  sur 
(  ettc  facette  que  s'ouvre  le  sinus  palatin  ;  dans  ce  cas,  il  communique  avec 
Ir  précédent. 

.V  Enfin  une  facette  antérieure,  plane,  triangulaire,  qui  s'articule  avec 
:itie  facette  semblable  du  maxillaire,  située  à  l'union  de  son  bord  supérieur 
îi>oc  le  postérieur. 

I^arrai  ces  cinq  facettes,  les  deux  premières,  recouvertes  par  le  périoste, 
M»iit  lisses  et  unies  ;  les  trois  autres,  ou  facettes  articulaires,  sont  au  con- 
traire plus  ou  moins  inégales.      * 

Connexions.  —  Le  palatin  s'articule  avec  deux  os  du  crâne,  avec  deux  os  de 
l'i  face  et  avec  celui  du  côté  opposé.  Il  s'articule  avec  le  sphénoïde  par  le 
bord  postérieur  de  sa  portion  verticale  et  ses  trois  apophyses;  avec  Teth- 
moïde  par  son  apophyse  orbitaire  ;  avec  le  maxillaire  supérieur  par  cette 
même  apophyse,  par  son  apophyse  ptérygoïdienne  et  par  la  face  externe  de 
M  portion  verticale;  avec  le  cornet  inférieur  par  la  crôte  principale  de  la 
fa -e  interne  de  cette  portion. 

<:el  os  contient  un  peu  de  tissu  spongieux  dans  sou  apoph)  se  ptérygoïdienne  ; 
»ur  le  reste  de  son  étendue  il  est  presque  entièrement  composé  de  tissu 
compacte. 

DrvAoppemenL  —  Le  palatin,  comme  tous  les  os  de  la  face,  se  développe 
aiiv  dépens  d'un  blastème  sous-périostique.  11  a  pour  origine  un  seul  point 
d  M:>^iflcation  qui  occupe  l'angle  de  réunion  des  deux  portions.  La  portion 
i.  la 


210 


OSTËOLOGIE. 


liorizoutale  s'étend  plus  rapidement  et  l'emporte  d'abord  sur  la  vertinlf  : 
plus  tard,  cette  dernière  s'allonge  un  peu  ;  il  s'établit  alors  entre  l'une  et 
l'autre  une  sorte  d'égalité.  Lorsque  le  sinus  maxillaire  s'agrandit,  le  boni 
postérieur  de  l'os  dans  lequel  il  est  creusé  s'allongeant  considérablement  de 
bas  en  haut,  on  voit  la  portion  verticale  s'allonger  aussi  et  devenir  prédo- 
minante. 

VI.  —  Cornet  Inférteor. 


Le  cornet  inférieur  est  un  os  pair,  situé  sur  la  paroi  externe  des  fof>e> 
nasales,  au-dessous  de  l'entrée  du  sinus  maxillaire. 

Cet  os  est  allongé  d'avant  en  arrière,  enroulé  de  haut  en  bas  et  de  dedaiir 

endehors.  il  présente  deux  faces  :  l'une  convexe,  dirigée  en  dedans,  Tauirr 

concave,  dirigée  eu  dehors;  deux  bords  :  l'un  supérieur,  mince  et  fra^U* , 

l'autre  inférieur,  plus  épais  ;  et  deux  extrémités  :  Tune  antérieure,  l'autre  p<«?- 

térieure  plus  ou  moins  effilée. 

Pour  le  mettre  en  position,  il  faut  tourner  sa  face  convexe  en  dedans,  ^*u 
bord  le  plus  épais  en  bas,  et  son  extrémité  la  plus  large  en  avant. 

A.  fmm.  —  La  face  interne  ou  convexe  est  remarquable  par  les  rugotiti-f 
disséminées  sur  toute  son  étendue.  Une  saillie  antéro-postérieure  la  diu^ 
eu  deux  moitiés  à  peu  près  égales;  la  moitié  supérieure,  tournée  en  haut,  fait 
partie  du  méat  moyen  des  fosses  nasales  ;  la  moitié  inférieure,  très-ragueu?^. 
regarde  en  dedans  et  un  peu  en  bas. 

La  face  externe  ou  concave  est  beaucoup  moins  inégale  que  la  précédeuti'. 
Klle  fait  partie  du  méat  inférieur. 

1.  ■ortfs.  —  Le  bord  supérieur  y  très-irrégulier,  est  oblique  en  bas  et  on 
avant  dans  son  tiers  antérieur,  pour  s*articuler  avec  la  crête  égmlemiMii 


Fig.  58. 


Cornet  inférieur, 
face  interne  ou  contesta. 


Cornet  inférieur^ 
face  externe  ou  concax>e. 


Fig.  57.  —  1, 1.  GréU»  antéro-posUfrieure  qui  divise  la  face  interne  en  deux  partu^  »  ** 
pirs  égale».  —  3,  3.  Bord  inférieur.  —  3,  3.  Partie  antérieure  ou  oblique  do  bord  vi|«r.' . 
|uir  laquelle  le  cornet  s'articule  avec  la  crête  située  a  la  hase  de  l'apophvse  moDUn:* 
uiaxillain*.  —  4.  Apophyse  ungucale.  —  5.  Apophyse  à  laquelle  vient  s'unir  r«p"i'*'' 
uncifonnc  de  Tethmolde.  —  ti.  Partie  du  bord  supérieur  qui  s'articule  «fec  la  crêieàe  U  t*  « 
interne  iln  palatin.  —  7.  ExtréiniU'  antérieure.  —  8.  Extrémité  |>o»térieure. 

Fig.  58.  —  1.  I^rge  dépression  mcupant  la  partie  moyenne  ou  centrale  de  la  fane  c\i< v' 
—  3,  3.  Bord  inférieur  tres-é|>ais  et  rugueux.  — 3,  3.  Partie  antérieure  ou  obliqve  do   > 
supiTieur.  —  k.  Apophyse  unguéale.  —  5.  Apophyse  qui  s'articule  avec  l'apophyse  mnrù  --^ 
•le  l'ethmolde.  —  6.  Portion  du  bord  supérieur  qui  s'unit  à  la  crête  du  palatin.  —  T    V* 
pliyse  anriculaire. 


DES  OS  DE  LA  FACE.  *ill 

oblique,  qui  répond  à  la  base  de  Tapophyse  montante  du  maxillaire.  —  En 
arrière  de  cette  portion  oblique  on  voit  l'apophyse  unguéale^  convexe  en 
dedans,  concave  en  dehors,  qui  représente  la  partie  la  plus  culminante  du 
bord  supérieur.  Cette  lamelle  s'articule  en  haut  avec  l'extrémité  inférieure 
de  Tos  unguis;  en  avant  et  en  arrière  avec  les  bords  de  la  gouttière  nasale. 
Elle  contribue  par  conséquent  à  la  formation  du  canal  nasal.* 

Sur  la  portion  moyenne  du  bord  supérieur  il  existe  deux  autres  lamelles, 
Tune  descendante,  Tautre  ascendante.  —  La  première,  beaucoup  plus  large, 
a  été  comparée,  par  Bertin,  à  une  oreille  de  chien,  d'où  le  nom  d'apophyse 
auriculaire,  sous  lequel  elle  est  connue.  Sa  figure  est  demi-circulaire.  En  se 
continuant  avec  le  bord  supérieur,  elle  constitue  une  gouttière  qui  se  trouve, 
pour  ainsi  dire,  à  cheval  sur  le  prolongement  de  la  lèvre  postérieure  de  la 
{Touttièrc  nasale,  et  qui,  en  soutenant  le  cornet  inférieur,  concourt  à  le  fixer 
dans  sa  situation.  Il  suit  de  cette  disposition  que  l'apophyse  auriculaire 
répond  par  sa  face  interne  à  la  base  du  sinus  maxillaire,  et  par  l'externe  à  la 
muqueuse  qui  revêt  cette  cavité.— La  seconde  lamelle,  ou  apophyse  ethmotdale, 
est  très-petite  et  très-variable  suivant  les  individus  ;  elle  est  située  à  l'extré- 
mité postérieure  et  au  côté  externe  de  la  précédente.  Son  sommet  s'articule 
e(  souvent  se  continue  avec  l'apophyse  unciforme  de  l'ethmoïde.  Cette  union 
a  pour  résultat  de  diviser  l'entrée  du  sinus  maxillaire  déjà  très-rétrécie  en 
deux  parties  :  l'une,  antérieure,  persistante,  qui  communique  avec  l'infun- 
dibulum  de  l'ethmoïde  et  les  sinus  frontaux  ;  l'autre,  postérieure,  qui  com- 
munique avec  le  méat  moyen  sur  une  tète  sèche,  mais  qui  est  ordinairement 
fermée  sur  une  tête  revêtue  de  ses  parties  molles. 

Le  tiers  postérieur  du  bord  supérieur  est  inégal  et  s'articule  avec  la  prin- 
cipale crête  de  la  portion  verticale  du  palatin. 

Le  bord  inférieur  est  convexe,  plus  épais  que  le  supérieur,  et  remarquable 
surtout  par  les  rugosités  très-multipliées  qui  le  recouvrent. 

c.  BxirCfliltêt.  —  Vextrémité  antérieure  est  mince,  large,  anguleuse,  arti* 
c  ulée  en  haut  avec  le  maxillaire,  libre  en  bas. 

Lfxirémité  postérieure,  située  sur  le  prolongement  de  la  saillie  que  pré- 
H.>nte  la  face  interne,  se  termine  par  une  pointe,  inégale,  plus  ou  moins  aiguë. 

Le  cornet  inférieur  est  formé  de  tissu  compacte.  Il  se  développe  par  un 
K'ul  point  d'ossification  qui  se  montre  quelques  mois  après  la  naissance. 

fil.  —  ¥raMr  et  eartila«c  «e  la 


Le  vomer  est  un  os  impair,  médian  et  symétrique,  situé  à  la  partie  posté- 
rieure et  inférieure  de  la  cloison  des  fosses  nasales.  11  est  allongé  de  haut  en 
bas  et  d'arrière  en  avant,  aplati  transversalement  et  creusé  sur  sa  partie 
supérieure  d'une  large  gouttière. 

Irrégulièrement  quadrilatère,  on  lui  considère  deux  faces,  l'une  droite, 
1  autre  gauche,  et  quatre  bords.  Pour  le  mettre  en  position,  il  faut  placer  en 
haut  la  gouttière  qu'il  présente,  donner  à  cette  gouttière  une  direction  hori- 
vtntale,  et  diriger  en  arrière  son  extrémité  libre. 

Les  face*  contribuent  à  former  la  paroi  interne  des  fosses  nasales.  Elles 


312 


OSTHOLOGit. 


tïont  ordiiiuiremeiil  verticales ,  c'est-à-dire  exuclemeul  situées  sur  le  pUu 
iLiédiau.  Mais  très-souvent  elles  se  dévient  à  droite  ou  à  gauche,  eu  sorte  qu« 
1  une  d  elles  devient  concave,  l'autre  convexe  ;  la  fosse  nasale  vers  laquelle 
(lies  s'inclinent  ainsi  se  trouve  plus  ou  moins  rétrécie,  tandis  que  celle  du 
côté  opposé  s'élargit  proportionnellement.  Ces  faces  sont  recouvertes  par  l<i 
pituitaire. 

Le  bord  supérieur,  court  et  large,  semble  se  dédoubler  pour  former  ini- 
gouttière  antéro-postérieure  qui  répond  k  la  crête  de  la  face  inférieure  du 
i'orps  du  sphénoïde.  Les  bords  de  cette  gouttière,  ou  ailes  du  vomer,  «<>iii 
rerus  dans  la  rainure  qu'on  remarque  sur  le  côté  interne  de  la  base  des  apo- 
physes plérygoïdes. 

Le  bord  inférieur  est  le  plus  long.  Il  s'ailicule  avec  l'apophyse  palatine  d<^ 
maxillaires  en  avant,  et  la  portion  horizontale  des  palatins  en  arrière. 

Le  bord  antérieur  y  incliné  en  haut,  s'unit  supérieurement  à  la  lame  pir- 
pendiculaire  de  l'ethmoïde,  et  inl'érieurement  au  cartilage  de  la  cloison  do- 
fosses  nasales. 

Le  bord  postérieur,  incliné  en  bas,  est  libre,  mince  et  uni.  Il  sépare  1  oin-  : 
[lire  postérieure  de  la  fosse  nasale  droite  de  celle  de  la  fusse  nasale  gaut  h< . 

Omnesions,  —  Le  vomer  s'articule  avec  deux  os  du  crâne  et  quatre  «^^  «i- 
la  face  :  avec  le  sphénoïde  par  son  bord  supérieur,  et  l'ethmoïde  par  >•  ; 
Imrd  antérieur;  avec  les  deux  maxillaires  et  les  deux  palatins  par  son  hri 
iïiférieur. 

Conformation  intérieure.  —  Cet  os  est  formé  de  deux  lames  parallèles,  q  • 
se  confondent  en  bas  et  en  arrière,  mais  qui  restent  distinctes  en  avant  et  «  : 
haut.  In  prolongement  émané  du  cartilage  de  la  cloison  remplit  l'interxa' 
r|iii  les  sépare. 

Développement.  — Tous  les  auteurs  s'accordent  pour  admettre  que  le  \miu.  r 
rsl  précédé  par  un  cartilage  dans  1  épaisseur  duquel  il  prend  naissant.  J 
m'étais  d'abord  rallié  à  l'opinion  commune  ;  mais  de  nouvelles  observali".  • 
m'ont  appris  qu'il  ne  se  développe  pas  aux  dépens  de  ce  cartilage.  On  le  >. . 
constamment  apparaître  à  la  surface  de  celui-ci.  ('x)mme  Ions  les  o-  «l:i 
même  groupe,  il  a  pour  point  de  départ  le  blastème  sous-périostique.  Oi- 
stamment  aussi  il  apour  origine  deux  points  d'ossification,  Tun  droit  et  r.nilr» 
gauche,  qui  répondent  à  la  partie  la  plus  inférieure  du  cartilage  de  la  (  U>. 
î^on.  Ces  points  se  montrent  du  cinquième  au  sixième  mois  de  la  \ie  in'n 
nlérini»,  s[)us  la  forme  d'une  lamelle  elliptique  de  3  millimètres  de  longiiti.i 
Les  deux  lamelles  s'unissent  très-rapidement  par  la  partie  moyenne  de  l  ur 
îw)rd  inférieur,  et  forment  alors  une  gouttière  de  ^  à  5  millimètres,  oim."-»' 
en  arrière  et  en  avant.  La  fusion  contiiniant  A  s'opérer,  la  g(»nttière  ne  la^! 
pas  i\  se  compléter,  et  en  même  temps  son  bord  inférieur  s'élargit.  Vue  T-  • 
lonslituée,  celle-ci  s'allonge  de  plus  en  plus,  tandis  que  ses  bord8s'éle\e  : 
Elle  se  prolonge  ainsi,  d'une  part,  jusqu'au  conduit  palatin  antérieur  et  j  -^ 
qu'à  l'épine  nasale  postérieure;  de  l'autre  jusqu'à  la  crête  du  sphénoîdo.  •• 
ses  bords  s'écartent  pour  s'incliner  en  dehoi's. 

Le  \omer  est  donc  indépendant  du  cartilage  de  la  cloison  à  sa  nais>ai.(  «  . . 
pendant  toute  la  durée  de  son  dé\eloppemenl  ;  il  ne  s'approprie  pasct'hn-c 


i 


DES  OS  DE  LA  FACE. 


2i:j 


il  Tombrasso.  i]e  mode  de  développement  nous  rend  comple  de  son  mode  de 
(oiiformalion  et  de  la  présence  si  exceptionnelle  d'une  lame  cartilagineuse 
dans  son  épaisseur. 

Quelques  années  après  la  naissance,  d'autres  modifications  se  produisent. 
Le  cartilage  est  résorbé  inférieurement;  les  deux  lames  de  l'os  se  rappro- 
l'hont,  puis  se  confondent  en  une  seule.  Cette  lame  s'amincit  à  son  tour  chez 
Tadulte  dans  toute  sa  moitié  postérieure.  La  résorption  du  cartilage  et  la 
fdsion  des  deux  lames  peuvent  s'étendre  à  toute  la  hauteur  du  vomer  ;  c'est  ce 
qiiun  obsene  chez  quelques  adultes,  et  surtout  chez  le  vieillard. 

Cartilage  de  la  cloison, —  Pendant  tonte  la  première  moitié  de  la  vie  fœtale, 
la  cloison  des  fosses  nasales  est  exclusivement  constituée  par  un  cartilage  qui 
•Vtend  de  leur  paroi  supérieure  H  rinférieuro,  et  de  leur  ouverture  anté- 
rieure à  la  postérieure. 

Dans  le  laps  de  temps  qui  s'écoule  du  cinquième  mois  j\  la  naissance,  on  voit 
naître  les  deux  lames  qui  embrassent  dans  leur  intervalle  sa  pnriie  inférieure 


FÎR  r^o. 


Voilier  et  cartiiaye  de  in  cloison. 

I.  (lariilai;!'  tU*  la  rloi.sou.  —  2.  Bord  supthieur  cl  jh»Ii rieur  de  ce  cartilage,  uni  a  la 
■.'•t.<-  |w»r]K»iiilirulairc  de  l'ethnioîdo.  —  3.  Son  bord  supcriour  el  antt^rieur,  uni  au  cartilagr 
îiiénil  du  iiei.  —  4.  Coupe  du  rartilane  iaitral  du  nez.  —5.  Bord  inférieur  el  antérieur  il;i 

.iMila^  de  la  cloison.  —  6.  Cartilage  de  l'aile  du  iioz  débordant  relui  de  la  cloisou.  — 
T.  Ikiid  inférieur  et  postérieur  du  cartilup'  de  la  cloison,  uni  au  l)ord  antérieur  du  vonier. 
—  8.  Prolongement  intra-Tomérien  de  ce  cartilage,  dont  les  bords  supérieur  et  inférieur  sont 

•  *><\nés  par  deux  signes  ponctués.  —  9,9.  Bord   supérieur  ou  base  du  Tonier,  dont  l'aile 

.  lit*  a  .  !>•  tii'.rM'e.  —  10.  Bord  ^wsiéricur  «le  cet  os.  —  11.  Son  bord  inférieur,  uni  aux 

l^.L'.ins  et  a  lapophyNC  puliitiiie  «les  iiiaMUaircs.  —  12.  Sommet  du  vonier;  au-dessus  de  ce 

-.iiiiM'l  oïl  toit  un  très- petit  curlilap'  <|ui  savaiiro  jus<iue  sur  l'épine  nasale,  el  qui  existe 
<  ox^umnient.  —  13.  Branche  jln)ile  du  nnuluil  palatin  antérieur.  —  \'i.  Orifice  inférieur  de 
u  iimnrhe  gaurhe  de  ee  «unduil. 


'il^l  OSTKOl.OdlK. 

ri  iK)st('Ti(Mir<',  cl  qui  coinpotHOnt  le  muiht.  Ainsi  oiiiprisonin''  sur  mu»  priili-- 
«le  Sun  rlcnduc,  \r  carlil.'i^^o  de  lu  cliMsoii  ne  subit  d'alxtrd  aucune  réducliui: 
dans  SCS  dinicnsidus  :  il  csl  siniplonicnl  doublé  à  droilc  et  à  gauche  d'un»' 
lame  osseuse. 

Apres  la  naissance,  sa  jiailie  supérieure  et  anlériein'c  s'ossiticel  [)rend  aloiv 
le  nom  de  Imnr  perpcndiculdirv,  de  rt'thmonif.  Vax  même  temps  sa  pailir 
inlericure  (»t  ijoslcrieurc  csl  résorbée  de  bas  en  haut,  à  mesure  que  It^s  dcu\ 
lames  du  \omer  se  raijpioelicnl.  Il  se  réduit  donc  à  S(»s  doux  evtrémilo 
opposées.  l.(U'squ'on  l'examine  chez  l'adulte,  il  n'est  plus  représenté  que  par 
un  sc^'incnl  (|uadrilalère,  situé  dans  l'angle  rentrant  que  forment  la  \du\v 
per[)endiculaire  de  retbmoïde  ri  le  \omer,  et  par  une  sorte  d'appendice  qu'il 
cn\(de  dans  l'épaisseur  di*  ce  dernier, —  l>es  quatre  bords  de  ce  cartilage  dcie 
s«Mit  postérieurs  et  deux  antérieurs, 

l.e  Itord  pustt'iù'ur  et  ,Knj)i''rirnr  s'unit  à  la  lame  perpendiculaire  de  l'elli- 
moitié  à  la  manière  de>  ciMcs  a\cc  les  cartilages  costaux;  il  est  inégalement 
découpé, 

\x  (uifil  jmstrneur  i'f  infcrituir  adhère,  en  avant  à  ré[)ine  nasale,  en  arrirn- 
il  la  moitié  inlVuleure  i\i\  bord  antérieur  du  ^omer,  dans  l'épaisseur  duqui! 
il  se  [M-(donge  sous  la  l'orme  d'une  lanuuclle  qui  peut  s'étendre  jnsqn ïi  lii 
créle  du  sphéiu)ïde. 

Le  lnn\l  (intt'rit'ur  et  snfurieur  ré[M)nd,  en  haut  aux  cartilages  latéraux  du 
ne/,  a>ec  les(inels  il  >ie  eonlinui*,  cl  plus  bas  aux  cartilages  des  aile^  du  in/ 
(|U  il  sépan'  l'un  de  l  autre. 

\a'  hord  (intèrietir  et  infcrlenr  sétend  du  précédent  à  l'épine  nasale  mi- 
respnndaule.  Il  se  diriue  de  liaul  «mi  bas  et  d'aNant  eu  arrière:  c'e-t  le  plu- 
etmrl  de  loiis. 

Les  laces  d«'  l'c  cartilagt'.  lanliM  Ncriirales  et  tantôt  iiulinées  de  lim  uii 
de  lauli'c  \'M\\  sont  lapi>M'es  par  la  piluilaire,  qui  leur  adhère  assez  faibb- 
meut. 

VIII.  —  Maxillaire   Inférieur. 

Le  fiiiixilhnir'  infrrieur  est  un  os  impair,  médian  et  s} métrique,  situé 
à  la  partie  iiiIVririire  de  la  lace,  aiî-de-soiis  et  au  dexnut  de>  temporaux, 
MNcc  lesqni'N  il  s  articule. 

Aplati  da\aiil  en  arriére  ri  dv  deli(U>  eu  (b'dan-,  il  décril  uni'  c«»url). 
parabnli«|ih' à  concaxile  po^lcrieure.  d(»nt  le<  (•xtr('mite>  si'  relèxenl  pour -<■ 
diriger  pre<<iue  \erlicalenuMil  «mi  haut.  On  le  di\i-e  généralement  (*n  <  orf-^ 
ou  partie  mox'uue,  el  extrémité-,  apiu  Ires  au>si  brawhes  iW  la  mâchoire. 

Nous  lui  con-'iilererons  :  d«'ux  laci's,  liine  antérieure  et  l'xterne  conxexe; 
I  autre  po-lrrirure  et  inlerne  ci»nca\e  :  un  bord  supérieur  ou  dentaire,  nu 
bord  inrerieurtui  eer\ic.il.el  un  bord  po>lerieur  l'U  }»arolidien. — Pour  mettre 
e«>l  os  (Ml  ptt-^itiitu,  il  l'aul  lourutM'  en  a\ant  -a  lace  coinexe,  placer  en  haul 
s<in  bord  «liMilaii-e  «•!  donnera  celui-ci  une  direction  horizontale. 

.%,  Forr   MiHer<»-«»\lrriir   ou   cutanée.  —  Irès-conxexe    en   axant,   celle  face 

1  e-l  bi-aut  onp  nioiiiN  ^m-  !,>-.  eAir-,  l'S»  p'"r><'ute  sur  «^a  partie  médian(*  un 


DES  OS  DE  LA  FACE.  215 

trè»*petit  sillon  ou  une  simple  ligne  verticale,  dernier  vestige  de  la  soudure 
des  deux  moitiés  qui  formaient  primitivement  la  mAchoire  inférieure.—  Au* 
dessous  de  cette  ligne,  appelée  symphyte  du  mentonj  est  une  saillie  triangu- 
laire à  base  inférieure,  Yéminence  du  mentouj  plus  ou  moins  développée  sui« 
Tant  les  individus.»  De  la  base  de  cette  éminence  naît,  à  droite  et  à  gauche, 
la  ligne  obiique  externe^  qui,  d'abord  horizontale  et  très-rapprochée  du  bord 
inférieur,  devient  ensuite  obliquement  ascendante  pour  aller  se  continuer  avec 
le  bord  antérieur  de  l'apophyse  coronoïde.  —  Au-dessus  du  point  de  départ 
de  la  ligne  oblique  externe,  de  chaque  côté  de  l'émlnence  mentonnière,  on 
voit  une  dépression  qui  donne  attache  au  muscle  de  la  houppe  du  menton  ; 
et  plus  en  dehors, Me  trou  f?Mnfonnier,  qui  constitue  l'oriflGe  externe  du 
conduit  dentaire  inférieur.  Ce  trou,  plus  rapproché  du  bord  inférieur 
que  du  supérieur,  correspond  à  la  deuxième  petite  molaire  ;  il  regarde  en 
haut  et  en  dehors.— Au  delà  de  la  ligne  oblique  externe  se  trouve  une  largi* 
surface  rectangulaire,  que  recouvre  le  masséter,  et  qui  présente  inférieure* 
ment  des  inégalités  pour  l'insertion  de  ce  muscle. 

B.  race  pMtero-iiiienic  on  linguale.  —  Elle  comprend  deux  parties  bien 
distinctes  :  Tune,  supérieure  et  antérieure,  qui  se  moule  sur  la  langue  et  qui 
en  reproduit  très-fldôlement  le  contour  ;  l'autre,  inférieure  et  postérieure,  qui 
répond  aux  parties  molles  du  cou.  —  Ces  deux  portions  sont  séparées  par  In 
/ti/ne  oblique  interné,  parallèle  à  l'externe,  mais  plus  élevée,  beaucoup  plus 
Baillante,  se  continuanl  en  arrière  avec  le  bord  interne  de  l'apophyse  coro- 
noïde. Elle  donne  attache  au  muscle  mylo^hyoïdien,  d'où  le  nom  de  ligne 
mylthhyMienne  qui  lui  a  été  aussi  donné. 

La  première  portion,  ou  portion  linguale,  portion  buccale,  concave  et 
assez  large  en  avant,  se  termine  en  pointe  de  chaque  côté.  Elle  présentt* 
»ar  la  ligne  médiane  la  symphyse  du  menton,  et  plus  bas  l'apophyse  géni, 
J latte  apophyse,  chez  quelques  individus,  se  compose  de  quatre  petits  tuber- 
cules, deux  supérieurs  qui  donnent  attache  aux  muscles  génio-glosses,  et  deu\ 
inférieurs  auxquels  s'insèrent  les  muscles  génio-hyoîdiens.  Très-souvent  ces 
quatre  tubercules  se  confondent  en  partie,  et  produisent  par  leur  fusion  uno 
apophyse  dont  la  forme  et  la  saillie  varient  beaucoup  suivant  les  individus.  — 
De  chaque  côté,  entre  cette  apophyse  et  l'origine  de  la  ligne  oblique  interne, 
existe  une  dépression  qui  répond  à  la  glande  sublinguale.  —  La  portion  lin- 
guale de  la  face  interne  est  revêtue  sur  toute  son  étendue  par  la  muqueuse 
buccale  qui  la  sépare  de  la  pointe  et  des  bords  de  la  langue. 

La  seconde  portion,  ou  portion  cervicale,  revêt  la  forme  d*une  gouttière 
étroite  et  plus  profonde  en  avant,  large  et  superficielle  en  arrière.  La  moitié 
antérieure  de  cette  gouttière,  sous-Jacente  à  la  ligne  mylo-hyoîdienne,  cor- 
respond à  la  glande  sous-maxillaire  sur  laquelle  elle  se  moule.  La  moitié 
postérieure,  rectangulaire,  représente  la  face  interne  des  branches  de  la 
mâchoire;  elle  se  trouve  en  rapport  surtout  avec  le  tnuscle  ptérygoïdien  in* 
terne.  On  y  remarque  en  bas  et  en  arrière  des  inégalités  destinées  A  l'inser- 
tion de  ce  muscle.--A  sa  partie  centrale  on  voit  l'orifice  interne  du  conduit 
dentaire  inférieur,  situé  sur  le  prolongement  d'une  ligne  qui  raserait  le 
bord  supérieur  du  corps  de  Tos.  Cet  oriflce  regarde  en  haut,  en  arrière  et  ftn 


31G 


OSTEOLOGIE. 


dedans.  Sur  sa  partie  postérieure  il  existe  un  autre  orifice,  relativement 
très-minime,  qui  donne  passage  à  des  vaisseaux.  En  avant,  il  est  limité  par 
une  petite  crête  et  plus  haut  par  une  épine  à  laquelle  vient  s'attacher  le  liga- 
ment latéral  interne  de  l'articulation  temporo-maxillaire.  Eu  dedans  et  fn 
bas,  il  forme  le  point  de  départ  d'un  sillon,  le  sillon  mylo-hyotàien^  qui  loge  \c 
nerf  et  les  vaisseaux  de  ce  nom. 

C.  Bord  mipéHear.  —  Ce  bord  est  formé  d'avant  en  arrière  par  Varrod* 
alv^laire  inférieure,  Vapophyse  coroncH'de,  Véchancrure  sigmatde  et  le  ccmâuU. 

V arcade  alvéolaire  s'incline  un  peu  en  dedans  par  ses  deux  extrémités: 
elle  décrit  ainsi  une  courbe  plus  petite  qui  se  trouve  inscrite  dans  la  courU< 
du  bord  supérieur,  et  qui,  suffisamment  prolongée,  pas^rait  à  15  ou  18  mil- 
limètres en  dedans  du  bord  postérieur  de  l'os.  Cette  arcade  est  creusée  d< 
ravités  ou  alvéoles  dont  la  forme  reproduit  celle  des  dents  et  dont  la  capacilr 
augmente  d'avant  en  arrière.  Elles  sont  simples  au  niveau  des  incisives  et  apla- 
ties de  dedans  en  dehors  ;  simples  aussi  au  niveau  des  canines  et  des  petite^ 
molaires,  mais  aplaties  d'avant  en  arrière.  Celles  qui  reçoivent  les  grosses  nx»- 
laires  sont  à  peu  près  cylindriques  et  subdivisées  en  deux  cavités  secondain^ 
par  une  cloison  transversale.  Au  fond  de  chacune  de  ces  cavités,  on  apen:Hit 
un  ou  plusieurs  orifices  qui  livrent  passage  aux  nerfs  et  aux  vaisseaux  den- 
lûires.  —  La  partie  antérieure  de  l'arcade  alvéolaire  présente  de  très-légvr\> 
saillies  verticales  qui  correspondent  aux  alvéoles,  et  des  dépressions  en  rap- 
port avec  les  cloisons  qui  les  séparent.  Mais  ces  saillies  et  dépressions  se  raon- 
Irent  en  général  beaucoup  moins  accusées  sur  le  maxillaire  inférieur  qn< 
-iirle  supérieur. —  La  partie  postérieure  est  unie,  et  recouverte,  ainsi  que  la 
précédente,  par  la  muqueuse  gingivale. 

Vapophyse  corondide,  située  en  arrière  et  un  peu  en  dehors  de  Tanadt 
iilvéolaire  qu'elle  surmonte,  est  verticale,  aplatie  transversalement,  de  foroK 
[jyramidale  et  triangulaire.  —  Sa  face  externe,  plane,  donne  attache  à  quel- 
ques fibres  du  masséter.  —  Sa  face  interne,  beaucoup  plus  étroite  que  h 
précédente,  regarde  en  arrière.  —  Sa  face  antérieure,  un  peu  tournée  en 
dedans,  revêt  l'aspect  d'une  gouttière  qui  se  prolonge  en  partie  sur  la  fan 
i\x terne  de  l'os.  —  Le  bord  antérieur,  très-long,  convexe  supérieurement, 
eoncavo  inférieurement,  se  continue  avec  la  ligne  oblique  externe.  L  in- 
lerne,  rectiligne,  se  continue  avec  la  ligne  oblique  interne.  Le  postérieur, 
iiincave,  fait  partie  de  l'échancrure  sigmoide.  — Le  sommet  s'incline  un  p«  u 
i^n  arrière.  — Cette  apophyse  donne  attache  au  musile  temporal.  Son  \oluii)< 
(■si  en  rapport  avec  celui  de  ce  muscle. 

L'échancrure  siymuide  est  demi-circulaire.  Elle  sépare  l'apophyse  t^n- 
iioide  du  coudyle,  et  donne  passage  au  nerf  ainsi  qu'aux  vaisseaux  ma>>r- 
lérins. 

t.e  condyUy  situé  au-dessus  du  bord  postérieur  de  la  mâchoire,  en  arrit  n 
lie  l'échancrure  sigmoide,  ofl*re  la  forme  d'une  saillie  ellipsoïde,  dont  If 
^rand  axe  se  dirige  un  peu  obliquement  de  dehors  en  dedans  et  d'avaut  <  n 
arrière.  —  Sa  face  supérieure  convexe  s'articule  avec  la  cavité  glénoide  du 
temporal.  La  postérieure,  connexe  aussi,  se  continue  en  haut  avec  la  pmt- 
dente.  L'antérieure,  concave,  est  séparée  au  contraire  de  cette  dernièn*  par 


I 


DES  OS  DE  LA  FACE.  217 

une  artMo  InVmanifeste  ;  elle  donne  attache  au  muscle  ptérygoïdien  externe. 
—  L'extrémité  externe  reçoit  l'insertion  du  ligament  latéral  externe  de  l'ar- 
ticulation temporo-maxillaire.  L'extrémité  interne,  située  sur  un  plan  plus 
reculé,  forme  aussi  une  saillie  plus  prononcée. 

Le  condyle  est  supporté  par  un  pédicule  qui  a  reçu  le  nom  de  col.  En  ar- 
Hère  le  col  se  continue  sans  ligne  de  démarcation  avec  le  bord  postérieur  de 
lus.  Sa  partie  antérieure  concave  se  continue  inférieqrement  avec  la  face 
interne  de  la  branche  de  la  mâchoire.  Son  bord  externe  est  rectiligne  ;  l'in- 
terne est  concave. 

1.  ■•ré  Inférieur.  —  Le  bord  inférieur,  appelé  aussi  base  de  la  mâchoire, 
t'él  horizontal,  arrondi,  lisse  et  uni.  On  y  remarque,  à  droite  et  à  gauche  de 
la  ligne  médiane,  au-dessous  de  la  saillie  du  menton,  une  fossette  ou  plulùt 
une  empreinte  ovoïde  Irùs-superflcielle,  à  laquelle  s'insère  le  muscle 
digastriquc.  Ce  bord  répond  en  dedans  à  la  glande  sous-ma\illairc,  en  dehors 
au  muscle  peaucier. 

B.  BoHi  poftiérlear  ou  paroiidlen.  —  Il  est  rectiligne,  oblique  de  haut  en 
bas  et  d'arrière  en  avant.  En  s'unissant  au  bord  inférieur,  il  constitue  un 
angle  qui  représente  la  partie  la  plus  saillante  de  l'os,  et  qui  varie  avec  l'âge. 
Mieile  fœtus,  cet  arigle  s'élève  à  150«;  à  la  naissance,  il  se  réduit  déjà  à 
I3ô%  et  dans  l'âge  adulte  à  120».  Mais,  sous  l'influence  de  la  vieillesse,  il 
re>ient  en  partie  à  ses  dimensions  primitives,  et  mesure  alors  12v5®  à  130».— 
Chez  le  fœtus  et  l'enfant,  il  est  plus  considérable,  parce  que  les  dents  n'exis- 
tent pas  encore  ;  la  mâchoire  inférieure  a  donc  une  voie  plus  longue  à  par- 
courir pour  arriver  jusqu'à  la  supérieure,  et  c'est  afin  de  favoriser  son  éléva- 
tion que  les  angles  de  la  mâchoire  s'ouvrent  davantage.  Chez  le  vieillard,  les 
dents  n'existant  plus,  et  les  deux  bords  alvéolaires  devant  s'appliquer  aussi 


Fig.  GO. 


MariUaiiv  inférieur. 

I.  (litriKilu  nia\illairo  et  ligne  olilique  externe.  —  2.  Branche  de  la  nuiclioire.  —  3.  Syni- 
\'\\^  —  ^.  Fos.vtte  situi'e  sur  le  rAt(*  de  retle  symphyse. —  5.  Trou  ïuenlonnier. — 
t*.  Kiiiprrinte  du  bord  inférieur  à  laqueUe  s'attaehe  *Io  muscle  digastrique.  —  7.  U'geiv 
'  '-^•rrvkiou  da  ni^nie  bord  eorrespondant  au  passage  de  l'artiTe  faeiale.  —  8.  Angle  de  la 
•..rt.  iioire. — 0.  Extrémité  |M)stérieure  de  la  ligne  oblique  interne.  — 10.  A|X)piiyàe  con»- 
'  '•♦•  —  11.  Condyle.  —  12.  Bhanrnur  signioïde.  —  13.  Orifirt»  du  raual  dentaire  infé- 
o^ur.  —  u.  Sillon  destiné  au  rameau  mylo-hyoTdien.  —  15.  B«»nl  alvéolain».  —  1.  Imisives. 
—  •    Canine.  —  h.  PiMiles  molaires.  —  m.  Grosses  molaires. 


218 


0STE0L06IE. 


l'un  à  l'autre,  on  voit  les  deux  angles  de  la  mâchoire  s'ouvrir  de  nouvean  pour 
leur  permettre  d'arriver  jusqu'au  contact. 

Conformation  intérieure,  —  Le  maxillaire,  comme  tous  les  os  plats,  com- 
prend dans  sa  constitution  une  table  externe,  une  table  interne,  luoe  rt 
l'autre  compactes,  et  une  couche  moyenne  composée  de  tissu  spongicui. 
I^es  deux  tables  compactes  sont  minces  au  niveau  du  bord  alvéolaire,  ^|>ai«s> 
a  leur  partie  moyenne,  et  surtout  inférieurement.  Dans  l'épaisseur  df  la 
couche  spongieuse  chemine  le  canal  dentaire.  Ce  canal,  qui  a  pour  origiiu 
l'oriflce  situé  sur  la  face  interne  de  la  branche  de  la  mâchoire,  se  porte  fc 
bas  et  en  avant,  et  devient  bientôt  parallèle  au  bord  inférieur,  dont  il  ir 
trouve  Irôs-rapproché.  Arrivé  au-dessous  de  la  première  petite  molairt- .  i! 
donne  une  division  qui  poursuit  le  trajet  du  canal  principal  et  qui  commu- 
nique avec  le  sommet  des  alvéoles  de  la  canine  et  des  incisives.  Aprt^»  tv  ;r 
émis  ce  petit  conduit,  il  se  réfléchit  pour  se  diriger  en  haut  et  eu  arrù  rv. 

Développement.  ^  La  mâchoire  inférieure  se  montre  au  début  do  %ecvu. 
mois  de  la  vie  intra-utérine,  sous  la  forme  d'un  petit  arc  ogival  compo>e  o- 
deux  moitiés  symétriques  qui  s'appliquent  angulairement  l'une  à  Tautn*  >. 
la  ligne  médiane.  Selon  plusieurs  auteurs,  chacune  d'elles  serait  prér^ti- 
par  un  filament  cartilagineux.  J'ai  vainement  cherché  ce  cartilage  q.. 
d'après  les  mêmes  observateurs,  précéderait  aussi  l'os  maxillaire  supérieur 
Constanmient  je  les  ai  vues  se  former  aux  dépens  du  blastéme  étalé  sur  u 
face  interne  de  leur  périoste. 

Mais  une  simple  membrane  fibreuse  dépourvue  de  soutien  ne  pi»u\a/ 
assurer  à  la  mâchoire  inférieure  la  forme  qu'elle  devait  offrir  pour  *e  mrt '^ 
en  rapport  avec  la  supérieure.  Dans  ce  but,  la  nature  a  placé  à  sa  par  - 
postérieure  un  arc  cartilagineux,  comparable  à  ces  charpentes  qui  sup[»*r 
tent  les  voûtes  en  construction.  Cet  arc,  de  figure  parabolique,  constitue  > 
cartilage  deMeckel, 

Ce  cartilage,  signalé  en  1821  par  l'anatomis'te  dont  il  porte  le  nom  (1 ,  ^ 
été  décrit  par  M.  Serres  en  1822,  sous  la  dénomination  très-exacte  de  wtari»^ 
laire  inférieur  temporaire.  11  a  fixé  depuis  cette  époque  l'attention  d'un  gra:.^ 
nombre  d'observateurs,  et  pariiculièrement  de  Reichert.  Récemment,  M.  Vt 
gitot  en  a  donné  une  bonne  description  (2).  U  devient  manifeste  dès  U  t 
du  premier  mois  de  la  vie  embryonnaire,  acquiert  son  plus  grand  dé\Hi<>- 
pement  à  deux  mois  et  demi,  et  commence  à  s'atrophiera  trois  mois  et  dem.. 
pour  disparaître  complètement  de  cinq  à  six. 

Situé  sur  la  face  interne  de  l'os,  au-dessous  de  la  ligne  mylo-hyoidieii:<- . 
le  cartilage  de  Meckel  offre  la  figure  d'un  long  ruban,  étendu  de  la  syiDph.«> 
i\  la  paHie  antérieure  de  la  caisse  du  tympan.  —  A  leur  extrémité  int«^r»r 
les  deux  cartilages  se  continuent  ;  ils  forment  ainsi  une  arcade  dont  la  par', 
médiane  enverrait,  selon  quelques  auteurs,  un  prolongement  entre  \e%  de  .^ 
moitiés  du  maxillaire  ;  mais  l'existence  de  ce  prolongement  ne  me  par& 
pas  démontrée.  —  Leur  extrémité  externe  déborde  la  partie  corretpoodaf  > 

(1)  Mfckel,  Manuel  (Tanatomie,  traduit  par  Jounlan,  t.  !!I,  p.  190. 
(3)  llagjtoi,  \ttte  ttur  y  rurUlai/e  ih  MecM  ifioruptes  rewlut  de  h  SonHé  fie  ^«w  .4^. 
1863,  p.  1). 


DES  OS  DE  LA  FACE. 


219 


de  Tos,  s'applique  &  la  partie  antérieure  de  Panneau  tympanal,  et  pénètre 
dans  la  caisse  du  tympan,  où  elle  se  termine  par  un  renflement  ovoïde.  Ce 
renflement  devient  l'origine  de  la  chaîne  des  osselets  de  l'ouïe.  On  voit  naître 
(Jo  sa  partie  inférieure  un  appendice  filiforme  qui  se  porte  en  bas  ;  un  peu 
plus  tard,  elle  se  divise  en  deux  parties,  l'une  qui  se  continue  avec  l'appen- 
dice, et  qui  représente  très-manifestement  le  marteau,  l'autre  qui  constitue 
1  enclume. 

Fendant  que  ces  phénomènes  se  passent  aux  extrémités  du  cartilage,  sa 
partie  moyenne  s'atrophie,  puis  disparaît  du  quatrième  au  cinquième  mois  ; 
1  atrophie  continuant,  il  ne  reste  plus  bientôt  que  l'extrémité  externe  repré- 
»entée  par  le  marteau  et  l'enclume,  et  l'interne  qui,  à  son  tour,  disparaît 
aiiiksi. 

f.e  cartilage  de  Meckel  ne  prend  donc  aucune  part  au  développement  de 
la  mâchoire  inférieure;  organe  provisoire,  il  Joue  le  rôle  d'un  simple  tuteur 
et  disparaît  aussitôt  que  sa  présence  n'est  plus  utile. 

Au  devant  du  cartilage  de  Meckel  se  forme  le  maxillaire  inférieur  par 
deux  points  d'ossification,  l'un  droit  et  l'autre  gauche  (i).  Ces  deux  points 
apparaissent  vers  le  trente-cinquième  jour,  et  s'étendent  rapidement  sur 
toute  la  longueur  de  chacune  des  moitiés  de  l'os.  Dans  cette  première  pé- 
riode, les  branches  sont  situées  sur  le  prolongement  du  corps.  L'échancrure 

igiDoîde,  déjà  apparente,  regarde  en  arrière.  Le  bord  parotidien  est  hori- 
mi&ly  et  l'angle  de  la  mâchoire  n'existe  pas. 

A  deux  mois  et  demi,  le  bord  parotidien  commence  à  relever.  A  trois 
mui«,  le  condyle,  qui  était  d'abord  aplati  de  dehors  en  dedans,  comme  Tapo- 
i'hTse  coronoïde,  se  dessine  sous  la  forme  d'un  petit  tubercule,  qui  bientôt 
^  allonge  un  peu  dans  le  sens  transversal.  L'échancrure  sigmoïde  regarde 
alors  en  haut  en  arrière.  —  Examinée  par  leur  bord  supérieur,  chacune  des 
moitiés  de  la  mâchoire  offre  l'aspect  d'une  gouttière  profonde,  au  fond  de 
laquelle  se  trouve  le  conduit  dentaire,  qui  affecte  également  la  forme  d'une 
t^outtière.  L'orifice  interne  de  celui-ci  n'est  pas  fermé  en  haut  ;  il  représente 
il  ne  simple  échancrure. 

Vers  le  milieu  de  la  vie  fœtale,  on  voit  naître,  du  fond  de  la  gouttière  alvéo- 
laire et  des  deux  lames  qui  la  limitent,  les  premiers  rudiments  des  cloisons 
qui  séparent  :  les  deux  incisives  l'une  de  l'autre,  la  seconde  incisive  de  la 
t  anine,  la  canine  de  la  première  petite  molaire,  et  celle-ci  de  la  seconde. 
(^Iles  qui  séparent  les  grosses  molaires  ne  se  montrent  qu'après  la  nais- 
aui  e.  Ces  cloisons  passent  à  la  manière  d'un  pont  sur  la  gouttière  du  con- 
duit dentaire  ;  elles  forment  d'abord  un  simple  croissant  ;  puis  les  deux 
•  xtrémités  du  croissant  se  réunissant,  il  en  résulte  un  trou,  qui  se  ferme 
[mjgressivement  de  la  circonférence  au  centre. 


1,  A  rharuu  de  ces  points  primitifs  Autenricth  en  avait  ajouté  trois  autres:  un  pour 
j|*i>phyw  coronoïde,  un  pour  le  condyle^  et  un  pour  Tangle  de  la  mAchoire.  Spix,  en  1815, 

'  rui  i^oufoir  en  jouter  un  quatriàme,  qui  formait  le  cOtë  interne  du  bord  alvéolaire  et  l'épine 
>turV  a  rentrée  du  conduit  dentaire.  Mais  de  ces  quatre  pointa  d'ossification  on  ne  rencontre 
iruais  aaruae  trara.  ljt.%  assertions  d'Autenrieth  et  de  Spix  ne  paraissent  pas  fomlées  sur 

!  ''t-VTration. 


220 


0STE0L0(51E. 


Au-dessus  de  la  gouttière  du  conduit  dentaire,  les  cloisons  s*étend(*nl  h^ 
rizontalement,  se  rencontrent  bientôt,  et  la  séparent  ainsi  de  la  §:im;i  :  ^ 
alvéolaire.  Elle  constitue  alors  un  véritable  conduit,  qui  est  en  général  um- 
plétcment  distinct  vers  la  fin  de  la  grossesse. 

A  la  naissance,  les  quatre  cloisons  interalvéolaires  précédemment  mn^ 
tionnées  sont  encore  perforées  à  leur  centre.  La  face  antérieure  de  ro>«>^r 
des  bosselures  très-prononcées  au  niveau  de  la  canine  et  de  la  pivmi  - 
petite  molaire.  La  gouttière  alvéolaire  forme  les  deux  tiers  de  la  haut* 
totale  de  l'os;  les  lames  qui  la  limitent  sont  très-minces.  Le  trou  mentt»it'.ir 
répond  à  la  cloison  qui  sépare  la  canine  de  la  première  petite  molaih'.  1 
corps  du  maxillaire  présente  une  épaisseur  considérable  qui  diffère  à  p»  > 
de  sa  hauteur. 

Après  la  sortie  des  premières  dents,  la  hauteur  du  corps  de  l'os  dt\i 
prédominante  et  à  peu  près  double  de  son  épaisseur.  Le  trou  mentctui  - 
correspond  à  la  première  petite  molaire.  —  Chez  l'adulte,  la  hauteur  : 
corps  de  l'os  est  relativement  plus  considérable  encore.  Le  trou  menton n 
répond  à  la  dernière  petite  molaire,  et  quelquefois  à  l'intervalle  qui  s  |^  - 
celle-ci  de  la  première. 

Chez  le  vieillard,  après  la  chute  totale  des  dents,  le  bord  alvéolain  '- 
résorbé  ;  la  hauteur  des  faces  externe  et  interne  diminue  si  notabloin' 
qu'elle  redevient  presque  égale  à  l'épaisseur  de  l'os.  Le  Irou  mentimi  • 
qui,  jusqu'à  cette  époque  de  la  vie,  était  plus  rapproché  du  bord  infènr' .: 
se  trouve  situé  sur  le  bord  supérieur.  Celuin-i  n'otlre  plus  nunme  Ira»»-  <i  ^ 
véoles  ;  il  a  pris  l'aspect  d'une  crête. 

^2.  —  De  la  face  en  général. 


La  face  est  un  groupe  de  petites  cavités  annexées  à  la  grande  caviu*  •: 
crAne  pour  contenir  des  organes  qui  ne  sont  eux-mêmes  que  des  anii*  \»*-  - 
l'organe  de  l'intelligence.  Sur  certains  points  celui-ci  se  prolonge  au  de  *.  • 
pour  se  mettre  en  relation  avec  le  monde  extérieur;  de  même  leiixt  1  ; 
qui  le  protège,  après  avoir  embrassé  à  droite  et  à  gauche  le  sens  de  !  •'. 
dans  l'épaisseur  de  ses  parois,  semble  se  prolonger  aussi  sur  les  ieu^  *i' 
vue,  de  l'odorat  et  du  goût  pour  leur  assurer  la  même  protection. 

Ainsi  constituée,  la  face  se  présente  à  nous  sous  un  aspect  qui  difty 
beaucoup  de  celui  du  crâne.  Ce  dernier  a  pour  limite  une  vaste  suHai 
arrondie  et  partout  continue.  La  face  est  formée,  au  contraire,  de  part. - 
saillantes  et  rentrantes,  qui  représentent  les  derniers  restes,  la  charpr  'r 
le  squelette,  en  un  mot,  de  la  physionomie.  Privée  des  parties  molles  qu; 
recouvraient,  elle  consor\'e  encore  une  sorte  d'expression  ;  ses  ca^it»-?, ,:: 
voilées  par  des  organes  mobiles  qu'agitait  le  souffle  de  nos  passions^  m 
tenant  vides  et  béante:^,  concourent  surtout  à  lui  donner  cette  e\pr- 
étrange  qui  l'a  fait  considérer,  dans  tous  les  temps  et  chez  tous  les  j»«    ; 
comme  l'emblème  le  plus  caractéristique  de  la  mort. 

Située  au-dessous  de  la  partie  antérieure  de  la  base  du  crâne,  la  fac  :• 
rline  en  bas  et  en  a^ant,  dV)ù  il  résulte  :  f  que  wm  grand  dianuMrv  .  r- 


DK  LA  FAGK  EN  GKNÉRAL.  !22l 

furpoiidiculairemeiit  celui  de  cette  cavité,  dirigé  au  contraire  en  bas  et  en 
.uriirc  ;  2'  que  le  diamètre  vertical  de  la  tOle  l'emporte  sur  lanléro-postc- 
rit'iir  cl  sur  le  transversal. 

/.a  f.ice  nous  offre  à  considérer  :  ses  dimensions  absolues  et  relatives,  sa 
"Mirormation  extérieure,  sa  conformation  intérieure,  son  développement, 

•  I  «ntin  son  mécanisme  et  sa  résistance. 

A.  —  Diinenilont  de  la  îmtt. 

la  fart',  beaucoup  moins  volumineuse  que  le  crâne,  forme  le  tiers  environ 
lu  >olume  total  de  la  tête.  Pour  prendre  une  notion  exacte  de  ses  dimensions, 
1  importe  d'avoir  î\  sa  disposition  une  tête  entière  et  une  autre  divisée  en 
iciiv  moitiés  sjTnétriquc?. 

1"  Dimensions  absolues.  —  De  ses  trois  principaux  diamètres  le  vertical  est 
It'phis  long,  vient  ensuite  le  transversal  ;  puis  l'antéro-postérieur.  L'étendue 
'lu  premier  est  de  11  à  12  centimètres,  celle  du  second  de  10  î\  11,  et  celle 
lu  tmisième  de  8  à  9. 
le  diamètre  vertical  alleint  sa  plus  grande  longueur  en  avant,  où  il  répond 
ir  s.)u  extrémité  supérieure  à  Téchaiicrure  nasale  et  par  l'inférieure  à 
l'iiiience  du  menton;  il  se  réduit  considérablement  et  brusquement  eu 
rnrrc  de  la  symphyse,  et  diminue  ensuite  lentement  A  mesure  qu'on  se 
<)Procbe  de  l'ouverture  postérieure  des  fusses  nasales. 
\a'  diamètre  transversal  le  plus  long  correspond  aux  os  de  la  pommelle  ; 
'l< -His  de  ces  os  la  largeur  de  la  face  diminue,  mais  d'une  manière  à 
'  nir  ««'lisible;  au-dessous  elle  se  réduit  noiablement. 
Il"  diamètre  antéro-prjslérieur  le  plus  considérable  s'étend  du  bord  infé- 
'ir  des  os  propres  du  nez  à  la  partie  supérieure  de  l'ouverture  postérieuiT 

•  '  Im^scs  nasales.  En  se  rapprochant  de  la  base  du  crâne,  ce  diamètre  dimi- 
i  :<•  nu  pi*u  ;  en  descendant  vers  la  symphyse,  il  diminue  aussi,  mais  lente- 
1  •  fit  et  progressivement  jusqu'à  la  \orite  palatine,  au-dessous  de  laquelle  il 
•'  p'  (luit  extrêmement  sur  la  ligue  médiane,  tandis  qu'il  augmente  au  con- 

lin»  d'étendue  sur  les  côtés. 

T  Dimensions  relatives  de  la  /o/r  et  du  crâne.  — C'est  surtout  pour  étudier 

•*  diuu'îisions  proportionnelles  qu'une  tête  verticalement  divisée  en  deux 

•rfn's  symétriques  devient  utile.  En  comparant  sur  cette  coupe  l'aire  cir- 

..H  :i(e  par  la  courbure  du  crâne  à  l'aire  circonscrile  par  les  quatre  cùtés 

Il  liniitent  chacune  des  moitiés  de  la  face,  on  remarque  que  la  première  est 

iiMdérable  relativement  à  la  seconde.  La  même  comparaison  répétée  sur 

iti*  la  série  des  vertébrés  nous  enseigne  que  plus  la  face  s'allonge,  plus 

w-i  le  crâne  dimiime  de  volume.  On  arrive  ainsi  à  constater  que  les  deux 

•  rtK'5  constituantes  de  l'extrémité  céphalique  présentent  un  développement 
.•\«r.c.  Ce  fait,  du  reste,  n'avait  pas  échappé  au  génie  observateur  des 
-..iii(l>  naturalistes  de  l'antiquité.  Les  artistes,  de  leur  côté,  en  ont  fait  l'appli- 

itiDii  à  la  peinture  et  à  la  statuaire.  Le  crâne  s'avançant  sur  la  face  et  prc- 

iiil  à  l'égard  de  celle-ci  des  proportions  de  plus  en  plus  prédominantes,  à 

•  K'^uro  qu'on  remonte  des  animaux  â  l'homme,  ils  virent  dans  cette  prédo- 


L>ri 


OSTEOLUGIK. 


ininance  le  caractère  de  la  dignité  ;  et  lorsqu'ils  eurent  à  représenter  d*  > 
demi-dieux  ou  des  dieux,  ils  affaiblirent  encore  les  dimensions  de  Tunt  ru 
augmentant,  au  contraire,  celles  de  Tautre. 

Les  anatomistes  du  xvm*  siècle  et  leurs  successeurs  pensèrent  quil  U' 
suffisait  pas  d'avoir  démontré  cet  antagonisme  du  crâne  et  de  U  face,  nui> 
qu*il  fallait  suivre  en  quelque  sorte  pas  à  pas  les  modifications  inverses  qui-* 
subissent  en  descendant  ou  remontant  la  série  animale.  Dans  ce  but.  ù 
s'attachèrent  à  découvrir  un  procédé  de  mensuration  qui  permît  d  é^alu  .' 
leurs  proportions  respectives  et  qui  fût  applicable  tout  à  la  fois  à  Thomme  et 
aux  vertébrés.  De  ces  recherches  sont  nés  :  Tangle  facial  ;  les  divers  gont-- 
mètrcs  destinés  à  le  faire  connaître  ;  les  aires  comparatives  de  Cuvier;  ei  \f 
procédé  de  M.  Segond,  qui  consiste  à  décomposer  chacune  de  ces  aire»  <* 
plusieurs  segments  angulaires,  afin  d'en  mieux  apprécier  l'étendue. 

Angle  facial  de  Camper.  —  Vue  de  c6té,  la  tète  s*allonge  de  haut  en  ba^  • 
d'arrière  en  avant;  elle  présente  deux  pôles  ou  deux  extrémités  :  l'une  su{r 
rieure  et  postérieure,  volumineuse  et  arrondie;  l'autre  inférieure  etan'.t- 
rieurc,  plus  petite  et  angulaire.  Ces  deux  extrémités  variant  en  sens  invor^ 
pour  connaître  leurs  dimensions  relatives,  il  pouvait  suffire,  à  la  rigueur.  C' 
mesurer  l'une  d'elles  ;  Camper  mesura  l'extrémité  angulaire. — Pour  sommi 
de  son  angle,  il  prit  non  l'éminence  du  menton,  mais  la  partie  médiane  "- 
Tarcadc  dentaire  supérieure.  De  ce  point  il  fit  partir  deux  lignes,  l'une  «uf^ 
rieure  et  antérieure  ou  faciale,  qui  venait  se  terminer  en  haut  sur  la  l^-^ 
nasale  ;  l'autre,  inférieure  et  postérieure  ou  auriculaire,  qui  se  terminait  - 
l'entrée  du  conduit  auditif  externe  :  l'espace  compris  entre  ces  deux  Vire- 
constitue   Vangle  facial.  Le  procédé  de  Camper,  réduit  à  sa  plus  simp 
expression,  consiste  donc,  en  résumé,  à  appliquer  l'extrémité  d*un  corof-^- 
sur  les  incisives  supérieures,  et  à  diriger  l'une  de  ses  branches  en  haut  vtr« 
la  partie  saillante  du  front,  l'autre  en  arrière  vers  le  conduit  aoditif.  L: 
passant  des  vertébrés  supérieurs  aux  inférieurs,  on  voit  les  deux  brarn  t.- 
du  compas  se  rapprocher;  elles  s'écartent,  au  contraire,  lorsqu'on  rennv 
la  série,  et  arrivent  à  leur  maximum  d'écartement  dans  l'espèce  humain' 
Selon  les  évaluations  de  l'anatomiste  allemand,  l'angle  facial  s'ékHe  à  *^ 
dans  la  race  caucasique  ;  il  descend  à  75*  dans  la  race  mongole  ;  à  70*  dan-  . 
race  nègre. 

Va*  procédé  est  d'une  extrême  simplicité;  en  outre,  il  est  expédilif  et  U  . 
lemcnt  applicable  à  l'homme  et  aux  animaux,  à  lanature  morte  comme  a  j 
nature  animée.  11  fut  accueilli  avec  un  rare  succès. 

Angle  facial  de  Cuvier  et  Geoffroy  Saint-Hilaire.  —  Pour  côté  antéri(*(ir  o 
leur  angle,  ces  auteurs  adoptent  la  ligne  faciale  de  Camper  ;  le  côté  inféri^  * 
se  porte  du  côté  tranchant  des  incisives  à  la  partie  moyenne  d'une  ligne  •- . 
s'étendrait  transversalement  d'un  conduit  auditif  à  l'autre.  Ce  bord  ne  «  / 
clinant  ni  à  droite  ni  â  gauche,  l'angle  qu'il  contribue  k  former  se  tn»u' 
compris  dans  le  plan  médian,  et  mieux  situé  par  conséquent  que  relui  c- 
C^amper  pour  mesurer  les  dimensions  de  la  face.  Mais  comment  rêvait'  "  * 
Sur  une  tête  réduite  à  ses  parties  dures,  il  suffit  de  pratiquer  une  m'  > 
médiane.  Sur  le  vivant,  la  solution  du  problème  devient  plus  compliqu^v 


DE  LA  FACE  EN  GENÉKAL. 


223 


r.uuer  el  (^eoirroy  Saint-Hilairc  contruisaient  graphiquement  un  triangle 
présentant  un  côté  inférieur,  un  côté  antérieur  et  un  côté  postérieur.  — 
Pour  obtenir  le  côté  inférieur,  ils  mesuraient  d'une  part  la  distance  qui  sé- 
pare les  deux  orifices  auriculaires,  de  l'autre  celle  qui  se  trouve  comprise 
entre  chacun  de  ces  orifices  et  le  tranchant  des  incisives  médianes;  ils 
Tormaicnt  ainsi  un  premier  triangle  isocèle,  et  abaissaient  du  sonmiet  de 
celui-ci  sur  le  milieu  de  sa  base  une  perpendiculaire  qui  représentait  le  côté 
inférieur  de  leur  triangle  définitif.  —  Un  second  triangle  isocèle  était  com- 
posé avec  la  ligne  interauriculaire  prise  aussi  comme  base,  et  deux  lignes 
obliquement  tirées  des  conduits  auditifs  vers  la  bosse  nasale  ;  la  perpendi- 
culairc  abaissée  du  sommet  de  ce  second  triangle  isocèle  sur  sa  base  leur 
douuait  le  côté  supérieur  du  triangle  définitif.  —  Pour  avoir  le  troisième 
I  ùté  ou  le  côté  antérieur,  ils  n'avaient  plus  qu'à  mesurer  la  ligne  qui  se 
[)orte  des  incisives  à  la  saillie  du  front. 

l/angle  facial  ainsi  déterminé  exprime  avec  plus  de  précision  le  volume 
relatif  de  la  face.  Mais  sa  mensuration  réclame  tant  de  soins,  qu'il  serait  sans 
doute  tombé  dans  l'oubli,  si  l'on  n'eût  trouvé  pour  l'évaluer  un  procédé  plus 
pratique.  Ce  procédé  consiste  dans  l'emploi  des  goniomètres. 

Goniomètres  faciaux, —  Ces  instruments  sont  disposés  de  manière  à  mesurer 
1  angle  facial  de  Cuvier  et  Geoffroy  Saint-Hilaire,  c'est-à-dire  l'angle  facial 
médian  qui  donne  les  meilleurs  résultats,  et  qui  seul  mérite  de  rester  dans  la 
science.  I.eur  application  est  à  la  fois  plus  facile,  plus  expéditive  et  plus  sûre 
que  celle  du  procédé  de  Camper,  en  sorte  que  ce  dernier,  malgré  toute  la 
popularité  dont  il  a  Joui,  n'a  plus  actuellement  qu'une  simple  valeur  histo- 
rique. —  Us  se  composent  de  dea\  plans  angulairement  unis  et  mobiles  l'un 
sur  l'autre  ;  un  demi-cercle  gradué  mesure  Tintervalle  qui  les  sépare.  Le 
premier  qui  ait  été  construit  est  celui  du  docteur  Morton  ;  mais  il  présentait 
plusieurs  imperfections  que  n'offre  pas  le  goniomètre  du  docteur  Jacquart  (i). 

L  angle  facial  médian,  déterminé  à  l'aide  du  goniomètre  le  plus  perfec- 
tionné, donne-t-il  la  mesure  rigoureusement  exacte  des  dimensions  respec- 
li>e«  du  crâne  et  de  la  face?  Non,  assurément.  Les  incisives  et  le  bord  alvéo- 
laire qui  occupent  le  sommet  de  cet  angle  présentent  une  inclinaison 
extrêmement  variable  suivant  les  individus  ;  la  bosse  nasale,  d'une  autre  part, 
ne  répond  pas  à  l'encéphale,  mais  aux  sinus  frontaux  dont  la  capacité  ne 
urie  i>as  moins,  et  même  plus  encore  ;  de  là  il  résulte  qu'à  égalité  de  volume, 
ce  procédé  peut  donner  des  résultats  assez  différents.  M.  Jacquart,  qui  a  fait 
Tapplication  de  son  goniomètre  à  plusieurs  médecins,  a  constaté  entre  eux 
de*  différences  qui  ont  pu  s'élever  jusqu'à  20*  :  différences  trop  considérables, 
qui  suffiraient  à  elles  seules  pour  attester  les  imperfections  de  ce  procédé, 
alors  même  qu'on  l'emploie  dans  les  meilleures  conditions  possibles.  Cepen- 
dant un  ne  saurait  nier  son  utilité  ;  il  est  d'ailleurs  le  seul  qui  soit  applicable 
pendant  la  vie,  et  le  seul  aussi  qu'on  puisse  appliquer  après  la  mort  à  une 
tète  entière. 


1 1  Jarquart^  Mém.  tur  h  mensuration  (le  Camjle  facwi  {Compte.-<  rentiws  rte  la  Société 
'h  tnulogie,  1856,  p.  66). 


22ti 


OSTEOLOiilE. 


Dfif  aires  comparatives  du  crdne  el  de  la  face.  —  I.  angle  facial  doiiuant  dt- 
réîiullatsqui  iic  sont  pas  aussi  approximatifs  qu'on  pouvait  le  désirer,  CuMer 
proposa  de  diviser  la  tôtc  verticalement  sur  le  plan  médian,  et  de  comparer 
ensuite  les  aires  des  deux  parties  qui  la  composent.  Ce  procédé  est,  «I^ 
contredit ,  celui  qui  permet  d'apprécier  de  la  manière  la  plus  exacte  K- 
dimensions  relatives  de  la  face  et  du  crâne  ;  mais  il  ne  s*applique  qu  a  h 
nature  inanimée.  Cuvier,  du  reste,  ne  nous  a  laissé  aucune  donnée  sur sri 
mode  d'application  ;  c'est  à  M.  Segondque  la  science  est  redevable  des  notion 
qu'elle  possède  à  cet  égard. 

Cet  observateur  a  fait  remarquer  que,  sur  une  tète  divisée  en  deu\  raoiti.- 
symétriques,  on  peut  considérer  la  partie  antérieure  du  trou  occipital  roir.nn 
un  centre,  duquel  partent  tous  les  rayons  compris  dans  le  plan  médian,  «î 
autour  duquel  aussi  tous  ces  rayons  se  meuvent  lorsque  les  proportion^  di 
trAne  et  de  la  face  se  modiflent.  —  Parmi  ceux-ci  on  en  distingue  trois  pnn- 
cipaux.  !/un  d'eux  se  rend  à  la  bosse  nasale  :  c'est  le  rayon  occipito-froiitt! . 


Fig.   61. 


Fig.  02. 


Goniomètre  facial 
du  docteur  Jacquart. 


Procédé  de  M.  Se^amd  fmmr 
mesurer  les  aires  du  crâne  et  de  h  /' 


Fin.  01.  —  \.  Plan  infériour  ou  horizontal  du  ponionièlre.  —  2.  Partie  mobile  à  b«ju''  ' 
>r  Iruuvp  arlaptôr  une  tipe  qui  pi^nétre  dans  le  conduit  auditif.  —  3.  IHirtic  aatrrxurr  <»è 
iranMersale  du  plan  infc^rieur,  s'articulent  en  arriére  avec  le  plan  ohlique.  —  ^.  t^r  • 
tjraduc  fixé  sur  le  côté  droit  du  plan  inférieur.  —  5.  Plan  oblique  articulé  en  |ia>  «w.  . 
précédent  el   mobile  sur  celui-ci.  —  6.  Créinaillt^ir  fixée  .wr  le  voie  droit  de  re  plat;  — 

7.  Hquerre  dunt  la  branche  transversale  .s'applique  sur  la  bos.sc  luisale;  celle  é-qu.  rrr  r^ 
mobile  sur  la  crémaillère,  ulin  de  pouvoir  s'applijiuer  toujours  exactement  sur  la  |i.irt.  . 
plus  saillante   du   front  ;  sa   branche   verti<  aie   porte  une  vis  qui    pennti  de  la   tivr-r    — 

8.  Aiguille  parcourant  le  cercle  gradué.  — •  9.   Petite  saillie  transvenuile  »oiid(^   ma   r., . 
oldique,  d'une  part,  et  de  l'autre  a  Taiguillc^  qui  se  trouve  ainsi  a^MK-iée  à  tous  le>  B^  i.* 
ments  angulaiivs  du  plan  oblique. 

Fig.  02.  —  A.  Extrémité  antérieure  du  trou  occipital,  con.stituant  le  point  de  H«'i«u'< 
tous  les  rayons  destinés  a  mesurer  les  aires  du  crâne  et  de  la  face.  —  B.  Rayon  nrtw  \x. 
—  C  Kayon   occipilo-pariétul,  formant  avec   le  précédent  un  angle  de  00«.  —  f>    K^x 
occipito-fnmtal  ;  il  forme  avec  le  rayon  o<Tipital  un  angle  de  153^,  et  avec  le  mvon  cio  .. 
pariétal  un    angle  de   03".  —  E.  Raycui  occipilti-incisif.  —  F.   Ravon   oceipitn-niax-    , 
il  forme  avec  le  rayon  incisif  un  angle  de  37*»,  el  avec  le  rayon  oecipito-frontal  on  «r,  • 
H0<»,  qui  mesure  I  aire  de  la  face  ;  il  foniic  en   outre  avec  le  rayon  occipital  on  ttû^»r  .^ 
121^,  qui  augmente  à  mesure  que  le  crâne  se  rétrécit  cl  que  la  face  s'allonge. 


DE  LA  FACE  EN  GENERAL. 


225 


il  sépare  Taire  crânienne  de  Taire  faciale  ;  en  descendant  la  série  animale  on 
le  voit  s'élever,  en  sorte  que  Taire  cr&nienne  se  rétrécit,  tandis  que  Taire 
Faciale  s'allonge  ;  si  on  la  remonte,  ce  sont  des  phénomènes  inverses  qui  se 
produisent.— Le  second  rayon  se  porte  de  Textrémité  antérieure  à  Textrémité 
postérieure  du  trou  occipital.  Ce  rayon  occipal  forme  avec  le  précédent  un 
angle  extrêmement  ouvert  qui  mesure  Taire  du  crâne  et  qui  atteint  chez 
Thomme  150  à  160'». —  Le  troisième  se  dirige  vers  Textrémité  inférieure  de  la 
symphyse  de  la  mâchoire  et  constitue  avec  le  premier  un  autre  angle  qui 
mesure  Taire  de  la  face  :  cet  angle  est  de  80  à  90°. 

A  l'aide  de  ces  rayons  se  mouvant  autour  d'un  centre  commun,  et  formant 
des  angles,  on  peut  donc  mesurer  les  aires  crânienne  et  faciale,  et  les  suivre  à 
travers  toutes  les  modifications  inverses  qu'elles  subissent,  soit  dans  une  même 
espi^ce  suivant  l'âge  et  le  sexe,  soit  d'une  espèce  à  une  autre.  —  Si  Ton  veut 
poursuivre  cette  étude  et  reconnaître  la  part  que  les  diverses  parties  de  Tex- 
trémité céphatique  prennent  à  ces  modifications,  il  suffira  de  tirer  des  rayons 
secondaires  ;  c'est  ainsi  qu'un  rayon  venant  se  terminer  sur  la  partie  moyenne 
de  la  suture  bipariétale  permettra  de  comparer  les  parties  postérieure  et 
antérieure  de  Taire  crânienne;  un  autre  rayon  aboutissant  au  bord  tranchant 
des  incisives,  séparera  Taire  de  la  mâchoire  supérieure  de  celle  de  la 
mâchoire  inférieure,  etc. 

Si  Cuvier  a  bien  posé  le  principe  sur  lequel  il  convient  de  s'appuyer  pour 
évaluer  les  dimensions  proportionnelles  des  deux  parties  qui  contribuent  à 
former  la  tête,  on  Qie  saurait  contester  à  M.  Segond  le  mérite  de  l'avoir  très- 
tieureusement  appliqué  ;  il  en  a  ainsi  doublé  la  valeur. 


t.  ^~  GMiformailMi  tUérïtmrt  et  la  faee. 


U  face  revêt  la  forme  d'une  pyramide  quadrangulaire  dont  le  sommet 
représenté  par  Téminence  du  menton  se  dirige  en  bas  et  en  avant,  et  dont 
la  base  tournée  en  haut  et  en  arrière  s'unit  à  la  base  du  crâne.  On  peut  lui 
considérer,  par  conséquent,  cinq  faces  ou  régions  :  une  région  supérieure, 
une  région  antérieure,  une  région  postérieure  et  deux  régions  latérales. 

A.  Région  supérieure  ou  crânienne,  —  Elle  offre  sur  la  ligne  médiane  et 
d'avant  en  arrière  :  la  suture  des  os  du  nez,  l'articulation  de  ces  os  avec 
l'épine  nasale  du  frontal,  celle  de  la  lame  perpendiculaire  de  Tethmoïdeavec 
le  \umcr,  et  la  réception  de  la  crête  du  sphénoïde  dans  la  gouttière  de 
U'I  os. 

Sur  les  côtés,  on  voit,  en  avant  la  face  interne  des  os  du  nez,  et  en  arrière 
deu\  \astes  excavations  qui  font  partie  des  fosses  nasales.  En  dehors  de  ces 
('\(a\ations  on  observe  la  gouttière  lacrymale,  puis  la  paroi  inférieure  de 
1  orbite  traversée  obliquement  par  la  suture  qui  unit  l'os  de  la  pommette  au 
maxillaire  supérieur. 

U  base  du  crâne  formant  la  voûte  des  cavités  orbitaires  et  la  plus  grajdc 
partie  aussi  de  la  voûte  des  fosses  nasales,  il  en  résulte  que  la  région  supé- 
rieure de  la  face  isolée  et  réduite  à  elle-même  se  trouve  en  quelque  sorte 
I.  15 


226 


OSTEOLOGIE. 


percée  à  jour,  ci  ne  présente  plus  que  le  plancher  des  quatre  cavités  quclK 
concourt  à  former. 

B.  Région  antérieure  ou  faciale.  —  Elle  est  plus  longue  que  les  aulr\>. 
oblique  de  haut  en  bas  et  d'arrière  en  avant.  On  remarque  sur  sa  parue 
médiane  :  1*  l'éminence  nasale,  étroite  supérieurement,  plus  large  infériou- 
rement,  divisée  en  deux  moitiés  symétriques  par  la  suture  qui  unit  entre  eu\ 
les  os  du  nez,  offrant  de  chaque  côté  une  autre  suture  qui  unit  ceuin  i  à 
l'apophyse  montante  des  maxillaires  supérieurs  ;  2°  l'ouverture  antérit'.rt 
des  fosses  nasales  qui  s'incline  en  bas  et  en  arrière,  et  qui  revêt  la  figure  d  un 
triangle  isocèle,  à  angles  arrondis,  à  sommet  supérieur,  à  base  transversal»  ; 
3<*  l'épine  nasale  antérieure  et  inférieure,  quelquefois  bifide  ;  4"  au-do>s'U* 
de  celle-ci  la  fossette  myrtiforme,  et  la  suture  qui  unit  les  deux  ma\i'.- 
laires;  5**  l'arcade  dentaire  supérieure,  l'ouverture  de  la  cavité  buaak, 
et  l'arcade  dentaire  inférieure  ;  6*^  la  symphyse  du  maxillaire  inférieur  e. 
l'éminence  du  menton. 

De  chaque  côté,  cette  région  présente  de  haut  en  bas  une  large  échan(Tu^ 
qui  fait  partie  du  contour  de  la  base  de  l'orbite.  Au-dessous  de  la  partie  intorni 
de  cette  échancrure  se  trouve  une  surface  quadrilatère  formée  par  la  brani  'h^ 
montante  du  maxillaire  supérieur  ;  au-dessous  de  sa  partie  externe  on  voit  kih 
autre  surface  quadrilatère  plus  considérable,  constituée  par  l'os  mal&in 
au-dessous  de  sa  partie  moyenne  on  observe  la  suture  résultant  de  Tuniou  di 
cet  os  avec  le  maxillaire  supérieur  ;  en  dedans  de  celte  suture  le  trou  *our 
orbi taire;  plus  bas  la  fosse  canine;  plus  bas  encore  le  bord  alvéolaire ,  1<^ 
arcades  dentaires,  le  trou  mentonnier  et  la  ligne  oblique  externe. 

C.Région  postérieure  ou  naso-buccale.  —  Elle  s'étend  dans  le  sens  trans\ervi! 
de  l'un  à  l'autre  bord  parotidiende  la  mâchoire  inférieure.  En  bas  elle  tv. 
limitée  par  la  courbe  parabolique  que  décrit  la  base  de  cet  os  :  et  eu  hau: 
par  une  autre  courbe  à  concavité  postérieure  passant  par  les  condyles  (i< 
celui-ci  et  l'extrémité  postérieure  du  vomer.  Cette  région  comprend  deu\ 
étages  très-distincts  :  un  étage  supérieur  ou  nasal,  et  un  étage  inférieur  ikj 
buccal  beaucoup  plus  considérable. 

L'étage  supérieur  fait  partie  des  fosses  nasales.  Vertical  et  quadrilatère,  il 
offre  sur  la  ligne  médiane  :  l'extrémité  postérieure  du  bord  supérieur  <iu 
vomer,  large  et  bifide  ;  le  bord  postérieur  de  cei  os,  oblique  en  bas  et  en  avani 
et  au-dessous  de  ce  bord  l'épine  nasale  postérieure.  —  De  chaque  côté  oo 
voit  l'ouverture  postérieure  des  fosses  nasales  ;  en  dehors  de  celle-ci  les  fc*^-^ 
ptérygoïdcs  ;  et  au  delà  de  ces  fosses  la  face  interne  des  branches  de  U 
mâchoire. 

L'étage  inférieur,  beaucoup  plus  grand,  fait  partie  de  la  cavité  buccale.  11 
se  compose  d'une  portion  horizontale  ou  palatine  et  d'une  portion  verti<  a!i 
ou  maxillaire. 

La  portion  horizontale  constitue  la  voûte  du  palais,  remarquable  par  ^ 
figure  parabolique  et  par  sa  concavité  plus  prononcée  en  arrière.  Elle  { >- 
sente  sur  la  ligne  médiane  une  longue  suture  qui  unit  en  avant  les  dt^\ 
maxillaires,  et  en  arrière  lès  deux  palatins.  —  A  l'extrémité  antérieun  i 
cette  suture  on  voit  Porificc  inférieur  du  conduit  palatin  antérieur  :  codJ   ' 


DE  LA  FACE  EN  GÉNÉRAL. 


227 


large  el  unique  inférieurement,  se  divisant  supérieurement  pour  aller  s'ouvrir 
sur  le  plancher  de  chacune  des  fosses  nasales.  —  A  droite  et  à  gauche  de  la 
suture  existe  une  surface  inégale  et  triangulaire  qui  donne  attache  à  la 
muqueuse  palatine.  —  En  arrière  de  celle-ci  se  trouve  une  suture  trans- 
versale unissant  l'apophyse  palatine  des  maxillaires  à  la  portion  horizontale 
des  palatins  et  formant  une  croix  avec  la  suture  médiane  ;  Boyer  se  plaisait 
à  rappeler  qu'une  épingle  plongée  dans  le  point  d'intersection  des  deux 
sutures  et  conduite  jusque  sur  le  vomer,  permettait  de  toucher  cinq  os  à  la 
fois.  —  En  arrière  de  la  suture  transversale  on  observe  l'orifice  inférieur  des 
conduits  palatins  postérieurs  ;  et  plus  en  dehors  le  bord  interne  de  Tarcade 
alvéolaire  supérieure  qui  encadre  toute  la  voûte  palatine. 

La  portion  verticale  est  formée  de  haut  en  bas  par  les  arcades  dentaires  et 
la  face  interne  du  corps  de  la  mftchoire.  Elle  offre,  sur  la  ligne  médiane,  la 
symphyse  de  cet  os  et  Tapophyse  géni.  De  chaque  cdté  on  remarque  la  ligne 
mylo-hyoîdienne  ;  au-dessus  de  cette  ligne  une  surface  plane  et  angulaire  ; 
au-dessous  la  gouttière  qui  loge  la  glande  sous-maxillaire. 

D.  Régions  latérales  ou  zygomatiques.  —  Elles  sont  composées  de  deux 
plans,  l'un  superficiel,  l'autre  profond. 

Le  plan  superficiel,  beaucoup  plus  étendu,  est  représenté  :  en  haut  par 
1  angle  postérieur  du  malaire  qui^  en  s'unissant  au  temporal,  contribue  à 
former  l'arcade  zygomatique  ;  en  bas  par  la  face  externe  de  la  branche  de 
la  mâchoire. 

Fig.  63. 


Régton  antérieure  de  la  face, 

1.  Fronul.  —  5.  Bossa  nasale.  —  3.  Arcade  orbitaire.  —  4.  Trou  optique.  —  5.  Fente 
>^tir»oidaie.—  6.  Fente  sphéno-niaxillaire.  —  7.  Gouttière  lacrrmale.—  8.  Cloison  et  orifice 
artnourdes  fosses  nasales.  —  9.  Trou  sous-orbitaire.  —  10.  Os  nialairc.  —  11.  Symphyse 
ilu  menton.  —  15.  Trou  mentonnier.  —  13.  Branche  du  maxiUaire  inférieur.  —  14-  Pariétal. 
—  1j.  Sature  fronto- pariétale.  —  16.  Temporal.  —  17.  Suture  écaillcusc.  —  18.  Grande 
til-'  du  sphénoïde.— 19.  Origine  de  la  ligne  qui  circonscrit  la  fosse  temporale.  —  20.  Arcade 
7\^oinatique.  —  M.  Apophyse  mastolde. 


i>'j(; 


0>TL()LO(ili: 


perce»*.  à.JMiir,  cl  uc  prcticiite  plusquc  le  plancher  dcs  quatre '^ 
concourt  à  former.  U 

\\.  lirijinn  (infrrieure  uu  fatlah'.  —  Kl  le  est  plus  long'  "^   ^< 
ol>li(Iiie  (le  haut  en  has  et  crarrière  en  a\ant.  On  reu'  t    ^-i 
médiane  :  J"  réminence  nasale,  «'troite  supéru'uremei   ^    ..   '', 
lemenl,  divisée  en  deu\  moitiés  sMiiétriques  parlas  '^   -^    v.    -, 
les  os  du  nez,  olVrant  de  chaque  cùlé  une  autre  ?  ;:.  " '-  "'     - 
l'apophyse  montante  des  maxillaires  su|K''iieurs    f  \. 
des  ro>ses  nasales  ([ui  s'incline  en  has  et  en  arriè  -^    -    ' 
trianiîle  isocèle,  à  an]udes  arrondis,  à  sommet  ?  ^;,  |  t; 
;>"  1  épine  nasale  antérieure  et  inl'éi'ienre,  a  ;   <^ '^^ 
de  cidle-ci    la  losselle    mNrtiforme,  et  la  '  ;  ' ;\  >.  " 
laires:   5"  1  arcade  dentaire    supérieure,    ,  ^.         -    .: 
et    l  arcade  denlaire  inierieure;  G'*  la  P/  ;    ^' 

léminence  du  menton.  .       '   '-     . 

De  chaque  coté,  cette  réjJiion  préser     ^   '  "  .:    ;. 

qui  fait  partie  du  contour  de  la  hase  f'  '.        ;-     v 

de  cette  échancrure  se  trouve  une  F  'r        r;   : 

montante  du  maxillaire  supérieur       ,       .■    .   ".       %    'r- 
autre  surface  quadrilatère  plus  -   '\   [^       ^    ' 

au-dessous  de  sa  partie  m(>yenp        ■        ...   '     ;    • 
cetosa\ec  le  maxillaire  supr  V    ,- 


.,el 


orhi taire  ;  plus  has  la  fosse 
arcades  dentaires,  le  trou  f 


■r  id  moitié  supé- 

^idrtie  antérieure  do 

^11  y  remarque  cinq  ori- 

..osléricur,  situé  i\  son  c\tré- 

trois  parois  ;  *2"  le  trou  sphéno- 

.  sur  sa  paroi  interne;  c'est  le  plus 

^idssage  aux  vaisseaux  de  ce  nom  ;  3"  le 

upérieur,  situé  sur  la  partie  la  plus  éle\éo 

A-e  antérieur  du  conduit  vidien  ou  ptérygoï- 

ji,  au-dessous  du  précédent,  en  arriére  du  trou 

*  orifice  antérieur  du  conduit  ptérygo-palalin,  placé 

u  dedans  du  trou  vidien  (fig.  6^). 


{\.lh'(ji<ni  postrrienrc  ou 
de  l'un  à  l'antre  hord  y 
limitée  par  la  courhe 
par  une  autre  courh 
<(dui-ci  et  Textrém 
étages  très-dislinc' 
hiHcal  heancoup 

I /étage  supér' 
otVre  sur  la  lir 
vomer,  large  f 
et  au-dessor 
Noit  t'ouvcr 
ptérygoid 
inAchoir       .^,  ^j^ns  sa  conformation  intérieure,  la  face,  de  même  que  le  crâne, 

L'éta      '  ^jpc  cavité,  mais  une  caxilé  à  cloison  multiple,  c'est-à-dire  divisée 
se  cor  ./î'^^jj.g  compartiments  ou  ca\ités  secondaires, 
ou  ^  j'^^^iQÎ^on  horizontale  la  partage»  en  deux  moitiés  superposées,  l'une  su- 

^  /"*^rt.  affectée  au  sens  de  la  \ne  et  de  lodorat,  l'autre  inférieure,  occupée 
Hg  ^^^  g^ns  dugoiit.  Une  cloison  verticale  et  médiane  subdivise  la  premièn.* 
s    y»^^yx  parties,  lune  droite  et  l'autre  gauche.  D'autres  cloisons  partielles 

'^hdivisent  encore  chacune  de  ces  parties  latérales.  La  face  se  trouve  ainsi 

'^^Miéc  de  cinq  cavités  :  deux  supérieures  pour  le  sens  de  la  vue,  ce  sont  les 


C,  -^  Couformatloii  lnt<^rlcare  de  U  face. 


<. 


DE  LA  FACE  EN  GÉNÉRAL.  220 

^>  centrales  pour  le  sens  de  l'odorat,  ce  sont  les 
\  médiane,  qui  contribue  à  former  le  vestibule 


<3« 


i^  "n(|ie  le  sens  du  goût. 


«^'^^    ^v<.  ^<»mmun  d'être  largement  ouvertes  au 

•^.  %.''^     ^^  ^e  représente  plutôt  une  fosse  qu'une 

-vl^^  ^   "^^   ^  supérieure,  pourraient  être  prises 

"^^  ^^  "^^/^^^     '^^  'ère,  ou  cawt^  hmocaU^  est  com- 

^    ^     ^^^^^ëi^^-  ^^  "^^^^^  »  ^®*  secondes  sont  com- 

^  ^  ^^^^'^  ■  \  *^  ^  ^*  manière  d'une  voûte. 

'^^^'\^^-   "%  '^<31%  ^^«  ^"  «°ût  fait  partie 

'^«'^Nu  "%.  <^  ^-"^  "^^  ^^»e  nous  reste  donc 

^    ^^^<>  '^  ^^^'  %  ^us -du  crâne,  au-des- 

i-.  ^^^'^•'^<^  %»^  ''*  dedans  des  fosses  tem- 

^i»  ^^  *^d^^  '  quadrangulaire  dont  la  base 

^"^  ^^^       ^^  ^  <>mmet  en  arrière  et  un  peu  en 

c>   ^'  ^^  ^  •^^  orbites  ne  sont  pas  parallèles  : 

f'^^^f^  '  s®  croiser  en  arrière  au  niveau  de  la 

^^.  tî^    ^  —  Ces  cavités  nous  offrent  à  étudier  quatre 

^^.  ane  supérieure,  l'autre  inférieure  ;  et  deux  ver- 

>.(re  interne  ;  quatre  angles,  deux  supérieurs  et  deux 

.f  un  sommet. 

.are,  ou  voiùie  de  l'orbite,  concave,  de  figure  triangulaire,  est 

«ère  par  les  petites  ailes  du  sphénoïde  et  dans  le  reste  de  son 

^,<ir  le  frontal.  La  suture  qui  unit  ces  deux  parties  répond  à  son 

^ité  postérieure.  Au-dessous  de  cette  suture,  on  voit  le  trou  optique 

.iiquement  dirigé  en  avant  et  en  dehors;  et  au-dessous  de  celui-ci  une 

tr^-minimc  et  irrégulière  dépression  qui  donne  attache  au  tendon  de  Zinn. 

--  Sa  partie  antérieure  et  externe  est  creusée  d'une  large  fossette,  la  fossette 

laerymaley  qui  loge  la  glande  de  ce  nom.  —  Sa  partie  antérieure  et  interne 

préientc  une  petite  dépression  circulaire,  souvent  peu  apparente,  qui  donne 

iDiertion  à  la  poulie  sur  laquelle  se  réfléchit  le  tendon  du  muscle  grand 

oblique  de  l'œil. 

La  paroi  inférieure,  ou  planclier  de  Vorbite^  est  plane,  un  peu  inclinée  en 
dehors,  triangulaire.  Trois  os  contribuent  à  la  former  :  la  face  supérieure  de 
la  pyramide  du  maxillaire  supérieur  qui  en  constitue  la  presque  totalité,  la 
facette  supérieure  de  l'apophyse  orbitaire  du  palatin  qui  en  représente  la 
partie  la  plus  reculée,  et  enfin  l'os  de  la  pommette  qui  répond  à  sa  partie 
antérieure  et  externe.  —  On  voit  sur  son  angle  postérieur  la  suture  qui  unit 
le  paUtin  au  maxillaire,  et  sur  son  angle  externe  celle  beaucoup  plus 
longue  qui  unit  cet  os  au  malaire.  —  Elle  est  traversée  obliquement  par  la 
goottiëre  aou»-orbitaire,  puis  par  une  fissure  qui  lui  succède  et  qui  se  pro- 
longe Jusqu'à  son  bord  antérieur.  Au-dessous  de  cette  fissure  se  trouve  le 


2îi8 


OSTEOLOGIE. 


Le  plan  profond  est  constitué  par  la  face  postérieure  de  la  pjTamide  du 
maxillaire  supérieur,  par  la  tubérosité  de  cet  os  et  par  la  facette  externe  do 
l'apophyse  ptérygoîdienne  du  palatin.  En  s'unissant  au  sphénoïde,  il  con- 
court à  la  formation  d'une  fosse  étendue  et  profonde  qui  porte  le  nom  d( 
fosse  zygomatique. 

Cette  fosse  présente  trois  faces.  —  La  face  antérieure,  formée  par  la  [^u- 
postérieure  du  maiillaire  supérieur,  est  la  plus  grande  ;  elle  slncline  m 
arrière.  —  La  face  interne,  formée  par  l'aile  externe  des  apophyses  plén- 
goîdes  et  par  la  facette  externe  de  l'apophyse  pyramidale  du  palatin,  est  la 
plus  petite  ;  elle  s'incline  en  avant.  —  La  face  supérieure,  inclinée  ausii  m 
avant,  comprend  dans  sa  composition  toute  la  partie  inférieure  des  fatv* 
latérales  du  sphénoïde,  et  une  facette  triangulaire  du  temporal  située  au 
devant  de  la  racine  transversale  de  l'apophyse  zygomatique.  La  crOte  qui 
part  de  cette  racine  et  qui  s'étend  d'arrière  en  avant  sur  le  sphénoïde,  limiu 
cette  face  et  sépare  ainsi  la  fosse  zygomatique  de  la  fosse  temporale. 

Au  point  de  convergence  des  trois  faces  de  la  fosse  zygomatique,  on  >oit 
l'excavation  qu'elles  limitent  se  rétrécir  brusquement  pour  se  prolonger  dt 
dehors  en  dedans  jusqu'à  l'os  palatin,  et  de  bas  en  haut  jusqu'au  sommet  de 
l'orbite.  Ce  prolongement,  nommé  par  Bichat  fosse  ptérygo-maxillaire,  cot^ 
stitue  le  sommet  de  la  fosse  zygomatique.  Il  se  présente  sous  l'aspect  d  ut:* 
fente  verticale  qui  se  continue  en  haut  avec  la  fente  sphéno -maxillaire,  ti 
qui  forme  avec  celle-ci  une  sorte  d'équerre. 

La  fosse  ptérygo-maxillaire  est  circonscrite  :  en  avant  par  la  moitié  supé- 
rieure de  la  tubérosité  du  maxillaire  ;  en  arrière  par  la  partie  antérieure  d^ 
l'apophyse  ptérygoïdc  ;  en  dedans  par  l'os  palatin.  On  y  remarque  cinq  ort- 
fices  :  i**  l'orifice  supérieur  du  conduit  palatin  postérieur,  situé  à  son  c\tr^ 
mité  inférieure,  au  point  de  réunion  des  trois  parois;  2<*  le  trou  sphér>- 
palatin,  situé  à  son  extrémité  opposée  et  sur  sa  paroi  interne;  c'est  le  plii- 
grand  et  le  plus  irrégulier;  il  donne  passage  aux  vaisseaux  de  ce  nom  ;  3"  U 
trou  grand  rond  ou  maxillaire  supérieur,  situé  sur  la  partie  la  plus  élcu^ 
de  sa  paroi  antérieure;  k^  l'orifice  antérieur  du  conduit  vidien  ou  pténg> '^ 
dien,  situé  sur  la  môme  paroi,  au-dessous  du  précédent,  en  arrière  du  ti>-^ 
sphéno-palatin  ;  5*  enfin  l'orifice  antérieur  du  conduit  ptérygo-palatin,  plaît 
aussi  sur  cette  paroi,  en  dedans  du  trou  vidien  (fig.  6â). 


CL  — 


lBi«rlc«re  et  la  taee. 


Considérée  dans  sa  conformation  intérieure,  la  face,  de  même  que  le  cr-tty- 
représente  une  cavité,  mais  une  cavité  à  cloison  multiple,  c'est-à-dire  di^i.^ 
en  plusieurs  compartiments  ou  cavités  secondaires. 

Une  cloison  horizontale  la  pariage  en  deux  moitiés  superposées,  Tune  su- 
périeure, affectée  au  sens  de  la  vue  et  de  l'odorat,  l'autre  inférieure,  occupf^ 
par  le  sens  du  goût.  Lue  cloison  verticale  et  médiane  subdivise  la  prenuî rr 
en  deux  parties,  l'une  droite  et  l'autre  gauche.  D'autres  cloisons  partitMl^^ 
subdivisent  encore  chacune  de  ces  parties  latérales.  La  face  se  trouTc  airts 
creusée  de  cinq  cavités  :  deux  supérieures  pour  le  sens  de  la  vue,  ce  sont  li^ 


DE  LA  FACE  EN  GÉNÉRAL. 


920 


orbites;  deux  moyennes  et  centrales  pour  le  sens  de  l'odorat,  ce  sont  les 
fmtê  nasales;  une  inférieure,  médiane,  qui  contribue  à  former  le  vestibule 
des  voies  digestives  et  qui  renferme  le  sens  du  goût. 

Ces  cavités  ont  pour  caractère  commun  d'être  largement  ouvertes  au 
dehors,  et  très-incomplètes.  L'inférieure  représente  plutôt  une  fosse  qu'une 
cavité  ;  les  autres,  dépourvues  de  paroi  supérieure,  pourraient  être  prises 
pour  de  simples  échancrures.  Mais  la  première,  ou  cavité  buccale^  est  com- 
plétée à  l'état  physiologique  par  des  parties  molles  ;  les  secondes  sont  com- 
plétées par  le  crâne  qui  recouvre  chacune  d'elles  à  la  manière  d'une  voûte. 

Parmi  les  cinq  cavités  de  la  face,  celle  qui  loge  le  sens  du  goût  fait  partie 
de  la  région  postérieure,  et  nous  est  déjà  connue.  Il  ne  nous  reste  donc 
plus  à  étudier  que  les  cavités  orbitaires  et  les  fosses  nasales. 


I.  —  CavMés  orklUlrei. 


Les  orbites  ou  cavités  orbitaires  sont  situées  au-dessous  'du  crâne,  au-des- 
sus et  en  dehors  des  fosses  nasales,  au  devant  et  en  dedans  des  fosses  tem* 
porales.  —  Leur  forme  est  celle  d'une  pyramide  quadrangulaire  dont  la  base 
regarde  en  avant  et  un  peu  en  dehors,  le  sonmiet  en  arrière  et  un  peu  en 
dedans,  d'où  il  suit  que  les  axes  des  deux  orbites  ne  sont  pas  parallèles  : 
suffisamment  prolongés,  ils  iraient  se  croiser  en  arrière  au  niveau  de  la 
protubérance  occipitale  interne.  —  Ces  cavités  nous  offrent  à  étudier  quatre 
parois  :  deux  horizontales,  l'une  supérieure,  l'autre  inférieure  ;  et  deux  ver- 
ticales, l'une  externe,  l'autre  interne  ;  quatre  angles,  deux  supérieurs  et  deux 
inférieurs  ;  une  base  et  un  sommet. 

La  fHiroi  supérieurSy  ou  voûte  de  l'orbite^  concave,  de  figure  triangulaire,  est 
formée  en  arrière  par  les  petites  ailes  du  sphénoïde  et  dans  le  reste  de  son 
étendue  par  le  ftrontal.  La  suture  qui  unit  ces  deux  parties  répond  à  son 
eitrémité  postérieure.  Au-dessous  de  cette  suture,  on  voit  le  trou  optique 
obliquement  dirigé  en  avant  et  en  dehors;  et  au-dessous  de  celui-ci  une 
trt^-minime  et  irrégulière  dépression  qui  donne  attache  au  tendon  de  Zinn. 
—  Sa  partie  antérieure  et  externe  est  creusée  d'une  large  fossette,  la  fossette 
locrymaley  qui  loge  la  glande  de  ce  nom.  —  Sa  partie  antérieure  et  interne 
présente  une  petite  dépression  circulaire,  souvent  peu  apparente,  qui  donne 
insertion  à  la  poulie  sur  laquelle  se  réfléchit  le  tendon  du  muscle  grand 
oblique  de  l'œil. 

1^  parût  inférieure^  ou  plancher  de  Vorbite,  est  plane,  un  peu  inclinée  en 
dehors,  triangulaire.  Trois  os  contribuent  à  la  former  :  la  face  supérieure  de 
la  pyramide  du  maxillaire  supérieur  qui  en  constitue  la  presque  totalité,  la 
facette  supérieure  de  l'apophyse  orbitaire  du  palatin  qui  en  représente  la 
partie  la  plus  reculée,  et  enfin  l'os  de  la  pommette  qui  répond  à  sa  partie 
antérieure  et  externe.  —  On  voit  sur  son  angle  postérieur  la  suture  qui  unit 
le  palatin  au  maxillaire,  et  sur  son  angle  externe  celle  beaucoup  plus 
longue  qui  unit  cet  os  au  malaire.  —  Elle  est  traversée  obliquement  par  la 
gouttière  sous-orbitaire,  puis  par  une  fissure  qui  lui  succède  et  qui  se  pro- 
longe jusqu'à  son  bord  antérieur.  Au-dessous  de  cette  fissure  se  trouve  le 


330 


OSTÉOLOGIÉ. 


canal  8ou»-orbitaire,  creusé  dans  son  épaisseur.—  Cette  paroi  sépare  l'orbite 
du  sinus  maxillaire. 

La  paroi  extemej  plane  et  triangulaire  comme  les  précédentes,  se  dirige 
très-obliquement  d'avant  en  arrière  et  de  dehors  en  dedans.  Elle  est  &)q- 
«tituée  en  arrière  par  le  sphénoïde,  en  avant  par  le  malaire,  en  haut  par  le 
frontal.  On  voit  sur  son  tiers  antérieur  une  suture  verticale  qui  unit  le  ou- 
1  aire  au  sphénoïde,  et  au-dessus  de  celle-ci  une  suture  antéro-postérieure 
produite  par  l'union  de  ces  os  avec  le  frontal.  Près  de  son  bord  antérieur  se 
trouve  l'orifice  supérieur  du  conduit  qui  traverse  l'os  de  la  poomiette.— Otte 
paroi  sépare  l'orbite  de  la  fosse  temporale. 

La  paroi  interne  est  parallèle  au  plan  médian,  allongée  d'avant  eo 
arrière,  de  figure  rectangulaire.  L'os  planum  de  l'ethmoîde  en  compose  la 
plus  grande  partie  ;  l'unguis  et  le  bord  postérieur  de  l'apophyse  montante  du 
maxillaire  la  complètent  en  avant.  —  Elle  oCTre  trois  sutures  verticales  et  pa- 
rallèles :  une  postérieure,  qui  unit  l'os  planum  aux  parties  latérales  du  corp^ 
du  sphénoïde  ;  une  moyenne,  qui  unit  l'ethmoîde  à  l'unguis  ;  une  antérieunN 
qui  unit  l'unguis  à  l'apopbyse  montante.  —  On  observe  à  sa  partie  antérieure 
la  gouttière  lacrymale ,  dont  la  concavité  regarde  en  dehors.  Cette  gouttière 
est  formée  en  arrière  par  l'unguis,  en  avant  par  l'apophyse  montante  du 
maxillaire  supérieur.  Elle  se  dirige  un  peu  obliquement  de  haut  en  bv. 
de  dedans  en  dehors  et  d'avant  en  arrière.  La  suture  qui  unit  l'unguis  < 
l'apophyse  montante  occupe  sa  partie  moyenne  et  la  parcourt  sur  toute  sa 

Fig.  64- 


Paroi  interne  deforbite.  —  Sinus  maxillaire.  —  Sommet  de  la]fasee  xygctmaiùpÊe 
—  Canal  carotidien.  —  Conduit  de  Fallope, 

1.  Paroi  supérieure  ou  foûtc  de  l'orbite. —  2.  Sinus  frontal.—  3.  Ethmolde.  —  &.  S^.^- 
fronto-ethmoldale.  —  5.  Trou  orbitaire  interne  antérieur.  —  6.  Trou  orbitaire  inieroi^  f^^- 
lérieur.  —  7.  Suture  sphëno-ethmoldale.  —  8.  Os  unguis.  —  9.  Suture  froalo-niuu  i.' 
—  10.  Suture  ethrooMo-unguéale.  — 11.  Gouttière  lacrymale  formée  en  arrière  par  1  ui;^:.^ 


DE  LA  FACE  EN  GÉNÉRAL.  231 

loQgQeor.  Son  extrémité  supérieure  répond  à  Tapophyse  orbitaire  interne 
du  frontal.  En  descendant,  elle  devient  de  plus  en  plus  profonde  et  se  termine 
en  bas  par  un  orifice  qui  résulte  du  rapprochement  de  ses  bords,  orifice  à  la 
formation  duquel  le  crochet  de  l'unguis  prend  la  part  principale.  Lorsque 
ce  crochet  est  trop  court,  on  remarque  à  la  partie  interne  de  la  gouttière 
lacrymale  une  échancrure  de  figure  et  de  dimensions  très-variables. 

A  la  gouttière  lacrymale  succède  le  canal  nasal  qui  continue  le  tri^^^  ^^ 
celle-ci,  pour  aller  s'ouvrir  à  la  partie  supérieure  et  antérieure  du  méat 
inférieur  des  fosses  nasales.  Ce  canal  est  formé  :  en  dehors  par  une  large 
gouttière  située  sur  la  face  interne  du  maxillaire,  en  dedans  et  en  haut  par 
la  partie  la  plus  inférieure  de  Tunguis,  en  dedans  et  en  bas  par  l'apophyse 
unguéale  du  cornet  inférieur.— Sa  longueur  est  de  11  millimètres,  tandis  que 
celle  de  la  gouttière  s'élève  à  12.— 11  serait  un  peu  plus  étroit  dans  sa  partie 
moyenne,  selon  la  plupart  des  auteurs  ;  ce  rétrécissement  existe  en  effet 
quelquefois  ;  mais  en  général  le  canal  s'élargit  graduellement  de  haut  en 
bas  et  affecte  une  configuration  infundibuliforme.  Son  diamètre  antéro-pos^ 
térieur,  un  peu  plus  étendu  que  le  transversal,  est  de  /i  à  5  millimètres  au 
niveau  de  son  extrémité  supérieure,  de  6  à  7  sur  sa  partie  moyenne,  de  8  à  10 
à  son  embouchure  dans  le  méat  inférieur.  Sa  paroi  externe  se  continue  sans 
ligne  de  démarcation  avec  celle  de  ce  méat,  qu'on  peut  considérer  comme 
soD  épanouissement. 

V angle  supérieur  et  interne  présente  la  suture  qui  unit  l'ethmoïde  et  l'un- 
guis au  frontal.  Sur  cette  suture  on  remarque  les  trous  orbitaires  internes 
au  nombre  de  deux.  Ceux-ci,  distingués  en  antérieur  et  postérieur,  for- 
ment chacun  le  point  de  départ  d'un  canal  qui  va  s'ouvrir  dans  la  cavité  du 
crâne,  sur  les  bords  de  la  fosse  ethmoïdale.  L'antérieur  donne  passage  au 
filet  ethmoîdal  du  nerf  nasal,  à  une  artère  et  une  veine;  le  postéirieurcst 
traversé  par  des  vaisseaux. 

L'angle  supérieur  et  externe  répond  :  en  avant,  à  la  fossette  lacrymale  située 
à  la  fois  sur  la  paroi  supérieure  et  sur  la  paroi  externe;  au  milieu,  à  la,  partie 
la  plus  reculée  et  la  plus  élevée  de  la  suture  sphéno-frontale;et  en  arrière, 
à  la  fente  sphénoïdale. 

en  avant  par  Tapophyse  montante  da  maxillaire.  --12.  Suture  des  deux  os  qui  composent 
rette  gouttière.  —  13.  Paroi  inférieure  ou  plancher  de  l'orbite.  —  1^.  Facette  supéneure  de 
l'apophyse  orbitaire  du  palatin^  contribuant  h  former  ce  plancher.  — 15.  Paroi  externe  du 
cftoal  nasal  formant  relief  dans  la  cavité  du  sinus  maxillaire.  —  16.  Ligne  ponctuée  indiquant 
le  point  précis  oii  ce  canal  s'ouvre  dans  le  méat  inférieur.  — 17.  Relief  dépendant  de  la  paroi 
fit^rne  de  ce  méat  ;  on  voit  que  ce  relief  fait  suite  a  celui  du  canal  na.sal  dont  le  méat  n'est 
eo  réalité  gu'un  renflement.  —  18.  Apophyse  auriculaire  du  vomer.  —  10.  Union  de  l'apo- 
physe uociiorme  de  l'ethmoïde  avec  l'apophyse  ethmoïdale  du  vomer.  ^~  20.  Partie  antérieure 
da  palatin  recouverte ,  comme  l'apophyse  auriculaire  du  vonier^  par  la  muqueuse  du  sinus. 
—  21.  Partie  postérieure  de  l'orifice  du  sinus,  qui  se  trouve  aussi  recouverte  par  cette  mu- 
queuse et  qui  disparaît  par  conséquent  k  l'état  physiologique.—  22.  Trou  optique. —  23.  Très- 
niminie  dépression  h  laquelle  s'insère  le  tendon  de  Zinn.  —  24.  Orifice  supérieur  du  conduit 
palatin  postérieur.  —35.  Trou  sphéno-palatin.  —  26.  Orifice  antérieur  du  conduit  ptérygo- 
palatin.  —  27.  Trou  grand  rond  ou  maxillaire  supérieur.  —  28.  Conduit  vidien  ou  ptéry- 
g.iMien.  —  29,  29,  Canal  carotidien.  —  30.  Dépression  occupant  la  partie  antérieure  du 
sommet  du  rocher  et  supportant  le  ganglion  de  Casser.  —  31.  Hiatus  de  Fallope  et  sillon  qui 
le  précède.  —  32.  Portion  moyenne  du  conduit  de  Fallope.  —  33.  Portion  inférieure  ou 
^^•rtiralc  de  ce  conduit.  —  34-  Promontoire  et  paroi  interne  de  la  caisse  du  tvmpan.  — 
35.  Coupe  de  Fapophyse  clynoîde  antérieure.  —  36.  Apophyse  clynolde  postérieure.  — 
y^'  Apophyw  ttylmde.  ««•  S8.  Apophyse  mastolde. 


132 


OSTEOLOGIE. 


Vangle  inférieur  et  intemey  horizontal  et  antéro-postérieur,  préteole  : 
i^  en  avant,  l'orifice  supérieur  du  canal  nasal  ;  2<»  au  milieu  et  sur  la  {»lii« 
grande  partie  de  son  étendue,  la  suture  qui  unit  le  bord  supérieur  do 
maxillaire  avec  l'unguis  et  Tethmoïde  ;  2*  en  arrière,  une  autre  sature  tri^ 
courte  résultant  de  l'union  de  l'ethmoîde  avec  le  palatin. 

Vangle  inférieur  et  extemey  horizontal  aussi,  mais  obliquement  dirige 
d'avant  en  arrière  et  de  dehors  en  dedans,  est  constitué  dans  son  tiers  anté- 
rieur par  l'apophyse  orbitaire  du  malaire  et  par  une  très-petite  partie  du 
sommet  de  l'apophyse  pyramidale  du  maxillaire  ;  on  observe  sur  ce  tiers  anté- 
rieur la  suture  qui  résulte  de  l'union  de  ces  apophyses.  —  Sa  partie  moyenne 
est  représentée  par  la  fente  sphéno  maxillaire,  plus  large  en  avant  qnen 
arrière,  limitée  en  dehors  par  la  grande  aile  du  sphénoïde,  en  dedans  par  If 
bord  postérieur  de  la  pyramide  du  maxillaire.  A  l'état  physiolc^que,  cett^ 
fente  se  trouve  comblée  par  le  périoste  qui  passe  de  la  paroi  externe  de  1  o^ 
bite  sur  la  paroi  inférieure  et  qui  recouvre  non-seulement  la  gouttièrr 
Bous-orbitaire,  mais  aussi  le  nerf  et  les  vaisseaux  qu'elle  contient,  d'où  il  «uit 
que  ce  nerf  et  ces  vaisseaux  restent  placés  en  dehors  de  la  cavité  orbitairf . 
—  En  arrière  de  la  fente  sphéno-maxillaire,  on  remarque  la  partie  la  pluf 
élevée  de  la  fosse  ptérygo-maxillaire  qui  se  continue  avec  elle  ;  un  léger 
rétrécissement  établit  ordinairement  leurs  limites  respectives. 

La  base  de  l'orbite,  irrégulièrement  quadrilatère,  est  circonscrite  :  en  haut, 
par  l'arcade  orbitaire  du  frontal  ;  en  bas,  par  la  partie  inférieure  du  boni 
concave  du  malaire  et  par  le  bord  antérieur  de  la  pyramide  du  maxillaiiv. 
en  dedans,  par  le  bord  antérieur  de  la  gouttière  lacrymale  et  par  Tapophr^ 
orbitaire  interne  du  frontal;  en  dehors,  par  l'apophyse  orbitaire  externe  àt 
cet  os  et  par  la  partie  supérieure  du  bord  concave  du  malaire.  On  remarqur 
sur  le  côté  supérieur  de  cette  base  le  trou  sus-orbitaire,  ou  l'échancrure  qui 
en  tient  la  place;  et  sur  le  milieu  des  trois  autres  côtés  la  suture  des  deux  o^ 
qui  concourent  à  les  former. 

Le  sommet  répond  à  la  partie  la  plus  large  de  la  fente  sphénoîdale  ;  cV>t 
par  ce  sommet  et  par  le  trou  optique  que  les  orbites  se  trouvent  en  commu- 
nication avec  la  cavité  du  crflne,  et  que  le  sens  de  la  vue  se  continue  aux 
l'encéphale. 

II.  —  FMtet   MUMlM. 


Les  fosses  nasales  sont  situées  au-dessous  de  la  partie  antérieure  et  mé- 
diane de  la  base  du  crflne,  au-dessus  de  la  cavité  buccale.  Elles  séparent  W 
cavités  orbitaires,  et  sont  elles-mêmes  séparées  par  une  cloison  verticale  th-*- 
mince,  souvent  déjetée  à  droite  ou  à  gauche,  constituée  en  haut  par  la  lune 
perpendiculaire  de  l'ethmoîde,  en  bas  et  en  arrière  par  le  vomer,  en  a^a'it 
par  une  lame  cartilagineuse. 

Pour  Juger  de  leurs  dimensions  il  faut  les  soumettre  à  des  coupes  vertical'^ 
dirigées  soit  de  droite  à  gauche,  soit  d'avant  en  arrière.  Il  devient  tnV 
facile  alors  de  mesurer  leurs  principaux  diamètres  et  de  les  compartr 
entre  eux. 

I«e  diamètre  vertical  le  plus  long  s'étend  du  conduit  palatin  antent  ur 


DE  LA  FACE  EN  GÉNÉRAL. 


233 


à  répine  nasale  du  frontal  ;  il  est  de  5  centimètres.  En  se  rapprochant  de 
Touverture  antérieure  ce  diamètre  diminue  rapidement  ;  en  se  portant  en 
arrière  il  diminue  aussi,  mais  lentement,  puis  se  raccourcit  considérable- 
ment et  brusquement  au  niveau  de  Touverture  postérieure. 

Le  diamètre  antéro-postérieur  le  plus  étendu  est  celui  qui  mesure  Tespacc 
compris  entre  ces  deux  ouvertures.  Il  varie  de  7  à  8  centimètres;  en  s*élc- 
\ant  il  diminue  rapidement;  en  descendant  il  diminue  aussi,  mais  beaucoup 
moins  et  progressivement. 

Le  diamètre  transversal  est  notablement  plus  court  que  les  précédents  ; 
sur  la  partie  inférieure  des  fosses  nasales,  où  il  atteint  sa  plus  grande  lon- 
gueur, il  ne  dépasse  pas  15  millimètres;  plus  on  s'élève  et  plus  aussi  il  dimi- 
nue, en  sorte  qu*au  niveau  de  leur  partie  supérieure  il  se  réduit  à  3  milli- 
mètres et  môme  à  2  sur  certains  points. 

U  direction  des  fosses  nasales  est  horizontale  chez  quelques  individus  ; 
mais,  en  général,  ces  cavités  se  dirigent  un  peu  obliquement  d'avant  en 
arrière  et  de  haut  en  bas. 

Leur  forme  est  difficile  à  déterminer.  Surmontées  de  saillies  membraneuses 
qui  tendent  à  s'enrouler  sur  elles-mêmes,  donnant  naissance  à  des  prolonge- 
ments qui  pénètrent  dans  plusieurs  os  du  crâne  et  de  la  face  et  qui  consti- 
tuent autant  d'arrière-cavités  ou  de  sinus  y  elles  présentent  une  irrégularité 
extrême.  Cependant  on  peut  leur  considérer  :  une  paroi  supérieure  ;  une 
paroi  inférieure;  deux  parois  latérales.  Tune  interne,  l'autre  externe;  et 
deux  ouvertures.  Tune  antérieure,  l'autre  postérieure. 

La  paroi  supérieure  ou  voûte  des  fosses  nasales  offre  l'aspect  d'une  longue 
gouttière  antéro-postérieure  dont  la  concavité  regarderait  en  bas.  Elle  com- 
prend quatre  portions  très-différentes.  —  La  première,  ou  portion  antérieure, 
obliquement  ascendante,  est  formée  par  la  face  postérieure  des  os  du  nez,  et 
plus  haut  par  la  petite  gouttière  qu'on  remarque  sur  la  partie  inférieure  de 
1  épine  nasale  du  frontal.  —  La  seconde  est  horizontale,  plus  longue  que  la 
précédente,  plus  étroite  aussi;  elle  répond  à  la  lame  criblée  de  Tethmoïde  et 
à  la  lame  horizontale  du  corps  du  sphénoïde.— La  troisième  se  porte  verticale- 
ment ou  un  peu  obliquement  en  bas;  elle  est  constituée  par  la  face  antérieure 
du  corps  du  sphénoïde  ;  sur  cette  portion  verticale  on  voit  l'orifice  du  sinus 
Fphénoïdal,  situé  à  /i  ou  5  millimètres  au-dessous  de  la  portion  horizontale, 
plus  près  de  la  paroi  externe  que  de  Tinterne,  en  arrière  du  méat  supé- 
rieur.—La  quatrième,  ou  portion  postérieure,  est  horizontale  aussi.  Trois  os 
entrent  dans  sa  composition,  la  face  inférieure  du  corps  du  sphénoïde,  les 
ailes  du  vomer  et  l'apophyse  sphénoïdale  du  palatin.  Le  conduit  ptérygo- 
palatin  chemine  dans  son  épaisseur. 

\a.  paroi  inférieure,  ou  plancher  des  fosses  nasales ,  s'incline  légèrement 
d'avant  en  arrière  et  de  haut  en  bas.  Elle  est  unie,  concave  transversalement. 
L^apophyse  palatine  du  maxillaire  forme  ses  deux  tiers  antérieurs,  et  la  por- 
tion horizontale  du  palatin  son  tiers  postérieur.  —  On  voit  sur  cette  paroi  la 
suture  qui  résulte  de  l'union  de  ces  deux  os;  et  sur  sa  partie  antérieure  et 
interne  l'orifice  d'un  conduit  qui  se  dirige  en  bas  et  en  dedans,  et  qui  ne 
tinle  pas  à  se  réunir  sur  le  plan  médian  A  un  conduit  semblable  venu  du 


236 


OSTEOLOGIE. 


côté  opposé,  pour  constituer  un  conduit  unique,  le  conduit  palatin  au^ 
rieur.  Simple  et  large  inférieurement,  bifide  supérieurement,  ce  coDdui; 
rappelle  assez  bien  le  figure  d'un  Y. 

La  paroi  interne  est  représentée  par  la  cloison  des  fosses  nasales.  On  voil . 
à  sa  partie  supérieure  et  postérieure  la  suture  qui  unit  le  vomer  à  la  lame 
perpendiculaire  de  l'ethmoïde  ;  à  sa  partie  supérieure  et  antérieure  la  «où- 
dure  de  cette  lame  avec  le  cartilage  qui  complète  la  cloison;  et  plus  bas 
l'union  de  ce  cartilage  avec  les  deux  lames  du  vomer.  —  Cette  paroi,  trt-?- 
irrégulièrement  quadrilatère,  est  plus  étendue  d'avant  en  arrière  que  àt 
haut  en  bas.  Elle  adhère  faiblement  au  périoste  qui  s'en  laisse  facilement 
séparer  par  voie  de  décollement  (fig.  59). 

La  paroi  externe,  oblique  de  haut  en  bas  et  de  dedans  en  dehors,  est  rema> 
quable  par  les  anfractuosilés  qu'elle  présente,  et  par  les  arrière-ca\ii^. 
sinus  et  cellules,  qui  en  dépendent.  Six  os  contribuent  à  la  former  :  l  «  ik- 
moïde  en  haut,  le  maxillaire  supérieur  en  avant  et  en  .bas,  le  palatin  et  1 
sphénoïde  en  arrière,  le  cornet  inférieur  situé  au-dessous  de  rethmoïde,  * 
l'unguis  situé  au  devant  de  cet  os. 

On  observe  sur  cette  paroi  trois  lames  osseuses,  allongées  d'avant  r: 
arrière,  recourbées  de  haut  en  bas  et  de  dehors  en  dedans,  tendant  à  s  cl^ 
rouler  autour  d'un  axe  fictif  antéro-postérieur  à  la  manière  d'une  volute,  <* 
s'enroulant  en  effet  chez  les  mammifères  dont  le  sens  de  l'odoral  est  di>U'^ 
d'une  sensibilité  exquise.  Ces  lames  constituent  les  cornets,  distingués  enti^ 
eux  sous  les  noms  de  supérieur,  moyen  et  inférieur.  Leur  longueur  tuf- 
mente  de  haut  en  bas,  en  sorte  que  le  cornet  supérieur  est  débordé  en  a^&^i 
par  le  moyen,  et  le  moyen  par  l'inférieur.  Régulièrement  échelonnés  sur  U 
paroi  externe,  ils  la  divisent  en  trois  étages  très-distincts. 

L'étage  supérieur  est  formé  en  arrière  par  le  cornet  supérieur,  et  en  a^ant 
par  une  petite  surface  verticale  qui  se  continue  en  bas  avec  le  cornet  moyn. 
Au-dessous  et  en  dehors  du  cornet  supérieur  on  voit  :  !•  le  méat  supérieur 
et  l'orifice  qui  fait  communiquer  ce  méat  avec  les  cellules  postérieu^<^^  i^ 
l'ethmoïde  ;  2®  le  trou  sphéno-palatin  situé  à  l'extrémité  la  plus  reculée  du 
même  méat,  immédiatement  au-dessus  de  l'extrémité  postérieure  do  cotd^^ 
moyen. 

L'étage  moyen  présente  :  sur  un  premier  plan  le  cornet  moyen,  remir- 
quable  par  la  saillie  angulaire  et  l'indépendance  de  son  extrémité  antérst^nr- 
sur  un  second  plan  le  méat  moyen  ;  et  sur  un  troisième  plan  une  lonr 
gouttière  qui  limite  ce  méat  en  dehors.  Cette  gouttière,  qui  oppose  sa  com*- 
vité  à  la  concavité  du  cornet,  est  constituée  :  en  avant,  par  la  face  interne  li* 
l'apophyse  montante  du  maxillaire  supérieur;  en  arrière,  par  l'aile  interor 
de  l'apophyse  ptér)'goïde  ;  au  milieu,  par  la  portion  verticale  du  palatin,  jur 
lethmoïde  et  par  la  paroi  interne  du  canal  nasal,  c'est-A-dire  par  l  e\tr- 
mité  inférieure  de  l'unguis  et  l'apophyse  unguéale  du  cornet  inférieur.  - 
On  remarque  sur  cette  partie  moyenne  de  la  paroi  externe  du  méat  m*>v  > 
deux  orifices  :  i""  un  orifice  supérieur,  profondément  caché  sous  l'eiCnni 
antérieure  du  cornet;  cet  orifice, qui  répond  à  l'infundibulum  de  Tethiik  .v> 
fait  communiquer  le  méat  moyen  avec  les  sinus  firontaux  ;  2«  un  orifice  ii^  •- 


DE  LA  FACE  EK  GÉNÉRAL. 


235 


rieur  et  postérieur,  plus  grand  et  IrréguUcr,  qui  fait  communiquer  ce  m6at 
avec  le  sinus  maxillaire;  ce  second  oriflcf  mi  partagé  en  deu^  portions  iné- 
gales par  l'union  de  l'apophyse  unciforme  de  Tethraoïde  avec  l'apophyse 
ethmoîdale  du  cornet  inférieur  (fig.  SU,  1!^>)* 

L'étage  inférieur  ofPre  la  même  disposition  que  le  précédent,  mais  il  est 
beaucoup  plus  régulier  et  plus  simple.  Sur  un  premier  plan  on  aperçoit  le 
cornet  inférieur;  au-dessous  du  cornet  se  trouve  le  méat  inférîmir  limité  en 
dedans  par  la  face  concave  de  celui-ci,  et  <^o  dehors^  par  uno  longue  gouttière 
que  forment  le  maxillaire  supérieur  et  le  paîatin.  Le  canal  nasal  vient  s'ou- 
mrsur  la  partie  supérieure  et  antérieure  de  ce  méat» 

L  ouverture  antérieure  des  fosses  nasales  est  double  comme  la  postérieurCj 
lorsque  la  cloison  est  complétée  par  son  cartilage*  l^n  Fabsence  de  cv  carti- 
lage elle  est  unique  et  commune  aux  dey  v  cavités,  Xoua  avons  vu  qu'elle  ofVre 


Fig.  05. 


Kip.  m. 


FoswJt  nasales,  Fm§e9  namtes^ 

paroi  externe.  pm^i  interne^ 

Tig.  65.  —  1.  Cornet  supérieur.  —  2.  Méat  sirp^rifur.  —  3.  Tro»  sph<^nft-i»alaiiii.  — 
i  Sinus  sphénoldal.  —  5.  Cornet  moyen.  —  CL  \\H\  nn^ycn*  —  7.  Oriih  l^  Hu  siiiiis  muxiî- 
liirc.  —  8.  Suture  unissant  l'aiwphyse  montant<^  U  I  iinptii^.  —  9.  Ouncr  iiîfi'rjt*iir  —  10.  Sîii 
•  Mrt'uliië  postérieure  unie  au  palatin.  —  11.  Son  ^f\tnj[uiié  unU'iîturr  tmîi*  »i  la  rr*^le  sitU<V 
^ur  la  base  (te  Tapophyse  montante.  —  12.  Ap^jjïliys**  iiuguéak  lîii  mnict  unie  u  ri'Hiriîmii/' 
iM- neurc  de  Tunguis.  —  13.  Branche  droite  du  ootitkiit  jHiltitiir  otH4*riciir,  —  l'i.  Branrbr 
ruuihe  du  nidme  conduit.  —  15.  Partie  médiant'  ou  ififérieure  de  ce  eopHuii.  -^  \\\.  Union 
•u  |»4i4tin  et  de  Tapophyse  palatine  du  maxillain-.  —  17^  Lnion  du  piibliii  il  de  I  u}Mip|iy>4' 
U'niiuidf.  —  18.  Fosse  ptérycoïde.  —  19.  Cnniiet  û^  VmXi'  inienu',  —20  AïHi]khy^'  \Âé- 
nei.idicnne  du  palatin.  —  2l!  Voûte  palatine.  —  12.  Vnvm  ilt*  Vm  du  tirst  et  ilc  iMp^hy^ie 
fu-:itanle.  —  23.  Sinus  frontal.  —  24.  Sommet  de  ln^Kiphyse  criiïa-galïi. 

Fig.  66. —  1.  Lame  perpendiculaire  de  rethm^ide.  —  2*Vomer*  —  3.  Union  de  ccim  wttt 
la  Unie  perpendiculaire.  —  h-  Union  du  même  "^  a\i'r  h'  pablin  et  1  ap^iphysie  pulatiiie  du 
auxiliaire.  —  5.  Union  de  la  base  du  Yomer  îlv"  >  1i^  rùif^  du  ivphéiioîde.  —  i\.  J^egnieiit  de 
Uriouon  qui  sépare  les  sinus  sphéuoldaux.  —  7.  Sinus  '4|>h^nt^IdaL  gauche  en  partie  <»UTen. 

—  b.  Extrémité  antérieure  du  cornet  moyen.  —  \h  hAhuîmiti*  aniilrieure  du  Cïn-nel  inWiieur. 

—  10.  Sature  naso-frontale.  —  11.  Sinus  friuii  ?l  —  \%  Sommet  de  rapophyst-  erista- 
caMi.  —  13.  Epine  nasale  antérieure  et  inféritiaic.  —  %k^  Conduit  pnbiîirt  iimérieur,  — 
li.  Fosse  ptérygolde.  —  16.  Crochet  de  l'aile  int*'rne. 


236 


OSTEOLOfilE. 


alors  la  figure  d'un  triangle  isocèle  A  angles  arrondis.  Elle  a  été  ausâ  compa- 
rée à  un  cœur  de  carie  à  jouer.  —  Quatre  os  contribuent  à  la  circoojcrire  : 
les  os  du  nez  en  haut,  les  maxillaires  supérieurs  en  bas  et  sur  les  côtés.  On 
remarque  sur  son  angle  supérieur  la  suture  qui  unit  les  deux  premiers,  et 
sur  la  partie  médiane  de  sa  base  celle  qui  unit  les  seconds.  Au  devant  di* 
cette  partie  médiane  se  trouve  l'épine  nasale  antérieure  et  inférieure. 

L'ouverture  postérieure  est  oblique  de  haut  en  bas  et  d'arrière  en  avant  : 
elle  afTecte  par  conséquent  une  direction  inverse  de  celle  que  présente  1  ou 
verture  antérieure,  d'où  il  suit  que  ces  deux  ouvertures  s'éloignent  fupé- 
rieurement,  et  se  rapprochent  au  contraire  inférieurement.  —  Le  corner 
sépare  l'ouverture  postérieure  du  côté  droit  de  celle  du  côté  gauche. 

Cette  ouverture  revêt  la  figure  d'un  rectangle  à  angles  arrondis,  en  sort*' 
qu*on  pourrait  la  comparer  également  à  un  ovale  dont  le  grand  axe  se  diri 
gérait  de  haut  en  bas.  Elle  est  limitée  :  en  haut,  par  la  face  inférieure  du  corp» 
du  sphénoïde  et  l'aile  correspondante  du  vomer  ;  en  bas,  par  le  bord  pa$tr- 
rieur  de  la  voûte  palatine  ;  en  dedans,  par  le  bord  postérieur  du  vomer  ;  t  n 
dehors,  par  le  bord  postérieur  de  l'aile  interne  des  apophyses  ptérygoîdc». 


D.  —  HéveloppemeDl  de  la  tmct. 

Après  avoir  considéré  la  face  dans  sa  conformation  extérieure  et  intérieDn\ 
il  importe  de  la  suivre  dans  les  diverses  phases  de  son  évolution.  Étudions 
d'abord  son  développement  général;  nous  nous  occuperons  ensuite  du  déx«^ 
loppement  de  ses  cavités  et  arrière-cavités. 

1»  Dl^'ploppement  général  de  la  faro. 

La  face  parcourt  dans  son  développement  trois  périodes,  pendant  la  durrr 
desquelles  elle  se  présente  à  nous  sous  des  aspects  bien  différents.  La  pre- 
mière période  s'étend  de  la  vie  embryonnaire  à  l'enfance  ;  la  seconde  em- 
brasse tout  le  laps  de  temps  qui  s'écoule  depuis  l'enfance  Jusqu'à  la  \ieille-M- 
avancée  ;  la  troisième  est  celle  qui  répond  à  l'âge  des  infirmités  et  de  la  (i<- 
crépitude.  L'éruption  des  dents  sépare  la  première  période  de  la  siH'oodi'  : 
leur  chute  distingue  la  seconde  de  la  troisième. 

a.  Etat  de  la  face  chez  le  fœtus  et  Venfant.  —  Au  début  de  la  \\c  la  farc  <»*! 
remarquable  :  1"  par  l'extrême  petitesse  de  son  volume  comparé  à  celui  li^ 
crâne  ;  2*^  par  la  brièveté  de  ses  dimensions  verticales  comparées  aux  trar^ 
versales  et  antéro-postérieures  ;  3^  par  la  prédominance  de  sa  partie  Wf*- 
rieure  sur  la  moyenne  et  l'inférieure. 

La  partie  supérieure,  unie  au  crâne,  participe  au  large  développement  ' 
celui-ci.  Les  cavités  orbitaires,  destinées  à  protéger  un  organe  dont  lé^t»! 
tion  est  presque  aussi  précoce  que  celle  de  l'encéphale,  offre  unecapatr 
considérable.  L'ethmoïde  qui  les  sépare  l'une  de  l'autre  est  large,  mais  p'  * 
élevé;  de  là  il  suit  que  le  diamètre  transversal  de  la  face  mesuré  au  ni^*^ 
de  l'équateur  des  orbites  l'emporte  très-notablement  sur  le  vertical,  qui  p^  ^ 
tard  deviendra,  au  contraire,  prédominant. 


DE  LA  FACE  EN  GENERAL. 


237 


U  partie  moyenne  ou  nasale  est  la  moins  développée.  Le  sens  de  l'odorat, 
beaucoup  plus  tardif  dans  son  apparition  que  celui  de  la  vue,  reste  longtemps 
à  l'état  rudimentaire.  C'est  de  l'exiguïté  de  ses  proportions,  chez  le  fœtus  et 
le  iiou\ eau-né,  que  dépend  surtout  la  brièveté  du  diamètre  vertical.  La  paroi 
inférieure  des  orbites  repose  immédiatement  sur  le  bord  alvéolaire,  en  sorte 
qu  elle  se  trouve  très-rapprochée  de  la  cavité  buccale.  Le  plancher  des  fosses 
nasales,  destiné  à  s'abaisser  beaucoup  au-dessous  du  plancher  des  fosses  or- 
bitaires,  est  d'abord  situé  presque  sur  le  même  plan  ;  il  s'abaisse  de  quelques 
millimètres  vers  le  milieu  de  la  grossesse,  et  de  8  à  10  au  moment  de  la 
naissance. 

U  partie  inférieure  ou  buccale,  représentée  par  un  os  qui  se  montre  vers 
le  trente-cinquième  jour,  c'est-à-dire  bien  longtemps  avant  tous  les  autres 
uâ  du  même  groupe,  est  d'abord  aplatie,  très-haute,  très-longue,  et  constitue 
la  moitié  de  la  face  ;  mais  peu  à  peu  sa  hauteur  diminue,  tandis  que  son 
épaisseur  augmente.  Au  quatrième  ou  cinquième  mois  de  la  grossesse,  elle  ne 
forme  plus  que  le  tiers  environ  de  la  face,  et  le  quart  seulement  à  la  nais- 
bancc. 

Les  bords  alvéolaires  qui  renferment  les  follicules  des  dents  sont  épais  et 
bosselés  ;  mais  ils  ont  très-peu  de  hauteur.  Les  joues  et  les  lèvres,  organisées 
déjà  pour  recouvrir  les  arcades  dentaires  lorsqu'elles  paraîtront,  présentent 
au  contraire  à  cet  fige  une  étendue  relative  très-grande,  et  flotteraient,  si  la 
nature  pour  les  soutenir  n'avait  accumulé  entre  les  deux  couches  qui  les 
limitent  une  énorme  quantité  de  tissu  cellulo-graisseux.  Elles  acquièrent 
ainsi  une  notable  épaisseur  qui  n'enlève  rien  à  leur  mobilité.  De  cette  cou- 
furmation  il  suit  : 

1*  Que  la  paroi  antérieure  de  la  bouche,  \éritable  organe  de  préhension 
ihez  l'homme  comme  chez  les  mammifères,  peut  s'allonger  à  la  manière 
d  un  entonnoir  pour  saisir  le  mamellon  ; 

2*  Que  rorifice  buccal  est  plus  dilatable  et  peut  acquérir,  lorsqu'il  est 
convulsivement  dilaté  par  les  cris  de  l'enfant,  une  ampleur  considérable; 

3*  Qu'à  l'état  de  calme  ou  d'occlusion  la  bouche  parait  au  contraire  très* 
petite  ;  par  ses  dimensions  ainsi  que  par  son  coloris  et  la  gr&ce  de  ses  con^ 
tours  elle  contribue  alors  à  répandre  sur  la  physionomie  le  charme  et  la 
douceur  qui  sont  les  attributs  de  cet  âge. 

La  région  postérieure  ou  naso-buccalc  de  la  face  se  dirige  très-oblique- 
ment de  haut  en  bas  et  d'arrière  en  avant,' pendant  toute  la  durée  de  cette 
première  période.  Les  bords  parotidicns  de  la  mâchoire  inférieure,  presque 
horizontaux  chez  l'embryon,  sont  encore  très-obliques  à  la  naissance.  L'ou- 
verture postérieure  des  fosses  nasales  offre  une  obliquité  analogue  ;  son 
diamètre  vertical,  très-court,  dépasse  à  peine  le  transversal,  en  sorte  que 
cette  ouverture  est  plutôt  circulaire  qu'ovalaire;  elle  participe  à  l'état  rudi- 
mentaire de  toutes  les  autres  parties  du  sens  de  l'odorat.  Le  voile  du  palais, 
qui  s'attache  à  son  bord  inférieur,  participe,  au  contraire,  au  grand  dévelop- 
pement de  la  langue  et  de?  lèvres.  Ainsi,  tandis  que  tout  est  disposé  en  avant 
pour  faire  de  la  bouche  un  organe  de  préhension  et  de  succion,  tout  est  dis- 
posé en  arrière  pour  prévenir  le  rejet  du  liquide  alimentaire  \ers  les  fosses* 
nasales  et  pour  le  diriger  sûrement  vers  les  voies  qu'il  doit  parcourir. 


238 


OSTEOLOGIE. 


b.  État  dé  la  face  chez  traduite.  —  Dans  cette  seconde  et  longue  ^t\^A 
qui  embrasse  la  presque  totalité  du  cours  d«  1  existence,  on  voit  àh  ^ 
début  les  parties  qui  avaient  acquis  des  dimensions  plus  grandei,  pe^d^  î 
leur  importance,  celles  dont  l'évolution  avait  été  tardive  m  âév^lùpper  à  U  lt 
tour,  une  sorte  d'équilibre  s^établir  entre  louleSj  et  la  face  prcndrr  nvi- 
dement  l'ensemble  des  caractères  que  nous  avons  précédemment  ei^wT*^- 
La  prédominance  passe  alors  de  la  partie  supérieure  ou  orbito-ethmoidal^f  - 
la  partie  moyenne  ou  nasale,  qui  en  est  redrvabtt?  qui  proportion»  noatdb 
et  détinitives du  sens  de  l'odorat,  à rextension  dr  suri  bon!  alvéolaire  et  IT'ii- 
parition  de  Tarcade  dentaire  correspondante.  —  Le  sens  de  l'odorat  s'allon^* 
de  baut  en  bas,  d*où  il  suit  que  le  plancher  des  fosses  nasalçs  s'abaiiiïf 
davantage  au-dessous  de  celui  des  orbites,  et  que  l'ouverture  pmîérh 

ces  fosses  devient  ovalaire  de  circulaire  qu'elle  était*  11  s'allonge  aussi  ^î 
en  arrière,  et  cette  ouverture  devient  alors  moins  oblique.  11  s'allongi 
ment  de  dedans  en  dehors,  s'insinue  pour  ainsi  dire  entre  le  pknch 
cavités  orbitairesqu*il  repousse  en  haut,  et  le  bord  alvéolaire  qu'il  repou^-  . 
bas.  Ce  bord  s'éloigne  donc  très-notablement  de  forbile  ;  en  même  tempT  îl 
s'étend  de  haut  en  bas  pour  suivre  les  dents  pendant  leur  jrrupMiK 
tourer  leurs  racines.  Le  bord  alvéolaire  inférieur  est  le  sîége  de  pb.  n 
semblables.  Chacun  d'eux  s'accroît  encore  de  laute  la  hauteur 
dentaire  qui  lui  correspond.  Tout  semble  donc  î=r  nimir  il  tt*f  te  éiH«iu.  ^ 
donner  la  prépondérance  aux  dimensions  verticales.  C'est  alors  aussi  qu  «»a 
voit  les  bords  parotidiens  de  la  mâchoire  se  relever,  ses  angles  devenir  plu« 
saillants,  sa  base  se  dessine^  sous  la  peau  et  la  face  entière  prendre  la  fig^un 
d'un  ovale  dont  la  grosse  extrémité  tournée  en  haut  se  confond  avec  le  cr.'inj. 

c.  État  de  la  face  chez  le  vieillard.  —  Après  la  chute  des  dents,  les  bc»rdî 
alvéolaires  s'affaissent  et  sont  peu  à  peu  résorbés.  Le  vide  considérable  que 
laissent  les  arcades  dentaires  en  disparaissant,  s'agrandit  par  conséquent  dt 
tout  leur  raccourcissement.  Le  diamètre  vertical  qui  était  d'abord  le  plu* 
court,  et  qui  était  devenu  ensuite  le  plus  long,  reprend  donc  sa  bricuu 
primitive,  en  sorte  que  la  face  du  vieillard  est  conformée  sous  ce  point  de  «ui 
comme  celle  du  fœtus  et  de  l'enfant. 

Le  bord  postérieur  de  la  mâchoire  inférieure  retrouve  alors  aussi  1  ul^h 
quité  qu'il  présentait  dans  la  première  période  de  son  développement,  r^i 
forme  avec  le  bord  inférieur  un  angle  plus  obtus. 

Le  corps  de  l'os,  réduit  à  sa  portion  basilairc,  se  rapproche  du  ma\J- 
laire  supérieur  pour  combler  le  vide  énorme  qui  vient  de  se  produire  enît 
eux.  La  symphyse  du  menton,  par  suite  de  cette  élévation,  prend  une  din^ 
tion  de  plus  en  plus  oblique,  en  sorte  qu'elle  se  porte  à  la  rencontrt  i^ 
nez.  Les  lèvres  et  les  joues,  trop  longues  pour  les  ]<  n  Ih  >  qu  el]e>  : 
vrent,  se  dépriment  dans  l'intervalle  des  deux  maxillaire'^.  iVudaul  h 
cation  elles  sont  repoussées  en  dehors,  puis  soulevé l-:>  de  bas  eit  h  i 
leur  propre  contraction,  et  offrent  alors  des  plis^nduKitoires  lungif.j 
et  parallèles  qui  impriment  un  caractère  distinctif  à  la  [ihy^^ionomîe  il^ 
lard,  et  qu'on  peut  même  considérer  comme  l'un  des  iiUributi  les  plus  t^irv 
téristiques  de  la  sénilité. 


DE  LA  FACE  EN  GENERAL. 


239 


2<*  DéTeloppement  des  cavités  et  arrière-cavitës  de  la  face. 

a.  Développement  des  orbites,  —  Ces  cavités  chez  le  fœtus  et  Tenfant  ne 
présentent  pas  la  forme  qu'elles  auront  plus  tard.  [Leurs  parois  interne  et 
externe  sont  moins  développées  que  la  supérieure  et  l'inférieure.  Ces  der- 
nières se  trouvent  ainsi  plus  rapprochées  et  la  base  de  l'orbite  revêt  la  figure 
d  un  rectangle  transversal  dont  les  angles  seraient  plus  ou  moins  arrondis. 
A  cet  Age,  les  cavités  orbitaires  sont  aussi  moins  profondes,  en  sorte  que  la 
longueur  de  leur  axe  ne  dépasse  pas  le  diamètre  de  leur  base  comme  chez 
l'adulte,  mais  se  tnontre  égale  ou  un  peu  inférieure  à  celui-ci.  —  La  fente 
sphéno-maxillaire,  très-considérable,  se  confond  avec  la  fosse  ptérygo-maxil- 
laire,  qui  elle-môme  n'est  pas  encore  bien  nettement  séparée  de  la  fosse 
xygomatique.  —  La  fente  sphénoïdale  est  aussi  plus  large  et  le  trou  optique 
plus- grand,  les  nerfs  qui  traversent  l'une  et  l'autre  étant  alors  relativement 
plus  volumineux.  —  Le  canal  sous-orbitaire  présente  une  large  fissure  sur  sa 
paroi  supérieure.  ^  La  gouttière  lacrymale  et  le  canal  nasal  qui  relient  le 
sons  de  la  vue  à  celui  de  l'olfaction  ne  participent  pas  au  large  développe- 
ment des  orbites  ;  ils  restent  longtemps  à  l'état  rudimentaire,  comme  les  fosses 
Qasales  dont  ils  semblent  ainsi  former  une  dépendance.  —  Dans  la  période 
qui  s'écoule  de  la  naissance  à  la  puberté,  les  cavités  orbitaires  s'allongent 
d  arrière  en  avant  ;  leurs  parois  latérales  s'élèvent  ;  la  fente  sphéno-maxil- 
laire  se  rétrécit  beaucoup  ;  la  gouttière  lacrymale  et  le  canal  nasal  augmen- 
tent de  calibre,  en  même  temps  qu'ils  s'allongent. 

b.  Développement  des  fosses  nasales.  —  Ces  fosses,  ainsi  que  nous  l'avons 
^u,  se  développent  tardivement  et  lentement.  Mais  leur  évolution  n'est  pas 
('gaiement  tardive  pour  toutes  leurs  parties.  Vers  le  milieu  de  la  grossesse 
leur  paroi  supérieure  a  déjà  2  millimètres  de  largeur;  elle  en  a  de  2  à  3  à  la 
naissance  et  ne  diffère  pas  ou  diffère  peu  de  celle  de  l'adulte.  Les  parties 
e^sentielle8  ou  fondamentales  d'un  organe  sont  toujours  les  premières  qui  se 
montrent.  Or  ici  la  partie  essentielle  est  la  paroi  supérieure  qui  répond  aux 
nerfs  de  Todorat  ;  à  peine  le  sens  de  l'olfaction  commence-t-il  à  se  montrer, 
que  déjà  la  portion  horizontale  de  cette  paroi  possède  ses  dimensions  défini- 
tives. De  ce  fait,  qui  se  lie  à  une  loi  générale,  il  résulte  que  le  développement 
des  fosses  nasales  s'opère  de  haut  en  bas,  et  que  leurs  parties  accessoires 
seules  restent  longtemps  rudimentaires.  Lorsque  les  proportions  respectives 
du  crâne  et  de  la  face  se  modifient  à  l'avantage  de  ceUe-ci,  on  le^  voit  se 
dé>elopper  à  leur  tour,  mais  avec  lenteur,  et  atteindre,  quelques  années 
après  la  puberté,  les  dimensions  qu'elles  nous  offrent  chez  l'adulte. 

c.  Démhppement  des  arrière-cavités  des  fosses  nasales.  —  A  ces  arrière-cavi- 
té*  appartiennent  :  !•  les  cellules  de  l'ethmoïde  ;  2®  les  sinus. 

1^  cellules  de  l'ethmoïde  précèdent  l'ossification  de  cet  os;  à  l'état  carti- 
lagineux celui-ci  présente  déjà  toutes  les  cellules  creusées  dans  l'épaisseur 
d(>  ^9  masses  latérales.  Lorsqu'il  s'ossifie,  les  sels  calcaires  ne  font  que  se 
déposer  dans  leurs  parois  et  dans  les  cloisons  qui  les  séparent.  Leur  existence 
est  donc  primordiale  et  non  consécutive  à  la  résorption  du  tissu  spongieux, 
<  omme  celle  des  cellules  mastoïdiennes  par  exemple. 


2!i0 


OSTEOLOiilE. 


I 


L'clhmoïde  étant  remarquable  chez  le  fœtus  vi  Vvnî^û  par  la 
étendue  de  ses  dimensions  transversales, les  cellules qtii  pu  dependeol  i 
aussi,  dès  leur  apparition,  une  capacité  assez  con^idéi^ablc  €-t  d  autant  plei^ 
digne  d'Otre  signalée,  que  les  sinus  destinés  à  acquérir  une  capacité  cAir- 
mement  supérieure  à  la  leur  n'existent  pas  encore,  à  rcxceptjan  totitef^j^ 
du  sinus  maxillaire  qui  apparaît  du  troisième  au  quatrième  mot»  de  la  ^w 
Tœtale. 

Tous  les  autres  sinus  se  forment  plus  tard.  Le  sinus  sphénoîdal  ne  com- 
mence à  se  montrer  que  vers  la  fin  de  la  première  année.  Le  sinus  palatin 
se  développe  à  trois  ans  chez  quelques  enfants,  et  chez  d^autres  à  quatre, 
six,  huit  et  dix  ans  ;  quelquefois  même  il  n'existe  pas  encore  à  cet  âge;  mai? 
une  évolution  si  tardive  est  alors  un  fait  exceptionnel.  Le  sinus  frontal  mil 
itc  sept  à  huit  ans,  souvent  un  peu  plus  tard  ;  il  est  rare  cependant  qu'on  ûe 
le  rencontre  pas  à  dix  ou  douze  ans. 

Les  sinus  palatins  et  les  sinus  frontaux  offrent  le  môme  mode  de  dé^eU  [^ 
pcment.  Ils  sont  représentés  au  début  de  leur  formation  par  une  très-petiti 
fossette,  située,  pour  les  premiers,  sur  la  facette  interne  de  l'apophyse  orbi 
taire,  et  pour  les  seconds  sur  les  côtés  de  Téchancrure  nasale  du  frontal.  <>> 
fossettes  s'accroissent  aux  dépens  du  tissu  spongieux  qui  est  résorbé  ;  et  loiv 
que  tout  ce  tissu  a  disparu  la  cavité  s'agrandit  par  écartement  ou  extensioD 
de  ses  parois. 

Les  sinus  sphénoïdaux  débutent  par  une  lamelle  qui  s'enroule  autour  d  un 
fixe  fictif  pour  former  le  cornet  de  Berlin  ;  plus  tard  la  paroi  supérieure  à'd 
lornet  est  résorbée;  tout  le  tissu  spongieux  qui  remplit  le  corps  du  sphé- 
noïde est  résorbé  aussi  de  proche  en  proche.  Leur  cavité,  constituée  d'abord 
jiar  une  paroi  qui  leur  est  propre,  s'accroît  donc  ensuite  par  le  même  roéit- 
[lismc  que  celle  des  sinus  palatins  et  frontaux. 

Le  sinus  maxillaire,  comme  les  sinus  précédents,  a  pour  origine  une  lany^ 
osseuse  particulière.  Mais  c'est  presque  exclusivement  aux  dépens  de  cette 
lame  osseuse  qu'il  s'agrandit.  Celle-ci,  en  effet,  d'abord  légèrement  dépn- 
mée  à  sa  face  interne,  se  déprime  de  plus  en  plus  à  mesure  qu*elle  s'étend 
et  forme  tout  le  sinus  jusqu'à  trois  ou  quatre  ans  :  sa  cavité,  qui  ne  dépa5- 
i^ait  pas  la  gouttière  et  le  canal  sous-orbitaires,  commence  alors  à  s'étendre 
tiu-dessous  du  canal.  Dans  cette  seconde  période  de  son  développement  elle 
^accroît  d'abord  par  résorption  du  tissu  osseux  qui  occupait  le  sommet  do 
l'apophyse  pyramidale  :  ce  sommet  s'amincit  alors  au  point  de  devenir  traita 
[larcnt.  *Plus  tard  le  sinus  augmente  de  capacité  par  extension  de  toute?  h^ 
[parois  :  bien  que  son  mode  d'évolution  ne  puisse  pas  être  complètement  assi- 
milé à  celui  du  sinus  sphénoîdal,  on  doit  jeconnaitre  cependant  qu'il  offn*. 
avec  ce  dernier,  une  grande  analogie. 

Le  développement  des  sinus  est  d'abord  plus  lent  que  celui  des  fcwNff 
nasales;  mais  lorsque  celles-ci  ont  atteint  leurs  plus  grandes  dimeosioDs,  a 
ungt-cinq  ou  trente  ans,  les  sinus  continuent  encore  de  croître  et  n*arri^out 
fiu  terme  de  leur  accroissement  qu'à  un  âge  très-avancé.  C'est  poarqooi  \e* 
ttUes  sur  lesquelles  on  remarque  de  vastes  sinus  appartiennent  en  général 
à  des  vieillards.  Les  parois  qui  circonscrivent  ces  sinus  étant  d'aulaot  plu? 
niinces  que  leur  capacité  est  plus  considérable,  elles  deviennent  de  moins  eu 


DE  LA  FACE  EN  GENERAL. 


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moins  résistantes  dans  les  derniers  temps  de  la  vie.  Tandis  que  la  mâchoire 
inférieure,  réduite  à  sa  portion  basilaire,  conserve  néanmoins  une  assez 
grande  solidité,  la  mâchoire  supérieure,  soufflée  en  quelque  sorte  de  toutes 
parts,  devient  au  contraire  très-fragile. 

La  destination  des  sinus  est  restée  longtemps  obscure.  On  leur  a  successi- 
vement attribué  pour  usage  : 

1*  De  donner  plus  d'étendue  à  la  surface  olfactive,  de  constituer  par  con- 
séquent, pour  le  sens  de  l'odorat,  des  organes  de  perfectionnement.  Mais  la 
muqueuse  qui  les  tapisse  n'est  pas  sensible  aux  odeurs. 

2"*  D'emmagasiner  l'air  chargé  de  molécules  odorantes,  de  prolonger  ainsi 
I  impression  produite  par  ces  molécules.  Cette  opinion  n'est  pas  mieux 
fondée  que  la  précédente. 

3*  D'allégir  le  poids  de  la  face,  et  de  permettre  à  la  tête  de  rester  plus 
Tacilement  en  équilibre  sur  la  colonne  vertébrale. 

Ce  rôle  est,  en  effet,  celui  qu'ils  remplissent.  M.  Tillaux,  le  premier,  a  eu 
le  mérite  de  le  signaler  et  d'en  établir  la  réalité  (1).  Chez  l'enfant,  le  crône 
(tant  volumineux  et  la  face  très-petite,  la  tète  reste  en  équilibre  sur  le 
rachis.  Chez  l'adulte,  le  volume  de  la  face  devient  relativement  plus  considé- 
rable ;  si  son  poids  augmentait  dans  la  même  proportion,  cet  état  d'équilibre 
H  rait  rompu.  Or,  pour  le  maintenir,  la  nature ,  ajoute  M.  Tillaux,  a  fait 
P<^>ur  les  os  de  la  face  ce  qu'elle  a  fait  pour  les  grands  os  des  membres  :  elle 
!»>^  a  creusés  ;  et  afin  de  mieux  réaliser  encore  le  but  qu'elle  se  proposait,  au 
iieu  de  les  remplir  de  (issu  adipeux,  elle  les  a  remplis  d'air.  Malgr