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Full text of "Nouvelle méthode approchée de calcul des couches limites laminaire et turbulente en écoulement compressible: Préf. de Edmond A. Brun"

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PARIS 

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Tous droits réservés. 



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TROIS LEHRES INÉDITES 



DE 



JEAN RACINE 



(1693) 



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TIRÉ A 300 EXEMPLAIRES 



TROIS LETTRES INÉDITES 



DE 



JEAN RACINE 



(1693) 



NEERWINDE 



PARIS 

LIBRAIRIE DE FIRMIN-DIDOT ET C»^ 

56, RUE JACOB, 56 

4884 
Tous droits réservés. 



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^1 ntC1967 

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Voir y à Marly, la Cour de Louis XIV, 
ressuscitée pour un jour, serait un curieux 
spectacle. J'ai eu cette bonne fortune; trois 
lettres de Racine rnont donné ce plaisir. 

Ces lettres, adressées, à l* occasion de la vic- 
toire de Neerwinde, au maréchal de Luxem- 
bourg, ont jadis transmis à celui-ci le témoi- 
gnage de la satisfaction du Roi, de l'admi- 
ration de la Cour, et le récit palpitant de 
V accueil fait, dans le salon de Marly, au 
porteur du message et des drapeaux conquis. 

La minute autographe de la lettre de Luxem- 
bourg au Roi, une lettre de Joseph Arnauld, 
second fils du marquis de Pomponne, qui prit 



2 

part à la bataille, une de Vabbé de Fénelon, les 
trois lettres de Racine y voilà les pièces, toutes 
inédites, qui composent ce petit volume. Per- 
sonne ne sera indifférent à la publication des 
lettres de Racine, et on trouvera peut-être dans 
les autres pièces quelque détail ignoré. La 
lettre ctArnauld est à la bibliothèque de V Ar- 
senal. Le reste m'appartient, et je ne me 
suis pas cru le droit de confisquer un rayon 
des gloires françaises. D'ailleurs, le meilleur 
moyen de s'assurer la pleine jouissance de 
certains biens est de les répandre. 

Quelques pages précèdent les lettres de Ra- 
cine. Elles tiennent lieu du cadre, sans lequel 
on ne saurait présenter un tableau; mais le 
cadre n'est pas pour être regardé. Mon nom 
figure ici seulement pour répondre de la sin- 
cérité des pièces. 

E. MINQRET. 



TROIS LEnRES INÉDITES 



DE 



JEAN RACINE 



(1693) 



On n'écrit que pour convaincre et, quand on 
écrit sur l'histoire, on doit se préoccuper non 
seulement d'être juste, mais do le paraître. 
Aussi, en pensant à l'ignorance et aux pré- 
jugés qui maîtrisent et obscurcissent un si 
grand nombre d'esprits, on se demande s'il 
n'est pas besoin d'apologie pour parler sans 
mépris de Louis XIV. 

Désunis, désagrégés, mêlés comme la pous- 
sière, nous voyons les croyances communes 
affaiblies, les liens particuliers relâchés^ le 
patriotisme qui s'en va mourant, et le lien 



social, tressé de ces fibres usées, près de se 
rompre. On adresse des invocations ardentes, 
désespérées, à la solidarité humaine, et jamais 
cette solidarité ne fut moins comprise. On 
rêve de saisir Thumanité tout entière dans un 
embrassement stérile, tandis que le dévoue- 
ment à la Patrie, cette humanité restreinte, 
sera une œuvre suffisante pour longtemps 
encore. 

Dans la Patrie, la solidarité est le dévoue- 
ment aux vivants, la longue prévoyance pour 
les descendants, la reconnaissance et le res- 
pect pour les ancêtres; reconnaissance, respect, 
sentiments surannés qui répugnent à notre scep- 
ticisme, à notre indépendance. 

Pour juger équitablement le règne le plus 
long de notre histoire, il faut d'abord essayer 
de comprendre le Roi. Quelques-uns seront 
étonnés de rencontrer en lui un grand patriote 
— le mot existait de son temps — et de voir 
planer sur tous ses desseins, sur toutes ses 
entreprises, l'image do la France. Maître du 
plus beau royaune, après le royaume des cieux, 
son orgueil est incommensurable. VÉtat, c'est 



— 5 — 

vraiment Lui, ainsi que tous et lui-même en ont 
rinébranlable foi. Il s'identifie avec la France 
et, quoi qu'il fasse, il croit toujours le faire 
pour sa prospérité, pour sa gloire. Il me plaît 
de parler de ce roi, de qui l'ambition s'est 
efforcée infatigablement de recompléter la Pa- 
trie. Il nous avait laissé Metz et Strasbourg, 
et aujourd'hui la terre que gardent les ombres 
de Fabert, de Ney, de Hoche, Marceau, Kléber, 
ne nous appartient plus (1). 

1643. — Rocroy fut le don de joyeux avène- 
ment au règne nouveau. Mazarin, après avoir 
consacré dix-huit années à cette éducation 
royale, laissa le gouvernement à Louis XIV; 

(\) Un homme, qui a eu le pouvoir de transformer ses 
rêveries en résolutions politiques, a cru que nous étions de 
race et de nationalité latines. C'a été une déplorable erreur. 
Au commencement de notre histoire, toute la terre entre 
rOcéan et le Rhin était celtique et gauloise, teintée sur les 
bords de civilisation latine et de barbarie germanique. Le 
fait est que nous ne sommes pas plus Latins que les Prus- 
siens ne sont^ Allemands. Auguste comptait soixante cités 
gauloises qui occupaient toute la rive gauche du Rhin jusqu*à 
son embouchure. Voilà ce qu'enseignent les Latins qui, sur 
ce point, sont nos maîtres à tous. Les prétentions contraires 
n'y peuvent rien. Il faut lire Desjardins, Géographie de la 
Gaule romaine, n,pp, 428, 448, 501, pour savoir ce qu'il nous 
est défendu d'ignorer. 



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— 6 — 

à ses héritiers, personne ne Tignore, des biens 
immenses, et à la France, ce dont on ne se 
souvient pas assez, les Trois-Évèchés, contestés 
jusqu'alors, le Roussillon, l'Artois, une partie 
de la Flandre, et il put dire, avec un légitime 
orgueil, qu'il avait le cœur plus français que 
la langue. On suit avec émotion les pas du 
jeune roi, recueillant les fruits des longs des- 
seins de son aïeul et du grand ministre de son 
père, desseins respectés, poursuivis par Ma- 
zarin. La paix de Nimègue, qui nous assura 
la Franche-Comté, la Lorraine, Saint-Omer, 
Cambrai, Valenciennes, marqua l'apogée du 
prestige et de la puissance de Louis XFV. 

1680. — Le règne a quarante ans. Turenue 
est mort; Condé, retiré à Chantilly. Colbert dis- 
paraîtra bientôt et, avec lui, l'esprit d'ordre, de 
mesure, de politique humaine et de progrès 
pacifique, compatibles avec les prodigalités de 
la magnificence et de la guerre. Peu d'années 
encore, et Louvois, qui est entré aux affaires 
en même temps que le Roi, et qui a le même âge, 
emportera (1691) l'esprit de ressources et la 
volonté implacable qui font réussir les entre- 



— 7 — 

prises guerrières. La fortune du Roi a été, 
jusque-là, servie par des hommes de génie, 
qu'il avait eu le mérite de choisir, sinon de 
former, comme il le croyait. 

Après Louvois, il ne voulut plus de ministre 
nécessaire. Il avait toujours eu rœil et la main 
aux affaires; il travaillera plus encore. Mais 
quelqu'appliqué qu'il soit, quelque connais- 
sance des ressources, quelqu'expérience qu'il 
ait acquises, un homme ne peut faire seul 
mouvoir une si énorme machine. Il sera encore 
obéi, mais non secondé, par des commis sans 
génie et trop asservis. 

Louis XrV n'aura jamais, comme on l'eut à 
Rome, le vertige, la folie de la toute-puissance; 
mais il perdra la perception exacte et mesurée 
des choses. Porté jusqu'alors par la confiance 
publique, encouragé par le silence, il ne saura 
pas se borner; il continuera de croire la France 
inépuisable, invincible, et les résolutions extra- 
vagantes défieront la fidélité de la fortune. 
Voilà que les ressources sont taries ; les moyens 
excessifs ne suffisent pas à remplir le Trésor ; 
la misère se répand et atteint toutes les clas- 



- 8 — 

ses; Tadmiration se change, à rintérieur, en 
une stupeur mêlée d'appréhensions vagues; à 
l'étranger, en une terreur mêlée de colère. 

La grande faute est commise, la faute non 
encore expiée, la faute irréparable, la révoca- 
tion de redit de Nantes. De ce coup, quinze 
cent mille parmi les plus pacifiques, les plus 
industrieux, les plus fidèles, sont frappés, et une 
part du cœur de la France est jetée hors de 
France. Les Stuart chassés, le Roi, par une 
désastreuse politique sentimentale, recueille 
cet incommode fardeau et TAngieterre se donne 
à Guillaume d'Orange, notre plus habile, notre 
inexorable ennemi, l'âme de la coalition euro- 
péenne. Schomberg, Ruvigni, à la tête des 
réfugiés français, vont nous faire reculer à la 
Boyne et c'est avec eux que Guillaume nous 
chargera à Neerwinde. 

Cependant, 1690 est encore favorable à nos 
armes. Luxembourg est vainqueur à Fleu- 
rus (1), Catinat à Stafiardo, Tourville à Beachy- 
Head. 

(1) Lettre collective de Racine et de Boileau au maréchal 
de Luxembourg : « Quelle est notre joie d'entendre publire 



— 9 — 

En 1693, Luxembourg, attaqué par Guil- 
laume^ le bat à Steinkerque. Il est incontes- 
table que le maréchal fut surpris. Son Rapport 
au Roi le reconnaît avec une simplicité et une 
modestie parfaites. Il avait été trompé par un 
espion. On ne pouvait que difficilement, à 
cause de la configuration du pays, tout entre- 
coupé de haies et de bois, deviner les inten 
tions et le plan de l'ennemi; mais, quand son 
mouvement fut prononcé, les résolutions et les 
dispositions du maréchal furent promptes et 
énergiques. Il fallait faire des prodiges ; on en 
fit, dit Voltaire, et la surprise (1) devint une 
victoire. 



c< partout que nos afifaires sont rétablies, toutes les mesures 
« des ennemis rompues, la France, pour ainsi dire, sauvée. » 
8 juiUet 1690. \ll, 10. Édition P. Mesnard, 

M"^ de Sévigné : « Quelle belle victoire pleine, entière, 
« glorieuse et qui ne pouvait être placée plus à propos. » 
12 juillet. 7X, 536. 

Af»»e de S. au comte de Bussy-Rabutin : « Ne trouvez-vous 
« pas que Dieu prend toujours le parti du Roi et que rien ne 
u pouvait être ni plus glorieux à la réputation de ses armes, 
« ni mieux placé que cette pleine victoire. » 12 juillet. /X, 
544. 

(1) L*usage avait prévalu de dire le choc de Steinkerque, 
Un état manuscrit, que j'ai sous les yeux, énumère les afifaires 
auxquelles ont pris part les officiers du! régiment de Greder 




— iO — 

Steinkerque fut un combat d'infanterie. Le 
Roi avait recommandé d'éviter les rencontres 
où toute son armée et surtout la cavalerie ne 
pourrait pas agir. Les généraux partageaient, 
semble-t-il, contre notre infanterie (1) cette mé- 

et cet état annoté, signé, présenté par d'Artagnan, en 1705, 
dit presque partout le choc, 

Los Mémoires de Saint-Hilaire, Amsterdam, 1766, //» 44, 
confirment et développent le Rapport du maréchal. Le Journal 
de Dangeau, IV, 137, donne les menus détails, et les éditeurs 
ont inséré, à la page 241, le Rapport tout entier. 

Les Hollandais disaient que Luxembourg s'était donné au 
diable pour gagner la bataille de Fleurus. Lettre de Bussy- 
Rabutin, 16 juiUet 1690. 

Do la chanson : 

On avait cra jusqu'à ce jour 
Le maréchal de Luxembourg 
Grand sorcier, mauvais capitaine 



on peut rapprocher le mot de M"^^ Cornuel sur la surprise 
de Steinkerque : « Ne voyez-vous pas qu'il Ta fait exprès, afin 
a de prouver qu'il n'était pas sorcier. » Tallemant, 1856. V, 
143. 

Luxembourg avait été jadis impliqué dans l'affaire de la 
Voisin. 

(1) L'armement était la principale cause de l'infériorité de 
notre infanterie. L'usage du mousquet à mèche était général 
et un petit nombre seulement de nos soldats était armé de 
fusils ; un tiers environ était armé de piques. La pique fut 
supprimée vers 1703. 

« Mon cousin... je vous écris ce mot pour vous mander 
« ce que j'ai appris des desseins du prince d'Orange qui sont 
« d'essayer encore une affaire d'infanterie avec mon armée. 



— il — 

fiance, ce mépris ancien qui nous avait été 
plusieurs fois funeste. Depuis les victoires de 
Steinkerque et de Neerwinde, dues à notre 
seule infanterie, Topinion changea, aussi bien 
à l'étranger qu'en France. 

Toujours est-il que la victoire fut sans résul- 
tat, ne termina rien, et Tannée 1693 dut, comme 
chaque année, avoir sa campagne. Nous eûmes 
cinq armées : deux en Flandre, l'une dont le 
Roi se réserva le commandement, l'autre sous 
les ordres de Luxembourg; la troisième, avec 

« s'il le peut. Je m'assure que vous prendrez vos précautions 
« pour que cela n'arrive pas et que, s'il a tant envie de coin- 
« battre, il vous trouvera dans un poste où toute mon 
« armée puisse agir et surtout la cavalerie. » A Marli, le 
11 août 1692. 

« ... Le comte de Luxe m'a parlé longtemps sur les mous- 
« quets et sur les fusils de mes troupes, m'a assuré que le 
« feu ne s'est soutenu que par les fusiliers et que les nouveaux 
« soldats, ne pouvaient quasi se servir de leurs mousquets. Le 
<c gros feu des ennemis pourroit bien venir de ce qu'ils ont 
« beaucoup plus de fusils que de mousquets. Examinez ce 
« que vous croyez qui seroit le plus utile... Parlez- en aux 
« vieux officiers... Le comte de Luxe m'a dit que la plupart 
« des piquiers ont jeté leurs piques et pris des fusils des 
« ennemis. Si vous croyez qu'il soit bon d'en redonner à 
(( mon infanterie, mandez-le-moi et j'ordonnerai aussitôt 
« qu'on en distribue la quantité que vous en demanderez. » 
A Marli, le 12 août 1692. Œuvres de Louis XIV, 1806, IV, 
39» et s. 



— 12 — 

le maréchal de Lorges, en Allemagne ; Câlinât 
en Italie; Noailles en Catalogne; une enfin, 
répartie sur les côtes de FOcéan, pour parer 
aux descentes des Anglais. 

Le 3 mai, le roi déclara ses intentions, partit 
le 18 avec les dames, fit avec elles huit ou dix jours 
de séjour au Quesnoj^ les envoya ensuite à Namur 
et s'alla mettre à la tète de Tarmée de M. de 
BoufQers, le 2 juin, avec laquelle il prit, le 7 4îlu 
même mois, le camp de Gembloux. Le prince 
d*Orange étoit campé à Fabbaye de Pure, de 
manière qu'il n'y pouvoit recevoir de subsistances 
et qu'il n'en pouvoit sortir sans avoir les deux 
armées du roi sur les bras... Dans une position 
si parfaitement à souhait pour exécuter de grandes 
choses, et pour avoir quatre grands mois à en plei- 
nement profiter, le roi déclara, le 8 juin, à M. de 
Luxembourg qu'il s'en retournoit à Versailles, 
qu'il envoyoit Monseigneur en Allemagne avec un 
gros détachement et le maréchal de BoufQers. La 
surprise du maréchal de Luxembourg fut sans 
pareille. Il représenta au roi la facilité de forcer 
les retranchements du prince d'Orange et de le 
battre entièrement avec une de ses deux armées et 
de poursuivre la victoire avec l'autre, avec tout 
l'avantage de la saison, et de n'avoir plus d'armée 



— 13 — 

vis-à-vis de soi... Mais la résolution étoit prise. 
Luxembourg, au désespoir de se voir échapper une 
si glorieuse et si facile campagne, se mit à deux 
genoux devant le roi et ne put rien obtenir. M°® de 
Maintenon avoit inutilement tâché d'empêcher le 
voyage du roi. Elle en craignoit les absences. Une 
si heureuse ouverture de campagne y auroit retenu 
le roi longtemps pour en cueillir par lui-même les 
lauriers. Ses larmes à leur séparation, ses lettres 
après le départ furent plus puissantes et l'empor- 
tèrent sur les plus pressantes raisons d'État, de 
guerre et de gloire (1). 

Ce départ combla le prince d'Orango de sur- 
prise et de joie. Il se croyait perdu ; il l'était 
sans doute. 

Luxembourg, quoique ses forces fussent bien 



(1) Saint-Simon, /, 86. — Le départ n'empêcha pas la vic- 
toire, mais elle fut plus coûteuse, incomplète et infructueuse. 
Aux causes du brusque départ, données par Saint-Simon, oo 
peut ajouter celle de la santé, compromise depuis la violente 
attaque de goutte devant Namur, et une autre qu'insinue La 
Fare. Le roi avait mis Monsieur^ avec le titre de son lieute- 
nant-général en France, à la tête de la cinquième armée, 
celle des côtes. Il y avait alors une grande disette, une espèce 
de famine, et le roi aurait conçu quelqu'ombrage de la con- 
duite de son frère qui, répandant l'argent à pleines mains, 
pouvait ainsi gagner le cœur des populations. Toujours est-il 
qu'on ne revit plus Louis XIV à la tête de ses armées. 




— 14 — 

diminuées, envoya Yilleroy prendre Huy et 
menaça Liège. L'ennemi avait, sous cette place, 
des lignes très fortes, gardées, croyait-on, par 
trente mille hommes. Nous ne raconterons pas 
comment on manqua Toecasion d^infliger là 
une défaite au roi d'Angleterre et de prendre 
facilement la ville. Une lettre de Joseph Ar- 
nauld, du 27 juillet, donne, à ce sujet, des 
renseignements très précis; mais nous avons 
hâte d'arriver à Neerwinde (1). 

(1) La Gazette, du 12 août 1693, dont on attribua la rela- 
tion à Racine, Saint-Hilaire, Saint-Simon, racontent la 
bataille de Neerwinde comme fait Amauld, mais les lettres 
de celui-ci sont inédites et c*e8t ce récit nouveau que nous 
donnerons par extraits. Il joint à sa lettre un croquis que 
nous regrettons de ne pas faire figurer ici. 

Antoine-Joseph Amauld, colonel de dragons, second fils du 
marquis de Pomponne, s'était signalé, Tavant-veille de la 
bataille de Fleurus, par une action qui avait préparé la vic- 
toire. « Les ennemis avaient construit deux redoutes de 
« Fautre côté de la Sambre, dont ils avaient rompu les gués, 
« et le chevalier de Pomponne, Tayant passée, partie à la 
« nage, avec deux cents dragons, en emporta une Tépée à 
« la main ; il prit aussi l'autre avec assez de résistance de la 
« part de Tennemi. » La sensibilité de M.^* de Sévigné est inta- 
rissable sur cette brillante action : — « Les larmes me vinrent 
« aux yeux en apprenant ce que le roi lui dit. » 12 juillet 1690. 
IX, 537. — « Je fus accablée de tous côtés de ses louanges 
c et, suivant ma bonne coutume, les grosses larmes me tom- 
« baient des yeux. » 19 juillet 1690. IX, 558. 



— 15 — 

La lettre du il se termine par ces mots : 
« Nous marchons demain à la poiilte du jour. . . » 

Au camp de M. de Luxembourg, ce 30 juillet. 

Je n'eus pas le temps de vous écrire hier, mon- 
sieur mon père, n'ayant quitté le champ de bataille 
qu*à la nuit et ayant ensuite fait encore un assez 
grand chemin avec mon régiment. Je n'en ay 
guères davantage aujourd'huy et ne suis pas mesme 
assez instruit de toutes les particularitez du com- 
bat pour me mesler de vous en faire une vraie 
relation, d'autant plus que vous en aurez sçu 
davantage par la lettre que le roy a reçeue de 
M. de Luxembourg. Vous sçavez la marche que 
nous avions faite le 28 pour nous approcher de 
Fennemy et que M. de Luxembourg ayant appris, 
dans la marche, que M. le prince d'Orange estoit 
encore campé en deçà de la Gette, ne s'arresta 
point sur le Jaar comme il avoit résolu le matin, 
mais s'avança jusqu'à ce qu'il fût en présence des 
ennemis, que nous trouvasmes en bataille à la 
teste de leur camp. Gomme nostre infanterie estoit 
encore fort esloignée et ne put arriver qu'à l'entrée 
de la nuit, on ne put rien engager de considérable. 
On passa le reste du jour en escarmouches où 
M. de Pracontal receut un coup de pistolet dans le 
ventre qui le blessa légèrement. M. le maréchal 



— 16 — 

employa ce temps à reconnoistre les postes des 
ennemis et à en faire occuper, le long des deux 
ruisseaux entre lesquels ils estoient campés, par 
des dragons et par jde l'infanterie. Ensuite nous 
passâmes la nuit en bataille. 

Les ennemis estoient campez ayant derrière eux 
une des deux Gettes sur laquelle est Tabbaye 
d*Ëlezem, leur gauche du costé de Loo, appuyée 
dans des marais et ayant devant eux un petit ruis- 
seau qui ne se passe que dans peu d'endroits, 
sur lequel est Landen, que les paysans d'ici appel- 
lent Lanfermé, lequel fut occupé dès le soir par 
nos troupes, aussi bien qu'un petit village qui est 
plus bas, mais les ennemis occupèrent celui que 
vous trouverez le second sur la carte sous le nom 
de Neerlanclen. Ils employèrent tout le 28 et la 
nuit ensuite à faire passer leurs bagages sous Loo, 
à se retrancher très bien dans leur camp par un 
double fossé dont la terre leur faisoit une espèce 
de parapet et se servant de toutes les haies et de 
beaucoup d'arbres qu'ils coupèrent pour fermer 
les endroits par où on pouvoit aller à eux, parti- 
culièrement le long des deux ruisseaux; ils esta- 
blirent aussi toute la nuit un nombre infini de 
batteries, profitant très avantageusement de la 
hauteur qu'ils avoient sur eux. 

Le jour venu, ils nous accueillirent par une 
canonnade, qui ne peut avoir été mieux suivie ni 



z' 



— 17 — 

mieux servie. M. le maréchal disposa les deux atta- 
ques qu'il vouloit faire le long des deux ruisseaux, 
Tune par la droite à Neerlanden, l'autre par la 
gauche {à Neetnainden) ; le reste de son armée se 
mit en bataille sur plusieurs lignes occupant l'es- 
pace qui est entre la Gette et le ruisseau de Lan- 
den. L'attaque commença sur les dix heures par la 
gauche ; le combat y fut très long et très opiniâtre 
de part et d'autre. Nostre infanterie poussa et fut 
repoussée plusieurs fois, mais enfin, sur les deux 
heures, elle demeura maîtresse du retranchement 
et en fraya le chemin à la Maison du roy, que l'on 
fit revenir de la droite, et au reste de la cavalerie 
qui se trouva à portée de cette attaque. Vous jugez 
aisément par là que la Maison du roy n'avoit pas 
pu enlever la droite. Le combat de Neerlanden 
fut engagé par Tinfanterie et par les dragons. Nous 
gagnasmes d'abord assez de terrain sur les ennemis 
et nous y maintinsmes quelque temps de manière 
que les lignes de cavalerie, qui soutenoient cette 
attaque et qui dévoient entrer dans le retranche- 
ment des ennemis dès que le passage leur seroit 
facilité par la brièveté de leur flanc, marchèrent 
fort près de ces retranchements. Mais ensuite nos 
gens furent repoussés et la ligne de la Maison dû 
roy et la nostre furent obligées de revenir dans 
nos premiers postes où nous continuâmes à essuyer, 
ainsi que nous avions fait depuis trois heures, un 

2 



— 18 — 

• 

feu de canon qui ne peut guères se représenter, 
car, outre le grand nombre qu'ils en avoient, le 
leur estoit comme de la mousqueterie pendant 
que le nostre ne disoit mot et que nous n'en vismes 
pas pendant toute la journée dix pièces qui tiras- 
sent. C'est quasi la cause seule qui m'a fait tout le 
mal que j'ai souffert. J'ai perdu plus de dix che- 
vaux et plus de cinquante hommes d'emportés, 
trois officiers blessés quasi à mort, deux autres 
plus légèrement, quatre capitaines leurs chevaux 
tués sous eux, trois lieutenans et deux cornettes 
auxquels la mesme aventure est arrivée ; mes deux 
timballes percées et mon estandard emporté. Pour 
moi, j'en ai esté quitte pour mon cheval alezan 
qui a esté emporté et pour avoir esté deux fois 
couvert de terre. Mais la digression est un peu 
longue. Nostre attaque de la gauche ayant esté 
plus heureuse que celle de la droite, toute la ligne 
de la Maison du roy qui estoit devant nous eut 
ordre d'y aller; elle fut suivie par la cavalerie qui 
estoit à portée et, après un combat qui fut très 
opiniâtre de part et d'autre, enfin on entra dans 
le champ de bataille que les ennemis avoient choisi 
dans leurs retranchements. Tout ploya ensuite. Us 
démarchèrent et retirèrent les bataillons qu'ils 
avoient à Neerlanden. Alors M. le marquis de Feu- 
quière qui estoit arrière ligne la fit marcher droit 
aux retranchements que nous passâmes, y prit six 



— 19 — 

pièces de canon. Ensuite on suivit et on chassa les 
ennemis, le régiment de Bourgogne ayant la teste 
de tout, jusques à un village qui est tout à fait dans 
les marais de Loo. 

Ils perdirent assez de monde, mais pas tant 
qu'ils auroient fait si on eût voulu les faire charger 
plus fortement que l'on ne fit dans leur retraite : 
M. de Luxembourg et MM. les autres maréchaux 
qui y estoient eurent apparemment de bonnes 
raisons pour l'empescher; leur infanterie estoit 
loin, les ennemis en avoient à leur arrière garde 
qui estoit encore en bon ordre. Ils ont perdu tout 
leur canon. Je crois que pour le nombre d'hommes 
la perte est assez esgale de part et d'autre et 
qu'elle peut bien monter à six mille hommes, au 
moins de ce que j'ai vu. Ils ont plusieurs colonels 
et officiers principaux de pris, et ils disent avoir 
perdu le prince de Solms et quelques autres géné- 
raux. 

Nous vismes souvent le prince d'Orange se 
donner tous les mouvemens et tous les soins d'un 
bon général, mais enfin il céda à sa mauvaise 
estoile, à l'habileté de M. de Luxembourg et à la 
valeur françoise que l'on ne put effectivement 
l'empescher d'admirer... Je joins ici un petit 
griffonnage de la situation des troupes qui ne 
laissera pas, mon père, de vous en donner une 
sorte d'idée... Je vis hier mon frère, depuis le 



-^ 20 — 

combat, se portant très bi^n... Je vous supplie de 
faire voir cette lettre à ma mère et à ma tante, ne 
pouvant pas aujourd'hui leur en envoyer de sem- 
blables... 

Luxembourg, aussitôt après la victoire, en- 
voya d'Artagnan en porter la nouvelle. 

Il n'écrit que quatre mots au roi, dans un mé- 
chant morceau de papier. 

Voici à peu près sa lettre : 

Artagnan, qui a vu aussi bien que personne 
Faction qui s'est passée aujourd'hui en rendra un 
tbon compte à V. M. Vos ennemis y ont fait des 
merveilles, mais vos troupes y ont encore mieux 
fait qu'eux. Je ne saurois assez les louer en général 
et en particulier. Pour moi. Sire, je n'ai d'autre 
mérite que celui d'avoir exécuté les ordres que 
vous m'aviez donnés, de prendre Huy et de donner 
bataille au prince d'Orange (1). 

Le !•' août, il envoya Albergotti avec la 
lettre que nous donnons ici : 

Artagnan, Sire, doit avoir appris à V. M. l'ad- 
vantage que son armée a remporté sur celle de 

(1) Dangeau.IVf 331. 



— Si- 
ses ennemis, mais, comme il partit sur-le-champ, 
il n*a pu avoir esté informé des détails dont Alber- 
gotty lui va rendre compte. 

Pour moy, Sire, je supplie V. M. de trouver bon 
que je ne m'y engage pas. Il faudroit louer tant 
de monde que j'aurois peur d'oublier quelqu'un. 
Un volume ne suffiroit pas si je voulois entre- 
prendre de dire à Y. M. tous les biens que chacun 
mérite en particulier et je feray mieux de rendre 
en général la justice qui est due à toute votre 
armée, en assurant V. M. qu'elle a fait des choses 
au-dessus de toute expression. 

Les détails ordinairement ne contentent jamais 
tout à fait personne. Les parents et les amis se 
plaignent toujours qu'on n'en a pas assez dit de 
ceux pour qui ils s'intéressent et j'adjouteray à 
cela. Sire, que ne sçachant pas bien écrire je ne 
dois plus m'exposer à la censure des critiques qui 
trouvèrent estrange l'année passée que, parlant 
du marquis de Rochefort, qui est fort jeune, aprez 
avoir dit qu'il avoit fait des merveilles, j'eusse 
adjouté que c'estoit un fort joly garçon (1). Tout 

(1) Voici le passage du Rapport sur Steinkerque auquel le 
maréchal fait allusion : « Le premier bataillon de Bourbonnoîs, 
« où estoit le marquis de Rochefort, soustint encore son 
« poste sans en estre esbranlé et c'est un témoignage que je 
« dois à la vérité de dire que le colonel est un fort joly et 
« fort brave garçon. » Le mot sur lequel on glosa n*est pas 
de rinvention du maréchal; il était de Tusage journalier des 



— 24 — 

estoient à Marly, je dis mesme les plus avides 
louangeurs, se récrièrent aussi bien que Sa Majesté 
sur la grandeur de cette action, et je fus assez aise 
de voir vos Ennemis défaits aussi bien que ceux du 
Roy. Je vous envoyé une lettre de M. le comte de 
Toulouse qui me fit Tbonneur de me choisir entre 
tous vos serviteurs pour me la confier. Elle est 
accompagnée de celle de M. d'O, son gouverneur. 
M. de Cavoye m*a dit de vous mander que vos 
victoires devenoient trop fréquentes et espuisoient 
son éloquence, qu'il falloit que vous lui donnassiez 
le temps de respirer et de retrouver de Tesprit. 
J'oubliois de vous dire que le Roy dit à M. le 
Prince devant tout le monde que vous aviez 
sauvé la vie à M. le Duc en lui faisant prendre 
des armes malgré lui. Vous jugez bien que Sa 
Majesté a dit beaucoup d'autres choses que je ne 
puis pas avoir entendues. Mais, quoy qu'il en soit, 
je puis vous assurer que je ne Tay jamais veû si 
content. 

Il est présentement dans de justes inquiétudes 
pour ce qui se sera passé en Allemagne, et Dieu 
veiiille, comme il Ta dit lui-mesme, que les nou- 
velles soient aussi bonnes de ce costé là que celles 
qui lui sont venues de vous. 
. Pardonnez une si longue lettre à la joye que 
vous m'avez causée, et à l'extrême interest que je 
prends à vostre gloire qui semble tous les ans ne 



- 25 -. 

pouvoir plus croistre et qui croist pourtant tous 
les ans. 

Je suis, Monseigneur, vostre très humble et très 
obéissant serviteur, 

Racine. 

A Paris, le 2^ aoust. 



A Paris, le S« aoust. 

Je ne vous escris qu*un mot pour vous tesmoi- 
gner la part que j'ay prise àvos inquiétudes, à vos 
horreurs mesmes si j'ose ainsi dire pendant un 
si furieux combat, et enfin à la joye qui s'en est 
ensuivie. Je suis ravi d'apprendre que les blessures 
de M. le duc de Montmorency et de M. le comte 
de Luxe (1) ne soient pas dangereuses. Je ne sçay 
que de ce matin que M. le comte de Luxe n'a point 
la jambe cassée. Car hier et avant hier tout le 
monde en estoit persuadé, M. d'Artagnan mesme 
n'osant assurer si le coup estoit simplement dans 
les chairs ou s'il brisoit l'os. Quel spectacle^ mon 
cher monsieur, pour une âme tendre comme la 
vostre que ce héros qui voit blesser ses deux 
Enfans à ses costez et qui n'en perd par un moment 

(1) Deux fils du maréchal. 




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— 26 — 

Faction de veiie, donnant toujours ses ordres avec 
lamesme tranquillité! Gomment n'en serions-nous 
point touchez vous et moy. Je voy les gens 
mesme les plus durs et les plus grossiers qui en 
ont esté attendris et qui se passionnent pour M. de 
Luxembourg comme nous pourrions faire. 

Je voulois escrire à M. de Montmorency, mais 
voicy M. de Cavoye qui me vient prendre pour aller 
souper avec M. Tabbé de Salians (i). Ayez la bonté 
de lui faire mes très humbles complimens, dont je 
suis bien seûr que la sincérité ne lui est point 
suspecte. Nous retournons demain matin à Marly 
et nous y croyons trouver un nouveau courrier de 
vostre armée qui apportera les détails de cette 
grande et miraculeuse action. 

J'escriray à M. de Montmorency demain au soir, 
et je lui manderay des nouvelles d'Allemagne si 
elles sont arrivées. Je tremble par avance pour 
Fimportance de ces nouvelles. 

Ayez la bonté de donner cette lettre à M. de 
Luxembourg, mais à quelque heure oh il n*en soit 
point importuné. 

(1) De Saillans. 



— !i7 — 



A Marly, le 4« d'aoust. 

Voicy un billet que Madame de Maintenon m'a 
escrit ce matin. J'ay cru, Monseigneur, que je ne 
pouvois mieux faire que de vous renvoyer. Vous y 
verrez à quel point elle est touchée des grandes 
choses que vous avez faites et en mesme temps 
jusqu'où va son inquiétude pour les affaires d'Alle- 
magne. Je puis vous assurer que toutes ses paroles 
se rapportent fort à son billet. Et je sçay de bonne 
part qu'aujourdhui à Saint-Germain, où elle a passé 
l'après-disnée, elle a parlé de vostre victoire comme 
de la plus grande action qui se soit faite de tout le 
règne du Roy. 

Nous en ignorions assurément plus de la moitié 
quand je vous escrivis avant hier, et la modestie de 
M. d'Artagnan (1), de concert sans doute avec la 
vostre, avoit laissé une belle matière au second 
courrier pour se faire écouter avec plaisir. 
M. d'Albergotti est arrivé comme le Roy alloit à la 
Messe. Il vous dira quel accueil on lui a fait et la 
peine qu'il a eue pour se dérober à l'empresse- 
ment de tout le monde. Heureusement Marly 

{i ) D'Artagnan donna une relation qui se trouve, en origi- 
nal, au Dépôt de la Guerre, reproduite, en note, par les édi- 
teurs de Dangeau. IV, 420. 



— 28 — 

estoit aujourd'hui ouvert au public et il estoit plein. 
Le Nonce et tous les autres Ministres estrangers 
s'y sont trouvez; on a déployé devant eux les 
drapeaux et les estendars qui ont couvert tout le 
pavé du grand sallon (1). 

Mais on n'avoit pas besoin de ces marques de 
vostre victoire. Les lettres de tous les particuliers 
de vostre armée et sur tout les lettres de Bruxelles 
et le courrier de Bruxelles mesme que le Roy avoit 
entretenu à son lever ont causé à tout le monde 
des transports et des ravissemens incroyables. 

Nous avons mené Taprès-disnée M. d'Albergotti 
dans sa chambre et là il nous a expliqué sur un 
plan, à M. Tabbé de Salians (2), M. de Gavoye et 
moy, toutes les circonstances de cette prodigieuse 
Action. Il nous a mesme confié des particularitez 
qui font bien voir qu'après Dieu, comme on dit, 
vous ne devez vostre gloire qu'à vous seul.On a esté 
un peu estonné ici que vous n'ayez point escrit de 
Relation. Et pour moy j'ay mesme admiré vostre 
silence. Outre que vous pouvez fort à vostre aise 

(i) L*hi8toire a des rencontres singulières. Le 4 août 1693, 
les drapeaux conquis à Neerwinde couvraient le pavé du 
grand salon de Marly. Le 16 août 1793, la Convention rend 
le décret relatif à la vente des meubles du ci-devant château 
de Marly. — Le 29 juillet 1693, nous sommes vainqueurs ; le 
18 mars n93, nous sommes, sur le même champ de bataille, 
forcés de battre en retraite. 

(2) De Saillans. 



— 29 — 

vous confier à la voix publique, j'ay fait remarquer 
à vos amis que vous vous estiez vengé très juste- 
ment de toutes les affaires impertinentes qu*on 
voulut vous faire Tannée passée, sur ce que des 
gens, disoit-on, estoient trop loués et sur ce que 
d'autres ne Festoient pas assez. Enfin, Monsei- 
gneur, tout nous paroist grand dans toute vostre 
conduite. 

Je ne vous parle point de la lettre que vous avez 
escrite à vostre ami, qui n'a esté veûe que des 
trois seules personnes à qui vous avez souhaitté 
qu'elle fust monstrée. Que de nouveaux sujets 
nous y avons trouvé de vous admirer! Nous estions 
forcez de nous escrierà chaque ligne quel homme, 
quel courage, quelle grandeur d'âme, et en mesme 
temps quelle tendresse et quelle attention pour 
ses amis ! L'un des trois entre autres, et vous jugez 
bien quel il est, avoit à tout moment les larmes 
aux yeux et pleuroit de joye, d'amitié et de recon- 
naissance. Mais, Monseigneur^ nous vous entretien- 
drons de tout cela à vostre retour. 

J'ay donné ce soir à M. de Beauvilliers la lettre 
que vous lui escrivez et celle que vous escrivez à 
M. l'abbé de Fénelon. J'ay envoyé aussi à la Mule (1) 

(1) Ne faut-il pas entendre, par ce nom familier, Boileau, 
de qui certain passage de la satire X avait, à ce moment-là, 
un succès de vogue dans les plus hautes compagnies? Nous 
appuyons cette cox^ecture sur la lettre de Racine à Boileau, 



— 30 — 

celle qui esl pour elle, et j*ay pensé renvironner 
de lauriers^ comme on faisoit autrefois les lettres 
des Conquérans. Ne soyez point surpris si j*ay 
esté le distributeur de toutes ces lettres. Comme 
M. d^Albergotti avoit esté extrêmement mouillé en 
arrivant, la première enveloppe s'est trouvé toute 
déchirée. Ainsi il a donné à M. Tabbé de Salians (1) , 
tout ce qui estoit pour Paris et à moy tout ce 
qui estoit pour ce païs cy. 

Je n'abuseray pas davantage de vostre temps. 
Aussi bien je suis en vérité honteux d'escrire, après 
la lettre que j'ay veûe aujourdhui de vous. Je ne 
croy pas que de ma vie j'aye rien veû qui m'ait tant 
humilié! Il n'y avoit pas un mot qui ne fust plein 
de sens, et qui n'allast au cœur. Croyez moi, Mon- 
seigneur, je ne suis point un fade exagerateur. 
Vous estes maintenant au-dessus des exagérations. 

écrite, le 30 mai (1693), VU, 74, du Quesnoy, c'est-à-dire du 
camp où étaient alors le roi et toute la cour : 

« J'ai été obligé de dire ici, le mieux que j'ai pu, quelques- 
« uns des vers de votre satire à monsieur le Prince. Nosti 
« hominem. Il ne parle plus d'autre chose et il me les a rede- 
« mandés plus de dix fois. M. le prince de Conti voudroit bien 
« que vous m'envoyassiez Thistoire du lieutenant criminel dont 
« il est surtout charmé. M. le Prince et lui ne font que redire 
« les deux vers : « La mule et les chevaux au marché, etc... j> 

« Je vous conseille de m'envoyer tout cet endroit et quelques 
« autres morceaux détachés, si vous pouvez. Assurez-vous 
« qu ils ne sortiront point de mes mains. » 

(1) De Saillané. 



— 31 — 

Du reste, je suis obligé de vous dire que M. d'Arta- 
gnan a parlé de vous au Roy d'une manière qui a fait 
beaucoup de plaisir à vos serviteurs. Le pauvre M. de 
La Vienne à qui j'ay aussi rendu vostre lettre m'en 
parloit encore tout à l'heure, et estoit transporté 
de tout ce qu'il lui avoit entendu dire à Sa Majesté. 
Je prie Dieu que les nouvelles qui apparemment 
viendront aujourd'hui d'Allemagne n'interrompent 
point la joye publique et qu'elles respondent à nos 
espérances. 

A Noisy, 2 aoust. 

Vous nous devez, Monseigneur, une grande 
action tous les ans et vous nous payez à merveilles. 
Quand l'ennemi fuit les batailles, vous les lui 
faittes trouver jusques dans son camp. Il ne re- 
pousse deux fois vos troupes, que pour vous don- 
ner une plus belle victoire. Elle me donnera. 
Monseigneur, encore plus de joye, quand je saurai 
Monsieur le comte de Lux guéri. Je voudrois bien, 
Monseigneur, que sa blessure fût aussi heureuse 
que la contusion de Monsieur le duc de Montmo- 
rency. Personne ne sera jamais avec un zèle et un 
respect plus sincère que moi. Monseigneur, votre 
très humble et très obéissant serviteur, 

L'abbé de Fénelon. 



— 34 — 

Lo maréchal de Luxembourg mourut, le 
4 janvier 1695, au château de Versailles. 

Si Vauban ne lui avait survécu, Luxembourg 
serait le dernier des grands hommes de guerre 
et de gouvernement qui ont illustré cette pé- 
riode de notre histoire. Le xvii* siècle va finir. 
Il est, ajuste titre, compté dans le petit nombre 
des siècles qui ont honoré Tesprit humain, et 
Louis XI Y a mérité de lui donner son nom. 

Nous n'avons pas à raconter les tristesses 
qui suivirent. Nous finissons sur les lettres 
glorieuses de Fénelon et de Racine. 



Pari». — Typ. O. Chamerot, 19, rue des Sainte-Pèrei. — 16708 



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