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Full text of "Études sur les dialettes barbères"

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HARVARD UNIVERSITY 




LIBRARY 

OF THE 

PEABODY MUSEUM 

FROM THE LIBRARV OF 

ORIC BATES 

(iSBj-TçîS) 

PRESENTED BY HIS WIFE 
JuJy I, 1937 




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1 



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'■^^^^^■■'' 



PUBLICATIONS DE L'ÉCOLE DES LETTRES D'ALGER 

BULLETIN DE CORRESPONDANCE AFRICAINE 



Tome ZTV 



ÉTUDES 



DIALECTES BERBÈRES 



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ANGERS, m P. A. BURDIN ET C^», 4, RUB 6ARNIER. 



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ÉTUDES 



DIALECTES BERBÈRES 



RENÉ_JASSET 

DIRBCTBUR DE l'ÉCOLE SUPÉRIEURE DBS LETTRES D'ALGER 

MEMRRB DES SOaÉTÉS ASIATIQUES DE PARIS, FLORENCE ET LEIPZIG, 

DE LA SOdÉTÉ DE LINGUISTIQUE DB PARIS, ETC. 



Ou'vi^a.g'e ooiix*ozixié 
PAR L*ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES 

(Prix Bordin, 1893), 

1 »"< 



PARIS 
ERNEST LEROUX, ÉDITEUR 

28, RUE BONAPARTE, 28 

1894 



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A^ 



4\ 



i,SDC. li^'S" 



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INTRODUCTION 



Une tradition légendaire, conservée par Ibn Khal- 
doun*, raconte que le héros fabuleux du Yémen, Ifri- 
qous ben Qaïs, ayant pénétré au fond du Maghreb, de- 
manda aux populations qui l'entouraient et qui poussaient 
des cris inintelligibles : ^jj U, ma berberatkom 
(Qu'est-ce que votre jargon?). De là vint aux habitants 
de celte région le nom de Berbères. On voit que la 
langue berbère passait pour peu harmonieuse selon 
la tradition, et cette opinion est partagée par PUne l'An- 
cien qui dit, en parlant des noms indigènes des villes 
du nord de l'Afrique : « Populorum ejus, oppidorum- 
que nomina vel maxime sunt ineffabilia prseterquam ip- 
sorum linguis » {Hist. nat., 1. V, ch. i, § 1). 

Cependant cette langue, si peu estimée par les an- 
ciens et les Arabes, est parlée, des bords du Sénégal 
aux oasis égyptiennes, par une population qu'on ne 
peut évaluer à moins de six ou sept millions d'âmes. 
Sans doute, elle n'occupe pas sans partage ce vaste ter- 
ritoire qui semble prédestiné aux conquêtes et aux 
émigrations étrangères. Sans parler des Phéniciens, des 
Grecs et des Latins qui n'ont pas laissé de traces très 

1. Histoire des Berbères^ traduction de Slane, t. I, p. 168. 



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VI INTRODUCTION 

profondes, ni même des premières invasions arabes 
dont l'influence s'affaiblit rapidement, la seconde inva- 
sion, au XI* siècle de notre ère, complétant l'œuvre des 
précédentes, refoula sur bien des points la population 
primitive qu'elle remplaça, et là même où elle ne se 
substitua pas à elle, imposa son idiome. Celui-ci, de- 
venu la langue officielle, comme il était déjà la langue 
religieuse, déposséda le berbère dans la plus grande 
partie des contrées qui forment ce qu'on appelle les 
pays barbaresques. Une partie des envahisseurs péné- 
tra dans le désert, et des tribus, fixées dans le Sahara 
occidental, y firent dominer sur plusieurs points l'idiome 
du Qorân. Cinq siècles plus tard, la conquête des Cana- 
ries par l'Espagne faisait disparaître le Guanche, dia- 
lecte berbère parlé dans ces îles, à l'exception d'un 
petit nombre de mots conservés par hasard. 

Si nous essayons de nous rendre compte du terrain 
encore occupé aujourd'hui par la langue berbère, nous 
I pouvons que celle-ci comprend des groupes considéra- 
bles garantis par le désert et les montagnes, reliés entre 
eux par des îlots plus ou moins rapprochés, mais qui 
tendent peu à peu à être submergés par le flot montant 
de l'arabe. Ces groupes diminuent d'importance en avan- 
çant vers l'est et aboutissent au point isolé de Syouah. 

En laissant de côté le Guanche des Canaries complè- 
tement éteint aujourd'hui, sur les bords du Sénégal 
quelques fractions de la grande tribu des Trarzas, prin- 
cipalement les * *Oulâd Daïmân et les *Tendar a, parlent 
encore berbère. En remontant vers le nord, nous trou- 

1. Les noms précédés d'un astérisque sont ceux des populations 
berbères dont le dialecte est étudié ici. 



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INTRODUCTION Vil 

vons successivement les Beraber, les tribus de POued- 
Noun, de POued-Drâa, du *Touat, du *Gourara qui re- 
joignent les districts marocains du *Tafilalet, de *Tarou- 
dant et du *Sous, où le Chelh'a a constitué une sorte de 
littérature : quelques îlots comme Zaïân dans la pro- 
vince de H'ah'a et le territoire de 'Doubdou servent d'an- 
neaux jusqu'au massif du *Rif, l'un des groupes les plus 
importants de l'ouest, aussi bien par son étendue que 
par les particularités des dialectes qu'y parlent les *Gué- 
lâia, les *Temsaman, les *Kibdana, les *Bot'ioua (Boqioua 
d'ibn Khaldoun), les *Beni Ouriar'en (les Béni Ouriagol 
d'Ibn Khaldoun), les Béni Salid, différents de celui 
des Béni Mezdoui et des Béni Guimil établis au milieu 
d'eux. De là, par le dialecte des *Beni Iznacen, on atteint 
la frontière algérienne et les Béni Snous, où le berbère 
s'est maintenu dans quelques fractions. Au sud, les dia- 
lectes de *Taroudant et du *Tafilalet sont reliés par 
ceux d'igli, d'Ich et de *Figuig aux K'çour algériens de 
*Moghar, *Bou Semr'oun et *Aïn-Sfisifa. Plus au sud en- 
core, l'ouest du Sahara est occupé par les *Touaregs 
Ahaggars qui touchent d'un côté au *Touat et au *Gou- 
rara et de l'autre aux *Azdjers. 

Malgré l'importance des royaumes berbères de Tlem- 
cen, de Tiharet, de Morat, le département d'Oran est, 
de toute l'Algérie, celui où le berbère a le plus disparu : 
les *Bot'ioua du Vieil-Arzeu, les 'Achacha du Dahra, et 
les *Bel-H'alima des environs de Frendah empêchent, 
dans le Tell, une solution de continuité avec les grou- 
pes compactes du département d'Alger : en premier 
lieu, celui des *Beni Menacer deMilîana, Ténès et Cher- 
chel, relié aux premiers par les dialectes de r*Ouar- 



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VIII INTRODUCTION 

senis, de *Teniet-el-H'ad (Haraoua) et du Djendel (Mat- 
mata). A son tour, il se rattache au massif du Jurjura 
par les populations habitant les crêtes de TAtlas qui 
forment Tenceinte de la Metidja. 

Le Jurjura comprend un grand nombre de tribus : 
parmi elles les *Zouaoua, et surtout les *Beni Raten 
des environs de Fort-National, passent, grâce à leur iso- 
lement, pour avoir conservé, dans le nord, le dialecte 
le plus pur : il se transforme insensiblement pour abou- 
tir, à l'ouest, à celui des *Aït Khalfoun, à Test, à celui 
de r*Oued-Sahel et de *Bougie. La limite des départe- 
ments d'Alger et de Constantine est, au point de vue 
des dialectes, purement imaginaire : le berbère est 
parlé dans les tribus dépendant de Bordj-bou-Arréridj, 
dans les Babors, chez les Telar'ma, les Abd-en-Nour et 
les Zouar'a de Farrondissement de Sétif. Au sud et à 
l'est de Constantine, les *Harakta de Aïn-Beïda, les Ne- 
memcha de Tébessa, et à l'est, les 0. Khiar de Souk-Ah- 
ras forment un groupe important qui rejoint au sud les 
*Chaouia de l'arrondissement de Batna (Oulâd ben Ze- 
kri, 0. Mehamma, 0. Sellem, 0. Daoud, 'Amamra et 
*0. Abdi) et du cercle de Biskra (tribus de l'^Aouras, de 
l'*Ahmar Khaddou et du *Dj. Chechchâr). En avançant 
au sud, nous rencontrons les dialectes de r*Oued-Hir', 
puis de *Ouargla qui à l'ouest rejoint celui des *Kçour 
par le Mzabite et le dialecte du k'çar de Maya, et à 
l'est le *Nefousi, par les anneaux épars du Djerid tuni- 
siens (*Sened) et des Matmata. En Tunisie, à part ces 
deux îlots, il faut citer les Berbères de *Djerba qui ap- 
partiennent à la secte abadhite comme les Mozabites et 
les habitants du Djebel Nefousa. 



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INTRODUCTION IX 

De là, en continuant notre marche vers Test, nous 
ne trouvons plus à signaler, outre les *Azdjers et *Ghat, 
que "Ghdamès, ^Aoudjila, Soknah et enfin *Syouah, l'an- 
cienne oasis de Jupiter Ammon. De même qu'à l'ex- 
trême sud le *Sergou et le dialecte des *Aouelimmiden, 
c'est, vers l'orient, le poste le plus avancé du berbère 
qui s'y parlait très probablement déjà au temps dt-s 
pharaons d'Egypte. 

De nos jours seulement, on a tenté de trouver une ré- 
ponse à la question du Tobba', mais malgré les recher- 
ches faites presque toutes par des érudits français, sous 
les auspices de l'Académie des inscriptions et belles- 
lettres, et les nombreux travaux qui en ont été le fruit, 
ce problème n'est pas encore résolu et l'on s'exposerait 
en effet à des mécomptes si l'on avait la prétention d'en 
donner dès aujourd'hui une solution complète et défi- 
nitive. Un des éléments de la question, et non le moins 
important, l'épigraphie hbyque, qui seule peut nous 
faire connaître l'état le plus ancien de cette langue, n'a 
pas encore livré son secret, en dépit d'eff'orts précipités 
pour le lui arracher avant d'attendre le moment favo- 
rable. Le chapitre où M. Duveyrier a exposé les résul- 
tats contradictoires auxquels on est arrivé pour avoir 
voulu aller du mal connu à l'inconnu, est particulière- 
ment suggestif \ 

Ces observations étaient indispensables pour expli- 
quer comment, au lieu de comprendre une grammaire et 

1. Recherches des antiquités dans le nord de l'Afrique [Instruc- 
tions adressées par le Comité des travaux historiques et scientifiques 
aux con^espondants du Ministère, de V Instruction publique), Paris^ 
1890, in-«, p. 45-62. 



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X INTRODUCTÏON 

un dictiounaire complets du berbère ancien et moderne, 
ce mémoire ne contient que des études sur les dialectes 
actuels, sinon sur tous, du moins sur la plus grande 
partie d'entre eux. Les chapitres de phonétique, de lexi- 
cologie et de morphologie ne sont qu'une simple contri- 
bution à l'œuvre qui sera accomplie seulement lorsque 
tous ces dialectes seront connus, comme lest aujour- 
d'hui un très petit nombre d'entre eux. C'est alors que, 
dégageant par la comparaison les éléments constitutifs 
du berbère et les règles générales de sa morphologie 
(ce qu'il est déjà permis de faire aujourd'hui dans une 
certaine mesure), on pourra aborder avec certitude 
l'étude des inscriptions libyques en s' appuyant sur une 
base soUde qui jusqu'ici a manqué aux recherches. Jus- 
que-là, on devra se contenter de recueillir le plus fidè- 
lement possible les monuments qui, plus tard, serviront 
à cette étude, et, d'un autre côté, d'accroître le nombre 
des monographies consacrées à chaque dialecte qu il 
importe de connaître à fond. 

Les dialectes et les sous-dialectes dont il est question 
dans ce mémoire sont environ une ijuarantaine et il 
semble que ce nombre devrait permettre d'aborder 
l'étude comparée dont je viens de parler. Mais il s'en 
faut que nous ayons de chacun une connaissance en- 
tière. Si pour le Zouaoua, le dialecte de Bougie, le 
Zénaga, le Mzabite, le touareg Ahaggar*, le Chelh'a, 



1. Il faut y joindre le Taïtoq étudié par M. Masqueray dans un 
travail qui vient de remporter le prix Volney à l'Académie des ins- 
criptions et belles-lettres (1894-). Deux fascicules du dictionnaire 
français-touareg, le premier qui ait été publié et le seul vraiment 
scientifique, ont paru depuis la rédaction du présent mémoire. 



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INTRODUCTION XI 

nous possédons des renseignements de toute sorte, 
textes, grammaires, vocabulaires, publiés ou inédits, 
il en est d'autres qui ne nous sont connus que par 
de rares textes ou des glossaires peu complets; d'au 
très, enfin, pour lesquels nous n'avons que des listes de 
mots plus ou moins courtes, sans parler du Guanche, 
dont les débris épars ont été recueillis par des écrivains 
peu soucieux de reproduire exactement les sons qui 
frappaient leurs oreilles chez une population conquise. 
Il me reste à indiquer quelles ont été pour chaque 
dialecte les principales sources dont je me suis servi, en 
commençant par l'ouest. 

Ouvrages généraux : Hanoteau, Essai de grammaire kabi/le, 
Alger (1889), in-8; De Rochemonieix, Essai sur les 7*apports 
grammaticaux qui existent entre F égyptien et le berbère^ Paris, 
1876, in-8; R. Basset, Notes de lexicographie berbère y Paris, 
1883-1888, in-8; id., Manuel de langue kabyle, Paris, 1887, 
in-12. 

Zénaga : Faidherbe, Le Zénaga des tribus sénégalaises, Lille, 
J877, in-8; R. Basset, Loqmàn berbère, Paris, 1890, in-12; 
Documents inédits. 

Chelh'a : De Slane, Appendice à la traduction de Y Histoire 
des Berbères àHhnKhdXàoun, t. IV, Alger, 1846, in-8; New- 
man, The narrative of Sidi Brahim ben Muhammed el-Susi 
(Journal of the Boy. As. Soc., p. xvm, 1848); R. Basset, Le 
poème de Çabi en dialecte chelh'a, Paris, 1879, in-8; id., Be- 
cueil de textes et de documents relatifs à la philologie berbère., 
Alger, 1887, in-8; id., Loqmân berbère\ Documents inédits. 

GuANCHE de Lanzerote, de Canaria, de Hierro, de Palma, 
de Ténériffe : Parker Webb et Sabin Berthelot, Histoire na- 
turelle des îles CanarieSy Paris, 1842, in-4, t. I, l'« partie; 
Pietschmann, Ueber die Kanarischen Zahlworte {Zeitschrift 
fur die Ethnologie), 1879. 



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XII INTRODUCTION 

Taroudant : De Rochemonteix, Co7ites du Sous et de l'oasis 
de Tafilelt {Journal asiatique, 1887-1889); R. Basset, Loqmân 
berbère \ Documents inédits. 

emen 1 J ^ g^sset , Notes de lexicographie berbère , 
Timisakhl ^j. g , . jj ^ ^^^ ^^^^^^^ 

Iiattai ) 

P ( Badrian ) R . Basset, Notes de lexicographie berbère 

ouRAHA ^ jjjjjjjjjQ^jj ^ Y j^ ^èviQy § 1 ; id. , Loqmân berbère. 

DouBDOU : R. Basset, Loqmân berbère. 

Guélâia \ 

Kibdana j R. Basset, Notes de lexicographie ber- 
RiF { Temsaman \ bère, P série, § 1 ; id. , Loqmân berbère ; 
B. Ouriar'en I Documents inédits. 
Bot'ioua ) 

BeniIznacbn : R. Basset, Loqmân berbère\ Documents iné- 
dits. 

Bot'ioua du Vieil-Arzeu : R. Basset, Zoç'meJn berbère] Docu- 
ments inédits. 

Bel-H ALiMA : R. Basset, Loqmân berbère \ Documents iné- 
dits. 

f Figuig I R. Basset, Notes de lexicographie 

^, \ Bou-Semr'oun I berbère, IIP série; id., Recueil de 
y Aïn-Sfisifa ( notes et de documents relatifs à la 
\ Tiout ) philologie berbère, 

OuARSENis : R. Basset, Loqmân berbère\ Documents inédits. 

Haraoua : R. Basset, Loqmân berbère\ Documents inédits. 

Béni Menacer : R. Basset, Notes de lexicographie berbère, 
IL série; id., Recueil de textes et de documents relatifs à la 
philologie berbère, § 1 ; id., Loqmân berbère ; id.. Textes 
dans le dialecte des Béni Menacer, Rome, 1893, in-8. 

MzAB : R. Basset, Loqmân berbère ;id,^ Étude sur la Zenatia 
du Mzah^ de Ouargla et de rOued'Rir\ Paris, 1892, in-8. 

AïT Khalfoun : ^von^sdx^, Recherche sur les transformations 
du berbère {Bulletin de Corresponda?ice africaine, 1884-1885). 



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INTRODUCTION XIII 

Zouaouà : Hanoteau, Essai de grammaire kabyle; id., Poé- 
sies populaires de laKabylie du Jurjura^ Pdins, 1867, in-8; 
0\\yiei\ Dictionnaire français- kabyle y Le Puy, 1878, in-12; 
R. Basset, Manuel de langue kabyle \ id., Loqmân berbère \ 
Belkassem ben Sedira, Cours de langue kabyle^ Alger, 1887, 
in-8; Mouliéras,Le5 /bî/rAen>5 de Si Djoha^ Oran, 1891, in-12; 
Documents inédits. 

Bougie et 0. Sahel : Brosselard, Dictionnaire français-ber- 
Aèr^, Paris, 1844, in-8; EdMoi^d^n^ Poésies populaires delà Ka- 
bylie; Belkassem ben Sedira, Cours de langue kabyle ; R. Bas- 
set, Loqmân berbère; id., Llnsurrectiori algérienne de 1871 
dans les chansons populaires kabyles^ Louvain, 1892, in-8; Bi- 
bliothèque nationale, fonds berbère, n* 1. 

Harakta : R. Basset, Loqmân berbère \ id., Notice sur les 
dialectes des Haraktas et du Djerid tunisien, Woking, 1892, 
in-8. 

Chaouia : Masqueray, Comparaison dun vocabulaire des 
Zénaga avec les vocabulaires correspondants des dialectes des 
Chawia et des Béni Mzab {Archives des Missions scientifiques, 
1879); R. Basset, Loqmân berbère. 

0. Rm' : R. Basset, Étude sur laZenatia du Mzab, de Ouar- 
g la et de rOued'Rir\ 

Ouargla : R. Basset, Loqmân berbère; id.. Étude sur la 
Zénatia du Mzab, de Ouargla et de VOued-Rir . 

Djerid : R. Basset, Loqmân berbère. Notice sur les dialectes 
des Haraktas et du Djerid tunisien. 

Djerba : R. Basset, Notes de lexicographie berbère, P* sé- 
rie, § 2; id., Loqmân berbère; De Calassanti-Motylinski, 
Chanson populaire en dialecte de Djerba{Bulletin de Correspon- 
dance africaine , 1885). 

Dj. Nefousa : De Calassanti-Motylinski, Le Djebel Nefousa, 
Alger, 1886, in-4; R. Basset, Loqmân berbère, 

Ghdàmès : Grâberg de Hemsô, Remarks on the language 
ofthe Amarzirghs, Londres, 1836, in-8; R. Basset, Loymd/i 
berbère. 

Ghat : R. Basset, Notes de lexicographie berbère, P' série, 



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XIV INTRODUCTION 

§ 3; Krause, Proben der Sprache von Ghat inder Sahara^ 
Leipzig, 1884, in-8. 

Ahaggar : Hanoteau, Essai de grammaire tamachek^ Pa- 
ris, 1860, in-8. 

Sergou : Hodgson, Notes on Northçm Africa^ New-York, 
1844, in-8. 

Â0UEL1MMIDEN : NewHian, Wôrterbuch des Dialektes der Aue- 
limmiden, appendice du V volume de Barth^ Reisen und Entde- 
ckungen in Nord- und Central Afrika^ Gotha, 1857, in-8; R. 
Basset, Notes de lexicographie berbère , IV' série, § 3. 

Kel Oui : R. Basset, Notes de lexicographie berbère^ I" sé- 
rie, § 4. 

AouDJiLA : Millier, Vocabulaire des habitants dAoudjila, à 
la suite de Pacho, Relation dun voyage dans la Cyrénaîque^ 
Paris, 1827-29, in-4. 

Syouah : R. Basset, Le dialecte de Syouah, Paris, 1890, in-8 
(d'après Cailliaud, Minutoli et Bricchetti-Robeccbi). 



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PREMIÈRE PARTIE 



PHONÉTIQUE 



Chapitre premier 
Voyelles. 

Le berbère possède les voyelles suivantes : 

a [a) 
e [V) ë [ô) 
i [i) ou {ou) 

A côté de ces voyelles qui se rencontrent dans tous 
les dialectes, il faut signaler un e muet, si bref qu'il est 
souvent négligé dans la transcription française (les 
transcriptions arabes le représentent par le sokoun *' qui 
joue par conséquent le double rôle du cheva hébreu), 
et un w (= w français) qui n'a été reconnu que dans le 
dialecte de Tafilelt. 

Les lettres ont la même valeur que les voyelles fran- 
çaises correspondantes. 



Chapitre II 
Consonnes. 



Labiales : b p { 

ou {w) m 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 






Dentales : 


t [is) 




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Ih 


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d: 


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Gutturales : 


g 

i 
k 
h 


g' 


k' 


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r 

A' 


n 





\. Labiales, § 1 . — Le è y existe en Zénaga : bar- 
hoth »lu^, bleu; en Chelh'a : tahaourrouth ^^jy^j renarde ; 
à Taroudaut : ahrid xj}^ chemin ; au Touat (Tementit) : 
khahhed jJ^^ salir ; dans le Rif (Guélàia) : aherchan ^b^l, 
noir; (Temsaman) : iihhir ju:., pigeon; (Béni Ouriar'en) : 
^Mb^> j^^, pigeon; (Kibdana) : aherchan ô^j}, noir; 
(Bot'ioua) : aherxan cXjj^ noir; Béni Iznacen : ahelhoim 
Oj-i', couscouss; Bot'ioua d'Arzeu : ihaouen o^V., fèves; 
Bel-H'alima : ahrid' j.j\^ chemin; K'çour, ikah ^K., 
renard; Ouarsenis : aherriou yj\^ sauterelle; Haraoua : 
akhhou^ ^l, trou; Béni Menacer : ahrid' ju^j, chemin; 
Mzab : ehhi ^^i, emporter; A. Khalfoun : ahsis ^jjl>^\^ 
mil; Zouaoua : ihidH (/ju-., burnous; Bougie : aherdi 
is^j}, côte (du corps) ; Harakta : aheggas j^èl, arc-en- 
ciel; Chaouia : akah ^^i, renard; Oued-Rir' : hed a, 
être debout; Ouargla : ehhi ^4', couper; Djerid : zinha 
L'j, genévrier; Djerba : telahat c^*, voile ; Djebel Ne- 
fousa : tehrouri t^j^jç, neige; Ghdamès : aharid j-jV, 
bœuf; Ghat : takahart +0©-!+, maison; Ahaggar : 



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ÉTUDKS SUR LES DIALECTES BERBÈRES 3 

aha •©, disparaître; Sergou : taharat +0©+, sœur; 
Aouelimmiden : ahahouch 30©, cousin; Syouah : amhou 
^, bouche. 

Le h de certains dialectes correspond à un ou dans 
d'autres : 

Chelh'a, Ouarsenis, Mzab, Zouaoua, Bougie, Cha- 
ouia, 0. Rir' \hedj», se tenir =: ourfj^, Djebel Nefousa, 
Zénaga. 

Mzab : hourakhs ^jy^ enfant = owrekhs jJ^j^^ B. 
Menacer. 

Zouaoua, Bougie, Chelh'a : i?îehgi ^, hôte = anouji 
c^jjll, Bot'ioua, Ouarsenis. 

Le b est aussi remplacé par un f : Ghdamès : aneîj'i 
(syi*^, hôte. 

Zouaoua, Ouargla : ehzeg dy\, être humide; ebzii 
(j'j\, B. Menacer; ehzedj^'j}^ Mzab= îezzegK:fy,^ Chelh'a. 

En Zouaoua, un m remplace quelquefois le b d'autres 
dialectes. Ex. : akhmoudj ^^^^i, trou, = akhhou ^i, 
Haraoua, B. Menacer, Ouargla. 

Il s'assimile parfois à la lettre suivante : Zouaoua : 
€hzeg v5>l, être humide, aiioug *5^ji, humidité. * 

Bougie : ehges ^i, se ceindre, aggous ^f\, ceinture. 

Quelquefois il tombe lorsqu'il est la première lettre 
radicale d'un mot; en ce cas la voyelle de prononcia- 
tion s'allonge : Zouaoua : e\^zeg i5>', être humide, IV^ f. 
ts^zeg *53ir, éi^ges Js^\, se ceindre, IV^ f. ts^ges ^iT, 

Le è a quelquefois, en Zouaoua et à Ghdamès, un 
son intermédiaire entre le è et le e;. Ex. : Zouaoua : bet/- 
deth il^j., veddeth, ici (rac. B D') ; Ghadamès : tadevsot 
j^jT, bague. 



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4 ETUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

Le p est excessivement rare et ne se rencontre qu'en 
Zénaga : ipapaia IL, calebasse. 

§ 2. — Le ou, demi-consonne, existe en Zénaga : tonel- 
lid' jjy^ chèvre; Chelh'a : omnna U.^, celui; Taroudant : 
oud jj, tomber; Touat : aowi t^jl, apporter; Gourara : 
ifriouen ùji^îii ailes ; Doubdou : iouen ôjj, un ; Rif (Gué- 
lâia) : erouel ^i^J^ fuir; (Bot'ioua) : ououethsLy frapper; 
(Kibdana) : aoura?^' gijy, jaune; (Temsaman) : aou- 
rar' gljy, jaune; (B. Oiiriar'en) : thriou yj, marjolaine; 
B, Iznacen^ thaouourth ^jj^ porte; Bot'ioua d'Arzeu : 
ir'arouad' ii^^,, feuilles ; Bel-H'alima : aoudh J^^\^ arri- 
ver; K'çour : «oua/jiy, parole; Ouarsenis : ^roue/ j^ji, 
fuir; Haraoua : ikhfaowen Ô3^^, têtes; B. Menacer : 
aonodk J^^\^ arriver; Mzab : tibbionali j\yJ^ mauve; 
A. Khalfoun : thaonnist c^y, boucle d'oreilles; Zoua- 
oua : ou^M Cj^, frapper; Bougie : thaowla "iy^ fièvre; 
Haraoua r/îV'^ou.çâJU^U;, fête; Chaouia : ou/// J^, brebis ; 
0. Rir' : sioxiel ^i^^, parler; Ouargla : jsaou jlj, cheveu; 
Djerid : zaou. ^ij, cheveu ; Djerba : taonrdount Cà^^jy^ 
boule; Dj. Nefousa : sonou ^, cuire; Ghdamès : azaow 
^Ijl, cheveu; Ghat : aouet +:, action de frapper; Ahag- 
gar : ou/// -n:, brebis; Sergou : ourar' ;0:, or; Aôuelim- 
miden : tihallaonin i;ilj+, brebis; Aoudjila : éonén j^^\^ 
fèves ; Syouah : iaouaouen ^^jj, fèves. 

Le ou de plusieurs dialectes correspond à un é dans 
d'autres : 

K'çour : haou jV, pi. ihaouen ;j^L, fèves; B. Menacer : 
haou 3^, pi. haouen^ fèves; Zouaoua et Bougie : ihiou 
^w, pi. ihaouen^ fèves; B. Iznacen^ Haraoua, Mzab, 
Touat, Ouarsenis, Guélâia : ihaouen ^[^L, fèves = aou 



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ETUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 5 

y pL aouen^ fèves, Ouargla; aouen ô3^ fèves, Djerba, 
Djerîd; éouéoun ôi^, Aoudjila; iowaouen ^^jj, Syouah- 

Ghdamès et Mzab : azaou y^l, cheveu ; Djerid et 
Ouargla : zaon ^ij = azhi jji pi. ouzhaîi yVji, Zénaga, 

Vou correspond aussi à un /* : Touat : azîou ^ji, 
cheveu; K cour : azzaî c^O^ cheveu ; Bel-U'alima : zai 

Dans quelques dialectes, le b est le résultat de la 
contraction de deux ou^ qui ailleurs se contractent en 
g, et enfin se conservent dans d'autres : 

Zouaoua : thahhourth ^j^, porte, pi. thiboura, \j^ 
= taggourth vl^j/J, Béni l-'Abbès de TOued-Sah'el ; 
thaouggourth ^j/j^ B. Ouriar en =- thaowowrth ^Lfjy, 
Bougie, B. Menacer, A. Khalfoun, B. Iznacen; thaouoî't 
Ojjî, Bot'ioua, Guélâia; taououri Cjjy; Mzab, Ouargla. 
Cette forme thaouourth montre qu'on ne saurait, malgré 
une ressemblance extérieure, rattacher le Zouaoua thab- 
bourth Cjj^ au latin porta. De même la présence de la 
forme taouourt et non taggourt^ à Ouargla et au Mzab, 
prouve qu'on ne saurait y chercher Tétymologie de 
Touggourt. 

Cette contraction de deux ou en g existe, mais plus 
rarement, en Zouaoua, chez les Ait Khalfoun, à Bougie 
et au Mzab. Ex. : Zouaoua : thezower' j^yj, rougeur, 
azzouggouar' '^jfjj^, rouge; Bougie : ezouer' ^^jf, être 
rouge, azeggar' géji, rouge ; Mzab : «ou/ t^^i, porter, 
. ^gg^^ J^^-i charge; Ait Khalfoun : amezgarou 3jlS>i, 
premier {= amzowarou ^jt^^l, Zouaoua). 

A l'inverse, mais rarement, il existe des cas où You, 
s'étant conservé en Zouaoua, à Bougie et en Zénaga, 
est devenu un g ou un k dans d'autres dialectes, par 



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C ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

exemple dans la racine OU DH F : Zénaga : towtfith 
^y, fourmi, pi. tout fin cjocJ; Zouaoïia: thaowffoufth 
^\3^y et thoxxatfoufth »l^>l»ij?, pi. thioxxdhfin o^y^\ 
Bougie: aoviffoufutj^^s, fourmi rouge, pi. iouffoufen 
^^jj, diminutif : thaowffoufth ^ji^J, pi. thioxiffouf- 
thin ÛM»^^*. 

= 1"* ta^defit J^aè, fourmi, pi. ti^defiïi i»jS;, Ouar- 
gla; a^etfeth ^t;,ri, Chaouia; ta^ettouft Jayiè pi. ti^ed- 
fin oç»-»^, Mzab. 

= 2"* tikedfin (j^^jSz, pi. Gourara (Badrian); th^effin 
CjuSS, Guélâia, Kibdana. 

Ce k s'est affaibli en ch; Ouarsenis : tichetfet Cjc:;3, 
fourmi, pi. tichetfin ù^fi^\ Haraoua : tichetfet j*«ii; pi. 
tichetfin ouc^. 

Il est devenu un t au Gourara : tiietfin cjfiC^ fourmi. 

§ 3. — Le / existe en Zénaga : iïïil Ju«», aspic; 
Chelh'a : tîellaoun ôi^U:, parcourir; Taroudant : ikhî 
cjj;^, tête; Touat : azhu ^jl, cheveu; Gourara : aï u^}y 
trouver; Doubdou : aiounas ^^^\, taureau; Rif (Gué- 
lâia) : iïara ijU, feuilles; (Kibdana) : aîdid j,ja\^ marteau; 
(Temsaman) : acMai t^Uiii, lait doux; (Bot'ioua) : ioud' 
^^, genou; (B. Ouriar'en) : tMouith C^,^^^ soleil; B. Iz- 
nacen : thiîednin càjj^, doigts de pied; Bot'ioua d'Arzeu : 
ai Ji trouver; B. H'alima : kheîi^, sur; K'çour : aîer 
^1, aile; Ouarsenis : toud' 3^, avoir soif; Haraoua : ikM 
^, tête; B. Menacer : iySer ySZ^ tortue ; Mzab : aouîa 
Ujl, trouvaille ; Ait Khalfoun : soucheî h^>-, se baigner; 
Zouaoua : aîegag ii'ISil, traverse de métier à tisser; 
Bougie : eisi ^i, fondre ; Harakta : thaîoukth ^Syç, 
çoleil; Chaouia : ir'i ciii, tête; 0. Rir' : aîous ^-^l, 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 1 

main; Ouargla : oufer ^3, s'envoler; Djerid : teirait 
cJjsc, feuille ; Djerba : elleî Uô\, lâcher; Dj. Nefousa : 
zodMi jc^'j, noirceur; Ghdamès : ir'ai ^j^, tête; Ghat : 
isettaîen |][+©, nègre ; Ahaggar : aneSed riKI, briquet; 
Sergou : iM ][•:, tête; Aouelimmiden : az^rf ][Ott, ar- 
gent; Kel Ouï : ir'î ][•, tête; 'Aoudjila : echt'aî u^^\, 
noir; Syouah : azeffaf\j\>}\^ bleu. 

On a vu plus haut les changements de 1/ en b ou en 
ou. 

§ 4. — Vm existe en Zénaga : ajimer ^jl, agneau; 
Guanche de Palma : amen ^l, eau; Guanche de Lanze- 
rote : aemon {aman C)^\?), eau; Guanche de Hierro : 
ahemon ^l, eau; Chelh'a : tamedar't c^ljtc, buisson; 
Taroudant : tsama le, côté; Touat : tamemtch ^, miel; 
Gourara : tasammoudj ^^—J, hiver; Doubdou : aisoum 
^^, viande ; Rif (Guélâia) : amza I>1, ogre; (B. Ouria- 
r'en) : thamr'art CjJ^, femme; (Temsaman) : m^mm? 
^, fils; (Bot'ioua) : ouma U^, frère; (Kibdana) : amok'- 
k*eran^ grand; B. Iznacen : aithoum ^yJ, viande; Bo- 
t'ioua d'Arzeu : azemmour j^j\, olivier sauvage ; Bel- 
ff alima : amellal jxi, blanc ; K'çour : tamei^sout ^^J, 
ail ; Ouarsenis : asommid ju^l, froid ; Haraoua ; tha- 
mourth ^jjc, terre; B. Menacer : amellal jXl, blanc; 
Mzab : tamisa Lm, courge; A. Khalfoun : aksoum ^^\, 
viande ; Zouaoua : thamarth ^IjjM^ barbe ; Bougie : ameksa 
\;S^\^ berger; Harakta : azelmadhi ^^^J^, à gauche; Cha- 
ouia : im^i ^^, bouche; 0. Rir' : azmer •o^ agneau; 
Ouargla : tagemmi ^^ verger; Djerid : tamatchitc^, 
figuier; Djerba : amel J*i, dire; Dj. Nefousa : temidal 
jijuc, magasins; Ghdamès ; allam fi\, chameau; Ghat ; 



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8 ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

tikma 0-;+, maladie; Ahaggar : timezri 0»D+, œil; 
Sergou : tezomit +Dtt+, pain; Aouelimmiden : amnis 
©D, chameau de charge; Kel Ouï : êmi O, bouche; 
Aoudjila : tcnaiert CjJ^ barbe; Syouah : izimer jsyy 
agneau. 

Vm du Zouaoua et de presque tous les autres dia- 
lectes est quelquefois remplacé par un n en Guélâia, au 
Dj. Nefousa et en Ahaggar. 

Ex. : Zouaoua, Djerid, Bougie, A. Khalfoun, Aoudjila, 

Syouah, Chaouia, B. Menacer : aksotim ^^l, viande; 

K'çour, Djerba, Doubdou, Mzab, Gourara, Haraoua, 

Ouargla, : aisoum ^^^J, viande; Dj. Nefousa : ^>an^J^/, 

•Ahaggar : zsan l© 

Dj. Nefousa, Zouaoua, Haraoua, B. Menacer : alr'oum 
^yJI, chameau; Djerid, Bougie, K'çour : alr'em A cha- 
meau; Ouarsenis, B. H'alima, Djerba : alr^am ^UJU 
chameau; A. Khalfoun : alrom jJl, chameau; Guélâia : 
arr'an J^J. 

II. Dentales, § 1. — Le / à l'état simple est très 
rare en Zouaoua, chez les Bel-H'alima, dans le Rif où 
il est remplacé par le th ou le /^; on ne le trouve géné- 
ralement que lorsqu'il est redoublé, ou quand il remplace 
un th modifié par l'influence d'une consonne qui le 
précède. Ex. : Haraoua : thamellalic^%^ œuf, pour M«- 
mellal\h\ Zouaoua : thir'ilX JJU?, colline, pour /A2r'27th; 
ennani «iJil, elles ont dit, pour ennanûi. Il remplace aussi 
un th modifié par un autre th placé près de lui; Zouaoua : 
mi d et tezrem ^yj c-i ^z» P^^r mi d' iih thezrem : quand 
vous l'avez vu. Chez les Béni 'l-'Abbès et la plupart des 
tribus de l'Oued-Sah'el, il remplace un th immédiate- 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 9 

ment précédé d'un cA, d'un s ou d'un z; cf. en Temsa- 
man : thid'echi c^X, lentisque; Haraoua : thir'mesi c^m^nt^ 
dent incisive. A Bougie il redevient un ts : thifednesH 
*i^juî, zeste. 

Au contraire, le t est très fréquent dans les dialectes 
où Ton ne trouve pas la dentale aspirée. On le ren- 
contre en Zénaga : eitidj À\, chanter; Chelha : efiou 
^1, aller; Taroudant : iifelloui, CjjIc^ le haut; Touat : 
im^'ellousi c^^, arrosoir; Gourara : trai OU;, chèvre; 
Doubdou : nii JJ, aussi; Rif (Guélâia) : aMas ^^^ beau- 
coup; (Temsaman) : \ensa Uu, nœud; (Bot'ioua) : tchiXa 
\i^^ tresse; (B. Ouriar'en) : thaouchsari CjjI^J, des- 
cente; (Kibdana) : thememikhi j-;**^*, avoine ; B. Izna- 
cen : izioua \yjj, plat; Bot'ioua d'Arzeu : thr'at OU;, 
chèvre ; Bel-H'alima : thaddari OjIju , maison ; K'çour : 
aibir jcJi, pigeon; Ouarsenis : iou J^ oublier; Haraoua • 
tkallest OJL*, ténèbres ; B. Menacer : tour' ^y^ se trou- 
ver; Mzab : atef iuû\^ enterrer; Zouaoua : touiza, VjJ, 
corvée volontaire ; Bougie : ter y, vouloir ; Harakta : 
iiri ^ja, étoile ; Chaouia : ouei Oj, fi^ipper ; 0. Rir ' : 
iazzel sji courir souvent; Ouargla : tisnit *i^, panier; 
Djcrid : ialouggei cT^L-, genêt; Djerba : Xikeli ofc, 
fois; Dj. Nefousa : Xaia^ Lr, négresse; Ghdamès : ioumari 
OjUy, barbe ; Ghat : Xamadh 3D+, femme ; Ahaggar : 
(Ai •+, père; Sergou : eieri -0+^ étoile; Aouelimmi- 
den : iiiar 0++, fourreau; Syouah : tao?/nH Oj^jj», 
colline. 

§ 2. — Les dentales qui remplacent généralement 
le t dans les dialectes du nord sont le ts et le th. Le 
ts existe en Zouaoua : tsow y, oublier; chez les Ait Khal- 



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iO KTUDES SUR LKS DIALECTES BERBÈllES 

foun : thilr'eU a^^ boucle d'oreilles; à Bougie : atsezzam 
^lyi, bourse en cuir; à Ghdaraès : aouats cj^f, frapper. 

Il est souvent' en Zouaoua le résultat de la contrac- 
tion d'un (T avec un th qui le suit. Ex. : doud'iou tsag- 
marth CjjJn y}^, pour doud'iou d' ihagmarth, le cheval 
et la jument. Il remplace aussi un th précédé d'un autre 
th. Ex. : ath imddarth agi ^j"i CjJS OI, les gens de ce 
village, pour ath ihaddarth agi. 

Il correspond au / des autres dialectes : Zouaoua : 
isou y, oubUer = Ouarsenis : eitou J\ ; Ahaggar : etiou 
;+; Chelh'a, Mzab, Harakta, Chaouia, Ouargla, Syouah : 
ettou J\. 

§ 3. — Le /A *l»i n'existe que dans une catégorie bien 
déterminée des dialectes berbères : ce sont ceux du nord, 
quelques-uns du centre, et ceux de Ghdamès et du Zé- 
naga. — Les mêmes possèdent aussi le d' 3. Dans tous 
les autres, ces deux sons sont remplacés par le t et le d. 

Zénaga: aihef^^^ mépriser; Rif (Guélàia) :aichi\ioum 
fy^}^ viande; (Bot'ioua) : thidH c^ju, sueur; (Kibdana) : 
{\iizizoui\h ^sjJj abeille; (B. Ouriar'en) : thar'ioiicht 
c^jJo, ânesse; (Temsaman) : anouk'orth «1*»', argent; 
B. Iznacen : iih?n fsj^^, étoile; Bot'ioua d'Arzeu : tha- 
fedna I'juî, gamelle; B. H'alima : \\\emari\i Cjj\i^ barbe; 
Ouarsenis : WiameffoWi :^, femme; Haraoua : our- 
thow yj^, jardin; B. Menacer : \hameddii\i ^jlc, soir; 
A. Khalfoun : «thn ^^ju, étoile ; Zouaoua : mekûii ^, 
se rappeler; Bougie : Wiazarth Cjjj, figue; Harakta : 
\hiloui\k *io^, outre ; Chaouia : ihademouth ^^j^^ ga- 
zelle; Djerba : eggeth ^i^, se multiplier; Ghdamès : 
thar'ma Uv, cuisse, 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES t1 

Le th et le (ï s'échangent souvent en Zénaga : eiheri 
fsj\ et ed'eri t^jil, côté. De même le th et le dj\ par un 
intermédiaire d et d' : crthef c^;!, mépriser : nom d'action 
idjouf cji<, mépris {^iihouf, Hà!ouf *iàouf^ *iàouf et 
*ià]ouf). ^ ^ 

Le th initial devient souvent un h et même disparaît 
complètement à TOuarsenis, chez les Haraoua, les 
Béni Menacer; particulièrement chez les Béni Zioui et 
les Gouraya, ainsi qu'en Harakta et en Chaouia : 

Ex. : B. Menacer : Wiamemt CaJ, hamemt c^^ et 
amemX vi^ci, miel. 

Haraoua : Wien ^ et hen ^, eux. 

Ouarsenis : theroulem J^J, heroulem J^^ et eroulem 
|JiJ» vous fuyez. 

Chaouia : Wiimes ^jj et imes ^, feu. 

Bougie : oudjiih ^3, abandon = Zouaoua : thoudfith 

Zouaoua : met fou et thamet'fouth vl^>W, femme. 

On trouve en Zouaoua et chez les B. Menacer une 
permutation du th et de Vs. Ex. : akthoum ^yS] et ak- 
soum fyS\^ viande. 

Le th répond au t dans les dialectes suivants : 

Zouaoua : owth i^^, frapper; B. Menacer : aou\\\ Cj^\\ 
Zénaga : oui\i *1j^. 

= Chaouia, 0. Rir', Temsaman : ouei O3, frapper; 
Ahaggar : août +!; Ghat : eouet +; 

Zouaoua, Temsaman, B. Ouriar'en, Guélâiâ, Ouarse- 
nis, Bougie : ithbir j^y pigeon; Bot'ioua : athbir jJi. 

= Chelh'a, K'çour*, Mzab, Ouargla : atbir jwi, pigeon. 

Zouaoua : th/thâ^r jL*, fourreau — Ahaggar et Aouelim- 
roiden : tàar Q++ 



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f2 ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

Kibdana, B. Iznacen, B. H'alima, Haraoua, B. Me- 
nacer, A. Khalfoun, Chaouia : ethn ^^ju, étoile 

= Gourara, Touat (Timisakht), Harakta et Djerid : 
itri ishy étoile; Sergou : eieri -0+, étoile. 

Le th correspond aussi au /.Ex. : Ghdamès : aouets 
i^y, frapper; au tch\ Touat (Teraentit) : ouaiài ^5, frap- 
I>er; K'çour : ekk(Âc]x ^ITl, jouer d'un instrument; Gou- 
rara (Timimoun) : eggâicAï ^\ = Zouaoua : ekkaWi il^lfi. 

— au rf' : B. Menacer : aà'bir ^uii, pigeon; Zénaga : 
eâicri (/jii, étoile; 

— au d, Djerid : iàbir ^ua, pigeon; Aoudjila : eioueà 
2 y}, coup; Syouah : aàbir j^J, pigeon; 

— au /', Mzab : chaV ^b, frapper; Djerid : aoueV J»y, 
frapper. 

Le th du Zénaga correspond au z de Syouah. Ex. 
Zénaga : éthédi (/al, renard, chacal ; Syouah : tazidit 
j^>y, renard. 

§ 4. — Dans les dialectes parlés par les populations 
fortement n^élangées de sang nègre, le / {t mouillé) 
remplace le t et le th et constitue un intermédiaire entre 
ces deux ^dentales et le tch. Ce son existe d'ailleurs en 
dhiolof et en kéguem. 

Ex. : Touat (Tementit) : tirjei oj^-, songe = Mzab : 
tirfei ^jy\ Touat (Timisakht) ; tfouii ^i^, soleil; Gou- 
rara (Badrian) : \fouit c^^y^ = Ouarsenis, Bel-H'alima : 
ihfouiih ^.^f; Taroudant, K'çour, Mzab, Ouargla : tfbuii 

Gourara (Timimoun) ; iaingina uXc , tête = Syouah : 
Xamdja W, nuque ; Mzab : iabejna u^, tête. 

Touat (Tiattaf) : imourraiin o^j^, sauterelles 1=: 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 13 

K'çour, Taroudant, B. Menacer : Xemourr'in Cx^jy. 

Zénaga : tennotm !>:, être dit, aoriste iiennoua \^. 
— Chelh'a : Xini ^, forme hab.; B. Menacer : \k\ini ^. 

Au lieu du t, on trouve souvent un tch dans les dia- 
lectes qui viennent d'être cités. 

Ex. : Touat (Tementit) : owtch ^3, frapper (cf. «owth Zj^ 
et ouei O3 dans les autres dialectes). 

— Touat (Tiattaft) : tichcherich ^^, ail = Çougie : 
thiskerth *^JZJ; Zouaoua et B. Menacer : thichcherlh. 
^j^; Guélâia, Kibdana : thichcharih ^j^\ Mzab, Ouar- 
gla, Djerîd : tichcheri Zjj^. 

— Gourara : tiddah'tch y-U", maison = Temsaman, 
Haraoua, B. Menacer : thaddarih ^JX; Bot'ioua : thad- 
dart Ojla; B. H'alima : taddart CjJS; Mzab : tadderi 

— Zénaga : ofti ^l et oftchi ^l, moitié. 

— Ghat : tchamsi •0113, feu = Guélâia, B. Ouriar en, 
B. Iznacen, Ouarsenis, Haraoua, B. Menacer : thimsi 
^^; A. Khalfoun, Zouaoua, Bougie : ihimes ^; Tem- 
saman : thimessi^; Aouelimmiden : timsi •OI1+ ; Ouar- 
gla, Ghdamès, Syouah : timsi ^JJ; Ahaggar : temsi •OI1+ ; 
K'çour : temsi ^^; Touat : timsi ^; Sergou.: temissi 
'03+ 

— Guanche de TénérifFe : tchamato ^, femme; cf. les 
formes tamet +11+ (Ghat) ; tametcJ (Ghdamès) et tamtot 
++D+ (Sergou). 

§ 5. — Lq tch existe en Zénaga : etdifara U«>.l, sei- 
gneur; Gourara (Timimoun) : akah'tc^i ^\ autruche; 
(Badrian) : akaitc\i ^Ifi, autruche; Touat : tizemme{(^\i 
^'jy chemin; Doubdou : ^tch, ^1 manger; Rif (Kibdana) : 



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44 ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

é?tch ^1, manger; (Guélâia) : etchar jU, être rempli; 
(Bot'ioua) : tcharran ^l^, ils combattirent; Botloiia 
d'Arzeii : oïdchma û-j, sœur; B. H'alima : aitcha U\ 
demain; K'çour : outchi ^^^ nourriture; Ouarsenis : 
aîtchâfUi, demain ; Haraoua : netch ^, moi; B. Menacer : 
m^tch ^, être mangé ; Mzab : tiichli^^ marche ; A. Khal- 
foun : tchtfr jL, être plein; Zouaoua : ametchouriai 
iskjyfU chauve-souris ; Bougie : fhaketchaouth *^y*^*, 
ver blanc ; Harakta : adetoha L J, demain ; Ouargla : 
aberichan oVj;^ ^oît'j Djerid : takatchilt CÀfp, fille; 
Djerba : ^tchgl, manger; Ghat : ichm^'si '0:3, chèvre; 
Sergou : ^tch 3, manger; Kel Oui : tchitta -+3, poivre; 
Syouah ; atchou j^\^ nourriture. 

Le tch de la plus grande partie des dialectes corres- 
pond au kch et au ch de quelques autres. 

Ex. : Zenaga, Chelh'a, Doubdou, Temsaman, B. 
Iznaceu, K'çour, Ouarsenis, Haraoua, B. Menacer, 
A. Khalfoun, Zouaoua, Bougie, Harakta, Ouargla, 
Djerid, Djerba, Dj. Nefousa, Syouah : etch gl, manger; 
Sergou : etch 3; Gourara : tch/ ^; Kel Oui, Ghat : 
atchi «3 

= Guélâia, Ghdamès : ekch j:S^\ ; Ahaggar : ekch 3-: ; 
Mzab, 0. Bir' : ^ch ^\ ; Bot'ioua : tch ^j^^. 

Dans quelques dialectes, le tch et le ch s'emploient 
l'un pour l'autre : 

Touat : etch gi, manger : toutouch J'y y y nourriture. 

Temsaman : e/chi, j^i, manger : /ch, ji^^, manger. 

Doubdou : ^tch ^i, manger; ^//ach j^bl, forme d'ha- 
bitude. 

Mzab : e/ch gl et ech j\, manger. 

Ouargla : ^tch ^1 et ech ^^l, manger. 



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ETUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 15 

§ 6. — Le f est souvent produit par la contraction de 
deux dh. Ex. : Zouaoua : erdhel ji^J, prêter, VP forme 
reVVel Jl»j pour redhdhel; Mzab : «dh J^\, tomber, 
outVou ^3, chute. 

Il remplace aussi un dh suivi d un th; Zouaoua : thef- 
kiV J^% tu las donné, pour thefkidh th. 

Le f existe en Chelh'a : arVez J^j\, se prétendre ; 
Touat : ei\ef ^\^ saisir; Gourara : aVas «j^lLI, beau- 
coup; Rif (Guélâia) : eVVef i^\^ prendre; (Bot'ioua) : 
ta' ii-% œil; (Temsaman) : thiM ^^, œil; (Kibdana) : 
ei'Vef^\, prendre; B. Iznacen : thiVaouin â.i^*, yeux : 
Bot'ioua d'Arzeu : ei'i*ef^\^ prendre; B. H'alima : eV- 
X'as yjÀy\^ dormir ; Ouarsenis : thar'cà' icMs, chèvre; Ha- 
raoua : thiV iJ, œil; B. Menacer : eVVes ^\, dormir; 
Mzab : sout'edh j*t>*, allaiter; A. Khalfoun : tharaX 
JUU, chèvre; Zouaoua : (A^as ^^U»l, beaucoup; Bougie : 
à'idj ^., soleil; Chaouia : e\'VefuiL^\^ prendre; 0. Rir' : 
aseVVa Mc^J, métier à tisser; Ouargla : tamei'Voiit ôji»c, 
femme ; Djerid : amoià'in o^y\y malade ; Djerba : ai' an 
ùW, maladie; Dj. Neibusa : nei'V Jaî, être auprès de; 
Ghdamès : thiV i»:, œil; Ghat : eVkel II- 13, prendre; 
Ahaggar : eVkar 0-:3 être rempli; Sergou : aVou 3, 
vent; Aouelimmiden : ^t'^ 03, dormir; Kel Oui : ar'a- 
Vem i]3:, chaussure; Aoudjila : aVi -3, œil; Syouah : 
Va?* jU», pied. 

Le f de plusieurs dialectes s'est adouci en /. 

Ex. : Zouaoua, Bougie, Chelh'a : at'Van ^vJUI, maladie ; 
Mzab, Djerba, Syouah : aVan ^jU»! ; Dj. Nefousa : aVen 
^1, être malade; Djerid : amoiÂ'in os^i-l, malade = 
Chaouia : attan jUl, maladie. 

Zouaoua, A. Khalfoun, Ouarsenis, Haraoua : tharaV 



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16 ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

y»% chèvre = Ahaggar, Aouelimmiden : tarai +•+ ; 
K'çour, Mzab, Chaouia, Djerid : irai *:.U:; Bot'ioua, 
Temsaman, Kibdana, Gnélâia, B. Iznaccn, Bot'ioua 
d'Arzeu, B. Menacer : thrai ôU. 

Gourara, A. Khalfoim, Zouaoua, Bougie : ai'a^ ^i, 
beaucoup; Haraoua, Ouarsenis : aiei'a, U«l = Guélâia : 
(à\as 4^n ; B. Menacer : ortta U. 

Il correspond au dj du Zénaga : ouadja U3, beaucoup. 

On le voit aussi remplacer un dh en Zénaga : taSk 
j>ir, chèvre, et quelquefois un th à Bougie : ihar'aWi OU, 
chèvre. 

§ 7. — 11 se produit pour le d le même phénomène 
que pour le / : en Zouaoua et dans les autres dialectes 
qui ont conservé le d\ il est remplacé par cette der- 
nière lettre, sailf aux cas indiqués, comme le t par le th. 

On le rencontre en Zénaga : owd j^, cœur; Chelh'a : 
aàer jil, demander; Taroudant : aàrai^' gUJ, pierre; 
Touat : ameààakoul jjSjul, ami; Gourara (Timimoun) : 
tiidiàa Iju", cabane; Doubdou : izàaiaà ùlyj, lorsque; Rif 
(Guélâia) : ^addar^ o^U, maison; (Bot'ioua) : sed ju, en- 
tendre; (B. Ouriar'en) : douzar' ^Ij^^, j'ai faim; (Kib- 
dana) : afdid jljl»!, marteau; (Temsaman) : dirchtc^j^^ 
raisin ; B. Iznacen : thir'ardin ô.^j^y épaules ; Bot'ioua 
d'Arzeu : aiendouz j^x.\y veau; B. H'alima: «m^wd/ cf jûc, 
céréales; K'çour : ouden 0^3, aussi; Ouarsenis : sired 
ùj^^ laver ; Haraoua : adddis ^m\, ventre; B. Menacer : 
aiddid" ji.j.1, outre; Mzab : adris ^j>j^\, glace; A. Khal- 
foun : fezdam f\ùji^, bourse ; Zouaoua : addi cf J, tendre 
un piège; Bougie : addainin oçJi, écurie; Harakta : 
mdoukel J^^j^^ s'associer; Chaouia ; adetcha LjI, demain 



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V 



ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES H 

0. Rir' : tadmrient cu-jC, brebis ; Ouargla : souà^en j^^^, 
aimer; Djerid : oudi ^^^3, huile; Djerba : dar jb, pied; 
Dj. Nefousa : tisednan o^ï'juJ, femmes; Ghdamès ; idi j/j., 
chien; Ghat : irden inO, blé; Ahaggar : amerked n-IOU, 
chaussure; Sergou : emdok •;ni], girafe; Aouelimmi- 
den : adennek -lin, ciel; Kel Oui : ajedi -m, sable; 
Syouah : douftc^^^^^ laine. 

En Ahaggar, le d précédant immédiatement un t 
devient un /.Ex. : aies et iamef an+OII pour aies ed 
iamef^ l'homme et la femme. 

Le rf, dans les dialectes qui possèdent le d\ remplace 
ce dernier lorsqu'il est immédiatement précédé d'un n. De 
même un d' redoublé devient un d. Ex. : Zouaoua : d'ow- 
'kel Jî^i, être joint; ameddakoul JjSjuI, ami, pour amed'- 
d^akoul\ A. Khalfoun ; m^dd^/^^JJu et imed'an ^Ur, gens. 

Le d du Chaouia correspond parfois au z de Syouah. 
Ex. : Chaouia : thademouth ^I^^jC, gazelle = Syouah : 
ezim fj\. 

§ 8. — Le d' existe dans les dialectes qui possèdent 

le th. Ex. : Zénaga : éd'éri c^jii, étoile; Rif (Guélâia) : 

id'amen ^\\, sang; (Rot'ioua) : tamd'alit\ (Temsaman) : 

thid'echt vi^âT, lentisque ; (R. Ouriar'en) : foud'ar glj^, 

j'ai soif; (Kibdana) : djid'arjx^, aigle; R. Iznacen : fond' 

i^, avoir soif; Rot'ioua d'Arzeu : thaid'a iJu, pin; R. 

H'alima : ik'choi(d'en ù^yt^, bois; Ouarsenis : thad'ouft 

^33^:, laine; Haraoua : ad'efut^\, entrer; R. Menacer : 

ad'mar jUSi, poitrine; A. Khalfoun : id'im f\, sang; 

Zouaoua : soud'en cp^y embrasser; Rougie : ird'en 

Cjùj, blé; Harakta : mad'oun 03JU, malade; Chaouia : 

ioud'an Ji'^y,, gens; Ghdamès : ird'an ùijjr,, blé. 

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Ifl ETUDES SUR LES DIALECTES BERBERES 

Comme pour le th et le t, le (T et d se correspondent 
dans les divers dialectes. 

Ex. : Zouaoua : ibià'i c^ju^, burnous = Bougie : ibiài 

Zouaopa : onàH c^ij, beurre = Touat, K'çour, Ouar- 
gla : ouài c^^^, beurre; Djerid : ouài cf^3, huile; Ghat : 
ouiài -n:, beurre. Ce rf, en se mouillant, est devenu un 
dj au Gourara : ouà]i ^^3, graisse. 

Guélâia, Bot'ioua, B. H'alima, Ouarsenis, Zouaoua, 
Harakta : abrià' \j\, chemin = Taroudant, K cour, 
llaraoua : abrià j»j}. 

Zénaga : d^ammen ^li, sang; Kibdana : ià'amen ^U 
= Taroudant, Gourara, K'çour, Mzab, Ouargla : iàa- 
men ^^U; Syouah : eàamen ^bl; Chaouia, Bougie : 
iàammen ^U. 

Chelh'a, B. fznacen, Haraoua, A. Khalfoun : aà'rar 
jijii, montagne = Bot'ioua d'Arzeu, Mzab, Bougie, 
Chaouia, 0. Bir\ Ghdamès, Syouah : aàrar jljjl; Ahag- 
gar : aàrar OOfl ; Dj. Nefousa : àrar Jjj; Guanche de 
Ténériffe : aàar jIjI, falaise. 

On trouve le d et le d' employés l'un pour Tautre 
chez les B. H'alima : abrià j.j\ et abrià' \j\, chemin; 
B. Menacer : ià'amen ^li, sang, et touàoum ^^^J, sai- 
gner ; Chaouia : iouà'an oijj. et iouàan o^j^, gens ; plus 
rarement en Zouaoua : à'el jj, couvrir, forme habituelle 
àal jij; à'err'el Jpjj, être aveugle, et thiàerrelt cJii^jjC, 
cécité. 

Lorsque le d' en Zénaga est immédiatement suivi 
d'un y, il se prononce rf. Ex. : aà'ej y^, s'appuyer, 
aoriste iouà'ej j\y, nom verbal tiàji ^s2^ action de 
s'appuyer. 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 19 

Le (T du Zouaoua correspond quelquefois au dh 
d'autres dialectes. Ex. : Zouaoua : ihaA'ouf l^jûT, 
laine = Ouargla : tadhoufi c^ya: ; Ahaggar : taâhouft 
+3C3+; A. Khalfoun et Bougie : thaàhout' 1»^*; on 
trouve aussi à Bougie la forme thadouf i^^X et t'adhout' 

Zouaoua : ouà'z c^jj := Zénaga : oudhi ^3. 

Zouaoua : zd'maren C)j^\, poitrine = B. H'alima : 
idhmaren^ ûj^^- 

Zouaoua : «dV^r'gUii, pîerre =:Syouah : adhr'ar' '^\. 

Zouaoua : abrid' j^j}^ chemin = Djerba : abridh J^^j\. 

Il correspond aussi au f d'Aoudjila : tabarouV l^^jj, 
chemin, adouci en / chez les Aouelimmiden : tabarii 
+n[D+ De même on a en Zénaga : eifer ^1, suivre = 
Zouaoua : ed'fer ^^ii. 

Le (T du Zénaga correspond au d de Syouah : Zé- 
naga : éthéd'i c^JTi, renard == Syouah : tazidit c^j\'j\ et 
par exception au tch du Mzab : Zénaga : obboud' jjil, 
s'envoler == Mzab : ô^tch ^.. 

§ 9. — Nous avons vu que le / (/ mouillé) sert d'in- 
termédiaire entre le /, le th et le tch : il en est de même 
du d par rapport au rf, au d" et au dj\ Comme le /, ce 
son existe en dhiolof et en kéguem et dénote une in- 
fluence nègre sur certains dialectes berbères. 

On le rencontre dans hîs dialectes du Touat, du Gou- 
rara et du Zénaga où il correspond à un d' ou à un rf des 
autres dialectes. 

Gourara : ameddoukel Jfjjul, ami = Chaouia : amed'- 
d'okel JSjuI; Aouelimmiden : ameddoukel ll-;ni]; 0. 
Rir', Ouargla : amdoukel JîjjuI; Chaouia, Djerba : 



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20 ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

ameddoukal jlSiJul; B. Menacer : ameààoukel JîiJul; 
Dj. Nefousa, K cour, B. Iznacen, Zouaoua, B. H'alima, 
Ouarsenis, Harakta : ameààakoul JjSjuI ; Bougie : 
amàakkolj Jîjul; A. Khalfoun : amàiakkoul ^fj^\\ Tem- 
saman, Guélâia : ameàAoukr /^jJ ; Bot'ioua d'Arzeu : 
ameààouker jT^juI; Mzab : amàoutchel J^^^jul. 

Touat : imenài^ c^jcif , céréales = B. Iznacen, B. Me- 
nacer, Mzab : i?nendi isx^j céréales; Ouargla : imendi 
isXs] Syouah : imendi i^j:s^ grain. 

Zénaga : ararfid -45.^1, escargot. 

§ 10. — Ce ^ devient souvent un dj dans les dia- 
lectes que je viens de citer ; ce dernier son se ren- 
contre fréquemment ailleurs. On le trouve en Zénaga : 
tid^igoun ôj^^j demain; Chelh'a : agedjdi ^^jJ^ ^ poutre; 
Touat (Tementit) : ^dj ^l, faire; Gourara : lar'end]a 
Ift*, cuiller; Doubdou : ed] ^l, faire; Bif (Guélâia) : id]en 
^, un; (Bot'ioua) : ar'rad] ^i>l, escargot; (Temsaman) : 
djouzar' £lji>-, j'ai faim; (B. Ouriar'en) : ad^dir jj^\, 
rocher; (Kibdana) : azd^if^^u^J^ tête; B. Iznacen : d^arf 
v^^, corbeau; Bot'ioua d'Arzeu : iedji ^<^ fille; B. 
H'alima : ad^thi ^\^ haik; K'çour : adîyiref k^}^\^ cor- 
beau; Haraoua : thar'end]aith iloUS*^*, cuiller; B. Mena- 
cer : ad] ^1, laisser; Mzab : ^dj(?/z^i, ourler; A. Khal- 
foun : ed] ^1, laisser ; Zouaoua : thoud]ith ^Jj abandon ; 
Bougie : aà]ah'moum f^^^^\ merle; Chaouia : dj^^r jW, 
entre; 0. Rir' : d]al jL, jurer ; Djerid : tar' end]it c.^ ^ 
cuiller; Dj. Nefousa : tend]iftCA^^ mariage ; Ghdamès : 
^dj2 <^i, laisser ; Ghat : ad]emer OUI, agneau ; Ahaggar : 
d]ellet +111, abattre; Sergou : ard]az ttIO, homme; 
Syouah : «dj ^1, laisser. 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 21 

Le dj du Zéaaga, du Touat et de Ghdamès corres- 
pond au d et au d d'autres dialectes. 

Tementit : ouggiàj ^, homme; Zénaga : edj ^., 
homme = Zouaoua : irmïanen J\Mj gens; K'çour : iàou 
jj., gens; Dj. Nefousa et Chaouia : iouàan o'^j», gens; 
Aouelimmiden : ameàen iriD, gens. A Timimoun, ce 
dj est remplacé par un / : ouggii^ homme. 

Tementit : saraà] ^^^ laver = Zouaoua : sireà! 3>. ; 
Bougie : sii^eA ùj^., laver. 

Ghdamès : ^djer ^, descendre = Zénaga, B. Me- 
nacer, Zouaoua : aà'er jil, descendre ; Ouargla : aàer 
jjI, s'enfoncer; Ahaggar : aàer Ofl, rabaisser; ce d' 
est devenu un dh à TO. Rir' : aàher ^cA^ descendre; et 
un /' à Bougie : aVer ^l, descendre. 

§ H . — Le dh^ qui est au d et au d' ce que le f est 
au tei au th^ existe en Zénaga : eàhs^\j rire; Chelh'a : 
eàhzi (Sj^K blâmer ; Touat : iaziàh j^jb, coq ; Rif (Gué- 
lâia) : dhadh j^':^, doigt ; (Kibdana) : edh jai-, nuit ; (B. 
Ouriar'en, Temsaman et Bot'ioua) : tàhmaren oA^i? 
poitrine; B. Iznacen : asemmiàh j»-^i, froid; Bot'ioua 
d'Arzeu : adhar jUl, pied; B. H'ahma : aouàh ^j^^ji, 
arriver; K'çour : ^dh.ç ^^l, rire ; Ouarsenis : dhar jU^, 
pied ; Haraoua : ak'choudh j^^^l, bois ; B. Menacer : 
aâhou ^1, vent ; Mzab : aoudha U^y, chute ; A. Khal- 
foun : thaàhoul* J»j-u;, laine; Zouaoua : adhen j^l, être 
malade ; Bougie : soudh J^y., souffler ; Harakta : dh«r 
jU^, pied ; Chaouia : amo^in ôi^l, malade ; 0. Rir' : 
«rdhttdh J^\:m>j\, turban ; Ouargla : «dhow ^l, vent ; Dje- 
rid : eV'owdha/? o^>^7 doigts ; Djerba : maà^^oun o>^, 
malade; Dj. Nefousa : %ezà\\^of ^^j^^ noircir; Ghdamès : 



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22 ÉTUDES SUR LES DIAI ECTES BERBÈRES 

adhouy^^, vent ; Ghat : iaàhoui ;3^, gerboise ; Ahaggar : 
ouàhan 13, perdre; Aouelimmiden : ikaraàhen BO-:; 
Tibbous ; Syouah : edhs ,^1, rire. 

Le dh suivi d'un t se contracte en t\ Ex. : Ahaggar : 
abaradh 300, jeune homme, fém. tabarcôC 30©+, 
pour tahara$\A^ jeune fille. 

Ejl Zouaoua, on trouve dans la même racine la per- 
mutation du dh et du { . Ex. : er^el : j;->ji prêter, 
arVal jU^ji, prêt. Ce dh est devenu d en Chelh'a : eràel 
joS prêter. 

Il en est de même au Mzab : souVedh j^y^^^ allaiter; 
asoudheàh^ j»^^-'? allaitement. 

Chez les B. Menacer, c'est le dh et le d' qui s'é- 
changent : adhou yA et ad' ou p, vent. 

A Ouargla, ce changement a lieu pour le dh et le d. 
Ex. : mad\wun j^^ et madoun j^jlm^ malade. 

Le dh de certains dialectes est remplacé dans d'autres 
par un /'. Ex. : 

1"* Zouaoua : amoudhin o^^\j malade; Chaouia : 
amodhin oj^' ; Djerba : madhoun Oi-^» = Djerid : 
amôuVin o^j*\^ malade. 

2'' Ahaggar : tidhidhin 133+ , femmes = Aoudjila : 
taVouVa\}9^^ femme. 

3^ Zouaoua, Ouargla, Chelh'a : adhen ^l, être ma- 
lade = Dj. Nefousa : aVen |;^l ; Syouah : afin ^:^l. 

4^ Chelh'a, Mzab, A. Khalfoun, Zouaoua, Ouargla, 
Ghdamès : adhou y^l, vent; Ahaggar, Ghat, Aouelim- 
miden : adhou :3, vent = Bougie : aVou ^l ; Sergou : 
at'ou 13 

5"* Chelh'a, Temsaman, Bot'ioua d'Arzeu, Ait Khal- 
foiin, Zou€|-ou?^^ Cl}^ouia ; adhar^ yU, pied; Ouaysenis^ 



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ÉTUDKS SUR LES DIALECTES BERBÈRES 2â 

Haraoua, Mzab, Harakta, 0. Rir' : àhar jV^^ pied = 
Aoudjila : oi'ar jlLl, pied. 

Ce /' s'est adouci en / en Sergou : aiar 0+, pied. 

Le dh des dialectes cités plus haut s'adoucit : 
En d\ Ex. : 

i'' B. H'alinia, Ouarsenis, Haraoua : adiou yj, vent. 

5^ Bot'ioua, Zénaga : adiar p\, pied ; Kel Oui : aà'ar 
Ol 
Ou en d : 

Zénaga : iouàan ^\^yj malade. 

K'çour, Gourara : aàou 3^1, vent; Kel Oui, aàou :n 

Ouargla, Djerba : àar jb, pied; Ghdamès : aàar jiji 
pied; Ghat, Ahaggar, Aouelimmiden : aàar On, pied. 

Ahaggar : tiàhiàhin '33+, femmes =: Ghat : tsiou- 
àoiiàin inn:+ ; Kel Oui : tidouàin inn+ 

Ce dh est devenu un z en Guélâia : iza?' Jy^ pied. 

§ 12. — L7 existe dans tous les dialectes berbères, 
mais rarement dans ceux où, dans certains cas, il s'est 
modifié, comme nous le verrons plus loin, en rf, en df 
ou en r. 

On le trouve en Zénaga : toueWid' jJJ^ chèvre; 
Chelh'a : tidit cJl*^, fiancée ; Taroudant : azzel jjl, cou- 
rir; Touat (Tiattaft) : tenzelt jJj;;, œuf; (Tementit) : 
a\em ^1, chameau; (Timisakht) : al/ jl, monter; Gou- 
rara (Badrian) : iWa X^ il était; Doubdou : eroueX j^j, 
fuir; Rif (Guélâia) : alr'em iJl, chameau; B. Iznacen : 
thasMt CJLJ, fiancée ; B. H'alima : isM J*^, fiancé ; 
K'çour : ar'ii J*^(, bras; Ouarsenis : as\i JJ, fiancé; 
Haraoua : thamé\[a\t z^y^^ œuf; B. Menacer : «r'h* jèi, 
bras; Msjab : ir'e\\é[ gju., paille longue j A, Khalfouu ; 



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24 ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

ak'elouach crl^l, bouc; Zouaoua : mouzerel ô^j^j être 
tiède; Bougie : thaWestk »iwJb', ténèbres; Harakta : amed- 
dakoul j/ju(, ami; Chaouia : rVl JJ^, bras; 0. Rir' : 
oui j3, cœur ; Ouargla : iaMouz j^., aflamé ; Pjerid : 
ar'ioul j^l, âne; Djerba : ezzaler' ^iji, bouc; Dj. Ne- 
fousa : tsiXout Cj^:^ fiancée; Ghdamès : ar'i\ J^i, bras; 
Ghat \ hotAal lllli, onagre; Ahaggar : tihaM -111+, bre- 
bis; Sergou : e\is ©il, langue; Aouelimmiden : tihaVia- 
ouin i:ilj+, brebis; Kel Oui : aies ©II, homme; Aou- 
djila : ou\ jj, cœur; Syouah : eXr'oum^ fyà\^ chameau. 

L7 du Zouaoua et de tous les autres dialectes, moins 
le Zénaga, devient un r en Rifain et en Bot'ioua d'Arzeu. 

Ex. : 1° Zouaoua : d^oukeX Jî^i, être joint; Ahaggar : 
eddekel ll-:n; A. Khalfoun : d'oukeX Jfji, être rassem- 
blé = Temsaman : doukav jS^^, se réimir. 

2"* B. Menacer : ameddoukeX JTJji-S ami; Aouelimmi- 
den : ameddoukel ll*;ni], ami; Chelh'a : amdoke\J^ji»\; 
Ouargla : amdoiikel Jî^J^i ; Chaouia et Djerba : amed- 
doukaX jlT^jui ; Gourara : ameddoukel Jî^-j^-ï ; Mzab : am- 
doutcheX J>.jjul = Bot'ioua d'Arzeu : ameddouker jfjjui; 
Rif (Guélâia) : ameddoukv jJiJui. 

3"* K'çour, Ouargla, Ghdamès : arHl JJîI, bras — 
Rif (Kibdana) : ariv jv^t, bras. 

4'' Mzab, Chaouia : r'il, JJ^, bras = Rif (Bot'ioua) : 
r'/r j^. 

5^ Chelh'a, Gourara, B. Iznacen, B. H'ahma, K cour, 
Ouarsenis, Haraoua, B. Menacer, Mzab, A. Khalfoun, 
Zouaoua, Bougie, Harakta, 0. Rir', Ouargla, Djerid, 
Djerba, Aoudjila : oui J3, cœur ; Ahaggar, Kel Oui : 
oui 11: = Rif (B. Ouriar'en, Bot'ioua, Kibdana, Guélâia, 
Temsaman) : our jy 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 25 

Cette transformation de 17 en r se trouve dans le 
nom d'une tribu de l'O. Sahel, les Aïth Ourthi/an qu'on 
appelle aussi Aïth Ourthiran; et quelquefois aussi, mais 
rarement, en Zouaoua et à Bougie. Ex. : Zouaoua : thifi- 
vellest c^J^j^} ; Bougie : thifivellesth ^l^j^, hirondelle 1= 
Timimoun : thafilHMst ^>alU; ; B. Menacer : thafellist 
c*^i^\ Zénaga : taflMch j:J^\ Gourara (Tementit et 
Badrian). : tiflûicht cjuU«:, hirondelle. 

L7 de presque tous les dialectes devient aussi un d 
en Bifain : c'est ce qui explique comment il est repré- 
senté en Zénaga par un dj ou un tch. Ex. : 

1^ Zénaga : ouà 33 et ouà] jrj, cœur. Au pluriel, la 
consonne / étant redoublée a reparu : eWoun ^^l, 
cœurs. 

2"" Chelh'a, K'çour, A. Khalfoun, Zouaoua, Harakta, 
0. Bir\ Djerba, Ghdamès : \az j^, faim, B. Iznacen : 
eMaz j^l, avoir faim ; Gourara, Ouargla, Chaouia : eWouz 
j^l, avoir faim ; B. Menacer, Mzab : \ouz j^, faim = Bif 
(Bot'ioua, Guélâia, B. Ouriar'en) : àouz j^^, avoir faim. 

2"* Gourara, Kibdana, B. Iznacen, B. H'alima, Ouar- 
senis, Haraoua, B. Menacer, Mzab, A. Khalfoim, Zoua- 
oua, Bougie, Chaouia, Djerid, Syouah : amellal jXi, 
blanc = Guélâia : ameàdad Jjui. 

En Zénaga 17 redoublé s'est maintenu : moWidj 
^, être blanc, pi. mollidîen ^^. Cf. le Zouaoua : 
meWoul jj^. 

Zénaga : agoullech fjJ/'\ et aqiàech lA-j^'? multiplier. 

Ce changement d7 en rf, d\ dh^ pour rare qu'il soit, 
se rencontre cependant quelquefois dans les autres 
dialectes. Ex. : Zouaoua : éWi Jl, ouvrir = Bougie : 
çlài (/jLîl, 



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26 ÉTUDES SUR LES DIALECTES BEUBÊRES 

Nous trouvons d'ailleurs en Zouaoua les raots thi- 
k'ouchedhin à^t^yi et thik'ouchiaiS\\ J>\jt^^^ fascines, 
plur. de thik'oucheV ^t»yi (mis pour thik'oucheàhWx) 
à côté de la forme thak'chaXt CJ':ui;, menu bois, et 
thak'choualt vUly»*, pi. thik'chouaMn ùà\^^, paniers, 
diminutif à'ak'choual ji>i.îl, pi. ik'chouaXen ^l>iÂ. 

A cet / et à ce dh du Zouaoua, correspond un dt dans 
les dialectes suivants : Temsaman, B. Ouriar'en, Gué- 
lâia : ek'choudien ô^y^i, bois; B. H alima : iKchouA^en 
^j^LÂ, bois ; K'çour : ak'chià'an Jij^\ ; B. Menacer : 
iak'choudien a^^^, bois. 

Un dh : Chelh'a, A. Khalfoun, Haraoua : ak'chouàh. 
J^j^U l>ois. 

Un f : Bougie : ak'chouaV JUl^isl, bois, pi. ik'choua^ 
t'en ^\j^. 

Et un d en Zénaga : ichechougàen ^^0^^.* ^^ 9 P^^" 
vient du redoublement de Vou^ et, par euphonie, le Ar' 
est devenu ch. 

Dans quelques dialectes du Rif on trouve déjà le dj 
(pour 17) : Chelh'a, Mzab, Zouaoua, B. Menacer, 0. 
Rir\ Dj. Nefousa : iWi J*, fille; Ahaggar : iWi -II, fille; 
Ghat : eWi -IJ, fille; Bougie : i\\ J*, fille = Guélâia, B. 
Ouriar'en : iàài t^j* = Temsaman : ià]i j<^\ Bot'ioua 
d'Arzeu : ieà^i ^y*î, fille. 

On rencontre aussi le dj et le/ pour 17 en Zouaoua et 
chez les A. Khalfoun. Ex. : Ahaggar : g'e/ IIX, partir = 
A. Khalfoun : eggou] j/i, partir; Zouaoua : aged] £\^ 
partir; cf. en Zouaoua : eglou ^1, s'en aller. 

En Zénaga, lorsque le dj n'est pas suivi d'une 
voyelle, il se prononce tch. Ex. : derr'oich ^jj, aveu- 
gle; amedoiiketch S^x^^ ami, ni. imedoukaà]en i^^^-^^^ 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 27 

Quelquefois 17 reparaît : Zénaga : thamdouke\ts cX^^l 
amie. 

§ 13. — LV existe dans tous les dialectes : Zénaga : 
ivchigi J^j^, tortue ; Guanche : chevko !J^, soulier ; 
Chelh'a : ^rr j\ rendre ; Taroudant : avgaz jl^ji, homme; 
Touat : tjrziisjj, cassure; Gourara : avgaz je' J, homme; 
Doubdou : evouel jjji, s'enfuir; Rif (Guélâia) : tard' en 
^iy, blé; (Temsaman) : ouv j^, cœur; (Bot'ioua) : r'ir jp, 
bras; (B. Ouriar'en) : ouzzer jj^^ fer; (Kibdana) : iref 
cjy, sanglier; B. Iznacen : evchel J^ji, se marier; Bo- 
t'ioua d'Arzeu : ajavthir jvîjjl, natte ; Bel H'alima : ^r^ 
^ji, descendre; K'çour : evzem ^.jjt, ouvrir; Ouarsenis : 
thamavth CjjM^ barbe; Haraoua : ariaz jLji, homme; B. 
Menacer : ived jy, revêtir; Mzab : vav jij, jouer; A. 
Khalfoun : sived' ijw, laver; Zouaoua : thava \Jj vigne; 
Bougie : avez jj, lier; Harakta : aoussav jUji, vieux; 
Chaouia : thvikt cSiJ^ selle ; 0. Rir' : taiouvt Cjj^:^ 
marche ; Ouargla : tavfa ity, bâton ; Djerid : aoussav 
JU3I, être vieux ; Djerba : avz jji, chercher ; Dj. Nefousa : 
evkh ^jl, affluer; Ghdamès : thadjemavt Cjjl^^ jument; 
Ghat : ouochévan I03, vieux; Ahaggar : evgech 3TO, 
marcher; Sergou : avdjez ttIO, homme; Aouelimmi- 
den : abaveka •• *00^ chemin; Kel Oui : havet +Oi, chose ; 
Aoudjila : ar'mav ji>i, cheval; Syouah : eniv jOl, front. 

§ 14. — L'^ existe, de même que IV, dans tous les 
dialectes berbères : dans quelques-uns il devient quel- 
quefois un ch. 

Ex. : Zénaga : ke?> ^, paître ; Chelh'a : thlit cJu^'j 
îjancéo; Taroudant ; an^erif^^^\^ haïk; Touat (Teinen- 



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n ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

tit) : sâfOî/^U, boire; (Timisakhi) : ouddht c^j^, ventre; 
(Tiattaft) : ^en ^, deux : Gourara (Badrian) : ahoum 
^y^\y viande ; (Timimoun) : thidnan ô^j^^ femmes ; 
Doubdou : hr'aren âJ^y bois; Rif (Guélâia) : ih ^^, 
cheval; (Temsaman) : thasa LJ, foie; (B. Ouriar'en) : 
thimsi ^, feu ; (Bot'iona) : thouour^ira \j^jy, hyène ; 
fKibdana) : a^koum j^jCl, asperge; B. Iznacen : thhar 
jLJ, dents molaires; Botioua d'Arzeu : nV/se ^, héris- 
son; B. H'alima : afouna% ^^\, bœuf; K'çour : tarka^t 
^J^J, chaussure; Ouarsenis : ir'es fjju, os; Haraoua : 
thir'me^t j»>..;?, dent incisive ; B. Menacer, thhoui c^^, 
boisson; Mzab : afouna% cl•^'^^ bœuf; A. Khalfoun : 
notissar jU^l, ancien; Zouaoua : thakehhou%th c^yS:^ 
lïouton de fleur; Bougie : sousem ^^, se taire; Ha- 
rakta : abeggas ^^\, arc-en-ciel; Chaouia : Ihesrafth 
J^iiywj, caverne; 0. Rir' : aoussar jUy, mari; Ouargla : 
asernmam ^U.1, aigre; Djerid : tameksa Uî% courge; 
Dj. Nefousa : ass^r' ^i, puits; Ghdamès : sen ^, 
savoir; Ghat : hettafen l][+0, nègre; Ahaggar : 
amma^ OD, centre; Sergou : tesints +IO+, sel; Aou- 
elimmiden : tas ©+, vache; KelOui : assam DO, éclair; 
Syouah : iafous cr^^l»? chat. 

Us du Zouaoua et des autres dialectes correspond à 
un ch en Zénaga. Ex. : 

{"" Zouaoua, Bougie, A. Khalfoun : anieksa IXI, ber- 
ger z=i Zénaga ; amekchi ^^\. 

2'' Chelh a, Gourara, Touat, Guélâia, Bot'ioua, Tem- 
saman, B. Menacer, Mzab, Ouargla, Dj. Nefousa : us 
^., cheval; Chelh'a, B. Iznacen, B, H'alima, K cour : 
ais j^l ; Ghat, Ahaggar, Aouelimmiden, Kel Oui : ais 
0^, cheval = Zénaga : 2ch/ ^^. 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 29 

Cette règle souffre quelques exceptions : Zénaga : 
essen ^l, savoir, comme dans les autres dialectes. 

Le Guanche de la Grande Canarie paraît avoir éga- 
lement remplacé Vs par ch : tihachan o^W? moutons. 
Ce mot appartient à la racine qui a donné en Zouaoua : 
thikh^i ^^, brebis. Le kh est devenu A, à moins que 
cette dernière lettre n'ait été employée par les Espa- 
gnols pour représenter la gutturale kh. Dans ce cas la 
forme exacte serait tikhachen venant d'un singulier 
tikhchi. Cf. en Zénaga : tekchi ^, chèvre, pi. takchan. 

Le changement de s en ch di lieu assez souvent dans 
le dialecte de Ghat. 

Ex. : Mzab, Zouaoua, Harakta, Ouargla, Djerid : 
aoussar jUy, vieux; 0. Rir' : aoussar jU^i, mari; B. 
Menacer, Bougie, Djerba : aousser ^^i, mari — Ghat : 
zouchcheren I03^, vieux. 

D'autres dialectes présentent le même phénomène, 
mais àl'état d'exception. Ex. : Bot'ioua : thachoui c^^*, 
foie = Zouaoua, B. Menacer, Bougie : tàasa U;, foie; 
Mzab : tasa Lj ; Ouargla : tesa Us. 

Djerid : ikachkach erK^iî^, branches = Aouelimmiden : 
ikaskesan IO-;0-;, flèches. 

Gourara (Badrian) : tiflilicht CmuIU, hirondelle = 
Gourara (Timimoun), Touat (Tementit) : tafillilist 

L'^ de la plupart des dialectes devient quelquefois un 
z à Syouah. Ex. : Zouaoua : thhegnith ^Jz^^ aiguille ; 
Bougie : ihhsegnith sLjSLj; Zénaga : tsotignat »ll$^, 
aiguille (cf. echchigni ^1, alêne) = Syouah : tizegnit 
cJ^'j, aiguille. 

Ce son z se substitue à Vs par euphonie lorsque le 



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30 ETUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

mot renferme déjà un ;2. Ex. : Zouaoua : zenz -Jj, 
vendre, pour senz. 

§ 15. — Le ç [^J^) est excessivement rare en berbère 
oii il ne paraît pas avoir existé à Torigine. En dehors 
des mots empruntés à l'arabe, on le rencontre quelque- 
fois en Zouaoua : çibous u^^^, roitelet; Bougie : aqel- 
bond g^^i, chauve; Mzab : dheq j**^, rire; 0. Rir' : eç 
^1, rire. Dans ce dernier cas, il provient du renforce- 
ment de Vs par l'influence du dh. 

§ 16. — Le ch existe en Zénaga : amekchi, berger; 
Guanche de Ténériff'e : achaman ô^^ ^î^l; Chelha : 
amchich ^jiJiu^l, chat; Taroudant : amadichou j^\^ chat; 
Touat (Timisakht) ; ouch ^^j, donner; (Tementit) : owch- 
chen^^, chacal; (Tiatlaft) : toutouch J'Jy^ nourriture; 
Gaurara (Badrian) : tiflilicht iiJuUU;, hirondelle ; (Timi- 
moun) : akah'bouch J^^S^^ figue; Doubdou : adllouQ\i 
jji^t, mouton ; Rif (Temsaman) : tharHecht c^^ frêne ; 
(Guélâia) : thioueha^ha b^*, demain; (Kibdana) : ouoh ^r^, 
donner; (Bot'ioua) : owchcha bj, lévrier; (B. Ouriar'en) : 
aoïiehsar jL^y, vieux; B. Iznacen : mhouohouen Oi^i^., 
poulets; Bot'ioua d'Arzeu : thi^'anchet cjOi;, grand sac; 
B. H'âlima : achch(?r j^\, ongle ; K cour : eûitc^\, jeter; 
Ouarsenis : tichetfet c.«iiJ, fourmi ; Haraoua : ifcher 
yOîi, tortue ; B. Menacer : iak'choud'en o^>^.^ ^^^^ î 
Mzab : tourchimt c^jy^ datte commençant à mûrir; 
A. Khalfoim : «cham^^r jL^l, barbe; Zouaoua : achow- 
ehef t^^l, bain; Bougie : e\iat' Jtb-, être abondant; 
Harakta : owchch^n ^j, chacal; Chaouia : /eVch/ ju^", 
une; 0. Rir' : ouq\x ^^^ donner; Ouargla : n^ch jtj, 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 31 

moi; Djerid : tichchert Oy^4J, œil; Djerba : chekkin 
(jfi^ toi; Dj. Nefousa : bouchil J^j», enfant; Ghdamès : 
chem ^, toi (fém.); Ghat : ichkaoua -MS, corne; 
Ahaggar : cheger' :T3, être rouge; Sergou : echen 13, 
dent; Aouelimmiden : echink -lia, couscouss; Kel Oui : 
tech?^'ar 0:3+/ arbre; AoudjiJa : ^chou :3, boire; 
Syouah : agerokoun ô^J\^ ânon. 

Le ch redoublé devient quelquefois tch en Zouaoua : 
^A:ch^m ^i, forme hab. keichem ^^pour *kedïchem. 

On a vu que, dans certains dialectes, le ch provient 
d'un s, sans doute par Tintermédiaire d'un s\ qui n'a 
pas survécu. Il provient aussi d'un k par adoucisse- 
ment : k, *k\ ch ; quelquefois même, il représente un h 
à la suite d'une permutation de cette lettre avec le z. On 
trouvera plus loin des exemples de ces transformations. 

§ 17. — Le z existe en Zénaga, mais rarement : 
rezoum ^^j^, ouvrir; Guanche de Palma : azoukahé 
•ITjjl, brun; Chelh'a : tirzi ^sy^j cours d'un fleuve; 
Taroudant : argaz jè'J, homme; Touat (Tiattaft) : tiazit 
sIujL:, poule; Gourara (Badrian) : zer jj, voir; Doub- 
dou : izem ^y, lion ; Rif (Guélâia) : ezzat oiji, devant ; 
(Bot'ioua) : azou jji, écorcher ; (Kibdana) : thazera \yj 
épi; (B. Ouriar'en) : douz j^j, avoir faim; (Temsaman) : 
ouzzer jj^^ fer; B. Iznacen : azouggar' ^If^ji, rouge; 
Bot'ioua d'Arzeu : amerzi (/j^-l, genévrier; B. H'alima : 
idf JSj^ cheveu; K'çour : ar\ ^i, creuser; Ouarsenis : 
aziza Ijrj', bleu; Haraoua : thizizoua \yj'j\ abeilles; B. 
Menacer : azil J^ji, chaleur; Mzab : i?^'za \yu, grotte; 
A. Khalfoun : zik aj, bientôt; Zouaoua : tharzafth 
:^jj^ cadeau; Bougie : amerzag v5lj^»l, amer; Harakta : 



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BS ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

aiMmadhi ^^iljl , à gauche ; Chaouia : argaz jlfji , 
homme; 0. Rir' : azzi ^sj^^ marmite; Ouargla : rVzz 
.^, mordre; Djerid : azelar' ^'iji, bouc; Djerba : azoug- 
gar' ^Ifjjl, rouge; Dj. Nefousa : zerzei^ jjjj^ gazelle; 
Ghdamès : azaou ^Ijl, cheveu; Ghat : azebib mmtt, 
arbre; Ahaggar : inezzaii IttI, achat; Sergou : ardjez 
ttTO^ homme; Aouelimmiden : azik -Itt, traire; Kel 
Oui : tmoli -11»+, fer; Syouah : tizegnit CJiiy, aiguille. 

Le z est quelquefois remplacé par un s. 

Ouargla : timediaz jbjLc, ciseaux = Mzab : timedtas 

Zouaoua : azeffa U^ji, tissage = Mzab et 0. Rir' : 
mefta \iij^ métier à tisser. 

C^est ce qui expUque comment en Zénaga on ren- 
contre la confusion du z et du ch. Ex. : arzjj, être brisé 
ot erû\ ijiji, se briser (Zouaoua, Ouargla, Mzab, K'çour, 
Bougie : erz jji, être brisé). 

Dj, Nefousa : zodhfî ^sc^j, couleur noire ; Syouah : 
aiettaf ^Jl>j\, bleu = Ahaggar : aseVVaf ][30, noir; 
Djerba ; aseVVaf : Jd^\^ noir ; Ghat : heffafen |][30, 
noir- Cet s est devenu ch à Aoudjila : echfaf ^\i^\^ 
noir. 

Le z est aussi remplacé quelquefois par un d. 

Ex. : Ait Khalfoun, Zouaoua, Bougie : azekka ISji, 
demain; Ghdamès : azaka^j\, demain, appartenant à la 
raciue Z K qui a donné zik aj, bientôt, en Harakta et 
chez les Aït Khalfoun; B. Menacer : zhy de bonne 
heure ; Ahaggar : zik • ;tt, bientôt = aàetcha LJ, demain, 
en Chaouia. 

Ce z est devenu ch en Aouelimmiden : achikke -IS, 
demain . 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 33 

En Zouaoua, lorsque le z est suivi de la dentale rf, il 
se l'assimile : Zouaoua : ezzer jji, couler bas = Bougie : 
ezd^r jjji; Zouaoua : ezzi ^sj^y tourner = Mzab : ezàou^ 

C'est par l'intermédiaire d'un d devenu dj que le z 
correspond au dj du Zénaga : Ex. ; B. Menacer : zour^ 
g^5j, traîner; Zouaoua et Bougie : zourerj^^j — Zénaga: 
A]ow'^d ù ^^. 

On trouve quelquefois, mais très rarement, dans les 
autres dialectes, le changement du z en ch. Ainsi de la 
racine Z G qui a donné en Zouaoua thizgoiia \/'J, bran- 
ches, et à rOuarsenis : thez^i ^J, forêt, sont dérivés : à 
Bougie, iohig dC^^ branche, pi. ichigan JC^/y chez les 
Ait Khalfoun : acheg s^\. 

On rencontre en Zénaga un th à la place du z d'autres 
dialectes : Zouaoua : azidhan û^.j', doux ; Bougie : 
azidhan ô'-^JU Ahaggar : izzidan lAtt = Zénaga : 
aS\wudh J^y\^ doux. 

Le z des dialectes kabyles est souvent représenté en 
Touareg par un h. Ex. : 

Zouaoua : azal jij', midi ; Chclh'a : azal jijl, jour ; 
Syouah : azel J3I, jour = Ahaggar : dkel l'î, jour. 

Djerid, Djerba : ezzaler' iJljl, bouc; Syouah : zalek' 
^3Jlj = Ahaggar : àhoular' -Hj, bouc. 

Oiiargla : azeggar j^j\^ rouge == Ghat, Kel Oui : 
ahaggar OTj 

Gourara, Guélâia, Temsaman, B. H'alima, K'çour, 
Ouarsenis, Haraoua, B. Menacer, Mzab, A. Khalfoun, 
Zouaoua, Bougie, Chaouia, 0. Rir', Ouargla, Djerid : 
izi (S'x^ mouche ; Aouelimmiden : izi -tt ; Syouah : ezzi 
</jl, mouche = Ahaggar et Azger : ehi •: 



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32 ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

aielmadhi ^ujl , à gauche ; Chaouia : argo 
homme; 0. Bir' : azzi ^ji, marmite ; Ouargl; 
;*, mordre; Djerid : azelar' jVji, bouc; Djerb, 
gar' ^ITjji, rouge; Dj. Nefousa : zerzer y^y 
Ghdamès : amou ,iji, cheveu; Ghat : aze 
arbre; Ahaggar : ineuan Itti, achat; Serg 
ttIO, homme; Aouelimmiden : azik •:«, 
Oui : tezoli .|ltt+, fer; Syouah : thegnit ^' 
Le z est quelquefois remplacé par un s 
Ouargla : timediaz jijoc, ciseaux = lil 

Zouaoua : aieffa itji, tissage = M 
meft'a lk-,i, métier à tisser. 

C'est ce qui explique comment en 
contre la confusion du z et du ch. Ex. 
ot «•/•oh oiji, se briser (Zouaoua, Ouai 
Bougie : et-z jji, tMre brisé). 

Hj. Nefousa : zorf^/? ^^j, coule 
(Ttcttaf oU»jl, bleu = Ahaggar : 
Djorba : cr^rlt «/* : ju^i, noir ; Gl 
noir. Cet * est devenu ch à Ao ' 

noir. 

Le 5 est aussi ivmplacé quel 

Kx. : Ait Khalfoun, Zouaon 
demain; (îhdamos : ««rtXy?rji, 
raoiuo Z K qui a louué zik : 
rltoi lis Ait Khairuiiu; 11 
hotuv; Vhai;iïHr : «k •;|$^ t 
ou r.li{)tmia. 

»'c j l'st (i 
doiuaiii 



.a- 



ni3, 



-sèdent pas le 

iir le 3, rq>ré- 

^s coosahés par 

\v eeax aaxquels 

kT. J'ai suivi la 

.i.T««a>ce n'a que 

t^<^irà» étant cons- 



+OAI+, dou- 




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xi.ECTESpERBÈRES 35 

!^: Kel Oui : om'em 
\ 1(* :; prend ce 

même dia- 

Lz'ar Ol+O, 

L : ezaret +Ott, 

,.Ott, argent. 
et tez7xg Ttt+, traire 

• ' le / et le â? par les intermé- 

i ansformés en tch et en dj\ que 

:^ laisser trace d'un intermédiaire^', 

i un z qui n'existe plus, a produit 

îriicoutre, soit original, soit dérivé, en Zé- 

y ^ji, àne ; (ihelh'a : tage]dit c^j^^ poutre ; 

:!it : a]edjig v:Sl>.ji, fleur; Touat : ta]ir]imtch 

. aloès ; Gourara : ti]aKfi ^yi^^, corbeau ; Rif 

. u'iaia) : i]iman ^\s:y^, cou ; Bot'ioua : ter]i]i isyjj, 

.t'inbler; (Kibdana) : ijedi (j^y^? sable; (B. Ouriar'en) : 

a\eddid ajji, roi; (Temsaman) : aioujir jjy\^ orphelin; 

B. Iziiacen : tha]ir]athin ûî'*'jy.>*î fièvre; Bot'ioua d'Ar- 

zen : tha]south ^j^^, passoire; B. H'alima : ajellid 

jjji, roi; K'çour : a]arroud .j^jji, courge; Ouarsenis : 

]arfi ^^jj^ corbeau; Haraoua : thar]a \jj, canal; B. 

Menacer : ar]ou] j^jji, cigale; Mzab : ezze] jji, traire; 

Zouaoua : «jaj/A' ^jji, flamme; Bougie : a]gou /ji, 

poutre; 0. Rir' : ter]in ^jj, braises; Ouargla : i]iouen 

oXji-' rassasié; Djerid : «mjer jyS^ faucille; Dj. Ne- 



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:ji ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

Ce z est devenu j en Zénaga : ip ijy. 

En touareg même les formes en z existent à côté de 
celles en h. 

Ex. : Ahaggar : ekez tt-I et ekahi •:•;, coq. 

Ahaggar : azzel lltt et càiel llj, courir. 

Ce z devient souvent un ch en Aouelimmiden : oehal 
|[3, courir. 

Ce changement du 2 en A devait exister dans le 
Giianche de la Grande Canarie : 

Ex. : Zouaoua et Bougie : thazarth^J^J^ figue; B. 
Ouriar'cn, B. H'alima, Haraoua : thazarth JJjiy, figuier; 
Guélâia, K cour : tazart ^Jy^ figue; Temsaman : thi- 
7Mrtk il^jiy, figuier; Chelli'a : tazarin ^jiy, figues; 
Touat : tazaICt c^iy, figuier = Ahaggar : dkar Oj, et 
ta\xart +Oj+, figuier ; Guanche de la Grande Canarie : 
(r/haren{emen) (^)îjl^-, figues. 

Comme exemples de permutation dans un même dia- 
lecte, on peut citer : 

Ahaggar : zound nitt, hound nij, chound (113, 
comme. 

Ahaggar : zik •:*!:, hik •;:, chik *:d, bientôt. 

§ 18, — Si les dialectes touaregs ne possèdent pas le 
d' (j), ils ont la lettre correspondante pour le z, repré- 
sonté par le sigae J P^r l^s Touaregs consultés par 
MM. Hanoteau et Krause, et par tt par ceux auxquels 
ont eu affaire MM. Duveyrier et Masqueray. J'ai suivi la 
première transcription, mais cette divergence n'a que 
peu dlriiportance, la transcription française étant cons- 
tante. 

Ce son existe en Ahaggar : tazidert +OAI+, dou- 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTESpERBÈRES 3o 

ceur; Ghat : az'louf ll\iX, mariage; Kel Oui : ouz'em 
Dl:, couleur; quelquefois en Zouaoua, le z prend ce 
son : z'ai c/ij, lourd. 

Le z et le z' permutent ensemble dans le même dia- 
lecte : Ahaggar : ez'z' ar Oj, précéder ; stez'z'ar Oj+O, 
d'abord, et izzaren lOtt, premier; Ghat : ezaret +Ott, 
d'abord. 

Ghat : azer ouf IIOX et mrouf'S.on, argent. 

Ahaggar : ez'z'eg Tj, traire et tezzeg Ttt+, traire 
habituellement. 

§ 19. — De même que le / et le â? par les intermé- 
diaires ^ et rf se sont transformés en tch et en dj\ que 
r^ est devenu ch^ sans laisser trace d'un intermédiaire^', 
de même le z par un z qui n'existe plus, a produit 
souvent un/. 

Ce son se rencontre, soit original, soit dérivé, en Zé- 
naga : a]idj ^ji, âne ; (^helh'a : tage]dit Co^jS;, poutre ; 
Taroudant : a]edjig crÇ^-j', fleur; Touat : ta\ir]imtch 
^j3j;, aloès ; Gourara : tiiaKfi j^^^^ corbeau ; Rif 
(Guélâia) : i\iman ^y^, cou ; Bot'ioua : ter\i\i isy^J, 
trembler; (Kibdana) : ijedi (S^y_, sable ; (B. Ouriar'en) : 
ajeddid a.)ji, roi; (Temsaman) : aiou]ir jj^j, orphelin; 
B. Iznacen : tha]ir\athin ù^^jjy, fièvre ; Bot'ioua d'Ar- 
zeu : tha]South ^j^y, passoire; B. H'aUma : a]ellid 
jjjl, roi; K'çour : a]arroud .j^jjl, courge; Ouarsenis : 
jar^ ^jj, corbeau; Haraoua : thar\a \jj, canal; B. 
Menacer : arjoi/j j^jji, cigale ; Mzab : ezze] jji, traire ; 
Zouaoua : ajaph' ^jji, flamme; Bougie : ojgou /ji, 
poutre; 0. Rir' : te/jin ôjj, braises; Ouargla : ijiouen 
ôXji^ rassasié; Djerid : «mjer j^l, faucille; Dj. Ne- 



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36 ETUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

fousa : ]edi ^s^i, sable; Ghat : i]ed m, âne; Aouelim- 
miden : toume]]in ŒD+, oreilles; Kel Oui : am]ar 
013, guerre. 

Il a été dit plus haut que le / représente souvent un 
z^ par l'intermédiaire d'un z [z') qui a disparu; c'est sur- 
tout en Zénaga qu'on en trouve des exemples. 

Zouaoua et Bougie : eddez jJ, piler; Zénaga : edde] 

Cbdh'a : azenkodh j^j^y gazelle; Aouelimmiden : 
aienkad n-;itt; Sergou : ezinkad A-IItt (cf. Ahaggar : 
ckenkadh a-rij, et Azger : ahankod n-:ii) = Zénaga : 
a]inkad' 3ls5jl. 

Tuuat, Mzab, A. Khalfoun, Bougie, Djerba : aiazidh 
j4i>j, coq; Zouaoua : aiezidh j^j\, coq; Temsaman : 
iezidk jxi'j, poulet: Ouargla : iazidh jajjl», coq; Kib- 
dana^ Guélâia, Temsaman, B. ffalima, B. Menacer, 
Djc?rid : iazif i^jb, coq; Bougie : aiezit' iiiy\j coq\ 
K cour, Chaouia, Djerba : iazit ti^ji, coq; Ahaggar : 
eiid/f 3tt = Zénaga : aouapudh (>^jiy, coq. 

Cette transformation, très fréquente en Zénaga, a 
lieu plus rarement dans d'autres dialectes : 

B, Menacer, Harakta, Aoudjila : azrfarf jbji, maigre; 
Mzab : azeddad Jjjl = Bot'ioua d'Arzeu : d^d'ad* iiiji. 
En Zénaga, le z est devenu ch : chedid j»j^j maigreur. 

Syouah : ezef Jtji, âne (forme plus ancienne *izedh 
comme le montre le féminin tizet' s>js pour *tizedht et 
TAliaggar ahedh 3\). Le z est devenu un j\ Zouaoua : 
i\edh (j^^ji, âne; Ait Khalfoun : i]]edhj^y^. Avec transfor- 
mation du dh en dj par l'intermédiaire d un d puis d'un 
d\ Zénaga : a]idj ^jt, âne, pi. oudjijen ^^3. Le dj 
final est devenu un g sous l'influence du t du féminin : 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 37 

Zénaga : tajjig dÇj;, ânesse pour *tajjidjt. Dans un 
dérivé de la même racine le premier j s'est durci : 
Zénaga : i^ià]i ^yS., ânon, f. te^ià^it *:j^. En Aoue- 
limmiden, il est devenu un ch : echedh 33, àne. Le 
Zouaoua et le dialecte des Aït Khalfoun nous offrent, 
dans un dérivé de cette racine, l'introduction, inexpli- 
pliquée d'ailleurs, d'im A'; ajKiK ^ji, ânon. 

On trouve en Zouaoua le / employé pour le r' : 
irrij j,^, braise, dérivé de la racine R R' indiquant 
ridée de brûler. Ce / qui existe aussi à TO. Rir' et 
chez les R. Menacer [ter\in ^jy, braises), correspond 
à un ^ en Zénaga : tir^in c^", et à Rougie : thir- 
^ith iSJ, charbon. 

Le j et le dj permutent souvent dans le même dia- 
lecte : 

Mzab : tabeA]na u^^ et tabe]na UjJ, tête. 

Zouaoua : ^dj ^l et ^jj jl, laisser. 

Ouargla : tià] ^ et ti] jJ, laisser (forme habituelle). 

Zénaga : aà]mandar j\x^\ et ieynandar jtjLi.ji, beau. 

Taroudant : aà.\edjig 3^\ et a\edjig i5l>.ji, fleur. 

§ 20. — L'w existe en Zénaga : anouf i^jll, arc; 
Guanche de Ténériff'e : achawo ^W, année; Chelh'a : 
essen ^l, savoir; Taroudant : zound jJ^j, comme; 
Touat (Tiat't'aft) : fenzelt cAjS^ œuf; (Tementit) : ouch- 
chen ^3, chacal; (Timisakht) : nichnin j^u^, nous; Gou- 
rara (Timimoun) : tijexmaou ^Uj;, air; (Radrian) : iggen 
^, un; Doubdou : ^n^ ^l, passer la nuit; Rif (Guélâiâ) : 
ar'raxi J>I, chameau; (Rot'ioua) : thini ^*, dattes; 
(Kibdana) : thaniarth ^J^^ front; (Temsaman) : asar- 
d'oun ^^j^\ mulet; (R, Ouriar'en) : annouk'ord' '^Jy\j 



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SI ÉTUDES SLR LES DIALECTES BERBÈRES 

argent; B. Iznacen : afounds u^^}, bœuf; Bot'ioua 
d*Arzeu : imendi (jXs, seraence; B. H'alima : thimzin 
^j^% orge; K'çour : azen oji, mander; Ouarseuis : anouji 
^}y\, hôte : Haraoua : aneggarou ^J^\, dernier; B. Mena- 
cer : tinzei^ yjj, scarabée; Mzab : ernoii JJ, accroître; 
A. Khalfoun : thinzerth il»j>% narine; Zouaoua : noumer 
^y^ être têtu ; Bougie : ^n^ yi, être vendu ; Harakta : 
aklcea ^i, lier; (Ihaouia : thmi ^', datte; 0. Rir' : 
aneggaron jjél, dernier; Ouargla : nour' ^y, maltraiter : 
Djcrid : ieusi ^, hérisson; Djerba : adhen ^l, être 
malade; Dj. Nefousa : erhi Jji, accroître; Ghdamès : 
anou ^1, égorger; Ghat : iheuga -Tlj, ennemi; Ahag- 
gar : arekkoitn l-;o, bât d'âne; Sergou : anou :i, puits; 
Aoiielimmiden : amnis 011], chameau de charge ; Kel Oui : 
euer' ;|, lion; Aoudjila : afounas ci*^'^', bœuf; Syouah : 
tenzart Cjyj^^ nez. 

Vu permute quelquefois avec Vm. 

Zoimoua : endi c/at, tendre un piège = Bougie : 
emdi i^jui. 

Aoudjila : ar'zin g^^l, chien =: Djerba : ar'zim ^^\. 

K'çour, B. Menacer, Mzab : erzem. ^jjl, ouvrir; 
Chelh'a : rezem ^jj = Syouah : arzia jrjji. 

Zénaga : ienoua i^, mûr; Ghdamès : ^^n ^, faire 
cuire ; Chaouia : senou y^, faire cuire ; Chelh'a : iwu 
y^ être mûr = Ouargla : imou ^c , cuit ; sam ^L et simou 
jc-, faire cuire ; Syouah : ^^m ^, faire cuire. 

Chelh'a, B. Jznacen, Zouaoua, Djerid : anza?^ jl;/l, 
pluie m Ouargla, 0. Rir : amzar jij^l, pluie. 

Zénaga, Chelh'a, Taroudant, Touat, Gourara, Doub- 
dou, Rif (Guélâiâ, Temsaman, B. Ouriar'en, Kibdana, 
Bot'ioua) ; B. Iznacen, Bot'ioua d'Arzeu, B, H'alima, 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 3y 

K'çour, Ouarsenis, Haraoua, B. Menacer, Mzab, A. Khal- 
foun, Zouaoua, Bougie, Harakta, Chaouia, Oiiargla, 
Ghdamès : ini ^^, dire ; Ahaggar : en ^\^ dire ; Ghat : 
ani -1, dire; Aouelimmideii : im -l, dire zz 0. Rir\ 
Djerid : imi ^, dire. 

On trouve des exemples de ces mutations dans ie 
même dialecte : 

Syouah : anzar Ji-j], pleuvoir et amzar jij^l, hiver, 

§21. — Vh qui se rencontre dans quelques dialectes 
est par rapport à Vn ce que sont le detle t par rapport 
au rf et au /. 

On le trouve en Ahaggar : ana •!, frère (peut-être 
une contraction pour ag' anna -IX. Cf. dans d'antres 
dialectes la formation de egma Ifi et ouma Uj, « fils de 
mère, frère »), pi. aiiaten \+\ ; en Zénaga : enteî\edx^\, 
de vous (fém.). 

Quelquefois, il remplace nk ou ng : Zénaga : n^k a, 
n^g v^èr, monter à cheval = B. Menacer : ^û ^j' ; Guélàià, 
Haraoua : eî\a Ul ; B. H'alima : eiii Jl, monter à cheval. 
Ce son / a disparu au -Mzab : enn ^^,1, monter à cheval, 
aor. iimou /-. 

III. Gutturales, § 1 . — Le g existe en Zénaga : i^ef 
vJCT, crainte ; Chelh'a : ^g i5l, mettre ; Taroudant : ar^^az 
jè'J, homme ; Touat : aze^ra \fj\^ long ; Gourara : 
ta^maKtch ^uè, jument ; Bif (Bot'ioua) : ou^er J^, 
dent canine; (Guélâià) : tkage?^sa Ljè, hivernage; (Kib- 
dana) : amgiz yfA; (Temsamau) tkazouggouarth ^j\J^^*j\ 
jujubier sauvage; (B. Ouriar'c:)) : thaouggourth Cj^f^^ 



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fin ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

porte; B. Iznacen : azigza Ijjirjl, bleu; Bot'ioua d'Arzeu : 
fizoïiggar' '^3j\, rouge; B. H'alima : thazouggarth 
^j^s'J, jujubier sauvage ; K cour : eggat is^\, jour ; Ouar- 
senis : aggoud jjTi, craindre; Haraoua : thagijourth 
Ojjji;, tronc ; B. Menacer : tag iTTir, porter ; Mzab : 
iiggoui is^i mélange ; A. Khalfoun : ^g v5l, faire ; Zoua- 
ona : thagouaâHn Cr.^îyS, crainte ; Bougie : ezzeg s^j\, 
traire ; Harakta : agerziz jrj/'l, lièvre; Chaouia : ^g i^^l, 
faire; 0. Rir' : geng iCT, caverne; Ouargla : targa ^J, 
canal; Djerid : ougour j/^, marché; Djerba : azougger' 
^^}\ rouge; Dj. Nefousa : aggazif iwjlTl, coq; Ghda- 
niès : agmar jlf i, cheval ; Ghat : agri -OT, aller; Ahag- 
gar : eggit +T, frapper; Sergou : amezdag TAttD, 
village; Aouelimmiden : eggouten l+T, beaucoup; 
Kel Oui : abeggi -TO, renard ; Syouah : tigerchounin 
jju *i jXî. anesses. 

Dans certains dialectes, le g correspond à un k. Ex. : 
Zouaoua : zeg Jfj^ traire ; Bougie, Ouargla : ezzeg viO', 
Ahûggar : tezzeg Ttt+ (forme d'habitude) = Zénaga : 
ezzak tlj\ ; Aouelimmiden : azik • :tt 

Zouaoua : skikedh jJCC = Mzab : sgedhgedh jS^^, 
chatouiller. 

Ahaggar : achék -la, branche; Aouelimmiden : 
ahichk -lai, arbre = A. Khalfoun : achegd^\, arbre, 
branche. 

Chelh'a, Taroudant, Guélâiâ, A. Khalfoun, Bougie, 
Harakta, Chaouia, 0. Rir', Ouargla, Djerba, Dj. Nefousa : 
€g 3l, faire ; Ahaggar : eg T ; Touat : egS\, mettre ; 
B. Iznacen : «g v5l, faire ; B. Menacer : tag viTiT (forme 
(l'habitude) = Ghat ; ^k •;, faire, 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 41 

Ce g est devenu dj au Mzab : ^dj ^l, faire. 

Cette permutation du ^ et du Â: existe quelquefois 
dans le même dialecte : Zouaoua : imid'ek îJju et imid'eg 
i5jLc, lentisque. 

En Zénaga, le g suivi de la dentale t devient un k : 
tirgin cé'J, charbons (plur.), singulier tirekt cS}. 

Le g est remplacé dans quelques dialectes, par Te, 
le / ou le dj. Ex. : 

Zénaga : gounouen ^yfy cieux; Zouaoua : igenni ^^^ 
ciel : Chelh'a : tgenna\:Sl, ciel; Bougie : thignaou ^iJJ, 
ciel = Touat (Tementit), Gourara (Timimoun), Rif 
(Bot'ioua, B. Ouriar'en, Temsaman, Guélâiâ), B. Iznacen, 
B. H'alima, K'çour, Ouarsenis, Haraoua, B. Menacer, 
Chaouia, Ouargla : ajenna uji, ciel; Djerba : f]enni Jy^ 
ciel; Ghat : d^e^nna -Œ, pluie ; Mzab : ta^ennout ^yy^. 
Ce / est devenu ch (voir plus haut) en Aouelimmiden : 
aochinna -IS, ciel, et chez les Guanches de Ténériffe : 
achano ^^l, année. 

Zénaga : eggour j/1, arriver; Chelh'a : meggar J^, 
se rencontrer ; Taroudant : mouger J'y», se rencontrer ; 
Guélâiâ et Ouargla : eggour jjTi, s'en aller ; Zouaoua : 
mager Jtu, se rencontrer ; Bougie : magger /\a ; Harakta 
et Dj. Nefousa : ager Jl, s'en* aller; Djerid : agour 
jjSi, aller = Mzab : aà]Our j^, aller = 0. Rir' : aiour jy\. 

Zouaoua et Bougie : azigzaou ^jJ^ji, bleu, vert; 

A. Khalfoun et Djerid : azegzaou ^i;^! =: Gourara, Touat, 
Guélâiâ, Kibdana, 0. Rir', Ouargla : azizaou y^^ji ; 

B. H'alima, K'çour, Ouarsenis, B. Menacer, Chaouia : 
aziza \'jj\. 

Chelh'a, Taroudant, Touat^ Gourara, K'çour, A, Khal- 



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^â ÉtUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

fouu, Zouaoua, Bougie, Chaouia, Harakta, Ouargla, 
Djerid, Djerba, Dj. Nefousa : ar^az jfe'ji, homme = 
Temsaman, B. Iznacen, Ouarsenis, Haraoua, B. Mena- 
cer, 0. Rir' : arïaz jijj, homme = Mzab : ar]az jijji = 
Sorgou : arA]ez ttio 

A, Khalfoim, Zouaoua : i^id'er jXt, vautour; Zénaga : 
g/Vf«r jUr, aigle = Bougie : ià]ider jju;^, vautour; 
GLJolâia, Kibdana : à]id'ar Jj^, aigle; K'çour : i]ider 
jj.ji, vautour ; B. Menacer : iider jju, vautotir ; ]ither 
>J. gypaète. 

Touat : tamgena UJ:;, tête = Mzab : tabejna UjJ et 
tffheà]na \x^. 

Zouaoua, Bougie, Ouargla : ebzeg^^'J\, être humide; 
Ahaggar : ebdeg TA© = Mzab : ebzeà] ^>l = B. Mena- 
cer : ebziï isy}. 

On a vu plus haut que le g est quelquefois le résul- 
tat de la contraction de deux ou; nous verrons plus 
loin que, dans quelques dialectes, il est produit par 
celle de deux i. Parfois, cependant, cette contraction 
n'a pas lieu dans les dialectes indiqués. Ex. : Chaouia : 
ageddid j.i'i, outre; Aouelimmiden :ageddîd flflT ; 
Zénaga : eggid' jLTi, outre = B. Menacer, A. Khalfoun, 
Zouaoua : aiddid' IjJ, outre; Chelh'a, Bougie, Syouah : 
ûiddid ^jj (Mzab : a'^eddid a^l). A Aoudjila, Vi a dis- 
paru : addi </j, outre. 

Quelquefois le g remplace un r' : 

Zouaoua, Bougie : agris ^^f\, glace = Chelh'a : 
aigris ^j^\. 

Syouah : agmar j^i, cheval = Aoudjila : ar'mar jlêl. 

Zouaoua : amgoud' i^Ci, branche — K'çour : tavHda 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 43 

Ijuii*, branche; Mzab : tavda loi;, canne; Sergou : ta- 
v'atta •+:+, branche de palmier ; A. Khalfoun : tiv'rith 
*1aj^, bâton. 

Bot'ioua : azzouag visi^ji, rouge = Aoudjila : azouav' 

On trouve, dans plusieurs dialectes, les sons g etj se 
remplaçant l'un l'autre dans les mots dérivés d'une 
même racine : 

Ahaggar : angi -Tl, abondance, et an]i -II. 

11 en est de même pour le g et Vi. 

B, Menacer : ager J\, aor. iggour j^ et aiour jy\, 
s'en aller. 

Chaouia : eg S\, faire et ai t^i, faire. 

§ 2. — Quelques dialectes possèdent le g\ son adouci 
et légèrement mouillé du g. Dans l'alphabet touareg 
employé par M. Hanoteau, il est représenté par X. 
M. Krause donne, au contraire, à ce signe un son extrê- 
mement guttural, plus accentué que le k' (•••). M. Mas- 
queray le représente par T employé pour le g simple 
par M. Hanoteau. J'ai suivi la transcription de ce der- 
nier. 

Zouaoua : g'en jf, être couché ; Chelh'a : arg'az 
'jèj\^ homme; Haraoua : aglim J^\j peau; Ahaggar : 
eg'ezzar OttXl ; Aouelimmiden : ebeg' XJ©, cheval. 

Il correspond kun g dans d'autres dialectes : 

Ahaggar : edeg' xn, placer = edeg : Tn, placer; 
Zouaoua : d'eg ^i, dans. 

Ahaggar : ^g'rfâj -nxi, suffire = egda :nT, suffire; 
Chaouia : eggith ju?i, il suffit. 



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44 ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

Et quelquefois à un tch : Ahaggar : e^mi •D>4, 
cherchera Ghat : tcheme DD. 

Ou a un dj : 

Ahaggar : acheng'i -XIS, ennemi =: Ghat : ihenga 
•Tlj, ennemis; Kel Oui : ihendîa -nj La forme ahen- 
d]Ou •llj, pi. ihendja -Hj se rencontre aussi en Ahag- 
gar. 

Le g et le ^' permutent dans le même dialecte. 

Ahaggar : g'raz ttOX et graz ttOT, plaire. 

Zouaoua : g'en et gen ;f^ être couché ; Ahaggar : 
gen IX et gen IT, s'agenouiller = Taroudant, Chelh'a 
et Bougie : gen ^, dormir. 

§ 3. — Le r' existe en Zénaga : tiav'afi ^liJ, petite 
calebasse ; Chelh'a : erv' gji, brûler; Taroudant : v'aiad 
^U, ceci ; Touat : av'ioul j^l, âne ; Gourara : azeggar 
^éji, rouge ; Doubdou : isv'aren OjU--j, bois ; Rif (Gué- 
lâia) : av'ir jv^l, bras ; (B. Ouriar'en) : thiv'mest i:.>.^«?, 
dent; (Kibdana) : thamv'arth^}^^ femme; (Bot'ioua) : 
thav'rith .!->% mollet; B. Iznacen : av'roum j*3>i, pain; 
Bot'ioua d'Arzeu : thv'at ou;, chèvre ; B. H'alima : r'ef 
ofliî, sur; Ouarsenis : alv'am j.UJl, chameau; Haraoua : 
av'esdis ^j^xJsS, côté ; B. Menacer : â^r'^^m^r jU*^i, joue; 
Mzab : ivHl jj«, bras ; A. Khalfoun : thivWithz^^^^^ bâton ; 
Zouaoua : thav'arth *l;ji*;, sécheresse; Bougie : azv'al 
jUji, chaleur ; Harakta : iv'es ^«j, os ; Chaouia : asv'ar 
jU^l, bois; 0. Bir' : ar' jl, acheter; Ouargla : av'erda lj>l, 
souris; Djerid : aourar jij^l, or; Djerba : alv'am |.'i3l, 
chameau; Dj. Nefousa : isr'aren jj^, bois; Ghdamès : 
amv^av jli-l, chef; Ghat : amv'id nîl], serf; Ahaggar : 
tidev'dek* — nipt» aissejle; Sergou ; vouri ^Qi, j'ai; 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 45 

Aouelimmiden : azavar 0:tt, bouillie d'orge; Kel Oui : 
iv'ef ][:, tête ; Aoudjila : avmar jlêl, cheval; Syouah : 
v'ers ,^>, égorger. 

Ou trouve daus plusieurs dialectes le r à la place du 
r\ Ex. : 

Zouaoua : abarev' y^\^ renard; Syouah : abarev' gjy, 
renard — Chelh a : tabourvouth *l»3j^j renarde. 

.Gourara (Badrian), Touat, Bougie : azeggav' ^éj', 
rouge; Mzab, A. Khalfoun^ Djerba, Djerid : azouggav' 
gifjjl ; Aoudjila : azouav^ ^ijji ; Ahaggar : acheggav' :T3, 
rouge — Ouargla : azeggav jéji, rouge; Guélâia, B. 
H'alima, K'çour, Ouarsenis, B. Menacer : azouggav 
jÎTjji ; Kibdana, Haraoua : azoïiggouav J^$jS ; Ghat, Kel 
Oui : ahaggar OTj 

Les deux formes peuvent se rencontrer dans le même 
dialecte : Zouaoua : azouggouav' ^ijTjjl et azouggav 
j^5j\ rouge ; B. Iznacen : azouggav' ^^j\ et azouggav 
J^ij\, rouge. 

Le r' permute avec le kh. 

Touat, Gourara, Temsaman, Guélâia, Bot'ioua, 
K'çour, Ouarsenis, Haraoua, B. Menacer, Mzab, A. 
Khalfbun, Bougie, Chaouia, Ouargla, Djerid, Djerba : 
avH f^\j lait aigre ; Zouaoua : iv'i ju, lait aigre = Ahag- 
gar et Sergou : «kh ; :, lait ; Syouah : akhi J-l, lait. 

D'ailleurs, dans la plupart des dialectes on trouve lé 

r' et le kh confondus dans les dérivés d'une même racine. 

Zouaoua : iv'f ^, et /kh/'jûs, tête ; Ouargla : iv^f ^^ 

et ekb/ojij, tête; Bougie : v'ef^^ sur, et ekb/"^, tête; 

BelH'alima : v'ef ^^ sur, et Mif i^, tête. 

Dans les dialectes guanches, le r' paraît avoir été 



I 

i 



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4G ETUDES SUR LES DIALFXTES BERBÈRES 

remplacé par un A. Ex. : Guanche de Palma : azoukàhé 
ifeji, bmn, correspondant à la forme azouggav' glS^^jl, 
rouge, employée chez les B. Iznacen, les A. Khalfoim, 
au Mzab, au Djerid et à Djerba. 

GuaQcliO de Palma : «ho y^l, lait — av'i ^^\ de la plu- 
part des autres dialectes, lait aigre. 

Il est à remarquer que ce phénomène existe aussi en 
Zénapa : Ex. : enhi ^\^ tuer (cf. aussi eni i}\) = Chelh'a, 
Touat, Goiirara, Temsaman, Bot'ioua d'Arzeu, B. H'a- 
lima, K'çour, Ouarsenis, Haraoua, B. Menacer, Mzab, 
A. Khalfoun, Zouaoua, Bougie, Chaouia, Ouargla : 
env' ^1, tuer; Ahaggar : env' 11; Ghat : anv' H, tuer; 
Aoueiimmiden : mr' il; Bot'ioua : nav' gi;; Syouah : 
onv ^\, La gutturale s'est conservée en Zénaga dans la 
forme composée temsenv' i^J, se battre. 

En Zénaf^a on le trouve adouci en /. Ex. : 2J ji, lait 
ai;^re :=z Zouaoua : iv'i jo. 

Souvent il disparaît et il est remplacé par le son i. En 
Zénaga : ivmi ^j^, village = Mzab : ar'erem ^>l, ville; 
Ahaggar et Aoueiimmiden : ar'erem DOi, ville; Ghat : 
avaram nOi, ville. 

Zénaga : \si ^^^, os = Gourara, K'çour, Ouarsenis, 
IJai\iouaj Mzab, A. Khalfoun^ Zouaoua, Bougie, Ha- 
rakta, Djerid ; iv'es ^,, os; Ahaggar : iv'es O-, Aoue- 
iimmiden : ev'as O-, os. 

Quebjiiefois même le r' disparaît sans laisser de 
traces : Zénaga : an jl, attacher = Ouargla : T'an ^jU, 
corde ; Ahaggar : ouroun I-, ligature. 

§ 4^. — Le k' ne paraît pas avoir été une des lettres 
primitives du berbère : on le rencontre cependant dans 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 47 

presque tous les dialectes : Chelh'a : ak'k'a tti, grain ; 
Touat (Timisakht) : oulCa ttj, vouloir; Doubdou : 
mek'k'our jyu, être grand ; Rif (Temsaman) : ek'k'ar 
j6l, appeler; (B. Ouriar'en) : ak'zin ,>jsl, petit chien; 
(Guélâia) : ak'choud'en àh-^^^ ^^^^ ? (Kibdana) : ak'- 
douch uijjil, cruche ; (Bot'ioua) : ak'emmes^\^ bouche; 
B. Iznacen : thazek'k'a uy, terrasse; Bot'ioua d'Arzeu : 
amek'k'eranQ^jk»\^ grand; B. H'alima : ik'choud'e?îjù^^ 
bois ; K'çour : ek'k'as ^^tti, aimer ; Ouarsenis : ak'k'en 
^1, fermer; Haraoua : amok'k'eran J>*^ grand; B. 
Menacer : ak'erd'al jbjsi, long; Mzab : akmouîn ^^', 
bouche; A. Khalfoun : dk'elouach j»\^\^ bouc; Zoua- 
oua : cD^erroui if^J^j tête ; Bougie : ak'ettsoun ^jà\, 
botte de paille ; Harakta : tàk^al JUJ, regarder ; Cha- 
ouia : ^k'k'or yl, être sec; 0. Rir' : ak^chich jj^\^ 
enfant; Ouargla : abk^a Ui, mâchoire; Djerid : ^k'k'«r 
jW, dire; Djerba : tazak!k'a tty, maison; Dj. Nefousa : 
^k'k'or ^1, être sec; Ghdamès : mok^k^or ju^ être grand; 
Ghat : ]^arouch 30— , chat; Ahaggar : é^k'k'^^ O—, 
applaudir; Aouelimmiden : tilak' andouin i;ni—ll+, 
pigeons; Kel Oui : amek'k'ar O— D, aîné; Aoudjila : 
iék'ora -O— ^, sec; Syouah : zalak' j^j, boue. 

Dans les dialectes berbères, le k' est généralement 
produit par le renforcement ou le redoublement d'un 
r\ Ex. : 

Mzab : erv' ^jl, brûler, IV^ forme rek'k' jj (pour 
V^r'r') ; Bougie : azT'al jUjl, chaleur, VP forme zek'k'el 
Jsj, être chaud (pour *;S6r'r'^/) ; Djerba : ev'z:^\, creu- 
ser, VP forme ek'k'az ^1; K'çour : m'z :^\^ creuser; 
VP forme ak'k'^5 jsl ; Ahaggar : env' il, tuer, VP forme 
nek' — i; Zouaoua : env' ^l, tuer, VP forme nek' ^. 



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48 ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

Zouaoua : sev'er ^, durcir; thav'arth Cjjks, séche- 
resse; Bougie : ax'ourar j\j^\, sécheresse; Ahaggar : 
tav'art +0:+, durcissement := Zouaoua : k'or y, être sec 
= A, Khalfoun, Bougie, Chaouia, 0. Bir', Dj. Nefousa : 
ek'k'or ^ij être sec, dur; Aoudjila : iék'ora l^, sec; Ahag- 
gar : tek'k'arit +0— +, dureté ; ^k'k'orO— , être dur. En 
Zénaga la gutturale a disparu : aoiiran Cjh3\ dur; ia- 
ouour jyj il est dur. Mais on doit remarquer que ce qui 
a disparu ici est moins le k' que leV de la racine B' B. 

On trouve aussi le k* de la plupart des autres dialectes 
représenté par un g en Zénaga. Ex. : 

ïouat, A. Khalfoun : ék'k'el J»i, attendre ; Ahaggar : 
ekVe/ ih-; B. Menacer : kW Jà, regarder; Chaouia : 
k'e/ Js, chercher; Ghdamès : k a/jtt, regarder; Harakta : 
taVal jUTj chercher; K'çour : ak'k'^j/ jtt», regarder; 
B. H'alima : ak'al jW, voir; Bougie : mdk'k'el Jà*, 
regarder ; Zouaoua : moiiVel Jà^, regarder = Zénaga : 
a^ech ^^^ regarder. On doit observer que dans ces 
dialectes le k' remplace un r' et qu'en réalité nous 
avons une permutation du g et du r . Cf. Taroudant : 
r'^7 J;^, croire; Mzab : v'il Jjc; B. Menacer : imouv'li 
^^, regard; Zouaoua : thamouv'li ^^^ regard. 

Uaos (juelques cas, le k' paraît produit par le ren- 
forcement d'un g, Ex. ; Zouaoua : fdk'oth vi^, être 
fréquent, venant de la même racine (G) que : iggeth 
ù^, se multiplier; Chelh'a : eggouth ^l^jTl, être abon- 
dant; Aliaggar : iggouten l+T, beaucoup. Ce k' est 
devenu un ch à Bougie : chat' ib, être abondant. 

Le r' est souvent remplacé à Syouah par un k\ Ex. : 
zalak' j^jj bouc = Ahaggar : ahoulm? :l|:; Djerid : 
azelav' ^ïji; Djerba : ezzalev' çJlji. 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 49 

En Ahaggar et à Ghat, le k' est encore produit par 
la contraction d'un r' avec un ^ ou un Âr qui le suit 
immédiatement. Ex. : Ahaggar : tiderdéW — non+, 
aisselle, pour *tiderdevt^ plur. tiderdav' :non+ ; enhi- 
k'ai ^—jl, je t'ai vu pour *enhiv' kae; Ghat : areWai 
^•••O, je faime, pour *arev' kai. 

§ 5. — Quelques dialectes du sud possèdent la guttu- 
rale h où prédomine tantôt le son n, tantôt celui d'un 
g sourd. 

Ex. : Chaouia : ouei^ ^j, ce; Zénaga : kouu (jf^ chaque. 
On le signale aussi dans le dialecte de Ghat. 

§ 6. — \2i demi-consonne (y) existe en Zénaga : 
laichkach j^lSiu, archet; Chelh'a : \is ^,, cheval; 
Touat : i/dh j»*, nuit ; Gourara et Doubdou : disoum 
^y^\^ viande ; Rif (Guélâia) : thcCida Iju, pin ; (Temsa- 
man) : \azidh jaijL, coq; (Bot'ioua) : \is ^^^ cheval; 
(Kibdana) : \our jjj, lune; (B. Ouriar'en) : diour jy\^ 
mois ; B. Iznacen : dithoum ^^1, viande; Bot'ioua d'Ar- 
zeu : lour jy^^ croissant; B. H'alima : aviaz jbjl, homme; 
K'çour : ïazit c^j»^ coq; Ouarsenis : dirad^ ù\j\, lion; 
Haraoua : d\eta Uiil, beaucoup ; B. Menacer : dilou ^j, 
sac ; Mzab : tiichchin o^*, poux ; A. Khalfoun : dirad^ 
iijrj, lion; Zouaoua : thiiiha li-T, coup; Bougie : aioug 
v5^i, bœuf; Harakta : \edles ,^^, herbe; Chaouia : ai 
4^1, faire; 0. Rir : ar^rom ;^3>l, poutre; Ouargla : d\tli 
j:.!, richesse; Djerid : \ouma : Ujj, frère; Djerba : di- 
soum : f^, viande; Dj. Nefousa : 2et' i«, nuit; Ahag- 
^gar : td\t +^+, raison; Ghat : tnsout +0^+, vache ; 
Sergou : d\di -n^, chien; Aouelimmiden : agàis O^T, 

4 



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i 



Mi ETUDES SUR LES DIALECTES BERBERES 

mitarde ; Kel Oui : aierd nO^, blé ; Syouah : azcti Jjl, 
lourd, 

i)n a vu plus haut que, dans certains dialectes, le g 
correspond à un i : celui-ci est quelquefois remplacé 
par lia dj\ peut-être par Tintermédiaire d'un g disparu. 
Ex. : Zouaoua et Bougie : thakhsaith ZJ^, courge; 
Mzab : takhsaxt c-Uic, courge = Guélâia : thakhsad] 
^UJe, citrouille. 

Ou trouve en Zouaoua et à Bougie, dans un petit 
nomlire de cas, le i et le k simultanément employés 
dans le développement de la même racine. Ex. : rac. 
K S : keSfj^j faire paître ; ameksa uCl, berger et /Aaï- 
mouth ^jUh^ pâturage. 

Zouaoua : keres ^f^ nouer, et thxrsi ^jjî, nœud ; 
BcniRje : thikersi^ thakerrousth C^^J^, thikresth Z^Ji, 
et {h'\rsi ^jj, nœud. 

De même en Haraoua pour le j et le i : ^jj ji et ai 
tfij faire. 

§ 7 . — Le k existe en Zénaga : tak,a : BJ, désastre ; 
Guanche : cherko !i>L, soulier; Chelh'a : toukerdha 
^/f. vol; Taroudant : ékchem ^i, entrer; Touat (Ti- 
misRkht) : i]^et cSi, une; (Tiattaft) : ikt cS[^ une; 
( Tenientit) : nekkinan o^, nous ; Gourara : ikarafen 
^jÇ, froid ; Doubdou : nekki ^fi^ moi; Hif (Bot'ioua) : 
iharkoiis crJO*^ chaussure; (^Temsaman) : doukar J^^^ 
se réunir; (Kibdana) : thikeffin ô^Jî, fourmis; B. Izna- 
cen : akk^od'a iJTi, court; Bot'ioua d'Arzeu : ^kka, se 
tenir; B. H'alima : ameddakoul j/TjuI, ami; K'çour : 
ekker jSl, se lever; Onarsenis : thctseVkount %Uj5C;, 
asperge; Haraoua : thikelt iiJSo, fois; B. Menacer : 



r 



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ETUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES ol 

akfil jj^i, oignon sauvage; Mzab : akerdh j^/\, vol; 
A. ELhalfoun : améksa : LXl, berger ; Zouaoua : iha- 
rikth cXj, selle ; Bougie : ékkath cX\, battre ; Harakta : 
mdou'kel J^^^ se joindre; Chaouia : ameddàkoul ^^\j^\, 
ami; 0. RirV: tikerkas ^^Ji, mensonge; Ouargla : 
akeb sS\^ sauterelle; Djerid : tameVsa Uî, courge; 
Djerba : temechkant Cj|Si£, fille; Dj. Nefousa : e\i\ies 
^\j ôter; Ghdamès : azaka ^j\j demain; Ghat : ^k •:, 
faire ; Ahaggar : ekt +•:, se souvenir ; Sergou : akrar 
OO-:, brebis; Aouelimmiden : amenoukal ll-;n, roi; 
Kel Oui : takouba •©•:+, sabre; Aoudjila : aksoum 
(yS\^ chair ; Syouah : oukel Jj^, aller. 

Le k peut être produit par le redoublement d'un ou 
Ex. : B. Menacer : oukth ^, jouer d'un instrument, 
frapper = Zouaoua : oweth Cj^, firapper. 

Zouaoua : oneth ^^ frapper, VP forme kath «ltr(pour 
*ououe/A); Bougie : aowth Cj^^ frapper, VP forme 
ekkath ^\. 

Ce k s'affaiblit en ch dans plusieurs dialectes : Mzab 
et Ouargla : oxxet Cj^, VP forme gchclui/ cJc,\. 

Ailleurs la contraction de deux ou se fait en g^ suivant 
Thabitude : K'çour : onet Cj^^ frapper, VP forme eggatch 
gW ; llmimoun : ouet Cj^ frapper, VI* forme gatch ^\ 
Dj. Nefousa : oou/ oy, frapper, VP forme eggat cX\ : 
Ahaggar : oou/ +:, frapper, VP forme ^gg// +T 

Le k peut être produit par le redoublement d'un / : 
B. Menacer : thiikthi ^jÇ, coup ; Zénaga : /ik/ jjÇ. 
douleur = Zouaoua : thntha U-*; Bougie : thnthi ^\ 
coup. 

Le k s'adoucit aussi en ch : O. Rir' : tic\\t cjlC, coup. 
Dans quelques dialectes, le k est remplacé par Vi. Ex. : 



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SS ETUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

B. Menacer, A. Khalfoun, Zouaoua, Bougie, Chaouia, 
Djcrid, AoQdjila : aksoum f>*-Sl, viande = Gourara, 
Doubdou, K'çour, Haraoua, Mzab, Ouargla, Djerba : 
disoum (.j^Jj viande; B. Iznacen : cCithoum ^ /.l ; Dj. 
Nefousa : imn ù^.; Ahaggar : ïsan lO En Guéiâia, le 
k est de veau un ch : aichthoum ^y^J, viande. 

Le k du Zouaoua, des dialectes touaregs et de 
quelques-uns de la Kabylie correspond au tch et au ch 
de la plupart de ceux qu'on désigne sous le nom général 
de Zénatia, 

Ex. : Zouaoua : azikka^j\^ demain ; Bougie et A. Khal- 
toun : azelvka Ifji, demain; Ghdamès : azaka ISjS demain; 
Ahaggar : ztk •;«, bientôt; Aouelimmiden : achikke 
• ;3, demain = Chaouia : adetcha LJ^ demain; K'çour, 
B, H'alima, Ouarsenis, Haraoua, Djerid : aitcha Ul, 
demain; Gourara et Mzab : achcha U, demain; Bo- 
t'ioua : iouchcha U.jj, demain ; Guéiâia : thiouchcho. b^*, 
demain. 

§ 8. — Dans certains dialectes, le k en s'adoucissant 
devient un j^ dont le son, assez rare en Zouaoua, existe 
dans quelques dialectes du centre et du nord de l'Al- 
gérie et du Maroc : il paraît inconnu aux populations 
berbères de Test, du Sahara et du Sénégal. Chelh'a : 
y,erû 1/^ chose; Rif (Guélâiâ et Kibdana) : aouix cljl, 
prendre ; (Bot loua) : xmer jsT, brûler ; Touat : tangax 
:)È:, palais (de la bouche) ; B. Iznacen : thfowfjth *15^, 
soleil; Ouarsenis : mexthi ^, se souvenir; Haraoua : 
mi tT^ s'éveiller ; B. Menacer : vmh J^^ renard; Zoua- 
oua : zii aj, de bonne heure; Djerba : ennh «^V^, de 
toi. 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 53 

Ce X sert d'intermédiaire entre le k et le ch ou le tch 
d'autres dialectes. Ex. : Guélâia, A. Khalfoun, Zouaoua, 
Bougie, Chaouia : aberkan ^j\, noir; Gourara : aheh'" 
kan ij^\^ noir = Bot'ioua, B. Iznacen, Ouarsenis, 
Haraoua : abery/m J^j\^ noir = Temsaman, Kibdana, 
K'çour, B. H'alima, Mzab : aberchan J^j}^ noir. 

On trouve d'ailleurs, dans le même dialecte, l'emploi 
simultané du A: et du x : Zouaoua : sanoui ^^jTL, éveiller, 
et sàki ifl», éveiller ; B. Menacer : aberian -^j) et iber- 
kan J^j^^, noir ; Haraoua : thasekkourth *^j^t, perdrix, 
pi. thiseyrin ô^jCj. 

Quelquefois le x permute avec le tch dans les dérivés 
d'une même racine : B. Menacer : zix ^.j, bientôt, et 
a/tcha Ul, demain (rac. Z K) ; cf. du reste en Harakta : 
zik iXj, avant, et adeicha L^l, demain; Ghat : ek •:, 
faire, mettre, et ^tch 3, placer. 

§ 9. — L'aspiration de la gutturale k est représentée 
par le kh qui se confond souvent avec le r\ Il existe 
en Zénaga : takhsous ^yJ^^ crachat ; Chelh'a : ^kh^ 
^^1, vouloir; Taroudant : ùàif c^, tête; Touat : 
takhsait cJuJ^^ courge; Gourara : akhbou ^l, trou; 
Doubdou : r'^r^^kh ^>, j'ai égorgé; Rif (Guélâia) : 
thakhsadj ^L^*, citrouille; (Kibdana) : akhach j\i.\,. 
prendre ; (Bot'ioua) : tkharba V>2, bouc ; (Temsaman) : 
thikhsi ^^, brebis ; B. Iznacen : akhenchouch ij'3^^\^ 
joue ; Bot'ioua d'Arzeu : khef c^, sur ; B. H'alima : 
ikh/^^, tête; K'çour : kh ^^ vers; Ouarsenis : thakh- 
chaith •l-Liiî, citrouille; Haraoua : ekh/ c.^, tête; 
B. Menacer : «kh/a/ J3U.I, beaucoup ; Mzab : ifrakk ^l^^. 
citrouille ; A. Khalfoun : 2kh/ c-«;s, tête ; Zouaoua : akha- 



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U ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

chimti pLU.1, brin d'herbe ; Bougie : thakhiloulth ^jU^, 
raucoî^ité; Harakta, Chaouia et 0. Rir' : ^kh^ ^, 
vouloir; Ouargla : tadde\àit cSJ:, aisselle; Djerid : 
tûùïsi ^, brebis; Djerba : ^kh^ ,^1, vouloir; Ahag- 
gar : akho?/ ;:;, animal sauvage ; Sergou : akh ::, lait; 
Aoiielimmiden : tchMxammazin IttDI :3, pains ; Kel Oui: 
akhkhfl •::, mouton ; Syouah : flkh^ j^\ tête. 

On a vu plus haut que le r' se substitue parfois au kh ; 
quelquefois celui-ci est remplacé par un k. 

Eï, : Zénaga : teVchi ^^ chèvre = Bofioua, Tem- 
saman, B. Iznacen, B. H'alima, Haraoua, Zouaoua, 
Bougie ; thi^si ^*, brebis; Mzab, Djerid : ti\ù\si ^', 
brebis ; 0. Rir\ Ouargla : tMasi ^^ chèvre; Guélâia : 
tit'si ^, l>rebis; Ghat et Kel Oui : tchav'si •0:3, chèvre; 
cf, cependant Zénaga : Vhachoud^ ijjtJ-, craindre = 
Ahaggar : éksedh 30-;, craindre. 

On trouve aussi le kh et le k s'échangeant dans les 
dérivés d'une même racine : Zouaoua : kisan jlS et 
é^kli^ ^1, vouloir; K'çour : k^^ ^^et ^kh^ ^^1, vouloir. 

§ 10. — Le h existe en Zénaga : her j^^ chatouiller; 
Guauehe de Canarie : tihachan JiL^^ moutons; Guanche 
de Lanzerote : aho^l, lait ; Chelh'a : elhi^\, être occupé; 
Touat : bahdja Une, voile ; Bot'ioua du Rif et B. Izna- 
f!eii : aharkous u-/jt\, chaussure ; Bot'ioua du Vieil- 
Arzeu : \ias ^^u, frapper ; Ouarsenis : thahanboiil j,^*, 
nombril; B. Menacer : haddou jju^, pâturage; Mzab : 
tihourzin â.Jj^', couscous blanc; A. Khalfoun : tsàiie-- 
iW ^jij^'» amulette ; Zouaoua : ihantakh ^., gallinus 
ypnriïiG (sorte de rubiacée); Harakta : nihenin cc^î, 
eux: Chaouia : ahioui ^^^l, enfant; Dj. Nefousa : 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES 3ERBÈRES 55 

dehekiUù^ frotter; Djerid : houk d^i^, frotter; Ghdamès : 
hell Jib, être nombreux; Ghat : h^ :, être; Sergou : 
«hir Oj, lion; Aouelimmiden : tihaliouin i:il:+, brebis; 
Kel Oui : ekahij •:•;, coq. 

Le hj comme on la vu, remplace quelquefois un z, 
surtout dans les dialectes touaregs : c'est ainsi qu'on 
le trouve aussi remplacé par un ch : 

Âhaggar : ababah :©(D, cousins, moustiques = Aoue- 
limmiden : aboubach 3(D©, moustique ; Kel Oui, Ghat : 
ahaggar OTj, rouge = Ahaggar : acheggar' :T3, 
rouge. 

C'est ainsi que le h du mot aharkous u^^j^^y chaus- 
sure, en Bof ioua et chez les B. Iznaceii, est représenté 
par un ch dans le Guanche : cherko tij^i^ chaussure. 

Dans un même dialecte, on trouve la permutation du 
A, du ch et de 1'/ : 

Ahaggar : ahoular' :llj, aloular' :||][ et aùioular' -lia, 
bouc. 

On rencontre aussi, mais plus rarement, le h rem- 
plaçant un M : 

Ghdamès : h^// J*, être nombreux; Ahaggar : \louI- 
lan /II:, beaucoup = B. Menacer : akh/a/ jX^l, beau- 
coup. 

§11. — Le «^ est un son primitivement étranger au 
berbère : on ne le rencontre que dans les mots em- 
pruntés à l'arabe, ou comme affaiblissement d'un r' et 
parfois renforcement de \a. 

Ex. : Mzab : arv'a Ujl, braiment = Zouaoua : asrkrk 
gj^^, braiment; Zouaoua : ad'ezrav' ^'jj'ii, je verrai = 
Ouargla : adezrk gjjbl ; Mzab, Chaouia, Djerid : tv'at 



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it ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

j#!*% chèvre; Ahaggar, Aouelimniiden : tm^at +•+, 
chèvre; A. Khalfoun, Zouaoua : thav'ai' J»U, chèvre; 
Guélâia, Kibdana, Temsaman, Bot'ioua, B. Iznacen, 
Bot'ioua d'Arzeu, B. H'alima, Ouarsenis, Haraoua, B. 
Menacer : thv'at CMs^ chèvre = Ghdaniès : thikt ijU, 
chèvre ; B. Menacer : thv'allach j^3Uu% brebis, et hllouch 
i^jifij mouton. 

En touareg, le d est représenté par un r' dans les 
mots d'origine étrangère, les seuls qui le possèdent. 

Ouarsenis, Haraoua : thmalla X?, tourterelle ; Gou- 
rara : timalla Xf, tourterelle; Ouargla : tmalla Sr, 
colombe ; K'çour : tmallat c^Xf, toiu'terelle ; Zouaoua : 
tkàmUla Xf, tourterelle ; Syouah : tamelli Je, tourte- 
relle = Zénaga : tkmellith »1JU-î, colombe. 

Le d existe en Zénaga : tkmellith «iJUa, colombe ; 
Bif (Bot'ioua) : ^â ^, acheter ; Guélâia : akddis ^.a^i, 
ventre ; (Temsaman) : àddis ^.j^, ventre ; B. Iznacen : 
thakrourt Cjj^yi^ dos; B. H'alima : kllouch j^^^ mou- 
ton; Ouarsenis : aèddist c^j^\^ ventre; Haraoua : 
atiddis ^j»^jxc\^ ventre ; B. Menacer : kbbouf i^, ventre; 
Mzab : aàddis ,j.jji^i, ventre ; Zouaoua : krour j^^ dos; 
Bougie : açelbouk g^i, chauve-souris; Chaouia : akddis 
^^jtpl, ventre; 0. Rir' : kllouchj.^^ mouton; Ouargla : 
'dllouchj-^ifi^ agneau; Djerid : akllouch ^r^l, mouton. 

§ 12. — Le A', comme le d^ n'existe en berbère que 
dans les mots étrangers, ou comme affaiblissement 
d'une autre gutturale. Cependant on verra plus loin 
qu'il s'est introduit dans certains dérivés sans qu'on 
puisse expliquer sa présence par les lois de formation 
régulière des mots ou de transformation phonétique. 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 57 

11 existe au Touat : temah'l c^Kt, beirbe ; au Gou- 
rara : tagmalCtch ^uè, jument; B. Iziiacen : h'bcA 
^^tiU, être malade; B. Menacer : sah^fed jj»^j tromper; 
Mzab : aKardam f\^j^^^ lézard ; Zouaoua : ah'arbebbou 
^j^U lézard; Bougie : achelouh! ^^\. 

Le A' remplace quelquefois un M. Ex. : B. Menacer : 
h'aouf uty^, tomber = Haraoua : khow/*^^-, descendre. 

Dans les dialectes du Gourara et du Touat, il repré- 
sente en général un r lorsque cette lettre est immédia- 
tement suivie d'une dentale (/, th^ tchj rf, d') ou d'un k. 
Le r reparaît dans le même mot lorsqu'il n'est plus 
suivi immédiatement d'une de ces consonnes. 

Ex. : tasih't c^y moulin = Chelh'a : lisrit J-^^; 
B. Menacer, Bougie : thasivth ^j^\ Mzab, Ouargla, 
Djerid : tasivt Cjj^\ Dj. Nefousa : tisirtCjju^; Syouah : 
iasirt Cjju^. 

temah't c^ii^ barbe = Zénaga : tamert CjJ ; Guélâia, 
B. H'alima : themarth »l^jlc ; B. Iznacen, Ouarsenis : 
thmart Ojlî ; K'çour, Mzab, 0. Rir', Ouargla, Djerid : 
tmavt Ojlf; B. Menacer : thmevt CjJ\ A. Khalfoun, 
Zouaoua : thammth *!;>*; Ghdamès : toumavt Cjjuy; 
Aoudjila : tamert ^IjJ ; Syouah : temavt CjJ.1. 

Gourara : ih'den Cjjj^^ blé = B. H alima, Ouarsenis, 
Haraoua, Bougie : ird'en c^^j/, Guélâia, B. Menacer : 
iard^en i^j^ Ghdamès : iTd'an J3jpJ K'çour : ierden 
C}^j; Ahaggar : ierden lAO^; Chelh'a, Mzab, Bougie, 
Djerid : irden cj^j^ ; Ghat : irden ino ; Syouah : iarden 
ù^jr. Le Touat a conservé la forme irden ôv.- 



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DEUXIÈME PARTIE 



LEXICOLOGIE 



§ 1. — Les mots de la langue berbère sont formés 
par des racines composées d'une, de deux ou de troisi 
consonnes. On en rencontre quelques-unes qui comptent 
un plus grand nombre de consonnes, mais elles font 
exception. Ces racines se développent et donnent nais- 
sance à des thèmes nominaux et verbaux par l'adjonc- 
tion d'éléments de deux sortes : 

l"" Un élément grammatical : affixes de temps, de 
nombre, de personnes, lettres indiquant l'habitude, 
l'action de faire faire, la répétition dune action, etc. 
Ces modifications sont soumises à des règles fixés, 
quoique souvent peu observées dans divers dialectes, 
surtout ceux qui sont fortement mélangés d'arabe. 

2"* Un élément lexicographique, élément essentielle- 
ment variable, dont on constate Texistence, mais dont^ 
jusqu'ici, l'on n'a pu déterminer l'appUcation ni la valeur 
par des règles fixes, comme c'est le cas pour la mor-^ 
phologie. 

Je prendrai pour exemple de cette seconde classe (on 
eu trouvera plus loin de la première, dans les chapitres 
traitant de la morphologie) la racine F qui indique l'idée 
de lumière. ^^ 



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iO ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

Le plus simple développement de cette racine a lieu 
par Taddition : 

— de 1 af Gxe a : 
Ahaggar : afa •][, lumière, 

avec le / ou le th du féminin : 

Ghdamès 1 ( soleil. 

Zouaoua > thafath *liU? < lumière. 

Bougie ) ( — 

(Le sens de « soleil » donné à thafath iliU% est secon- 
daire : le véritable mot a été conservé en Zouaoua : iffij 
_jj*i, et à Bougie iffidj gk). 

Chelh'a : tafat ijUî, clarté. 

— de Faffîxe i : 

Bjerid : atfait *iaUîl, lumière. 
Syouah : tafi j^, demain. 
Aouelimmiden : tfit +][+, soleiL 

— de Taffixe ou : 

Aouelimmiden : toufat+'K+, demain. 

Ahaggar : toufat +][+, matin. 

{C'est ce son ou qu'on rencontre à la fin d'un grand 
nombre do substantifs et qui s est maintenu dans les 
noms de lieu : Safrf (pour Safou), Aflow, Sebdot/, Collo 
{lat. ChuUu), Sergow, Smendow, Akbow, Sersow, Doub- 
àou^ qu on peut rattacher pour la plupart à des racines 
connues). 

Le suffixe ou s'ajoute à la racine F pour former un 
thème F OU. 
, Ahaggar : effou ;][, faire jour. 

- „ ^ ) asafou 4*-,i, tison, m. à m. : ce qui éclaire ; 
Zouaoua y ,/ f7\*^'c 
^1 iT^ . V 1 ^ est factitif. 
Laelh a j 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 61 

Combiné avec le / ou th préfixe et suffixe, il donne : 
Djerid : etfout o^l, soleil. 

Chl'a \ '^^"' *^^^*' ^""^^^^- 

Gourara : tifaoutch ^^U, lumière. 

Dj. Nefousa : toufout Cjyj^ soleil. 

K'çour : tfaout C13U:, lumière. 

Cet ou est devenu un ff long : Sergou : tafôit +^]C+, 
soleil. 

Le thème F OU lui-même s'est accru d'un nouvel 
élément K, et nous avons F OU K, avec les affixes / 
et th. 

A. Khalfoun ] 

„ ^ \ thafoukth *15^% soleil. 

Zouaoua \ ' ^ 

flarakta ) 

B. Menacer : foukth «IS^, chaleur du soleil. 

^^^f,^^ \thafouktcSyfi,so\éïr '- 

B. Menacer 3 ' ^ 

Chelh'a : tafoukt cS'y?^ soleil. 

Kel Oui : tafoukt +•:][+, soleil. 

Ahaggar : tafouk •:][+, soleil. 

Zénaga : toufoukt cS'yJj soleil. 
Vou est devenu un Jf long : 

Chaouia : tafokt cSki, soleil. 

Syouah : tfokt cXc^ soleil. 

Suivant les règles phonétiques qui ont été indiquées 
précédemment, le k peut s'adoucir : 
— en I. On a alors le thème F OU I : 

OuM^enis ) ^^^^ ^^j^ji 

B. fi alima ) ' 



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tp ETUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

K'çour ] 

Taroudant / 

^ , V //bwi/ iio^, soleil. 

Mzab ) 

Touat (Tementît) : tfouit %ûa^, soleil. 

Gourara (Badrian) : tfouitch ^yc^ soleil. 
— eux : 

B. Iznacon ) thfbuxth ^yfi^ soleil. 

Haraoua S ^oî/îx ci>», soleil. 
^ — en rA : 
, Guilàia ' 

Temsaman S ihfouchth *1j^^% soleil. 

Kibdana > 

On peut résumer le développement de la racine F 
dans le tableau suivant : 









F 

1 








aFa 

1 


(Fi) 




eFFou (asafou) 


/AaFaM 


tonf&t 


/aFi «/Fai/ 


•/Fou/ 












fFaou/ 
/'Faou/cA 
/ouFou/ 
/Faou/ (tafoit) 

Fo 

• 


• 

uK 
1 


*7' 


//(•FouKM 

FouK/A 

/A'FouK/ 

/»FouK/ 

/"FouK 

l»"FouK 


FôK 

/•FôK/ 

/FôK/ 




Foui FoiiX ] 

thFouUh ihFouXth t 

tFomt 

/Foui/ 

thFomtch 

FouiX "^ 


FouCH 
AFouCH/A 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBERES 63 

Les additions qui ont modifié la racine F tout en lui 
conservant le sens primitif de « lumière » et de « clarté » 
et le sens dérivé de « soleil » sont donc les particules A, 
OU, K (X, I, CH) sans parler des lettres serviles th, t et /. 

Mais, comme je Tai dit plus haut, ces éléments sont 
divers, et Ton ne peut, dans l'état actuel de nos con- 
naissances, se rendre compte des règles qui déter- 
minent leur emploi. Ils ne se présentent pas toujours, 
d'ailleurs, d'une façon aussi simple que dans l'exemple 
que j'ai choisi : on en trouvera la preuve dans ceux 
que je vais citer et dont le nombre pourrait être aug^ 
mente; peut-être sera-t-il possible de les classer en 
catégories déterminées quand nous posséderons un 
dictionnaire complet de chaque dialecte berbère. 

A. Addition de AKH. — Le développement de la 
racine NZR a donné en Temsaman, B, Iznacen, B. 
Menacer, Zouaoua : inzer jjû, nez; Bougie : anzaren 
C)J'j\ (pl); Guélâia : inzaren ùj'>. î B. Menacer, A. 
Khalfoun, Zouaoua, Bougie : thinzerth Cjyjs^ narine; 
Bot'ioua, B. H'alima : thinzert Cjyji ; Ouarsenis : thin- 
zar j\'ji (pi.); K'çour, Mzab : tinzert Cjyjsy Djerba, 
Aoudjila : tenzert Cjjfi ; Syouah : tanzart Cjyj: ; Touat : 
tinzarin ^Jfi (pi.) ; Djerid : tinzer yji ; Aquelimmiden : 
tinzer Ottl+ ; 0. Rir' : tenzar Jjs^ et avec le change- 
ment du z en j \ Zénaga : tinjeren ^jy: (pi.), et du r 
en A' : Gourara : tinzaKtch f^Vfi. La préfixation du g 
ou de \f à la racine a donné au Mzab : genzer y^^ 
saigner du nez, aor. igounzer yjfij et en Zouaoua : foun- 
zer yjy^j saigner du nez, aor. ifounzer yjya^ forme d'ha- 
bitude : tsefounzour jy}^. 

Avec le préfixe AKH, on a, en Zouaoua : akhonzir 



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•4 ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

j^^ et an Mzab : tikhounzer sj^kj humeor du nez, 
macosité, morve; cf. en Zouaoua : akh/9ci/ jy;j, à 
Bougie : th^khiloulth «U^; dans le sous-dialecte de 
ro. Aniizour : akhenzi:; 'jj^\ ^l^i^ <^1^ d^s S* Our- 
thilan : akhen/'tV h.h:;.! ; à Ouargla : /tkheiua \Jiiiy qui 
ont le même sens. 

Cette particule AKH ou AKHEN se retrouve aussi, 
plus ou moins modifiée dans les mots qui désignent la 
bouche (dérivés de imi ^ dans presque tous les dia- 
lectes), mais avec une nuance de sens qui en fait des 
sobriquets : 

1* akhen ou akhan : Zouaoua : akhen^>ticA ^yci^^ 
lyJi bouche, diminutif /Aakhen- 

fouchich c^^. 

(Cf. B. Iznacen : akhencAoticA cr^iîi^i, joue ; Temsa- 
man : akhan^oi/r j>â^l, ponunette). 

iOuarsenis \ w'e£Lhoub%^^\\^ç^^^.vt^^VL- 
Ouargla / hah v^». 
Mzab : ir en6a(ô) (v)^»> becs. 

iHaraoua { , , . 

^ \ ak amotim > .Ja, bec, p. tk am- 

Zouaoua < ^'^^ '^ 

Bougie { ^^ • 

Temsaman : ak'emmot/m ^jki, bouche. 
Mzab : ak mot/m ^jîl, bouche. 
\]m final est remplacé peu* un ch qui semble marquer 
une idée péjorative : Zouaoua et Bougie : ak'emmot/cA 
^jîl, grosse bouche, pi. tk'emmoucAen ^>J»; Zoua- 
oua, dimin. /Aak emmoz/c^/ c^yS. 
— par un s : Bot'ioua : ak'emm^^ ^, bouche. 
4* agem f\ : Guélâia : eigemmoum ^^l, bouche. 
Eu Zouaoua et à Bougie, ce mot a le sens de 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 65 

« tertre » et le diminutif : thagemmou7nt w*>*è, celui 
de « monticule ». 

5^ ak' J : Zouaoua : sk'aboub vj.\ii, bec, pi. ik'oubab 

Cf. en Zouaoua : ak'arf'owm ^^iUi etoud'em y^^^ visage; 
Bougie : ak'adoum fy^\ et oudem ^.^3, visage. 

La gutturale a disparu à Syouah : ambou ^^l, bouche. 

§ 2. — En général, c'est moins une syllabe qu'une 
consonne qui est ajoutée à la racine dont elle ne modifie 
pas le sens. Ex. : Zouaoua : thid'ekth ^x ; Bougie : 
thidekth ii^jj, lentisque, et Zouaoua : ixnid'ek ijuc, et 
imid'eg d^^^-, lentisque. 

Dans quelques dialectes c'est un s qui est ajouté à la 
racine : Haraoua, B. H'alima, Ouarsenis : thadist c^X, 
lentisque ; à moins qu'on explique cet s par le retour 
du son ch (Temsaman : thid'echt ^:^X, lentisque) à une 
sifflante. 

Vs est également ajouté à la racine J N N (G N N) 
dans le mot toujinht c^jj^ air (Mzab). Les autres 
dérivés de la même racine dans ce dialecte sont : qfenna 
bji, ciel, pi. ijennaoun;j^\ly/^ tqfennoutCjJ^^ pluie, nuage; 
tadjennouit CjyJ^ pluie. 

On rencontre aussi l'adjonction d un ch : 

1"* Bacine M B : Zouaoua et Bougie : thamarth CjJJ.^ 
barbe. A côté de cette forme, on trouve dans les mêmes 
dialectes : a^amar jUii, pi. i(^oumar jU^,, barbe. 

2"" Bacine DH DH : Zouaoua : adhad' iU, doigt; 
thadhad'eûxt ^ji^iU»;, petit doigt. 

Le ch remplace aussi Vn dans les diminutifs des noms 
terminés par cette lettre : Zouaoua : amdoun ^^^^jul, réser- 

8 






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^6 ETUDES SUR LES DlALKCTES BERBÈRES 

Toir ; diminutif ihamdoucht c^^m\ petit réservoir. Quel- 
quefois il semble former le diminutif : Ex. : Zouaoua : 
t/iaf)rourf3c\if/i :^lj^jJ, grêlon, dérivé de thabrouri ksj^j^, 
petite grêle, diiiiiiiutif de abrouri iSj^j\ grêle. 11 s'em- 
ploie aussi dans la formation des noms propres : 'Amar 
j-, 'Amroxmh j^^jS^^ H'amed x^^ i^W/rfouch jt-^ji^; 
cf, les formes arabes correspondantes en oun : H'am- 
donn ùjJL^ et 'yi//^/^oun ô^j^. 

Cette torminaison oun est adventice dans quelques 
cas : ainsi en Abaggar : arekkoxm MO, bât de 1 ane, 
pb irekkan l-:Oj mot qui se rattache évidemment à la 
racine R K qui a donné : Ahaggar : trek^ tarik •:o+, 
selle, pi. tirikin j';o+; Zouaoua et Bougie : tharikth 
iiSIJ, selle, pL thirikin ofJ\ G bat : tarik •;0+, selle; 
Aonelimmideu : ettarik •\0+^ selle de chameau. 

On [leut attribuer à des additions de ce genre la forma- 
tion de mots comme azeggâbour jyj^j\^ pi. izeggdbar 
J^X, rouge-gorge (Zouaoua et Bougie) qui appartient 
à la racine Z G IV (Z OU R') indiquant l'idée de rougeur. 
Nous avons affaire ici à un nouvel exemple de Taffai- 
blisscmeiit dn /' en a (cf. azouggouar '^f^j\ rouge), 
mais la i^résence de la syllabe bour n'est pas expbcable. 
Peut-être a-t-clle des rapports avec aô^r qu'on rencontre 
aussi dans nu nom d'oiseau formé également d'une 
racine indiquent une couleur : Zouaoua : ?iks^vzigz(w 
^'Jïjj}y verdi er^ qui se rattache à la racine Z G Z (cf. 
aziyzmu jljfcj, vert, bleu). 

LV^ tîual est aussi remplacé quelquefois par un h\ 
bien qtie cette lettre n'appartienne pas primitivement 
au berbère et que l'on ne puisse expliquer cette permu- 
tation par les règles connues de la phonétique. Ainsi, 



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■^^i^V^^^/'"-,^'" 



.•:v^ 



ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 61 

à côté de la racine K' Z N (R' Z N, cf. Aoudjila : arzin 
Ij^^\^ petit chien), K J N, GIN, qui ont donné, la pre- 
mière : Guélâia, B. Ouriar'en, K'çour, Haraoua, Clia- 
ouia : aWzm ^^\, petit cliien ; la seconde : A. Khalfoiin, 
Zouaoua, Bougie : ak'joun ^jj»', chien ; B. Menacer : 
ak*jm ^jsl, chien; Zouaoua, Bougie : thak'jouwt cj^^y^^ 
chienne; la troisième : Giianche de Palma :aguaia\ïjjf\, 
chien, on trouve à Bougie : ak'ziW ^j^sl, petit chien, pi. 
ik'zah' ^jk», fém. thak'ziVet c^yi, pi thik'ziÏLthin ù^yi. 

Le K est encore introduit dans certains mots où l'on 
ne peut expliquer sa présence. Ainsi on rencontre chez 
les Ait Khalfoun la forme ajïiiek' ^ji, àne, à côté de la 
forme ijjedh J^y^, employée dans le même dialecte. 

hedh et le / existent également comme lettres adven- 
tices dans certains mots. Ex. : Zouaoua : ârrsadh u^Ujl 
dépôt d'humeurs, appartenant à la racine R S (cf. er^. 
j^ji, descendre). De même pour la racine G R qui a 
donné : Ahaggar : ^er OT ou gVr OX, jeter; Bougie : 
g(?r J", jeter; thegra \Js, but; thigri tsji^ jet; Tarou- 
dant et Zénaga : g^r ^, jeter; Ouargla : eger Ji; 
K cour : egger jfi. Le Zouaoua possède la double forme 
ger J^et dhegger ^52*, jeter, forme d'habitude dheggir 
J^ et par renforcement t'ek'ir jJd>. Chez les A. Khalfoun 
on rencontre ger J et dhi?* jw (= dheger; cf. B. Mena- 
cer : ier j, jeter, par adoucissement du g en i). 

Le dj s'ajoute de même à quelques racines. Ainsi en 
Zouaoua : akhmoudj ^^l, trou =r B. Menacer et Ouar- 
gla : akhbou ^1, trou. Le Zénaga renferme simultané- 
ment les deux formes : af ^t, trouver, aor. ioufi ^j., 
et à]ouf o^, aor. idjoi/ffi ^>>;. 



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m ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

Plusieurs dialectes, et spécialement le touareg, ont un 
h adventice, Ex. : Ahaggar : an -O et erha -jO, dési- 
rer, Touloir; ameri -OJ et amerha -jOD, ami; Aoue- 
lîmmîden : éhichk -laj, pi. ehichkan |-:3î, arbre = 
Ahaggar : echek -la, pi. ichkan |-:3 ; Zénaga : ar]ia Uji, 
écrire = Bougie : arou ^J ; Guanche de Canarie : ta7'ha 
Uj, marque d'écriture = Zouaoua : thira Ijiî, écriture. 

Bot'ioua et B. Iznacen : aharkous ^^ji^\, chaussure, 
dérivé de la racine R K S. Cf. Chaouia, B. Menacer : 
arka^ u-I^Ji chaussure; Zouaoua : tharkast CaJ^J ; Zé- 
naga : larkacht ii^lT/; K'çour : tarkas ^}\ Temen- 
tit : tarkast c^^J ; Mzab : tarchast cJ^J, 

Ou peut attribuer à un fait de ce genre la présence 
d'un :; dans le mot imezdourar jh3^yi9 montagnards 
(Bougie), qui est dérivé de la racine D K R (b' R R) : 
adrar j*jjl, montagne. Le préfixe pluriel im (sing. am) 
sert à former une des catégories de noms d'agents. 

§ 3. — Certains mots sont évidemment formés par 
la répétition d'une racine. 

Ex. ; Zénaga : khabkhaba U^, sorte d'araignée 
brune, mot formé par le redoublement de la racine 
KIIB; Mzab, Zouaoua, Djerid : izerzer jjjy^ gazelle; 
diminutif ; Zouaoua : thizerzerth ^jjSj\ K'çour : tizer- 
^^f' jjj'j' Le premier r est tombé dans azdir jO' (B. 
Iznaceu), où le rf représente un z. Le second z a disparu 
dans azrar jijjl (B. Menacer), 

Le redoublement a lieu quelquefois pour la dernière 
consonne. Ex. : Zouaoua : bed' j. et bded' u, se tenir, 
forme factitive sebded' jju.. 

De même à côté de la racine M CH qui a donné : 



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ETUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 69 

Touat, Guélâia, B. Ouriar'en, Temsamaii, Kihdana, 
K'çour, Mzab, Ouargla : mouch j.y, et la forme plus 
correcte amouch j^^i, chat (B. H'alima) on trouve la 
racine M CH CH qui donne : Ouarsenis, B. Menacer, A. 
Khalfoun, Zouaoua, Bougie : amchich ju:^\, chat ; Gou- 
rara : mouchch j^^; ïaroudant : amachchou ^^i. 

Dans le dialecte de Ghdamès, on trouve un f ajouté 
à un certain nombre de mots où il correspond parfois 
à un h du touareg Ahaggar : thaïali J^;, brolMs — Ahag^ 
gar : tihali •Ilj+, brebis ; Aouelimmiden : ti\\ailaouin 
i;il:+ plur.; K cour, Chaouia, Mzab : ouUi ^^, troupeau; 
Gourara, Haraoua, Zouaoua, Bougie : oui// j^, brebis; 
Ouargla : oulli J^, chèvres ; Zénaga : ioueUid' jui/^ 
chèvre. 

Ghdamès : asaî ^U, jour; Syouah : aski u^l = Zé- 
naga, Gourara, Touat, B. Iznacen, B. H'alima, K'çour, 
Ouarsenis, Haraoua, B. Menacer, Mzab, Zouaoua, 
Bougie, Harakta, Chaouia, 0. Bir', Ouargla, Djerid^ 
Dj. Nefousa : ass ^l, jour. En Chelh'a, on trouve les 
deux formes ass ^\ et asaf ^Ul. 

Ghdamès : aîour j^i, lion ~ Ahaggar Isak'k'amaren : 
ahar Oj, panthère; Ahaggar Ifour'as, Ghat : ahar Oj, 
lion; Aouehmmiden : ehei^ Oj, lion; Mzab : taherl ^^-, 
honne ; Sergou : tahirt +Oi+, lionne. On peut rattacher 
à cette racine H B dérivée de la racine R le nom d'une 
sorte de hyène : tahourt -0:+ en Ahaggar^ et iamuri 
•Ott+ par mutation du h et du z. Cf. B. Menacer, 
Harakta, Ouargla : ar jl, lion; Chaoïda : arr J, lion; 
Ouargla : taertCjjS^, lionne; 0. Rir* : aouir^ jj\^ lion ; Zé- 
naga, Mzab, Harakta, Dj. Nefousa : ouar j^^ lion; Mzab, 
Dj. Nefousa : iouart OjljT, lionne. 



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À 



10 ETODES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

§ 4. — La formation des noms composés par la jux- 
taposition est trùs rare en berbère, bien que deux 
exemples de ce genre soient communs à tous les dia- 
lectes. 

Zouaoua : asr'arsif <-«**- jU-*,!, aune =: asr'ar bousif 
4,a«-j* jl*-,!j ûrbro de rivière. 

— merzbouk'al jij;j^» « qui casse les pots », de erz 
\ji^ briser ; hmh^ul jftj., vase, nom du Calystigia sepium, 
sorte de convoi vulacée. 

Le mot signifiant « frère » est formé des deux mots : 
fils [eg^ ag^ rou^ ou) et mère [immay ma). 

Ex. ; Zouaoua et Bougie : egma |fi, frère ; Chelh'a : 
ogma Ift, Touat, Gourara, Guélâia, Bot'ioua, Temsa- 
man, Mzabj Cheouia : oitma U^, frère; B. H'alima, 
K'çour, Ouarsenis, B. Menacer, Djerid : iouma\ Dj. 
Nefousa : roummou y^j (cf. rour OO, fils, en touareg). 

Le plui'iel est formé de aith^ ath^ ait^ fils (pi.) et de 
ma, mère; on y ajoute quelquefois abusivement une 
seconde marque du pluriel. 

Bougie^ B, Menacer : aithma irl, frères; Ouarsenis : 
iithma L^ ; Kcour : achtema ic^l ; Mzab : ait ma iri; 
Zouaoua : athmathen j^VI, aithmathen <>lrl, frères ; 
Bougie : ithrnaîhen j/ir. 

La même formation a lieu pour le mot « sœur » : Mzab : 
ouUma i^jj c< fille de mère » ; Ahaggar : oultma • J+ll ; 
pL Mzab : isetma \^^.; Ahaggar : isetma O+O ; Zoua- 
oua : oultma : l^j^ pi. isethma ic-i. Le premier élément 
(ïW, iseth) paraît être le même que south ^1»^, employé 
en Zouaoua : filles; cf. Zouaoua : issi ^,, tille; Mzab : 
issu ^j..w. 

J^e mot aseggas yisLl ou asecjgouas ^\Sis^ année^ 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 1\ 

paraît de formation analogue et dérivé de a.^s ^l, jonr, 
plur. oussan ^jL^. On le trouve employé dans les dia- 
lectes suivants : Chelh'a, Guélâia, Chaouia, Mzab ; 
asouggas ^^y^, année, pi. isouggasen ^^S^/, Dj, Ne- 
fousa : souggas u^y^^ année ; B. Menacer : aseggouas 
^ijCl et asouggouas ^\/yJ, année ; A. Khalfoun et 
Zouaoua : aseggouas u^\jL\^ pi. iseggouasen ^^^50, 
année ; Bougie et Ouargla : aseggas u-K-i, année. La 
forme la plus simple s'est conservée en Guélàia : amtias 
^\yJy année. 

En Zénaga, les s mouillés sont devenus des ch et la 
contraction des deux ou a eu lieu en b et non en g, Ex. : 
achebbech^j^\^ année, pi. ichebbechen ^^^îxIj. En touareg 
(Ghat et Ahaggar) on a conservé le véritable mot ber- 
bère : aouêtai ^+1, année, pi. iouétian |^+; ; Aoueiim- 
miden aouatai : ^+1 

§ 5. — La dérivation régulière des racines est parfois 
modifiée par des métathèses dont plusieurs dialectes 
présentent des exemples. Ex. : La racine B G S qui a 
donné en Zouaoua et à Bougie la forme ebges ^jS*\, se 
ceindre; en Harakta : abeggas ^I^J, ceinture, ai^c-cn- 
ciel, devient en touareg : G B S. Ex. : Ahaggar : egbe.^ 
0®T, se ceindre; agabas OQIT, ceinture ; AoueUmmi- 
den : tagebist +0®T+, ceinture. 

Ces métathèses se rencontrent quelquefois dans le 
même dialecte : Zouaoua : a\i'aà]aà]ou yff^ et o](i\i\\' 
^jjt, flamme; Syouah : aâhir j^j\, pigeon ; /abdîW Oj^ju, 
colombe ; Chelh'a : ^tch ^i, et chei c^, manger. 

§ 6t — Uue autre modification à signaler dans je 



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à 



11 ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

développement des racines est celle que produit la chute 
d'uue consonne au milieu ou à la fin d'un mot. 

Comme exemple du premier cas, on peut citer la 
forme sir' ^, allumer (B. Menacer, Mzab, Zouaoua), 
dérivée de la racine R R' (cf. err' gji, brûler). On trouve 
aussi au Mzab la forme sirr' ^j^. 

Le Zénaga a conservé la forme complète thakhsa l*^*, 
foie, qui est devenue en Zouaoua et à Bougie : thdsa LJ; 
à Syouali : tasa Lj. 

On trouve simultanément chez les B. Menacer les 
deux formes : thisednan ùI»*juJ, et thisnan ^IJUJ, femmes. 

La chute du r' est très fréquente en Zénaga : ^/oo*, 
tète ~ Zouaoua, Chaouia, Ouargla, Dj. Nefousa : iv'ef 
a**, tête ; Ahaggar, Kel Oui : iv'ef ][• ; Ghdamès : ÎT'af 
«*; Aouelimmiden : ev'afHi 

Zénaga : am ^\ aor. iama U, se tenir : racine R' M. 

Zénaga : an ^\ aor. iana a, attacher : racine R' N. 

Oo peut en citer un exemple dans le dialecte des 
B. Menacer : azil J^ji, chaleur; cf. Bougie : azv'al jUji, 
chaleur; Zouaoua : amouzev'el y^jy\^ tiédeur. 

Plusieurs dialectes ont également perdu le r' dans 
les dérivés de la racine L R' M. Ex. : Ghdamès : allam 
|fcïl, chameau (où la chute du r a amené le renforce- 
ment du /) ; Gourara, Mzab : aloum ^^l, chameau, cor- 
respondant à la forme alvoum ^yà\ (B. Menacer, Zoua- 
oua, Haraoua, Dj. Nefousa), aWom jJI (A. Khalfoun), 
et eîvQum ^yà\ (Syouah) ; Tiattaf, Tementit, Ouargla : 
alem i*, correspondant à alv'em iil (K'çour, Bougie, 
Djerid). La forme allam fi\, de Ghdamès, correspond à 
alram ^UJi (B. H'alima, Ouarsenis, Djerba). C'est de la 
forme abrégée alem^\, qu'est dérivé en Zénaga : edfim 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 73 

^>.l, chameau, avec changement de 17 en dj par Tinter- 
médiaire de d et de d. 

Dans le cas où une consonne tombe, celle qui la suit 
est quelquefois renforcée. Ex. : Ouarsenis et B. Menacer : 
thad'ouît *i35jb, laine = Zouaoua : thad'ouV i^^j1\ Ahag- 
gar : tadhouîi +13+ , laine; Ouargla : tadhouîi c^y^: 
= A. Khalfoun, Bougie : ladhouV s>yaS. 

La racine K S DH exprimant l'idée de « craindre » 
nous présente un exemple de ce que peuvent produire, 
dans le développement des thèmes, la chute d'une con- 
sonne et les mutations phonétiques. Sous la forme 
K S DH, elle adonné en Ahaggar : eksoudh 30-;, 
craindre; touksedha^ touksedhi •30*;+, crainte; amek- 
soudh 30*;il, craintif; en Chelh'a : ksedh jxJf, craindre. 

Avec l'adoucissement de la dentale (K S D) : Ghdamès : 
eksad ^Ufi, et aksoud ùyS\^ craindre. 

L'^ est tombé en Chelh'a : taouakda ij^iy, crainte. 

En Zénaga, la gutturale est devenue une aspirée, la 
sifflante s'est mouillée et la dentale s'est adoucie : (KH 
CH D') : akhchoud' i>i^l, crainte; khachoud' s^^, V® 
forme takhchad il^", craindre. 

Dans les dérivés suivants, \s a disparu et la guttu- 
rale s'est modifiée. 

Racine G D'. : B. Menacer : eggoud' 3j5l, goud' ijT, 
craindre ; thigd'i t^JX;, crainte; A. Khalfoun : eggouadH 
jl/1, craindre ; Zouaoua : aouggouad' ù\^^\ , craindre ; 
IP forme mouggouad' '^^^y^ être craint; IV^ forme : 
tsaouggouad' y/^U , craindre souvent ; thaggouad'in 
^}\^ et thougged'i t^jTjî, crainte; amaoggouad' ii/l.l, 
craintif; Harakta : eggoud' i^fi, avoir peur. 



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U ÉTUDES SLR LES DIALECTES BERBÈRES 

Hfieiiie G D : Touat : egged jSÎ, avoir peur ; Guélâia : 
ouggid jS'^, craindre; K'çour : ouggoud jjf^, V* forme 
touggoud j/y, craindre ; Mzab : egged jSÎ, aor. iougged 
jfy, craindre; I" îormc songged jÏ'j^, effrayer; Bougie : 
eggnd M, craindre ; thaougda fïT^*, crainte ; Harakta : 
teggad jIS, craindre ; Chaouia : eggoud j/1, craindre ; 
Ouargla : egged jîl, craindre, V" forme souggoud jjS^, 
effrayer, V* forme taggoud ù^. 

Racine G DJ : Tementit : eggedj ji, craindre. 

Le g s'est affaibli en ou : Bougie : thioud'i t^i^*, 
crainte ; cf. B. Menacer : thigd'i ts^. 

Quelquefois deux lettres d'une racine disparaissent 
dans le déyeloppement des thèmes, mais cette chute n'a 
pas lieu simultanément dans les mêmes dialectes : ainsi 
dans la racine S G N F qui s'est conservée à peu près 
intacte dans le Mzabi tisejnefl Ca^, aiguille (adoucis- 
sement du G en J), tantôt le g, tantôt 1'/ disparaissent, 
et Ton a alors les thèmes : 

S G N (Cil G N) : Zénaga : echchigni Jl,\, alêne, pi. 
ehigniin ^ùèi, et achagnoun jySl.\ ; tsougnad' jUf^", clou; 
tsougnath ^15^*, pi. tsougnad'en jS'ir^j, aiguille ; A. Khal- 
foun : thisegnith *ijiilo, pi. thisegna usij, aiguille ; Zoua- 
oua : thisegnith il^Xj, pi. thisignathin à^\^Lj^ aiguille; . 
Bougie : ihissegnilh ^1^:0, pL thissegnithin cçV^S 
aiguille; Chaouia : tisagnit cJ^^ aiguille; Ouargla et 
Djerîd : tisegnit c^,S^, aiguille, pi. tisegna uCj; Syouah : 
tizegnit *:^y, aiguille. 

S N F : Guélâia : thisineft J*fL*j, aiguille, pi. thisinaf 
^jlL-j; K'çour ; tisineft cjc^, aiguille, pi, tisinfaouin 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES ift 

Cette dernière racine est devenue en Ahaggar : stan- 
fous OKI+O, aiguille, pi. istanfassen lOXI+O 

Comme exemples de chutes de lettres à la fin d un 
mot, on peut citer : 

Zénaga : jobba Vj, rouge ; Syouah : azgua i/j«, rouge. 
Cette dernière forme est à rapprocher du Zouaoua 
azouggouar' ^i/^ji. Tous deux dérivent du thème Z OU R'; 
la dernière radicale est tombée comme ànn^ jobba où 
le y représente le z mouillé, et le è la contraction de 
deux ou qui ailleurs a donné un g. 

Us final est tombé dans les mots : aiet'a U^iJ, beau- 
coup (Haraoua et Ouarsenis) et ailta U, beaucoup (B, 
Menacer) qui appartiennent aux racines T' S et T S ; 
cf. Gourara, A. Khalfoun, Zouaoua et Bougie : affas 
^11,1, beaucoup ; Guélâiâ : aitas ,^l-l, beaucoup. 

Vi final a disparu également dans le mot ak'errou 
^ysl, tête, pi. ik" ouvra Ij^* ; qui existe en Zouaoua à coté 
de la forme complète ak'errou\ (S3j\, pi. ik'ourrm tfOj*^ 
tête. Celle-ci s'est conservée à Bougie : ak^k'aroui ^^jl ; 
en Chelh'a : ak'k'arom çssj\j et à Ouargla, dans le 
diminutif tak'raouit c^^^^J^- 

§ 7. — Quelquefois la consonne ne disparaît pas 
sans laisser de trace : c'est lorsqu'elle s'assimile à la 
consonne qui la suit immédiatement et qui, par le fait 
même, se trouve redoublée. 

Ainsi le g dans le mot asinna \U, nuage (B. Menacer), 
dérivé de la racine G N, s'est assimilé à Vn qui le suivait ; 
cf. Zouaoua : asinna uCi, ^iasi^nou ^\^ nuage; Bou- 
gie : asigna uCl. 

C'çst ordiaairçment Vn qui disparaît de la çorte, Ex, ; 



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7,; ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

Zouaoua : andi t^jCI, tendre un piège. Cette forme, qui 
s'est conservée chez les Aïth Aïssi et les Aïth Menguel- 
lad, est devenue en Chelh'a : eddi c^J, observer; cf. 
Zénaga : addoun ^J3^^ préparatifs. En Zouaoua même, 
chez les Aïth Iraten, le d redoublé s'est encore affaibli 
en d\ avec allongement de la voyelle initiale : ad'i (s'ù^^ 
tendre un piège, aor. oudir' ç^^y 

Dans les dérivés de la racine N K R, Vn s'est con- 
servé dans quelques dialectes : Ahaggar et Ghat : euker 
O'W, se lever, V" forme senker O-IIO, faire lever; 
Chelh'a ; weker J^^ aor. iviker Ji, se lever; Zénaga : 
enk€ï\ aor. îbwnker jJ5^, se lever ; Zouaoua : tsene^- 
ker Je:, et //?enekkar jKJ, formes d'habitude; n. d'action 
ihenekkera I^Sc, action de se lever. 

Racine N X R : Chelh'a : eaxer J^\, se lever. 

Il s'est assimilé au K (rac. K K R) : Touat, K'çour, 
Ouarsenis, B. Menacer, A. Khalfoun, Zouaoua, Bougie, 
Chaouia, 0, Rir', Ouargla, Djerba, Dj. Nefousa, Ghda- 
mès : e\<ker jTi, se lever; nom d'action thoukva \J'J,^ 
action de se lever. 

Avec radoucissement du k en tch (rac, TCfl R) : Mzab : 
eteher j^\ ; F^ forme setcher j^, éveiller. 



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TROISIÈME PARTIE 



MORPHOLOGIE 



CHAPITRE PREMIER 
Pronoms. 

On a contesté depuis quelques années Tcxisteûce in- 
dépendante de thèmes pronominaux et Ton s'est appli- 
qué à démontrer que ceux qu'on croyait tels n'étaient 
que des résidus de thèmes nominaux et peut-être ver-- 
baux : en un mot, que les pronoms, soit affixes^ soit 
isolés, n'existaient pas primitivement par eux-mêmes et 
ne pouvaient former une classe à part. Sans contester 
Texactitude de cette théorie, il est impossible; actuel- 
lement, de chercher à reconstituer la forme primitive 
qui n'est plus représentée aujourd'hui que par des arti- 
culations très courtes, sous peine de s'abandonner à 
des spéculations purement subjectives qui ne pour- 
raient que retarder la marche régulière, mais lente, 
des études de philologie berbère. Je procéderai donc 
comme si l'existence de thèmes pronominaux était cer- 
taine, réserve faite, bien entendu, sur le sens à donner 
à cette dénomination. 

Les pronoms personnels se présentent sous deux 
aspects : ou af fixes ^ c'est-à-dire joints à un verbe, à 



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76 ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

une préposition ou à un substantif ; soit isolés. Dans ce 
dernier cas, le thème pronominal est joint à un sup- 
port, il ordinaire une particule : toutefois l'on peut 
croire que, dans certains cas, nous avons affaire à un 
redoublement du pronom lui-même. 

A. — PRONOMS PERSONNELS 
]. — Première personne. 

§ L — Singulier. — a) A f fixe. — Suffixe d'un nom 
employé avec la préposition n. Le thème est r' ou k. 

THÈME R' 

La forme complète s'est conservée dans les K'çour 
et en Harakta : inour' ^y-, de moi. 

Cette forme se modifie : 

1" Par la chute du r' : Chelh'a, Touat, Gourara, 
Guélàia, B. Ouriar'en, Kibdana, Bofioua, Temsaman, 
B. Iznaqeu, Bot'ioua d'Arzeu, B. H'alima, K'çour, Ha- 
raoua, B. Menacer, Zouaoua (rare), Bougie, Syouah : 
inou >, ; Ahaggar, Sergou : inoii -1, de moi. 

Aouélimmiden : ino -1 ; Taroudant : no j. 

Aouelimraiden : ini -1, eni •! 

2** Par la chute de Vn : Ouarsenis, B. Menacer, Zouaoua, 
Bougie, 0- Bir', Ouargla, Djerid, Djerba : iouy, de moi. 

Celte forme, en s'affaiblissant est devenu i (S à, Ghda- 
mès ; ou j, en Zouaoua et à Bougie. 

THÈME K 

Ou trouve la forme complète à Ghdamès : enouk 
iîj^V de moi. 



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k 



ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 'i^ 

Vn est tombé au Mzab : iouok !Jj», de moi. 

Dans quelques dialectes, le r' et le k ont disparu : il 
n'est plus resté que la préposition : Zénaga : in ^, de 
moi; Kel Oui, Ahaggar, Aouelimraiden : in I, de moi. 
En Ahaggar, lorsque le substantif auquel est joint le 
pronom affixe se termine par une voyelle, on intercale 
un h euphonique. Ex. : takouba hin lj-®*;+, épée de 
moi, mon épée. 

Comme complément d'une préposition autre que la 
préposition n, on trouve i dans tous les dialectes. 

11 est à remarquer que le même pronom s'emploie à 
la première personne du singulier pour le féminin 
comme pour le masculin. 

b) Isolé. — Le pronom isolé de la première personne 
se compose du thème pronominal joint à une particule 
de support : n. 

Le thème pronominal est A:, qui subit, suivant les 
dialectes, des modifications phonétiques. 

{"" La forme la plus simple du pronom isolé se com-. 
pose du support joint au thème : 

Chelh'a, Taroudant, A. Khalfoun, Zouaoua, Bougie : 
nek a, moi; Ahaggar, AoueUmmiden : nek -Il ; Ghat : 
nak •;! 

t"" Le k s'adoucit en tch : K'çour, Bot'ioua, Ouarse- 
nis, Haraoua, B. Menacer, Chaouia, 0. Bir', Ouargla, 
Djerba : netch ^', moi ; K'çour, Harakta, Dj. Nefousa i 
nitch ^Vmoi. 

3*" Le tch lui-même s'affaiblit en ch : Touat, Bot'ioua 
d'Arzeu, B. Menacer, Chaouia, 0. Bir', Ouargla, Ghda- 
mes : nech J^^ moi; Gourara, Guélâia, Temsaman, B, 
Ouriar'en, Bot'ioua, Kibdana, Syouah : nich ^^ moi. 



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sa ETUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

A cette forme viennent s'ajouter des particules dé- 
monstratives (ij Hj ini^ int^ intij «, an^ ou^ ouder\ 
oiman). 

Sufflxe i. 

a} z\ Taroudant, Doubdou, Zouaoua, Bougie : nekkï 
ip (n'KKi), moi; Taroudant : nikki jTi (n'KKi); B. 
H'alîma : netchï ^ (n^TCHi); Mzab : nechchi ^ 
{n^CHCHi). 

Ê) iri^ Clielh'a, Taroudant : nekkin cé^ (n^KKin), 
moi; Mzab : nechchm cç^ (n^CHCHin). 

y) ini, A, Khalfoun, Zouaoua, Bougie : nekkmi ^, 
moi (n'KKini). 

S) int, K'çour : netchïni c/^ (n^TCHint). 

ê) inti^ B, Menacer : netclim\i ^d (nTCHinti). 
Suffixe a. 

a) a^ Zénaga : nik^ K, moi (n*Ka); Touat : nechïx Ui 
(n^CHa). 
Ê) an^ Zénaga : /^^A:an ;^^ moi (n'Kan). 
Suffixe ou. 

^ ou^ Ahaggar : nekkon Ml, moi (n^KKou). 

fi) ouder\ Ahaggar : nekkoviàQv' :n-;i, moi (n^KKou- 
der'). 

ï) ounan^ Ahaggar : weMounan /l-;i, moi (n^KKou- 
nan). 

§ 2, — Pluriel. — a) Suffixe. — Le thème pronomi- 
nal de la première personne du pluriel est R', quelque- 
fois affaibli en A ou en A, précédé, sauf de rares excep- 
tions, de la voyelle longue a. Cependant, même pour 
les suffixes directs, certains dialectes ont la forme nar' 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBERES Si 

çU. On pourrait expliquer la présence de cet n par la 
marque du pluriel, mais il faudrait admettre que celle- 
ci peut se placer devant le pronom qu'elle détermine; 
ce qui est en opposition avec toutes les règles en ber- 
bère. Peut-être la forme aren ^', qui existe à Bougie 
{a?'' en izer sj, c/^S il nous verra), a-t-elle conservé à la 
fois Taffixe pronominal et la marque du pluriel , mais 
l'on peut objecter que la syllabe en est une ptirliculc 
démonstrative analogue à celle qui existe dans^ les 
formes nekkin oSS^ nikan ^ISlî, etc. 

La forme ar' gl s'emploie : 

1** Comme suffixe direct d'un verbe : Gourara, Touat, 
B. Menacer, Zouaoua, Bougie \ ar\ nous. 

2** Comme suffixe indirect d'un verbe ou complément 
d une préposition : ïouat : ar' ^I, iar ^i, à no lis ; Bou- 
gie : ar' ^l, iar' gji, à nous : garar' ^ijl^, entre nous; 
ezzathar' ^iTljl, devant nous, fellar' ^3U, sur nous; Ha^ 
rakta, Djerid : ar' ^i, à nous ; Syouah : ar' ^1, à nous; 
Ahaggar : ner' il, de nous (n, marque du géiiitit), 

La forme nar' '^ se trouve : 

1"* Comme suffixe direct d'un verbe : GuélAia, KiJ»- 
dana, Bot'ioua, Temsaman, B. Ouriar'en, Kroiir, B. 
H'alima, Ouarsenis, Haraoua, Mzab : nar' ^t; nous ; 
Ouargla, Syouah : anar' ^i;i, nous. 

2** Comme suffixe d'une préposition : Touat : ennar^ 
g\;i, de nous; Tementit : r'ournar' ^lîj^, chez nous; 
Gourara : r'anar' ^UU, chez nous ; Bif (Guélâia, Kibdana, 
Bot'ioua, Temsaman, B. Our'iaren) : ennaf ^i*ï, de 
nous; r'ournar' ç^jy^y chez nous; B. Iziiacen, Bot'ioua 
d'Arzeu, B. H'alima : ennar' ^Ul, de nous; K'çour : 
anar' ^i»*i, à nous; ennar' gCl, de nous; Ouarsenis : r'er- 

6 



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*S ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

nar' gi;>, chez no\i&\ ennar' gUl, de nous; Haraoua : 
anar' giï, à nous; B. Menacer : ennar' gUl, de nous; 
miai'^ '^\^ à nous; Mzab : r'ernar' gli>, chez nous; Zoua- 
oua ; rournar gbj>p, chez nous ; ennar' ^Ul, de nous ; 
Bougie : ezzathnar gL*iji, devant nous ; Harakta : ennar' 
glïfj de nous; Ouargla : 2«war' ^a, à nous; Djerid : ennar' 
gUi, de nous ; r'ernar' j^J^^ chez nous. 

On peut y rattacher les formes allongées : anar' ^Ui : 
B, Menacer, Zouaoua, Bougie : /i?//anar' gi;3U, sur nous; 
Aouelimmiden : manar' î/l ; Ghat : /xanar' :/l, de nous. 

Va s'est affaibli en e : Ahaggar : nener' i/l, de 
nous; in nener' îl/l, de nous; haner' :lj, aner' H, à 
nous; dhefferner' :IO][3, derrière nous.. 

Le r' s'est affaibli en a : Ghdamès : oûrnd ^j^ (cf. 
r^ournar')^ chez nous; nand ^t, de nous; Ouargla : 
ennd ^\^ de nous. 

Cet a lui-même est devenu un a : Ouargla et 0. 
Rir' : en/ia m, de nous ; 0. Rir' : ana tl, à nous; r'erna 
L'>>^ chez nous. 

Enfin \a est tombé : Zénaga : nan ù^-, de nous. 

Le thème K ne s'est conservé qu'en Zénaga : 

l"* Forme ak îii, avec la préposition : nak iJU, de nous. 

2** Forme nek ci (correspondant à nar' ou ner')^ avec 
une préposition : ianek ùîi», à nous. 

h) Dans le pluriel du pronom isolé ^ c'est le thème K 
qui a prévaki. 11 est formé, comme le singulier, d'un 
support//, du thème K, précédé quelquefois de la voyelle 
oM, de la marque du pluriel «^^, d'une particule démons- 
trative z, a, m, dh. Le thème K subit, suivant les dia- 
lectes, les modifications phonétiques signalées au singu- 
lier. 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 83 

1^ Bougie et Zoiiaoua : noukni jT^ (n^"Krii). 
En le comparant à la forme nek CX ou nekki^ on peut 
admettre que la fortne la plus ancienne du singulier 
était nouk (cf. la vocalisation du pronom suffixe mour'). 
Peut-être est-ce l'assourdissement de la voyelle ou en e 
qui a amené le redoublement du k dans nekki jû. 
(Ihelh'a : nokni ^^ (n'^Kni). 

Zénaga : nekini ^^ (n^Kini), nokoimi J^(n°Kx)uni). 
Forme allongée par la particule in : 
Ghdamès : neknin cjçS^ (n^Knin). 
— par la particule dh ou t : Ahaggar : nekkenidh 
31- :i (n^KK^n^dh); Ghat : nakanedh 31- :i (n^K^nMh) ; 
Aouelimmiden : nekenet +V\\ 

2^ Le thème K s'est adouci en TCH, 
a) La forme simple existe chez les B. Iznacen : netchin 
Cftf , nous (n^TCH'n). 

P) Addition de la particule a : 0. Rir' : nitchana ii*: 
(n^TCffna). 

y) Addition de la particide démonstrative in : B, 
H'alima : netchinin où^ (nTCH*nin) ; Ouarsenis et B. 
Menacer : nelchnin cj^ (n^TCHnin). 
3" Le thème TCH s'est affaibli en CH. 
a) La forme simple : nechchin cç^, nous (n^CHCH'n) 
s'est conservée en Temsaman, chez les Bot'ioua d'Ar- 
zeu et à Djerba. 

p) Addition de la particule a \ 0. Rir' : nichana UUj, 
nous (n'CH*na). 

y) Addition de la particule i : Gourara : nichni ^^, 
nous (n*CHni) ; Haraoua et Mzab : nechni ^^ (n^CHni) ; 
Syouah (par métathèse) : enchini ^..ajI (^nCffni). 
s) Addition de la particule in : Bot'ioua, K'çour, 



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Iïjerl>a : twcfuiin c^, nous (û*CHiiîii); Touat : tmrhnm 
;^ (ii*(;ilfiiiii: Tnuat, Mzftb, Ouargla : nkhmn (^ 
{il*CHiiuj^, 

£) Addiltoit de In [larticulr hU : IC'çour : nechiini 
CJ^^ nous in*^lllninlL 

Ihiu^ H\H'U\uvs dialectes, oji trouve une forme lémi- 
iiiae de ce projjoui ; le /, uiiirque du rémiuiti, au lieu 
de .suivre ininjeiliatoraeid le thème, se place après la 
manpie du pluriel et avant les particules démonstra- 
tivcs : 

Chelh a : imhjnii ^^ nous \n (suppon), ""K (théine |, 
**« (marque du pluriel), /(marque du feminio), * (parti- 
cule tlémoustrative)], 

Zouaoua : nnukenti ^^ (n"''K''u/j) : A. Khalfoun et 
Rouf^ie : mnkfudhi ^^ fn'^'K'nMij ; Ahaggar : nekke- 
netidh 3+v:\ (n KK ii7idh). 

Dans le dialecte ik^s B. Meuauer. le /du féminin est 
placé même après les [)artjeulcs démunsti*alives : uelch- 
nint ci^ (a*TCHniu/). 

II. — Se^'cmde personne. 

§ 1.^ — SfNGLLïKH, — €i) Affixe, — œ!) Masculin. — Le 
thème du prouom affixe de la 2*" personne du singulier 
masculin est K, aussi bien quand il est joint à un subs- 
tantif que lorsqu'il est employé avec un verbe ou une 
préposition. Ce K subit, suivant les difl'érents dialectes, 
des modilîcatious phonétiques, 

Chelh' a, Taroudant, Gourai a, Touat, Bougie, Cha- 
ouia, Harakta, Zouaoua, A, Khalfoun, 0. Rir'^ Ouargla, 
Djerid, Ghdamès, Syouah : A iJ, ik a, ak :îl, ek du A 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES 3ERBÈRES 15 

rOuarsenis, on trouve ek ii\ employé comme afCxe à\m 
nom ou d'un verbe; Aouelimmiden, Sergou, Kel Oui, 
Ahaggar, Ghaf: k •:, ak •:, ek •:, suffixe indirocf; kai 
S-:, suffixe direct; Zénaga : ki ^ régime direct; ek ;Ji, 
ak :Jl, ik a, régime indirect. 

Le thème K s'adoucit : 

En TCH : Mzab : tch g, etch ^\,atch gf. 

Ou en X : Djerba : x li, suffixe d'un nom ; Ouarsenis ; 
X suffixe d une préposition; B. Menacer, x il, r/, a, ex, iJi. 

Le TCH devient un CH : Doubdou, Guélâia, Bot'ioua, 
Kibdana, Temsaman, B. Ouriar'en, B. Iznacen, Botloua 
d'Arzeu, B. H'alima, K'çour, Haraoua, Mzab : ch j^\ 
ach ^J^ ; ech ja. 

P') Féminin. — 11 existe un pronom suffixe fén)inia 
de la 2^ personne, dont le thème est M, précéda des 
voyelles a^ e^ i. Cette forme est peut-être abrégée 
pour kem f; le k marquant la 2^ personne et Vm le 
féminin. Ce qui semble justifier cette hypothèse, c'est 
qu'on emploie encore kem feu Zouaoua, kem D-; en 
Ahaggar, kam II*: à Ghat lorsqu'il est affixe direct d'un 
verbe. De plus le k (même modifié) reparaît au pluriel, 
et en Zénaga au singulier quand il est complément 
d'une préposition. Ex. : arkem jG^ chez toi. 

L'affixe m [am ^\ ; im ^r ; ern ^\) existe en Zénaga, 
Chelh'a, Toùat, Gourara, Guélâia, Kibdana, B. Ouria- 
r'en, Temsaman, Bot'ioua, B. Iznacen, Bofiona d'Ar-- 
zen, B. H'alima, Kçour, Ouarsenis, Haraoua, Mzab, 
B. Menacer, Zouaoua (suffixe indirect), Bougie, Ha^ 
rakta, 0. Bir', Ouargla, Djerid, Djerba : m 3 (suffixe 
d'un nom ou d'une préposition), Ahaggar, Ghat, Aoue^ 
limmiden. 



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86 ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

b) Isolé. — a') Masculin. — Le pronom isolé est 
formé de Taffixe joint à un support k qui ne peut être 
que la réduplication de ce même pronom. 

La forme la plus complète paraît s'être conservée 
dans le Zénaga : kotik •Jjr(K^"K), toi. ' 

Par un phénomème isolé, en opposition avec les lois 
phonétî(]ues du berbère, les dialectes qui ont gardé 
le k comme affixe, TafFaiblissent en tch quand il est 
employé comme* pronom isolé. Au contraire, ceux qui 
ont les affixes en tch ou en ch affaiblissent la particule 
de support, et maintiennent intact laffixe pronominal 
k. Nous avons ainsi deux classes principales bien 
distinctes, subdivisées en catégories secondaires, sans 
parler des particules démonstratives (2, m, a) qui s'a- 
joutent à la 2® comme à la V^ personne. 

\ "" Le support préfixe s'est conservé sans modification ; 
le suffixe pronominal s'est adouci en tch : 

Zoiiaoua, A. Khalfoun, Bougie : ketch S^ toi (KTCH) 
avec les particules démonstratives : 

a) Zouaoua et Bougie : ketchi ^(K^TCHi), loi. 
P) Zouaoua et Bougie : ketchini ^^(K^TCHini). 
S"" fjG support préfixe s'est adouci, le thème prono- 
minal affixe est resté intact : 

Touat, Gourara, Bot'ioua, Guélâia, B. Ouriar'en, 
Bot'joua d'Arzeu, B. H'alima, K'çour, Ouarsenis, Ha- 
raoua^ B. Menacer, Harakta, Chaouia, 0. Bir', Ouar- 
gki, Djerid, Djerba, Dj. Nefousa, Syouah : chek cb 
(ch^K), toi; Temsaman : chik Ol (ch*K). Cette forme 
peut subir un allongement par l'addition d'une parti- 
ci! le démonstrative. 

ût) Addition de a : Touat : chekka Isi (ch^KKa). 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES S7 

p) Addition de i : K'çour : chekki ^f^ (ch^'KKi), 

y) — de ia : Touat : chekia LSi (ch'Kia). 

l) — d^ in : Djerba : chekkin c^ (ch^'KKin). 

e) — de int : K'çour : chekkint ciSi (ch^KKint). 

Le suffixe est devenu g : Ghdamès : cheg ^ (ch"G). 

3*" Le support est resté intact; Taffixe pronoraiual 
s'est adouci en i. 

Chelh a : ki ^T (kl), toi ; Ahaggar et Aouelimmiden : 
kai ^-l (k*I). Dans ce dernier dialecte, on trouve aussi, 
la forme diphtonguée k^ •; 

Cette forme est susceptible d'être allongée par les 
particules démonstratives dont j'ai déjà parlé : 

a) Par ou : Ahaggar : kaiou :^-; (kMon), 

p) Pavoîider' : Ahaggar : kaiouder' -n:^-: (k^Touder'), 

y) Paroiman : Ahaggar : kaiounan /W^-: (k'^Ioinmn). 

4"* Le suppqrt et l'affixe so sont modifiés : Mzal> : 
chetch ^, toi (chTCH). 

Cette forme peut s'allonger à l'aide dos particules i 
et in : Mzab : chetchi ^ (chTCHi); fhetvhifi (j^ 
(chT^CHin). 

P') Féminin. — Le pronom féminin isolé s*^ (compose 
d'un support k qui varie comme au masculin et ile 1 af- 
fixe m qui reste invariable. Cette forme peut s'allonger 
par l'addition de particules démonstratives. 

1"* Le support reste intact : Zénaga : komn ^j^fk^^M ; 
cf. masc. kouk)] Ahaggar et Aouelimmiden : kam 3^' 
(k*M); A. Khalfoun, Zouaoua et Bougie : kem jr(k^M). 

a) Addition de la particule i : Zouaoua et Bougie : 
kemmi J^ (k^MMÏ). 

p) Addition de la particule ou : Ahaggar : kemmnn 
D-; (k^MMou, cf* masc* kaiou). 



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8S ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

y) A^ldition dr* la particule in : Chelh'a : kemin ^jf 
(k^Min). 

l) Addition de la particule i7ii : Zouaoua et Bougie : 
kemmini ^ (k^MMini). 

£) Addition de la particule ounan : Ahaggar : hem- 
mounan nx\< (kMMounan). 

2*" Le support s'est modifié : 

a) En eh : Touat, Gourara, Bot'ioua, Temsaman, 
Bot'ioua d'Arzeu, B. H'alima, K'çour, Ouarsenis, Ha- 
raoua, B, Menacer, Mzab, Harakta, 0. Bir', Ouargla, 
Djerid, Djerba^ Ghdamès : chem ^ (ch*M). 

Cette forme s'allonge : 

a) Par la particule / : Mzab : chemmi ^ (ch^MMi). 

p) — ta : Touat : chemia u^ (ch^Mia, 

masc. chekià). 

7) — in : Mzab et Ouargla : chemmin 

or (ch^MMin). 

i) — 7it : K'çour : chementc^ (ch^M^nt). 

e) — int : K'çour : chemint c^ (ch*"- 

Mint). 

h) Rn teh : B, Iznacen : tchem f?^, toi. 

§ t. ~ PjxRiRL. * — à) Af fixes, — a') Masculin. — 
L'a f fixe masculin pluriel du pronom de la 2^ personne se 
compose du llirine pronominal A*, suivi de la voyelle on 
et de la marque du pluriel w, en tenant compte des mo- 
difications phonétiques que peut subir le k. 

Il s'emploie : 1" quand il est joint à un verbe comme 
complément direct : Chelh a : koun jjT, forme allongée 
koifnim /y^\ lotmi, Gourara, K'çour, Zoimows. : koun 
^jT; Aliaggar ; kaouen IM, koun V\ 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 89 

2"" Quand il est employé comme suffixe d'une prépo- 
sition : Zouaoua : akoun ^f\\ iakoun j^Tb, à vous; 
K'çour : enkoun gjJîl, de vous. 

h' ou a disparu dans certains dialectes : Touat, Gou- 
rara : aken ^!, à vous. 

Quelquefois ^/^ est remplacé par un m : suffixe 
direct : 0. Rir', Ouargla, Djerid : koum ^jT, vous ; 
suffixe indirect : K'çour, 0. Rir', Ouargla, Djerid : 
enkoum ,.j5îl, de vous ; akoum j»/!, à vous. 

Vou a disparu en Zénaga dans cet affixe employé 
avec la préposition ar J (= r^er) : arkem jO^ chez vous. 

Le thème K peut s'adoucir en X : Bot'ioua : /J)^lm 
^jT, vous ; ou en CH avec disparition de Vou : Haraoua : 
achem ^i, à vous. 

Le thème K est quelqu(îfois remplacé par T (cf. en 
arabe iUl et tJ ; Jil et jf ) ; suffixe direct : Zénaga : ten ^', 
vous ; suffixe indirect : Ghdamès : entenin (j^\j de vous 
(^nT^nin). 

Le K a disparu, et il ne reste plus que \ou comme 
marque de la 2^ personne. Dans quelques dialectes, la 
forme ouen Cjs est seule employée; dans d'autres, elle 
existe dans certains cas, concurremment avec la forme 
koun. 

Suffixe direct d'un verbe : B. H'alima, Ouarsenis, 
Mzab, B. Menacer, Syouah ; ouen ^^ ; Ahaggar : ouen 
i; à côté des formes kaouen IM et koun I-: 

En Zénaga, Vou a disparu : en j\^ k côté de la forme 
ten ^', affixe indirect, complément d'une préposition. 

a) Dialectes où le K s'est maintenu dans les affixes 
directs : Touat : r'erouen i^^J^^ chez vous; Gourara : 
r'aouen j^, chez vous ; B. Iznacen : ennouen jy\, de 



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AffZ 7Mui: '.v.'ii*?:* _-i. i. T.iiM^. 2». «uni* : fa3:.ri/:ii 
iî/J •^'^^"*" '^ •''■^'* ' 'C\*t*^^^ ^y-,. i-^-M! Tins: Einiii : 

y^ ^ ^o«*.*: M7a!> : i/*': >/-''< ^^. >f^ Toa^: : Srcwiah : 
< IhM^'.tfr^ on \^ l e^t remplio? par iin / : Z#^Dâ^a : 

\h^ lu^ïiif »{fj'orj rvrioontn? Li f»>nii<?' k»>um >^à coté 
ifc* U forrijf* X^/^//# ji/^ dr mAme ijut^NiiiPs dialectes ont 

Br4'îoija, (jij/'Iàia, Kibdana, Bot'ioiia d'Arzen : #*/w- 
f/i/^m ^>J, dr? %'oijs. 

^, F/*mînîn. — Le féminin pluriel, dans les dialectes 
i|fjj Tont r:on5wrvé, se forme du masculin pluriel (et 
rtan du f/'minin sin^dieru en ajoutant le / du féminin 
Rfin'S la marque du pluriel^ que le thème pronominal 
Unit k ou bien on. On remarquera que plusieurs dialectes 
qui ont ce deniier thème pour le masculin ont conservé 
le /i au féminin. 

a) llième K (ÏCH, CH) : affixe direct : Zouaoua, 
[Inif^e : kounlCifiVJ^^nt). 

l/ou a disparu et le / s'est mouillé : Touat, Gourara : 

Affixe indirect : Zonaona : enkount a^\j de vous ; 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 91 

rourkount c^/j^, chez vous; Bougie : ezzathkount 
CJjJjljl, devant vous ; did'kount ^iû/Ij, avec vous. 

\2n est devenu Yn\ \ou s'est conservé : Haraktia- : 
enkoumt c^fi\^ de vous. 

Vou a disparu. Suffixe direct : 0. Rir' et Ouargla : 
kemt cS: (K^m^) ; Ahaggar : kemet +D-: 

Suffixe indirect : 0. Rir' : r'erkemt cXj^^ chez vous; 
Ouargla : nr'erkemt ciyû, chez vous ; Ahaggar : en- 
kemet +3* W, de vous; hakemet +!!•;:, à vous; gara- 
kemet +Il-^OT^ entre vous; Aouelimmiden : imanekmet 
+Il-:ill, vous-mêmes. 

Le t s'est mouillé : Touat et Gourara : enkemt c^\^ 
de vous ; akemt iii'l, à vous. 

Le K s'est adouci en TCH, Vou a disparu : B. Mena- 
cer : tchent c^ (masc. ouen ^^). 

Vn est devenu m : Mzab : r'ertchemt w^, chez 
vous. 

Le TCH s'est affaibli en CH : Haraoua : achemt cJ'\y 
à vous; Mzab : enchernt v>^i, de vous. 

b) Thème OU. Affixe indirect : Touat : r'erouent 
c^^j^^ chez vous; Gourara : r'aouent Cû^é, chez vous; 
B. Menacer : fellaouent c^yh^ sur vous; Bougie : aou-- 
enth *lJjl, à vous. 

Le Zénaga a conservé, avec la préposition ar ji, 
chez, la forme la plus ancienne, allongée d'une parti- 
cule démonstrative : arkemenied' ôuiOS <^h^z vous [ar 
préposition ; K affixe de la 2^ pers. ; ""m affixe du fémi- 
nin; */2, marque du pluriel; ied' particule démonstra- 
tive) . 

b) Isolé. — a) Masculin. — Le pronom de la 
2"* personne du masculin pluriel se compose du même 



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n ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

préfixe qu'au singulier, plus du thème OU, et de la 
marque ilu pluriel {n). A cette forme s'ajoutent dans 
presque tous les dialectes des particules démonstratives. 

Préfixe K. — La forme la plus simple s'est conservée 
en Kel Oui : kaoïien :i-: (k'^OU^'n), vous. 

Elle est allongée par les particules ow et t : A. Khal- 
foun, Zouaoua, Bougie : kounouitsy^i vous (kOUnow/). 

Ï^'UU du thème est affaibli en : Chelh'a : konoui^yS'. 

La forme est allongée : 

— par la particule in avec chute de TOU : Djerba : 
kennin ,jçir(k^nnin). 

— [>ar la particule im, avec maintien de l'OU : B. 
H'alîma : kounim ^r jT, (kOUn^m), et avec chute de l'OU : 
Tonat et Gourara : kenim jlT, vous (k^n^'m). 

— par la particule idh : Ahaggar : kaouenidh CIM, 
vous (k"0U*'n2V//i), affaiblie en / : Aoueliramiden : kaou- 
nii +i;-: 

Vu du pluriel est devenu un m : Harakta : koum- 
rnirn *./". 

Préfixe X. — L'OU a disparu ; la forme a été allon- 
gée par l'addition de la particule ion : Temsaman : 
xenniou ^ [tmiiou)^ vous; ou de la particule ioun : 
B, Meiiaecr : tfinnioun ^^if [y^xmioun). 

Préfixe CH. — Le thème K a remplacé l'OU : Bo- 
t'ioua : ehekken ^ [ch support; K thème pronominal; 
n marque du pluriel). 

— avec addition de la particule im : Ouargla : chek- 
nim jJl (ch^Kn/m). 

Un du phiriel est devenu m et la particule démons- 
trative in a été ajoutée : K'çour : chekmin Ô5*5a, vous 
(ch'^Kmm). 



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ETUDES SUR LES DIALECTES BERBERES 93 

A Ghdamès, le g remplaçant le k au singulier s'est 
conservé au pluriel : chegouanin o^\p^ (ch®Gou*nm). 

Au Mzab, le suffixe pronominal s'est adouci en tch : 
chetchouin ^yf* (ch^TCHoui^^). 

Dans quelques dialectes, le thème pronominal s'est 
assimilé à Vn qui suit : 

Avec addition de la particule i : Djerid : chinni ^, 
vous. 

— de la particule in : Ouarsenis : chennin cjC^ (pour 
cheknin). 

— de la particule im : Haraoua : chennim ui, vous 
(chXK>n2m). 

— de la particule iou : Bot'ioua d'Arzeu : chenniou y^. 
Le support est devenu tch : B. Iznacen : tchenniou 

^, vous. 

Dans d'autres dialectes, le thème pronominal a com- 
plètement disparu : 

Avec addition de la particule in : 0. Rir' : chinin ^^ 
vous. 

— de la particule ouin : Chaouia : chenouin ^y:.^ 
vous. 

Nous avons vu qu'en Zénaga, le T remplace le K 
comme pronom suffixe de la 2® personne. Le pronom 
isolé se forme au pluriel, non pas comme au singulier 
à l'aide du préfixe A:, mais comme dans la 1" et dans la 
2^ personne, à l'aide du préfixe n. On joint à cette forme 
la particule i : netni ^*, vous = n (préfixe de support), 
®T (thème pronominal), n (marque du pluriel), i (par- 
ticule démonstrative). 

Le préfixe n est également employé à Syouah : 
enkinoum fyS^\^ vous (^uK'nowm). 



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M ETUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

P') Fominin. — La marque du féminin (/) se place 
après celle du pluriel et avant la particule démonstra- 
tive : 

Préfixe k : Bougie : komtioui^s^/', vous (kOUntoui); 
cf, ma se, kmmmii isy^- 

Ce H est devenu m en Harakta : koumXin o^/ 
(kOUmtin). 

Dans certains dialectes, la marque du féminin se 
place après la particule démonstrative lorsque celle-ci 
existe au masculin : B. H'alima : kôimimi cJf^ vous 
(kOU//îmt} ; cf. masc. kounim ^^. 

LM)U est tombé au Touat et au Gourara : kenimi c^. 

(]est par la qu'on peut expliquer la forme en Zoua- 
oiia et chez les Ait Khalfoun : kounemXhi ^f^ qui dif- 
fère du masculin kounoui tsy/- 

En Ahaggar : kamelidh II+I1-; et Aouelimmiden : 
kameiet ++II*;, la marque du pluriel a disparu, à 
moins qu'on n'admette qu'elle est représentée par m 
substitué à n (?). 

Préfixe X : Temsaman : xennini c^\ B. Menacer : 
XCHfimmt ^ljjjT, Le thème pronominal s'est assimilé à 

Préfixe CH : Ouargla : cheknimXi jç^, vous. Cette 
forme, comparée au masculin cheknim JS^^ s'explique 
comme celle du Zouaoua : kounem^d ^f. 

Mzab : chetchmitin CçVf^ (cA préfixe; TCH, thème 
pronominal; m particule (?); H marque du féminin; m, 
particule démonstrative). 

Le thème pronominal s'est assimilé à Vn comme au 
masculin : Ouarsenis et Haraoua : chennini 

Il a disparu à l'O. Rir' : chininiin 



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'virr^- 



ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBERES 95 

En Zénaga, le pluriel féminin s'est formé du plnriel 
masculin en gardant le support n et le thème pronomi- 
nal T : netnahird si^ {n support; T thème pronominal; 
n marque du pluriel; *Am, particule démonstrative ; /, 
marque du féminin). 

§ 1. — Singulier. — a) Affixe. — «') Masculin. — 
Le thème pronominal de la 3^ personne est th^ ;, Is, t, 
tch^ pouj' le suffixe direct d'un verbe ; s pour le suffixe 
d'un nom ou d'une préposition. Le premier seul pré- 
sente, dans un petit nombre de dialectes, des différences 
entre le masculin et le féminin. 

Le Pluriel se forme en ajoutant régulièrenieut la 
marque du pluriel (;^) au thème, suivie du / pour mar- 
quer le féminin. 

Les dialectes où le th n'existe pas le remplacent par 
t : cette lettre est également employée dans les autres 
dans certains cas, en vertu des règles d'euphonie qui 
ont été indiquées plus haut. 

SUFFIXE DIRECT 

SINGULIER PLUHIBL 

Masculin Féminin Masculin FéuiiDÏn 

Zénaga : t Cj^ ti ^^ teth ^ ten ^ tiniet.V jL 

Le rf' du féminin pluriel remplace un th devenu i^ 
même dans les dialectes qui possèdent le /A, parce que 
cette lettre est précédée immédiatement d'un n. 



Chelb'a : 


thilfyt^l, 


te 


tenj 


(CTifCJ 


Taroudant : 

• 


tCj 




tenj 




Gourara : 


t, t Cj et tch g 




ten, ten J 


tmt LUC 


Touat : 


t,tCjel tch g 




ten, ten J 


tenî c^ 


Doubdou : 


«C 




ten •• 


tent c:: 



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m 



ÉTUDES SUR LES DULECTEH BËHBÉKËS 





MaiiLiiliïi 




pt^cniBi, 


/ GuélâiÊi 


Uu-iiCUlJLI 


l KMana 








Rif/ B. Ouriafen 


\^tk^l,,tCj 




ihen ^ 


J Temsamaîi 








( Bûl*ioua 


} 






B. hnacen : 


l o 




t^n J 


Bofioua d'Ar^eu : 


t^ 




l€n J 


B. H'aiiraa i 


tCj 




ienj 


K\out : 


iCj 




Un ^ 


OuarseniB : 


th O, ( w 




ten^ thefithen, ^j^ 


Haraoua i 


■t^ 




ten J 


B. Menacer : 


ik^.iC^ 




thm ^t hen ^ 


Mïab: 


t^ 




tm J 


A. Khairoan : 


ih ^. l Cj 


la O 


Uicn J 


Zouaoua : 


th O, l O 


UZj 


Ihm J 


Bougie ; 


th ^, i Cj 


tsCj 


thaï J 


Barak La : 


thCj 




tfn:n ^j, ht^n ^ 


Ghaouia : 


l Ziy teth Ol 




knj 


0. Hlr: 


l O 




l€7l J 


Ouargta : 


iCi 




ten^ 


Djerid ; 


tCj 




im J 


Djerba : 


iili 




Im J 


Dj, Ncfousa : 


t Cj 




ten ^ 


Ghdamès : 


t^ 




tmj 


Ghai ; 


i + 


ut++ 


Im 1+ 


Kel Oui 


^ + 




(^ft|+ 


Ahagfe-ar : 


i + 


m ++ 


ten 1 + 


Aauelimiïiïden : 


t + 




tm 1 + 


Syouah : 


feCCJ 




mi j^ 



thent C^ 

Imi C^ 
tctd Cx: 



ihent 
hent i 

thcnl 

fli'Ui i 

îmt c 
ihcnt , 
Ikcnt , 
thcnt , 
thGiil 
hent 
thent 
tfient 
Unt i 

ienè fc 



im^t Hrl+ 
tmet +1+ 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 



97 



(le dernier dialecte fait seul exception au pluriel. 

Le thème pronominal joint aux substantifs et aux 
prépositions est S qui se prononce précédé des voyelles 
a, e, i. En Zénaga, d'après les modifications phoné- 
tiques, cet S s'est mouillé et est devenu CH. Au singu- 
Uer, il n'y a pas de diflTérence entre le masculin et le 
féminin. Le pluriel se forme en ajoutant au thème la 
particule ^n^ après laquelle on place le / du féminin 
dans les dialectes qui l'ont conservé. 



ch 



Z^naga : 

Chelh'a : 

Taroudant : s ^ 

( Badrian ) 
Gourara s ^. . l^ %y 

( Timimoun ) ^ 

r Tiattaft J 

Touat < Timisakht f « ,^ 

( Temenlit j 

Guélâia 
Temsaman 
Rif S B. Ouriar'enV s ^j0 

Kibdana 
Bot*ioua 

B. Iznacen : s ^ 

Bol'ioua d'Arzeu : s ^ 

B. H'alima : s ^ 

K'çour : ^ cr 

Ouarsenis : s ^ 

Haraoua : s\j0 

B. Menacer : s ^ 

Mzab : s ^ 



SINGULIER 



tr 



PLURIEL 
Mascalin FémiDin 



5 Cf ^^> ^^» '^) 



c/ien 



%en 



lT 



chmt • -• 



sen Tj^ sent C 



sen 



lT 



Cr 



sent 



sent C 



sent iU 



sen 'j^m 

sen ^ 

sen Tj^ 

sen ^ 

sen •jm 

sen j^ 

sen •jtm 

sen ^ 



sent 



sent 

sent 

1 



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m ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 



! 





SINGULIER 




PLURIEL 






Masculin 


Féminin 


A. Khalfoun : 


#.lt**. 


sert 


tr 


sent ,-.:.. 


Zouaoua : 


s ^ 


sert 


tr- 


sen« tU-» 


Bougie : 


fi ^ 


sen 


ir- 


seni ilj;^ 


H ara k ta : 


M ^ 


sen 


u- 




Chaouia : 


i ^ 


sen 


Cr 


5cn* JU** 


0- Rir^ ; 


S ^ 


sen 


tr 


sen^ C^ 


Ouargla t 


i ^ 


sen 


ir- 


sent ,:u,. 


Djerid i 


t ^ 


sen 


Cr- 


s^n^ WMM 


Djerba : 


* i/- 


sen 


ir- 


senf C^ 


Dj. Nefousa ; 


8 U- 


sen 


û- 


sent CJ^ 


Ghdamès : 


^ tr 


sen 


Cr* 


sent C^ 


ihaggar* ; 


If © 


sen 


lO 


sent +10 


Ghal : 


S 


sen 


lO 




Kel Ouï ■ 


s 


sen 


10 


sent +10 


Sergou : 


s 


sen 


10 




Aouelimmiden \ 


s 


sen 


10 


«nef +10 


Syouah : 


s ^ 


sen 


£r 





b) Pronoms isolés. — «') Singulier. — I. Masculin. 
— Le pronom isolé de la 3® personne se compose, au 
masculin singulier, d'un support préfixe semblable à 
celui de la 1^ personne (^^), du thème pronominal 
(suffise direct) Tj suivi d'une ou de j)lusieurs parti- 
cules démonstratives* 

Zénaga^ Touat, Mzab : nta li, lui (uTa); Ghat, 
AJbaggarj Aouelimmiden : nta •+! Forme allongée par 
la particule der' ; Ahaggar : entader' -in+l 

1. Les dialectes touaregs présentent une exception pour le pronom 
employé avec la préposition du génitif [en). En ce cas le thème pro- 
nominal estT: tnnit +1, de lui, d'elle. 



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ETUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 99 

A Ghdamès, on a la forme netov ^ : n (préfixe), 
T (thème pronominal), ou (particule démonstrative : ce 
qui montre que Va des autres dialectes est également 
une particule). 

Le pronom est allongé par la particule an : Tarou- 
dant : entan ^U, lui. 

Le T suffixe pronominal est redoublé dans quelques 
dialectes : Zénaga, Chelh'a, B. Ouriar'en, Temsaman, 
B. Iznacen, Bot'ioua d'Arzeu, B. H'alima, K'çour, 
Ouarsenis, Haraoua, B. Menacer, Bougie, Chaouia, 0. 
Rir', Ouargla, Djerid, Djerba : netta t, lui; Syouah : 
mtta f. 

Dans le dialecte du Gourara les deux / sont mouillés : 
netta t, lui. 

Cette forme peut être allongée par la particule 
démonstrative n : Bougie et Chelh'a : nettan ^t;, lui. 

Quelques dialectes . remplacent le / par un ts : h. 
Khalfoun, Zouaoua, Bougie, Harakta : netsa b*, lui; 
Kel Oui : netsa -1+ ; et par déplacement de la voyelle 
du préfixe : Zouaoua : entsa fl, lui. 

A côté de la forme netta f, on trouve eu Zénaga : 
nenta isJ, lui, qui peut s'expliquer par un redoublement 
du préfixe. 

II. Féminin. — Le féminin se forme par l'addition 
au masculin singulier de la marque du féminiu th ou 
/, à laquelle s'ajoute, mais rarement, une particule 
démonstrative. 

Chelh'a, B. Iznacen, B. H'alima, K'çour, 0. Rir', 
Ouargla, Djerid : nettat of, elle. 

Ahaggar : entât ++I, elle. 

Dj. Nefousa : niitet c^^ elle. 



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} 



iOO 



ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 



B. Ouriar'en, Temsaman, Bot'ioua d'Arzeu, Haraoua, 
B. Menacer, Chaoïiia, Ghdamès : nettath il^cC, elle. 

Cette dernière forme suppose à Ghdamès un mascu- 
lin netta à côté de la forme netou. 

Zouaoua, Bougie, Harakta : netsath vMiJ, elle. 

A rOuarsenis, on a la forme allongée nettatha ^ 
(n^Ta/Aa). 

Touat : entât ck:\\ Gourara : nettat ot*, elle. 

Le Zénaga nous présente une forme allongée : ntahat 
oip qui est sans doute à rapprocher du Mzabite : nettaha 
UL*. Le Zénaga a aussi la forme ntahad' ivp, qui suppose 
une forme "ntahath à cause de la permutation du th et 
du (ï dans ce dialecte. Peut-être doit-on lui comparer 
entadi -n+l qu'on trouve chez les Aouelimmiden. 

P') Pluriel. — I. Masculin. — Le pronom isolé, au 
pluriel masculin, se compose d'un support préfixe, voca- 
lisé en 2, 0, ou en a, du thème pronominal TH, T ou II 
(provenant d'un TH primitif?), de la marque du pluriel 
n suivie d'une ou de plusieurs particules démonstratives. 





a. — TH THÈME PRONOMINAL 














Support 


ThèBê 


Pluf. 


Put. déi. 


Chelh'a : 


notheni ^ 


composé de 


no 


TH 


en 


i 


B. H'alima : 


nilhenti ^ 


•— 


ni 


TH 


en 


ti 


Zouaoua : 


nitheni ^ 


— 


ni 


TH 


en 


i 




é. — T THÈME pronominal 














Sipport Thèie 


Mir. 


Pirt. déi. 


Bougie : 


noutni ^^y 


composé de 


nou 


T 


n 


i 


Ahaggar : 


entenidh B\+\ 


— 


en 


T 


en 


idh 


Touat : 


netnin ^ 


— 


ne 


T 


n 


in 


Gourara : 


netnîn j^ 


— 


ne 


T 


n 


in 


Mzab: 


netnin ^ 


■'"— 


ne 


T 


n 


in 



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É 


rUDES SUR LES DIALECTES 3ERBÈRES 




113 


. 








Sipiwrt 


ThiM 


Plar. 


Part, d^fu 


0. Rir' ; 


netnin ^ 


composé 


de 


ne 


T 


n 


iD 


Ouargla : 


nitnin j^ 


— 




ni 


T 


n 


in 


Aouelimmiden : 


entenet +\+\ 


^ 




en 


T 


en 


et 


Djerid : 


nitenti -iJ 


— 




ni 


T 


en 


ti 


K'çour ; 


netninti <jy'-' 


— 




ne 


T 


n 


inti 


Syouah : 


entinouen J^:;^! 


— 




en 


T 


n 


oueTi 




C. — H THÈME PRONOMINAL 
















Si|f«rt 


ThèM 


Plar. 


^art. ùb 


Zénaga : 


nahni ^ 


composé 


de 


n» 


H 


n 


i 


Bougie : 


nouhni ^J (cf. 


noutni 


et 












Chelh'a ao/Am) 


composé 


de 


nou 


H 


n 


i 


A. Kbalfoun : 


nihni ^ 


— 




n» 


H 


n 


i 


/ Guélâia 


^ 














1 B. Ouriar'en 


j 














Rif < Bot'ioua 


> nahnin j^ 


— 




na 


H 


n 


in 


/ Kibdana 


i 














[ Temsaman 


J 














Ouarsenis : 


nahnin jÇ^ 


— 




na 


H 


n 


in 


Haraoua : 


nahnin jÇ^ 


— 




na 


H 


n 


in 


B. Menacer : 


nahnin j^^ 


— 




na 


H 


n 


in 


Ghdamès : 


nahnin ^j^ 


— 




na 


H 


n 


in 


Harakta : 


nihenin jÇ^ 


— 




ni 


H 


en 


in 


Cbaouia : 


nihenin ^j^ 


— 




ni 


H 


en 


in 



II. Féminin. — On peut diviser les pluriels féminins 
en trois catégories : 

1** Ceux chez qui la marque du féminin suit immo- 
(liatement celle du pluriel et précède les particules 
démonstratives. 



Chelh'î 



a. — THÈME PRONOMINAL TH 

Préf. Thème Plur. Fêm Vi^tt d 

(m. notheni ^) nothenli -J^, elles n» TH en ^ j 



^, elles 



Zouaoua : ( — nitheni ^) nithenii i;;^!, elles n» 
Bougie : (— notheni ^^ y) nouthenisi ^y-, elles nou 



TH 
TH 



en 

en 



i 



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lAS 



ÉTUDES SITB LES DIALECTES BERBÈRES 



Cette dernière forme suppose nn masculin *noutheni d'où 
est sans doute dérivée la forme nouhni ^j. 



h, — THKHE T 

Uvih % {m, netnin qCz,) netniiin ^jC^c^ 

Ahaggnr : (— entenidh 3|+|) enteneiidh 3+|+| 

Agueriiniiiiden (— enten^t +|-|-|) enUneiet ++I+1 



ne T n» i 
T 

T 






«n 



PxrLd. 

in 

idh 

et 



f. — TIÎKlfE H 



Bdugïe : 

HaraûUit 
HarakU : 



(m. nouhni ^j] nouh^nUi ^^i 



Prft Thème Plur. F*iii. Part- d. 
nf^u H *n *5 i 



{- 



îi/AffiiK if^) niheniin 



n' 



H 

H 
H 



en 



/ 
* 
^s 



I 

in 
i 



A- Khalfoun : (— nihni ^^) nihenlsi ^^ 

2* Pluriels où 1r marque du féminin est placée après les 
particules démonstratives ; 

a. — THÉUE TH, manque. 

Ù, — THÈME T 



TûubI : (m, nelnin ^^} neininl 
K'çour ; (^ netnin ,^) netnini 
Goumra:{^ — netnin ^çiJ) netnifii 

c, — TBÈlfE H 

/ fjLiéiaia \ 

{ Kibilana / 

Rif } B, Oumr'en^ (m. nafmin ^j^) nahnini 

I Temsaman 1 

\ Bof ioua } 

Ouarsenis : (m. nahnin g^) nahnini 

B. Menacer : ( — ntthnin gçl^ï) nahnini 





Prêt 


Thème 


Plur. 


Fan. à, Féal 


dies 


ni- 


T 


n 


m i 


elles 


ne 


T 


n 


in i 


elles 


ne 


T 


n 


in i 



Pr*-r. Thfeme PI. P*rLd F*in. 



elles n^ Fï 



n 



t 



elles 


n» 


H 


n 


in 


t 


elles 


na 


H 


n 


in 


t 



3^ La marque du féminiu est placée au milieu des particules 
démonstratives* 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 103 

a. — THÈME TH, manque. 

b. — THÈME T 

Préf. Thème PI. Part. d. Fém. Part. d. 

0. Rif : (m. netnin ^) nitniniin jf-.x--', elles n» T n in < io 
Ouargla : (— nilnin ^) nitniniin ^:y''i elles n» T n in t in 

c. — THÈME H, manque. 

Le Zénaga nous présente la forme ntahiat c^^fi où la 
marque du pluriel a disparu. 

B. — PRONOMS DÉMONSTRATIFS 

II a été question, dans la formation des pronoms 
personnels composés, de particules démonstratives : a, 
ow, 2, rf', erij der\ employées seules ou ensemble : ce 
sont ces mêmes particules qui, isolées ou composées les 
unes avec les autres, serrent de pronoms et d*adjectifs 
démonstratifs, relatifs et interrogatifs. 

I. — Particules désignant un objet rapproché : a l 
(invariable); ou 3, masculin; th ij, féminin. 

a) Particule a. — Elle se place après le substantif 
singulier. Ex. : argaza\^^J^ cet homme; thamet'foutha 
• w^*, cette femme. 

Elle existe à Tétat isolé dans les dialectes suivants : 
Chelh'a, Doubdou, Boti'oua, Kibdana, Guélâia, Ouar- 
senis, Haraoua, B. Menacer, Mzab, Zouaoua, Bougie, 
Harakta, Djerid, Ahaggar. 

Elle se combine : 

1^ Avec la particule gi ou ii (i) invariable. 

a) B. Menace^ , Zouaoua, Chaouia, 0. Rir' : agi ji, 
<ielui-ci. 



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104 ÉTUDES SUB LES DIALECTES BERBÈRES 

^) Zéoaga, Chclh'a, Taroudant, Gourara, Zouaoua, 
Bougie : ni tr', ce, ce qui. 

Ce pronom composé peut encore s'adjoindre les par- 
ticules suivantes ; 

1" ni J : Bougie : aiim Jl, ce, celui-ci, cet; 

2^ rf ^ : Touat (Timisakht) : aià j.1, ce ; 

S"" doud ojj : Mzab : aiàonà ^^jA^ ce, 

4"* (ï i : Zénaga : ià' (pour V/Zd') fém. ath ^, ce; 

5" fl I : Haraoua, Chaouia : aia il, ceci. 

/i) Particule OU- — Cette particule s'emploie, tantôt 
seule, tantôt en composition. Employée seule, elle est 
invariable : argazou ^jtj\, cet homme-ci; thamef- 
fouf/iou J^^ cette femme-ci; irgazen ou iOj'O.? ^^^ 
hommes-ci. 

Elle existe dans les dialectes suivants : Touat, Gou- 
rara, Guéhiîa, Kihdana, B, H'aliraa, K'çour, B. Mena- 
cer, Mzab, Zouaoua, 0. Rir\ Ouargla. 

Dans plusieurs combinaisons, nu représente le mas- 
culin, / ou M le féminin. 

Klle se combiiie : 

1' Avec la particule f/i jT : K'eour : oiigi ^^ (inva- 
riable), celui qui. 

2' Avec la particubî a. Le pluriel est marqué par le 
son i : Bot'ioua, Zouaoua : otm \y fém. ths, C; pi. oui is^j 
fém. Mi J, celui-ci, ceux-ci, colle-ci, celles-ci. 

Mzab, Bougie, Chaouia, Harakta, Djerid : owa \y 
fém. /a U; pK ain isy fera. /î J; Ahaggar, Ghat : owa •:, 
/a "h, oui ï:, /i ^-h. Au pluriel, le dialecte de Syouah 
emploie la forme composée (mink Û^j. 

La particule composée oua Ij se combine elle-même 
avec d'autres particules : 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 105 

a) Avec mouh : Mzab : owamouh #^13, cela. 

P) Avec ini : Bougie : ouaim ^}\^, ce, celui, celui-ci 
fém. thaiui ^C pi. ownni J^, fém. thiiai ^. 

y) Avec a, en le préfixant : Ahaggar : ^oica •:, ceci, 
ce que. 

î) Avec rer' : Ahaggar : ouarer' :0:, celui-ci, ce, 
cet ; fém. tarer' :0+ ; pi. outrer' îOI, fém. tirer' :0+ 

e) Avec rf^r' (cf. les pronoms personnels nekkouder' 
:A-:i, kaiouàer' in^-:) : Ahaggar : ouaàer' -n;, 
celui-ci, ce, cet, fém. tààer' :n+; pi. owîder' -n;, fém. 
tiàer' :n+ 

ç) Avec si : Mzab : ouasi ^l^, celui-ci. 

1^) Avec gi ou 2Ï : B. Menacer, Zouaoua : oiiagi ^^3, 
fém. thagi ^^C; pi. om'gi j-^, fém. /Aegi jET; Ouargla : 
ouagi J^^y pi. ow/gi ji^. 

Aouelimmiden et Bougie : ouai c^l^, ce, ceci, fém. 
thài is^ (Aoulimmiden : tai ^+). En Zouaoua thai ^s^ a 
le sens de « cela » . 

3** Avec di : Djerba : owddi ^^^3, celui, ceux ; ouddima 
I03, celui qui. 

4'' Avec in : Bot'ioua, Zouaoua : owin jj^ ce, celui, 
fém. ^Ain oy] Djerid : omn jj^ fém. fin oç. En Aouelim- 
miden, IV est devenu un e : ouen l-, celui-là, fém. ^en 
1+ On trouve aussi la forme ôuin i: 

A Ghat, cette dernière est allongée par la particule 
tain : ouinjfl.m D+K, ce, celui. 

5** Avec ?ii : Mzab : owni J3, celui-ci, ceci ; fém. 
touni Jy ; pi. ininnou y^y fém. tininni ^^. 

II. — Particules démonstratives marquant téloi- 
griement : 



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iflff ÉTCOES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

On emploie le démonstratif n soit seul, soit redoublé, 
soit combiné. 

Zénaga, Taroudant, Gourara : an jl, ce, cela, celui- 
là (invariable); Touat : an jl, pi. inan jL; Ouargla : 
en ij\; K'çour, Bougie : in c,. 

Forme redoublée : enni ù^ : Taroudant, Touat, Gou- 
rara, B, Menacer, Mzab, Bougie, Zouaoua. Cette forme 
rt^doublée est employée quelquefois comme relatif à 
limitation de Tarabe vulgaire Jl d'où on Ta crue, à 
tort, empruntée. 

Le thème N se combine : avec la forme composée 
oui tS3, fém. thi J ou ti J, pi. ouid Âj, fém. thicf x: ou 
tid" Ju. 

Touat : ouin ^3, fém. tin ojî, celui-là, celle-là; Ahag- 
gar : aouiu \:, cela; Zouaoua : ouin jjj fém. thin ôJ, 
pi. ofiid'en ^Xj, fém. thid'en ùJu; Bougie : ouin jj^ 
fém, ihiu û«. pl ouidak tJU^, fém. thidak 'JIju. Cette 
particule ak est la même que celle qui entre dans la 
formation de ouiok a^, à Syouah. Nous la retrouverons 
pins loin dans une des formes du Zouaoua. A Syouah : 
OUI/} Cj}i ^i^i^f^ Û.5 désignent les personne ou les objets 
rapprochés* 

Cette forme secondaire ouin j^ peut encore s'ad- 
joindre d'antres particules : 

s) der : Ahaggar : owmder' -Ai:, celui-là, ceux-là, 
fém, tinder' ':A\+j celle-là, celles-là, aouindev' -m:, 
cela; Aouelimmiden : tindar' 1111+, celle-là. 

6) a : Chelb'a, Bougie : ouinnsi Lj, celui-là, fém. 

timm IL'. 

Le thème N se combine encore avec la particule d : 
Chaouia : dm ^j, cela. 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 107 

— avec le thème A : Touat, Mzab, Zouaoua : am 
j;l, cela, forme allongée; Chelh'a : aina Li, cela. 

La forme in est quelquefois redoublée : Harakta : 
inin cj^j celui, celle, cela ; Djerba : indin ^x-, ces. 

La forme allongée enni Jl se combine aussi avec le 
thème OU : Touat, Gourara, K'çour, Mzab : ouenni 
Jy celui qui, fém. tenni J. Dans les Kçour, il a le 
sens relatif; B. Menacer : ouennï J3, fém. thenni J. 

Il existe une forme dérivée du thème OU par l'ad- 
jonction de la particule A, et qui se combine avec 
d'autres particules pour marquer Téloignement : 

i"" Mzab, Dj. Nefousa : ouh #3, pi. ouih a 3, fém. touh 
•y, cela. 

2"" Combiné avec ai : Djerba : aiouh .j^i, ce {a + i) 
+ [ou + h). 

3** Avec une forme ouam ou ouann. Mzab : ouamowA 
•y\y ouanno2/A •j;!^, cela. 

4"* Avec la particule in : Zouaoua : ouihin ^5413 (pour 
"ouhin ?), celui-là, fém. thihin cciJ, pi. ouihid' X^^, fém. 
thihid' jujj. 

Cette forme peut encore s allonger par l'adjonction 
du suffixe k : Zouaoua : ouihinak iIUj^ij, celui-là, fém. 
thihinak iJU-^?, pi. ouihid'ak ÎÎIJU415, fém. thihid'ak !JIJu^\ 



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I 



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CHAPITRE II 



Du verbe. 

Au point de vue de la conjugaison, il existe en ber- 
bère deux catégories de verbes : la première, et de 
beaucoup la plus nombreuse, comprend les verbes expri- 
mant une action; la seconde, qu'on pourrait appeler 
classe de verbes dénominatifs ou qualificatifs, est com- 
posée de ceux qui désignent une couleur ou une qualité 
physique ou morale. Sous ce rapport, elle n'est pas 
sans analogie avec la IX® forme arabe. 

Le verbe berbère ne renferme, à proprement parler, 
qu'un seul temps : l'aoriste ; deux si l'on veut compter 
l'impératif. L'aoriste, comme son nom l'indique, exprime 
une époque indéterminée ; la notion de temps (passé, 
futur) se marque par des particules, de même que la 
notion des modes ; en l'absence de particules, le verbe 
exprime d'ordinaire l'idée du passé. Des modifications 
phonétiques ont lieu sous l'influence de ces particules. 

Le berbère compte deux nombres : le singulier et le 
pluriel; deux genres : le masculin et le féminin, quel- 
quefois confondus; et trois personnes. 

Tandis que dans les langues sémitiques, le parfait et 
I ^imparfait (aoriste) se distinguent en préfixant les affixes 
personnels (aoriste) ou en les suffixant (prétérit), le 
berbère, dans l'unique temps qu'il possède, emploie 



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110 ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

tantôt la suffixation (!'• pers. comm. du sing., 3® pers. 
plur, masc. et fém.), tantôt la préfixation (3® pers. du 
masc. et du fém. sing. ; l^ pers. comm. du pluriel), 
tantôt l'une et l'autre réunies (2^ pers. comm. du sing., 
2' pers, masc. et fém. du pluriel). Je prendrai succes- 
sivement chacune de ces personnes à la forme simple 
pour passer ensuite aux formes dérivées. 

Le scliéma du verbe, avec les changements de con- 
sonnes qu'exigent les règles phonétiques des divers 
dialectes, est le suivant : 

VERBE SANS PARTICULE (pRÉTÉRIT) 

Impers, comm. r' (a, M, k) 

2* — ^ th {t, h) dh {t\ d\ d, /, t, tch) 

3^ — masc. i 

3^ - fém, th (/, h) 

PLUHŒL 

l '^ pers. comm. n 

2' — masc. th (/, h) m 

2' — fém. th (/, h) — mt [ma, mt) 

3^ — masc. n 

3** — fém. — ni {nia, nied ^ nt) 

AVEC LA PARTICULE Ad' OU AD (SUBJONCTIF, FUTUR) 

SINGULIER 

1 " pers. comm. ad" [ad^ a) — r (rf, a, M, k) 

T — — at (rf, ette^ atse, atté) — dh (rf, d\t\ /, 

t, tch) 
3* — masc. ad'i{adi, ai^ ete^ ed) — 
3' — fém. at [ats^ atte^ ath) 



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PLURIEL 


1" 


pers. 


comm. 


2e 




masc. 


2e 




fera. 


3" 




masc. 


3* 




fém. 



ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 111 

ann [an^ enne, ad n) — 
at [ats, attej ette) — m 
at [ats^ atte, ette) — mt {mt^ ma) 
ad' [ad^ a, ete) — n 

ad' {ad^ adj a) nt [nia^ nt) 

Le dialecte pris pour base est le Zouaoua. 

1. — Première personne. 

La première personne de Taoriste a pour caractéris- 
tique le r' que nous avons déjà vu comme thème 
pronominal dans les pronoms personnels. 

Chelh'a : zrir' ç^jj, j'ai vu ; adezrar' gljjiJ, je verrai; 
Touat : vaKar* gUj, je suis allé; adraKar' gLi>it, j'irai ; 
Gourara : oiisir ^j, je suis venu ; adaser ^U, je 
viendrai; Guélâia, Kibdana, Bot'ioua : zrir' ^^j, j'ai 
vu; adzerar gljjU, je verrai; Temsaman : zrif ^^jj, 
j'ai vu; azerar' gljji, je verrai; B. Iznacen : souir' 
À.^; j ai bu; adesouir' a>-'jI, que je boive; Bot'ioua 
d'Arzeu : ekhser ^i, j'ai voulu; adekhser' ^W, je 
voudi'ai; B. H'alima : ellir ^i, j'ai été; adilir ^^J, je 
serai; K'çour : goudar' ^bjT, j'ai craint; adgoudar' 
gbjhi, je craindrai; Ouarsenis : ousir' ^3, je suis venu; 
adaser' i-,bi, je viendrai; Haraoua : ellouzar g|j>3i, j'ai 
eu faim ; adellouzar^ '^J3^^^', j'aurai faim ; B. Menacer : 
zrir' i^ij, j'ai vu; adezrar' gljjU, je verrai; Mzab : 
ergeber' ^!, j'ai vu; adergebar' gtTjU, je verrai; 
Zouaoua : erser' ^jl, je suis descendu ; ad' erser' ^-jiy, 
je descendrai; Bougie : ettsir' ^1, j'ai oublié; adeltser' 
^j|, j'oublierai; Harakta : oachir' ^j, j'ai donné; 



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tti ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

mtotif^har' gti^j», je donnerai; Chaouia : oudfer ^^3, 
je suis entré; adafer' ^U, j'entrerai; Djerid : ^y^V'^jj, 
j'ai vu; adezrar gljjbi, je verrai; Djerba : douter' 
il^, je suis devenu; adedouler' çJ^JJ, je deviendrai; Dj. 
Nefousa : erouer' g^ji, j'ai enfanté; aderouer' g^jU, 
j'*ni fauterai; Ghat : ergelar' -IITO, j'ai emprisonné; 
adergelar :IITOn, j'emprisonnerai; Ahaggar : elke- 
mur rH-:!!, j'ai suivi; adelkemer :D-;iin, je suivrai; 
Aouelimmiden : egeler' -IIT, je suis allé: adegeler' 
\\\XT\, j'irai; Kel Oui : eknir' :|-:, j'ai fait; adekner' 
\h\n, je ferai; Syouah : asouir' ^^, j'ai bu, atesouar' 
^ij-ji, je boirai. 

En Ahaggar', ce r\ suivi du pronon; affixe de la 
3' ])ersonne masculin complément direct, devient un 
k* : enhik' — jl pour "enhir't^ je Tai vu. 

A Onargla, sous Tinfluence de la particule ad qui 
maripie le futur et le subjonctif, le r* final est devenu 
d. 11 en est de même à Ghdamès lorsque le verbe est 
conjugué sans particule. A l'O. Rir', le a s'affaiblit en a. 

Dans plusieurs dialectes, le r' est remplacé par kh : 
Taroiulant : zerikh ^^jj, j'ai vu; adezrakh ^ijjlJ, je 
verrai; Doubdou : r'ersekh >->, j'ai égorgé; ad ver- 
sekk >->J, j'égorgerai; Syouah : zrakh ^Ijj, j'ai vu; 
atezrakh ^sj\^ je verrai. 

Enfin le thème de la 1" personne est k en Zénaga : 
ed'hffk -JV^l, je suis allé ; ad' edbak îJl|ilii, j'irai. 

pLoniEL. — Le préfixe de la 1'^ personne du pluriel 
est| dans tous les dialectes, n qui se combine géné- 
ralement avec le cT ou le rf de la particule ad' ou ad 
lorsqu'elle est employée avec le verbe. Dans quelques 
ca&, la particule a est seule employée. 



\ 



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ETUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 113 

Assimilation du d : nezra \yj^ nous avons vu; an- 
nezer sj\^ nous verrons ; Touat : neraK ^J^ nous 
sommes allés; anneraK ^l^l, nous irons; Gourara : 
nousi ^jî, nous sommes venus; annas ,^l'l, nous vien- 
drons; Temsaman : noiisi ^^, nous sommes venus; 
annas ,^tl, nous viendrons; K'çour : nouggoud ^fy^ 
nous avons craint ; annouggoud ^fy\^ nous craindrons; 
Zouaoua : ners ^J^ nous sommes descendus ; anners 
u^j\j nous descendrons; Bougie : nemenna 'ci^ nous 
avons souhaité ; annemenna Ucl, nous souhaiterons; 
Ahaggar : nelkem D*;ill, nous avons suivi; annelkem 
D*:ill, nous suivrons; Aouelimmiden : nikf 11* :\, nous 
avons donné; annekfTH'W^ nous donnerons; Syouah : 
nesoua l^, nous avons bu; ennesou, ^l, nous boirons. 
Le d ou d' est tombé dans les dialectes suivants : 
Zénaga : ned'ba Viî, nous sommes allés; aned'bi ^jjjJI, 
nous irons ; Taroudant : neger Js^ nous avons jeté ; 
aneger jRi, nous jetterons; Doubdou : netch ^, nous 
avons mangé; anitch ^l, nous mangerons; B. Iznacen : 
nerchel y^t»j^ nous nous sommes mariés ; anerchel Jà^l, 
nous nous marierons ; Bot'ioua d'Arzeu : neg 4SI, nous 
avons fait; aneg viCi, nous ferons ; B. H'alima : nekhsa 
Uii, nous avons voulu; anekhs ,^1, nous voudrons; 
Ouarsenis : nourar Jjy, nous avons joué ; anourar 
Jjy\y nous jouerons; Haraoua : nek'k'ar jU', nous 
avons appelé ; anek'k'ar jUl, nous appellerons; B. Me- 
nacer : nezra \sj^ nous avons vu; anezer yj\^ nous 
verrons; Mzab : nergeb ySj^ nous avons vu; anergeb 
Js^j^', nous verrons ; Harakta : nouch j^J, nous avons 
donné; anouch j^yS^ nous donnerons; Chaouia : neffof 



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114 ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

i^j nous avons saisi; anet'fof ijLy»\^ nous saisirons; 
0, Rir' : negser j3iy nous sommes descendus ; anegser 
j-^\^ nous descendrons ; Ouargla : nezrou ^yj^ nous 
avons vu; anezer yj\^ nous verrons; Djerid : nezriisyji 
nous avons vu ; anezri i^yJS^ nous verrons ; Djerba : 
nouri tsjy^ nous avons écrit; ûnari ^^jUl, nous écrirons; 
Dj . Nefousa : nekker ^JJ, nous nous sommes levés ; 
anekker jJîi, nous nous lèverons; Ghdamès : nefoitd 
j^j nous avons eu soif; anefoud j^l, nous aurons soif; 
Ghat : nemmout +DI, nous sommes morts; anemmout 
+I]|, nous mourrons; Kel Oui : neken l-ll, nous avons 
fait ; aneken l-II, nous ferons. 

Dans deux dialectes du Rif, en Guélâia et en Kibdana, 
le d de la particule s'est maintenu : noused j^J^ nous 
sommes venus ; adnas ,^i;j, nous viendrons. 

Aucun dialecte ne présente de distinction entre le 
masculin et le féminin. 

II. — Seconde personne. 

Singulier. — On à vu plus haut que le pronom de la 
T personne possède un affixe personnel pour préfixe, 
et pour suffixe, une dentale qui varie suivant les dia- 
lectes. De même, lorsque le verbe est employé avec la 
particule ad* ou ad^ celle-ci se modifie ainsi que le th et 
le t préfixes. 

L Préfixation du th. — a) Suffixation du dh : B. 
Menacer : thakarachdh j^J^j tu as déchiré ; atekar^ 
rachdh j»àjXJl, tu déchireras (Le d' de ad' s'est contracté 
avec le th préfixe) ; hakarrachdh j^Ji (aff'aiblissemeiit 
dti th en h) et akarrachdh j^jTl ; Zouaoua : thersedh 



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ETUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES il5 

^J^ tu es descendu : atersedh jx^j\ et adersedh ja-jjf, 
tu descendras ; Haraoua : thek'Uaredh j^}^, tu as dis, 
et atek'k'aredh ^^jUri, tu diras. 

p) Suffixation du d* : Zénaga : thed'bad' ila, tu es 
allé ; ated'bad' iVâri, tu iras (même contraction que pré- 
cédemment) ; Chaouia : thousid' ju-,y et homid' Ju-j*, 
tu es venu; atasid' JL^lTI, tu viendras. 

y) Suffixation du d : Bot'ioua d'Arzeu : thegged jSî, 
tu as fait ; atsegged J^, tu feras (contraction du rf et 
du th en ts)\ B. ffalima : theroueld ^^J, tu t'es enfui; 
ateroueld j}^J\^ tu t'enfuiras ; Haraoua : îhousid jl^^% 
tu es venu; atousid J^y\^ tu viendras ; Ilarakta : the~ 
tchid x^^ hetchid j^^ tu as mangé, ateiched ^\j tu 
mangeras. 

8) Suffixation du /' : Bougie : thezref iiyj^ tu as vu ; 
atezref ^sj\^ tu verras. 

s) Suffixation du t : Guélâia, Kibdana : Ihezrii ^yj^ 
tu as vu ; atezaret ^J-J^j tu verras; Ouarsenis : thezrat 
CJyJ^ tu as vu ; atezrat ^\sj\y tu verras. 

II. Préfixation du /. — «) Suffixation du dk : Kel 
Oui : tiknedh 31-:+, tu as fait; ateknedh 31-:+, tu feras 
(contraction du d et du /). 

6) Suffixation du d\ Manque. 

y) Suffixe du d : Taroudant : tegoummerd ji^jXfj tu as 
chassé; ategoummerd j^^jSîi, tu chasseras ; Touat : tra~ 
Ked j^\J, tu es allé; atrah'ed j^\j\^ tu iras; Gourara : 
toitsed ju^', tu es venu; atoused j^j\, tu viendras; 
Doubdou : tetched jJ^ tu as mangé ; ateiched j^\^ tu 
mangeras ; B, Iznacen : tigged jC, tu as fait ; aiegged 
jèi, tu feras; K'çour : touggouded ^^/S> ^^^ ^s craint; 



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116 ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

atouggouded jjjO'ï, tu craindras ; B. Menacer : tezred 
4jy, tu as vu [hezred ùyj»^^ ezred jjjS tu as vu); atezred 
jjyi, tu verras; Mzab : tergebed jSj^ tu as vu ; atergebed 
jSJ\^ tu verras ; 0. Rir' : tegsered ^jjz^ tu es descendu; 
ategsered ^j^\^ tu descendras ; Ouargla : tezrid xyj^ 
tu as vu; atezred jjy, tu verras; Djerba : tekherroud 
jjjifi , tu as frotté ; atekherroud jjj^\ tu frotteras ; Dj . 
Nefousa : teffer'ed ^^ tu es sorti; ateffered ô*?;', tu 
sortiras ; Ghdamès : teroueld j}^j^ tu as fui ; ateroueld 
j}^j\y tu fuiras ; Ghat : temoused nOZ]+, tu as été; aie- 
moiised AOID+, tu seras ; Ahaggar : telkemed AU'IIH-, 
tuas suivi; attelkemed nil';il+, tu suivras. 

S) Suffixation du /' : Djerid : teziHf laijy, tu as vu ; 
atezrif ic^yj^^ tu verras; Syouah : tasouef J»^ [asouef 
J»jj), tu as bu; ettesouef J»^i, tu boiras. 

e) Suffixation du / : Chelli'a : tezrit c^iyjj tu as vu ; 
atezret Cjyj\^ tu verras; Temsaman : letchit c^Jj tu as 
mangé ; atetchit *i^'i, tu mangeras ; B. Menacer : tazrit 
c^jj [hazrit c^^yj^^ azrit *i-.jjl), tu as vu ; atezret Cjyj\^ tu 
verras; Djerid : toulit J*J^", tu es monté; atalit iiJUl, tu 
monteras; Djerba : touriat c>\»jy, tu as écrit; attariat 
Oiji^ tu écriras ; Aouelimmiden : tesdjadet +AIO+, tu 
as écouté ; atesdjadet +AIO+, tu écouteras. 

ç) Suffixation du t : Touat et Gourara : trah'et c^\J^ 
tu es allé ; atrah'et C^\J\^ tu iras. 

r<) Suffixation du tch : Touat et Gourara : tousitch 
^y, tu es venu; atasetch ^l'i, tu viendras. 

Pluriel. — a) Masculin. — Le pluriel est marqué 
par l'addition de Vm (peut-être pour un ;2?) à la place 
de la dentale qui termine le verbe au singulier. Les 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES in 

mêmes contractions ont lieu entre la dentale de la par- 
ticule {ad\ ad) et le préfixe du verbe [th, t). 

a) Le préfixe est th : Zénaga : thecTbam ^VÔT, vous êtes 
allés; ated'bam (pour *ad' thezbam) ^Vii, vous irez; 
Guélâia et Kibdana : thezarim fjy^ vous avez vu; atez- 
rem ^yjij vous verrez; Boti'ona d*Arzeu : theggim Ss^ 
vous avez fait; ateggim JîI, vous ferez; B. H'alima : 
thouchem ^J^ vous avez donné ; atouchem ^i^'i, vous 
donnerez; Ouarsenis : theroulem ^^J [heroulem ^i^^, 
eroulem jljji), vous avez fui; atroulem jl^yi, vous fuirez; 
flaraoua : thezrim ^yj^ vous avez vu; atezram ^ijyi, 
vous verrez; Zouaoua : thersem ^y, vous êtes descendus; 
atersam ^j\, vous descendrez; Bougie : themennam 
^Uc, vous avez souhaité; atsemennam ^Ul, vous souhai- 
terez ; Harakta : thouchim ^J^ vous avez donné ; atou- 
chem ^J\j vous donnerez. 

3) Le préfixe est / : Chelh'a : teskerem ^jJw, vous 
avez fait; ateskerem fj5wi, vous ferez; Touat : troKem 
^\J, vous êtes allés; atrah'em ^\j\^ vous irez; Gourara ; 
tenr'em kl^ vous avez tué ; atenr'em iJl, vous tuerez ; 
Temsaman : tezmerem ^^y, vous avez pu ; atezmerem 
i»^yi, vous pourrez; K'çour : touggoudem ^^jTy, vous 
avez craint; atouggoudem |»^/V'» vous craindrez; B. 
Menacer : tazrim ^yj {azrim f^jS)^ vous avez vu; atez- 
rem (Sj\ [ad'ezrem ^jjiii, vous verrez); Mzab : tergebem 
Sj^ vous avez vu; atergebem ^j\, vous verrez; Chaouia : 
tegram f\J5, vous avez jeté; ategram f\JS\, vous jetterez; 
O. Rir' : tegserem fjJSj vous êtes descendus ; ategse-- 
rem ^y^i, vous descendrez; Ouargla : tezrim fyjj vous 
avez vu; atezrem fyj\^ vous verrez; Djerid : tezram 



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MH ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

(»ijy, vous avez vu; atezram ^\yj\j vous verrez; Djerba : 
totinem fjy^ vous avez écrit; atarim ^rjUI, vous écrirez; 
Ghat : tinnam III+, vous avez dit; atinnam DI+, vous 
direz; Ahaggar : telkemem UD'IIH-, vous avez suivi; 
attelkemem IID';il+, vous suivrez; Aouelimmiden : 
ligelem iiilT+, vous êtes allés; atigelem DIIT+, vous 
irez; Kel Oui : teknam III-;+, vous avez fait; ateknam 
Di-;+T vous ferez ; Syouah : tesoiiem ^y^ {asouem ^>«»l), 
vous avez bu ; ettesouem ^^i, vous boirez. 

b) Féminin. — La différence entre le masculin et 
le féminiû existe à la 2® personne du pluriel par l'ad- 
dition du t [th ou t) marque du féminin. 

a) Addition du th : Zouaoua : thersemth »lw^y, vous 
êtes descendus; atersemth »i*^yi, vous descendrez 
[zz "afT Ihersemth). Ce dernier mot se décompose ainsi : 
ud\ particule du futur; /A, préfixe de la 2* personne; 
""R S, racine du verbe; ^m (marque du pluriel?); th, 
marque du féminin, qui se place, comme dans les pro- 
noms après celle du pluriel, 

§) Addition du t : Chelh'a : teskeremt j^jSCmJ, vous 
avez fait ; atteskeremt ^.jCji, vous ferez ; B. Menacer : 
tezrimt ^jy% vous avez vu ; atezremt c.*yj\ [ad-ezremt 
c^jp^), vous verrez; Bougie : themennamtcJcJ:^ vous avez 
désiré; atsemennamt c^\:J\, vous désirerez; Harakta : 
thouchimt ^J, vous avez donné; atouchimt c-ril, 
vous donnerez; 0. Rir' : tegseremt c^jJi, vous êtes 
A^%t^\iAne^ ategseremt c^j3^\, vous descendrez ; Ouar- 
gta : tezrimet ^yj, vous avez vu ; atezrimet ti^cjyi, 
vous verrez ; Djerid : tezramt cJyj, vous avez vu ; 
atezramt c^Syj\, vous verrez; Ghat : tinnamt +111+ , 
vous avez dit; atinnamt +DI+, vous direz; Ahaggar : 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 119 

telkememet +IIII-:il+, vous avez suivi; atelkememet 
+IIII';il+ VOUS suivrez; Aouelimnàiden : tigelemety 
+IIIIT+, VOUS êtes allées; atigelemet +IIIIT+, vous irez. 

r) Addition de t : Touat : trah'emt c^\J^ vous êtes 
allées; atrah'emt c^\J\j vous irez; Gourara : to^mmt 
c^yy VOUS êtes venues ; atasemt ii^^l'l, vous viendrez. 

En Zénaga, la marque du féminin est un a : thed!- 
bama U^jT, vous êtes allées ; ated'bama Ubil, vous irez. 

III. — Troisième personne. 

I. Singulier. — a) Masculin. — Dans tous les dia- 
lectes, la 3® personne du masculip singulier est déter- 
minée par le préfixe i qui se maintient avec la par- 
ticule ad' [ad, a) du futur. Le dialecte de Syouah 
seul fait exception. 

a) Dialectes employant au futur la particule ad' : 
Zénaga : id'ba li, il est allé; ad'id'ba \iJé}\, il ira; 
Bot'ioua d'Arzeu : ieg i^^, il a. fait; ad'ig 3^}\, il fera; 
Ouarsenis : iourar Jjy, il a joué; ad' iourar j\jy}\, il 
jouera; Haraoua : iek'k'ar jU, il a appelé; ad' iek'k'ar 
jUil, il appellera; iers ^j, il est descendu ; ad'iers u-j^it, 
il descendra. 

P) Dialectes employant au futur la particule ad : 
Chelh'a : izra Ij^^, il a vu; adizer jyj, il verra; 
Taroudant : iger jÇ, il a jeté; adiger jÇJ, il jettera; 
Touat : irah' ^l^, il est allé; adiraK j-l^J, il ira; Gou- 
rara : ioused ^o^y, il est venu; adias j^U, il viendra; 
Doubdou : itch ^, il a mangé ; aditch ^jl, il mangera ; 
Bot'ioua : iousi ^jj, il est venu; adiasi ^Ij», il viendra; 
Guélâîa : i%ari ^ssj^^ il ajvu;^aâ?22âjn 4^jjr.>i, il [verra; 



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m ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

Temsamau : ioufi ^jj, il a trouvé ; adiaf J^ ,il trou- 
vera; Kibdaua : iousi ^^jj, il est venu; adiasi ^^U^ il 
viendra; B. Ouriar'en : iousi ^^j», il est venu; adiasi 
^ji, il viendra; B. Iznacen : irchel iS^j^^ il s'est marié; 
adirckei JijrJ, il se mariera; B. H'alima : ikhsa L^, 
il a voulu; adiekhs ^^.J, il voudra; K'çour : iouggoud 
jjTji, il a craint ; ad iouggoud j/jjJ, il craindra; Mzab : 
ieryeb Jt^, il a vu; adirgeb */>jI, il verra; Bougie : 
imemia Uc, il a souhaité ; adimenna UcJ, il souhaitera; 
Harakta : ioiu^h jijj, il a donné; adiouch u^jjJ, il 
donnera ; Chaouia : iffof cjjj^., il a saisi ; adiffof i^^wJ, 
il saisira ; 0. Bir' : igser jji^, il est descendu ; ad igser 
jj^4l, il descendra ; Ouargla : izrou ^yj^ il a vu ; adizer 
jjÀ, îl verra; Djerid : izera \yj, il a vu; adizera \yjj\^ 
il verra; Dj. Nefousa : ikker ^Ç, il s'est levé; adikker 
^j, il se lèvera; Ghdamès : iefoud ^y^j il a eu soif; 
adiffoud j^J, il aura soif; Ghat : iemmout +D^, il est 
mort; ad iemmout +II^n, il mourra; Ahaggar : ielkem 
D'HIS, il a suivi; adilkem D-Ilin, il suivra; Aouelim- 
raiden ; iegele IIT^, il est parti; adigele lITn, il partira; 
Kel Oui : iken I-:, il a fait; adiken l-:n, il fera; Ser- 
gou : ilck 3, il a mangé; aditch 3n, il mangera. 

Dans plusieurs dialectes, le d ou le d' sont tombés : 
B. Menacer : izera \yj,, il a vu; aizer yj\^ il verra; 
Djerba : iouri ^sjy^^ il a écrit; aiari^s^}^ il écrira. 

Syouah : isoua l^^, il a bu; etesou ^l, il boira. Peut- 
être ce dernier n est-il que l'aoriste de la forme d'ha- 
bitude tesou y^^ avec affaiblissement de IV préfixe en e. 

h) Féminin. — La marque du féminin est le th ou 
/ préfixe, qui se combine avec la particule ad ou ajdH. 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 121 

Préfixe th : 

Zénaga : the(fba Vj^*, elle est allée; ated'ba Vân, elle 
ira [at = ad'th) ; Guélâia et Kibdana : thoim ^^J, elle 
est venue; atasi ^\ri, elle viendra; B. H'alima : thekhsa 
Lif, elle a voulu; atekhs ^'i, elle voudra; Ouarsenis : 
thourar j\jy, elle a joué; atourar Jjj\j elle jouera; 
Haraoua : thek'k'ar jji^ elle a appelé; atek'k'ar jUi, 
elle appellera ; B. Menacer : thezra \j'J [tezra SyJ^ hezra 
Ij;^), elle a vu; atezer yj\^ elle verra; Zouaoua : thers 
^j\ elle est descendue; aters ^J\^ elle descendra. 

La forme aters ^J\ est employée par les tribus zoua- 
oua qui parlent la langue la plus correcte. Dans celles 
qui se rapprochent de Bougie, de l'oued Sahel et de 
l'ouest de la Kabylie la contraction de ad' et de th a 
lieu en ats. Bougie : themenna VU^ elle a désiré; atse- 
menna Wl, elle désirera. 

Harakta : thouch j»y^ elle a donné ; atouch j>y\y elle 
donnera ; Chaouia : theffof c^% elle a saisi ; ateffof 
uaJ^I, elle saisira. 

Dans le dialecte Bot'ioua d*Arzeu, la particule du 
futur est a, en sorte que le th s'est maintenu : theg iiè, 
elle a fait; atheg v^èl, elle fera. 

Préfixe / : 

Chelha : tezra ij^, elle a vu; atezer yj\^ elle verra ; 
Taroudant : teger Ji^ elle a jeté; ateger ps^ elle jettera; 
Touat : traK ^ly, elle est allée; atraK ^lyi, elle ira; 
Gourara : tomed ù^y^ elle est venue; atas ,^Ul, elle 
viendra ; Doubdou : tetch ^, elle a mangé ; atetch ^'l, 
elle mangera ; Temsaman : tezmer ^y, elle a pu ; atez- 
mer ^yi, elle pourra; B. Iznacen : terchel J^y, elle 



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tSÎ ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

s'est mariée; aferchel Ja^i, elle se mariera; K'çour : 
tùuggotid j/^', elle a eu peur; atouggoud ^jTyi, elle 
aura pour ; Mzab : tergeb JS}^ elle a vu ; atergeb Jf^i, 
elle verra; 0. Rir' : tegser yJS, elle est descendue; 
ategser j3^^ elle descendra; Ouargla : tezrou ^yj, elle 
a vu ; atezer jy\, elle verra ; Djerid : tezra \sj, elle a vu ; 
atezra \jj\^ elle verra; Djerba : touri ^sji-^ elle a écrit; 
ûtari t^jL'i, elle écrira; Dj. Nefousa : tekker ^^ elle s'est 
levée ; atekker JS\, elle se lèvera ; Ghdamès : tefoud 
jyi, elle a eu soif; atefoud ^ys\^ elle aura soif; Aouelim- 
miden : ie^nmande nn0+, elle s'est déchirée; atesi- 
mande AG0+, elle se déchirera; Kel Oui : teken !•:+; 
elle a fait ; ateken !•:+, elle fera. 

IL Pluriel. — a) Masculin. Le pluriel masculin 
est marqué par l'addition de Vn {eriy in, ourij an) k la 
racine du verbe; le préfixe masculin n'est pas exprimé. 
La particule ad' ou ad reste intacte, comme à la 3^ per- 
sonne du masculin singulier. 

3t) Dialectes employant au futur la particule act : 
Zénaga : ed' ban ^^31, ils sont allés; ad' ed^ban ôV^iii, 
ils iront ; Kibdana : ousin o^^, ils sont venus ; ad' asen 
^ijt, ils viendront; Guélâia : sououen ù>-, ils ont fait 
cuire; ad' souen ô>-iï, ils feront cuire; Bot'ioua d'Arzeu : 
eggin ofu î^s ont fait; ad' eggin o^iil, ils feront; Ouar- 
senis : ek'k'aren ùjW, ils ont dit; ad' ek'k'àren o>iil, ils 
diront; Zouaoua : ersen ^jl, ils sont descendus; ad' 
ersen ^jTjI, ils descendront; Djerba : ourien j^j^, ils ont 
écrit; ad' arin ^jiii, ils écriront. 

5) Dialectes employant au futur la particule ad : 
Chelb'a : skeren ^jC, ils ont fait ; adskeren ^JZ^Ji, 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES !2r 

ils feront; Taroudant : saoulen ^^U, ils ont parlé; ad 
saoulen ^jUj», ils parleront; Touat : rak'en ^ij, ils 
sont allés; odraKen ^IjjI, ils iront; Gourai a : ousind 
^Ot-i, ils sont venus; adasen ^U, ils viendront; Temsa- 
raan : otesend ^^3, ils sont venus; adasen ^U, ils 
viendront; B. Iznacen : ousand ^0^3, ils sont venus; ad 
asen ^bl, ils viendront ; B. H'alima : ouchen ^5, ils 
ont donné ; ad ouchen ^3^1, ils donneront ; K'çour : 
ouggouden ô^J^sj ils ont craint ; ad ouggoitden ij/î^i, ils 
craindront; Haraoua : zrin ^jj^ ils ont vu; adezran 
jijjU, ils verront; Mzab : ergeben ofj^ ils ont vu; 
adergeben ofJù\ ils verront; Bougie : mennan ^\1m^ ils 
ont souhaité; ad mennan J^XmJ^ ils souhaiteront; Harakta : 
ouchin cxfi,^^ ils ont donné; adouchin^^;^^ ils donneront; 
Chaouia : oudfen ^^3, ils sont entrés; adadfen ^jIJ, ils 
entreront; 0. Rir' : egseren ù/^il, ils sont descendus ; 
adegseren ù-r^J? ils descendront; Ouargla : zrin ^jj, 
ils ont vu; adzeren CjjjjA, ils verront; Djerid : ekhsen 
^^1, ils ont voulu; ad ekhsen ^;*-^U, ils voudront; Dj, 
Nefousa : erkhan ^li-jl, ils ont été nombreux; aderkhan 
ùLjU, ils seront nombreux; Ghat : irgelen /llTOj ils 
ont attaché; ad irgelen /IITOn, ils attacheront; Ahag- 
gar : elkemen D-III, ils ont suivi; adelkemen i:]%|in, 
ils suivront; Aouelimmiden : tigelen /IIT+, ils sont 
allés; atigelen /IIT+ {poxiv ad iigelen), ils iront; Kel 
Oui : eknan /!•;, ils ont fait; adeknan /l-Ml, ils feront. 
y) Dialectes employant la particule ad : 
Touat et Gourara : ousind JCe^, il sont venus; ad 
asen ^U, ils viendront. 

8) Dialectes employant la particule a : 



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{H ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

B, Menacer : zrin ^jj, ils ont vu; azeren CjjjK ^^^ 
verront; Ghdamès : sekran JjC, ils ont fait; asekran 
JiJ^U ils feront. 

A Syouah : esouen ^^l, ils ont bu ; etesouan ô*>-3t, ils 
boiront. Ce mot appartient peut-être à la forme d'habi- 
tude tesoua ïj^. 

b) Féminin. — Le /, marque du féminin, se place, 
comme nous l'avons vu pour la 2* personne et dans les 
pronoms, (iprès la marque du pluriel. 

z) Dialectes employant la particule ad' : 

Guéliua et Kibdana : ousmt c:^^^ elles sont venues ; 
ad' osent J-L.iii, elles viendront; B. H'alima : ouchent 
jpi^j, elles ont donné; ad' ouchent c^^'J, elles donneront; 
Ouarsonis : ek'k'arent djV^ elles ont appelé; ad^ek'k'a- 
rent c*î>ii', elles appelleront; Zouaoua : ersent vUU-jl, elles 
sont descendues; ad* ersent c^p\y elles descendront. 

g) Dialectes employant la particule ad : 

Chelb'a : skerent aj^^ elles ont fait; ad skerent 
ciJlJ, elles feront ; K'çour : goudent iLJ^jT, elles ont 
craint; ad goudent dùjS'J, elles craindront; Haraoua : 
znnt c^jj. elles ont vu; adezrant «uijjU, elles verront; 
Mzab : ergebent c^J, elles ont vu; adergebent c:Sjh\, 
elles verront; Bougie : mennant Cj^Cj^^ elles ont souhaité; 
ad mennant Ci\:>M^\^ elles souhaiteront; Harakta : oiichint 
c^^^ elles ont donné ; adouchint CJLij^l, elles donne- 
ront; 0. Rir' : egserent c^jJ^^ elles sont descendues; 
adegserent ^jS\j\j elles descendront; Ouargla : zrint 
CC.JJ, elles ont vu; adzerent «i-jjJ, elles verront; Dje- 
rid : ekhsent c,:^\^ elles ont voulu; adekhsent lU^J-U, 
elles voudront; Dj. Nefousa : soiiountc^y.^ elles ont fait 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 



12S 



cuire ; adsouoiint iiû^J, elles feront cuire ; Ghat : ir gè- 
lent +IIITO , elles ont attaché ; ad irgelent +lllTOri , 
elles attacheront; Ahaggar : elkement H-ID-;!!, elles ont 
suivi; adelkement +n';iin, elles suivront; Aouelim- 
miden : tigelenet +IIIT+, elles sont allées ; atigelenet 
(pour adtigelenet) +IIIT+n, elles iront, 

Y) Dialectes employant la particule a : 

B. Menacer : zrint c^jj^ elles ont vu ; uzerent c:^jj\^ 
elles verront. 

Le t du féminin devient quelquefois / tm Touat et au 
Gourara : raKenl w^lj, elles sont allées; adrahent 
iiJi^ljJ, elles iront. 

En Zénaga, on trouve pour la terminaison du fémi- 
nin ia ou ied' {= ith) : ed'bania LVi ou ed'bamed' jubii, 
elles sont allées; ad' ed'bania UV^I, elles iront. 

L'impératif, à proprement parler, n*est pas un temps, 
La 2* personne du masculin singulier n'est autre que 
le thème du verbe, dépouillé des af fixes marquant la 
personne, le genre et le nombre. Ex. : 



Zénaga : 
Chelha : 
Taroudànt 

Touat 



' Tementit : 
Timisakht 
Tiat'faft : 



erck 
sker 
ekka 
ekser 
: ekhs 
erou 
af 



i Badrian 
Gourar^< 

/ Timimoun : erouel J^jl, fuis 

Doubdou : 



Rif 



etch 

i Temsaman : enr' 
) Guélàia : eg 



ijfji lue (thème R CH) dérivé de In racine (R' R S) 

isL, Tais — 

ISl, marche — 

j^\, descends (thème K S R) — 

^^1, veuille ^^ 

^jl, ponds — 

,^1, trouve — 



j^l, mange 
^\, tue 
Jfl, fais 



(SKR) 

(G S R) 
(KH S) 
(ROU) 

(P) 

(ROUL) 

(TCH) 

tNR') 

(G) 



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À 



'J2B 



ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 



C Bot'iou& : ùuouet 


Oj, frappe (thème 


OUI) 


— 


(OU TH) 


Rit < B^Ourîîir'en : arzsm 


j^jjl, ouvre 




— 


(R Z M) 


t Kibdana : a& ed 


ù fj0\f viens 




— 


(S) 


B. lïoacep : 


erchel 


Jji,j|, marie-toi 




— 


(R CH L) 


Bofioua d'Arzeu ; 


effour' 


6^1, sors 




— 


(FR') 


B. H'alîma; 


w 


^1, trouve 




— 


(F) 


K'çour : 


QQUd 


jjTJ crains (thème 


G D) 


— 


(KSDH) 


Ouarsenis : 


ûuroi' 


jljj, joue 




— 


(RR) 


Haraoua i 


ztr 


jj, vois 




— 


(ZR) 


B. Menacer : 


ers 


^j0j\, descends 




— 


(RS) 


Miab: 


m 


Jl, laisse 




— 


(J) 


A, Khairoun : 


^flou 


^1, perce 




— 


(FL) 


ZouBoua ; 


ehchem 


^1, entre 




— 


(KCHM) 


Bougie : 


m 


cUt, donne 




— 


(FK) 


Harakta : 


itkêr 


jTl, dérobe 




— 


(KR) 


Chaouia : 


ekker 


jTl, lève-toi (thème 


jKKR) 


— 


(NKR) 


0, Rif" : 


sgser 


^«$1, descends 




— 


(GSR) 


Djerid : 


m 


J,, sois 




— 


(L) 


Djerba : 


m» 


^jJJ, veuille 




— 


(KHS) 


Dj. NeTousa : 


mui 


<yj|, apporte 




— 


(OUI) 


Ghdamès ; 


ekf 


cjoTI, donne (thème 


KF) 


— 


(FK) 


Gbat : 


ii'iif 


][|ll> marie-toi (thèi 


meZ'LF) 


— 


(ZLF) 


Ahaggar : 


Gg*d 


MX, pars (thème G 


'L) 


— ^ 


(GL) 


Sergou : 


etck 


3, mange 




— 


(TCH) 


AouelimtBÎden : 


mfii 


•:|, vois 




— 


(NH) 


Kel Oui : 


eikem 


D-:ii,sui8 




— 


(L K M) 


Syouah : 


mu 


^t ^ois 




— 


(S OU) 


Il semblerait que le pluriel de l'impératif 


dût se 


for- 


mer par 


l'addition des particules 


m OU n 


comme à 


Faoriste. 


mais cette formation n'a 


lieu que 


dans trois 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 127 

dialectes : Touat et Gourara : raKem ^j, allez ; Ha- 
raoua : azrem ^jj\^ voyez ; il se pourrait pourtant que 
ce dernier ne fut qu'une forme abrégée de t aoriste 
[thazrem fj-J^ hazrem ^jj^^ azrem ^jji), employée avec 
la particule a : le Haraoud oflFrant le même phéaomène 
que les dialectes des B. Menacer, de TOuarsenis, etc. 

Dans les autres dialectes, on trouve le pluriel formé 
par l'addition de la particule ith, eth ou et^ qui sert 
également pour le pluriel des verbes d'état. 

Chelh'a : eskereth ^jCl, faites; Zouaoua : ersith tL^j^ 
descendez; Bougie : efketh CJS^\^ donnez. 

K'çour : goudet o^jT, craignez; B. Menacer : zerit 
^jj^ voyez ; Mzab : ergebet cSj, voyez ; 0. Rir' : egse?^î 
OysJI, descendez; Ouargla : zertCjj^, voyez; Ahaggar ; 
eg'let +I.IX, partez; Aouelimmiden : mellit +11 J, venez; 
Syouah : souetCjy^^ buvez. 

Quant au féminiu, il est formé de la personne corres- 
pondante de l'aoriste en supprimant le préfixe ^ ou M : 
Zouaoua : ersemth *lw^ji, descendez [thersemth iL*-/, 
vous êtes descendues); Bougie : efkemth c^\, donnez 
[thefkemth ^^^) ; Chelh'a : eskeremt c^JL\^ faites [tes- 
keremt c^JiS^ ; Kçour : goudemt c^^/^ craignez [tou- 
goudemt c-^jjO'); Haraoua : azremt c^j}\^ voyez [thez- 
remt c^sj) ; B. Menacer : zeremt c^j^ [thezremt c^sj) ; 
Mzab : ergebemt c^fjj voyez (tergebemt cj'j) ; 0, Rir' : 
egseremt c^ywJl, descendez [tegseremt c^jJS)] Ouargla : 
zeremt c^jj, voyez [tezremt ^sj) ; Ahaggar ; eglemet 
+DII>J, partez (teg'lemet +DIIXI+). 

Des particules séparables. — Il existe deux pailicules 
qui se joignent au verbe pour attirer l'attention sur 



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in ETUDES SUR LES DIALECTES BERBERES 

ractioB OU Tétat exprimés par lui ; elles se rattachent 
aux particules démonstratives : ce sont detn. 

La première est vocalisée en e ou en i : ed^ id. Elle 
est toujours placée après les pronoms compléments 
directs ou indirects du verbe, soit qu'ils le suivent, 
soit qu'ils le précèdent. Quand le verbe est employé 
avec la particule du futur ou de Taoriste, le d le pré- 
cède. Ex. : 

Zouaoua : mar^a d iouedh r'er d'agi ^f\ùj^ j»y^ ^UU, 
quand arrivera-t-il ici?; efkiith id juiJSl, donne-le moi; 
ad^ ak d ezrar' gljjb dl3l, je te verrai; mi d ibbodh rer 
d'agi (/ij*^ j»:-^^/) quand il sera venu ici. 

Bougie : ousir' d jk^y je suis venu ; our d ettsas ara 
\j\ t^iTbjj, ue viens pas ; ad ak d aouir ouaii i^l^ ^^^b ilbl, 
je t'apporterai cela. 

Ahaggar : eket as d iousa iggech ed r'ouri •O^n0+- : 
ÏOin 3T; aussitôt qu'il fut venu, il entra chez moi; 
août m ten id ni+0^;, apporte-les lui ; our as ten d iou- 
otd ^:^AI+0O;, il ne les lui a pas apportées. 

Tûuat : ious ed ra illa g elouad J^I^X U ju.^, il vint à 
ce qui était dans la rivière. 

Bv Menacer : ibeddel as àf khamsa ou sitta hikkal 
j& 42^^ i-*irî j ^1 jx., il lui changea cinq ou six fois ; 
asali d ias ouairad' y^lj ,^ji ju, lorsque viendra le lion. 

K'çour : ousend sgi Touat at Teboun oi Cj\y }l jcuj 
i^jw\ les At Teboun sont venus du Touat ; manis d as 
ala d tome d Imalg tesdat iLuîUTjui ju^ij ïl ^b ^U, com- 
ment l'argent lui était venu en une heure. 

Ghat : iagdou d tamadh iet n tamatchart 33+ nriT 
+03II+ l+ï, il rencontra une femme étrangère; eiià 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 129 

taouodh tikmanes 0ia-:+ 31+ A^, sa maladie m'arri- 
vera. 

Chelh a : iftou ian ourgaz ar à ilkem tamazirt Ras 
el Oued JjJi ^\j CjjJ£ ^^ ^ j jlTj^ ùV y^.^ un homme 
marcha jusqu'à ce qu'il arriva au pays de Ras el-Oued; 
ouchken d ir'fak'en zer' Fas^^ gj ^U*^ jJij, des âniers 
vinrent de Fas. 

Mzab : ouar igget titchelt iffer àfsen ifounasen cil jij 
ir^ya ir^. J^. *^î une fois, un lion attaqua deux bœufs ; 
si à iousa ad iali ju Ujj.j ^, quand il fut pour monter. 

Djerba : ijjet kelt iouse d eththeldj ^ jujj cJro>., 
une fois il tomba de la neige. 

Djerid : iouse d ijjen ismej y^^^ ùJî-*-j;> un nègre vint. 

Rif : nechin nousi d g ad te frisât c^^^yù gjfl ^y ô^^, 
c'est nous qui portons le corps. 

Ouargla : iouse A elfekroun imelek tadjerout jujj 
^bA *% ùij^'» la tortue vint épouser la grenouille; 
ad ezoud ak t\à erra \j\ juiSi g^jU, j'irai te la ramener. 

0. Rir' : iouseà oumr'ar l oukheddimis inna ias jujj 
u»!ît yjjfj^^ jU.j, un chef alla vers son serviteur et lui 
dit; aoui t id j^j^ amène-le ; aouin as ten d jc: u-b^l, 
ils les lui amenèrent ; el imam if es ala d ikker ,»Uïl 
jS[jïl ,^,, l'imam dort (attends) qu'il se lève. 

Kel Oui : efeler' d Rat +:n:ll]C, je viens de Ghat; 
ourà iousi -O^nOI, il n'est pas venu; imidaouen mt 
quian t id der Touat +:+:nn+l^:+li:nD, ses amis 
l'ont amené du Touat. 

Zénaga : igger id ioun deqchen ^^ ^ j» x jÇ, il alla 
(vers) l'un d eux ; ellar' d itchem deg eljebel jS^ ^^ opïl 
Jij)l, quand il entra dans la montagne. 



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laa ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

Harakta : ou inna gdd immeth »l»c j g)^^^ ^t ^^^^ 
en mouriint. 

Chaouia : el ouKouch tasen d reres ^^ jJ: J^y-j^j 
les animaux venaient à lui ; oui d iousin si louh'ouch 
tr^y' iT àt^^Ji.^ ^i' ^^^"^ ^^^ animaux qui venait. 

B, ITalima : iououi à iU chaud' an bezzaf ;^^'ù^^ ^sx. 
J^'jiy il avait apporté beaucoup de bois, 

Doubdou : iouse d r'efs ^ jujj, il alla vers lui. 

Cih damés : ieksa d imek'kor juij^ UÇ, il trouva qu'il 
était fort. 

Dj, Nufousa : si d iousou ad iali JU ^j^j ^^, quand 
il vint pour monter ; nit iodueà di aman ^Ul ^ù ^ùy c^^ il 
était dans le fleuve. 

Uaraoua : thouseà IKorrah theftes ^^ ^J^ ju^, le 
lièvre vint et s'endormit. 

La particule /^, de même racine que le démonstratif 
enni^ in^ etc., suit les mêmes règles que Ja particule d. 

Zouaoua : inna ias our n ketchemer' ara r'ourek ^^LL 
tlj^h \j\ ^^ j}^ il lui dit : Je n'entrerai pas chez toi. 

1 aroudant : itabd t en oufroukh ^3^3 cj^^^ le garçon 
le suivit ; tsaouits ar' n snats tsekourin OU-, ^l c^Jl 
j^J^, tïi nous apporteras deux perdrix. 

MODIFICATIONS VOCAUQUES 

On a vu que dans les verbes certaines consonnes se 
modifient, soit en raison de leur position, soit en raison 
des re^^les phonétiques propres à tel ou tel dialecte. 
Des modifications analogues ont lieu pour les voyelles 
de certains verbes ; elles sont causées généralement par 
Tabsence ou la présence de particules, surtout de celles 
qui marquent le futur ou la négation. 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES iU 

Tout verbe commençant par un a ou un e non eupho- 
nique (c'est-à-dire comme Ve de ers^ ekchem) change 
cet a en ou lorsque le verbe n'est pas sous l'influence 
d'une particule. 

Ex. : Zénaga : ebbad' 3y, se mettre à, aor. ionbbad' 
jiiji; athef iuu\y mépriser, aor. iowthef iuùy \ Chelh'a : 
adhenj:^\y être malade, aor.^ ioudhen ^j^; Tarouclant : 
a/*iji, trouver, aor. ioufi ^j^; Touat : aden o->', être 
malade, aor. ionden j^^j Doubdou : edj ^1, faire^ aoi\ 
ioudj^y'j Bofioua du Rif, B. Iznacen, Bot'ioua d'Arzeu ; 
a/* iji, trouver, aor. ioufa Uj»; B. H'alima : ar gl, 
prendre, aor. ionr' gj»; K'çour : a/*^^!, trouver, aor, 
ioufbu j9y^ ; Ouarsenis et B. Menacer : a/* c»'^ trouver, 
aor. ioufa Ujj; Haraoua : a/ ^^1, trouver, aor. ioufi ^5^; 
Mzab : atef ojîl, entrer, aor. toute fi^y/^ A. Khalfouu : 
anef i^\, laisser, aor. ionnef i^ùy/^ Zouaoua : a/z ji, 
monter, aor. iowli j^^ ; Bougie : afen ^l, être malade, 
aor. ioufen ji>y ; Harakta : ar' ^l, prendre, aor. ioner' 
^y ; Chaouia : ar' gl, prendre, aor. iour'a t^. ; 0. Eir' : 
hdher yù>\^ tomber, aor. iondkar jU^^/, Ouargla : azen 
ùjl, envoyer, aor. iouzen ^j^/, Dj. Nefousa : afaf J^\, 
être fin, aor. ioufàf J^^y/, Ghdamès : a/* ^^i, trouver, aor, 
ioufi ^ji ; Ghat : ased nO, venir, aor. iôsid (= ioused) 
AO^; Ahaggar : ar O, écrire, aor. ioura «O^ ; Aoue- 
limmiden : arô O, mettre bas, aor. (ô?^ô (= tourou) 0+ ; 
Syouah : a/'m ôJ»i, être malade, aor. ioufin os^ji- 

Le même changement a lieu, mais plus rarement 
pour les verbes commençant par un i. Ex. : Zouaoua : 
mig dl,f voyager, aor. iounag x^\iy^ ; Ahaggar : 2/]L, être 
pieilleur ; aor. ioufi OC^ 

Quelquefois la voyelle médiale du verbe s'abrège en 



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À 



im ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

compcrjsàtion de rallongement de la première : Zé- 
uaga : abboud' ijji, s'envoler, aor. ionbbod' Ij». 

L^alluDgement de la première voyelle et, par suite, 
son chaagement en oh proviennent aussi de la chute 
d'une consonne : 

Zouaoua : ehd'er jil, aor. ibrf'er jju et arf'^r jSi, aor. 
ioud'er jjji, mentionner; Mzab : ehber ^i, bouillonner, 
aor. iouber jy^. 

Le son a à l'intérieur d'un verbe devient ou lorsque 
ce verbe n'est pas sous l'influence d'une particule. Ex. : 

Zouaoua : egg^dj ^\^ changer de place, aor. eggou- 
d/ey ^/l, iggondj ^^S^; Ahaggar : effad n]C, avoir 
soif; aor. effoxider' -nJC; A. Khalfoun : /az jï, avoir 
faim, aor. illonz j^i. 

Quelquefois, cependant, Va se maintient : Bougie : 
chnf J*Li, être nombreux, aor. icMf i>Uj. 

Quand le verbe a deux syllabes, c'est Va de la pre- 
mière qui devient ou à l'aoriste conjugué sans parti- 
cule : Zouaoua : nwner .^i;, être têtu, aor. inonmer 

Lors([u'un verbe, commençant par un a et ayant un 
ou pour première radicale, change Va initial en ow, ces 
deux ou^ dans plusieurs dialectes, se contractent en 
b vocalisé en o ou en ou. Ex. : Zouaoua : aoui c^y, 
apporter, aor. ihoniisy. (= iououi)\ a,oudh ^^1, arriver, 
aor. ihhodh jx^ (= iououodh). 

Dans les dialectes de l'O. Sah'el (Illoulen, Aîth 
Abbès) ce changement a lieu en g : aoui c^y, apporter, 
aor, /gou/c^^. 

Mais en général Vou persiste : Chelh'a, Guélâia, B. 
H'alimaj B. Menacer, Mzab, Bougie, A. .Khalfoun, 



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L 



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^ 



ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES + 133 

Onargla : lououi c^^, ; Ghat : iouoi ^:^; Ahaggar : 
aout +;, frapper, aor. iouout +;^ 

A l'intérieur d'un mot, le son i devient souvent ou à 
l'aoriste conjugué sans particule : Zouaoua : bifj i^, 
porter, aor. boxiber' ^^, iboub o^, et uu a dans les 
formes dérivées : isebaba V-T. 

L'i peut devenir aussi un e : Zouaoua : ism ot«4t 
savoir, aor. sener' ^, ou un « : Zouaoua : zouir jjj^ 
précéder, aor. ^ouarer' gj'jj; Ahaggar : ind no, être 
propre, aor. ourader' iho 

Les verbes terminés à l'impératif par a ou par ou le 
perdent à la l'® personne de l'aoriste conjugué sans 
particule, où il est remplacé par un i (peut-être sous 
l'influence du r\ Cependant cet i se trouve aussi à la 
2® personne). Ex. : 

Zouaoua : a^ou jjl, égorger, aor. onzir' ^3^; Ouar- 
gla : etton ^l, oublier, aor. rir' ^"; Ahaggar : eia -II, 
posséder, aor. eRr' :ll 

Excepté : Zouaoua : serfou ^y^, arriver, aor. serfar' 
gUy.-.; tsoM y, oublier, aor. tsonr' '^f. 

La plupart des dialectes ont la 3® personne du sin- 
gulier masculin de l'aoriste sans partictjU^ tertainée 
en a. 

Ex. : Zénaga : err' '^J^ brûler, aor, iourrn Uj^ ; 
Touat : edj ^-l, faire, aor. tdja U, Guélâia : eg cTl, faire, 
aor. iga K. ; Bot'ioua : a/ ^^l, trouver, aor, loufa \»y_ ; 
K'çour : ekhs ^\y vouloir, aor. ikhsa UJc^ ; Ouarsenis : 
af Jij trouver, aor. ioufa U^,; B. Menacer : ef'z :>\^ 
creuser, aor. ir'za \yu; A. Khalfoun : edj ^\, laisser, 
aor. idja U; Zouaoua : zer jj, voir, aor, izrH \jy; 
Bougie : eg 3\^ faire, aor. iga è.; Harakta : ekhs ^\^ 



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134 ÉTUDES SUR LÉS DIALECTES BERBÈRES 

vouloir, aor. ikhm LJç; Chaouia : sou ^, boire, aor. 
isouh 1^^; Djerid : zer jj, voir, aor. izera \jy\ Dj. 
Nefôusa : khoug v5^, prendre, aor. ikhoug^ IT^is. 

Lorsque FiDapératif est terminé en ou^ cet ou dispa- 
raît devant Va : Zouaoua : erouon ^ji, être rassasié, 
aor. i7'oua, \^j] Bot'ioua d-Arzeu : eddou. ^J, aller, aor. 
idda U ■ Zénaga : eddou 3J, aller, aor. iouadda b^j; 
Mzab : ernou JJ, accroître, aor. irna 1;^»; 0. Rir' : 
eddou jj', aller, aor. ioiiadda bjj ; Aouelimmiden : 
elsou ;oil, s'habiller, aor. ilsB. 'OII 

On rencontre quelques exceptions : Taroudant : 
eddou ^ji, aller, aor. iddou ^; JMzab : eggou^ jTi, mé- 
langer, aor. ieggou j^. 

Quelques verbes terminés par un i changent aussi 
cet i en a dans les mêmes conditions : Zénaga : okki 
4^1, porter, aor. ioukk^ IT^/, Ouargla : eddi c^J, dépi- 
quer, aor. idda iji ; Ahaggar : ar\ 4/I, étrangler, aor. 
iour\ ^y^. 

En général, cependant, Xi persiste : Zouaoua : mek- 
th\ ^, se souvenir, aor. imekthi jC: ; Ouargla et Dj. 
Nefousa : erni Jjl, accroître, aor. irm Jj. 

La plupart des dialectes du Sahara, appartenant à la 
Zenatia, ont la 3® personne de Faoriste terminée en ou : 

Touat : sou ^, boire, aor. isouou ^*j ; K'çour : af 
Jij trouver, aor. ioufou ^jj ; B. Menacer : sou ^, boh*e, 
aor. houou ^^/, Mzab : edj ^1, faire, aor. iedjou ^; 
0. Rir' : eg d^\j faire, aor. igou jÇ; Ouargla : esar^ 
^Ul, acheter, aor. iseï^' ou ^u^j Dj. Nefousa : sou ^y 
boire, aor. isouou j^^. 

On trouve quelquefois dans un même dialecte les 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 135 

terminaisons oueta :B. Menacer : ers ^Jj descendre, 
àor. iersa, ^j^ et irsQ\x. ^j. 

Quelques dialectes ont le son i à la fin de la 3® per- 
sonne de l'aoriste ! Zénaga, B. H'alima, Harakta et 
Ghdamès : af JS^ trouver, aor. ioufij^y/^ Touat : ar' 
gi, prendre pour; Ouarsenis : ar' gl, faire; 0. Rir' : 
ar gl, acheter, aor. ir\ j- ; Guélâia : zer jj, voir, aor. 
izari ^sj\ ; Haraoua : sou ^, boire, aor. isom ifj^. 

Les deux terminaisons a et i se rencontrent aussi 
dans le même dialecte : Chelh'a et B. Menacer : af u^j 
trouver, aor. ioufs, Uji et ioufi ^^,. 

Ce son i se trouve surtout lorsque le verbe est em- 
ployé avec la négation : Zouaoua : ouriflàkei^a IjTj^ j^, 
il n'a rien donné; Ahaggar : our inr'i --lO, il n'a pas 
tué ; Mzab : oui ioufi batta isioul j>î-j b ^^^ j^, il n'a 
rien trouvé à dire ; Ouargla : seddir ou à iousi 5 ^ju 
\^y^ j, il n*est pas encore venu ; Touat : oua d iousi chi 

vT c5"-H ■* *^' ^ ^'^^* P^^ venu. 

On trouve aussi le son i remplaçant le son a suivi 
du pronom affixe de la 3* personne : Ahaggar : inrï 
•:l, il l'a tué, pour mr at; inr'iet +^^1, il l'a tuée, pour 
inr'atet; Ouargla : iV^m ^^_, il l'égorgea, pour ir'- 
ersat. 

Quelquefois la dernière radicale est redoublée à 
l'aoriste : Zénaga : ouà jj, se tenir, aor. iouedà j^/, 
Ouarsenis et Chaouia : beà j»^ se tenir, aor. ibedd ju. 

Ces règles appliquées à la 3® personne du^masculin 
existent également pour le féminin. 

VERBES D'ÉTAT 
La seconde catégorie renferme les verbes qualifica- 



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m ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

tifs, marquant les couleurs et les qualités. Employés 
saûs particule, ils se conjuguent en Zouaoua de la 
manière suivante : 

Verbe bbbrjk Cijy être noir (rac. B R K). 

Sing. V pers. berriker* ^^, je suis noir. 

— 2' — herrikedh ^j. 

— 3*^ — m. herrik CXj. 

— 3^ — f. berriketh ^j. 

Pluriel des trois personnes : berrikith Z^fij. 

La caractéristique de cette conjugaison est la sus- 
pension des préfixes et la forme commune du pluriel. 

Employés avec une particule, ils suivent la conju- 
gaison régulière. 

D ordinaire, ils ont une voyelle longue avant la der- 
nière radicale : Zouaoua : zouggnr* gj^jj, être rouge ; 
hei^nk C\j, être noir ; mellonl j^, être blanc ; B. Me- 
nacer : meril JJU, être blanc ; Zénaga : maizzong v5}ju, 
être petit ; Chelh'a : meloul j^, être blanc ; A. Khal- 
foim et Bougie : mellonl j^, être blanc. 

Mais cette règle n'est pas absolue : Zouaoua : d'er- 
rel jiji, être aveugle; Ahaggar : emlel llin, être 
blanc; Bougie : ebrek iJj»!, être noir. 

Cette voyelle longue disparaît dans les formes déri- 
vées principales pour reparaître dans les formes secon- 
daires : Zouaoua : seberek iJjw, noircir; tseberrik ^jô, 
être très noir. 

Quelquefois l'adjectif verbal a servi à former des 
verbes d'état. Ex. : rac. B B K : B. Menacer : iberkan 
J^j^_^ noir, aberxen i/j\y être noir, forme factitive sber-- 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 131 

raxen ^j^j noircir; K'çour : bercken ^j^ noircir; 
Mzab, nom d'action : asebertchun oV>**î action de 
noircir. x ' 

On peut classer parmi les verbes d'état une sorte de 
verbe impersonnel, soit employé avec des affixes, soit 
conjugué. 

Mzab : tour' g^; Mzab et Ouargla : ùour' '^^; B. 
Menacer : tour' ^jT, il était, il se trouvait ; B, Menacer : 
tournai </U^, j'étais, plur. tourHth ^^; B- Iznacen : 
tour'a Uy, il y avait; Bot'ioua d'Ai'zeii : ettour' ^^i, il 
était, 3® personne fém. thettour'a ^f:, 

FORMES DES VERBES 

Comme les langues sémitiques et les langues ch ami- 
tiques, le berbère exprime les modiflcations de sens 
appliquées à l'idée verbale, par Tadditioii d'affixes, 
consonnes ou voyelles, préfixes, infixes ou suffixes, qui 
expriment les idées factives, énergiques, intensives ^ 
aussi bien que celles d'actualité, do répétition et d'ha- 
bitude. On peut en compter dix qui se combinent les 
unes avec les autres pour créer des formes secondaires. 

I. Première forme. — La P forme exprime Tidée 
factitive ; elle est caractérisée par la préfixation d'un s 
au radical du verbe. 

Chelh'a : ers ^^Jj descendre; sers ^j^, placer, faire 
descendre ; Touat : gsa UT, descendre ; ^egm UC, faire 
descendre ; Bot'ioua : sou >., boire ; %essQu ^.^^ faire 
boire; Syouah et K'çour : err' g^ji, brûler; ^err ^j^, 
ifaire brûler ; Ouarsenis, Haraoua, Mzab, B. Menacer, 



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138 ËTHMS SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

Bougie, Ouargla, A. Khalfoun : ers ^Jy descendre ; 
f^ers ^j^^ faire descendre ; Zouaoua : erdhel J->jS prê^ 
ter, serdhèl J^^^-, faire prêter; Ahaggar : sou ;©, boire, 
sesou ;00, faire boire. 

En Zénaga Vs est remplacé par un ch : ekcher y^, 
descen4re, chikcher ,r^î abaisser. 

Lorsque ïs factitif est suivi immédiatement d'une 
consonne, on le fait précéder d'un e euphonique : 
Bougie : derr'el Jî^jj, être aveugle, esderr'el J^jjuI, 
aveugler. 

Quand le verbe renferme la dentale ch ou fcA, Vs 

. factitif devient quelquefois ch par analogie : Ouargla : 

echjA^ manger; chech ju, nourrir. Cette règle est loin 

d'être absolue : Bougie : etch j^l, manger; ^etch ^, 

nourrir. 

De même, lorsque le verbe renferme une des dentales 
J5, d\ dh^ Vs factitif devient z par euphonie : Chelh'a : 
oggaz j\fl, exposer, P^ forme : zoggaz jCj^ faire reposer; 
Zénaga : derr'otch >>, être aveugle, I" forme : ezder- 
retch ^j^j\, aveugler; A. Khalfoun : az ji, s'appro- 
cher, r® forme : ziz >j, approcher ; Zouaoua : d'oukel 
Jî^j, être joint, P forme : zûTowAr^/ Js^j, joindre ; Bou- 
gie : ehzeg v5>l, être humide, I"" forme : zebzeg 45>j, 
mouiller; Dj. Nefousa : zodhfi^j, être noir, P forme : 
zezdhof ^jjj noircir; Harakta, Djerid, 0. Rir' : enz 
'j\j être vendu, P® forme : zenz -Jjj vendre; Ahaggar : 
azel II», courir, P* forme : zizel \mn, faire courir. 

Le même changement a lieu aussi en Ahaggar, quand 
le verbe renferme un A : on a vu que cette lettre per- 
mutait avec le z : ahel llj, courir, P* forme : zihel\\\n^ 
faire courir. 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 139 

En Zénaga, quand la racine renferme un/, Vs préfixe 
dçyient également un / par l'intermédiaire d*un z qui . 
existe dans les autres dialectes : enj jîI, être vendu, 
r** forme : jenf jîj, vendre (cf. zenz). 

Il existe des exceptions à la règle du changement de 
Vs en z : Mzab : ebzedj jr^i, être humide, P* forme : 
%ehzedj ^;w, mouiller; Zouaoua : d'et^'el Jpjj, être 
aveugle, P^ forme : srf^rrW J^jju, aveugler; Bougie 
et Ouargla : ebzeg irTyl, être mouillé, P^ forme : ^ebzeg 
ifTjw, mouiller. 

Quand le verbe commence par un a ou un ^ non 
euphonique, ce son devient un i sous l'influence de 1'^ 
factitif. 

Guélâia : are c^jl, monter, P forme : siri^sj^^ élever ; 
Mzab, 0. Rir' : afe/ c^i, entrer, P forme : sitef ^u^, 
introduire ; Zouaoua : âmes ^J, être sale, P® forme : 
s\mes j^ç--, salir; Ouargla : erd ^ji, se vêtir, P^ forme : 
s\red ùj^^ vêtir; Ahaggar : ar/ -O, écrire, P* forme : 
siri OO, faire écrire. 

Exceptions : Zouaoua : iggeth cSi être nombreux, 
P forme isouggeth ^15^, multiplier (cf. Chelh'a : eggouth 
ô/i) ; Bougie : a/e jl, monter, P* forme : sonli j^, 
élever ; Ouargla : P forme : sououel j^, parler (de 
rinusité *aouel) ; cf. Mzab : siouel ^i^^ ; Djerba : adef 
t>J, entrer, P® forme : sadef u^^K^i introduire. 

A Bougie, Vou final du verbe sou ^, boire, s'est 
reporté après Vs factitif : ^ou^ ^^, faire boire. Quel- 
quefois, il disparait complètement : ses ,j^. 

A l'aoriste employé sans particule, cet i se transforme 
en a : Zouaoua : arez jjl, lier; sirez jjw, faire lier, aor. 



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i40 ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

ssrezer' '^jjL,^ isarez jjLj. Avec une particule lï reparaît. 

IL Seconde forme. — La 2® forme s'obtient en pré- 
fixant un m. Elle marque le passif ou la réciprocité^. 
En Ahaggar, ces deux sens sont distingués par une 
formation diflférente : Vm préfixe indique le passif ; la 
réciprocité se marque en préfixant nm. Quand le verbe 
commence par une voyelle, Vm est souvent vocalisé en i. 

Zénaga : doukadj ^^ù, être ensemble, IP forme : 
emdoukadj ^^^a\^ convenir ensemble ; Touat et Gou- 
rara : enr' ^l, tuer, IP forme : menr' ^, combattre; 
Guélâia : ey^z jji, l^riser, IP forme : Taarez jj^^ être 
brisé ;. K'çotir : "Wa \jù [moi arabe), rencontrer, IP 
forme : emlak'a \i3Ul, se rencontrer; B. Menacer : etch 
çi, manger, IP forme : metch ^, être mangé; Zoua- 
oua : erdhel J->J, prêter^ IP forme : merdhel ^^^ 
être prêté ; Bougie : erz jjl, briser, IP forme : Qmrez 
jt^l, être brisé ; Harakta : doukel JJ34, être ensemble , 
IP forme : mdoukel JTJ-**, se joindre ; Ouargla : atef 
cjjl, entrer; IP forme : mioutef <^^, entrer Fun chez 
l'autre: Dj. Nefousa : zoun jj^j, partager, IP forme : 
mzoun ù3>, être partagé; Ahaggar : ekch 3-;, man- 
ger, IP forme : mekch 3-;3, être mangé. 

Vn de la forme nm en Ahaggar est quelquefois suivi 
du son i. Ex. : ar'eres 0O:, égorger, IP forme : enmer'- 
res 00:DI, s'égorger; akar' •:, piller, IP forme : enîm- 
ahar' ::I]|, se piller réciproquement. 

La IP forme se combine avec la P^ pour exprimer le 
passif ou le réciproque d'un verbe factitif. 

Ex. : Zouaoua : els ^jjl, être habillé, P® forme : sels 
^^, habiller, IP-P® forme : msels ^^^JL-, s'habiller réci- 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES Ul 

proquement; en7^' ^l, tuer, IP forme : menr' ^, com- 
battre, P-IP forme : sm^nr' ^, faire combattre; Dj. 
Nefousa : ers ^J^ descendre, I'* forme : sers ^j^^ faire 
descendre, poser, II^-I" forme : msers, être posé; B. 
Menacer : *irak* j^ (de l'arabe), être séparé, V forme : 
%efraU ^jl^^ séparer, IP-P^ forme : ms^frak' jy^^ se 
séparer; Ahaggar : edhs ©3, rire, P forme : sedhs 
03O, faire rire, égayer, IP-P forme : msedhs Oaon, 
être égayé. 

III. Troisième forme. — La IIP forme qui exprime 
uniquement le passif, s'obtient en préfixant à la racine 
la syllabe tsou ou tou qui devient quelquefois tsoua par 
euphonie. 

Ex. : B. Menacer : ari^j<^ écrire, IIP forme : tsouan 
c^ji/, être écrit ; Zouaoua : effer ^l, cacher, IIP forme : 
Uoxxaffer ^ly, être caché ; Touat : et'fef c^l, saisir, 
IIP forme : tsouaffef c^i^', être saisi ; Bougie : outh 
il>^, frapper, IIP forme : tsououth ^l^y, être frappé; B. 
H alima : ari isj\ écrire, IIP forme : isonari ujy^ être 
écrit; K'çour : ar'z .^i, creuser, IIP forme : ionarez 
:^\^^ être creusé ; Mzab : emoti ^jl, vaincre, IIP forme : 
touarwow jîjl/, être vaincu ; 0. Bir' : ari cf J, écrire, 
IIP forme : ionari ^fjly, être écrit; Ouargla : ech J^^ 
manger, IIP forme : touacA j^ly , être mangé ; Ahaggar : 
ermes ©DO, saisir, IIP forme : iowrmes ODO+, être 
saisi; Djerid : "egzem (ar. ^y^)-^ couper, IIP forme : 
Xoxi^gzem fj^\j>j être coupé. 

Va initial de la forme simple devient quelquefois un 
i : Zouaoua : arez jjl, attacher, IIP forme : tsouïrez 
ùjtyy être attaché, aor. itsouarez jjy.^^ ad'itsouarez ij\^}\. 



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*42 ETUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

La IIP forme peut se combiner avec la P® pour 
former un passif de factitif : Zouaoua : err* gjl, brûler, 
P" forme : sé?/r' g^w, faire brûler, allumer, IIP-P forme : 
tsous<?rr' g^y, être allumé. 

IV. Quatrième forme. — La IV® forme qui marque tou- 
jours l'habitude, la continuité, la durée, est formée par 
la profixation de ts au radical : 

Doubdou : af JS^ trouver, IV® forme : tsa/^^^tT, trou- 
ver souvent; Ait Khalfoun : ar gl, prendre, IV® forme : 
tsffr' gir, prendre souvent; Zouaoua : arou jji, écrire, 
IV forme : \%arou j>", écrire habituellement ; Bougie : 
derrel j^>î, être aveugle, IV® forme : isde7T'el j^jaT, 
être continuellement aveugle ; Dj. Nefousa : ebbi ^^l, 
couper, IV® forme : tsebb ^j, avoir l'habitude de cou- 
per. 

Dans les verbes qui commencent par une consonne, 
Ve de prononciation qui suit le ts le précède quelque- 
fois par métathèse : A. Khalfoun : rou jj, pleurer, IV® 
forme : etsrou 5^1, pleurer souvent (Zouaoua : \serou 

Devant les verbes commençant par mi s ou un cA, 
le ts est remplacé par t. Zouaoua : sour' g^, crier, IV® 
forme i tsowr' g^, crier habituellement; Zouaoua : *chid 
{arabe ^b), envoyer, IV® forme : tchid ^', envoyer 
habituellement. 

La IV forme se combine avec la II® pour exprimer 
rhabitude d'une action réciproque. Ex. : Zouaoua : II® 
forme : madbbar juu, lutter ensemble, IV®-II® forme : 
tsmdbbar j^^ avoir l'habitude de lutter ensemble. 

Elle se combine aussi avec la P® et la II®. Ex. : Zoua- 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 143 

oua : aoggad' ï^^\ être effrayé, P^ forme : saoggad' ife'jU, 
effrayer; IP-P^ fornie : msaoggad] 'X^l^^ s'effrayer réci- 
proquement; IV^-IP-F^ forme : tsemsaoggad' 'J^^LJ, avoir 
l'habitude de se causer des frayeurs réciproques. 

Cette forme s'emploie souvent pour exprimer plus 
spécialement le présent d'un verbe. Ex : Zouaoua : 
Usas d jub, il vient en ce moment-ci '{as rf, venir) ; Bou- 
gie : iisar* gb, il prend maintenant, il est en train de 
prendre {ar\ prendre). 

On l'emploie aussi à la place de l'aoriste de la forme 
simple lorsque le verbe est négatif, avec l'idée de futur, 
de présent, ou à l'impératif. 

Ex. : Zouaoua : our d iousi ara \j\\^y^^ ji, il n'est pas 
venu, IV® forme : our d Usas ara \j\ ^^bj j^, il ne viendra 
pas. 

On verra plus loin les modifications vocaliques propres 
à cette forme soit simple, soit combinée et qui rentrent 
plutôt dans la catégorie des dernières formes secon- 
daires. 

^ V. Cinquième forme. — La V* forme, qui marque comme 
la précédente, la durée, l'habitude, la fréquence, s'ob- 
tient en préfixant un M ou un / à la forme simple : 

Chelh'a : ebbifj}^ couper, V* forme : \hebbi ^y couper 
souvent; Bot loua d'Arzeu^: foud' i^, avoir soif, V® 
forme : Wieffoud' i^% être souvent altéré ; B. Menacer : 
ini ^^, dire^ V® forme : \henni J^ répéter ; A. Khalfoun : 
eddou jJ, aller, V® forme : iheddou tXy aller souvent; 
Zouaoua : effer' ^l, sortir, V^ forme : theffer' ^% avoir 
l'habitude de sortir ; Bougie : eddez jjI, piler, V* forme : 
theddez jaT, piler entièrement. 



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itl ÉnTDSS SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

Zénaga : eddej >l, piler, V* forme : ieddej ys:, broyer 
eotièremeiit ; Guélâia : aker /\y voler ; V® forme : iaker 
Ji , Yolor souvent ; K'çour : essin o^J , savoir , V* 
forme : tessin ^, savoir à fond ; Haraoua : ourar Jj^^ 
jouer, V^ forme : Xourar Jjj^ jouer souvent; Mzab : 
eddi tfjl, pulvériser, V* forme : iaddi c^jf, pulvériser 
souvent ; Bot'ioua : erfiji i^jijjl, trembler, V® forme : 
Xerjiji ^yjj. trembler continuellement; Touat : saou 
jL-, boire, V* forme : \saou ^Lj, boire souvent; Ilarakta : 
as ^\^ venir, V" forme lias ^j^Z^ venir souvent ; Chaouia : 
irar Jj^ jouer, V* forme : Xirar JJ^ jouer souvent; 
0. Rîr' : azzei jji, courir, V* forme : tazzel jy, courir 
souvent ; Ouargla : zedh ^j, peser, V® forme : \zedh 
^y, peser souvent; Dj. Nefousa : arou jjl, enfanter, 
V" forme : iarou^js^ enfanter continuellement; Ahaggar : 
(Mem 3Q, être jaloux, V® forme : tasem DO+, être 
toujours jaloux. 

Le t initial peut être mouillé et devenir t : Zénaga : 
meg ^A^ être mouillé, V® forme : tadeg v5^l', être com- 
plètement mouillé. 

Quelquefois le t est vocalisé en a ou en i : Ahaggar : 
den tn> sidir, V^ forme : tiden in+^salir continuellement; 
eg'ged n>3, sauter, V* forme \ tag'g'ed nx+, sauter 
souvent. 

Cette forme se combine : 

— avec la 1" : Dj. Nefousa : etch ^i, maûger, Informe : 
^eieh ^, faire manger, nourrir, V-P® forme : tsetch ^, 
nourrir habituellement. 

— avec la ÏP forme : K'çour : enr' ^l, tuer, IP forme : 
mem^' ^, combattre, V-IP forme : imenr' ^•, combattre 
souvent- 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 145 

On peut rattacher à cette catégorie la forme habi- 
tuelle irrégulière du verbe etch ^1, manger : Zoiiaoua 
et Bougie : etch ^l, V" forme : S\iets ci\ Mzab : \et ju;, 
etta/ ^\ri; Doubdou, V" forme : ^XXech ^\\ Zénaga, 
Chelh'a, K'çour, B. Menacer, Dj. Nefousa, V^ forme : 
\ett c^\ Ahaggar : ekch 3-:, manger, V^ forme : \ett 
++ 

Appendice à la P forme. — Le touareg possède une 
forme particulière obtenue par l'adjonction d'un / suffixe 
au verbe avant les désinences de la conjugaison. Elle 
exprime l'idée de « devenir ». Ex. : eloullir* nill, je suis 
libre; eloulleier' :+|||, je suis libéré. 

On peut retrouver dans les autres dialectes une trace 
de cette formation qui s'est maintenue : 

1*" Dans le verbe signifiant « mourir ». 

Ahaggar : emm D, mourir, emmir' ID, je suis mort, 
emmouXer' l+I], je suis devenu mort; Zénaga : emmi 
t^i, mourir, aor. ioummi ^y^^ emmeth *i^l, être mort. 

C'est cette dernière forme qui a prévalu presque 
partout : le / est devenu th dans les dialectes qui pos- 
sèdent cette lettre : Zouaoua, Bougie, Harakta : emmeili 
:^\\ Bot'ioua, Temsaman, Harakta : emmouWi v^^i; B. 
Menacer, A. Khalfoun : mouWi v^^; Chelh'a, Mzab, Cha- 
ouia, 0. Rir', Dj. Nefousa : emmet c^\ ; ïaroudant, Gué- 
lâia, B. Iznacen, Haraoua : emmout Cj^\ ; Ghat : emmout 
+1] ; Kel Oui : emmet +3 ; K'çour : emmouioii yy\. 

On trouve en Zouaoua et à Bougie cette forme com- 
binée d'une manière irrégulière avec la IV® pour expri- 
mer la fréquence : i^emetsaih CJc£. 

2"* Avec la racine G G impliquant l'idée de grfud 
nombre : Zénaga : oggi ^^i, être nombreux, V® forme : 

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146 ÉTUDES SUR L^S DIALECTES BERBÈRES 

tigi ji:,- augmenter; oggin c/i, abondant, pi. oggid'enen 
JjS\, qui a fourni le thème G TH : Zénaga : eggouih 
C^jfi; Cbaouia : eggeih ^l; Djerba : eggaih oITl, être 
nombreux ; Chelh'a : iggouXhen o^jÇ, nombreux ; GTCH : 
;^;»naga : igitch ^, multitude; G D' : Zénaga : tigeà'i 
c^Jij, abondance ; G ï : Chelh'a : goid o/; être nom- 
breux ; Ahaggar et AoueUmmiden : iggouien l+T ; 
Chelh'a : iggouXen j/jÇ, nombreux. Le Zouaoua possède 
la forme iggeih. »iir, se multiplier (d'où sont dérivés : 
r* forme : souggeth .iT^, multiplier ; amsouggeih :X^^\^ 
bavard) et pour forme d'habitude : t'ok'oth .u»!.. 
, Le Zénaga possède en outre un suffixe de ce genre, 
mais désignant la généralité et se plaçant après les 
désinences de la conjugaison ; il est vocalisé en ou chez 
les ïendar'a et les tribus du Sah'el (Idarmadjik et Idad- 
far'a) ; en i chez les 0. Daiman, les Ida bel H'asan et 
les Koumleilen. 

Tendar'a : senenioxx ^ujl., ils savent tous ; 0. Daïman ! 
senenXï 



VI. Sixième forme. — La VP forme, une des plus 
usitées, a le même sens que la IV^ et la V®; elle s'obtient 
en redoublant la seconde radicale et s'emploie dans les 
verbes de deux et trois consonnes. 

Quand il s'agit d'un verbe de trois consonnes précé- 
dées d'un e euphonique, celui-ci disparaît à la VP forme, 
la consonne non vocalisée ayant reçu une voyelle par 
suite du redoublement de la seconde. Ex. : 

^Zénaga : akohen ^^l, piller, VP forme : A;echch^/^ 
.Cr^; Chqlh'a : zev jj, voir, VP forme : zevv jj ; Mzab : 



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ÉTUPE8 SUR (4ES DULECTES BERBÈRES t47 

eHem f^Jj ouvrir, VP forme : rezzem fjj] Zouaoua : 
efçmez ^1, gratter, VP forme : A:^mm^js ^; Bougie : 
ebzeg iif^l, être mouillé, VP forme : bezxeg c5^ ; Chaouia : 
ezmer ••jl, pouvoir, VP forme : zemmer ^j ; Ouargla : 
ehzeg v5^i, être humide, VP forme : hezzeg 3''j\ Dj. Ne- 
fousa : esker JZ,\, faire, VP forme : se]ùier JC; Ahag- 
gar : enz ttl, être vendu, VP forme : nezz ttl ; eldech 
9nil, être fatigué, VP forme : hdàech 3nil. 

A cette forme, en Ahaggar, la première consonne 
eat vocalisôe en a. 

Quelquefois, c'est la première radicale qui est redou- 
blée : Chaouia et Ouargla : evz jjl, casser, VP forme : 
err^2 jj ; tandis qu'en Ahaggar : erz ttO, VP forme : 
razz ttO. 

Par euphonie, le d' redoublé devient und : Zouaoua : 
ezà'em fijl, couper du bois, VP forme : zeddem f^j. 

Le dh redoublé devient un f : Zouaoua : ^^dh ji^jl, 
tisser, VP forme : zefV J»^. 

Le r' redoublé devient un k' : Zouaoua : enr' ^l, tuer, 
VP forme : n^k'k' ^ ; Mzab : ^;t' gji, brûler, VP forme : 
rek' ji^. 

^.e ou devient soit un 6, soit un g^ soit même un k 
qui peut s'adoucir en ch : 

a) Zouaoua : rouou ^j, être rassasié, Vp forme : reljbou 

p) Dj, Nefousa : aowt oy, frapper, VP forme : agget 
4^1 ; Ahaggar : aou«?/ +:, frapper, VP forme : eggit +T ; 
K'çour : QMet Oj, frapper, VP forme : eggatch ^\ \ Gou- 
rara (Timimoun) : ou/ 413, frapper, VP forme : gatch ^f; 
Zouaoua : eronel jjji, fujr, VP forpie : reggoul jjô; 



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"^48 ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

Harakta : erouel jjjl, fuir, VP forme : roiiggel Jî^j. 

y) Zouaoua : oue th ^^, frapper, VP forme : elikath 
d^\; Bougie : aouth ^y, frapper, IV® forme : ekkath ^l^i, 

3) Mzab : ouet ^j, frapper, IV® forme : echchat ^U 
et chat' -tu. ; B. Menacer : aouth ^^\, frapper, VP forme : 
chath ^lfhs \ Ouargla : ouet O3, frapper, VP forme : ech- 
vhat ou. 

C'est à la VP forme qu'on peut rattacher la plupart 
des verbes d'état qui sont caractérisés par un redou- 
blement de la seconde radicale : Zouaoua : meWoid j^, 
être blanc ; zouggouar' ^/}j, être rouge (Z OU B', cf. 
Bougie : zouer g^j); Ahaggar : cheger' :T3 

VII. Septième forme. — Les formes précédentes sont 
marquées par Taddition de consonnes à la forme simple; 
les quatre dernières sont caractérisées par l'addition, à 
la fin ou au milieu d'un verbe, des sons a, ou^ i. Bare- 
ment, elles sont employées avec la forme simple : on 
les trouve le plus souvent avec les formes dérivées aux- 
quelles elles ajoutent l'idée d'habitude (pour la P^ forme) 
fet surtout d'énergie et d'intensité. 

La VIP forme s'obtient en intercalant le son « avant 
la dernière radicale : Chelh'a : err J , rendre , VIP 
forme : rar jlj, remettre; Zouaoua : gen ^/^ se coucher, 
VIP forme : ^an ^ê^. 

Elle se combine : 

l"" Avec la première forme : Mzab : P^ forme : ser- 
tches ^j^j^', tromper, P^- VIP forme : sertchas u-L^^-; 
Zouaoua : P® forme : se/cnef ^.jcSZ^^ faire rôtir, P®-VIP 
forme : seknaf JcX. ; Bougie : sebzeg c5}u., mouiller, 
VIP-P^ forme : sebzag v5l>« ; Chaouia : serr' g^^, faire 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 149 

brûler, P-VIP forme : s^rar' gl^ ; Ahaggar : Mggech 
3TO, faire entrer, P-VIP forme : seggach 3TO 

S*" Avec la IP forme : Zouaoua : ekchem ^t, entrer, 
IP-VIP forme : miekchem ^JtS^^ entrer l'un chez l'autre^ 
IP-VIP forme : miekcham ^USÇ., se fréquenter. 

3"* Avec la IIP forme (passif et habitude) : Zouaoua : 
eddez >l, piler, IIP-VIP forme : i^onadddiZ jUj:; Ahag- 
gar : kemmet +I1-:, cueillir; IIP-VIP forme : touA*?;w//7a/ 
+D-:+ 

4"* Avec la IV* forme : Zouaoua : eddem ^ J, enlever ^ 
IV®- VIP forme : imdd^m fSSi. 

Elle s'ajoute aussi à la combinaison : 

— de la IP et de la IV® forme : Zouaoua : erdheî j;<-ji, 
prêter, IP forme : mierdhel ^i^j^, IV®-IP forme : lsem^>r- 
dhel J^jic, IV^-IP-VIP forme : iseinierdha,l jUj<£. 

— de la V% de la IP et de la I" : Zouaoua : I"^ forme ; 
siouel ^ij^j parler, IP forme : msiouel ji,^-^, converser, 
V®-P®-IP-VIP forme : texnsaoual jl>*^', converser souvent, 

VIII. Huitième forme. — Pour la VHP forme, on 
intercale un i ou un ou avant la dernière radicale du 
verbe : 

Zouaoua : d'err'el J^ji, être aveugle, VHP forme : 
d^err'il J-pji, être complètement aveugle; Zouaoua : 
d'oukel JSji, s'associer, VHP forme : d'oukoni j/jj; 

Bougie et Ouargla : enr' ^l, tuer, VHP forme : ?/our' 

• • 

Elle se combine : 

1** Avec la I"' forme : Touat : P® forme serr ^j^, 
allumer, P®-VIIP forme : smr' ^^j^ ; Mzab : P" forme : 
zenz ;/j, vendre, P®-VIIP forme : z^nouz jjïj; Zouaoua : 



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IBO ÉWDËâ l9tJft LEB DtALËCTËd BËAâÊâËà 

sderr'el ,>jju., aveugler, P-VIIP forme : ^derrHl jLijju; 
zd'oukeljf^^j^ associer, P-VIIP forme ; zrf owArou/ j^y^ij, 
Bougie : ^oufef iii.^, allaiter^ P-VIIP forme ; wufowf 
i>>«; Ouargla : ^oufer' ^^^ faire sortir, P-Vllî* 
forme : sow/bur' ^^^; Dj. Nefousa ! P'-VIIP forme : 
^emhl jjye^ blanchir entièrement; Ahaggar t ^Éttê 01© , 
faire coucher, IP-VIIP forme : âé/tou^ ©10 

2^ Avec la IP forme : B. Menacer : IP forme ; tïidou^ 
kel Jî^J^, s'associer, IP-VIIP forme : mdoukonl J/jh^* 

3" Avec la IV« : A. Khalfoun : erz}j\, brisé, IV'-VIIP 
forme : ts^rou^ 3^7, être entièrement brisé ; Zouaoua : 
IV^-VIIP forme : Uezigziou j^J^^Jj être constamment 
très bleu; enz jl, être vendu, IV^-VIIP forme : Uenonz 
j^:; Bougie : ezouer^ g^^jl, être rouge, IV^-VIIP forme t 
tszezouir' f^yj. 

4"* Avec la V* : Ouargla, V^ forme : tkechkech jXiSSj 
secouer fort, V'-VIIP forme : ikechkonch jtjJcïî, liecouer 
très fort. 

IX. Neuvième forme. •— La IX* forme s'obtient par 
Tadjonctîon du son d à la forme simple : on ne la ren- 
contre qu'avec les formes dérivées : 

1^ Avec la P* forme : Zouaoua ; em ;fi, être vendu, 
P^ forme ; zenz jj, vendre, I"-IX* forme ^ ten&a i>'j ; 
Ahaggar : sou ;©, boire, P* forme : sosou ;ô0, faire 
boire, l'^-IX® forme : sasoua :0O 

S"" Avec la IV® forme : Zouaoua : erz jjl, briser, IV®« 
IX® forme : tser^a \}j, dépenser, prodiguer. 

3^ Avec la V® forme : Zénaga ! arz jj^ être brisé, 
V®-IX® forme : iarzn. \jj ; Syouah : soU >,, boire^ V*- 
IX® forme ; tessoua \^, 



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ÉîtîbES SUR LES DIALECTES BERBÈRES iSi 

Elle se joint aussi aux combinaisons de formes sui- 
vantes : 

l"" Formes I-II (habitude de transitif de réciprocité) : 
Zouaoua : erz jji, briser, IP forme : merz j^^, être 
brisé, P-IP forme : smerz j^c-, T^-IP-IX^ forme : 
stnerza ijjr-; Ahaggar : enr' il, tuer, Ip forme : enmenr' 
:DI, s'entre-tuer, P'-IP-IX' forme : senmenr'a -iniO 

2"* Formes Ill-I (habitude de passif de transitif) : 
Zouaoua : err' ^ji, brûler, P*" forme : serr' g^w, allu* 
iher, IIP-P^ forme : tsous^rr' çj^y, être aUumé, IIP- 
1^-IX® forme : tsouserr'a \^j^y. 

S"" Formes IV-II (intensité d'habitude de réciprocité) : 
Zouaoua : zer jj, voir, IP forme mzer j>, IV®-IP-IX^ 
forme : tsem^^ra ijy ; Ahaggar : enr' il, tuer, IP forme : 
enmenr' IIHI, IVMP-IX^ forme : tsenm^nr'a •:IIII+ 

4"* t'ormes IV-II-I (intensité d'habitude de récipro- 
cité d'un transitif) : Zouaoua : edhs ^\, rire, P® forme * 
sedhs fjJa^, faire rire, amuser, IP-P® forme : msedhs 
être égayé, IV-IP-I"-IX^ forme : tsems^rfA^a 
J, avoir l'habitude de s'égayer beaucoup. 

5^ Formes V-II (intensité d'habitude du passif) : 
Ahaggar : ekch 3-;, manger; IP forme : mekch 3- 13, 
IV^-IP-IX" forme : i^mekchdi •3-:il+ 

X. Dixième forme. — On ajoute au verbe les sons /, 
ou bien ou. Comme la précédente, cette forme ne s'em- 
ploie qu'avec les formes dérivées : 

1** Avec la P^ forme (habitude de transitif) : Zoua- 
oua : end jCI, se coaguler, P^ forme : %end x^, coaguler, 
P^-X® forme : sendon ^ji^] k'im ^, s'asseoir, P® forme : 
srVm Ju.,, P-X^ forme : ^r'imi ^c^-; Mzab ; P^ forme : 



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152 ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

smeîl Je-, blanchir, l'^-X^ forme : ^melh Je- ; Ahaggar : 
I"* forme : sowrfA 30, souffler, P-X^ forme : %oudhovL 
30 

a) Avec la combinaison de la V^ forme et de la 
VJir forme (intensité d'habitude de transitif) : Zoua- 
oua : ers ^J^ descendre, F® forme : sers ^j^^ P^-VIIP 
forme : serons trij^? T^-VIIP-X® forme : s^rou,90u ^iJ^-. 

2'' Avec la II® forme (habitude du passif) : Ouargla : 
af J^, trouver, IP-X® forme : mioufon j»^^. 

3"" Avec la IV® forme (intensité du passif) : Zouaoua : 
fouk 5ji, terminer, IV^-IX® forme : isefoukon fyA\ mlil 
JO-, se réunir, tsemlifi JJk\ 

b) Avec la combinaison de la IV® et de la VHP forme 
(intensité du passif d'habitude) : Zouaoua : e?'z jjl, 
briser, ÏV®-VIIP-IX® forme : ts^rou5;ou ^j^J. 

On peut ajouter à cette forme celle qui consiste à 
ajouter ai à la fin du verbe, elle ne s'emploie guère que 
pour marquer l'habitude du transitif. 

Zonaoua : laz jï, avoir faim, P® forme : selaz jX-, 
affamer, P®-X® forme : se/asai c^lj^l*-, afi'amer d'habi-; 
tude; Bougie : r^r' gj, brûler, P® forme : esr^r' g^^J, 
1"-X^ forme : serr'ai c^U^. 

Formes irrégulières. — Il existe un petit nombre de 
formes qui ne peuvent entrer dans les classifications 
précédentes, 

Zouaoua : irid' i^, être propre, forme d'habitude : 
gerrez j/^ faire proprement; ger jf, jeter, forme d'ha- 
bitude : dheggir J^ et fek'ir ^ ; soud'en ô^^, baiser, 
pass. tsoud'oud'en ô^iS^-J, et forme d'habitude : tsoud'- 
oud'oun ùi^j^>*-j« 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES !S3 

Chelh'a : erzem |.jjt, ouvrir, pass. tenourzoum ^^jj^. 
Ouargla : eraou ^\j\^ pleurer, forme hab. £eraou y^. 
Oued Sah'el : sers <j.»^, placer, forme hab. tseressis 



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, ■ ,:^'>ti*'n**--v;-jL:;j'ïï;s'-vr,5p^ 



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CHAPITRE III 

Nomâ d'âctionâ ou noms ve^bânluc. 

Ils expriment, bous tine forme nominale^ l'action 
indiquée par le verbe dont ils sont dérivés et peuvent, 
suivant leur formation, se divise^ eU classes principales 
et classes secondaires, ces dernières étant caractérisées 
par la préfixation et la suffixation d'un th ou d'uu /. 

I. Le nom d'action est identique au radical du verbe ; 
Zouaoua : imi ^, être assis ; imi ^^ , action de s'asseoir \ 
tinoui 1^3::, lier (forme hab.); tinoui xs^) faisceau; 
Mzab : ar'mel Jfl, moisir; ar'mel JfI, moisissure ; 
Zouaoua : ourar jlj^, jouer ; ourar Jjj^ jeu ; inig »5^, 
voyager ; intg ifSl , voyage ; Bougie : ounag lifL^, recher* 
cher; ounag «5ïj, recherche; Dj. Nefousa et Djerba ; 
laz j'i, avoir faim; laz yi, faim; Syouah : ak^an o^i, 
attacher; ak'an 0*1 contrat; 0. Rir' : zoun ^jjj parta* 
ger; zoun ùjj, partage; Ouargla : irar Jj^ jouet*; irar 
j\j, jeu. 

Formes secondaires : 

A) Préfixation et suffixation d'un th ou d'un t : Zé- 
naga : sin ^, savoir; iessini iUL-j, science; Ghelh'a t 
aoui isj^f apporter; iaouii j**/, apport; Mzab : edJHî ^\^ 
ourler; iedjnit c^, ourlet; 0. Rir' t aiour jy\, mar- 
cher; iaiourtojyji, marche ; Zouaoua : anfel Jki\, enter- 
rer; ihant^eli jik.*, enterrement; izigzou yj^:i^ être 
vert ; ihizigzouWi ^j^^Jîy, verdure ; Bougie î izidh ^j^^ 



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1S« ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

être doux; thizidhets cs^j y douceur; Ahaggar : ederr'el 
ll:On, être aveugle; tederr'eli +ll:On+, cécité. 

B) Intercalation d'un a avant la dernière radicale : 
0. Rir' : atef ^\y entrer; atdif uf\', entrée; B. Menacer : 
ader jii, descendre ; arf'ar Jil, descente; Dj. Nefousa : 
arouiiSsJ, pétrir; arouaiis^^j^ couscouss; Syouah : afin 
Oîtl, être malade; af^n JLti, maladie. 

C) Addition dun a après la dernière radicale : Aoue- 
limmiden : tedich 3n+, tâter (forme hab.); tedichà 
*3n+, tact; Syouah : akhs ^l, vouloir; akhsa L-i-i, 
volonté. 

D) Intercalation d'un ou avant la dernière radicale : 
Zénaga : eddeg i5Si, être ensemble ; eddong J)ù\, assem- 
blée; B. Menacer et Mzab : laz jï, avoir faim ; louz jji, 
faim; Zouaoua : arez jjl, lier; arrouz j^ji, ligature; 
Ahaggar : ar'tes ©+:, couper; ar'tous ©+•, coupure. 

a) Cette forme secondaire donne naissance à une 
forme tertiaire par la préfixation et la suffixation d'un 
/ : Chelh'a : edder jjl, vivre ; teddonrt ôjjjT, vie. 

E) Addition d'un ou après la dernière radicale : 
Syouah : atch ^i, manger ; atchoxx ^l, nourriture, 

F) Suffixation de i : Zénaga : etch gl, manger ; etchi 
^j nourriture; Dj. Nefousa : zodhf i^ij être noir; 
zodhfi ^^J^ noirceur, 

a) Forme tertiaire : Préfixation et suffixation d'un / : 
Ahaggar : eUk'ar : O— , être dur; iek'Uarii +0—+, 
dureté. 

II. Forme simple : En préfixant un a\ cette formation 
f^ 'emploie avec les différentes formes dérivées du verbe : 
Chelh'a : safoxL ^U^ allumer (P^ forme) ; Bsafou j^u, 
tison; Mzab : sitef iuû^ (P® forme); introduire; s^itef 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 151 

J, introduction; Zouaoua : d'oukel ^^^^ se réunir, 
^d'oukel jTjil, réunion; mdoul ^y^ (IP-P^ forme) inter- 
peller; Bmsioul j>:***i, interpellation; mekthi J^ (IP- 
forma), se souvenir ; amektài ^i, souvenance ; sendou 
^Xu. (P®-X® forme), battre le beurre, asendou ^x^\y barat- 
tement ; Bougie : ekhlou ^l, être ravagé ; dikhlou ^\, 
ravage; souden^^y.^ embrasser; disouden^^yj^ embras- 
sement; Ouargla : zoun ô^J, partager; dizoun ^^ji, 
partage; Ahaggar : sousem HOO, se taire; asousem 
HOO, silence. 

Formes secondaires : A) Préfixation et suffixation 
d'un th ou d'un X : Bougie : ezzai (/Iji, être lourd; tha- 
zai\h ^yjy pesanteur; Ahaggar : ehorg TOj, rêver; 
tsihorget +TOi+, rêve. 

B) Intercalation d'un a avant la dernière radicale : 
Zouaoua : ebges ^\^ se ceindre; nhydiS j^Ki, ceinture; 
sers ^x^ (P^ forme), placer; a^ra^ \r^j^^i placement; 
Mzab : ebber j)^ bouillir, abb^r jy, bouillonnement; 
Bougie : reffel Ji^j, prêter ; ar^/V al jU»jl, prêt; Ahag- 
gar : eàjmedh 3111, sortir; ^djmdidh 3I1I, sortie. 

En Ahaggar, on trouve plus fréquemment un a après 
chaque consonne : ekneflLll. rôtir; aArana/* ][!•:, action 
de rôtir; egbes OOT, ceindre; agabsis OOT, action de 
ceindre; enbel umi, enterrer; anabal limi, enterrement. 

: a) On obtient une forme tertiaire en préfixant et en 
suffixant un th ou un ^ : Zouaoua : edhfer ^-»l, suivre; 
tharfA/arth ôjU-:*;, poursuite; Ahaggar : gegger OTT, 

.insulter; ta^^^^art +OTT+, insulte. 

C) Addition d'un a après la dernière radicale : 
Mzab : ejj ji , laisser ; a/Ja ijl, abandon ; err jl, rendre ; 

•arrçL ijl, restitution; erz jjl, briser^ ar^a Ijji, brisure. 



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m ETUDES 8UR LES DIALECTES (^ËRBÊBES 

«) Une forme tertiaire s'obtient en préfixant et en 
suffixant un th ou un / à cette forme secondaire : 
Zénaga : err' gji, brûler; tarr ath ôUy et tarr'«d' iUy, 
chaleur, 

D) Intercalation d'un i ou d'un ou avant la dernière 
radicale : Zouaoua : ebzeg S'y}, être humide ; a^^ou^ 
ifT^ji (pour "abzoug)^ humidité ; Bougie : ebges ^\, se 
ceindre; a^^ou^ ^j5l (pour *abgous)y ceinture; Ahaggar : 
enbel IIOI, enterrer, anbonl II0I, enterrement; Zéuaga : 
erch j>j\, égorger : Brich ^J, boucherie. 

«) Il existe une forme tertiaire obtenue par la pré- 
fixation et la suffixation d'un / : 0. Rir' : edder jJ, 
vivre, tarfrfourt ^j^aT, vie; Ahaggar : zeiderQT\^U^ être 
doux; X^zidiri +Ott+, douceur. 

E) Addition d'un ou après la dernière radicale : 
Zouaoua : sbourr j^--., se voiler ; a^ôowrou, action de 
se voiler; choudd ^^, lier; a^Aowrfrfou, ligature. 

F) Addition d'un i après la dernière radicale : M^ab : 
zenz 'j^y vendre; azenzi ^s'JjU vente; Zouaoua : segem 
^, pousser; hsegmi ^jSJ, croissance; Bougie : emlak'a 
ttXi, se rencontrer; djnlak'i J31.I, rencontre; Ouargla : 
serr' g^w, allumer; a^^rr'i ^^v», incendie; Ahaggar : 
enmenr' iim, combattre ; Qwmenr'i •llHl, combat. 

a) On obtient une forme tertiaire par la préfixation 
et la suffixation d'un t : Ahaggar : rim H:, être assis ; 
tar'imit +D:+, séance. 

III. Forme simple : Pré fixation de ou : Zouaoua : 
ezzou jjl, torréfier ; onzzou 3J3, torréfaction ; Bougie : 
ezzou 3JI, planter; oxxzou ^j^, plantation. 

Formes secondaires : A. Pré fixation et suffixation 
de th : Zouaoua : edder j^i, vivre ; thourfrferth vjjjf, viej 



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ÉTUPQS SUR l^l^S piAt^ECTES ^ER^^HEg m 

B. Addition de a après la dernière radicale : Zén^ga : 
oki t/'l, porter ; ouA:a 1^, action de porter. 
. C. Intercalation de i ow rfe ou ae;a^^^ la dernière 
radicale : Zouaoua : erfou yj, être en colère; Qwrrif 
op,j3, colère; Mzab : betch ^, s'eavoler; ou6ou/cA ^yjj 
vol; Dj, Nefousa : essen ^i, savoir; ou^^oun g^^, 
science; Djerba : sen ^, savoir; ou^oim ^^^r science. 

a) Forme tertiaire par la préfixation et la suffixation 
d'un t : Ahaggar : essen lO, savoir; tonssowni +IQ+, 
science, 

D, Addition de ou à la fin de la radicale ; K'çour : 
efch jjl, manger; outchou j^^j, nourriture; Ouargla, : 
ech jt-i, manger; ouc^c^ou ^3, nourriture. 

a) Forme tertiaire par la préfixation et la suffixation 
d'un / : Ahaggar ; eoudh 3:, arriver^ thou^^ou^ +:9:t 
{i^ouv*fououd'hout), arrivée, 

E, Addition d'un i à la fin du radical : K'çoar et A- 
Khalfoun : etch ^l, manger; ontchi ^^j, nourriture; 
Zouaoua et Bougie : edj jr!, abandonner; ourf;ï ^^3, 
abandon, 

«) Forme tertiaire par la préfîxation et la suffixation 
d'un th : Zouaoua : edj ^l, laisser; thouû(/Vth v^j», 
abandon; Bougie : etch ^^l, manger; thoufcMth C^/, 
nourriture. 

IV, La forme principale qui consisterait à préfixep le 
son i n'existe pas ; on ne rencontre que les formes déri- 
vées : 

A. Intercalation dun a avant la dernière radicale du 
verbe : Ouargla : ebbi ^^ couper, ièèa2 (/U, coupure; 
0. Rir' : essen ^i, savoir ; isssin gU{, science, 

B. Addition d'un diaprés la racine : M^ab : eddi c^J, 



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160 ÉTUDES SUR LES DIAlECTES BERBÈRES 

piler; iddn U, pulvérisation; Ouargla : ech j^\, manger; 
ichcha Uj, nourriture. 

C. Addition d'un ou après la dernière radicale : 
0. Rîr' : ech^ manger; icAcAou ^^, nourriture. 

<*) On peut considérer comme formes tertiaires déri- 
vées de celle-ci, celle de TAhaggar où la syllabe aou est 
ajoutée à la racine avec un t préfixé et suffixe : en ij 
dire; tinaout +;i+, action de dire; ek •;, aller; tiMaout 
+:•:+, action d'aller. 

D. Addition de ï après la dernière radicale : B, Me- 
nacer : mouk'el (pour *mour'el) J»^, regarder; imour'lï 
Jè^, regard; Zouaoua \ r^em ^^ teindre; xr'errix ^^., 
teinture. 

a) Forme tertiaire par la préfixation et la suffixation 
d'un th : Bougie : mekthi J^, se souvenir; ihimekthith 
»lj3Cc, souvenance. On peut y rattacher la forme du 
Zouaoua : thiririth ^,jj^ vomissement, de err J, rendre, 
vomir. 

' V. Forme simple : En redoublant la seconde articu- 
lation; lorsqu'un verbe commence par un a non eupho- 
nique, c'est la première consonne qui est redoublée : 
Mzab : aouodh ^y, arriver; aggouadh u^i/l, arrivée 
(pour *aououadh)] Zouaoua : alouou jJi, être faible; 
léhhou yà, faiblesse (pour *leououou) ; eknou ^i, ployer; 
kejmou ^, action de ployer; Bougie : ebfou ^i, par- 
tager; èet't'ow ^, partage. 

Formes secondaires : 

A. Intercalation d'un a avant la dernière radicale : 
Mzab : aher j\^ bouillonner; ahh^r j^i, bouillonnement ; 
a/zjl, monter; fl/Za/cf^l, montée. 

B. Intercalation d'un ou avant la dernière radicale : 



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ETUDES SUR LES DIALECTES BERBERES 161 

Zouaoua : anef^\^ laisser; annonf ^y\, action de laisser. 
E. Addition d'un ou après la dernière radicale : 
Mzab : oudha Uj, tomber; ow^V'ou ^j, chute (pour 
oudhdhou). 

VI. Forme simple : préfixation de an et intercalation 
d'un «, d'un i ou d'un ou avant la dernière radicale : 
Zouaoua : ekmez J^\^ gratter; anekmoxxz jj-^l, gratte- 
ment; erli Jil, tomber; aner'loni c^^l, chute. 

Forme secondaire : A. Pré fixation et suffixation 
d'un th : Zouaoua : ezd'er' giji, habiter; thari^zrf'our'th 
c^s^j^y habitation. 

On peut rattacher à cette forme secondaire celle ou 
Vn est remplacé par un m : Zouaoua : ers ^J, descendre; 
thamer^ath oL^, placement; Bougie : edder jJ, vivre; 
thamerfrfourt Ojjoc , vie ; Dj . Nefousa : edder jj, vivre ; 
thamec/c/ourt ^j^j^, vie; Ahaggaj : eddar nn, vivre; 
tameddomi +OnD+, vie; adken 13, faire paître, tama- 
dhint +I3D+, action de faire paître. 

VII. Forme simple : En préfixant un th ou un t qui 
peut être vocalisé en a, aou^ aoua^ ou, e, i. Lorsque cette 
formation est employée avec les verbes d'état, les sons 
ou et i qui n'appartiennent pas à la racine sont rem- 
placés par le son e. Chelh'a : essen ^l, savoir; taoïiassen 
IfJy^ science; B. Menacer : ad*ef u{^\^ entrer; thouûTe/ 
tjSjî, entrer ; Zouaoua : ibrik cljj*, être noir ; Wieberek 
î]jji% noirceur; efsous cr>^S être léger; thefses ^j^,, 
légèreté. 

Formes secondaires : C. Addition d'un b. à la fin du 
radical : Guajiche de Canarie : tarAa Uy, écriture, 
provenant sans doute d'un verbe arh ^J, écrire (cf. 
Zénaga : arha Uji) ; Chelh'a : arou jjl, écrire; thira Ijjî, 

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m ETUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

écriture ; Guélâia : a?^ (jj , écrire ; thira Ij^î, écriture ; 
K'çour : edder jJ, vivre; toudera ij^y, vie; ari </jl, 
écrire; tira Ijç, écriture; Zouaoua : edhs ^1, rire, 
thsidhsa [.J^^ rire (subst.); koufeth tl^d^T, mousser; thi- 
koufeths. ':9j55, écume ; enned joîl, balayer ; ihovinnedhdi 
Uaîjî, balayage ; elles ^\, tondre ; thaou^//^.9a Ujî, tonte ; 
Bougie : erouel j^ji, fuir; tharo?^/a ^^J, fuite; efk O»!, 
donner; thaoua/Â:a ISTsijr, don; ezzeg «5jl, traire; thou- 
zeggsi ^jj, action de traire ; Ouargla : ari (sj^ écrire 
tira IjÇ, écriture ; jall jlj, jurer ; ti;V//a Xj;, serment 
Ahaggar : erouel li;o, fuir; taroula. -110+, fuite 
Syouah : sou ^, boire ; tisoua l^^j, action de boire. 

E. Addition d'un i après la dernière radicale : Zé- 
naga : ed'ej jil, s'appuyer; tbi^i ^ (pour "thid'ji)^ 
appui ; o^^2 ^^l (pour *oggid'), augmenter; thi^^rfl c^j^, 
augmentation; Touat : erz jj, briser; iyrzi ^sjji action 
de casser; Bofioua : err' gj', brûler; thirr'i ^>y, cha- 
leur; Mzab : ichder jjijl), être gras; tachderi </jjulj, 
embonpoint; aggou /1, pétrir; ti^^ou/ c^j5î, action de 
pétrir; B. Menacer : goud' i^T, crainte; {\\\ged'ï iS^SS^ 
(pour *thigoud*i) ; ^ow ^, boire ; Wâsoui ^^jw, action de 
boire ; Zouaoua : sousem ^^y se taire ; SSi^sov^emi 
^^j silence ; d^oukel jTji, être mélangé ; ihad'oukli 
J^^S.^ mélange; Bougie : enf ^i, tuer; thinr'i JûT, meur- 
tre; eddou jJ, marcher, S\{\ddi is^, marche; Dj. Ne- 
fousa : semlel Jlc-, blanchir; iesmelelli Jlc-^, blanchissage; 
Ahaggar : ?nell \\3, être blanc; temelli •III1+, blan-. 
cheur; ahaz ttj, être près; touhazi •»:+, proximité; 
eldech 3nil, être fatigué; tïldechi :3nil+, fatigue. 

La forme secondaire *VII-D peut se combiner avec 



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ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 163 

la forme Vll-C par rintercalation d'un ou avant la der- 
nière radicale : Bougie : del Jj, couvrir, thaâ?ou/a ^jj.*, 
couverture; et aussi avec la forme VII-F en ajoutant 
un i : Zouaoua : erz jjl, briser, tharou^i c^j^jT, brisure; 
d'el s^-, couvrir, thaû?'oufl J^JT, couverture. 

On peut encore rattacher à la VIP forme celle qui 
consiste à préfixer un ih avec le son i et à ajouter la 
terminaison ioiith dans les dialectes du nord, et aoiit 
en Ahaggar : Zouaoua : eus ^1, passer la nuit; thime/2- 
^iouth vl;^:-M, hospitalité (IP forme verbale inusitée 
"mens) ;* ezlou ^jl, égorger ; IP forme : mzel j>, être 
égorgé ; thime:5/?outh ^y^-J , massacre , boucherie ; 
Bougie : zer jjj voir; IP forme : mze?^ j>, être vu; thi- 
merriouth «^^j^, action d'être vu, vue (sens passif). 
L'autre nom d'action thi;5n issj a le sens d'action de 
voir, vision, vue (sens actif); Ahaggar : en \j dire; 
tinaont +;i+, diction; art lO, écrire r^tir^^out +IO+, 
écriture. 

Quelquefois le son iou ou aou a disparu : Bougie : 
erzag v5îjjl, être amer; thimer^s^^th sLfjJj amertume 
(de l'inusité *merzeg)\ Ahaggar : eg T, faire; tim^^^et 
+TU+, action. 

VIII. Forme principale : Préfixation de th ou t avec 
les sons a^ 2, ou ; suffixation de in : Zouaoua : zouir 
jjji précéder; thiso?/mn ajyj, préséance; as ^1, venir; 
thi^in cji:»^ et thou^in cj^y^ venu; aoudh ^>y, arriver; 
\haoiidh\n O^J et thioudhin ù^^\ arrivée ; Mzab : asem 
^1, être jaloux; tisemin of^^ jalousie. 

Outre ces formes régulières, il existe un certain 
nombre dé noms d'action qu'on ne peut faire entrer 
dans ces classifications, et pour lesquels on ne saurait 



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164 ÉTUDES SUR LES DIALECTES BERBÈRES 

créer des catégories spéciales. Ainsi la racine S N (isin 
,jç*^^, asen ^l, savoir), donne en (Ihelh'a : tamesna lu^x, 
science ; chez les A. Khalfoun, en Zouaona, à Bougie : 
thamousni ^^, science. — Rac. F [afj^^ trouver) : Mzab : 
aoufa uy, trouvaille. — Rac. D' B [ad'ehh oil, se dégoû- 
ter); Zénaga : thaddoubbit si^ja, dégoût. — Rac. DH S 
[edhs ^1, rire) : Ahaggar : thadhezza -ttaH-, rire. — 
Rac. N H {enhi «;:|, voir) : Aouelimmiden : ahanai «;|:, 
vue. 

Une formation spéciale, par la préfixation de m. [mou^ 
me) et l'addition de en^ paraît n'avoir laissé que peu de 
traces : Ouargla : atef oa;i, entrée ; mou//^n ^"^, entrée ; 
effer' ^l, sortir ; mou/î?r'en ^^, sortie. En Temsaman, 
Vn final était remplacé par un a : ech jt-l, manger; 
mechcha U^ , nourriture. 



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TABLE DES MATIÈRES 



Pages. 

Introduction v 

PREMIÈRE PARTIE. — Phonétique 1 

Chapitre I. — Voyelles 1 

Chapitre IL — Consonnes 1 

DEUXIÈME PARTIE. — Lexicologie 59 

TROISIÈME PARTIE. — Morpholo^rie 77 

Chapitre I. — Pronoms 77 

Chapitre IL — Du verbe i09 

Chapitre III. — Noms (ïactions ou noms verbaux , . . 155 



ANGERS, IMP. lîURDIN ET C»^, RUE GARNIER, 4. 



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L. » O C . » t t (M», ,_, 




3 2044 043 087 691 



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